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Politique monétaire et inflation au Maroc

Le document analyse la politique monétaire du Maroc face à l'inflation, en examinant son cadre théorique, ses objectifs et ses outils, ainsi que l'impact de l'inflation sur l'économie marocaine. Il présente également une analyse de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) entre janvier et octobre 2024, montrant une légère augmentation de l'inflation. Enfin, des recommandations sont proposées pour améliorer la flexibilité du régime de change et soutenir les PME.

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Politique monétaire et inflation au Maroc

Le document analyse la politique monétaire du Maroc face à l'inflation, en examinant son cadre théorique, ses objectifs et ses outils, ainsi que l'impact de l'inflation sur l'économie marocaine. Il présente également une analyse de l'évolution de l'indice des prix à la consommation (IPC) entre janvier et octobre 2024, montrant une légère augmentation de l'inflation. Enfin, des recommandations sont proposées pour améliorer la flexibilité du régime de change et soutenir les PME.

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La politique monétaire face à l’inflation : le cas du Maroc

Encadré par :

Pr . Adil Eljouali

Réalise par :

OUSSAMA TAKAAD

MOUNIR DAOUA

SOUFIAN BELLALI

ABDELKARIM BOUDDAFAT
Sommaire
1. Introduction

 Rôle de la politique monétaire et problématique au Maroc

2. Cadre Théorique

 Définitions et théories de l’inflation


 Objectifs et outils de la politique monétaire

3. Analyse Conceptuel

 Évolution de l’indice des prix à la consommation (IPC)


 Impact de l’inflation sur l’économie marocaine

4. Perspectives et Recommandations

 Flexibilité du régime de change


 Inclusion financière et soutien aux PME

5. Conclusion

 Synthèse des résultats et défis futurs


[Link]
La politique monétaire est un outil important dont disposent les autorités pour atteindre leurs principaux objectifs
économiques. La mise en œuvre de cette politique repose sur un certain nombre de contrôles. L'orientation de la
politique monétaire est fortement dépendante de l'environnement institutionnel, tout en tenant compte des
contraintes de la conjoncture économique.

Inspirée des leçons du mouvement monétariste, Bank Al-Maghrib a adopté des politiques axées sur la poursuite
d'objectifs de croissance à moyen terme de l'agrégat M3 (remplaçant l'agrégat M1 en 2006). Ce point de vue est
motivé par des hypothèses sur la vitesse de circulation de la monnaie, en particulier la stabilité de la fonction
demande de monnaie. Ce dernier test conditionne l'efficacité de la politique monétaire du Maroc.

Une demande stable de monnaie face à une inflation élevée est l'une des hypothèses les plus importantes et les
plus controversées en économie. En fait, elle était sujet à plusieurs études, dont la majorité se concentrent sur les
pays financièrement développés. Les résultats de ces études confirment la stabilité de la demande de monnaie
jusqu'au milieu des années 1970. Avec l'émergence d'innovations financières et une prolifération de nouveaux
instruments de paiement et d'investissement. Ces deux facteurs, combinés au phénomène de globalisation des
marchés de capitaux, conduisent à une apparente instabilité des modèles standards de demande de monnaie.

Il est donc raisonnable de se poser la question suivante : Quel impact de l'inflation sur la stabilité de la demande
de monnaie marocaine ? Quelles implications de l'instabilité potentielle de cette fonction sur l'efficacité de la
politique monétaire au Maroc ?

Pour ce faire, nous avons utilisé le modèle Autorégressive Distributed Lag (ARDL), en français est le modèle
Autorégressif à Retard échelonné ou distribué, qui a été élaboré par (Pesaran, Shin& Smith ,2001), qui consiste à
analyser la relation qui existe entre les variables à court terme et à long terme. Tout en commençant notre article
par une section introductive qui allons-nous permettre de survoler théoriquement autour de nos concepts clés, à
savoir la politique monétaire et l’inflation. Dans une deuxième nous aborderons l’historique de l’évolution de la
politique monétaire et le contrôle de d’inflation au Maroc couvrant la période de 2000 à 2021. Quant à la dernière,
fera l’objet d’une étude empirique traitant l’impact de l’inflation sur la politique monétaire marocaine, à travers un
test de stabilité de demande de monnaie durant cette période.
[Link] théorique de l’inflation
1.1. Définitions

L'inflation n’est pas un phénomène récent, et aucun pays n’est à l'abri de ce fléau. Compte tenu des caractéristiques
de l'inflation, il existe plusieurs définitions. Le terme inflation fait référence à une augmentation soutenue,
généralisée et auto-entretenue des prix des biens et des services. Une autre caractéristique de l'inflation est une
augmentation de la quantité de monnaie en circulation (la masse monétaire).

« Le taux ... de l'inflation. Celle-ci est en effet la résultante d'une masse monétaire trop importante. » « C’est un
déséquilibre global qui se traduit par une augmentation générale des prix. L’inflation fait intervenir toutes les
parties et tous les mécanismes de l’économie (production, revenu, prix) » (Joël JALLADEAU, 1998). « L’inflation est la
hausse généralisée et continue du niveau général des prix des biens et services. »

En fait, l'inflation est un phénomène macroéconomique qui se traduit par la perte du pouvoir d'achat de la
monnaie. Elle se définit comme une augmentation auto-entretenue du niveau général des prix des biens et services,
mais cette augmentation doit être durable et se cumuler d'année en année.

1.2. Les théories de l’inflation

1.2.1. L'inflation par la monnaie

 L’analyse de l’école classique (TQM) et sa vision de l'inflation :

La théorie est basée sur l'accumulation de métaux précieux, que chaque pays doit accumuler pour devenir riche.
Pour les mercantilistes, la valeur des biens économiques est mesurée et assimilée à l'étalon-or. Pendant cette
période, la quantité d'or augmentait, et la thésaurisation ainsi que l'importation entraînaient la dévaluation de la
monnaie, se manifestant par l'augmentation du prix des matières premières. Par conséquent, les biens ne peuvent
être échangés qu'en unités de deux devises.

Ainsi, le taux de dépréciation de la monnaie peut atteindre 50 %, ou le prix peut augmenter de 100 %. Selon Jean-
Baptiste, « La monnaie n'est qu'un voile », pour qui l'argent est neutre. Nous faisons face à une dichotomie entre la
sphère réelle (production Y) et la sphère monétaire (demande de monnaie M). Pour les Classiques, seul le prix (P)
est une variable dans l'équation. Cette proposition a d'abord été contestée par l'école de Cambridge, puis par
Keynes.

 La théorie quantitative de la monnaie :

Avec sa formalisation la plus courante, celle d'Irving Fisher : MV = PT, où M représente la masse monétaire en
circulation, V représente la vitesse de circulation de la monnaie, P est le niveau général des prix et T est le nombre
ou le volume de transactions. Selon cette équation, il existe une relation entre la masse monétaire et le volume des
transactions ; la monnaie est considérée comme un flux.

 L’école de Cambridge : « L’équation de Cambridge » :


Cette équation, associée aux travaux d'Alfred Marshall (1923), stipule que la création monétaire est composée du
revenu national réel (Y), du niveau général des prix (P) et d'un coefficient (k). La formule M=KPY montre que la
demande de monnaie affecte la masse monétaire en circulation. L'argent est considéré comme une réserve de
pouvoir d'achat.

1.2.2. L'inflation par la demande (pull inflation)

L'excédent de la demande de monnaie devient particulièrement fort chez ceux qui acceptent l'ancienne loi de Say,
stipulant que l'offre de biens crée sa propre demande. Par conséquent, l'excès de demande ne peut provenir que
d'une augmentation incontrôlée des moyens de paiement disponibles pour les demandeurs, entraînant une
augmentation des prix.

1.2.3. L'inflation par les coûts (push inflation)

L'inflation résulte de rendements des facteurs de production supérieurs à la croissance de la productivité. Cela
incite les entrepreneurs à augmenter les prix des produits, ce qui entraîne une spirale inflationniste. L'augmentation
des revenus et la création de monnaie et de crédit alimentent ce processus, contribuant à une hausse continue des
prix.

2. Cadre théorique de la politique monétaire

2.1. Définitions

La « politique monétaire » est définie par de nombreux auteurs, mais toutes les définitions tournent autour du
même sens. Elle est considérée comme l'un des deux grands piliers de la politique économique, aux côtés de la
politique budgétaire.

« La politique monétaire est l’ensemble des actions délibérées des autorités monétaires sur la masse monétaire et
les actifs financiers en vue de réguler l’économie » (Albertin, 2004).

Elle vise à procurer à l'économie la quantité de monnaie nécessaire à la réalisation de la croissance économique, à
maintenir le plein emploi et à conserver la stabilité de la valeur de la monnaie.

Ainsi, la politique monétaire est l'ensemble des actions et des outils dont dispose une autorité monétaire pour
atteindre la stabilité des prix et le maintien du pouvoir d'achat, favorisant ainsi la croissance et le plein emploi.

2.2. Objectifs et instruments de la politique monétaire :

Sur la base du carré magique de Nicolas KALDOR, nous pouvons dire qu'il existe quatre objectifs fondamentaux de
chaque politique, à savoir la croissance (croissance économique soutenue), le plein emploi (chômage faible), le taux
d'inflation monétaire (inflation maîtrisée atteinte dans la stabilité des prix et la balance extérieure (balance des
paiements)).

Trop d'argent dans une économie peut nuire à son bon fonctionnement et bouleverser les grands équilibres. Nous
pensons souvent que les politiques dites « d'argent facile » ont tendance à accroître la demande intérieure, alors
que l'offre ne répond pas. Cela conduit à l'inflation et à une tendance générale à la hausse des prix. L'inflation
provoque de nombreuses perturbations. Ceci, entre autres, conduit à des coûts de production intérieurs plus élevés
et donc à une réduction de la compétitivité des produits intérieurs tant dans le pays qu'à l'étranger.
L'objectif global est le maintien du pouvoir d'achat de la masse monétaire et de la stabilité des prix, ce qui repose
sur la diversification des modes d'intervention quotidiens de la banque centrale. A cette fin, il s'est fixé des objectifs
précis (objectifs finals, intermédiaires et opérationnels) dont la réalisation doit conduire à la réalisation du but
ultime qu'il s'est fixé.

2.2.1. Les objectifs finals :

 La stabilité des prix :

La question de la stabilité des prix est étroitement liée au concept d'inflation. Atteindre une stabilité des prix est
une préoccupation centrale de toutes les économies et l'un des objectifs fondamentaux de toute politique
macroéconomique. Les autorités monétaires, et dans un contexte de taux d'intérêt bas favorable à la croissance,
cherchent à stabiliser l'inflation.

Actuellement, les autorités monétaires défendent la valeur intrinsèque et extrinsèque des monnaies en luttant
contre l'inflation. La valeur intrinsèque est définie par l'inverse du niveau général des prix. Ceci est obtenu en
s'assurant que le taux d'inflation reste modérément stable. Cette valeur est garantie, ce qui a rendu cela possible.
Affaiblissement du comportement « fuite devant la monnaie ».

 Le plein emploi :

Le plein emploi signifie que les facteurs de production disponibles dans l'économie sont utilisés aussi efficacement
que possible. Le plein emploi implique donc un travail productif dans lequel les individus peuvent utiliser leurs
compétences et réaliser leur potentiel de gain dans des conditions conformes à la dignité humaine. Cependant,
l'augmentation des revenus personnels peut résoudre des conflits qui ne sont pas seulement une catastrophe
humaine mais aussi une source d'instabilité économique et politique.

Cet objectif est généralement exprimé sous la forme de la prévention et de la réalisation du chômage cyclique (ou
keynésien).

 La croissance économique :

Etymologiquement, le mot croissance vient du latin « crescere », signifiant croissance, augmentation, qui désigne
l'évolution d'une année sur l'autre, exprimée en pourcentage, du PIB (produit intérieur brut) ou du PNB (produit
national brut), qui désigne la production de niveaux faibles à élevés.

La croissance économique est le principal objectif direct et indirect de toute politique économique. La prémisse de
la croissance du PIB est l'utilisation intensive des facteurs de production, ce qui conduit à l'augmentation du revenu
national. La hausse des revenus libère l'épargne, qui sécurise le financement des investissements, qui augmente la
production, qui augmente les revenus, nous entrons ainsi dans un cercle vertueux de croissance économique.

 L’équilibre extérieur :
La notion de balance extérieure recouvre les concepts de balance des paiements et de marché des changes qui
forment différents aspects d'une même problématique. L’équilibre est atteint lorsque la balance du capital est
équilibrée et la balance commerciale est équilibrée, ou lorsque la balance du capital est équilibrée par rapport à la
balance commerciale.

La balance extérieure fait référence au maintien d'un équilibre entre les revenus et les capitaux, biens et services,
des entrées et des sorties. A court terme, l'objectif ultime est de maintenir un niveau "satisfaisant" de réserves de
change (or, devises) ; en revanche, à long terme, l'objectif peut prendre plusieurs formes, comme augmenter les
exportations ou encore modifier la structure des exportations.

• 2.2.2. Les objectifs intermédiaires ou spécifiques :

Ce sont des variables proches de l'objectif principal de la politique économique, c'est-à-dire des variables qui
affectent directement le niveau d'activité. Plus précisément, les objectifs à moyen terme incluent des variables
susceptibles de modifier l'offre et la demande mondiales et donc le niveau d'activité économique. Ils sont
directement liés aux taux d'intérêt à court et à long terme, au crédit bancaire, aux agrégats monétaires et aux taux
de change.

Il est difficile pour la politique monétaire de cibler directement l'objectif ultime, donc un objectif intermédiaire plus
contrôlable et plus facile à observer que l'objectif final est défini.

Les variables intermédiaires sont des variables proches de l'objectif final, c'est-à-dire qu'elles ont un effet direct sur
le niveau d'activité qu'elles affecteront.

• 2.2.3. Les objectifs opérationnels :

Particulièrement dans un système financier où la politique monétaire opère, cela signifie que ce choix est bien lié à
l'évolution du système financier.

Ainsi, pour que la banque centrale puisse atteindre ses objectifs ultimes, elle doit se baser sur des objectifs
intermédiaires, et pour atteindre ces objectifs intermédiaires, elle se base sur des objectifs opérationnels, et à leur
tour pour les atteindre, la banque à moyen d’un nombre d’instruments, peut influencer l'objectif final par des
canaux de transmission.

[Link] cadre conceptuel

[Link] de l’évolution de l'indices des prix a la consommation (IPC) :


Comparaison entre janvier et octobre 2024
Description et Interprétation des Données

1. Description des Indices des Prix à la Consommation (IPC)

Le document présente l'évolution des indices des prix à la consommation (IPC) en deux périodes distinctes : Janvier
2024 et Octobre 2024. Les données sont organisées en deux grandes catégories :

1. Produits alimentaires

2. Produits non alimentaires

Chaque catégorie est ensuite subdivisée en sous-catégories spécifiques (par exemple, "Santé", "Logement, eau,
électricité", etc.).

Indices Globaux :

 Janvier 2024 : 117,5

 Octobre 2024 : 119,4

 Variation : +0,7 %

L’indice global a légèrement augmenté sur cette période, ce qui indique une inflation modérée.

Produits alimentaires :

 Janvier 2024 : 129,0 → Octobre 2024 : 130,7


 Variation : +0,5 %

Les prix des produits alimentaires ont connu une légère hausse. La sous-catégorie des boissons alcoolisées et tabac
affiche une augmentation notable de +2,5 %, ce qui peut être lié à des hausses de taxes ou des coûts de production
accrus.

Produits non alimentaires :

 Janvier 2024 : 111,1 → Octobre 2024 : 112,0

 Variation : +0,7 %

La hausse globale est modérée, mais certaines sous-catégories montrent des variations marquées :

 Logement, eau, électricité et autres combustibles : +3,6 %

 Transport : -3,6 %

 Santé : -1,4 %

Ces données traduisent une hausse des coûts de logement et une baisse significative des coûts de transport.

2. Description des Villes

Les indices de consommation sont également présentés par ville pour les deux périodes.

En Janvier 2024 :

 Villes ayant les indices les plus élevés :

o Marrakech : 116,3

o Fès : 115,7

o Oujda : 114,9

 Villes ayant les indices les plus bas :

o Agadir et Rabat : 113,2

En Octobre 2024 :

 Villes avec les indices les plus élevés :

o Marrakech : 120,9

o Kénitra : 119,0

o Oujda : 118,1

 Villes ayant les indices les plus bas :

o Agadir : 117,5
o Rabat : 116,9

Interprétation des Résultats

1. Inflation Modérée (+0,7 % Globalement)

L’indice global des prix à la consommation est en augmentation, mais de manière modérée (+0,7 %). Cette
évolution reflète une inflation contenue, bien que certains secteurs et régions soient plus touchés que d'autres.

2. Les Produits Alimentaires en Hausse

 La hausse des produits alimentaires (+0,5 %), notamment des boissons alcoolisées et tabac (+2,5 %), peut
s’expliquer par :

o Une augmentation des coûts de production (matières premières, logistique).

o Une possible augmentation des taxes sur ces produits.

3. Fluctuations dans les Produits Non Alimentaires

Les sous-catégories des produits non alimentaires montrent des évolutions variées :

 Logement, eau et électricité (+3,6 %) : Cela traduit une pression inflationniste sur les coûts liés à
l’habitation et à l’énergie. Cette hausse peut être causée par :

o Une augmentation des prix de l’énergie (gaz, électricité).

o La hausse des loyers ou charges fixes.

 Transport (-3,6 %) : La baisse des prix dans cette catégorie peut s'expliquer par :

o Une diminution des prix des carburants.

o Des subventions ou réductions des coûts dans le transport public.

 Santé (-1,4 %) : Cette baisse pourrait être attribuée à une stabilité ou diminution des coûts des services
médicaux et médicaments.

4. Analyse par Ville

Certaines villes montrent des variations importantes :

 Marrakech : Une hausse significative des prix (120,9 en Octobre) témoigne d’une pression inflationniste
marquée, probablement liée au tourisme ou aux services dans cette région.

 Kénitra : Une progression notable vers 119,0 peut s’expliquer par une augmentation locale des prix des
biens de consommation.

 Agadir et Rabat : Ces villes enregistrent des hausses plus faibles, traduisant une relative stabilité
économique.
Conclusion Générale

L’évolution des indices des prix à la consommation entre Janvier et Octobre 2024 révèle une inflation modérée
(+0,7 %), avec des hausses significatives dans les produits alimentaires, les logements, et les boissons alcoolisées
et tabac. Certaines sous-catégories comme le transport affichent une baisse remarquable.

Au niveau géographique, Marrakech et Kénitra enregistrent les hausses les plus importantes, alors que Agadir et
Rabat restent plus stables. Cette analyse met en évidence les secteurs clés où des actions économiques pourraient
être nécessaires pour contenir les pressions inflationnistes.

3.1 Les Principaux outils de la politique monétaire


Les principaux outils de la politique monétaire sont utilisés par la banque centrale (comme la BCE, la Fed ou Bank
Al-Maghrib) pour réguler la masse monétaire, l'inflation et l'activité économique. Voici les principaux outils :

1. Les taux d'intérêt directeurs

La banque centrale fixe les taux auxquels elle prête aux banques commerciales :

 Taux de refinancement : taux auquel les banques empruntent à court terme.

 Taux de dépôt : rémunération des dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale.

 Taux d'escompte : taux applicable sur les prêts de dernière instance.

 Impact : Une hausse des taux réduit le crédit et la consommation (politique restrictive), tandis qu'une
baisse encourage l'investissement et la consommation (politique accommodante).

2. Les opérations d’open market

La banque centrale achète ou vend des titres financiers (souvent des obligations d'État) sur le marché :

 Achat de titres : injecte de la liquidité dans l'économie (politique expansionniste).

 Vente de titres : retire de la liquidité (politique restrictive).

 Impact : Cela influence les taux d'intérêt à court terme et la masse monétaire.

3. Le coefficient de réserve obligatoire

C'est le pourcentage des dépôts que les banques doivent conserver sous forme de réserves à la banque centrale :

 Augmentation des réserves : réduit la capacité des banques à accorder des crédits.

 Diminution des réserves : augmente la capacité de prêt des banques.

 Impact : Contrôle la création monétaire par les banques commerciales.

4. Les facilités permanentes


 Facilité de prêt marginal : permet aux banques d’emprunter des liquidités à très court terme auprès de la
banque centrale.

 Facilité de dépôt : permet aux banques de placer leurs excédents de liquidités auprès de la banque
centrale.

 Impact : Ces facilités influencent les taux d’intérêt à court terme sur le marché interbancaire.

La mise en œuvre de la politique monétaire présente plusieurs défis, en raison de la complexité des mécanismes
économiques et des facteurs externes qui influencent son efficacité. Voici les principaux défis

1. Le délai de transmission

 La politique monétaire ne produit pas d’effets immédiats sur l’économie. Il y a un décalage temporel entre
les décisions de la banque centrale et leurs impacts réels sur la consommation, l’investissement et
l’inflation.

 Exemple : Une baisse des taux peut mettre plusieurs mois avant de stimuler réellement l’investissement et
la demande.

2. L’efficacité limitée des taux d’intérêt

 Lorsque les taux d’intérêt sont déjà très bas (proche de zéro), leur réduction supplémentaire a peu
d’impact. C’est ce qu’on appelle la trappe à liquidité.

 Dans ce cas, les ménages et entreprises préfèrent épargner plutôt qu’investir ou consommer, malgré des
taux bas.

3. L’incertitude économique

 Les crises économiques, les pandémies ou les tensions géopolitiques créent une forte incertitude qui limite
la confiance des agents économiques.

 Impact : Même avec des mesures accommodantes (baisse des taux, liquidités injectées), les entreprises
hésitent à investir et les ménages à consommer.

4. L’influence des facteurs externes

 Les économies étant de plus en plus mondialisées, les politiques monétaires nationales peuvent être
contrecarrées par des événements internationaux :

o Fluctuations des taux de change

o Chocs sur les matières premières (comme le pétrole)

o Politiques monétaires des autres grandes banques centrales (BCE, Fed, etc.)

5. Le risque d’inflation ou de déflation


 Une politique trop accommodante (baisse des taux, création monétaire) peut entraîner une inflation
excessive.

 À l’inverse, une politique trop restrictive peut mener à une déflation (baisse générale des prix), qui freine
l’activité économique.

 Trouver un équilibre est un défi constant.

3.2 La coordination entre la politique monétaire et la politique budgétaire


Est essentielle pour assurer une gestion macroéconomique efficace et atteindre les objectifs de croissance, de
stabilité des prix et de plein emploi. Cependant, cette coordination pose des défis importants en raison de la nature
distincte de ces deux politiques.

1. Importance de la coordination

Une bonne coordination entre ces deux politiques permet de :

 Maximiser l’efficacité des mesures économiques :

o Exemple : Une politique budgétaire expansionniste (augmentation des dépenses) combinée à une
politique monétaire accommodante (taux d’intérêt bas) peut stimuler fortement l’activité
économique en période de récession.

 Éviter les contradictions :

o Exemple : Si le gouvernement mène une politique budgétaire expansionniste, mais que la banque
centrale adopte une politique monétaire restrictive (hausse des taux), les effets peuvent s’annuler.

 Maintenir la stabilité économique :

o Une coordination efficace permet de mieux lutter contre l’inflation, la récession ou les déséquilibres
économiques.

2. Enjeux de la coordination

 Indépendance de la banque centrale :

o Les banques centrales modernes (comme la BCE) sont souvent indépendantes pour éviter les
pressions politiques. Cela peut compliquer la coordination avec les gouvernements.

 Objectifs différents :

o La banque centrale vise principalement la stabilité des prix, tandis que le gouvernement cherche à
stimuler la croissance et l’emploi, ce qui peut créer des conflits.

 Déficits budgétaires :
o Une politique budgétaire trop expansionniste peut entraîner un endettement excessif, obligeant la
banque centrale à adopter une politique restrictive pour éviter l’inflation.

 Pressions inflationnistes :

o Des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes simultanées risquent de provoquer une


inflation incontrôlée.

3.4 Impact de la politique monétaire sur l'économie marocaine


1. Stabilité des prix et lutte contre l’inflation

 Objectif principal de BAM : Maintenir une inflation maîtrisée pour préserver le pouvoir d’achat et garantir
un environnement économique stable.

 Impact :

o Une politique monétaire restrictive (hausse des taux directeurs) permet de freiner l’inflation en
réduisant la masse monétaire en circulation.

o À l’inverse, une politique accommodante (baisse des taux) encourage la consommation et


l’investissement, mais peut entraîner une hausse modérée des prix.

 Exemple récent : BAM a ajusté son taux directeur en réponse aux pressions inflationnistes dues aux chocs
externes, comme la flambée des prix des matières premières.

2. Influence sur la croissance économique

 Une baisse des taux d’intérêt directeurs réduit le coût du crédit pour les ménages et les entreprises :

o Les entreprises peuvent investir davantage dans la production et l’innovation.

o Les ménages accèdent plus facilement aux crédits immobiliers ou à la consommation.

 Impact sur le Maroc :

o En période de ralentissement économique, BAM adopte une politique accommodante pour


stimuler l’activité économique.

o Toutefois, l’impact reste parfois limité en raison de la faible inclusion financière et de la prudence
des banques dans l’octroi des crédits.

3. Effets sur le marché financier et le système bancaire

 La politique monétaire influence les taux d’intérêt sur les marchés financiers et le coût des financements :

o Une baisse des taux favorise la liquidité dans le système bancaire et l’accès au crédit.

o Une hausse des taux peut encourager l’épargne mais réduire la demande de crédits.
 Impact : Les banques marocaines répercutent généralement les décisions de BAM sur leurs taux d’intérêt,
ce qui affecte directement les entreprises et les ménages.

4. Impact sur le taux de change et les exportations

 La politique monétaire influence indirectement le taux de change du dirham, notamment via les
ajustements des taux directeurs :

o Une politique accommodante peut entraîner une dépréciation du dirham, ce qui rend les
exportations marocaines plus compétitives.

o À l’inverse, une politique restrictive peut entraîner une appréciation du dirham, rendant les
importations moins coûteuses mais pénalisant les exportateurs.

 Contexte marocain : BAM gère un régime de change flexible, ce qui lui permet d’ajuster sa politique en
fonction des besoins économiques.

5. Stimulation de l’investissement et de l’emploi

 En facilitant l’accès au crédit (politique accommodante), BAM encourage :

o L’investissement des entreprises dans des projets productifs.

o La création d’emplois dans divers secteurs comme l’industrie, l’agriculture et les services.

 Impact au Maroc :

o BAM joue un rôle important dans le financement des PME, qui constituent un moteur essentiel de
l’emploi et de la croissance au Maroc.

o Cependant, les défis comme la prudence bancaire ou les taux d’intérêt élevés peuvent freiner cette
dynamique.

6. Gestion des chocs externes

 L’économie marocaine reste vulnérable aux chocs externes (hausse des prix du pétrole, sécheresse, crises
mondiales).

o BAM ajuste sa politique pour atténuer ces effets, par exemple en injectant des liquidités dans le
système bancaire pour soutenir l’économie.

o Exemple : Pendant la crise de la COVID-19, BAM a réduit son taux directeur pour stimuler l’activité
économique.

7. Inclusion financière et digitalisation


 BAM encourage les réformes pour promouvoir l’inclusion financière, en facilitant l’accès aux services
bancaires pour les ménages et les petites entreprises.

 Impact :

o Favorise l’épargne et l’investissement.

o Accompagne le développement des nouveaux outils comme le paiement mobile et la finance


participative.

8. Limites de la politique monétaire au Maroc

 Dépendance externe : L’économie marocaine dépend fortement des importations de matières premières,
ce qui limite l’efficacité des politiques monétaires pour contrôler l’inflation.

 Prudence bancaire : Les banques restent parfois réticentes à accorder des crédits, malgré des taux
directeurs bas.

 Informalité économique : Une grande partie de l’économie marocaine opère dans le secteur informel,
réduisant l’impact des mesures monétaires.

[Link] Perspectives et recommandations pour l’avenir de la politique monétaire au Maroc


Afin de renforcer l’efficacité de la politique monétaire et d’assurer une croissance économique durable au Maroc, il
est essentiel d’adapter les approches aux défis actuels et futurs. Voici les principales perspectives et
recommandations pour l’avenir :

1. Renforcer la flexibilité du régime de change

 Contexte actuel : Le Maroc a entamé une transition vers un régime de change plus flexible. Cette réforme
vise à améliorer la résilience de l'économie face aux chocs externes.

 Recommandation :

o Accélérer la libéralisation progressive du taux de change pour renforcer la compétitivité des


exportations marocaines.

o Mettre en place des mécanismes d'accompagnement pour éviter des fluctuations excessives et
protéger les secteurs vulnérables.

o Renforcer les réserves en devises pour stabiliser le marché des changes.

2. Maintenir un équilibre entre stabilité des prix et soutien à la croissance

 Objectif : Trouver un compromis entre une politique monétaire restrictive pour contrôler l’inflation et une
politique accommodante pour stimuler l’économie.
 Recommandation :

o Continuer à surveiller l’inflation sous-jacente pour anticiper les pressions inflationnistes.

o Ajuster les taux directeurs avec prudence en fonction des données économiques, notamment les
niveaux de consommation et d’investissement.

3. Promouvoir l’inclusion financière

 Enjeu : Une grande partie de la population marocaine demeure exclue des services bancaires formels. Cela
limite l’impact des politiques monétaires.

 Recommandation :

o Accélérer la digitalisation des services financiers pour atteindre les populations rurales et
informelles.

o Encourager les solutions innovantes comme le paiement mobile, les microcrédits et la finance
participative.

o Développer des programmes d’éducation financière pour renforcer la confiance des citoyens dans
les institutions financières.

4. Soutenir l’accès au financement des PME

 Enjeu : Les PME représentent le moteur de l’économie marocaine, mais elles rencontrent souvent des
difficultés d’accès au financement.

 Recommandation :

o Encourager les banques à adopter des mécanismes de prêts plus flexibles pour les PME et les
startups.

o Développer des fonds de garantie publics pour réduire les risques perçus par les banques.

o Faciliter l’accès aux marchés financiers pour les petites entreprises, notamment via des obligations
adaptées.

5. Renforcer la coordination avec la politique budgétaire

 Enjeu : Une meilleure coordination entre la politique monétaire de Bank Al-Maghrib et la politique
budgétaire du gouvernement est essentielle pour une relance économique cohérente.

 Recommandation :

o Aligner les objectifs macroéconomiques pour éviter les contradictions entre politiques budgétaires
et monétaires.
o Encourager des politiques budgétaires contracycliques pour accompagner les mesures monétaires.

o Assurer une gestion prudente de la dette publique afin de ne pas compromettre la stabilité
macroéconomique.

[Link]
Pour conclure, l’étude de l’impact de l’inflation sur la stabilité de la demande de monnaie, et par conséquent sur
l’efficacité de la politique monétaire, constitue une problématique centrale dans la réflexion économique
contemporaine. Elle met en lumière la relation complexe entre la sphère monétaire et la sphère réelle, soulignant
l’importance cruciale d’une gestion équilibrée de la masse monétaire dans un environnement économique en
constante évolution.

La politique monétaire, au fil des décennies, est devenue un instrument incontournable de la politique économique
aux côtés de la politique budgétaire. Son efficacité repose sur la capacité des autorités monétaires, telles que les
banques centrales, à influencer les agrégats macroéconomiques clés tels que l’inflation, la croissance économique,
l’emploi et les taux d’intérêt. Toutefois, cette efficacité reste étroitement liée à la stabilité de la demande de
monnaie, qui dépend elle-même de nombreux facteurs économiques, financiers et structurels.

Dans un contexte marqué par des chocs économiques internes et externes, notamment la volatilité des prix des
matières premières, les tensions géopolitiques et les crises financières mondiales, les défis auxquels sont
confrontées les autorités monétaires sont considérables. L’inflation, lorsqu’elle dépasse des niveaux soutenables,
érode le pouvoir d’achat, fragilise les structures économiques et menace la confiance des agents économiques. Dès
lors, la capacité de la politique monétaire à contrôler l’inflation tout en soutenant la croissance constitue un
équilibre délicat à atteindre.

De plus, l’évolution des systèmes financiers et l’essor de la digitalisation rendent la demande de monnaie plus
volatile, ajoutant un niveau de complexité supplémentaire dans la formulation et la mise en œuvre des politiques
monétaires. Par conséquent, la stabilité de cette demande nécessite une adaptation constante des modèles
économiques traditionnels pour tenir compte des innovations financières, des comportements changeants des
agents économiques et de la globalisation des flux financiers

Références

 Bank Al-Maghrib (BAM). (2023). Rapport annuel. Bank Al-Maghrib.


 El Amri, M. (2021). La politique monétaire au Maroc : Réalités et Perspectives. Revue Marocaine de
Science Politique et Sociale, 12(1), 45-60.

 Rapport sur la politique monétaire préparé par le conseil de BANK AL-MAGHRIB, 19 MARS 2024

 Mishkin, F. S. (2016). The Economics of Money, Banking, and Financial Markets (10th ed.). Pearson
Education.
 Taylor, J. B. (1993). Discretion versus Policy Rules in Practice. Carnegie-Rochester Conference Series on
Public Policy, 39, 195-214.

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