Comprendre le sepsis : définitions et traitements
Comprendre le sepsis : définitions et traitements
1
Plan
• Objectifs
• Définitions
• Étiologies
• Physiopathologie
• Facteurs favorisants
• Portes d’entrée
• Clinique et complications
• Diagnostic
• Traitement
2
Objectifs
❑Général
• Aider à améliorer la prise en charge du sepsis
❑Spécifiques
• Définir le sepsis et énumérer les causes du sepsis
• Identifier ses facteurs favorisants
• Assimiler sa physiopathologie
• Poser un diagnostic correct
• Appliquer un traitement adéquat et bien gérer ses
complications
3
Définitions
4
Définitions
Syndrome de réponse inflammatoire systémique (SRIS) à:
micro organisme, brûlure, médicament, coup de chaleur,
protéine, irradiation, …
5
Définitions
▪ Sepsis = SRIS + infection documenté ou suspectée
▪ Sepsis sévère ou grave= Sepsis + hTA et/ou signes
d’hypoperfusion/ défaillance d’organe
▪ Hypotension (TA systolique < 90 mmHg ou réduction
d’au moins 40 mmHg des chiffres habituels en
l’absence d’autres causes d’hTA), acidose métabolique,
oligurie, encéphalopathie aiguë, hypoxémie
inexpliquée, coagulopathie
6
Définitions
• Choc septique:
Sepsis et hypotension persistante malgré un remplissage
vasculaire adéquat (> 20-40 ml/Kg en 30 à 60 min) et/ou
nécessité de drogues inotropes ou vaso-actives
7
Définitions
8
• En février 2016 , paru dans le JAMA le consensus
pour des nouvelles définitions du sepsis dites
« Sepsis-3 »
– Sepsis
discrétion du médecin
29
Physiopathologie
Lyse bactérienne (Gram nég):
•Peptidoglycane
•Membrane cytoplasmique interne
Activation de la •Membrane externe (lipopolysacharide) • Macrophage
coagulation, du
complément
Activation des
neutrophiles, Métabolisme de l’ac
libération des Libération par les
arachidonique, libération de
radicaux oxygènes LT d’IL2, d’IFN γ, de TNFα, IL-1, IL-6,
Activation thromboxanes A2,
et des protéaes GM-CSF, etc etc
plaquettaire prostaglandines, leucotriènes
Défaillance Microcirculation:
Majoration multiviscérale •VD
de la (DMV) •VC
DMV •Maldistribution du flux
sanguin
Guérison •Lésions endothéliales
32
Physiopathologie du choc septique
Facteurs favorisants
• Antibiothérapie préalable / intempestive
• Terrain
• Traitement immunosuppresseur
• Manœuvres hospitalières (instrumentales)
• Port de prothèse dentaire, valvulaire
• Valvulopathie
• Usage de drogues injectables
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Portes d’entrée
Les voies urinaires sont la porte la plus fréquente
Autres:
•Voie cutanée
•Voie gynécologique
•Voie veineuse
•Voie respiratoire
•Voie digestive
•Voie dentaire
•Voie ORL, …
35
Clinique
Liée à la porte d’entrée
• Respiratoire:point de côté, toux, dyspnée,
syndrome de condensation
• Biliaire:douleur à l’hypochondre droit, ictère,
foie sensible
• Urinaire:syndrome urinaire
• Génitale:pertes purulentes, …
36
Clinique
Liée à l’affection sous-jacente
• Diabète sucré:polydypsie, polyurie, …
• Cirrhose:hépatomégalie ferme, bord
tranchant, …
• Leucémie:gingivorragie, anémie, …
37
Clinique
Liée aux complications
• Méningite
• Pneumonie
• Myocardite
• Insuffisance cardiaque aiguë
• Hépatite bactérienne, …
38
Clinique
Liée au sepsis proprement dit
• Asthénie
• Fièvre
• Frissons
• Splénomégalie sensible
• Myalgies
• Parfois, hépatomégalie sensible
39
Complications
•Choc septique ou infectieux
➢20 à 40 % si bacilles à Gram nég avec mortalité de 70 %
oPic fébrile d’apparition brutale puis chute de TA (TAS < 90
mmHg)
oPouls accéléré, filant, difficile à percevoir, même à la
fémorale
oConscience lucide ou obnubilée, parfois angoisse,
agitation
oPolypnée liée à l’excitation du centre respiratoire par
l’endotoxine
40
Complications
• Choc septique ou infectieux
o Extrémités froides, marbrures (peau claire)
o Cyanose des extrémités (lèvres exclues)
o Myalgies généralisées, intenses
o Oligurie ou oligo-anurie
41
Complications
• Insuffisance rénale
o Hypoperfusion rénale avec nécrose tubulaire
aiguë et oligo-anurie
o Si sepsis avec endocardite: hématuries
macroscopiques
42
Complications
• Pulmonaires
o Embolies pulmonaires septiques
o Pneumonie
o Broncho-pneumonie
o Abcès pulmonaire
43
Complications
• Cardiaques
❖Endocardite: greffe valvulaire sur valvulopathie
antérieure ou sur cœur sain (staphylocoque)
o Souffle cardiaque (systolique si VM) d’intensité
croissante
o Pétéchies
❖Myocardite: accélération isolée du pouls, galop,
assourdissement des bruits cardiaques, parfois
signes de décompensation cardiaque
44
Complications
• Hépatiques
❖Hépatite septique (bactérienne, …)
o Ictère de type cholostatique
o Augmentation des PAL
o Augmentation des transaminases peu
marquée
❖Abcès hépatique à pyogène
45
Complications
• Digestives
❖Hémorragies digestives dues à un ulcus de
stress ou à des suffisions (hémorragiques),
fréquentes au cours du choc
• Neuro-méningées
❖Méningite
❖Méningo-encéphalite
❖Abcès cérébral
46
Complications
• Ostéo-articulaires
❖Arthrite septique, souvent dans le sepsis à
gonocoque. Souvent unilatérale et localisée au
genou
❖Ostéomyélite, souvent dans le sepsis à
staphylocoque
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Complications
• Thrombophlébite du sinus caverneux
o Fréquente dans le sepsis à staphylocoque
o Œdème palpébral
o Protrusion du globe oculaire
o Mydriase
o Parfois, cécité
48
Complications
• Sanguines
❖Coagulation intra-vasculaire disséminée
(CIVD): 2 phases
o Hypercoagulabilité (échappe au clinicien)
o Hémorragique (hgies cutanées, muqueuses,
…)
49
Pathogénie de la CIVD
Prothrombine Thrombine
Fibrinogène Fibrine
Diagnostic
• d’orientation : clinique et le syndrome
inflammatoire biologique (CRP..) et
procalcitonine. D’autres analyses sont utiles
:NFS, glycémie, coagulation, créatinine et
électrolytes, gaz du sang, lactates. Rx thorax,
écho abdo
• de confirmation : hémocultures. Si possible
prélèvements au niveau de la porte d ’entrée .
51
Traitement du sepsis
• Précoce et énergique, en soins intensifs, pdt au
moins 10 jours
• ABthérapie adaptée et à forte dose, sinon à large
spectre (càd à défaut d’antibiogrammea)
➢ Choix ABa: ß-lactamine OU
ß-lactamine + aminoside
Si germe anaérobie, associer imidazolé
(métronidazole) ou association amoxicilline
-acide clavulanique
52
Traitement du sepsis
• C3G: céfotaxime: 200-300 mg/kg/j en IV (soit 3x2g ou
6x2g/j)
• Ou Ceftriaxone: 70-100 mg/kg/j en IM ou IV (soit 2 à 4
g/j) en 1 ou 2 prises
• Ou Péni du groupe A: amoxicilline 200 mg/kg/j en IV
(soit 3x2g ou 6x2g/j) associé ou non à la
• NB. Doses maximales vivement recommandées
• Gentamicine: 3mg/kg/j en IM ou IV en 1 ou 2 prises,
sans dépasser 10j (!!!)
• Traitement de la porte d’entrée
• Assurer un bon nursing, baisser la fièvre. 53
Traitement des complications
• IRA : dialyse
• SDRA : oxygénothérapie hyperbare
• Ulcère de stress : antisécrétoires,
mucoprotecteur, antiacides
• Anémie : transfusions
• CIVD : traitement à base d’héparine, facteurs
de coagulation, à défaut du plasma frais.
Traitement du choc septique
• Symptomatique
o Correction des troubles hémodynamiques
➢Expansion volémique : bolus de cristalloïdes en 15
minutes (500 ml chez l’adulte, 15 ml/kg chez
l’enfant) répété sur une heure pour obtenir une
PAM > 65 mmHg.
➢Si le remplissage vasculaire ne permet pas la
restauration de la pression artérielle en moins
d’une heure, les catécholamines doivent être 55
Traitement du choc septique
• Symptomatique
➢La noradrénaline est la plus puissante des amines
vasoconstrictrices, elle doit être utilisée en
première intention: noradrénaline (0,1 à 5
μg/kg/min) pour PAM > 65 mmHg et prise en
charge spécialisée de réanimation (ventilation
mécanique, monitorage hémodynamique…)
56
Traitement du choc septique
• Symptomatique
oAssurer l’hémostase
▪ Oxygénothérapie
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Endocardites infectieuses
59
Plan
• Objectifs
• Définition
• Étiologies
• Physiopathologie
• Clinique
• Bilan
• Diagnostic différentiel
• Surveillance sous traitement et évolution
• Traitement 60
• prophylaxie
Objectifs
❑Général
❖Aider à améliorer la prise en charge des
endocardites infectieuses (EI)
❑Spécifiques
❖Connaître les étiologies des EI
❖Assimiler leur physiopathologie
❖Reconnaître leur symptomatologie
❖Poser un diagnostic correct
❖Administrer un traitement efficient et prendre
61
correctement en charge les complications
Définition
❑Infection de l’endocarde des valves, de la
paroi endocardique et par extension, de
l’intima artériel par une bactérie ou un
champignon
62
Définition
❑Deux types
▪ Endocardites lentes ou subaiguës ou maladie
de Osler, dues à une greffe d’un germe peu
virulent sur une cardiopathie pré-existante, le
plus souvent valvulaire
63
Définition
▪ Endocardites aiguës, dues à des germes
virulents, greffés habituellement sur un
endocarde sain (endocardites primitives)
66
Étiologies
❑Selon la porte d’entrée
➢ Dentaire: streptocoques non groupables
càd viridans, bactéries HACCEK
➢ Cutanée: staphylocoques
➢ Uro-génitale et digestive: streptocoque D,
entérocoques
➢ Cathéter: staphylocoques, fongiques
➢ Amygdales: streptocoques non groupables
67
Physiopathologie
Maladie locale à la base de la
destruction des valves et maladie systémique
faite de syndrome de réponse
inflammatoire systémique et de réponses
immunologiques
68
Physiopathologie
➢ Endocardite subaiguë:
Valvulopathie favorise des turbulences
hémodynamiques et des effets de jet responsables
des lésions de l’endocarde. Au contact de ces lésions
se forme un thrombus fibrino- plaquettaire
initialement amicrobien.
•A l’occasion d’une bactériémie, un germe (germes
peu virulents comme S. viridans) colonise ce
thrombus s’organise sous forme de végétation.
Physiopathologie
La fixation des germes sur l’endocarde est favorisée par
la présence d’anticorps agglutinants, les propriétés
d’adhérence du germe, et sa capacité à résister à
l’activité bactéricide du sérum.
➢Endocardite aiguë, la fixation du germe sur
l’endocarde peut survenir sans lésion endocardique et
sans thrombus préalable (germes virulents comme
staphylocoque doré formes primitives)
Physiopathologie
❖Ces végétations sont le siège d’un processus de
nécrose mutilations valvulaires (perforation des
valves, rupture de cordage)
❖L’infection de l’anneau abcès myocardiques
❖Végétations emboles septiques:
lésions de la paroi vasculaire faux anévrysmes
dits mycotiques
Abcès viscéraux(cerveau, rate, foie,poumon…)
Obstructions artérielles ischémie aiguë
71
Physiopathologie
❖Présence prolongée d’Ag microbiens
réponse immunologique présence de
complexes immuns (Ag-Ac) circulants
angéite infectieuse (glomérulonéphrite,
purpura)
72
Clinique
❑Endocardites subaiguës (forme classique de la
maladie d’Osler alias endocardite maligne
lente): installation progressive des symptômes
(signes) sur plusieurs semaines voire mois
avant le diagnostic
73
Clinique
❑Endocardites aiguës: installation rapide, en
quelques jours; tableau bruyant et grave avec
un syndrome infectieux aigu et des
complications en périphérie
74
Clinique
❑Syndrome infectieux
➢ Fièvre: tout sujet fébrile avec cardiopathie soufflante
doit faire évoquer une endocardite
T°: allure variable, signe le plus constant, en plateau,
oscillante ou fébricule
➢ Amaigrissement
➢ Asthénie
➢ Sudation
➢ Splénomégalie (20 à 40 % des cas)
75
Clinique
❑Signes cardiaques
➢Souffle cardiaque: grande valeur diagnostique
dans un contexte infectieux
➢Insuffisance cardiaque
➢Péricardite
➢Abcès septal
76
Clinique
❑Manifestations
extracardiaques
➢Signes cutanés: 5 à 10 % des cas
▪ Purpura pétéchial
(muqueuses buccales,
conjonctives, membres
inférieurs)
77
Clinique
❑ Manifestations extracardiaques
▪ Nodosités d’Osler ou faux panaris (nodule rouge ou
violacé) fugace et disparaissant en qlq jours sans laisser de
cicatrices, au niveau de la pulpe des doigts ou des orteils,
éminence thénar ou hypothénar, oreilles
▪ Placards érythémateux palmo-plantaires de Janeway et
hippocratisme digital
Nodosités d’Osler Lésion de Janeway
Nodosités d’Osler
78
Clinique
➢ Signes respiratoires
▪ Pseudobronchite
▪ Dyspnée croissante (I.
cardiaque)
➢ Signes ophtalmologiques
(très évocateurs)
▪ Purpura conjonctival
▪ Taches de Roth au fond Taches de Roth
d’œil (hémorragies
associées à des exsudats
blanchâtres)
79
Clinique
➢ Signes rhumatologiques
▪ Polyarthralgies (grosses et petites articulations)
▪ Lumbago
➢ Signes neurologiques: 15 % des cas
▪ Dus aux phénomènes emboliques et anévrysmes
artériels, abcès cérébral et méningites
➢ Signes rénaux: graves et variés
▪ Protéinurie
▪ Hématurie
▪ Insuffisance rénale
81
Bilan
❑Hémocultures
▪ Positives dans 90 %
❑Culture des valves
▪ Si intervention chirurgicale avec exérèse des valves
❑Échodoppler cardiaque
▪ Critère majeur de diagnostic
▪ Visualisation des lésions valvulaires
82
Bilan
❑Autres
▪ Biologie
✓ Syndrome inflammatoire
✓ Présence des complexes immuns circulants
✓ Facteur rhumatoïde +
✓ Hématurie
✓ Protéinurie
✓ ECG, RX thorax
83
Diagnostic
Critères
❑Endocardite certaine
➢ Preuve anatomique de l’infection valvulaire (lors de
l’intervention ou à l’autopsie)
❑Endocardite probable
➢ Syndrome infectieux
➢ Signes de localisation de l’infection au niveau de
l’endocarde valvulaire
❑Endocardite possible
➢ Tableau clinique ou biologique incomplet
84
Diagnostic différentiel
85
Surveillance sous traitement et évolution
Évolution
86
Surveillance sous traitement et évolution
Évolution
❑Facteurs de mauvaise évolution
➢Foyer infectieux persistant au niveau de
l’endocarde valvulaire
➢Foyer infectieux secondaire
➢Phlébite au point d’injection
➢Dilution insuffisante de la Péni G dans la
solution
87
Surveillance sous traitement et évolution
Surveillance
❑Clinique (en général) et microbiologique
▪ Fondée sur le suivi de la fièvre (4x/j, au moins), des
signes extracardiaques
▪ Hémocultures (au moins 3) dans les jours qui suivent
l’introduction de l’ABpie + dosages d’AB, apprécier le
pouvoirs bactéricide du sérum
88
Surveillance sous traitement et évolution
❑Cardiologique
➢Suivi de l’état cardiaque: auscultation (2x/j, au
moins) pour voir si modification du souffle ou
apparition d’une I. cardiaque
➢Échodoppler cardiaque à répétition
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Surveillance sous traitement et évolution
❑Critères de guérison
➢ Il n’existe pas de critères formels de guérison
➢ La surveillance doit être de longue durée
❑Mortalité
➢ 20 %: endocardite native
➢ 30 à 40 %: endocardite sur prothèse valvulaire
90
Surveillance sous traitement et évolution
❑Mortalité
➢Si staphylocoque: 40 à 50 %
➢Si champignon: 70 à 80 %
➢Endocardite post-opératoire précoce: 50 à 70 %
➢Endocardite post-opératoire tardive: 30 à 40 %
91
Traitement
❑Précoce, adapté, forte dose, association AB, de longue
durée (30 à 40 jours, au moins), en Soins intensifs,
voie parentérale, Nursing
❑Streptocoque viridans
Amoxicilline (100mg/kg/j) ou Péni G (200-300
000 UI/kg/j) + gentamicine (2-4mg/kg/j), en
1ère intention
Sinon, en 2de intention, vancomycine
(30mg/kg/j) + gentamicine
92
Traitement
❑Streptocoque D
❑Entérocoque
➢Amoxicilline (150-200mg/kg/) ou péni G 300-
400 000 UI/kg/j) + gentamicine
Sinon, Vancomycine + gentamicine, en 2de
intention
93
Traitement
❑Staphylocoque méti S
➢ Oxacilline (150-200mg/kg/j) ou céfamandole (75-
100mg/kg/j) + gentamicine
Sinon, Vancomycine + gentamicine, en 2de intention
❑Staphylocoque méti R
➢ Vancomycine (30mg/kg/j) + autre AB actif in vitro
94
Traitement
95
Traitement
❑Chirurgical
➢ Dicté par les indications hémodynamiques
(aggravation des lésions valvulaires et survenue ou
aggravation d’une insuffisance cardiaque)
❑Autres
➢ Anticoagulants si accidents vasculaires des membres,
sténose mitrale avec arythmie complète, EI sur
prothèse valvulaire, …
96
Prophylaxie
97
Méningites
Infectieuses:
diagnostic et traitement
Pr DR MANDINA Madone
99
Objectifs
Général
➢ Améliorer la prise en charge des méningites
Spécifiques
➢ Suspecter une méningite
➢ Identifier les facteurs favorisants et les
étiologies probables de la méningite
➢ Poser un diagnostic correct
➢ Administrer un traitement efficace
100
Définitions 1
▪ Méningite: Inflammation des méninges/recrutement
local des PLNx neutrophiles et lymphocytes associé à
un exsudat protéique.
101
Définitions 2
▪ Méningo-encéphalite = signes cliniques d’irritation
méningée + troubles des fonctions supérieures et ou
signes de focalisation
▪ Souvent Herpès simplex (lymphocytaire)
▪ Méningites purulentes/manifestations encéphalitiques
▪ Encéphalites:
✓ virus (HSV, VZV? CMV? EBV, entérovirus, rage, VIH,
rougéole, rubéole, …)
✓Bactéries (BK, listéria, mycoplasma, chlamydia,…)
✓Parasites (palu, toxo, trypano)
✓Champignons (crypto)
102
Etiologies 1
103
Etiologies 2
▪ Rares= non infectieuses
▪ Méningites néoplasiques (métastases méningées)
▪ Méningites dysimmunitaires (sarcoidose, Behçet,…)
▪ Méningites chimiques (ES rare de certains
médicaments)
104
Physiopathologie 1
3 mécanismes d'infection:
▪ Voie hématogène = fréquent !
Foyer infectieux (pneumocoque, méningocoque,
listeria, virus,…) torrent sanguin méninges
105
Physiopathologie 2
3 mécanismes d'infection:
▪ Infection de contiguïté
ORL: foyer infectieux (otite, mastoïdite) ou simple
portage méninges (brèche ostéoméningée)
106
Physiopathologie 3
▪ L’invasion de l’espace méningé déclenche une réaction
inflammatoire locale, de type et d’intensité variables
selon la nature du pathogène et l’immunocompétence
du patient.
107
Physiopathologie 4
• Inflammation délétère pour le parenchyme cérébral du
fait des phénomènes de nécrose purulente, d’ischémie
et d’HTIC séquelles et décès.
➢ Corticothérapie permet de réduire ces
phénomènes
➢ Acide lactique ↑ ds les méningites purulentes.
Si < 3,2 mmol/l =TB valeur prédictive négative !
109
Diagnostic
Diagnostic: Diagnostic positif 1
❑ Le diagnostic de méningite est typiquement évoqué
devant:
• un sd méningé associant céphalées, vomissements en
jet, photophobie et phonophobie, avec signes d’irritation
méningée à l’examen (raideur de nuque, signes de Kernig
et Brudzinski) ;
• un sd infectieux, d’apparition brutale ou progressive.
Diagnostic: Diagnostic positif 2
❑Présentation atypique
✓ Engagement cérébral
✓ Céphalées « post-PL »
Diagnostic: Diagnostic positif 4
• Après PL, les tubes sont acheminés sans délai au
laboratoire.
❑ L’interrogatoire:
- ATCD médicaux (alcoolisme, diabète, néoplasie,
traumatisme crânien, tuberculose, immunodépression VIH,
splénectomie…) ;
- traitements habituels (corticothérapie générale ou topique
excessive…) ;
- notion de contage (contexte épidémique) ;
- symptômes associés extra-neurologiques (signe ORL,
infection pulmonaire, syndrome grippal, altération de l’EG,
diarrhée…) ;
- mode d’apparition des symptômes (brutal/progressif).
Diagnostic: Diagnostic étiologique 9
❑ L’examen clinique:
Méningites
purulentes
Méningites bactériennes
• A tout âge
• Cas sporadique ou épidémique
• Pas de terrain particulier hormis pour les récidives
(déficit en complément)
• Déclaration obligatoire et enquête épidémiologique
• vaccination AC ou ACW chez l’adulte et l’enfant de plus
de 2 ans
• LCR normal avec présence de la bactérie
Pneumocoque
• Se rencontre à tous les âges
• Notion du terrain est importante:
✓ alcoolisme chronique
✓ antécédent de trauma crânien, chirurgie de la base
du crâne
✓ altération des moyens de défense : asplénie,
infection VIH, myélome
• Pas d ’épidémie mais recrudescence hivernale
• Examen ORL
• Létalité élevée en zone tropicale, peut atteindre 50 %.
Haemophilus Influenzae
• Devenu rare du fait de la vaccination (PEV/RDC)
• reste l’une des causes majeures de méningite chez
l’enfant de moins de 5 ans non vaccinés, exceptionnelle
en dehors de cette tranche d’âge.
• Mortalité très élevée, aux alentours de 50 %.
Listeria
• N-né et Adulte de tous les âges
• facteurs prédisposants :
✓ âge avancé
✓ grossesse
✓ éthylisme
✓ déficience immunitaire (corticothérapie, chimiothérapie)
• La listériose est exceptionnelle en Afrique
• Le tableau typique est celui de la rhombencéphalite avec
signes d’atteinte du tronc cérébral, en particulier paralysie
des nerfs crâniens
• L’aspect du LCR est clair, typiquement à formule panachée
• Hémocultures ++
Profil du LCR
• Aspect trouble ou purulent
• Cytologie : > 1000 GB dont > 50% PNN
• Glycorachie abaissée (LCR/sang < 40%)
• Protéinorachie : > 40 mg/dl, souvent > 150 mg/dl
• Lactacidorachie élevée
• Examen direct positif dans 70 % des cas pour
méningocoque, 90% pour pneumocoque
• Cultures, Ag solubles, PCR
Méningites nosocomiales
• Urgences médicales
• Hospitalisation en SI/réa
• Si pas de signes de gravité, hospitalisation en salle
possible
• ATB probabiliste à débuter sans tarder
• Corticothérapie si origine bactérienne suspectée
• Prise en charge symptomatique
Traitement
❑ Le choix probabiliste de l’ATB est fondé sur :
▪Sur l’écologie
▪Le profil de résistance des bactéries responsables
▪La présence de signes de gravité
▪Il fait appel à des molécules :
✓ une forte activité spécifique (bactéricide) sur les
germes en cause
✓ bonnes concentrations dans le LCR
✓ administration intraveineuse à fortes doses.
Traitement
❑ Méningite à méningocoque
158
Plan
0. Objectifs
I. Définition
II. Étiologie
III. Épidémiologie
IV. Physiopathologie
V. Symptomatologie
VI. Complications
VII. Diagnostic
[Link] différentiel
IX. Traitement
159
0. Objectifs
• Objectif général
➢Aider à améliorer la prise en charge des salmonelloses
• Objectifs spécifiques
Au terme de ce chapitre, l’apprenant doit être capable de:
➢Expliquer l’épidémiologie des salmonelloses
➢Donner leur étiologie
➢Décrire leur physiopathologie
➢Reconnaître leur symptomatologie
➢Poser un diagnostic correct
➢Administrer un traitement adéquat, appliquer et faire
appliquer les mesures préventives des salmonelloses
160
I. Définition
161
II. Étiologie
• Salmonella typhi (Bacille d’Eberth)
• S. para-typhi A, B, C
Bacilles à Gram négatif ayant 3 antigènes
➢2 somatiques:
✓ Ag O, en profondeur du corps , grand pouvoir
pathogène et vaccinant (=Endotoxine)
✓Ag Vi, à sa surface).
➢Ag H: 1 flagellaire (Ag H)
162
III. Épidémiologie
163
III. Épidémiologie (2)
• Matériels contaminants: selles, vomiques, crachat,
urine, …
• Disséminateurs: mouches, cancrelats, …
• Facteurs favorisants
➢Hygiène collective et individuelle défectueuse
➢Promiscuité
➢Hypochlorhydrie gastrique
164
IV. Physiopathologie
• Incubation
Absorption orale inoculum 105 ou 106 iléon
terminal traversée sans effraction muqueuse iléale
(via les cellules M ou enterocytes) et colonisation ggl
mésentériques avec apparition de lymphadénites
locales
➢Phase silencieuse (durée: 15 jours)
165
IV. Physiopathologie (2)
166
IV. Physiopathologie (3)
• Période bilio-colique (2ème et 3ème
septénaires)
Foiebile + multiplication du germe dans la
vésicule biliairelumière intestinale (par la bile)
En même temps, l’endotoxine typhique (Ag O)
libérée par la lyse des germes morts dans les ggl
lymphatiques, colonise tout l’organisme
➢Phase septique/complications (suite) (durée: 14 à 15
jours)
167
IV. Physiopathologie (4)
Action endotoxine + médiateurs chimiques (cytokines,
NO, …) explique:
➢ Irritation système lymphoïde abdominal avec lésions
intestinales au niveau des plaques de Peyer (hémorragie
digestive et perforations intestinales)
➢ Atteinte des noyaux neuro-végétatifs diencéphaliques ( tuphos,
dérèglement de la T°, du pouls, de la TA, …)
➢ Choc toxi-infectieux (septique)
➢ Leucopénie (imprégnation de la moëlle osseuse par
l’endotoxine)
168
V. Symptomatologie
• Premier septénaire
Après une incubation de 15 j, en moyenne:
➢ T° progressivement croissante pour atteindre 39-40 °C, au bout
d’une semaine (T° en plateau)
➢ Céphalée intense
➢ Asthénie croissante (tuphos)
➢ Troubles abdominaux (constipation, coliques, gêne
abdominale)
➢ Splénomégalie
➢ Parfois, épistaxis
169
V. Symptomatologie (2)
170
V. Symptomatologie (3)
171
VI. Complications
172
VI. Complications (2)
173
VII. Diagnostic
• Bactériologie
➢Mise en évidence du germe
Hémoculture: + pdt le 1er septenaire surtout
Coproculture: + inconstante et tardive
Uroculture
Biliculture
Culture crachat, vomiques
174
VII. Diagnostic
•Réaction de Widal-Felix: a abandonner, +
Anticorps O
- Apparaît précocement entre J 6 et J10 de la maladie ;
- Est significatif à partir de 1/160 ;
- disparaît en 2-3 mois ;
- Témoigne d’une infection récente.
Anticorps H
- Apparaît plus tardivement entre J10 et J15
- Est significatif à partir de 1/320 ;
- Atteint rapidement un taux élevé, parfois supérieur à 1/1600 ;
- Diminue progressivement pendant plusieurs années ;
- Moins spécifique de la fièvre typhoïde que l’anticorps O
VII. Diagnostic (2)
176
VII. Diagnostic (3)
• Limites de la réaction de Widal-Felix
➢Facteurs de Faux Positif
Interférence avec d’autres maladies (candidose,
leptospirose, rickettsiose, …)
Maladies avec modifications d’immunoglobulines
(paludisme, maladie de Hodgkin, hépatite chronique
active, collagénose, myélome multiple, …)
177
VII. Diagnostic (4)
178
VIII. Diagnostic différentiel
➢Paludisme
➢Sepsis à autre germe
➢Angiocholite
➢TB
➢Shigellose
➢Amibiase colo-hépatique
179
IX. Traitement
• Préventif
➢Individu
Hygiène alimentaire
Hygiène fécale
➢Collectivité
Application des normes d’hygiène au niveau de
chaînes alimentaires
180
IX. Traitement (2)
• Préventif
➢Collectivité
Hygiène fécale publique (latrines publiques)
Dépistage et traitement des porteurs asymptomatiques
Déparasitage anti-schistosome
181
IX. Traitement (3)
• Curatif
➢Jadis
Chloramphénicol
Thiamphénicol
Ampicilline
Cotrimoxazole, …
182
IX. Traitement (4)
➢Actuellement
Quinolones (ciprofloxacine, ofloxacine)
Ex. ciprofloxacine 2x500 mg/j/10j po;
La forme perfusion IV de ciprofloxacine existe (2x
200 mg à 400 mg/j durée de perfusion/vial:45 min; vial de
200 mg dans 100 ml)
ceftriaxone
Azithromycine
183
SHIGELLOSE
184
Plan
• Objectifs
• Définition
• Étiologies
• Épidémiologie
• Pathogénie
• Clinique
• Complications
• Diagnostic
• Diagnostic différentiel
• Traitement
185
Objectifs
Général
• Aider à améliorer la prise en charge de la shigellose
Spécifiques
• Connaître les étiologies et l’épidémiologie de la
shigellose
• Assimiler sa pathogénie
• Poser un diagnostic correct
• Administrer un traitement efficace et bien prendre en
charge les complications
186
Définition
• Maladie des mains sales, transmissible,
caractérisée par une entérite fébrile dont
l’agent causal est un bacille à Gram négatif
187
Étiologies
• Shigella, une entérobactérie à Gram négatif
• Quatres sérotypes
➢ S. dysenteriae (bacille de Shiga): le plus fréquent, le
plus virulent (10 à 100 germes maladie; 1000 à 10
000 germes pour Vibrio cholerae)
➢ S. flexneri
➢ S. boydii
➢ S. Sonnei
188
Épidémiologie
• Sous les tropiques:
➢80 % des enfants infectés fièvre +
diarrhée
➢50 % des adultes infectés symptomatologie,
l’autre moitié porteurs asymptomatiques
▪ Source de contamination: interhumaine
(homme, hôte exclusif)
▪ Mode de contamination
➢Direct: homme à homme
➢Indirect: aliments et eau souillés, bestioles
(=disséminateurs)
189
Épidémiologie
• Facteurs favorisants:
➢Hygiène collective et individuelle défectueuse
➢Promiscuité
➢Pénurie d’eau
➢Malnutrition, changement de régime, …
190
Pathogénie
191
Clinique
• Incubation: 48 heures
❑Syndrome dysentérique
➢ Crampes abdominales, soulagées par la défécation
➢ Selles liquides, très nombreuses (> 100/j), parfois
sanguinolentes
➢ Ténesme (contracture douloureuse des muscles anaux,
avec de faux besoins)
➢ Sensibilité abdominale à la palpation des quadrants
192
Clinique
➢Péristaltisme augmenté à l’auscultation
abdominale
❑Parfois: vomissements, troubles
neurologiques, hypotension artérielle
❑Fièvre de début brutal, 39,5-40 °C, avec
frissons et myalgies (parfois, absence de T°)
193
Complications
• Déshydratation
• Insuffisance rénale aiguë
• Choc septique
• Hémorragies digestives (parfois avec anémie)
• Arthrite non suppurée, conjonctivite, iritis,
urétrite, …(=syndrome de REITER)
194
Diagnostic
• Présomption
➢ Épidémiologie
➢ Clinique
• Orientation
➢ Hyperleucocytose avec polynucléose neutrophile
➢ Selle: beaucoup de GR, GB, absence d’amibes
• Certitude
➢ Coproculture sur milieu SS (shigella-salmonella)
shigelles
195
Diagnostic différentiel
• Salmonellose
• Entérite virale (poliomyélite, coxsackievirose,
echovirose, …)
• Entérite amibienne
196
Traitement
• Curatif (voie orale)
➢Ancien: ampicilline 2 à 3g/j/7j en 3 prises,
ou chloramphénicol
3x500mg/j/7j
ou cotrimoxazole 2x960mg/j/7j
ou tétracycline 3x500g/j/7j
197
Traitement
• Curatif
➢Actuel: acide nalidixique 2x500mg/j/7j
ou norfloxacine 2x400mg/j/7j ou autre
quinolone actif
ou polymyxines: colimycine 150 000
UI/kg/j en 3 à 4 prises, (comprimé
sécable de 1,5 millions d’UI)
Shigella dysenteriae est devenu résistant aux
AB de l’ancien traitement
198
Traitement
• Symptomatique et des complications
➢Corrections de troubles hydro-électrolytiques
➢Épuration extra-rénale
➢AINS, …
199
Prévention
• Hygiène individuelle et collective
200