Cours de Relativité Restreinte - PC2 MI2
Cours de Relativité Restreinte - PC2 MI2
3 Cinématique relativiste 15
3.1 Loi de composition des vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Loi de composition des accélérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
4 Espace-temps et Quadrivecteurs 21
4.1 Espace-temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.1.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.1.2 Intervalle d’espace-temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.1.3 Produit scalaire et pseudo-norme dans l’espace-temps . . . . . . . . . . . . . . 23
4.1.4 Temps propre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.2 Quadrivecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.2.2 Exemples de quadrivecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
a- Quadrivecteur position . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
b- Quadrivecteur vitesse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
c- Quadrivecteur accélération . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
6 Dynamique relativiste 35
6.1 Vecteur-quantité de mouvement relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
6.2 Équation fondamentale de la dynamique relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
6.3 Énergie relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
6.3.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
7 Électromagnétisme relativiste 53
7.1 Rappels et compléments d’électromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
7.1.1 Équations de Maxwell et leurs significations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
7.1.2 Équation de conservation de l’électricité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
7.1.3 ~ et B
Équations de propagation des champs E ~ . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
7.1.4 Solution des équations de Maxwell dans le vide . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
7.1.5 Énergie de l’onde électromagnétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
7.2 Quadrivecteur densité de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
7.3 ~ et B
Transformation des champs E ~ par changement de repère galiléen . . . . . . . . . 59
7.3.1 Application au champ créé par une particule chargée en mouvement . . . . . . 60
7.3.2 Application au champ magnétique en mouvement . . . . . . . . . . . . . . . . 61
7.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Sommaire
1.1 Transformations de Galilée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
1.2 Mécanique classique et l’électromagnétisme : les conflits . . . . . . . . . 4
1.3 Exercice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Dans le cas simple, où les référentiels R et R′ sont Figure 1.1: changement de référentiels
en mouvement de translation uniforme l’un par rapport à inertiels
l’autre, les transformations qui font correspondre les coor-
données d’un même événement vu dans ses deux référentiels sont appelées transformations de Galilée
(Galileo Galilei, 1564-1642). Sans restreindre la généralité, on peut choisir les axes des référentiels R
et R′ de telle manière que (Fig.1.1) :
• Les axes Ox et O ′ x′ coïcident à tout instant et sont parallèles au vecteur-vitesse ~u de R′ par
rapport à R.
• Les axes Oy et O ′y ′ d’une part, et les axes Oz et O ′ z ′ d’autre part, sont constamment parallèles.
• Les origines O et O ′ sont confondues à l’instant initial t = t′ = 0.
Dans ces conditions, les transformations de Galilée s’écrivent :
x = x′ + ut′
x′ = x − ut
′ ′
y = y y = y
′ soit encore (1.1)
z = z
z′ = z
t = t′
t′ = t
Ainsi, pour les composantes du vecteur-vitesse dans ces référentiels, nous obtenons :
′
′
vx = vx + u vx = vx − u
v = vy ′
soit encore vy′ = vy (1.3)
y
vz = vz′ vz′ = vz
Ces dernières relations pour les composantes du vecteur-vitesse correspondent à la loi de composition
des vitesses en mécanique classique :
~v = ~v ′ + ~u.
Pour les composantes du vecteur-accélération nous avons :
′
ax = ax
a = a′y soit ~a = ~a ′ . (1.4)
y
az = a′z
Nous en déduisons que pour une particule de masse m, le principe fondamental de la dynamique est
le même dans tous les référentiels galiléens : c’est le principe de relativité galiléen qui stipule que les
lois physiques sont identiques dans tous les référentiels galiléens.
Remarquons que ces relations de transformations pour le vecteur-vitesse colinéaire aux axes de
coordonnées Ox et O ′ x′ illustrent le fait que la description d’événements est relative aux observa-
teurs. La relativité des observateurs et des observations est en fait une propriété inhérente à toute
mécanique, et n’est donc pas spécifique à la mécanique de la relativité restreinte. Comme nous allons
le voir, ce qui est relatif dans la mécanique relativiste est la nature même de l’espace et du temps
par rapport à un observateur.
Des transformations de Galilée (formules 1.1), pour l’exemple simple considéré ici, il suit une série
de conséquences intéressantes pour les événements physiques. Considérons deux événements (1) et
(2) caractérisés par les coordonnées (t1 ; x1 , y1, z1 ) et (t2 ; x2 , y2 , z2 ) dans le référentiel R et par les
coordonnées (t′1 ; x′1 , y1′ , z1′ ) et (t′2 ; x′2 , y2′ , z2′ ) dans le référentiel R′ . Ces coodonnées sont donc liées par
les relations :
x1 = x′1 + ut′1
x2 = x′2 + ut′2
y1′ y2′
y1 = y2 =
événement (1) événement (2) (1.5)
z1 = z1′
z2 = z2′
t′1 t′2
t
1 = t
2 =
L’intervalle de temps qui sépare ces deux événements, dans chaque référentiel est tel que :
Le fait que ces intervalles de temps soient égaux et indépendants du référentiel considéré, est une
conséquence du caractère absolu du temps dans la mécanique newtonienne. Ainsi, les intervalles
de temps sont invariants sous les transformations de Galilée. De plus, si les deux événements sont
simultanés dans un référentiel (t2 − t1 = 0), ils le restent dans tous les autres référentiels.
Considérons la distance qui sépare les deux événements dans chaque référentiel inertiel, nous
avons :
(x′2 − x′1 )2 + (y2′ − y1′ )2 + (z2′ − z1′ )2 = [(x2 − x1 ) − u(t2 − t1 )]2 + (y2 − y1 )2 + (z2 − z1 )2 (1.7)
Nous en déduisons que la distance dans l’espace d’événements simultanés pour lesquels t2 − t1 = 0,
est invariante sous les transformations de Galilée.
En résumé, dans la mécanique non relativiste, deux événements simultanés dans un même réfé-
rentiel inertiel, restent simultanés dans tout autre référentiel et la distance entre ces deux événements
est la même dans tout autre référentiel. Aussi, les intervalles de temps sont invariants. Ces résulats
sont dus au caractère absolu de l’espace et du temps en mécanique newtonienne.
En utilisant la loi de composition des vitesses en mécanique classique nous obtenons, dans le référentiel
R:
vx = c + u > c ; vy = 0 ; vz = 0. (1.10)
Cette loi d’addition linéaire des vitesses implique que la vitesse de la lumière par rapport au référentiel
R est supérieure à la vitesse c de la lumière dans le vide ! ! !
Par conséquent, les équations de Maxwell ne sauraient être valables dans tous les référentiels
d’inertie mais seulement dans le référentiel où l’éther est au repos. Ceci viole le principe de relativité
de Galilée qui indique qu’aucun référentiel galiléen n’est particulièrement pas privilégié. Que faut-il
faire ? Doit-on renoncer soit aux équations de Maxwell soit aux transformations de Galilée ? C’est un
dilemme.
Comme toujours, lorsque les concepts fondamentaux de la physique sont remis en question, et que
le physicien se trouve à la croisée des chemins, seule l’expérience peut indiquer l’avenir vers la vérité.
L’expérience qui a résolu le dilemme est un test, on ne peut plus ingénieux de l’existence de l’éther,
conçu pour mettre en évidence la variation de la vitesse de la lumière en fonction de la vitesse de
l’observateur, relative à l’éther. Autrement dit, ce test avait pour but de détecter le mouvement de
la terre dans l’éther. Cette célèbre expérience avait été réalisée tout d’abord par Albert Abraham
Michelson (1852-1931) en 1881, et ensuite répétée en collaboration avec Edward Williams Morley
(1838-1923) en 1887. Elle utilise une méthode interférométrique très précise, capable de détecter des
effets en (u/c)2, même pour u nettement inférieure à la vitesse orbitale de la terre (Fig.1.2).
11111111
00000000
miroir
00000000
11111111
D
lame
semi−transparente
L2 11
00
00
11
00
11
G 00
11
00
11
C miroir
source S
00
11
L1 00
11
00
11
00
11
B
observation des interferences
Un faisceau lumineux issu d’une source S arrive en G sur une lame semi-transparente (au centre
du dispositif interférométrique) qui dévie la moitié du faisceau vers le point D. Les miroirs placés en
C et D réfléchissent les faisceaux scindés L1 et L2 vers le centre G qui les renvoie vers le détecteur
en B avec GC = GD = L.
Supposons que l’éther existe et que la terre se déplace par rapport à l’éther avec la vitesse ~u
suivant le bras (1) de l’interféromètre et calculons les temps aller-retour τ1 et τ2 des faisceaux L1 et
L2 . Nous avons :
L L 2Lc
τ1 = + = 2 (1.11)
c−u c+u c − u2
2L
τ2 = (1.12)
c
D’après ce raisonnement avec la mécanique classique τ1 6= τ2 , et les faisceaux L1 et L2 arrivent au
détecteur à des dates différentes. Ce résultat est en désaccord avec les résultats de l’expérience qui
montrent que les faisceaux qui se superposent au niveau du détecteur, sont cohérents et interfèrent.
Cette expérience effectuée plusieurs fois en tournant les bras de l’interféromètre par rapport à la
direction du mouvement de la terre, donne la même figure d’interférence sur le détecteur.
Par conséquent, la solution au paradoxe de la physique de la fin du XIX ème siècle n’était pas à
trouver dans la notion d’éther : l’éther n’existe pas ! Les lois de la mécanique classique ne sont plus
valables quand la vitesse de la particule est proche de celle c de la lumière dans la vide. C’est ainsi
que d’une manière incontournable, et sur base d’une seule expérience à la fois simple et ingénieux
dans son concept, il a fallu non seulement modifier les équations du mouvement de Newton pour
des corps matériels dont la vitesse approche celle la lumière dans le vide, mais également réviser
d’une manière fondamentale nos concepts et nos notions de la nature de l’espace et du temps, et de
leur géométrie. C’est la naissance en 1905 de ce qu’il convient d’appeler la mécanique de la relativité
restreinte d’Albert Einstein (1879-1955). Ce sont les concepts et leurs conséquences, de cette nouvelle
physique que nous présentons dans la suite de ce cours.
1.3 Exercice
Les équations de Maxwell de l’électromagnétisme dans le vide sont :
~ ~
~ E
∇. ~ = ρ ; ∇. ~ B ~ =0 ; ∇ ~ ∧E ~ = − ∂B ; ∇ ~ ∧B ~ = µ0 J~ + 1 ∂ E
ε0 ∂t c2 ∂t
Si vous ne les connaissez pas, pas d’inquiétude : il est inutile d’en expliquer tous les termes maintenant,
ce qui nous intéresse c’est de :
a- Montrer que l’équation de propagation du champ électrique E ~ dans le vide et en absence de
charge et de courant (ρ = 0 ; J~ = ~0) est
2~
~ − 1 ∂ E = ~0.
~ 2E
∇
c2 ∂t2
b- Écrire l’équation de la surface d’onde à l’instant t dans le référentiel R. Quelle devrait être
l’équation de la surface d’onde dans R′ pour assurer la covariance de la loi de propagation des
ondes électomagnétiques.
c- Montrer que cette équation n’est pas covariante par changement de repère galiléen sous les
transformations de Galilée.
Sommaire
2.1 Postulats de la relativité restreinte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2 Transformations spéciales de Lorentz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2.3 Conséquences des transformations spéciales de Lorentz . . . . . . . . . . 10
2.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
Les postulats de base de la relativité restreinte remontent à Albert Einstein, qui les a énoncé en
1905.
• Postulat 1 : Principe de relativité galiléen étendu
Les lois de la physique sont les mêmes pour tous les observateurs inertiels. En d’autres termes,
si deux observateurs liés à deux référentiels galiléens font la même expérience ils doivent obtenir
les mêmes résultats.
• Postulat 2 : Invariance de la vitesse de la lumière
La vitesse de la lumière est la même dans les référentiels inertiels. En particulier, elle vaut la
constante c dans le vide. La vitesse de la lumière est donc indépendante de la source et de la
direction de propagation.
Pour la petite histoire, il est intéressant de savoir qu’au moment de formuler les postulats de la
relativité restreinte en 1905, Einstein ne connaissait sans doute ni l’existence et ni le résultat de
l’expérience de Michelson et Morley. C’est "simplement", sur la base d’une intuition physique re-
marquable et d’une conviction sans faille dans les équations de Maxwell. Ces postulats n’ont pas été
démontrés par un raisonnement. Mais ils sont aujourd’hui vérifiés avec une très grande précision. Si
un jour il advenait que l’un d’entre eux soit réfuté par l’expérience, toute la théorie s’effondrerait.
y′ = y ; z ′ = z. (2.1)
Supposons que les origines O et O ′ des référentiels coïncident dans l’espace à l’instant initial
t = t′ = 0. La position de l’origine O ′ du référentiel R′ correspond à la coordonnée x′ = 0 à
chaque instant, tandis que ce même point possède dans R une coordonnée x = ut. L’espace et
temps étant homogène dans tous les référentiels d’inertie, alors la relation entre x et x′ est linéaire
et nécessairement de la forme,
Le coefficient de proportionnalité γ est identique dans les deux relations ci-dessus en raison du
principe de relativité puisqu’en effet, rien a priori ne permet de distinguer les deux référentiels
inertiels.
Pour déterminer les relations de transformation entre les coordonnées temporelles t et t′ d’un même
événement dans chacun des deux référentiels, composons les deux transformations des coordonnées
x et x′ en (2.2). Nous obtenons l’équation,
γ2 − 1
′
t =γ t− 2 x . (2.4)
γ u
Ces transformations portent le nom de transformations spéciales de Lorentz, du nom Hendrik Antoon
Lorentz (1853-1928). Elles sont dites spéciales, parce qu’on a considéré deux référentiels possédant
les mêmes vecteurs de base dans l’espace et dont les origines dans le temps et l’espace coïncident à
un instant particulier.
p
Si nous utilisons β = u/c et γ = 1/ 1 − β 2 , alors les transformations spéciales de Lorentz peuvent
s’écrire sous la forme matricielle :
x γ 0 0 βγ x′
y 0 1 0 0 y′
= ′ (2.13)
z 0 0 1 0 z
ct βγ 0 0 γ ct′
La matrice de Lorentz est symétrique et son déterminant est égal à 1. Les matrices de ce genre forment
le groupe spécial de Lorentz. Comme nous allons le voir plus loin, les équations d’électromagnétisme
de Maxwell sont covariantes par rapport au groupe de Lorentz.
Pour trouver la matrice inverse et déduire la tranformation inverse, il faut remplacer u par −u
(soit β par −β) car si R′ est en translation de vecteur-vitesse ~u par rapport à R cela revient aussi à
dire que R est en translation de vecteur-vitesse −~u par rapport à R′ .
y y’
R R’
L0
mesure, l’observateur est contraint de déterminer les coordonnées x1 et x2 des deux extrémités de
la tige au même instant (t1 = t2 ) dans le référentiel auquel il est lié. En effet, si la mesure de la
position de ces extrémités n’était pas faite simultanément, la vraie longueur de la tige dans R ne
serait obtenue, car la tige se serait déplacée durant l’intervalle de temps intervenant dans la mesure.
Utilisons les relations des transformations spéciales de Lorentz (formules 2.12), nous avons pour
les coordonnées parallèles au mouvement de la tige,
Nous en déduisons que le longueur L de la tige telle qu’observée dans le référentiel R par rapport
auquel elle est en mouvement à vitesse constante dans la direction des x, est donnée par :
r
x′2 − x′1 L0 u2
L = x2 − x1 = = = L0 1 − 2 . (2.18)
γ γ c
La formule (2.18) implique une contraction de la longueur au repos de la tige lorsqu’elle est observée en
mouvement de vitesse constante. Le coefficient de contraction est 1/γ. Cependant, cette contraction
des longueurs n’a lieu que pour les dimensions spatiales de l’objet parallèles à son mouvement, tandis
que les dimensions transverses ne subissent aucune modification.
E1 (x′1 , y1′ , z1′ , t′1 ) ; E2 (x′2 , y2′ , z2′ , t′2 ) avec x′1 = x′2 , y1′ = y2′ , z1′ = z2′ , (2.19)
l’intervalle de temps ∆t′ = t′2 − t′1 est donc l’intervalle de temps propre entre ces deux événements.
En appliquant les transformations spéciales de Lorentz (formules 2.12) aux deux événements E1
et E2 nous obtenons :
h u ′ i
t2 − t1 = γ (t2 − t1 ) + 2 (x2 − x1 ) = γ(t′2 − t′1 ) car x′1 = x′2 ,
′ ′ ′
(2.20)
c
soit finalement,
∆t′
∆t = γ∆t′ = p . (2.21)
1 − u2 /c2
Le facteur γ étant supérieur à 1, l’intervalle de temps ∆t dans R est toujours supérieur à celui ∆t′
dans R′ . Ce résultat correspond au phénomène de dilatation du temps en relativité restreinte. Les
intervalles temporels dépendent du choix de référentiel inertiel. Ces intervalles temporels sont plus
importants dans tout autre référentiel inertiel que celui dans le référentiel propre des événements :
∆t = γ∆t0 . (2.22)
Cet effet a été observé expérimentalement sur la désintégration des muons produits dans la haute
atmosphère par les rayons cosmiques. Dans leur référentiel propre, c’est-à-dire celui dans lequel ils
sont au repos, le temps de vie de ces muons est de τpropre = 2, 2µs. Si par exemple, leur vitesse est
v = 0, 99c alors la distance moyenne parcourue par les muons avant qu’ils ne se désintègrent serait,
Cette distance est trop petite pour qu’ils puissent atteindre la surface de la terre ! Néanmoins, on
observe ces particules cosmiques au niveau de la mer, et c’est ainsi qu’elles ont été découvertes.
Comment expliquer cette observation ?
Il s’agit du phénomène de dilatation du temps. En effet, bien que le temps de vie des muons ne soit
que de 2, 2µs dans leur référentiel propre, pour un observateur à la surface de la terre, il voit ces
muons se déplacer quasiment à la même vitesse v = 0, 99c. Par conséquent le temps de vie moyen de
ces particules pour l’observateur terrestre est,
Ainsi pour l’observateur terrestre, la distance moyenne parcourue par les muons avant leur désinté-
gration est,
d = vτobservé = 4640m,
une distance qui leur permet effectivement d’atteindre la surface de la terre depuis le point où ils
sont produits dans l’atmosphère.
2.4 Exercices
Exercice 1
Écrire les transformations spéciales de Lorentz dans le cas simple où le vecteur-vitesse ~u de translation
de R′ par rapport à R est colinéaire à l’axe Ox avec O ≡ O ′ pour t = t′ = 0. En déduire que pour
u << c, on retrouve les transformations de Galilée de la mécanique classique.
Exercice 2
Établir les transformations spéciales générales de Lorentz dans le cas où le vecteur-vitesse ~u de
translation de R′ par rapport à R est quelconque avec O ≡ O ′ pour t = t′ = 0.
Exercice 3
On considère l’équation de propagation d’une onde unidimensionnelle E(x, t) :
∂2E 1 ∂2E
− =0
∂x2 c2 ∂t2
a- À partir des transformations spéciales simples de Lorentz (x′ , t′ ) des coodonnées (x, t), déter-
miner les dérivées partielles ∂/∂x′ et ∂/∂t′ en fonction de ∂/∂x et ∂/∂t respectivement.
2
∂ 2
b- Calculer ∂x ′2 et ∂t∂ ′2 et en déduire que l’équation de propagation des ondes est invariante
sous les transformations de Lorentz.
Exercice 4
Une tige de longueur au repos L′ dans le référentiel R′ , fait un angle θ′ par rapport à l’axe O ′x′ .
Déterminer la longueur L et l’angle θ tels que mesurés dans le référentiel R. Le repère R′ se déplace
à la vitesse constante u suivant l’axe Ox du repère R.
Exercice 5
Deux jumeaux A et B vivent sur la terre. Le jour de leur 20 ans, le jumeau B monte dans un vaisseau
en vue d’atteindre une étoile située à 30 années-lumière (tel que mesuré de la terre). Sachant que le
vaisseau se déplace à 0.95c, quels seront les âges des jumeaux quand ils seront de nouveau réunis ? ! ! !
Exercice 6
La terre et le soleil sont distants de 8, 33 minutes-lumière. Un événement A se produit sur la terre
à t = 0 et un événement B sur le soleil à t = 2, 45 minutes (tel que mesuré dans le référentiel
terre-soleil). Déterminer lequel des événements se produira le premier et la différence de temps entre
A et B si :
a- vous vous déplacez de la terre au soleil avec v = 0.75c,
b- vous vous déplacez du soleil à la terre avec v = 0.75c,
c- vous vous déplacez de la terre au soleil avec v = 0.294c.
Exercice 7
Une petite boîte cubique de côté a est lancée parallèlement à l’une de ces faces avec une vitesse
constante v. Quel est le volume apparent de ce cube pour un observateur fixe ?
Exercice 8
Les mésons ont une durée de vie moyenne au repos de 2, 2µs. Ils sont créés à une altitude de 10km
et voyageant à une vitesse de 0.995c vers la terre. Calculer :
a- la durée de vie moyenne des mésons telle que vue sur la terre,
a- le temps mis pour arriver au sol tel que vu sur la terre,
a- le temps mis pour arriver sur la terre pour un méson.
Exercice 9
Un vaisseau spatial (1) quitte la terre avec une vitesse ~v , à un instant où ses horloges et celles de la
terre indique zéro. Au bout d’un temps T pour les horloges terrestres, un second vaisseau (2) s’en
va avec une vitesse ~u de même sens que la vitesse ~v . Les vitesses ~u et ~v sont des vecteurs-vitesses
constants et u > v.
Le deuxième vaisseau rattrape le premier à un instant τ pour les horloges terrestres.
1. Pour les horloges de (1), indiquer la date de départ de (2).
2. Pour les horloges de (1), indiquer la date de rattrapage de (1) par (2).
3. Dans le référentiel de (1), à quelle distance était la terre quand (2) est parti ?
4. Des questions précédentes, déduire la vitesse de (2) telle qu’elle est mesurée par (1).
Cinématique relativiste
Sommaire
3.1 Loi de composition des vitesses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3.2 Loi de composition des accélérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
Tant qu’on reste dans le référentiel R, le temps est défini de manière unique et tous les calculs de la
cinématique classique (vitesses, accélérations, . . .) sont valables. Les difficultés se présentent lorsqu’on
veut passer au référentiel R′ , plus exactement lorsqu’on veut exprimer les données cinématiques de
R pour R′ . Dans ce chapitre, nous allons voir les lois de composition des vitesses et des accélérations
de la mécanique relativiste, déduites des transformations de Lorentz.
d~r d~r ′
dans R : ~v = ; dans R′ : ~v ′ = . (3.1)
dt dt′
Pour établir la relation entre les composantes des vitesses ~v et ~v ′ , il suffit de différencier les formules
des transformations de Lorentz avec u constant. Nous obtenons,
dx = γ(dx′ + udt′ )
dy = dy ′
(3.2)
dz = dz ′
dt = γ dt′ + u dx′
c2
p
avec γ = 1/ 1 − u2 /c2 .
D’où nous tirons la loi de composition des vitesses en mécanique de la relativité restreinte :
p
dy dy ′ vy′ vy′ 1 − u2 /c2
vy = = = = (3.4)
γ dt′ + cu2 dx′ 1 + uv
′
dt γ 1 + uv
′
x
c 2
x
c 2
p
dz dz ′ vz′ vz′ 1 − u2 /c2
vz = = = = (3.5)
γ dt′ + cu2 dx′ 1 + uv
′
dt γ 1 + uv2x
′ x
c c2
Les transformations inverses s’obtiennent en remplaçant la vitesse u (de R′ par rapport à R) par la
vitesse −u (de R par rapport à R′ ) et nous obtenons :
p p
′ vx − u ′ vy 1 − u2 /c2 ′ vz 1 − u2 /c2
vx = ; vy = ; vz = . (3.6)
1 − uv
c2
x
1 − uv
c2
x
1 − uv
c2
x
Remarques
1. Lorsque u << c, alors u/c ≃ 0 et γ = 1. On obtient
u
vx′
vx 1 − c
1 − c
−1 =− uv ′ ,
c 1 + c2x
dont le dénominateur reste toujours positif. En supposant que u < c et vx′ < c, nous obtenons
alors :
vx
− 1 < 0 soit vx < c.
c
Par conséquent la vitesse résultante reste inférieure à la vitesse de la lumière dans le vide.
D’autre part, au deuxième point de la remarque, nous avons montrer que la composition d’une
vitesse quelconque avec c, donne toujours c. En conclusion, aucune particule ne peut avoir une
vitesse supérieure à celle de la lumière dans le vide.
En utilisant les formules (3.6) des transformations des vitesses, nous obtenons :
u2
1− c2
dvx′ = dvx (3.9)
uvx 2
1− c2
p
1 − u2 /c2 h uvx u i
dvy′ = 2 1− dvy + vy dvx (3.10)
1 − uv 2
x c2 c2
c
p
1 − u2 /c2 h uvx u i
dvz′ = 2 1− dvz + 2 vz dvx (3.11)
1 − uv x c2 c
c2
u
p
Avec dt′ = dt − c2
dx/ 1 − u2 /c2 , nous déduisons les formules de transformations des accélérations
ci-dessous :
3/2
u2
dvx′ 1− c2
a′x = = ax (3.12)
dt′ uvx 3
1− c2
2 uvy
dvy′ 1 − uc2
c2
a′y = = ay + ax (3.13)
− uv
2
dt′ 1 − uv 2
x 1 c2
x
c
2
dvz′ 1 − uc2 uvz
c2
a′z = = az + ax (3.14)
− uv
2
dt′ 1 − uv 2
x 1 c2
x
c
2 uvz′
!
1 − uc2 ′ 2
az = 2 az − c
a′
uvx′ x
(3.17)
uvx′
1 + c2 1 + c2
Ainsi, en relativité restreinte, l’áccélération n’est plus invariante lors du changement de référentiel
galiléen et un mouvement uniformément varié dans R′ (~a′ constant) ne l’est plus dans R.
Dans le cas de l’étude dans R du mouvement d’un mobile accéléré, il est utile de considérer à
chaque instant un référentiel R0 ≡ R′ lié au mobile et de vitesse ~u : c’est le référentiel propre du
mobile encore appelé référentiel comobile. Dans ces conditions la vitesse instantanée du mobile est
nulle dans R′ c’est-à-dire que vx′ = vy′ = vz′ = 0. Les formules de transformation des accélérations
deviennent : 3/2
u2 u2 u2
ax = 1 − 2 ax ; ay = 1 − 2 ay ; az = 1 − 2 a′z
′ ′
(3.18)
c c c
3.3 Exercices
Exercice 1
Établir les lois de composition des vitesses et des accélérations dans le cas général où la vitesse ~u de
translation du repère R′ par rapport au repère R, a une direction quelconque. On supposera O ≡ O ′
à l’instant initial t = t′ = 0.
Exercice 2
Deux fusées de même longueur propre l0 se déplacent par rapport au sol, avec les vitesses ~v et −2~v
respectivement. Soient les deux événements,
E1 : croisement des têtes des fusées,
E2 : croisement des queues des fusées.
1. Donner, la distance et l’intervalle de temps entre ces deux événements, dans chacun des trois
référentiels :
a- la terre,
b- la fusée de vitesse ~v ,
c- la fusée de vitesse −2~v .
2. Étudier le cas particulier où les vitesses sont ~v et −~v .
Exercice 3
Deux vaisseaux spatiaux R et R′ de même longueur propre l0 se déplacent le long d’un axe Ox et se
croisent parallèlement. Un observateur placé à la tête du vaisseau le plus lent, mesure l’intervalle de
temps T entre l’instant où la tête de l’autre arrive à son niveau et l’instant où la queue le dépasse.
1. Montrer que la mesure de T et la connaissance de l0 permettent de calculer la vitesse relative
des deux mobiles
2. Application numérique : l0 = 230m et T = 3, 57µs. Quelle est la vitesse relative des deux
vaisseaux ?
Exercice 4
En utilisant les transformations de Lorentz, montrer qu’à chaque instant il existe un plan et un seul
dans R dont les horloges indiquent le même temps que dans R′ . Montrer que ce plan se déplace dans
R avec la vitesse :
γ−1
u= c.
Exercice 5 βγ
a- Montrer que si deux événements ont lieu en un même point dans un référentiel R donné, leur
succession chronologique est la même dans tous les autres référentiels et que le temps qui les
sépare est minimum dans R.
b- Montrer que si deux événements (1) et (2) se succèdent dans cet ordre dans un référentiel
R, il peut exister, dans certaines conditions, des référentiels R′ dans lesquels l’ordre de ces
événements est inversé.
Exercice 6
Une règle horizontale de longueur propre L0 tombe
verticalement vers le sol avec une vitesse ~u (ne pas
s’occuper des accélérations et considérer que la vi-
tesse ~u est constante). Les deux extrémités de la règle
tombent simultanément sur le sol. Un observateur cou-
rant sur le sol se dirige vers la règle avec la vitesse ~v
dans la direction de la longueur L0 de la règle (voir
figure ci-contre). Les vitesses u et v sont mesurées par rapport au sol.
a- Pour l’observateur, la règle semble ne pas tomber verticalement. Calcule la tangente de l’angle
entre la verticale et la direction apparente de chute de la règle, c’est-à-dire la direction de sa
vitesse, vue par l’observateur qui court.
b- De plus, pour l’observateur en mouvement, les deux extémités de la règle ne tombent pas
simultanément au sol. Quel est, pour l’observateur, l’intervalle de temps ∆t qui sépare l’arrivée
des extrémités sur le sol ?
c- Quel angle la règle semble-t-elle faire avec le sol ?
d- Pour quelle vitesse u la règle est-elle perpendiculaire à la direction de son mouvement quelle
que soit la vitesse v de l’observateur ?
Exercice 7 x
On considère trois horloges parfaitement identiques, la première H0 sur la terre à l’ori-
gine O du référentiel R supposé galiléen, la deuxième HA embarquée dans le vaisseau
spatial A animé de la vitesse ~v constante par rapport à la terre, la troisième HB dans le B
+v
vaisseau spatial B animé de la vitesse −~v par rapport à la terre. Les vaisseaux A et B C
ont la même trajectoire et leurs têtes se croisent en un point C de R. Lorsque HA passe
en O, HA est synchronisée avec l’horloge H0 qui indique t = 0. B croise A à l’instant −v A
T /2 dans R et l’horloge HB est synchronisée avec HA .
a- Quelle est la durée du voyage du vaisseau A entre les points O et C, durée mesurée
par HA ?
b- Quelles sont les indications des horloges H0 et HB lorsque B rencontre O ? Ho O
c- Quelle est la durée du voyage de B, mesurée par HA entre les points C et O ?
Exercice 8
1. Un référentiel R′ est en translation uniforme de vitesse ~u suivant l’axe Ox du référentiel fixe
R. La vitesse d’une particule M est ~v (vx , vy , vz ) dans R et ~v ′ (vx′ , vy′ , vz′ ) dans R′ .
a. À partir des transformations spéciales de Lorentz, établir les expressions des composantes
de l’accélération ~a du mobile dans R, en fonction des composantes de son accélération ~a ′ , de
sa vitesse ~v ′ dans R′ et de u. On supposera que lorsque O ′ croise O, t′ = t = 0.
b. On considère maintenant que R′ est à chaque instant identique le référentiel propre R0 lié
à la particule M. En déduire que les relations entre ~a mesurée dans R et ~a ′ mesurée dans
R0 sont :
3/2
v2 v2 v2
ax = 1 − 2 ax ; ay = 1 − 2 ay ; az = 1 − 2 a′z .
′ ′
c c c
2. Un astronaute quitte la terre à bord d’une fusée, à l’instant t = 0 pour les horloges terrestres,
en direction de l’étoile α du centaure située à la distance D = 4, 5 années-lumière. La force de
poussée de la fusée est telle que l’accélération propre de la fusée (mesurée par les instruments
de bord de la fusée) est constante et égale à celle de la pesanteur sur la surface terrestre
(g = 10m/s2 ). On suppose que la fusée se déplace suivant l’axe Ox vertical ascendant du
repère terrestre R.
a. Exprimer, pour un observateur terrestre,
• l’accélération de la fusée à l’instant t où sa vitesse est v,
• la loi v(t) de la vitesse de fusée sachant qu’à t = 0, v = 0,
• l’équation horaire x(t) de la fusée sachant qu’à t = 0, x = 0.
b. Exprimer en fonction D, g et c la durée T mesurée par l’observateur terrestre, du voyage
terre-α du centaure. Calculer T .
c. Exprimer en fonction de T , g et c la durée T0 mesurée par l’astronaute, du voyage terre-α
du centaure. Calculer T0 .
dx
R dx √
On rappelle que (1−ax = x(1 − ax2 )−1/2 + cte et
R
2 )3/2
√
x2 +a2
= ln(x + x2 + a2 ) + cte.
Espace-temps et Quadrivecteurs
Sommaire
4.1 Espace-temps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
4.2 Quadrivecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
4.3 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
4.1 Espace-temps
4.1.1 Définition
Comme nous l’avons vu, en relativité restreinte, l’espace et le temps n’ont plus un caractère absolu
par rapport aux observateurs des référentiels inertiels. Ce fait remarquable est une conséquence
directe du postulat de la constance de la vitesse de la lumière dans tout référentiel inertiel, et se
traduit dans les transformations spéciales de Lorentz par une combinaison linéaire des coordonnées
spatiales ~r = (x, y, z) et temporelles t définissant ces mêmes coordonnées dans un autre référentiel
en translation uniforme par rapport au premier.
Pour garder la même dimension physique pour les grandeurs servant à repérer un événement, il
faudra utiliser les coordonnées x, y, z et ct. Ceci conduit à décrire les phénomènes physiques dans un
espace à quatre dimension appelé espace-temps ou univers de Minkowski, du nom du mathématicien
Hermann Minkowski (1864-1909). Ainsi dans l’espace-temps à quatre dimensions, un événement E
sera repéré par ses coordonnées spatio-temporelles (x, y, z, ct).
(∆s)2 = (x − x0 )2 + (y − y0 )2 + (z − z0 )2 − c2 (t − t0 )2 = l2 − c2 τ 2 . (4.1)
En particulier, si l’événement E0 est choisi comme événement origine c’est-à-dire E0 (0, 0, 0, 0), alors
le carré de l’intervalle d’univers devient :
s2 = x2 + y 2 + z 2 − c2 t2 = ~r 2 − c2 t2 . (4.2)
2 2 2 2 2 2 ′ ′ 2 ′2 ′2 2
h
′ u ′ i2
s = x + y + z − c t = [γ(x + ut )] + y + z − c γ t + 2 x , (4.3)
c
dont un simple développement conduit à,
Par conséquent, s2 = ~r 2 − c2 t2 (ou ∆s2 ) est un invariant relativiste sous le groupe de Lorentz.
Ainsi, bien que l’espace et le temps séparément, ne soient pas invariants sous le groupe de Lorentz,
la combinaison espace-temps est un espace invariant, absolu et indépendant de l’observateur inertiel.
La propagation de la lumière est caractérisée par l’invariant s2 = 0 ou (∆s)2 = 0, c’est-à-dire
x2 + y 2 + z 2 = c2 t2 qui défini un cône appelé cône de lumière (Fig.4.1).
ct
futur
Ailleurs Ailleurs
passe
• Si (∆s)2 > 0 alors l > cτ . La distance spatiale séparant les deux événements est supérieur
à la distance que parcourt la lumière pendant l’intervalle de temps τ entre ces événements.
Autrement dit, la lumière ne peut pas se propager entre ces événements. Comme aucun signal
ne peut aller plus vite que la lumière, aucun signal ne peut se propager entre ces événements.
Donc ce qui se passe dans un événement n’affecte pas l’autre événement. On dit que les deux
événements ne sont pas causalement reliés et que l’intervalle est du genre espace. Ces deux
événements ne sont pas dans le même cône de lumière.
• Si (∆s)2 < 0 alors l < cτ . La distance parcourue par la lumière est supérieure à la distance
spatiale entre les deux événements. Cela signifie que les deux événements peuvent être reliés par
un signal se propageant moins vite que la lumière et qu’il peut donc y avoir un lien de causalité
entre eux : l’un peut être la cause de l’autre. L’effet et la cause ne sont jamais renversés, l’ordre
chronologique est conservé. L’intervalle est du genre temps. Ces deux événements sont toujours
situés dans le cône de lumière l’un de l’autre.
• Si (∆s)2 = 0 alors l = cτ . Seul un signal allant à la vitesse de la lumière peut relier les deux
événements. L’intervalle est du genre lumière. Ces deux événements sont sur la surface du cône
de lumière.
La définition de l’intervalle d’univers entre deux événements infiniment voisins repérés par (x, y, z, t)
pour l’un et par (x+dx, y +dy, z +dz, t+dt) pour l’autre, introduit dans l’espace-temps, une métrique
définie par :
Cette métrique non définie positive, de signature (+ + + −) est appelée métrique de Minkwoski, et
l’espace géométrique possédant une telle métrique est appelé espace de Minkowski. L’espace de Min-
kowski est dit improprement euclidien car, contrairement à l’espace euclidien, la forme quadratique
ds2 peut être positive, négative ou nulle. Dans l’espace euclidien à quatre dimension, la métrique
aurait pour signature (+ + + +) et la forme quadratique serait positive ou nulle. Par conséquent,
le produit scalaire de deux vecteurs R ~ 1 = (a1 , b1 , c1 , d1 ) et R
~ 2 = (a2 , b2 , c2 , d2 ) dans l’espace de
Minkowski est défini par,
~ 1 .R
R ~ 2 = a1 a2 + b1 b2 + c1 c2 − d1 d2 , (4.6)
~ 1 est,
et la pseudo-norme du vecteur R
~ 2 = a2 + b2 + c2 − d2 .
R (4.7)
1 1 1 1 1
Nous déduisons que dt0 < dt et dt0 < dt′ , nous retrouvons de façon générale que l’intervalle de
temps mesuré dans le référentiel propre est plus court que l’intervalle de temps mesuré dans un autre
référentiel : c’est la dilatation du temps.
Le temps propre est l’intervalle de temps qui sépare deux événements qui se produisent en un
même point du même référentiel.
4.2 Quadrivecteur
4.2.1 Définition
On appelle quadrivecteur ou 4−vecteur toute grandeur dont les quatre composantes se trans-
forment comme x, y, z et ct par changement de repère galiléen, on le notera par exemple
~ = (A1 , A2 , A3 , A4 ) ou A
A ~ = (Ax , Ay , Az , At ). (4.12)
La pseudo-norme et le produit scalaire de deux quadrivecteurs sont invariants par les transforma-
tions de Lorentz.
Suivant le signe de la pseudo-norme d’un quadrivecteur, on peut le classer en genre temps, genre
espace ou genre lumière.
C’est le 4−vecteur qui permet de repérer un événement dans l’espace-temps, nous avons
~ = (~r, ct) = (x, y, z, ct).
R (4.13)
b- Quadrivecteur vitesse
C’est par définition, la dérivée du quadrivecteur position par rapport au temps propre dt0 défini
en (4.10) :
~
~ = dR
U
dt0
dR~ dt ~
dR d
= =γ = γ (~r, ct)
dt dt0 dt dt
~ = (γ~v , γc),
U (4.14)
soit encore
Ux = γvx ; Uy = γvy ; Uz = γvz ; Ut = γc, (4.15)
p
où ~v est la vitesse tridimensionnelle de la particule dans le référentiel d’étude et γ = 1/ 1 − v 2 /c2 .
La pseudo-norme du quadrivecteur vitesse est :
2 2
~ 2 = γ 2 (v 2 − c2 ) = v − c2 = −c2 < 0,
U (4.16)
1 − vc2
ce qui montre que la quadrivitesse est du genre temps.
Remarque
~ = (~0, γc), elle n’est pas nulle. Physique-
Pour une particule au repos (~v = ~0), la quadrivitesse est U
ment, cela signifie dans le 4−espace, que le temps ne s’arrête jamais. Le repos n’est jamais atteint
dans l’espace des phénomènes physiques. Le temps doit couler de façon éternelle.
c- Quadrivecteur accélération
dt d dγ dvi dγ
Γi = (γvi ) = γ vi + γ =γ vi + γai (4.19)
dt0 dt dt dt dt
dt dγ dγ c dγ 2
Γ4 = c = γc = (4.20)
dt0 dt dt 2 dt
avec γ = (1 − v 2 /c2 )−1/2 , nous avons
−3/2
v2 γ3
dγ dγ dv 1 d~v
= = 2 1− 2 ~v. = 2 ~v .~a (4.21)
dt dv dt c c dt c
La quadriaccélération s’écrit alors :
2
4
γ4
~Γ = γ d (γ~v), c dγ =
γ 2
(~v .~a) ~v + γ ~a, ~v.~a (4.22)
dt 2 dt c2 c
Dans l’univers de Minkowski, la quadrivitesse et la quadriaccélération sont toujours orthogonales.
~ 2 = −c2 . La dérivée membre à membre
En effet, dans l’expression (4.16) nous avons montrer que U
de cette expression par rapport à dt0 donne :
~2
dU ~
~ dU = 0 =⇒ U.
= 2U. ~ ~Γ = 0. (4.23)
dt0 dt0
Dans la suite de ce cours, nous allons introduire d’autres quadrivecteurs.
4.3 Exercices
Exercice 1
Soit une fonction scalaire f (x, y, z, t) dans R et f (x′ , y ′, z ′ , t′ ) dans R′ . Le référentiel R′ étant en
translation uniforme de vecteur-vitesse ~u suivant l’axe Ox de R. Établir, dans l’univers de Minkowski,
~ Déterminer le gradient et la divergence de f .
l’expression du quadrivecteur nabla noté [4 ∇].
Exercice 2
Montrer que le produit pseudo-scalaire de deux quadrivecteurs est invariant par transformation de
Lorentz. Que peut-on conclure pour la pseudo-norme d’un quadrivecteur ?
Exercice 3
1. Montrer que la quadrivitesse U ~ est orthogonale à la quadriaccélération ~Γ. En déduire que la
quatrième composante de ~Γ est nulle dans le référentiel comobile.
2. En utilisant l’invariance de la pseudo-norme de ~Γ, calculer l’accélération dans R d’une particule
qui se déplace le long de l’axe Ox et dont l’accélération dans le référentiel de repos a la valeur
constante g.
3. Une particule soumise à une accélération constante g dans son référentiel propre part à t = 0,
sans vitesse initiale et se déplace le long de l’axe Ox. Déterminer la position x et la vitesse v
de la particule, en fonction de t.
Sommaire
5.1 Quadrivecteur d’onde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
5.2 Effet Doppler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.3 Phénomène d’aberration angulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
5.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
E ~ 0 cos(ωt − ~k.~r),
~ =E (5.1)
où ω est la pulsation de l’onde, ~k est le vecteur d’onde dont le module est k = ω/c. La phase ϕ à
l’instant t, définie ϕ = (ωt − ~k.~r) est un invariant relativiste par changement de référentiel galiléen.
Elle peut s’écrit sous la forme du produit scalaire des deux quadrivecteurs R(~ ~ = (~k, ω/c) :
~ r, ct) et K
~ = (~k, ω/c) est appelé quadrivecteur d’onde, il se transforme exactement par les
Le quadrivecteur K
transformations de Lorentz, comme le quadrivecteur position R~ = (~r, ct).
5.2.1 Définition
Considérons une source lumineuse émettant depuis l’origine O du référentiel R qui lui est propre.
Déterminons la fréquence de l’onde reçue par un détecteur fixé dans le référentiel R′ (Fig.5.1).
y y’
(R) (R’)
u
k
θ
O x O’ x’
Figure 5.1: Effet Doppler
Soient K ~ ′ (~k ′ , ω ′/c) les quadrivecteurs d’onde associés à la source lumineuse dans
~ = (~r, ω/c) et K
R et R′ respectivement. D’après les transformations spéciales de Lorentz, nous avons
kx = γ kx − β ωc
′
′
ky = ky
K ′ = L(K) =⇒ (5.3)
kz′ = kz
ω′ ω
c
= γ c
− βkx
ω ω′
ν= et ν ′ = . (5.5)
2π 2π
L’expression (5.4) montre que les fréquences ne sont pas les mêmes. C’est ce changement de fréquence
d’une onde dans le changement de référentiel qu’on qualifie d’effet Doppler du nom du physicien
autrichien Christian Doppler (1803-1853).
O x O’ x’
k
Figure 5.2: Effet Doppler longitudinal : cas où la source et le récepteur s’éloignent l’un de l’autre.
y (R) y’ (R’)
O x O’ x’
k
Figure 5.3: Effet Doppler longitudinal : cas où la source et le récepteur se rapprochent l’un de l’autre.
Remarquons que l’effet Doppler relativiste (longitudinal ou transversal) ne distingue pas le cas
où la source est en mouvement et le récepteur est au repos du cas où la source est au repos et le
détecteur est en mouvement.
′ + uc cos θ′1
λ = γλ (1 + β cos θ) = λ q . (5.12)
2
1 − uc2
u ∆λ vr
λ = λ′ (1 + cos θ) =⇒ = , (5.13)
c λ c
où vr = u cos θ est la vitesse radiale de l’étoile par rapport à la terre, et ∆λ = λ − λ′ est le décalage
des longueurs d’onde. Ce décalage observé au laboratoire terrestre se fait vers le rouge. Ce qui montre
que λ > λ′ donc ∆λ > 0, alors vr > 0 et θ est un angle aigu. On conclu que l’étoile s’éloigne de la
terre, l’univers est en expansion.
Un radar est un appareil qui émet un faisceau d’ondes électromagnétiques très courtes et en reçoit
l’écho.
Soit une voiture qui reçoit l’onde du radar de la gendarmerie et la réémet en direction du radar. Dans
la première phase où la voiture se rapproche du radar, la fréquence ν qu’elle reçoit est supérieure á
la fréquence ν0 de l’onde émise par le radar (ν > ν0 ) avec :
s
1+β
ν = ν0 . (5.14)
1−β
Dans la deuxième phase où la voiture en mouvement de vitesse v renvoie l’onde de fréquence ν vers le
radar, celui-ci reçoit une onde de fréquence ν ′ . Dans cette phase la source (voiture) est en mouvement
et se rapproche du récepteur (radar) fixe, alors ν ′ > ν :
s
1+β
ν′ = ν . (5.15)
1−β
1 + v/c
ν ′ = ν0 . (5.16)
1 − v/c
Si v << c alors,
′ 2v ∆ν 2v
ν ≃ ν0 1 + =⇒ = , (5.17)
c ν0 c
y (R) y’ (R’)
k
k’
u
θ θ’
O x O’ x’
Nous pouvons conclure que la direction du signal lumineux observé dans le référentiel mobile est
différente de la direction réelle du signal dans son référentiel propre. C’est l’aberration angulaire de
la lumière et l’angle ∆θ = θ′ − θ est appelé angle d’aberration. Ce phénomène a été observé en
astronomie en 1725 par James Bradley (1692-1762), alors qu’il faisait des études sur les étoiles. Les
observatoires astronomiques étant sur la terre, il est nécessaire de tenir compte du mouvement de
celle-ci autour du soleil. Ainsi les étoiles ne sont pas observées dans leurs directions réelles mais dans
des directions apparentes.
5.4 Exercices
Exercice 1
Un radar fixe installé au bord d’une route émet une onde électromagnétique de fréquence 2500 Mhz ;
cette onde se réfléchit sur un véhicule arrivant au devant du radar à la vitesse de 90 km/h. On mesure
le décalage de fréquence entre le signal émis et le signal reçu par le radar après réflexion. calculer ce
décalage.
Supposons que l’on veuille détecter un écart minimum de 5 km/h, quelle doit être la résolution en
fréquence du radar utilisé ?
Exercice 2
Un avion M se déplace à la vitesse constante v sur une trajectoire horizontal d’altitude h ; il émet
une onde électromagnétique de fréquence ν. On repère sa position par son abscisse x = HM. Le
récepteur placé en O reçoit la fréquence ν + ∆ν (voir figure).
a- Etablir la loi de variation de ∆ν en fonction de h, x et ν.
b- Représenter ∆ν en fonction du temps t, sachant que l’avion progresse dans le sens des x
croissants et qu’il passe en H à t = 0.
c- Application numérique : On donne ∆ν∞ = 650Hz ; où ∆ν∞ représente la limite de la variation
de fréquence lorsque t tend vers −∞. La pente au point d’inflexion de la courbe ∆ν en fonction
du temps est p = −25Hz/s. On donne ν = 1000MHz. Calculer la vitesse et l’altitude de l’avion.
x +
H M
h θ
k
O
Exercice 3
Soit une règle OP de longueur l0 , au repos dans le référentiel galiléen R ; cette règle est inclinée de
l’angle θ par rapport à l’axe Ox. On considère le référentiel galiléen R′ animé de la vitesse ~v parallèle
à Ox.
1. Calculer :
a- La longueur de la tige mesurée dans R′
b- L’orientation de la tige dans R′
2. Un éclair lumineux jaillit en O origine de R, à t = t′ = 0 où O ′ origine de R′ passe en O.
a- Calculer l’instant d’arrivée en P du signal lumineux dans le référentiel R′ .
b- Calculer la longueur du chemin parcouru par la lumière dans R′ . Pourquoi cette longueur
n’est-elle pas égale à la longueur de la règle mesurée dans R′ ?
c- Calculer l’angle entre la trajectoire des photons dans R′ et l’axe O ′x′ .
Exercice 4
Un émetteur O envoie des signaux électromagnétiques séparés par l’intervalle de temps T ; ces signaux
sont reçus par O ′, séparés par l’intervalle de temps T ′ . On pose T ′ = kT lorsque O ′ se rapproche de
O et T ′ = k ′ T lorsque O ′ s’éloigne de O. Rappeler les expressions des constantes k et k ′ en fonction
de v et c (voir figure).
1. Mesure des longueurs par la méthode du radar.
Une règle AO ′ parallèle à l’axe Ox du référentiel galiléen R, est animée de la vitesse ~v parallèle
à l’axe Ox. L’origine O ′ passe en O à la date t = 0 de l’horloge en O. A l’instant −t1 < 0, O
émet un signal qui se réfléchit en A et qui revient vers O à l’instant t2 .
a- Calculer la date de réception du signal par A, du point de vue de l’observateur O. On désire
repérer A et O ′ simultanément dans R, à l’instant t = 0 ; autrement dit, la réflexion du signal
en A doit se faire à tA = 0. En déduire la valeur de t2 en fonction de t1 .
b- Calculer en fonction de t1 et de k la date de passage, au point O ′ , du signal qui va de O
vers A. Cette date est fournie par l’horloge de O ′ .
c- Calculer en fonction de t2 et de k ′ la date de passage en O ′ du signal qui revient de A vers
O et qui dépasse ensuite O pour continuer son chemin. t2 est mesuré par l’horloge en O.
d- Calculer la longueur propre l0 de la tige en fonction de k, k ′ , t1 , t2 et c.
e- Calculer la longueur l de la tige mesurée dans R en fonction de t1 , t2 et c. Retrouver le
phénomène de contraction des longueurs.
2. Mesure des temps par la méthode du radar.
Rappelons que O ′ passe en O à la date t = 0 pour l’horloge en O. A l’instant t3 > 0, O émet
un signal radar qui part à la suite de O ′ , le rattrape et se réfléchit sur O ′ en revenant vers O.
En utilisant l’effet Doppler :
a- Calculer la date de réflexion du signal sur O ′ pour l’horloge O ′ en fonction de k ′ et de t3 .
On supposera que t′ = 0 pour l’horloge O ′ lorsque t = 0.
b- Calculer la date de réception par O, pour l’horloge O, du signal retour après réflexion sur
O ′, en fonction de k ′ et de t3 .
c- Calculer la date de réflexion par O ′ du signal, mesurée par l’horloge O.
d- On considère l’intervalle de temps entre les deux événements :
– passage de O ′ en O,
– réception par O ′ du signal électromagnétique.
Exprimer cet intervalle pour l’horloge O et pour l’horloge O ′ en partant des résulats précé-
dents. En déduire la relation entre temps propre et temps impropre.
y’ y
(R’) (R)
A O’ x’ O x
Dynamique relativiste
Sommaire
6.1 Vecteur-quantité de mouvement relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
6.2 Équation fondamentale de la dynamique relativiste . . . . . . . . . . . . 36
6.3 Énergie relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
6.4 Quadrivecteur énergie-impulsion et Quadrivecteur force . . . . . . . . . 38
6.5 Application aux collisions de particules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
6.6 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
d~r
p~ = m0~v = m0 . (6.1)
dt
Cette définition n’est pas acceptable en relativité. Pour s’en convaincre, il suffit de considérer par
exemple le choc élastique entre deux particules identiques de masses m, d’une part dans le référentiel
de centre de masse, et d’autre part dans un autre référentiel inertiel en translation uniforme de vitesse
~u par rapport au premier. L’utilisation de la loi de composition des vitesses relativistes (3.6) entre ces
deux référentiels montre que si l’on suppose la conservation de la quantité de mouvement totale dans
le référentiel de centre de masse, alors cette même quantité de mouvement totale n’est pas conservée
dans un autre référentiel inertiel !
Nous savons qu’en raison de la dilatation du temps, le temps dt observé dans un référentiel inertiel
arbitraire est lié au temps propre dt0 par la relation dt = γdt0 . Ceci suggère donc, en tenant compte
de (6.1), de définir la quantité de mouvement relativiste en terme de la dérivée du vecteur-position ~r
du point matériel dans le référentiel de l’observateur, par rapport au temps propre du point matériel.
Le vecteur quantité de mouvement relativiste encore appelé impulsion est donc :
d~r dt d~r m0~v
~p = m0 = m0 = γm0~v = q . (6.2)
dt0 dt0 dt v2
1 − c2
Remarquons que dans la limite des vitesses faibles v << c, cette définition de la quantité de mouve-
ment coïncide avec celle de la mécanique classique. De plus, il est possible de vérifier explicitement
que lorsque cette définition est utilisée, la loi de conservation de la quantité de mouvement totale est
effectivement satisfaite quelque soit le choix de référentiel inertiel.
6.3.1 Définition
Pour définir l’énergie relativiste E d’un point matériel, considérons la puissance P développée par
la force f~ responsable de la variation de sa quantité de mouvement p~,
dE
P = f~.~v = . (6.5)
dt
De l’expression (6.4) de la force f~, nous obtenons
" #
2
m0 ~v .~a d m0 c d
f~.~v = = dt = (γm0 c2 ). (6.6)
v2 3/2 v2 1/2 dt
1 − c2 1 − c2
Par identification, l’énergie relativiste E d’un point matériel de masse m0 animé de la vitesse ~v est
définie par
m0 c2
E = γm0 c2 = q . (6.7)
2
1 − vc2
où les termes indiqués en pointillés correspondent à des contributions d’ordre au moins égal à v 4
et peuvent être négligés. Nous retrouvons ainsi, l’expression de l’énergie cinétique en mécanique
classique.
E
pc
m 0c 2
Il existe des particules comme les photons, de masse nulle mais dont ni l’énergie E et ni la quantité
de mouvement p~ ne sont nulles. De telles particules se déplacent nécessairement à la vitesse c de la
lumière et on a :
E = pc = hν, (6.15)
Soit encore
px = γ(p′x + βE ′ /c)
′
py = py
(6.17)
pz = p′z
E ′
c
= γ( Ec + βp′x )
de (6.17) donnent les transformations du vecteur quantité de mouvement tridimensionnel p~, alors
que la quatrième correspond à la transformation de l’énergie relativiste.
~
~ γ~
F = γ f , f .~v (6.21)
c
p
avec γ = 1/ 1 − v 2 /c2 .
La quadriforce F~ se transforme sous l’action des transformations spéciales de Lorentz comme R ~ = (~r, ct).
Nous en tirons alors les transformations des composantes de la force tridimensionnelle f~, lors du chan-
gement de référentiel galiléen :
f~′ .~v ′ )
u
γfx = γ ′ Γ(fx′ + c2
F~ = L(F~ ′ ) =⇒ γfy = γ ′ fy′ (6.22)
γfz = γ ′ fz′
p p p
avec γ = 1/ 1 − v 2 /c2 , γ ′ = 1/ 1 − v ′2 /c2 et Γ = 1/ 1 − u2 /c2 où ~v est la vitesse de la particule
dans R, ~v ′ est sa vitesse dans R′ et ~u est la vitesse de translation uniforme de R′ suivant l’axe Ox
de R. En utilisant la relation (3.7), nous obtenons :
p
uvx γ′ 1 1 − u2 /c2
γ = 1 + 2 γ ′Γ =⇒ = uvx
= uvx . (6.23)
c γ Γ 1+ c 2 1 + c 2
u ~′ ′
fx′ + c2
f .~v
fx = uvx′
(6.24)
1+ c2
′
p
fy 1 − u2 /c2
fy = (6.25)
1 + uv
′
x
c2
p
fz′ 1 − u2 /c2
fz = uvx′
(6.26)
1+ c2
Les transformations inverses qui donnent les composantes de f~′ en fonction de celles de f~ se déduisent
en remplaçant u par −u.
N.B. : On peut aussi obtenir les transformations des composantes (fx , fy , fz ) de la force, en utilisant
les transformations des composantes (px , py , pz ) du vecteur quantité de mouvement avec f~ = d~p/dt.
Soit un système de particules qui interagissent entre elles lors d’une collision pendant un temps
très court. Avant et après ce choc l’interaction est négligeable.
Le choc est dit élastique lorsque que la nature des particules ne change pas au cours du choc
c’est-à-dire que les particules avant et après le choc, sont identiques. Dans ce cas, il y a conservation
de l’énergie cinétique. Nous avons par exemple,
A1 + A2 −→ A1 + A2 . (6.27)
Le choc est dit inélastique lorsque que la nature des particules change : c’est le cas par exemple
des réactions nucléaires. L’énergie cinétique totale n’est pas conservée. Nous pouvons écrire
A1 + A2 −→ A3 + A4 . (6.28)
Dans tous les problèmes de collision de particules dans les référentiels galiléens, on appliquera les
lois de conservation suivantes :
• Conservation de la quantité de mouvement totale avant et après le choc.
• Conservation de l’énergie totale relativiste avant et après le choc.
• Conservation du carré scalaire du quadrivecteur énergie-impulsion total lors du changement de
référentiel galiléen.
Nous utiliserons essentiellement deux référentiels pour l’étude des chocs de particules :
• Le référentiel de laboratoire qui est supposé galiléen. C’est le référentiel de l’expérimentateur
qui observe la réaction. Nous le noterons RL et les grandeurs physiques dans ce référentiel ne
seront pas primées.
• Le référentiel de centre de masse ou référentiel barycentrique, c’est le référentiel dans lequel
la quantité de mouvement totale du système est nulle. Nous le noterons RB et les grandeurs
physiques dans ce référentiel seront primées. Dans la pratique, on ne s’intéresse pas à la position
du centre de masse, mais plutôt au référentiel qui lui est lié.
(6.29)
p~ ′ = p~ = ~0
⊥ ⊥
A1 + A2 −→ A1 + A2 . (6.33)
P~1ap = (~p1ap , E1ap /c)
Après le choc P~2ap = (~p2ap , E2ap /c) (6.35)
P~
= P~1ap + P~2ap = [~p1ap + ~p2ap , (E1ap + E2ap )/c]
ap
Les expressions (6.36) et (6.37) ci-après donnent les quadrivecteurs énergie-impulsion des particules
A1 et A2 et du système (A1 + A2 ) dans le référentiel barycentrique RB :
P~1av = (~p 1av , E1av /c)
′ ′ ′
P~1ap = (~p 1ap , E1ap /c)
′ ′ ′
de plus
(E1′ av )2
(P~1av )2 = (~p ′1av )2 − 2
= −m21 c2 (6.42)
c
′
(E )2
(P~2av )2 = (~p ′2av )2 − 2av = −m22 c2 (6.43)
c2
En faisant la différence membre à membre de (6.42) et (6.43) nous obtenons :
′ 2 ′ 2 (E2′ av )2 (E1′ av )2
(~p 1av ) − (~p 2av ) + 2
− 2
= m22 c2 − m21 c2 , (6.44)
c c
soit encore
1 ′
(~p ′1av + p~ ′2av )(~p ′1av − p~ ′2av ) + 2
(E2av + E1′ av )(E2′ av − E1′ av ) = m22 c2 − m21 c2 . (6.45)
c
Or ~p ′1av + p~ ′2av = ~0 et E2′ av + E1′ av = E ′ , l’équation (6.45) se réduit alors au système d’équations
(6.46) ci-dessous :
′ ′ ′
E2av + E1av = E
(6.46)
E′ − E′
(m22 −m21 )c4
2av 1av = E′
D’où les énergies des particules A1 et A2 avant le choc, dans le référentiel barycentrique RB sont :
~ ′ 2 ′ 2 (E1′ av )2
(P1av ) = (~p 1av ) − 2
= −m21 c2 (6.51)
c
′ 2
(E1ap )
(P~1′ap )2 = (~p ′1ap )2 − = −m21 c2 (6.52)
c2
Or nous avons déjà montré que E1′ av = E1′ ap = E1′ , nous déduisons alors que p′1av = p′1ap . Par
conséquent, compte tenu de (6.49) et (6.50) nous avons
la quantité de mouvement est la même pour les deux particules A1 et A2 avant et après le choc
élastique dans le référentiel RB .
La connaissance de la quantité de mouvement de l’une des deux particules (A1 par exemple), dans
le référentiel RL permet de retrouver par les transformations de Lorentz, la quantité de mouvement
de la particule dans RB . Pour cela, il faudra déterminer la vitesse ~u de RB dans RL . D’apès (6.30),
nous avons :
(~p1 + p~2 )c2 p~1 c2
~u = = (6.54)
E1 + m2 c2 E1 + m2 c2
car la particule A2 étant au repos dans le référentiel RL du laboratoire p~2 = ~0. La vitesse ~u de RB
est donc colinéaire à la quantité de mouvement p~1 de la particule A1 , d’après les transformations de
Lorentz nous avons :
′ E1 E1
~p 1 = γ ~p1 − ~u 2 = γ~p1 1 − , (6.55)
c E1 + m2 c2
avec
−1/2
u2 E1 + m2 c2 E1 + m2 c2
γ = 1− 2 =p = . (6.56)
c m21 c4 + m22 c4 + 2E1 m2 c2 E′
a- Bilan de la réaction
Le seuil d’énergie de réaction est l’énergie cinétique minimale que doit avoir la particule inci-
dente A1 pour que la réaction soit possible. Ainsi, l’énergie totale du système dans le référentiel
barycentrique RB doit être au moins égale à l’énergie au repos des particules A3 et A4 créées :
E ′ ≥ m3 c2 + m4 c2 . (6.63)
avec E1 = T1 + m1 c2 on en déduit :
(m3 + m4 )2 − (m1 + m2 )2 2
T1 ≥ c , (6.65)
2m2
dans le cas limite de l’égalité, toutes les particules créées sont au repos et cette valeur limite de T1
est le seuil d’énergie de la réaction. Dans le cas particulier d’un choc élastique T1min = 0.
L’énergie disponible Ed′ dans une réaction, est l’énergie cinétique dans le référentiel RB du centre
de masse, des particules incidentes. Elle est donc égale à
q
Ed = E − (m1 c + m2 c ) = m21 c4 + m22 c4 + 2E1 m2 c2 − m1 c2 − m2 c2 .
′ ′ 2 2
(6.66)
L’énergie disponible Ed′ doit être la plus grande possible, car elle conditionne l’efficacité du choc. En
effet, si on augmente l’énergie cinétique de la particule incidente, alors l’énergie disponible est assez
grande pour que les nouvelles particules créées acquièrent une énergie cinétique relative dans RB .
photon diffuse
hν
hν 0 θ
electron diffuse
P~1ap = (~p1ap , hν/c)
Après le choc P~2ap = (~p2ap , E2ap /c) (6.68)
P~
= P~1ap + P~2ap = [~p1ap + p~2ap , (hν + E2ap )/c]
ap
Le photon est une particule de masse nulle, alors (P~1av )2 = (P~1ap )2 = 0. Pour l’électron de masse me
on a (P~2ap )2 = (P~2av )2 = −m2e c2 , alors nous obtenons
Pour les longueurs d’onde λ0 et λ associées au photon avant et après la collision, nous avons :
h
λ − λ0 = (1 − cos θ). (6.76)
me c
6.6 Exercices
Exercice 1
Soient deux particules A1 et A2 de masses respectives m1 et m2 , en mouvement rectiligne uniforme
dans le référentiel RL du laboratoire, avec des vitesses colinéaires et de sens contraires. Leurs énergies
dans RL sont respectivement E1 et E2 . Déterminer en fonction de m1 , m2 , E1 et E2 , l’énergie E1′ et
la quantité de mouvement p′1 de la particule A1 dans le référentiel R′ où la particule A2 est fixe.
Exercice 2
On considère la réaction nucléaire endoénergétique :
A1 + A2 −→ A3 + A4 + A5 ,
Exercice 3
Un photon se propage dans une direction Ox d’un référentiel galiléen R où son énergie est hν0 et son
impulsion est ~p0 = (hν0 /c)~x, où ~x est un vecteur unitaire de l’axe Ox. Ce photon entre en collision
avec un proton au repos de masse m. Le photon est diffusé dans une direction faisant l’angle θ avec
Ox ; le proton est également diffusé dans une autre direction. Après le choc, l’énergie du photon
devient hν.
1. Montrer qu’il existe un référentiel RB en translation rectiligne uniforme par rapport à R, avec
la vitesse ~v parallèle à Ox et dans lequel la quantité de mouvement du système photon-proton
est nulle.
2. Dans ce référentiel RB , calculer l’énergie hν0′ du photon incident en fonction de hν0 et de v/c
puis de hν0 et de mc2 .
3. Montrer que dans le référentiel RB le photon est diffusé sans changement de fréquence.
4. Déduire du résultat précédent, la fréquence du photon diffusé dans R en fonction de v/c, ν0′ et
θ. Établir l’expession ν1 − ν1 en fonction de θ et m.
0
Exercice 4
1. On considère deux particules identiques notées A de masse m chacune. L’une en mouvement
de translation et d’énergie E entre en collision élastique avec l’autre initialement au repos.
a- Écrire l’équation qui traduit cette réaction nucléaire.
b- En supposant qu’après la collision les particules aient une même énergie, montrer que l’angle
de diffusion θ entre les deux particules satisfait la relation :
r
θ E + mc2
cos = .
2 E + 3mc2
2. Application : Un proton ayant une énergie cinétique de 437 MeV entre en collision élastique
avec un proton au repos. Après la collision, les deux protons ont la même énergie.
a- Quel est l’angle entre les deux particules après la collision ?
b- Quel est l’angle entre les deux particules après la collision si le proton incident a une énergie
de 33 GeV ?
Exercice 5
Une particule A de masse m, de vitesse ~v émet un photon d’énergie hν faisant l’angle θ avec sa
vitesse ~v . Après l’émission, on obtient une particule A′ de masse m′ et de quantité de mouvement
p~ ′ . On pose hν0 = mc2 − m′ c2 .
1. Calculer hν en fonction de hν0 , θ, v et mc2 .
2. Considérer le cas particulier où la particule A est au repos et calculer hν en fonction de hν0 et
mc2 .
3. Montrer que les relations précédentes permettent de retrouver l’effet Doppler.
Exercice 6
Une particule relativiste, de masse m, est animé d’un mouvement oscillatoire rectiligne suivant l’axe
Ox, d’amplitude a, sous l’action d’une force attractive dirigée vers l’origine O : f~ = −kx ~ex , où k est
une constante positive. On désignera par c la célérité de la lumière.
1. Exprimer la vitesse de la particule lorsqu’elle est à l’abscisse x comptée à partir de l’origine O,
en fonction du paramètre α = k(a2 − x2 )/mc2 .
2. Montrer que la période de cet oscillateur est donnée par l’intégrale :
r Z a
m 1 + k(a2 − x2 )/2mc2
T =4 p dx
k 0 (a2 − x2 )[1 + k(a2 − x2 )/4mc2 ]
3. L’énergie potentielle maximale de la particule est très petite devant l’énergie au repos de la
particule. En déduire une expression approchée de la période. Comparer avec la période prévue
par la mécanique classique en calculant l’erreur relative.
Exercice 7
Une particule A1 au repos se désintègre en deux particules A2 et A3 . Les masses des particules sont
respectivement m1 , m2 et m3 .
1. Calculer les énergies E2 et E3 et le module p de la quantité de mouvement des particules A2 et
A3 .
Application numérique : on considère la désintégration du méson K˚ (m1 c2 = 500 MeV ) en
deux pions π˚ (m2 c2 = m3 c2 = 140 MeV ) ; calculer E2 , E3 ainsi que la quantité pc.
2. Soit E l’énergie libérée lors de la désintégration. Etablir les expressions des énergies cinétiques
T2 et T3 des deux particules A2 et A3 en fonction uniquement de leurs masses et de E.
3. Calculer la quantité de mouvement de A3 dans le référentiel de repos de A2 en fonction de p.
Exercice 8
Un photon de fréquence ν0 et d’énergie hν0 , incident dans la direction de l’axe Ox, entre en collision
avec un électron de masse me initialement au repos. Après la collision, l’électron et le photon sont
diffusés dans des directions différentes contenues dans le plan Oxy. On désigne par θ, l’angle entre
la direction du photon diffusé et l’axe Ox.
a- Déterminer l’énergie E et la fréquence ν du photon diffusé, en fonction de ν0 , me et θ.
b- Déterminer la variation ∆λ de la longueur d’onde du photon, en fonction de me et θ.
c- Déterminer l’énergie cinétique T de l’électron diffusé, en fonction de ν0 , me et θ.
Exercice 9
On considère une particule M de masse m0 . Dans un référentiel galiléen R, elle possède une quantité
de mouvement ~p = (px , py , pz ) et une énergie totale E. Soit un second référentiel R′ en translation
uniforme de vitesse ~u par rapport à R suivant la direction commune (Ox, O ′x′ ).
1. Etablir les composantes de la quantité de mouvement p~ ′ et l’énergie E ′ de la particule dans R′
en fonction de E et des composantes de ~p.
2. Soient deux particules dont les quadrivecteurs énergie-impulsion sont P ~ 1 et P
~ 2 dans R et P~′
1
~ 2′ dans R′ .
et P
a. Montrer que le produit pseudo-scalaire P~ 1 .P
~ 2 est invariant par transformation de Lorentz.
b. En déduire que la pseudo-norme P. ~ P~ du quadrivecteur énergie-impulsion P ~ = (~p, E/c) de
la particule M, est invariant puis calculer cette pseudo-norme.
c. Pour une particule de masse nulle, exprimer sa quantité de mouvement p en fonction de son
énergie E.
3. L’énergie d’un photon associé à une onde de fréquence ν est donnée par E = hν où h est la
constante de Planck (h = 6, 62.10−34Js).
a. On considère un photon de fréquence ν se propageant dans la direction de l’axe Ox et dans
le même sens que R′ . Etablir l’expression de la fréquence ν ′ mesurée dans R′ en fonction de
ν et β = u/c. Calculer E ′ si E = 105 ev et u = c/2.
b. On considère un photon de fréquence ν se propageant dans la direction de l’axe Oy. Exprimer
sa fréquence ν ′ et l’angle θ′ qu’il fait avec l’axe O ′ x′ dans R′ . Calculer E ′ .
Exercice 10
Une particule M relativiste, de masse m, est repérée par ses coordonnées polaires r = OM et θ. Elle
est soumise à un champ de forces centrales f~ de centre fixe O dans le référentiel galiléen R ; cette
force f~ dérive d’une énergie potentielle Ep (r).
~ désigne la vitesse de la particule à chaque instant et c est la
p
On posera A = 1/ 1 − β 2 , où ~v = βc
célérité de la lumière dans le vide.
1. a. Exprimer les composantes radiales et orthoradiale de la force f~, en fonction de m, A(t), r(t),
θ(t) et des dérivées ṙ et θ̇ par rapport au temps t.
2
b. En déduire la loi √r θ̇ 2 = C0 = Cte qui régit le mouvement d’une particule relativiste dans
1−β
un champ de forces centrales.
c. Retrouver ce résultat à partir du théorème du moment cinétique.
2. On pose u = 1/r.
a. Etablir la première formule de Binet relativiste, donnant la vitesse v de la particule sous la
forme
2 2 2 2 du
v = C0 (1 − β ) u + .
dθ
b. En déduire l’équation différentielle
2 " 2 #
2
du c ET − Ep
+ u2 = 2 −1
dθ C0 mc2
Électromagnétisme relativiste
Sommaire
7.1 Rappels et compléments d’électromagnétisme . . . . . . . . . . . . . . . 53
7.2 Quadrivecteur densité de courant . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
7.3 Transformation des champs E~ et B
~ par changement de repère galiléen 59
7.4 Exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
Comme nous l’avons déjà vu dans le premier chapitre de ce cours, ce qui a amené Einstein à postuler
le principe fondamental de la relativité, est la prédiction, sur la base des équations de Maxwell que
la vitesse des ondes électromagnétiques est indépendante du référentiel galiléen et coïncide avec celle
de la lumière dans le vide. Dans ce dernier chapitre, nous allons établir que les équations de Maxwell
sont effectivement compatibles avec ce principe d’invariance relativiste.
~ = ρL
div D (7.1)
~ = 0
div B (7.2)
−→ ~ ∂B~
rotE = − (7.3)
∂t
−→ ~ ~
∂D
rotH = ~jL + (7.4)
∂t
où :
~ est l’excitation électrique, H
D ~ est l’excitation magnétique,
ρL est la densité volumique de charges électriques libres, ~jL est la densité de courant libre,
~ est le champ électrique, B
E ~ est le champ magnétique.
∂ ∂ρ
ZZ ZZZ ZZZ
~=−
~[Link] ρdv = − dv. (7.14)
S ∂t V V ∂t
7.1.3 ~ et B
Équations de propagation des champs E ~
−→ ~ ∂B ~
rotE = − (7.17)
∂t
~ ∧ (∇
∇ ~ ∧ E)~ = − ∂ (∇ ~ ∧ B)~ (7.18)
∂t !
∂ ∂ ~
E
~ ∇.
∇( ~ E)
~ − ∆E ~ = − µ0~j + µ0 ε0 (7.19)
∂t ∂t
~ 2~
~ ρ − ∆E
∇ ~ = −µ0 ∂ j − µ0 ε0 ∂ E (7.20)
ε0 ∂t ∂t2
2~
~ − µ0 ε0 ∂ E = 1 − −→ ∂~j
∆E 2
grad(ρ) + µ0 (7.21)
∂t ε0 ∂t
~ = 1 −−→ ∂~j
✷E grad(ρ) + µ0 (7.22)
ε0 ∂t
~
Un calcul analogue au précédent montre que l’équation de propagation du champ magnétique B
dans le vide est :
~ = −µ0 −
✷B
→
rot~j. (7.23)
~ = ~0 et ✷B
✷E ~ = ~0. (7.24)
Considérons le cas particule où ces champs n’ont de composantes que suivant l’axe Ox. Dans ce cas
l’opérateur d’alembertien devient :
∂2 1 ∂2
∂ 1∂ ∂ 1∂
✷= 2 − 2 2 = − + . (7.25)
∂x c ∂t ∂x c ∂t ∂x c ∂t
La solution des équations en (7.24) est donc de la forme :
~ 0 f (t − x ) + g(t + x ) ,
h i
X~ =X (7.26)
c c
~ désigne E
où X ~ ou B.
~
f (t − x/c) correspond à une onde progressive se propageant à la vitesse +c depuis la source alors
que g(t + x/c) correspond à une onde regressive se propageant à la vitesse −c venant de l’infini vers
la source. g(t + x/c) n’est donc pas une solution physique et on ne tiendra compte que des ondes
progressives.
Ainsi, de façon plus générale, les solutions des équations en (7.24) sont sous la forme :
h i
~ = E
E ~ 0 exp j(~k.~r − ωt) (7.27)
h i
~ = B
B ~ 0 exp j(~k.~r − ωt) (7.28)
div E ~ ; −
~ = j~k.E →~
rotE = j~k ∧ E~ (7.29)
div B ~ ; −
~ = j~k.B →~
rotB = j~k ∧ B.
~ (7.30)
−→ ~ ~
∂B
rotE = − soit encore ~j~k ∧ E
~ = jω B,
~ (7.33)
∂t
d’où
~ = 1 ~k ∧ E.
B ~ (7.34)
ω
Tenant compte du fait que ~k ⊥ E
~ et k = ω/c, alors relation (7.34) donne en module :
1 E √
B= kE = = µ0 ε0 E. (7.35)
ω c
~ ⊥ ~k, B
La relation (7.34) implique B ~ ⊥E ~ et (~k, E,
~ B)
~ est un trièdre direct. Les vecteurs E
~ et B
~
se trouvent dans un même plan appelé plan d’onde. Dans ce plan, les champs E ~ et B~ gardent les
mêmes valeurs en tout point. En absence de charge et de courant, l’onde électromagnétique (E, ~ B)
~
est une onde plane et transversale (Fig.7.1).
L’impédance de l’onde électromagnétique est définie par :
~
||E||
Zc = . (7.36)
~
||H||
~ = µ0 H,
Dans le vide B ~ alors
~
||E||
r
µ0
Zc = µ0 = µ0 c = . (7.37)
~
||B|| ε0
~ ~
~P = E ∧ B . (7.38)
µ0
k
B
Plan d’onde
Le vecteur de Poynting est donc porté par le vecteur d’onde ~k et son module s’exprime en J.s−1 .m−2 .
Pour une onde électromagnétique polarisée rectilignement suivant l’axe Ox et se propageant suivant
l’axe Oz, nous avons
~j = ρ~v , (7.42)
où ρ est densité volumique de charge et ~v est la vitesse de déplacement des particules chargées.
À partir de la définition (7.42) du vecteur densité de courant, on définit le 4−vecteur densité de
courant par
Les transformations par changement de repères galiléens du quadrivecteur densité de courant sont :
jx′ γ jx − uc ρc
=
jy′
= jy
~′ ~
J = L(J) =⇒ (7.44)
jz′ = jz
ρ′ c γ ρc − uc jx
=
Si on considère une charge au repos dans R (~j = ~0) où elle ne crée qu’un champ électrique alors
dans un autre référentiel R′ en mouvement par rapport R, la particule crée également un champ
magnétique car ~j ′ 6= ~0. Notons aussi que la charge électrique est un invariant relativiste.
7.3 ~ et B
Transformation des champs E ~ par changement de
repère galiléen
~ et un champ magnétique
Considérons dans le référentiel fixe R où règnent un champ électrique E
~ une particule de charge q en mouvement uniforme de vitesse ~u suivant l’axe Ox de R. Cette
B,
particule est donc soumise à la force de Lorentz définie par
f~ = q(E
~ + ~u ∧ B)
~ (7.45)
f~′ = q(E
~ ′ + ~v ′ ∧ B
~ ′) = qE
~ ′, (7.47)
où E~ ′ et B
~ ′ désignent respectivement les champs électrique et magnétique observés dans R′ ; ~v ′ = ~0
car la particule est immobile dans R′ .
A partir des lois de transformation des forces établies dans le chapitre 6, nous obtenons :
~
En combinant les équations (7.51) et (7.52), on obtient les transformations du champ magnétique B
sous la forme :
Bx′ = Bx
By′ = γ(By + cu2 Ez ) (7.53)
Bz = γ(Bz − cu2 Ey )
′
~′ = q ~r ′ ~ ′ = ~0.
E et B (7.54)
4πε0 r ′3
Le champ électromagnétique créé par cette particule dans R où elle est en mouvement de vitesse
constante u, se détermine en utilisant les lois de transformation de ce champ. Ainsi,
Bx = Bx′ = 0 (7.58)
~ peuvent
Un champ magnétique apparaît donc dans le référentiel R. Les composantes de ce champ B
se mettre sous la forme vectorielle
~ = 1 ~u ∧ E.
B ~ (7.61)
c2
Nous pouvons donc conclure qu’une particule chargée en mouvement crée dans son voisinage un
champ électromagnétique. Cela explique le fait qu’un circuit électrique fermé de courant continue
soit une source de champ magnétique.
~ tel que
Il apparaît donc dans R un champ électrique E
~ = −~u ∧ B.
E ~ (7.64)
7.4 Exercices
Exercice 1
On considère une onde plane définie par
~ 0 exp[j(~k.~r − ωt)].
~ =X
X
~ = 1 ~k ∧ E.
B ~
ω
Exercice 2
1. Une particule M en mouvement de vitesse ~v dans le référentiel R est soumise à la force f~ dans
R et à la force f~ ′ dans R′ . Le repère R′ étant en translation uniforme de vitesse ~u par rapport
à R parallèlement à l’axe Ox. Établir les lois de transformations entre les composantes des
forces dans les deux référentiels.
2. La particule M de charge q en mouvement dans R où règne un champ magnétique B ~ et un
champ électrique E ~ est soumise à la force de Lorentz définie par
f~ = q(E
~ + ~v ∧ B).
~
Exercice 3
On considère une particule de charge q et de masse m soumise à un champ électrique constant
E~ = E ~i. En utilisant les équations de la dynamique relativiste, montrer que lorsque la particule est
initialement au repos (x = 0, vx = 0 à t = 0) l’équation de sa trajectoire peut s’écrire :
r !
c2 A2 t2
x(t) = 1+ 2 −1
A c