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Mode durable : repenser sa garde-robe

La mode est l'une des industries les plus polluantes, avec une surconsommation entraînant le rejet de millions de tonnes de vêtements chaque année. Pour adopter une garde-robe durable, il est conseillé de privilégier des basiques écoresponsables, de repenser ses achats et d'explorer la seconde main tout en restant vigilant sur la qualité des matières. Les marques de fast-fashion commencent à proposer des collections plus durables, mais il est essentiel de vérifier l'origine des produits pour garantir des conditions de production éthiques.

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Mode durable : repenser sa garde-robe

La mode est l'une des industries les plus polluantes, avec une surconsommation entraînant le rejet de millions de tonnes de vêtements chaque année. Pour adopter une garde-robe durable, il est conseillé de privilégier des basiques écoresponsables, de repenser ses achats et d'explorer la seconde main tout en restant vigilant sur la qualité des matières. Les marques de fast-fashion commencent à proposer des collections plus durables, mais il est essentiel de vérifier l'origine des produits pour garantir des conditions de production éthiques.

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Quelle garde-robe adopter pour ne pas ruiner la planète ?

Une experte de
la mode durable nous répond
Par Noémie DAMBRIN.

Alors que la mode est l’une des industries les plus polluantes au
monde, chaque année les Français achètent de plus en plus de
vêtements. Pourtant, selon une étude, ils ne portent qu’un tiers de
leur garde-robe. L’heure ne serait-elle pas au tri ?

Ce n’est un secret pour personne : l’industrie de la mode alimente la


surconsommation. Elle jette environ 92 millions de tonnes de vêtements par an, ce qui
en fait le troisième secteur plus grand polluant au monde. Et l’assaut des micro-
tendances n’aide pas à freiner le processus d’achat. Les tendances évoluent à un rythme
si rapide que les consommateurs se sentent constamment obligés d’acheter de nouveaux
vêtements pour rester à la mode. Les marques de fast fashion lancent aujourd’hui
environ 52 micro-saisons chaque année, contre deux à quatre à l’origine : été et hiver
ou printemps, été, automne et hiver. Mais pour pouvoir accueillir toutes ces nouvelles
pièces, pas le choix, il faut jeter, donner, vendre.

Problème ? On a atteint un stade où les organismes de traitement de vêtements


d’occasion ne parviennent plus à gérer la quantité de dons, comme l’explique dans une
interview Ouest-France, Myriam Blondy, coordinatrice de l’Adess, l’Association de
développement de l’économie sociale et solidaire, « Jusque-là, les vêtements en moins
bon état étaient exportés par conteneurs en Afrique, ou ils étaient revendus à la
tonne, sans qu’on ne sache trop ce qu’ils devenaient. Mais du fait de stocks trop
importants et de la concurrence d’autres pays, on observe un ralentissement de cet
export. C’est plutôt une bonne nouvelle de se dire qu’on arrête d’envoyer notre
textile à l’étranger. Mais il faut trouver des solutions pour structurer le recyclage
en France. »

Repenser sa garde-robe

Par ailleurs, les Françaises ne porteraient qu’un tiers de leur garde-robe, selon une étude
menée par Ipsos pour Bonprix, sur un échantillon de 1 000 femmes âgées de 18 à 70 ans
et cité par le magazine mode Fashion Network . Anne Montecer, auteure de Le
dressing idéal aux éditions Leduc, et fondatrice de la marque de prêt-à-porter
écoresponsable Les Sublimes , invite à repenser sa garde-robe. Il faudrait la composer,
comme un tableau. Avant chaque achat, penser avec quoi irait cette nouvelle
pièce. « C’est important que chaque femme ait ses essentiels dans son dressing. Des
basiques adaptés à son style et à son mode de vie. Et autour de cette base, elle peut
venir se faire plaisir en achetant occasionnellement des pièces plus fortes, des
accessoires. » À savoir que ce conseil s’applique aussi aux hommes.

Inutile donc, d’entasser dans ses armoires des pièces trop fortes que l’on ne porterait
jamais. Pour les personnes les plus radicales, il existe le « dressing capsule ». Il s’agit
d’avoir un nombre de vêtements limité, 20 ou 30 par exemple, il n’existe pas de règle
gravée dans le marbre. Réutiliser sa jupe estivale avec un collant en hiver, posséder des
pièces uniquement avec des tons neutres pour que tout se marie. « Ça peut être une
solution, mais c’est tout de même très contraignant et difficile à mettre en
place. On a besoin aussi de s’amuser, de tester des choses », explique Anne
Montecer.

Du neuf écoresponsable, c’est possible, mais cher

En 2022, en France, 3,3 milliards de vêtements et chaussures ont été mis en vente sur le
marché français, soit 827 000 tonnes. Dans l’armoire d’un homme, on trouve
20 nouveaux articles chaque année. Quand celle d’une femme contient 35 nouvelles
pièces, détaille France info . Investir dans de bons basiques, permet de ne pas avoir à
renouveler régulièrement ses pièces et de préserver la planète d’une pollution difficile à
traiter. Pour cela, le consommateur peut se tourner vers des marques écoresponsables,
qui s’assurent que leurs vêtements soient produits dans des conditions décentes pour les
salariés, et dans des matières durables et produites dans le respect de l’environnement.

Dis comme cela, tout semble magique, il suffirait de changer d’enseigne. Bye-bye, la
fast-fashion, Mango, H & M et Primark, et bonjour le slow-fashion, Thinking
Mu , Colorful Standart et Armedangels . Cependant, il n’y a pas que le nom qui
change, les prix aussi : ils explosent. Comptez environ 150 € pour un pull d’une marque
écoresponsable.

Anne Montecer, dont la marque Les Sublimes, pratique ces tarifs explique, « Quand un
pull coûte 20 €, c’est qu’il y a un problème. Quelque part, dans la chaîne de
production, quelqu’un n’est pas bien payé, ou n’a pas de couverture sociale.
S’assurer du bien-être des salariés, cela a un coût. Sans même parler du prix
d’un coton certifié bio, par exemple. La fast-fashion nous a juste mal habitués en
pratiquant des tarifs anormalement bas »

Faire attention à la planète et acheter chez Zara ?

Sommes-nous donc condamnés à être riche, ou à devenir un poids pour la planète ?


Non. Il est également possible d’acheter ses vêtements à bas coût et de seconde main en
friperie ou bien sur des plateformes en ligne comme Vinted ou Le bon coin. Mais là
encore il faut faire preuve de vigilance : « La surconsommation de fast-
fashion combinée au développement de la seconde main, a eu un effet pervers.
Désormais les articles de mauvaises qualités pullulent dans les friperies et sur les
plateformes en ligne. Pour cela, il faut prêter attention aux matières. » Oubliez le
synthétique, et tournez-vous vers des matières naturelles, conseille Anne
Montecer. « Au-delà de leur aspect durable, ce sont des matières beaucoup plus
confortables que le polyester, par exemple. » Cependant, acheter de la seconde main
présente quelques désavantages, dont certains ne sauraient s’en accommoder. Il faut
prendre le temps de fouiner, parfois les tailles vintage ne correspondent plus aux normes
actuelles et l’on se retrouve avec un jeans taille 42 qui correspond à un 38 aujourd’hui.
Et en seconde main, pas d’échange possible. Autre point noir de la seconde main, il est
très compliqué de s’y habiller lorsque l’on fait moins qu’un 36 et plus qu’un 42.

Lire aussi : Louer ses vêtements plutôt que les acheter est-il vraiment plus bénéfique
pour la planète ?

Pour toutes ces raisons, l’experte de la mode écoresponsable confie quelques conseils
pour acheter intelligemment chez les marques de fast-fashion. « Beaucoup de marques
de fast-fashion créent aujourd’hui des collections plus engagées avec des matières
mieux sélectionnées, il vaut mieux se tourner vers ces modèles. Une autre
information clé, est le pays de production du vêtement. Des marques comme Zara,
ont délocalisé une partie de leur production au Portugal, par exemple. Acheter un
vêtement Made in Portugal, c’est s’assurer que la personne qui le produit perçoit
un salaire minimal. C’est aussi s’assurer que votre pièce est soumise aux normes
strictes de l’union européennes. » Un bon début.

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