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Analyse détaillée du backdraft en incendie

Le document analyse en détail le phénomène de backdraft à partir de vidéos réalisées dans un local spécifique, en décrivant les conditions de l'expérience, le comportement des fumées et les dynamiques de pression. Il met en évidence les étapes de l'explosion, les volumes impliqués et les implications de la surpression dans un espace confiné. L'objectif est de mieux comprendre ce phénomène pour améliorer les stratégies de lutte contre les incendies.

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Analyse détaillée du backdraft en incendie

Le document analyse en détail le phénomène de backdraft à partir de vidéos réalisées dans un local spécifique, en décrivant les conditions de l'expérience, le comportement des fumées et les dynamiques de pression. Il met en évidence les étapes de l'explosion, les volumes impliqués et les implications de la surpression dans un espace confiné. L'objectif est de mieux comprendre ce phénomène pour améliorer les stratégies de lutte contre les incendies.

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ANATOMIE D’UN BACKDRAFT

Pierre-Louis LAMBALLAIS
V-2.10

« C ‘est bien le feu d’un contenu, et non pas d’un contenant »

[Link] - Mieux comprendre pour mieux lutter


1
Introduction..................................................................................................................3
Le local ........................................................................................................................3
Le foyer .......................................................................................................................3
Unité de temps ............................................................................................................3
Vidéo 1 - Backdraft sans vent......................................................................................3
La fermeture de la porte...........................................................................................4
Ouverture de la porte ...............................................................................................5
L’attente… ...............................................................................................................6
Le phénomène « backdraft » ...................................................................................8
Après l’explosion… ................................................................................................10
L'évolution du mouvement .....................................................................................11
Le volume ..............................................................................................................12
Première analyse: la surpression. ......................................................................12
Seconde analyse: les dimensions relatives de la sphère et du local..................12
Un feu dans un bureau ou dans un abris de jardin… .........................................13
La vitesse de propagation......................................................................................14
L’évolution des fumées ..........................................................................................14
Vidéo 2 - Backdraft avec vent assez violent ..............................................................14
Attente avant le phénomène…...............................................................................15
Le backdraft ...........................................................................................................15
Quelques instants de calme relatif… .....................................................................18
Nouvelle reprise ! ...................................................................................................19
Backdraft Haute-Pression ......................................................................................22
Conclusion.................................................................................................................22
L’auteur .....................................................................................................................23

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2
Introduction
S’il est assez courant de voir des photos ou des mini-vidéos de backdraft, rares sont
les exemples d’analyse pas à pas du phénomène, en détaillant le volume dont il est
issu, le carburant utilisé etc.
C’est ce que je me propose de faire dans ce document, en partant de deux vidéos,
réalisées toutes les deux sur le plateau technique de la Société SDP2, en France,
dans le département de la Mayenne (53).

Le local
Le local, c’est une boîte en aggloméré de 15 mm d’épaisseur. Ce « local » fait 35 cm
de profondeur, 50 de large et 60 de haut. L’exutoire (en partie supérieure) et la
ventilation de façade restent fermés durant les deux expériences décrites dans ce
document.
La porte, située en façade, en bas à gauche, fait 25 cm de haut et 20 cm de large. A
noter que l’ouvrant est situé de telle manière qu’il ne se trouve pas dans l’axe du
foyer, ce qui constitue une particularité des mini-maisons utilisées sur ce plateau
technique (voir photo en première page).

Le foyer
Il est composé d’une feuille de papier journal, de quelques petits morceaux de
cagette et de quelques tasseaux. Il ne comporte aucun élément synthétique de type
mousse ou plastique. Il est allumé par simple inflammation d’une extrémité de la
feuille de papier journal. Le feu n’est pas attisé et se développe donc naturellement
avec la porte et l’exutoire ouvert.
Les expériences « classiques » sont réalisées durant la phase de chauffe : test de
chaleur des fumées, puis fermeture de l’exutoire pour montée en température de la
partie haute du local. Les premiers backdraft sont réalisés environ 12 à 15 minutes
après l’allumage.
Ils sont le simple résultat de l’inflammation des fumées, composées entre autres,
(comme toutes les fumées d’incendies) de CO et de CO2.

Le foyer est créé par un allumage simple (briquet) sans apport extérieur (pas de
soufflet, pas de pâte à feu…). Dans ces simulations, le but est entre autres de voir
l’évolution d’un feu, à partir d’un départ à priori anodin.

Unité de temps
Les vidéos sont tournées à 15 images par seconde. La notation part donc du principe
que 3,8 signifie que nous sommes à la 8éme image après le début de la 3éme
seconde. Donc 3,15 équivaut à 4.

Vidéo 1 - Backdraft sans vent

Après un temps de chauffage du volume d’environ 15 minutes, le backdraft a été


réalisé en plein air, avec un vent quasi nul.

La vidéo commence alors que la porte vient d’être refermée par l’instructeur.

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3
La fermeture de la porte
T = 0 sec.
Fermeture de la porte. Celle-ci est
relativement étanche. Elle bloque en
totalité l’ouvrant, qui est situé dans le coin
inférieur gauche de la boîte, tandis que le
feu est placé dans le coin arrière droit de
la boîte.

T = 1 sec.
La porte est toujours fermée. Le feu
engendre de plus en plus de fumées et la
pression augmente dans le local. On le
remarque avec les fumées qui sortent
sous forme de filets au niveau de la porte.
A cet instant les fumées sont grises.

T = 2 sec.
La pression augmente encore, tout
comme la quantité de fumée générée.
Nous constatons que les fumées qui
s’échappent de la porte sont plus denses,
et des fumées apparaissent aussi au
niveau de la petite aération de la façade.
Nous remarquons que les fumées sont
maintenant blanches.

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4
Ouverture de la porte
T = 3 sec.
La surpression dans le local est
importante. La porte, ouverte rapidement,
crée une dépression qui attire la fumée.
Cependant, la fumée chaude ayant
tendance à monter, avoir de la fumée en
partie centrale suppose qu’une couche de
fumée doit également exister en partie
supérieure du local.

T = 3.1 sec.
Suite de l’ouverture. Le bloc de fumée
« suit » toujours la porte. Cette fumée est
très chargée (couleur sombre en sortie du
local) et un flux semble tomber du
plafond.

T = 3.4 sec.
La surpression semble diminuer, la fumée
commence à se disperser. En sortie du
local, elle est toujours assez foncée et la
quantité extraite augmente encore.

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5
T = 3.9 sec.
La sortie « normale » des fumées
commence. Le bloc de fumée, qui
semblait coller à la porte, s’éloigne
toujours dans la même direction, tandis
que l’extraction se poursuit maintenant
vers le haut. On remarque déjà que le
bas de la porte ne contient déjà presque
plus de fumées.

L’attente…
T = 4 sec.
L’extraction des fumées se poursuit en
partie haute de la porte. Les fumées sont
toujours assez chargées et deviennent
plus sombres.

T = 5 sec.
Les fumées changent d’aspect. Elles
semblent plus diffuses mais leur quantité
ne diminue pas. Le vent, léger, les
perturbe sans doute.

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6
T = 6 sec.
Le régime d’extraction se précise : les
fumées poursuivent leur sortie régulière
par le haut, et un mouvement d’air se fait
sentir par le bas de la porte. Les anglo-
saxons appellent cela « le courant de
pesanteur ».

T = 8 sec.
L’échange devient net : les fumées
sortent par le haut, et on voit maintenant
par le bas une petite zone de fumée dont
l’inclinaison montre qu’elle rentre dans le
local. Il y donc bien pénétration d’air frais
en partie basse et extraction des fumées
chargées, en partie haute.

T = 9 sec.
Plus l’air frais rentre en bas, plus
l’extraction semble s’accélérer en partie
haute. Les fumées qui sortent semblent
en effet un peu plus « projetées » qu’à
l’image précédente.

T = 10 sec.
La position de la fumée dans la partie
haute de la porte, est désormais très
nette, le bas semblant complément vide.

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7
A ce stade, nous avons donc un flux d'air avec sortie par le haut et entrée par le bas.
L'air frais, qui rentre, change la composition du mélange, en diluant en quelque sorte
le gaz qui à ce stade est très concentré et surchauffé : trop riche, il ne peut prendre
feu. L'air frais fait donc progressivement redescendre le mélange en dessous de la
limite supérieure d’inflammabilité, en amenant du comburant au foyer, qui à ce stade
est encore presque éteint. L'arrivée d'air en partie supérieure provoque la sortie des
fumées, ce qui équilibre le volume. Placé dans l’ouverture, un binôme sentirait l’air
frais pénétrer dans le local, au niveau de ses jambes, et verrait cet afflux d’air par le
mouvement des fumées au niveau du sol. Le binôme verrait également les fumées
s’échapper au-dessus de lui. A noter que le flux d’air frais, s’il semble se diriger
légèrement vers le haut, ne se dirige cependant pas directement vers la zone
supérieure. C’est normal, car l’air extérieur à une température inférieure à l’air et aux
fumées intérieurs. L’air frais est plus dense, il circule donc en partie basse, arrive au
foyer qui le réchauffe, puis il monte avec le courant de convection : c’est le
mouvement du courant de pesanteur. C’est ce qui explique sans doute que le
mélange ne se fasse pas très rapidement, contrairement à ce qui pourrait se produire
si le courant d’air « tapait » directement dans la couche très chaude.

Le phénomène « backdraft »
T = 11 sec. - Le flux de fumée diminue,
mais semble gagner en puissance de
sortie. Seule une sorte de couloir de
fumée reste présent.

T = 11.7 sec. - Le flux de fumées


commence à s’incurver. C’est le signe
d’une surpression qui vient de se créer en
partie supérieure du local.

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8
T = 11.8 sec.
Début de l'explosion. En partie haute, le
mélange est arrivé en dessous de la LSE
du fait de la dilution et du brassage
généré par l’air du courant de pesanteur :
c’est l’explosion. La surpression
déforme le panache de fumée. On
remarque que la poussée vient bien du
haut de la boîte, la déformation du
panache ayant tendance à pousser celui-
ci vers le bas.

T = 11.9 sec.
Le phénomène explosif prend de
l’ampleur : sa forme caractéristique « en
boule », commence à apparaître. On
distingue parfaitement une partie de la
fumée, en bas, preuve que l’énergie
explosive repousse la fumée vers le bas
et provient donc du plafond.

T = 11.10 sec.
L’onde continue à avancer, en formant de
plus en plus une sorte de sphère.

T = 11.11 sec.
La sphère a atteint ses dimensions
maximales. Elle est parfaitement formée
tandis que des flammes sont visibles
dans l’ouverture de la porte. Le
« Wooooof » caractéristique s’est fait
entendre.

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9
Après l’explosion…
T = 11.12 sec.
L’explosion est terminée. Le reste de
fumée semble se disperser.

T = 11.13 sec.
Les fumées continue à se disperser. On
remarque que dans cette séquence, il n’y
a pas de reprise du feu. Le phénomène
semble avoir été exclusivement explosif.

T = 12 sec.
L’explosion a permis à la surpression de
s’échapper du local, mais il semble que
celui-ci soit maintenant en dépression car
les fumées commencent maintenant à
retourner dans le local, toujours aspirées
par la partie basse de la porte.

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10
T = 13 sec.
L’aspiration se poursuit. Elle est à
nouveau visible par le flux de fumées
inclinée, en bas de la porte. A ce stade, le
feu va reprendre assez tranquillement, à
l’intérieur du local.

L'évolution du mouvement
Ce schéma montre l'évolution de la forme des fumées, depuis le début de l'explosion,
jusqu'à la fin de celle-ci. On remarque bien que la déformation se fait, non pas avec
un axe horizontal, mais bien avec un axe haut-droit vers bas-gauche. L'onde provient
donc bien du haut du volume, là où la concentration des gaz était maximale, et ou
s'est déclenché le début de l'explosion.

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11
Le volume

Volume du local
V = L x H x P = 0,47 x 0,57 x ,035 = 0,093765 m3
Volume de la sphère de l'explosion
V = 4/3 x PI x r3 = 4/3 x PI x 0,25 3 = 0,065449 m3

Première analyse: la surpression.


Evidence d’une surpression importante dans la local. Celui-ci a donc contenu à un
certain moment, un volume de 0,093765 m3 + 0,065449 m3 pour un contenant de
seulement 0,093765 m3. Ceci malgré les fuites et le fait qu’une partie importante de
la fumée s’est échappée durant le temps d’ouverture de la porte.

Seconde analyse: les dimensions relatives de la sphère et du local

Rapport entre le volume intérieur et la sphère :


0,093765 / 0,065449 = 1,4326

Imaginons que nous ayons un local de 4 m de long, sur 4 m de large et 2,40 m de


hauteur de plafond, donc une petite pièce d’appartement. Nous obtenons un volume
total d’environ :
V = L x H x P = 4 x 2,40 x 4 = 38 m3
En appliquant le même rapport, nous obtenons une sphère explosive « potentielle »
de :
V-Sphère = 38 / 1,4326 = 26,48 m3

Calculons les dimensions de la sphère qui contiendrait ce volume :


V = 4/3 x PI x r3
Donc:
r3 = V / (4/3 x PI) = 26,48 / (4/3 x PI) = 26,48 / 4,18879 = 6,3216 m

Donc r = racine cubique de 6,3216 = 1,84902 m


Sachant que nous avons ici le rayon, nous en déduisons que la sphère aura un
diamètre d'environ 3,70 m

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12
Sur la vidéo, la sphère dépasse vers le bas : la mini-maison étant sur un support, rien
n'empêche l'expansion de la sphère d'explosion, sous le niveau du sol. Dans la
réalité, cette quantité de gaz serait ajoutée à la partie supérieure de la sphère,
augmentant la taille de celle-ci par rapport à des intervenants, debout face à
l'ouvrant.
De plus, nous ne parlons ici que d'une explosion qui, même si elle atteint des
dimensions assez importantes, n'est pourtant issue que d'un feu extrêmement
pauvre, sans mousse, sans matière synthétique : le feu créé dans la mini-maison
n’est composé que de papier, avec quelques petits bouts de bois.

De même, cette explosion est très « propre» : pas d'effondrement, pas de projection
d'objet. Dans la réalité, les dégâts sont largement supérieurs, pour ne citer que le toit
de l'église Luthérienne St John qui s'est soulevé de prés de trois mètres avant de
retomber, suite à un backdraft (USA, Février 2004).

Un feu dans un bureau ou dans un abris de jardin…


En réalisant le même type de calcul, tout en conservant l’hypothèse d’un feu très
simple, l’explosion issue d’un local de type bureau de 10 m x 10m x 2,50 m
(plusieurs « box » de travail, salle de réunion etc.) générerait une sphère explosive
de :
r = racine cubique (10x10x2,5) / (4/3xPI) = 3,90 donc prés de 8 mètres de diamètre,
soit plus de 3 étages…
A l’autre extrémité, un feu dans un minuscule abris de jardin de 1 m x 1 ,50 m sur
2,50 m de haut, générerait quand même une sphère explosive de 1,80 m de
diamètre, soit la hauteur d’une homme, debout dans l’encadrement, et ce avec un
feu issu de quelques morceaux de bois.

Le danger est donc bien réel, et ce quelles que soient les dimensions du local
puisque même dans le cas d’un local de dimensions très réduites, l’effet explosif
dépasse largement ce que pourrait supporter un intervenant. Le port de l’ARI, du sur-
pantalon et la mise en place de moyens hydrauliques très puissants sont donc
impératifs, quel que soit le local abordé, et même si celui-ci ne paraît comporter
aucun danger.

Note : il semble que le calcul du rapport de taille entre le local et la « sphère », même
s’il paraît donner des dimensions importantes pour cette « sphère », soit en dessous
de la réalité. En effet, la chaleur dégagée et le volume de fumée produit par une
simple feuille de papier et de quelques petits morceaux de bois, sont sans commune
mesure avec l’énergie thermique que pourrait dégager le mobilier d’un salon ou
d’une chambre à coucher.

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13
La vitesse de propagation

La séquence vidéo a été filmée avec un matériel numérique, assurant un débit de 15


images par seconde. Sachant que les deux images ci-dessus se suivent, nous
constatons une propagation de 33-25 = 8 cm en 1/15 de secondes.
Donc une vitesse de 8 x 15 = 120 cm = 1,20 m par seconde. Même si nous sommes
loin des 20 m /secondes affirmés dans certains documents, nous sommes cependant
à une vitesse très supérieure à celle que peut atteindre un Sapeur-Pompier sous
ARI, qui n’a donc aucune chance de s’échapper si un tel phénomène survient.

L’évolution des fumées


Au fur et à mesure du déroulement, nous constatons une évolution des fumées.
Cette évolution nous renseigne sur l’activité du feu. Au départ, la boîte était ouverte
et le feu assez bien ventilé. Les fumées que l’on voit sur la première image sont donc
légères. Dès la fermeture de la boîte, elles deviennent plus opaques mais également
plus importante car le feu devient sous-ventilé. Ensuite, elles deviennent blanches.
Les fumées blanches sont le signe de la pyrolyse, donc d’un feu qui commence à
s’étouffer. A ce moment, la quantité de fumées est toujours importante. Puis la
surpression augmente et les fumées sortent alors plus rapidement. Ensuite, à
l’ouverture de la porte, nous avons d’abord l’extraction des fumées blanches, puis
ces fumées deviennent colorées car le feu recommence à être oxygéné.
Il est donc évident qu’il faut être très attentif à la quantité, à la couleur, et à la vitesse
des fumées.

Vidéo 2 - Backdraft avec vent assez violent


Dans cette seconde séquence, le local est strictement identique au cas précédent,
tout comme l’allumage, le temps de chauffe etc. Seuls deux points différent :
1. L’angle de vue, qui va permettre l’observation du redémarrage du foyer
2. Le vent, qui souffle en bourrasque, vers l’ouvrant.

La porte a été fermée, puis ouverte. Les bourrasques empêchent de distinguer la


forme des fumées et empêchent de voir l’extraction en partie supérieure et l’entrée
d’air par la partie inférieure.

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14
Attente avant le phénomène…
T = 5.14 sec.
La boîte est à peine visible, car la fumée
est fortement perturbée par les
bourrasques. La fumée est quand même
assez intense, mais il est difficile de
déterminer si elle est « chargée » ou non.

T = 6 sec.
Le temps d’une image et tout le foyer a
été réactivé. Les flammes ont mis le feu
aux fumées qui ont fortement diminué.

Le backdraft
T = 6.1 sec.
Début de l’explosion. La taille des
flammes à l’intérieur du local est
nettement supérieure, et on distingue un
début de sortie de ces flammes (zone
délimitée).

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15
T = 6.2 sec.
La forme sphérique, typique, commence
à bien se distinguer. Mais contrairement
au cas étudié précédemment, nous
sommes ici en face d’une boule de
flamme et pas seulement d’une onde de
« surpression ».

T = 6.3 sec.
C’est véritablement une boule de feu qui
se présente maintenant en sortie du local.
En termes de dimensions, cette sphère
est comparable à celle du cas précédent.
Seule sa composition semble différer :
moins fumées, plus de flammes.

T = 6.4 sec.
Au -delà de cette sphère explosive, l’effet
semble suivi d’une arrivée de flammes
plus « consistantes ». Soit ces flammes
existent vraiment et suivent le front
d’explosion, soit c’est une bourrasque qui
les « génère » en repoussant le front de
flammes. Difficile à déterminer à ce
stade. En tout cas, le binôme pensant
avoir affaire à une simple reprise du
foyer, sera dans une situation très
délicate.
T = 6.5 sec.
La production d’une zone de flamme plus
« consistante » en arrière du flux, semble
se confirmer. C’est certainement le signe
d’une reprise du feu dans le local.

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16
T = 6.6 sec.
La zone « explosive » est maintenant en
phase finale. Des flammes sortent
directement de la porte. Elles sont
rabattues par le vent, mais leurs
dimensions restent importantes.

T = 6.7 sec.
La disparition de la zone « explosive » se
poursuit, tandis que la reprise dans le
local ne semble pas faiblir.

T = 6.8 sec.
Malgré le vent qui repousse les flammes,
la zone sphérique reste visible, preuve de
la force de l’explosion.

T = 6.10 sec.
Nous arrivons maintenant dans une
simple reprise de l’incendie.

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17
T = 6.13 sec.
Les flammes restent cependant
désordonnées, et nous remarquons que
la zone de feu située dans le local, est
plus « faible » que cette même zone à
T=6,3 par exemple.

L’explosion est terminée. Nous pouvons donc penser que nous allons arriver dans
une période de reprise du foyer. Bizarrement, nous allons constater que cette
reprise, qui apparaissait comme très violente, va en fin de compte se ralentir
progressivement…

Quelques instants de calme relatif…


T = 7 sec.
Nous sommes au moment charnière
entre la fin de l’explosion et le
développement de la « reprise »
supposée.

T = 7.5 sec.
Nous constatons que la reprise persiste,
mais déjà l’intensité des flammes, dans le
local, semble baisser.

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18
T = 7.14 sec.
Cette diminution se confirme, tandis que
la fumée devient à nouveau plus
présente, tout en étant assez diluée.
Dans une telle situation, la visibilité est
minime.

T = 8.6 sec.
La fumée « diffuse » est toujours
présente, et nous voyons réapparaître
une petite fumée verticale en haut de la
porte, tandis que la reprise semble plutôt
se transformer en baisse de régime.

Le vent peut attiser le feu. Mais dans notre exemple, la trop grande force du vent
semble au contraire contrarier la reprise du feu. Celui-ci avait commencé à reprendre
suite à l’explosion. Cette explosion servait certainement de « rempart » au vent
violent, mais une fois l’explosion terminée, le vent a recommencé à s’engouffrer dans
le local, contraignant le feu à baisser en régime. Cette baisse de régime
s’accompagne évidemment d’une production importante de gaz et de fumées, qui
restent dans le local, malgré l’ouverture.

Nouvelle reprise !
T = 8.8 sec.
Même si la quantité de fumées est
différente, nous nous retrouvons ici dans
une situation quasi identique à celle de
T=6 sec ! Le feu reprend d’un coup à
l’intérieur du local.

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19
T = 8.9 sec.
Sa reprise se confirme, avec déjà
apparition de petites flammes en haut à
l’extérieur du local.

T = 8.11 sec.
La reprise se poursuit, avec maintenant
un foyer dont la consistance ne trompe
pas, d’autant que la présence de flammes
externes, projetées par le foyer vers le
haut de l’ouvrant, se confirme également.

T = 8.12 sec.
Les flammes commencent à nouveau à
sortir. Nous sommes à nouveau dans une
phase explosive, sans doute moins
impressionnante que la première, par la
moindre accumulation de gaz et des
bourrasques un peu différente.

T = 8.14 sec.
Les flammes continuent à se reconstituer
à l’extérieur. Sachant que les
bourrasques sont toujours présentes,
nous avons bien à nouveau une
surpression qui force les flammes à sortir,
contre le sens du vent. A l’intérieur, le
foyer continue à prendre de la
consistance.

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20
T = 9,2sec.
Le phénomène ne faiblit pas . Pire, les
flammes qui ne se déployaient qu’en
partie haute de l’ouvrant, commencent
maintenant à se déployer en partie
basse, sous l’ effet de ce nouveau
souffle.

T = 9.4 sec.
Un nouveau backdraft est en train de se
produire : le front de flamme sort à
nouveau sur toute la hauteur de l’ouvrant.

T = 9.6 sec.
Même si la forme est moins précise que
lors de la première explosion, nous avons
bien ici une production importante d’un
front de flamme, tandis qu’à l’arrière de
ce front de flamme, nous percevons la
même flamme « épaisse » que nous
avions vue en T =6.5 sec. Le vent arrive à
contrarier les flammes, juste en sortie de
la porte, mais ne peut lutter contre
l’avancée du front.

T = 9.8 sec.
La zone sphérique apparaît légèrement,
le front de flamme est très important.
Nous sommes malheureusement à la
dernière image de la vidéo, mais nous
avons observé, sans aucun doute
possible, un double backdraft.

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21
Backdraft Haute-Pression
Nous nous trouvons certainement ici en face d’une sorte de backdraft haute-pression
tel que le décrit très bien Paul Grimwood : un vent violent, dirigé vers les ouvrants,
empêche la sortie des gaz et compresse ceux-ci à l’intérieur du local. L’explosion
peut se déclencher par l’ouverture d’un ouvrant, mais l’explosion est très dépendante
du vent, de sa direction et de son intensité. Le front de flamme est très important,
tant en volume qu’en puissance.
Nous pouvons penser que le vent a retardé l’explosion, puisque le vent souffle contre
l’ouvrant donc contre le sens de sortie des flammes. Pourtant, même s’il est difficile
de juger avec exactitude, il semble que ce soit l’inverse qui se produit. En effet, dans
la première vidéo, nous avions une arrivée d’air assez régulière, donc un brassage
progressif. Là, nous avons eu un écoulement turbulent, donc un brassage plus
rapide et une l’explosion qui arrive plus vite.
D’ailleurs, même si la seconde vidéo ne montre pas l’ouverture de la porte, elle
commence néanmoins juste après cette ouverture. Sur la première vidéo, la porte est
totalement ouverte à T=4 et l’explosion débute à T=11.7, soit 7 secondes + 7 images
plus tard.
Dans le second cas, l’explosion démarre 6 secondes après l’ouverture de la porte,
soit 1 seconde et demie plus tôt.
De même, nous avons une explosion plus puissante que dans le premier cas à
cause du principe du turbo compresseur : dans un même volume le vent comprime le
combustible. Il y en a donc plus à brûler dans un même volume, l’explosion est plus
forte. Cette explosion dure aussi plus longtemps : de 11.7 à 11.12 dans la première
vidéo donc 6 images, et de 6.1 à 6.10 dans la première explosion de la seconde
vidéo, donc sur 10 images.

Il faut noter qu’ici, nous avons un vent violent, mais que l’ouverture qui a été faite,
donc la direction de l’explosion et du front de flamme, est opposée à la direction du
vent. Imaginons un court instant que nous ayons mis un ouvrant de dimensions plus
réduites, face au vent, puis que nous ayons ouvert l’arrière de la boîte : non
seulement nous aurions eu le backdraft dans toute sa violence comme dans le cas
présent, mais en plus nous aurions eu un front de flamme propulsé à la fois par
l’explosion et par le vent. C’est ce qui se produit lorsqu’une binôme ouvre la porte
d’un local dont la fenêtre est ouverte face au vent.

Conclusion
Les deux backdraft étudiés ici, sont identiques dans le déclenchement : un local
avec une source d’ignition, un mélange combustible + comburant saturé en
combustible et qui manque donc de comburant. L’ouverture d’un ouvrant apporte
l’oxygène manquant, fait redescendre le mélange combustible + comburant aux
proportions idéales et c’est l’explosion.
Au-delà de cette similitude de déclenchement, les phénomènes s’avèrent être
différent : purement explosif dans un cas, proche d’une reprise du feu dans l’autre.
Mais ces différences ne représentent sûrement pas les deux seuls cas possibles :
tous les mélanges sont imaginables, du plus insignifiant au plus dangereux.
Les quelques calculs extrapolant les dimensions de ce mini-simulateur sur des
dimensions « à taille humaine » montrent qu’il faut faire preuve de la plus grande
prudence dans l’abord des locaux, quels qu’en soient les dimensions, les
emplacements et les contenus.

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De même, il s’avère que l’observation des fumées est un élément important dans
l’analyse et le choix tactique. La « lecture du feu » est très certainement un passage
obligé dans l’apprentissage. Comprendre et observer, pour combattre efficacement.

L!auteur
Pierre-Louis LAMBALLAIS est Sapeur-Pompier Volontaire en France (SDIS-53).
Formateur Incendie pour la société SDP2 , il en gère les trois containers flashover. Il
étudie les accidents thermiques depuis plusieurs années, et participe à la traduction
de documents destinés aux Sapeurs-Pompiers. Gestionnaire du
site :[Link] .[Link] , il est joignable à l’adresse [Link]@[Link]

Merci à Franck GAVIOT-BLANC pour la relecture et les remarques.


Merci à Paul GRIMWOOD pour la relecture de la version Anglaise de ce document.

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