Le travail en général peut être vécu agréablement au quotidien.
Cependant, tout travail comporte des
tâches, des responsabilités, des exigences et des contraintes. L'accumulation de ces dernières peut
engendrer une fatigue intense qui mène l'individu à l'état d'épuisement.
Dans un monde où la pression professionnelle ne cesse de s’intensifier, l’épuisement
professionnel ou également connu sous le nom de burnout est devenue une problématique majeure
dans le secteur de la santé. Les sages-femmes, en raison de la nature exigeante de leur métier, sont
particulièrement exposées à ce phénomène, qui impacte non seulement leur bien-être personnel,
mais aussi la qualité des soins prodigués aux patientes. Comme le souligne Maslach et Leiter : « Le
burnout n’est pas simplement une réaction au stress, mais une véritable érosion de l’engagement, de
l’énergie et du sens du travail » (Maslach & Leiter, The Truth About Burnout, 1997).
Le travail des sages-femmes repose sur une implication physique et émotionnelle
intense, marquée par des gardes prolongées, un manque de reconnaissance et une pression
constante liée à la responsabilité du bien-être maternel et néonatal. Selon une étude menée par
Dall’Ora « les professionnels de santé soumis à des horaires de travail irréguliers et à une surcharge
de tâches présentent un risque accru d’épuisement professionnel, ce qui compromet la qualité des
soins » (Dall’Ora Health Care Management Review, 2020).
D’après une étude menée par Catherine Vasouillet dans La souffrance des soignants (2015), « les
professionnels de la maternité sont confrontés à des défis émotionnels uniques, tels que la gestion
des accouchements difficiles, des urgences imprévues, et parfois des pertes périnatales, qui peuvent
laisser des cicatrices psychologiques durables. » Cette charge émotionnelle, combinée à la nécessité
de rester constamment vigilante et performante, alourdit le fardeau des sages-femmes.
Par ailleurs, l’épuisement professionnel chez ces professionnelles a des répercussions qui dépassent
la sphère individuelle. Il impacte directement la qualité des soins offerts aux patientes et peut même
compromettre la sécurité des accouchements. Selon Françoise Guérin dans Le burn-out des soignants
: comprendre et agir (2013), « un soignant épuisé est moins capable de détecter les signes précoces
de complications, ce qui augmente le risque d’erreurs médicales. »
C'est en tant que futures praticiennes que nous est venue l'inspiration de mener une recherche
sur l'impact du syndrome d'épuisement professionnel chez les sages-femmes, conscientes des défis
inhérents à cette profession. Dans le cadre de cette étape cruciale de notre parcours académique et
scientifique, nous tenons à souligner que le choix de ce sujet n’est pas le fruit du hasard.
Au cours de nos stages effectués à l’établissement hospitalier spécialisé Belhoucin Rachid de Bordj
Bou Arreridj, tout au long de nos quatre années de formation, nous avons constaté que de
nombreuses sages-femmes souffrent de pathologies physiques, de troubles psychologiques, d’une
déshumanisation progressive et de conditions de travail qui se détériorent avec le temps.
Nous avons également observé le nombre élevé d’accouchements qu’elles prennent en charge
quotidiennement. Ces constats nous ont incitées à choisir ce sujet de recherche afin d’étudier les
impacts physiques et psychologiques liés à leur pratique, tout en identifiant les principaux facteurs
déclencheurs de ces problématiques.
Face à ces réalités préoccupantes, une question fondamentale s’est imposée à nous : Quels sont les
facteurs déclencheurs du syndrome d'épuisement professionnel chez les sages-femmes ? C'est dans
cette optique que nous avons entrepris cette recherche, afin d’analyser les impacts physiques et
psychologiques liés à leur pratique et d’identifier les principaux éléments contribuant à cette
problématique.
Dans ce cadre, nous avons formulé les hypothèses suivantes :
•la surcharge du travail tisserait lentement les fils du syndrome d’épuisement professionnel.
• la méconnaissance des bonnes pratiques de la manutention augmenterait le risque du
syndrome d’épuisement professionnel.
Nôtre étude vise à déférents objectifs :
• Étudier le phénomène du burn-out de manière pratique signifie l'observer et l'analyser en
temps réel dans des environnements spécifiques.
• Analyser l’impact du syndrome d’épuisement professionnel (burnout) sur la santé physique et
mentale des sages-femmes
• Analyser comment le burnout influence la prise en charge des patientes (erreurs médicales,
diminution de l’empathie…).
• identifier les actions possibles de prévention.
Préambule :
Le cadre épistémologique peut être défini comme un ensemble organisé de concepts, de définitions
et de propositions qui offre une vue d'ensemble et une structure conceptuelle à un domaine
particulier d'étude. Il permet de délimiter les frontières du sujet, de formuler des hypothèses de
recherche, d'identifier les variables clés et de décrire les relations entre ces variables. Le cadre
conceptuel fournit ainsi une base théorique solide pour la conduite d'une étude ou d'une recherche.
Dans ce chapitre, nous allons explorer en détail tous les termes et concepts afin d'éliminer toute
ambiguïté concernant notre recherche scientifique sur l'impact du syndrome d'épuisement
professionnel chez les sages-femmes dans le cadre de leur pratique quotidienne.
Ce chapitre couvre deux domaines principaux. Le premier domaine aborde les concepts liés au
syndrome d'épuisement professionnel. Nous mettrons en lumière les définitions essentielles pour
comprendre l'apparition de ce syndrome chez les sages-femmes.
Dans le deuxième domaine, nous nous concentrerons sur la profession de sage-femme, en explorant
les spécificités de ce métier.
Enfin, ce chapitre présentera des définitions détaillées de l'épuisement professionnel et de la
profession de sage-femme, dans le but d'approfondir les connaissances sur ce sujet et de mieux
comprendre les enjeux liés à la santé mentale dans ce secteur.