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Guide complet sur la versification poétique

Le document traite de la versification en poésie, en abordant la prosodie, les rimes, les sons, et la composition des strophes. Il explique les différents types de rimes, de mètres, ainsi que les rythmes et les formes poétiques, y compris les poèmes à forme fixe et les vers libres. Enfin, il met en lumière l'importance de la mesure des vers et des rythmes dans la création poétique.

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Guide complet sur la versification poétique

Le document traite de la versification en poésie, en abordant la prosodie, les rimes, les sons, et la composition des strophes. Il explique les différents types de rimes, de mètres, ainsi que les rythmes et les formes poétiques, y compris les poèmes à forme fixe et les vers libres. Enfin, il met en lumière l'importance de la mesure des vers et des rythmes dans la création poétique.

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La versification

I- La prosodie (Les sons)

1. Les rimes :
- Qualité de la rime : On peut établir une hiérarchie selon le nombre de phonèmes communs qui se trouvent en
finale de la poésie régulière, mais elle est aussi souvent présente dans le vers libre.

Rime pauvre : un seul son commun = la voyelle accentuée. Ex : Souverain / Main

Rime suffisante : deux son communs (1 consonne + 1 voyelle) Ex : Rêve / achève.

Rime riche : trois sons communs et plus (2 consonnes + 2 voyelles). Ex : Hasard / bizarre.

- Disposition des rimes :

Rime féminine : la terminaison des vers est un « e » muet. Rime masculine : la terminaison des vers est un son
correspondant à une consonne. = Les poètes jouent souvent sur l’alternance entre rimes masculines et rimes
féminines.

Rimes suivies ou plates : AA BB CC Ex :


« Une heure est à Venise, heure des sérénades, A
Lorsqu’autour de Saint-Marc sous les sombres arcades, A
Les pieds dans la rosée et son masque à la main, B
Une nuit de printemps joue avec le matin ». B (Alfred de Musset, Premières poésies).

Rimes croisées : ABAB CDCD Ex :


« Depuis longtemps déjà je t’ai laissé tout seul A
Cependant me voici t’apportant mon mensonge B
Poète sois joyeux tu sembles un linceul A
Regarde-moi c’est moi je ne suis pas un songe. » B (Apollinaire, Poème à Lou).

Rimes embrassées : ABBA CDDC Ex :


« La tzigane savait d’avance A
Nos deux vies barrées par les nuits B
Nous lui dîmes adieu et puis B
De ce puits sortit l’espérance. » A (Apollinaire, Alcools)

2. Les sons

Dans le langage courant, la relation entre le son produit par un énoncé et le sens de celui-ci est le plus souvent
arbitraire. Pourtant, dans certains cas, il existe une relation par imitation phonétique entre les sens d’un énoncé et la
chose qu’il évoque.

- On parle d’onomatopée lorsque les sons d’un mot suggèrent le bruit produit par la chose qu’il dénomme (le « tic tac
» de la pendule, le « vrombissement » du moteur.

- On parle d’harmonie imitative lorsque la répétition des sons dans un énoncé suggère un bruit particulier.
Les messages publicitaires utilisent parfois ce procédé.

Ex : « Et parmi les moutons qui bêlent pêle-mêle Faire au frêle agnelet essayer sa voix grêle ».
« Souffrez qu’Aliboron clopinant, ricanant, Et bravant le bâton d’un maître chagrinant
Ouvre une large gueule et s’évertue à boire ». (« Le mouton »/ L’âne », in Harmonie imitative de la langue
française, Paul Claudel.)

Son « –an » pour l’âne / son en « ê » pour le mouton ; imitant leurs cris (bêlement pour le mouton, etc…) Donc les
échos sonores entre les mots invitent à mettre ces derniers en relation : s’établit ainsi un double rapport de son et de
sens qu’il est intéressant d’étudier.

- On appelle « assonance » la répétition d’un même son-voyelle ou de sons vocaliques voisins.

- Ex : « Tout m’afflige et me nuit, et conspire à le nuire ». (assonance en –i).

- On appelle « allitération » la répétition d’un même son-consonne ou de sons consonantiques voisins.

- Ex : « Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala ». (allitération en –f et en –l).


II- La versification :

1/ La composition en strophe :

Une strophe se définit par :


- La disposition dans la page : les strophes sont séparées par des blancs
- Le groupement des vers : mètres égaux ou alternance régulière des mètres
- La disposition des rimes
- Un strophe peut parfois être un refrain :
Lorsqu’une même strophe revient régulièrement dans un poème (ou une chanson), on parle de refrain. Cette
répétition a une valeur musicale et surtout rythmique. Le refrain peut également avoir une valeur sémantique : il dit
et redit l’essentiel de la signification du poème. (Rondeau)

- Les principales strophes :


Un monostiche : 1 seul vers
=>Le poème d’un seul vers le plus connu est celui d’Apollinaire : « Et l’unique cordeau des trompettes marines »,
poème célèbre d’Apollinaire intitulé « Chantre ».

Un distique : strophe de 2 vers Un septain : strophe de 7 vers


Un tercet : strophe de 3 vers Un huitain : strophe de 8 vers
Un quatrain : strophe de 4 vers Un dizain : strophe de 10 vers
Un quintil : strophe de 5 vers Un douzain : strophe de 12 vers.
Un sizain : strophe de 6 vers

2- Les différents mètres :

Le mètre est la mesure d’un vers. La poésie française utilise différents mètres qui, selon leur longueur, ne produisent
pas le même effet.

1 syllabe : monosyllabe ; 4 syllabes : quadrisyllabe(s) ;


3 syllabes : trisyllabe(s) ; 5 syllabes : pentasyllabe(s) ;

6 syllabes : hexasyllabe(s) = Très peu, voire très rarement, utilisés.


7 syllabes : heptasyllabes(s) Assez peu utilisés et très rares, ils doivent leur originalité à leur structure impaire qui leur
donne une plus grande légèreté.

8 syllabes : Octosyllabe(s) Moins long que l’alexandrin, il offre une grande variété rythmique grâce à la mobilité de la
coupe. L’octosyllabe est particulièrement adapté aux poèmes-chansons.

Ex : « Entre deux bourgeois d’une ville S’émeut jadis un différend Lui était pauvre, mais habile, L’autre riche,
mais ignorant ». (Jean de La Fontaine, Fables).

9 syllabes : ennéasyllabe(s)

Ex : De la musique avant toute chose


Et pour cela préfère l’Impair
Plus vague et plus soluble dans l’air,
Sans rien en lui qui pèse ou qui pose ».
(Paul Verlaine, « Art poétique », Jadis et naguère).

10 syllabes : Décasyllabe(s) : Très employé.


11 vers : Endécasyllabe(s) : très rare.
12 syllabes = Alexandrin

Ex : « Ô ce cri sur la mer // cette voix dans les bois »


(Paul Verlaine, Jadis et Naguère).

Dans sa structure classique, l’alexandrin comporte deux accents principaux sur la 6ème et la 12ème syllabe, deux
hémistiches (moitiés), séparés par une césure ( // = coupe centrale).
3- La mesure des vers :

Le vers se définit essentiellement par son caractère d’énoncé rythmé et mesuré. Le mot « métrique » (mètre )
mesure= désigne l’étude des vers, de la strophe et des poèmes à forme fixe. Pour mesurer en vers, il faut opérer le
compte des syllabes.

Ex : C’é/tait/ l’heu/re/ tran/quil/le où/ les/ li/ons/ vont/ boire. (Victor Hugo)

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12

- Faut-il articuler une syllabe qui contient un « e » muet ?


=> Non, si la syllabe est en fin de vers « re » de « boire » dans l’alexandrin de Hugo.
=> Non, si à l’intérieur du vers le « e » se trouve devant une voyelle : « le » de « tranquille ».
=> Oui, si à l’intérieur du vers le « e » se trouve devant une consonne ou un « h » aspiré : « re » de « l’heure ».

- Le cas de la diérèse : Dans le mot « lion » prononcé en une syllabe dans la langue courante, on compte souvent
deux syllabes en poésie « li/on ». On parle alors de « diérèse ». En revanche, lorsqu’un mot est prononcé en une seule
syllabe, on parle de synérèse. La diérèse a souvent une portée significative. Elle attire l’attention sur un mot
important, qui n’étant plus prononcé comme dans le langage courant, prend une valeur poétique.

III- Les rythmes :

1/ La mesure des rythmes :

- Le rythme :
-C’est le retour des accents toniques qui crée le rythme : on les place sur la dernière syllabe tonique d’un mot ou d’un
groupement de mots qui forme une unité grammaticale. (Ex : Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace
(Racine, Phèdre).

- La place des coupes :


La coupe ( / ) se place immédiatement après la syllabe accentuée.

On appelle césure ( // ) la coupe qui partage un vers de plus de 8 syllabes en deux hémistiches.

Par exemple : alexandrin : 2 hémistiches de six syllabes.

2/ L’étude des rythmes :


- Le rythme binaire : Le vers ou les deux moitiés d’un vers sont divisés en deux mesures égales.

Ex : Son regard / est pareil // au regard / des statues. (Paul Verlaine).


3 3 3 3

- Le rythme ternaire : Le vers est divisé en trois mesures.

Ex : Je marcherai / les yeux fixés / sur mes pensées.


Victor Hugo, « Demain dès l’aube »

3- La phrase et le vers

Dans les rapports de longueur entre la phrase et le vers, deux cas sont possibles :

1 : La phrase a la même longueur que le vers


Ex : « Il marcha trente jours, il marcha trente nuits ». (Victor Hugo, La Légende des siècles).

2 : Il n’y a pas d’identité entre la longueur de la phrase et la longueur du vers.


Dans ce cas, on distingue : l’enjambement, le rejet.

- L’enjambement : On parle d’enjambement lorsque la phrase ne s’arrête pas à la rime mais déborde jusqu’à la
césure ou la fin du vers suivant. L’enjambement traduit souvent un mouvement qui se développe, une durée qui se
prolonge, un sentiment qui s’amplifie.
Ex : « Nous avons aperçu les grands ongles marqués Par les loups voyageurs que nous avions traqués. » (Alfred de
Vigny, « La Mort du Loup »).

- Le rejet : On parle de rejet lorsqu’un élément court de la phrase (en général pas plus de deux mots) est rejeté
au vers suivant. Le rejet permet la mise en relief d’un mot clé.
Ex : « Même il m’est arrivé quelque fois de manger Le berger. « (La Fontaine)

IV- Les différentes formes poétiques :


1. Les poèmes à forme fixe :

- Le Sonnet est composé de 4 strophes : 2 quatrains et 2 tercets (ou 1 sizain) régulièrement écrit selon le schéma
rimique suivent : ABBA ABBA CCD EED

Ex : Baudelaire écrit de nombreux sonnets et certains comme « Brumes et pluie » (AABB AABB CDD CEE) ne
correspondent pas à ce schéma rimique traditionnel montre une poésie qui s’affranchit des règles et se modernise.

- L’Ode : Poème lyrique divisé en strophes, dont la pratique en langue française date du XVIème siècle. Une ode est
composée de 3 strophes : la strophe, l’antistrophe, l’épode. Les trois strophes sont en général formées sur le même
nombre de vers. Le ton d’une ode doit être enthousiaste, saisissante, rythmée. Ex : « Mignonne, allons voir si la rose »
(Ronsard).

- La Ballade : Poème lyrique constitué généralement de trois strophes identiques (souvent de 8 ou 10 vers, avec
des rimes réparties selon la structure ABABBCBC ou ABABBCCDCD) se terminant par un refrain, et d'une demi-strophe
appelée l'envoi, qui reprend les dernières rimes et le refrain. Les contraintes formelles, qui exigent du poète une
grande virtuosité, servent à créer un certain nombre d'effets. Ex : « La Ballade des pendus » de François Villon.

2. Les poèmes en vers libres :

Les vers libres composent un énoncé poétique dont les mètres sont inégaux et sont déterminés, non par une règle,
mais par la recherche du rythme le plus adapté à la création du poète.

Le vers libre, déjà employé au XVIIème siècle par La Fontaine, est utilisé surtout depuis la fin du XIXème siècle
(période symboliste) et est la caractéristique de la poésie moderne.

Ex : « Comme une femme solitaire Qui dessine pour parler Dans le désert ».
(Paul Eluard, Poésie interrompue).
Ici, le nombre de syllabes dans chaque vers est varié et irrégulier.

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