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Matrices et produits matriciels

Le document présente une série d'exercices sur les matrices, couvrant des sujets tels que le calcul matriciel, la commutativité, les matrices symétriques et antisymétriques, ainsi que des applications linéaires. Les exercices incluent des calculs de produits de matrices, des propriétés de la trace, et des études sur les matrices triangulaires et nilpotentes. Il aborde également des concepts avancés comme les projecteurs et les symétries dans des espaces vectoriels.

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Matrices et produits matriciels

Le document présente une série d'exercices sur les matrices, couvrant des sujets tels que le calcul matriciel, la commutativité, les matrices symétriques et antisymétriques, ainsi que des applications linéaires. Les exercices incluent des calculs de produits de matrices, des propriétés de la trace, et des études sur les matrices triangulaires et nilpotentes. Il aborde également des concepts avancés comme les projecteurs et les symétries dans des espaces vectoriels.

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17.

Matrices

Calcul matriciel élémentaire


 
0 1 1
Exercice 17.1 On pose B = .
1 0 1  
0 −1 −1
1. Déterminer une matrice réelle A telle que AB = −1 0 −1.
2. Calculer le produit BA. 1 1 2

 
3 −1
Exercice 17.2 On pose A = .
7 1
1. Déterminer les matrices M ∈ M2 (R) qui commutent avec A, i.e. telles que AM = MA.
2. Montrer que ces matrices sont les combinaisons linéaires de I2 et de A.


Exercice 17.3 Pour B ∈ M2 (R), on considère l’application πB : M2 (R) → M2 (R), M 7→ BM.


Déterminer l’injectivité et la surjectivité de πB , et expliciter Im πB et ker πB lorsque :
   
1 1 2 −1
1. B = 2. B = .
2 3 −2 1


Exercice 17.4 — Matrice et matrice transposée. .


1. Montrer que pour tout M ∈ Mn,p (K), les matrices MtM et tMM sont symétriques.
2. Lorsque M est carrée, a-t-on nécessairement MtM = tMM ? ou MtM 6= tMM ?
3. Montrer que toute matrice carrée se décompose de façon unique en somme d’une matrice
symétrique et d’une matrice antisymétrique.

108 Chapitre 17. Matrices

Exercice 17.5 — Trace : questions de cours et au delà. Pour tout A = (ai, j ) ∈ Mn (K), on
n
appelle trace de A le scalaire tr(A) = ∑ ai,i .
i=1
1. a. Montrer que tr : Mn (K) → K est linéaire.
b. Résoudre l’équation X + tr(X)A = 0n , d’inconnue X ∈ Mn (K).
2. Montrer que ∀A, B ∈ Mn (K), tr(AB) = tr(BA). A-t-on nécessairement tr(AB) = tr(A) tr(B) ?
3. Comparer tr(ABC), tr(CAB), tr(BAC) pour A, B et C trois matrices quelconques.


Calcul matriciel, structure


Exercice 17.6 — Centre de Mn (K). .
1. Soit A ∈ Mn (K). On appelle commutant de A l’ensemble C(A) = {M ∈ Mn (K) | AM = MA}
des matrices qui commutent avec A. Montrer que C(A) est un sous espace vectoriel de Mn (K)
stable pour la multiplication.
2. Soit (i, j) ∈ J1; nK2 . Décrire à quelles conditions une matrice M appartient à C(Ei, j ). En
déduire la dimension et une base de C(Ei, j ).
3. On appelle centre de Mn (K) l’ensemble C
\des matrices qui commutent avec toutes les autres.
Montrer que le centre de Mn (K) vaut C(Ei, j ) puis expliciter C .
16i, j6n
4. Déterminer l’ensemble des matrices qui commutent avec toutes les matrices diagonales.


2
Exercice 17.7 Soit A ∈ Mn (K). Montrer (c’est facile !) que la famille (In , A, A2 , . . . , An ) est
2 −1
liée. Montrer ensuite (c’est moins facile) que la famille (In , A, A2 , . . . , An ) est liée.
(En deuxième année, on montrera qu’en fait (In , A, A2 , . . . , An ) est liée.) 

Exercice 17.8 — Conjugaison. Soit P ∈ GLn (K). Montrer que l’application M 7→ P−1 MP
est un automorphisme de Mn (K) qui est aussi un morphisme pour le produit de matrices. 

Exercice 17.9 —


Une construction
 du corps
 des complexes. .
a −b
On pose C = , (a, b) ∈ R2 .
b a
1. Montrer que C est un sous espace vectoriel de M2 (R), préciser sa dimension et en donner
une base.
2. Montrer que C est stable pour le produit matriciel et que deux éléments de C commutent.
3. Montrer que tout élément non nul de C est inversible dans C. (On en déduit que C, muni des
restrictions à C de la somme et du produit matriciels, est un corps.)
 
a −b
4. Montrer que l’application a + ib 7→ est un isomorphisme du corps C sur C.
b a

109

Exercice 17.10 — (F) Un vieil oral de Centrale. Montrer que si une matrice triangulaire
supérieure commute avec sa transposée, alors elle est diagonale. 

Exercice 17.11 — (F) Un vieil oral de l’X. Soient (A, B) ∈ Mn (C)2 et λ ∈ C.


Montrer que si λ AB + A + B = 0, alors A et B commutent. 

Calculs de puissances
 
2 −2 1
Exercice 17.12 On considère la matrice A =  2 −3 2.
−1 2 0
1. Calculer (A − I3 )(A + 3I3 ) et en déduire une expression de A2 en fonction de A et I3 .
2. Justifier que A est inversible, et expliciter A−1 .
3. Montrer que pour tout n ∈ N, il existe deux entiers an et bn tels que An = an A + bn I3 .


Exercice 17.13 Calculer les puissances n-ièmes des matrices :


 
    1 0 1
0 1 1 1
A= , B= , C = 0 1 0 
1 0 0 1
1 0 1



  
0 1 0 1 1 0
Exercice 17.14 Même exercice avec les matrices E = 0 0 1 et F = 0 1 1. 

0 0 0 0 0 1

   
−1 6 −6 3 −1 0
Exercice 17.15 Soient M =  3 −8 10  et P = 1 1 1.
3 −9 11 0 1 1
1. Montrer que P est inversible et calculer P−1 .
2. Calculer la matrice D = P−1 MP. Sans calcul, justifier que D est inversible et expliciter D−1 .
3. Montrer que pour tout n ∈ N, M n = PDn P−1 .
4. Justifier que M est inversible et que M −1 = PD−1 P−1 . Expliciter M −1 .

110 Chapitre 17. Matrices

 
−1 3 6
1
Exercice 17.16 Soit M = −3 5 6 .
2
3 −3 −4
1. Résoudre les équations MX = X et MX = −2X, d’inconnue X ∈ M3,1 (R).
2. Soit P ∈ M3 (R) dont les colonnes C1 , C2 et C3 sont non proportionnelles et telles que
MC1 = C1 , MC2 = C2 et MC3 = −2C3 . Montrer que P est inversible et calculer P−1 .
3. Calculer P−1 MP. La matrice M est-elle inversible ?
4. Expliciter la matrice M n , pour tout n ∈ N.


Exercice 17.17 Soient (un )n∈N et (vn )n∈N les suites définies par u0 = v0 = 1 et les relations de
1 1
récurrence un+1 = (5un + 2vn ) et vn+1 = (un + 4vn ) pour tout n ∈ N.
3 3
 
un
1. On pose Xn = , pour tout n ∈ N.
vn
a. Déterminer une matrice A ∈ M2 (R) telle que ∀ n ∈ N, Xn+1 = AXn .
b. Montrer que ∀ n ∈ N, Xn = An X0 .
2. Le but de cette question est d’expliciter la matrice An , pour tout n ∈ N.
a. Déterminer les valeurs de λ ∈ R pour lesquelles la matrice A − λ I2 n’est pas inversible.
   
x x
b. Pour chacune des valeurs trouvées en 2a, résoudre le système A =λ
y y
c. En déduire une matrice inversible P et une matrice diagonale ∆ telles que AP = P∆.
d. Montrer que ∀n ∈ N, An = P∆n P−1 . En déduire l’expression générale de An .
3. Donner le terme général des suites (un )n∈N et (vn )n∈N .


Exercice 17.18 Soit M ∈ Mn (C) tel que M 3 = (0)n .


1. Une telle matrice M est-elle inversible ?
2. Expliciter la matrice (In + M) p , pour p ∈ N, en fonction de I3 , M, M 2 et p.
3. Justifier que la matrice In + M est inversible et que la formule obtenue dans la question
précédente est encore valable pour p = −1.  
1 2 0
4. Expliciter l’inverse et la puissance p-ième, pour p ∈ N, de la matrice 0
 1 2.
0 0 1

111

Exercice 17.19 — Matrices triangulaires nilpotentes. Montrer que toute matrice A ∈ Mn (K)
triangulaire à diagonale nulle est nilpotente.
Donner un exemple de matrice nilpotente non triangulaire. 

Matrices et applications linéaires


Exercice 17.20 — Un projecteur. On se place dans R3 .
Écrire la matrice dans la base canonique du projecteur sur le plan d’équation x + y + 2z = 0
parallèlement à la droite dirigée par (1, 2, 1). 

Exercice 17.21 — Une symétrie. On se place dans Rn .


Écrire la matrice dans la base canonique de la symétrie par rapport au plan d’équation
n
∑ xi = 0 et parallèlement à la droite Vect(1, 1, . . . , 1). 
i=1

Exercice 17.22 — Matrices triangulaires. Soit E un K-ev de dimension finie n, soit B =


(e1 , e2 , . . . , en ) une base de E, u ∈ L (E) un endomorphisme de E et A la matrice de E dans la
base B.
Montrer que A est triangulaire supérieure si et seulement si Vect(e1 , . . . , ek ) est stable par u
pour tout k ∈ J1; nK. 

Exercice 17.23 Soit A ∈ Mn (K) et f l’application de Mn (K) dans Mn (K) définie pour toute
matrice M ∈ Mn (K) par f (M) = AM.
Montrer que f est un endomorphisme de Mn (K) et décrire sa matrice dans la base canonique
de Mn (K). (On pourra commencer par examiner le cas n = 2...) 

Rang et inverse
Exercice 17.24 Soient a ∈ R et n ∈ N, avec n > 2. On note J la matrice carrée de taille n dont
tous les termes valent 1, et A la matrice carrée de taille n dont tous les termes non diagonaux
valent 1, et dont les termes diagonaux valent 1 + a.
1. Calculer J 2 en fonction de J.
2. a. Écrire A comme combinaison linéaire de J et de In .
b. Calculer A2 en fonction de J et de In , puis en fonction de A et de In .
3. En déduire une condition nécessaire et suffisante sur a pour que la matrice A soit inversible,
et expliciter alors A−1 .

112 Chapitre 17. Matrices

Exercice 17.25 Déterminer le rang, et le cas échéant calculer l’inverse, des matrices :
 
    1 2 3  
0 7 −6 4 −1 −2  1 1 −1 −1
−1 4 0 , 2 1 −2, 2 3 1 ,  1

1 1 11 −1 1 −1,
0 2 −2 1 −1 1 −1 1 1 −1
1 0 2
   
  1 2 3 4 1 1 1 1
1 i −i 
−i 1 2 3 1 2  1 1
  −1 −1
1 1 1 −1 et 1 −1
i ,  .
1 −1
i −i 1
1 0 2 −5 1 −1 −1 1


Exercice 17.26 Pour quelles valeurs des paramètres a et b les matrices suivantes sont-elles
inversibles ?
1 −a a2
   
a 2b 2
a −a2 a  et 2 −ab 2.
a 1 a3 2 2b a


Exercice 17.27 Montrer que toute matrice de Mn (C) est somme de deux matrices inversibles.
En déduire Vect(GLn (C)). 

Exercice 17.28 — Sur les matrices de rang 1. .


1. Montrer qu’une matrice A ∈ Mn (K) est de rang 1 si et seulement s’il existe deux matrices
colonnes non nulles X, Y ∈ Mn,1 (K) telles que A = X t Y .
2. Soient A = X t Y et A0 = X 0 t Y 0 deux matrices de rang 1. À quelle CNS sur (X,Y ) les matrices
A et A0 sont-elles colinéaires ? À quelle condition sont-elles égales ?
3. Soit A = X t Y une matrice de rang 1. Calculer An pour tout n ∈ N.


Exercice 17.29 Déterminer le rang de la matrice A = (ai j )16i, j6n ∈ Mn (C) de terme général
ai j = cos(i + j − 2). 

Exercice 17.30 — (F) Théorème d’Hadamard. .


Soit A = (ai j )16i, j6n ∈ Mn (C) une matrice qui vérifie, pour tout i ∈ J1; nK :

|aii | > ∑ |ai j |


j6=i

En déterminant ker A, montrer que A est inversible.


(On dit d’une telle matrice qu’elle est à diagonale (strictement) dominante.) 
113

Systèmes linéaires
Exercice 17.31 Résoudre les systèmes linéaires suivants, en fonction des paramètres éventuels :

− y + z + t = 6 
 ax + 2by + 2z = 1


−9x + 2y + z + 2t = 8

, 2x − aby + 2z = b
x − y + z = 3
2x + 2by + az = 1

 
−3x + z + t = 6



 5x − 10y − z − 7t = 7 
x − 2y + z − t = 1 mx + y = 1

,

 2x − 4y − z − 3t = 3 3x + (m − 2)y = −3
x − 2y + 4z = a

Exercice 17.32 Calculer une base du noyau de la matrice


 
1 2 3
−1 2 3
A=
3

2 3
2 0 0


Exercice 17.33 Déterminer en fonction de m ∈ R le rang de la matrice suivante, et donner une


base de son noyau :  
1 1 1−m
A = 1 + m −1 2 
2 m 3


Exercice 17.34 — Un problème géométrique. .


1. Résoudre le système suivant :


 x1 + x2 = a1
 x2 + x3 = a2



..
 .
xn−1 + xn = an−1




xn + x1 = an

2. On se donne n points A1 , . . . , An dans le plan. Peut-on trouver un polygone à n côtés tel que
les points Ai soient les milieux des n côtés de ce polygone ?

114 Chapitre 17. Matrices

Exercice 17.35 t
 — Aet A sont semblables. .
a b
Soit A = ∈ M2 (R). On suppose b 6= 0.
c d
 
x y
On considère le système linéaire (S ) : t AP = PA d’inconnue P = ∈ M2 (R).
z t
1. Montrer que (S ) est équivalent à y = z et une équation en x, y et t que l’on précisera.
2. Résoudre (S ) et donner une base de l’ensemble des solutions.
3. Montrer que (S ) admet une solution P inversible.
4. En déduire que toute matrice de M2 (R) est semblable à sa transposée.


Exercice 17.36 — (F). .


Calculer l’inverse de la matrice :
 
1 6 5 4 3 2
2 1 6 5 4 3
 
3 2 1 6 5 4
A=
4

 3 2 1 6 5
5 4 3 2 1 6
6 5 4 3 2 1


Exercice 17.37 .
Déterminer la dimension de H1 ∩ H2 ∩ H3 ∩ H4 , où H1 , H2 , H3 et H4 sont les hyperplans de
R5 d’équations respectives

(H1 ) : x1 − x2 + 2x3 − x4 − x5 = 0
(H2 ) : x1 = x2 + x3 − 3x5
(H3 ) : x1 − x2 + 5x3 − 2x4 − x5 = 0
(H4 ) : x1 − x2 + 2x3 − x4 − x5 = 0


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