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La Bourda : Poème en l'honneur de Muhammad

La Bourda est un poème célèbre d'Al-Bûsîrî, écrit en l'honneur du Prophète Muhammad, souvent récité lors des célébrations de sa naissance. Composé dans un contexte de maladie, le poème est lié à des récits de guérison miraculeuse et évoque des thèmes tels que l'éloge du Prophète, ses miracles et sa mission. La traduction de René Basset, publiée en 1894, conserve l'essence du texte original tout en intégrant des notes explicatives pour faciliter la compréhension.

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La Bourda : Poème en l'honneur de Muhammad

La Bourda est un poème célèbre d'Al-Bûsîrî, écrit en l'honneur du Prophète Muhammad, souvent récité lors des célébrations de sa naissance. Composé dans un contexte de maladie, le poème est lié à des récits de guérison miraculeuse et évoque des thèmes tels que l'éloge du Prophète, ses miracles et sa mission. La traduction de René Basset, publiée en 1894, conserve l'essence du texte original tout en intégrant des notes explicatives pour faciliter la compréhension.

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La Bourda

L’ISLAM À LIVRE OUVERT

Le Coran
50 Hadîths du Prophète Muhammad pour méditer
30 Hadîths du Prophète Muhammad sur la nature
et les animaux
La Sîra, biographie du Prophète Muhammad
Les 99 noms d’Allâh
La Bourda

Le poème à la gloire
du Prophète Muhammad

Traduit de l’arabe
par René Basset
D’après La Bordah du Cheikh El Bousiri,
poème en l’honneur de Mohammed,
traduit et commenté par René Basset, Paris,
Ernest Leroux Éditeur, 1894

© Éditions J’ai lu, 2024 pour la présente édition

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Avant-propos

La Bourda1 d’Al-Bûsîrî2 (en français : Le


Manteau) est sans aucun doute le poème le plus
fameux de ceux qui ont été écrits à la gloire
du Prophète de l’islam. Il est le plus récité par
les musulmans lors de veillées collectives célé-
brant notamment la naissance (Maoulid) de
Muhammad, dans les mosquées ainsi qu’à la
radio et à la télévision.

Ce poème aurait été composé par Al-Bûsîrî


(mort vers 1295) dans les circonstances qu’il
a lui-même racontées : « Atteint d’hémiplégie,
j’ai pensé composer ce poème en l’honneur du
Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allâh
soient sur lui), et j’ai imploré Allâh de m’accor-
der la guérison […]. J’ai alors commencé à réci-
ter mon poème en pleurant jusqu’à ce que je
m’endorme. Et là je vis le Prophète en songe :

1. En arabe : al-Bourda, avec l’article « al ». Ce terme,


qui signifie « manteau » ou « cape » de laine, est aussi
transcrit « al-Bordah » ou « al-Bourdah », ou encore, de
manière plus scientifique, « al-Burda ».
2. Se prononce : « Al-Boussiri ».

7
il passa sa main bénie sur mon corps malade et
jeta sur moi son manteau [bourda]. Au réveil, je
me trouvai guéri. »

Le bruit de sa guérison miraculeuse serait par-


venu jusqu’au vizir Bahâ Eddin ibn Hinna qui
fut au service du quatrième sultan mamelouk
Al-Malik al-Zâhir Baybars. Ébloui par le poème
d’Al-Bûsîrî, le vizir aurait juré de ne jamais l’en-
tendre que debout, nu-pieds et nu-tête. Selon
René Basset, l’admiration professée par un per-
sonnage d’un si haut rang pour les vers d’Al-
Bûsîrî fut pour beaucoup dans la renommée dont
ils jouirent presque immédiatement. Il ajoute que
les miracles s’en mêlèrent : un personnage atta-
ché à la cour, atteint d’une maladie qui mena-
çait de le rendre aveugle, vit en songe quelqu’un
lui dire : « prends la Bourda et applique-la sur
tes yeux ». Le malade, croyant qu’il s’agissait du
manteau du Prophète, se rendit chez le vizir pour
demander son aide. Celui-ci lui répondit qu’il ne
possédait pas ce manteau mais il lui proposa de
s’appliquer sur les yeux la Bourda d’Al-Bûsîrî. Ce
qu’il fit et il fut aussitôt guéri.

À partir de ces récits devenus légendaires, le


poème d’Al-Bûsîrî fut appelé « al-Bourda » alors
que son titre initial était autre1.

Le manteau du Prophète était déjà présent dans


le Coran comme en attestent les sourates LVIII :

1. En arabe : al-Kawâkib al-durriyya fî madh khayr al-


barriyya (« Les astres scintillants, louange de la meilleure
des créatures »).

8
« Ô Prophète enveloppé de ton manteau ! » et
LVIV : « Ô toi qui es couvert d’un manteau,
lève-toi et avertis les hommes »1. Il fait aussi
l’objet d’un récit dans la tradition musulmane
évoquant les débuts de la révélation coranique2.

Ce même manteau figurait également dans


l’histoire du grand poète païen Ka‘b ibn Zuhayr
(mort possiblement en 645). N’appréciant pas
que son frère se soit converti à l’islam, il com-
posa des vers satiriques contre le Prophète,
ce qui lui valut la menace d’être mis à mort.
Regrettant son acte, le poète alla à son tour se
convertir et, pour se faire pardonner, il déclama
un poème en l’honneur de Muhammad. Celui-ci,
transporté d’admiration en entendant cet éloge,
honora Ka‘b en lui offrant son manteau dont il
le couvrit3. De là, le nom d’al-Bourda attribué
1. Le Coran, traduction et notes par A. Kasimirski, Paris,
Éditions J’ai lu, 2023. Ces deux sourates sont considé-
rées comme faisant partie des premières de la révélation
coranique.
2. La tradition musulmane rapporte ce récit du
Prophète : « Un jour, je me trouvais à Hîra, j’entendis
une voix qui m’appelait : je regardai à droite et à gauche,
et je ne vis personne ; je levai les yeux en haut et je
l’aperçus sur le trône entre le ciel et la terre (c’était l’ange
Gabriel) ; j’eus peur, je rentrai auprès de Khadija (ma
femme) et je lui dis : “enveloppez-moi de mon manteau”.
C’est alors que l’ange Gabriel descendit de nouveau et
m’appela : “Ô toi qui es enveloppé de ton manteau !” »
3. Par la suite, ce manteau aurait été conservé comme
une relique sainte et transmis de calife en calife à tra-
vers les siècles jusqu’à l’Empire ottoman. Le manteau
exposé aujourd’hui au musée de Topkapi à Istanbul,
dans la chambre dite du « Saint Manteau », serait la
bourda du Prophète.

9
à ce poème. Titre repris des siècles plus tard
pour désigner celui d’Al-Bûsîrî.

Le poème d’Al-Bûsîrî obéit, par sa composition


et son style foisonnant de métaphores et de jeux
de mots, au genre de la Qasîda classique arabe
(long poème). Il comporte différentes parties
dont certaines sont des passages obligés, tels que
la complainte amoureuse du début et la mise
en garde contre les errances de l’âme. Viennent
ensuite l’éloge du Prophète ; l’évocation de sa
naissance et de ses miracles ; la glorification
du Coran ; le voyage nocturne et l’ascension de
Muhammad ; le jihâd du Prophète ; l’appel à
son intercession. Le poème se conclut sur une
­supplication ultime.

Nous publions ici le poème d’Al-Bûsîrî traduit


en français par René Basset (1855‑1924) et édité
en 18941. Si le texte arabe de La Bourda commu-
nément admis comporte 160 vers, la traduction
de René Basset en compte 172. Il s’est en effet
appuyé sur différentes versions du texte arabe
et a jugé utile d’intégrer dans sa traduction les
variantes ou les vers apocryphes qu’il signale
comme tels.
Nous avons choisi de nous en tenir aux
160 vers du poème original.

René Basset a accompagné sa traduction de


longues notes aussi érudites que précieuses.

1. Sous le titre : La Bordah du Cheikh El Bousiri, poème


en l’honneur de Mohammed, traduit et commenté par
René Basset, Paris, Ernest Leroux Éditeur, 1894.

10
Nous ne les avons pas conservées en l’état. Nous
n’avons retenu que celles indispensables à la
compréhension des vers mais en les raccour-
cissant et nous en avons ajouté quelques-unes
quand elles nous ont paru utiles pour le lecteur.

Enfin, nous avons gardé :


– la translittération adoptée par le traducteur
pour les noms communs arabes ainsi que pour
les noms propres de personnes et de lieux ;
– son choix, d’écrire « Mohammed » pour
le Prophète de l’islam (comme c’était souvent
l’usage à son époque, et comme cela s’écrit
encore aujourd’hui).

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