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Modélisation des plaques stratifiées MEF

Ce chapitre traite de la modélisation des plaques stratifiées en utilisant la méthode des éléments finis, en se concentrant sur la méso-échelle des matériaux composites. Il présente la théorie des stratifiés, les formulations d'éléments finis et les comportements en membrane et en flexion des plaques. La méthode est justifiée par sa capacité à résoudre des problèmes complexes en ingénierie grâce à des outils informatiques avancés.

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Modélisation des plaques stratifiées MEF

Ce chapitre traite de la modélisation des plaques stratifiées en utilisant la méthode des éléments finis, en se concentrant sur la méso-échelle des matériaux composites. Il présente la théorie des stratifiés, les formulations d'éléments finis et les comportements en membrane et en flexion des plaques. La méthode est justifiée par sa capacité à résoudre des problèmes complexes en ingénierie grâce à des outils informatiques avancés.

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Chapitre III :

Modélisation des plaques stratifiées en


éléments finis

III.1. Introduction [48]

Les matériaux composites stratifiés sont modélisés à une échelle intermédiaire entre
l’échelle microscopique associée aux constituants de base du composite (le renfort et la
matrice), et l’échelle macroscopique liée à la structure. A cette échelle, appelée méso-
échelle, une structure stratifiée est schématisée par un empilement de monocouches
homogènes dans l’épaisseur et d’interfaces inter laminaires. La couche et l’interface sont
les deux entités appelées méso-constituants. L’interface inter- laminaire est une entité
surfacique assurant le transfert des déplacements et des contraintes normales d’une couche
à une autre. En élasticité, les couches sont parfaitement liées et l’interface ne joue aucun
rôle particulier. Par contre, une étude du stratifié, jusqu’à la phase ultime de la rupture,
montrera l’utilité d’employer un modèle d’interface pour simuler les phénomènes de
délaminage.

Pour modéliser le stratifié, on a opté pour la méthode des éléments finis (MEF), qui
est aujourd’hui l’une des techniques les plus utilisée pour résoudre des problèmes
complexes, dans les différents domaines de l’ingénieur. Son succès est dû au
développement rapide de l’outil informatique, ainsi que la formulation simple des
problèmes, physique et mécanique, complexes.

31
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
III.2. Théorie des stratifiés [49]

Nous nous intéressons plus particulièrement aux plaques, qui constituent une très
grosse part de l’utilisation des composites techniques, dans lesquels une dimension est

l’axe .
notablement plus faible que les autres. Nous allons considérer dans la suite qu’il s’agit de

Un stratifié est composé de  couches numérotées de bas en haut (fig.3.1). Le plan


milieu est choisi comme référence , et l’axe  est dirigé vers le haut. Le but de la
théorie des stratifiés est de réduire le problème tridimensionnel en problème plan. Le

point , de coordonnées , , , de la plaque sous forme polynomiale en . Le schéma le


concept de base de la théorie des plaques est d’exprimer le déplacement de chaque

plus simple et le plus utilisé est le schéma du premier ordre, ou théorie de Reissner-
Mindlin. Cette théorie est basée essentiellement sur les hypothèses suivantes :

 Cinématiques :

• toute section droite normale à la surface moyenne non déformée reste droite mais
non nécessairement perpendiculaire à la surface moyenne déformée.

• la composante transversale du déplacement suivant l’épaisseur est constante.

 Mécaniques :

• la contrainte  est négligeable devant les autres composantes du tenseur des


contraintes

composite. Cette hypothèse considère  comme axe d’orthotropie de toutes les


• l’hypothèse d’anisotropie plane pour chaque couche dans le cas d’une plaque

couches (orthotropie dans le plan ).

[Link] d’un élément fini

La procédure de base, dans la méthode des éléments finis, est d’exprimer les
coordonnées de l’élément sous forme d’interpolation en termes de coordonnées nodales.
Pour le cas général d’un élément tridimensionnel, les coordonnées interpolées sont :
 

    , ,  ;     , ,  
  
3.1



    , ,  
 

32
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis

Numéro de
couche n

hk-1 hk

h2 h1 h0
Plan milieu
2
1

Fig.3.1 Elément d’un stratifié

Où , ,  sont les coordonnées locales de tout point de l’élément, et  ,  ,  avec


  1,2, … … , " sont les coordonnées des " nœuds de l’élément. Les fonctions  sont

fonctions est qu’elles prennent la valeur unité pour le nœud , et la valeur nulle pour tous
appelées fonctions d’interpolation ou fonction de forme, la propriété fondamentale de ces

les autres nœuds.

[Link] d’interpolation

Dans notre analyse nous avons opté pour un élément fini à 4noeuds (Fig.3.2),
l’interpolation des coordonnées est exprimée par :


    # $ $ # % % # & & ' 3.2
    # $ $ # % % # & &

Les fonctions d’interpolation sont :

1 1
  1 ) *1 ) + ; $  1 # *1 ) +
 4 4 , 3.3
1 1
%  1 # *1 # + ; &  1 ) *1 # +
4 4
III.3.2. Champ de déplacements

On considère un élément plan d’une plaque, en se basant sur la théorie des plaques
avec déformation en cisaillement transverse, cette théorie repose sur l’hypothèse que les
particules de la plaque se trouvant sur une ligne normale au plan milieu non déformé, reste

33
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
sur la même ligne droite après déformation, cette ligne n’étant pas nécessairement

coordonnées , ,  sont données par :


perpendiculaire au plan milieu déformé. Les composantes de déplacement d’un point de

-, , , .  -/ , , . # 01 , , .


2, , , .  2/ , , . # 03 , , . 5 3.4
4 , , , .  4/ , , .

y s

4
3

2
1

O x

Fig.3.2 Elément à 4 nœuds

7x 7y
z

6x 6y

x y

Fig.3.3 Déformation en flexion d’une plaque incluant le cisaillement transverse

34
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
Où -/ , 2/ , 4/ sont les déplacements dans le plan au point , , 0 du plan milieu. Les
fonctions 01 , 03 sont fonction des rotations 71 , 73 pendant la déformation des lignes
normales au plan milieu non déformé dans les plans ,  et ,  respectivement, ou des
rotations 61 , 63 autour des axes  et  respectivement (Fig.3.3).

61  73 ; 63  )71 3.5

Les fonctions 01 et 03 sont données par :

0    
 1 ,   )71 ,   63 ,  : 3.6
03 ,   )73 ,   )61 , 

Les équations de déplacements (3.4) peuvent être réécrites :

-, , , .  -/ , , . ) 71 , , .


2 , , , .  2/ , , . ) 73 , , . 5 3.7
4 , , , .  4/ , , .

Ou

- , , , .  -/ , , . # 63 , , .


 , , , .  2 , , . ) 6 , , . 5
2 3.8
/ 1
4 , , , .  4/ , , .

transverse incluse, peut être caractérisé par 5 degrés de liberté -/ , 2/ , 4/, 61 , 63 , qui sont
Il en résulte que le comportement du stratifié, avec déformation de cisaillement

les déplacements généralisés. Ces ddl sont exprimés en fonction des ddl de chaque nœud
de l’élément, en les interpolant il en résulte :

-/ , , .   , - . # $ , -$ . # % , -% . # & , -& .

2/ , , .   , 2 . # $ , 2$ . # % , 2% . # & , 2& . 
4/ , , .   , 4 . # $ , 4$ . # % , 4% . # & , 4& . 3.9
61 , , .   , 61 . # $ , 61$ . # % , 61% . # & , 61& . 

63 , , .   , 63 . # $ , 63$ . # % , 63% . # & , 63& . 

Le champ de déplacement de l’élément est exprimé sous forme matricielle :


-
A 2 
-/  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & 0 0 0 0  4 
A 2/  D0 G 6 
  C  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & 0 0 0F  1 
4/  C0 0  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & 0 0F 63 3.10

@ 61  C0 0 0  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & F
0F ⋮ 
@
  C 4 
? 63  B0 0 0 0  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & E  && 
 61 
? 63 
&

35
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
Et sous forme condensée :

 , , .  JK , -K .'


I
3.11
,  ∈ éNéOP. P

III.3.3. Comportement en membrane

Les déformations en membrane sont exprimées par :

QR ,   ST , -K . 3.12


W W$ W% W&
D 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0G
C W W W W F
C W W$ W% W& F
USVT  C 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0F
W W W W
C F
CW W
0 0 0
W$ W$
0 0 0
W% W%
0 0 0
W& W&
0 0 0F
B W W W W W W W W E

3.13

La matrice USVT introduit les dérivées partielles des fonctions d’interpolation.

III.3.4. Comportement en flexion

Les déformations en flexion sont données par la relation :

Q11
X

QX , , .  YQ33 [   \, , . 3.14


X

Z13
X

Où la matrice d’incurvation est donnée par :

\, , .  S] , -K . 3.15

Ça nous introduit la matrice USV] qui est définie :

W W$ W% W&


D0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 G
C W W W W F
C W W$ W% W& F
USV]  C0 0 0 ) 0 0 0 0 ) 0 0 0 0 ) 0 0 0 0 ) 0 F
W W W W
C F
C0 W W W$ W$ W% W% W& W& F
0 0 ) 0 0 0 ) 0 0 0 ) 0 0 0 )
B W W W W W W W W E

3.16

36
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
III.3.5. Comportement en cisaillement transverse

Dans la théorie de premier ordre incluant le cisaillement transverse, ce dernier est


constant à travers le stratifié. En introduisant l’interpolation :

Z^ ,   S_ , -K . 3.17

On introduit la matrice USV_ :


W W$ W% W&
D0 0 ) 0 0 0 )$ 0 0 0 )% 0 0 0 )& 0G
W W W W
USV_  C F
C W W$ W% W& F
B0 0
W
0  0 0
W
0 $ 0 0
W
0 % 0 0
W
0 & E

3.18

III.3.6. Formulation énergétique

III.3.6.1. Matrice de raideur

La matrice de raideur élémentaire `K est obtenue à partir de l’énergie de déformation :

U` VK  ∬b USVdT UeVK USVT f f # ∬b USVdT USVK USV] f f # ∬b USVd] USVK USVT f f


c c c

# ∬bc USVd] UgVK USV] f f # ∬bc USVd_ Uh VK USV_ f f 3.19

Pour avoir la matrice de raideur globale U` V, on fait la sommation (assemblage) des


matrices élémentaires augmentées à la taille de la matrice globale.

U` V   U` VK 3.20
éiéRKjd^

Dans cette expression, on introduit la matrice de rigidité en membrane UeVK , la


matrice de rigidité en flexion UgVK , la matrice de rigidité en couplage membrane/flexion
USVK et la matrice de rigidité en cisaillement transverse Uh VK , de l’élément P du stratifié.
Ces matrices sont définies :
j

ek   l ) lm  nop k q 3.21


l
l

j
1
Sk   l$ ) lm
$ 
nop k q 3.22
2 l
l

j
1
gk  rl% ) lm
%
s nop k q 3.23
3 l
l

37
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
j

hk   l ) lm rt p k s 3.24


l
l

La matrice UoV′ est la matrice de raideur réduite dans le repère de la plaque ,
elle est définie :

op op $ op w
UoVp  vop$ op $$ op $w x 3.25
opw op $w op ww

o′  o y & # o$$ + & # 2o$ # 2oww +²y²



o′$  o # o$$ ) 4oww +²y² # o$ + & # y &  

o′w  o ) o$ ) 2oww +y % # o$ ) o$$ # 2oww + % y
3.26
o′$$  o + & # o$$ y & # 2o$ # 2oww +²y² 
o′$w  o ) o$ ) 2oww + % y # o$ ) o$$ # 2oww +y % 

o′ww  V
 Uo # o$$ ) 2 o$ # oww +²y² # oww + # y  
& &

Avec

{1
o  
{3
1) |13
$ 
{1 
{3 {3 
o$$  {3
 o
{1  3.27
1 ) |13
$

{1
|13 {3 
o$   |13 o$$ 
1 ) |13 |31 
oww  }13 

Où {1 , {3 , |13 et }13 sont le module de Young longitudinal, le module de Young


transversal, le coefficient de Poisson et le module de cisaillement respectivement.

La matrice Ut V′ est la matrice de raideur dans le repère de la plaque , elle est
définie :

t p && t p &
t ~ p
p € 3.28
t & t p 

38
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
1
t p &&  t$$ ) t$% y $ # tww + $ 
2 
t p  ~t ) 1 t ) t € +y 3.29
& ww
2 $$ $%

1 
t p   t$$ ) t$% + $ # tww y $ 
2
La matrice tk avec ,   1,2, … ,6 est obtenue à partir de l’inverse de la matrice de
souplesse U‚V :

‚ ‚$ ‚$ 0 0 0


D‚ ‚$$ ‚$% 0 0 0 G
C $ F
‚ ‚$% ‚%% 0 0 0 F
U‚V  C $ 3.30
C0 0 0 2‚$$ ) ‚$%  0 0 F
C0 0 0 0 ‚ww 0 F
B0 0 0 0 0 ‚ww E

1 1
‚  ; ‚$$  
{1 {3 
)|13 )|3 
 $
‚  ; ‚$%  3.31
{3 {3 
1 

‚ww 
}13 

III.3.6.2. Matrice de masse

La matrice de masse élémentaire U VK est obtenue à partir de l’énergie cinétique :

U VK  ∬b Uƒ Vd U„ VUƒ V f f 3.32


c

†^ 0 0 „ 0
D0 †^ 0 0 „G
C F
U„ V  C 0 0 †^ 0 0F 3.33
C„ 0 0 ‡13 0F
B0 „ 0 0 ‡13 E
j

†^   †l l ) lm  

l 
j 
 „  1  †l $ ) $  3.34
2 l lm

l
j 
1 
‡13   †l  l ) lm 
% %
3 
l

39
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
Avec †l est la masse volumique de la couche ˆ.
 0 0 ) 0 $ 0 0 )$ 0 % 0 0 )% 0 & 0 0 )& 0
D G
0  0 0  0 $ 0 0 $ 0 % 0 0 % 0 & 0 0 &
C F
UƒV  C 0 0  0 0 0 0 $ 0 0 0 0 % 0 0 0 0 & 0 0F
C 0 0  0 $ 0 0 $ 0 % 0 0 % 0 & 0 0 & 0F
B0 ) 0 0  0 )$ 0 0 $ 0 )% 0 0 % 0 )& 0 0 & E

3.35

Pour avoir la matrice de masse globale U V, on fait la sommation (assemblage) des


matrices élémentaires augmentées à la taille de la matrice globale.

U V  U VK 3.36
éiéRKjd^

III.4. Problème aux valeurs propres

Pour avoir les fréquences naturelles et les déformées propres, que nous allons utiliser
dans les chapitres IV et V, nous allons résoudre le problème aux valeurs propres (PVP).

L’équation du mouvement global s’écrit :

U V‰I‹ Š # U` V‰IŠ  0 3.37

Avec

‹ f$ ‰IŠ
‰IŠ  3.38
f. $
Pour les vibrations harmoniques, la solution générale de l’équation (3.37) s’écrit sous
la forme :

‰IŠ  ‰Œ
IŠP kd 3.39

²  )1, ‰Œ
IŠ est le vecteur propre et Ž la pulsation propre.

En substituant (3.39) dans (3.37), on aura le problème aux valeurs propres (PVP) :

U` V ) Ž$ U V‰Œ
IŠ  0 3.40

La solution du PVP nous donne les vecteurs et pulsations propres (modes propres)
après imposition des conditions aux limites.

40
Modélisation des plaques stratifiées en Chapitre III
éléments finis
III.5. Conclusion

Dans ce chapitre, nous avons explicité les différentes étapes pour construire le model
éléments finis qui sera utilisé pour modéliser la plaque stratifiée, afin d’avoir les données
modales nécessaires à l’application des méthodes de détection d’endommagement basée
sur des données vibratoires présentées dans la partie simulation numérique.

41

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