Edition octobre 2007
1. Le Cuivre
1.1. Généralités
Symbole chimique : Cu
Le cuivre est le premier métal que l'humanité ait connu et su travailler. On retrouve des
objets et des armes remontant à 5000 av JC, mais d’une manière générale, les civilisations
de l’antiquité ont développé son utilisation vers 3500 av JC, le fer n’apparaissant que plus
tard vers 1800 av JC
Actuellement, le cuivre est, avec l'aluminium, au second rang après les métaux ferreux en
importance économique et industrielle.
Le cuivre n’est plus présent à l’état natif. Il est exploité à partir de
minerai sulfurés (80% de la production mondiale) ou de minerai oxydé.
Le type de minerai définit le processus à suivre pour l’obtention de
cuivre pur :
• Pyrométallurgie pour les minerais sulfurés
• Hydrométallurgie pour les minerais oxydés
Figure 1 pyrite Octaédrique
La teneur en cuivre des minerais exploités peut être faible, inférieure à 1%. Ils sont
exploités à ciel ouvert ou en galeries souterraines et sont concentrés sur place.
1.2. Métallurgie du cuivre
Les minerais oxydés donnent lieu à un traitement par voie chimique : le procédé de
lixiviation
Nous décrivons ci-après la production des concentrés par le procédé de flottation qui ne
concerne que les minerais sulfurés.
La première étape consiste en des opérations successives de broyage, concassage,
tamisage et triage pour obtenir une poudre de minerai.
Cette poudre est mise en cuve pour un traitement de flottation dans l’eau puis décantation.
Cela consiste à faire remonter à la surface la partie la plus riche du minerai pour le séparer
des boues qui restent au fond du bain.
On obtient un concentré contenant 25 à 40% de cuivre.
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On porte ce concentré à haute température pour séparer à l’état liquide les sels de cuivre
des ‘stériles’ et obtenir la matte fortement chargée en soufre, contenant 40 à 60% de
cuivre.
Un convertissage à environ 1300°C dans un four rotatif permet de séparer le cuivre des
autres constituants contenus dans la matte. On produit alors des blisters contenant 98 à
99,5% de cuivre sous forme de plaque.
La pureté recherchée est de 99,9%. On doit donc affiner les blisters.
Il existe deux procédés :
• L’affinage thermique : On refond le blister en l’oxydant pour éliminer les
impuretés sous forme d’oxyde qui se volatilisent. Au cours du traitement, le
cuivre se charge de 0,6 à 0,9% d’oxygène qu’il faut éliminer par introduction de
troncs de bois vert dans le bain de cuivre. Le cuivre contient encore 0,02 à
0,04% d’oxygène et un peu d’hydrogène.
• L’affinage électrolytique : On coule le blister sous forme d’anode. On transforme
l’anode en cathode par le procédé de l’anode soluble. Le cuivre obtenu est pur
mais pas encore utilisable en l’état du fait de sa porosité et de la présence
possible d’inclusions d’électrolyte.
Pour avoir à la fois le cuivre pur à 99,9% et les meilleures caractéristiques de
plasticité, on refond ultérieurement les cathodes suivant plusieurs procédés qui
permettent d’obtenir les différentes qualités de cuivre utilisées dans l’industrie.
On distingue ainsi trois principales catégories de cuivre :
• Cu/a1 : Contenant de l’oxygène, il est caractérisé par sa haute conductibilité
électrique mais se prête mal au soudage à température supérieure à 400°C, à
cause de sa sensibilité aux atmosphères réductrices (hydrogène).
• Cu/b1 : désoxydé au phosphore, conductibilité électrique réduite mais
particulièrement apte au soudage et aux déformations.
• Cu/c1 : exempt d’oxygène, il réunit les avantages des deux catégories précédentes.
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1.3. Propriétés
• Apparence : de couleur jaune rouge
• Masse volumique : 8,92 Kg/dm3
• Point de fusion : 1084°C
• Coefficient de dilatation : 1,7mm/ m pour 100°C
• Résistivité à 20°C p = 1,724 [Link] ( Cu électrolytique )
• Le meilleur conducteur de la chaleur et de l'électricité après l'argent.
• E = 120 000 Mpa (Cu/a1)
• Résistance à la traction : 230 Mpa à l'état laminé recuit, 450 Mpa à l'état écroui
• Résistance à la corrosion : bonne tenue à la corrosion atmosphérique ; à chaud
formation d'une couche noire d'oxyde de cuivre CuO.
• Très ductile, très malléable et plastique.
• Au contact de l'air humide, le cuivre se recouvre d'une couche superficielle
d'hydrocarbonate de cuivre ou vert de gris, patine qui protège d'une altération plus
profonde.
• Les acides chlorhydrique et sulfurique n'attaquent pas le cuivre à froid, mais forment
avec l'oxyde de cuivre des chlorures et des sulfures de cuivre ; ils sont utilisés
comme décapants, avant étamage par exemple.
Le cuivre pur ne convient pas pour la fonderie car il donne des pièces pleines de soufflures,
en revanche il peut donner de nombreux alliages.
Ce qu’il faut retenir du cuivre :
Le cuivre est un bon conducteur de l’électricité. En 1913, la Commission
Electrotechnique Internationale a pris la conductibilité électrique du cuivre à l’état
recuit comme étalon de cette mesure. Ainsi, par définition elle est égale à 100% IACS
(International Annealed Copper Standard). L’argent est le seul à faire mieux avec 106
IACS.
Le cuivre est un bon conducteur thermique. Propriété utilisée pour chauffer ou
refroidir rapidement un liquide ou un gaz.
Le cuivre présente une bonne aptitude à la constitution d’alliages. La plupart des
éléments sont solubles dans le cuivre. On peut introduire dans le cuivre jusqu’à 100%
de nickel, 40% de zinc, 25% d’étain et 15% d’aluminium.
Résistance à la corrosion. Le cuivre et ses alliages ne sont pas attaqués par l’eau ni
par un grand nombre de produits chimiques. Pour une utilisation en milieu marin, on
utilise des alliages à base de cuivre nickel (cupro-nickel) ou cuivre aluminium (cupro-
aluminium).
Usinabilité et traitements de surface. Le cuivre n’a pas une grande aptitude à être
usiné mais certains de ses alliages comme le laiton présentent d’excellentes aptitudes
à l’usinage. Le cuivre et ses alliages se prêtent bien à la plupart des traitements de
surface.
Malléabilité et plasticité. Le cuivre est très ductile. Le cuivre et ses alliages se
laminent facilement en tôles, ils se laissent très bien travailler par martelage,
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laminage, étirage et emboutissage : production courante de 0,05 mm d'épaisseur et
de fils de 0,02 mm de diamètre.
Un Kg de cuivre permet de tréfiler 357 Km de fils de 0,02 mm de diamètre.
Soudabilité. Le cuivre et ses alliages se soudent bien.
Amagnétisme. Le cuivre est amagnétique. Utilisation dans la construction électrique
et électronique.
1.4. Désignation
Il existe plusieurs normes de désignation des cuivres et de leurs alliages. Nous
citerons ici seulement les principales. Il existe des tableaux de correspondance entre
les différentes désignations
1.4.1. Norme NFA
C’est la désignation des cuivres selon leur famille d’obtention :
Cu-a
Cu-b
Cu-c
Et un numéro correspondant à la pureté dans la famille correspondante.
Attention, si Cu-a1 est plus pur que Cu-a2 ;
Cu-c1 est moins pur que Cu-c2
1.4.2. Norme ISO
[Link]. Les règles de désignation des cuivres affinés sont les suivantes :
CU-ETP
Symbole du cuivre Mode d’affinage du cuivre
Désignation Equivalence Mode d’affinage Caractéristiques
NFA 51 050
Cu-ETP Cu-a1 Affiné pureté 99,9 % mini
électrolitiquement, 100 % de conductivité
non désoxydé,
conductivité garantie
Cu-FRHC Cu-a2 Affiné thermiquement, moins pur que le Cu-a1
non désoxydé,
conductivité garantie.
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Cu-FRTP Cu-a3 Affiné thermiquement, moins pur que le Cu-a2
conductivité non (99,85)
garantie.
Cu-DHP Cu-b1 Affiné thermiquement désoxydé au phosphore, à
phosphore résiduel conductibilité électrique
fort. réduite, mais particulièrement
apte aux déformations et au
soudage. Conductivité 70 à 90
% du Cu-a1.
Cu-DLP Cu-b2 Affiné thermiquement Bon compromis conductivité
phosphore résiduel rétention d'écrouissage.
faible. 85 à 98 % de conductivité
Cu-OF Cu-c1 Désoxydé. pureté mini 99,95 %,
conductivité 100 %, même
caractéristiques que Cu-a1
sauf qu'il ne contient pas
d'oxygène.
Cu-OFE Cu-c2 Exempt d'oxygène, de pureté mini
haute pureté. 99,99 %, conductivité mini
garantie 101 %
(applications scientifiques)
[Link]. Désignation des alliages de cuivre dans les normes ISO et NFA
Les alliages de cuivres sont désignés par :
• le symbole Cu suivi d’un espace
• Les symboles chimiques des éléments d’addition suivi de leur teneur
nominale en %
• Les éléments d’addition sont classés par ordre décroissant
Exemple :
• Cu Ni30
o Alliage Cuivre Nickel contenant 30% de nickel
• Cu Al10Fe5Ni4
o Alliage Cuivre contenant 10% d’aluminium, 5% de fer et 4
% de nickel
1.4.3. Norme EN
Les alliages de cuivre ont une désignation composée de 6 caractères.
Le 1er caractère est la lettre C (désignant le cuivre).
Le caractère situé en 2ème position est une lettre dont la signification est la suivante :
• B: matériaux sous forme de lingot pour "refusion" en vue de la production
de produits moulés.
• C: matériaux sous forme de produits moulés.
• F: matériaux d'apport pour brasage et soudage.
• M: alliages- mères.
• R: cuivre bruts raffinés.
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• S: matériaux sous forme de matières premières recyclables.
• W: matériaux sous forme de produits corroyés.
• X: matériaux non normalisés.
Les caractères des 3ème, 4ème, 5ème emplacements sont des chiffres formant un
nombre compris entre 000 et 999 sans qu'aucune signification ne soit apportée à l'un de
ces caractères.
Le caractère destiné au 6ème emplacement est une lettre désignant l'un des groupes
de matériaux donnés dans la liste suivante :
• A ou B : cuivre
• C ou D : cuivres faiblement alliés (moins de 5% d'éléments d'additions)
• E ou F : alliages de cuivre divers (5% ou plus d'éléments d'additions)
• G : cuivre aluminium
• H : cuivre nickel
• J : cuivre nickel zinc
• K : cuivre étain
• L ou M : cuivre zinc binaire
• N ou P : cuivre zinc plomb
• R ou S : cuivre zinc complexes
Exemple 1 :
CW004A
cuivre Cuivre pur
corroyé incrément
CW004A a pour équivalence la désignation Cu-ETP et Cu-a1
Exemple 2 :
CW350H
cuivre
Alliage cuivre nickel
corroyé incrément
CW350H a pour équivalence la désignation CuNi25 dans les systèmes ISO et NFA
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