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Droit de la Fonction Publique Ivoirienne

Le document présente une analyse du droit de la fonction publique en Côte d'Ivoire, en soulignant son évolution historique et ses fondements juridiques. Il définit la fonction publique comme l'ensemble des agents travaillant pour l'État, soumis à un statut particulier, et examine les systèmes de fonction publique, notamment le système fermé de carrière pratiqué en Côte d'Ivoire. Enfin, il aborde les enjeux liés à l'environnement politique et socioéconomique qui influencent la fonction publique dans le pays.

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Droit de la Fonction Publique Ivoirienne

Le document présente une analyse du droit de la fonction publique en Côte d'Ivoire, en soulignant son évolution historique et ses fondements juridiques. Il définit la fonction publique comme l'ensemble des agents travaillant pour l'État, soumis à un statut particulier, et examine les systèmes de fonction publique, notamment le système fermé de carrière pratiqué en Côte d'Ivoire. Enfin, il aborde les enjeux liés à l'environnement politique et socioéconomique qui influencent la fonction publique dans le pays.

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RÉPUBLIQUE DE CÔTE D’IVORE Université Catholique de l’Afrique de

l’Ouest
Unité Universitaire d’Abidjan (U.C.A.O-U.U.A)
Faculté de Droit Civil Année universitaire : 2023-
2024

DROIT DE LA FONCTION
PUBLIQUE

Master 1 DROIT PUBLIC fondamental


Pr. ASSI BENIE JOSEPH, Maître de conférences
Agrégé de Droit public et science politique

Bibliographie
-René CHAPUS, Droit Administratif général Tome 2 15 e Editions
MontChretien
-Alain PLANTEY, La fonction Publique Traité général (LITEC :
Librairie Technique 1991)
-Jean-François LACHAUME, Editions Dalloz 4e Editions 2010
-Yves GAUDEMET, DA DFP DAB (Disciple de Laubadère) Editions
LGDG 20e 2012
-Salon Serges et SAVIGNAC Jean-Charles, Fonction Publique et
fonctionnaire, Editions Armand Paulin 1992
-Jean-Marie BRETTON, Droit de la Fonction Publique des Etats
d’Afrique francophone Editions EDICEF 1990
- Statut de la fonction publique loi N 2023-892 du 23 novembre
2023 : cette loi remplace la loi 92-570 du 11 septembre 1992
portant statut général de la fonction publique
-Décret 93-607 du 02 juillet 1993 portant modalités communes
d’application du statut général :JO 29 juillet 1993 n 30
-Décret 93-608 du 02 juillet 1993 portant classification des grades
et emplois
-Loi 2002-04 du 03 janvier 2002 portant statut du personnel des
collectivités territoriales

INTRODUCTION

Paragraphe 1 : La genèse d’un droit de la fonction publique


L’apparition du droit de la FP est le résultat d’un long processus qui a
débuté au milieu du 19e S pour s’achever au 20e S au lendemain de la
seconde guerre mondiale. Elle est liée à la lutte des travailleurs pour une

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amélioration de leurs conditions de vies et de travail au début de l’ère
industriel. En France, l’Etat finit par accéder aux revendications des
travailleurs et prends une loi du 2 mars 1884 reconnaissant aux travailleurs
le droit de se syndiquer et conséquemment le droit de faire grève (naissance
du droit du travail). Mais l’application de cette loi sera refusée aux agents de
l’Etat au nom du principe de la continuité des services publics. Selon la
doctrine et la jurisprudence du CE, les rapports entre l’Etat et ses agents
sont et doivent demeurer et fonder sur le pouvoir hiérarchique et donc régit
par le Droit Administratif. Les agents de l’Etat soutenu par les centrales
syndicales du secteur privé (CGT crée en 1895) vont maintenir la pression
sur l’Etat grâce à des associations agissantes comme des syndicats. Le
gouvernement va céder le droit syndical aux agents de gestion mais pas aux
agents d’autorité. Il faut attendre 1944 à la libération pour voir le droit
syndical reconnu à tous les agents de l’Etat. Le droit syndical et son
corollaire le droit de grève sont enfin consacré pour tous les travailleurs
qu’ils soient du privé ou du public (1946 4 ème République 1ère 1875). De cette
évolution on retient trois choses :
1 - Les rapports de l’Etat avec ses agents ne sont plus uniquement fondés
sur le rapport hiérarchique, mais également sur la reconnaissance d’un
certain nombre de droits et d’obligations au profil des agents de l’Etat.
2 - A l’égard de leurs agents, l’Etat et les personnes publiques sont
désormais perçus comme des employeurs au même titre que ceux du privé.
3 – Il en résulte l’émergence d’une nouvelle discipline qui est le droit de la
fonction publique qui est à la fois le prolongement du droit administratif et
l’équivalent du droit du travail.
4- Définition : Le droit de la fonction publique est une branche du droit
administratif dont l’objet est de régir les rapports entre l’Etat-patron et ses
agents à qui il garantit des droits à côté de leurs obligations professionnelles.
Le Droit de la Fonction Publique a une particularité celle de rechercher en
permanence un compromis entre l’intérêt général et les intérêts privés des
agents de l’Etat.
Paragraphe 2 : Présentation générale de la fonction publique
A-Définition juridique de la fonction publique
La fonction publique c’est l’ensemble des personnels occupants à titre
professionnel un emploi salarié dans les services des personnes publiques et
soumis à un statut de Droit Public. Cette définition peut s’appréhender sous
deux angles : organique et matériel.

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-Définition au plan organique : La fonction publique c’est l’ensemble des
personnels de l’administration soumis à la fois à un régime particulier et à un
régime de droit commun (Lato sensu) ou alors, il s’agit également des
personnels ayant la qualité d’agent public et soumis à un régime dérogatoire
au droit commun (stricto sensu).
-Définition au plan matériel : C’est une activité de nature originale en ce
qu’elle emmène l’agent à collaborer de manière permanente et
professionnelle à l’action des pouvoirs publics (Ex : L’instituteur collabore au
service public de l’éducation de base)
B-Aperçu générale de la fonction publique ivoirienne
1- Le système de fonction publique pratiqué en Côte d’Ivoire
Il existe dans le monde deux systèmes de fonction publique :
a- Le système ouvert ou de l’emploi : Dans ce système la fonction
publique est perçue comme une activité d’intérêt personnel exercé au nom
et pour le compte du régime établit. L’emploi dans ce système apparaît
comme une récompense pour le soutien au régime. Dans ce système nul
n’est assuré de faire carrière (sporing system). Il est pratiqué aux USA, au
Canada, en Suisse et au Pays-Bas. Ici dans ce système, il n’y a pas de
protection particulière pour ce système.
b- Le système de fonction publique fermée ou de carrière : Dans
ce système la fonction publique apparaît comme une activité d’intérêt
général exercé et pour le compte des citoyens et de la Nation. Dans ce
système, l’agent est un agent de l’Etat et au service de la Nation. A ce titre,
il participe à la puissance et supériorité de l’Etat d’où la nécessité d’assurer
son indépendance au regard tant du pouvoir politique que des administrés.
Ce système est pratiqué en Asie, en Europe et notamment en France. Les
pays africains dont la Côte d’Ivoire l’ont hérité de la France au moment de
l’accession à l’indépendance à travers la continuité législative. C’est ce
système qui est pratiqué en Côte d’Ivoire. Toutefois, la Fonction Publique en
Côte d’Ivoire affiche un certain particularisme que lui confère son
environnement sociopolitique et économique.
2-La fonction publique ivoirienne et son environnement
a- L’environnement politique : Depuis l’indépendance jusqu’aux
années 1990 l’environnement politique était marqué par le système du parti
unique donc mono partisan. Les nominations aux hauts postes étaient
fondées par l’appartenance au PDCI et surtout sur le degré de militantisme.
Depuis l’avènement du multipartisme en 1990, la situation a très peu évolué

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car les hauts postes continuent d’être attribués sur la base du parti au
pouvoir et parfois même sur une base ethnico-régionaliste.
b- L’environnement socioéconomique : Cet environnement est
caractérisé par les maux qui sont ceux des pays pauvres notamment
l’analphabétisme, la malnutrition , le sous-équipement .Dès lors, la fonction
publique devient un support essentiel de la politique de développement. En
plus de rôle d’administration (pourvoyeur fonction publique), la fonction
publique est aussi une fonction publique est également et surtout une
fonction publique de développement. Cela induit une charge financière
importante en raison d’effectif en constance progression sur
recommandation des bailleurs de fond une politique de réduction des
effectifs de la fonction publique avait été entreprise dès les années [Link]
1990 on est passé de 120 000 agents à 109 000 en [Link] ans après en
2011 l’effectif est passé à 132729 agents , en 2013 151 063 agents et en
2020 on est à 237 483 agents .A partir de 2011 avec le FUR(Fichier Unique
de Référence ) la progression est désormais maîtrisée. Mais ces efforts de
modernisation et de rationalisation de la Fonction Publique sont en grande
partie anéanti par les maux qui continuent de ronger la fonction publique à
savoir tribaliste, le favoritisme, le népotiste, la corruption... Cela dénote de la
relative jeunesse des pays africains et de la Côte d’Ivoire en particulier. C’est
cette fonction publique de carrière dans l’environnement qui est le sien dont
nous allons entreprendre l’étude à travers deux titres suivants La situation
juridique et la carrière dans la fonction publique(I) et les droits et obligations
des agents de la fonction publique(II).

Titre 1 : La situation juridique et la carrière dans la Fonction


Publique
La situation juridique et la carrière dans la Fonction Publique
La fonction publique c‘est d’abord des agents hommes et femmes qui
accomplissent des missions d’intérêt général durant une partie importante
de leur vie. Mais c’est aussi un cadre général, c’est une organisation, des
structures…
Chapitre 1 : Le cadre général et les structures de la fonction
publique
Quel est le cadre juridique général qui régit le personnel de la fonction
publique ? Autrement dit quel est le statut du personnel de la fonction
publique ? Ces interrogations nous conduisent également sur la nature
juridique du personnel de la fonction publique.

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Section 1 : Le statut de la fonction publique
Dans les Etats ou la fonction publique est dite fermée la source première
de la fonction publique est tirée du statut dont on examinera la notion dans
un premier temps avant de se pencher sur la typologie de catégories de
statut.
Paragraphe 1 : La nature juridique du statut en droit de la
fonction publique
La Constitution ivoirienne donne compétence à la loi pour fixer les règles
relatives au statut général de la fonction publique. Comment est apparue
cette notion ? quelle a été son évolution ? Comment on définit la notion de
statut.
A-Définition de la notion de statut
De nombreux auteurs ont tenté de définir cette notion de statut en droit
de la fonction publique, c’est ainsi que pour les uns le statut est le cadre
juridique qui soumet les agents à des règles spécifiques régissant leur
carrière et définissant leurs droits et obligations. Il s’agit donc d’un régime
caractérisé par son contenu dérogatoire au droit commun. Le professeur
Alain Paltey ne dit pas autre chose lorsqu’il ramène le statut à l’ensemble
des dispositions législatives et réglementaires relatives à la situation, aux
obligations, aux droits et avantages des fonctionnaires. Il s’agit des droits et
obligations dérogatoires au regard du régime applicable au secteur privé. La
caractéristique essentielle de nos jours, c’est sa vocation à s’appliquer à
l’ensemble des agents publics. C’est pourquoi l’on parle de statut général de
la fonction publique. Cependant, ce statut n’a pas toujours présenté ce
visage généraliste qui l’aborde aujourd’hui lequel visage ne s’est imposé
qu’à la suite d’une haute évolution.
B-L ’évolution de la notion de statut
Le premier statut général n’est apparu qu’en 1946 mais avant 46 il
existait que des statuts particuliers en ce sens que chaque corps de métier
avait son statut. Il y avait donc une multitude de statut dénué de toute
préoccupation généraliste on assistait dès lors, à l’exécution de décision
disparate et très peu cohérente. Pour mettre fin à cette cacophonie, ce
désordre et assurer aux agents de l’Etat davantage de garantie on va dans
un premier temps faire lever la création des statuts non plus de la
compétence des ministres mais de celle du gouvernement.
En dépit de la résistance opposée par l’administration ou par les agents le
mouvement de généralisation du statut va connaitre des avancées notables.

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-Une loi du 19 mai 1834 va harmoniser l’état des officiers des armés de terre
et de mer

- La loi 22 avril 1905 en son article 65 va créer le droit à la communication


du dossier en matière disciplinaire cela concernant tous les
fonctionnaires.
- Sous la troisième république de nombreuses décisions beaucoup protectrice
ont été prises au profit de tous les fonctionnaires.
-Sous la 4ème République, il faut noter l’élaboration d’un statut général de
la fonction publique qui relève de la loi du 19 octobre.
-Sous la 5ème République une ordonnance du 4 février 1959 édicte le
deuxième statut général et c’est ce statut qui servira de modèle aux Etats
Africains parvenu à la souveraineté étatique en 1960.
-L’indépendante en 1960, la Côte d’Ivoire adopte sur le modèle français la
loi 64-488 du 21 décembre 1964 portant statut général de la
fonction publique. Ce texte est remplacé par la loi 92-570 du 11
septembre 1992 portant statut général de la fonction publique qui elle-même
vient d’être remplacé par la loi 2023-892 du 23 novembre 2023 portant
statut général de la fonction publique. Toutefois l’existence d’un statut
général n’a pas fait disparaitre les statuts particuliers lesquels vont cohabiter
avec les statuts.

Paragraphe 2 : les types de statut


A- Le Statut général
Il a vocation à régir la situation de l’ensemble des agents de l’Etat.
Toutefois en Côte d’Ivoire, le statut général ne s’applique aux seuls agents
ayant la qualité de fonctionnaire (article 2 du statut). En France à côté du
statut général applicable aux fonctionnaires de l’Etat il existe deux autres
statuts l’un pour les Collectivités territoriales l’autre pour les hôpitaux
publics.
B- Le statut particulier
Il résulte soit de certains aménagement du statut général soit de
véritables dérogations au statut général

1-Statut particulier tiré de simple aménagement au statut


général
Ces statuts viennent en complément au statut général autrement dit les
statuts particuliers s’appliquent parallèlement au statut général, ces statuts
particuliers permettent de corriger les inconvénients que comporte toute

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œuvre de généralisation. C’est le cas des enseignants et également du
personnel de la santé. Leur caractéristique essentielle est qu’il relève
généralement du domaine règlementaire tandis que le statut général relève
de la compétence législative lorsque le législateur intervient en marge du
statut général pour doter une fonction d’un statut propre on est loin d’un
simple aménagement au statut général on est plutôt en face d’un service
public dérogatoire au statut général.

2-Le statut particulier dérogatoire au statut général


Ces statuts concernent des catégories de fonctionnaires excluent de
l’application du statut général et qui de ce fait on leur statut propre. Il existe
en effet des catégories de fonctionnaires qui en raison de la nature de leur
activité ne sont pas soumis au statut général. Il s’agit notamment des
magistrats, du personnel de la sûreté nationale, des militaires, le personnel
diplomatique, du corps préfectoral. Ces statuts particuliers relèvent de la
compétence du législateur. C’est cet ensemble de statut général et de statut
particulier qui régisse le personnel de la fonction publique

Section 2 : Le personnel de la fonction publique


Sous son apparente unité le personnel de la fonction publique se
compose de catégories diverses et variées. Par ailleurs, les notions telles que
celle d’agent public ou d’agent de l’Etat n’avaient pas le même sens, le
même contenu selon qu’on se trouve en droit français ou en droit ivoirien. En
droit ivoirien le personnel de la fonction publique se répartit en deux
catégories. Les agents titulaires d’un côté et les agents non titulaire de
l’autre.
Paragraphe 1 : Les agents titulaires : les fonctionnaires
Les fonctionnaires se retrouvent naturellement au sein de l’Etat mais on
en trouve également dans le personnel des collectivités locales.
A- Les fonctionnaires d’Etat
1-Définition
Stricto sensu le fonctionnaire est « Une personne qui nommé dans un
emploi permanent a été titularisé dans un grade de la hiérarchie des
administrations centrales de l’Etat, des services extérieurs qui en dépendant
ou des Etablissements publics » (loi n°2023-892 du 23 novembre 2023

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portant statut de la fonction publique). Au terme de cette définition quelles
sont les critères qui permettent d’identifier le fonctionnaire ?
2-Les critères de détermination de la qualité de fonctionnaire
A- Le critère de la nomination : Le fonctionnaire est nommé par
acte unilatéral c’est-à-dire par un acte d’une autorité administrative. Par
conséquent l’agent lié à l’Etat par tout autre acte notamment par acte
contractuel ne peut se prévaloir de la qualité de fonctionnaire
B- Le critère de la participation à un Service public administratif
ou à un service public industriel et commercial : intérêt général
C- Le critère de l’occupation d’un emploi permanent à la suite
de la nomination :
D- Le critère de la titularisation au sein d’un grade de la
hiérarchie administrative : C’est cette titularisation qui permet d’exercer
à titre professionnel dans la fonction publique. Ces critères sont cumulatifs
mais celui tiré de la titularisation dans un grade semble joue un rôle
prépondérant.
L’application de ces critères permet d’exclure de la catégorie des
fonctionnaires :
- Les officiers ministériels : ce sont les commissaires de justice, les
notaires qui bien que nommé par arrêté ministériel et participant au service
public de la justice ne sont pas titularisés dans un grade de la hiérarchie
administrative.
- Les ministres et membres du cabinet bien que nommés par le
Président de la République n’exerce pas à titre professionnel et à
titre permanent.
- Il en va de même pour tout ce qui exerce un mandat électif
- Les agents qui nommés dans un emploi permanent n’ont pas encore été
titularisé dans un grade de la hiérarchie administrative c’est le cas des
élèves fonctionnaires.
B- Les agents des collectivités territoriales
Pour l’exécution de leurs délibérations et l’animation au quotidien du
service public dont ils ont la charge, les élus locaux disposent d’un personnel
de soutien. Quel est le statut de ce personnel qui exerce sous le contrôle des
organes délibératifs et exécutifs ? En application de la Constitution il a été
adopté une loi le 3 janvier 2002 portant statut des collectivités locales. De ce
texte, il ressort deux catégories d’agent au service des collectivités locales.

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D’un côté les fonctionnaires et les agents contractuels. Notons que les
contractuelles ont un statut qui est proche de celui des agents non titulaires.
Quant au fonctionnaire que l’on rencontre dans les communes, les régions et
les districts autonome il s’agit de fonctionnaire d’Etat. En effet, ces
fonctionnaires régies par le statut général de la fonction publique sont mis
gracieusement à la disposition des collectivités locales par l’Etat dans le
cadre de la décentralisation assistance. On les retrouve généralement au
poste d’encadrement et ce sont les cadres administratifs, cadres financiers
et cadres techniques. En tant qu’agent de l’Etat l’essentiel de leur
rémunération est versé par l’Etat, leur carrière continue d’être géré par leurs
services d’origine et enfin ces fonctionnaires ont vocations a retourné
poursuivre leur carrière au sein de l’Etat.
Paragraphe 2 : Les agents non titulaires
Le recours aux agents non titulaire est une pratique qui remonte à
l’époque coloniale et qui se rencontre dans tous les nouveaux Etats en
Afrique ou hélas on en a abusé. En 1980, les agents non titulaires
représentaient 80% en RDC, au Sénégal de 50% et en Côte d’Ivoire 40 %. En
Côte d’Ivoire les agents non titulaires sont de trois ordres à savoir : les
agents non temporaires, les agents journaliers et les collaborateurs qui ont
tous en commun d’être régit par le droit privé.
A- Les agents temporaires (Les contractuels)
1-Avant 1992 : Le statut de 1964 autorisait le recrutement d’agent
temporaire pour occuper des emplois non permanents ouvert dans les cas
suivants.
- Pour exercer des fonctions qui ne se rattachent à aucun des emplois des
cadres administratifs.
- Pour l’exécution de travaux extraordinaires pour une durée illimitée.
- Ces agents temporaires n’ont aucune vocation à être titularisé et sont
régies par des décrets et le code du travail. Ces agents sont des agents de
droit privé et leur lien avec l’administration l’arrêt Kouamé Kouadio 11
décembre 1970.
Aujourd’hui une autre catégorie d’agents contractuel de droit public semble
voir le jour à la faveur de l’arrêt Dédi Raphael rendu par Chambre
Administrative de la cour suprême en 2014.
2-Depuis 92 : Avec le statut de 92 les agents temporaires sont recrutés
pour occuper les emplois de la catégorie A pour une durée de deux ans
renouvelable une fois.

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B- Les agents journaliers
On les retrouve dans les tâches de catégories subalternes et ils sont tous
soumis aux règles de droit privé concernant leur relation professionnelle.
C- Les collaborateurs de l’administration
Ce sont toutes ces personnes qui sans faire partie du personnel de la
fonction publique prêtent leur concours à l’administration sous forme de
service personnel. Ces collaborateurs jouent un rôle fondamental dans le
fonctionnement de la fonction publique. Il en existe 4 catégories de
collaborateurs :
1-Les collaborateurs statutaires : Ce sont ces personnes qui
généralement nommés par l’administration en vertu d’un statut qui leur est
propre et qui fait d’eux des agents indépendants. Ce sont les officiers
ministériels qui concourent à la bonne marche de l’administration de la
justice.
2-Les collaborateurs contractuel : Ce sont les fournisseurs de
travaux, de biens ou de services et qui pour se faire conclu et exécute un
contrat appelé marché public.
3-Les collaborateurs requis : Ce sont toutes ces personnes dont la
collaboration est exigée par les autorités administratives sous peine de
sanction
4-Les collaborateurs occasionnels : C’est ceux qui spontanément se
mettent au service de l’administration.
Section 3 : L’organisation de la fonction publique
C’est le Président de la République qui avec son premier ministre exerce
l’autorité générale sur la fonction publique. En vertu de la Constitution le
Président de la République est le chef de l’Administration. Chaque ministre
assure la gestion du département dont il est le supérieur hiérarchique.
Chaque ministre apparait ainsi comme la cellule de base dans l’organisation
de la fonction publique. Et parmi ces ministres, il y en a un qui est
spécialement dédié à la fonction publique. Il a pour rôle l’animation,
l’organisation et le contrôle de la fonction publique. Il assure la coordination
et gère la carrière des agents de tous les ministères. La particularité dans
l’organisation de la fonction publique se situe d’une part dans l’existence
d’organisme de concertation ainsi que celle d’un important dispositif de
structure professionnelle interne. Ces structures professionnels internes
permettent la gestion de la carrière des fonctionnaires.

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Paragraphe 1 : Les structures administratives centrales : les
organismes de concertation
Il y en a de deux catégories :
-Le comité consultatif de la FP : crée au sein de la fonction publique qui a
pour rôle de donner son avis au gouvernement pour toute question touchant
à la fonction publique.
-La commission administrative paritaire : organe consultatif au sein des
différents services de la fonction publique. Elle donne son avis préalablement
à toute mesure individuelle.
Paragraphe 2 : Les structures professionnelles interne de la
fonction publique
Dans le système de fonction publique fermé, le fonctionnaire n’est pas
recruté pour occuper un emploi donné contrairement à ce qui se passe dans
le système de fonction publique ouverte. Le fonctionnaire est recruté pour
faire partir d’un corps en fonction de son grade de sorte que l’affectation à
un emploi n’est que la conséquence de son appartenance à ce corps. C’est
cette structure interne qui commande l’organisation des carrières.
A- Les notions de corps et de catégorie
1-Définition du corps
C’est le statut général de 1964 qui définit le corps comme
celui « Regroupant les fonctionnaires soumis au même statut
particulier et ayant vocation au même grade » Ex : le corps des
administrateurs civils, le corps des enseignants du second degré. Cette
notion de corps est une notion essentielle car c’est à l’intérieur du corps que
se déroule la carrière du fonctionnaire et non pas dans la fonction publique.
La création de corps était une question de pure opportunité relevant du
pouvoir discrétionnaire. En outre, chaque corps était créé et organiser en
vertu d’un statut particulier et chaque corps était répartit en 4 catégories : A,
B, C, D dans un ordre décroissant. Jusque vers la fin des années 70 on ne
dénombrait pas moins de 144 corps correspondant à 144 statuts particuliers.
C’est à cette situation que le nouveau statut général de 1992 va essayer de
remédier en abandonnant la notion de corps.
2- De la notion de corps à celle de catégorie
Avec l’abandon de la notion de corps, il va de soi que la carrière du
fonctionnaire ne se déroule plus dans un corps mais plutôt dans l’une des 4
catégories A, B, C, et D.

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-La catégorie A : Elle renferme les fonctions de conception, d’étude
générale, de direction, de contrôle et de supervision.
-La catégorie B : Ce sont les fonctions d’application consistant à traduire
les principes généraux en mesure particulière.
-La catégorie C et D : Ce sont les fonctions d’exécution
Sur les raisons de cet abandon on peut avancer d’une part le caractère
pléthorique des corps et la complexité que cela induit dans la gestion des
carrières. Autre raison c’est le développement d’un corporatisme qui est un
risque d’immobilisme. Notons aussi le souci de performance en vue d’un
rapprochement entre la fonction publique et le secteur privé. C’est donc
désormais au sein de chaque catégorie que prennent naissance les grades
donnant vocation à occuper tel ou tel emploi.
B- Le grade et l’emploi
1- Le grade
Au terme du statut général, qu’il s’agisse de l’ancien ou du
nouveau : « Le grade est le titre acquis par le fonctionnaire à
l’intérieur de sa catégorie et qui lui donne vocation à occuper un
emploi d’un certain niveau dans sa spécialité et dans sa hiérarchie
administrative ». Il en résulte que le grade est un titre administratif
conféré par la titularisation. Avec la disparition des corps les grades sont
désormais créés par un texte unique en occurrence le décret n°93-608 du 02
juillet 1993 portant classification des grades et emplois et cela au sein dans
toutes les catégories. Chaque grade est rattaché à chacune des 4 catégories.
A chaque grade correspond une échelle de traitement comprenant des
classes et des échelons. Ainsi par ordre décroissant on a :
-Catégorie A : A1 à A7
-Catégorie B : B1 à B3
-Catégorie C : C1 à C2
-Catégorie D : D1 à D2
A chaque grade correspond un indice affecté d’un coefficient directeur
permettant de déterminer le salaire du fonctionnaire. S’agissant du grade A7
les indices vont de 1875 à 1535 alors qu’en D2 les indices vont de 325 à
125. En outre, chaque grade se subdivise en classe au nombre de quatre par
ordre décroissant.
-Classe exceptionnelle
-Classe principale

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-Première classe
-Deuxième classe
Chaque classe comporte trois échelons (1 er, 2e , 3e sauf la deuxième classe
qui en comporte une de plus .
Ex : Grade A2 infirmier d’Etat
Cette conception de l’organisation interne de la fonction publique est tiré
d’une volonté de simplification en vue d’une gestion plus rationnelle et plus
efficace des carrières. Enfin chaque grade donne vocation à occuper un
emploi dans une spécialité.

2- L’emploi
Aux termes du décret n° 93-608 du 02 juillet 1993 article 5 : « L’emploi
est la profession exercée par l’agent en fonction d’une qualification
acquise à la suite d’une formation initiale ou continue ». Cette
définition s’inscrit dans une acception purement administrative en ce qu’elle
perçoit l’emploi comme une fonction ou comme un poste de travail. Mais
l’emploi c’est aussi la traduction budgétaire du fonctionnaire sous la forme
d’un crédit ouvert chaque année dans la loi de finance. Ces deux acceptions
se complètent et leur combinaison présente l’emploi comme un poste de
travail budgétairement prévu et susceptible d’être occupé par un
fonctionnaire ayant le grade correspondant. En définitive, c’est le législateur
qui crée l’emploi, mais il appartient à l’Administration d’y affecté des
fonctionnaires par actes de nomination
3-Les spécialités
Les emplois sont regroupés en 6 ensembles de spécialité :
-Education et formation
-Scientifique et technique
-Administratif, juridique et diplomatie
-Gestion économique et finance
-Affaires sociales
-Production littéraire et artistique
Exemple 1 : Au bas de la hiérarchie des grades on a le grade D1 : spécialité
scientifique et technique l’emploi de proposé des douanes diplôme de
technicien certifié ou CEPE

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D1 : spécialité emploi administratif, juridique et diplomatie : emploi de garde
de sous-préfecture diplôme CEPE
A7 : spécialité administratif juridique et diplomatie : l’emploi de préfet :
grade administrateur civil
A7 : gestion économique et financière : directeur du trésor, douanes…
D-Distinction entre le grade et l’emploi
Cette distinction est d’une grande importance pratique. En effet, il existe
bien une différence de nature entre les deux notions ce qui emmène à les
dissocier nettement l’une de l’autre. Le grade est le titre acquis par le
fonctionnaire et qui lui ouvre la possibilité à occuper un emploi. Donc le titre
apparait pour le fonctionnaire comme un droit qui bénéficie comme de tout
droit d’une véritable protection, on peut donc dire que le grade c’est l’affaire
du fonctionnaire.
Quant à l’emploi, c’est un poste de travail crée par l’Etat sous la forme
d’une ligne budgétaire et donc l’administration dispose librement. L’emploi
c’est donc l’affaire de l’Administration qui en crée et y affecte qui elle veut
librement et discrétionnairement. C’est cela qui est exprimé d’une manière
imagée : le grade appartient à l’agent et l’emploi à l’Administration.
Les conséquences sont les suivantes :
- L’administration peut modifier l’emploi d’un fonctionnaire sans que celui-ci
puisse invoquer un droit acquis. Autrement dit il n’y a pas de droit acquis
pour un fonctionnaire à occuper un emploi. De même un agent peut être
affecté où être muté pour occuper un emploi correspondant à un grade
inférieur à son grade. A titre de comparaison dans le secteur privé la
modification de l’objet du contrat de travail qui correspond à une
modification du contrat est assimilé à un licenciement abusif.
- Un fonctionnaire peut avancer en grade en conservant le même emploi. A
titre de comparaison dans l’entreprise privée l’avancement en grade doit
correspondre à un changement d’emploi
- La suppression d’un emploi n’entraine pas par elle-même le licenciement
du fonctionnaire qui de ce fait pourra bénéficier d’une nouvelle affectation
ou d’une mutation. Et donc en attendant son nouvel emploi le fonctionnaire
continue de toucher le salaire lié au grade. A titre de comparaison en droit
du travail la suppression d’un emploi ou d’un poste de travail entraine le
licenciement de l’agent pour raison économique.
- Un fonctionnaire peut être placé sous les ordres d’un agent de grade
inférieur

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Chapitre 2 : La carrière dans la fonction publique
La carrière des fonctionnaires débute par leur recrutement et se déroule à
partir de leur titularisation.
Section 1 : Le recrutement des fonctionnaires
Le recrutement des fonctionnaires soulève une véritable problématique et
se réalise selon diverses modalités
Paragraphe 1: La problématique du recrutement des
fonctionnaires
Toute volonté de recrutement des fonctionnaires se heurte à un double
fonctionnement.
-Comment assurer un recrutement de qualité en vue de satisfaire de
manière de manière optimale aux besoins fondamentaux de la collectivité
nationale ?
- Comment offrir aux agents une progression constante et régulière de leur
situation personnelle ?
C’est en vue de répondre à ce double objectif que les recruteurs sont soumis
à un certain nombre de principe et les candidats satisfaire un certain nombre
de condition
A- Le principe de l’égale admissibilité à la fonction publique
Toute administration désireuse de respecter des fonctionnaires est
astreinte au respect du principe de l’égale admissibilité aux emplois. Ce
principe tire sa source de la DDHC du 1789 en son article 6 qui indique que :
« Tous les citoyens sont admissibles à tous les emplois publics sans aucune
distinction que celles de leur capacité et de leur talent ». Ce principe signifie
que :
- Toutes les catégories de citoyens sont sur un pied d’égalité dans l’accès à
la fonction publique
- Le recrutement ne doit pas être fondé sur des différends fondés notamment
sur : l’origine, l’opinion, la croyance, l’ethnie, la philosophie…
- Particulièrement aucune distinction ne doit être faite entre les deux sexes
Admis tardivement en France, le principe de l’admission des femmes
n’est plus contesté aujourd’hui. Elles peuvent désormais accéder librement
aux emplois publics au même titre que les hommes CE 3juillet 1936
Demoiselle Bobard Dalloz 1937.

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Sous la seule réserve que des modalités spécifiques peuvent réserver
certaines fonctions à l’un ou à l’autre sexe en raison des conditions
d’aptitudes physique ou des sujétions propres à ces fonctions. Par ailleurs,
cette règle conna ît des dérogations. Ainsi, dans l’opération de recrutement
on admet que des emplois soit réservé à certaines personnes notamment
celle qui ont mérité de la Nation pour avoir été particulièrement éprouvé par
la guerre (Les grands blessés de guerre, les veuves et orphelins, de héros de
la Nation) ou alors des personnes handicapées (Personne à mobilités
réduite). Ces personnes sont inscrites sur une liste de classement et ont un
droit acquis au recrutement dans la mesure du pourcentage qui leur est
réservé. Quant au prétendant à l’accès à la fonction publique, ils sont
également soumis à des conditions statutaires.
Décret sur le recrutement des personnes handicapées
B- Les conditions statutaires d’accès à la fonction publique en
Côte d’Ivoire
L’administration soumet l’entrée initiale dans la fonction publique à un
certain nombre de conditions destinées à recruter les agents les plus aptes
et répondant de manière optimale aux exigences du service public car une
fois intégrée, il sera difficile de remettre en cause les droits acquis par ces
agents d’où l’importance de vérifier ab initio et avec le plus grand soin la
satisfaction des conditions à remplir par les candidats à l’accès à la fonction
publique. Pour avoir accès à la fonction publique il faut remplir les conditions
suivantes :
Article 3 du statut général de la fonction publique de 1992 et à l’article 48 du
nouveau statut général fonction publique de 2023
-La Condition de nationalité : cette condition vise à prévenir le risque de
non loyalisme auquel pourrait exposer l’emploi d’étranger et qui pourrait
mettre en cause ou en péril l’intérêt national, la volonté de protéger les
nationaux contre la concurrence étrangère sur le marché du travail.
- La condition d’âge : selon le décret du 2 juillet 1993 l’âge minimum pour
être recruté en tant que fonctionnaire est de 18 ans et l’âge maximum pour
les agents de la catégorie A : 45 ans et pour les autres catégories est 40 ans.
- Jouir de ces droits civiques et être d’une bonne moralité : cela
signifie que le candidat doit pouvoir exercer la plénitude de ses droits
citoyens. Par bonne moralité on veut s’assurer que l’individu n’a pas été
l’objet de condamnation pour faits contraire à la bonne moralité (attentat à
la pudeur, pédophilie etc…). Le fait d’avoir été condamné par le pénal ne
signifie pas un motif de non–accès à la fonction publique.

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- L’aptitude physique et mental à l’exercice des fonctions : En effet on
ne peut pas confier une fonction à une personne incapable de l’exercer. Mais
une telle appréciation par l’administration s’avère délicate parfois. En cas de
contestation de l’appréciation faite par l’administration, le juge exerce son
contrôle sur la qualification juridique des faits. C’est ainsi que le juge français
du CE a estimé que la cécité n’est pas une inaptitude à l’enseignement
supérieur CE 26 juillet 1952 Loubeyre. (Dalloz 1953 page 5). Le même juge a
estimé qu’être appareillé d’une prothèse n’est pas incompatible avec la
fonction d’inspecteur.
-Etre indemne de toute affection grave ou contagieuse
-Le service militaire (tombé en désuétude)
Paragraphe 2 : Les modalités de recrutement
On a connu dans l’histoire diverses modalités de recrutement du
fonctionnaire. Il y a eu d’abord l’hérédité, la vénalité, l’élection et enfin la
cooptation. Ces modalités abandonnées de nos jours ont laissé la place au
concours devenu le procédé de droit commun en matière de recrutement
des fonctionnaires, viennent ensuite la nomination et la titularisation.
A- Le concours : un procédé de droit commun
1-Définition
Le concours est une opération de sélection dont l’objet est de présenter à
l’autorité hiérarchique les candidats dont l’aptitude et la formation ont été
dûment contrôlé par les instances appropriées. Le concours se distingue de
l’examen par les traits suivants :
- Le nombre de candidats susceptibles d’être admis est fixée par référence
au seul besoin de l’administration
- La liste des admis est établit par ordre de mérite qui s’impose à l’autorité
de nomination alors que pour l’examen la liste des admis est établit par
ordre alphabétique
- Le classement des admis est effectué par un jury totalement
indépendant.
Le concours est le procédé qui permet de recruter les plus aptes sur les
plans technique et professionnel.
2-Le déroulement du concours
Le concours est mené par un jury collégial désigné par l’autorité de
nomination.

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a- Les obligations du jury
-Le respect du règlement du concours
-Le respect de l’égalité de traitement des candidats ce qui impose aux jury
de faire preuve d’impartialité.
Ce principe n’est pas respecté par exemple si l’ancien époux d’une
candidate siège dans le jury de recrutement d’un professeur d’université CE
19 octobre 1960 Beaufort (AJDA 1936 2eme partie page 207).
b- Les pouvoirs du jury
-Le jury jouit d’un pouvoir souverain, discrétionnaire dans l’appréciation des
épreuves. Personne ne doit pouvoir lui imposer telle règle ou telle décision
-Le jury arrête la liste des admis classés par ordre de mérite et cette décision
a valeur d’acte administratif à caractère individuel.
-Le jury peut estimer qu’aucun candidat n’est admis
-Le jury peut également dit que le nombre des admis est inférieur au nombre
de poste ouvert
B- La nomination
Effectuée par l’autorité de nomination, la nomination consiste à affecter
les candidats admis à l’un des emplois ouverts. C’est donc le préalable
indispensable à l’entrée à la fonction publique. La nomination ne produit les
effets de droit que si les conditions suivantes sont remplies :
1- La compétence : ce pouvoir relève du président de la République en
vertu de la Constitution et par délégation du ministre chargé de la fonction
publique.
2- La forme : pour produire ces effets l’acte de nomination doit être revêtu
du visa du contrôle financier lequel atteste que le poste est bien prévu au
budget et que le nouvel agent est pris en charge financièrement.
3- Le fond de l’acte
- Le motif : la nomination doit avoir pour motif le fait que le poste soit
vacant
- Le but : La nomination doit avoir pour but de pourvoir à la vacance d’un
poste. Dès lors, seront déclarés nul les nominations de complaisance (Il n’y a
pas d’occupation effectif), les nominations anticipées (nomination avant
vacance de poste), les nominations rétroactives (le fait de faire remonter la
nomination à une date ultérieure) et les nominations pour ordre (promesse
de nomination).

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Enfin, la nomination est un acte administratif ayant la particularité d’être
affecté d’une condition résolutoire car, l’agent a le droit de refuser sa
nomination en vertu de la liberté du travail. Dans ce cas la nomination est
réputée n’avoir jamais été prise.
C-La titularisation
Elle consiste à attribuer à l’agent nommé l’un des grades de la hiérarchie
administrative. Cette attribution de grade a pour effet de conférer à l’agent
nommé la qualité de fonctionnaire. Elle intervient soit à l’issu d’un stage
probatoire pour un an renouvelable, soit à l’issu de l’admission à l’examen
de sortie pour les élèves fonctionnaires ceux de l’ENA, la police, la douane.
C’est donc à partir de sa titularisation que le fonctionnaire ainsi confirmé
peut alors dérouler sa carrière.
Section 2 : Le déroulement de la carrière
Il peut s’analyser d’une part à travers les positions qu’occupent les
fonctionnaires et d’autre part au regard dans leur promotion dans les strates
de la hiérarchie administrative.
Paragraphe 1 : Les positions des fonctionnaires (Article 53)
La position c’est la situation du fonctionnaire vis-à-vis de son emploi. Ces
situations sont classées en position normale et en position exceptionnelle.
A- Les positions normales
1-La position d’activité
C’est la position du fonctionnaire qui une fois titularisée dans un grade
exerce effectivement les fonctions d’un emploi de ce grade (art 20 décret
93-607 du 02 juillet 1993).
2- Le situations assimilées à la position d’activité
Les congés n’interrompent pas l’activité mais constitue un droit pour le
fonctionnaire. C’est le cas :
-Des congés annuels : chaque année tout fonctionnaire a droit à un congé de
30 jours à l’effet de se reposer et reconstituer ces aptitudes physiques et
mentales. Le fonctionnaire en congés reçoit l’intégralité de son salaire
-Maladie accordé au fonctionnaire atteint de maladie l’empêchant d’exercer
ces fonctions il y en a de trois sortes :
*Congés maladie courtée de 6 mois avec salaire intégral
*Congés maladie longue durée : la durée maximum est de 5 ans avec moitié
de salaire

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*Congés de paternité accordé à la demande la femme fonctionnaire au vue
d’un certificat médical : la durée de congés de maternité est de 14 semaines
avec salaire intégral.
B- Les positions exceptionnelles
Elles répondent au souci d’aménagement des carrières dans l’intérêt du
service et pour donner plus de mobilité professionnelle au fonctionnaire dans
un système de fonction publique fermé.
1-Le détachement
C’est la position du fonctionnaire autorisé à interrompre
temporairement ses fonctions pour exercer un emploi public national,
international ou un emploi ministériel ou un mandat social a la tête d’une
société d’Etat (art 55 du de 2023)
a- Les motifs et le lieu de détachement
Le fonctionnaire peut être détaché auprès de :
- D’un EPN
- Des collectivités territoriales (commune, région et district autonome)
- D’un Etat
- D’une société d’Etat (à la tête d’une société d’Etat)
-A l’étranger pour une mission d’enseignement
-Pour exercer un mandat ministériel
b- Les conditions de détachement
-Le détachement est fait soit à l’initiative du fonctionnaire ou d’office par
arrêté ministériel du ministre de la fonction publique après avis favorable du
ministre intéressé
-S’il s’agit du détachement auprès d’un Etat étranger dans ce cas il faut
l’accord préalable du gouvernement
c-La durée du détachement et la rémunération de l’agent
-Détachement de courte durée : 6 mois non renouvelable
-Détachement pour enseignement à l’étranger : la durée est d’un an
- Détachement de longue durée :la durée ne peut excéder 5 ans mais
renouvelable par période de 5 ans

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Le fonctionnaire en détachement est rémunéré par son organisme ou son
organisation d’accueil. L’administration d’accueil devra reverser à
l’administration d’origine les retenus au titre des pensions et prestations
sociales. L’administration d’accueil doit aussi transmettre à l’administration
d’origine les notations de la carrière du fonctionnaire.
La fin du détachement : elle peut mettre fin prématurément au
détachement. Dans ce cas jusqu’à sa réintégration, l’agent continuera d’être
rémunéré par l’organisme de détachement
-Le fonctionnaire peut également demander qu’il soit mis fin à son
détachement avant le terme. Dans ce cas il cesse d’être rémunéré s’il ne
peut être réintégré immédiatement.
2-La mise en disponibilité (art 61 SGFP)
Il s’agit de la position du fonctionnaire dont l’activité est suspendue
temporairement à sa demande pour des raisons personnelles.
a– Les conditions de mise en disponibilités :
- Accident ou maladie grave du conjoint ou d’un enfant (maximum : un an
renouvelable) pas de salaire sauf d’allocation familiale
-Suivre son conjoint fonctionnaire en service à l’étranger
-Suivre son conjoint non fonctionnaire résident hors du territoire de
résidence de fonction (un an renouvelable une seule fois)
-Les candidats au poste de député
- Pour convenance personnelle (maximum un an une seule fois)
b- La situation de l’agent en mise en disponibilité
-Perte du droit à la rémunération dans la mesure où il y a rupture temporaire
avec l’activité
-Pas de droit de pension
c-La fin de la disponibilité
Le fonctionnaire doit demander sa réintégration auprès du ministre de la
fonction publique deux mois avant l’expiration de la période. Il a un droit à
réintégré la fonction publique lorsque la période de délai à expirer.
Paragraphe 2 : Les promotions des fonctionnaires
La promotion des fonctionnaires est un enjeu capital dans tout système
de fonction publique fermé. C’est pourquoi elle est soigneusement organisée

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afin qu’elle puisse exercer un attrait sur les potentiels candidats à la fonction
publique. La promotion est basée sur la notation qui détermine les régimes
d’avancements.
A- La notation
Elle est de la compétence du supérieur hiérarchique.
1-Notion
a- Le contenu de la notation
La notation dans la fonction publique se compose de 2 éléments :
- Une note chiffrée qui sanctionne globalement la manière de servir des
agents et une appréciation générale. En CI, la note chiffrée va de 1 à 5
(article 92 du statut).
1 : mauvais
2 : insuffisant
3 : bon
4 : très bon
5 : exceptionnel
La note est contenue dans un bulletin individuel de notation qui est
communiqué chaque année dans le mois de septembre. La justification de la
note chiffrée : c’est l’appréciation de la manière dont l’agent s’acquitte des
tâches de sa fonction. Ces appréciations qui relèvent de la compétence du
supérieur hiérarchique sont prévus par l’article 43 du décret de 93-607
portant sur :
-La connaissance et culture générale
-L’esprit d’initiative
-Le sens de responsabilité
-La puissance de travail
-Le civisme
-L’intégrité morale
-Le sens du service public
-Le sens sociale et des relations humaines
-L’esprit de discipline

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-La ponctualité et l’assiduité
-La ténue et la présentation
b- La nature juridique de la notation
Avant 1962, la notation était considérée comme une mesure d’ordre
intérieure et par conséquent insusceptible pour recours pour excès de
pouvoir. Par la suite la notation a été considéré ou perçue comme des
mesures préparatoires des décisions à venir. Revirement de jurisprudence en
1962 à la faveur de l’arrêt Camara CE 23 novembre 1962 AJDA 1962 page
[Link] arrêt marquera le début du contrôle de légalité sur les actes à
caractère administratif. En Côte d’Ivoire, le fonctionnaire peu contester la
note qui lui a été mis devant ses supérieurs.
B- Les régimes d’avancement
L’espoir et l’intérêt de tout fonctionnaire c’est d’avancer et d’atteindre les
grades les plus élevés dans sa spécialité. Quant à l’administration son intérêt
c’est de voir, les emplois occupés par des fonctionnaires les plus aptes et les
plus performants de sorte que seuls les plus aptes devront bénéficier de
l’avancement. C’est pour répondre à ce double intérêt qu’ont été dégagé les
trois modalités d’avancement suivant :
1- L’avancement à l’échelon
Il se détermine à partir de l’ancienneté et de la notation du fonctionnaire.
a-Son mécanisme
L’avancement de l’échelon consiste pour le fonctionnaire à accéder à
l’échelon supérieur fixé par le statut général.
-La durée : l’avancement de l’échelon se fait tous les deux ans de sorte qu’il
faut donc deux ans pour passer à l’échelon supérieur.
Ce délai peut être réduit de trois à six mois pour les fonctionnaires mieux
noter sur proposition du ministre technique à l’inverse ce délai peut être
majoré de 3 à 6 mois pour les moins bien noté. Le fonctionnaire perd le
bénéfice de l’avancement lorsqu’au cours des deux années de référence il a
obtenu une note inférieure à 3/5.
b- Les effets de l’avancement d’échelon
Il se traduit par une augmentation du traitement, mais il n’y a pas de
changement d’emploi.
2- L’avancement de classe

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-Le mécanisme : l’avancement de classe a lieu uniquement au choix parmi
les agents les plus méritants. Le tableau d’avancement est préparé chaque
année par le ministre de la fonction publique. Pour figurer sur la liste
d’avancement supérieur il faut avoir accomplir 2 ans dans l’échelon le plus
élevé de sa classe et avoir été proposé par ses supérieurs. Le supérieur qui
propose ici, exerce une compétence discrétionnaire dans l’attribution des
mérites.
-Les effets : il se traduit par une augmentation du traitement du
fonctionnaire, il permet de récompenser les agents les plus aptes en leur
offrant au sein de leur grade un avancement.
3-L’avancement de grade : la promotion
Aux termes du statut général de 1992 et de 2023 (article 71). En droit
ivoirien comme en droit français l’avancement de grade se réalise dans des
conditions identiques.
-Le grade n’a lieu dans la mesure où il y a vacance dans le grade de niveau
supérieur

- La promotion doit s’appuyer sur la valeur professionnelle des agents


Comment se fait l’avancement de grade ?
Selon les textes en vigueur aujourd’hui, l’avancement de grade ou la
promotion s’effectue par voie de concours interne sauf dérogation. Le
principe c’est le concours et l’inscription sur la liste c’est l’inspection.
L’avancement de grade permet à l’agent de se voir conférer le grade
immédiatement supérieur et naturellement avec un traitement qui
correspond à ce nouveau grade. Il n’y a que la promotion qui permet de
changer de grade. Le fonctionnaire évolue ainsi sur le plan administratif et
financier jusqu’au terme de sa carrière.
Section 3 : Les modalités de fin de carrière du fonctionnaire
La carrière du fonctionnaire peut prendre fin selon divers modes de
circonstances dont certaines sont prévisibles et d’autres non. Les
circonstances prévisibles donnent lieu à une fin de carrière normale. La fin
de carrière peut ensuite relever de situation qu’on pourra qualifier
d’accidentel.
Paragraphe 1 : la fin normale de carrière : le départ à la retraite
On la qualifie de normale en ce que la fin de carrière ici est connue à
l’avance. Au moment où il intègre la fonction publique, on sait quand le
fonctionnaire devra faire valoir ses droits à la retraite. En effet, la fin de

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carrière ne signifie nullement que l’agent ne puisse prendre de retraite.
Jusqu’en 2012, il existait deux modalités de départ à la retraire : soit à
l’ancienneté, soit à la limite d’âge physique.
A- La retraite à l’ancienneté ou à l’âge physique
Depuis l’indépendance, le fonctionnaire était admis à faire valoir ses
droits à la retraite selon un système alterné :
-Soit lorsqu’il avait accompli 30 ans de service effectif sans avoir atteint 60
ans d’âge physique, soit lorsqu’il avait atteint l’âge physique de 65 ou 60 ans
selon les cas même sans avoir accompli ses 30 ans de service fait valoir ses
droits à la retraite.
B- La retraite en raison de l’âge physique
Dans un souci de simplification, le décret du 11 juillet 2012 déterminant
les conditions de départ à la retraite se limite à la seule condition de l’âge
physique. Les nouvelles dispositions fixent désormais à 65 ans pour les
catégories A et à 60 pour les catégories B, C et D l’âge à la retraite. La fin de
carrière peut intervenir également de manière accidentelle dans deux
situations : soit du fait de l’agent, soit du fait de l’administration.
Paragraphe 2 : La fin de carrière du fait de l’agent : la démission
A- Sa définition
Elle consiste pour le fonctionnaire à demander à ce qu’il soit mis fin à sa
carrière. Cependant pour être valable la démission doit réunir un certain
nombre de conditions.
B-conditions de régularités de la démission
Au terme de l’article 78 du statut de 1992, mais également l’article 106
du nouveau statut : la démission doit être « régulièrement acceptée » par le
ministre de la fonction publique. Cela suppose également qu’elle ait été
régulièrement présentée.
1-La démission doit être régulièrement présentée : en effet, la
démission doit marquer de volonté non équivoque de l’agent de quitter la
fonction publique d’où l’exigence d’une demande écrite comme le prescrit le
décret 93-607 en son article 84 : « La démission ne peut résulter que d’une
demande écrite du fonctionnaire ». Seul l’écrit permet d’apprécier le
caractère non équivoque de la volonté. Remplir cette condition la démission
donnée librement, sans contrainte et en toute connaissance de cause. En
revanche n’est pas librement donné la démission présentée sous la
contrainte, la pression ou si l’agent ne s’est pas rendu compte de la portée
de son acte en raison de son état de santé.

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2-La démission doit être régulièrement acceptée par l’autorité
investit du pouvoir de nomination
La démission prend effet à la date fixée par cette autorité dans sa
réponse à la demande. La réponse de l’autorité doit intervenir dans les deux
mois à compter de la date de réception de la demande. Passé ce délai et
dans le silence de l’autorité compétente, la démission est réputée acceptée.
Une exception au principe qui veut que le silence de l’administration vaille
rejet. Jusqu’à l’acceptation, la démission peut être retirée. Dans ce cas, une
sanction, à l’encontre du fonctionnaire, peut éventuellement intervenir au
motif d’un abus de droit. Mais, une fois acceptée, la démission devient
irrévocable.
C- La fin de carrière à l’initiative de l’administration (le
licenciement)
Comme tout employeur, l’administration peut choisir de se séparer de
certains de ses agents et cela dans le respect des dispositions statutaires.
L’administration peut le faire à l’issue d’une procédure disciplinaire, ce qui
peut déboucher sur la révocation ou la mise à la retraite d’office. Ou en
dehors de toute procédure disciplinaire sur la base du licenciement.
Contrairement à ce qu’il représente ailleurs, le licenciement dans la fonction
publique n’a pas un caractère disciplinaire car il n’a pas vocation à
sanctionner une faute professionnelle. Le licenciement est une mesure
administrative d’exclusion en dehors de toute procédure disciplinaire. En
droit ivoirien, le licenciement est prononcé par le ministre de la fonction
(article 78 du statut général et article 87 du décret 93-607. Pour les motifs
suivants :
▪ Inaptitude physique ou mentale : il s’agit de fonctionnaires qui après
avoir bénéficié de congé de maladie de longue durée sont reconnus inaptes
à reprendre le service après avis du conseil de santé ;
▪ Insuffisance professionnelle notoire : prononcée par le ministre de la
Fonction Publique après avis et conformément aux dispositions relatives à la
notation des fonctionnaires. En tout état de cause, il faut que le
reclassement de l’agent ait été impossible. Le risque d’arbitraire est grand
en la matière, c’est pourquoi le licenciement ici est encadré dans un
processus strict et notamment sur avis. Le juge saisi peut procéder à une
nouvelle qualification. Le fonctionnaire licencié pour insuffisance
professionnelle notoire a droit à une indemnité égale à un mois de
traitement ;
▪ La perte de la nationalité : la nationalité étant une condition d’accès à
la fonction publique, il est donc naturel que quelqu’un qui la perd, perd

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également le droit de demeurer dans la fonction publique. Dans ce cas,
aucune indemnité n’est versée.
Paragraphe 3 : Les effets et conséquences de la fin de carrière
La fin de la carrière entraîne comme conséquence, la rupture du lieu de
fonction : les droits et obligations pesant sur le fonctionnaire n’existe plus en
principe (celle de réserve demeure, le contentieux de l’éviction de la fonction
publique, suspension de passion).

Titre 2 : Les droits et obligations des fonctionnaires


Le statut de fonctionnaire comme celui du travailleur du secteur privé
ouvre droit à un certain nombre d’avantages et de droits, mais met
également à leurs charges des obligations.
Chapitre 1 : Les droits des fonctionnaires
Les droits pécuniaires et les droits et libertés
Section 1 : Les droits pécuniaires
Ces droits concernent ceux accordés aux fonctionnaires en activité mais
concerne aussi les fonctionnaires à la retraite.
Paragraphe 1 : Les droits pécuniaires des fonctionnaires en
activité : le traitement
A- Le fondement du droit au traitement
On rappelle que dans la fonction publique fermée le fonctionnaire
participe à la puissance et à la supériorité de l’Etat. Il y a donc nécessité
d’assurer son indépendance au regard du pouvoir politique, mais également
au regard des administrés. Et c’est pour cette raison qu’il lui sera versé un
traitement qui devrait assurer son indépendance non seulement au regard
du pouvoir politique mais au regard des administrés. Le traitement était en
effet conçu comme l’indemnité permettant au fonctionnaire de tenir le rang
social correspondant à son grade et à ses fonctions. Toutefois, cette
conception a été abandonné au profit de la conception privatiste du droit du
travail. En effet, comme en droit du travail, le traitement est désormais
perçu en droit de la fonction publique comme la contrepartie d’un travail,
comme le prix d’un travail. Dès lors, le traitement ne sera versé qu’après
service fait c’est-à-dire après exécution du service. Les conséquences vont
apparaître dans certains des caractères du traitement.
B- Les caractères du traitement

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Le traitement a des caractères communs avec le salaire.
1-Le caractère commun avec le salaire
Le traitement a un caractère alimentaire c’est-à-dire qu’il sert à
l’entretien du fonctionnaire et de sa famille. A ce titre, il est incessible (qu’on
ne peut céder pour éteindre une dette), mais également il est insaisissable
(ne peut être saisir par des créanciers).
2-Les caractères spécifiques au traitement
-Le caractère statutaire et règlementaire : en ce que le traitement est
fixé unilatéralement par voie règlementaire tandis que le salaire a un
caractère contractuel
-Le caractère impersonnel du traitement : le traitement est fixé pour les
agents de la même catégorie et du même grade et non en considération
d’un agent. En revanche le salaire est fixé en fonction du profil de chaque
travailleur donc il a un caractère personnel.
Paragraphe 2 : Les droits pécuniaires du fonctionnaire à la
retraite : la pension de la retraite
La pension de retraite est la rémunération reçue par le fonctionnaire
admis à faire valoir ses droits à la retraite.
A- Le fondement de la pension de retraite
Ce fondement peut être variable selon les pays. Aux USA, fonction
publique ouverte, la pension apparait comme un élément du régime des
assurances sociales. En Grande Bretagne, monarchie parlementaire, la
pension est considérée comme octroyée par la Couronne en récompense des
services rendus. Il s’agit donc d’une faveur, d’un cadeau royal et non pas
d’un droit. En France et en Allemagne on considère que la pension de
retraite est le prolongement du droit tiré du dévouement de l’agent vis-à-vis
de la collectivité nationale. En Côte d’Ivoire la pension de retraite est perçue
comme le prolongement du droit au traitement. La pension de retraite a un
caractère alimentaire et doit pouvoir assurer aux retraités des conditions
d’existence minimales jusqu’à son décès.
B- La détermination du montant
Le régime de la pension repose sur la loi n° 62-405 du 7 novembre 1962
portant organisation du régime des pensions civiles et le décret 97-674 du 3
décembre 1997 portant création de la CGRAE dont l’objet est notamment la
gestion du régime des pensions des agents de l’Etat. Son montant est
déterminé à partir de deux éléments

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29
-Le montant du dernier traitement perçue pendant au moins 6 mois avant la
radiation des cadres ;
-Le nombre d’annuité liquidable c’est-à-dire le nombre d’année de service
effectif bonifié le cas échéant. Exemple de bonification : plus un an
supplémentaire par enfant né d’elle pour la femme fonctionnaire. La pension
est obtenue en liquidant le nombre d’annuité liquidable par 2% du
traitement annuel.
Exercice : un agent percevant 100 000f avant son départ à la retraite et qui
totalise 35 années liquidable. Quel est le montant annuel de la pension ?
Quel est le montant mensuel ?
100 000 X 12X2 / 100X 35
(1 200 000X 2 / 100) X 35
(2 400 000 X 2) X 35
840 000 / 12 : 70 000
Des majorations peuvent être accordés, ainsi une majoration de 10% si le
fonctionnaire a élevé au moins 3 enfants depuis leurs naissances jusqu’à 16
ans. Majoration de 5% par enfant élevé jusqu’à l’âge de 16 ans.
C- Les bénéficiaires
La pension est accordée au fonctionnaire ayant atteint l’âge de la retraite
c’est-à-dire 65 pour les catégories A et 60 ans pour les autres catégories. Le
bénéficiaire de la pension c’est le titulaire principal et ses ayants cause.
1-Le titulaire
Le retraité ayant droit à la pension est celui civil ou militaire remplissant
les conditions et qui n’a pas été déchu de son droit à la pension. Exemple :
un fonctionnaire peut être condamné de détournement de deniers public et
se voir déchu de son droit à pension par décision du ministre de la fonction
publique et de celui de l’économie publique (généralement les comptables
publics). Le retraité perçoit la pension jusqu’à son décès après quoi, la
pension est transmise à ses ayants cause. Le traitement a un caractère
alimentaire.
2-Les ayants-cause
Le traitement a un caractère alimentaire. Et donc en cas de disparition ou
de décès, le droit va se transmettre aux ayants-cause appelé pension de
réversion.
a-La pension de réversion de veuve

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La veuve d’un fonctionnaire a droit à une pension de réversion d’un
montant de 50 de la pension de retraite à conditions de remplir :
-Etre marié légalement au moins 2 ans avant le départ de la retraite de son
époux défunt
-Peu importe que la veuve soit remariée ou vive en concubinage notoire cela
ne l’empêche pas de recevoir la pension de réversion
-La veuve divorcée ou séparé de corps a droit à la pension de réversion à
condition que le divorce ne soit pas prononcé à ses tord exclusif.
-Les veuves d’un fonctionnaire polygame au titre du régime transitoire de la
loi du 7 octobre 1964 sur la loi sur le mariage.
Dans cette hypothèse, la pension est divisée en part égal entre les différents
lits, représentés chacun par une veuve. Si un lit cesse d’être représenté, la
part qui lui revenait est partagée entre les autres lits.
b- La pension de réversion du veuf
Le veuf d’une fonctionnaire décédée a droit à une pension de réversion
mais celle-ci ne lui sera versée qu’à certaines conditions cumulatives :
▪ Si le mariage date de moins de deux ans avant départ à la retraite de son
épouse ;
▪ Si le veuf est atteint d’une infirmité ou d’une maladie incurable le mettant
dans l’impossibilité de travailler ;
▪ Si le veuf n’a pas de ressources propres suffisantes En droit français, la
jouissance de la pension de réversion de veuf est différée à l’âge de la
pension de retraite même si l’intéressé ne travaille pas. Le montant de la
pension de réversion de veuf est de 50% de la pension de retraite
c-Pension de réversion d’orphelin
Les enfants légitimes ou naturels conçus avant le départ à la retraite ont
droit à une pension de réversion d’orphelin. Chaque orphelin a droit à la
pension de 10% de retraite jusqu’à l’âge de 21 ans. Le total de réversion
d’orphelin ne doit pas dépasser 50% de la pension de retraite.
Section 2 : Les droits et libertés des fonctionnaires
Contrairement à la France, les pays africains n’ont pas hésité à
reconnaître très tôt les droits et libertés aux fonctionnaires. Mais les
systèmes à parti unique vont entraver l’expression de ses libertés d’une
manière durable et violente.
Paragraphe 1 : Les libertés politiques

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-Les libertés de conscience et d’opinion
-Les libertés de réunion et d’association
Paragraphe 2 : Les libertés à caractère professionnel
A- Le droit syndical
Il est reconnu par la Constitution et depuis 1990 plusieurs centrales
syndicales ont vu le jour qui se sont donc ajouter à l’UGTCI qui était affilié au
parti unique dont la FESACI et la Centrale d’unité.
B- Le droit de grève
On se rappelle que pendant longtemps que ce droit a été refusé aux
fonctionnaires. Mais ce droit de grève est reconnu et mis en œuvre par le
système juridique ivoirien.
1-Définition
La grève est une interruption collective et concertée du travail en vue
d’appuyer une revendication professionnelle. Cette définition comporte deux
éléments :
-L’objet consiste à interrompre de manière collective et concertée
-Le but : en vue d’appuyer une revendication professionnelle
2-L’aménagement du droit de grève
Le libre exercice du droit de grève doit se concilier avec l’intérêt du
service et particulièrement avec le service.
Comment concilier cette réalisation ? C’est l’objet de la loi n° 92-571 du 11
septembre 1992 portant aménagement du droit de grève.
a-La procédure
Cette procédure vise l’équilibre entre exercice de ce droit et les
exigences du service public :
-L’obligation de tenter la résolution du problème par une négociation
préalable entre les employeurs et les agents.
-S’il n’y a pas de solution à l’issu de la négociation il n’y a pas d’accord, ainsi
les parties doivent saisir le ministre technique ainsi que de celui de la
fonction publique.
-En cas d’échec, le litige est porté devant le chef du gouvernement.

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-En cas d’échec, les agents doivent donner un préavis de grève de 6 jours
ouvrable avant la date du déclenchement de la grève. Le préavis précise les
motifs, la date et l’heure de la grève et surtout si c’est une grève limitée ou
illimitée. Le dépôt de ce préavis se fait contre la remise d’un récépissé. La
remise du récépissé est une compétence liée.
b- Les limitations du droit de grève
 Les limitations tenant à l’objet de la grève :
 Certaines modalités de grève sont interdites : la grève par
roulement ou échelonnement successif ; grève tournante ou
perlée ; grève sur le tat avec occupation du lieu de travail
(piquet de grève)
 Certaines activités de service public ne peuvent pas être
interrompues. Par conséquent, les agents de ce service ne
peuvent faire une grève : le service de sécurité et de défense
nationale, de la justice et tout ce qui tourne autour de la justice
(garde pénitentiaire), les diplomates
 Limitations visant certaines catégories des fonctionnaires :
 Les responsables, directeurs des EPN, présidents d’institution, les
préfets, chef de service, tous ceux qui représentent l’Etat : ce
sont les représentants de l’employeur ;
 L’exigence d’un service minimum : cela concerne le personnel de
la santé, télécommunication, de la radio.

3-Les conséquences de l’exercice du droit de grève


Qu’elle soit légale ou illégale l’exercice du droit de grève entraîne pour la
période, une perte du droit de traitement en raison de la règle du service
fait. La retenue est effectuée sur la base du trentième indivisible. On ne peut
échapper à la retenue par le rattrapage des taches non effectuées. Lorsqu’en
plus, la grève est illégale, cela entraîne en outre des sanctions disciplinaires
pour leurs auteurs.
Chapitre 2 : Les obligations professionnelles des agents de la
fonction publique
Le droit de la fonction publique est un droit de compromis. Ces
obligations sont de deux ordres : générales et à caractère particulier.
Section 1 : Les obligations générales
Paragraphe 1 : L’obligation de servir

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Ce devoir oblige le fonctionnaire à consacrer son activité professionnelle
à sa fonction conformément à la réglementation en vigueur. Quelles les
implications de ce principe ? Il implique :
 Le non cumul de plusieurs activités publiques : le fonctionnaire
doit consacrer l’intégralité de son activité professionnelle aux tâches
qui lui sont confiées sauf, dérogations (article 23 ancien et 32 nouveau
statut). Ces secondes fonctions sont considérées comme des activités
accessoires ;
 Le non cumul d’une activité publique et d’une activité privée
professionnelle sauf, dérogation : les fonctionnaires peuvent
cumuler en même temps une activité privée lucrative dans la
production des œuvres littéraires, artistiques ou scientifiques : un
fonctionnaire qui a des dons scientifiques. Le ministre de la fonction
publique peut autoriser un fonctionnaire à faire de la consultation et de
l’expertise. La loi de 1981 autorise les enseignants de la faculté de
droit à exercer cumulativement le métier d’avocat ;
 L’obligation de résidence : cela signifie que le fonctionnaire doit résider
dans la localité ou à proximité où il est affecté.
Paragraphe 2 : Le devoir d’obéissance hiérarchique
Ce devoir est le moteur ou le ressort de la fonction publique. C’est une
obligation extrêmement importante dans la mesure où, sans elle ; il n’a pas
de fonction publique, pas d’Etat. Ce devoir commande la mise en œuvre de
la représentation indispensable au fonctionnement de l’administration. C’est
pourquoi tout fonctionnaire, quel que soit son rang, doit se conformer aux
ordres de son supérieur.
A- Le devoir d’obéissance et fonction publique civile
Le fonctionnaire doit-il obéissance aux ordres mêmes illégaux ? En droit
français, la réponse à cette question découle de la jurisprudence LANGNEIR,
Conseil d’Etat 10 novembre 1944, Dalloz 1945, p.88. Selon cette
jurisprudence, le fonctionnaire peut refuser d’obéir lorsque l’ordre est
entaché d’une illégalité grave et évidente c’est-à-dire, un ordre
manifestement illégal et donc, l’exécution risque de compromettre
gravement un intérêt public. Exemple : un ordre dont l’exécution conduirait
manifestement, à commettre une infraction pénale.
Dans ce cas, l’agent peut et même doit désobéir. Mais, s’il le fait, ça sera à
ses risques et périls. Le statut français de la fonction publique est consacré
par la loi de 1983. Telle ne semble pas être la situation en droit ivoirien.
En droit ivoirien, le statut semble donner une réponse différente. Le
législateur dispose que le fonctionnaire « ne dégager d’aucune des

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responsabilités qui lui incombe par la responsabilité propre de ses
subordonnés ». On retrouve aussi bien cette disposition dans l’ancien que le
nouveau statut. Elle montre le législateur ivoirien prendre ses distances vis-
à-vis de la solution française. En effet, le législateur ivoirien semble dire que
le fonctionnaire n’a pas la possibilité de désobéir à un ordre manifestement
illégal. Cela signifie pour le législateur ivoirien que le fonctionnaire doit obéir
à tout ordre. Toutefois, la responsabilité du supérieur est engagée aussi bien
que celle du subordonné. Il s’agit d’une co-responsabilité entre le supérieur,
donneur d’ordre et son subordonné, exécuteur. (Elle convient au mieux de
notre système).
B- Le devoir d’obéissance et la fonction militaire
L’obéissance aux ordres chez les militaires, est un principe fondamental.
La plupart des codes militaires disposent : « les militaires doivent obéissance
aux ordres de leur supérieur ». En principe, le refus d’exécuter un ordre en
temps de guerre peut se solder par un abat de la part du supérieur
hiérarchique (ennemi caché). Est-ce que le militaire, parce qu’il est militaire
doit obéir aux ordres mêmes illégaux ? Toutefois, on admet aujourd’hui en
droit français et ivoirien qu’il ne peut être ordonner aux militaires et ceux-ci
n’ont pas à accomplir les actes contraires aux lois et coutumes de la guerre,
conventions internationales ou constituant des crimes ou délits contre la
sûreté de l’Etat. C’est ce qu’on a appelé : le principe de la baïonnette
intelligente. Exemple : un militaire qui reçoit des ordres de manière à
participer à un coup d’Etat doit désobéir.
Dès lors qu’il y a une administration, il y a des ordres qui doivent être
exécutés. Les obligations ci-dessus analysées concernent toutes les
fonctions.
Section 2 : Les obligations particulières
Il s’agit des obligations relevant non plus des qualités techniques et pro
de l’agent mais, des qualités humaines (psychologie, morale...).
Paragraphe 1 : Le devoir de neutralité et loyalisme
A- Le devoir de neutralité
(Les lois de Roland sur le service public à télécharger et consulter).
Ce devoir exige que l’exercice de ses fonctions, le comportement de
l’agent soit entièrement indépendant de ses opinions politique,
philosophique ou religieuse. Il ne doit pratiquer aucune discrimination fondée
sur ses opinions. Ce devoir s’attache à tout service public car, là où il y a
service public, il y a obligation de neutralité et il n’a pas besoin d’être

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35
consacré pour exister (même sans texte, il est là). Avis du CE, 27 novembre
1987, AJDA 1990, p.39 : devoir de neutralité à propos du foulard islamique.
B- Le devoir de loyalisme à l’égard de la nation : (article 32 du
statut général)
Ce principe signifie que les fonctionnaires n’ont pas le droit d’adopter une
attitude antinationale, antipatriotique. Être loyal, c’est montré qu’on aime
son pays à travers ses symboles. Exemple : disposer dans son bureau un
portrait du président de la République ou un drapeau du pays. En revanche,
être anti-loyal c’est montré sa haine, son aversion contre son pays à travers
ses symboles : reverser la photo du président de la République, déchirer ou
bruler l’emblème, s’habiller en emblème. En France, des nombreuses
décisions ont été prises contre ces actes anti-loyaux. C’est ainsi qu’une
décision du Conseil d’Etat, 25 novembre 1935, de France. Dans cet arrêt, un
fonctionnaire a prophétisé que le drapeau rouge (russe) abattra l’ignoble
drapeau tricolore (français).
Paragraphe 2 : Le devoir de discrétion professionnelle et le secret
professionnel
A- Le devoir de discrétion professionnelle
Il était prévu dans l’article 26 alinéa 2 de l’ancien et désormais l’article 35
alinéa 1er du nouveau statut. Ce devoir consiste en une obligation de non
divulgation des faits, informations, documents dont les agents ont pu avoir
connaissance dans l’exercice de leur fonction. La divulgation peut se faire
par tout moyen : onde, affiche, etc. Des informations et documents dont la
divulgation peut nuire au bon accomplissement des tâches ou à
l’administration. Cette obligation est instituée dans l’intérêt du service dont il
vise à protéger le secret : ce sont des secrets de l’administration. Les agents
peuvent être déliés de ce devoir par l’autorité dont ils relèvent.
B- Le devoir du secret professionnel
Il est prévu par l’article 35 alinéa 2 du nouveau statut. Ce devoir consiste
en une obligation de non divulgation d’informations dont l’agent est
dépositaire ou a eu connaissance en raison de ses fonctions et qui
concernent les usagers et les secrets qu’ils confient. Cette obligation
concerne particulièrement, les magistrats, médecins, chirurgiens, services
fiscaux qui sont en situation de détenir des situations confidentielles donc la
publication pourrait nuire aux intérêts privés des usagers. Seule, la loi peut
les délier de ce devoir de même que le bénéficiaire peut délier le
fonctionnaire à divulguer l’information. Le devoir de secret professionnel
peut faire l’objet d’une sanction disciplinaire et même pénale.

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Comparez le devoir de discrétion et secret professionnel
Objet : obligation de non divulgation
Destinataire : administration et bénéficiaires
Sanction : disciplinaire et pénale
Délier : supérieur hiérarchique et loi et le bénéficiaire
Paragraphe 3 : Le devoir de réserve
Il est inscrit dans l’article 34 alinéa 4 du nouveau statut. Ce devoir impose
aux fonctionnaires, en dehors de leur fonction, l’observation d’une certaine
retenue dans l’observation ou l’expression de leurs opinions politique,
religieuse, philosophique. À la différence du devoir de neutralité s’impose au
fonctionnaire qui n’est pas en service et qui se trouve dans la vie extra-
professionnelle : participation à une manifestation non autorisée, offense au
chef. L’appréciation du comportement du fonctionnaire sera fonction du rang
et du grade du fonctionnaire ou de la nature de ses fonctions de même que
le lieu de la fonction : un conseiller d’Etat, un magistrat, un administrateur
civil seront tenus de la réserve de même qu’un fonctionnaire à l’étranger
sera tenu du devoir de réserve que s’il était sur le territoire national.
Section 3 : Les sanctions des obligations : la répression
disciplinaire
La répression disciplinaire est le pouvoir donné au supérieur hiérarchique
d’’infliger des sanctions aux fonctionnaires ayant commis des fautes dans
l’exercice de leur fonction. Quelle est la nature de la répression disciplinaire
et son régime juridique ?
Paragraphe 1 : La nature de la répression disciplinaire
Pour déterminer cette nature, il faut la comparer avec la répression
pénale, décision juridictionnelle ainsi qu’avec la mesure administrative.
A-La répression disciplinaire et répression pénale
 La répression disciplinaire ne touche que les seuls fonctionnaires et
dans leur fonction tandis que la répression pénale porte sur toute
personne y compris les fonctionnaires. Par ailleurs, la répression
pénale les atteint aussi bien dans leur vie, liberté ou dans leurs biens ;
 Par conséquent, il y a indépendance entre les deux types de
répression. Les deux ne se confondent pas. Ainsi, des faits peuvent
être constitutifs de fautes disciplinaires sans être une faute pénale. De
même, un fait peut constituer à la fois une faute disciplinaire et une
faute pénale.

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B- La répression disciplinaire et la décision juridictionnelle
La décision disciplinaire n’est pas au sens formel, une décision
juridictionnelle sauf exception : le contrôle d’une décision disciplinaire est un
contrôle de légalité par la voie du recours pour excès e pouvoir.
C-Mesure disciplinaire et mesure administrative
Les mesures disciplinaires sont des actes administratifs. Toutefois, il
s’agit des mesures administratives à caractère particulier en ce qu’elles
visent à sanctionner une faute professionnelle. Quant à la mesure
administrative, elle est prise uniquement dans l’intérêt du service. C’est
donc par leur but qu’on peut distinguer mesure disciplinaire et
administrative. Cette distinction a intérêt pratique. En effet, une mesure
administrative n’est pas soumise à une procédure préalable. Il est donc à
craindre que la véritable sanction soit déguisée sous la forme de simple
mesure administrative : c’est l’exemple d’une mesure d’affectation ou de
mutation d’un fonctionnaire. C’est ce que réaffirme la chambre
administrative de la Cour Suprême dans une espèce du 24 juin 1998 Chérif
VAHIVOIA contre ministère des ressources pétrolières et minières « la
décision d’affectation ne doit pas revêtir les caractères d’une sanction
disciplinaire et s’apparenter à une ... ».
Paragraphe 2 : Le régime de la répression disciplinaire
A- Les pouvoirs de l’autorité disciplinaire
1-La notion de faute disciplinaire
En l’absence de définition légale, il appartient à l’autorité disciplinaire
d’apprécier et de décider si un tel comportement est ou non, une faute
disciplinaire (article 99 alinéa 2 du nouveau statut ; 73 du statut de 1992).
C’est un large pouvoir discrétionnaire (appréciation en toute opportunité
amis, pas en légalité. Ce n’est pas arbitraire) qui est reconnu à l’autorité
disciplinaire : en droit français, il a été jugé par le CE qu’un policier hors
service cause un accident en conduisant en état d’ivresse à bord de sa
voiture personnelle d’avoir commis une faute disciplinaire.
2-Sanction disciplinaire
Contrairement aux fautes, les sanctions déterminées par le statut (article
100 du nouveau et 74 de l’ancien). Deux catégories de sanction énumérées
dans un ordre de gravité croissante :
a- Les sanctions du premier degré
 L’avertissement
 Le blâme

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 Le déplacement d’office
 La radiation du tableau d’avancement
 La réduction du traitement dans la proposition de 25% pour une durée
de maximum 30 jours
Il n’y avait que les trois premières avec l’ancien statut. Elles sont
prononcées par : le ministre technique, préfet, sous-préfets, directeurs
généraux des établissements publics nationaux.
b- Les sanctions du second degré
 La réduction du traitement à 50% pour une période de 3 mois
maximum
 L’exclusion temporaire pendant 6 mois maximum sans salaire
 L’abaissement d’échelon
 L’abaissement de classe
 La rétrogradation
 La révocation avec ou sans suspension des droits à pension.
Le contrôle du pouvoir disciplinaire à consulter (rendez-vous master 2).
B- La procédure disciplinaire
Elle constitue pour les fonctionnaires, une garantie essentielle. Elle
commence par :
1-La demande d’explication
Toute procédure disciplinaire est déclenchée à partir de la demande
d’explication. Elle doit être écrite et non verbale. Ainsi, en est décidée la
CACS, dans un arrêt du 27 février 1974 EDDIE Soho Zépherin contre
ministère... Elle consiste à demander à l’agent de s’expliquer sur son
comportement.
2-La communication du dossier
Aux vues des explications fournies, si l’autorité disciplinaire souhaite
sanctionner l’agent, elle doit dès lors lui communiquer son dossier. S’il s’agit
d’une communication de premier degré, celle-ci peut suivre la
communication du dossier. En revanche, si l’autorité envisage une sanction
du second degré, elle doit alors passer par le conseil de discipline.
3-Le conseil de discipline
Il est prévu par l’article 102 du nouveau statut. Avec cet organe, la
répression disciplinaire se rapproche de la répression pénale car ce sont
d’autres fonctionnaires qui vont juger leurs pairs et non pas un supérieur
hiérarchique. En effet, le conseil de discipline comprend 6 membres au

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moins et 9 au plus tous des fonctionnaires de la catégorie A3 (de l’ancien
statut articles 75-76). Il est saisi par :
 Le ministre
 Un rapporteur instruit un dossier adressé à un président du conseil
lequel, fixe la date de l’audience. Les parties sont convoquées. La
procédure devant le conseil de discipline est contradictoire. Le
fonctionnaire peut présenter ses observations écrites ou verbales, citer
des témoins, se faire représenter par avocat et après toutes ces
phases, le conseil délibère et rend son avis lequel est transmis au
ministre. Le ministre peut comme ne peut pas tenir compte de l’avis
pour prendre sa décision. Mais, il ne peut prendre sa décision sans
réception de l’avis du conseil.
C’est seul le ministre de la fonction publique qui peut prendre les sanctions
du second degré.

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