L'introduction (pages 7 à 9) du document explore le rôle de l'investissement direct étranger (IDE) dans
les pays en développement, en soulignant son impact sur la croissance économique et les défis qu'il
présente. L'IDE est défini comme l'acquisition par un investisseur étranger d'au moins 10 % du capital
social d'une entreprise locale, souvent accompagné par des fusions, acquisitions ou la création de
nouvelles entreprises.
Les IDE offrent des avantages tels que la création d'emplois, le transfert de technologies et l'accès aux
marchés internationaux. Cependant, ces investissements dépendent fortement de la qualité de la
gouvernance et des institutions. Dans les pays où les droits de propriété sont mal définis ou les systèmes
juridiques faibles, les investisseurs exigent des rendements élevés en raison des risques associés. Des
problèmes tels que la corruption, les conflits politiques et les instabilités institutionnelles aggravent
cette situation.
En Afrique subsaharienne, les entrées d'IDE et les exportations varient selon les pays. Par exemple, au
Bénin, entre 2010 et 2018, les exportations ont augmenté, mais les flux d'IDE ont été limités par des
problèmes de gouvernance. La corruption et la mauvaise qualité institutionnelle affectent négativement
les flux d'IDE, selon de nombreuses études.
L'objectif du document est d'analyser l'effet de la gouvernance sur la relation entre l'ouverture
commerciale et les IDE dans l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA). Il met en
lumière le besoin de réformes institutionnelles pour sécuriser ces investissements, renforcer les
échanges commerciaux et stimuler le développement économique dans la région.
La section « IDE et ouverture commerciale » (pages 9 à 10) examine l'impact de l'ouverture commerciale
sur les investissements directs étrangers (IDE) et leur relation avec la croissance économique. Elle met
en évidence plusieurs points clés à partir de recherches empiriques :
1. Effets variables de l'ouverture commerciale sur les IDE :
L'ouverture commerciale peut avoir des effets négatifs à long terme sur les entrées d'IDE. Par exemple,
Mudiyanselage et al. (2021) ont constaté que des niveaux élevés d'ouverture réduisent la probabilité
d'attirer des IDE sur le long terme. Cependant, d'autres études, comme celle de Makki et Somwaru
(2004), montrent que les IDE et le commerce favorisent la croissance économique lorsqu'ils
interagissent positivement.
2. Rôle des conditions institutionnelles et économiques :
Les impacts de l'ouverture commerciale et des IDE dépendent du contexte institutionnel et économique.
Kin et al. (2013) ont observé que dans des pays avec un faible capital humain et un haut niveau de
corruption, l'ouverture commerciale affecte négativement les investissements. En revanche, les IDE
peuvent stimuler l'investissement dans des environnements à corruption élevée mais dotés de secteurs
financiers moins développés.
3. Importance des institutions :
La qualité institutionnelle joue un rôle crucial. Elle aide à réduire les problèmes d'asymétrie
d'information, améliore l'allocation des ressources et renforce les relations entre capital humain,
facteurs physiques et croissance économique. Des institutions de meilleure qualité sont associées à des
avantages comparatifs et à une intensification des échanges commerciaux (Levchenko, 2007; Balavac et
Pugh, 2016).
4. Interaction entre gouvernance et IDE :
Okada et Samreth (2014) ont montré que la bonne gouvernance, notamment le contrôle de la
corruption, peut renforcer les effets positifs des IDE sur la croissance économique. Par ailleurs, les
réformes institutionnelles accompagnées d'accords commerciaux augmentent l'accès au marché et
favorisent l'expansion des échanges.
En résumé, l'ouverture commerciale et les IDE interagissent de manière complexe avec la qualité
institutionnelle, le capital humain et le développement financier. Des institutions solides et des réformes
adaptées sont nécessaires pour maximiser leurs bénéfices sur la croissance économique.
La section « Investissement direct étranger et gouvernance » (pages 10 à 11) analyse l'influence de la
gouvernance sur les flux d'investissements directs étrangers (IDE) et leur impact sur le développement
économique. Les points essentiels sont :
1. Définition et rôle de la gouvernance :
Selon la Banque mondiale (1990), la gouvernance désigne l'exercice du pouvoir dans la gestion des
ressources économiques et sociales d'un pays pour favoriser son développement. Elle inclut des
dimensions telles que la qualité réglementaire, la stabilité politique, l'efficacité gouvernementale, l'État
de droit, et le contrôle de la corruption (Kaufman et al., 2003).
2. Impact de la bonne gouvernance sur les IDE :
Une gouvernance efficace est essentielle pour attirer les IDE. Elle réduit les incertitudes et favorise un
environnement économique stable et transparent. Des institutions solides permettent également de
limiter les obstacles liés à l'information asymétrique, améliorant ainsi la confiance des investisseurs
étrangers.
3. Effets de la corruption :
La corruption est identifiée comme un frein majeur aux entrées d'IDE. Elle nuit à l'allocation optimale
des ressources, alourdit les coûts des transactions, et réduit l'attractivité des marchés pour les
investisseurs. Des études comme celles de Shleifer et Vishny (1993) confirment que la corruption est un
obstacle significatif au développement économique et à la qualité institutionnelle.
4. Lien entre institutions, commerce et IDE :
Les institutions jouent un rôle clé dans la relation entre ouverture commerciale et IDE. Elles agissent
comme un cadre régulateur et une source d'avantages comparatifs. Des institutions de qualité
favorisent également la diversification des exportations et attirent des IDE à long terme.
5. Nécessité des réformes institutionnelles :
Des réformes institutionnelles, telles que le renforcement de la qualité réglementaire et le contrôle de la
corruption, sont indispensables pour maximiser les retombées positives des IDE. Ces réformes peuvent
également améliorer les conditions commerciales et stimuler les flux financiers internationaux.
En résumé, la gouvernance est un levier stratégique pour renforcer l'attractivité des IDE et promouvoir
une croissance économique durable, particulièrement dans les pays en développement où les
institutions restent souvent faibles.
La section « Revue empirique sur la gouvernance, IDE et ouverture commerciale » (pages 11 à 12)
examine les interactions entre gouvernance, investissements directs étrangers (IDE) et ouverture
commerciale, en s'appuyant sur des études empiriques. Voici les points principaux :
1. Impact de la gouvernance sur les IDE :
La mauvaise gouvernance, caractérisée par des réglementations restrictives et une instabilité politique,
décourage les IDE. Dupasquier et Osakwe (2006) démontrent que des environnements réglementaires
complexes et un cadre institutionnel faible réduisent les flux d’IDE. De plus, les politiques de contrôle
des capitaux peuvent avoir des effets variables, selon les régions (Asiedu, 2004).
2. Rôle de la corruption :
Les niveaux élevés de corruption, associés à un manque de transparence, dissuadent les investisseurs
étrangers. Des études comme celle d’Al-Sadig (2009) montrent que la corruption réduit
significativement les entrées d’IDE. La corruption entrave également la stabilité macroéconomique et
limite les bénéfices des IDE.
3. Conditions politiques et institutionnelles :
Clarke et Logan (2008) soulignent que les IDE sont plus élevés dans les pays disposant d’une meilleure
infrastructure et d’un risque politique faible. Cependant, Kinda (2010) identifie les contraintes
institutionnelles et les déficiences en infrastructures comme des obstacles majeurs à l’attraction des IDE.
4. Qualité institutionnelle et transmission des retombées des IDE :
La qualité institutionnelle joue un rôle crucial pour transformer les IDE en moteurs de croissance
économique. Pegdwendé (2018) illustre que dans les pays d'Afrique subsaharienne, la gouvernance
conditionne la capacité à tirer parti des retombées des IDE, notamment ceux provenant de la Chine.
5. Complémentarité entre gouvernance et ouverture commerciale :
La gouvernance est essentielle pour exploiter les effets positifs de l'ouverture commerciale. Les
institutions efficaces réduisent les asymétries d'information, facilitent le commerce et augmentent
l'attractivité des IDE. Cependant, les autres dimensions de la gouvernance, au-delà du contrôle de la
corruption, méritent une exploration approfondie.
En résumé, la revue empirique montre que la qualité de la gouvernance et des institutions influence
directement les flux d'IDE et les bénéfices de l'ouverture commerciale. La réduction de la corruption, la
stabilité politique et des infrastructures améliorées sont des conditions nécessaires pour maximiser les
avantages des IDE et des échanges internationaux.
Le document présente une analyse méthodologique et des données pour évaluer l’impact de la
gouvernance sur la relation entre l’investissement direct étranger (IDE) et l’ouverture commerciale dans
les pays de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) entre 2009 et 2020. Voici un
résumé des sections pertinentes :
Approche méthodologique
Modèle économétrique :
Un modèle économétrique basé sur la théorie du « pull-factor » a été utilisé pour examiner les
déterminants spécifiques de l’UEMOA influençant les décisions d'investissement des multinationales.
Le modèle inclut des effets individuels (fixes ou aléatoires) pour capturer les spécificités de chaque pays
de l'Union.
Un modèle ARDL (AutoRegressive Distributed Lag) a été appliqué pour analyser les relations de court et
long terme entre les variables explicatives et dépendantes.
Variables et données :
Variable dépendante : Ratio IDE/PIB.
Variables explicatives : Indicateurs de gouvernance (contrôle de la corruption, qualité de la
réglementation, stabilité politique, etc.), ouverture commerciale (logarithme des exportations et
importations rapportées au PIB), capital humain, formation brute de capital fixe et masse monétaire.
Les données proviennent des bases de la Banque mondiale (Worldwide Governance Indicators et
Development Indicators).
Hypothèse de cointégration :
La relation de long terme est testée en s’assurant que les coefficients des variables sont négatifs et
significatifs.
Données et analyse statistique
Résumé descriptif :
Les statistiques montrent une variabilité notable entre les pays, avec un faible niveau d'IDE moyen dans
l'UEMOA. Les écarts-types des indicateurs de gouvernance sont relativement faibles, ce qui indique une
homogénéité relative au sein de l’Union.
Indicateurs de gouvernance :
Une analyse en composantes principales (ACP) a été réalisée pour consolider les six indicateurs de
gouvernance en un score unique permettant de mieux expliquer leur influence.
Ce cadre méthodologique met en avant l’importance de la qualité institutionnelle pour attirer les IDE, en
intégrant des spécificités économiques et des indicateurs régionaux propres à l’UEMOA.