Caractérisation de l'or à Koupèla
Caractérisation de l'or à Koupèla
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RESUME
Le gite d‟or de Koupèla est localisé au Centre-est du Burkina Faso (Afrique de l‟Ouest) et
représente un exemple type des systèmes aurifères associés aux intrusions réduites (SAAIR).
L‟or se trouve dans des filons de quartz encaissés dans le granite ou disséminé dans les
portions cisaillées et altérées du granite. L‟ensemble du massif d‟une extension NE-SW, est
encaissé dans une tonalite sauf dans ses parties nord et sud, où il est en contact avec des
formations volcanosédimentaires birimiennes. Des études pétrographiques, structurales et
géochimiques ont été menées dans une portion délimitée du granite. Dans cette zone située au
sud du massif, la minéralisation disséminée a été rencontrée à Liguidi Malguem, où le minerai
de granite a fait l‟objet d‟une étude minéralogique et de récupération de l‟or par différentes
méthodes de traitement.
Le faciès de granite identifié, est une granodiorite porphyroïde avec des mégacristaux de
feldspath potassique et de nombreuses enclaves basiques. Elle présente une signature
géochimique de type « mixte » S et I, méta alumineuse et réduite à magnétite et ilménite. Le
caractère alumineux et la position du granite sur une zone de relai des structures cisaillantes
de Markoye, ont facilité les circulations de fluides minéralisateurs. Les phénomènes
hydrothermaux responsables de la minéralisation sont bien définis, notamment dans les
parties cisaillées du granite, et caractérisés par des altérations de type potassique, propylitique
et la silicification. Dans les filons de quartz minéralisé, l‟altération est constituée d‟un
assemblage de quartz-biotite-muscovite-apatite et magnétite. Les faciès filoniens identifiés
autres que le quartz, sont constitués de granite leucocrate à biotite, microgranite et aplite.
Les études métallurgiques du minerai de granite indiquent un work index voisin de celui du
granite pur. Les grains d‟or sont fins (généralement <1 à 50 μm) et associés aux sulfures
(pyrite et arsénopyrite). Les études préliminaires et comparatives de valorisation du minerai
(essais de traitement) montrent que la méthode combinatoire flottation-lixiviation apparait la
plus adaptée au traitement.
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ABSTRACT
The Koupèla gold deposit is located in the Center-eastern of Burkina (West Africa) and
represents a standard example of the Intrusion Related Gold Systems (IRGD). Gold is
concentrated within the quartz veins in the granite or disseminated in the shear portions and
altered of the granite. The granite is oriented NE-SW and hosted in a tonalite except in its
parts north and south, where it is in contact with birimian volcano-sedimentary formations.
Petrographic, structural and geochemical studies have been led in a portion delimited of the
granite. In this zone situated to the south of the massif, the disseminated mineralization has
been met in Liguidi Malguem, where the ore of granite was the subject of a mineralogical
survey and recuperation of gold by different methods of treatment.
The metallurgic studies of the granite ore indicate a work index neighboring of the one of the
pure granite. The grains of gold are thin (generally <1 to 50μm) and associated to the sulphide
(pyrite and arsenopyrite). The exploratory and comparative studies of ore valorization (tests of
treatment) show that the method combinative flotation-lixiviation appears the most adapted to
the treatment.
3
AVANT PROPOS
Ce mémoire est la synthèse de mes travaux d‟initiation à la recherche. Il s‟inscrit dans le
programme de formation des étudiants en Master Ressources Minérales/Géotechnique
(RM/G) de l‟université de Ouagadougou (Burkina Faso). Ce travail non solitaire a connu la
participation de plus qu‟un. C‟est pourquoi à travers ces mots dont je suis la plume, je
témoigne mes reconnaissances authentiques :
4
Mes remerciements vont au Dr Aboubakar SAKO pour notre formation sur le logiciel
d‟analyses statistiques (IBM SPSS Statistics 20) et les mots d‟encouragement qu‟il n‟a cessé
de nous lancer.
A mon oncle Léné Louis SEBGO, je dis merci pour avoir ensemencé dans mon cœur un grain
d‟espoir. Ses soutiens variés et multiformes m‟ont permis de toujours affronter sans effroi
aucun, les difficultés de cet apprentissage. Jamais je n‟oublierai ce qu‟il a fait pour moi. Je
reste enfin persuadé que je saurai perpétuer l‟esprit de combativité qu‟il m‟a inculqué et les
gestes humbles et merveilleux dont il a toujours fait montre.
Je tire mon chapeau à mon cousin Pascal PAHIMA qui, nonobstant ses multiples charges, m‟a
toujours intégré dans ses préoccupations. Comme on a l‟habitude de le dire dans notre langue
(Mooré) : «Need ka woambdin n bang nÕog yé : Le caractère bon d‟un Homme ne s‟apprécie
pas par la consommation de sa chair ». Cette bonté, qui le caractérise a été toujours pour moi
une assurance même quand toutes les portes me semblent fermées. Jamais je n‟oublierai ce
qu‟il a fait pour moi durant ce temps long et difficile.
Mes remerciements vont également à tous les membres et camarades des différents
laboratoires pour leur franche collaboration, leurs conseils et soutiens multiples.
Particulièrement mon insigne désir de reconnaissance va à mon frère Monsieur Boukaré
KABORE, Doctorant à l‟Université de Ouagadougou (Département de chimie) et actuel
responsable de contrôle qualité du laboratoire national (BUMIGEB) pour ses soutiens
multiformes.
Je dis merci à mon ami et « frère » Jean BALBONE avec qui nous avons partagé la même vie
du ghetto. Je n‟oublie pas qu‟il n‟a cessé de me répéter: « Frère, je suis fier de toi et retiens
qu‟un jour, cette vie que nous menons ne sera qu‟un souvenir. Quand viendra ce moment,
sachons que le passé peut avec profit accompagner le présent et même guider notre avenir. »
A mes parents, mes frères et sœurs je leurs témoigne mon respect et ma reconnaissance. Je
rends hommage particulièrement à ma Maman chérie qui malgré la malchance qu‟elle a eu de
ne pas visiter l‟école du blanc m‟a toujours fait entendre ces mots: « Fonces, accroches-toi et
tu y arriveras ».
A tous ceux qui, de loin ou de près ont participé à cette formation et malheureusement n‟ont
pas leurs noms cités, je leur présente mes excuses et leur témoigne mes sincères
reconnaissances.
5
DEDICACES
Je viens du ghetto, le ghetto qui n’enfante pas mais qui éduque et je dédie ce mémoire :
A ceux qui ont toujours eu tort, qui ont toujours eu des questions à se poser.
A ceux qui ont le cœur meurtri et, qui ne cesse de battre à chaque coup de pensée.
A ceux qui ont leur âme égarée loin des ombrages, sous le soleil accablant.
A ceux qui croient, que manger à sa faim est un rêve.
A ceux qui ont peur d’aborder la nuit, qui les conduira tout droit au lendemain.
A ces millions d’êtres qui sont dans les ghettos, parce qu’ils ont la peau noire ou qu’ils sont de
cultures ou de religions différentes et, qui bénéficient d’un statut à peine supérieur à celui d’un
animal.
Aux chômeurs, des systèmes structurellement injustes et conjoncturellement désaxés, réduits à
ne percevoir de la vie que le reflet de celle des plus nantis.
Aux malades, qui scrutent avec anxiété, les horizons d’une science accaparée par les marchands
d’artillerie.
Aux mères des pays démunis, qui voient mourir leurs enfants de paludisme ou d’Ebola, ignorant
qu’il existe pour les sauver, des moyens simples que la science des multinationales ne leurs offre
pas. Préférant investir, dans des laboratoires de cosmétiques et dans la chirurgie esthétique,
pour les caprices de quelques femmes ou d’hommes, dont la coquetterie est menacée par les
excès de calorie de leur repas trop riche.
Aux sans voix, qui cherchent vainement à se faire entendre et faire prendre en considération
réelle, leur opinion.
« Au cours de ma vie, je me suis entièrement consacré à la lutte du peuple Africain. J’ai lutté
contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été
celui d’une société libre et démocratique, dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des
chances égales. J’espère vivre assez pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal
pour lequel je suis prêt à mourir » (déclaration de Nelson Mandela juste avant sa condamnation à
la prison à vie lors du procès de Rivonia en 1964).
« Si la mort physique est le prix à payer pour libérer nos frères blancs d’une mort spirituelle
irrévocable, rien ne peut être alors plus rédempteur » (déclaration de Martin Luther King avant
son assassinat le 4 avril 1968 à Memphis).
« L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort.
Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte
d’un maitre qui prétend l’affranchir : seule la lutte et le travail libèrent. » (Thomas Sankara : tiré
de son discours prononcé à la 39e session de l’assemblée générale de l’organisation des nations
unies, New-York le 04 octobre 1984).
A tous ces vaillants héros, que la terre vous soit légère et que vos esprits nous inspirent pour un
idéal : celui du COMBAT pour l’EGALITE, la JUSTICE, la LIBERTÉ et le DROIT.
Ainsi soit-il!
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SOMMAIRE
III.1- Préambule……………………………………………………………………………………….22
(i) Flottation……………………………………………………………………………………………27
7
CHAPITRE II : CARACTERISATION DU CONTENANT : LE PLUTON
GRANITIQUE ET SES FILONS
IV.1.1- Granite…………………………………………………………………………………………36
IV.1.4- Altérations…………………………………………………………………………………….56
IV.2.1- Macrostructures…………………………………………………………………………….…59
IV.2.2- Microstructures………………………………………………………………………………..65
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CHAPITRE III
ESSAIS DE TRAITEMENT DU MINERAI GRANITIQUE
V.1.1- Densité…………………………………………………………………………………….……83
V.2.1- Flottation………………………………………………………………………………………..89
CHAPITRE IV
DISCUSSIONS, CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES……………………………………………………..………104
TABLEAUX ANNEXES……………………………………………………………………………118
9
CHAPITRE I : CONTEXTE DE L’ETUDE ET DEMARCHES
METHODOLOGIQUES
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I- INTRODUCTION & PROBLEMATIQUES
Le Burkina Faso regorge d‟un potentiel minier certain et l‟exploitation des ressources
minières, notamment aurifères a connu un essor ces dernières années : le pays compte à
présent sept mines d‟or actives. Le Burkina Faso est devenu le quatrième pays africain
producteur d‟or depuis 2010 et la plupart des dépôts aurifères se trouvent dans les shear zones
des ceintures birimiennes. Deux grands types de minéralisations aurifères se distinguent : (1)
les minéralisations concentrées dans des filons de quartz (Sanogo et Prost., 1993 ; Bourges
et al., 1994 et 1998 ; Béziat et al., 1999). (2) les minéralisations disséminées dans des
albitites (Bamba et al., 1997 ; Klemd et Ott., 1997) et dans des listvénites (Béziat et al.,
1998). Dans les dépôts à gros tonnage et basse teneur, les particules d‟or apparaissent
disséminées et associées aux sulfures dans les halos d‟altération des veines à quartz ± albite
± carbonates. Les minéralisations à haute teneur se retrouvent dans des filons et veines de
quartz déformés. L‟or dans ces formations apparait principalement associé à la pyrite ou la
tourmaline. Ces types de dépôts sont encaissés dans plusieurs lithologies : formations
mafiques dominées par les séries tholéitiques (ex. Taparko ; Gangaol ; Bayialdiaga), unités
felsiques dominées par les séries calco-alcalines (ex. Yaramoko) et métasédiments (ex. Fété
Kolé).
Liguidi couvre une portion de la ceinture des roches vertes birimiennes de Manga et est
contigu à la partie nord, de notre zone d‟étude qui est le massif granitique de Koupèla. La
majorité des roches du permis, est composée de roches intrusives felsiques (granite et
granodiorite), de roches volcaniques et subvolcaniques et de sédiments volcano-clastiques
constitués essentiellement d‟argilite, silstone, arkose, grauwacke et conglomérat. Ces roches
ont subi une déformation ductile intense avec des assemblages de chlorite, séricite, quartz-
séricite et schistes graphiteux. Une zone importante de déformations s‟étend de la bordure
sud-ouest à la bordure nord-est du permis et coïncide, avec une importante zone d‟anomalie
d‟or longue de 13km. Cette zone de déformations est interprétée comme la zone de passage
des grandes structures cisaillantes de Markoye. L‟orpaillage s‟effectue dans des filons de
quartz bréchifié aux bordures de dykes de gabbro. La minéralisation est composée de 2-10%
de pyrrhotite et pyrite, 2% de chalcopyrite et 1% d‟arsénopyrite. D‟autres anomalies (As, Ag,
Cu, Mo, Pb Zn) ont été également identifiées (Rapport technique Truegold., 2013).
Après l‟époque filon de quartz, l‟époque minéralisation disséminée, de nos jours la plupart
des compagnies minières qui prospectent l‟or regardent les granitoïdes avec un grand intérêt
eu égard aux bons résultats révélés par ces formations. Le massif granitique de Koupèla fait
l‟objet d‟orpaillage. Cette activité est pratiquée dans du granite déformé et minéralisé, dans
des filons de quartz bréchifié encaissés dans le granite, mais aussi dans des placers
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alluvionnaires aux bordures du pluton. Suite à ces constats, la présente étude a été entreprise
afin de caractériser la minéralisation aurifère du massif granitique de Koupèla.
Les minéralisations directement liées aux plutons granitiques, sont reconnues de nos jours
comme pourvoyeuses de métaux précieux (ex : Au ; Ag), de métaux de base (ex : Cu, Pb, Zn)
et de métaux rares (ex : Te) sous forme de différents types de gisements (porphyres
cuprifères, les filons périgranitiques, les skarns…). Les gites périgranitiques en l‟occurrence
recèlent une minéralisation en or qui a fait l‟objet ces trois dernières décennies, d‟une
abondante littérature avec des discussions poussées qui ont vu apparaitre des terminologies
diverses et évolutives. Au début des années 1990, de nombreux auteurs ont constaté
notamment en Alaska et Yukon, un fort lien spatial entre les minéralisations aurifères et des
intrusions magmatiques (Hollister., 1992 ; Bakke., 1995 ; Newberry et al., 1998 ;
Thompson et al., 1999 ; Lang et al., 2000 ; Mustard., 2001 et 2004). Dorénavant dénommé
« Reduced Intrusion-Related Gold Deposit/System (IRGD ou IRGS)» (Goldfarb et al.,
2005 ; McKay et Wake., 2006), ce type de gisement se caractérise par des intrusions
(granodiorite à granite) à faible fugacité en oxygène (réduites) et une chimie de type
alumineux et peralumineux (Thompson et al., 1999). La traduction française des IRGS est
Systèmes Aurifères Associés à des Intrusions Réduites (SAAIR) (Hart., 2007).
L‟objectif global de la présente étude est de contribuer à une meilleure connaissance des
minéralisations aurifères développées au sein des granitoïdes du Burkina Faso. Les objectifs
spécifiques sont de mieux cerner le contenant et le contenu de la minéralisation à travers la
réalisation de :
i) Une étude pétrographique et géochimique du granite et des faciès qu‟il
encaisse.
ii) Une caractérisation à différentes échelles de la déformation dans le massif.
iii) Une caractérisation du minerai de granite par une étude minéralogique et de
récupération de l‟or par différentes méthodes de traitement.
De ces investigations, découleront les processus de mise en place de la minéralisation ; des
méthodes de valorisation du minerai pourront être proposées à partir des résultats de cette
étude, en comparaison avec ceux d‟autres investigations ; enfin, il sera proposé une ébauche
de guide d‟exploration de même qu‟un modèle de gisement.
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II- ZONE D’ETUDE
Le Burkina Faso occupe le centre de l‟Afrique Occidentale. Il est situé entre les latitudes 10°
et 15° Nord et les longitudes 2° et 5° Ouest. Au centre-est du pays, se localise la zone d‟étude.
C‟est une zone qui abrite la ville de Koupèla, à environ 140km de Ouagadougou la capitale.
Elle est accessible par la route nationale N°4 (RN4), portion de la route internationale
Ouagadougou-Niamey. Le massif granitique de Koupèla est logé précisément entre les
latitudes 12° et 12°40 Nord et les longitudes 0°30 Ouest et 0°10 Est (Fig. 1).
Les connaissances les plus récentes sur la zone d‟étude sont celles du projet SYSMIN
(Castaing et al., 2003). Ces travaux ont permis de cartographier le massif qui montre une
orientation NE-SW et une superficie d‟environ 1075 km2.
13
II.2- Contexte géologique régional
Le craton Ouest Africain s‟étend sur plus de 3,3 millions de km2 et sur quatorze (14) pays :
Algérie, Burkina Faso, Côte d‟Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée-Bissau, Guinée Conakry,
Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Sierra Léone et Togo. Il est constitué d‟une dorsale
au Nord (Réguibat) et d‟une autre au Sud (Man) bien distincte. Une plateforme sédimentaire
(Taoudéni) d‟environ 2,2 millions de km2 les sépare (Fig. 2).
La dorsale de Man ou Léo est constituée d‟un domaine archéen à l‟Ouest et d‟un domaine
paléoprotérozoïque (birimien) à l‟Est. La distinction entre les deux ensembles se faisait
d‟abord au niveau pétrographique. Le domaine archéen est en effet composé pour l‟essentiel
de formations de haut grade métamorphique et le domaine birimien, de formations de bas
grade. Ainsi on supposait que les ceintures de roches vertes birimiennes se sont déposées dans
des bassins intracratoniques archéens (Tagini., 1971).
Les premières datations distinguaient déjà les deux domaines (Camil., 1984). Toutefois, le
caractère juvénile du domaine birimien, sans contamination apparente du continent archéen, a
été révélé par les travaux d’Abouchami et al. (1990), de Boher et al. (1992) et de Taylor et
al. (1992). Ce qui a valu l‟hypothèse d‟une genèse du domaine birimien loin du continent,
suivi par un rapprochement (Boher et al., 1992 ; Pawlig et al., 2006).
Les travaux de Kouamelan (1996); Kouamelan et al. (1997a & b) en Côte d‟Ivoire, ont
révélé l‟existence de reliques archéennes dans les formations birimiennes du Sud-ouest et du
centre-ouest. Ils ont également constaté une reprise des formations archéennes dans les
conditions du faciès des granulites de haute pression (Pitra et al., 2010) à l‟éburnéen. Ces
interactions archéen-birimien les ont conduit à proposer une mise en place des formations
birimiennes dans un contexte de rifting d‟un protocontinent archéen, modèle soutenu par la
présence d‟une relique archéenne dans les églab (Peucat et al., 2005) et le birimien de la
dorsale Réguibat.
Les conditions métamorphiques des roches birimiennes ont été estimées. On reconnait
généralement le faciès schiste vert dans les ceintures de roches vertes et le faciès amphibolite
aux alentours des granitoïdes (Ndiaye et al., 1989 ; Vidal et Alric., 1994 ; Debat et al., 2003
; Gasquet et al., 2003 ; Kribek et al., 2008 ; Vidal et al., 2009). De rares études démontrent
le métamorphisme de faciès amphibolite de caractère régional (Liégeois et al., 1991 au sud du
Mali ; John et al., 1999 ; Caby et al., 2000 au nord-est de la Côte d‟Ivoire; Klemd et al.,
2002 ; Galipp et al., 2003 au Ghana).
La majorité des gisements aurifères, a été mise en place dans les conditions de schistes verts
ou encore plus faibles (Klemd et al., 1993, 1996, 2002 ; Mumin et Fleet., 1995). Les
conditions de haute température et la migmatitisation, ont été reportées au sud du Ghana
(Opare-Addo et al., 1993 ; Feybesse et al., 2006) et au nord de la Côte d‟Ivoire (Arnould.,
1961; Caby et al., 2000). De récentes études ont révélé le métamorphisme de faciès schistes
verts de haute pression et schistes bleus dans la zone de Fada au Burkina Faso (Ganne et al.,
2012, 2014). Le métamorphisme de haut grade (faciès amphibolite-eclogite, granulite) a été
localisé au nord et au centre-ouest du Ghana (ceintures de Bole-Nangodi et Sefwi).
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De nombreux âges U/Pb sur le zircon de bonne précision, existent à l‟échelle de la dorsale
(e.g. Hirdes et al., 1996 ; Doumbia et al., 1998 ; Hirdes et Davis., 1998 ; Egal et al., 2002 ;
Gasquet et al., 2003 ; De Kock et al., 2011 ; Tapsoba et al., 2013). Cependant, les âges
métamorphiques sont très rares (Hirdes et al., 1996 ; De Kock et al., 2011) et les datations de
la minéralisation quasi inexistantes. Les quelques-unes en date sont celle du gisement d‟or
Damang au Ghana (Pigois et al., 2003) et les nouveaux âges obtenus par la méthode Re-Os
sur la pyrite, l‟arsénopyrite et la chalcopyrite dans le cadre du projet WAXI (Le Mignot et
al., 2013). La méthode de datation de monazite et xénotime hydrothermaux de basse
température (U-Pb) a été employée avec succès. C‟est le cas des gisements d‟âge précambrien
en Inde (Au) et en Australie de l‟Ouest (Mn, Zn, Ar, Pb) (Sarma et al., 2011 ; Muhling et
al., 2012).
Les granitoïdes représentent plus de 70% des formations géologiques de la dorsale. Au
Burkina, leurs études ont permis de distinguer deux grands ensembles :
i) un ensemble tonalitique d‟âge compris entre 2,2Ga (Béziat et al., 2000 sur la
diorite de Loraboué : 2190 Ma) et 2,1Ga (Kagambèga., 2005 sur le granite à amphibole de
Pô au sud du Burkina : 2136 Ma). Il est constitué de larges masses rubanées et foliées
composées de tonalites, trondhjémites et granodiorites.
ii) un ensemble granitique, intrusif dans le précédent et les roches vertes. Ce sont :
(a) des granites à biotite localement porphyroïdes vieux de 2,117 Ga (Castaing et al., 2003
sur l‟alignement Tenkodogo-Yamba : 2117 Ma) à 2,095 Ga (Castaing et al., 2003 sur le
granite à biotite de Koudougou : 2,099 Ga). (b) des granites mis en place autour de 2,105
(Castaing et al., 2003 sur le granite à biotite et amphibole de Koudougou: 2,108Ga) à 1,9 Ga
(Lompo., 1991 sur le granite de Kyon et de Ralo :1991Ma). Les faciès sont des granites à
biotite et souvent amphibole et des granites hétérogènes rubanés.
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Figure 2 : Schéma géologique de synthèse du Craton Ouest-Africain (Ennitt et Liégeois.,
2008). (a)- Couverture sédimentaire mésozoïque à récente ; (b)- Couverture sédimentaire
néoprotérozoïque et cambrienne ; (c)- Couverture sédimentaire paléozoïque ; (d)- Ceintures
varisques, terrains péri Gondwana ; (e) -Ceintures panafricaines ; (f)- Formations
paléoprotérozoïques ; (g)- Formations archéennes ; (h)- Bordure du bassin de Taoudéni ; ( i)-
Front de la déformation varisque.
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II.3- Contexte géologique local
17
aurifère est représentée par des disséminations et des zones de stocks werk. La paragénèse se
compose d‟or, de pyrite, d‟arsénopyrite et de chalcopyrite. Des indices à cassitérite et de REE
existent également en liaison avec des pegmatites du granite de Koupèla (Castaing et al.,
2003).
Globalement, les caractères structuraux de cette région orientale s‟intègrent dans trois phases
(D1 ; D2 ; D3) de déformations (Castaing et al., 2003) avec les marqueurs suivants:
Une première phase D1 caractérisée par l‟activation d‟un cisaillement transcurrent dextre
d‟orientation NE-SW consécutif au raccourcissement régional NW-SE. Ce cisaillement
affecte de manière ductile et fragile les volcano-sédiments et les batholites TTG déjà mis en
place. Il se définit par l‟allongement NE-SW des granites de seconde génération le long de
ces zones de cisaillement. Ex : le granite de Koupèla ; l‟alignement Tenkodogo-Yamba (Fig.
5).
Un cisaillement senestre NNE SSW recoupe les structures précoces de la D1. Cette phase D2
se traduit par :
- Une schistosité très redressée, orientée en direction NNE-SSW dans les volcano-
sédiments et le redressement de la stratification en bordure des plutons.
- Dans les granitoïdes, cette schistosité est frustre et marquée par des trainées de
minéraux. Les structures planaires telles que les rubanements, les fluidalités
magmatiques et les foliations sont très redressées, orientées en majorité NNE-SSW.
- La présence d‟une série de failles orientées NNE-SSW. Ces structures correspondent
au passage de la grande zone de cisaillement de Tiébélé-Dori-Markoye. Les failles
affectent aussi bien les ceintures de roches vertes que certains granites (ex le massif
granitique de Koupèla). Les dépôts déjà identifiés dans cette région se positionnent
pratiquement sur ce couloir de cisaillement ou sur les zones de relai des structures
cisaillantes du corridor. Exemples : Kiaka ; Liguidi (Fig. 5). A l‟instar de ces sites,
le granite de Koupèla constitue une zone privilégiée où les structures caractéristiques
de cette seconde phase sont bien présentes (Fig. 5).
La phase D3 représente une continuité des deux épisodes de cisaillements. Ils affectent la
majorité des plutons déjà mis en place et induisent un « rejeu » fragile de cisaillements
favorable à la mise en place de filons de quartz, microgranite et de dykes de dolérite. La
direction des filons de quartz concorde généralement ou est plus rarement oblique par rapport
à celle des roches (schistes, quartzites, granites) qu‟ils traversent.
- La déformation qui persiste, induit des zones très tectonisées avec des structures
mylonitiques à cataclastiques. Ces zones s‟observent le long de failles de direction
NE-SW ou NNE-SSW à l‟intérieur et aux bordures des granites.
Les structures tardives sont des fractures d‟orientations diverses (NE-SW ; NW-SE ; NNE-
SSW) qui affectent toutes les formations.
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Figure 3 : Carte géologique synthétique du Burkina Faso oriental, extraite de la carte
géologique du Burkina (Castaing et al., 2003).
a- Failles majeures ; b- Trace de la foliation ; c- Couverture sédimentaire néoprotérozoïque ;
d- Granites de seconde génération ; e- Séries TTG précoces (Tonalite, Trondhjémite,
Granodiorite) ; f- Roches vertes birimiennes ; g- Zone d‟étude (massif de Koupèla).
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Figure 4 : Carte des unités géologiques et localisation de la zone d‟étude, extraite de la carte
géologique du Burkina (Castaing et al., 2003).
a- Failles majeures ; b- Dyke de dolérite ; c- Filons de quartz ; d- Pegmatite ; e- Orthogneiss ;
f- Leucogranite ; g- Granite à biotite (granite de Koupèla) ; h- Métavolcanites et
métasédiments ; i- Amphibolites ; j- Diorite quartzique (Tonalite).
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Figure 5: Carte structurale régionale, extraite de la carte géologique du Burkina (Castaing et
al., 2003).
a- Failles majeures ; b- Failles majeures du corridor de Markoye ; c- Trajectoire de la foliation
au voisinage immédiat des plutons ; d- Granite de seconde génération ; e- Granite de
Koupèla ; f- Séries TTG précoces (Tonalite, Trondhjémite, granodiorite) ; g- Volcano-
sédiments ; h- Dépôts d‟or.
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III- DEMARCHES ET OUTILS
III.1- Préambule
A l‟échelle du paysage, les activités se sont essentiellement déroulées sur le terrain et ont
consisté en une analyse morphostructurale. Il s‟agit :
- D‟une description macroscopique de profils centrés sur quatre (04) filons orpaillés,
leurs encaissants immédiats déformés et lointains, et des descriptions ponctuelles du
massif sain et altéré à chaud. Le suivi des profils et le marquage des coordonnées des
points de description se sont faits à l‟aide d‟un récepteur GPS (Global Positionning
System/Système de positionnement mondial) GARMIN.
Les données et les échantillons récoltés sur le terrain ont été conditionnés pour des analyses
aux laboratoires. En fonction des objectifs fixés, diverses analyses ont été effectuées:
- Etudes pétrographiques ;
- Analyses géochimiques sur roche totale ;
- Traitements structuraux des données de mesures de terrain et analyses
microstructurales ;
- Analyses métallurgiques du minerai.
22
Figure 6: Organigramme de la démarche méthodologique.
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III.2- Analyses pétrographiques et microstructurales
Les différents faciès pétrographiques (granite, minerai de granite, quartz) ont été analysés par
Spectro Photomètre à Couplage Induit avec du plasma (ICP-MS) au laboratoire d‟analyses
chimiques du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB) et/ou par
Spectrométrie de Fluorescence X (XRF) au laboratoire d‟analyses chimiques de la compagnie
Orezone. Les éléments majeurs au nombre de dix (10) sont exprimés en pourcentage, tandis
que les éléments traces et les terres rares le sont en ppm. En outre, la perte au feu a été
mesurée pour certains échantillons. L‟analyse géochimique a eu pour but, la caractérisation
géochimique du massif, des faciès qu‟il encaisse et le suivi des comportements des éléments
majeurs et traces au cours des différents processus géochimiques.
24
III.5- Analyses métallurgiques
Les tests métallurgiques sur le minerai ont été réalisés au service minéralurgique du
laboratoire du Bureau des Mines et de la Géologie du Burkina (BUMIGEB). Ils ont consisté
en :
- La caractérisation minéralurgique du minerai par la détermination de sa densité et son
indice de broyabilité (Work index) ;
- La récupération de l‟or par des méthodes conventionnelles de traitement du minerai.
C‟est à dire par séparation gravimétrique par table à secousses, par flottation et par
lixiviation au cyanure en bouteille roulée ou Bottle roller (BLEG).
La densité est un paramètre majeur dans l‟estimation du contenu métal et peut être déterminée
par diverses méthodes. Toutefois, la méthode choisie doit être appropriée au type de dépôt et
au contexte géologique (Lipton., 2001 ; Bamba., 2009). Dans le cadre de cette étude, la
densité des échantillons a été déterminée à l‟aide d‟une balance hydrostatique électronique
(Sartorius 550 avec 5000g de portée maximum pour une précision de 0,1g). La balance
hydrostatique permet de déterminer le poids de l‟échantillon dans l'air (Pr), puis son poids
dans l'eau (Pa). En divisant son poids dans l'air par la différence des deux poids, on obtient sa
25
densité. Par exemple, si l‟échantillon pèse 2,4 grammes dans l'air et 1,8 grammes dans l'eau,
sa densité est de :
=4
A cet effet, l‟échantillon est d‟abord pesé à l‟air libre, enrobé ensuite dans un isolant en
plastique (pour éviter que l‟échantillon absorbe l‟eau et pour aussi empêcher sa
désagrégation) et pesé de nouveau dans l‟eau. Au totale cinq (05) blocs de minerai ont été
prélevés pour l‟opération.
Le work index ou l‟indice énergétique de Bond est un indice qui caractérise la broyabilité
d‟une matière. Il est exprimé en Kwh/short-ton (soit Kwh/907kg de matière) et correspond à
l‟énergie nécessaire pour réduire cette matière à une certaine granulométrie. Un niveau
relativement faible de cet indice, permet d‟envisager une opération de broyage du minerai
avec une consommation d‟énergie limitée. Le work index de certaines substances comme le
quartz pur ou le manganèse est connu et, sont considérées comme des substances de
référence. Cette manipulation consiste donc, à déterminer le work index (WI) du minerai par
la méthode indirecte avec, le quartz pur comme substance de référence et dont, le WI est égal
à 13,57kwh/sht.
Conditions opératoires
Les conditions opératoires sont les suivantes :
6,3kg de charges broyantes (boulets) ; cinq (05) échantillons identiques de 600g de minerai ;
cinq (05) échantillons identiques de 600g de quartz ; un taux de dilution de 0,5 correspondant
à un volume d‟eau de 300ml ; des temps de broyage de 5mn, 10mn, 15mn et 25mn.
Mode opératoire
Le quartz et le minerai sont concassés et tamisés à 2mm puis divisés en 5x2 échantillons
identiques de 600g. Deux échantillons, dont un quartz et un minerai concassés sont tamisés et
soumis à une analyse granulométrique pour déterminer les D80 correspondants: en effet, le D80
correspond au diamètre du plus gros morceau après concassage. C‟est-à-dire le diamètre du
tamis qui laisse passer 80% des grains concassés. Après broyage, ce diamètre est plus réduit et
correspond à d80. Ceux-ci sont obtenus par calcul (extrapolation) ou à l‟aide de courbes
granulométriques de passants ou de refus cumulés.
Après cette première étape, un échantillon de quartz est broyé pendant 5mn en respectant les
conditions de broyage précitées. L‟échantillon broyé est ensuite soumis à une analyse
granulométrique à l‟aide de tamis de diamètres plus réduits pour déterminer le d80
correspondant. Les mêmes opérations pour cette seconde étape sont répétées pour les trois
(03) échantillons de quartz et les quatre (04) échantillons de minerai restants, mais en variant
à chaque fois la durée du broyage selon les temps préfixés.
Au total, deux (02) D80 et huit (08) d80 ont été déterminés et ont permis le calcul des work
index correspondants. Ainsi chaque temps de broyage correspondra à une valeur inconnue de
work index (WIx). La valeur WI exacte du minerai est calculée par la moyenne arithmétique
des quatre (04) valeurs obtenues.
26
Méthodes de calcul
Soient WI, D80 et d80, respectivement le Work Index, le D80 de l‟échantillon concassé et les
d80 des échantillons broyés de la substance de référence. W‟I, D‟80 et d‟80 correspondent
respectivement au Work Index du minerai, le D80 du minerai concassé et les d80 des quatre
(04) échantillons de minerai broyé. Etant donné que les deux communitions se sont effectuées
exactement dans les mêmes conditions, on peut considérer que l‟énergie consommée par la
première est égale à celle consommée par la deuxième. Soient W et W‟ les énergies
correspondantes ; on peut alors écrire (d‟après la formule de Bond) :
W= WI = 10WI ( 10W‟I (
√ √ √ √
√ √
Soit W‟I = WI d‟où:
√ √
Le minerai utilisé pour les essais de traitement a été broyé à un diamètre inférieur à 250µm.
Le d80 de ce minerai broyé a été déterminé par analyse granulométrique et équivaut à
169,426µm. Les essais menés sont : le tablage, le BLEG et la flottation.
(i) Flottation
La flottation est un procédé de séparation solide-solide dans un milieu aqueux (en général de
l‟eau) des phases solides, liquides, et gazeuses (air). Elle consiste à rendre hydrophobes
certaines espèces minérales tout en laissant hydrophiles les autres. La flottation peut être
globale et consiste donc à récupérer plusieurs espèces minérales dans un même concentré.
Elle est sélective ou différentielle lorsqu‟on récupère séparément chaque espèce minérale
moyennant des réactifs chimiques (activant ou déprimant).
La flottation pour cette étude a été sélective avec pour but, d‟étudier la récupération de l‟or
par ce procédé de traitement.
Conditions opératoires
Pour cet essai, trois opérations ont été conduites avec un total de 3 x 1kg de minerai. Les
conditions suivantes ont été appliquées aux trois opérations.
1kg de minerai ; une concentration solide (Cs) de 40% ; une dilution D de 20% (pour la
solution de xanthate), une vitesse de rotation de 2500trs/mn. Elle correspond à la vitesse de
rotation de l‟ensemble rotor-stator lorsqu‟il est plongé dans la cellule de flottation contenant
le mélange minerai-réactifs.
Conditions spécifiques
Pour la première opération
Un pH de la pulpe égale à 9 : le pH du mélange est mesuré à l‟aide d‟un pH-mètre et ajusté en
cas de besoin par une solution basique (soude NaOH pour cette étude) ou acide ; une teneur
27
de 80g/t du réactif xanthate : le xanthate est un activant qui collecte plusieurs éléments dont
les métaux précieux, les métaux sulfurés (Pb, Zn, Cu, Fe, Co-Ni) et les métaux de base non
sulfurés. (A cette teneur, le poids de xanthate qu’il faut pour le traitement d’1kg de minerai
est 0,08g. Soit Poidsxanthate = Teneurxanthate x Poidsminerai) ; un volume de
xanthate correspondant à 0,4ml (Soit Vxanthate = ) ; 1ml d‟huile de pin
(moussant) ; 3mn de conditionnement. En effet, l‟action des réactifs de flottation n‟est pas
toujours instantanée et exige souvent un certain temps avant d‟être effective et complète.
Cette durée s‟appelle « temps de conditionnement » et varie suivant la nature des réactifs et
quelques fois les caractéristiques minéralurgiques du minerai ; 10 mn de flottation : c‟est le
temps qu‟il a fallu pour la récupération complète de l‟ensemble moussant-particules
hydrophobes en flottation. Ce temps n‟est pas préfixé mais est déterminé au cours de
l‟opération.
Pour la seconde opération
Un pH de 10 ; une teneur de 100g/t de xanthate ; 0,5ml de xanthate ; 1,2ml de moussant ;
4mn de conditionnement ; 10mn de flottation.
Pour la troisième opération
Un pH 10 du milieu ; une teneur de 100g/t de xanthate; 0,5ml de xanthate ; 1ml de moussant ;
3mn de conditionnement ; 10mn de flottation.
Mode opératoire
Ce mode est applicable à toutes les opérations, seules varient les conditions spécifiques de
chaque opération. Il consiste à introduire le minerai (1kg) dans une cellule de flottation d‟une
capacité de 3l (3 litres) et d‟y ajouter 1,5l d‟eau. Homogénéiser la pulpe obtenue et prendre
son pH. Celui-ci doit être égale, sinon à 10-2 près du pH préfixé. A défaut, doser avec une
solution de soude (pour un pH < au pH recommandé) ou d‟acide (pour un pH > au pH
recommandé). Après cette étape, introduire respectivement les quantités de xanthate et de
moussant nécessaires. Le mélange ainsi formé est prêt pour être conditionné. Baisser
l‟ensemble rotor-stator dans la cellule, régler la vitesse de rotation de la machine à flotter à
2500trs/mns, déclencher cette dernière et observer le temps de conditionnement prescrit. La
flottation consiste à envoyer après le conditionnement, de l‟air dans la cellule qui va permettre
la formation des mousses où seront accrochées les particules hydrophobes. L‟ensemble
mousse-particules est recueilli dans un récipient décontaminé. L‟opération prend fin lorsqu‟on
constate qu‟on a récupéré toute la mousse. A cet instant, on note le temps de la flottation, on
arrête la machine et on recueille les rejets dans un autre récipient décontaminé. L‟étape
suivante consiste à évaporer l‟eau des échantillons recueillis, les sécher à l‟étuve et prendre
leurs poids respectifs.
Pour cette étude, en tout, six (06) échantillons ont été obtenus à l‟issue des opérations de
flottation. Les codes attribués à ces derniers sont les suivants : C1 ; C2 ; C3 ; R1 ; R2 ; R3
avec C pour concentré ; R pour rejet ; 1, 2 et 3 les numéros d‟ordre des opérations.
Des prises d‟essai sont enfin éffectuées sur ces échantillons pour la quantification de l‟or à la
Spectrométrie d‟Absorption Atomique (SAA).
28
(ii) Lixiviation en cuve agitée (Bottle roller)
L‟hydrométallurgie est un procédé de traitement qui consiste à mettre en solution puis à
récupérer les éléments de valeur d‟un minerai. Le traitement proprement dit, débute par une
opération de lixiviation (lessivage au cyanure) qui est l‟étape fondamentale du procédé. La
lixiviation a pour but de dissoudre dans une solution un ou plusieurs constituants
minéralogiques. Les solides résiduels ou la gangue sont séparés de la solution enrichie par
filtration ou décantation. On obtient alors une solution mère contenant le ou les éléments de
valeur et un rejet solide. Des traitements ultérieurs de cette solution permettent de récupérer
le ou les éléments recherchés. La lixiviation peut être « in-situ » ou en place : elle s‟applique à
des exploitations épuisées ou à des gisements trop pauvres pour être exploités par des moyens
conventionnels. Elle est dite en tas lorsqu‟après l‟extraction, le minerai est mis en tas sur des
aires dont la surface a été rendue étanche par un revêtement plastique (géomembrane). Le
dispositif de sous bassement est pourvu de drains pour récolter la solution enrichie. Lorsque
les matériaux ne sont pas lixiviables par percolation, on applique la lixiviation en cuve agitée.
Les matériaux sont alors en contact avec la solution dans des cuves à agitation mécanique ou
pneumatique. Au laboratoire, elle se réduit à un essai de traitement avec pour but de tester
l‟adaptabilité du minerai à la cyanuration.
Conditions opératoires
2kg du tout-venant ; une concentration solide de 50% soit 2l d‟eau [en faisant appel à la
formule ), on obtient Pe = Ps ( avec Cs la concentration solide; Ps le
Poids solide soit 2kg et Pe le poids de l’eau, d’où un Pe de 2kg équivalent à 2l] ; un
équivalent de 6g de cyanure correspondant à une concentration de 3000g/t (à cette teneur, le
poids de cyanure qu’il faille pour le traitement de 2kg de minerai est 6g. Soit Poidscyanure =
Teneurcyanure x Poidsminerai) ; un pH 10 du milieu; des temps de prélèvement préfixés avec,
aux jus prélevés des codes attribués suivant le tableau ci-après (voir mode opératoire).
Mode opératoire
Introduire l‟échantillon dans une bouteille de cyanuration d‟une capacité de 5l. Ajouter la
quantité d‟eau et de cyanure correspondante et homogénéiser l‟ensemble par une légère
agitation. A l‟aide d‟un pH-mètre, prendre le pH et l‟ajuster s‟il y a lieu avec de la soude.
L‟ensemble est agité sur un bâti. Les temps d‟arrêts de l‟agitation correspondent aux seuls
temps préfixés où sont éffectués des prélèvements.
Temps de
10mn 20mn 30mn 45mn 1h 1h30 2h 2h30 3h 4h 5h 6h 7h
lixiviation
Code de
l‟échantillon T0 T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7 T8 T9 T10 T11 T12
prélevé
Temps de
8h 9h 10h 12h 24h 26h 28h 30h 36h 48h 54h 60h 72h
lixiviation
Code de
l‟échantillon T13 T14 T15 T16 T17 T18 T19 T20 T21 T22 T23 T24 T25
prélevé
29
Les jus cyanurés, pour leur analyse chimique, ont subi quatre (04) étapes : i) leur
centrifugation par un centrifugeur à une vitesse de 4400trs/mn pendant 15mn et les
surnageants recueillis dans des tubes ; ii) la préparation d‟un blanc de cyanure pour les
étalons en homogénéisant dans une bouteille de capacité d‟1l, 10g d‟hydroxyde de sodium
(NaOH) , 5g de cyanure et jauger avec de l‟eau distillée ; iii) la préparation de sept (07)
étalons ( de 10 ; 5 ; 2,5 ; 1 ; 0,5 ; 0,25 et 0,2ppm ); iv) la lecture des surnageants à la
spectrométrie SAA.
iii) Séparation gravimétrique
Les méthodes de concentration basées sur la gravimétrie, utilisent l‟effet combiné de la masse,
du volume et de la forme des particules pour obtenir des trajectoires des particules différentes
dans un milieu liquide, statique ou en mouvement. Trois méthodes ont été industriellement
mises au point : la concentration par accélération différentielle, la concentration par liqueur
dense et la méthode de la nappe pelliculaire fluante.
Pour cette étude, il a été notamment le cas de la methode de la nappe pelliculaire fluante.
Principe
La séparation par nappe pelliculaire fluante est basée sur la longueur de parcours effectué par
une particule sur un plan incliné, à la surface duquel s‟écoule par gravité, un film liquide. La
poussée exercée par le film est proportionnelle à la section de la particule,
perpendiculairement au mouvement. La taille de la particule, sa densité, sa forme
interviennent dans le déplacement au même titre que la pente, la rugosité de la surface,
l‟épaisseur et la vitesse d‟écoulement du film d‟eau. La séparation est provoquée par le jeu de
deux facteurs : le temps mis par la particule pour atteindre la surface du plan incliné et la
résistance qu‟offrent les particules une fois qu‟elles ont atteint la surface du plan incliné.
Mode opératoire
La manipulation consiste à alimenter la table par le biais d‟un entonnoir, une pulpe du
minerai. Le plateau d‟inclinaison réglable, est soumis à des secousses asymétriques
longitudinales par l‟intermédiaire d‟un mécanisme à rouleau excentrique. Les secousses
permettent d‟une part la stratification et d‟autre part, la progression et l‟évacuation des
particules stratifiées entre les riffles. Dès que les grains sortent des riffles, ils sont soumis à
l‟effet de la nappe fluante et à celui des secousses dont la résultante provoque un triage par
taille et par densité. On récupère les concentrés à la fin de la table, ensuite les mixtes et au
début, les rejets. Les échantillons sont séchés à l‟étuve avant la prise des poids respectifs. Des
prises d‟essais sont ensuite éffectuées pour quantifier l‟or dans chaque échantillon à la
Spectrométrie d‟Absorption Atomique (SAA).
Outre les analyses, le concentré a servi au triage manuel à la loupe binoculaire des particules
d‟or et des minéraux lourds accompagnateurs.
30
Planche 1
31
Planche 2
32
CHAPITRE II
33
IV. CARACTERES PETROGRAPHIQUES, STRUCTURAUX, GEOCHIMIQUES ET
MINERALOGIQUES DU MASSIF GRANITIQUE, DE SES FILONS ET DU
MINERAI DE GRANITE
Le massif se présente en affleurement sous forme de petites collines souvent façonnées en
chaos granitiques ou en dalles et rarement à raz du sol (Pl. 3 - 1 ; 2 ; 3 ; 4). Il est recoupé par
des roches filoniennes dont les faciès sont composés de granite leucocrate, de microgranite,
d‟aplite et de quartz. Il renferme des enclaves de forme (anguleuse, fusiforme, globuleuse) et
de taille variable (centimétrique à plurimétrique).
Le massif fait l‟objet d‟orpaillage intense. Il est pratiqué sur des filons de quartz au sein du
granite, dans le granite déformé sensu stricto et dans les encaissants proches. Par endroit, les
puits d‟orpaillage d‟une profondeur d‟environ 10m atteignent la nappe phréatique. ([Link].1-
5 ; 6 ; 7 ; 8).
Cette section vise une caractérisation fine du massif granitique en tant que matériel hôte de la
minéralisation aurifère. La caractérisation concerne les aspects pétrographiques, structuraux,
minéralogiques et géochimiques aussi bien du granite, du minerai échantillonné que des filons
encaissés dans celui-ci.
L‟étude pétrographique permettra de mieux définir la nature des différents faciès. La
minéralogie du minerai échantillonné sera décrite en détail afin de définir sa nature et, celle
des minéraux lourds qui accompagnent la minéralisation. Ce sera également l‟occasion de
discuter les phénomènes d‟altérations qui ont pu affecter le granite dans son ensemble.
Les observations microscopiques de lames des roches, rendront compte également des
conditions de déformations du massif à travers les microstructures. Ces dernières viendront en
compléments des macrostructures qui feront aussi l‟objet d‟analyses dans cette partie. Toutes
ces structures permettront de discuter les conditions de mise en place du pluton. Elles
serviront de plus à situer la structurale de la zone d‟étude par rapport à celle régionale.
Enfin l‟analyse chimique des composants du granite, permettra de comprendre les processus
pétrogénétiques et de déterminer la signature géochimique et éventuellement discuter des
altérations. Cette partie du mémoire aura également pour but de caractériser la minéralisation
des différentes entités : le granite, le minerai de granite et les filons de quartz, ainsi que les
relations géochimiques éventuelles entre elles.
34
Planche 3
35
IV.1. CARACTERES PETROGRAPHIQUES DU GRANITE, DE SES FILONS ET DU
MINERAI DE GRANITE
Dans la zone d‟étude, les observations de terrain, combinées à celles de laboratoire ont permis
de mettre en évidence plusieurs faciès pétrographiques : le quartz filonien, le
monzomicrodiorite quartzique, le microgranite, le granite leucocrate tous encaissés dans une
granodiorite.
IV.1.1. Granite
En macroscopie, c‟est une roche sub mésocrate à texture grenue hétérogène à tendance
porphyroïde. Elle est composée d‟environ 65% de minéraux felsiques, représentés par le
quartz, le plagioclase et des phénocristaux de feldspath potassique de taille avoisinant 0,5cm
(Pl. 4 - a ; b). Les ferromagnésiens constitués de biotite et +/- amphibole représentent environ
35% du volume de la roche.
Au microscope, elle se compose de quartz, de feldspaths, de biotite, d‟amphibole, de
pyroxène et de minéraux accessoires.
Le quartz représente 20% des minéraux de la roche. Ce sont des cristaux xénomorphes
incolores et limpides qui se présentent en petites et larges plages interstitielles, à extinction
roulante bien marquée. Les cristaux présentent généralement un caractère poecilitique avec
des inclusions de biotite, d‟hornblende et d‟orthose (Pl. 5 - a ; b).
Les feldspaths sont représentés par le plagioclase, le microcline et l‟orthose. Du volume total
de la roche, les plagioclases sont autour de 20 à 25%, se présentant en cristaux sub-
automorphes hétérogranulaires et souvent recristallisés en sous grains. La plupart des cristaux
présentent la mâcle polysynthétique de l‟albite et une zonation discrète ou parfois nette (Pl. 5-
e). Ils montrent un caractère perthitique et un degré d‟altération (damouritisation et
saussuritisation) variable (Pl. 5 - f). Le microcline, de proportion également variable (10 à
15%), se présente en cristaux sub-automorphes de taille moyenne à grossière et souvent
xénomorphes à caractère interstitiel (Pl. 5- c ; g). Ils laissent voir en général un caractère
perthitique et poecilitique avec des inclusions de plagioclase et de biotite (Pl. 5- h). L‟orthose
représente environ 10% du volume total de la roche, ses cristaux sont sub-automorphes et
parfois xénomorphes en plages interstitielles. Ils montrent un caractère perthitique et
poecilitique (inclusion de plagioclase). L‟orthose forme souvent avec le plagioclase, des
myrmékites qui atteignent dans certaines lames 5% des minéraux.
La biotite représente environ 20% des minéraux et se présente généralement en lamelles sub-
automorphe à xénomorphe, corrodées par les minéraux blancs. De coloration brunâtre à brun-
verdâtre, elle est localement déstabilisée en chlorite et laisse voir dans certains cas de
nombreuses inclusions de zircon, d‟apatite, de sphène et d‟allanite (Pl. 5- i ; j ; k ; l).
L‟amphibole est représentée par la hornblende verte (15%) en cristaux sub-automorphes et
souvent prismatiques, allongés à section transversale hexagonale et maclés. Certains cristaux
sont légèrement déstabilisés en actinote et parfois en voie d‟oxydation au cœur. Les cristaux
sont plus ou moins envahis par des granules d‟opaques. Par endroits, on observe des
36
associations magmatiques biotite-amphibole sous forme d‟amas et une cristallisation
symplectitique de la hornblende et du plagioclase (Pl. 5- c ; d).
Le pyroxène en quantité marginale, est souvent observé en relique dans la hornblende.
Les minéraux accessoires sont représentés par des cristaux automorphes (hexagonal)
d‟apatite, d‟allanite zoné et auréolé, de sphène maclé en chapeau de gendarme, du zircon en
cristaux automorphes auréolés, et d‟opaques (ilménite, magnétite et sulfures). (Pl. 5- i; j; k;
l).
Planche 4
37
Planche 5
Photo a (LN) : Large plage d‟un cristal xénomorphe de quartz. Remarquez les cristaux d‟amphibole
en inclusion.
Photo b (LP) : Cristaux de quartz interstitiels entre des phénocristaux de plagioclase et de microcline.
38
Planche 5 (suite).
Photo h (LP) : Caractère perthitique du microcline. Tout le cristal est en train d‟être substitué par des
plagioclases sodiques. Ce qui va s‟en dire donner une albite.
39
Planche 5 (suite et fin).
Planche 5 (suite et fin) : Vue microscopique des minéraux accessoires dans la granodiorite.
Photo j (LP) : Vue d‟un allanite dans une biotite. Remarquez la zonation et l‟auréole de
métamictisation.
Photo k (LP) : Le sphène qui se caractérise par sa forme automorphe et sa mâcle à bords tranchants
dite « en chapeau de gendarme ou toit de maison ». A côté on observe une épidote en forme
prismatique et clivée issue de l‟altération d‟une hornblende.
Photo l (LP) : Du zircon en inclusion dans la biotite. Ce qui confirme sa cristallisation précoce dans
ces types de roche. Remarquez l‟auréole noirâtre traduisant sa radioactivité qui a altéré le minéral hôte.
Plus bas on observe une chlorite « chiffonnée » issue de l‟altération de la biotite.
40
IV-1.2 Faciès filoniens
Le granite leucocrate à biotite se présente sous forme filonienne dans le massif. C‟est une
roche leucocrate à grains plus fins à biotite, constitué d‟environ 85% de minéraux blancs et
15% de ferromagnésiens (Pl. 4-c). Il presente une texture originelle grenue, hétérogranulaire
et une texture secondaire cataclastique (Pl. 6).
41
Planche 6
42
IV.1.2.2. Microgranite porphyrique à biotite
Les minéraux accessoires sont représentés par l‟allanite et les opaques cubiques.
43
Planche 7
Photos c et d : L‟altération de ce faciès est bien illustrée par des plagioclases déstabilisés.
44
IV.1.2.3 Monzomicrodiorite quartzique
45
Planche 8
46
IV.1.2.4 Quartz filonien
Macroscopiquement, ce faciès se présente sous forme filonienne (de puissance >1m) en grand
nombre dans le massif. Le quartz, avec d‟autres minéraux tels que les carbonates, les
feldspaths, remplissent les fissures (fentes de puissance <50cm) aussi bien du massif que des
monzomicrodiorites de grande taille. Selon leur couleur, on distingue du quartz blanc à aspect
laiteux, du quartz gris présentant des rubans de minéraux sombres (biotite, muscovite) et du
quartz fumé où les minéraux sombres en remplacement dominent toute la roche.
A l‟échelle microscopique, ces roches s‟avèrent riches en inclusions fluides, responsables de
leur couleur et de leur faible transparence (Pl. 9- a).
Le quartz représenté est mylonitisé à structure orientée avec un fort étirement des plages. La
mylonitisation s‟accompagne d‟une fine recristallisation granoblastique, de dépôts
hydrothermaux de phyllites (muscovite, biotite) et de fissures remplies de quartz de seconde
génération, d‟apatite ou cicatrisées par les oxydes et la biotite (Pl. 9- b). La texture type est la
texture en échiquier largement développée (Pl. 9- c ; d)
47
Planche 9
Photo a (LN) : On observe des fissures dans les cristaux de quartz de première génération qui sont
tapissées de minéraux phylliteux, d‟apatite et de quartz plus limpide, sain de seconde génération. La
recristallisation s‟observe même partout en ilots dans l‟ensemble du cristal.
Photo b (LP) : Illustration des deux générations de quartz et les dépôts suivant une fente de tension.
Photos c et d (LP) : Quartz à contours marqués et dentelés (rotation de sous grains et recristallisation)
superposés à la texture en échiquier. Constatez l‟étirement des cristaux et leur orientation
préférentielle qui caractérisent la foliation mylonitique.
48
IV.1.3 Minerai de granite
Les observations de lames minces du minerai, montrent qu‟il est constitué de phases claires
(≈ 70%) et sombres (≈ 30%) composées de: quartz-feldspaths-micas-amphibole. Les
accessoires sont des opaques (oxydes et sulfures).
49
La hornblende (≈15%) constitue l‟amphibole primaire dans la roche. Les cristaux sont dans la
majeure partie de grande taille, subautomorphes, maclés avec des inclusions de biotite. Ces
amphiboles sont déstabilisées en chlorite, épidote ou oxydes de fer (Pl. 11-d ; e). Certaines
hornblendes avec les plagioclases montrent une recristallisation symplectitique.
Les minéraux accessoires correspondent aux oxydes et des opaques représentés par des
sulfures (arsénopyrite, pyrite) (Pl. 11-h ; i). .
50
Planche 11
Photos a (LP) : Ce cliché montre un phénocristal de plagioclase fissuré avec les ouvertures
cicatrisées d‟oxydes ou comblées de minéraux phylliteux. On constate aussi des inclusions de
biotite et de quartz recristallisé.
Photos c (LN) ; d (LP) : Aperçu des minéraux ferromagnésiens. Le cliché d montre des
cristaux d‟hornblende en voie d‟altération.
51
Planche 11 (Suite).
Photo f : Vue d‟une albite. La mésostase laisse voir des cristaux de plagioclase en voie
d‟albitisation.
Photos g : Elle illustre une chlorite verte et des carbonates de couleur rose.
52
Planche 11 (Suite et fin).
Photos k ; l : Ces clichés montrent des phénocristaux de plagioclase fissurés avec les
ouvertures cicatrisées d‟oxydes ou comblées de minéraux phylliteux. On constate aussi des
inclusions de quartz, de biotite et surtout une recristallisation de minéraux.
NB : Tous les clichés de cette Planche 11 montrent l‟omniprésence des oxydes, des
circulations fluides et le caractère fissuré des cristaux.
53
IV.1.3.1 Aperçu des minéraux lourds
54
Figure 8: Histogramme des pourcentages des minéraux lourds.
Zircon [ZrSiO4]
Le zircon se présente en petits cristaux prismatiques allongés. Au microscope, il est incolore
en lumière naturelle et gris du second ordre en lumière polarisée avec des auréoles noirâtres.
55
sulfures sont conservés. Cependant, certains cristaux sont oxydés présentant des colorations
brunâtres à rougeâtres rappelant leur pseudomorphose en oxyhydroxyde de fer.
Oxydes de fer : l’ilménite [FeTiO3] ; la magnétite [Fe2+Fe23+O4]
Ces oxydes se présentent en lamelles noires à brunes (ilménite) ou en masses granulaires
noires de fer.
IV.1.4 Altérations
L‟ensemble des études menées dans la portion délimitée du granite, indiquent qu‟il s‟agit d‟un
granite présentant des parties cisaillées et altérées (Pl. 12). Les altérations sont de nature
hydrothermale et se distinguent par :
Dans les zones cisaillées et minéralisées du granite, les mêmes altérations sont constatées
mais avec des intensités plus élevées (Pl. 11 Suite ; Pl.16 Suite et fin). C‟est l‟exemple de la
silicification intense qui est soulignée par l‟ajout de la silice sous forme de quartz recristallisé
en sous grains et de nombreuses veinules de quartz dans la roche altérée et cisaillée (Pl. 11
Suite et fin ; Pl.16).
Dans les filons de quartz minéralisé, l‟altération est constituée d‟un assemblage de quartz-
biotite-muscovite-apatite-magnétite (Pl. 9 ; Pl. 15- f et g).
L‟ensemble du massif a été postérieurement affecté par une altération supergène qui semble
avoir induit une dispersion locale de l‟or. En effet, l‟or est exploité par les artisans dans les
placers alluvionnaires proches du granite. A certains endroits du massif, notamment dans les
zones cisaillées, on constate une kaolinisation supergène de phases minérales primaires.
L‟altération se traduit également par l‟existence locale de cuirasses et de carapaces
ferrugineuses.
56
Planche 12
Photos a et b: Chloritisation intense des cristaux de biotite. Remarquez le caractère chiffonné et les
inclusions de zircon.
Photos c et e : Fissures des cristaux de plagioclase ultérieurement remplies de minéraux d‟altération.
Notez la présence de la pyrite (cristal prismatique noir- foncé).
Photos d ; f et g : Respectivement un cristal de plagioclase en phase de substitution complète, un
microcline perthitique et un plagioclase albitique avec à côté, une biotite en phase de chloritisation.
Photo h : Microfractures des cristaux de quartz comblées de minéraux d‟altération.
57
IV.1.5. Conclusion à l’étude pétrographique
Le granite de Koupèla dans sa portion localisée dans notre zone d‟étude, est une granodiorite
constituée de minéraux peu ou moyennement transformés. Certains minéraux primaires
comme les feldspaths sont en voie d‟épigénisation (remplacement complet du minéral par
d‟autres minéraux).
Le granite est lardé de filons composés de granite leucocrate à biotite, de microgranite
porphyrique, d‟aplite et de quartz présentant dans leur majorité une texture cataclastique. Le
quartz présente des textures acquises probablement dans des conditions de haute température.
Le micromonzodiorite porphyrique se présente sous forme de lambeaux ou en enclaves
sombres dans le massif.
L‟examen des relations texturales entre les différentes espèces de minéraux, montre que dans
la granodiorite, l‟ordre de cristallisation suivant peut être proposé : minéraux précoces (zircon
par exemple), opaques et minéraux ferromagnésiens, plagioclases, microcline et enfin le
quartz qui occupe alors les interstices des autres minéraux.
L‟orpaillage se déroule aussi bien dans des filons de quartz bréchifié que dans le granite
déformé et minéralisé. A la ressemblance de la zone déformée à anomalie d‟or de 13x3 km 2
du permis Liguidi, une zone intensément déformée et minéralisée se localise à la bordure sud-
est du pluton. Le minerai identifié est un granite avec une minéralisation composée d‟or et de
sulfures (arsénopyrite et pyrite). Les études minéralogiques de ce minerai, indiquent une
paragénèse minérale typique de celle d‟une granodiorite.
58
IV.2. CARACTERES STRUCTURAUX DE LA ZONE D’ETUDE
Dans notre zone d‟étude, les structures ont été caractérisées à différentes échelles :
macroscopique et microscopique.
IV.2.1. Macrostructures
Les observations structurales de la portion étudiée du massif de Koupèla, montrent qu‟il est
affecté par des déformations fragiles et ductiles (Fig. 9; 15). Les structures cassantes sont
caractérisées par des fentes, des fractures tardives et des filons.
Les filons de microgranite et d‟aplite sont d‟orientations diverses (N15° à N180°E). D‟après
leurs rosaces, ils présentent une direction majeure NNE-SSW et des directions mineures
orientées NE-SW ; NW-SE (Fig. 11 ; 12 ; 13 ; 14).
Une zone mylonitique affleure le long d‟une faille NE-SW à la bordure sud du granite. La
mylonitisation se traduit par des roches broyées (microgranite) à grains saccaroïdes, du quartz
bréchifié et une texture cataclastique du granite leucocrate (Pl. 13-3 ; 4). C‟est une texture
formée de cristaux de quartz et de feldspaths tordus, brisés, et émiettés, cimentés par des
produits micacés provenant de l‟altération des feldspaths (Pl. 15-b).
Des fractures tardives d‟orientations multiples (N15° à N140°E) sont observées. Ces
structures affectent aussi bien le granite que les filons (Pl. 13-1 ; 2). Leurs rosaces montrent
une orientation principale NNE (Fig. 11 ; 12 ; 13 ; 14).
Les fentes dans le granite se matérialisent par des fractures tensiles remplies de minéraux
quartzo-feldspathiques et calciques. Elles présentent des directions semblables à celles des
fractures. Les micromonzodiorites de grandes tailles en renferment également.
La bordure sud du granite est aussi caractérisée par la foliation. Elle est soulignée par
l‟alternance de lits quartzo-feldspathiques et des lits de micas et d‟amphiboles (Pl. 4-f).
L‟orientation générale est NE-SW.
La linéation minérale au sein du granite est marquée par l‟allongement des enclaves sombres
suivant des directions variables (N15° à N70°E). La direction majeure est NE-SW (Fig. 10).
Certaines portions altérées du granite présentent des structures de rubanements de directions
N20°E à N30°E. On observe du matériel quartzeux repris dans le sens des structures.
59
Les filons identifiés et décrits ont été orpaillés. Les faciès sont représentés par du quartz blanc
à aspect laiteux et du quartz gris bréchifié et sériciteux (Pl. 13-3). Certains montrent des
structures de rubanement très redressées et orientées en direction NNE-SSW.
60
Planche 13
61
Figure 9: Carte de localisation des structures orpaillées (observées et décrites) dans le massif.
a- Granite ; b- Granite déformé et minéralisé ; c- Microgranite ; d- Filon de quartz ; e-
Amphibolite ; f- Faille majeure.
62
Figure 11: Carte du filon N°1 (quartz gris bréchifié et sériciteux) avec les stéréogrammes des
structures qui l‟entourent.
Figure 12: Carte du filon N°2 (granite laminé et orpaillé de direction N50°E) avec les
stéréogrammes des structures qui l‟entourent.
63
Figure 13: Carte du filon N°3 (quartz blanc à aspect laiteux moulé dans une amphibolite
laminée) avec les stéréogrammes des structures qui l‟entourent.
Figure 14: Carte du filon N°4 (quartz gris) avec les stéréogrammes des structures qui
l‟entourent.
64
IV.2.2 Microstructures
La déformation du granite et des autres faciès est également soulignée par l‟existence de
microstructures qui sont de plusieurs types.
Les microstructures magmatiques correspondent à des plages de quartz limpide. Les plus
présents et indemnes de déformations sont surtout les cristaux de quartz interstitiels, des
cristaux de biotite lamellaires non chiffonnés et des amphiboles prismatiques (Pl. 14- a).
La déformation solide basse température s‟exprime par des cisaillements senestres. Ce sont
des structures C-S caractérisées par l‟enroulement de minéraux phylliteux déformés autour
des porphyroclastes feldspathiques (Pl. 15- c ; d ; e). Ces structures sont courantes dans le
granite et le granite leucocrate déformés.
Les microstructures à l‟état solide sont prépondérantes et caractérisées par une déformation
plastique du granite. Parmi elles :
Les microstructures de hautes températures qui sont marquées par l‟apparition de sous joints
en damier dans le quartz.
Abondantes, les microstructures de basse température se distinguent par une recristallisation
hétérogène du quartz, une déformation fragile des cristaux de plagioclase, une bréchification
intense du quartz, une chloritisation des biotites et la déstabilisation des plagioclases en
séricite (Pl. 16- a ; b ; c ; d ; e ; f ; g ; h).
65
Les autres structures de cette zone du granite sont celles qui attestent que la déformation à
l‟état solide du granite, s‟est déroulée dans un contexte de cisaillement. Il s‟agit des structures
C-S. Celles-ci sont abondantes et caractérisées par des zones d‟ombre de pression. On observe
couramment des porphyroclastes de feldspath et de quartz enroulés dans une matrice de
minéraux phylliteux déformés ainsi que des recristallisations de quartz dans ces zones
d‟ombre de pression (Pl. 16- i ; j ; k ; l).
Le quartz filonien apparait en lame mince très déformé. Les cristaux présentent des réseaux
linéaires ou non de fentes cicatrisées par des oxydes et biotite (Pl. 15-f ; g). Certaines sont
remplies de petits cristaux d‟apatite ou de quartz limpide de seconde génération (Pl. 9-a). La
mylonitisation du quartz s‟accompagne d‟une fine recristallisation granoblastique, d‟une
foliation mylonitique et de dépôts hydrothermaux de phyllites (muscovite, biotite). La plupart
des plages de quartz déformé sont étirées, à contours marqués et dentelés superposés à la
texture en échiquier largement développée (Pl. 9-b ; c ; d).
66
Planche 14
67
Planche 15
Planche 15: Aperçu des microstructures du granite, du granite leucocrate et des filons de quartz.
Photo a (LP): Microstructures du granite folié. Constatez l‟orientation préférentielle des
ferromagnésiens.
Photo b (LP) : Structure cataclastique du granite leucocrate. La roche est broyée et ses éléments
réduits en petits débris anguleux, tordus et étirés.
Photo c, d et e (LP) : Structures de cisaillement du granite (d ; e) et du granite leucocrate (c).
Remarquez la conformité du cisaillement (sénestre) et la disposition des minéraux phylliteux autour
des porphyroclastes.
Photo f et g (LN) : Microstructures du quartz filonien. Ce sont des fentes cicatrisées de phyllites.
68
Planche 16
69
Planche 16 (Suite).
70
Planche 16 (Suite et fin).
71
Figure 15: Situation d‟ensemble des structures dans la portion étudiée du massif.
72
IV.2.3. Conclusion à l’étude structurale
Le massif de Koupèla orienté NE-SW, montre dans sa partie étudiée des structures de
déformations caractéristiques. Ces déformations affectent aussi bien le granite que les filons
encaissés. Certaines portions du granite intensément déformées sont minéralisées et font
l‟objet d‟orpaillage.
Le bilan caractéristique des structures de l‟ensemble peut se résumer comme suit :
- Les filons (de microgranite et d‟aplite) encaissés dans le granite présentent une
direction majeure parallèle à la fabrique régionale.
- Les structures tardives telles que les fractures et les fentes montrent une orientation
principale similaire aux décrochements régionaux NNE.
- Cette orientation régionale tardive caractérise également les structures de rubanement
du granite et du quartz filonien.
L‟orientation NNE dominante des structures, s‟observe mieux dans le site du granite déformé
proche de Liguidi-Malguem. En effet, cette zone est assimilable à un couloir de cisaillement
où les structures dans leur majorité, sont orientées NNE avec la présence d‟un grand nombre
de structures cisaillantes (zones d‟ombres de pression).
Ces cisaillements régionaux senestres se matérialisent aussi dans la zone d‟étude par la
persistance des structures de cisaillement senestre. En réalité, la fracturation des cristaux
notamment de plagioclase, est suivie d‟un déplacement senestre des tronçons. En plus,
certaines structures C-S identifiées présentent des composantes senestres.
Ils recoupent les cisaillements précoces et régionaux NE-SW beaucoup présents dans cette
partie orientale du Burkina Faso. Les structures caractéristiques dans le granite, sont
soulignées par :
- des failles orientées NE-SW
- des structures ductiles (foliation, linéation) de directions parallèles à l‟allongement du
granite.
D‟autres structures dans leur majorité, recoupent à angle fort la foliation régionale. Ce sont les
filons de quartz. Cette orientation majeure caractéristique des filons de quartz de la zone, a été
également soulignée dans un des prospects du permis Liguidi où quatre (04) filons de quartz
parallèles, recoupent à angle fort la foliation régionale (Rapport technique Truegold., 2013).
73
IV.3. CARACTERES GEOCHIMIQUES DU GRANITE, DU MINERAI DE GRANITE
ET DES FILONS DE QUARTZ
Des analyses chimiques sur roche totale ont été conduites sur des échantillons. Au total quinze
(15) échantillons ont été analysés. Il s‟agit de :
- Neuf (09) échantillons du granite sain.
- Deux (02) échantillons du granite déformé et minéralisé en or et sulfures.
- Un (01) échantillon de l‟encaissant Sud-est (volcano-sédiments) du granite.
- Trois (03) échantillons de trois (03) filons de quartz orpaillés.
Des données d‟analyses chimiques de deux échantillons du BRGM/BUMIGEB (2003) sont
également présentées à titre de comparaison. Elles concernent le granite et son encaissant
Sud-ouest (diorite quartzifère).
Les échantillons ont été analysés par ICP-MS et/ou par XRF. Les éléments majeurs au
nombre de dix (10) sont exprimés en pourcentage d‟oxydes ; les traces et les terres rares
(REE) en ppm.
Les différents résultats sont consignés dans les tableaux annexes 11 ; 12; 13.
Les données des échantillons du granite sain et des encaissants Sud-ouest et Sud -est (codés
A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L) ont permis à l‟aide de diagrammes standards, de définir les
caractéristiques géochimiques du granite (Tableau annexe 11).
Le granite de la zone d‟étude est un granite méta alumineux, de composition granodioritique
et de caractère calco-alcalin modèrement potassique. En effet :
74
- Un enrichissement en Terres rares légères (La, Ce, Pr, Nd) et un appauvrissement en
Terres rares lourdes (Er, Tm, Yb, Lu).
- Un enrichissement en Rb, Cs, Th, U, K, Hf, Nb.
- Des profils interrompus d‟anomalies positives en Hf, Pb et U, négative en Ti et Zr et
relative en Ba et Sr. Cependant ces anomalies sont moins prononcées pour les deux
encaissants (A et L).
Les corrélations inter-éléments du granite, montrent qu‟à l‟exception du Rb, la plupart des
éléments présentent une corrélation faible avec l‟or. De ces résultats se distinguent également
trois groupes d‟éléments dont les corrélations sont excellentes : Pb-Rb-Sn-U-Th ; Cu-Ni-Zn ;
Mo-Te-W (Tableau 2).
75
Figure 17: Discrimination chimique du granite.
Figure IV.16 : Composition du granite de la
Diagramme A/CNK versus SiO2 de Rickwood (1989)
zone d‟étude. Diagramme de Barker (1979).
[A/CNK = Al2O3/ (Cao +Na2O + K2O) en % Molaire].
Figure 18 : Composition du granite dans le diagramme K2O- Figure 19 : Composition du granite de la zone
SiO2 ( % en poids) avec les champs de subdivisions des d‟étude : leur position dans le diagramme de
roches subalcalines de Le Maitre et al (1989) ; Rickwood discrimination des granites (Harris et al., 1986)
(1989).
76
Figure 20: Classification dans le diagramme d‟indice de Figure 21 : Spectres des terres rares normalisées
saturation en aluminium (A/CNK molaire) versus SiO2 (% par rapport aux chondrites (Sun et McDonough.,
en poids) avec les champs des granites de type S ; S +I et I 1989) de la granodiorite.
de Chappell et White (1992).
77
Tableau 2 : Matrice de corrélation inter-éléments du granite.
Ag As Au Ba Cu Mo Ni Pb Rb Sn Te Th U W Zn
Ag 1,00
As -0,18 1,00
Sn -0,17 0,65 -0,11 -0,26 -0,13 0,68 -0,27 0,64 0,55 1,00
Te -0,18 0,04 -0,40 -0,11 -0,29 -0,64 -0,20 0,30 0,16 -0,35 1,00
Th -0,25 0,41 -0,48 0,02 0,13 -0,18 0,02 0,65 0,65 0,37 0,39 1,00
U -0,22 0,57 -0,26 -0,50 -0,30 0,24 -0,40 0,76 0,47 0,56 0,30 0,61 1,00
W -0,25 -0,07 0,31 -0,38 -0,05 0,76 -0,24 0,21 -0,10 0,52 -0,44 0,02 0,23 1,00
Zn -0,03 -0,17 0,15 0,07 0,72 -0,40 0,75 -0,21 0,12 -0,29 -0,07 -0,10 -0,50 -0,07 1,00
Les filons de quartz orpaillés en plus de l‟or (m = 5,26ppm ; max = 8,06ppm) contiennent
d‟autres éléments traces avec les comportements suivants:
78
- Les éléments tels As, Ba, Sr, sont de hautes teneurs mais inférieures à celles du
granite (Tableau annexe IV.4).
- Les teneurs en Cr, Cu, V, Zn, Zr des filons sont relativement basses par rapport au
granite.
Les corrélations entre les éléments du granite, du minerai de granite et des filons de quartz
donnent les résultats suivants :
Figure 23: Droite de régression et coefficient de corrélation entre les éléments du granite
sain et du minerai de granite.
79
Figure 24: Droite de régression et coefficient de corrélation entre les éléments du granite
sain et des filons de quartz.
Figure 25: Droite de régression et coefficient de corrélation entre les éléments du minerai de
granite et des filons de quartz.
80
IV.3.2. Conclusion à l’étude géochimique
L‟analyse géochimique, en sus de la présence d‟enclaves magmatiques sombres dans le
granite, confirment une source mixte et nous font suggérer que le granite de Koupèla tout au
moins dans sa frange localisée dans notre zone, serait issu du mélange de deux sources de
magma : une profonde, donnant le caractère calco-alcalin et les éléments associés, et une plus
superficielle donnant le caractère méta alumineux de type S. Il s‟agit donc d‟un granite «
mixte » S et I, méta alumineux et réduit. En outre, le caractère géochimique complexe de ce
granite, montre sa signature chimique perturbée rendue compte par des teneurs élevées pour
certains éléments : un maximum de 12 ppm pour l‟uranium (U), 2166 ppm pour le baryum
(Ba), 1113 ppm pour le strontium (Sr) (donnée BRGM). En effet, l‟enrichissement du granite
en éléments mobiles (Rb, U, Th, Ba, Sr…), pourrait être imputable à des circulations de
fluides minéralisateurs tardi-magmatiques à hydrothermales (Gloaguen., 2006 ; Nerci., 2006)
favorisées notamment par l‟existence de cisaillements. En réalité, une zone importante de
déformation s‟étend de la bordure sud-ouest à la bordure nord-est du permis Liguidi où elle
coïncide avec une importante zone d‟anomalie d‟or de 13km x 3km. Cette zone de
déformation qui déborde sur notre zone d‟étude est interprétée comme étant le passage du
cisaillement de Markoye (Rapport technique Truegold., 2013).
Le minerai de granite présente une signature géochimique qui s‟apparente à celle du granite.
C‟est une granodiorite déformée et perturbée par des effets de circulations hydrothermales
avec des dépôts de sulfures et d‟or. Les faits qui soutiennent cette hypothèse sont les fortes
teneurs de ce faciès en Fe2O3 (d‟où de plus grande quantité d‟ilménite et de magnétite), SiO2
et As par rapport au granite sain.
Les filons de quartz minéralisé en or montrent également des teneurs relativement plus
élevées en As, comparables à celles du granite déformé et minéralisé en or et sulfures.
Cependant, les deux faciès sont plus pauvres en d‟autres éléments à l‟égard du granite. C‟est
le cas par exemple de l‟uranium et des tellurures que seul le granite en renferme. En effet, très
souvent associé au thorium, l‟uranium se trouve surtout dans des minéraux accessoires
(zircon, monazite, apatite,..) de syénites, et plus encore de granites (taux atteignant 15 à
25 g/t). Cela pourrait expliquer également les teneurs plus élevées du granite en ces éléments.
81
CHAPITRE III
82
V- ESSAIS DE TRAITEMENT DU MINERAI DE GRANITE
Les différentes études engagées sur le minerai, démontrent qu‟il s‟agit d‟un granite, en
l‟occurrence une granodiorite déformée et minéralisée en or et sulfures. Les teneurs
enregistrées dans ce minerai granitique sont faibles. A cet effet, des tests ont été entrepris pour
rendre compte de la possibilité et de la méthode de traitement de ce minerai avec en toile de
fond une comparaison avec le minerai de quartz d‟un site connu du Burkina Faso : le site
aurifère d‟Alga.
Alga est localisé dans la portion sahélienne du Burkina Faso précisément dans la province de
Bam à 146km au nord de Ouagadougou. Les corps minéralisés de ce site sont principalement
des filons de quartz (Bamba., 2009). Les teneurs sont hautes avec une estimation des
ressources pour une profondeur de 100m, 120.000t @ 5,55g/t d‟or (PRECAGEME., 2002).
Dans le souci qui était de pallier aux problèmes techniques liés à l‟exploitation de l‟or,
notamment l‟absence de technologies de traitement du minerai induisant de faibles taux de
récupération, une étude conceptuelle a été menée en 2009 (Bamba., 2009). A l‟effigie du
minerai de granite de Koupèla, cette investigation menée dans les locaux du laboratoire
national (BUMIGEB), a permis de trouver une méthode adéquate à haut rendement pour le
traitement du minerai de quartz aurifère d‟Alga.
V-1.1- Densité
Les densités du minerai sont représentées dans le tableau 3. Les résultats obtenus indiquent
des densités relativement moyennes et homogènes, oscillant entre 2,53 et 2,60. La densité
moyenne déduite du minerai vaut 2,564.
Après les opérations de concassage et de broyage, les résultats des analyses granulométriques
des échantillons concassés et broyés, sont présentés sur tableaux (Tableaux annexes 15 à
24). Des courbes de répartition des passants cumulés de ces données ont été représentées sur
des diagrammes semi-log (Fig. 26 à Fig. 29 des Tableaux annexes 15 à 18).
L‟interprétation des données des tableaux permet de noter les remarques suivantes :
83
- Pour les échantillons concassés, le taux de récupération est 100%. C‟est à dire qu‟il
n‟y a pas eu de pertes post-concassage et lors du tamisage. Cela s‟explique par la
granulométrie grossière des échantillons.
- Par contre pour les échantillons broyés, les pertes sont considérables (>>1%) et
augmentent avec le temps de broyage (Tableau 4).
- Les pertes sont énormes pour le minerai granitique et moindres (environ deux fois
moins) pour le quartz pur.
Tableau 4 : Pertes en pourcentage des échantillons broyés :
NB : Les pertes sont évaluées à partir du rapport en masse du poids perdu de l’échantillon
(poids perdu équivaut au poids de l’échantillon récupéré après les opérations, soustrait de
son poids initial), sur son poids initial soit 600g : Perte = .
Suivant ces relations, les différents diamètres ont été calculés et présentés dans le tableau
récapitulatif qui suit (Tableau 5).
84
Tableau 5 : Récapitulatif des différents diamètres.
Quartz Minerai Quartz Quartz Quartz Quartz Minerai Minerai Minerai Minerai
Echantillons concassé concassé broyé broyé broyé broyé broyé broyé broyé broyé
5mn 10mn 15mn 25mn 5mn 10mn 15mn 25mn
D80 (mm) 1,282 1,335 - - - - - - - -
d80 (mm) - - 0,349 0,216 0,184 0,137 0,354 0,183 0,204 0,155
Remarque : Les données du tableau 5 laissent voir que les valeurs des différents diamètres
du minerai sont supérieures à celles du quartz. Cependant, on constate une exception des
valeurs obtenues après 10mn de broyage (d80.10mn soit 0,216 vs 0,183).
A partir de ces différents diamètres, on peut calculer les work index respectifs. Les opérations
de calcul se présentent comme suit :
Calcul des work index correspondants à chaque temps de broyage.
En pratique, le work index est déterminé à partir de plusieurs opérations de broyage et
d‟analyses granulométriques. A l‟issue des résultats obtenus, certains peuvent être
discriminés, notamment les résultats présentant un écart considérable par rapport à la
moyenne des résultats. Seuls les résultats retenus serviront à la détermination du work index
moyen de la matière.
Le work index a été calculé selon la méthode indirecte avec le quartz pur comme substance de
référence dont le WI connu est 13,57 Kwh/Short ton. Le calcul se fait à partir de la formule de
Bond :
W=WI=10WI ( 10W‟I (
√ √ √ √
√ √
W‟I = WI
√ √
Avec :
- W le travail ou l‟énergie qu‟il faut (Work index) pour broyer une matière ;
- WI est le Work Index de l‟élément de référence (ici le quartz avec WI=13,57
Kwh/short ton) ; W‟I est le Work Index du minerai à déterminer ;
- D80 et D‟80 sont respectivement les diamètres D80 du quartz et du minerai concassés;
- d80 et d‟80 représentent respectivement les diamètres d80 de quartz et de minerai broyés
en des temps différents.
Suivant ces relations, les différents work index ont été calculés et l‟indice moyen est déduit à
partir de leur moyenne arithmétique, et présentés au tableau récapitulatif qui suit (Tableau 6).
85
Tableau 6 : Récapitulatif des différents work index
Temps mis
pour la 5mn 10mn 15mn 25mn
communition
Work Index
W‟I
13,48784298 11,66670793 14,57702325 14,74138033
(Kwh/Short
ton)
Work Index
moyen W‟I
13, 61823862
(Kwh/Short
ton)
Ce work index moyen (≈13,62) se rapproche plus de celui du quartz pur qui est de 13,57
Kwh/Short ton. Toutefois, il ne correspond pas à la bonne valeur car le W‟I10mn présente un
grand écart avec celui-ci (11,67 vs 13,62). Ce qui confirme la remarque soulignée à partir des
valeurs du tableau 5. Cette valeur est donc à proscrire.
Par conséquent le vrai indice moyen est celui obtenu à partir des trois plus proches valeurs.
Soit W‟Imoyen =
AN :W‟Imoyen =
86
Figure 26: Courbe représentative des passants cumulés du quartz concassé.
87
Figure 28: Courbe représentative des passants cumulés du quartz broyé pendant 25mn
Figure 29: Courbe représentative des passants cumulés du minerai broyé pendant 25mn.
88
V-2. Tests de traitement du minerai de granite
Trois (03) prélèvements ont été effectués par quartage des pulpes du tout-venant, issues de la
préparation mécanique pour les essais de traitement. Ces derniers ont été pulvérisés et soumis,
chacun à cinq (5) principales étapes :( i) 10g sont pesés à la balance de précision 0,01 près ;
(ii) la calcination s‟est faite à 700°C ; (iii) l‟attaque s‟est faite à l‟eau régale en milieu oxydant
avec addition d‟acide fluorhydrique pour une dissolution totale de la silice ; (iv) l‟extraction
de l‟or en phase organique s‟est effectuée au Méthyl Isobutyl Cétone (MIBK) ; (v) les phases
organiques extraites sont passées en absorption atomique SAA à flamme et au four.
La moyenne des teneurs obtenues après lecture est 2,85ppm. Cette teneur est retenue comme
la teneur du tout-venant pour les différents calculs des essais.
Il convient également de noter que, comme le tout- venant, les pulpes issues des essais de
traitement (flottation et tablage) ont subi les mêmes étapes d‟analyse pour la quantification de
l‟or.
V-2.1 Flottation
Le tableau 7 présente les résultats issus des différentes opérations de flottation. En fonction
de la teneur du tout-venant (2,85ppm), les taux de récupération ont été évalués pour les trois
opérations.
NB : Poids (%) = (Poids échantillon. /Poids total) x100 ; Stock métal (mg) = (Teneur x
masse échantillon.)/1000 ; Taux de récupération (%) = (Stock métal échantillon. /Stock métal
du tout-venant) x100.
Echantillons Poids (g) Poids (%) Teneur (ppm) Stock métal (mg) Taux de récupération (%)
Concentré
116,000 11,600 11,500 1,334 46,807
Essai N°1
C1
Rejet R1 884,000 88,400 1,940 1,715 60,174
Totaux 1000,000 100,000 - 3,049 -
Tout venant - - 2,850 2,850 100,000
Concentré
136,000 13,600 6,470 0,880 30,874
Essai N°2
C2
Rejet R2 864,000 86,400 0,250 0,216 7,579
Totaux 1000,000 100,000 - 1,096 -
Tout venant - - 2,850 2,850 100,000
Concentré
278,000 27,800 7,780 2,163 75,889
Essai N°3
C3
Rejet R3 722,000 72,200 0,150 0,108 3,800
Totaux 1000,000 100,000 - 2,271 -
Tout venant - - 2,850 2,850 100,000
89
De ce tableau 7, les observations qui en découlent sont:
NB : [Au en ppm= Teneur en or des jus cyanurés ; Stock-métal = Teneur x volume d’eau (2l)
de dilution ; Stock-métal du Tout-venant = Teneur du tout-venant x masse (2kg) de
l’échantillon ; Taux de dissolution (%) = (Stock métal de l’échantillon / Stock-métal du
Tout-venant) x100.]
90
De ce tableau 8, il ressort des teneurs croissantes depuis To à T12. A T12, soit 7h de
lixiviation, on obtient une teneur optimum de 2,19ppm. Après T12, les teneurs décroissent
mais restent à peu près constantes. Ces observations sont bien illustrées dans la courbe
obtenue à partir de ces données (Fig. 30). À cette teneur (2,19ppm), le stock métal
correspondant est 4,38mg pour 2kg du minerai.
En somme, on retient que pour 2kg du minerai dans les mêmes conditions opératoires, sept
heures (7h) de lixiviation suffisent pour récupérer le maximum de métal du granite minéralisé
en or.
On note que :
i) Le concentré présente le plus gros stock en or (8,48mg) et le plus fort taux de
récupération (37,185%).
91
ii) Les mixtes et les rejets renferment toujours des stock-métaux considérables. Il est
même plus élevé dans les rejets (0,68mg d‟or /kg du minerai).
De cette étude, il ressort que le tablage permet de récupérer le métal en préconcentré, mais les
rejets et les mixtes renferment toujours des stocks qui peuvent encore faire l‟objet de
traitement.
92
iii) Le work index du quartz d‟Alga est nettement inférieur à celui du minerai de
granite ;
iv) La maille de libération du quartz est nettement supérieure à celui du granite ;
v) Les taux de récupération des différentes méthodes sont supérieurs pour le minerai
de quartz ;
vi) Le temps de lixiviation du minerai de granite est nettement inférieur à celui du
quartz.
En somme, il ressort que les grains d‟or du granite sont plus fins (généralement <1 à 5μm)
que ceux du quartz ; ce qui exige plus d‟énergie pour le broyage. Cependant, la friabilité plus
élevée du minerai le rend plus facile à lixiver. Par conséquent : en tenant compte d‟une part,
des coûts des opérations de traitement, des taux de récupération et donc le rendement, et
d‟autre part le souci de la préservation de l‟environnement, la méthode mixte proposée est
alors justifiée [Flottation + cyanuration des rejets].
Tableau 10 : Récapitulatif des résultats des conceptions des méthodes de traitement du quartz
aurifère d‟Alga et du minerai de granite de Koupèla.
Légende explicative : T.m du T-V = Teneur moyenne du tout-venant ; Grain =
granulométrie du minerai broyé pour le test ; T.R = taux de récupération ; T.D = taux de
dissolution ; Durée = temps de cyanuration pour obtenir le taux de dissolution
correspondant.
Caractéristiques
Méthodes de traitement
Minéralurgiques
g/t Kwh/Sht Grain T.R Grain T.D Durée Grain T.D Grain T.R
(µm) (%) (µm) (%) (µm) (%) (µm) (%)
Quartz Cyanuration
2,60 23,76 11,95 250 80 1430 95,71 24h 5000 92,71 100 48,23
d’Alga en tas
Granite Flottation +
de 2,56 2,85 14,27 169 75,89 169 76,91 7h - - 169 37,19 cyanuration
Koupèla des rejets
93
Planche 17 : Vue du déroulement des différentes opérations de traitement du minerai
94
Planche 17 (Suite)
95
Planche 17 (Suite et fin)
Opération de flottation.
96
CHAPITRE IV
97
VI- DISCUSSIONS
Les diverses investigations entreprises dans la portion étudiée du massif, montrent que le
granite est affecté par différentes phases de déformations. Celles-ci sont ponctuées d‟épisodes
minéralisateurs notamment aurifères. Les résultats de cette étude en accord avec la plupart des
travaux déjà réalisés dans cette partie orientale et les relations structurales granite - encaissant
(tonalite), nous permettent de proposer la chronologie suivante pour les différents
évènements:
Ière étape :
Au Burkina Faso, les premiers décrochements sont orientés NE-SW et fonctionnent à partir de
2150 Ma dans la moitié Est du pays. Ceux-ci affectent de manière ductile et fragile, les roches
vertes et les batholites TTG. L‟épisode magmatique associé à cette étape, se manifeste par le
remplissage majeur des fentes d‟orientation NE-SW. Ainsi, s‟est vu mettre en place autour de
2127 Ma (Vachette et Ouédraogo., 1978), le pluton granitique de Koupèla dans des fentes de
tension de l‟encaissant tonalitique au cours d‟un mouvement décrochant de sens dextre et de
direction NE-SW (Naba., 2007). L‟intrusion du magma induit aux roches encaissantes un
métamorphisme de contact (Castaing et al., 2003) et leur fracturation, causés respectivement
par la conduction de chaleur du pluton et la force de l‟intrusion qui s‟élève dans la croute.
Simultanément, la cristallisation fractionnée du magma génère des fluides orthomagmatiques
qui s‟accumulent dans des poches surpressurisées vers le sommet de l‟intrusion. L‟expulsion
des fluides accompagne la conduction de chaleur dans la roche encaissante et provoque la
mise en marche d‟une cellule de convection (Stephens et al., 2004). Selon Eldursi (2009),
au-dessus de 4,5km de profondeur, le seuil de perméabilité de 10-16m2 est atteint et les cellules
convectives du second ordre, peuvent créer des zones additionnelles de décharge focalisée de
fluides où, des minéralisations sont potentiellement présentes.
IIème étape :
98
alcalins. Un contraste similaire a été observé pour les ratios de libération ou de dispersion du
plomb, de l‟or ou encore de l‟étain (Strong., 1988 ; Chi., 1992). Ce qui explique que ces
dépôts soient majoritairement liés aux granites méta alumineux et peralumineux (Thompson
et al., 1999 ; Thompson et Newberry., 2000 ; Lang et Bakker., 2001 ; Černý et al., 2005 ;
Gloaguen., 2006 ; Nerci., 2006). Ces fluides générés et enrichis, engendrent des
minéralisations à des niveaux superficiels du granite. Il s‟agit d‟une minéralisation pré-
principale de grande taille disséminée et formée à haute température autour de 600°C
(Brimhall., 1979 ; Chi., 1992).
IIIème étape :
Le complexe de fluide H2-CO2-H2S-Au ainsi formé migre à travers des conduits (zones de
cisaillements, fractures, failles majeures, contacts lithologiques…) de circulation de fluides
hydrothermaux. Au cours de cette migration, les fluides réagissent avec les roches
encaissantes et entrainent des réactions chimiques qui causent la précipitation de l‟or.
99
Parmi elles :
ii) La sulfidation du granite. La sulfidation des roches hôtes est un moyen important
pour décroitre la teneur de sulfures en solution. Ce qui conduit à baisser la
concentration en H2S et HS- par la précipitation des minéraux sulfurés et de l‟or
(Phillips et Powell., 2010). Les possibilités de réactions sont :
A la lumière de ces équations, l‟abondance en fer dans les roches a été une condition
sinequanone pour qu‟il y ait, la précipitation des sulfures et de l‟or suivant l‟équation.
La présence de sulfures et de grains d‟or associés aux sulfures (pyrite et arsénopyrite) dans le
granite, rendent comptent de ce processus.
Finalement, avec les injections magmatiques, la minéralisation aurifère principale plus
tardive, se met en place par un système géothermique impliquant des fluides à des
températures plus basses et redépose, une grande partie des minéralisations disséminées pour,
former des zones cisaillées et des filons riches en minéraux. Tout ça dans un contexte de
cisaillements et d‟hydrothermalisme marqué par l‟altération potassique, propylitique et une
silicification du granite. La déformation cisaillante qui persiste affecte l‟ensemble granite-
filons et induit des couloirs mylonitiques à cataclastiques.
Les données analytiques indiquent de faibles teneurs d‟or dans le granite avec une moyenne
de 0,31g/t sur douze (12) échantillons du granite analysés et une teneur haute de 1,14g/t.
Cependant, on enregistre des teneurs plus élevées (2,85 g/t) dans les portions intensément
déformées et altérées du granite en l‟occurrence, la zone cisaillée de Liguidi Malguem.
Les teneurs fortes (5,26g/t d‟or sur trois échantillons) sont surtout enregistrées par certains
filons de quartz encaissés dans le granite.
Les autres minéralisations du granite sont représentées par des minéraux métalliques avec les
teneurs moyennes suivantes : Ag (2ppm) ; Pb (18,88ppm) ; Zn (38,96ppm) ; Cu (37,82ppm) ;
Ni (33,32ppm) ; Mo (0,19ppm) ; W (4,65ppm); As (2,61ppm) ; Sn (3,19ppm) ; U
(4,53ppm) ; Te (0,15ppm).
En somme, la minéralisation du granite de Koupèla est constituée d‟or, disséminé dans les
parties altérées et cisaillées du granite et rehaussée par des filons de quartz à haute teneur.
Les autres métaux sont constitués de Pb, Cu, Zn, As, Ni, Ag, Sn, Mo, W, Te et U.
100
Ces données peuvent être assimilées à celles du gisement aurifère de Timbarra, localisé en
Australie orientale. En effet, la minéralisation de Timbarra est disséminée dans la zone
sommitale d‟un granite leucocrate encaissé dans des roches mafiques stériles (Mustard et al.,
1998). Cette minéralisation se trouve rehaussée par des filons et veines à quartz-molybdénite.
Le granite est fractionné, de type I à magnétite et ilménite avec de mégacristaux de feldspath
potassique, quelques enclaves mafiques et accessoirement de la tourmaline, magnétite,
sphène, cassitérite et zircon (Taylor et al., 1992 ; Simmons et al., 1996 ; Mustard., 2001 et
2004). La minéralisation primaire est pauvre en sulfures (pyrite et arsénopyrite <1%) et
associée à une altération hydrothermale à séricite-chlorite-carbonate (Mustard., 2001 et
2004). Les grains d‟or sont en général fins (<1 à 50μm) avec une moyenne de concentration
des métaux suivants : Au (1,8ppm) ; Bi (64ppm) ; Ag (3ppm) ; Te (1,3ppm) ; As (1,806ppm) ;
Sb (7,2ppm) ; Mo (1,3ppm) ; Sn (3,6ppm).
Les caractéristiques suivantes ont valu la classification de ce gisement dans les systèmes
aurifères associés aux intrusions réduites (SAAIR) (Mustard., 2001):
101
VII- CONCLUSIONS ET PERSPECTIVES
Le granite de Koupèla dans sa portion étudiée, est une granodiorite avec de mégacristaux de
feldspath potassique et de nombreuses enclaves basiques. Les minéraux essentiels sont
constitués de feldspaths (plagioclase, feldspath potassique, microcline) le plus souvent
perthitiques et poecilitiques, le quartz, des myrmékites fréquentes, la biotite et les amphiboles.
Les minéraux accessoires correspondent aux zircon, apatite, sphène, allanite, magnétite,
ilménite, arsénopyrite et pyrite. C‟est un granite « mixte » S et I, méta alumineux et réduit à
magnétite et ilménite. Il présente un caractère calco-alcalin modèrement potassique. Le
granite est truffé de nombreux filons composés de granite leucocrate à biotite, microgranite,
quartz et aplite. Les études pétrographiques du minerai échantillonné montrent qu‟il s‟agit
d‟un granite déformé en l‟occurrence, une granodiorite altérée et minéralisée en or et sulfures.
En effet, le granite est affecté par différents évènements tectono-magmatiques, accompagnés
de plusieurs générations d‟altérations hydrothermales. C‟est ainsi que les phases successives
de déformations ont induit la mise en place dans le pluton de diverses structures à caractères
fragile et ductile.
Les structures ductiles dans leur majorité (linéation minérale, foliation) présentent une
orientation similaire à celle du pluton. La déformation cassante quant à elle, se matérialise par
la présence de failles, de fractures tardives, des filons et des veines mylonitiques à
cataclastiques. La plus grande partie de ces structures caractérise le passage des cisaillements
NNE de Markoye.
Outre ces structures, les zones d‟ombres de pression et les diverses circulations
hydrothermales caractérisent le cisaillement du granite. Ces observations dans ce cas précis
ont été notées dans la portion du granite déformé et minéralisé de Liguidi Malguem. Les
phénomènes hydrothermaux responsables de la minéralisation sont intenses et caractérisés par
des altérations de type potassique, propylitique, et une silicification du granite. Ceux-ci se
constatent aussi à travers les données géochimiques. En fait, les analyses indiquent un
enrichissement du granite cisaillé en SiO2 et Fe2O3 par rapport au granite sain.
Dans les filons de quartz minéralisé, cette paragénèse d‟altérations est constituée de quartz-
biotite-muscovite-apatite et magnétite.
Le fait que, le granite ait été la cible des cisaillements senestres de la phase D2 et que, la zone
cisaillée et minéralisée de Liguidi -Malguem soit alignée suivant le corridor de Markoye, nous
formulons l‟hypothèse que la remobilisation et la concentration de l‟or dans le granite sont
majoritairement liées à la phase de déformation D2.
102
- Granodiorite de type mixte « S et I » réduit et méta alumineux ;
- Contexte géodynamique d‟arc ;
- Localisation de la minéralisation à la fois dans des filons de nature siliceuse et
disséminée dans le granite ;
- Faible % des sulfures (<<3%) du minerai de granite avec la pyrite et l‟arsénopyrite
dominantes ;
- Signature géochimique à Au-As-Ag-Te -Pb-Zn-Cu-Ni ;
- Altérations hydrothermales de type potassique, propylitique et la silicification.
L‟exploration de ce type de gisement devrait donc tenir compte de ces caractères.
Dans le but de contribuer à une meilleure connaissance sur la minéralisation de Koupèla, nous
suggérons de mener ultérieurement les investigations suivantes sur l‟ensemble de la zone
étudiée :
- Etudier les fluides des minéralisations. L‟étude des inclusions fluides et des isotopes
stables de l‟oxygène et de l‟hydrogène sera réalisée sur les deux types de minéralisations
(disséminée et filonienne). L‟objectif est de préciser la chimie des fluides, les conditions de
pression-température de piégeage, de proposer un chemin P-T-X et de tracer l‟origine
des fluides pour les deux types de minéralisations.
103
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112
LISTE DES FIGURES
Figure 3 : Carte géologique synthétique du Burkina Faso oriental (Castaing et al., 2003)……….…19
Figure 4 : Carte des unités géologiques de la zone d‟étude, extraite de la carte géologique du
Figure 11 : Carte du filon N°1 (quartz gris bréchifié et sériciteux) avec les stéréogrammes des
structures qui l‟entourent………………………………………………………………………………63
Figure 12 : Carte du filon N°2 (granite laminé et orpaillé de direction N50°E) avec les
stéréogrammes des structures qui l‟entourent……………………………………………………….…63
Figure 13 : Carte du filon N°3 (quartz blanc à aspect laiteux moulé dans une amphibolite
laminée) avec les stéréogrammes des structures qui l‟entourent………………………………………64
Figure 14 : Carte du filon N°4 (quartz gris) avec les stéréogrammes des structures qui
l‟entourent……………………………………………………………………………………………...64
113
Figure 20: Classification dans le diagramme d‟indice de saturation en aluminium (A/CNK molaire)
versus SiO2 (% en poids) avec les champs des granites de type S ; S +I et I de Chappell et White
(1992)…………………………………………………………………………………………………. 77
Figure 21 : Spectres des terres rares normalisées par rapport aux chondrites (Sun et McDonough.,
1989) de la granodiorite…………………………………………………….………………………….77
Figure 28 : Courbe représentative des passants cumulés du quartz broyé pendant 25mn………….....88
Figure 29: Courbe représentative des passants cumulés du minerai broyé pendant 25mn…………...88
114
LISTE DES TABLEAUX
Tableau 13: Valeurs analytiques sur roches totale des échantillons de quartz filonien……………..124
Tableau 17: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 5mn…………….…127
Tableau 18: Résultats des analyses granulométriques du minerai broyé pendant 5mn……………..127
Tableau 19: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 10mn……….......…128
Tableau 20: Résultats des analyses granulométriques du minerai broyé pendant 10mn………....…128
Tableau 21: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 15mn………...……129
Tableau 22: Résultats des analyses granulométriques du minerai broyé pendant 15mn…………....129
Tableau 23: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 25mn……………...130
Tableau 24: Résultats des analyses granulométriques du minerai broyé pendant 25mn…………....130
115
LISTE DES PLANCHES PHOTOGRAPHIQUES
Planche 15: Aperçu des microstructures du granite, du granite leucocrate et des filons de
quartz…………………………………………………………………………………………………..68
116
APPENDICE DES ABREVIATIONS
ABREVIATIONS SIGNIFICATIONS
Minéraux
Alb; All; Am ; Apt; Asp Albite ; Allanite ; Amphibole ; Apatite ; Arsénopyrite
Bi Biotite
Ca; Chl Carbonate ; Chlorite
Ep Epidote
Mic Microcline
Or; Oxy Orthose ; Oxydes
Pl; Pyr Plagioclase ; Pyrite
Qz ; Q1 ; Q2 Quartz ; Quartz de première génération ; Quartz secondaire
Sph Sphène
Zr Zircon
alliés
al.
BRGM
Bureau de Recherches Géologiques et Minières
CIL
Carbone In Leach (en français = lixiviation au carbone)
Fig.
Figure
Ga Milliards d‟années
Moyenne sur le nombre total d‟échantillons analysés du même
m
faciès
High Field Strength Elements = Elements ayant un rapport charge /
HFSE
rayon ionique élevé (Ti, Nb, Ta, Zr, Hf, Sc, Y).
LN ; LP Lumière naturelle ; Lumière polarisée.
Ma Millions d‟années
Teneur la plus élevée de l‟ensemble des teneurs obtenues de
max l‟élément.
Pl. Planche
Rare Earth Elements (en français = terres rares)
REE
Trs/mn
Tours par minute
μf Microfracture
117
TABLEAUX ANNEXES
Nota :
Tableau 13 : Valeurs analytiques sur roches totale des échantillons de quartz filonien.
118
Tableau 11
Numéros des MD MD KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM
échantillons 0016 0001 04 06 38 09 02B 15 34A 45B 42 17
Descriptions
To. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. V.S
Moyennes
macroscopiques
Codes plot des A B C D E F G H I J K L
échantillons
Eléments et
valeurs
analytiques
SiO2 68,56 70,06 71,40 71,26 72,07 70,65 72,01 71,98 70,54 71,20 71,03 69,38 70,85
Al2O3 11,56 14,21 13,53 13,57 13,78 13,70 14,08 13,10 14,01 13,46 14,27 14,07 12,33
Fe2O3 4,25 1,76 1,48 1,50 1,72 1,56 1,13 1,68 1,78 1,10 1,16 1,10 1,69
MgO 1,67 0,34 0,40 0,50 0,70 0,51 0,10 0,05 0,08 0,24 0,03 0,33 0,91
TiO2 0,43 0,23 0,25 0,22 0,33 0,38 0,55 0,10 0,16 0,40 0,54 0,32 0,33
MnO 0,62 0,02 0,01 0,07 0,04 0,04 0,03 0,05 0,04 0,07 0,01 0,07 0,55
CaO 4,96 5,20 4,42 4,78 4,62 5,06 4,20 4,81 4,52 4,51 4,90 5,36 4,91
Na2O 4,98 5,72 4,98 5,04 4,69 5,01 4,99 4,95 5,07 5,10 4,30 5,44 5,19
K2O 1,72 2,98 3,50 3,40 3,68 3,57 3,57 3,20 3,49 3,19 3,57 2,38 3,19
P2O5 0,12 0,09 0,12 0,17 0,05 0,14 0,02 0,05 0,08 0,65 0,98 0,69 0,26
LOI 0,70 0,10 0,13 - - 0,17 0,14 0,04 0,15 0,20 0,50 0,40 0,25
Total 99,57 100,71 100,22 100,51 101,68 100,79 100,82 100,01 99,92 100,12 101,29 99,54 100,46
A/CNK (mol) 0,99 1,02 1,05 1,03 1,06 1,00 1,10 1,01 1,07 1,05 1,12 1,07 0,93
Normes (%)
Quartz 22,42 17,66 22,37 21,59 22,53 20,32 23,19 24,11 20,97 23,73 25,96 21,59
Orthose 10,32 17,53 20,69 20,01 21,42 21,01 20,97 18,94 20,70 18,88 20,95 14,20
Albite 42,77 48,17 42,15 42,48 39,08 42,22 41,98 41,95 43,06 43,23 36,13 46,47
Anorthite 4,17 4,28 4,23 4,34 5,59 4,33 5,44 4,08 5,18 4,42 9,03 7,01
Diopside 16,75 4,88 4,54 5,40 6,42 4,77 1,32 3,69 3,85 2,62 0,97 3,38
Wollastonite 0,00 6,30 4,82 4,92 3,71 5,87 5,67 6,40 5,20 4,60 3,46 4,86
Hypersthène 1,16 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
119
Moyennes
MD MD KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM
0016 0001 04 06 38 09 02B 15 34A 45B 42 17
To. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. V.S
Magnétite 1,33 0,54 0,46 0,46 0,52 0,45 0,35 0,52 0,55 0,34 0,36 0,34
Ilménite 0,83 0,43 0,47 0,42 0,62 0,72 1,04 0,19 0,31 0,76 1,02 0,61
Apatite 0,25 0,21 0,27 0,38 0,11 0,31 0,04 0,12 0,18 1,42 2,12 1,54
ID 75,51 83,36 85,21 84,08 83,03 83,55 86,14 85,00 84,73 85,84 83,04 82,26
As 0,00 0,00 0,00 3,00 2,00 4,00 0,00 0,00 0,00 0,00 20,36 2,00 2,61
Au 2,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,77 1,14 0,70 0,76 0,00 0,00 0,77
Ba 499,50 2166,20 1152,37 25,00 748,00 1062,00 553,30 163,73 58,00 826,65 223,70 829,00 692,29
Co 10,30 9,40 0,00 0,20 5,00 8,30 0,00 0,00 0,00 104,35 0,00 9,00 12,21
Cr 17,00 62,00 415,7 16,00 17,00 52,00 47,70 254,86 25,52 34,28 20,28 11,00 81,11
Cu 9,24 7,50 248,23 1,80 5,70 7,40 19,68 72,07 25,38 28,57 25,19 3,10 37,82
Hf 3,20 3,00 1,90 3,50 2,50 3,30 5,94 5,84 8,92 8,02 8,86 7,40 5,20
Li 18,00 20,00 27,20 19,10 28,10 41,10 3,02 31,12 6,06 40,41 5,94 10,80 20,90
Mo 0,40 0,52 0,10 0,20 0,15 0,20 0,56 0,60 1,00 0,61 0,65 0,60 0,46
Nb 3,50 4,00 4,40 5,30 5,40 6,60 2,62 5,84 2,54 5,45 4,11 8,30 4,84
Ni 11,00 44,00 155,90 25,00 7,60 23,90 0,00 63,94 0,00 23,07 19,58 25,85 33,32
Pb 1,10 5,16 19,61 30,60 17,30 20,00 15,86 8,27 26,37 23,33 36,29 10,70 17,88
120
Moyennes
MD MD KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM
0016 0001 04 06 38 09 02B 15 34A 45B 42 17
To. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. V.S
Rb 33,30 70,00 146,01 105,30 91,90 130,70 48,99 73,42 109,09 85,72 189,45 95,60 98,29
Sb -0,20 0,30 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,025
Sc 10,93 6,88 285,81 3,00 2,00 6,00 0,00 350,99 0,00 103,02 0,00 8,00 64,72
Se 0,10 -0,10 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 0.00 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00
Sn 1,00 3,00 1,40 1,40 1,30 1,90 2,14 1,68 7,50 5,43 9,72 1,80 3,19
Sr 580,10 1113,10 477,34 40,00 471,00 468,00 290,39 548,97 82,23 848,24 126,34 114,00 429,98
Ta 0,20 0,30 0,30 0,30 0,40 0,60 0,75 0,95 0,72 0,74 1,23 0,40 0,57
Te - - 42.46 0,45 0,36 0,39 0,00 0,00 0,00 0,00 0,00 - 0,15
Th 1,20 4,10 7,32 5,50 5,20 11,10 5,77 0,00 7,92 3,10 8,57 - 5,43
U 0,70 2,10 0,00 11,80 1,60 5,20 5,99 0,00 10,38 0,00 12,09 - 4,53
V 102,00 60,00 134,24 1,96 24,00 39,00 28,50 204,15 19,25 67,02 21,03 - 63,74
W -1,00 2,00 0,10 0,12 0,13 0,80 9,49 9,51 11,80 7,87 4,64 - 4,65
Zn 40,10 23,70 96,94 13,00 49,00 38,00 0,00 97,40 10,72 35,80 23,92 - 38,96
Zr 111,0 104,20 262,59 85,10 90,20 124,20 127,67 196,69 94,13 150,32 125,59 - 133,79
Rb/30 1,11 2,33 4,87 3,51 3,06 4,36 1,63 2,45 3,64 2,86 6,32 3,19
Tax3 0,60 0,90 0,90 0,90 1,20 1,80 2,25 2,01 2,16 2,22 2,25 1,20
121
Moyen-
MD MD KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM KPM
0016 0001 04 06 38 09 02B 15 34A 45B 42 17 nes
To. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. Gra. V.S
Sm 2,8 3,3 - - - - - - - - - - 3,05
Sommes 80,81 104,10 51,90 13,50 35,70 85,80 513,47 1200,71 292,95 743,48 281,38 107,00 292,57
Moyennes 5,77 7,44 3,71 0,96 2,55 6,13 36,68 85,77 20,93 53,11 20,10 7,64 20,90
Tableau 12
Moyennes
Descriptions Granite fortement déformé Granite fortement déformé
macroscopiques et minéralisé en or et et minéralisé en or et
sulfures sulfures
Eléments et valeurs
analytiques
LES ELEMENTS MAJEURS (en % d’oxydes)
SiO2 72,65 73,26 72,96
Normes (%)
Quartz 34,34 35,53
122
KPM 20I KPM 20II Moyennes
Albite 26,75 27,60
Anorthite 5,61 5,43
Diopside 7,72 5,67
Wollastonite 1,39 2,17
Magnétite 1,12 0,98
Ilménite 0,74 1,06
Apatite 0,09 0,04
ID 83,33 84,64
123
KPM 20I KPM 20II Moyennes
Th 5,32 6,86 6,09
U 0,00 0,00 -
V 143,51 139,61 141,56
W 0,90 0,80 0,85
Yb 10,00 11,74 10,87
Zn 68,84 60,46 64,65
Zr 288,25 280,10 284,18
Tableau 13
124
KPM 08 KPM 24A KPM 30 Moyennes
Sb 1,51 1,99 1,65 1,72
Sc 0,00 0,00 293,54 97,85
Sn 0,00 0,00 0,00 0,00
Sr 222,27 6,35 651,94 293,52
Ta 0,67 0,67 0,75 0,70
Th 0,00 0,00 0,00 -
U 0,00 0,00 0,00 -
V 64,92 0,00 218,47 94,46
W 0,00 0,00 0,00 0,00
Yb 1,15 1,22 10,10 4,16
Zn 14,06 6,86 85,74 35,55
Matériaux WI Matériaux WI
125
Tableau 15: Résultats des analyses granulométriques du quartz concassé.
126
Tableau 17: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 5mn.
127
Tableau 19: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 10mn.
128
Tableau 21: Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 15mn
Tableau 22: Résultats des analyses granulométriques du minerai broyé pendant 15mn.
129
Tableau 23 : Résultats des analyses granulométriques du quartz broyé pendant 25mn
130