Constitution et méthodes d'échantillonnage
Constitution et méthodes d'échantillonnage
8 Échantillon(s)
Résumé
Ce chapitre traite de la constitution d’échantillons, qu’ils comprennent un grand
nombre d’éléments ou un seul comme dans le cadre d’un cas unique, qu’ils
soient destinés à des traitements quantitatifs ou qualitatifs. Il a précisément
pour objet de présenter l’éventail des possibilités en termes de constitution d’un
échantillon et d’indiquer quels sont les principaux critères à prendre en compte
afin de guider le choix du chercheur en la matière.
Il présente tout d’abord les principales méthodes de constitution d’un échantil-
lon. Il expose ensuite les facteurs à prendre en considération pour déterminer a
priori la taille d’un échantillon. Il présente enfin différentes démarches possibles
pour constituer un échantillon.
SOMMAIRE
Section 1 Choisir les éléments de l’échantillon
Section 2 Déterminer la taille de l’échantillon
Section 3 Démarches de constitution d’un échantillon
Partie 2 Mettre en œuvre
L
■
c Focus
Échantillon ou recensement ?
Effectuer un recensement constitue une exacte mais entachée d’une erreur qu’il
alternative à l’étude d’un échantillon. est impossible de connaître et une valeur
Néanmoins, de façon générale, l’étude sans doute inexacte mais dont la préci-
d’un échantillon présente de nombreux sion peut être appréciée » (p. 167-168).
avantages par rapport au recensement, Certaines théories telles que l’écologie
notamment en termes de coûts, de délais des populations imposent la réalisation
et de fiabilité. Les deux premiers de ces d’un recensement de manière à pouvoir
avantages semblent évidents mais tendent mesurer correctement l’évolution de la
à se réduire en raison de l’accessibilité population étudiée (Carroll et Hannan,
croissante des bases de données. Le fait 2000). Des méthodes telles que la
qu’une étude menée sur un échantillon méthode QCA (Qualitative Comparative
puisse conduire à une plus grande fiabi- Analyses : Ragin, 1987) recommandent
lité qu’un recensement heurte davantage d’avoir recours au recensement. De
le sens commun. Mais tout comme les manière plus générale, lorsque les popu-
échantillons, les recensements peuvent lations sont de taille très petite, inférieure
comporter des biais tels que l’omission ou à 50 éléments, Henry (1990) conseille
le double comptage d’un élément et les d’être exhaustif pour des raisons de crédi-
erreurs des répondants. Ainsi selon Giard bilité des résultats. Les échantillons dits
(2003), en termes de fiabilité, choisir de taille intermédiaire (15 à 100 éléments
entre l’étude de l’intégralité de la popula- environ) se prêtent bien à la mise en
tion et celle d’un échantillon probabiliste œuvre de méthodes combinant analyses
revient à choisir « entre une valeur réputée qualitative et quantitative.
220
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
221
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
c Focus
Les caractéristiques de l’échantillon influençant la validité
Le caractère hétérogène ou homogène validité interne mais une plus grande vali-
des éléments influe sur la validité externe dité externe. Ainsi, des éléments homo-
et la validité interne de l’étude. Par gènes sont généralement sélectionnés
exemple dans une expérimentation, lorsque l’objectif de la recherche privi-
lorsque les individus sont très différents, il légie la validité interne, et des éléments
est possible que certains soient plus réac- hétérogènes lorsque la validité externe est
tifs que d’autres au traitement du fait de recherchée.
facteurs externes non contrôlés agissant Un autre choix concerne le type de
sur la variable étudiée. D’autres peuvent méthode de constitution de l’échantillon :
ne pas réagir à l’expérimentation mais toutes les méthodes ne sont pas équiva-
conduire aux mêmes résultats que les lentes en termes de validité de l’étude. Par
autres pour des raisons non identifiées. exemple, certaines, telles que les
L’utilisation d’un échantillon d’éléments méthodes probabilistes, sont par nature
homogènes permet de limiter ces risques propices à une généralisation des résultats
et d’améliorer la validité interne mais au alors que d’autres, telles que les échantil-
détriment de la validité externe (Shadish, lons de convenance, ne le sont pas.
Cook et Campbell, 2002). De même,
Le nombre d’éléments de l’échantillon a
dans les études de cas multiples, faute de
une incidence sur la confiance accordée
temps ou de moyens, on effectuera
aux résultats qui constitue une des
souvent un arbitrage entre un faible
composantes de la validité interne. Cette
nombre de cas étudiés en profondeur et
confiance s’apprécie de manière subjec-
un plus grand nombre de cas diversifiés,
tive pour les études qualitatives et s’ex-
analysés de manière moins approfondie.
prime plutôt en termes de précision ou de
Dans la première situation, la recherche
seuil de signification lorsque des traite-
présentera une forte validité interne, dans
ments quantitatifs sont effectués.
la seconde, elle aura une plus faible
222
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Section
1 Choisir les ÉLÉments de l’Échantillon
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
Les méthodes de sélection d’un échantillon peuvent être regroupées en deux
grands ensembles liés aux modes d’inférence auxquels ils renvoient : les méthodes
probabilistes et leurs dérivées, d’une part et les méthodes de choix raisonné, d’autre
part.
Les méthodes probabilistes et leurs dérivées consistent, fondamentalement, à
sélectionner un échantillon au sein d’une population en s’assurant que tout élément
de la population a une probabilité non nulle et connue d’appartenir à l’échantillon
sélectionné. Cette sélection s’opère par un processus où la subjectivité des
chercheurs doit être contrôlée et tout biais susceptible de modifier la probabilité
d’appartenance à l’échantillon doit être évité. Le respect de ces règles assure la
223
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
224
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
225
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
conduire à une forte dispersion géographique des éléments sélectionnés, ce qui peut
entraîner des coûts élevés de collecte des données.
■■ Échantillon systématique
Cette méthode est très proche de celle de l’aléatoire simple mais ne nécessite pas
de numéroter les éléments de la population. Le premier élément est choisi de
manière aléatoire sur la base de sondage, les éléments suivants étant ensuite
sélectionnés à intervalles réguliers. L’intervalle de sélection, appelé pas, est égal à
l’inverse du taux de sondage. Par exemple, si le taux de sondage (rapport de la taille
de l’échantillon sur la taille de la population de référence) est égal à 1/100, on
sélectionnera dans la liste un élément tous les cent éléments. En pratique, il est aussi
possible de fixer une règle simple pour sélectionner les éléments de l’échantillon,
susceptible de respecter approximativement la valeur du pas après avoir vérifié que
cette règle n’introduise pas de biais dans les résultats.
■■ Échantillon stratifié
Le principe consiste, tout d’abord, à segmenter la population à partir d’un ou de
plusieurs critères définis a priori – par exemple, pour un échantillon d’entreprises :
les critères de composition de leur actionnariat, leur degré d’internationalisation, leur
taille, etc. La méthode repose sur l’hypothèse selon laquelle il existe une corrélation
entre le phénomène étudié et les critères retenus pour segmenter la population.
L’objectif est d’obtenir des segments regroupant des éléments les plus homogènes
possible par rapport au phénomène étudié. Par conséquent, afin de pouvoir choisir
des critères de segmentation pertinents, le chercheur devra disposer a priori d’une
connaissance relativement bonne tant de la population que du phénomène étudiés, en
s’appuyant par exemple sur les résultats de recherches antérieures.
Les éléments d’un échantillon sont sélectionnés de manière aléatoire dans chacune
des strates, en fonction d’un taux de sondage proportionnel ou non à l’effectif des
strates dans la population. En effet, pour un échantillon stratifié, la précision des
estimations augmente lorsque les éléments sont homogènes à l’intérieur d’une
même strate, et très hétérogènes d’une strate à l’autre. Par conséquent, à taille
d’échantillon identique, utiliser un taux de sondage plus élevé pour les strates dont
la variance est la plus grande, au détriment des strates plus homogènes, permet de
réduire l’écart-type de l’échantillon complet, et donc d’améliorer la précision des
résultats. On pourra également utiliser un taux de sondage plus élevé pour un sous-
groupe donné de la population que l’on souhaiterait étudier plus particulièrement.
226
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Cette méthode est peu exigeante en termes de fichiers : seule une liste des grappes
est nécessaire comme base de sondage et permet de réduire les coûts de collecte de
l’information, si les grappes sont définies selon un critère géographique. La
contrepartie est une moindre précision des estimations. L’efficacité d’un échantillon
par grappes est d’autant plus grande que les grappes sont de petite taille, qu’elles
sont de taille comparable, et que les éléments qui composent une grappe sont
hétérogènes par rapport au phénomène étudié.
Il convient de souligner qu’il est possible de combiner ces méthodes afin
d’augmenter la précision des estimations en tenant compte des contraintes
matérielles de l’étude (existence ou non d’une base de sondage exhaustive, montant
des budgets disponibles…). Le tableau 8.1 compare les avantages et les inconvénients
de ces différentes méthodes d’échantillonnage aléatoire.
227
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
228
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Erreur
d’enregistrement,
de codage…
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La variabilité des estimations représente les différences dans les résultats obtenus
qu’il est possible de constater d’un échantillon à l’autre. En effet, à partir d’une
même population, les échantillons seront composés d’éléments différents. Ces
différences rejaillissent sur les résultats qui peuvent donc varier d’un échantillon à
l’autre1. La variabilité des estimations diminue lorsque la taille de l’échantillon
augmente.
Les biais d’échantillonnage sont relatifs au processus de sélection des éléments de
l’échantillon, ou à l’utilisation d’un estimateur biaisé. Dans le cadre d’une méthode
d’échantillonnage aléatoire, un biais de sélection peut se produire à chaque fois que
1. Sur toutes les notions statistiques de base, se reporter par exemple à Giard (2003) ou, pour aller plus loin, à
Saporta (2011).
229
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
les conditions de tirage aléatoire ne sont pas respectées. Cependant, ces biais de
sélection sont beaucoup plus fréquemment rencontrés dans les méthodes non
aléatoires de constitution de l’échantillon puisque, par définition, il n’est pas
possible pour ces méthodes de contrôler la probabilité qu’a un élément d’appartenir
à l’échantillon. Par exemple, comme nous l’avons mentionné plus haut, la méthode
des quotas peut conduire à des biais de sélection importants dans la mesure où les
répondants sont choisis, au moins en partie, à l’initiative de l’enquêteur. D’autres
biais d’échantillonnage sont relatifs à l’estimateur choisi qui ne présente pas les
propriétés mathématiques attendues et est alors dit biaisé1.
Les biais non liés à l’échantillonnage peuvent être regroupés en deux catégories :
les biais liés à l’absence d’observation et les biais liés à l’observation. Les biais liés
à l’absence d’observation peuvent provenir de problèmes d’identification de la
population étudiée, appelés biais de couverture, d’une part, et des non-réponses,
d’autre part. Ils sont susceptibles d’affecter les échantillons destinés à des traitements
aussi bien qualitatifs que quantitatifs. Les biais liés à l’observation sont, quant à eux,
associés aux erreurs du répondant, aux erreurs de mesure, d’enregistrement ou de
codage des données. Les biais liés à l’observation ne résultant pas de la constitution
de l’échantillon proprement dite, seuls les biais de non observation seront développés
ci‑dessous.
230
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Plus le nombre de non-réponses est élevé, plus les biais peuvent être importants et
remettre en cause la validité de la recherche. Il convient donc tout d’abord d’essayer
de limiter le nombre de ces non–réponses. Plusieurs techniques sont utilisables à cet
effet. Elles concernent notamment la manière d’approcher les répondants puis de les
relancer ou, plus généralement, de maintenir le contact (pour de plus amples
développements, voir Baumard, Donada, Ibert et Xuereb, chapitre 9). Ces efforts,
s’ils conduisent à une réduction du nombre de non–réponses, permettent rarement
l’obtention de réponses pour l’ensemble des éléments sélectionnés. Différentes
techniques peuvent être mises en œuvre pour analyser les non–réponses et
éventuellement redresser les résultats biaisés d’échantillons probabilistes. Elles
seront présentées à la fin de ce chapitre dans le traitement ex post de l’échantillon.
En raison des biais de l’échantillon, l’adéquation entre la population de référence
et la population observée n’est jamais parfaite et parfois lâche, ce qui n’empêche pas
231
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
232
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
aléatoire des éléments n’a plus de sens. Le taux de refus élevé se pose également
pour des sujets de recherche délicats tels que les conduites déviantes ou les
phénomènes rares. Dans ce cas, la technique de la boule de neige peut apporter une
solution (voir Focus). Les échantillons constitués par choix raisonné permettent en
outre de choisir de manière très précise les éléments de l’échantillon et, ainsi, de
garantir plus facilement le respect de critères les sélections choisis par le chercheur.
La constitution d’un échantillon par choix raisonné, qu’il soit destiné à un
traitement quantitatif ou qualitatif, s’effectue selon des critères théoriques. Pour ce
faire, le chercheur doit donc disposer d’une bonne connaissance théorique de la
population étudiée. Deux critères sont récurrents dans les recherches aussi bien
quantitatives que qualitatives : le caractère typique ou non de l’élément et sa
similarité ou non aux autres éléments de l’échantillon.
233
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
c Focus
La technique de la boule de neige
La technique de la boule de neige est une les caractéristiques requises, et ainsi de
procédure utilisée pour les populations suite. On procède alors pas à pas à la
difficiles à identifier. Elle consiste à constitution de la base de sondage ou
trouver un premier répondant qui vérifie directement de l’échantillon. Cette tech-
les critères de sélection définis par le nique repose sur une auto-désignation
chercheur. On demande à ce premier successive des éléments, et comporte de
interlocuteur d’en désigner d’autres, qui ce fait un biais de sélection potentiel.
seront, eux aussi, susceptibles de présenter
234
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
parfois plus faciles d’accès car les personnes concernées, moins fréquemment
sollicitées, sont de ce fait plus ouvertes à l’accueil d’un travail de recherche ; en
outre, ces terrains peuvent permettre d’étudier des sujets plus sensibles (Bamberger
et Pratt, 2010).
235
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
Le choix raisonné est utilisé pour les études de cas multiples. Chaque cas est
sélectionné selon des critères théoriques incluant la similitude ou au contraire le
caractère dissimilaire (Glaser et Strauss, 1967 ; Eisenhardt, 1989 ; Yin, 2014 ;
Eisenhardt et Graebner, 2007). Yin (2014) appelle ainsi réplication littérale les
démarches reposant sur la sélection de cas similaires et réplication théorique celles
qui s’appuient sur des cas non similaires et pour lesquels l’application de la théorie
étudiée devrait aboutir à des résultats différents. Parmi les cas, certains pourront être
retenus pour rejeter des explications alternatives (Eisenhardt et Graebner, 2007) et
donc améliorer la validité interne. D’autres pourront être retenus en raison de leur
différence de contexte pour augmenter la généralisation des résultats (Glaser et
Strauss, 1967 ; Eisenhardt et Graebner, 2007).
Il est également possible de choisir de manière raisonnée des éléments dissemblables
pour constituer un échantillon de répondants. La démarche consiste à interroger des
personnes ayant a priori des points de vue ou comportements différents (Miles et
Huberman, 1994). Ces échantillons de répondants dissimilaires sont très fréquemment
utilisés en management avec des objectifs divers. Ils sont par exemple utilisés dans
les démarches positivistes exploratoires destinées à identifier des facteurs qui seront
ensuite testés. Dans cette démarche, la non-similarité augmente les chances de
recueillir la plus grande variété d’explications ou facteurs possible.
Ils sont aussi utilisés dans les études de cas conduites selon une perspective
positiviste dans un objectif de triangulation des données. La logique est la suivante.
Si les données recueillies sur le cas auprès de ces sources potentiellement divergentes
convergent alors on peut accorder une plus grande confiance à ces informations.
Ils sont aussi mobilisés dans le cadre de perspectives interprétatives pour montrer
la multiplicité des points de vue. Par exemple, dans leur étude d’une tentative de
changement stratégique de retour en arrière, Mantere et ses collègues (2012 : 178)
ont interviewé tous les dirigeants, des cadres intermédiaires et des employés de
chaque département afin d’obtenir une description complète de la situation incluant
différents points de vue.
Section
2 DÉterminer la taille de l’Échantillon
Déterminer la taille de l’échantillon revient en fait à estimer la taille minimale
requise pour obtenir des résultats avec un degré de confiance satisfaisant. C’est donc
la taille qui permet d’atteindre la précision ou le seuil de signification souhaités pour
les échantillons destinés à des traitements quantitatifs, ou une crédibilité jugée
suffisante pour des recherches qualitatives. D’une manière générale, toutes choses
égales par ailleurs, plus l’échantillon est grand, plus la confiance accordée aux
236
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
résultats est importante, quel que soit le type de traitement effectué. Ceci explique
en partie que la taille des échantillons des recherches publiées en management a
sensiblement augmenté. De 300 en moyenne en 1987 et 1988, la taille moyenne des
échantillons des articles publiés dans Academy of Management Journal a dépassé
3000 en 2007 et 2008 (Combs, 2010). Cependant, les grands échantillons posent des
difficultés d’ordre pratique, notamment en termes de coûts et de délais. Au-delà
d’une certaine taille, ils peuvent aussi poser des problèmes de fiabilité et validité. En
effet, lorsque l’échantillon devient grand, le chercheur doit souvent sous-traiter la
collecte des données. Le recours à la sous-traitance peut accroître les erreurs au
niveau de la collecte, du codage ou de l’enregistrement des données, et nécessite la
mise en place de procédures de contrôle parfois lourdes. Une alternative consiste à
utiliser des bases de données préexistantes mais qui peuvent poser des problèmes de
validité des construits du fait que les données de la base sont trop éloignées du
concept qu’elles sont censées représenter (Combs, 2010). Enfin, un grand échantillon
peut se révéler inutilement coûteux. Par exemple, lorsque l’on souhaite tester
l’influence d’une variable dans un design expérimental, un échantillon de petite
taille comprenant une trentaine d’individus par cellule ou groupe expérimental est
souvent suffisant pour obtenir des résultats significatifs.
Déterminer la taille nécessaire d’un échantillon avant d’effectuer le recueil des
données est essentiel pour éviter que l’échantillon ne se révèle trop petit après le
traitement des données. Cela permet d’évaluer le caractère réalisable des objectifs
que l’on s’est fixés et, le cas échéant, de modifier le design de la recherche en
conséquence.
Cette partie présente les différents critères qui permettent de déterminer la taille
d’un échantillon. Ces critères et la manière de les mettre en œuvre diffèrent selon le
type de traitement des données. Une première partie sera donc consacrée aux
échantillons destinés à des traitements quantitatifs, les échantillons utilisés dans des
recherches qualitatives faisant l’objet de la seconde partie. La taille d’échantillons
destinés à des tests non paramétriques ne sera pas spécifiquement abordée dans ce
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
chapitre, ces tests ayant précisément pour propriété d’être utilisables sur de très
petits échantillons.
237
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
influent sur la taille nécessaire de l’échantillon. Ces facteurs sont nombreux. Quel
que soit l’objectif visé par l’étude, il convient de prendre en considération les
facteurs qui augmentent la précision des estimations. Lorsque l’objectif est de tester
des hypothèses et non de décrire une population seulement, trois autres facteurs
interviennent : l’importance de l’effet étudié, la puissance du test souhaitée et le
nombre de paramètres à estimer.
238
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Il convient de souligner que cette formule est spécifique à la moyenne dans les
conditions de taille de la population et de tirage spécifiées plus haut. Elle ne peut en
aucun cas être transposée directement à d’autres conditions et à d’autres statistiques.
n = 1,96
2
---------- 1 0 == 97
97
2
Malheureusement, dans de nombreuses recherches, la variance de la population
étudiée n’est pas connue. Il faut donc l’estimer pour pouvoir l’intégrer dans le calcul
de la taille de l’échantillon. Pour ce faire, plusieurs possibilités sont envisageables.
La première consiste à utiliser les résultats d’études précédentes ayant proposé une
estimation de la variance, comme nous l’avons fait pour construire cet exemple en
nous fondant sur Urban et Hauser (1993).
Une autre solution consiste à réaliser une enquête pilote sur un petit échantillon.
La variance calculée dans l’échantillon fournit alors une estimation de la variance
de la population.
Une troisième possibilité consiste à utiliser la propriété de la loi normale selon
© Dunod – Toute reproduction non autorisée est un délit.
laquelle l’étendue de cette distribution (valeur maximum moins valeur minimum) est
environ six fois plus grande que son écart type. Par exemple, en considérant que la
durée minimum de développement d’un nouveau produit de grande consommation est
de 1 mois, et que la durée maximum dépasse rarement 10 ans (soit 120 mois),
l’étendue est donc de 119 mois, soit un écart type de 19,8 mois. Cependant, cette
troisième possibilité repose sur l’hypothèse que la variable étudiée suit une loi
normale, ce qui constitue une hypothèse forte pour de nombreux phénomènes
organisationnels.
Enfin, lorsque la variable est mesurée à l’aide d’une échelle, on peut se référer au
guide proposé dans le « Focus ».
239
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
c Focus
Guide d’estimation de la variance pour les données
recueillies avec des échelles (Churchill et Iacoubci, 2009)
La variance dépend du nombre de points de l’échelle et de la distribution des réponses.
Plus le nombre de points de l’échelle est faible et plus les valeurs des réponses tendent
à se concentrer autour d’un point de l’échelle comme dans une loi normale, plus la
variance est faible. Le tableau présente des estimations probables de la variance selon
le nombre de points de l’échelle et différentes lois de distribution. Les valeurs les plus
faibles ont été calculées pour des distributions normales et les plus fortes pour des
réponses uniformément réparties. Il est bien sûr possible de rencontrer des variances
encore plus fortes notamment dans le cas de distributions avec un mode à chaque
extrémité de l’échelle.
Pour plus de précaution, Churchill et Iacoubci (2009) conseille de prendre les valeurs
les plus fortes pour calculer la taille de l’échantillon, les données recueillies par échelle
étant plus souvent réparties de manière uniforme que suivant une loi normale.
240
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
n = 1,96
2
---------- 8 == 62
62
2
Pour une précision de 1 mois de part et d’autre de la moyenne,
n = 1,96
2
---------- 8 == 246
246
1
241
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
n = 1,96
2
---------- 8 == 62
62
2
Avec un échantillon à plusieurs degrés, le coefficient deff maximum indiqué est de
1,5, d’où :
n = 1,96
2
---------- 8 1,5 == 93
93
2
On peut observer que certaines méthodes sont plus efficientes que d’autres,
comme nous l’avions noté dans la première section.
242
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
243
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
H0 accepté Décision correcte avec une probabilité Erreur de deuxième espèce ou de type II
(1 – a) C’est la probabilité b d’accepter H0 alors
qu’elle est fausse
H0 rejetée Erreur de première espèce ou de type I Décision correcte avec une probabilité
C’est la probabilité a de rejeter H0 alors (1 — b) de rejeter H0 alors que H0 est
qu’elle est vraie fausse
244
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
reproduire des erreurs similaires (Sawyer et Ball, 1981). Cohen (1988) propose
d’utiliser des seuils de 20 % et 10 % pour le risque b qui sont donc moins stricts que
ceux de 5 % et 1 % généralement admis pour le risque α. Cashen et Geiger (2004)
recommandent, quant à eux, un seuil de 5 % pour b.
La puissance du test dépend du seuil de signification. La relation entre α et b est
complexe mais, toutes choses égales par ailleurs, plus le risque de première espèce
α est faible et plus le risque de deuxième espèce b est élevé. Toutefois, il est
déconseillé de réduire le risque de deuxième espèce en augmentant le risque de
première espèce, étant donné le poids des conventions concernant le risque α. Il
existe d’autres moyens d’améliorer la puissance : la réduction de la variance avec un
échantillon homogène et l’augmentation de la taille de l’échantillon.
Toutes choses égales par ailleurs, plus on souhaite que le test effectué soit puissant,
plus la taille de l’échantillon doit être grande. Considérons, par exemple, un test de
différence de moyennes entre deux échantillons de même taille afin de vérifier si la
moyenne obtenue dans le premier échantillon est supérieure à celle obtenue dans le
second. Si l’on suppose que l’écart type est identique dans les deux échantillons, la
taille de chacun des deux échantillons est donnée par :
s2
n = 2 ---------------------2 ( z α + z β ) 2
y1 – y 2
245
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
c Focus
Taille relative de deux échantillons
Lorsqu’on utilise deux échantillons, on les soumis au stimulus sera vraisemblable-
choisit généralement de taille identique ment petite. Il est alors intéressant d’aug-
car cette configuration donne la plus menter la taille n2 de l’échantillon de
grande puissance de test. Toutefois, il contrôle constitué de managers n’ayant
arrive que l’on soit limité par le nombre pas suivi la formation. Plus l’échantillon
d’éléments d’un des deux échantillons. de contrôle est grand par rapport à l’autre
Dans ce cas, il peut être intéressant d’aug- et plus la puissance est grande. Néan-
menter la taille de l’autre échantillon car moins, l’amélioration de la puissance
cela permet d’augmenter la puissance du devient de plus en plus faible au fur et à
test. mesure que le déséquilibre augmente. En
Par exemple, si l’on souhaite étudier reprenant l’exemple précédent d’une
l’impact d’une formation de longue durée taille d’effet de 50 %, tripler la taille de
sur la prise de décision de managers, le l’échantillon de contrôle permet de
stimulus (ici, la formation) étant coûteux, gagner 11 points de puissance et la décu-
la taille n1 de l’échantillon de sujets pler permet de gagner seulement 14
points de puissance (cf. tableau).
246
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
que l’on trouve dans tous les manuels de statistique (voir par exemple Giard, 2003).
Par contre, dès que les méthodes sont un peu plus complexes, telles que la régression
par exemple, il n’existe pas de formule de calcul simple et qui ne soit pas partielle.
De ce fait, on procède souvent par imitation des recherches précédentes. Pour la
plupart des méthodes, cependant, il existe des formules de calculs ou des tables qui,
pour un ou quelques critères, permettent d’effectuer une estimation de la taille de
l’échantillon. Il existe également souvent des règles empiriques. Celles-ci n’ont bien
sûr pas la rigueur d’une formule ou d’une table mais, faute de mieux, elles permettent
d’éviter de grosses erreurs d’estimation de la taille de l’échantillon.
c Focus
Quelques références pour déterminer la taille d’un échantillon
destiné à des traitements statistiques avancés
Cohen (1988) fournit des tables pour structurelles définissant la taille d’échan-
plusieurs statistiques, dont la régression tillon nécessaire pour obtenir un ajuste-
multiple et l’analyse de variance, qui ment global souhaité.
donnent la taille de l’échantillon néces- Bentler et Chou (1987), pour les modèles
saire en fonction de la taille de l’effet, du d’équations structurelles, indiquent que le
seuil de signification et de la puissance ratio entre la taille de l’échantillon et le
souhaités, et du nombre de degrés de nombre de paramètres à estimer peut
liberté. descendre à cinq pour un dans le cas
Milton (1986) propose une formule de d’une distribution normale et à dix pour
calcul et des tables pour les deux seuils un dans les autres cas. Ces ratios doivent
de signification les plus courants (1 % et être encore augmentés pour obtenir des
5 %) du coefficient de régression global F tests crédibles sur la significativité des
pour déterminer la taille de l’échantillon paramètres.
nécessaire à l’utilisation de la régression Fernandes (2012) recommande un ratio
multiple. de dix pour un pour le plus grand bloc de
MacCallum et al. (1996) proposent des variables à estimer dans les modèles PLS.
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247
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
248
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
référence par inférence statistique, mais d’une logique d’extension des résultats à
diverses populations suivant un principe de généralisation analytique. Dans le cadre
de cette logique, la constitution de chaque échantillon peut être faite au hasard sans
tenir compte des méthodes rigoureuses d’échantillonnage aléatoire nécessaires pour
un grand échantillon représentatif dans la mesure où les individus sont ensuite
affectés aux groupes suivant le principe de randomisation.
Cette démarche présente également l’avantage d’être moins risquée pour le
chercheur. En effet, les moyens mis en œuvre au départ sont beaucoup plus faibles
puisque l’étude se limite dans un premier temps à un petit échantillon homogène. En
cas d’absence de résultats significatifs, le test pourra être effectué sur un nouvel
échantillon avec un nouveau design pour améliorer l’efficacité du test. Si cela n’est
pas possible, la recherche pourra être abandonnée et aura occasionné moins de
labeur et moins de dépenses qu’un test sur un grand échantillon hétérogène.
249
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
Une démarche similaire avec plusieurs petits échantillons est également possible si
l’on souhaite non plus étudier une relation généralisable à l’ensemble de la population
mais de nombreuses relations limitées à un sous-ensemble de la population. Ainsi, au
lieu de tester l’effet de l’ensemble des variables à l’aide d’un grand échantillon, on
peut étudier isolément l’effet d’une ou de quelques variables sur de petits échantillons.
Cette solution présente néanmoins l’inconvénient de ne pas permettre le test d’effets
d’interaction entre les variables.
Comme pour les échantillons destinés à des traitements quantitatifs, la taille d’un
échantillon pour un traitement qualitatif dépend de l’objectif fixé et des caractéristiques
des cas (Royer, 2009). Dans le cadre des études qualitatives, on distingue
généralement les échantillons de taille un des échantillons qui comportent plusieurs
éléments. L’étude d’un cas unique constitue en effet une particularité des recherches
qualitatives.
250
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
■■ Le principe de réplication
Le principe de réplication est utilisé dans les recherches qualitatives aussi bien
pour tester des théories (Yin, 2014) que pour en construire (Eisenhardt, 1989,
Eisenhardt et Graebner, 2007). Le principe de réplication dans les recherches
qualitatives est analogue à celui qui prévaut dans les expérimentations multiples,
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251
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
■■ Le principe de saturation
Contrairement à Yin (2014), Glaser et Strauss (1967) ne fournissent pas d’ordre de
grandeur du nombre d’unités d’observation que doit comporter l’échantillon. Selon
ces auteurs, la taille adéquate d’un échantillon est celle qui permet d’atteindre la
saturation théorique des catégories. Cette saturation théorique est atteinte lorsqu’on
ne trouve plus de données supplémentaires générant de nouveaux éclairages
théoriques, ni de nouvelles propriétés aux principales catégories (Charmaz, 2006).
Par conséquent, il est impossible de savoir a priori quel sera le nombre d’unités
d’observation nécessaire mais ce nombre est lié à l’ambition de la contribution
(Charmaz, 2006). Une affirmation limitée et peu innovante requière un échantillon
plus petit qu’une affirmation qui remet en cause des travaux existants ou se
positionne comme généralisable.
Ce principe est difficile à mettre en œuvre de manière parfaitement rigoureuse car
on ne peut jamais avoir la certitude qu’il n’existe plus d’information supplémentaire
capable d’enrichir la théorie. Il revient donc au chercheur d’estimer s’il est parvenu
au stade de saturation. Généralement la collecte des données s’arrête lorsque les
dernières unités d’observations analysées n’ont pas apporté d’éléments nouveaux.
Ce principe repose sur le fait que chaque unité d’information supplémentaire
apporte un peu moins d’information nouvelle que la précédente jusqu’à ne plus rien
apporter. Ce principe est observé empiriquement (voir exemple).
252
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Au-delà de ces deux principes essentiels, qui visent à accroître la validité interne,
il est également possible d’augmenter le nombre de cas afin d’améliorer la validité
externe. Ces nouveaux cas seront alors sélectionnés de manière à faire varier le
contexte d’observation (par exemple, localisation géographique, type
d’organisation…). Par ailleurs, le nombre d’éléments d’un échantillon destiné à un
traitement qualitatif pourra tenir compte des critères de crédibilité habituels dans la
communauté à laquelle le chercheur appartient.
Section
3 Démarches de constitution
d’un échantillon
constitution d’un échantillon inclut également les traitements effectués après le recueil
des données. Ces traitements ex post de l’échantillon seront présentés dans la dernière
partie de cette section.
253
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
Détermination de la taille
Collecte et analyse des données
de l’échantillon
Définition de l’univers
Échantillon utile de généralisation des résultats
254
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
■■ Rôle du prétest
En pratique, la conduite d’une recherche comporte souvent une phase de prétest.
Ce prétest ne concerne pas spécifiquement l’échantillon mais fournit des informations
qui permettent de mieux définir la taille et la composition de l’échantillon final
nécessaire. Dans les études quantitatives, l’échantillon utilisé pour le prétest peut
notamment fournir une première estimation de la variance et permettre d’identifier
les critères de segmentation d’un échantillon stratifié. De même, dans les recherches
qualitatives, le cas pilote (Yin, 2014) permet de déterminer la composition et la taille
de l’échantillon de cas qui dépendent des conditions de réplications littérales et
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255
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
effet, déterminer une taille minimale a priori conduit généralement à des échantillons
plus grands que ce qui est nécessaire. Souvent, par mesure de précaution, le
chercheur retient les estimations les plus pessimistes pour calculer la taille de
l’échantillon, ce qui conduit fréquemment à le surdimensionner.
Cette démarche, qui permet de réduire les coûts de collecte de données, n’est
malheureusement pas toujours utilisable. Considérons, à titre d’illustration, une étude
cherchant à analyser l’impact d’un événement non reproductible, tel que la fusion de
deux entreprises, sur une variable – par exemple, la motivation des cadres. Dans une
étude de ce type, qui repose sur la collecte de données avant et après l’événement
considéré, il n’est pas possible d’augmenter progressivement le nombre d’éléments de
l’échantillon. Par conséquent, il est indispensable de recourir à la démarche classique,
qui conduit à déterminer a priori la taille de l’échantillon.
De plus, même s’il est possible de constituer progressivement un échantillon, il
demeure intéressant d’en estimer la taille a priori. Sans estimation préalable, le
risque encouru est que l’échantillon ne puisse être étendu, par exemple pour des
contraintes budgétaires, et qu’il se révèle trop petit pour atteindre la précision ou le
seuil de signification souhaités.
Dans tous les cas, déterminer la taille de l’échantillon a priori permet d’évaluer le
caractère réalisable des objectifs que le chercheur souhaite atteindre. Procéder de la
sorte permet ainsi d’éviter des efforts qui auraient abouti à des résultats peu
satisfaisants et d’envisager suffisamment tôt un autre design de recherche, qui soit
davantage susceptible de conduire à des résultats significatifs.
256
Échantillon(s) ■ Chapitre 8
Il est souvent possible de corriger a posteriori des biais non liés à l’échantillonnage
tels que les non-réponses et les erreurs de réponse. Rappelons, cependant, que le
redressement des données ne constitue qu’une solution de repli, et qu’il est
préférable de chercher à éviter les biais.
■■ Les non-réponses
Les non-réponses peuvent engendrer des biais de représentativité de l’échantillon.
Afin de détecter ce type de biais, on peut comparer la structure de l’échantillon de
répondants avec celle de la population dont il est issu, à partir de variables
susceptibles d’influencer le phénomène étudié. Si un écart apparaît, il est probable
qu’un biais de représentativité existe. Il conviendra alors, dans la mesure du possible,
de le corriger. Trois procédures de redressement des non-réponses peuvent être
mises en œuvre à cet effet.
• L’interrogation d’un sous-échantillon de non-répondants
Parmi les non-répondants de l’échantillon, un sous-échantillon est désigné par
tirage aléatoire, le chercheur devant alors s’efforcer d’obtenir une réponse de
l’intégralité des éléments appartenant à ce sous-échantillon (Droesbeke et al., 1987).
Les réponses obtenues seront ensuite comptées plusieurs fois, de manière à retrouver
l’effectif de l’échantillon initial de non-répondants. Malheureusement, même en
déployant beaucoup d’efforts, il est souvent difficile d’obtenir des réponses du sous-
échantillon de non-répondants sélectionné.
• La réalisation d’une stratification a posteriori
Une stratification a posteriori permet de redresser les non-réponses lorsque l’on
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Partie 2 ■ Mettre en œuvre
stratification a priori n’a pu être réalisée pour des raisons techniques (base de
sondage non disponible ou insuffisamment renseignée), ou encore lorsque l’on ne
découvre que tardivement, durant la phase d’exploitation des données, une nouvelle
variable de stratification. Dans tous les cas, effectuer une stratification a posteriori
permet d’augmenter la précision des estimations effectuées sur l’échantillon observé.
• Le remplacement des individus défaillants
Si l’on ne dispose pas d’informations sur l’ensemble de la population, il reste
possible de remplacer les éléments défaillants. Pour ce faire, il faut tout d’abord
essayer d’identifier certaines caractéristiques observables des non-répondants. Par
exemple, si une entreprise a refusé de répondre à une enquête, on pourra essayer de
connaître certaines de ses caractéristiques à partir d’informations publiques (secteur
d’activité, chiffre d’affaires). Deux solutions sont ensuite possibles. La première
consiste à identifier, parmi les répondants, des éléments qui présentent des
caractéristiques identiques à celles des défaillants, et à leur affecter un coefficient de
pondération pour compenser les non-réponses. Une autre solution conduit, pour
chaque non-répondant, à inclure dans l’échantillon un répondant supplémentaire,
aussi semblable que possible au non-répondant. Cette méthode peut également être
utilisée pour redresser les réponses manquantes lorsque les individus n’ont que
partiellement répondu aux questions posées (Droesbeke et al., 1987).
Si, à l’issue de ces procédures de redressement, il n’a pas été possible d’obtenir
des données sur certains sous-groupes bien identifiés de l’échantillon, il conviendra
de redéfinir la population de référence ou, du moins, d’indiquer cette limite de
l’étude.
• Les erreurs de réponses
Les erreurs de réponses peuvent être contrôlées en effectuant une contre-enquête
auprès d’un sous-échantillon de répondants (Gouriéroux, 1989). Cette procédure
permet d’identifier certains types d’erreurs, celles qui seraient dues, par exemple, à
un enquêteur ou à une mauvaise compréhension de la question. Par contre, cette
méthode est inefficace si le répondant fournit volontairement une réponse erronée.
Il est alors très difficile de détecter le biais correspondant et, a fortiori, de le corriger.
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Échantillon(s) ■ Chapitre 8
quées sur ces nouveaux échantillons. Le test de différence entre les résultats de PLS et ceux
obtenus avec le jackknife conduisent les auteurs à rejeter une de leur hypothèse et à confor-
ter les résultats obtenus sur les autres relations.
Conclusion
259
Partie 2 ■ Mettre en œuvre
260