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Guide pour mener un entretien sociologique

Janine Barbot, sociologue et Directrice de recherches, propose une méthodologie pour mener des entretiens de face à face, en abordant des questions clés sur la présentation de l'enquête et la prise de notes. Elle souligne l'importance d'un équilibre entre un guide d'entretien flexible et la liberté d'explorer des sujets hors piste, tout en insistant sur la nécessité de gagner la confiance de l'enquêté. Le texte met en avant que la méthodologie doit être suffisamment structurée pour éviter les biais, tout en permettant une certaine liberté dans l'interaction.

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Guide pour mener un entretien sociologique

Janine Barbot, sociologue et Directrice de recherches, propose une méthodologie pour mener des entretiens de face à face, en abordant des questions clés sur la présentation de l'enquête et la prise de notes. Elle souligne l'importance d'un équilibre entre un guide d'entretien flexible et la liberté d'explorer des sujets hors piste, tout en insistant sur la nécessité de gagner la confiance de l'enquêté. Le texte met en avant que la méthodologie doit être suffisamment structurée pour éviter les biais, tout en permettant une certaine liberté dans l'interaction.

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Compte-rendu « Mener un entretien de face à face », par Janine

Barbot

Janine Barbot, autrice du texte, est sociologue et Directrice de recherches à l’Institut National de la
Santé et de la Recherche Médicale. Elle a notamment co-écrit avec Nicolas Dodier « Des victimes de procès »,
paru le 31 août 2023, dans lequel elle a pu réaliser un grand nombre d’entretiens de face à face. Ce texte, le
chapitre 6 du livre-manuel « L’enquête sociologique » paru le 13 octobre 2012 et écrit par Serge Paugam ainsi
que 7 invités, a pour but de servir de guide dans la manière d’approcher l’enquête par le prisme de la
sociologie.

Ce texte vise à donner une méthodologie, ou du moins des conseils, afin de mener à bien un entretien de face à
face. Il répond à des questions telles que « comment présenter une enquête à un potentiel futur enquêté ? »,
ou encore « Quel est le but de la prise de notes si l’entretien est enregistré ? ». Ce texte présente une façon
d’exécuter, mais également de voir, l’outil qu’est l’entretien de face à face, afin d’apprendre par exemple à un
sociologue, mais aussi à un géographe, à collecter des informations qualitatives et répondre à une
problématique, préalablement établie ou non.

Dans ce texte, il n’y a pas vraiment de thèse, puisqu’il s’agit plutôt de l’analyse de chaque étape de
l’entretien de face à face mais cela n’empêche pas de voir quelques prises de positions. Par exemple, l’autrice
conseille de cacher le véritable objet de l’enquête à l’enquêté si l’on considère que cela va biaiser ses réponses,
comme on peut le voir à la page 120, « Ainsi, dans mon enquête sur l’impact des procès sur les pratiques des
professionnels de santé, afin de ne pas induire un discours réactif (de ne pas construire moi-même l’objet que
j’entendais étudier), j’ai fait le choix de prendre contact avec des médecins en parlant d’une étude sur les
transformations des conditions de travail dans leur profession » . Bien que cela paraisse évident, il faut garder à
l’esprit que ce choix peut se heurter à nos principes moraux. Par ailleurs, l’autrice prend également position
lorsqu’elle fait le choix de garder un guide (aussi appelée une grille) d’entretien, qui permet de maintenir un cap
autour de sujets précis dans la discussion. Certains pensent qu’elle permet, comme Barbot le dit à la page 126,
« d’expliciter les procédures de collecte de l’information et d’attester ainsi la scientificité de la démarche
qualitative », ce à quoi Barbot reproche au guide de trop brider l’entretien, et ainsi d’empêcher tout
développement « hors-piste » mais pas forcément hors-sujet. Par ailleurs, certains pensent que se débarrasser
du guide permet de s’affranchir de ces « œillères », au risque de perdre de vue l’objet de l’enquête. C’est
pourquoi l’autrice opte pour un entre deux, c’est-à-dire un guide qui ne contient pas de questions précises, mais
des thèmes, des mots clefs.

Pour répondre à cette question de « Comment réaliser un entretien de face à face ? », l’autrice
développe son raisonnement en commentant chaque étape de l’élaboration d’un entretien afin d’adopter la
meilleure posture sociologique, c’est-à-dire les comportements à avoir avant, pendant et après l’entretien.
D’abord, elle explique comment négocier la façon dont se déroulera l’entretien dans l’espace et dans le temps,
comment faire preuve de souplesse et d’écoute, afin de passer à l’étape cruciale de la rencontre, où l’on va
chercher à gagner la confiance de l’enquêté en se rapprochant de lui/elle. En amont, il aura fallu préparer son
entretien, plus particulièrement son guide, tout en gardant à l’esprit que trop le préparer risque de trop cadrer
la conversation. Suite à cela, l’entretien peut se dérouler, étape durant laquelle l’enquêteur doit réussir à
introduire le matériel d’enregistrement, obtenir l’accord de l’enquêté pour être enregistré et enfin faire oublier
ce matériel pour dissiper toute gêne. De plus, l’enquêteur doit prendre des notes, afin de rebondir sur ces
dernières et encourager l’enquêté à développer certains points. L’enquêteur dispose de d’autres outils pour
aider l’enquêté à développer, comme la répétition en écho, qui consiste en répéter la fin d’une phrase. Cela
montre également que l’enquêteur est toujours concentré sur les dires de l’enquêté. L’étape suivante consiste
en « l’après entretien », étape durant laquelle il faut rester aux aguets car la relation avec l’enquêté a évoluée,
sa langue s’est déliée, et le cadre « hors enregistrement » lui permettra de se sentir plus à l’aise, et de donner
d’autres informations qu’il n’aurait pas osé dire lorsqu’il été enregistré. On peut voir le cheminement logique
par étape de l’autrice, qui s’est servie de son expérience, donc empirique, qu’elle a en partie tirée de ses
recherches dans le cadre de son livre « Des victimes de procès ».

Pour finir, même si le format de ce compte-rendu ne me permet pas d’aborder en profondeur chaque sujet, on
peut en tirer quelques conclusions, et particulièrement la suivante : une méthodologie trop stricte ne prend en
compte aucun biais, qui seront présents de toute manière, ce que nous explique Jean Poupart dans le «
Discours et débats autour de la scientificité des entretiens de recherche », Sociologie et Sociétés, 1993, vol. 25,
no 2, p. 93-110. Mais s’affranchir de toute méthodologie est aussi mauvais, dans la mesure où l’entretien de
Compte-rendu « Mener un entretien de face à face », par Janine
Barbot
face à face est un savoir-faire qui requiert un cadre. Ici, Janine Barbot propose dans son texte un entre-deux ni
trop déterministe, ni trop « libre ».

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