Comprendre la mondialisation économique
Comprendre la mondialisation économique
Cette mondialisation des économies et des marchés nous amène à nous poser une série de
questions :
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L’évolution du commerce mondial de marchandises
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Le commerce international ou commerce mondial correspond à la valeur ou au volume des
échanges de biens et de services entre nations enregistrés dans la balance courante ou des
transactions courantes.
Une ouverture croissante des économies sur les marchés extérieurs (taux
d’ouverture) :
Les économies sont de plus en plus extraverties. La part des exportations dans le PIB (taux
d’exportation) et le taux d’ouverture augmente dans tous les pays depuis 1950. Cette
ouverture est inversement proportionnelle à la taille du marché intérieur. En effet, un grand
pays a moins besoin de se spécialiser et de trouver des débouchés à l'extérieur qu'un petit
pays. Ainsi, les échanges internationaux de marchandises ne représentent que 10% du PIB
américain alors qu’ils représentent plus de la moitié du PIB des Pays-Bas.
On peut, ainsi, calculer, la part de marché des entreprises automobiles étrangères en France
Tout ralentissement de la croissance dans un pays se traduit par une baisse des
exportations et de la croissance chez ses partenaires commerciaux.
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II – L’évolution de la structure du commerce international
Le commerce mondial est encore largement dominé par les pays développés. Les pays
européens et l’Amérique du Nord réalisait les deux-tiers des échanges mondiaux en 1948 et
en 1973. Ce sont les européens qui ont le plus profité de cette ouverture au commerce
mondial puisque leur part du marché mondial est passé du tiers en 1948 à plus de la moitié
en 1973 mais il s’agit essentiellement du commerce à l’intérieur de l’UE (commerce intra-
zone). De nos jours, l’Europe et l’Amérique du Nord contrôlent encore la moitié du commerce
international de biens et de services.
Mais, les autres pays en développement et les pays en transition (ex bloc de l’Est) ont
vu leur part de marché se réduire. Ces trois régions représentaient un cinquième des
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échanges mondiaux en 1948 et un huitième de nos jours. La mauvaise spécialisation de
l’Amérique Latine et de l’Afrique dans les produits primaires et l’effondrement du bloc
soviétique expliquent cette marginalisation du commerce mondial.
Ainsi, les pays développés exportent essentiellement des biens manufacturés (80%
de leurs exportations), dont la moitié comprend des biens d'équipement à haute technologie.
Les pays en développement sont avant tout spécialisés dans les produits primaires (plus de
40% de leurs exportations) et même certains sont mono-exportateurs (80% des recettes
d'exportation de la Côte-d'Ivoire proviennent du Cacao et du Café).
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On voit donc surgir une nouvelle division internationale du travail dans laquelle :
Les pays du Nord échangent entre eux des produits comparables (des produits
chimiques, des médicaments, des biens d’équipement, des automobiles, des produits
de télécommunications, des produits électroniques...mais aussi des produits
agricoles et alimentaires). Ce commerce intra-branche représente plus de la moitié
des échanges.
Les pays du Nord échangent avec les pays émergents des biens manufacturés
différents. Les pays du Sud exportent des produits intermédiaires (acier), des biens
de consommation (textile, cuir, habillement, jouet) mais aussi des produits des NTIC
(électronique grand public, télécommunications).Ce commerce interbranche se
développe avec le transfert d’une partie de l’industrie mondiale dans les nouveaux
pays industrialisés (NPI) et l’ensemble constitué du Brésil, de la Russie, de l’Inde et
de la Chine. Une partie de commerce s’explique par un commerce intra-firmes de
composants de produits : les spécialisations ne portent plus seulement sur des
produits ou des groupes de produits mais aussi sur des segments de la chaîne de
production.
Les pays du Nord échangent avec le reste des pays du Sud des produits
manufacturés contre des produits primaires car l’ancienne DIT n’a pas disparu.
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Les facteurs du développement du commerce mondial
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dumping (c’est à dire de la vente à un prix inférieur au coût de production) qui faussent la
concurrence. Ces deux règles visent à établir une « concurrence saine et non faussée ».
Le multilatéralisme : les règles s’appliquent à tous les signataires et ne peuvent pas être
négociée de pays à pays (refus du bilatéralisme). Tout ce qui est accordé à un pays doit
l’être aux autres. Il s’agit de la « clause de la nation la plus favorisée ». Si la France
baisse ses droits de douane sur les produits agricoles provenant du Niger, il doit
automatiquement répercuter cette baisse sur les produits agricoles provenant des autres
pays signataires du GATT.
Le GATT organise de grands cycles de négociations multilatérales entre les pays dans le but
de réduire les tarifs douaniers et les restrictions quantitatives (barrières tarifaires). Ces
cycles sont appelés des rounds. Ainsi vont se succéder pour les principaux le Kennedy
Round, le Torquay Round, le Tokyo Round et l’avant dernier, l’Uruguay Round au terme
duquel sera mis en place l’OMC. En 1994 le GATT est donc remplacé par l’organisation
mondiale du commerce, instance qui devient permanente et à laquelle 149 pays ont
adhéré en 2005. Entre 1947 et 1990 le bilan de ce processus est positif. On assiste en effet
à une réduction importante des barrières tarifaires le niveau moyen des droits de douanes
passant d’environ 40 % en 1947, ce qui signifiait que le produit étranger, dont la valeur était
de 100 $, était vendu en France, par exemple, 140 $, à environ 4% dans les années 2000.
Tout pays a intérêt à importer des biens qu’il produirait à un coût plus élevé et à se
spécialiser dans la production de biens pour lesquels il dispose d’un coût absolu plus bas.
Les facteurs de production ne servent pas à produire l'ensemble des biens et services
nécessaires à la satisfaction des agents économiques nationaux mais doivent être
concentrés sur un nombre limité de biens et services ou la nation possède un avantage
comparatif en terme de coût de production.
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Si cette spécialisation se met en place entre les différentes nations participant aux échanges
internationaux, il se crée ainsi une division internationale du travail fondée sur les avantages
comparatifs dont dispose chaque nation à un moment donné. Cette division internationale,
non seulement favorise une allocation optimale des ressources au niveau mondial, mais en
plus est favorable pour l'ensemble des nations participant aux échanges.
Démonstration :
Le pays A doit consommer 6 unités de production pour produire un bien X et trois unités de
production pour produire un bien Y.
Si chaque pays produit les deux biens X et Y, alors la production de chaque nation sera de :
Unités de production 12 12 24
Biens X produits 1 2 3
Biens Y produits 2 1 3
Sans spécialisation, la production mondiale est donc de 3 biens X et de trois biens Y pour
une utilisation totale de 24 unités de facteurs de production.
unités de production 12 12 24
Biens X 0 4 4
Biens Y 4 0 4
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La théorie d’ADAM SMITH de la spécialisation n’apporte pas de réponse aux situations ou
un pays est moins efficient dans toutes les productions.
La réponse à ce problème est apportée par DAVID RICARDO, grâce à la Théorie des
Avantages Comparatifs ou la Théorie des Coûts Comparatifs.
Tout pays a intérêt à se spécialiser dans les productions pour lesquelles il dispose de coûts
relatifs les plus bas et pour lesquels sa productivité, par comparaison avec les autres
pays, est la plus forte donc pour lesquels il a un avantage comparatif. Ce sont les coûts
relatifs et non les coûts absolus qui déterminent les avantages de l’échange. Ces avantages
sont qualifiés d’avantages comparatifs.
David Ricardo applique l'approche d'Adam Smith à une situation ou un pays dispose d'un
avantage absolu dans tous les domaines de production. Selon Adam Smith, cette situation
conduirait à ce que le pays le plus compétitif produise l'ensemble des biens de production.
Or, la réalité est différente. David Ricardo a démontré que les Etats ont toujours intérêt à
échanger, même si l'un est plus compétitif que l'autre dans tous les domaines. Chaque pays
va donc devoir se spécialiser et échanger même si un pays est moins productif que l'autre
dans toutes les productions. En effet, cette spécialisation permettra globalement
d'économiser des facteurs de production.
Démonstration :
David Ricardo prend pour exemple le cas de la Grande-Bretagne et du Portugal qui
échangent des draps et du vin. Le Portugal dispose dans ces deux domaines d'un avantage
comparatif absolu que l'on peut estimer en termes de coûts de production de la manière
suivante :
Grande-Bretagne Portugal
Drap 100 90
Vin 120 80
Le Portugal est plus productif que la Grande-Bretagne dans les deux productions avec un
avantage comparatif de 10 pour le drap (100-90) et de 40 pour le vin (120-80).
Si chaque pays produit une unité de chacun des biens considérés, on obtient donc une
consommation de facteurs de production de 390.
10
Vin 120 80 200
Les pays, selon Ricardo, auront quand même intérêt à se spécialiser pour continuer à
échanger afin de limiter au niveau mondial la consommation de facteurs de production.
La Grande-Bretagne va donc se spécialiser dans la production de draps puisque son
désavantage compétitif (-10) y est plus faible que dans la production de vin (-40).
La Grande-Bretagne produira donc 2 unités de draps et le Portugal 2 unités de vin, pour un
coût total de production de :
Les théories classiques de Smith et Ricardo se montrent en partie incapable d'expliquer les
évolutions de l'échange international. De nouveaux concepts ont donc émergé.
Heckscher, Ohlin et Samuelson (HOS) fondent leur modèle sur les facteurs de production
utilisés dans le processus productif par les entreprises.
Chaque pays participant aux échanges internationaux peut selon HOS être défini en fonction
de sa dotation initiale en facteurs de production travail et capital. Cette dotation initiale
permet alors de classer les pays selon son intensité factorielle en capital ou en travail, c'est à
dire selon l'importance de son stock initial de capital ou de travail.
Tous les pays ne disposent pas de la même dotation initiale en facteurs de production : les
pays développés disposent proportionnellement de plus de capital que de travail alors que
les pays sous-développés disposent relativement de plus de travail que de capital.
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Selon Heckscher, Ohlin et Samuelson (théorème HOS), un pays à tendance à se spécialiser
dans la production pour laquelle la combinaison des facteurs de production dont il
dispose (travail, capital, matières premières) lui donne le maximum d’avantages.
Il aura intérêt à fabriquer et à exporter les produits utilisant au maximum du facteur de
production bon marché et à importer les produits nécessitant l’utilisation du facteur rare et
cher.
Un pays a intérêt à se spécialiser dans les produits utilisant les facteurs de production
abondants donc bon marché.
Les avantages de 2 pays qui échangent des produits sont liés à une meilleure
spécialisation de chacun dans la production où il bénéficie d’un avantage de coût,
d’expérience et de technologie.
Lorsque c’est le cas, il en résulte un meilleur prix du produit à l’étranger et une augmentation
de la production pour la même quantité de facteurs de production utilisée.
La spécialisation internationale dépend de cette dotation initiale en facteurs de production.
Chaque bien ou service pour être produit, nécessitant l'incorporation d'une certaine quantité
de facteur travail et de facteur capital, une nation va donc se spécialiser selon le type de
production correspondant le mieux à sa dotation initiale en facteurs de production : les pays
disposant de peu de facteur capital vont donc se spécialiser sur les productions incorporant
relativement plus de facteur travail alors que les pays disposant plutôt de capital vont se
concentrer sur les production à forte intensité capitalistique.
Les différences de dotations de facteurs de production sont donc à la source des avantages
comparatifs selon Hecksher, Ohlin et Samuelson.
Ainsi, les pays se sont spécialisés dans les secteurs où ils disposent le plus grand
avantage comparatif.
Les pays développés se sont spécialisés dans des industries utilisant beaucoup
de capital et du travail qualifié car ce sont ces facteurs dont ils disposent en
abondance et dont le coût relatif est le plus faible. Ils vont exporter des automobiles, des
avions, des médicaments, des produits chimique importer des produits agricoles, des
matières premières et des biens de consommation courante en provenance des pays
moins développés.
Les Etats-Unis ont un avantage comparatif dans les services, ’agriculture et dans certains
secteurs industriels (les moteurs, les produits intermédiaires, les produits
pharmaceutiques…).
La France dispose d’avantages comparatifs plus dispersés : les services (le tourisme, les
services financiers), l’agriculture, et certains secteurs industriels (les avions, les produits
pharmaceutiques, les produits de luxe…).
Les pays en développement doivent se sont spécialisés dans les produits primaires
(agricoles, minerais, combustibles) et dans des industries de main-d’œuvre car les
coûts salariaux unitaires y sont plus faibles.
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La Chine dispose des avantages comparatifs importants dans les industries de main-
d’œuvre (produits informatiques, électroniques, électroménager, textile).
Le Brésil a des avantages comparatifs dans les produits agricoles (soja, volailles…) et les
industries agroalimentaires.
13
Les avantages et les inconvénients de l’ouverture du marché
mondial
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de produits. On peut par exemple couramment consommer du café et des bananes en
France sans que ces produits y soient produits. Mais, le commerce international accroît
aussi la diversité des produits pour un même usage. Les consommateurs français ont ainsi
le choix entre des automobiles françaises et des automobiles provenant des quatre coins du
monde.
Enfin, les échanges internationaux ont des effets cumulatifs qui profitent à tous
La réduction des coûts unitaires de production dans les entreprises grâce aux économies
d'échelle permet la baisse des prix de vente des biens et services. La demande accrue
impose alors d'augmenter l'offre, ce qui renforce encore les économies d'échelle et la baisse
possible des prix de production.
D’autre part, le développement des échanges enrichit les pays concurrents ce qui va
se traduire, à terme, par une hausse deS exportations à condition que L’appareil
productif soit compétitif. La Chine importe, ainsi, de plus en plus de produits de luxe français
ou de biens d'équipement allemands.
Tout d’abord, la concurrence entre les pays ne se fait pas à armes égales.
Contrairement à ce que pensait la théorie traditionnelle, les avantages comparatifs ne sont
pas naturels ou acquis. Ils se construisent sous l’effet des stratégies des firmes, qui agissent
en concurrence imparfaite, et sous l’effet des politiques des Etats.
Ainsi, les firmes des pays développées, qui bénéficient d’une avance technologique et d’une
taille de marché, qui leur donne un avantage comparatif tel que les firmes des pays moins
développées ne pourront jamais être concurrentielles et entrer sur le marché. L’Etat de ces
pays doit donc protéger son industrie s’il veut amorcer son développement.
Les Etats peuvent dévaluer leur monnaie ce qui rend les produits nationaux
automatiquement moins cher sur le marché mondial et fausse la concurrence.
Les gains du libre-échange pour les pays peuvent être inégaux selon le type de
spécialisations. Les spécialisations qu’implique le libre-échange, ne s’avèrent pas avoir les
mêmes effets en termes de croissance et de développement. En effet, la spécialisation dans
des secteurs de pointe n’aura pas les mêmes effets sur le reste de l’économie qu’une
spécialisation dans la production de matières premières.
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L’industrie de pointe va produire des effets d’entrainement et dynamiser l’économie en
développant des compétences, des modes d’organisation qui serviront à d’autres secteurs
pour améliorer la productivité globale. Par ailleurs, la demande mondiale est beaucoup
plus dynamique pour les produits innovants que pour les produits primaires : la croissance
est donc davantage stimulée dans les pays où la spécialisation porte sur des produits plus
élaborés.
Termes de l’échange = Indice des prix des produits exportés/indice des prix des
produits importés x 100
Indice > 100 = Amélioration des termes de l’échange. Le pouvoir d’achat des
exportations en produits importés s’améliore (ATE) ;
Indice = 100 = Equilibre des termes de l’échange. Le pouvoir d’achat des
exportations en produits importés se maintient ;
Indice < 100 = Détérioration des termes de l’échange. Le pouvoir d’achat des
exportations en produits importés diminue (DTE).
Leur détérioration indique une difficulté à financer les importations par les
exportations, ce qui implique un recours à l’endettement et handicape le
développement. C'est ainsi que de nombreux pays pauvres ont emprunté auprès des
banques occidentales des sommes importantes dans le courant des années 1970, parce que
les prix des produits primaires exportés s'élevaient, et se sont révélés incapables de
rembourser ces emprunts dans les années 1980 parce que les cours avaient chuté. Ainsi,
les pays producteurs de matières premières sont dépendants de l’évolution de la demande
adressée principalement par les pays développés.
La concurrence entre pays émergents et pas développés n’est pas favorable à court
terme pour l’emploi dans ces derniers. Ce commerce est destructeur d’emplois car les
produits importés par les pays développés en provenance des pays émergents incorporent
beaucoup de travail (le textile, les jouets, l’électronique grand public) alors que les
exportations des pays développés en direction du Sud incorporent beaucoup de capital et
peu de travail. Même si les échanges sont équilibrés entre les deux zones, le commerce
international va se traduire par une destruction d’emplois au Nord, principalement les
emplois peu qualifiés. Or, cette disparition des emplois industriels
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Avantages et limites du protectionnisme
Le protectionnisme tarifaire consiste à rendre plus cher les produits étrangers de telle
façon que le consommateur préfère un produit national. Le droit de douane est une taxe
imposée aux produits importés afin d'accroître leur prix. Ces droits ont été
progressivement réduits depuis les années 1950 par une série de négociations
internationales. Dans les pays développés, ils sont aujourd'hui assez faibles.
Le quota d'importation est une restriction directe sur la quantité d'un bien qui peut être
importée.
Les normes sanitaires ou techniques que tous les produits, locaux comme importés,
doivent respecter peuvent également être édictées. De telles mesures ne sont évidemment
pas toujours protectionnistes; elles peuvent viser la protection des consommateurs (jouets
chinois jugés dangereux, par exemple). Mais il s'agit souvent d'un prétexte utilisé pour
écarter les produits importés.
On peut restreindre les quantités importées en rendant les procédures d’importation très
longues (obligation de traduire le mode d’emploi dans la langue du pays d’accueil par
exemple) ou en imposant des normes techniques et sanitaires limitant les importations (l’UE
interdit les poulets américains parce qu’ils sont nettoyés au chlore…).
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Le protectionnisme déguisé est une autre forme d’actions qui fausse la libre
concurrence.
Le dumping : traditionnellement, le dumping est une vente à perte, c’est-à-dire une vente à
un prix inférieur au coût moyen de production. Dans le contexte du commerce international,
le dumping consiste pour une entreprise à proposer sur les marchés étrangers des prix plus
bas que sur son marché domestique. Le but recherché par l’entreprise est un accroissement
de ses ventes pour capter des parts de marché supplémentaires au détriment de ses
concurrents. Jugée déloyal, le dumping est généralement condamné par les accords
commerciaux internationaux permet d’éliminer les concurrents qui ne peuvent as suivre la
baisse des prix imposée. Les entreprises japonaises de photocopieurs ont pu ainsi éliminer
leurs concurrents américains dans les années 1980-1990 sur le marché européen.
Les subventions et les avantages fiscaux accordés aux firmes nationales permettent de
vendre moins cher le produit à l’étranger (la PAC de l’UE, en subventionnant les exportations
agricoles européennes, empêche les pays en développement d’exporter leurs produits qui
deviennent artificiellement plus chers que les produits européens). Elles sont assimilées à du
dumping par l’OMC et condamnées. Les subventions agricoles représentent ainsi une
centaine de milliards d'euros par an dans les pays développés. De même, l’absence de
cotisations sociales dans les pays émergents est considérée comme du « dumping social ».
L’accès aux marchés publics : lorsque l’Etat donne systématiquement la priorité aux
produits nationaux lors des commandes publiques quel que soit le prix du produit, il interdit
l’importation de produits étrangers équivalents moins chers (l’Armée américaine vient
d’annuler une commande à Airbus pour donner la préférence à Boeing alors qu’Airbus était
moins cher). Les règlements interrégionaux et internationaux (de l’ Union européenne, de
l’OMC) tentent aujourd'hui de libéraliser ce secteur en favorisant la diffusion des appels
d'offre, en imposant la règle de non-discrimination et de traitement identique des firmes
locales et étrangère.
Enfin, la manipulation du taux de change qui permet à un pays dont la monnaie est
faible, de favoriser ses exportations (Cas de la Chine dont la monnaie est dite sous-évaluée
par rapport aux richesses qu’elle crée)
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1° argument : le protectionnisme éducateur de F. List (1789-1846) : en partant de
l’exemple de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne au XIXe siècle, List observe que tous
les pays ne partent pas égaux dans la course au développement. Les pays, qui démarrent
plus tard, ont l’obligation de protéger de la concurrence leurs « industries dans l’enfance »
le temps qu’elles soient suffisamment fortes pour affronter la concurrence internationale.
List n’est donc pas contre le libre-échange mais il doit se faire « à armes égales ». Si
un pays se contente de spécialiser dans des produits agricoles (le Portugal pour Ricardo), il
ne pourra jamais s’industrialiser et se développer. Ainsi, les Etats-Unis, l’Allemagne et le
Japon, au XIXe siècle, ont été confrontés à la concurrence de l’économie britannique dont
l’industrialisation était plus ancienne et qui exerçait une domination sur le monde. Pour ériger
leur industrie, ils ont adopté des mesures protectionnistes, conformément à la thèse de F.
List. L’Etat doit donc protéger son industrie pour amorcer son développement.
Ainsi, l’Europe, à partir des années 1970, a subventionné Airbus pour qu’il puisse faire
concurrence à Boeing qui lui-même était soutenu par les commandes publiques de l’Etat
américain. S’il ne l’avait pas fait, il n’y aurait pas eu d’industrie aéronautique en Europe.
Cependant, pour List, ce protectionnisme éducateur doit respecter certaines règles :
- Il doit être provisoire car il faudra ensuite intégrer l’industrie protégée au marché
mondial lorsqu’elle sera capable d’affronter la concurrence.
- Il doit être sélectif, c’est-à-dire ne concerner qu’une industrie particulière, ou qu’une
branche.
- Il doit être limité afin de ne pas éliminer la concurrence car une bonne concurrence est
stimulante alors que trop de concurrence est destructrice.
La crise de 2008-2009 s’est ainsi traduite par une bouffée de protectionnisme. Selon l'OMC,
le nombre de mesures protectionnistes initiées en 2011 s'élève à 340, contre 220 en 2010
Les pays du Nord doivent donc taxer les produits industriels des pays émergents à la
frontière s’ils veulent conserver une industrie. L’idée d’une TVA sociale allait dans le sens
d’une protection des emplois industriels.
De même les accords Multifibres ont permis de protéger les industries en déclin du textile
dans les pays du Nord par des limitations quantitatives, afin de les aider à se restructurer, à
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se moderniser et à assurer la reconversion des travailleurs. Il s’agissait d’éviter des
licenciements massifs dans ces industries vieillissantes.
En l'absence d'accords mondiaux, il peut alors être justifié de taxer les importations des pays
polluants (idée de la taxe carbone défendue par l’UE) afin de rétablir l'équilibre.
L’Irlande attire les FTN en leur proposant un taux d’imposition sur les bénéfices très bas ce
qui pénalise les autres pays de l’UE. En 2013, les pays de l’UE ont décidé de taxer les
panneaux solaires chinois qui bénéficient de fortes subventions de l’Etat et qui fragilisent les
entreprises de ce secteur en Europe.
De même, la France achète des avions Dassault, des chars ou des missiles français
(Thales, Lagardère…) afin de conserver une industrie nationale de l’armement. Enfin, la
plupart des pays édictent des lois soumettant les investissements étrangers à autorisation
lorsque l'intérêt national est en jeu.
Dès les années 1960, le GATT a tenu compte de ce protectionnisme des pays et des
arguments en faveur du protectionnisme. Il a accepté un certain nombre d’exceptions aux
règles du libre-échange :
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sans accorder les mêmes droits aux autres pays (le Marché Unique européen,
l’Alena, le Mercosur…).
- Le système des préférences généralisées : il permet d’accorder des avantages
tarifaires à certains pays en développement sans que cela bénéficie à d’autres pays
(la Convention de Lomé entre l’UE et les pays africains et caraïbes 1975-2000).
Le protectionnisme n’est pas sans danger pour un pays qui déciderait de telles mesures
aujourd’hui. On peut recenser plusieurs effets pervers :
Les gains de productivité des entreprises artificiellement protégées en sont ralentis, et leur
compétitivité amoindrie. Cela nuit aux consommateurs nationaux, car, sans l’aiguillon de la
concurrence internationale, la qualité des produits se détériore et le prix augmente sur le
long terme. Les industriels nationaux comprennent qu’ils ont une clientèle captive obligée
d’acheter leurs produits. Ils ne font donc plus d’efforts pour améliorer leur production par des
investissements.
Ainsi, les pays européens communistes ont été protectionnistes à l’égard de la production
occidentale entre 1945 et 1989. A la chute du mur de Berlin, la RDA, qui possédait la
meilleure industrie de ces pays, proposait comme voiture la Traban, qui correspondait à une
voiture occidentale des années 50. Il y avait donc un retard technologique de 40 ans.
L’entreprise n’a pas survécu à l’ouverture des frontières.
Ces mesures de rétorsion (dont la hausse des droits de douane) sont par ailleurs autorisées
par l’OMC qui peut condamner un pays à l’origine de mesures protectionnistes unilatérales.
Le risque de contraction des échanges internationaux. C’est ce cercle vicieux du
protectionnisme généralisé qui a freiné la sortie de crise dans les années 1930.
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4ème limite : Le principal problème soulevé par le protectionnisme est que les mesures
arrêtées ne le sont pas toujours en fonction de l'intérêt général, mais en fonction des intérêts
de groupes de pression particuliers.
5ème limite : Les pays se sont de plus en plus engagés dans le respect du libre-
échange. Les pays se sont engagés à ne pas fausser la concurrence internationale de
plusieurs façons :
- Tout d’abord, les Etats ont signé des accords dans le cadre de l'OMC ou dans le
cadre de l'UE qui interdisent toutes les pratiques qui faussent la concurrence et
favorisent les monopoles ou les positions dominantes. Ainsi, les Etats ne peuvent pas
augmenter leurs droits de douane sauf circonstance exceptionnelle. Ils ne peuvent
pas subventionner leur industrie ou autoriser les pratiques de dumping La France a
ainsi été condamnée pour avoir aidé son secteur nucléaire, les Etats-Unis pour ses
subventions au coton américain. Le protectionnisme n’est donc plus possible pour les
pays du Nord sauf exceptions. Il est réservé aux pays les moins avancés (PMA).
- Enfin, les pays ont confié à l'OMC le soin de définir les règles du commerce
international et de régler les différends entre les nations. A la différence du
GATT, cette organisation a un pouvoir d’arbitrage et de sanctions pour les pays qui
ne jouent pas le jeu et ses compétences sont étendues aux services à la propriété
intellectuelle. L’objet du litige est confié à l’Organe des Règlements des Différends
(ORD) qui propose des recommandations et des sanctions.
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