Les risques
biologiques
L’essentiel sur
ED 6495
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emprisonnement de trois ans et d'une amende de 300 000 euros (article
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© INRS, 2022.
Brochure élaborée par A. Montagnez, C. David
et M.-C. Bayeux (INRS)
Édition : Katia Bourdelet (INRS)
Conception graphique : Julie&Gilles
Illustrations et mise en pages : Valérie Latchague-Causse
Qu’est-ce qu’un
risque biologique ?
On parle de risque biologique en milieu professionnel lorsqu’une personne
est susceptible d’être exposée, dans le cadre de son travail, à un ou plusieurs
agents biologiques pouvant nuire à sa santé.
Les agents biologiques sont définis réglementairement et regroupent les
micro-organismes appartenant à différentes catégories (bactéries, virus,
champignons microscopiques, parasites) mais aussi les cultures cellulaires
et les prions.
Les agents biologiques se multiplient dans ce qu’on appelle des réservoirs
qui peuvent être des êtres vivants (hommes, animaux, végétaux) ou des
éléments environnementaux (eaux, sols…). La plupart sont inoffensifs pour
l’homme, par exemple la flore intestinale, qui est composée de nombreuses
bactéries, tient un rôle essentiel dans la digestion. D’autres sont utilisés
depuis des millénaires pour la transformation de produits alimentaires (pain,
fromage…) et, plus récemment, dans les biotechnologies (production de
vaccins, de médicaments…). Certains peuvent être à l’origine de maladies
(infections, allergies…), notamment dans le cadre du travail.
L’évaluation des risques biologiques est le plus souvent qualitative. Elle
s’effectue en suivant la chaîne de transmission : chaque agent biologique
pathogène est en effet susceptible de se transmettre à une personne (l’hôte)
à partir d’un réservoir donné et selon des modes de transmission spécifiques
(voir encadré page suivante).
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Chaîne de transmission de l’agent biologique
Réservoir
Homme : sang, urines, selles, gouttelettes émises lors de la toux…
Animal : urines, excréments ou fientes, gouttelettes émises lors de la
toux…
Environnement : sol, eau, déchets, fluides de coupe…
Transmission de l’agent Exemples d’exposition possible
biologique du travailleur
Par voie respiratoire • En inhalant les gouttelettes émises lors
de la toux d’une personne malade.
• En inhalant les poussières de fientes
contaminées…
Par voie digestive • En portant à la bouche des mains ou
des objets contaminés.
• En mangeant ou en fumant avec des
mains contaminées…
Par contact avec la peau • En touchant des objets contaminés.
ou les muqueuses • En recevant des projections d’eau sale
dans les yeux.
• En portant aux muqueuses du visage
des mains contaminées…
Par inoculation • En se piquant avec une seringue
contenant du sang.
• En se coupant avec un couteau souillé.
• En se faisant mordre par une tique…
Hôte
Certains facteurs individuels ont un
rôle dans le risque de développer une
pathologie :
– immunité vis-à-vis de la maladie,
– terrain particulier : grossesse,
immunodépression, maladies
chroniques…
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En milieu professionnel, la démarche d’évaluation des risques biologiques
consiste à :
1. Repérer les réservoirs où sont susceptibles de se développer des agents
biologiques dangereux.
2. Identifier les activités pouvant exposer le travailleur au réservoir.
3. Vérifier si l’exposition identifiée est compatible avec le mode de trans-
mission des agents biologiques du réservoir (voir ci-dessous).
Comparaison exposition/transmission
Il y a un risque de contamination si l’exposition du travailleur correspond
à la voie de transmission de l’agent biologique.
Exemple de risque de légionellose :
La bactérie Legionella pneumophila peut entraîner une légionellose chez
les personnes inhalant des aérosols d'eau contaminée. Si le réseau d’eau
est contaminé par des légionelles et qu’un travailleur est exposé à des
aérosols de cette eau, celui-ci encourt le risque de développer une légio-
nellose. En revanche, si le travailleur plonge les mains dans cette eau, il
n'encourt pas de risque de légionellose.
Risque
biologique
n
sitio
Expo=
sion
smis
Tran
Réservoir : Expo
eau contaminée sition
par des légionelles
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Quels effets
sur la santé ?
Les répercussions sur la santé sont très variables : elles vont dépendre
notamment de l’agent biologique en cause, des conditions d’exposition et
de certains facteurs individuels de l’hôte.
On distingue quatre types de risque pouvant résulter d’une exposition à des
agents biologiques :
● Infectieux : dus à la pénétration, puis à la multiplication dans les êtres
vivants d’un micro-organisme pathogène. Les répercussions sur la santé sont
variables et peuvent être influencées par des facteurs individuels (défenses
immunitaires, par exemple).
● Allergiques : dans certains cas, l’organisme réagit à la présence d’un
allergène par une réponse immunitaire inappropriée, généralement trop
importante (hypersensibilité).
● Toxiniques : les salariés peuvent être exposés à des toxines issues de
micro-organismes (endotoxines, toxines bactériennes, mycotoxines). Ces
composés peuvent être à l’origine de troubles de la santé, variables selon
la nature des toxines.
● Cancérogènes : un cancer est le résultat d’une multiplication désordonnée
de cellules. Par exemple, une infection chronique par le virus de l’hépatite B
peut entraîner un cancer du foie.
Les risques les plus fréquents en milieu professionnel sont les risques infec-
tieux. Les risques allergiques et toxiniques sont beaucoup plus rares. Quant
au risque de cancer, il est exceptionnel.
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Exemples de maladies
Infections • Tuberculose.
• Hépatite C.
• Légionellose.
• Grippe.
• Covid-19.
Allergies • Rhinite et asthme professionnel.
• Poumon du fermier (pneumopathie
d’hypersensibilité) lié à l’inhalation de
poussières lors de la manipulation de foin
ou de céréales moisis.
Effets toxiniques • Tétanos.
• Syndrome pseudogrippal lié à
l’exposition aux endotoxines présentes
dans certaines activités (assainissement,
déchets…).
Cancers • Cancer du foie, dû à une hépatite B ou C
devenue chronique.
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Qui est concerné
par les risques
biologiques ?
En milieu professionnel, les risques biologiques concernent de multiples
activités. Certains salariés sont susceptibles d’être exposés à un agent bio-
logique donné du fait de son utilisation délibérée dans un process de tra-
vail (laboratoire de recherche biologique, industrie pharmaceutique…).
D’autres sont exposés à un réservoir contenant potentiellement des agents
biologiques pathogènes (assainissement, déchetterie, milieux de soins…).
Idée reçue
Les risques biologiques ne concernent
que les laboratoires
Faux. De nombreux secteurs professionnels peuvent être concernés à
un moment ou un autre par le risque biologique. Il suffit que certaines
conditions soient réunies (humidité, salissures, chaleur) pour que les
agents biologiques se multiplient dans les environnements de travail.
Par exemple, les micro-organismes se multiplient dans les déchets ali-
mentaires entreposés dans de mauvaises conditions et peuvent contami-
ner les bacs de stockage et leur environnement. Certains de ces micro-
organismes peuvent entraîner des effets sur la santé des salariés qui y
seraient exposés.
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Secteurs ou professions plus particulièrement concernés
par les risques biologiques
Travail au contact • Personnel soignant, techniciens
d’humains ou de produits de laboratoire de biologie.
d’origine humaine • Aides à domicile.
• Métiers de la petite enfance.
• Thanatopracteurs (soins au défunt).
Travail au contact • Éleveurs, vétérinaires, personnel
d’animaux ou de leurs des abattoirs ou des centres
produits d’équarrissage.
• Personnel d’animaleries.
• Garde-chasses, animaliers en parc
zoologique, travailleurs en forêt.
Travail dans le milieu • Éleveurs, agriculteurs, maraîchers…
agricole
Travail en industrie • Affineurs de fromage.
agroalimentaire • Employés en fabrication de
saucissons.
• Producteurs de levures alimentaires…
Travail en industrie • Personnel de laboratoire de recherche
pharmaceutique (biologie, biotechnologie…).
• Personnel de l’industrie
pharmaceutique (production
de vaccins, de médicaments…).
Traitement et élimination • Ripeurs ou éboueurs, personnel des
des déchets centres de tri de déchets ménagers.
• Personnel de centre de compostage.
• Égoutiers, travailleurs en station
d’épuration…
Entretien et maintenance • Personnel de nettoyage dans tous
les secteurs d’activité.
• Employés de maintenance
(maintenance d’automates de
laboratoire, entretien de gaines
de ventilation…).
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Quelles mesures
de prévention mettre
en place ?
La prévention des risques biologiques consiste à rompre la chaîne de trans-
mission en agissant le plus en amont possible, c'est-à-dire sur le réservoir.
Agir sur le réservoir
Il s’agit de limiter la prolifération des agents biologiques possiblement patho-
gènes. Citons, par exemple, les actions suivantes :
● nettoyer les locaux et le matériel afin d'éliminer certains agents biologiques
et supprimer leurs sources de nourriture pour éviter qu'ils se multiplient,
●ventiler correctement les locaux pour limiter l'humidité favorable à la
multiplication de certains agents biologiques,
● désinfecter lorsque cela est nécessaire,
● dépister et traiter au plus tôt les individus infectés,
● lutter contre la prolifération des insectes et des rongeurs susceptibles de
transmettre les agents pathogènes qu’ils pourraient véhiculer.
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Agir sur l'exposition pour éviter la transmission
Le deuxième niveau d’action concerne la transmission des agents biolo-
giques pathogènes qui peuvent causer la maladie. On vise ici à éviter ou
limiter l’exposition des salariés.
Cela consiste, par exemple, à :
● isoler les individus contagieux,
● séparer les zones contaminées des zones non contaminées,
● appliquer quand c'est possible le principe de « marche en avant » (orga-
nisation de la circulation du propre vers le sale sans possibilité de retour en
arrière),
● limiter la mise en suspension des poussières (préférer l’aspiration au
balayage à sec…),
● utiliser des conteneurs spécifiques adaptés pour éliminer les déchets
contaminés,
● capoter les procédés polluants et rejeter l'air aspiré à l'extérieur du bâtiment
après filtration,
● améliorer l'atmosphère de travail par un apport d'air neuf.
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Agir au niveau du travailleur (hôte)
Quand la mise en place de mesures de protection collective n’est techni-
quement pas possible, ou qu’elle ne suffit pas, il peut être nécessaire d’agir
sur les « portes d’entrée » possibles au niveau de l’hôte.
On veillera à :
● fournir les équipements de protection individuelle (EPI) adaptés au
contexte professionnel tels que gants, vêtements de protection, lunettes,
appareils de protection respiratoire,
● nettoyer et entretenir les EPI,
● former le personnel à leur utilisation.
Il conviendra également de s’assurer que les travailleurs utilisent effective-
ment les EPI.
Dans tous les cas, les moyens d’hygiène nécessaires doivent être mis à dis-
position : vestiaires séparés pour les vêtements de ville et les vêtements de
travail, installations sanitaires, moyens de lavage des mains et du visage…
Mesures d’hygiène individuelle
Le respect des mesures d’hygiène individuelle est indispensable. Toutes
les facilités d’accès aux installations sanitaires correspondantes, y compris
sur les chantiers mobiles et dans les véhicules, doivent être mises en place.
Principales mesures :
● Réaliser une hygiène des mains (lavage ou friction hydroalcoolique
sur mains visiblement propres) avant de manger, boire ou fumer, après
tout contact potentiellement contaminant, après avoir ôté ses EPI, ainsi
qu’avant et après être allé aux toilettes.
● Protéger toute plaie avec un pansement imperméable.
● En cas de piqûre, morsure ou coupure, laver immédiatement la plaie
avec de l’eau potable et du savon.
● Ne pas porter les mains ni un objet (stylo, par exemple) à la bouche.
● Se changer avant de quitter le travail.
Par ailleurs, dans certaines situations, une vaccination peut être indiquée,
lorsqu’elle existe. Cette indication pourra être posée par le médecin du tra-
vail dans le cadre du suivi de l’état de santé réalisé par le service de préven-
tion et de santé au travail.
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Informer et former les salariés
La prévention passe également par l'information des salariés sur les risques
encourus à leur poste et par la formation sur la mise en œuvre des mesures
de prévention (hygiène, protection collective et individuelle).
Exemples de mesures de prévention dans un centre
de tri de déchets
Abel trie des bouteilles en plastique, des canettes métalliques, des
briques de lait et de jus de fruits… Des bactéries et des moisissures
peuvent proliférer sur les déchets alimentaires souillant les embal-
lages, surtout quand la température ambiante est élevée. Toutes les
manipulations des déchets (déchargement à l’arrivée, chargement
du convoyeur, tri manuel…) provoquent l’émission de poussières
contaminées par ces agents biologiques pouvant avoir une action
irritante ou allergisante. Ces poussières sont transportées par l’air
jusqu’aux voies respiratoires des salariés du centre de tri.
Agir sur le réservoir
Les déchets à trier constituent • Limitation du développement des
des réservoirs d'agents agents biologiques par des mesures
biologiques. d’organisation du travail : augmenter la
fréquence des collectes, réduire le temps
de stockage des déchets…
• Nettoyage régulier des locaux.
Agir sur l’exposition pour éviter la transmission
L'inhalation de poussières • Manutention des déchets au moyen
contenant des agents d’une chargeuse équipée d’une cabine
biologiques peut entraîner fermée, climatisée, bénéficiant d'un
des effets sur la santé par voie apport d'air neuf filtré.
respiratoire. • Capotage des convoyeurs et captage
des poussières.
Agir au niveau du travailleur
• Si les mesures de ventilation ou de
captage à la source ne suffisent pas
à protéger les travailleurs : port d’un
appareil de protection respiratoire.
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Pour aller plus loin
● Dossier web INRS
Risques biologiques.
À consulter sur [Link]
biologiques/[Link]
● Publications INRS
Les risques biologiques en milieu professionnel.
ED 6034
Les agents biologiques. ED 117
● Animations INRS
Comment se transmettent les agents
biologiques ? Anim-021
Comment empêcher la transmission des agents
biologiques ? Anim-022
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Les risques biologiques concernent
de multiples activités : les métiers
de la santé, de l’agroalimentaire,
de l’environnement… Des mesures
de prévention existent et permettent
d’éviter ou de réduire ce risque.
L’objectif de cette collection est de
vous donner les clés pour construire
une démarche de prévention des
risques professionnels.
Institut national de recherche et de sécurité
pour la prévention des accidents du travail
et des maladies professionnelles
65, boulevard Richard-Lenoir 75011 Paris
Tél. 01 40 44 30 00 • info@[Link]
Édition INRS ED 6495
1re édition | novembre 2022 | 3 000 ex. | ISBN 978-2-7389-2794-1
L’INRS est financé par la Sécurité sociale
Assurance maladie / Risques professionnels
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