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Aristote et Thomas d'Aquin : Éthique et Matière

Dans l'extrait de L'Éthique à Nicomaque, Aristote définit le bonheur comme une activité de la raison conforme à la vertu, en opposition aux plaisirs et à la santé. Dans le Commentaire de la Physique, Thomas d'Aquin explore la matière première, soulignant qu'elle est inconnaissable en elle-même et ne peut être comprise que par analogie avec des formes. Les deux textes interrogent ainsi la nature du bien et de la connaissance, respectivement dans le cadre de l'éthique et de la physique.

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Aristote et Thomas d'Aquin : Éthique et Matière

Dans l'extrait de L'Éthique à Nicomaque, Aristote définit le bonheur comme une activité de la raison conforme à la vertu, en opposition aux plaisirs et à la santé. Dans le Commentaire de la Physique, Thomas d'Aquin explore la matière première, soulignant qu'elle est inconnaissable en elle-même et ne peut être comprise que par analogie avec des formes. Les deux textes interrogent ainsi la nature du bien et de la connaissance, respectivement dans le cadre de l'éthique et de la physique.

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Devoir Méthode N°1 : Ethique Mariac Tesson

L’extrait qui nous est donné à l’étude est tiré du Livre I, Chapitre 6 de L'Éthique à
Nicomaque. Dans ce passage, Aristote poursuit sa tentative de définition du bonheur.
Préalablement, il avait distingué les vies végétatives et sensitives, partagées avec les
animaux; afin de mettre en lumière le caractère unique de l’activité de l’âme rationnelle chez
l’homme. Ici, Aristote cherche à démontrer que le bien suprême pour l’homme ne réside pas
dans une existence simplement biologique, mais au contraire dans une opération relative à
nos caractéristiques proprement humaines. Dès lors, Aristote va défendre que le bonheur
réside dans une activité de la raison conforme à la vertu. Toutefois, cela implique de ne pas
considérer le plaisir ou la santé comme les vecteurs principaux du bonheur; cela est-il
véritablement soutenable ? Le bonheur ne résiderait-il pas au contraire dans notre part
animale, la seule qui puisse être combler ? Si le bonheur réside dans une activité de la raison,
cela signifie que l’on pourrait être heureux sans plaisir, sans santé ? Mais d’autre part, notre
vie rationnelle est inhérente à notre nature humaine, il semble donc logique que le bonheur
l’englobe. En effet, s’il l’excluait, ce bonheur ne serait pas humain et nous aspirons pourtant à
plus que ce dont les animaux se contentent. Ainsi, peut-on définir le bien comme une oeuvre
de la raison conforme à la vertu ou bien doit-il en être autrement ? D’une part, cela signifie
renoncer à la santé ou le plaisir comme principaux vecteurs du bonheur, tandis que d’autre
part, cela peut mener à nier une part de notre humanité pour atteindre le bonheur.
Afin d’y répondre, nous distinguerons dans un premier temps des lignes 1 à 9 les différentes
formes de vie (végétative, sensible et rationnelle) pour cerner ce qui fait le propre de
l’homme; puis nous examinerons de la ligne 9 à 17 la fonction humaine en tant qu’activité de
l’âme guidée par la raison ainsi que la notion d’excellence ; et enfin, nous analyserons la
définition du bien pour l’homme comme l’activité de l’âme en accord avec la vertu et
l’importance de la notion de durée afin d’atteindre le véritable bonheur.
Devoir Méthode N°2 : Philosophie de la Nature Mariac Tesson

Dans cet extrait du Commentaire de la Physique d’Aristote par Thomas d'Aquin, ce dernier y
aborde une spécificité des principes fondamentaux du devenir ainsi que la question de
l’intelligibilité de la matière première. Les leçons 11 et 12, qui précèdent le texte donné à
notre étude ont été dédié à l’élaboration des trois principes du devenir, la matière, la forme et
la privation. La matière est le sujet du devenir, cette dernière reçoit le principe d’intelligibilité
qu’est la forme et qui vient se supplanter à la privation, l’absence de forme dans la matière.
Dès lors, la matière est dite composé. Toutefois, si le devenir relatif agit sur une matière déjà
formé, le devenir absolu semble nécessiter l’existence d’une matière première. La leçon
numéro 13 s’attache à la question de ce substrat informe et universel, en puissance à toutes
les formes sans jamais en posséder une déterminée en lui-même. Thomas d'Aquin y affirme
que, puisque toute connaissance se fait par la forme qui est le principe d’intelligibilité, la
matière première ne peut être connue en elle-même, mais seulement par analogie, à l’instar
du bois qui, selon qu’il prend la forme d’un banc ou d’un lit, se révèle distinct de chacune de
ces configurations particulières. Ce constat introduit une contradiction apparente : d’une part,
la matière première apparaît comme le principe universel et indéterminé de la nature, et
d’autre part, la connaissance exige une forme précise pour que le réel puisse être intelligible.
Dès lors, comment connaître la matière première sans l’existence de forme pour la
comprendre ? D’une part, si la matière première s’avère en soi totalement inconnaissable,
comment pourrons-nous en affirmer l’existence avec certitude ? Pourrait-on vraiment
élaborer une physique sur d’aussi chétifs fondements ? D’autre part, si nous parvenions à la
comprendre et poser avec certitude son existence, celle-ci formerait un fondement idéal à la
Physique, ce qui devrait permettre d’expliquer une multitude de phénomènes liés au devenir.

Nous traiterons ce texte en trois temps : d’abord, en montrant que la matière première est
inconnaissable en elle même ; ensuite, en démontrant la nécessité de la forme comme
condition sine qua non de la connaissance ; enfin, en examinant le rôle de la privation,
principe qui, en contrariant la forme, participe à l’articulation des principes de la nature.

I - La matière première est inconnaissable en elle même ligne 1-3


A/ La forme, l’unique principe d’intelligibilité 1-2
-​ Toute connaissance passe par la forme, qui permet d’identifier et de définir une chose.
-​ Thomas d’Aquin affirme ainsi : « tout ce qui est connu est connu par sa forme » .
-​ La forme est ce qui confère à un être son identité et sa compréhension, elle est ce par
quoi une chose nous est intelligible.
B/ La matière première n’a pas de forme, elle ne peut donc être connu par elle-même 2-3
-​ Étant le substrat de toutes les formes possibles : « la matière première est considérée
comme sujet de toute forme », elle ne possède en propre aucune détermination,
aucune forme.
-​ Sans forme propre, elle échappe à la connaissance directe, puisqu’elle ne comporte
aucun principe d’intelligibilité.
-​ Comment être assuré de l’existence d’une chose que l’on ne peut pas connaître ?

II - Il est possible de connaître la matière première par analogie 3-11


A/ Explication de l’analogie l. 3-9
-​ La matière première peut être comprise en observant les différentes formes de devenir.
-​ Thomas d’Aquin illustre ce principe en utilisant l’image du bois qui peut être tantôt
un banc, tantôt un lit : « nous connaissons que le bois est quelque chose
indépendamment de la forme du banc et du lit, parce qu’il est tantôt sous une forme,
tantôt sous une autre ». Il s’agit là d’un devenir artificiel, le plus aisément
compréhensible. Il apparaît aisément que le bois est en puissance à diverses formes,
bien que lui même dispose déjà de la forme bois. Ainsi, moins une matière est formé,
plus elle est en puissance à un grand nombre de formes.
-​ De la même manière, dans le cadre d’un devenir naturel, l’air peut devenir eau. Cela
implique un substrat sous-jacent indépendant de ces formes particulières. Cette
exemple est déjà plus proche de la matière première car contrairement au banc et au
lit, nous ne pouvons pas voir le substrat en puissance à ces formes. Dès lors,
l’existence de la matière première semble plus aisément concevable.

B/ Conclusion : il est possible d’atteindre la certitude de l’existence de la matière première l.


9-11.
-​ En constatant les changements de formes, on peut affirmer l’existence d’un support
permanent, la matière première : « par conséquent ce qui se tient sous les substances
naturelles elles-mêmes, [...] et n’importe quoi de matériel et sans forme sous la forme,
nous appelons cet être matière première ».
-​ Dès lors, la matière première, bien qu’inintelligible en elle-même, est nécessaire pour
expliquer la transformation des êtres naturels.
-​ Ainsi, la matière première ne peut être connu par elle-même car elle est dénué de
forme, mais l’on peut poser avec certitude son existence en constatant les devenirs
absolus qui existent dans la nature.
-​ T. D’Aquin a généralisé ces deux exemples à l’intégralité des devenirs, d’une certaine
façon, l’airain est à la statue ce que la matière première est à toutes les formes, soit le
sujet nécessaire pour qu’elles adviennent.
III - T. D’Aquin rappelle les 3 principes et évoque une de leur spécificité 12-16
A/ Rappel sur les 3 principes du devenir
-​ Thomas d’Aquin rappelle les trois principes fondamentaux de la nature : « (la matière
première) Cela est donc un principe de la nature [...] Or un autre principe est la ratio
ou la forme : et un troisième est la privation ».
-​ Ces trois principes du devenir sont :
-​ La matière première (le substrat indéterminé), qui est le sujet du devenir
absolu (génération et corruption). La matière qui possède déjà une forme est
aussi un principe du devenir, mais du devenir relatif (qui touche aux accidents
de la substance).
-​ La forme (ce qui actualise la matière et permet la connaissance).
-​ La privation (l’absence de la forme qui prépare le devenir).

B/ Ces derniers sont à la fois trois et deux


-​ Thomas d’Aquin souligne une particularité : ces principes peuvent être considérés
comme deux ou trois selon l’angle sous lequel on les observe :​
« Et d’une manière ces principes sont deux et d’une autre ils sont trois » (ligne 16).
-​ Trois, car chacun a un rôle distinct dans le devenir des choses.
-​ Deux, si l’on considère que la privation n’existe que relativement à la matière et à la
forme, et ne constitue pas un principe indépendant en soi. En effet, la privation peut
être conçu comme la simple absence de forme.

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