Évaluation de l'Internet en tourisme
Évaluation de l'Internet en tourisme
THESE
Yann RIVAL
Jury
3
A mes parents, mes deux sœurs et
Sofía.
4
REMERCIEMENTS
Mes remerciements s’adressent en premier lieu à mon directeur de thèse, le professeur Michel
Kalika. Il m’a tout d’abord accordé sa confiance au début de ce processus doctoral il y a
maintenant quatre ans. Il m’a ensuite accompagné tout au long de ce long chemin qui mène à
la soutenance, en me faisant partager sa réflexion, en me communiquant de précieux conseils
et enfin, peut-être ce qu’il y a de plus important, en me transmettant le goût de la recherche.
Les professeurs Marc Favier et Patrice Roussel ont accepté la lourde tâche de rapporteurs
malgré les contraintes liées au temps et à l’espace. Je les en remercie, leur participation à ce
jury me fait honneur.
Je remercie le professeur Bernard de Montmorillon, Président de l’Université Paris Dauphine
et Jean-Marie Guivarc’h, Directeur Général de Casino Vacances, d’avoir accepté de participer
au jury de cette thèse. Je suis honoré de leur présence et les remercie pour le temps passé à
l’étude de ce travail.
Je tiens à remercier Jean-François Crola de la Direction du Tourisme pour avoir accueilli avec
tant d’intérêt cette recherche. Sans le soutien du Ministère, l’enquête quantitative n’aurait pu
aboutir sur le terrain.
L’exploitation statistique des données s’appuie en grande partie sur les conseils avisés de
Nathalie Périchon et d’Eric Campoy. Je leur en suis très reconnaissant.
Ce travail de recherche est le fruit de nombreux échanges avec les membres du Crepa. Je tiens
à les remercier tous et en particulier: H. Isaac, S. Dameron, E. Josserand, E. Monod, H. Kéfi,
R. Dornier, F. Jaziri, X. Lepers, H. Delerue, O. Joffre, J. Bouglet, J. Boulay, P. Luc, P.
Simion, V. Deplaigne, E. Baudoin, M. Bia, E. Amara, N. Jouirou, F. Fourati et L. Ben Fekih.
Enfin, ce travail n’aurait pu aboutir sans le soutien continu de mes parents, mes deux sœurs et
celui de Sofía ; je les en remercie de tout cœur.
5
6
SOMMAIRE
SOMMAIRE................................................................................................................. 7
INTRODUCTION..........................................................................................................9
Chapitre 5 Les tests des échelles de mesure et les premières analyses descriptives de
l’échantillon........................................................................................................199
BIBLIOGRAPHIE.....................................................................................................342
7
8
INTRODUCTION
Pourtant aujourd’hui l’Internet est plus que jamais présent dans l’activité des entreprises. Il
suffit de regarder des données fournies par les principaux instituts de collecte d’information
économique pour s’en rendre compte. Ainsi pour l’année 2004 les ventes en ligne atteignent
69,41 milliards d’euros en Europe occidentale et 87,52 milliards de dollars aux Etats-Unis.
Le commerce électronique grand public a ainsi acquis une part croissante dans le chiffre
d’affaires de la vente à distance en France durant ces dernières années (Tableau 1).
1
eEito, IDC, eMarketer, mars 2005.
2
Internet Retailer, juin 2005.
3
Benchmark Group, mars 2005.
4
Médiamétrie, août 2005.
5
Médiamétrie, juin 2005.
9
Tableau 1 Part du commerce électronique grand public dans la vente à distance
en France
C.A. Vente à distance
Année Part du e-commerce
(milliards d’euros)
2002 8,9 26,8 %
2001 8,66 16,7 %
2000 8,4 8,17 %
Source: Benchmark Group, Fevad, mars 2003.
Ces chiffres permettent de comprendre qu’aujourd’hui l’Internet s’est installé comme une
réalité quotidienne, parfois même au cœur de l’activité des entreprises.
- un canal de distribution :
- un outil marketing :
C’est pourquoi, de nombreuses recherches, notamment en marketing, ont été menées ces
dernières années afin d’essayer de répondre à ces multiples questions (Lehu, 1997 ; Benavent,
2000 ; Helme-Guizon, 2001 ; Dubois et Vernette, 2001).
Cependant aujourd’hui, après plusieurs années de pratique du web, les managers
n’appréhendent plus uniquement l’Internet en terme de canal de distribution ou d’outil
marketing mais également comme une activité à part entière de l’entreprise qui fait
définitivement partie de son organisation et dont il faut assurer la rentabilité :
10
- Comment obtenir des résultats performants avec l’Internet ?
Le terme générique le plus souvent utilisé par les chercheurs et praticiens qui traduit le
recours à l’utilisation des Technologies de l’Information (TI) dont fait partie l’Internet, est
celui d’e-business (terme qui appartient à IBM). Il n’a cependant pas toujours la même
signification selon les auteurs.
Si l’on se limite exclusivement à l’échange, il ne s’agit plus alors d’e-business mais d’e-
commerce ou de commerce électronique.
11
télécommunications, recouvrant toutes les étapes de l’acte d’achat » (p. 2). En plus de la
fonction commerciale il ne faut pas oublier que « Le commerce électronique comprend des
fonctions de support à l’échange d’information » (Raymond, Rivard et Bergeron, 2002, p.
3). En définitive, le commerce électronique se traduit en un ensemble de pratiques « réelles
ou virtuelles utilisées dans le processus d’achat et de vente à travers les canaux internes et
externes à l’entreprise reposant sur une interface Internet assurant la participation du client
» (Amami et Rowe, 2000, p. 3).
En dernier lieu, soulignons que le terme e-business s’emploie de moins en moins, aussi bien
dans le monde académique que dans le monde professionnel. Peut-être n’est-il plus à la mode
et certains préfèrent utiliser le terme « e-management » référant à l’intégration des TI dans
l’ensemble des processus de management (Kalika, 2000), « NE » pour « Net-Enablement »
(possibilités offertes par les réseaux et l’Internet) ou « Net-Enhanced Organizations » (firmes
traditionnelles qui utilisent les réseaux et l’Internet pour développer leur activité) (Straub et
al., 2002). D’autres estiment encore que d’ici peu le terme e-business n’aura plus lieu d’être
(Weill et Vitale, 2002), puisqu’il sera totalement assimilé au « business », à l’activité de la
firme.
Notre recherche se limite aux technologies Internet et à l’activité qui en découle. C’est
pourquoi nous avons choisi d’utiliser le terme d’« activité Internet6 » : l’activité liée à
6
Les termes correspondant utilisés dans la littérature anglo-saxonne sont « Internet business », « Net business »
ou « Internet-related activity ».
12
l’adoption des technologies Internet au sein de l’entreprise afin, entre autres, de
présenter et d’échanger des produits et services (Tableau 2).
L’activité Internet réfère donc tout d’abord aux TI considérées : les technologies liées à
Internet. De manière plus précise il s’agit des technologies qui, basées sur le protocole http,
permettent de stocker, traiter et surtout communiquer de l’information. Si la recherche se
focalise sur les technologies Internet, nous ne les considérons pas pour autant de manière
indépendante vis à vis des autres technologies, afin notamment de prendre en compte les
effets de complémentarité.
Technologies de
L’e-commerce L’e-business
l’information
Source : personnel.
13
Voyons à présent, de quelle manière l’activité Internet est abordée dans la recherche en
gestion.
Cette typologie des recherches en matière d’Internet rejoint l’analyse qui est faite par Reix
(2002) sur l’évolution de la recherche en SI : « le problème originel abordé par la recherche
(et la pratique!) était: “comment concevoir un bon système d’information en utilisant un
ordinateur?”. Les premiers travaux ont donc été consacrés à la méthodologie de conception
puis de planification des systèmes d’information. De proche en proche, on a été conduit à
s’intéresser au fonctionnement de l’organisation et à ses relations avec la technologie et à
dépasser le cadre étroit de la méthodologie de projet réduite aux seuls problèmes de
modélisation. On a donc rapidement abordé les aspects socio-techniques de la construction
des SI puis intégré les analyses d’impact de l’usage des technologies sur les différentes
dimensions de l’organisation » (p. 3). Parallèlement, l’évaluation de la performance des SI
dans l’organisation a également fait l’objet de nombreuses recherches jusqu’à aujourd’hui.
Ces trente dernières années l’évolution de la recherche en SI est donc marquée notamment
par :
- deux champs d’investigation dominants (celui de l’ingénierie et celui du déterminisme
technologique)
- une démarche complémentaire qui s’intéresse à la mesure de la performance.
La recherche en matière d’Internet conduite ces dix dernières années s’organise à l’identique.
Cette similitude ne nous étonnera pas si l’on considère que l’Internet constitue un objet
multidimensionnel caractérisé par les trois dimensions que Reix (2002), attribue à un SI:
14
- sa dimension organisationnelle (l’information est utilisée et produite par des processus
intra et inter-organisationnels, les caractéristiques structurelles de l’organisation sont
étroitement liées aux conditions d’utilisation et de production de l’information),
- sa dimension technologique (un construit technologique à base d’outils).
► Le souci de réaliser une recherche qui corresponde aux attentes des entreprises
Si les recherches dans le domaine de l’Internet ont rapidement évolué, elles ne répondent
cependant pas toujours aux attentes des entreprises. Malone (2001) souligne le décalage
existant entre l’entreprise et le milieu académique dans le domaine de l’Internet. Selon lui les
managers apprennent bien plus par eux-mêmes en expérimentant que par la recherche.
Afin de pouvoir produire des résultats sur l’Internet qui correspondent aux attentes des
entreprises, nous avons donc interrogé dans un premier temps des dirigeants et responsables
e-business. Ceci nous a permis de mieux connaître leurs préoccupations actuelles concernant
l’Internet.
Il apparaît ainsi que les entreprises, après avoir développé depuis quelques années une activité
liée à l’Internet, ont besoin de faire le point. Alors qu’Internet rentre aujourd’hui dans une
phase de maturité après une phase initiale de démarrage, il leur est nécessaire d’évaluer
avec un certain recul les actions réalisées en matière d’Internet.
Pour construire cet outil d’analyse nous avons choisi d’adopter une perspective théorique
fréquemment utilisée en SI/TI notamment pour expliquer la performance: la perspective de
15
l’alignement (« Fit »). Cette approche théorique suggère que le développement de la stratégie
et des systèmes d’information doit être cohérent. On parle alors d’alignement stratégique entre
la stratégie de l’entreprise et celle des systèmes d’information.
L’objet de notre recherche est donc construit d’une part à partir d’une théorie, plus
précisément une nouvelle application de la perspective de l’alignement, et d’autre part à
partir d’un problème qui consiste à répondre au besoin d’évaluation de l’activité Internet
de l’entreprise (Schéma 1).
► La problématique de la recherche
La recherche porte donc sur la gestion de l’activité Internet de l’entreprise. De manière plus
précise, il s’agit d’évaluer l’activité Internet à travers la perspective de l’alignement.
16
- La gestion cohérente de l’activité Internet explique-t-elle les résultats liés à
l’Internet?
La méthodologie retenue combine une double approche : tout d’abord ancrée dans une
perspective exploratoire qualitative, elle s’appuie ensuite sur une démarche confirmatoire
quantitative.
L’approche exploratoire qualitative a pour but de délimiter et de se familiariser, avec la
problématique générale de la thèse mais aussi de clarifier les concepts théoriques de la
recherche. Elle doit également nous aider à faire émerger un certain nombre d’hypothèses et
de variables clefs pour l’évaluation de l’activité Internet de l’entreprise. Nous serons alors en
mesure de proposer un modèle d’analyse pour notre recherche.
L’approche quantitative confirmatoire vise à appliquer notre recherche sur un large
échantillon afin de soumettre sur le terrain les hypothèses initiales, mais également de tester le
modèle de recherche dans sa globalité.
7. L’organisation de la thèse
La première partie présente l’approche théorique adoptée pour évaluer l’activité Internet
de l’entreprise.
17
L’étude des recherches en SI et Organisation traitant de l’Internet révèle que l’évaluation de
l’activité Internet demeure un domaine d’investigation encore peu exploré. C’est pourquoi
nous proposons d’évaluer l’activité Internet à travers une perspective contingente (Chapitre
1). Le modèle d’analyse construit à cet effet, trouve ses racines dans la perspective de
l’alignement et son prolongement dans la théorie des ressources et compétences (Chapitre 2).
18
PREMIERE PARTIE : L’APPROCHE THEORIQUE ADOPTEE POUR
EVALUER L’ACTIVITE INTERNET DE L’ENTREPRISE
Nous souhaitons à travers cette première partie, parcourir tout d’abord la littérature en
Organisation et SI traitant de l’Internet. Il s’agit de présenter des études ayant retenu notre
attention de par leur qualité scientifique et leur caractère novateur mais aussi de par leur
proximité avec l’objet de notre recherche. La typologie dégagée à partir de ces différents
travaux permettra alors de positionner et de développer notre recherche.
Une fois le cadre de la recherche défini, il est alors possible d’aborder plus en détail la
perspective contingente adoptée qui se base sur le modèle de l’alignement stratégique.
Pour ce faire, il convient en premier lieu de définir le concept d’alignement (« Fit ») à travers
une perspective historique et l’étude de cas d’application. Nous prendrons ensuite en compte
les résultats des études portant sur le lien entre alignement et performance. Il est alors
possible, en intégrant également les apports de la théorie des ressources et compétences, de
construire le modèle de recherche proposé pour l’évaluation de l’activité Internet. Se pose
alors la question de l’opérationalisation du concept d’alignement.
19
Chapitre 1 L’EVALUATION DE L’ACTIVITE INTERNET : UN
DOMAINE
D’INVESTIGATION ENCORE PEU EXPLORE
Présentation du chapitre 1
La littérature traitant de l’Internet relève des différentes disciplines de la Gestion. Ceci étant,
compte tenu des objectifs de la recherche précisés en introduction nous nous focaliserons
avant tout sur la littérature en SI et Organisation.
A travers ce chapitre, dont le but n’est pas de présenter de manière exhaustive l’ensemble des
travaux traitant de l’Internet, nous souhaitons atteindre un triple objectif :
- présenter des études clefs en matière d’Internet ayant retenu notre attention pour leur
qualité scientifique et leur caractère novateur mais aussi de par leur proximité avec
l’objet de notre recherche,
- dégager une typologie parmi ces recherches,
- enfin, positionner et développer notre recherche part rapport aux études et courants de
recherche présentés.
20
1. Les trois principaux courants de recherche en matière d’Internet
7
Nous incluons les recherche traitant aussi bien de l’Internet à proprement dit, mais aussi de l’e-commerce ou de
l’e-business.
21
Tableau 4 Recherche sur l’Internet : études relevant du courant de la méthodologie
Références Sujet Méthodologie
22
Pillet et Rolle (2002) cherchent ainsi à déterminer les conditions préalables au succès d’un
futur projet de commerce électronique. Pour ce faire, ils élaborent un indice de potentialité du
commerce électronique qui intègre l’infrastructure et l’environnement de l’entreprise, la prise
en compte des processus, la perception des gains, la résistance au changement, la compétence
et la flexibilité.
A travers une perspective contingente, Teo, Tan et Kok Buk (1997) découvrent que les
facteurs organisationnels et technologiques jouent un rôle déterminant (plus important que les
facteurs environnementaux) dans l’adoption de l’Internet. Les entreprises ayant une
perception stratégique des SI sont ainsi davantage enclines à adopter l’Internet dans la
conduite des affaires (Teo et Too, 2000).
On peut alors se demander quelles sont les capacités TI clefs nécessaires pour le commerce
électronique. Les capacités « étroite relation entre responsables de l’entreprise et responsables
TI », « implication de la fonction TI dans le fonctionnement de l’entreprise » et « construction
de relations de travail par la fonction TI avec les employés de l’entreprise » apparaissent ainsi
primordiales dans un contexte de commerce électronique (Van Der Heijden, 2001).
Qu’en est-il également des capacités d’infrastructure TI nécessaires pour l’e-business ? Weill
et Vitale (2002) tentent de répondre à cette question en cherchant à déterminer le type
d’infrastructure TI adéquate selon le modèle d’activité e-business de l’entreprise. Ils vérifient
ainsi que le modèle de la relation directe avec le consommateur nécessite de multiples points
de contacts client. Le modèle du fournisseur de services exhaustifs a besoin d’un mode de
direction centralisé. Le modèle de la communauté virtuelle encourage les membres à
communiquer directement entre eux. Quant au modèle du fournisseur de contenu, il suppose
23
d’être capable de gérer un volume important de données. Enfin, les auteurs remarquent que
les modèles d’affaires sont souvent combinés entre eux pour obtenir des synergies
Quel est le chemin à parcourir pour arriver à développer avec succès l’Internet dans
l’entreprise ?
Le développement de l’e-business passe tout d’abord par une prise de conscience du fait
qu’Internet constitue un canal de distribution à fort potentiel. Ensuite, il est primordial de
mettre en place une réflexion pour l’alignement organisationnel des processus de prise de
décision ainsi qu’une architecture de l’organisation qui permettent de réussir dans l’e-
business. Enfin, la dernière étape de développement de l’activité Internet consiste à repenser
l’organisation de l’entreprise dans sa globalité (Herman, 2000).
Il est également possible d’adopter une démarche financière afin de déterminer comment les
entreprises doivent développer leur stratégie TI dans une époque devenue digitale. L’approche
financière part du principe que chaque investissement TI peut être valorisé comme une prise
d’option tel qu’on le pratique sur les marchés financiers. Comme pour les options financières
il convient de respecter certaines étapes (évaluer les opportunités, acquérir et entretenir les
options, développer leur valeur) afin de pouvoir tirer profit des opportunités futures.
(Kulatilaka et Venkatraman, 2001).
Afin de proposer une approche structurée pour la conception d’une nouvelle organisation du
commerce électronique, Schmitt (2001) sélectionne un certain nombre d’éléments. Il dessine
ainsi un premier modèle pour les organisations de commerce électronique qui s’articule
autours « des valeurs », « la technique », « la stratégie », « l’organisation », « les personnes »,
« la communication » dans lequel il convient de focaliser son attention sur les
couples « technique/organisation », « technique/personnes » et « technique/communication ».
Alter (2002), propose un cadre d’analyse des systèmes d’information pour l’entreprise
électronique. Selon lui, l’offre de produit/service doit correspondre aux attentes des clients
(relation client/produit) et les processus numériques doivent permettre de réaliser le travail de
manière efficace (relation produit/processus). Pour cela, il faut gérer les technologies de
manière efficace (relation processus/technologies), motiver et offrir les moyens nécessaires
aux employés qui participent aux processus numérisés (relation processus/participants). Enfin,
l’information et les systèmes d’information offrent de la valeur au client (relation
processus/information-système d’information) sans minimiser la gestion de la sécurité et des
risques.
24
D’après Venkatraman (2000) le bon développement d’une stratégie dot-com repose sur cinq
questions majeures (Schéma 2).
Il est tout d’abord nécessaire de se poser la question de la vision stratégique pour les activités
dot-com : s’agit-il de réduire les coûts grâce à Internet, différencier son offre à partir du web
ou créer de nouvelles activités ?
Il faut également réfléchir au mode de gouvernance de l’activité Internet : faut-il séparer les
activités liées à Internet des autres activités de l’entreprise ou au contraire les fusionner ?
Chacune des alternatives choisies doit être soigneusement justifiée selon le contexte.
Se pose également la question de l’allocation des ressources (humaines, technologiques, et
financières) dédiées à l’activité Internet : faut-il acquérir et développer les ressources en
interne ou choisir la voie externe par l’alliance, le partenariat ou l’externalisation ?
Ensuite il convient de se pencher sur l’infrastructure opérationnelle de l’activité Internet.
Celle-ci doit être fonctionnellement supérieure par rapport aux concurrents, offrant des
interactions personnalisées, proposant des transactions simplifiées, assurant la protection des
données personnelles, en toute sécurité.
Enfin, il faut se demander si les responsables de l’activité Internet sont prêts pour mener à
bien une telle activité: les compétences et les rôles de chacun sont-ils en adéquation avec le
but fixé?
25
1.2. Le courant du déterminisme : qu’est ce qui change avec l’utilisation de
l’Internet ?
De nombreux auteurs, ancrés dans une approche déterministe, essayent de répondre à une
question récurrente par rapport à des sujets divers : qu’est ce qui change avec l’utilisation de
l’Internet ? (Tableau 5).
Les différents thèmes abordés dans ce courant de recherche se répartissent autour de dix axes
majeurs : les opportunités et les avantages, l’analyse matricielle, la chaîne de valeur, l’analyse
de secteur, les paradigmes stratégiques, l’organisation, la direction des SI/TI, la vente et la
gestion des canaux de distribution, la relation avec le client, les modes d’intermédiation
(Schéma 3).
TJAN A., (2001) La matrice de portefeuille Réflexion théorique illustrée par des
d’activités Internet études de cas
26
Schéma 3 Les principaux axes de recherche du courant déterministe
Source : personnel.
Applegate et al. (1996) proposent une partition des applications de la technologie Internet
faisant ressortir trois domaines d’application reconnus aujourd’hui à savoir : consommateur
à entreprise (C to B), entreprise à entreprise (B to B) et intra-entreprise.
Nantel (2002) reprend la distinction B2B et B2C en ce qui concerne les opportunités offertes
par l’Internet tout en rappelant qu’à l’image du commerce traditionnel, les relations
interentreprises via Internet représentent une proportion bien plus importante que les relations
entreprises à consommateur via Internet. Pour le B2B, il distingue trois grands types
d’activités : les approvisionnements, les ventes, l’intermédiation. En ce qui concerne le
commerce destiné aux consommateurs, il existe trois sources de revenus : la publicité sur le
web, la vente de produits numérisables, de services (service de base axé sur le prix ou service
équivalent mais plus personnalisé), et de produits tangibles.
27
De manière plus originale, Riggins et Rhee (1998) construisent une matrice permettant de
caractériser les différentes applications de la technologie Internet autour de deux dimensions :
Il en découle quatre types d’applications majeures : les outils marketing (attirer de nouveaux
clients et créer de nouveaux marchés), l’intranet (diffusion, remonté, partage de l’information
au sein de l’organisation), l’extranet (amélioration ou création de relations avec les partenaires
de l’entreprise), la messagerie électronique (échange d’information avec un nouveau réseau
de collaborateurs au sein de l’entreprise).
Quels intérêts les entreprises ont-elles à se lancer dans de telles applications offertes par
l’Internet ?
Si l’entreprise « click and mortar » évite les conflits entre ses canaux de distributions,
l’intégration de l’e-commerce dans ses infrastructures physiques peut lui procurer quatre types
de synergies selon Steinfield, Bouwman et Adelaar (2002) : des économies au niveau des
coûts, une meilleure différenciation, une confiance avec le client renforcée et un
élargissement du marché.
Pour mieux comprendre ces opportunités et avantages liés à l’Internet, il paraît utile de mettre
à jour les différents outils d’évaluation stratégique comme par exemple la matrice de
portefeuille d’activités.
28
1.2.2 L’analyse matricielle
Tjan (2001), révise les outils classiques d’évaluation de portefeuille stratégiques en créant une
matrice de portefeuille Internet ancrée dans une approche quantitative mais aussi qualitative.
Il remplace le couple part de marché/attractivité de l’industrie de la traditionnelle matrice
BCG, par le couple cohérence/viabilité. On obtient ainsi une matrice de portefeuille
d’activités plus adaptée à l’environnement numérique, dans lequel il est assez difficile de
prévoir avec exactitude l’avenir, les évolutions sont rapides et le référentiel temporaire
devient beaucoup plus court (Schéma 4).
élevé
Viabilité
Arrêter Redéfinir
faible
La cohérence de l’activité Internet s’apprécie par rapport notamment aux processus actuels de
l’entreprise, à ses compétences et sa culture. Quant à la viabilité de l’activité Internet, elle se
traduit à travers les résultats financiers potentiels.
Rayport et Sviokla (1995), développent une chaîne de valeur virtuelle qui traite l’information
non pas comme une activité de support au processus de valeur ajoutée mais comme une
source de valeur ajoutée (Schéma 5). La nouvelle chaîne de valeur devenue virtuelle se
décompose en cinq étapes (rassembler, organiser, sélectionner, synthétiser et distribuer)
29
reliées au travers et avec l’information. La mise en œuvre de cette chaîne de valeur virtuelle,
parallèlement à la chaîne de valeur classique permet à l’entreprise, notamment à partir des
produits à fort contenu informationnel et des services, de créer de la valeur ajoutée de manière
plus efficace, de développer de nouvelles relations avec le consommateur et enfin de créer de
nouveaux produits ou services.
Porter (2001) propose également une nouvelle chaîne de valeur Internet intégrant l’impact des
technologies liées à Internet sur le processus de construction de la valeur (Schéma 6).
Sachant que chaque activité de la chaîne de valeur entraîne la création, le traitement et la
communication d’informations, et que les technologies Internet facilitent de telles tâches, on
comprend mieux dès lors les évolutions de la chaîne de valeur, liées à Internet.
D’après Porter (2001), l’impact d’Internet est encore plus important, puisqu’il rend possible
l’interconnexion entre plusieurs chaînes de valeur d’un même secteur (fournisseurs,
distributeurs et clients), ce qui permet par exemple la fusion entre la gestion des relations
clients et la chaîne d’approvisionnement.
30
Schéma 6 Applications majeures de l’Internet dans la chaîne de valeur
Infrastructure de l’entreprise
• Distribution des systèmes financiers et de planification des ressources de l’entreprise
• Relations en ligne avec les investisseurs (diffusion de l’information, téléconférence, par exemple)
Gestion des ressources humaines
• Administration du personnel et des prestations en libre-service
• Formation
• Partage et diffusion des informations relatives à l’entreprise
• Déclaration électronique des frais de déplacement et du temps de travail
Développement technologique
• Conception collective des produits entre les sites et les participants au système de valeur
• Répertoires de concepts accessibles à toutes les branches de l’entreprise
• Accès en temps réel de la R&D aux informations sur les ventes et les services
Approvisionnement
• Planification de la demande via Internet ; évaluation en temps réel des disponibilités et des délais de livraison et exécution
• Autres réseaux de systèmes d’achat, de stockage et de prévision avec les fournisseurs
• Automatisation des « demandes de règlement »
• Approvisionnement direct et indirect par l’intermédiaire des places de marché, d’échanges, d’enchères et d’appariement entre acheteurs et vendeurs
Logistique interne Opérations ur
ni Logistique externe Marketing et ventes
• Int • I • Transaction en temps réel • Canaux de vente en ligne,
s
égrat nt des commandes, qu’elles sites Web et places de marché
s
ion ég e soient effectuées par un compris.
en rat ur consommateur final, par un • Accès interne et externe, en
temp io s vendeur ou un distributeur. temps réel, aux informations
s n d • Automatisation des relatives à la clientèle, aux
réel de e accords personnalisés et catalogues, à la tarification
de la l’é c des conditions dynamique, à la disponibilité
progr ch o contractuelles. des stocks, à l’estimation des
amm an m • Accès des clients et des prix en ligne, et à la prise de
ation ge p distributeurs aux stades de commande.
, de d’i o développement et de • Configurateurs de produits en
l’exp nf s livraison des produits. ligne.
éditi or a • Intégration conjointe avec • Personnalisation du
on, m nt les systèmes prévisionnels marketing en fonction du
de la ati s. des clients. client.
gesti on • Mise à disposition des • Gestion intégrée des • Publicité promotionnelle.
on s, forces de vente et des distributeurs, notamment • Accès en ligne
des de distributeurs des échange d’informations, personnalisé.
entre la informations en temps réclamations au titre de la • Retour d’informations des
pôts, pr réels relatives à la garantie et gestion des clients en temps réel par des
de la og disponibilité et aux délais contrats (gestion des enquêtes menées sur le
gesti ra de livraison. versions, contrôle de Web, par un marketing fondé
on et m processus). sur la permission ou le
de la m
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des se
fourn m
isseu bl
rs. eu
• Diffusion en temps réel, rs
à l’échelle de l’entreprise, et
les
de données d’inventaire
fo
internes et en préparation.
31
Service après- de la facturation, co- la vidéo en continu. service, notamment aux relevés de compte des
navigation, discussion • Libre-service des mises à jour de clients, à la disponibilité
vente en ligne, formulaires clients via les sites factures et de profils des pièces détachées, à
• Assistance en ligne de rappel, Web et par le d’expédition. l’actualisation des ordres
des clients : gestion des téléphoniques IP, et traitement intelligent • Accès en temps réel de fabrication, à
réponses par courrier autres utilisations de des demandes de des agences locales
électronique, intégration
• Gestion dede
Gestion la la chaîne
e d’approvisionnement viavia
d’approvisionnement l’Inte rnet
l’Internet refus (opt-in/opt-out), et par la gestion des pièces
chaîn le suivi des réactions de rechange.
aux actions
promotionnelles.
Porter (2001) évalue également l’impact que peut avoir Internet sur la structure d’une
industrie donnée et construit un nouveau schéma d’étude de secteur plus adapté.
32
Il convient de prendre en compte avec l’Internet un certain nombre d’effets positifs sur la
profitabilité d’une industrie. Ainsi le pouvoir de négociation des distributeurs diminue avec la
commercialisation directe au client final via Internet. Mais la plupart des effets sont négatifs.
Le pouvoir de négociation des acheteurs qui accèdent plus facilement à l’information, est
renforcé. Les obstacles à l’entrée diminuent (plus de nécessité de disposer d’une force de
vente importante ou d’un accès aux canaux de distribution en place). De nouveaux substituts
apparaissent grâce aux nouveaux besoins auxquels ils répondent. Les sociétés ont plus de mal
à préserver l’exclusivité de leur offre dans un système ouvert où la rivalité entre concurrents
est exacerbée. Enfin, l’élargissement des marchés favorise l’apparition de nouveaux
concurrents qui se livrent une véritable bataille sur les prix.
En définitive, on retrouve dans la plupart des industries deux tendances majeures liées à
l’Internet : l’augmentation de la concurrence à cause notamment de la chute des barrières à
l’entrée de l’industrie ainsi que la hausse du pouvoir des consommateurs qui ont la possibilité
de comparer plus facilement les prix (Porter, 2001).
Acheteurs
Pouvoir de négociation Rivalité entre concurrents en place Pouvoir de Pouvoir de
des fournisseurs négociation négociation
des canaux des consom-
de mateurs
distribution finaux
(+/-) L’approvisionnement par le biais de
l’Internet augmente le pouvoir de (-) Réduit les différences entre les concurrents car
négociation par rapport aux fournisseurs, il est difficile de préserver l’exclusivité d’une offre.
mais il permet aussi aux fournisseurs
d’accéder à un plus grand nombre de (-) Oriente la concurrence sur les prix.
(+)Elimine de (-) Transfère le
puissants canaux ou pouvoir de
(-) L’Internet offre aux distributeurs un (-)Elargit le marché géographique, ce qui accroît le
augmente le pouvoir négociation aux
canal de communication avec le client nombre de concurrents.
de négociation sur usagers.
final, ce qui réduit l’effet multiplicateur des les canaux
sociétés intermédiaires. (-) Diminue les coûts variables par rapport aux
traditionnels. (-) Diminue les
coûts fixes, en augmentant la pression pour des
coûts de
(-) L’approvisionnement en ligne et les remises.
places de marché numériques donnent à
toutes les entreprises un accès égal aux
fournisseurs et oriente l’approvisionnement (-) Réduit les obstacles à l’entrée, par exemple
sur des produits standardisés qui limitent la la nécessité d’une force de vente, d’un
accès aux canaux, et d’actifs corporels-tout
(-) Des obstacles moins élevés à l’entrée ce que la technologie Internet élimine ou
sur le marché et la prolifération des Obstacles à l’entrée sur le marché
concurrents en aval transfèrent le pouvoir (-) Rend difficile de préserver l’exclusivité des
aux fournisseurs. applications Internet par rapport aux nouveaux
entrants sur le marché.
33
1.2.5 Les paradigmes stratégiques
Il est possible d’aller jusqu’à considérer que ce sont les concepts même de la stratégie (la
planification, la mission, la segmentation stratégique, l’analyse des secteurs et les critères de
décisions stratégiques), qui sont remis en cause avec l’Internet (Kalika, 2000).
La planification portant en général à moyen ou long terme, se retrouve en décalage dans la
nouvelle économie où les horizons sont beaucoup plus courts.
De même la mission de l’entreprise est constamment remise en cause avec la Net économie
qui évolue rapidement.
Il en va de même pour la segmentation stratégique qui perd son sens puisque les activités
dérivées de l’Internet sont extrêmement liées entre elles. On pourra s’en remettre comme le
conseille Kalika (2000), à l’approche par les compétences fondamentales par nature
transversales (Hamel et Prahalad, 1995) qui permettent alors de regrouper les activités de
l’entreprise de manière plus pertinente.
Dans la nouvelle économie les frontières d’un secteur et les rapports de force changent
rapidement, notamment suite aux rapides évolutions technologiques, ce qui remet en cause
continuellement l’analyse des secteurs de Porter (1999).
Enfin, les critères de décision stratégique comme ceux retenus classiquement pour évaluer une
entreprise (rentabilité, retour sur investissement etc.), ne semblent pas adaptés aux entreprises
développées sur le net pour qui la valorisation des actifs intangibles (nombre d’abonnés…)
apparaît essentielle.
Kalika (2000) va plus loin dans son analyse de l’impact d’Internet sur les fondements
conceptuels de la stratégie, en expliquant qu’Internet remet également en cause les stratégies
génériques (différenciation, domination par les coûts, concentration). Il est en effet possible
grâce à Internet de mener par exemple une stratégie de volume tout en personnalisant l’offre
qui est faite aux consommateurs. La stratégie de domination par les coûts n’exclut donc plus
la stratégie de différenciation.
34
1.2.6 L’organisation
On oublie trop souvent que l’e-business agit sur l’ensemble de l’organisation de l’entreprise
en transformant les rapports existants, en élargissement les frontières de l’entreprise, en
favorisant le développement de processus transversaux ainsi que l’émergence d’un processus
d’apprentissage organisationnel (El Idrissi et Batazzi-Alexis, 2002).
Face à ces modifications des frontières externes et internes de l’entreprise, il est nécessaire de
mettre en œuvre des mécanismes d’intégration afin de préserver l’unité d’ensemble de
l’organisation (Kalika, 2000). « L’entreprise réseau » correspond alors à un mode
d’organisation permettant d’assurer la cohésion entre les unités périphériques de l’entreprise
(Josserand, 1998).
L’étude d’Earl et Khan (2001) portant sur 24 entreprises engagées dans une activité e-
commerce, révèle que la fonction TI qui auparavant venait en support de l’activité de
l’entreprise, fusionne aujourd’hui avec celle-ci. C’est pourquoi de nouvelles pratiques
35
apparaissent au sein d’une fonction considérée dorénavant comme un des métiers clefs de
l’entreprise. La fonction TI doit alors être capable de répondre aux besoins de l’entreprise
avec la plus grande rapidité possible. Davantage tournée vers le client (et non vers les
éléments internes), animée par une démarche entreprenariale (et non structurée) avec un état
d’esprit convivial, elle constitue un élément déterminant de la réussite de l’entreprise en
matière d’e-commerce.
On peut aller plus loin et reconsidérer l’approche globale des TI dans l’entreprise avec
l’avènement de l’Internet.
Ainsi, selon Hagel III et Seely Brown (2001), plutôt que de posséder et de gérer leur TI, les
entreprises vont dans le futur essentiellement acheter leur TI en tant que service fourni par
Internet. Le rôle des responsables TI évolue alors de la gestion de ressources appartenant à
l’entreprise à l’orchestration de ressources sous-traitées. Leur métier se rapproche davantage
de celui d’un stratège, entrepreneur et négociateur.
Le risque de conflits entre les canaux de vente traditionnels et le canal de vente Internet est
l’une des premières préoccupations pour une entreprise qui souhaite s’établir sur la toile.
Or, ce risque semble avoir été exagéré si l’on considère qu’Internet offre de nouveaux
créneaux (Porter, 2001). Il faut alors chercher à utiliser Internet comme complément de
l’activité traditionnelle pour réussir à créer des synergies.
D’autre part, les applications Internet concernent des activités principalement liées au
traitement de l’information et s’il y a substitution cela touche avant tout les fonctionnalités
informationnelles.
Bendana (2002) qui s’intéresse aux effets d’Internet sur le processus d’achat, vérifie que les
effets de complémentarité de l’Internet avec les canaux existants l’emportent sur les effets de
substitution. Il montre ainsi, dans le cas des achats de billets de train par les internautes, que
36
l’usage le plus important du canal Internet consiste dans la préparation de la phase de
paiement au guichet de la gare.
Internet met à disposition de l’entreprise des informations qui permettent de mieux connaître
les préférences du consommateur et donc par la suite de lui proposer une offre personnalisée.
Il faut alors appréhender le consommateur de manière individuelle en adoptant une logique de
marketing one to one (Bakos, 1998).
L’étude du lien entre commerce électronique et politique de l’offre de l’entreprise révèle ainsi
une évolution de la relation avec le consommateur où il convient de porter tout
particulièrement son attention sur la dimension interactive de l’offre, les services connexes et
les éléments vecteurs de confiance (Madrid et Monnoyer, 2001).
L’Internet a dans un premier temps été présenté comme étant à l’origine de la suppression de
l’intermédiation.
S’il est vrai qu’Internet a supprimé un certain nombre d’intermédiaires en offrant la possibilité
notamment de vendre directement au consommateur final (Raymond, Rivard et Bergeron,
2002), la technologie a créé également de nouvelles formes d’intermédiation électroniques :
intermédiaires entre l’offre et la demande en ligne, intermédiaires assurant la sécurité des
transactions, intermédiaires s’occupant du transport des marchandises vendues en ligne,
intermédiaires chargés de récolter toute l’information relative à un produit disponible sur
Internet afin de réduire le coût de recherche de l’information etc.
37
1.3. Le courant de l’évaluation : le positionnement et les résultats de
l’entreprise en matière d’Internet sont-ils satisfaisants ?
38
1.3.1 Le positionnement de l’activité Internet
Il faut être capable de positionner l’activité Internet de l’entreprise avant de pouvoir la faire
évoluer.
Espace de
marché
traditionnel
Liste des
Catalogue commandes en
électronique cours
Service
consommateur Acquisition de
données
Support produit
Analyse de
Entrepôt de Management
données
données
40
Mc Kinney, Yoon et Zahedi (2002) développent un instrument de mesure permettant
d’évaluer la satisfaction de l’internaute dans sa phase de recherche d’information. A partir de
la littérature en SI et Marketing ils proposent un modèle qui met en avant les effets des
« attentes/déceptions » sur la satisfaction de l’internaute en différenciant « qualité de
d’information du site web » et « qualité du système gérant le site web ».
Devaraj, Fan, et Kohli (2002) essayent de comprendre les choix d’adoption du consommateur
face aux différents canaux de distribution. A partir de trois modèles reconnus : Modèle
d’acceptation de la technologie (TAM) (Davis, 1989), Modèle d’analyse des coûts de
transaction (TCA) (Williamson, 1987) et le Modèle de la qualité de service (SERVQUAL)
(Parasuraman et al., 1988), ils construisent un modèle de la satisfaction et de la préférence
d’usage du e-commerce. Les déterminants de la satisfaction ainsi identifiés (l’utilité, la facilité
d’utilisation mais aussi la sécurité, les prix compétitifs, le service consommateur) expliquent
en grande partie le choix d’adoption du canal de distribution par le consommateur.
Enfin, Palmer (2002) utilise la théorie de la richesse des médias (Daft et Lengel, 1986) et les
concepts de « Facilité d’utilisation » et d’« Ergonomie » afin de déterminer les attentes des
internautes vis-à-vis d’un site web. Le temps de téléchargement, la facilité de navigation, le
contenu du site, l’interactivité, la rapidité de réponse constituent ainsi les éléments clefs
permettant de mesurer la qualité perçue par un consommateur vis-à-vis d’un site web.
Le développement Internet de l’entreprise peut être évalué à travers les capacités Internet que
celle-ci a su développer.
41
dimensions information, transaction, interaction et personnalisation, connexion avec les
fournisseurs (Tableau 7).
Ils mettent alors en évidence le lien qui existe entre capacité e-commerce de l’entreprise et
performance, ce qui constitue un résultat plutôt rare.
En effet, très peu d’études se sont risquées à mesurer les effets de l’Internet sur la
performance de l’entreprise.
Rappelons cependant la recherche de Monod (2002) qui mesure les effets d’Internet sur la
performance de 104 PME de la Loire Atlantique. Il ne peut vérifier la relation directe. En
revanche la relation indirecte via l’organisation industrielle (selon Pavitt, 1984 : PME de
« haute technologie », les « fournisseurs spécialisés », celles en « productions de masse », les
« traditionnelles ») est vérifiée (relation vérifiée pour les PME appartenant aux secteurs de
« production de masse » et de « haute technologie »).
De même, Chang, Jackson et Grover (2003) étudient l’influence de l’e-commerce sur la
performance de 135 entreprises appartenant à neuf secteurs différents. Ils observent que
l’importance accordée à l’e-commerce par les dirigeants et l’orientation marché de
l’entreprise affectent les résultats liés à l’e-commerce.
42
Cette typologie des recherches en matière d’Internet rejoint l’analyse de la littérature sur les
places de marchés électroniques réalisée par Koch et Koch (2002). Ils remarquent que sont
apparues tout d’abord les recherches portant sur l’idée (bénéfices et impacts anticipés) et
l’implémentation (décision d’implémentation, enjeux liés à l’implémentation) des places de
marchés virtuelles. Viennent ensuite les recherches traitant de l’utilisation (effets, catégorie
d’échange) et de l’évaluation des places de marché électroniques.
L’évolution de la littérature portant sur les places de marché (Koch et Koch, 2002) et de
manière plus générale sur l’Internet correspond ainsi au cycle de développement d’un produit
qui passe par les étapes de création et de mise au point, d’utilisation et enfin d’évaluation.
« Alors que l’évolution de la littérature a mis l’accent depuis plus de dix ans sur l’intérêt de
situer la gestion des technologies de l’information dans le cadre de l’alignement stratégique,
la majorité des articles publiés concernant l’évaluation des sites web ne se situent pas dans
cette perspective » (Reix, 2003, p. 7).
Cette revue de littérature sur l’Internet laisse ainsi apparaître que peu de cadres conceptuels
réellement novateurs ont été créés pour analyser l’Internet.
Kimbrough et Lee (1997) soulignent à ce propos le manque de théories, de représentation et
d’outils adéquats pour le commerce électronique.
Pour leur part, Amami et Thévenot (2000) font remarquer qu’en dépit du fort développement
de l’e-commerce, la littérature dédiée comporte peu de cadres conceptuels pour aider les
managers à positionner leur entreprise. Selon eux, « le manque de paradigme établi au sens
de Kuhn (Kuhn, 1970), combiné aux insuffisances (en quantité et qualité) des cadres
conceptuels et de leurs applications, font que les managers sont abandonnés au gré des
spéculations ‘‘journalistique’’ pour élaborer et implémenter leur stratégie Internet » (p. 7).
43
2.2. Peu de recherches s’appuyant sur des données empiriques
Même si ce n’est pas le cas de celles que nous venons de présenter, la majorité des études sur
l’Internet souffrent d’un même mal : le manque de rigueur scientifique.
La plupart s’apparentent à des prédictions, recommandations, construites à partir de
l’expérience personnelle des auteurs et ne s’appuient pas sur des bases théoriques (Limayem
et Chabchoub, 1999 ; Koch et Koch, 2002). Bien souvent la méthodologie concernant
notamment la collecte et le traitement des données est absente, ce qui ne permet pas de juger
de la fiabilité et de la validité des résultats obtenus.
Il apparaît par conséquent nécessaire de mener des recherches appréhendant le phénomène
Internet de manière plus précise et rigoureuse sur le terrain.
Soulignons enfin, que dans la grande majorité des recherches traitant de l’Internet la
méthodologie employée est principalement qualitative.
Alors que l’évaluation des SI est le problème le plus souvent abordé dans la littérature SI
Desq et al. (2002), il existe peu de recherches visant à évaluer l’activité Internet de
l’entreprise et notamment sa contribution à la performance de l’entreprise. En ce qui concerne
le commerce électronique, les modèles d’évaluation sont quasi inexistants (Pillet et Rolle,
2002 ; Koch et Koch, 2002).
Dès lors, « ce qui manque dans la littérature actuelle c’est (1) un champ théorique solide
permettant d’identifier les facteurs déterminants la valeur de l’e-business, (2) un modèle de
recherche étudiant la relation entre ces facteurs et la valeur e-business, et (3) une évaluation
empirique basée sur un large ensemble de données plutôt que sur quelques cas isolés » (Zhu,
Xu et Dedrick, 2003 p. 182).
Les premières recherches portant sur l’évaluation de l’Internet ont ouvert ainsi la voie vers un
nouveau champ d’investigation qui n’en est qu’à ses premiers développements.
Pour avoir une meilleure évaluation du phénomène Internet, il est essentiel de pouvoir le
mesurer.
Straub et al. (2002), mettent en exergue le besoin de développer des recherches visant à
appréhender les réseaux et l’Internet par la mesure : « Claire et précise, les mesures sont
essentielles pour évaluer un phénomène comme le e-commerce (possibilités offertes par les
44
réseaux et l’Internet), l’utilisation des réseaux et de l’Internet dans l’organisation pour les
activités commerciale » (Straub et al., 2002, p. 115).
Enfin, la création d’une échelle de mesure commune pour l’évaluation de l’activité Internet
des firmes pourrait permettre la comparaison interentreprises.
2.4. Le souci de réaliser une recherche qui corresponde aux attentes des
entreprises
A travers ce travail de recherche, nous souhaitons produire des résultats sur l’Internet qui
correspondent aux attentes des entreprises. Dans un premier temps, nous avons donc interrogé
des dirigeants et responsables e-business afin de mieux connaître leurs préoccupations
actuelles concernant l’Internet. Il apparaît ainsi que les entreprises ayant développé depuis
quelques années une activité liée à Internet ont besoin de faire le point. Aujourd’hui, il leur est
nécessaire d’évaluer avec un certain recul les actions réalisées en matière d’Internet, à l’aide
de mesures objectives : « mon gros projet en 2003 qui n’est pas dans mon plan d’action
commerciale, parce que ce n’est pas une action commerciale mais c’est une action plus de
fond, est d’essayer de commencer à mesurer objectivement l’impact de notre approche e-
tourisme […] je suis convaincu qu’il y a un effet positif déjà important et on n’est pas capable
de le mesurer […] donc là aussi on se cherche un petit peu » (Responsable Internet d’un tour-
opérateur). Mais il s’agit d’un exercice délicat, car l’effet d’Internet sur le reste de l’entreprise
est difficilement chiffrable : « l’Internet permet aussi de mieux vendre peut être dans d’autres
canaux en obtenant de l’information sur les horaires, sur les nouveautés, sur je ne sais pas
moi, sur l’image de marque, sur les dernières acquisitions d’appareils, des informations que
quelqu’un ne va pas avoir forcément quand il appelle pour acheter un billet par téléphone ;
donc il va avoir accès à de l’information et pourra surfer, ça cela me paraît difficilement
chiffrable » (Responsable commercial/e-commerce d’un transporteur).
45
D’un point de vue académique, il s’agit d’aller plus loin dans le champ d’investigation de
l’évaluation de l’Internet. D’un point de vue pratique, il s’agit de répondre à un besoin de la
part des professionnels ayant adopté l’Internet.
Nous sommes ici confrontés aux choix de la perspective permettant d’évaluer l’activité
Internet de l’entreprise, en répondant ainsi au double objectif que nous nous sommes fixés
précédemment (académique et pratique).
Pour effectuer ce choix nous sommes partis d’un constat : la contribution de l’Internet à la
performance dépend d’une stratégie d’ensemble cohérente où l’activité Internet ne peut être
isolée, bien au contraire.
Les dirigeants appréhendent souvent l’Internet comme une activité isolée de l’entreprise.
Pourtant, « c’est seulement en intégrant l’Internet à une stratégie globale que cette puissante
nouvelle technologie deviendra une force tout aussi puissante au service de l’avantage
concurrentiel » (Porter, 2001-b, p. 51). Les entreprises sont donc aujourd’hui confrontées à un
challenge : « comment faire de l’Internet et du e-commerce une partie intégrante de la
stratégie de l’entreprise plutôt que d’un projet isolé ? » (Venkatraman, 2000, p. 16).
46
L’évaluation de la contribution de l’Internet à la performance à travers l’alignement semble
pertinente puisque de nombreuses recherches antérieures ont mesuré avec succès la
performance des SI/TI par l’alignement.
Si l’on se réfère à la classification de Straub et al. (2002-b) (Tableau 8) nous nous situons
donc dans les champs des recherches visant à évaluer le phénomène Internet du point de vue
de la stratégie et de l’organisation.
47
Tableau 8 Recherches proposant des mesures pour étudier les réseaux et l’Internet
48
Le positionnement de la recherche suppose de mesurer la performance de l’entreprise liée à
l’activité Internet : la performance Internet. Il convient donc à présent de définir ce concept
clef de la recherche.
3. La performance Internet
Avec certaines similitudes, Morin, Savoie et Beaudin (1994) présentent quatre approches
théoriques de la performance.
L’approche économique repose sur la notion centrale d’objectifs à atteindre. L’approche
sociale met en avant les dimensions humaines de l’organisation. L’approche systémique
49
mesure la performance de l’organisation en tant que système. Enfin, l’approche politique
souligne que chaque individu peut avoir ses propres critères pour évaluer la performance
Enfin, il est possible de différencier de manière duale, l’approche par les buts (la
performance en tant que degré d’atteinte d’objectifs) et l’approche par les moyens (la
performance en tant que capacité d’acquisition des ressources) (Hall, 1980 ; Gauzente, 2000).
En 1965 les entreprises américaines consacraient moins de 5% de leurs dépenses aux TI.
Cette part atteint 15 % avec l’avènement de l’ordinateur personnel au début des années 80
puis plus de 30% au début des années 90. Aujourd’hui la part des dépenses en TI est estimée
autour de 50% (Tableau 9).
Dès l’émergence des TI, et notamment de l’informatique dans les années 60, la question de
leur impact sur la performance des entreprises s’est posée.
50
Cette question de la performance des TI au sein de l’organisation est ensuite devenue un
thème récurrent de la recherche en SI.
Desq et al. (2002), remarquent ainsi que la contribution des SI à la performance des
organisations est le problème le plus souvent abordé dans la littérature SI (25 % des travaux
sont positionnés à titre principal sur cette problématique). Au total plus du tiers des articles
recensés concernent la problématique de l’évaluation. Ce constat s’applique aussi bien à la
recherche francophone qu’à celle publiée en langue anglaise.
Il est possible tout d’abord d’examiner le lien direct entre les investissements en TI et la
performance (Raymond, 2002). Cette approche a produit des résultats mitigés et
contradictoires. En effet, la recherche des effets directs sur la performance occulte l’impact de
l’organisation et du management.
De plus, à travers l’étude du lien direct « Il est difficile de démontrer la réalité de l’impact des
TI sur la performance de l’entreprise car on se heurte au problème compliqué de la
séparabilité des effets de multiples facteurs. Le pouvoir explicatif de ce type d’approche est
très faible au niveau global (car il y a généralement utilisation de plusieurs TI dont
l’efficacité est très variable) ; il semble plus réaliste de conclure à l’absence d’un lien direct
simple entre dépenses en TI et performance de l’organisation » (Reix, 2002 p. 5).
Les résultats produits sont donc le plus souvent partiels ou contingents, ce qui provoque un
manque de consensus à l’égard de l’évaluation des TI.
Ainsi, le rôle joué par les TI dans l’obtention d’un avantage compétitif pour l’entreprise
(Bakos, 1991 ; Clemons, 1986 ; Porter et Millar, 1985) a récemment été remis en cause.
Carr (2003) part du constat selon lequel les entreprises dépensent des sommes importantes en
TI sans pour autant obtenir directement un avantage compétitif en retour. Selon Carr (2003),
les TI sont devenues facilement accessibles notamment grâce à la baisse de leur prix. A
l’image du chemin de fer ou de l’électricité elles sont désormais présentes partout. D’un point
de vue stratégique, les TI ne constituent donc pas une ressource importante permettant
d’acquérir un avantage compétitif. Toujours selon le même auteur, il importe avant tout de
51
réduire les risques liés aux TI (en se focalisant sur la sécurité du réseau et des données) ainsi
que de diminuer leur coût.
Ce point de vue est tout à fait critiquable car il ne suffit pas d’acheter des TI pour en tirer des
bénéfices. Le problème ne se situe donc pas au plan de la rareté des TI mais plutôt à celui de
leur utilisation.
Une évaluation approfondie des TI suppose donc l’examen des processus par lesquels les
investissements en TI peuvent se traduire en gain de performance.
Afin de répondre à cette exigence, il convient d’adopter une perspective d’évaluation
adéquate.
Pour ce faire, une solution consiste à apprécier la performance des TI non pas au niveau de
l’organisation mais au niveau du réseau auquel appartient la firme (Reix, 2002-b ; Straub et
al., 2004). En effet, une part importance des bénéfices liés aux TI se trouve dans les relations
qu’entretient l’entreprise avec ses partenaires.
En adoptant le réseau comme unité d’analyse, Straub et al. (2004) mesurent ainsi la
performance réseau de l’entreprise, en se basant sur le « Partage de l’information » (le degré
de partage d’information des entreprises participant au réseau de manière symétrique) et sur la
« Dépendance vis-à-vis du réseau » (degré de dépendance vis-à-vis du réseau suite aux
investissements en terme de temps, d’efforts, de moyens financiers, et suite aux moyens de
connexions développés sur mesure).
Elle permet ainsi d’évaluer avec succès un projet d’implantation d’entrepôt de données (Kéfi
et Kalika, 2004).
De même l’évaluation d’un site web peut se faire à travers l’étude de la satisfaction de
l’Internaute (Mc Kinney, Yoon et Zahedi, 2002), des choix d’adoption du
consommateur (Devaraj, Fan et Kohli, 2002), ou des attentes des Internautes (Palmer, 2002).
Enfin, certains auteurs utilisent des variables intermédiaires permettant de mieux comprendre
l’origine de la performance liée aux TI.
52
C’est le cas notamment de Zhu et Kraemer (2002) qui étudient l’effet de l’e-commerce sur la
performance en mesurant la capacité e-commerce de l’entreprise.
Ils mettent ainsi en évidence le lien existant entre capacité e-commerce de l’entreprise et
performance.
De même selon Wheeler (2002), les capacités « Choisir de nouvelle TI », « Associer les TI
avec les opportunités du marché », et « Savoir mettre en oeuvre les TI dans une perspective de
croissance » apparaissent déterminantes dans le processus de création de valeur pour le client
via l’Internet.
Ainsi Maggiolini et Salvador-Vallès (2002) s’appuient sur la théorie des coûts de transaction
afin de comprendre la performance liée aux TI. Ce cadre conceptuel paraît toutefois
relativement étroit pour évaluer la performance des TI (Reix, 2002-b).
En revanche, l’analyse contingente constitue une perspective plus large et mieux adaptée.
En effet, la perspective contingente au sens de Weill et Olson (1989) suppose de considérer
simultanément plusieurs facteurs lors de l’étude de la performance. Or, les TI contribuent à la
performance non pas de manière isolée, mais en combinaison avec d’autres facteurs internes
ou externe à la firme. Ainsi si « les théories de l’organisation ont depuis longtemps
abandonné l’hypothèse générale d’une forme d’organisation universelle ; les recherches
relatives aux systèmes d’information ont également mis en évidence l’influence de facteurs
spécifiques multiples sur le niveau de performance à attendre de l’usage des technologies de
l’information » (Reix, 2002-b, p. 342).
Nous adopterons donc une approche contingente afin d’étudier la performance de l’entreprise
liée à l’activité Internet.
53
Afin de comprendre la formation de la performance liée à l’activité Internet, il est
particulièrement utile de prendre en compte l’adéquation de l’Internet avec le reste de
l’entreprise.
En effet, « l’Internet en lui-même constituera rarement un avantage compétitif. Les sociétés
qui réussiront seront pour la plus grande part celles qui l’utilisent comme complément, pas
celles qui créent des activités Internet à l’écart de leurs activités habituelles » (Porter, 2001,
p. 34).
Afin d’expliquer la performance Internet, nous souhaitons donc étudier la cohérence entre
différents facteurs liés à la gestion de l’activité Internet (Schéma 10).
54
Schéma 11 Niveau d’analyse de la performance
Performance de l’entreprise
Le cadre de notre investigation étant posé nous pouvons aborder plus en détail la perspective
contingente adoptée. Elle se base sur un modèle qui a fait l’objet de nombreuses applications
en SI/TI : le modèle de l’alignement stratégique.
55
Synthèse du chapitre 1
56
Chapitre 2 L’ALIGNEMENT DE L’ACTIVITE INTERNET : LES
FONDEMENTS
Présentation du chapitre 2
57
« Il est très facile de construire un site web mais extraordinairement difficile d’élaborer une
stratégie fondée sur l’accès, la richesse de l’information et l’affiliation. Il est, du même coup,
difficile de bâtir un modèle d’affaires et un modèle de marketing en cohérence avec la
stratégie globale de l’entreprise » (Amami et Thévenot, 2000, p. 36).
1.1.1 Présentation
Ce modèle de l’alignement stratégique permet de mieux comprendre les enjeux des TI pour
l’entreprise. Il se décline à travers quatre perspectives qui font ressortir un domaine d’ancrage
(le domaine que l’entreprise maîtrise et contrôle le mieux à l’origine du changement), de pivot
(le domaine dans lequel l’entreprise doit trouver des solutions) et d’impact (domaine pour
lequel s’appliquent les principaux changements) :
58
stratégie TI et d’élaboration de l’infrastructure TI, utilisation de critères de
benchmarking par rapport aux TI pour évaluer la performance),
- La voie du niveau de service se base sur l’utilisation des TI pour assurer un service
d’un certain niveau, correspondant aux besoins du consommateur. A partir d’une
stratégie TI définie il faut choisir l’infrastructure TI et l’organisation de l’entreprise
appropriée (la stratégie TI constitue l’élément conducteur pour les choix en matière
d’infrastructure TI et d’organisation de l’entreprise, utilisation de critères basés sur la
satisfaction du consommateur pour mesurer la performance).
Dans chacun de ces cas, le modèle nous permet d’analyser et de comparer les objectifs et les
activités de la fonction TI avec les objectifs et les activités de l’entreprise. La représentation
schématique du modèle est la suivante:
59
Modèle de l’alignement stratégique
Intégration fonctionnelle
Activité de l’entreprise Activité TI
Cohérence
stratégique
Infrastructure Infrastructure TI
Interne
administrative
Cohérence stratégique
Intégration fonctionnelle
Alignements des dimensions opposées
1.1.2 Analyse
- d’une part, « la cohérence stratégique » (« strategic fit ») entre les dimensions externes et
internes de l’entreprise, entre la formulation et l’implémentation de la stratégie,
60
- d’autre part, « l’intégration fonctionnelle » (« strategic integration ») des TI au sein de
l’entreprise.
61
Après l’approche centrée sur les ressources, visant à réaliser un système d’information
fonctionnel le plus efficient possible et l’approche globale se limitant au rapprochement entre
stratégie de l’entreprise et stratégie TI, l’alignement stratégique renouvelle la vision portée sur
les relations entre l’entreprise et les TI.
En effet, le modèle d’Henderson et Venkatraman va plus loin que le traditionnel
rapprochement entre activité de l’entreprise et activité TI en réalisant de manière innovante
une véritable césure au sein de la fonction TI qui implique la séparation entre d’une part la
stratégie TI et d’autre part l’infrastructure et les processus TI.
De plus, le modèle met en avant l’importance du rôle joué par les différents managers, dans
chaque perspective d’alignement.
Là où le modèle est le plus novateur, c’est lorsqu’il suppose que l’objectif le plus important
pour les dirigeants n’est pas d’atteindre l’alignement mais la bonne perspective d’alignement
parmi toutes celles envisageables.
Enfin, le modèle est d’autant plus intéressant qu’il ne se limite pas à une recherche de
cohérence partielle, par couple de relations. Il intègre simultanément un certain nombre de
relations, représentant la complexité des liens entre stratégie, organisation, technologie et
compétences.
1.2.1 Origines
62
1.2.2 Applications du « Fit » à l’organisation et à la stratégie
Il est également possible d’étudier le lien entre la stratégie d’entreprise et les budgets qui y
sont affectés. Shank, Niblock et Sandalls (1973) découvrent ainsi que ce lien dépend de trois
caractéristiques : le contenu de la relation entre les plans et les budgets, la synchronisation, et
les liens organisationnels existant entre les personnes participant à la relation.
Dans un premier temps (début et milieu des années 80), les dirigeants se limitent à la
dimension interne de l’alignement et s’efforcent tout d’abord d’aligner l’organisation de
l’entreprise et la structure TI par rapport à la stratégie générale. Pour être plus performantes,
les entreprises doivent ainsi utiliser des équipements traitant l’information de manière
adéquate pour la stratégie (Egelhoff, 1982).
Ensuite, avec la montée en puissance des TI dans l’activité des entreprises et la prise de
conscience par les dirigeants que les informations collectées par les TI peuvent avoir un usage
stratégique (dans la seconde partie des années 80), la coordination de la relation entre
l’entreprise et les TI a alors pris toute son importance (Scott Morton, 1995).
Les entreprises focalisent alors également leur attention sur la dimension externe de
l’alignement : la relation entre stratégie de l’entreprise et stratégie TI.
Auparavant (fin des années 70 - début des années 80) des recherches menées principalement à
l’université d’Harvard s’intéressaient déjà à la relation stratégique entre l’activité de
l’entreprise et les TI.
Mc Farlan (1981) est l’un des premiers à souligner que la planification des systèmes
d’information doit être alignée avec la planification stratégique de l’entreprise.
Toujours dans ce sens, Porter (1980), à propos des éléments constituant la stratégie
d’entreprise, incite les dirigeants d’entreprise à adopter de nouvelles approches incluant les
63
TI. De même, Rockart (1979) souligne l’importance de lier les TI à la stratégie en identifiant
les facteurs clefs de succès.
Par la suite, de nombreux auteurs se sont intéressés à la planification des TI, en la mettant en
relation avec la planification de l’entreprise (Lederer et Mendelow, 1986 ; Conrath, Ang et
Mattey, 1992), les objectifs de l’entreprise (Galliers, 1987 ; Zviran, 1990 ; McNurlin et
Sprague, 1989), la stratégie de l’entreprise (Pyburn, 1983).
En 1993, un numéro spécial d’IBM journal, présente alors un recueil d’articles consacrés à
l’alignement des TI dont l’article clef d’Henderson et Venkatraman présenté précédemment.
Chan et Huff (1993) considèrent l’intégration comme une étape de l’alignement. Selon eux,
l’intégration entre la fonction SI et l’entreprise se traduit par l’apport d’un support SI
spécifique pour une activité précise de l’entreprise.
De même, Henderson et Thomas (1992) soulignent que l’alignement va bien plus loin que le
simple rapprochement entre TI et stratégie d’entreprise. La réussite de cette intégration
stratégique suppose également la mise en relation avec les processus, les structures, les
compétences pour arriver finalement à l’alignement stratégique de l’entreprise. L’alignement
se manifeste alors par le développement de savoir-faire TI proches des axes stratégiques de
l’organisation et applicables à toute l’entreprise,.
Le concept d’alignement englobe donc celui d’intégration (qui se limite soit au niveau de la
stratégie avec l’intégration stratégique, soit au niveau d’une fonction avec l’intégration
stratégique) et se caractérise par la cohérence existant entre les TI et l’ensemble des éléments
de l’organisation.
Notons qu’il existe en plus de la vison globale du « Fit » que nous venons d’exposer, une
vision locale du « Fit » qui traduit l’adéquation entre les caractéristiques de la technologie et
les exigences de la tâche à accomplir (Goodhue et Thompson, 1995).
En définitive, ces différents travaux de recherche traitant du « Fit » dans l’organisation, ont
permis de construire une perspective de recherche originale, celle de l’alignement.
Parmi les différentes recherches issues de la perspective de l’alignement, il nous est possible
de distinguer deux courants majeurs.
64
1.4. le courant de la prescription
Le courant que nous qualifions de la « prescription » comprend les recherches qui visent
avant tout à déterminer et expliquer les facteurs de l’alignement des TI (Tableau 10).
L’une des recherches les plus importante est celle de Broadbent et Weill (1993) qui mènent
une étude portant sur les pratiques organisationnelles favorisant l’alignement des TI. Ils
proposent, à partir de 15 propositions, un modèle de l’alignement permettant d’obtenir une
gestion cohérente des TI au sein de l’organisation (Schéma 12).
65
Le modèle de l’alignement ainsi obtenu, à l’image de celui d’Henderson et Venkatraman
(1993) se divise en quatre dimensions pour lesquelles il met en valeur des recommandations.
A propos des conduites et responsabilités concernant les TI, il faut noter que les TI doivent
être en partie gérées par les acteurs du terrain et non pas uniquement par les informaticiens.
Elles répondent ainsi d’avantage aux besoins de l’entreprise. Il doit y avoir une véritable
relation d’échange entre la fonction TI et le reste de l’organisation qui sera rendue possible
par le développement de compétences appropriées de la part de chacun des acteurs.
Enfin, pour la stratégie TI, le fait de disposer des TI adéquates par rapport aux
développements de nouveaux produits et services de l’entreprise constitue un élément
primordial pour l’entreprise vis à vis de ses concurrents.
66
Schéma 12 Modèle de l’alignement
- L’expérience de la
planification de la - Architectures technologiques
stratégie générale de appropriées
l’entreprise - TI s’adaptent à la demande
- Planification axée sur des des nouveaux produits et
problèmes cruciaux et de services d’information
long terme
- Niveau de participation dans la
planification de la stratégie
générale de l’entreprise
- Consensus de la direction
sur l’orientation stratégique
de l’entreprise
- Clarté et consistance
dans l’orientation
stratégique
Alignement
Stratégique
- Responsabilité de la direction en
- Structure organisationnelle matière de gestion de
qui soutient la stratégie l’information
- Processus d’élaboration des - Interaction forte
décisions adaptés à entre les équipes IS et les autres
l’orientation stratégique équipes de l’entreprise
- Délégations adaptées - Développement de la
à l’orientation compréhension de l’activité SI de la
stratégique part de la direction
67
Toujours dans le courant qui vise à identifier les facteurs de l’alignement, Ives, Jarvenpaa, et
Mason (1993) s’intéressent aux stratégies de globalisation des entreprises. Ils identifient sept
éléments conducteurs de la globalisation, liés au développement des TI au sein de l’entreprise.
Il convient de les prendre en compte afin d’aligner plus facilement les TI avec la stratégie de
globalisation soit au niveau interne, soit au niveau externe.
- « des fournisseurs » : se positionner comme une entité globale devant les fournisseurs
notamment pour les négociations ou alliances,
- « des clients » : se présenter comme une entité globale, fournissant un service global devant
les clients.
Reich et Benbasat (2000) vérifient ainsi l’influence à court terme sur la dimension sociale de
l’alignement du « partage de connaissances communes », du « succès de l’implémentation
d’une TI », de la « communication et des échanges dans le processus de planification ».
68
Enfin, Papp (1995) souligne dans son étude consacrée aux déterminants de l’alignement des
TI dans les organisations, le rôle essentiel joué par les facteurs de type relationnels, liés à la
perception et au comportement des acteurs.
C’est pourquoi, il convient de prendre en considération pour expliquer l’alignement des TI
« l’attention quotidienne portée par les acteurs impliqués dans l’élaboration,
l’implémentation et l’utilisation des TI » (Ciborra, 1997, p. 73) plutôt que des relations
générales et immuables propres à l’entreprise.
69
Références Sujet Méthodologie
Etude menée entre 1992-1994 au près
Développement de nouvelles
de 300 entreprises appartenant à 15
PAPP R., LUFTMAN J., (1995) perspectives et évaluation de
industries différentes
l’alignement entre stratégie
Collecte des données par
d’entreprise et stratégie TI
questionnaires
Etudes de cas :
entretiens et collecte de données au
REICH B.H., BENBASAT I., Mesure du lien entre les objectifs
sein de 10 unités d’affaires appartenant
(1996) de l’entreprise et les objectifs TI
à 3 grandes compagnies d’assurance
canadiennes
Etude des réseaux de PME à Réseau de PME
THEVENOT J., (1998) travers le modèle de l’alignement Revue de littérature
stratégique 1 étude de cas
Développement d’un cadre
VENKATRAMAN N., (1989) Revue de littérature
conceptuel du « Fit »
En ce qui concerne le lien existant entre les objectifs TI et les objectifs de l’entreprise Reich et
Benbasat (1996) valident deux mesures applicables pour le court et long terme: « la
compréhension mutuelle des objectifs courants » et « une vision partagée concernant
l’utilisation des TI ». Enfin, pour le court terme, la mesure de « l’appréciation personnelle »
est utilisable mais avec beaucoup de précaution.
Ainsi, parmi les tentatives de mesure de l’alignement figure celle de Cresap, McCormick et
Paget (1983). Ils proposent une échelle liée à la conduite de la planification permettant de
mesurer le lien entre stratégie d’entreprise et stratégie TI:
70
71
Schéma 13 Le modèle de Luftman
Niveau 1 : processus initial/ad hoc
Communication : manque de compréhension des TI
Compétence/ évaluation : des mesures techniques
Gouvernance : pas de processus formels
Partenariat : conflit, TI comme un coût pour l’activité de l’entreprise
Champs et architecture : traditionnel (comptabilité, e-mail)
Métiers : TI prennent des risques, ont peu de reconnaissance, exigent un entraînement
technique
1.6. Critiques
72
Les tentatives d’approche de l’alignement mesurent en général des construits théoriques en
décalage avec la réalité (Ciborra, 1997). En effet, « il n’y a pas d’alignement observable et
donc pas de cohérence mesurable parce que maintenant la stratégie n’est de fait que de
bricolage et la technologie est le plus souvent hors de contrôle » (Ciborra, 1997, p. 69).
Galbraith et Nathanson (1979) soulignent que bien que le concept de « Fit » soit bien utile, il
manque de définition précise, nécessaire pour tester si une organisation le possède ou pas.
De même Van de Ven et Drazin (1985) soutiennent que préciser de manière inadéquate la
forme du « Fit » peut détériorer fondamentalement le sens de la théorie.
Enfin, Venkatraman (1989) met en garde contre le manque de correspondance entre la
construction théorique de l’alignement et les applications pratiques.
La variété des définitions utilisées par les différents auteurs pour expliquer le terme
« alignement » atteste d’une certaine ambiguïté.
Alignement signifie « être en phase » ou « équilibre » (Henderson et Venkatraman, 1993),
« cohérence » ou « congruence » (Venkatraman, 1989), « lien » ( Reich et Benbasat, 1996),
« coordination » ( Lederer et Mendelow, 1986), « harmonie » (Woolfe, 1993).
73
Maes et al. (2000) propose une définition plus détaillée qui se réfère aux « processus continu,
comprenant la gestion et l’élaboration des sous processus, en mettant en relation de manière
consciente et cohérente tous les composants de la relation TI/activité de l’entreprise dans le
but de contribuer à la performance de l’entreprise dans le temps ». L’alignement est donc ici
perçu comme un processus dynamique supposant un ajustement continu qui prend en compte
l’ensemble des éléments de la relation TI/activité de l’entreprise.
Une première solution consiste à considérer l’alignement non pas comme un résultat mais
comme un ensemble « de processus atemporels » auxquels il convient de porter
continuellement toute son attention, afin de maintenir l’alignement dans le temps.
Nous considérons l’alignement non pas comme un résultat temporaire ou final, mais comme
un processus dynamique visant la cohérence des TI au sein de l’organisation.
74
L’étude de la cohérence entre TI et culture, TI et processus, TI et compétences permet ainsi
d’analyser et de comprendre plus facilement l’alignement des TI au sein de la firme.
Le rapport du CIGREF (Club Informatique des Grandes Entreprises Françaises) (2002) sur
l’alignement stratégique du système d’information, met en avant l’alignement entre, d’une
part, la fonction SI et, d’autre part, les autres fonctions de l’entreprise et les directions métier
(Schéma 14).
L’alignement fonctionnel/métier traduit ainsi la prise en compte par la DSI des besoins
fonctionnels ou métiers de l’entreprise.
De par ses décisions prises en matière de stratégie et d’organisation, la direction de
l’entreprise permet la réalisation de l’alignement fonctionnel/métier au sein de son
organisation.
Schéma 14 Alignement des fonctions/métiers de l’entreprise
Stratégie Entreprise
75
1.9.1 Cas d’application du concept
Pour mener à bien l’analyse du secteur bancaire australien caractérisé par une forte intensité
technologique, Broadbent et Weill (1993) choisissent d’avoir recours au concept
d’alignement.
Ils conduisent leur recherche à partir d’entretiens et données diverses (documents sur la
planification stratégique, rapports annuels) recueillis entre 1988 et 1990 et établissent une
série de propositions au sein d’un modèle d’alignement.
Dans le but d’étudier comment les TI peuvent permettre à une entreprise de s’adapter plus
facilement à la globalisation, Ives, Jarvenpaa et Mason (1993) mènent des études de cas
auprès d’une centaine de firmes multinationales en ayant recours au concept d’alignement. Ils
proposent ainsi d’identifier les entités de l’entreprise qui bénéficieront le plus des TI pour la
globalisation (les « Eléments Conducteurs de Globalisation de l’Entreprise » ou « Global
Business Drivers »), afin que les TI puissent apporter une valeur ajoutée à la conduite des
opérations internationales.
La santé est un secteur dans lequel les investissements en TI ont connu un développement très
important, le bon fonctionnement et la qualité des soins dispensés dépendant fortement des TI.
Henderson et Thomas (1992) qui s’intéressent à la cohérence entre la stratégie de
développement des hôpitaux et leur stratégie TI appliquent alors le modèle de l’alignement
stratégique au secteur hospitalier en faisant ressortir ainsi les différentes perspectives
d’alignement existantes.
Afin d’étudier comment les PME peuvent s’unir de manière cohérente en réseau face aux
grandes entreprises, Thévenot (1998) réadapte le modèle de l’alignement stratégique aux
réseaux de PME. Le modèle obtenu constitue alors une solution méthodologique permettant
76
de concevoir l’architecture d’information du réseau de PME en conservant une cohérence
avec les choix stratégiques.
Burn et Szeto (2000) analysent les facteurs de succès de l’alignement stratégique en se basant
sur le modèle d’Henderson et Venkatraman. Ils vérifient ainsi que les dirigeants d’entreprise
et les responsables TI ont la même opinion en ce qui concerne les facteurs de succès de
l’alignement stratégique. Leurs résultats font ressortir une vision commune à une exception
près qui concerne les problèmes liés au développement de l’alignement stratégique.
L’étude sur la performance de l’entreprise étendue effectuée par Kéfi et Kalika (2003), en
administrant un questionnaire auprès de 505 entreprises, repose sur le modèle de l’alignement
stratégique. Ils vérifient ainsi que l’alignement entre les choix stratégiques et le déploiement
technologique favorise la performance de l’entreprise étendue.
2. L’alignement et la performance
77
environnement. L’alignement de ces facteurs influe alors sur la performance de la firme
(Brown et Magill, 1994).
La nature et le nombre de facteurs étudiés varient selon les auteurs (Tableau 12). Une majorité
de recherches se limite à deux facteurs, en étudiant l’alignement entre la stratégie de
l’entreprise et la stratégie TI ou entre la structure de l’entreprise et la structure TI.
Selon Chan et Huff (1993) et Chan et al. (1997), l’alignement entre l’orientation stratégique
de l’entreprise et l’orientation stratégique SI constitue une situation favorable à la
performance de l’entreprise.
De manière similaire, Bergeron et Raymond (1995) vérifient que l’alignement entre
l’orientation stratégique de la gestion des TI et la stratégie d’affaires a un impact positif sur la
performance.
Teo et King (1996) montrent l’existence de quatre types d’intégrations entre la planification
de l’entreprise et la planification SI (administrative, séquentielle, réciproque, et intégration
complète) qui lorsqu’elles sont cohérentes améliorent la performance organisationnelle.
A partir de la typologie de Miles et Snow (1978), Sabherwal et Chan (2001) démontrent que
pour les comportements d’analyse et de prospection, l’alignement entre stratégie générale et
stratégie SI est favorable à la performance.
Dans le cadre de l’entreprise étendue, Kéfi et Kalika (2003) vérifient que l’alignement entre
choix stratégiques et déploiement technologique favorise la performance.
Enfin, concernant l’alignement entre la structure TI et la structure organisationnelle,
Raymond, Paré et Bergeron (1995) observent un lien positif avec la performance.
78
En intégrant une dimension supplémentaire, Bergeron, Raymond et Rivard (2002) observent
que le co-alignement de la stratégie de l’entreprise, de la stratégie TI, de la structure de
l’entreprise, de la structure TI, améliore la performance de l’entreprise
79
2.2. La prise en compte du contexte
Le rôle stratégique des TI n’est pas perçu de la même manière selon la taille des entreprises.
Les entreprises de grande taille seraient plus sensibles au rôle stratégique des TI pour des
questions de coordination. Ceci étant certaines entreprises de taille réduite peuvent s’avérer
extrêmement innovantes (Kalika et al., 2003). Or la perception stratégique des TI constitue
un élément déterminant dans l’alignement et la performance des TI.
On peut de ce fait supposer une relation non constante entre alignement et performance, en
fonction de la taille de l’entreprise.
Les entretiens révèlent que le degré d’intégration dans la filière touristique et donc le degré de
dépendance des entreprises vis à vis de leurs clients et fournisseurs, influe sur leur stratégie
Internet : « vous avez donc également des voyagistes qui vendent une partie en direct et une
partie par le biais de réseaux […] cette problématique pour eux d’Internet elle est totalement
différente. C’est à dire qu’à chaque fois qu’ils ont accès à un client en direct ils enlèvent une
partie du pain de la bouche de leurs distributeurs. Donc ils n’ont pas pu, malgré les lourds
investissements qu’ils ont faits, être très agressifs sur Internet parce qu’ils risquaient de se
mettre en concurrence avec leurs revendeurs » (Responsable activité en ligne d’un tour-
opérateur/agence). Le nombre d’activités gérées par les entreprises touristiques semble
également affecter leur performance « nous sommes un voyagiste intégré avec toute la chaîne
de valeur de la distribution du transport aérien, de l´hôtellerie très en avance sur notre
marché dans un modèle qui semblerait être un modèle qui réussisse, puisque c’est le même
modèle que les plus grands tour-opérateurs du monde qui sont allemands et au point même
qu’ils viennent de nous racheter non pas simplement parce que l’on manquait d’argent, mais
en plus on avait le même modèle d’intégration de la filière » (Responsable activité en ligne
d’un tour-opérateur/agence)
De ce fait, il paraît probable que le nombre d’activités dont dispose l’entreprise dans la
filière touristique modifie les effets de l’alignement sur la performance.
80
Enfin, le taux de pénétration des technologies Internet est très inégal dans le monde. Ainsi
selon la nationalité de l’entreprise mais aussi celle du groupe auquel elle est rattachée, la
gestion de l’activité Internet et les résultats obtenus ne seront pas les mêmes. De plus les
écarts culturels entre nations viennent renforcer ces différences.
C’est pourquoi lors de l’étude de la relation entre alignement et performance, il convient de
prendre en compte la nationalité de l’entreprise ainsi que celle du groupe auquel elle
appartient.
Les compétences occupent une place importante dans le modèle d’Henderson et Venkatraman
(1993). On les retrouve principalement au niveau de l’infrastructure et des processus
organisationnels et TI.
La constitution du capital humain à travers notamment des investissements immatériels
constitue en effet un support essentiel de l’investissement en TI dans la perspective de
l’alignement stratégique. Pourtant, l’apprentissage organisationnel au sein de l’entreprise est
trop souvent ignoré dans l’étude de l’alignement (Cibora, 1997).
Il convient donc de porter une attention particulière aux compétences dans l’analyse de
l’alignement (Ives, Jarvenpaa et Mason, 1993).
C’est le cas notamment pour l’activité Internet: l’entreprise a-t-elle su investir en capital
humain de manière cohérente avec ses investissements en technologies Internet ? Au-delà de
ces investissements immatériels, quelles sont les pratiques de partage et d’utilisation des
compétences pour l’activité Internet ?
81
En plus du modèle de l’alignement stratégique, notre recherche s’inscrit donc dans la théorie
des ressources et compétences qui depuis le milieu des années 1980 apparaît comme une
évolution prometteuse en management stratégique et suscite un intérêt croissant.
On retrouve les racines de l’approche fondée sur les ressources (« Resource-Based View »)
dans les travaux de Penrose (1959) qui pose que « la croissance de la firme est à la fois
encouragée et limitée par le processus véritablement dynamique et interactif qui apparaît
lorsque le management recherche le meilleur usage possible des ressources disponible »
(Penrose, 1959, p. 5).
Wernerfelt (1984) introduit de manière encore plus explicite l’idée selon laquelle il convient
de construire la stratégie d’entreprise à partir des ressources. Ainsi, si tous les concurrents ne
se précipitent pas vers une même industrie pourtant attractive, ce qui annulerait son
attractivité, ce n’est pas dû à l’environnement des entreprises mais aux ressources que les
entreprises doivent mettre en œuvre pour leurs stratégies.
Cette approche se présente comme une théorie unificatrice en management stratégique (Collis
et Montgomery, 1995) puisqu’elle s’intéresse à la fois au contenu des stratégies (« strategy
content » : comment énoncer une stratégie à partir de certaines règles) et aux processus
(« strategy process » : comment se forment les stratégies). En effet, les processus de
l’entreprise pouvant être considérés comme des ressources stratégiques influent sur les
décisions stratégiques, les deux approchent apparaissent unifiées.
Enfin, il ne faut pas oublier que l’approche par les ressources et compétences s’inspire en
partie du modèle de base en management stratégique : le modèle LCAG (Learned,
Christensen, Andrews et Guth, 1965). Au lieu de partir de l’environnement pour déterminer
les besoins en ressources pour la stratégie, il convient d’analyser les ressources dont dispose
l’entreprise pour sa stratégie, afin que celles-ci puissent lui conférer un avantage
concurrentiel.
82
3.2. La Resource-Based View
De manière générale, les ressources se réfèrent aux moyens dont dispose la firme pour
transformer les inputs en outputs. Elles correspondent aux actifs (tangibles et intangibles)
associés de manière semi-permanente à la firme (Wernerfelt, 1984), mais aussi aux
« capacités, processus organisationnels, attributs de la firme, informations, savoirs, etc.,
contrôlés par une firme qui lui permettent de concevoir et de mettre en œuvre des stratégies »
(Barney, 1991, p. 101). Les ressources correspondent donc à l’ensemble des actifs et
compétences dont dispose l’entreprise.
Grant (1991) différencie trois catégories de ressources : les ressources tangibles (le capital
financier, les actifs physiques, les équipements, les stocks), les ressources intangibles (la
réputation, l’image de marque, la qualité du produit) et les ressources liées aux personnes
(connaissances techniques, l’expérience). On distingue également deux niveaux de
ressources : les ressources individuelles qui sont à la base des ressources collectives ou
capacités des entreprises.
L’approche par les ressources vise à déterminer les sources de l’avantage concurrentiel
soutenable. S’il ne peut être approprié par la concurrence, cet avantage concurrentiel n’est pas
pour autant durable face aux évolutions (notamment technologiques) de l’environnement.
La firme étant définie avant tout à travers ses ressources, la recherche de l’avantage
concurrentiel passe ainsi par une valorisation supérieure de ses ressources qui deviennent
alors des actifs stratégiques.
Quatre conditions principales sont nécessaires pour qu’une ressource apporte un avantage
concurrentiel soutenable à la firme (Barney, 1991) :
Lorsque ces conditions sont réunies la ressource, considérée comme stratégique ou unique,
procure à l’entreprise un avantage concurrentiel soutenable.
Selon Amit et Schoemaker (1993), la firme se distingue avant tout, non pas par ses ressources,
mais par ses compétences, sa capacité à mettre en œuvre ses ressources pour atteindre un but
précis.
83
Les compétences découlent des connaissances et savoir-faire individuels mais aussi des
processus organisationnels de l’entreprise mis en œuvre pour déployer les ressources dans
chaque fonction ou entre chacune d’elles. Le processus, c’est à dire la séquence des activités
transformant un input en output, constituent donc un élément d’analyse clef pour déterminer
les compétences de l’entreprise.
Le schéma 15 représente les trois niveaux d’analyse des compétences. En amont les
compétences regroupent chacune un ensemble de processus présents à un niveau
intermédiaire et issus des connaissances et savoir-faire situés en aval. Les compétences
organisationnelles permettent ainsi la mise en œuvre de la stratégie à travers les processus
issus des connaissances et savoir- faire individuels.
Connaissances et savoir-faire
Source : personnel.
Les compétences sont dites « liées » lorsqu’elles partagent des routines et des connaissances
communes (Nelson et Winter, 1982). Plus les compétences à acquérir, encore appelées
« compétences cibles », sont liées par rapport aux compétences existantes et plus leur
acquisition est aisée (Claude-Gaudillat et Quélin, 2002).
Quélin (1995) identifie trois types de compétences. Il s’agit tout d’abord des compétences
directement liées aux activités opérationnelles de la firme. Ensuite, les compétences
spécialisées sont agrégées dans des compétences fonctionnelles. Enfin, interviennent les
compétences d’intégration intra ou inter fonctionnelles ainsi que les compétences
correspondant à l’ensemble de l’organisation.
84
Sous certaines conditions, les compétences prennent la forme de «compétences
fondamentales » (Hamel et Prahalad, 1999).
Ils proposent trois tests pour identifier les compétences clés de l’entreprise. Elles permettent
tout d’abord un accès potentiel à une grande variété de marchés. Ensuite, elles apportent une
contribution significative aux avantages que le consommateur perçoit dans le produit final.
Enfin, elles doivent être difficiles à imiter par les concurrents. L’un d’eux peut acquérir l’une
des technologies, mais il ne pourra dupliquer la manière de l’intégrer harmonieusement au
sein de l’entreprise, ce qui constitue la compétence fondamentale.
Le lien entre compétences fondamentales et produits finaux s’explique à travers l’arbre des
compétences (Schéma 16). On trouve à sa base chacune des compétences fondamentales de
l’entreprise qui engendrent des produits de base (conjonction de plusieurs compétences
fondamentales) et donnent ensuite naissance à de multiples produits finaux au sein des
différents domaines d’activité de l’entreprise.
85
Schéma 16 L’arbre des compétences
Produits finaux
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
Produit de base 2
Produit de base 1
Trois éléments majeurs ressortent de cette approche par laquelle l’entreprise est perçue
comme un arbre de compétences.
Tout d’abord, au lieu de raisonner en terme de portefeuille d’activités il convient d’adopter
une approche en terme de portefeuille de compétences fondamentales qui constituent les
racines de l’entreprise. En effet, la vision stratégique établie à partir des domaines d’activité
conduit le plus souvent à sous-investir en compétences fondamentales.
Ensuite il est essentiel que l’ensemble des domaines d’activités de l’entreprise puisse partager
et bénéficier des différentes compétences fondamentales de l’entreprise.
Enfin, les auteurs pointent du doigt l’externalisation des fonctions liées aux compétences
fondamentales. En effet si une compétence fondamentale est abandonnée un temps par
l’entreprise, celle-ci aura grand mal par la suite à la reconquérir et court alors un risque
important.
Leonard-Barton (1992) qui étudie la relation entre les compétences clés de l’entreprise et le
développement de nouveaux produits et processus, approfondit la notion de compétences
fondamentales. Elle caractérise tout d’abord chaque compétence clé de l’entreprise à travers
quatre dimensions : les connaissances et les savoirs liés aux personnes, les connaissances liées
aux systèmes techniques, les systèmes de management, les valeurs et les normes. Ensuite, elle
86
observe alors que si dans certains cas les compétences clés de l’entreprise stimulent le
développement de nouveaux projets, dans d’autres cas au contraire, les compétences clés en
tant que routines organisationnelles spécifiques, freinent voire empêchent le développement
des nouveaux projets (« Core rigidities »).
Les managers doivent ainsi tenir compte de ce paradoxe et gérer les compétences clés qui
peuvent être stimulantes ou bloquantes selon le projet en question. Dans certains cas, il est
indispensable d’identifier les compétences inhibitrices et d’introduire de nouvelles
compétences clés, afin que le développement de l’entreprise ne soit affecté.
La tâche paraît d’autant plus difficile que les savoirs et les connaissances constituant les
compétences clés sont des éléments quasi immuables de l’entreprise (construits depuis des
années de manière tacite).
L’approche développée par Leonard-Barton suggère ainsi, dans une certaine mesure, la
nécessité de gérer les compétences de l’entreprise à travers une perspective dynamique.
Dans un environnement hyper compétitif (D’Aveni, 1994), les évolutions interviennent très
rapidement sur les marchés, le temps de réponse est critique et les changements
technologiques sont fréquents. Il est alors difficile de connaître avec certitude la nature
prochaine des marchés et de la compétition (Teece, Pisano et Shuen, 1997).
De ce fait, il paraît nécessaire d’introduire une perspective dynamique, c’est à dire d’adapter
en continu les compétences de l’entreprise à l’évolution de l’environnement.
Dans le cas contraire, si l’on ignore la dimension dynamique de la relation entre compétences
et environnement, les routines peuvent engendrer des situations sous optimales par
l’application d’actions inadaptées à l’environnement.
L’entreprise réussit à faire évoluer continuellement ses compétences, pour que celles-ci soient
en phase avec l’environnement d’affaires fluctuant, à l’aide de ses capacités dynamiques
(« Dynamic capabilities »).
87
composée de routines organisationnelles et de processus », les ressources, « actifs
spécifiques de l’entreprise difficiles à imiter » (p. 516).
Selon Eisenhardt et Martin (2000), les capacités dynamiques n’ont pas la même forme selon
le contexte des marchés. Ainsi dans un contexte de marchés relativement peu dynamiques
elles prennent la forme de routines précises alors que dans un contexte de marchés plus
turbulent elles se traduisent par de simples processus expérimentaux.
88
Schéma 17 Un modèle de la relation entre le morphing continu et
l’avantage compétitif
Morphing continu
Migration compétitive
La théorie des ressources et compétences s’est imposée depuis plusieurs dizaines d’années
comme une théorie dominante en management stratégique. C’est donc tout naturellement que
certains chercheurs en SI/TI ont choisi de l’adopter pour mener à bien leurs investigations.
Ainsi Straub et Klein (2001) montrent que l’utilisation d’Internet apporte une ressource pour
l’entreprise qui ne peut être remplacée ou imitée : les informations détenues sur les clients.
L’utilisation de cette ressource offre alors à l’entreprise un avantage compétitif durable.
Christiaanse et Venkatraman (2002) mettent en valeur le rôle joué par les capacités
« Expertise d’exploitation » dans le fonctionnement de canaux électroniques inter-
organisationnels. Ils démontrent ainsi que ce n’est pas la propriété des canaux électroniques
qui procure à l’entreprise un avantage compétitif à long terme, mais les connaissances sur
leurs utilisations.
Enfin, Mata, Fuerst et Barney (1995) font également appel à la théorie des ressources et
compétences pour expliquer sous quelles conditions les TI fournissent un avantage compétitif
soutenable. Leurs résultats montrent ainsi que parmi quatre attributs liés aux TI (« Besoin en
89
capital », « Propriété technologique », « Compétences techniques en TI » et « Compétences
en management des TI »), seul les savoir-faire des dirigeants pour gérer les TI dans
l’entreprise peuvent conduire à un avantage compétitif soutenable.
D’autres auteurs ont recours au modèle des ressources et compétences pour étudier les
transformations de l’organisation liées à la technologie Internet.
Van Der Heijden (2001) cherche ainsi à déterminer les capacités TI clefs nécessaires pour le
commerce électronique. Les capacités « Implication de la fonction TI dans le fonctionnement
de l’entreprise » et « Construction de relations de travail par la fonction TI avec les employés
de l’entreprise » sont mesurées avec succès dans un contexte de commerce électronique.
Daniel et Wilson (2003) cherchent à identifier les capacités dynamiques assurant la
transformation e-business de l’entreprise. Ils identifient ainsi huit capacités dynamiques liées
aux dimensions « Innovation » ou « Intégration » présentes dans le processus d’évolution e-
business de l’entreprise.
St Amand et Renard (2004-b) portent leur attention sur les capacités organisationnelles
nécessaires pour mettre en œuvre une stratégie d’administration électronique. Ils souhaitent
ainsi établir un référentiel de connaissance des capacités organisationnelles de
l’administration électronique.
Wheeler (2002) se propose d’identifier des capacités organisationnelles constituant le
développement Internet de l’entreprise. Il identifie ainsi quatre capacités dynamiques
majeures, « Choisir de nouvelle TI », « Associer les TI avec les opportunités du marché »,
« Savoir mettre en oeuvre les TI dans une perspective de croissance » et « Apprécier la valeur
perçue par le client », pouvant expliquer le succès de l’entreprise sur le Net.
Ces exemples laissent apparaître le besoin de préciser davantage les notions de ressources et
de capacités TI.
D’après Bharadwaj (2000), les ressources TI sont à la fois l’infrastructure, les ressources
humaines (ayant des compétences techniques ou managériales), et les ressources intangibles
(comme l’approche client, le capital intellectuel, les synergies entre divisions) liés aux TI
(Schéma 18).
90
Schéma 18 Les Ressources TI
Ressources TI
Infrastructure TI Ressources humaines TI Ressources intangibles TI
Tacites, idiosyncratiques et
Compétences Compétences
Actifs physiques étroitement liées au tissu social et à
techniques TI managériales TI
l’histoire de l’entreprise
Direction de la
Programmation,
fonction SI,
construction et
Ordinateurs, coordination et
analyse des Approche client,
technologies de interaction avec
systèmes,
communication, plate- la communauté capital intellectuel, synergies entre
compétences
formes techniques, bases d’utilisateurs, divisions
dans les
de données gestion de projet,
technologies
compétences de
émergeantes
leadership
Source : adapté de Bharadwaj, 2000.
A partir de ses ressources TI, la firme peut construire une capacité TI (Bharadwaj 2000), c’est
à dire mobiliser des ressources fondées sur les TI en combinaison avec d’autres ressources.
Les TI sont alors considérées en terme de compétence organisationnelle.
Après en avoir présenté les développements majeurs ainsi que des applications aux TI et à
l’Internet, il nous est à présent possible d’appliquer la théorie des ressources et des
compétences à notre étude.
Notre recherche est consacrée à l’étude de l’activité Internet, c’est à dire l’activité liée à
l’adoption des technologies Internet au sein de l’entreprise afin, entre autres, de présenter et
d’échanger des produits et services.
91
Il est alors possible de considérer l’Internet en terme de compétence organisationnelle,
correspondant à la capacité de la firme à mobiliser des ressources liées à la technologie
Internet en combinaison avec d’autres ressources. Il semble intéressant de réussir à identifier
quelles sont les composantes de la capacité Internet d’une organisation. C’est ce que nous
tenterons de faire dans les résultats finaux de cette étude
La théorie des capacités dynamiques fournit un cadre théorique adapté à l’étude de l’activité
Internet. En effet, comme il a été précisé précédemment, l’Internet correspond à un
environnement turbulent. La dynamique de renouvellement des compétences pour rester en
phase avec l’environnement évolutif dans lequel l’entreprise développe son activité Internet
est par conséquent primordiale. Comme le souligne Wheeler (2002), les entreprises doivent
être capables de reconfigurer en permanence leurs compétences internes et externes afin de
tirer le meilleur parti des opportunités offertes dans l’univers digital.
Il est utile de rappeler ici que nous nous limitons à l’étude d’entreprises traditionnelles qui ont
fait le choix de développer une activité en ligne en plus de leur activité classique et ayant au
préalable très peu ou peu de compétences en matière d’Internet. C’est pourquoi nous nous
demandons en adoptant la perspective des capacités dynamiques, dans quelle mesure les
organisations observées sont capables de renouveler leurs compétences pour répondre aux
besoins de leur activité Internet.
Cette dynamique de renouvellement des compétences pour l’activité Internet correspond alors
dans cette recherche au concept d’« Alignement des compétences de l’activité Internet ».
92
acquisitions, partenariats etc.). Cette première approche qualitative aborde également les
échanges de compétences dans le travail ainsi que les types de besoins actuels de l’entreprise
en matière de compétences.
Par une seconde approche cette fois-ci quantitative, il s’agit également d’évaluer le niveau de
besoin et de développement des compétences au sein des entreprises observées.
L’approche par les ressources et compétences constitue donc une voie prometteuse permettant
de mieux comprendre la performance de l’organisation. A notre connaissance, il n’existe pas
ou très peu d’études utilisant la perspective des ressources et compétences pour étudier la
performance de la firme liée à l’adoption de l’Internet. Ce faisant, nous souhaitons focaliser
notre attention tout particulièrement sur l’étude des liens entre d’une part les relations
d’échange de compétences, les modes de développement, le niveau de développement, et le
besoin de compétences Internet et d’autre part, la performance Internet de l’entreprise.
93
4. Le modèle de recherche proposé pour l’évaluation de l’activité
Internet
Le modèle de recherche s’inscrit dans une approche théorique originale s’articulant entre,
d’une part, le modèle de l’alignement stratégique et, d’autre part, la théorie des ressources et
compétences.
94
Schéma 19 Modèle de l’alignement stratégique proposé par Henderson
et Venkatraman (1993)
Intégration
fonctionnelle
Activité de l’entreprise Activité TI
Cohérence
stratégique
Infrastructure et Infrastructure et processus
processus de l’entreprise TI
Cohérence stratégique
Intégration fonctionnelle
Alignement des dimensions opposées
Intégration
fonctionnelle
Activité de l’entreprise Activité Internet
Cohérence
stratégique
Infrastructure et Infrastructure et
processus de l’entreprise processus Internet
Cohérence stratégique
Intégration fonctionnelle
Alignement des dimensions opposées
95
4.2.2 2ème étape de construction du modèle de recherche : la mise en lumière de
l’alignement de l’activité Internet
Afin de rester fidèle au modèle de l’alignement stratégique, les définitions des concepts du
modèle correspondent à celles proposées par Henderson et Venkatraman (1993). Mais pour
construire notre propre modèle nous apportons quelques précisions et compléments.
Nous focalisons particulièrement notre attention sur les processus de formation et de mise en
oeuvre de la stratégie. Il s’agit en effet de comprendre la cohérence des choix et de la mise en
œuvre de la stratégie Internet par rapport à la stratégie de l’entreprise.
96
Il s’agit notamment d’étudier comment la firme choisit et utilise de nouvelles applications TI
pour appuyer le développement de l’activité Internet.
Comme il a été précisé précédemment, les compétences occupent une place importante dans
le modèle d’Henderson et Venkatraman (1993).
L’entreprise est capable de mettre en œuvre ses ressources pour atteindre un but précis grâce à
ses compétences (Amit et Schoemaker, 1993). Elles découlent des connaissances et savoir-
faire individuels mais aussi des processus organisationnels de l’entreprise mis en œuvre pour
déployer les ressources.
De ce fait, les compétences constituent donc dans notre modèle de recherche une dimension à
part entière (Schéma 21).
Le modèle d’Henderson et Venkatraman (1993) ne limite pas l’alignement aux relations entre
paires de variables, mais intègre simultanément l’ensemble des liens existant entre la
stratégie, l’organisation, l’infrastructure technologique, les compétences.
L’alignement de l’activité Internet résulte donc également de la cohérence conjointe entre les
choix stratégiques, la conception de l’organisation, l’utilisation des technologies, et la gestion
des compétences, liés à Internet.
97
Schéma 21 2ème étape de construction du modèle de recherche : la mise en lumière de
l’alignement de l’activité Internet
Alignement
de l’activité
Internet
Stratégie Internet
Direction Stratégie entreprise
Positionnement
Direction
Compétences distinctives
Positionnement
Compétences distinctives
Organisation
entreprise
Infrastructure et processus
Structure Internet
Infrastructure et processus
Compétences
Gestion
98
4.2.3 3ème et dernière étape de construction du modèle de recherche :
l’application des hypothèses de recherche
Les effets positifs de l’alignement sur la performance ont pu être vérifiés en ce qui concerne
le lien stratégie TI/stratégie entreprise (Bergeron et Raymond, 1995 ; Chan et Huff, 1993 ;
Chan et al., 1997 ; Kéfi et Kalika, 2003 ; Raymond, Paré et Bergeron, 1995 ; Sabherwal et
Chan, 2001 ; Teo et King ; 1996).
Nous souhaitons donc étudier l’hypothèse suivante :
99
- H4 : L’alignement technologique de l’activité Internet de l’entreprise influence
directement et positivement la performance Internet de l’entreprise.
Les recherches basées sur la théorie des capacités dynamiques suggèrent qu’un
renouvellement approprié des compétences de la firme est source de performance (Rindova et
Kotha, 2001 ; Teece, Pisano et Shuen, 1997). Cela concerne en particulier l’environnement
Internet (Daniel et Wilson, 2003 ; Van Der Heijden, 2001; Wheeler, 2002). La dynamique de
renouvellement des compétences pour l’activité Internet correspond dans le cadre de la
recherche à l’alignement des compétences de l’activité Internet.
Il convient donc de vérifier l’hypothèse suivante :
Comme nous avons pu le voir auparavant (2. Chapitre 2), l’étude nuancée de la relation
alignement/performance suppose la prise en compte du contexte. Cela concerne notamment la
100
Taille, la Durée, le Nombre d’activités et la Nationalité de l’entreprise (Kalika et al., 2003 ;
Nickerson et al., 2002 ; Entretiens).
Le modèle de recherche inclut en conséquence quatre dernières hypothèses relatives aux
effets modérateurs sur la relation alignement/performance :
Le modèle d’analyse combine ainsi dix hypothèses de recherches pour offrir une
représentation de l’évaluation de l’activité Internet (Schéma 22).
Il s’agit à la fois d’un modèle descriptif (description de la gestion de l’activité Internet à
travers l’alignement) et explicatif (explication de la performance Internet par l’alignement).
101
Schéma 22 3ème et dernière étape de construction du modèle de recherche :
l’application des hypothèses de recherche
Alignement de
l’activité Internet
Alignement
stratégique
de l’activité
Internet H2
H3
Alignement
organisationnel Taille Durée
+
+
de l’activité
Internet H7 H8
+
Performance de
H6 H1 l’activité Internet
H9 H10
Alignement
technologique Nombre Nationalité +
de l’activité d’activités +
Internet
H4
Alignement des H5
compétences de
l’activité
Internet
102
Le modèle de recherche obtenu correspond à une logique précise d’opérationalisation du
concept d’alignement qu’il convient de détailler à présent.
Parmi les approches de théorie de la contingence, Drazin et Van de Ven (1985) présentent
trois voies d’interprétation du « Fit » : la sélection, l’interaction et les systèmes (Tableau 13).
Selon Drazin et Van de Ven (1985) ces deux premières approches sont réductionnistes, car
elles considèrent que l’organisation peut être décomposée en éléments pouvant êtres étudiés
séparément.
En revanche, la troisième approche systémique (ou système) considère qu’il faut intégrer
plusieurs contingences alternatives structurelles de manière holistique. L’étude simultanée de
la cohérence entre plusieurs dimensions permet ainsi une meilleure compréhension des
caractéristiques de la performance.
103
Tableau 13 Interprétation du « Fit » selon les approches de la théorie de
la contingence
Définition du « Fit »
Approche de la Approche de Approche des
sélection l’interaction systèmes
Association : le Interaction bi- Analyse de
« Fit » correspond à la variée : le « Fit » cohérence : le « Fit »
congruence entre le correspond à correspond à la
contexte et la structure l’interaction de paires cohérence interne de
de facteurs multiples
organisationnels qui contingences qui
affectent la affectent les
performance caractéristiques de la
performance
Source : adapté de Drazin et Van de Ven, 1985.
En fonction du niveau de précision du « Fit » (souvent lié au nombre de variables que l’on
souhaite impliquer dans la relation) et de la mise en relation ou non de l’alignement avec un
critère précis comme la performance, on obtient différentes perspectives d’alignement.
- La modération
Le « Fit » provient de la variable modératrice qui agit sur la relation variable explicative
/variable expliquée.
Variable modératrice
« Fit »
Cette approche convient particulièrement dans les cas où l’effet d’une stratégie sur la
performance dépend de variables contextuelles provenant de l’environnement dans lequel se
trouve l’entreprise.
104
- La médiation
« Fit »
L’approche par la « médiation » s’applique lorsque les effets d’une stratégie sur la
performance passent, entre autres, à travers l’organisation de l’entreprise.
- Le couplage (matching)
Il s’agit des cas où le « Fit » intervient entre deux concepts sans faire appel nécessairement à
un critère de référence comme la performance.
Variable1 Variable 2
« Fit »
Cette approche est habituellement utilisée dans l’étude des liens entre stratégie et structure.
- Les gestalts
Les gestalts se définissent en terme de degré de cohérence interne entre un certain nombre
d’attributs théoriques.
Le « Fit » intervient ainsi au travers d’une multitude de relations communes au sein d’une
même catégorie.
Cette approche est relativement difficile à mettre en œuvre.
105
variable
variable
« Fit »
variable
variable
variables
- La déviation de profil
Il s’agit du degré d’adhérence à un profil externe particulier ou encore de l’écart par rapport à
une stratégie type qui provoquera un effet sur la performance.
Cette approche est utilisée surtout pour montrer les effets de l’alignement entre la stratégie et
l’environnement.
« Fit »
#
Variable Variable
explicative référence
Variable
expliquée
- La co-variation
Variable
explicative
Variable
explicative
106
5.3. Les choix de l’approche pour la mesure de l’alignement
Selon l’approche adoptée pour la mesure de l’alignement, les résultats obtenus peuvent être
différents (Bergeron, Raymond et Rivard, 2001). Il est donc primordial de préciser et justifier
la perspective retenue.
Afin de répondre aux objectifs de la recherche, nous avons fait le choix d’adopter dans le
cadre de cette étude une double approche de l’alignement. Elle se base à la fois sur l’approche
bi-variée (ou l’approche de la co-variation limitée à des paires de facteurs), mais également
sur l’approche système (Schéma 23).
Approche
bi-variée
Facteurs Approche
caractéristiques système
de l’alignement Alignement
stratégique stratégique
Facteurs
caractéristiques Alignement
de l’alignement organisationnel
organisationnel
Alignement
de l’activité
Facteurs
Internet
caractéristiques Alignement
de l’alignement technologique
technologique
Facteurs
caractéristiques Alignement des
de l’alignement compétences
des compétences
(Les co-variations entre les quatre composantes de l’alignement ne sont pas représentées ici
afin de ne pas surcharger le schéma).
107
Tout d’abord, selon une perspective bi-variées, le « Fit » est mesuré au niveau de
l’interaction de paires de facteurs (Van de Ven et Drazin, 1985), pour les relations :
Il est donc important à travers l’approche des systèmes (Van de Ven et Drazin, 1985) de
considérer simultanément l’ensemble des relations entre facteurs. La co-variation est la
perspective la plus souvent utilisée à cet effet. Sa facilité de mise en œuvre (par rapport à des
perspectives comme le gestalts ou la déviation de profil) favorise en grande partie son
utilisation.
La création d’un facteur de second ordre traduit la co-variation et donc le co-alignement entre
les facteurs de premier ordre (Venkatraman, 1989).
108
L’alignement de l’activité Internet correspond donc au construit supérieur issu de
l’alignement stratégique, organisationnel, technologique et de l’alignement des compétences
de l’activité Internet.
Cette double approche (bi-variée et système), permet finalement d’observer l’alignement avec
précisions, à différents niveaux de l’organisation (stratégie, organisation, technologies,
compétences). De plus, cette perspective originale offre la possibilité d’étudier globalement
mais aussi séparément les effets sur la performance des composantes de l’alignement.
109
Synthèse du chapitre 2
110
Synthèse de la première partie
Afin d’évaluer l’activité Internet, nous avons fait le choix d’adopter, une perspective
contingente mettant en valeur la cohérence dans la gestion de l’activité Internet.
L’approche théorique retenue pour l’évaluation de l’activité Internet étant établie, il convient
à présent de l’appliquer lors de l’élaboration de l’instrument de mesure de la recherche.
111
DEUXIEME PARTIE : L’ELABORATION DE L’INSTRUMENT DE MESURE
DE LA RECHERCHE A TRAVERS UN PLURALISME METHODOLOGIQUE
112
Chapitre 3 LA MISE EN ŒUVRE DE LA RECHERCHE
Présentation du chapitre 3
113
1. La posture épistémologique et la méthodologie de la recherche
D’un point de vue épistémologique, quels sont donc, dans le cadre de cette recherche, les
principes relatifs à la connaissance ?
La perspective choisie est ici principalement positiviste. Il s’agit, par l’observation d’une
réalité considérée comme objective (l’activité Internet) de dégager des relations expliquant
notamment la contribution de l’Internet à la performance. Le positivisme est parcouru de
courants contradictoires entre empirisme, fonctionnalisme et rationalisme (Monod, 2002-b).
Dans le cas présent, il s’agit d’étudier de manière ex-post, à l’aide d’un dispositif
expérimental, la cohérence de l’activité Internet au sein de la firme. La position adoptée
relève donc du positivisme descriptif et de l’empirisme.
114
Schéma 24 Les étapes de la démarche scientifique
Etape 2 : L’exploration
Rupture
Etape 3 : La problématique
Etape 5 : L’observation
Constatation
Etape 6 : L’analyse des informations
Au cours de cette démarche scientifique, quelles sont précisément d’un point de vue
méthodologique les modalités d’acquisition des connaissances ?
115
La méthodologie mixte retenue combine de manière complémentaire une démarche
exploratoire qualitative basée sur des entretiens et une approche confirmatoire quantitative
réalisée par l’administration d’un questionnaire (Schéma 25 ).
Littérature
Premiers
Questionnaire entretiens
Méthode Méthode
quantitative qualitative
Problème de
Descripteurs recherche
Entretiens avec
saturation
Source : personnel.
116
Ensuite la fréquentation du terrain permet de côtoyer concrètement le secteur économique
retenu pour notre étude. Il convient, en effet, de se familiariser avec le secteur du tourisme
afin de pouvoir intégrer, par la suite, ses spécificités dans notre réflexion. D’autant plus que
nous voulons mener une recherche qui réponde aux attentes des professionnels, les entretiens
doivent permettrent d’identifier leurs besoins actuels en matière d’Internet.
Enfin, il s’agit d’identifier les descripteurs liés à l’activité Internet. Plus précisément nous
souhaitons découvrir les variables clefs de la gestion de l’activité Internet pouvant expliquer
la performance de l’entreprise liée à l’Internet.
En répondant à ces quatre objectifs, la collecte des données qualitatives nous permet en même
temps de délimiter la problématique générale de la recherche et d’expliciter les questions de
recherche qui s’y rattachent.
Cette démarche exploratoire s’avère d’autant plus nécessaire que le champ d’application est
relativement nouveau (il y a peu d’études, portant sur l’étude du lien entre l’alignement et la
performance, appliquées à l’activité Internet).
L’approche qualitative constitue donc un complément indispensable à l’analyse de la
littérature.
117
1.4. Le type de raisonnement adopté
La recherche s’étale sur une période de quatre années, rythmée par six activités majeures : la
revue de la littérature, la réalisation et l’analyse des entretiens, l’élaboration de la
problématique et du cadre conceptuel correspondant, la construction du questionnaire,
l’administration du questionnaire et enfin l’analyse des résultats.
Les activités se situent plus en amont ou en aval du processus de recherche et interviennent de
manière séquentielle tout au long de la recherche (Schéma 26). Enfin, le travail continu de
rédaction est effectué parallèlement à ces six activités.
118
Schéma 26 La chronologie de la recherche
2002
Revue de la littérature
Elaboration de la
problématique et du cadre
conceptuel
2004
Construction du
questionnaire
Administration du 2005
questionnaire
Source : personnel.
« ce qui me paraît déterminant pour le futur des activités du tourisme c’est la place
qu’Internet va prendre dans la mise sur le marché des fabrications des producteurs et dans le
contact des agents de voyages distributeurs » (Consultant/journaliste).
119
2.1. Les raisons d’un tel choix
Le choix de se centrer sur le secteur du tourisme s’explique par trois raisons majeures.
Tout d’abord il y a peu de recherches en gestion consacrées à ce secteur qui constitue pourtant
la première industrie mondiale, la première activité économique et le premier employeur en
France. Au regard du nombre de publications adoptant comme secteur d’application le secteur
bancaire ou agroalimentaire, le contraste est frappant. Ce constat est particulièrement vrai en
ce qui concerne les recherches françaises en gestion. Comment expliquer ce peu d’intérêt pour
le tourisme dans la recherche en gestion? Il s’agit peut-être d’un manque de reconnaissance
de la part des chercheurs envers le tourisme ou tout simplement une méconnaissance d’un
secteur dont l’activité, il est vrai, est extrêmement diffuse. Ceci étant, depuis quelques années
le développement croissant de recherches en gestion appliquées au secteur du tourisme se fait
sentir. On en voudra pour preuve, les travaux en France de Bédard (2001) ou Dornier (2004).
Ensuite, la perception par les dirigeants du rôle stratégique des TI est étroitement liée au
secteur auquel appartiennent les entreprises. Ainsi, les TI sont davantage perçues comme
jouant un rôle stratégique dans les secteurs des télécommunications (78%) et des services
informatiques (75%) que dans le commerce (50%) (Kalika et al., 2003). C’est pourquoi nous
avons choisi de focaliser notre recherche sur un secteur unique afin de ne pas biaiser les
résultats qui dépendent en grande partie de la perception du rôle stratégique des TI.
Tout d’abord, « le tourisme est à la base même de ce qui a, au départ, créé l’Internet :
l’échange d’informations et d’idées issues de différentes communautés » (Raffour, 2002, p.
46)
S’il l’on regarde de près la chaîne du voyage, c’est à dire le concept de chaîne de valeur
appliqué au métier du tourisme on se rend compte qu’entre la première demande
d’information, la réservation, le paiement et les services rendus pendant le voyage, la majorité
des prestations ne comporte pas de support matériel (Veil, Wade et Raffour, 2000).
L’information, ce que l’Internet véhicule le mieux, constitue ainsi l’essentiel de la chaîne du
voyage
120
sans qu’il ait besoin d’émettre un billet papier. Cette pratique va se généraliser, car selon les
déclarations de son directeur général Giovanni Bisignani en mai 2005, l’Association
internationale du transport aérien (IATA) n’émettra plus de billets d’avions papier à partir de
fin 2007.
On peut supposer que cette adéquation entre, d’une part, le secteur du tourisme et, d’autre
part, les technologies liées à Internet ne cessera de croître puisque le volume d’information et
de communication échangé sur Internet dépend des lois de Metcalf (l’utilité d’un réseau croît
selon le carré du nombre d’utilisateur) et de Moore (la puissance des micro-processeurs
double selon une périodicité constante).
« Le tourisme est l’activité qui vise à accueillir et à faire voyager des individus hors de leur
résidence principale pour une durée de plus de vingt-quatre heures et de moins de quatre
mois pour des motifs d’agrément, de santé, de réunion ou dans le cadre de voyages scolaires
» (Tréboul, 1998, p. 4).
121
2.2.2 Un secteur dont le poids économique est considérable
Le tourisme constitue depuis quelques années le premier secteur économique au monde. Il est
vrai que c’est une activité extraordinairement diffuse qu’exerce aussi bien le garçon de café
que le dirigeant d’un tour-opérateur. En France le tourisme se situe devant l’automobile, avec
une consommation touristique qui s’élève en 2004 à 105,9 milliards d’euros 8, ce qui
représente 6.5% du PIB national. Le tourisme emploie sur notre territoire, dans les hôtels
restaurants et cafés 80 5300 salariés. On dénombre près de 400 voyagistes et 4000 agences de
voyages qui préparent et distribuent les produits et services touristiques.9
Toujours en 2004, la France constitue la première destination au monde avec 75.1 millions de
visiteurs. Au niveau des recettes, elle se trouve en troisième position derrière les Etats-Unis et
l’Espagne.10
- Les producteurs, comme les compagnies aériennes, les chaînes hôtelières, les
restaurateurs, qui produisent la « matière première » d’un produit touristique : places
d’avions, nuits d’hôtels, repas etc.,
8
Comptes du Tourisme, direction du Tourisme, Insee, 2005.
9
Comptes du Tourisme, direction du Tourisme, Insee, 2005.
10
Organisation Mondiale du Tourisme, 2005.
122
- Les agences de voyages chargées de distribuer les produits et services touristiques au
client final à l’origine de l’essor de l’industrie du voyage, la première agence de
voyage ayant été créée par Thomas Cook en Grande Bretagne aux environs de 1850.
Détaillants
Agences de voyages…
CLIENT
Source : personnel.
De plus, il existe une multitude de petits acteurs et donc une certaine atomicité du secteur.
C’est pourquoi, une phase de concentration progressive a débuté à la fin des années 80. La
directrice d’un tour-opérateur/agence interviewée affirme ainsi: « maintenant on est au
regroupement, tout le monde rachète tout le monde, il y aura à mon avis dans 10 ans, 2 ou 3
énormes boîtes ».
123
Mais les voyagistes français se sont avérés incapables de s’entendre et de s’allier pour faire
face à la concurrence internationale et au phénomène de concentration qui a également
commencé à l’échelle européenne et mondiale. On en voudra pour preuve l’échec du
rapprochement en 1989 entre Nouvelles Frontières et le Club Méditerranée.
Ces deux éléments expliquent pourquoi les acteurs français du tourisme ont une taille
inférieure à celle de leurs concurrents européens. De ce fait, bon nombre d’acteurs majeurs
ont commencé à se faire racheter par des voyagistes étrangers : Nouvelles frontières par TUI
et Havas Voyages par Thomas Cook.
Il faut préciser également que les marges réalisées par les agences de voyages sont très
faibles, notamment à cause de la baisse puis du plafonnement des commissions accordées par
les producteurs de voyages. Ainsi, face à la concurrence accrue, beaucoup sont obligées de se
spécialiser sur un domaine précis du secteur du voyage (agences de voyages à thème).
D’autres ferment ou sont rachetées. Le processus de concentration du secteur est ainsi
renforcé.
Notre travail de recherche se focalise sur les technologies liées à Internet qui engendrent une
véritable révolution conceptuelle dans le secteur du tourisme en France.
124
2.3.1 L’expérience du Minitel
Ainsi, en juin 2000, il y avait encore plus de 800 services minitel dans le secteur touristique :
plus de 300 rattachés à l’hébergement, plus de 250 liés à l’information touristique et environ
150 pour les agences de voyage et voyagistes (Veil, Wade et Raffour, 2000).
Les projets et services minitels lancés à cette époque en matière de tourisme constituent un
capital d’expérience riche d’enseignements utiles pour l’Internet (projets Gestel, Sesamtel et
Magellan).
Ainsi une analyse détaillée réalisée il y a quelques années à la demande de France Télécom
avait permis de mettre en évidence que : « le service est consulté s’il apporte une réelle plus-
value aux conditions suivantes : - les informations contenues sont exactes. Le système doit
être mis à jour en permanence. Il doit y avoir une bonne homogénéité de l’information
fournie ; - le service doit constituer un tout. Faire circuler l’utilisateur pour le renvoyer vers
un bureau d’information externe constitue pour celui-ci une perte de temps, contraire au but
recherché ; - pour des produits touristiques commerciaux, le système doit permettre l’achat
ou tout au moins la réservation ou la prise d’option ; - le service n’assure pas la promotion
mais vient en support de celle-ci » (Veil, Wade et Raffour, 2000, p. 27).
La possibilité de disposer d'informations pertinentes et facilement accessibles est donc
primordiale.
Le Minitel constitue donc une source considérable d’expérience pour l’Internet, un précieux
capital de savoir-faire des modes de distribution dématérialisés et un outil de sensibilisation
du grand public à l’interactivité, même si certains diront que les achats d’ordinateurs et le
succès d’Internet ont été gênés par l’attachement des français au minitel.
125
classique. Cependant ils courent un risque de boycottage temporaire, voir de déréférencement
définitif, de la part de leurs distributeurs mécontents de se voir court-circuités.
La directrice d’un tour-opérateurs/agence interrogée à ce sujet, prévient : « certains réceptifs
ne jouent pas le jeu. Ceci dit, on les connaît les réceptifs qui ne jouent pas le jeu. Un réceptif
qui ne joue pas le jeu c’est un réceptif qui va à la fois passer par des gens comme nous ou
d’autres et qui en même temps va avoir son site. Moi, si le type il fait ça, je ne travaille pas
avec lui. C’est simple je ne travaille pas avec lui parce qu’il me semble que c’est une
déontologie à avoir […]; ça pour moi c’est quelqu’un qui n’est pas intéressant ».
Une solution intermédiaire consiste à associer le réseau de distribution à la vente sur Internet
avec lequel les profits ainsi réalisés sont partagés (Thurow, 2001). Cette solution ne semble
pas viable à long terme compte tenu du fait que d’autres concurrents ont la possibilité de
vendre sur Internet en conservant l’intégralité de leur profit et pourront baisser les prix à leur
avantage.
Une autre solution consiste à vendre sur Internet en choisissant un nouveau nom, une nouvelle
marque, de manière à ne pas cannibaliser directement le réseau de distribution classique. Ceci
étant, cette alternative a un coût relativement élevé et les distributeurs risquent toutefois de
considérer qu’ils sont court-circuités.
Enfin, soulignons également que les producteurs, tour-opérateurs ou agences de voyages qui
choisissent de décliner en ligne leurs produits et services doivent faire attention à ne pas
rentrer en conflit avec leurs propres agences physiques.
Afin de justifier leur rôle d’intermédiaires, les agences de voyages sont obligées de mettre en
avant des produits et services où elles apportent une réelle valeur ajoutée, revendiquant un
savoir-faire, une chaleur humaine, une confiance et un service après vente par rapport au
Web.
Les GDS qui doivent faire face à l’incompatibilité de leurs terminaux de réservation avec
Internet, le simple couplage étant techniquement impossible, choissent souvent de dédier un
site Internet spécifique par lequel les agences de voyage ont accès à leurs produits et services.
Certains choisissent également de s’adresser directement au consommateur par l’intermédiaire
du Web. Du point de vue des utilisateurs, Internet, système universel, permet finalement
d’obtenir une certaine convergence des différents GDS.
126
En définitive, Internet engendre une véritable reconfiguration des relations au sein de la filière
touristique (Schéma 28).
Web Producteurs
GDS ( Systèmes de Hôtels,
distribution globale) Compagnies aériennes…
Web
Web Grossistes
Tour-opérateurs,
voyagistes …
Web
Web Web
Web
Détaillants Agences de voyages…
Web
Web
CLIENT
: relations classiques
Source : personnel.
127
2.3.4 Internet favorise le développement de stratégies de domination par les
coûts, de spécialisation et d’internationalisation
De nombreux acteurs se lancent dans ce que l’on appelle communément dans ce secteur le
Low cost.
Internet permet en effet de multiples économies : traitement informatisé des réservations, call-
center réduit au minimum, coûts d’impression des billets inexistants, suppression des
commissions versées aux agences de voyages. Mais les principales économies sont réalisées
sur les frais de personnel, moins important lorsque l’on vend sur le Web. A titre d’exemple,
en 2001 Buzz une compagnie low cost anglaise emploie seulement 600 personnes alors que la
compagnie Corsair qui enregistre à peu près le même nombre de passagers emploie 1300
personnes11.
Les stratégies de domination par les coûts dans le secteur semblent porter leurs fruits. Le
trafic des compagnies aériennes à bas coûts a ainsi plus que quadruplé en France entre 1999 et
2002, et plus que doublé entre 2002 et 2004 pour atteindre un peu plus de 11 millions de
passagers12.
Parallèlement, certains acteurs utilisent l’audience du web pour développer des activités
touristiques spécialisées.
Il s’agit notamment d’agences de voyages proposant exclusivement des produits et services de
dernière minute ou de tour-opérateurs mettant en avant sur Internet des produits ou services
différenciateurs (la plongée en Egypte, le voyage culturel).
A l’exception des grands groupes hôteliers, clubs de vacances et réseaux de distribution, les
firmes françaises du secteur du tourisme opèrent encore essentiellement sur le territoire
national. Or le site web constitue une véritable vitrine sur le monde qui offre la possibilité au
secteur touristique français de s’internationaliser davantage.
11
Le Journal du Net, 26 novembre 2002.
12
Statistiques fournies par la direction générale de l’aviation civile, février 2005.
128
Il s’agit de la gestion de l’optimisation des taux d’occupation par des politiques de
différenciation tarifaires en fonction de plusieurs critères (Tréboul, 1998) :
Les acteurs ont longtemps eu recours au GDS pour appliquer cette politique de prix,
aujourd’hui Internet semble être un outil tout à fait adapté à cette pratique.
De plus, lorsqu’il faut se débarrasser des invendus avant qu’ils ne perdent toute valeur, la
promotion et la vente par Internet à des prix très attractifs sont bien adaptées. C’est le cas pour
les compagnies aériennes qui ont des sièges encore invendus mais aussi des voyagistes qui
ont acheté des disponibilités qu’ils ne parviennent pas à écouler.
Les acteurs traditionnels du voyage doivent faire face au développement des ventes de
produits et de services touristiques sur Internet impulsé en France principalement en 1998
par les pure-players de la nouvelle économie comme Lastminute.
L’Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) met ainsi en garde : « ceux qui choisissent
d’ignorer le commerce en ligne, ou qui le considèrent comme une activité périphérique, le
font à leurs risques et périls ; leurs principaux concurrents ne manqueront sans doute pas
d’en exploiter les possibilités pour améliorer leur compétitivité » (OMT, cité dans Raffour,
2002, p. 63).
Aux Etats-Unis le e-tourisme représente en 2004 près de 52,8 milliards de dollars, avec une
progression de 34% par rapport à 200313. Ainsi, déjà 50 % des Internautes américains
réservent leur voyage en ligne (Tableau 14).
13
PhoCus Wright, juillet 2004.
129
Tableau 14 Les Américains et l’e-tourisme entre 2000 et 2004 (Part des
internautes américains qui ont réservé un voyage en ligne dans les douze derniers mois,
en pourcentage des répondants)
En Europe la progression de l’e-tourisme est tout aussi fulgurante puisque l’on est passé de
0,8 Milliard d’euros en 1998 à 14,3 milliards en 2005. Ce sont aujourd’hui plus de 6% des
voyages qui sont vendus en Europe via l’Internet (Tableau 15).
L’e-tourisme en France représentait en 2002 déjà un peu moins d’1 milliard d’euros 14. En
2003, on estime à 35% la part des internautes français préparant leurs voyages en ligne
(Tableau 16).
14
Centre for Regional and Tourisme Research, 2003.
130
le marché du tourisme des baby boomers et la génération Internet pour qui le net est devenu
très familier. Sachant que la France est le premier pays visité au monde, on comprend alors la
fabuleuse vitrine sur le monde que constitue Internet.
La forte intégration des différents acteurs intervenant dans la filière évoquée précédemment,
rend parfois difficile la distinction entre producteur, grossiste et détaillant. Le Club
Méditerranée détient son propre parc hôtelier, en tant que producteur, il propose des produits
et services touristiques complets, il est alors tour-opérateur, enfin il possède ses propres
agences, il est alors distributeur. Pour cette raison, il nous semble indispensable d’aborder le
secteur du tourisme dans son ensemble sans se limiter à une catégorie d’acteurs.
Il est important de définir la structure de la population mère afin de pouvoir par la suite
vérifier la représentativité de l’échantillon.
131
La forte intégration verticale de la filière ne nous permet pas de décomposer la population
mère en fonction de la position de l’entreprise dans la filière (producteur, grossiste,
distributeur, GDS).
La nomenclature d’activités INSEE (2003) présente les classes d’activités liées au secteur du
tourisme :
Hôtels avec restaurant (classe 55.1A) : les hôtels n'assurant que le petit déjeuner, les
lieux offrant à la fois chambres d'hôtes et tables d'hôtes.
Hôtels de tourisme sans restaurant (classe 55.1C) : les hôtels classés (suivant
l'ancienne ou la nouvelle norme) n'assurant que le petit déjeuner en tant que service
de restauration.
132
• Transports aériens (division 62) :
Transports aériens non réguliers (classe 62.2Z) le transport aérien non régulier de
personnes et de marchandises tels que charters (réguliers ou non), avions-taxis,
location d'avions avec pilote, excursions aériennes.
Cette nomenclature intéressante pour l’analyse économique du secteur n’est pas assez
opérationnelle pour satisfaire à notre étude.
Aussi, nous retenons le classement des activités de tourisme proposé par l’annuaire du
tourisme 2003-2004 de l’Echotouristique et obtenons une population mère structurée autour
de 5 métiers majeurs et 10 activités :
- Hébergement :
o Hébergeurs
- Transport aérien
o Compagnies aériennes régulières
o Compagnie d’aviation à la demande
- Transport terrestre
o Autocaristes
o Loueurs de voiture
o Compagnies ferroviaires
- Transport par eau
o Compagnies maritimes
133
o Compagnies fluviales
- Services
o Tour-opérateurs
o GDS
1%
3%
3%
7%
Tour-opérateurs
26%
Compagnies aériennes régulières
7% Autocaristes
Hébergeurs
Loueurs de voiture
9% Compagnies maritimes
Compagnies d’aviation à la demande
Compagnies fluviales
Compagnies ferroviaires
11% 19% GDS
14%
3.3. L’échantillonnage
L’échantillon se définit comme l’ensemble des éléments sur lesquels des données sont
recueillies. Il s’agit d’un sous-ensemble d’éléments tirés d’un ensemble plus vaste appelé
population (Evrard, Pras et Roux, 2000).
15
Annuaire du tourisme 2003-2004 publié par l’Echotouristique.
134
conviendra de considérer de près la composition de l’échantillon résultant des retours. On
peut s’attendre à ce qu’un mode de relance raisonné, en fonction de la répartition par activité
touristique des questionnaires exploitables, sera nécessaire pour que l’échantillon de
répondants soit représentatif du fichier initial. Par pur pragmatisme la méthode
d’échantillonnage sera donc raisonnée.
Une enquête réalisée sur une population relativement restreinte comporte le risque lié à la
taille de l’échantillon. En effet, si l’échantillon final (ensemble des entreprises ayant retourné
un questionnaire exploitable) se révèle trop petit, il faudra compter sur l’efficacité de notre
relance. Le risque mesuré d’avoir un nombre insuffisant d’observations est donc bien réel. Il
dépend du mode d’administration du questionnaire et de la qualité de la relance des
entreprises contactées.
On remarquera que l’échantillon constitué est relativement homogène (entreprise d’un même
secteur, de taille voisine). Cela favorise la validité interne des résultats dans la mesure où les
risques de réactions non contrôlées diminuent lorsque les différences entre entreprises sont
faibles.
- activité de l’entreprise
- nom et fonction du dirigeant
- adresse postale
- adresse e-mail
- téléphone
Une fois cette première base de données constituée, chacune des 610 entreprises a été
contactée afin de vérifier les coordonnées enregistrées mais également pour connaître ou
vérifier le nom de la ou les personne(s) responsable(s) de l’activité Internet.
Cette mise à jour de la base de données initiale qui favorise un taux de réponse plus élevé, a
été réalisée compte tenu du risque élevé d’avoir un nombre insuffisant d’observations.
135
Ce travail assez fastidieux, réalisé entre fin juin 2004 et mi-août 2004, représente environ 40
jours de travail, soit environ 320 heures et quelques 800 appels téléphoniques (Tableau 17).
Mois
Activité de Juin Juillet Août Total
recherche
Jours 10 20 10 40
Les entretiens ont été conduits sur une période de 13 mois, entre juin 2002 et juillet 2003,
avant l’élaboration et l’envoi du questionnaire de la recherche.
Des premiers entretiens ont tout d’abord été menés de manière informelle (sans guide
définitif) par téléphone, pour se familiariser avec le secteur et pour identifier les besoins des
professionnels dès le début de l’étude.
Ensuite, nous avons réalisé une série de sept entretiens (avec guide évolutif) en face à face
(Tableau 18). Ces derniers entretiens à une exception près, ont tous été enregistrés et
retranscrits dans leur intégralité16. Ils ont parallèlement fait l’objet d’une prise de notes afin de
mettre en évidence les éléments clefs du discours de l’interviewé. Leur durée varie entre 45
minutes et 1 heure 30 environ.
16
Voir Annexes, Exemple d’entretien.
136
Tableau 18 Les caractéristiques des entretiens réalisés
Caractéristiques
Tranche Activité de
Lieu de Répondant Sexe du Fonction du
d’âge du l’entreprise/du
Entretien réalisation répondant répondant
répondant répondant
Tour-
Entretien 1 Entreprise R1 35-45 M Responsable Internet
opérateur/agence
Responsable activité Tour-
Entretien 2 Entreprise R2 50-60 M
en ligne opérateur/agence
Responsable
Entretien 3 Entreprise R3 25-35 M commercial/e- Transport
commerce
Consultant/responsable
association
Entretien 4 Restaurant R4 40-50 M Conseil
professionnelle du
secteur
Entretien 5 Café R5 44-55 M Consultant/journaliste Conseil/journalisme
Tour-
Entretien 6 Entreprise R6 50-60 F Directrice
opérateur/agence
Responsable
Entretien 7 Entreprise R7 25-35 M commercial/e- Transport
commerce
Cette série d’entretiens a été conduite jusqu’à ce que les dernières interviews n’apportent plus
de descripteurs nouveaux (saturation sémantique) et ne permettent plus d’intégrer de
nouveaux apports théoriques dans le guide de l’interviewer (saturation théorique).
Les acteurs interviewés possèdent, de par leur fonction, leur spécialité ou leur expérience, des
perspectives différentes et complémentaires par rapport à l’objet de notre recherche. Il s’agit
de dirigeants, responsables e-business travaillant dans le tourisme ou d’experts du secteur
(journaliste spécialiste, responsable d’association professionnelle).
Ces entretiens ont été réalisés de manière à ce que l’échantillon observé soit suffisamment
varié. En effet, « la variété des entretiens est un élément important lorsque les entretiens sont
utilisés pour générer les items sur lesquels le chercheur, dans la suite de sa recherche,
recueillera des données par questionnaire » (Romelaer in Roussel et Wacheux, 2005, p. 107).
Ainsi, les dirigeants et responsables e-business interviewés travaillent dans des entreprises
relativement différentes notamment en terme de taille ou de métier et exercent des fonctions
distinctes. L’objectif est de pouvoir identifier des descripteurs correspondant à l’ensemble de
la population étudiée.
137
Nous avons cependant porté un vif intérêt aux tour-opérateurs qui se situent au cœur de la
chaîne du voyage, entre d’une part, les producteurs (transporteurs, hébergeurs) et, d’autre part,
les distributeurs (agences, réseaux de distribution).
Les entretiens sont conduits à l’aide d’un guide de l’interviewer contenant une liste de thèmes
soigneusement déterminés à l’avance. Il s’agit donc d’entretiens semi-directifs centrés
(ESDC).
L’ESDC a été choisi car il « réalise un compromis souvent optimal entre la liberté
d’expression du répondant et la structure de la recherche » (Romelaer in Roussel et
Wacheux, 2005, p.104). Il n’est pas aussi directif et dirigé que l’entretien guidé, ce qui le rend
d’avantage complémentaire par rapport au questionnaire qui lui est fortement structuré.
Le guide17 comprend les sujets jugés les plus pertinents par rapport aux premiers entretiens
mais aussi par rapport à la problématique de recherche, la première revue de la littérature
(académique et professionnelle), et le modèle théorique envisagé (Modèle de l’alignement
stratégique et théorie des ressources et compétences).
- l’organisation de l’activité Internet : les interlocuteurs ont été amenés à évoquer les
modalités d’adoption de l’Internet, la fonction du /des responsable(e) Internet, les
aménagements nécessaires au sein de l’entreprise et les outils technologiques utilisés,
- les ressources et compétences nécessaires pour l’activité Internet : il s’agit d’aborder les
moyens mis en œuvre, les modes et le niveau d’acquisition de compétences et les savoir-faire
nécessaires,
- la mesure de la performance de l’activité Internet : les sous-thèmes évoqués à ce niveau
concernent les types de mesure mis en place, la nature des résultats et la satisfaction vis à vis
des résultats.
17
Voir Annexes, Guide de l’interviewer.
138
Lorsque les entretiens sont réalisés avec des répondants n’appartenant pas à une entreprise
(consultants, journalistes), certains thèmes du guide sont alors ajoutés ou supprimés18.
De plus, tout au long de la série d’entretiens, le guide évolutif tient compte des apports des
nouveaux entretiens (introduction de nouvelles questions) afin d’enrichir les entretiens à
venir. L’utilisation d’un guide évolutif s’avère possible dans le cas présent car l’objectif n’est
pas de comparer les entretiens entre eux, mais d’identifier les descripteurs clefs.
L’analyse de contenu porte sur la série des sept entretiens réalisés en face à face avec un guide
testé au préalable.
Le type d’analyse de contenu retenu est le plus couramment utilisé dans les recherches en
gestion, à savoir, l’analyse de contenu thématique. Elle « défait en quelque sorte la
singularité du discours et découpe transversalement ce qui d’un entretien à l’autre se réfère
au même thème. Elle ignore ainsi la cohérence singulière de l’entretien et cherche une
cohérence thématique inter-entretiens » (Blanchet et Gotman, 1992).
Nous avons donc retenu des portions de phrases, des phrases ou groupes de phrases pour
former différents thèmes (plus précisément des sous-thèmes).
L’unité d’analyse (ou d’enregistrement) retenue est donc le thème, l’une des plus
fréquemment utilisées. Nous différencions le sous-thème (encore appelé code, indicateur,
thème secondaire) qui correspond à un niveau d’analyse assez précis (en général la citation)
du thème (encore appelé méta code, dimension, code thématique, thème principal) qui
regroupe un ensemble de sous-thèmes à un niveau plus général. Ces derniers thèmes forment
ce que l’on appelle le dictionnaire des thèmes.
Dans la mesure où le dictionnaire des thèmes n’est pas défini à l’avance mais évolutif,
puisqu’il s’enrichit au fur et à mesure des thèmes découverts dans chaque nouvel entretien, il
s’agit d’une analyse de contenu « complète et ad-hoc » (Romelaer in Roussel et Wacheux,
2005).
Si les thèmes ne sont pas préétablis à l’avance, l’analyse de contenu thématique est toutefois
réalisée à travers le spectre des cinq dimensions du modèle théorique : l’alignement
stratégique, organisationnel, technologique, des compétences et la performance Internet.
18
Voir Annexe, Guide de l’interviewer/expert.
139
La lecture du texte est donc déterminée par une théorisation externe et s’appuie sur un cadre
catégoriel théorique déjà établi. C’est pourquoi, il s’agit d’une analyse de contenu thématique
suivant une procédure plutôt close (Henry et Moscovici, 1968).
L’analyse de contenu thématique peut être qualitative ou quantitative (Evrard, Pras et Roux,
2000). Dans le premier cas, il s’agit de porter son attention sur l’importance des thèmes
repérés dans les entretiens. Dans le second cas, l’objectif est d’évaluer la fréquence
d’apparition de ces thèmes.
Nous nous basons avant tout sur une analyse de contenu thématique qualitative, comme elle
est le plus couramment employée, mettant en avant l’importance des thèmes identifiés.
Un descripteur apparaissant peu fréquemment dans les entretiens réalisés mais jugé pertinent
pour l’observation de la population entière, sera donc retenu.
Enfin, un double codage des entretiens a été réalisé afin de s’assurer de la fiabilité du codage.
L’analyse de contenu a donc été effectuée une nouvelle fois plusieurs mois après le premier
codage sans s’appuyer sur le premier dictionnaire des thèmes déjà établi. Les résultats très
proches que nous avons obtenu attestent de la fiabilité intra-codeur.
Ceci étant, ils ne permettent pas de vérifier la fiabilité inter-codeur qui suppose de
communiquer le dictionnaire des thèmes et la transcription des entretiens à un autre chercheur
afin de comparer le codage.
Nous avons fait le choix de ne pas administrer le questionnaire en ligne sur Internet ou par e-
mail. En effet, les personnes utilisant couramment Internet sont susceptibles de répondre en
plus grand nombre à un questionnaire administré par Internet. Or, l’objet de la recherche est
étroitement lié à l’utilisation d’Internet. Il pourrait en résulter un biais des répondants. C’est
pourquoi, nous retenu le mode d’administration par voie postale.
Entre mi-juillet 2004 et fin août 2004, le questionnaire a été adressé au(x) responsable(s) de
l’activité Internet (préalablement identifié(s) par téléphone) de chaque entreprise figurant dans
la base de données des 610 entreprises retenues pour notre étude.
140
4.2.1 L’envoi initial avec le soutien du Ministère du Tourisme
Tous les répondants ont été assurés de la confidentialité de leurs réponses afin qu’ils puissent
répondre en toute liberté et que la fiabilité de la recherche soit préservée.
Dans le but d’augmenter le taux de réponses, deux engagements ont été pris.
Tout d’abord, nous avons souhaité nous rapprocher d’une institution reconnue appartenant au
secteur du tourisme afin de favoriser la légitimité et la crédibilité de l’enquête vis-à-vis des
professionnels. C’est ainsi qu’un partenariat avec le Ministère du Tourisme français a pu
être négocié. Sans détourner ni l’objet, ni la méthode de la recherche, quelques éléments du
questionnaire ont été aménagés ou ajoutés en vue de la réalisation d’une publication pour le
Ministère destinée aux entreprises du secteur du tourisme.
Par ailleurs, nous nous sommes engagés à communiquer aux répondants un résumé des
résultats de l’étude dès que celle-ci sera achevée.
Au début du mois de septembre 2004, 65 questionnaires nous sont parvenus parmi lesquels 6
d’entre eux n’étaient pas exploitables (trop de réponses manquantes) ; nous avions donc 59
observations.
Environ 80 % des réponses sont parvenues en moyenne 2 semaines après l’envoi des
questionnaires, 90% au bout de trois semaines.
Près d’un tiers des répondants ont fait part de leur intérêt pour cette recherche à travers un
mot d’accompagnement ou en communiquant leur carte de visite dans l’attente des résultats
finaux. Ceci témoigne de l’intérêt managérial de l’étude dont l’un des objectifs fixés
initialement est de répondre aux besoins et attentes des entreprises.
Le taux de réponses atteint à ce stade est de 10% ce qui est tout à fait satisfaisant sachant que
le questionnaire comporte des questions ouvertes.
19
Voir Annexes, Questionnaire de recherche.
20
Voir Annexes, Lettre d’accompagnement.
141
Les taux de réponses selon les activités sont assez inégaux. Alors que les tour-opérateurs ou
hébergeurs ont répondu à hauteur respectivement de 15% et 16% les compagnies aériennes
régulières et compagnies ferroviaires atteignent respectivement 7% et 6 % par exemple
(Graphique 1).
20% 18%
18% 16%
16% 15%
14% 13%
12% 11%
10% 8%
8% 7% 7%
6% 6%
6%
4%
2%
0%
Loueurs de
GDS
Compagnies
Compagnies
Compagnies
Compagnies
Compagnies
Hébergeurs
opérateurs
Autocaristes
la demande
d’aviation à
ferroviaires
maritimes
aériennes
régulières
voiture
fluviales
Tour-
La répartition du nombre d’entreprises par activité dans l’échantillon final ne correspond pas à
la structure de notre population mère (Tableau 19). C’est pourquoi, au travers de nos relances
nous avons veillez à redresser l’échantillon final de la recherche.
Nous avons recontacté les entreprises appartenant à l’échantillon initial et n’ayant pas
répondu au premier envoi du questionnaire (environ 550) afin d’augmenter le nombre
d’observations mais aussi pour retrouver une structure par activité de l’échantillon final
proche de celle de la population mère.
Les relances, ont été réalisées entre mi-septembre 2004 et fin novembre 2004 puis entre début
janvier 2005 et fin mars 2005, certaines entreprises étant recontactées plusieurs fois. Le
questionnaire a été administré soit par téléphone, fax ou courrier classique mais aussi par
courrier électronique. En effet, la plupart des personnes contactées par téléphone souhaitaient
142
recevoir le questionnaire sous forme électronique. Une version électronique du questionnaire
similaire à la version papier a donc été construite.
Cet exercice de relance, assez long (il s’étend sur 5 mois et demi) s’est traduit par l’envoi
d’environ 660 e-mails et la réalisation de près de 780 appels téléphoniques (Tableau 19).
Mois
Activité de septembre octobre novembre février mars Total
recherche
Jours 15 25 25 10 10 85
A la fin du mois de mars 2005 nous disposons de 131 questionnaires ce qui correspond à un
taux de réponse d’un peu moins de 22%. Parmi ces questionnaires 8 d’entre eux ne sont pas
exploitables, à cause d’un nombre de réponses manquantes trop important. Nous avons donc
en définitive 123 observations. La répartition du nombre d’entreprises par activité au sein de
l’échantillon final se rapproche alors de celle de la population mère (Tableau 20).
143
Tableau 20 Répartition des activités dans la population mère et dans
l’échantillon final ( en % du nombre d’entreprises)
144
Synthèse du chapitre 3
La collecte des données de la recherche est réalisée tout d’abord par entretiens exploratoires
auprès de dirigeants, responsables e-business travaillant dans le tourisme ou d’experts
du secteur (journaliste spécialiste, responsable d’association professionnelle), entre juin
2002 et juillet 2003.
145
Ensuite, entre mi-juillet 2004 et fin août 2004, dans le cadre d’un partenariat avec le
Ministère du Tourisme français, un questionnaire est adressé au(x) responsable(s) de
l’activité Internet de chaque entreprise figurant dans la base de données initiale. Après
avoir effectué les relances, nous disposons à la fin du mois de mars 2005 de 131
questionnaires, ce qui correspond à un taux de réponse d’un peu moins de 22%. Huit
questionnaires n’étant pas exploitables nous avons en définitive 123 observations.
146
Chapitre 4 L’ELABORATION DE L’INSTRUMENT DE MESURE DE
LA
Présentation du chapitre 4
147
1. La démarche adoptée pour traduire empiriquement le modèle de
recherche à travers un questionnaire
Dans une démarche d’évaluation il est important de définir et choisir ses instruments de
mesure de la manière la plus adéquate par rapport aux objectifs poursuivis.
La construction du questionnaire s’appuie en grande partie sur le paradigme de Churchill
(1979) (Schéma 29).
Revue de littérature
Générer un échantillon d’items Expérience-enquête
Exemples types
Incidents critiques
Collecte de données Entretiens de groupes
Coefficient alpha
Purifier l’instrument de mesure Analyse factorielle
Collecte de données
148
- La spécification du domaine des construits de la recherche
Les cinq construits du modèle de recherche sont opérationnalisés à l’aide de variables issues
de la littérature en Organisation, SI/TI et des entretiens exploratoires (Tableau 21).
Les échelles permettant de mesurer ces différentes variables sont, pour la plupart, construites
à partir d’études antérieures toujours en Organisation, SI/TI, mais aussi parfois à partir des
résultats issus des entretiens.
La génération des items suit donc une approche principalement déductive.
Les échelles ont été retenues ou adaptées en tenant compte du contexte de l’étude : à savoir le
cas d’entreprise traditionnelle qui développent en plus de leur activité traditionnelle, une
activité en ligne.
Il s’agit donc, pour leur grande majorité, d’échelles de mesure comprenant des items
originaux.
Le choix plus difficile (la création du libellé d’un item nécessite de multiples corrections) et
plus risqué (il ne garantit pas d’obtenir un instrument de mesure fiable et valide) de recourir à
des échelles de mesures nouvelles, est doublement justifié.
Tout d’abord, en ce qui concerne l’alignement, il existe très peu de recherches proposant des
instruments de mesure quantitatifs.
Ensuite l’utilisation d’échelles préexistantes procure un instrument de mesure parfois inadapté
puisque la validité des échelles préexistantes dépend étroitement du contexte de leur
utilisation (Thiétart et al., 1999).
C’est pourquoi, nous avons fait le choix de développer le plus souvent de nouvelles échelles
de mesures adaptées à la recherche, dont il conviendra de vérifier la fiabilité et la validité avec
beaucoup de précaution.
149
Tableau 21 Références des variables du modèle de recherche
150
2. Les premières variables identifiées à l’aide de l’approche
qualitative
Afin de simplifier les données brutes, l’analyse de contenu a consisté, tout d’abord, à
construire une série de tableaux de la manière suivante :
- des tableaux par entretien21 : chaque entretien est synthétisé sous forme de tableau
incorporant les citations qui se référent à l’un des cinq grands volets du cadre d’analyse.
Chaque citation est traduite par un sous-thème.
Dans la mesure où chaque entretien est traité individuellement il s’agit donc ici d’une analyse
de type vertical.
- des tableaux par thèmes22 : les sous-thèmes sont regroupés au sein de thèmes. Chacun de ces
thèmes forme alors le dictionnaire des thèmes qui permet d’analyser les entretiens dans leur
ensemble et non individuellement. Notre attention étant portée sur les thèmes issus de
l’ensemble des entretiens, il s’agit alors d’une analyse de type horizontal.
L’analyse se déroule donc en deux temps : les sous-thèmes sont d’abord repérés (tableaux par
entretiens), puis emboîtés dans des thèmes qui en regroupent plusieurs à la fois (tableaux par
thèmes).
L’approche adoptée pour conduire l’analyse des entretiens est donc plutôt structurée (Miles et
Huberman, 1991). Elle est articulée autour de cinq dimensions théoriques (à ne pas confondre
avec les thèmes identifiés) issues du modèle de recherche constituant un prisme à travers
lequel les entretiens sont analysés : l’alignement stratégique, organisationnel, technologique,
des compétences et la performance de l’activité Internet.
Nous allons maintenant résumer l’analyse des réponses pour chacun des cinq sujets
théoriques.
21
Voir Annexes, Tableaux par entretiens.
22
Voir annexes, Tableaux par thèmes.
151
2.1. Sujet 1 : l’alignement stratégique de l’activité Internet
Nous avons évoqué avec les répondants l’implication de la direction générale dans le projet
Internet de l’entreprise, la relation entre la direction générale et le(s) responsable(s) Internet,
la cohérence des décisions entre la direction générale et le(s) responsable(s) Internet, et les
objectifs de la direction générale en matière d’Internet.
Les personnes interviewées font alors souvent allusion à la valeur que l’entreprise accorde
à l’activité Internet.
De même, l’activité Internet doit être développée de manière cohérente vis à vis de la
politique commerciale de l’entreprise : « commercialement ce n’est pas cohérent. Donc
aujourd’hui, en fait les choses simples se vendent plus facilement ça c’est sûr mais on n'a pas
vraiment encore bien défini, choisi, s’il fallait que [Link] soit le reflet d’XXX pour ce souci
justement de cohésion par rapport au reste du groupe et au reste des agences » (Responsable
Internet d’un tour-opérateur/agence).
152
Plusieurs propos des répondants soulignent les efforts réalisés pour gérer de manière
collaborative l’activité Internet au sein de l’organisation.
Ainsi la direction s’implique dans la gestion de l’activité Internet : « quand je vous dis ma
direction générale travaille avec moi et mon président, vous avez dix personnes autour de la
table et vous avez les principaux métiers de l’entreprise », « c’est vraiment un projet
d’entreprise au sens direction générale de l’entreprise » (Responsable Internet d’un tour-
opérateur/agence).
Dans le cadre de ce sujet, les interviewés ont décrit les modalités d’adoption de l’Internet d’un
point de vue organisationnel.
C’est à ce titre que les répondants évoquent fréquemment les changements organisationnels
liés au développement de l’activité Internet.
Ils se manifestent par une mutation de l’organisation : « si vous voulez moi ce que je vois avec
Internet c’est la possibilité de se poser des questions sur une organisation. Donc ça je le vois
du point de vue du consultant qui est amené à réfléchir sur en gros le changement », « donc il
y a une mutation qui s’opère » (Consultant/responsable association professionnelle du
secteur).
153
Les changements de l’organisation concernent notamment la gestion des appels. Dans certains
cas il s’agit de faire évoluer le traitement des appels : « on a été obligé de renforcer l’équipe
de la hot line à cause des appels Internet » (Responsable activité en ligne d’un tour-
opérateur/agence).
Dans d’autres cas, un web call center est créé : « certains opérateurs on même fait le choix de
traiter spécifiquement les appels provenant du site web, par un web call center »
(Consultant/responsable association professionnelle du secteur).
Le client doit pouvoir notamment accéder aux stocks de l’entreprise via l’Internet : « toute la
difficulté de la vente en ligne est de directement donner au client accès au stock »
(Responsable activité en ligne d’un tour-opérateur/agence).
Cela passe par l’intégration du téléphone à l’activité Internet ainsi qu’une refonte du back-
office : « un projet entreprise et qui lui intègre une logique e-commerce avec le téléphone
puisque les deux sont complètement mariés », « un autre projet étant à l'époque en gestation,
de refonte de notre back-office, ce projet a été mixé à celui du Web puisqu'en fait la
problématique du Web, du e-tourisme, c'est du back » (Responsable Internet d’un tour-
opérateur/agence).
Nous avons évoqué avec les répondants les modalités d’adoption de l’Internet également d’un
point de vue technologique.
154
Les entretiens laissent apparaître, dans leur très grande majorité, la nécessité d’adapter les
outils existant à l’activité Internet.
On en voudra pour preuve les bases de données ou les plates-formes devant répondre aux
besoins spécifiques d’un site Internet comme l’affichage dynamique, la mise à jour continue :
« aujourd’hui on a des problèmes justement de base de données pour avoir accès à cette
information être capable de mettre cette information à jour en ligne » (Responsable Internet
d’un tour-opérateur/agence).
Cela touche en premier lieu le serveur web qui doit être interfacé avec les systèmes de
réservation et les GDS : « cela a été le premier travail que l’on a essayé de faire sur Internet :
interfacer le serveur web avec le stock central de XXX, notre système de réservation et
l’interfacer également avec les GDS qui sont les systèmes de distribution des compagnies
aériennes », « on a privilégié justement les interfaçages entre les différents systèmes, ce qui
était le cas pour le Minitel » (Responsable activité en ligne d’un tour-opérateur/agence).
Cette tâche s’avère d’autant plus difficile que le serveur web doit parfois être interconnecté à
plusieurs systèmes de réservation en même temps.
L’objectif est finalement d’arriver à une convergence entre le site web et le SI de l’entreprise.
Dans le cadre de ce sujet, ont été abordé les moyens mis en œuvre, les savoir-faire
nécessaires, les modes et le niveau d’acquisition des compétences pour l’activité Internet
Les répondants soulignent unanimement que la mise en place d’une activité web suppose le
développement de compétences spécifiques.
155
Ces compétences s’acquièrent avec le temps : « installer, connecter, installer de
l’informatique, ça c’est une chose, mais apprendre aux gens à travailler avec, à l’optimiser,
ça c’est beaucoup plus long » (Consultant/responsable association professionnelle du
secteur).
Pour ce faire, il convient de s’appuyer sur les compétences existantes notamment dans le
domaine du marketing, de l’informatique de l’innovation ou par la formation : « en
s’appuyant sur les compétences du marketing et avec une direction de l’innovation qui après
le lancement des premiers sites venait en support essayer d’incorporer des nouvelles idées »,
« on a fait appel à notre direction informatique basée à Nice et à Toulouse pour développer
toute l’infrastructure et l’architecture des sites et tous les systèmes d’information », « ou
sinon formé en interne […] au sein de ce qu’on appelait l’agence web » (Responsable
commercial/e-commerce d’un transporteur).
Une autre solution adoptée consiste à partager les compétences pour l’activité Internet selon
un mode projet : « méthodes de projets avec des bases documentaires, on avait une base donc
Intranet documentaire permettant de publier sous les différentes étapes de projet »
(Responsable commercial/e-commerce d’un transporteur).
Les personnes interviewées évoquent également l’utilisation d’une assistance externe tel un
cabinet de conseil ou un prestataire informatique : « on a travaillé avec SAP/Cap Gémini.
SAP au niveau du choix de la solution, CAP Gémini au niveau de l'accompagnement », « on
travaillait avec Intégra à l’époque qui avait fait et qui développait notre site donc en fait c’est
eux qui supportaient l’essentiel de l’activité web d’XXX techniquement parlant mais aussi en
tant que conseil », « il y a des cabinets que l’on voit de manière épisodique ou régulière qui
nous enrichissent d’études de réflexions » (Responsable Internet d’un tour-opérateur/agence).
Enfin, il ne faut pas oublier l’intérêt de lier des relations avec d’autres entreprises pour
apprendre l’Internet : « ils viennent de faire accéder à leur regroupement [Link], ça
156
ne se sait pas encore mais cela se saura à la fin août, ça sera officiel à la fin août, mais je l’ai
su hier soir par des copains. Je trouve que c’est vachement astucieux parce que c’était pour
eux un concurrent un peu effrayant, nous nous sommes des agents de voyages traditionnels et
il y a un monsieur qui nous pique notre marché. Et ils ont eu l’intelligence de comprendre
qu’en faisant entrer dans leur regroupement Lastminute, ils parlent d’ajouter 250 à 300
millions de chiffre d’affaires dans le pouvoir de négociation, ils seront plus puissants auprès
de leurs fournisseurs et d’autre part, ils vont apprendre part fréquentation au quotidien, ils
vont apprendre ce que l’on peut faire avec l’Internet » (Consultant/journaliste).
En définitive, s’il existe bien des compétences en interne sur lesquelles l’entreprise peut
s’appuyer pour développer son activité en ligne, elle doit bien souvent faire appel à des
experts pour aligner ses compétences Internet.
A propos de l’activité Internet, les répondants ont été amenés à évoquer la satisfaction vis-à-
vis des résultats, la nature des résultats ainsi que les types de mesure mis en place.
L’Internet permet d’acquérir de nouveaux clients : « on touche une clientèle particulière, que
l’on a vérifié comme étant une nouvelle clientèle, donc cela nous intéresse beaucoup. Il y a
beaucoup de gens qui ne fréquentaient pas XXX et qui grâce à notre présence sur Internet
sont devenus des clients de XXX » (Responsable activité en ligne d’un tour-opérateur/agence).
L’entreprise développe ainsi de nouveaux marchés : « c’est ouvrir un marché nouveau, c’est
effectivement bien calculé car ils peuvent effectivement toucher de nouveaux clients qu’ils
n’auraient pas touchés autrement » (Consultant/journaliste).
Il est donc important de prendre en compte le volume des ventes lié à l’Internet, dont la
croissance est exponentielle, et dont la part dans le chiffre d’affaires de l’entreprise
s’accentue : « ce sont des sommes quand même considérables, on est à plusieurs millions
d’euros de chiffre d’affaires, en France pour l’ensemble de XXX » (Responsable activité en
ligne d’un tour-opérateur/agence).
La performance Internet comporte également une dimension financière.
157
Il est en effet possible de gérer l’activité Internet comme une business unit et de calculer ainsi
sa rentabilité financière « on a des comptes d’exploitation, des bilans à rendre. C’est une des
raisons pour lesquelles on a filialisé, pour en faire non pas simplement une business unit
mais une vraie business unit », « et à la fin de l’année XXX On-line gagne de l’argent, donc
cela veut dire que c’est rentable » (Responsable activité en ligne d’un tour-opérateur/agence).
La performance financière liée à Internet s’explique en grande partie par la baisse des coûts. Il
s’agit notamment des coûts de distribution par la suppression de l’intermédiation, ce qui fait
d’Internet un canal de distribution extrêmement rentable : « l’Internet étant un nouveau canal
de distribution complémentaire de tous les autres canaux et qui paraît le moins cher puisqu’il
n’y a même plus d’intermédiation physique entre le client et XXX comme c’est le cas dans une
agence de voyage ou dans un point de vente XXX qui a pignon sur rue. Donc grâce à la
technologie on peut réduire les prix d’intermédiation et avoir directement des ventes »
(Responsable commercial/e-commerce d’un transporteur).
Afin de valoriser correctement l’activité Internet, il est nécessaire de prendre en compte les
ventes indirectes. Une proportion majeure des Internautes s’informe et réserve sans toutefois
payer sur le web. Il existe donc une part importante des ventes initiées sur Internet mais non
conclues en ligne : « je sais que tous les jours il y a des ventes faites dans le réseau à un
niveau ou à un autre grâce au site et au téléphone » (Responsable Internet d’un tour-
opérateur/agence).
Une première proposition consiste à mesurer les effets de l’Internet sur la performance de
l’entreprise vis à vis du client.
158
votre copine », « aujourd’hui en moyenne un touriste qui part à l’étranger, il a 3 guides avec
lui, et je me suis dit que finalement c’était pas idiot d’avoir un guide personnalisé. Si vous
allez visiter Londres ou Venise vous n’avez pas les mêmes centres d’intérêts suivant la
personne, et suivant l’âge », « après on peut vendre le voyage qui va avec, puisque si vous
aimez ça, maintenant qu’on connaît vos goûts et ce que vous aimez, on peut fabriquer un
voyage qui est mieux, mieux ciblé » (Consultant/responsable association professionnelle du
secteur).
L’Internet est pour l’entreprise un moyen de se faire connaître : « le site c’est pour se faire
connaître, pour qu’ils se baladent dessus, oui c’est essentiellement pour se faire connaître »
(Directrice d’un tour-opérateur/agence).
Le web permet également de promouvoir l’image et la marque de l’entreprise : « je pense
qu’Internet finalement c’est soit une affaire de marque », « Parce qu’on a une image à
défendre, on a éventuellement des actionnaires, des clients à séduire »
(Consultant/responsable association professionnelle du secteur).
La performance Internet apparaît tout d’abord au niveau des ventes directes et des résultats
financiers. Elle se retrouve également à travers les ventes indirectes liées à Internet et les
effets de l’Internet sur la performance vis-à-vis du client.
L’interprétation des données qualitatives nous a donc permis d’identifier un certain nombre de
descripteurs (15 thèmes et 97 sous-thèmes) liés à l’activité Internet (Tableau 22). Ils seront
pris en compte lors de la construction du questionnaire pour évaluer l’activité Internet.
L’analyse de la littérature en Organisation et SI/TI conforte ces résultats puisque nous verrons
qu’elle permet de retrouver bon nombre de ces descripteurs.
159
Dans certains cas cependant, nous verrons que le questionnaire s’appuie sur des thèmes ou
sous-thèmes exclusivement issus des entretiens.
La collecte des données qualitatives prouve ainsi sa complémentarité vis-à-vis de la revue de
la littérature, en vue de l’élaboration du questionnaire.
23
R1 : sous-thème extrait de l’entretien effectué avec le répondant n° 1.
160
Sujet 2 : l’alignement organisationnel de l’activité Internet
Thème Sous-thèmes
- Restructuration de l’entreprise liée à Internet (R1)
- Changement de l’organisation (R4)
- Adaptation de l’organisation (R5)
- Mutation de l’organisation (R3)
Changements
- Evolution de la gestion des appels (R2)
organisationnels
- Traitement des appels liés à Internet (R3)
- Refonte du back office liée à Internet (R1)
- Création d’un web call center (R4)
- Traitement des e-mail liés au site web (R6)
- Intégration de l’activité Internet au reste de l’entreprise (R1)
- Site web totalement intégré et communicant avec le reste de
Intégration de l’Internet dans l’entreprise (R1)
les fonctions de - Communication du site web avec la valeur ajoutée de
l’organisation l’entreprise (R1)
- Intégration du téléphone à l’activité Internet (R1)
- Accès aux stocks pour le client via l’Internet (R2)
161
Sujet 4 : l’alignement des compétences de l’activité Internet
Thème Sous-thèmes
Besoins de développer des - Besoin d’apprentissage (R4)
compétences - Besoin de compétences Internet (R3)
- En interne (R1)
- Utilisation de compétences internes en marketing, innovation
Utilisation de compétences
et en informatique (R7)
internes
- Formations en interne (R7)
- Partage des compétences en mode projet (R7)
- Recrutement en externe de webmasters/ chefs de projets
techniques (R7)
- Embauche d’experts (R5)
- Cabinets externes en soutien (R3)
- Recrutement d’un webmaster (R1)
- Embauche de techniciens (webmaster, développeur,
Utilisation de compétences
intégrateur) (R2)
externes
- Fournisseurs de solution informatique et cabinets de conseil
(R1)
- Recours au conseil externe (R7)
- Nécessité de la sous-traitance à des experts (R4)
- Intérêt de lier des relations avec d’autres entreprises pour
apprendre l’Internet (R5)
162
- Ventes dans le réseau grâce à Internet (R1)
- Inscriptions liées à Internet (R6)
Ventes indirectes
- Importance de prendre en compte l’information et la
réservation en ligne (R4)
- Internet n’est pas un centre de coûts (R1)
Besoins de nouveaux
- Recherche de nouveaux indicateurs (R1)
indicateurs
- Difficultés de mesure (R3)
- Repositionnement du client au sein de la relation et de
l’organisation (R1)
- Image positive (R7)
- Permet de mieux vendre (R7)
- Meilleure information pour le client (R7)
- Répondre aux attentes de la clientèle (R6)
- Se faire connaître (R6)
- Capitaliser sur la relation client (R1)
Performance vis-à-vis du - Enrichir la relation client (R1)
client - Satisfaction client (R3)
- Effet sur la marque et l’image de l’entreprise (R1)
- Gestion de l’image et de la marque (R4)
- Fabrication d’un guide personnalisé (R4)
- Proposition de voyage ciblé (R4)
- Des possibilités nouvelles (R4)
- Meilleure information (R5)
- Simplification et convivialité (R5)
- Service continu (R5)
163
Ce construit permet de caractériser la gestion stratégique de l’activité Internet à travers la
notion d’alignement.
164
Trois variables ont été retenues pour mesurer l’alignement stratégique de l’activité Internet.
• La première variable Mode de direction collaboratif est mesurée à l’aide de cinq items :
Les travaux du CIGREF et Mc Kinsey (2002) sur la dynamique de la relation entre Direction
Générale et Direction des Systèmes d’Information dans 71 grandes entreprises françaises
(Schéma 30), mettent en avant le besoin de méthodes de planification collaboratives en
faveur de l’alignement.
Dans cette étude, l’alignement est mesuré par rapport aux enjeux liés aux systèmes
d’information. Ainsi, la Direction Générale (DG) et la Direction des Systèmes d’Information
(DSI) fixent les même enjeux dans une entreprise sur deux. La DSI perçoit des enjeux plus
ambitieux que la DG dans trois entreprises sur 10. Enfin, la DSI perçoit des enjeux moins
ambitieux que la DG dans deux entreprises sur 10.
Or, le développement d’objectifs et d’enjeux communs permettant un meilleur alignement des
stratégies est favorisé par l’adoption de méthodes de planification collaboratives entre
directions (Mc Farlan, 1981).
165
Schéma 30 Alignement Direction Générale/Direction des Systèmes d’information
par rapport aux enjeux liés aux systèmes d’information
Transformer
l’entreprise à
l’aide des
systèmes
d’information 30%
Optimiser les
investissements
en systèmes 50%
d’information
20%
20%
Résoudre le
problème
informatique
La proximité des relations dans les processus de planification se traduit par l’existence de
mécanismes structurels (comités de direction, groupes de transfert de technologie). Associés
avec des systèmes de communication et de management (mécanismes de planning et de
contrôle), ils permettent d’établir une relation TI/fonctions de l’entreprise nécessaire pour
l’introduction réussie de nouvelles technologies (Zmud, 1988).
166
L’importance de la proximité des relations dans les processus de planification ressort
également de travaux portant sur l’Internet.
Ainsi, Amami et Thévenot (2000) soulignent que les entreprises qui adoptent un
positionnement stratégique d’intégration et d’innovation en matière d’Internet n’utilisent pas
« la méthodologie traditionnelle de planification stratégique qui consiste à élaborer un plan
d’affaires, à demander ensuite aux spécialistes de la technologie d’élaborer à leur tour une
stratégie technologique appuyant le plan stratégique d’affaires. Les entreprises leaders dans
l’utilisation du commerce électronique sur Internet tendent à combiner les deux stratégies en
un seul plan stratégique » (p. 31).
De, même, Herman (2000), considère qu’un élément essentiel pour un bon développement de
l’e-business est d’impliquer les responsables de l’entreprise et d’obtenir leur soutien par
rapport au projet e-business.
Etroitement liés aux méthodes de planification, le contenu des plans stratégiques influe lui
aussi sur l’alignement des stratégies (Shank, Niblock et Sandalls, 1973 ; Cresap, McCormick
et Paget, 1983 ; Papp et Luftman, 1995).
Nous observerons donc également si la direction prend en compte habituellement dans ses
décisions l’activité Internet déjà développée dans l’entreprise (Item 24) et si la direction
intègre régulièrement dans ses choix les besoins concernant l’activité Internet (Item 25).
Finalement, les indicateurs rattachés aux méthodes de planification ainsi qu’au contenu des
plans stratégiques reflètent le degré de collaboration dans le mode de direction de l’entreprise.
167
- L’activité Internet fait appel aux connaissances et savoir-faire des différents services
de l’entreprise (Item 29).
Les facteurs permettant d’expliquer l’alignement stratégique ne se sont pas uniquement liés à
l’élaboration des stratégies. La mise en œuvre des stratégies influe, elle aussi, cette foi-ci à un
niveau plus opérationnel, sur le niveau d’alignement.
D’un point de vue opérationnel l’activité de commerce électronique suppose une coopération
avec le département marketing afin de développer l’offre commerciale, avec les responsables
de la logistique pour répondre aux commandes électroniques et avec le service comptabilité
pour respecter les normes comptables liées au paiement en ligne (Van Der Heijden, 2001).
168
La proximité des relations au niveau opérationnel entre l’activité Internet et les autres
fonctions de l’entreprise apparaît donc essentielle. Ces relations bidirectionnelles émane à la
fois des équipes fonctionnelles mais aussi de l’équipe en charge de l’Internet.
C’est pourquoi nous observerons si les cadres de l’entreprise interviennent régulièrement dans
le déroulement de l’activité Internet (Item 16) et également si le(s) responsables de l’activité
Internet est/sont impliqués dans les projets en cours de l’entreprise (Item 20).
Les interactions entre acteurs dans le travail peuvent se traduire par l’échange voir la création
de compétences.
D’après Kœnig (1999), « une manière importante d’apprendre pour les organisations repose
sur la création de relations entre les compétences préexistantes. C’est une évidence que la
capacité d’une organisation à résoudre certains problèmes dépend étroitement de la richesse
du réseau de collaborations qu’elle abrite » (p. 224).
Porter (2001) souligne que les entreprises qui ont développé des stratégies Internet séparées
du reste de l’entreprise, n’ont pu capitaliser sur leurs actifs traditionnels.
C’est pourquoi, nous souhaitons voir dans quelle mesure l’activité Internet fait appel aux
connaissances et savoir-faire des différents services de l’entreprise (Item 29).
En définitive, les indicateurs liés à la proximité des relations au niveau opérationnel ainsi qu’à
l’échange de compétences traduisent le degré de collaboration dans le mode de travail de
l’entreprise.
• La troisième variable Valorisation de l’activité Internet est traduit par deux items :
- L’activité Internet est considérée par la direction comme jouant un rôle important
pour le développement de l’entreprise (Item 21),
169
- Selon les responsables de service, l’activité Internet contribue à la croissance de
l’entreprise » (Item 27).
Comment percevoir et expliquer dès lors qu’une TI soit acceptée positivement au sein d’une
organisation ?
En autre, par l’engagement des utilisateurs qui affecte leur attitude et fleur façon de travailler
(Hartwick et Barki, 1994). L’engagement est une croyance qui se rapporte au degré selon
lequel une personne pense qu’un sujet ou une chose est important et se traduit notamment
en terme de valorisation.
Ainsi selon Pillet et Rolle (2002), la perception des gains opérationnels et stratégiques
constitue une variable clef de l’indice de potentialité du commerce électronique dans une
entreprise.
De même, les responsables Internet interviewés font fréquemment référence à la valeur que
l’entreprise accorde à l’activité Internet. Cette valeur accordée se traduit en terme de
crédibilité, de sympathie ou de croyance. C’est pourquoi, nous souhaitons mesurer le niveau
de valorisation (en tant que valeur accordée et non en tant que mise en valeur) de l’activité
Internet de la part de la direction ainsi que des responsables de service. Nous observerons
donc si l’activité Internet est considérée par la direction comme jouant un rôle important pour
le développement de l’entreprise (Item 21) et si selon les responsables de service, l’activité
Internet contribue à la croissance de l’entreprise (Item 27).
170
Tableau 23 Variables et numéro des items pour le construit Alignement stratégique
de l’activité Internet
Construit Variables Numéro des items dans le questionnaire
Mode de direction
collaboratif Items IB22 à IB26
Alignement
l’activitéstratégique
Internet de Mode de travail
collaboratif Items IA16, IB20 et IB29
Valorisation de l’activité
Internet Items IB21 et IB27
Trois variables ont été sélectionnées pour mesurer l’alignement organisationnel de l’activité
Internet.
C’est pourquoi, pour un développement réussi de l’entreprise sur Internet il ne suffit pas
seulement « de mettre les produits ou services en ligne ; il convient en fait de mettre
l’ensemble de l’organisation en ligne » (Kalika in Chevalier et al., 2000, p. 124). « Les
grandes entreprises se sont vite rendu compte qu’une stratégie Internet n’était viable vis-à-vis
171
du client que si l’organisation interne était capable de suivre l’offre » (Amami et Rowe,
2000, p. 10).
C’est ce à quoi nous nous intéressons à travers la deuxième variable Nouveau processus qui
correspond aux deux items :
172
Schéma 31 Cinq niveaux de reconfiguration provoqués par les Technologies
de l’Information
Fort
Cinq. Redéfinition des objectifs de l’entreprise
Niveaux
Deux. Intégration interne
évolutifs
Faible
Faible Fort
Éventail des bénéfices potentiels
Dans le cadre du développement de son activité Internet, l’entreprise est amenée à mettre en
place de nouveaux processus concernant notamment le traitement des appels
téléphonique. Les entretiens montrent ainsi l’intérêt de la création d’un web call center. Nous
évaluerons donc le niveau de développement d’un call center spécifiquement dédié au site
web (Items 9).
Le courrier électronique constitue un autre moyen couramment utilisé afin de gérer les
relations de l’entreprise et notamment celles-liées à l’activité Internet.
Nous mesurerons donc également le niveau de développement d’un mode de gestion
spécifique des e-mails provenant du site web (Item 10).
173
• La troisième variable Intégration fonctionnelle est traduit par huit items :
- SAV : utilisation d’un service après vente par Internet (Item 1),
- Facturation : gestion de la facturation client/fournisseur au travers d’Internet (Item 2),
- Gestion des stocks : suivi des réserves et disponibilités par Internet (Item 3),
- Achats : commandes via Internet de différents produits et services (Item 4),
- Ventes : ventes des produits et services sur le web (Item 5),
- Publicité : réalisation de campagne de promotion sur Internet (Item 6),
- Marketing24 : écoute, suivi, fidélisation du client par Internet (Item 7),
- Ressources Humaines : recrutement par Internet, intranet RH.
Cette intégration touche en premier lieu les affaires internes de l’entreprise (deuxième
niveau de reconfiguration selon Venkatraman, 1995) comme le marketing, la publicité, le
service après vente, les ressources humaines.
Nous nous intéressons donc au niveau de développement de l’écoute, suivi, fidélisation du
client par Internet (Item 7), de la réalisation de campagne de promotion sur Internet (Item 6),
de l’utilisation d’un service après vente par Internet (Item 1), du recrutement par Internet et de
l’utilisation d’un intranet RH (Item 8).
24
Pour les besoins de l’étude, le marketing est ici défini de manière restrictive.
174
Internet (Items 3), des commandes via Internet de différents produits et services (Item 4) et
des ventes des produits et services sur le web (Item 5).
175
Selon Weill et Vitale (2002), la réussite de l’implémentation d’activités e-business dépend en
grande partie de l’adéquation de l’infrastructure TI de l’entreprise. C’est pourquoi, les
entreprises traditionnelles doivent investir de manière importante dans leur infrastructure TI,
élément clef pour pouvoir conduire les affaires en ligne.
Ces investissements dépendent du modèle d’activité Internet développé par l’entreprise.
Selon que l’entreprise privilégie la relation directe avec le consommateur, le développement
d’une communauté virtuelle ou la fourniture de services exhaustifs, les besoins en
infrastructure TI ne sont pas les mêmes (Weill et Vitale, 2002).
176
Deux variables ont été identifiées afin de mesurer l’alignement stratégique de l’activité
Internet.
Nous avons vu précédemment que l’Internet constitue un réseau pouvant jouer le rôle de
plate-forme de communication (Venkatraman, 1995), intégrant les différentes fonctions de
l’entreprise et procurant ainsi un gain substantiel notamment en terme de coût et de
performance.
De plus, les entreprises ont la possibilité de faciliter leurs relations d’échange en ouvrant leur
réseau Internet vers l’extérieur par l’intermédiaire d’un extranet.
177
- Une nouvelle architecture du système d’information adaptée à l’activité Internet (Item
13).
Nous nous intéressons donc ici à l’intégration entre d’une part les ressources
technologiques déjà existantes et d’autres part les technologies Internet. St-Amant (2003)
souligne à ce sujet que le degré de connectivité des équipements constitue une caractéristique
majeure de l’infrastructure TI.
Prenons par exemple les cas des ERP (Entreprise Ressources Planning ou progiciel de gestion
intégré), à l’origine conçus en grande partie pour améliorer les processus interne de
l’entreprise.
L’intégration des ERP avec les technologies Internet crée de nouvelles applications web qui,
grâce à la standardisation des protocoles utilisés sur le web, transforment les processus métier
en services web tourner vers l’extérieur.
L’évolution de progiciel, logiciel ou de toute application informatique existante apparaît
donc primordiale lors du développement du commerce électronique dans une entreprise
(Pillet et Rolle, 2002).
Les personnes interviewées soulignent la nécessité de connecter à l’Internet les outils
existants comme les systèmes de réservation et les GDS.
La possible connectivité intra et inter-organisationnelle constitue donc un des éléments
fondamentaux de l’Internet (Zhu et Kraemer, 2002).
C’est pourquoi nous étudierons si, dans le cadre de leur activité web, les entreprises observées
ont connecté les applications informatiques existantes à l’Internet (Items 14).
Ces évolutions ne se limitent pas uniquement aux applications mais concernent également le
système d’information dans son ensemble.
178
afflux et un traitement important d’informations mais aussi de répondre à de nouvelles tâches
spécifiques à l’activité web.
C’est pourquoi nous regarderons si les entreprises étudiées ont développé une nouvelle
architecture du système d’information adaptée à l’activité Internet (Items 13).
179
Nous focalisons ici particulièrement notre attention sur les savoir-faire (tacite) et
connaissances (explicites) à la base des compétences ; les processus formant les compétences
étant abordées à travers les concepts d’alignement organisationnel et technologique.
Selon la théorie des capacités dynamiques (Teece, Pisano, et Shuen 1997), l’entreprise doit
être capable à la fois de savoir intégrer les compétences, les reconfigurer, en trouver de
nouvelles, les utiliser, afin de s’adapter constamment aux évolutions de l’environnement.
Il s’agit d’une souplesse opportune, permettant d’innover de manière rapide et flexible.
L’approche des capacités dynamiques met donc en avant « le développement des
compétences » par rapport à « l’exploitation des ressources » privilégiée par les tenants de la
« Resource-Based View ».
En adoptant cette approche nous nous intéressons plus précisément au renouvellent des
compétences Internet, c’est à dire des compétences liées au développement de l’activité en
ligne de l’entreprise. Notre attention porte tout particulièrement sur les modes et le niveau de
développement des compétences Internet. Le développement de compétences s’entend ici
comme le processus à travers lequel l’entreprise acquière des compétences nouvelles, d’un
point de vu qualitatif.
L’étude du développement des compétences Internet a fait l’objet de travaux limités. Elle
apparaît d’autant plus intéressante que certaines firmes établies ont des difficultés pour
renouveler leurs compétences. Claude-Gaudillat et Quélin (2002) rappellent que la pression
concurrentielle pour exploiter les compétences existantes limite le champ de vision des
dirigeants qui passent ainsi outre le développement de nouvelles compétences. Par ailleurs, les
stratégies des entreprises reposent sur des compétences clefs déjà établies ce qui freine le
développement de nouvelles compétences.
180
Le mode et le niveau de développement des compétences dépendent en grande partie des
compétences actuelles dont dispose l’entreprise (Cohen et Levinthal, 1990., Claude-Gaudillat
et Quélin, 2002), des objectifs poursuivis et également de sa capacité d’absorption de
nouvelles compétences (Cohen et Levinthal, 1990). Nous ne chercherons pas, dans le cadre de
cette étude, à expliquer les modes et le niveau de développement des compétences Internet
mais à mesurer le lien avec la performance de l’activité Internet.
181
La théorie des capacités dynamiques met en valeur le management des connaissances car c’est
par l’apprentissage de ses membres que la firme apprend et créer de nouveaux processus
organisationnels qui l’aideront à s’adapter de manière continue à son environnement.
Plus précisément, la gestion des connaissances se caractérise par le partage et le transfert des
savoirs au sein de l’organisation. Il convient de différencier les savoirs (explicites) des savoir-
faire (tacites) qui correspondent à deux formes distinctes de connaissance. La connaissance
devient explicite lorsqu’elle se trouve codifiée et donc facilement transmissible. Elle est alors
indépendante de celui qui sait. La connaissance tacite correspond aux savoir-faire issus de
l’expérience des individus et elle n’est pas facilement exprimable (Nonaka, Takeuchi et
Ingham, 1997).
Le référentiel de connaissances est un des moyens dont dispose l’entreprise pour organiser
et diffuser les connaissances de l’organisation. Il s’agit d’une codification de l’ensemble des
connaissances utiles de l’organisation, rassemblées de manière structurée, afin de rendre plus
facilement disponible au sein de l’organisation l’accès à la connaissance.
C’est un élément essentiel pour l’apprentissage organisationnel. Il permet d’agir de manière
collective au sein de l’organisation autour d’une compréhension commune et facilement
partageable (Nonaka, Takeuchi et Ingham, 1997). Le référentiel de connaissances apparaît le
plus souvent sous la forme d’une base de gestion des connaissances (Item 34).
Un autre moyen utilisé pour la gestion des connaissances et moins formalisé que la base de
gestion, consiste à mettre à disposition des salariés une assistance interne afin de répondre à
leurs besoins concernant les technologies liées à Internet (Item 33).
En définitive, les indicateurs liés à la formation, aux technologies Internet ainsi qu’à la
gestion des connaissances par une base de gestion ou une assistance interne, expriment le
niveau de développement en interne de compétences Internet.
182
• La deuxième variable Développement en externe de compétences Internet réfère à deux
items :
C’est le cas tout d’abord des recrutements externes effectués pour répondre au besoin de
l’activité Internet (Item 36). Les personnes interviewées évoquent fréquemment le
recrutement d’un webmaster, d’un développeur ou d’un intégrateur.
Elles soulignent également l’utilisation d’une assistance externe tel un cabinet de conseil ou
un prestataire informatique.
L’entreprise à en effet la possibilité de développer ses compétences en externe par la voie de
l’externalisation (Venkatraman, 2000). Cette pratique de plus en plus développée se traduit
par la mise en place d’une assistance externe (Item 35).
Les acquisitions (Items 37) constituent un mode de développement des compétences plus
rapide mais plus risqué. Il se traduit assez souvent par un échec, la difficulté majeure étant de
réussir à intégrer les nouvelles compétences aux compétences existantes dans l’entreprise
(Quélin, 1997).
Les alliances ou partenariat (Items 38) représentent un dernier mode de développement des
compétences pour l’entreprise évoqué lors des entretiens. Cette alternative fréquemment
employée comme mode d’acquisition (Dussauge et Garette, 1996) permet une voie d’accès
aux compétences du partenaire (Grant, 1996 ; Kogut, 1988 ; Hamel, 1991).
183
Enfin, la cinquième variable Besoin de compétences Internet renvoie à l’item :
Les entretiens révèlent qu’il existe parfois un décalage entre l’activité Internet développée
et les compétences Internet disponibles, ce qui atteste d’un manque d’alignement des
compétences Internet. C’est pourquoi, nous nous intéresserons au niveau de connaissances et
savoir-faire dont l’entreprise ne dispose pas encore ou dont elle dispose de manière
insuffisante pour son activité Internet (Item 30).
L’alignement de l’activité Internet est un construit émergent issu des construits alignement
stratégique, organisationnel, technologique et alignement des compétences de l’activité
Internet.
L’échelle de mesure initiale de l’alignement Internet que nous nous proposons de tester,
corriger, puis appliquer dans la recherche se compose en définitive de quatre dimensions et
treize indicateurs (Tableau 27).
184
Tableau 27 Echelle de mesure initiale de l’alignement de l’activité Internet
Stratégie
- Mode de direction collaboratif
- Mode de travail collaboratif
- Valorisation
Organisation
- Evolution organisationnelle
- Nouveaux processus
- Intégration fonctionnelle
Technologie
- Complémentarité des investissements
- Evolutions technologiques
Compétences
- Développement en interne de compétences Internet
- Développement en externe de compétences Internet
- Acquisitions d’entreprises
- Alliances ou partenariats
- Besoin de compétences Internet
En mesurant l’intensité de chacune des mesures de cette échelle, il nous est alors possible
d’apprécier le type et le degré d’alignement de l’activité Internet de la firme.
L’opérationalisation de la première partie du modèle (explicative) est donc achevée à ce stade
(Schéma 33).
185
Schéma 33 La première partie du modèle de recherche opérationalisée à l’aide
de treize indicateurs
Mode de direction
collaboratif
Mode de travail
collaboratif Alignement
de l’activité
Valorisation de l’activité Internet
Internet
Evolution Alignement
organisationnelle stratégique
de l’activité
Internet
Création de nouveaux
processus
Intégration fonctionnelle
Alignement
organisationnel
Complémentarité des de l’activité
investissements Internet
Evolutions technologiques
Acquisitions d’entreprises
Alignement des
compétences de
Alliances ou partenariats l’activité
Internet
Besoin de compétences
Internet
186
Il s’agit ensuite de mettre en relation l’alignement Internet avec la performance de l’activité
Internet.
Dess et Robinson (1984), Venkatraman (1987) puis Gauzente (2000) montrent qu’aucune des
deux perspectives n’est supérieure à l’autre, l’approche subjective apportant des résultats
équivalents à ceux recueillis à l’aide de l’approche objective (corrélations significatives entre
les mesures fournies par les deux approches).
Ces auteurs soulignent l’intérêt d’un instrument de mesure de la performance subjectif.
En effet, dans certain cas une mesure objective n’est pas adéquate compte tenu des
spécificités du secteur dans l’obtention des résultats ou de la multiplicité des activités de
l’entreprise, ce qui rend difficile toute comparaison.
De plus, il convient de prendre en considérations la difficulté pour obtenir les informations
comptables et financières, notamment pour les petites entreprises.
C’est notamment le cas en ce qui concerne l’activité Internet pour laquelle les entreprises ne
communiquent que très peu de chiffres.
C’est pourquoi nous choisissons d’adopter un instrument de mesure de la performance
subjectif.
Pour ce faire, nous nous appuyons sur l’échelle subjective développée par Venkatraman
(1989-b) qui a pu être validée lors de plusieurs études antérieures menées notamment par
Raymond, Paré et Bergeron (1995) ou Croteau, Bergeron et Raymond (2000).
Cette échelle à l’avantage de s’appuyer sur deux dimensions complémentaires. Alors que la
dimension financière de l’échelle (« Rentabilité ») s’attache à mesurer la performance
principalement à court terme, la dimension commerciale (« Croissance des ventes »), elle,
capte la performance de l’entreprise à plus long terme.
187
De plus, ces dimensions correspondent à deux variables fréquemment évoquées par les
répondants au sujet des résultats de l’activité web (performance en terme de ventes et
performance financière).
Les huit items originaux de l’échelle de Venkatraman (1989-b) (Encadré 1) ont été traduits en
français par Croteau, Bergeron et Raymond (2000) (Encadré 2).
« Rentabilité » :
1. Satisfaction with return on corporate investment
2. Net profit position relative to competition
3. ROI position relative to competition
4. Satisfaction with return on sales
5. Financial liquidity position relative to competition
« Rentabilité » :
1. Notre taux de rendement du capital investi comparé à celui de nos principaux concurrents est
2. Ma satisfaction par rapport à notre taux de rendement du capital investi est
3. Ma satisfaction par rapport à notre marge bénéficiaire brute est
4. Les profits nets réalisés par notre entreprise comparés à ceux de nos principaux concurrents sont
5. Notre liquidité financière comparée à celle de nos principaux concurrents est
Il s’agit alors d’adapter cette échelle à l’activité Internet de l’entreprise comme décrit ci-après.
188
Amami et Thévenot (2000) soulignent l’importance de la croissance de la clientèle afin de
soutenir les coûts fixes comme le marketing ou la logistique. Il s’agit, selon eux, du premier
critère maximisant les revenus, retenu par les marchés financiers.
Les entretiens mettent en avant le fait que seulement une très faible part du chiffre d’affaires
lié à Internet est réalisé directement en ligne. Il est donc important de prendre également en
compte les ventes indirectes, c’est à dire initiées sur Internet mais non conclues en ligne
(Items 48 et 49).
Enfin, les items 1 et 2 de l’échelle initiale se réduisent à un seul item (Item 45), afin que
l’échelle finale ne soit trop longue.
189
Lorsque l’on cherche à mesurer la performance, il est préférable de pratiquer des mesures
multidimensionnelles, à différents niveaux de l’organisation (Raymond, 2002).
Par ailleurs, les variables de type potentiel (comme l’avantage concurrentiel, la flexibilité) et
non plus de type résultat sont parfois plus adaptées dans l’analyse de l’impact des TI sur la
performance (Reix, 2002).
Enfin, les responsables Internet interviewés constatent unanimement la difficulté qu’ils ont à
évaluer la performance de leur activité uniquement à partir de critères classiques et cherchent
à s’appuyer sur de nouveaux indicateurs plus adéquats. L’utilisation d’outils de mesure
adaptés est d’autant plus importante qu’elle permet de surmonter les réticences à l’évaluation
(Quinio, 1998).
C’est pourquoi, nous choisissons de compléter l’instrument de Venkatraman (1989-b) par une
troisième variable, focalisée d’avantage au niveau du client, de type potentiel et
particulièrement adaptée à l’activité Internet. Il s’agit de la Performance marketing liée aux
trois items :
Alter (2002), souligne que l’un des premiers principes du cadre d’analyse des systèmes
d’information pour l’entreprise électronique est d’assurer la satisfaction du client lorsqu’il
navigue sur le site Internet en lui offrant des produits et services répondants à ses attentes.
La meilleure réponse aux attentes du client s’explique également par la réactivité des
entreprises beaucoup plus forte par l’Internet. On en voudra pour preuve les offres sur Internet
après les événements du 11 septembre 2001, qui se sont adaptées à la nouvelle conjoncture, en
190
particulier dans le secteur du tourisme, en seulement quelques jours contrairement aux autres
moyens traditionnels de distribution.
C’est pourquoi nous porterons notre attention sur l'amélioration de la gestion des attentes du
client grâce à Internet (Item 39).
Alter (2002) remarque également que la satisfaction de l’Internaute passe par l’offre de
produits et services nouveaux.
Nous nous intéresserons donc à la satisfaction du client grâce aux nouveaux services proposés
sur Internet (Item 40).
Enfin, les entretiens mettent en évidence le fait qu’Internet constitue pour l’entreprise un
moyen de se faire connaître, de promouvoir sa marque.
La présence en ligne de l’entreprise permet d’agir sur l’image qu’elle véhicule auprès de ses
clients. Les investissements lourds en marketing par les entreprises leaders reflètent
l’importance de ce facteur (Amami et Thévenot, 2000).
C’est pourquoi, nous observerons l'amélioration de l'image de marque de l'entreprise grâce à
Internet (Item 41).
Les indicateurs liés à la gestion des attentes et à la satisfaction du client ainsi qu’à l'image de
marque de l'entreprise traduisent finalement le niveau de performance marketing de
l’entreprise.
191
Tableau 28 Variables et numéro des items pour le construit Performance de
l’activité Internet
Construit Variables Numéro des items dans le questionnaire
Performance commerciale Items II45 à II49
Performance de l’activité
Internet Performance financière Items II42, II 43 et II 44
Performance marketing Items II39, II 40 et II 41
Précisons, enfin, que l’élaboration du questionnaire intègre les attentes d’une étude
commanditée par le Ministère du tourisme traitant notamment des tendances à venir dans la
gestion de l’Internet
C’est pourquoi le questionnaire comporte quatre questions ouvertes portant sur l’évolution des
relations entre la direction et l’activité Internet, sur l’évolution de l’organisation de
l’entreprise liée au développement de l’activité Internet, sur l’évolution de la performance de
l’activité Internet et sur les connaissances et savoir-faire dont l’entreprise ne dispose pas
encore ou dont elle dispose de manière insuffisante pour son activité Internet.
- Nombre d’employés dans votre entreprise (siège + établissements) : 0-09, 10-99, 100-
299, 300-499, 500-5000, >5000 (Item 54),
- Chiffre d’affaires de votre entreprise (en millions d’euros) : <10 MЄ, de 10 à 50 MЄ,
de 50 à 150 MЄ, de 150 à 1500MЄ, >1500MЄ (Item 55).
192
un site mais bon on avait rien à vendre sur le site » (Consultant/responsable association
professionnelle du secteur).
C’est pourquoi il est important d’intégrer également la date de création de la version
transactionnelle du site Internet. Les deux items utilisés sont donc :
- Date de création du premier site web : Moins d’un an, 1-3 ans, 3-6 ans, Plus de 6 ans
(Item 56),
- Date du premier site web proposant des transactions sur Internet : Pas de site web
proposant aujourd’hui des transactions sur Internet, Moins d’un an, 1-3 ans, 3-6 ans,
Plus de 6 ans (Item 57).
La troisième variable modératrice Nombre d’activités renvoie aux cinq activités principales
du secteur du tourisme à travers l’item :
Nous disposons à présent des seize indicateurs et quatre variables modératrices permettant
d’opérationaliser le modèle de la recherche (Schéma 34).
193
Schéma 34 Le modèle de recherche opérationalisé à l’aide de seize indicateurs
et quatre variables modératrices
Mode de direction
collaboratif
Mode de travail
collaboratif Alignement
de l’activité
Valorisation de l’activité
Internet
Internet
Alignement
Evolution stratégique
organisationnelle
de l’activité
Internet
Création de nouveaux
processus Performance Performance
commerciale financière
Intégration fonctionnelle
Alignement
organisationnel
de l’activité Taille Durée
Complémentarité des Internet
investissements
Performance
Internet
Evolutions technologiques
Alignement
technologique Nombre Nationalité
Développement en interne d’activités
de compétences Internet de l’activité
Internet
Besoin de compétences
Internet
194
Afin de déterminer précisément les caractéristiques de l’échantillon observé, le questionnaire
comporter également des variables descriptives.
Les entretiens permettent d’observer de grandes disparités selon les entreprises en ce qui
concerne la fonction du/des responsable(s) de l’activité Internet. Il existe dans certains cas un
responsable en charge spécifiquement de l’activité Internet au sein d’une filiale : « on a créé
une filiale dont j’ai la direction générale qui est une activité qui est rattachée bien sûr à XXX
mais c’est une filiale » (Responsable activité en ligne d’un tour-opérateur/agence) ou d’une
délégation dédiée « on a créé cette délégation de vente en ligne pour qu’il y ait, enfin pour
identifier déjà dans l’entreprise un service dont la mission est de réfléchir et de travailler sur
ce sujet, sachant qu’avant ils y en avaient déjà qui y travaillaient mais, ou ils étaient dans une
ligne régionale traditionnelle, ou ils étaient à la direction du marketing, ou à droite ou à
gauche, on ne reconnaissait pas la spécificité du e-tourisme » (Responsable Internet d’un
tour-opérateur/agence).
C’est pourquoi, nous avons choisi d’observer qui est le(s) Responsable(s) de l’activité
Internet à travers l’item :
- La direction,
- Le responsable commercial
- Le responsable marketing,
- Le responsable Internet,
- Le responsable informatique,
- Le webmaster,
195
- Intervenant(s) externe(s) (conseil ou autre),
- Pas de responsable en particulier,
- Autre… » (Item 19).
Enfin, nous nous intéresserons au Sexe (Item 51), à l’Age (Item 52), ainsi qu’à la Fonction
(Item 53) du répondant avec les trois items suivants :
L’ensemble des variables permettant d’opérationaliser les cinq construits de la recherche, sont
des variables d’intervalle mesurées par des échelles de type « échelles de Likert » (« Pas du
tout d’accord » à « Tout à fait d’accord » ou « Pas du tout développé » à « Très développé »
ou « Pas du tout élevé » à « Très élevé »). Il s’agit d’échelles de mesure d’attitudes où le
répondant doit se placer sur un continuum par rapport à une série d’assertions.
Nous avons fait le choix d’adopter une graduation d’échelle relativement élevée à 6 points,
afin d’augmenter la variance des réponses. Celle-ci est également favorisée par une
graduation paire des échelles qui ne permet pas au répondant d’adopter de valeur
intermédiaire.
Le questionnaire utilisé pour la recherche a été pré-testé en trois temps afin de purifier
l’instrument de mesure utilisé.
196
reformulation de certaines questions et la réorganisation des thèmes à l’intérieur du
questionnaire.
Dans un deuxième temps, le questionnaire a pu être une nouvelle fois amélioré grâce aux
remarques et conseils (notamment concernant le type d’échelles utilisées) de la part de
membres universitaires (1 statisticien25 et 4 chercheurs en gestion26).
Enfin, dans un troisième temps, nous avons procédé au pré-test statistique du questionnaire
portant sur une vingtaine d’observations issues d’un premier envoi limité dans le but
spécifique du pré-test. Les tests de fiabilité et de validité s’étant révélés globalement
satisfaisants, nous avons définitivement adopté ce questionnaire27.
Il faut toutefois préciser qu’à la suite de ce pré-test statistique, les items 16 («Les cadres de
l’entreprise interviennent régulièrement dans le déroulement de l’activité Internet »), 20
(« Le(s) responsable(s) de l’activité Internet est/sont impliqué(s) dans les projets en cours de
l’entreprise ») et 29 (« L’activité Internet fait appel aux connaissances et savoir-faire des
différents services de l’entreprise ») rattachés à la variable « Mode de travail collaboratif » ne
seront pas pris en compte dans l’analyse des résultats. En effet, le pré-test montre que le
« Mode de travail collaboratif » est faiblement corrélé avec le construit « Alignement
stratégique de l’activité Internet ». Il est donc important dans le cas présent de se limiter aux
variables liées au niveau stratégique de l’entreprise, le « Mode de travail collaboratif » se
rattachant à un niveau davantage opérationnel dans l’entreprise.
Les trois items ont cependant été maintenus sur le questionnaire envoyé aux nouvelles
entreprises, afin de pouvoir utiliser la vingtaine d’observations initiales sans qu’il y ait de
biais.
La partie introductive du questionnaire précise le terme « Activité Internet » afin que chaque
répondant se réfère à une définition commune.
Dans le but de facilité la lecture, les questions sont regroupées autour de trois
sections (Encadré 3).
25
Je tiens à remercier Nathalie Périchon Ingénieur statiticien au CREPA.
26
Je tiens à remercier à l’Université Paris Dauphine le Pr. Michel Kalika, le Pr. Denis Darpy, Henri Isaac
(Maître de Conférence) et Fatma Jaziri (Doctorante au CREPA).
27
La méthodologie utilisée pour vérifier la fiabilité et la validité des échelles de mesures est largement détaillée
dans le 1. du chapitre 5.
197
Encadré 3 Structure du questionnaire final
Section I : LaEncadré
gestion de
4 l’activité Internet
L’architecture du questionnaire
Sur leur lieu de travail les managers ont très peu de temps à accorder pour répondre à un
questionnaire. C’est pourquoi, nous avons réduit autant que possible le nombre d’items. Le
questionnaire final contient, sur 4 pages au format A4, 56 questions fermées ou semi-fermées
et 4 questions ouvertes28. Le temps moyen pour le compléter est de 10 à 15 minutes, ce qui est
tout à fait raisonnable.
28
Voir Annexes, Tableau de synthèse du questionnaire et Questionnaire de recherche.
198
Synthèse du chapitre 4
L’interprétation des données qualitatives nous a en effet permis d’identifier un certain nombre
de descripteurs (15 thèmes et 97 sous-thèmes) liés à l’activité Internet.
Dans certains cas le questionnaire s’appuie sur des indicateurs exclusivement issus des
entretiens. La collecte des données qualitatives prouve ainsi sa complémentarité vis-à-vis de
la revue de littérature.
L’élaboration des échelles de mesures pour les variables explicatives (alignement stratégique,
organisationnel, technologique, alignement des compétences et alignement de l’activité
Internet), expliquées (performance Internet), modératrices (taille, durée, nombre d’activités et
nationalité) et descriptives, est expliquée de manière détaillée.
L’ensemble des variables permettant d’opérationaliser les construits de la recherche, sont des
variables d’intervalle mesurées par des échelles de type « échelles de Likert ».
Le questionnaire a été pré-testé en trois temps. Tout d’abord, il a été administré auprès de
professionnels en face à face. Dans un deuxième temps, le questionnaire a pu être une
nouvelle fois amélioré grâce aux remarques et conseils d’universitaires. Enfin, dans un
troisième temps, nous avons procédé au pré-test statistique du questionnaire portant sur une
vingtaine d’observations.
L’élaboration de l’instrument de mesure étant terminée, il nous est alors possible d’appliquer
le modèle de la recherche au secteur du tourisme, à l’aide des seize indicateurs identifiés.
199
Synthèse de la deuxième partie
La collecte des données de la recherche est réalisée dans un premier temps par
entretiens exploratoires auprès de dirigeants, responsables e-business travaillant dans le
tourisme ou d’experts du secteur.
Avec le soutien du Ministère du tourisme, un questionnaire est ensuite adressé au(x)
responsable(s) de l’activité Internet de chaque entreprise figurant dans la base de
données initiale. Après avoir effectué les relances, nous disposons à la fin du mois de mars
2005 de 131 réponses.
L’instrument de mesure ainsi obtenu nous permet alors d’appliquer le modèle de recherche au
secteur du tourisme.
197
TROISIEME PARTIE : L’APPLICATION DU MODELE DE RECHERCHE
AU SECTEUR DU TOURISME FRANÇAIS
L’analyse par les corrélations, régressions multiples ainsi que par les équations structurelles,
permet de tester les hypothèses du modèle de recherche. Il s’agit de répondre aux questions
suivantes : quelle est l’influence des composantes de l’alignement sur la performance
Internet ? quelles sont les relations entre les composantes de l’alignement ? quelle est
l’influence de l’alignement sur la performance Internet ? la taille, la durée d’exploitation du
site web, le nombre d’activité et la nationalité sont-elles des variables qui agissent sur la
relation alignement/performance ?
198
Chapitre 5 LES TESTS DES ECHELLES DE MESURE ET LES
PREMIERES
ANALYSES DESCRIPTIVES DE L’ECHANTILLON
Présentation du chapitre 5
199
1. La validité et la fiabilité des échelles de mesure utilisées dans la
recherche
Les tests de fiabilité et de validité des échelles de mesure ont été réalisés sous le logiciel SPSS
11.0 et 12.0 à partir des 123 observations.
Ils sont d’autant plus importants, qu’ils portent sur des échelles de mesure en majorité
construites pour la recherche.
L’approche développée par Churchill (1979), à laquelle nous nous sommes référés pour
développer les échelles du questionnaire, préconise de tester dans un premier temps la fiabilité
des échelles puis dans un second temps la validité en analysant la structure factorielle. Or
dans le cas présent il s’agit le plus souvent d’échelles dont la construction est originale. En
conséquence, nous devons tout d’abord vérifier la structure factorielle des échelles pour
ensuite pouvoir étudier leur fiabilité.
Avant de commencer tout traitement statistique, il est important de repérer les éventuelles
erreurs de saisie du questionnaire. Pour cela il faut vérifier pour chacune des variables si les
valeurs minimales et maximales correspondent aux valeurs possibles. Les résultats obtenus ne
font apparaître aucune erreur de saisie. Ceci étant, cette méthode ne permet d’identifier que
les erreurs de saisie correspondant à des valeurs qui sortent de l’ensemble des valeurs
possibles.
« La validité est reflétée par le degré auquel un outil particulier mesure ce qu’il est supposé
mesurer plutôt qu’un autre phénomène » (Drucker-Godard, Ehlinger et Grenier in Thiétart et
al., 1999, p. 271).
Il convient tout d’abord de s’assurer que la structure des construits 29 établie à partir des
variables observées correspond à la réalité. Pour ce faire, nous avons recours à l’analyse
29 Les termes « construit », « concept », « variable latente », se réfèrent généralement à la même idée d’un
phénomène non directement observable.
200
factorielle exploratoire qui permet de structurer des variables et de révéler un cadre
conceptuel sous-jacent (Evrard, Pras et Roux, 2000).
Plus précisément nous utilisons dans une approche exploratoire l’Analyse en Composantes
Principales (ACP) pour suivre deux objectifs.
Le premier, vérifier que les construits se décomposent réellement selon les facteurs
déterminés au préalable. L’ACP permet d’identifier les relations entre un ensemble de
variables, de proposer un nombre réduit de facteurs (ou composantes principales) qui
restituent le maximum d’information possible contenu dans les variables.
Le second, vérifier que les construits se traduisent réellement par les variables observables
(les items déterminés au préalable). Les coefficients de saturation obtenus dans la matrice des
composantes s’interprètent comme des coefficients de corrélation. Ils révèlent les relations
étroites entre les facteurs extraits et les items qui s’y rattachent.
Dans cette approche exploratoire, il est également possible de recourir à l’analyse factorielle
classique également appelée analyse en facteurs communs et spécifiques (l’analyse factorielle
en axes principaux en est un exemple) qui prend en compte, contrairement à l’ACP,
l’estimation des erreurs de mesures. Elle évite ainsi de sur-évaluer les saturations
(contributions factorielles) et les communautés (variance expliquée des variables par les
facteurs communs) et d’autre part de sous-évaluer les corrélations entre les facteurs (Roussel
in Roussel et Wacheux, 2005).
Ceci étant, les erreurs de mesures non prises en compte par l’ACP sont généralement
relativement faibles pour les premiers facteurs (Thiétart et al., 1999).
Or le nombre supposé de facteurs à considérer pour chacune des analyses factorielles est peu
élevé.
De plus, l’ACP est le type d’analyse factorielle le plus diffusé, notamment par sa simplicité
d’exécution et la clarté des résultats qu’elle fournit.
C’est pourquoi nous avons choisi d’adopter l’ACP comme méthode de calcul dans l’analyse
factorielle exploratoire, tout en sachant les limites qu’elle comporte.
Cette approche exploratoire à travers l’ACP qui « vise à identifier les facteurs à partir des
variables observables » (Evrard, Pras et Roux, p. 376) a posteriori, s’impose en préalable
dans cette étude basée sur des échelles nouvellement construites pour leur grande majorité.
Plus loin dans les résultats, l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) nous permettra alors
de « s’assurer que les données recueillies vérifient une structure définie a priori, en fonction
d’hypothèses théoriques ou à partir de résultats d’études précédentes » (Evrard, Pras et Roux,
p. 376).
201
La règle de Kaiser qui consiste à retenir les facteurs dont la valeur propre est supérieure à
l’unité, à tendance à minorer le nombre de facteurs lorsque l’ACP est effectuée avec moins de
20 variables (Thiétart et al., 1999). Or dans notre étude, les construits ont le plus souvent
moins de 20 variables.
C’est pourquoi, lorsque l’ACP porte sur un construit ayant moins de 20 variables, afin de ne
pas minorer le nombre de facteurs, nous choisissons de retenir les facteurs dont la valeur
propre est au moins supérieure à une valeur proche de 0,7 et restituant une part relative
importante de la variance totale.
Dans le cas contraire (au moins 20 variables) nous appliquons la règle de Kaiser (valeur
propre > 1).
En ce qui concerne l’interprétation des facteurs, nous retenons les items dont le coefficient de
saturation est d’au moins |0,3| (de préférence |0,5|) avec le facteur à interpréter.
Les items dont le coefficient de saturation est d’au moins |0,3| sur plus de deux facteurs ou
n’ayant aucun coefficient de saturation d’au moins |0,3| sur un des facteurs, sont
systématiquement éliminés.
L’ACP s’effectue dans un premier temps sans rotation. Si l’interprétation des facteurs est
difficile, une seconde ACP est réalisée avec rotation orthogonale (Varimax), ce qui augmente
la valeur des coefficients de saturation des items avec les facteurs considérés 30.
30
Voir Annexes, Vérification de la structure factorielle des construits de la recherche par l’analyse factorielle
exploratoire.
202
Tableau 29 Stucture initiale du construit « Alignement de l’activité Internet »
Etiquette variable Etiquette dimensions Dimensions
ALGSTRAT Alignement stratégique de l’activité Internet
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 31 items du construit fait ressortir dans un premier temps
huit facteurs (dont la valeur propre est supérieure à 1) expliquant 68 % de la variance totale.
Quatre facteurs expliquent une part relative peu importante de la variance totale (égale ou
inférieure à 5 %). Nous effectuons donc une ACP avec rotation à partir des quatre facteurs
restant qui restituent alors 52% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 30), le premier facteur correspond à la
dimension « Alignement stratégique de l’activité Internet » et le deuxième facteur à la
dimension « Alignement technologique de l’activité Internet ». Le troisième facteur traduit la
dimension « Alignement organisationnel de l’activité Internet ». On remarque que les items
« Gestion spécifique des e-mails » et « RH par Internet » qui sont censés être rattachés à
cette troisième dimension, sont faiblement corrélés avec l’ensemble des facteurs
(coefficient de saturation < |0,3|). C’est pourquoi nous les supprimons pour la suite des
analyses.
Enfin, le quatrième facteur exprime la dimension « Alignement des compétences de l’activité
Internet ». Les items « Assistance externe » et « Pas de besoin de compétences Internet »
supposés liés au quatrième facteur, sont faiblement corrélés avec l’ensemble des facteurs
(coefficient de saturation < |0,3|). Ils sont donc également supprimés pour la suite des
traitements statistiques.
La nouvelle ACP réalisée avec rotation à partir des 27 items restant fait apparaître la même
structure de facteurs restituant 57% de la variance totale.
Les modifications effectuées sont prises en compte lors de l’étude de la structure factorielle
des autres construits de la recherche.
203
Tableau 30 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 31 items du construit
« Alignement de l’activité Internet »
Composan
1 2 3 4
Participation de
,793 ,333 6,636E- ,186
pilotage act
Participation des resp
,614 6,703E- ,115 ,418
pilotage act
Participation resp
,601 1,464E- 6,559E- ,114
pilotage
Valorisation de
,750 6,471E- ,348 ,110
Internet par resp
Valorisation de
,738 ,128 ,239 ,200
Internet par
Prise en compte
,805 ,247 ,107 ,261
Internet par
Prise en compte
,809 ,228 ,172 ,214
développé par
Changeme
,311 ,270 ,433 3,573E-
organisationn
Gestion spécifique
e- ,272 ,199 -8,30E- -2,99E-
Réorga du mode
,348 ,241 ,449 ,195
gestion des
Call center pour le
,249 ,275 ,392 -8,66E-
We
SAV par ,261 - ,623 8,670E-
Facturation par 4,137E- ,242 ,653 ,257
Stocks par -3,43E- ,243 ,717 3,989E-
Achats par 2,338E- -4,60E- ,611 -2,70E-
Ventes par ,351 ,139 ,541 -
Publicité par ,322 ,281 ,420 -
Marketing par ,315 ,192 ,401 6,728E-
RH par ,137 6,972E- ,112 6,870E-
Extran ,133 ,782 ,138 ,199
Intranet et/ou 5,282E- ,718 6,202E- -9,88E-
Nouvelle arch du SI
,224 ,743 ,164 ,150
act
Connexion Internet
6,754E- ,721 ,217 ,294
apl inf
Plan de formation
,311 ,275 ,110 ,701
tech
Assistance
,349 ,194 -9,78E- ,688
concerant tech
Base de gestion
,233 ,269 - ,692
connaissanc
Assistance
9,825E- ,165 3,385E- ,279
(conse
Recrutements en 5,300E- -2,41E- 1,607E- ,652
Acquisitions - - ,185 ,575
Alliances ou ,191 -7,32E- ,309 ,525
Activité n'a pas de
de compétences 6,475E- 5,361E- 5,663E- ,259
204
b. Le construit « Alignement stratégique de l’activité Internet »
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 7 items fait ressortir après rotation trois facteurs qui
restituent 84% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 32), le premier facteur correspond à la
variable « Mode de direction collaboratif ». Cependant, contrairement à la construction
initiale, l’item « Le/les responsable(s) de l’activité Internet participe(nt) habituellement au
pilotage de l’entreprise » est faiblement corrélé au premier facteur et forme une composante à
part entière. Il paraît donc important de différencier les pratiques collaboratives émanant
de la direction ou des responsables de service, des pratiques collaboratives émanant
du/des responsable(s) Internet.
C’est pourquoi, nous renommons la première variable « Implication de la direction et
des responsables de service dans l’activité Internet » et obtenons une variable
supplémentaire « Implication du/des responsable(s) Internet dans l’activité de
l’entreprise ».
Enfin, le troisième facteur correspond à la variable « Valorisation de l’activité Internet ».
205
Tableau 32 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 7 items du construit
« Alignement stratégique de l’activité Internet »
Composante
1 2 3
Participation des resp
,844 ,103 ,279
ser pilotage act Internet
Participation resp
,244 ,174 ,932
Internet pilotage ent
Participation de dir
,744 ,518 2,581E-02
pilotage act Internet
Prise en compte Internet
,742 ,439 ,267
développé par dir
Prise en compte
,671 ,561 ,187
besoins Internet par dir
Valorisation de l'act
,190 ,843 ,343
Internet par resp ser
Valorisation de l'act
Internet par direct ,377 ,842 2,074E-02
206
c. Construit « Alignement organisationnel de l’activité Internet »
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 10 items du construit fait apparaître après rotation 7
facteurs. Les 3 derniers facteurs, dont la part relative à l’explication de la variance totale est
faible, sont éliminés. Nous obtenons alors avec la nouvelle ACP effectuée avec rotation, 4
facteurs restituant 70% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 35) on se rend compte qu’il convient de
différencier plusieurs variables liées à l’intégration fonctionnelle. Le premier facteur exprime
« l’Intégration au niveau des fonctions de gestion commerciale » (publicité par Internet, vente
par Internet et call center dédié au site web). Le deuxième facteur traduit « l’Intégration au
niveau des fonctions de back office » (facturation, gestion des stocks et achats par Internet).
Le quatrième facteur reflète « l’Intégration au niveau des fonctions de gestion de la relation
avec le consommateur » (Marketing et SAV par Internet). Ainsi il convient de spécifier la
forme d’intégration fonctionnelle liée à l’Internet lorsqu’elle intervient dans la gestion
commerciale, le back-office ou la relation avec le consommateur.
Enfin, le troisième facteur correspond à la variable « Evolution organisationnelle ».
Notons que la variable « Nouveaux processus » disparaît avec la nouvelle structure factorielle
obtenue.
207
Tableau 35 Matrice des composantes issues de l’ACP sur les 10 items du construit
« Alignement organisationnel de l’activité Internet »
a
Matrice des composantes après rotation
Composante
1 2 3 4
Changement
,169 5,027E-02 ,817 ,223
organisationnel
Réorga du mode de
,185 ,194 ,816 9,817E-02
gestion des appels
Call center pour le site
,790 ,195 ,141 1,207E-02
Web
SAV par Internet ,320 ,282 ,110 ,539
Facturation par Internet ,245 ,609 ,443 6,180E-02
Stocks par Internet ,297 ,798 ,131 2,980E-02
Achats par Internet -7,22E-02 ,719 2,773E-03 ,430
Ventes par Internet ,691 ,209 ,238 ,212
Publicité par Internet ,759 -2,75E-02 ,160 ,457
Marketing par Internet ,162 ,104 ,231 ,836
Méthode d'extraction : Analyse en composantes principales.
Méthode de rotation : Varimax avec normalisation de Kaiser.
a. La rotation a convergé en 7 itérations.
208
d. Construit « Alignement technologique de l’activité Internet »
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 4 items fait apparaître après rotation 2 facteurs qui
restituent 83% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 38), le premier facteur correspond à la
variable « Evolutions technologiques Internet » et le second à la variable « Complémentarité
des technologies Internet ».
Tableau 38 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 4 items du construit
« Alignement technologique de l’activité Internet »
Composant
1 2
Intranet et/ou ,255 ,953
Extrane ,334 ,629
Nouvelle arch du SI
,837 ,311
act
Connexion Internet
,906 ,139
apl inf
Méthode d'extraction : Analyse en composantes
Méthode de rotation : Varimax avec normalisation de
a. La rotation a convergé en 3
209
e. Construit « Alignement des compétences de l’activité Internet »
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 6 items fait apparaître après rotation 4 facteurs qui
restituent 88% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 40), le premier facteur correspond à la
variable « Développement en interne de compétences Internet », le deuxième à la variable «
Développement en externe de compétences Internet », le troisième à la variable « Alliances ou
partenariats » et le quatrième à la variable « Acquisitions d’entreprises ».
Tableau 40 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 6 items du construit
« Alignement des compétences de l’activité Internet »
Composante
1 2 3 4
Plan de formation aux
,678 ,475 ,195 4,501E-02
tech Internet
Assistance interne
concerant tech Internet ,887 ,104 ,153 3,449E-02
Base de gestion des
connaissances ,897 9,541E-02 5,866E-02 9,728E-02
Recrutements en externe ,178 ,930 9,210E-02 ,200
Acquisitions d'entreprises 8,363E-02 ,179 8,485E-02 ,975
Alliances ou partenariats ,179 ,110 ,972 8,668E-02
Méthode d'extraction : Analyse en composantes principales.
Méthode de rotation : Varimax avec normalisation de
a. La rotation a convergé en 5 itérations.
210
f. Construit « Performance de l’activité Internet »
- ACP : l’ACP réalisée à partir des 11 items fait apparaître après rotation 4 facteurs restituant
81% de la variance totale.
Si l’on regarde la matrice des composantes (Tableau 42), le premier facteur correspond à la
variable « Performance commerciale », le deuxième à la variable « Performance Marketing »,
le quatrième à la variable « Performance financière ». Le troisième facteur est lié aux items
portant sur les ventes indirectement liées à Internet. Nous appelons donc cette nouvelle
variable « Performance des ventes indirectes ».
En ce qui concerne la performance commerciale, il convient de distinguer les ventes
indirectement liées à Internet.
Enfin, l’item « Résultat net réalisé par l’activité Internet par rapport aux principaux
concurrents » est supprimé car il a des coefficients de saturation > |0,3| sur plus de deux
facteurs. La nouvelle ACP réalisée à partir des 10 items fait apparaître après rotation la même
structure de facteurs restituant 82 % de la variance totale.
211
Tableau 42 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 11 items du construit
« Performance de l’activité Internet »
Composante
1 2 3 4
Taux de croissance des
,255 ,134 ,238 ,868
ventes indirectes
Taux de croissance des
,315 ,173 ,152 ,848
PM/ ventes indirectes
Taux de croissance des
,848 6,109E-02 ,235 ,254
ventes sur Internet
Taux de croissance des
PM/ventes sur Internet ,805 ,186 ,291 ,230
Conquête de nouveaux
marchés grâce à Internet ,706 ,383 7,677E-02 ,259
Rendement du
investi dans act Internet ,260 ,182 ,823 ,202
Amélioration de la
des attentes client ,225 ,646 ,470 -,026
Satisfaction du client
grâce aux nvx services ,262 ,863 ,217 6,518E-02
Amélioration de
de marque de ,114 ,790 9,431E-02 ,389
l'ent
Méthode d'extraction : Analyse en composantes principales.
Méthode de rotation : Varimax avec normalisation de
a. La rotation a convergé en 6 itérations.
212
La vérification de la structure factorielle des construits de la recherche par l’analyse
factorielle exploratoire, nous a donc amené à effectuer certaines modifications dans la
composition des échelles de mesures.
Ces modifications sont prises en compte dans la suite des analyses portant sur
l’unidimensionnalité, la validité convergente, la validité discriminante et la fiabilité des
échelles de la recherche.
Les variables latentes (ou construits) formées à partir de variables observées (ou indicateurs)
doivent être unidimensionnelles pour être considérées comme des valeurs uniques. C’est
pourquoi, avant de pouvoir vérifier la fiabilité de ces variables il faut s’assurer au préalable de
leur unidimensionnalité.
L’ACP est la méthode la plus utilisée pour s’assurer de l’unidimensionnalité des échelles de
mesure. Comme précédemment, pour les principaux construits de la recherche, nous
effectuons une ACP pour chacune des variables latentes 31.
Si l’on regarde la variance expliquée totale par le facteur commun extrait, pour l’ensemble des
variables latentes utilisées dans la recherche (Tableau 44), l’unidimensionnalité des échelles
est plutôt satisfaisante. La plus faible variance expliquée par le facteur commun est de 48
% et les valeurs avoisinent le plus souvent autour de 70% voire 80%.
Variance
Variables expliquée
totale
Alignement stratégique de l’activité Internet 70%
Implication de la direction et des responsables de
77%
service dans l’activité Internet
Valorisation de l’activité Internet 86%
Implication du/des responsable(s) Internet dans
1 item
l’activité de l’entreprise
31 Voir Annexes, Tests d’unidimensionnalité des échelles de la recherche par l’analyse en composantes
principales.
213
Alignement organisationnel de l’activité Internet 60%
Evolution organisationnelle 76%
Intégration au niveau des fonctions de back-office 61%
Intégration au niveau des fonctions de gestion
68%
commerciale
Intégration au niveau des fonctions de gestion de la
69%
relation avec le consommateur
Alignement technologique de l’activité Internet 84%
Complémentarité des investissements 76%
Evolutions technologiques 85%
Alignement des compétences de l’activité Internet 48%
Développement en interne de compétences Internet 74%
Développement en externe de compétences Internet 1 item
Acquisitions d’entreprises 1 item
Alliances ou partenariats 1 item
Performance de l’activité Internet perçue 65%
Performance commerciale 77%
Performance financière 83%
Performance marketing 78%
Performance des ventes indirectes 93%
Variables modératrices
Taille de l’entreprise 93%
Durée d’exploitation du site web 71%
La validité convergente permet de vérifier que les items/indicateurs mesurent bien la même
chose. La corrélation inter-items/inter-indicateurs est généralement utilisée pour mesurer la
validité convergente des échelles de mesure. Plus la corrélation entre les items/indicateurs est
élevée et plus la validité convergente est grande. Cependant une trop forte corrélation inter-
items/inter-indicateurs peut traduire une certaine ressemblance entre les items/indicateurs et
donc impliquer une insuffisante couverture du concept.
Les mesures de corrélation inter-items/inter-indicateurs effectuées pour l’ensemble des
variables de la recherche, traduisent une bonne validité convergente des échelles
utilisées32 (corrélations moyennes au moins égales à 0,3 et le plus souvent avoisinant 0,4
ou 0,5).
32 Voir Annexe, Tests de validité convergente et de validité discriminante des échelles de la recherche.
214
La validité discriminante indique dans quelle mesure chaque variable du modèle de recherche
est à la fois unique et différente des autres. Elle apparaît en comparant la corrélation des
items/indicateurs appartenant à une même variable à la corrélation des items/indicateurs
rattachés à des variables différentes.
Plus précisément, les corrélations entre items/indicateurs liés à une même variable doivent
être supérieures aux corrélations entre items/indicateurs mesurant une variable distincte.
a. Variables modératrices
La Matrice de corrélation des items liés aux variables modératrices permet de distinguer les
différentes variables modératrices (Tableau 45). Les variables « Durée d’exploitation du site
web » et « Taille de l’entreprise » ont une corrélation inter-items moyenne assez élevée ce qui
traduit une bonne validité convergente.
De plus, les corrélations entre items mesurant la même variable sont supérieures aux
corrélations entre items mesurant des variables différentes. La validité discriminante est
ainsi vérifiée en ce qui concerne les cinq variables modératrices de la recherche.
215
b. Variable expliquée
marque de l'ent
coûts
Taux de croissance
des ventes sur 1 0,732** 0,579** 0,476** 0,434** 0,454 0,355** 0,327** 0,542** 0,488**
Internet
Taux de croissance
des PM/ventes sur 0,732** 1 0,645** 0,554** 0,511** 0,476** 0,449** 0,350** 0,425** 0,549**
Internet
Conquête de
nouveaux marchés 0,579** 0,645** 1 0,395** 0,534** 0,503** 0,557** 0,436** 0,555** 0,566**
grâce à Internet
Rendement du
capital investi dans 0,476** 0,554** 0,395** 1 0,659** 0,469** 0,493** 0,452** 0,511** 0,453**
act Internet
Meilleure maîtrise
des coûts
0,434** 0,511** 0,534** 0,659** 1 0,600** 0,498** 0,354** 0,517** 0,491**
Amélioration de la
gestion des attentes 0,454** 0,476** 0,503** 0,469** 0,600** 1 0,768** 0,544** 0,414** 0,418**
client
Satisfaction du client
grâce aux nvx 0,355** 0,449** 0,557** 0,493** 0,498** 0,768** 1 0,673** 0,414** 0,423**
services
Amélioration de
l'image de marque 0,327** 0,350** 0,436** 0,452** 0,354** 0,544** 0,673** 1 0,465** 0,465**
de l'ent
Taux de croissance
des ventes ind sur 0,542** 0,425** 0,555** 0,511** 0,517** 0,414** 0,414** 0,465** 1 0,868**
Internet
Taux de croissance
des PM/ventes ind 0,488** 0,549** 0,566** 0,453** 0,491** 0,418** 0,423** 0,465** 0,868** 1
sur Internet
** La corrélation est significative au niveau 0,01.
216
c. Variables explicatives
La matrice de corrélation des indicateurs des variables explicatives permet d’identifier les
quatre dimensions de l’alignement (Tableau 47). Les variables « Alignement stratégique de
l’activité Internet », « Alignement organisationnel de l’activité Internet », « Alignement
technologique de l’activité Internet » et « Alignement des compétences de l’activité Internet »
ont une corrélation inter-indicateurs moyenne assez élevée ce qui traduit une bonne validité
convergente.
Cependant les corrélations inter-indicateurs de la variable « Alignement des
compétences » sont plus faibles ce qui traduit une validité convergente moindre par
rapport aux trois autres variables. Il conviendra de porter toute notre attention sur ce point
lors de l’application de l’analyse factorielle confirmatoire.
Par ailleurs, la matrice montre que les corrélations entre indicateurs d’une même variable sont
généralement supérieures aux corrélations entre indicateurs liés à des variables différentes, ce
qui traduit une validité discriminante satisfaisante.
217
Tableau 47 Matrice de corrélation des indicateurs liés aux variables explicatives
Développement en externe
Implication de la direction
Acquisitions d’entreprises
Intégration au niveau des
Evolutions technologiques
Intégration au niveau des
Alliances ou partenariats
Valorisation de l’activité
de compétences Internet
fonctions de Back office
responsable(s) Internet
et des responsables de
interne de compétences
fonctions de gestion
Implication du/des
l’activité Internet
dans l’activité de
organisationnelle
relation avec le
investissements
consommateur
Complémentarité
services dans
commerciale
l’entreprise
Développement en
Evolution
Internet
Internet
des
Implication de la
direction et des
responsables de
1 0,714** 0,492** 0,615** 0,237* 0,387** 0,453** 0,340** 0,398** 0,515** 0,154 0,098 0,280**
services dans
l’activité
Internet
Valorisation de
l’activité 0,714** 1 0,396** 0,569** 0,283** 0,520** 0,426** 0,235* 0,293** 0,392** 0,236* 0,029 0,364**
Internet
Implication
du/des
responsable(s)
0,492** 0,396** 1 0,272** 0,093 0,186* 0,202* 0,099 0,130 0,283* 0,028 0,027 0,052
Internet dans
l’activité de
l’entreprise
Evolution
0,615** 0,569** 0,272** 1 0,420** 0,471** 0,408** 0,385** 0,439** 0,341** 0,063 0,062 0,298*
organisationnelle
Intégration au
niveau des
0,237* 0,283** 0,093 0,420** 1 0,449** 0,473** 0,313** 0,383** 0,156 -0,034 0,078 0,318**
fonctions de
Back office
Intégration au
niveau des
fonctions de 0,387** 0,520** 0,186* 0,471** 0,449** 1 0,546** 0,419** 0,427** 0,239** 0,073 -0,015 0,165
gestion
commerciale
Intégration au
niveau des
fonctions de
0,453** 0,426** 0,202* 0,408** 0,473** 0,546** 1 0,246** 0,341** 0,247** 0,138 0,137 0,233*
gestion de la
relation avec le
consommateur
Complémentarit
é des 0,340** 0,235* 0,099 0,385** 0,313** 0,419** 0,246** 1 0,679** 0,344** 0,065 -0,050 0,006
investissements
Evolutions
0,398** 0,293** 0,130 0,439** 0,383** 0,427** 0,341** 0,679** 1 0,406** 0,152 -0,059 0,176
technologiques
Développement
en interne de 0,515** 0,392** 0,283** 0,341** 0,156 0,239** 0,247** 0,344** 0,406** 1 0,385** 0,224* 0,325*
compétences
Internet
Développement
en externe de
0,154 0,236* 0,028 0,063 -0,34 0,73 0,138 0,065 0,152 0,385** 1 0,344** 0,256**
compétences
Internet
Acquisitions
0,098 0,029 0,027 0,062 0,078 -0,015 0,137 -0,050 -0,059 0,224* 0,344** 1 0,203*
d’entreprises
Alliances ou
0,280** 0,364** 0,052 0,298* 0,318** 0,165 0,233* 0,006 0,176 0,325** 0,256** 0,203* 1
partenariats
** La corrélation est significative au niveau 0,01.
* La corrélation est significative au niveau 0,05.
218
La validité et notamment l’unidimensionnalité des échelles de mesure ayant été vérifiée, il
nous est à présent possible de tester la fiabilité de chacune d’elles.
Il est généralement admis que les valeurs de l’alpha de Cronbach doivent être au moins
supérieures à 0, 6 pour une étude exploratoire et 0, 8 pour une approche confirmatoire.
Etant donné que la recherche se situe dans un champ relativement nouveau, et qu’elle se base
sur des échelles en grande partie nouvelles, il s’agit donc d’une approche exploratoire qui
suppose un alpha de Cronbach au moins supérieur à 0,6.
Si l’on regarde les alphas obtenus pour les variables utilisées dans la recherche (Tableau 48),
la fiabilité des échelles est tout à fait satisfaisante 33. Le score moyen de l’alpha de
Cronbach pour l’ensemble des échelles est de 0,8.
219
Tableau 48 Alpha de Cronbach des échelles de la recherche
Alpha de
Variables
Cronbach
Alignement stratégique de l’activité Internet 0,77
Implication de la direction et des responsables de
0,9
service dans l’activité Internet
Valorisation de l’activité Internet 0,8
Implication du/des responsable(s) Internet dans
1 item
l’activité de l’entreprise
Alignement organisationnel de l’activité Internet 0,77
Evolution organisationnelle 0,7
Intégration au niveau des fonctions de back-office 0,7
Intégration au niveau des fonctions de gestion
0,8
commerciale
Intégration au niveau des fonctions de gestion de la
0,6
relation avec le consommateur
Alignement technologique de l’activité Internet 0,80
Complémentarité des investissements 0,7
Evolutions technologiques 0,8
Alignement des compétences de l’activité Internet 0,62
Développement en interne de compétences Internet 0,8
Développement en externe de compétences Internet 1 item
Acquisitions d’entreprises 1 item
Alliances ou partenariats 1 item
Performance de l’activité Internet 0,82
Performance commerciale 0,8
Performance financière 0,8
Performance marketing 0,9
Performance des ventes indirectes 0,9
Variables modératrices
Taille de l’entreprise 0,9
Durée d’exploitation du site 0,7
220
Schéma 35 Modèle de recherche respécifié après les tests de validité et fiabilité des
échelles de mesure
Implication de la direction et
des responsables de services
dans l’activité Internet
Valorisation de l’activité
Internet
Alignement
de l’activité
Implication du/des Internet
responsable(s) Internet dans
l’activité de l’entreprise
Alignement
Evolution organisationnelle stratégique
de l’activité
Internet
Intégration au niveau des Performance Performance
fonctions de back-office commerciale financière
Alliances ou partenariats
221
2. Les premières analyses descriptives de l’échantillon
L’âge moyen des répondants est de 40 ans, le plus jeune répondant ayant 22 ans et le plus âgé
68 ans (Tableau 49).
Les tranches d’âge les plus importantes sont les « 30 à 39 ans » et les « 40 à 49 ans » ( 32,5%
chacune), devant les « 50 à 59 ans » (15,4 %) , les « 0 à 29 ans » (13%) et les « 60 à 69 ans »
(13%) (Tableau 50).
Tranches d'âge
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide 0 à 29 ans 16 13,0 13,7 13,7
30 à 39 ans 40 32,5 34,2 47,9
40 à 49 ans 40 32,5 34,2 82,1
50 à 59 ans 19 15,4 16,2 98,3
60 à 69 ans 2 1,6 1,7 100,0
Total 117 95,1 100,0
Manquante 999,00 6 4,9
Total 123 100,0
Près des trois quarts des répondants (responsables de l’activité Internet) sont essentiellement
des hommes, ce qui ne nous étonnera pas sachant que traditionnellement la fonction
informatique est majoritairement représentée par la gente masculine (Graphique 2).
222
Graphique 2 Répartition par sexe des répondants
223
Tableau 51 Fonction des répondants
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Direction Entreprise 61 49,6 49,6 49,6
Responsable Internet 17 13,8 13,8 63,4
Direction
Entreprise-Responsable
7 5,7 5,7 69,1
Internet
Autre
Responsable Marketing 5 4,1 4,1 73,2
Webmaster 4 3,3 3,3 76,4
3 2,4 2,4 78,9
Responsable 3 2,4 2,4 81,3
Informatique
Responsable 2 1,6 1,6 82,9
Communication
Direction Marketing 2 1,6 1,6 84,6
Yield Manager
1 ,8 ,8 85,4
Responsable
Commercial 1 ,8 ,8 86,2
Directeur Marketing 1 ,8 ,8 87,0
DSI et Transport
Collaboratrice Marketing 1 ,8 ,8 87,8
Relationnel/Chargée du 1 ,8 ,8 88,6
développement Internet
grand public et B to B
Directeur Commercial 1 ,8 ,8 89,4
Europe
Chef de Produit
Responsable 1 ,8 ,8 90,2
Internet-Business
Manager 1 ,8 ,8 91,1
Directeur Projets
Responsable agence 1 ,8 ,8 91,9
Responsable Trade
Marketing 1 ,8 ,8 92,7
Responsable
1 ,8 ,8 93,5
Informatique-Internet
Responsable Marketing 1 ,8 ,8 94,3
Opérationnel
Directeur Commercial 1 ,8 ,8 95,1
Directrice de la
Communication
1 ,8 ,8 95,9
Directeur Marketing-Web
DSI 1 ,8 ,8 96,7
Directeur Exploitation
Total 1 ,8 ,8 97,6
1 ,8 ,8 98,4
1 ,8 ,8 99,2
1 ,8 ,8 100,0
123 100,0 100,0
Les trois quarts des entreprises interrogées ont une seule activité (77 %), voire deux (12%) ou
trois (8%). Seulement deux entreprises (sur les 123) ont quatre ou cinq activités (Tableau 52).
224
Tableau 52 Nombre d’activités par entreprise
Nombre d'activités de l'entreprise
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide 1 activité 95 77,2 77,9 77,9
2 activités 15 12,2 12,3 90,2
3 activités 10 8,1 8,2 98,4
4 activités 1 ,8 ,8 99,2
5 activités 1 ,8 ,8 100,0
Total 122 99,2 100,0
Manquante 999,00 1 ,8
Total 123 100,0
L’activité la plus représentée est le tour- opérating (42%), devant le transport en avion,
train ou bateau (38,5%), l’hôtellerie (21,3%) et la distribution de voyages en agences
(21,3%). Seulement 4,9% des entreprises répondantes exercent l’activité de GDS
(Tableau 53).
Tableau 53 Activités des entreprises
Pourc Pourc
Nom Nombre Rep Cas
Sur le plan de la taille, la majorité des entreprises sont petites ou moyennes 34 (Tableaux
54 et 55). Ainsi près de la moitié des firmes comportent moins de 100 employés, et réalisent
un chiffre d’affaires inférieur à 50 millions d’euros. Près de 10 % des entreprises ont
cependant plus de 5000 salariés et réalisent un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliards
d’euros. Il convient de remarquer que 11 % des entreprises ont moins de 10 employés, ce qui
paraît étonnant sachant que la population mère correspond notamment à des entreprises
comportant au moins 10 employés. Compte tenu des informations figurant dans la base de
données initiale, on peut supposer cependant que l’effectif des entreprises concernées est
proche de la dizaine.
34
Selon la CCIP, une PME-PMI emploie moins de 250 personnes (effectif consolidé), et a un chiffre d’affaires
inférieur à 50 millions d’euros.
225
Tableau 54 Nombre d’employés
Nombre d'employés
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide 0-09 14 11,4 11,6 11,6
10-99 45 36,6 37,2 48,8
100-299 20 16,3 16,5 65,3
300-499 5 4,1 4,1 69,4
500-5000 24 19,5 19,8 89,3
>5000 13 10,6 10,7 100,0
Total 121 98,4 100,0
Manquante 999,00 2 1,6
Total 123 100,0
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide <10 M euros 30 24,4 27,0 27,0
de 10 à 50 M euros 32 26,0 28,8 55,9
de 50 à 150 M euros 16 13,0 14,4 70,3
de 150 à 1500 M euros 22 17,9 19,8 90,1
>1500 M euros 11 8,9 9,9 100,0
Total 111 90,2 100,0
Manquante 999,00 12 9,8
Total 123 100,0
Les entreprises présentes dans l’échantillon final, sont pour l’essentiel d’origine française (81
%), du reste de l’Europe (4 %) et de l’Amérique du Nord (3%). Lorsqu’elles appartiennent à
un groupe, celui-ci est principalement d’origine française (23%), d’Amérique du Nord (6%),
du reste de l’Europe (6%), d’Angleterre (4%) et d’Allemagne (2%) (Graphiques 3 et 4).
France
226
Graphique 4 Origine du groupe
Allemagne
Reste du monde
Afrique
Asie
Amérique du Nord
Reste de l’Europe
Angleterre
N'appartient pas
à un groupe
France
Près de la moitié des entreprises observées ont un site web depuis 3 à 6 ans. Un quart des
entreprises interrogées ont même un site web depuis plus de six ans soit environ avant la fin
de l’année 1998. Enfin, pour la majorité des entreprises le site web permet d’effectuer
des transactions en ligne (environ 70 %), mais le plus souvent depuis seulement quelques
années (Tableaux 56 et 57).
227
Tableau 57 Date de lancement du premier site web transactionnel
Date de lancement du premier site web
transac
Pourcentage Pourcentage
Fréquence Pour cent valide cumulé
Valide Pas de site web
32 26,0 31,7 31,7
transactionnel
Moins d'un an 18 14,6 17,8 49,5
1-3 ans 24 19,5 23,8 73,3
3-6 ans 20 16,3 19,8 93,1
Plus de 6 ans 7 5,7 6,9 100,0
Total 101 82,1 100,0
Manquante 999,00 22 17,9
Total 123 100,0
Toutes les entreprises (à une exception près), ont au moins un responsable de l’activité
Internet. Pour certaines d’entre elles, il existe deux responsables de l’activité Internet (30%)
voire trois (24%) ou quatre (10%) (Tableau 58).
Dans plus de la moitié des cas, la direction est responsable de l’activité Internet. Ensuite
ce sont les responsables marketing (39%) et responsables informatiques (38%) qui sont les
plus souvent en charge de l’activité Internet de l’entreprise. Enfin, 35 % des entreprises ont
un responsable Internet dédié à l’activité Web (Tableau 59).
Ces chiffres révèlent ainsi l’importance et le rôle stratégique qu’accordent, dans la majorité
des cas, les entreprises touristiques à l’activité Internet.
228
Tableau 59 Fonction des responsables de l’activité Internet
Pourc Pourc
Nom Nbre Rep Cas
Le tableau 60 résume les moyennes, les écart-types et les fréquences des réponses pour
chacun des items constituant la variable « Alignement stratégique de l’activité Internet »
Force est de constater que globalement l’alignement stratégique de l’activité Internet est
plutôt élevé. Ceci traduit de manière générale une cohérence entre l’activité de l’entreprise et
l’activité Internet des entreprises interrogées.
Quelques nuances demeurent cependant. La participation des responsables Internet au
pilotage de l’entreprise (25% « Pas du tout, pas ou peu d’accord ») et la participation des
responsables de service au pilotage de l’activité Internet (31% « Pas du tout, pas ou peu
d’accord ») constituent les caractéristiques les plus faibles de l’alignement stratégique. En
revanche, la valorisation de l’activité Internet par la direction de l’entreprise est le plus
souvent très élevée (50% « Tout à fait d’accord »).
L’activité Internet est donc largement valorisée par les dirigeants sans pour autant que les
responsables de l’activité Internet participent activement au pilotage de l’entreprise.
En définitive, les pratiques collaboratives émanent essentiellement de la direction ou des
responsables de service et non du responsable Internet.
229
Tableau 60 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement stratégique
de l’activité Internet »
Ecart- % « Pas du tout % « Pas % « Peu % « Assez % % « Tout à fait
Items Moyenne NR
type d’accord » d’accord » d’accord » d’accord » « D’accord » d’accord »
Participation de dir
pilotage act Internet
4,80 1,20 1,6 2,4 11,4 15,4 32,5 33,3 3,3
Participation des resp ser
pilotage act Internet
4,11 1,36 4,9 5,7 20,3 25,2 23,6 17,1 3,3
Prise en compte Internet
développé par dir
4,61 1,28 2,4 4,1 11,4 20,3 29,3 28,5 4,1
Prise en compte besoins
Internet par dir
4,67 1,22 2,4 1,6 13 18,7 31,7 28,5 4,1
Valorisation de l'act
Internet par resp ser 4,79 1,15 1,6 2,4 6,5 24,4 29,3 31,7 3,3
Valorisation de l'act
Internet par direct
5,13 1,10 0,8 0,8 8,1 15,4 21,1 50,4 3,3
Participation resp
Internet pilotage ent
4,36 1,24 2,4 3,3 19,5 21,1 31,7 18,7 3,3
Nous présentons les moyennes, les écart-types et les fréquences des réponses pour chacun des
items constituant la variable « Alignement organisationnel de l’activité Internet » dans le
tableau 61.
Il apparaît tout d’abord que la très grande majorité des entreprises ont décidé une modification
de leurs modes de fonctionnement interne suite au développement de l’activité Internet (72%
« D’accord » ou « Tout à fait d’accord »). Si la volonté de changement organisationnel est
forte, elle se traduit de manière moins sensible dans les faits. C’est au niveau de la gestion
commerciale que les évolutions se font le plus ressentir. Ainsi, dans 72% des cas les ventes
par Internet sont assez développées, développées ou très développées. En revanche au niveau
de la gestion du back-office les transformations ne sont pas aussi marquées. Par exemple la
facturation par Internet n’est pas du tout, pas ou peu développée chez près de 80% des
entreprises interrogées. De même, en ce qui concerne la gestion de la relation avec le client
les évolutions sont assez faibles. On notera ainsi que pour plus de 80% des entreprises
observées, le SAV par Internet n’est pas du tout, pas ou peu développé.
De nombreux efforts restent donc à réaliser au niveau de la gestion du back-office mais
aussi dans la relation avec le client pour une intégration complète de l’Internet au sein
des entreprises.
Enfin, le tableau fait ressortir une disparité importante entre les entreprises à propos de la
gestion des stocks par Internet et également de la mise en place d’un call center
spécifiquement dédié au site web.
230
Tableau 61 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement
organisationnel de l’activité Internet »
Ecart- % « Pas du tout % « Pas % « Peu % « Assez % % « Très
Items Moyenne « Développé » NR
type développé » développé» développé » développé » développé»
Modification des 3,3 4,1 15,4 28,5 26,8 18,7
modes de fonction- 4,31 1,36 « Pas du tout « Pas « Peu « Assez « Tout à fait 3,3
nement interne d’accord » d’accord » d’accord » d’accord » « D’accord » d’accord »
Réorga du mode de 7,3 8,9 25,2 22,8 24,4 8,9
gestion des appels 3,76 1,37 « Pas du tout « Pas « Peu « Assez « Tout à fait 2,4
d’accord » d’accord » d’accord » d’accord » « D’accord » d’accord »
Facturation par
Internet
2,22 1,43 44,7 17,1 17,9 7,3 8,1 2,4 2,4
Stocks par Internet 3,30 1,86 30,1 7,3 10,6 14,6 22 13 2,4
Achats par Internet 3,58 1,57 16,3 6,5 21,1 22 21,1 10,6 2,4
Call center pour le
site Web
2,78 1,88 39 17,9 7,3 8,1 13,8 13 0,8
Ventes par Internet 4,34 1,62 10,6 4,1 11,4 17,1 25,2 30,1 1,6
Publicité par
Internet
3,90 1,52 9,8 8,1 21,1 15,4 29,3 13,8 2,4
Marketing par
Internet
3,66 1,34 8,9 4,9 35 17 26 6,5 1,6
SAV par Internet 2,33 1,40 39,8 16,3 22,8 11,4 4,9 3,3 1,6
Le tableau 62 résume les moyennes, les écart-types et les fréquences des réponses pour
chacun des items constituant la variable « Alignement technologique de l’activité Internet »
Deux conclusions s’imposent à la lecture de ce tableau. Tout d’abord il existe des différences
importantes entre les entreprises observées en matière d’infrastructure technologique dédiée à
l’activité Internet. D’autre part, si bien souvent des investissements technologiques
complémentaires à l’activité Internet sont effectués (extranet, intranet), l’infrastructure
technologique existante fait moins souvent l’objet d’évolutions en accord avec l’activité
Internet. Ainsi 65% des entreprises interrogées déclarent posséder un intranet et/ou
groupeware assez développé, développé ou très développé alors que 60% de ces mêmes
entreprises reconnaissent que la connexion Internet des applications informatiques existantes
n’est pas du tout, pas ou peu développée.
Les entreprises observées ont donc majoritairement privilégié le développement de
nouvelles infrastructures technologiques complémentaires à l’activité Internet, à
l’évolution du système et des applications informatiques existantes.
231
Tableau 62 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement technologique
de l’activité Internet »
Ecart- % « Pas du tout % « Pas % « Peu % « Assez % % « Très
Items Moyenne « Développé» NR
type développé » développé développé» développé » développé»
Intranet et/ou
groupeware
4,04 1,82 17,1 7,3 8,9 13,8 23,6 27,6 1,6
Extranet 3,24 1,81 26 13 11,4 15,4 17,1 13 4,1
Nouvelle arch du SI
pour act Internet
3,46 1,67 16,3 17,1 15,4 17,1 19,5 13 1,6
Connexion Internet
des apl inf existantes
3,02 1,70 23,6 22 13 13 14,6 9,8 4,1
Nous présentons les moyennes, les écart-types et les fréquences des réponses pour chacun des
items constituant la variable « Alignement des compétences de l’activité Internet » dans le
tableau 63.
Force est de constater que le développement de compétences pour l’activité Internet est
globalement peu élevé, ce qui semble traduire une faible cohérence entre le développement de
l’activité Internet de l’entreprise et le développement de ses compétences.
Le mode de développement de compétences Internet largement privilégié, est le
développement en interne. Ainsi, près de 45% des entreprises possèdent, de manière assez
développée, développée ou très développée, une assistance interne pour répondre aux besoins
des utilisateurs concernant les technologies liées à Internet. Le choix de privilégier le
développement de compétences Internet en interne peut s’expliquer par le caractère
stratégique que les entreprises accordent à l’activité Internet.
Les alliances et partenariats constituent le second mode de développement de compétences
Internet. Il existe d’ailleurs une forte disparité entre les entreprises observées en ce qui
concerne ce second mode de développeme nt de compétences.
Enfin, il faut noter que les acquisitions so nt très peu utilisées co mme mode de développement
de compétences Internet. Ainsi pour plus de 90 % des entreprise s répondantes les acquisitions
ne sont pas du tout, pas ou peu développées.
232
Tableau 63 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement des
compétences de l’activité Internet »
Ecart- % « Pas du tout % « Pas % « Peu % « Assez % % « Très
Items Moyenne « Développé» NR
type développé » développé développé» développé » développé»
Plan de formation aux
tech Internet
2,92 1,31 16,3 22,8 26 21,1 9,8 2,4 1,6
Assistance interne
concernant tech Inter
3,42 1,45 11,4 14,6 26 20,3 17,1 8,1 2,4
Base de gestion des
connaissances
2,66 1,32 20,3 26 27,6 13,8 3,3 4,9 4,1
Recrutements en
externe
2,44 1,38 31,7 26 16,3 15,4 4,9 3,3 2,4
Acquisitions
d'entreprises
1,56 0,97 62,6 19,5 9,8 2,4 0 1,6 4,1
Alliances ou
partenariats
2,94 1,56 22 17,1 15,4 20,3 8,1 6,5 10,6
Le tableau 64 résume les moyennes, les écart-types et les fréquences des réponses pour
chacun des items constituant la variable « Performance de l’activité Internet »
Nous pouvons constater tout d’abord, un nombre élevé de non-réponses (moyenne de 23%)
pour les items liés à la performance commerciale et aux ventes indirectes de l’activité
Internet. Ces non-réponses peuvent traduire le souhait des entreprises de ne pas
divulguer leurs résultats commerciaux en matière d’Internet jugés trop faibles et la
difficulté d’évaluer la performance commerciale de l’activité Internet.
Quoiqu’il en soit la performance commerciale de l’entreprise liée à l’activité Internet
demeure la plus élevée. Ainsi près de 60% des entreprises connaissent un taux de croissance
des ventes sur Internet assez élevé, élevé ou très élevé (85% si l’on exclut les non-réponses).
La performance marketing liée au web n’est pas en reste. On en voudra pour preuve
l’amélioration de l’image de marque de l’entreprise grâce à l’Internet, assez élevée, élevée ou
très élevée pour près de 70% des entreprises interrogées.
En revanche, la performance financière liée à l’activité Internet reste modérée dans la grande
majorité des cas. Ainsi environ 40 % des entreprises déclarent que la meilleure m aîtrise des
coûts liée à l’activité Internet n’est pas du tout, pas ou peu élevée.
233
Tableau 64 Statistiques descriptives des variables de la « Performance de
l’activité Internet »
Ecart- % « Pas du % « Pas % « Peu % « Assez % % « Très
Items Moyenne « Elevé» NR
type tout élevé» élevé » élevé » élevé » élevé »
Taux de croissance des
ventes sur Internet
4,52 1,14 0,8 2,4 7,3 23,6 18,7 16,3 30,9
Taux de croissance des
PM/ventes sur Internet
3,93 1,14 0,8 6,5 16,3 20,3 17,9 4,9 33,3
Conquête de nouveaux
marchés grâce à Internet 3,76 1,29 4,1 8,1 24,4 23,6 15,4 8,9 15,4
Rendement du capital
investi dans act Internet
3,85 1,37 5,7 8,9 21,1 24,4 20,3 11,4 8,1
Meilleure maîtrise des
coûts
3,56 1,35 6,5 16,3 16,3 28,5 16,3 6,5 9,8
Amélioration de la gestion
des attentes client 3,67 1,23 4,1 10,6 27,6 38,2 6,5 11,4 1,6
Satisfaction du client
grâce aux nvx services
3,81 1,23 5,7 6,5 22 38,2 16,3 8,9 2,4
Amélioration de l'image
de marque de l'ent 4,11 1,11 0,8 4,9 24,4 30,9 25,2 11,4 2,4
Taux de croissance des
ventes indirectes
3,88 1,10 3,3 4,9 17,9 34,1 19,5 4,1 16,3
Taux de croissance des
PM/ ventes indirectes
3,67 1,08 3,3 6,5 22,8 30,9 14,6 2,4 19,5
Après avoir vérifié la validité et fiabilité des échelles, décrit les caractéristiques des
répondants, des entreprises observées, de l’activité Internet des firmes interrogées, il nous
reste à étudier les relations entre l’alignement et la performance de l’activité Internet. Tel sera
l’objet du prochain chapitre.
234
Synthèse du chapitre 5
La purification des différentes échelles de mesure est réalisée en s’assurant tout d’abord de la
structure factorielle des construits.
Cinq items sont ainsi supprimés : « Gestion spécifique des e-mails », « RH par Internet »,
« Assistance externe », « Pas de besoin de compétences Internet » et « Résultat net réalisé par
l’activité Internet par rapport aux principaux concurrents ».
Les tests d’unidimensionnalité des échelles montrent que la plus faible variance expliquée par
le facteur commun est de 48 % et les valeurs avoisinent le plus souvent autour de 70% voire
80%. Chaque échelle correspond donc à une valeur unique.
Enfin, le score moyen de l’alpha de Cronbach pour l’ensemble des échelles est de 0,8, ce qui
traduit une fiabilité tout à fait satisfaisante.
235
Les premières analyses par les statistiques descriptives ont permis d’observer certaines
caractéristiques de l’échantillon final et attirent notre attention sur certains points.
Les entreprises présentes dans l’échantillon final sont pour la plupart, de taille petite ou
moyenne, d’origine française (81 %), du reste de l’Europe (4 %) et de l’Amérique du Nord
(3%).
Près de la moitié d’entre elles ont un site web depuis 3 à 6 ans qui permet aujourd’hui le
plus souvent d’effectuer des transactions en ligne.
Un quart des entreprises interrogées ont même un site web depuis plus de six ans soit environ
avant la fin de l’année 1998.
Toutes les entreprises (à une exception près), ont au moins un responsable de l’activité
Internet, voire dans 35% des cas un responsable Internet affecté exclusivement à l’activité
web.
236
Le mode de développement de compétences Internet largement privilégié est le
développement en interne. Ce choix peut s’expliquer par le caractère stratégique que les
entreprises accordent à l’activité Internet.
Après avoir effectué les tests des échelles de mesures et les premières analyses descriptives de
l’échantillon, il nous reste à étudier les relations entre l’alignement et la performance de
l’activité Internet. Tel sera l’objet du prochain chapitre.
237
Chapitre 6 L’ETUDE DU LIEN ENTRE L’ALIGNEMENT ET LA
PERFORMANCE
DE L’ACTIVITE INTERNET
Présentation du chapitre 6
Nous souhaitons à travers ce chapitre étudier les relations entre l’alignement et la performance
de l’activité Internet. Est-ce que les composantes de l’alignement Internet influencent
directement et positivement la performance Internet de l’entreprise? (Hypothèses 2 à 5). Les
composantes de l’alignement Internet sont-elles liées ? (Hypothèse 6). Est-ce que
l’alignement de l’activité Internet influence directement et positivement la performance
Internet de l’entreprise ? (Hypothèse 1). Enfin, la taille, la durée d’exploitation du site web, le
nombre d’activités et la nationalité sont-elles des variables qui influent sur la relation
alignement/performance ? (Hypothèses 7 à 10).
L’analyse par les corrélations, régressions multiples ainsi que par les équations structurelles,
nous permet d’apporter une réponse à ces questions.
238
1. L’étude non-simultanée des relations entre l’alignement et la
performance de l’activité Internet
Afin d’analyser les relations directes entre variables explicatives et variables expliquées nous
avons procédé dans un premier temps à l’étude des corrélations bi-variées (aux seuils de
signification 0,01/0,05/0,10) qui permet de révéler l’existence de relations entre deux
variables.
Soit X1, X2, X 3, X4 les variables explicatives (dites aussi indépendantes) quantitatives.
239
Soit ε le résidu et ai les coefficients de la droite de régression.
On cherche une fonction f, telle que f(X1, X2, X3, X4) soit aussi proche que possible de Y
avec :
On cherche donc les coefficients a, tels que l’équation soit aussi proche que possible de Y,
c’est-à-dire que les résidus soient minimums.
ε = Y i réel – Y i calculé
On cherche donc à minimiser la somme des carrés des résidus, c'est-à-dire ao, a1, a2, a3 et a4
tels que :
Le logiciel SPSS 11.0 utilisé pour effectuer les régressions multiples teste automatiquement
plusieurs modèles de régression en procédant par itérations.
La procédure pas à pas a été retenue car elle permet d’optimiser le choix des variables d’un
modèle. La méthode consiste à sélectionner la variable la plus corrélée avec la variable
expliquée, puis à ajouter la variable qui possède la corrélation partielle la plus forte avec la
variable expliquée. Les variables devenues superflues suite à l’ajout d’une nouvelle variable
(à cause de fortes corrélations) sont alors éliminées. Le processus est répété jusqu’à ce que
l’amélioration marginale ne soit plus significative.
La procédure a ainsi l’avantage d’éviter la colinéarité entre variables explicatives.
L’indépendance des variables explicatives est en effet une condition nécessaire à l’analyse des
régressions. A ce sujet, nous nous référons aux tests de colinéarité fournis par le logiciel
(Tolérance (T) >0,3 et Variance Inflation Factor (VIF) <3,3).
De plus, les modèles de régression linéaire sont soumis à l’hypothèse de non-corrélation des
résidus (les erreurs relatives à deux observations différentes, ne doivent pas être corrélées
entre elles). La statistique de Durbin-Watson nous permet l’autocorrélation des termes
d’erreur ( 1,5<DW<2,5).
240
S’agissant de l’hypothèse de normalité des résidus, nous ferons appel aux statistiques de
Kolmogorov-Smirnov (K-S) et de Shapiro-Wilk (S-W) qui testent l’hypothèse H0
d’ajustement des données selon une loi normale. Si p (la probabilité de rejeter H0 alors
qu’elle est vraie) est supérieure au seuil de signification, alors la normalité des résidus est
vérifiée.
Il s’agit de déterminer s’il existe une relation entre l’alignement stratégique de l’activité
Internet et la performance Internet par l’étude des corrélations (Tableau 65).
Performance
Performance Performance Performance des ventes
commerciale financière marketing indirectes
Implication de la direction et Corrélation de Pearson ,297** ,404** ,450** ,329**
des responsables de service Sig. (bilatérale) ,008 ,000 ,000 ,001
dans l'activité Internet N 78 104 114 95
Valorisation Corrélation de Pearson ,441** ,429** ,478** ,499**
Sig. (bilatérale) ,000 ,000 ,000 ,000
N 78 105 115 96
Implication du/des Corrélation de Pearson ,130 ,135 ,204* ,100
responsable(s) Internet dans Sig. (bilatérale) ,252 ,167 ,028 ,332
l'activité de l'entreprise N 80 106 116 97
**. La corrélation est significative au niveau 0.01 (bilatéral).
*. La corrélation est significative au niveau 0.05 (bilatéral).
241
Force est de constater que la relation entre, d’une part, l’implication de la direction et des
responsables de services dans l’activité Internet, la valorisation de l’activité Internet et,
d’autre part, la performance de l’activité Internet, est significative.
En revanche l’implication du/des responsables Internet dans l’activité de l’entreprise n’est pas
significativement corrélée avec la performance de l’activité Internet (sauf pour la performance
marketing).
Les relations les plus significatives sont celles existant entre, d’une part, la valorisation de
l’activité Internet, et d’autre part, la performance marketing et la performance des ventes
indirectes de l’activité Internet.
De manière générale la performance marketing et la performance des ventes indirectes sont
les plus corrélées avec l’alignement stratégique de l’activité Internet
b. Régressions multiples
Le modèle ainsi obtenu, basé uniquement sur la variable valorisation, détermine 21,5%
de la variance de la performance Internet.
242
1.1.2 Relation entre l’alignement organisationnel et la performance de
l’activité Internet
243
b. Régressions multiples
244
Tableau 69 Corrélations entre l’alignement technologique et la performance
de l’activité Internet
Performance
Corrélations Performance Performance Performance des
commerciale financière marketing ventes indirectes
Complémentarité Corrélation de Pearson ,263* ,370** ,323** ,317**
des Sig. (bilatérale) ,018 ,000 ,000 ,002
investissements 81 106 115 97
N
Evolutions Corrélation de Pearson ,238* ,303** ,199* ,329**
technologiques Sig. (bilatérale) ,035 ,002 ,033 ,001
N 79 106 114 98
**. La corrélation est significative au niveau 0.01 (bilatéral).
*. La corrélation est significative au niveau 0.05 (bilatéral).
b. Régressions multiples
La variable Performance de l’activité Internet fait l’objet d’une régression multiple sur les
variables liées à l’alignement technologique de l’activité Internet (Tableau 70).
35
Une hypothèse est corroborée au sens de Popper (1971) si elle n’a pu être falsifiée. Cela ne veut pas dire pour
autant qu’elle soit vraie.
245
Un alignement technologique de l’activité Internet caractérisé par une forte
complémentarité des investissements technologiques est plus susceptible d’aboutir à un
niveau de performance Internet élevé.
L’analyse des corrélations a montré précédemment que l’alignement technologique est
particulièrement lié à la performance financière et à la performance des ventes indirectes.
C’est pourquoi chacune de ces dimensions de la performance Internet fait l’objet d’une
régression sur les variables liées à l’alignement technologique de l’activité Internet.
La Performance financière de l’activité Internet est régressée sur les variables de l’alignement
technologique Internet (Tableau 71).
La performance des ventes indirectes de l’activité Internet fait l’objet d’une régression
multiple sur les variables de l’alignement technologique Internet (Tableau 72).
Le modèle proposé, basé sur les évolutions technologiques, restitue 10,9% de la variance
de la performance des ventes indirectes.
246
Cependant, ce résultat doit être considéré avec une certaine réserve car la normalité des résidus du
modèle n’est pas vérifiée.
Force est de constater que les corrélations, entre les composantes de l’alignement des
compétences et la performance Internet, ne sont pas ou peu significatives (Tableau 73).
247
Tableau 73 Corrélations entre l’alignement des compétences et la performance
de l’activité Internet
Corrélations
b. Régressions multiples
Nous cherchons à identifier les caractéristiques de l’alignement des compétences Internet qui
permettent une prédiction optimale du niveau de performance Internet.
La variable Performance de l’activité Internet fait donc l’objet d’une régression multiple sur
les variables liées à l’alignement des compétences de l’activité Internet.
Aucun modèle significatif ne ressort de la régression, ce qui confirme le rejet de l’hypothèse
H5.
Le lien entre l’alignement des compétences et la performance de l’activité Internet, n’est
donc pas vérifié.
Il convient cependant d’apporter une nuance à cette conclusion.
En effet, l’observation du développement de compétences Internet et de la performance
Internet est simultanée. Or, l’assimilation et l’effet des compétences, notamment dans le cadre
d’acquisitions ou d’alliances, ne sont pas immédiats. De ce fait, l’absence de lien significatif
entre l’alignement des compétences et la performance de l’activité Internet peut s’expliquer
par le mode d’observation adopté dans cette étude.
248
1.1.7 Relation entre l’alignement des compétences et la performance marketing
de l’activité Internet
La performance marketing de l’activité Internet fait l’objet d’une régression multiple sur les
variables de l’alignement des compétences Internet (Tableau 74).
La performance financière de l’activité Internet fait l’objet d’une régression multiple sur les
variables de l’alignement des compétences Internet (Tableau 75).
Le modèle obtenu, basé sur le développement interne de compétences Internet, restitue 3,4%
de la variance de la performance financière.
249
A un développement interne de compétences Internet soutenu correspond un niveau
élevé de performance financière de l’activité Internet.
La performance des ventes indirectes de l’activité Internet fait l’objet d’une régression
multiple sur les variables de l’alignement des compétences Internet (Tableau 76).
Le modèle fourni permet d’expliquer 5,1% de la variance de la performance des ventes
indirectes essentiellement par le développement interne de compétences Internet.
Les quatre dimensions de l’alignement Internet entretiennent donc chacune, sous une forme
qui leur est propre, une relation avec la performance Internet de l’entreprise.
Il nous faut à présent étudier les relations entre variables explicatives à travers le test de
l’hypothèse H6 pour pouvoir ensuite vérifier l’hypothèse générale H1 portant sur la relation
entre l’alignement et la performance de l’activité Internet.
L’étude des relations entre les composantes de l’alignement Internet permet de tester la
sixième hypothèse de recherche, à savoir :
250
- H6 : Les quatre dimensions de l’Alignement de l’activité Internet sont mutuellement
liées, ce qui suppose :
Alignement
Alignement Alignement Alignement des
stratégique organisationn technologique compétences
de l'activité el de l'activité de l'activité de l'activité
Internet Internet Internet Internet
Alignement stratégique
Alignement stratégique Corrélation de Pearson
Corrélation Pearson 11 ,534*
,534** ,326*
,326** ,370**
,37 0**
de l'activité Internet * *
Sig. (bilatérale) , ,000 ,001 ,00 0
de l'activité Internet Sig. (bilatérale) , ,000 ,001 ,000
N 116 108 109 106
N 116 108 109 106
Alignement Corrélation de Pearson ,534** 1 ,525** ,28 2**
Alignement Corrélation de Pearson ,534** 1 ,525* ,282**
organisationnel de Sig. (bilatérale) *
l'activité Internet ,000 , ,000 ,00 4
organisationnel de NSig. (bilatérale) ,000
l'activité Internet 108 115, ,000
109 ,004
102
Alignement N
Corrélation de Pearson ,326**
108 ,525**
115 1
109 ,22
102
4*
technologique de Sig. (bilatérale) ,001 ,000
Alignement Corrélation de Pearson ,326** ,525* 1, ,02 3
,224*
l'activité Internet *
N
technologique de Sig. (bilatérale) 109
,001 109
,000 115, 10
,023
2
l'activité Internet N
Corrélation de Pearson 109
,370** 109
,282** 115
,224* 102
1
Sig. (bilatérale) ,000 ,004 ,023 ,
Alignement des NCorrélation de Pearson ,370**
106 ,282*
102 ,224*
102 1081
*
**. La corrélation
compétences de est significative au niveau 0.01 (bilatéral).,000
Sig. (bilatérale) ,004 ,023 ,
*. La corrélation
l'activité Internet est significative au niveau 0.05 (bilatéral). 106 102 102 10
N
8
251
Le coefficient de corrélation entre l’alignement stratégique et l’alignement organisationnel de
l’activité Internet est significatif (0,534**). L’hypothèse H6a est donc corroborée.
Parmi les relations entre variables explicatives certaines sont davantage significatives. C’est le
cas des relations entre l’alignement stratégique et l’alignement organisationnel, entre
l’alignement technologique et l’alignement organisationnel. En revanche, la relation entre
l’alignement des compétences et l’alignement organisationnel ou technologique de l’activité
Internet est moins significative.
252
1.3. Etude de la relation entre l’alignement et la performance de l’activité
Internet
Les corrélations entre les dimensions de l’alignement Internet et celles liées à la performance
Internet sont globalement significatives (Tableau 78).
L’alignement organisationnel est particulièrement associé à la performance de l’activité
Internet. Ce n’est pas le cas pour l’alignement des compétences qui n’est pas
significativement lié à la performance commerciale, financière et des ventes indirectes de
l’activité Internet.
Performance
Performance Performance Performance des ventes
commerciale financière marketing indirectes
Alignement stratégique Corrélation de Pearson ,330** ,376** ,446** ,348**
de l'activité Internet Sig. (bilatérale) ,003 ,000 ,000 ,001
N 78 103 113 94
Alignement Corrélation de Pearson ,476** ,622** ,447** ,463**
organisationnel de Sig. (bilatérale) ,000 ,000 ,000 ,000
l'activité Internet N 79 106 112 95
Alignement Corrélation de Pearson ,281* ,364** ,286** ,359**
technologique de Sig. (bilatérale) ,013 ,000 ,002 ,000
l'activité Internet 78 104 112 96
N
Alignement des Corrélation de Pearson ,208 ,186 ,307** ,191
compétences de Sig. (bilatérale) ,075 ,065 ,001 ,074
l'activité Internet 74 99 106 88
N
**. La corrélation est significative au niveau 0.01 (bilatéral).
*. La corrélation est significative au niveau 0.05 (bilatéral).
253
1.3.2 Régressions multiples
Nous cherchons à identifier les caractéristiques de l’alignement Internet qui permettent une
prédiction optimale du niveau de performance liée à l’Internet.
La variable Performance de l’activité Internet fait donc l’objet d’une régression multiple sur
les quatre dimensions de l’alignement Internet (Tableau 79).
Le modèle retenu s’écrit donc : PEFINT= 0,973+ 0,422 ALGORGA + 0,303 ALGSTRAT
Afin de déterminer précisément quelles sont les variables de l’alignement Internet associées à
la performance Internet, une nouvelle régression multiple est réalisée à partir des treize
variables de l’alignement Internet (Tableau 80).
Le quatrième modèle (que nous retenons car il restitue davantage de variance par
rapport aux trois premiers modèles) explique 53,2% de variance de la performance
Internet, essentiellement par l’intégration d’Internet dans les fonctions de gestion
commerciale, de gestion de la relation avec le consommateur, de back-office et par la
valorisation de l’activité Internet.
254
Tableau 80 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement
de l’activité Internet
Le modèle retenu s’écrit donc : PEFINT= 0,823+ 0,341 INTGECOM + 0,294 INTRECON +
0,257 VALINT - 0,154 INTBACF
Il paraît également utile de définir quelles sont les variables de l’alignement à privilégier
selon les objectifs poursuivis en terme de performance. C’est pourquoi, une régression
multiple est effectuée sur chacune des dimensions de la performance Internet, à partir des
treize variables de l’alignement Internet.
255
Tableau 81 Variables à considérer en priorité selon la dimension de la
performance considérée
Les résultats obtenus fournissent également le pourcentage de variance restituée pour chaque
dimension de la performance Internet et permettent ainsi de déterminer quelles sont les
dimensions de la performance Internet les plus étroitement liées à l’alignement Internet
(Tableau 82).
256
Tableau 82 Pourcentage de variance restitué pour chaque dimension de
la performance
Dimension de la Performance Performance Performance Performance des
performance commerciale financière marketing ventes indirectes
Internet
257
H10 : La nationalité influe sur la relation alignement/performance de l’activité Internet de
l’entreprise.
Une variable modératrice est une variable qui modifie l’effet de la variable indépendante sur
la variable dépendante (Brauer, 2000). Elle module l’intensité et/ou le sens de l’effet de la
variable indépendante sur la variable dépendante (Sharma, Durand et Gur-Arie, 1981).
Dans le cadre de notre recherche les variables modératrices considérées sont susceptibles
d’agir sur la force du lien existant entre l’alignement et la performance de l’activité Internet.
Nous traiterons tout d’abord les trois premières variables modératrices par la régression ou
plus précisément la régression multiple modérée (MRA, Moderated Regression Analysis)
comme le préconisent Aguinis et Pierce (1999) lorsqu’il s’agit de variables d’intervalle.
258
Tableau 83 Effet des trois premières variables modératrices
Variables modératrices
Taille Durée Nbr activités
0,526 0,518
Coef stand-Alignement de
sig = 0,000; 0,160 sig = 0,000;
l’activité Internet(X) T = 1; VIF = 1
T = 1;VIF = 1
Coef stand-Variable modératrice
0,039 - 0,057 - 0,090
(Z)
0,597
Coef stand-Interaction (XZ) 0,054 sig = 0,000 ; - 0,050
T = 1 ; VIF = 1
20,621 27,179 21,970
F sig = 0,000 sig = 0,000 sig = 0,00
R 0,526 0,597 0,518
R² 0,263 0,344 0,256
DW 2,604 2,635 2,609
K-S p 0,200 0,200 0,200
S-W p 0,019 0,792 0,019
La variable modératrice « Nationalité » étant de type nominal, il n’est pas possible de la traiter
telle quelle par la régression multiple modérée. Il conviendrait de la recoder à partir de
variables binaires (0/1). Mais cette procédure s’avèrerait trop lourde sachant que la variable
« Nationalité » comporte un nombre élevé de modalités.
259
Nous avons alors recours à l’analyse de variance à un facteur (Anova) qui permet d’effectuer
des tests de comparaisons de moyennes sur plusieurs groupes.
Pour ce faire, la variable Alignement de l’activité Internet est recodée en tant que variable
ordinale à 7 modalités (le nombre de modalités est assez élevé afin de pas limiter la perte
d’information).
De même les variables Nationalité de l’entreprise et Nationalité du groupe sont recodées selon
4 modalités (au lieu respectivement de 7 et 8) afin d’avoir un minimum d’observations par
modalité.
L’utilisation de l’Anova suppose l’égalité des variances sur chaque groupe. Nous
appliquerons donc le test de Levene qui postule l’hypothèse H0 d’égalité des variances. Si p
(la probabilité de rejeter H0 alors qu’elle est vraie) est supérieure au seuil de signification,
alors l’égalité des variances est vérifiée.
S’agissant de l’hypothèse de normalité des résidus, nous ferons appel aux statistiques de
Kolmogorov-Smirnov (K-S) et de Shapiro-Wilk (S-W) comme lors des analyses par les
régressions.
Le test F de Fisher-Snedecor permet de déterminer si les variables indépendantes sont
significatives.
Enfin, les tests de Tukey (hypothèse de variances égales) et Tamhane (hypothèse de variances
inégales) permettent de vérifier si les différences de moyennes sont significatives selon les
modalités considérées.
260
Tableau 84 Effet de la Nationalité de l’entreprise
Tests des effets inter-sujets
Précisons en ce qui concerne la qualité des résultats obtenus, que l’hypothèse d’égalité des variances est
respectée selon les résultats fournis par le test de Levene. En revanche la normalité des résidus n’est pas
vérifiée en ce qui concerne la variable Nationalité du groupe.
L’étude des relations directes entre, d’une part, l’alignement et ses composantes, et d’autre
part, la performance de l’activité Internet, par l’analyse des corrélations et les régressions
multiples, permet de tester les cinq premières hypothèses de recherche de manière non-
simultanée (Tableau 86).
261
Tableau 86 Résultats des tests concernant les cinq premières hypothèses de recherche
Hypothèse H1 H2 H3 H4 H5
% Variance
expliquée de la
53,2% 21,5% 44,2% 8,2%
performance
Internet
Si le lien entre l’alignement des compétences et la performance de l’activité Internet n’est pas
vérifié, un développement interne de compétences Internet correspond cependant à un niveau
élevé de performance marketing, financière et des ventes indirectes de l’activité Internet.
Les plus grandes précautions sont à prendre en ce qui concerne l’intégration d’Internet
au niveau des fonctions de back-office qui semble poser problème en terme d’efficacité.
262
L’étude des relations entre variables explicatives, par l’analyse des corrélations, permet de
corroborer l’hypothèse H6 selon laquelle les quatre dimensions de l’Alignement de
l’activité Internet sont mutuellement liées.
Parmi les relations entre variables explicatives certaines sont davantage significatives. C’est le
Enfin, l’étude par les régressions multiples modérées et l’Anova permet d’identifier les effets
modérateurs sur la relation alignement/performance de l’activité Internet.
La durée d’exploitation du site web (contrairement à la taille de l’entreprise, le nombre
d’activités de l’entreprise ou la nationalité de l’entreprise/du groupe) apparaît agir en tant que
variable modératrice (hypothèse H8 corroborée, hypothèses H7, H9 et H10 rejetées). Ainsi,
plus la durée d’exploitation du site web est longue et plus la capacité prédictive de
l’alignement vis-à-vis de la performance Internet est importante.
Les résultats issus de l’analyse par les corrélations et les régressions multiples présentent une
faiblesse majeure.
En effet, chacune des hypothèses de recherche est traitée de manière isolée. Or, le modèle de
recherche ne se réduit pas uniquement à une juxtaposition d’hypothèses. Il convient de le
tester dans sa globalité en traitant de manière simultanée l’ensemble des relations qui le
composent.
C’est pourquoi nous allons à présent tester le modèle à l’aide de l’analyse par les équations
structurelles qui permet le traitement de relations linéaires simultanées.
L’intérêt de l’analyse par les équations structurelles est qu’elle permet le traitement de
relations linéaires simultanées tout en incorporant les erreurs de mesure. L’étude simultanée
de la structure des relations entre variables permet donc une évaluation globale du modèle de
recherche en étudiant son ajustement par rapport aux données.
263
Chaque variable latente du modèle de recherche est représentée selon l’équation :
X = λξ+δ
avec :
X : variable observée,
ξ: variable latente,
λ : mesure de la relation entre variable latente et variable observée,
δ : erreur de mesure.
Parmi les modèles à valider, il convient de différencier les modèles réflectifs des modèles
formatifs.
Les modèles réflectifs, les plus couramment utilisés, sont composés de variables latentes
constituant la cause du phénomène qu’elles mesurent.
A l’inverse, les modèles formatifs comprennent des variables latentes qui sont des effets des
phénomènes qu’elles mesurent.
Les modèles formatifs, même s’ils constituent aujourd’hui une nouvelle voie de recherche en
gestion, sont assez peu utilisés car ils sont difficiles à tester notamment à travers la méthode
des équations structurelles (peu de logiciels, hormis PLS, se prêtent à leur usage).
Dans le cas présent, le modèle est composé de relations considérées comme réflectives (les
indicateurs reflètent la performance ou l’alignement). Il s’agit donc d’un modèle réflectif.
La validation d’un modèle comprend quatre étapes (Evrard, Pras et Roux, 2000) : la
spécification, l’identification, l’estimation et le test.
Enfin, lors du test, il s’agit de vérifier l’adéquation du modèle aux données, au niveau global
et au niveau de chaque paramètre.
264
La spécification du modèle ayant été réalisée au préalable lors de l’étude des fondements
théoriques de l’alignement de l’activité Internet, nous focalisons ici notre attention sur
l’identification, l’estimation et le test du modèle.
Avant de pouvoir tester un modèle par les équations structurelles, il convient de se demander
si la taille de l’échantillon final (123 observations) est suffisante.
Le nombre d’observations doit varier entre 100 et 500 (Evrard, Pras et Roux, 2000). Le ratio
moyen recommandé est de 5 observations par paramètre à estimer et il convient d’avoir au
moins autant d’observations que de paramètres à estimer (Roussel et al., 2002). Dans le cas
présent, sachant que cette dernière condition est remplie, la taille de l’échantillon paraît donc
suffisante.
Nous avons fait le choix d’utiliser le logiciel EQS (version 6.1) développé par Bentler depuis
1985, car il s’agit de l’un des logiciels d’équations structurelles les plus utilisé et surtout les
plus reconnu au niveau international. De plus, EQS a le double avantage de fournir les indices
robustes (neutralisant la non multi-normalité des variables) et de proposer une interface
graphique facilitant son utilisation.
Le modèle global comprend le modèle de mesure (étude des relations entre les variables
latentes et les indicateurs observés) et le modèle structurel (étude des relations entre variables
latentes). Afin de vérifier l’ajustement du modèle global aux données empiriques, nous avons
adopté la démarche en deux temps préconisée par Anderson et Gerbing (1988). Elle suppose
de tester dans un premier temps le modèle de mesure et dans un second temps le modèle
structurel. En effet, la démarche d’estimation en une seule étape rend difficile la localisation
Afin de pouvoir prendre en compte les valeurs fournies par le test du modèle de mesure
(contribution factorielle, erreur de mesure etc.) il faut s’assurer au préalable que l’ajustement
global du modèle soit satisfaisant.
L’adéquation du modèle aux données s’évalue en observant l’écart existant entre la matrice
des corrélations/covariances prédite par le modèle en question et celle observée (il doit être le
plus petit possible).
Nous nous référerons à la matrice des covariances car celle-ci est plus adaptée pour tester une
théorie et sa généralisation (en l’occurrence la théorie de l’alignement appliquée à l’activité
265
Internet) ainsi que pour expliquer la variance totale (dans le cas présent celle de la
performance Internet). La matrice des corrélations est plus adéquate pour expliquer la
structure de relations (Roussel et al., 2002).
Il existe deux principales méthodes permettant d’estimer les données de la matrice prédite : la
méthode des moindres carrés ULS (moindres carrés non pondérés) ou GLS (moindres carrés
généralisés) et la méthode du maximum de vraisemblance ML (suppose la normalité des
variables).
Nous avons fait le choix d’utiliser la méthode du maximum de vraisemblance. En effet, bien
que cette méthode suppose la multinormalité des variables (contrairement à la méthode des
moindres carrés) elle procure en pratique de meilleurs résultats même si la règle de la
multinormalité est violée (Roussel et al., 2002).
Mais ce test est le plus souvent peu fiable car le Chi-Deux est un indicateur sensible à la taille
de l’échantillon. Il existe de nombreux autres indices plus fiables que le Chi-Deux (Tableau
87). Ces indices se regroupent en trois catégories correspondant à des perspectives différentes
de l’évaluation d’un modèle (Roussel et al. 2002) :
266
Tableau 87 Les indices d’ajustement
- le GFI et l’AGFI le PGFI sont peu sensibles à la taille de l’échantillon mais sont
en revanche sensibles à la complexité du modèle,
- le RMSEA est indépendant de la taille de l’échantillon et de la complexité du
modèle,
267
- Le NFI le CFI sont sensibles à la méthode d’estimation choisie (maximum de
vraisemblance, moindres carrés),
- L’ECVI est sensible à la taille de l’échantillon,
- L’AIC est assez peu sensible à la taille de l’échantillon.
C’est pourquoi il est souhaitable d’en combiner plusieurs afin d’obtenir une analyse plus fine
et complète de l’ajustement des données.
Nous retiendrons comme indice de référence le χ2 robuste de Satorra et Bentler ajusté par le
degré de liberté, (χ2 S&B/ddl) ainsi que les indices robustes CFI, RMSEA proposés par le
logiciel EQS, qui ont l’avantage de neutraliser la non multinormalité des variables. Nous
observerons également les indices GFI, AGFI, RMR et RMSEA, les plus couramment utilisés
dans les recherches en gestion faisant appel aux équations structurelles.
Si l’ajustement du modèle proposé est acceptable selon les indices d’évaluation alors les
estimations des coefficients de régression et les pourcentages de variance expliquée R² pour
les variables dépendantes peuvent être retenus.
Pour la lecture des paramètres (contributions factorielles, erreurs de mesure) nous nous
référerons aux paramètres standardisés (dont la variance est égale à l’unité) qui permettent la
comparaison entre paramètres dont l’unité de mesure de la variable est différente.
A partir des résultats de l’AFC il est possible de s’assurer de la fiabilité de chacune des
échelles de mesures par le calcul du rhô de Jöreskog. Par rapport à l’alpha de Cronbach, cet
indice est plus adapté aux équations structurelles puisqu’il intègre les termes d’erreurs et a
l’avantage d’être moins sensible au nombre d’items. Pour une bonne fiabilité, sa valeur doit
être supérieure à 0, 7.
268
La formule du rhô standardisé est :
ρ (A) = (Σλi)²
(Σλi)² +Σvar (ei)
avec :
A : variable latente,
λi : contribution factorielle standardisée de l’item i sur la variable latente A,
ei : erreur de mesure de i.
Enfin, il est possible à partir des résultats de l’AFC de tester la validité discriminante des
variables du modèle. Il s’agit de vérifier que la mesure d’une variable est bien spécifique à
celle-ci. On compare le Chi-Deux obtenu dans le modèle original, avec le Chi-Deux obtenu
dans un modèle contraint où les variables latentes sont parfaitement corrélées (établies à la
valeur 1).
S’il y a validité discriminante, la différence de Chi-Deux à laquelle on applique un test du
Ch
i-Deux doit être significative en prenant en compte la différence de degré de liberté et le
degré de signification souhaité.
269
3) Test du modèle structurel :
Il s’agit de vérifier que les coefficients de corrélation entre variables latentes sont significatifs,
en se rapportant aux hypothèses de recherche.
Le R² qui se calcule en soustrayant à 1 le carré du coefficient standardisé de la perturbation,
permet d’évaluer la part de variance expliquée par le modèle pour les variables dépendantes.
Il est possible de respécifier le modèle initial en supprimant les relations non significatives et
en ajoutant les relations significatives préalablement omises. Chacune des modifications doit
être justifiée théoriquement.
Le test de Lagrange fourni par EQS permet de déterminer s’il convient de libérer des
paramètres fixés au préalable. Enfin, le test de Wald vise à établir s’il est souhaitable de fixer
des paramètres laissés libres initialement.
Avant de tester le modèle de recherche, il convient donc à présent d’effectuer une AFC pour
chacun des indicateurs et construits utilisés dans la recherche.
Afin de ne pas augmenter la complexité du modèle de recherche au-delà des limites qui
permettent d’obtenir un ajustement du modèle nous utilisons une grande part d’indicateurs
agrégats d’items.
Nous avons fait le choix de retenir les moyennes des items des échelles des indicateurs et non
les scores factoriels issus de l’ACP. En effet, les scores factoriels dépendent de l’échantillon
étudié et peuvent varier sur un échantillon différent. En revanche, les moyennes des items des
échelles permettent de déterminer un indicateur indépendamment de l’échantillon étudié.
Ceci étant, il est nécessaire de vérifier la structure factorielle, la fiabilité et la validité
convergente de chacun des ces indicateurs. C’est ce que nous avons fait en appliquant l’AFC
à chacun des indicateurs des différents construits du modèle de recherche.
270
2.1.1 Construit « Alignement stratégique de l’activité Internet »
Nous effectuons une AFC sur l’ensemble des indicateurs du construit « Alignement
stratégique de l’activité Internet » (Graphique 5). Notons que la variance de l’erreur de l’item
PARTINT est fixée à 0 car il s’agit de l’unique item rattaché à la var IMPLINT (on suppose
que la variable est parfaitement mesurée par l’Item) 36.
L’ensemble des indices figurant dans le tableau ci-après présentent des valeurs acceptables et
traduisent un bon ajustement de la structure des indicateurs aux données.
Tableau 88 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les trois indicateurs
du construit « Alignement stratégique de l’activité Internet »
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR χ2 S&B/ddl
(robuste) (robuste)
Valeurs 0,922 0,801 0,041 0,081 0,975 1,8
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc élevée.
36
Le schéma fait apparaître les valeurs standardisées des contributions factorielles (pour les variables latentes et
les erreurs) fournies par EQS.
Les contributions factorielles sans astérisque sont celles dont la valeur non standardisée est fixée initialement à 1
par EQS.
271
Graphique 5 AFC sur les trois indicateurs du construit « Alignement stratégique
de l’activité Internet »
0.50
PARTDIR E28*
0.87
0.73
PARTRESP E29*
0.69*
IMPLDIRE*
0.87*
DVPINT DI 0.50 E30*
0.90*
0.51*
VALINT DI 0.46 E27*
0.89
VALINT *
0.81*
VALINTRE 0.58 E33*
0.42*
- Fiabilité :
272
ρ (VALINT) = (0,885+ 0,815)²
(0,885+ 0,815)² + (1- 0,885²+ 1-0,815²)
ρ (VALINT) = 0,839 >seuil de 0,7
ρ (IMPLINT) = (1)²
(1)²+ (1-1²)
- Validité convergente :
Les items des indicateurs ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
273
ρvc (VALINT) = (0,885²+ 0,815²)
(0,885²+ 0,815²) + (1- 0,885²+ 1-0,815²)
Nous effectuons une AFC sur l’ensemble des indicateurs du construit « Alignement
organisationnel de l’activité Internet » (Graphique 6).
274
Graphique 6 AFC sur les quatre indicateurs du construit « Alignement
organisationnel de l’activité Internet »
EVOLORG*
0.74*
CHGTEL 0.67 E16*
0.62*
0.54*
0.64*
0.58*
0.64*
INT RECON*
0.64*
MARKTINT 0.77 E7*
L’ensemble des indices présentés dans le tableau ci-après ont des valeurs acceptables et
traduisent un bon ajustement de la structure des indicateurs aux données.
275
Tableau 90 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les quatre
indicateurs du construit « Alignement organisationnel de l’activité Internet
»
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR χ2 S&B/ddl
(robuste) (robuste)
Valeurs 0,933 0,873 0,051 0,066 0,954 1,5
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données apparaît donc élevée.
- Fiabilité :
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité de chaque indicateur.
ρ (INTGECOM) = (0,637+0,704+0,856)²
(0,637+0,704+0,856)² + (1-0,637²+1-0,704²+1-0,856²)
ρ (INTRECON) = (0,638+0,590)²
(0,638+0,590)² + (1-0,638²+1-0,590²)
276
- Validité convergente :
Les items des indicateurs ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
Ensuite convergen nous calculons le rhô de validité convergente standardisé mesurant la validité
te de chaque indicateur.
ρvc (EVOLORG) = (0,746²+ 0,740²)
(0,746²+ 0,740²) + (1- 0,746²+ 1-0,740²)
277
ρvc (INTGECOM) = 0,544 > seuil de 0,5
Nous effectuons u ne AFC sur les deux indicateu rs du construit « Alignement technol ogique
de l’activité Intern et » (Graphique 7).
COMPLTIN*
0.84*
EXTRANET 0.55 E12*
0.87*
EVOTEC*
0.81*
CONEXWEB 0.59 E14*
278
a. Ajustement du modèle global
L’ensemble des indices figurant dans le tableau ci-après présentent des valeurs très
satisfaisantes et traduisent un très bon ajustement de la structure des indicateurs aux données.
Tableau 92 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les deux indicateurs
du construit « Alignement technologique de l’activité Internet »
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,996 0,957 0,012 0,024 1 1
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc très élevée
- Fiabilité :
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité de chaque indicateur.
- Validité convergente :
Les items des indicateurs ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
279
Tableau 93 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur les
deux indicateurs du construit « Alignement technologique de l’activité Internet »
280
Nous effectuons une AFC sur l’ensemble des indicateurs du construit « Alignement des compétences
de l ’activité Internet » (Graphique 8)
Notons que la va riance de l’erreur des items RECRTEXT, ACQ et ALL_PART est fixée à 0
car ils constitue nt l’unique mesure respectivement les variable s DVPEXTCI, ACQ et
suppose que chacune des variables est parfaitem
ALL_PART (on ent mesurée par l’unique
item qui lui est ra ttaché).
0.72
0.83*
0.25*
0.35*
0.20*
L’ensemble des indices figurant dans le tableau ci-dessous présentent des valeurs
satisfaisantes, excepté l’AGFI (0,760) légèrement inférieur au seuil minimum (0,8), et
traduisent un ajustement acceptable de la structure des indicateurs aux données.
281
Tableau 94 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les quatre
indicateurs du construit « Alignement des compétences de l’activité Internet
»
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,966 0,760 0,046 0,000 1 0,8
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc assez
élevée.
- Fiabilité :
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité de chaque indicateur.
- Validité convergente :
Les items des indicateurs ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
282
Tableau 95 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur
les quatre indicateurs du construit « Alignement des compétences de l’activité
Internet »
Nous effectuons une AFC sur l’ensemble des indicateurs du construit « Performance de
l’activité Internet » (Graphique 9).
283
Graphique 9 AFC sur les quatre indicateurs du construit « Performance de
l’activité Internet »
0.86
0.78*
0.63
NVXMAR E51*
0.81*
PEFFINAN*
0.80*
MAIT COÛT 0.59
E48*
0.77*
0.69*
0.83
0.70*
IMAGEMQ 0.72
E45*
0.55 *
T CVIND 0.42
E52*
0.91
PEFVIND*
0.93*
0.37
T CPMVIND E53*
284
Tableau 96 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les quatre
indicateurs du construit « Performance de l’activité Internet »
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,914 0,837 0,038 0,085 0,958 1,8
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc élevée.
- Fiabilité :
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité de chaque indicateur.
ρ (PEFFINAN) = (0,780+0,804)²
(0,780+ 0,804)² + (1-0,780²+1-0,804²)
ρ (PEFMARK) = (0,831+0,911+0,696)²
(0,831+ 0,911+0,696)² + (1-0,831²+1-0,911²+1-0,696²)
285
- Validité convergente :
Les items des indicateurs ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
286
ρvc (PEFMARK) = 0,668 > seuil de 0,5
En définitive, les résultats de l’AFC attestent avec succès de la structure factorielle, la fiabilité
et la validité convergente de l’ensemble des indicateurs rattachés aux construits du modèle de
recherche
Il est à présent possible d’appliquer l’AFC aux construits eux-mêmes.
L’ensemble des indices figurant dans le tableau ci-après présentent des valeurs très
satisfaisantes et traduisent un très bon ajustement de la structure du construit aux données.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,989 0,944 0,020 0,046 0,996 1,25
287
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc très élevée.
0.89
PEFINT*
0.71*
PEFMARK 0.71 E84*
0.77*
- Fiabilité:
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité du construit.
ρ (PEFINT) = (0,886+0,754+0,706+0,774)²
(0,886+0,754+0,706+0,774)² + (1-0,886²+1-0,754²+1-0,706²+1-0,774²)
- Validité convergente :
Les indicateurs du construit ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
288
Tableau 99 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC appliquée
au construit « Performance de l’activité Internet »
L’AFC nous a donc permis de vérifier avec succès la structure factorielle, la fiabilité
ainsi que la validité convergente du construit « Performance de l’activité Internet ».
Voyons à présent si les résultats sont aussi satisfaisants en ce qui concerne les construits
exogènes du modèle de recherche.
289
- le construit ALGCOMP : « Alignement des compétences de l’activité Internet » (4
indicateurs).
Nous appliquons une AFC de 1er-ordre à ces quatre construits (Graphique 11).
L’ensemble des indices figurant dans le tableau ci-après présentent des valeurs satisfaisantes
et traduisent un ajustement satisfaisant de la structure des construits aux données.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,882 0,818 0,079 0,078 0,902 1,7
La probab Cependan ilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données semble donc élev ée.
DVPEXTCI est respectivement de 0,96.,factorielle
t la contribution 0,92 et 0,89.
rattachée à l’erreur des indicateurs ACQ, ALL_PA RT et
Ces valeurs élevées traduisent un mauvais ajustement de la structure factorielle du construit
Alignement des compétences par rapport aux données. De plus, ces mêmes indicateurs ont
des contributions factorielles inférieures à 0,5. Ils sont donc supprimés.
Notons que ces résultats concordent avec l’analyse de la validité convergente exploratoire (1.
Chapitre 5) qui avait mis en avant une faible validité convergente du construit Alignement des
compétences.
290
Graphique 11 AFC de 1er-ordre appliquée aux quatre construits exogènes du modèle de
recherche
IMPLDIRE 0.43
E71*
0.90
0 .81* 0.58
ALGSTRAT* VALINT E72*
0.52*
IMPLINT 0.85
E73*
0.71* 0.73
EVOLORG E74*
0.68
ALGORGA*
0.73*
INT GECOM 0.69
E76*
0.68*
0.39* ALGTECHN*
0 .90*
EVOT EC 0.43
E79*
0.48* 0.96
ACQ E41*
0.27
ALGCOMP*
0.89*
0.45
DVPINT CI E80*
0.45*
0.89
DVPEXTCI E81*
Nous appliquons une nouvelle AFC de 1er-ordre aux quatre construits exogènes du modèle de
recherche en intégrant les modifications précédentes (Graphique 12).
291
Graphique 12 Nouvelle AFC de 1er-ordre appliquée aux quatre construits exogènes du
modèle de recherche
IMPLDIRE 0.42
0.91
0.52*
IMPLINT 0.85
0.71*
EVOLORG 0.73
0.68
ALGORGA*
0.53* 0.73*
INT GECOM 0.69
0.68*
ALGT ECHN*
0.90*
EVOT EC 0.44
0.46 *
Notons alors que la variance de l’erreur de l’indicateur DVPINTCI est fixée à 0 car il devient
l’unique indicateur rattaché à la variable ALGCOMP (on suppose que la variable est
parfaitement mesurée par l’indicateur).
292
b. Ajustement du nouveau modèle global
L’ensemble des indices présentés dans le tableau ci-dessous ont des valeurs satisfaisantes et
traduisent un bon ajustement de la structure des construits aux données.
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données apparaît donc élevée.
- Fiabilité:
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité de chacun des construits.
ρ (ALGSTRAT) = (0,908+0,807+0,525)²
(0,908+0,807+0,525)² + (1-0,908²+1-0,807²+1-0,525²)
ρ (ALGORGA) = (0,678+0,611+0,727+0,678)²
(0,678+0,611+0,727+0,678)² + (1-0,678²+1-0,611²+1-0,727²+1-0,678²)
ρ (ALGTECHN) = (0,729+0,897)²
(0,729+0,897)² + (1-0,729²+1-0,897²)
293
ρ (ALGCOMP) = (1)²
(1)² + (1-1²)
- Validité convergente :
Les indicateurs du construit ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
294
ρvc (ALGTECHN) = (0,729²+0,897²)
(0,729²+0,897²) + (1-0,729²+1-0,897²)
- Validité discriminante :
Il s’agit de vérifier que la mesure de chacune des variables explicatives du modèle est bien
spécifique à celles-ci
Pour ce faire, il convient de comparer le Chi-Deux obtenu dans le modèle initial, avec le Chi-
Deux obtenu dans un modèle où 2 variables latentes sont parfaitement corrélées (établies à la
valeur 1)
S’il y a validité discriminante, la différence de Chi-Deux à laquelle on applique un test du
Chi-Deux doit être significative (>3,84 pour un degré de liberté de 1 et un degré de
signification de 5%).
Pour chacun des modèles testés la différence de Chi-Deux est significative, ce qui traduit une
validité discriminante des quatre construits exogènes satisfaisante (Tableau 103).
295
Tableau 103 Test de la validité discriminante des quatre construits exogènes
Indice
χ2 χ2 x-χ2init
Modèle
Modèle initial 48,230
Le calcul de la corrélation moyenne entre les quatre facteurs de 1er-ordre donne une valeur de
0,53 (0,71+0,67+0,46+0,34+0,47+0,53/6).
La corrélation entre les facteurs de 1er-ordre est donc suffisamment élevée pour supposer que
l’« Alignement de l’activité Internet » est un facteur d’ordre supérieur obtenu à partir des
quatre dimensions que sont « l’Alignement stratégique de l’activité Internet », « l’Alignement
organisationnel de l’activité Internet », « l’Alignement technologique de l’activité Internet »
et « l’Alignement des compétences de l’activité Internet ».
Il est alors possible de procéder à une AFC de 2nd-ordre sur ces quatre facteurs.
Nous effectuons une AFC de 2nd-ordre sur les quatre construits exogènes du modèle de
recherche (Graphique 13).
Les valeurs prises par les indices figurant dans le tableau ci-dessous sont satisfaisantes et
traduisent un bon ajustement de la structure du construit aux données.
296
Tableau 104 Indices d’ajustement du modèle global - AFC de 2nd-ordre sur les
construits exogène du modèle de recherche
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,904 0,830 0,072 0,079 0,943 1,7
La probabilité pour que le modèle s’ajuste correctement aux données apparaît donc élevée.
IM P L D IR E 0 .36 E 71*
VA L INT 0 .62
E 72*
0 .93
D1 *
0 .78*
IM P L IN T 0 .85
E 73*
0 .60
0 .52*
AL GS T R AT
E V OL OR G 0 .73 E 74*
D2 *
0 .69
0 .79 E 75*
0 .80* IN T B AC OF
0 .53
0 .61 *
0 .85*
D3 * 0 .68 *
AL G IN T
* IN T R E C O N
0 .70 0 .73
E 77*
0 .71*
AL GT E C HN
0 .74
C O M P L T IN
0 .68
0 .89* E 78*
0 .56*
D4 * EV O T EC 0.4 6
E79 *
0 .83
297
b. Ajustement du modèle de mesure
- Fiabilité:
A partir des résultats le l’AFC nous pouvons alors calculer le rhô standardisé mesurant la
fiabilité du construit de 2nd-ordre.
ρ (ALGINT)= (0,797+0,845+0,713+0,565)²
(0,797+0,845+0,713+0,565)² + (1-0,797²+1-0,845²+1-0,713²+1-0,565²)
- Validité convergente :
Les indicateurs du construit ont tous des contributions factorielles significatives (le test t de
student >1,96 au niveau de signification de 5%) et supérieures au seuil de 0,5 comme le
montre le tableau ci-après.
ρvc (ALGINT)=
(0,797²+0,845²+0,713²+0,565²)
(0,797²+0,845²+0,713²+0,565²) + (1-0,797²+1-0,845²+1-0,713²+1-0,565²)
298
L’AFC de 2nd-ordre atteste également de la fiabilité ainsi que de la validité convergente
du construit de 2nd-ordre du modèle de la recherche.
Il nous est à présent possible de tester le modèle qui intègre l’effet conjoint des quatre
composantes de l’alignement sur la performance Internet : le modèle additif.
Nous effectuons le test du modèle intégrant la relation directe entre le facteur explicatif de
2nd-ordre (Alignement de l’activité Internet) et le facteur expliqué (Performance de l’activité
Internet) (Graphique 14).
Graphique 14 Test du modèle additif
D1*
0.88
0.60
VALINT 0.55
0.84*
E72*
ALGSTRAT
0.51*
IMPLINT 0.86 E73*
ALGTECHN
0.87*
0.76
COMPLTIN 0.65 E78*
0.47* 0.86*
0.88
0.88
299
a. Ajustement du modèle global
L’indicateur AGFI (0,783) n’est pas assez bon par rapport aux normes les plus rigoureuses
(0,8 ou 0,9) alors que les autres indicateurs figurant dans le tableau ci-après sont tout à fait
corrects. C’est pourquoi, compte tenu de la complexité du modèle, on peut considérer que son
ajustement aux données est globalement bon.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,854 0,783 0,073 0,075 0,928 1,6
L’ajustement du modèle étant satisfaisant, il nous est alors possible de retenir les coefficients
de corrélation ainsi que les pourcentages de variance expliquée (R²) des variables endogènes
afin de vérifier H1.
Le calcul du R² associé à la Performance de l’activité Internet donne une valeur de 64% (1-
0,60²), ce qui est tout à fait satisfaisant.
300
Le modèle qui suppose la causalité de l’alignement de l’activité Internet sur la
performance de l’activité Internet permet d’expliquer 64 % de variance. C’est pourquoi
l’hypothèse H1 semble tout à fait probable. Tout au moins, elle ne peut être infirmée par
le modèle additif proposé.
Afin d’obtenir des résultats plus précis, il est possible d’appliquer le modèle additif à chacune
des quatre dimensions de la performance.
Le tableau ci-après présente le pourcentage de variance expliquée pour chaque dimension de
la performance, ainsi que les indices d’ajustement du modèle. Remarquons que la qualité
d’ajustement des modèles est peu satisfaisant, ce qui oblige à considérer avec précaution les
résultats obtenus.
Les résultats fournis par ce test suggèrent l’existence des relations INTBACF/ALGINT
(V75/F5) et EVOLORG/ALGINT (V74/F5). L’intégration d’Internet au niveau des
fonctions de back office ainsi que l’évolution organisationnelle liée à l’activité Internet
apparaissent donc associées à l’alignement de l’activité Internet.
301
Ces résultats montrent également l’existence d’une relation VALINT/PEFINT (V72/F6). La
performance de l’activité Internet dépend donc de la valorisation de l’activité Internet
par la direction et les responsables de services.
Le test de Wald permet de déterminer si des relations peuvent être considérées comme nulles,
sans perte substantielle d’ajustement.
Les résultats fournis pas le test de Wald révèlent ainsi que la perturbation (D2) liée à la
variable ALGORGA peut être considérée comme nulle. L’alignement organisationnel joue
donc un rôle conséquent dans l’alignement de l’activité Internet. La contribution
factorielle particulièrement élevée de 0,95 entre les deux variables confirme ce point.
Sachant que chacune des quatre dimensions contribue de manière inégale au concept
d’alignement, il est alors possible de supposer que selon la dimension de l’alignement
considérée, l’influence sur la performance Internet sera différente.
C’est ce que nous allons pouvoir vérifier à travers le test du modèle direct.
Nous effectuons le test du modèle intégrant les relations directes entre les facteurs explicatifs
de 1er-ordre (les quatre dimensions de l’Alignement) et le facteur expliqué (la Performance
Internet). Les relations entre facteurs explicatifs sont également prises en compte.(Graphique
15).
Les valeurs prises par les indices figurant dans le tableau ci-dessous sont satisfaisantes,
notamment compte tenu de la complexité du modèle, et traduisent un bon ajustement du
modèle aux données.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,882 0,816 0,066 0,066 0,947 1,5
302
L’ajustement du modèle étant satisfaisant, les coefficients de corrélation ainsi que les
pourcentages de variance expliquée (R²) des variables endogènes peuvent être retenus et vont
nous permettre de vérifier chacune des hypothèses de recherche du modèle direct.
0.88
ALGSTRAT*
0.51*
IMPLINT 0.86 E73*
0.65
E85* PEFVIND 0.72*
0.66
0.46*
0.83 E75*
0.76* 0.09* 0.55* INTBACOF
ALGORGA*
0.69
E84* PEFMARK
0.77*
ALGTECHN *
0.87*
0.09* 0.73
0.33* COMPLTIN 0.69 E78*
0.90*
303
b. Vérification des hypothèses liées aux composantes de l’alignement Internet
Le modèle direct intègre les hypothèses de recherches liées aux effets des composantes de
l’alignement sur la performance Internet.
Le R² associé à la Performance de l’activité Internet est de 66% (1 – 0,58²), ce qui est tout à
fait satisfaisant.
304
Le coefficient de corrélation entre l’Alignement technologique et la Performance de l’activité
Internet n’est pas significatif (test t de student de |1,390| au niveau de signification de 5%).
La relation n’est donc pas significative et H4 est rejetée.
L’analyse par les équations structurelles permet donc de confirmer ou de compléter les
résultats issus de l’analyse des corrélations et régressions multiples en ce qui concerne les
hypothèses H1, H3 et H5.
En revanche, l’hypothèse H2 qui avait été partiellement vérifiée est finalement rejetée. De
même, l’hypothèse H4 initialement corroborée se trouve en définitive rejetée.
Ces différences de résultats s’expliquent par deux raisons majeures.
Tout d’abord, à l’inverse des corrélations ou régressions multiples, l’analyse par les équations
structurelles considère les hypothèses de manière globale. Les relations sont ainsi vérifiées de
manière simultanée, ce qui permet de prendre en compte notamment les effets d’interaction.
Ensuite, l’analyse des corrélations et régressions multiples a été effectuée à partir de
construits dont la valeur est calculée à l’aide de moyennes arithmétiques. L’analyse par les
équations structurelles offre une mesure plus précise en intégrant la structure factorielle de
chacun des construits à l’aide des contributions factorielles.
Les résultats du test de Wald suggèrent de considérer comme nulle les relations
PEFINT/ALGSTRAT (F6/F1), PEFINT/ALGCOMP (F6/F4) et PEFINT/ALGTECHN
(F6/F3), ce qui confirme le rejet des hypothèses H2, H4 et H5.
Les résultats fournis par le test de Lagrange mettent en avant l’existence de la relation
INTBACF/PEFINT (V75/F6). La performance Internet de l’entreprise apparaît donc liée
au degré d’intégration dans les fonctions de back-office. Ces résultats ne sont pas
surprenants car nous avions découvert lors du test de l’hypothèse H1 que l’intégration
d’Internet au niveau des fonctions de back-office est étroitement associée à l’alignement de
l’activité Internet.
305
Ces résultats montrent également, comme pour le modèle additif, l’existence de la relation
VALINT/PEFINT (V72/F6). La performance Internet dépend donc de la valorisation de
l’activité Internet par la direction et les responsables de services.
Afin d’obtenir des résultats plus précis, il est possible d’appliquer le modèle direct à chacune
des quatre dimensions de la performance.
Le tableau ci-après présente le pourcentage de variance expliqué pour chaque dimension de la
performance ainsi que les indices d’ajustement du modèle.
Le modèle direct intègre l’hypothèse de recherche traitant des relations entre variables
explicatives :
306
L’hypothèse H6 se décompose en un ensemble de six hypothèses. Chacune de ces six sous-
hypothèses doit être vérifiée pour que H6 le soit également :
307
- H6e (« L’alignement organisationnel et l’alignement des compétences de
l’activité Internet sont liés ») :
Chacune des six sous-hypothèses ayant été corroborée, l’hypothèse H6 est donc
corroborée : les quatre dimensions de l’Alignement de l’activité Internet sont
mutuellement liées.
Parmi ces relations certaines sont davantage significatives. C’est le cas des relations entre
l’alignement stratégique et l’alignement organisationnel, entre l’alignement technologique et
l’alignement organisationnel. En revanche, la relation entre l’alignement organisationnel et
l’alignement des compétences est moins significative.
Ces résultats viennent ainsi confirmer les conclusions similaires issues de l’analyse des
corrélations
Les résultats fournis par le test de Lagrange montrent l’existence de la relation VALINT/
ALGORGA (E72/F2). La valorisation de l’activité Internet par la direction et les
responsables de services est donc associée à l’alignement organisationnel de l’activité
Internet. De même ces résultats suggèrent l’existence de la relation EVOLORG/ALGSTRAT
(V74/F1). Il existe donc un lien de dépendance entre l’évolution organisationnelle liée à
Internet et l’alignement stratégique de l’activité Internet.
A ce stade de l’analyse du modèle direct, nous pouvons donc retenir deux conclusions
majeures. D’une part, l’alignement organisationnel constitue l’unique composante de
308
l’alignement de l’activité Internet directement liée à la performance Internet de
l’entreprise. D’autre part, l’ensemble des dimensions de l’Alignement de l’activité
Internet sont mutuellement liées. C’est notamment le cas de l’Alignement organisationnel
qui est étroitement lié aux trois autres dimensions de l’Alignement de l’activité Internet.
Selon Caceres et Vanhamme (2003) une variable médiatrice est un transmetteur par lequel
l’influence de X (variable indépendante ou variable médiatisée) sur Y (variable dépendante)
transite. Un médiateur permet ainsi d’expliquer le processus/mécanisme par lequel la variable
X influence la variable Y.
Les études adoptant une approche contingente ont pu mettre en lumière le rôle déterminant
joué par l’organisation dans la formation de la performance (Ginsberg et Venkatraman, 1985),
et viennent ainsi conforter cette supposition.
La notion de performance organisationnelle met également en avant le lien existant entre
organisation et performance. Il s’agit d’utiliser des indicateurs spécifiques (respect de la
structure formelle définie par la direction, nature des relations entre les services de
l’entreprise, qualité de la circulation de l’information et flexibilité organisationnelle)
permettant d’identifier les difficultés organisationnelles lors de leurs premières
manifestations, avant que les effets induits par celles-ci ne se traduisent d’un point de vue
économique (Kalika, 1995).
309
Ceci étant, pour que la variable alignement organisationnel puisse être considérée comme
médiatrice, elle doit pouvoir prendre le statut de variable intermédiaire (El Akremi in Roussel
et Wacheux, 2005). Dans le cadre de notre étude, cela suppose donc que l’alignement
stratégique, technologique et l’alignement des compétences précèdent l’alignement
organisationnel.
Cette conjecture est soutenue par les célèbres travaux de Woodward en 1958 (« déterminisme
technologique ») et de Chandler en 1962 (« la structure suit la stratégie ») qui considèrent
l’organisation en tant que variable dépendante.
Rappelons que cette vision déterministe a depuis fait l’objet de nombreuses critiques. En effet,
on peut admettre également que la causalité est parfois inversée.
Ainsi, la structure dont dispose l’entreprise peut influer sur la technologie de production vers
laquelle elle évolue (Kalika, 1995).
De manière plus générale, les détracteurs de la vision « Chandlerienne » de la firme
soutiennent que l’organisation peut déterminer la stratégie de l’entreprise. Une entreprise
dotée d’une structure lourde comportant de nombreux niveaux hiérarchiques et fortement
centralisé une active, sera moins réactive aux évolutions du marché et donc àpldévelopper
us encline
C’est pou ité dans un secteur relativement stable.
rquoi, si dans le cas présent l’étude de la médiation par l’alignement organisationnel
se limite aux effets sur l’organisation, elle ne remet pas pour autant en cause les effets de
l’organisation sur les autres facteurs.
Si l’on suppose que l’organisation constitue une variable dépendante et donc intermédiaire par
rapport à la performance, il est alors possible de tester l’hypothèse de médiatisation par
l’alignement organisationnel.
Pour ce faire nous utilisons la méthode proposée par Baron et Kenny (1986) qui se déroule en
quatre étapes :
310
- vérifier que le lien entre la variable indépendante et la variable dépendante est
significatif afin de s’assurer de l’existence d’un impact à médiatiser,
- vérifier que la variable indépendante a un impact significatif sur la variable
médiatrice,
- vérifier que le lien entre la variable médiatrice et la variable dépendante est
significatif,
- vérifier que le lien entre la variable dépendante et indépendante devient nul en
présence de la variable médiatrice afin de s’assurer d’une médiation intégrale. Si
tel n’est pas le cas, il s’agit alors d’une médiation partielle.
Pour l’application de la démarche de Baron et Kenny (1986) trois modèles ont été testés sous
EQS 6.1.
Le premier modèle teste la relation entre, d’une part, les variables indépendantes Alignement
stratégique, Alignement technologique et Alignement des compétences et, d’autre part, la
variable dépendante Performance de l’activité Internet (Graphique 16).
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,928 0,864 0,054 0,042 0,986 1,2
311
Graphique 16 Etape 1 du test de la médiation par l’alignement organisationnel
0.43 E71*
IMPLDIRE
0.64 PEFVIND
E85*
0.58
E72*
0.90 VALINT
0.81*
0.85 E73*
0.77* IMPLINT
0.52*
D6* ALGSTRAT*
0.70
E84* PEFMARK
0.75
0.72* 0.57* 0.48*
0.61 E78*
COMPLTIN
0.79
PEFINT 0.24*
ALGTECHN *
0.83*
0.76* 0.56 E79*
EVOTEC
E83* 0.65 -0.10*
PEFFINAN 0.47* 0.53*
0.88*
E82* 0.48
PEFCOMER
312
2.7.2 Etape 2 du test de la médiation par l’alignement organisationnel à l’aide
des équations structurelles
Le second modèle teste la relation entre d’une part, les variables indépendantes Alignement
stratégique, Alignement technologique et Alignement des compétences, et d’autre part, la
variable médiatrice Alignement organisationnel (Graphique 17).
0.42 E71*
IMPLDIRE
0.59 E72*
0.91 VALINT
0.81*
0.57
0.68*
0.68* 0.58* 0.47*
0.58* 0.47* 0.68
E75* 0.79 0.68
INTBACOF COMPLTIN E78*
0.79 0.61* 0.73
0.61* 0.73
ALGORGA 0.49* ALGTECHN *
0.73* 0.49* 0.90*
0.69 0.90* 0.44
INTGECOM EVOTEC 0.44
E76* 0.73*
0.69 0.53* E79*
0.68* -0.20* 0.46*
0.53*
0.68* -0.20* 0.46*
0.73
INTRECON
E77* 0.73
ALGCOMP* 1.00 0.00
DVPINTCI
1.00 0.00 E800
Les valeurs prises par les indices figurant dans le tableau ci-dessous sont satisfaisantes et
traduisent un bon ajustement du modèle aux données.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,928 0,864 0,059 0,057 0,972 1,3
313
b. Vérification des relations
Le troisième modèle teste la relation entre d’une part, les variables indépendantes Alignement
stratégique, Alignement technologique et, d’autre part, la variable dépendante Performance de
l’activité Internet en ajoutant la variable médiatrice Alignement organisationnel (Graphique
18).
Les valeurs prises par les indices figurant dans le tableau ci-dessous sont satisfaisantes et
reflètent un bon ajustement du modèle aux données.
RMSEA CFI
Indices GFI AGFI RMR (robuste) (robuste) χ2 S&B/ddl
Valeurs 0,884 0,815 0,066 0,064 0,956 1,5
314
Graphique 18 Etape 3 du test de la médiation par l’alignement organisationnel
0.52 E71*
IMPLDIRE
ALGORGA
0.44*
0.76*
E76* INT GECOM 0.42*
0.65 0.69
COMPLTIN E78*
0.72
0.69*
ALGTECHN *
0.15*
0.73 INT RECON 0.91*
0.42
E77* 0.80* EVOTEC
E79*
-0.18*
PEFINT
0.58
D6*
0.87* 0.76*
0.77* 0.72*
PEFCOMER
PEFFINAN
PEFMARK
PEFVIND
E83*
E84*
E85*
315
La variable médiatrice Alignement organisationnel est elle-même significativement associée à
la Performance de l’activité Internet avec un coefficient de corrélation correspondant de 0,80
(test t de student de |2,629| pour un niveau de signification de 5%).
La dernière étape de la démarche de Baron et Kenny (1986) vise à vérifier la nature partielle
ou complète de la médiation en analysant les liens directs entre les variables indépendantes
(Alignement stratégique, Alignement technologique) et la variable dépendante (Performance
de l’activité Internet).
Le test du troisième modèle montre que ces liens directs ne sont pas significatifs (test t de
student de |0,961| et |1,325| pour un niveau de signification de 5%), ce qui n’était pas le cas
sans l’introduction de la variable médiatrice lors de la première étape.
Afin de confirmer les résultats issus de l’analyse par les équations structurelles, il est
également possible d’appliquer la démarche de Baron et Kenny (1986) par l’analyse des
régressions multiples.
Cette méthode d’analyse de la médiation permet en effet de tester de manière isolée chaque
effet médiatisé.
316
Tableau 113 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet
sur l’Alignement stratégique
317
Tableau 115 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet
sur l’Alignement organisationnel et l’Alignement stratégique
Contrairement aux résultats issus de l’analyse par les équations structurelles, cette médiation
semble n’être que partielle puisque la variable indépendante Alignement stratégique demeure
associée à la variable dépendante Performance de l’activité Internet.
318
Le lien entre la variable indépendante Alignement technologique et la variable dépendante
Performance de l’activité Internet est donc significatif.
319
La médiatisation par l’alignement organisationnel entre l’alignement technologique et la
performance est complète car le lien entre la variable indépendante Alignement technologique
et la variable dépendante Performance de l’activité Internet n’est plus significatif.
Avec :
a : lien entre la variable indépendante et la variable médiatrice,
b : lien entre la variable médiatrice et la variable dépendante,
ab : lien indirect entre la variable indépendante et la variable dépendante,
Sa : erreur standardisée du coefficient a,
Sb : erreur standardisée du coefficient b,
Sab : l’erreur standardisée de l’effet indirect ab.
320
Le test s’interprète selon une distribution de loi normale. Il est réalisé à partir des valeurs
fournies par les régressions multiples.
Z
= 0,535.0,476/√(0,082².0,104² + 0,476².0,082² + 0,535².0,104²) = 3,74>1,96 (pour un
veau de signification
ni de 1%).
Si l’on retient la supposition selon laquelle l’alignement organisationnel agit en tant que
variable intermédiaire, il est alors possible de calculer les effets indirects de l’alignement
stratégique et technologique via l’organisation (Tableau 119).
Pour ce faire, il convient de multiplier le lien variable indépendante/variable médiatrice par le
lien variable médiatrice/variable dépendante (les valeurs utilisées pour le calcul sont celles
issues de l’analyse par les régressions multiples)
Variable
Lien indépendante Alignement Alignement
stratégique technologique
Lien variable
indépendante/Alignement 0,535 0,341
organisationnel (A)
Lien Alignement
organisationnel/Performance
0,476 0,579
Internet (B)
Lien Indirect variable
indépendante /Performance 0,254 0,197
(A x B)
321
Ces calculs montrent que l’influence de l’alignement stratégique et technologique via
l’organisation sur la performance Internet est assez conséquente avec des liens indirects
respectivement de 0,254 et 0,197.
Les apports des résultats issus de l’analyse simultanée par les équations structurelles sont
doubles.
Ils permettent tout d’abord de tester avec plus de précision le modèle de la recherche (Tableau
120).
En effet, contrairement à l’analyse par les corrélations ou régressions multiples, l’analyse par
les équations structurelles considère les hypothèses de manière globale. Les relations sont
ainsi vérifiées de manière simultanée, ce qui permet de prendre en compte notamment les
effets d’interaction. De plus, l’analyse par les équations structurelles adopte une mesure
précise qui intègre la structure factorielle de chacun des construits à l’aide des contributions
factorielles.
Tableau 120 Comparaison des résultats issus de l’analyse par les corrélations
et régressions multiples de ceux issus de l’analyse par les équations structurelles
Hypothèse
H1 H2 H3 H4 H5 H6
Type de test
322
psychologie des organisations depuis les années 1980, l’utilisation en stratégie et systèmes
d’information est plus récente puisqu’elle date seulement des années 1990 (Roussel et
Wacheux, 2005). Dans le cas présent, l’application des équations structurelles permet tout
d’abord de s’assurer de la fiabilité et de la validité d’une proposition d’échelle mesurant
l’alignement Internet de l’entreprise. L’utilisation des équations structurelles rend également
possible l’étude simultanée de plusieurs relations linéaires expliquant la performance Internet
de l’entreprise (relations linéaires liées à l’alignement stratégique, organisationnel,
technologique et l’alignement des compétences de l’activité Internet).
Cependant, il ne faut pas négliger certaines limites que comportent ces résultats issus de
l’analyse globale par les équations structurelles
L’analyse multi-groupes par les équations structurelles aurait pu nous permettre de confirmer
l’effet modérateur identifié lors de l’étude par les régressions multiples modérées : celui de la
durée d’exploitation du site web sur la relation alignement Internet/performance Internet.
Il s’agit de tester le modèle de recherche sur des sous-parties de l’échantillon établies à partir
de la variable modératrice en question. Si les résultats obtenus sont significativement
différents entre sous-groupes, l’effet modérateur est vérifié.
Dans le cadre de cette étude, il n’est pas possible de vérifier l’effet modérateur à travers
l’analyse multi-groupes par les équations structurelles. En effet, étant donnée la taille initiale
de l’échantillon relativement réduite (123 observations), le test aurait porté sur des sous-
échantillons de taille insuffisante.
Ping (1995) propose également une démarche pour tester les effets modérateurs par les
équations structurelles qui consiste notamment à mesurer l’effet d’interaction en effectuant le
produit des sommes des indicateurs de la variable explicative et de la variable modératrice.
Cette méthode est cependant difficilement applicable en présence d’un construit de second
ordre (l’Alignement de l’activité Internet) et d’une variable modératrice non métrique
(Nationalité).
Enfin, si l’analyse par les équations structurelles nous a permis de corroborer ou d’infirmer
l’existence de relations entre variables, elle ne nous permet pas de conclure formellement à
l’existence de relations de causalité. Tout au moins, certaines relations causales ne peuvent
être rejetées et paraissent assez probables compte tenu du bon ajustement du modèle proposé.
323
Synthèse du chapitre 6
Alors que les hypothèses H1 (effet de l’alignement sur la performance Internet), H2 (effet de
l’alignement stratégique sur la performance Internet) et H3 (effet de l’alignement
technologique sur la performance Internet) sont partiellement vérifiées, l’hypothèse H4
(effet de l’alignement technologique sur la performance Internet) est corroborée. En
revanche, l’hypothèse H5 (effet de l’alignement des compétences sur la performance Internet)
est rejetée.
En ce qui concerne les relations entre les composantes de l’alignement, l’hypothèse H6 (liens
mutuels entre les quatre dimensions de l’alignement de l’activité Internet) est corroborée.
L’étude par les régressions multiples modérées et l’Anova permet d’identifier les effets
modérateurs sur la relation alignement/performance de l’activité Internet.
L’hypothèse H8 (la durée d’exploitation du site web comme variable modératrice) est ainsi
corroborée. Ainsi, plus la durée d’exploitation du site web est longue et plus la capacité
prédictive de l’alignement vis-à-vis de la performance Internet est importante. Les
hypothèses H7 (la taille de l’entreprise comme variable modératrice), H9 (le nombre
d’activités de l’entreprise comme variable modératrice) et H10 (la nationalité de
l’entreprise/du groupe comme variable modératrice) sont en revanche rejetées.
Ces résultats présentent une faiblesse majeure. En effet, chacune des hypothèses de recherche
est traitée de manière isolée. Or le modèle de recherche ne se réduit pas seulement à une
juxtaposition d’hypothèses. Il convient de le tester dans sa globalité en traitant de manière
simultanée l’ensemble des relations qui le composent.
C’est pourquoi le modèle est également testé à l’aide de l’analyse par les équations
structurelles qui permet le traitement de relations linéaires simultanées.
324
Cependant, afin d’atteindre un niveau de fiabilité et de validité satisfaisant nous sommes
amenés à retirer trois indicateurs (Développement en externe de compétences Internet,
Acquisition d’entreprise, Alliances ou partenariat) présentant de faibles contributions
factorielles avec leur construit, à savoir l’Alignement des compétences de l’activité Internet.
Enfin, les résultats fournis par l’AFC de 1er-ordre attestent de la validité discriminante
des construits exogènes de la recherche
La corrélation entre les facteurs explicatifs de 1 er-ordre étant suffisamment élevée, une AFC
de 2nd-ordre peut être conduite afin de vérifier l’existence de l’Alignement de l’activité
Internet.
Les résultats obtenus confirment l’existence du construit de 2 nd-ordre établi à partir des
dimensions Alignement stratégique, organisationnel, technologique et Alignement des
compétences de l’activité Internet. La fiabilité et la validité convergente de ce construit
sont tout à fait satisfaisantes.
Il est alors possible de tester dans un premier temps le modèle additif de la recherche
intégrant l’influence directe de l’alignement Internet sur la performance Internet.
Ce modèle, dont l’ajustement aux données est tout à fait correct, permet d’expliquer 64% de
variance de la performance Internet. De plus, le coefficient de corrélation entre l’Alignement
de l’activité Internet et la Performance de l’activité Internet de 0,80 est significatif. C’est
pourquoi l’hypothèse H1 (« L’alignement de l’activité Internet de l’entreprise influence
directement et positivement la performance Internet de l’entreprise ») semble tout à fait
probable. Tout au moins, elle ne peut être infirmée par le modèle additif proposé.
Le modèle additif révèle aussi que l’intégration d’Internet dans les fonctions de back-
office ainsi que l’évolution organisationnelle liée à l’activité Internet sont étroitement
associées à l’alignement Internet.
Il ressort également que la performance Internet dépend en grande partie de la
valorisation de l’activité Internet par la direction et les responsables de services.
Enfin, les choix organisationnels jouent un rôle conséquent dans l’alignement de
l’activité Internet
325
Dans un second temps, le test du modèle direct de la recherche permet d’étudier les relations
directes entre, d’une part, chacune des quatre composantes de l’alignement Internet et, d’autre
part, la performance Internet.
L’ajustement du modèle direct obtenu étant satisfaisant, chacune des hypothèses de recherche
peut être examinée.
Le coefficient de corrélation entre l’Alignement stratégique et la Performance de
l’activité Internet n’est pas significatif ce qui entraîne le rejet de H2 (« L’alignement
stratégique de l’activité Internet de l’entreprise influence directement et positivement la
performance Internet de l’entreprise »).
Il en va de même pour H4 (« L’alignement technologique de l’activité Internet de
l’entreprise influence directement et positivement la performance Internet de
l’entreprise ») et H5 (« L’alignement des compétences de l’activité Internet de
l’entreprise influence directement et positivement la performance Internet de
l’entreprise »).
En revanche, le coefficient de corrélation entre l’Alignement organisationnel et la
Performance de l’activité Internet de 0,85 est significatif. De plus, le modèle direct permet
d’expliquer 66 % de variance de la performance Internet. L’hypothèse H3 (« L’alignement
organisationnel de l’activité Internet de l’entreprise influence directement la
performance Internet de l’entreprise ») apparaît ainsi tout à fait probable. Tout au
moins, elle ne peut être rejetée selon le modèle direct proposé.
Comme pour le modèle additif, le modèle direct montre que la performance Internet
dépend étroitement de la valorisation de l’activité Internet par la direction et les
responsables de services, que la performance financière et la performance commerciale
sont les mieux expliquées avec une variance restituée respective cette fois-ci de 64% et
54%.
Le test du modèle direct permet également d’examiner les relations entre variables
explicatives.
L’hypothèse H6 (« les quatre dimensions de l’Alignement de l’activité Internet sont
mutuellement liées ») est ainsi vérifiée.
326
L’étude des relations entre variables explicatives montre également que la valorisation de
l’activité Internet par la direction et les responsables de services ainsi que l’évolution
organisationnelle liée à l’activité Internet, constituent deux variables clés dans la relation
alignement stratégique/alignement organisationnel de l’activité Internet.
Le test du modèle direct permet donc de conclure que l’alignement organisationnel est
l’unique composante de l’alignement de l’activité Internet directement liée à la performance
Internet de l’entreprise. D’autre part, toutes les dimensions de l’alignement de l’activité
Internet apparaissent mutuellement liées.
C’est pourquoi, à la lumière de recherches antérieures il est possible d’émettre l’hypothèse
selon laquelle l’alignement organisationnel médiatise la relation existant entre d’une
part l’alignement stratégique, technologique et l’alignement des compétences et d’autre
part la performance Internet de l’entreprise.
327
Synthèse de la troisième partie
Si l’on regarde les résultats de plus près, on s’aperçoit que l’intégration d’Internet dans les
fonctions de back-office, l’évolution organisationnelle liée à l’activité Internet, la
valorisation de l’activité Internet par la direction et les responsables de services jouent
un rôle conséquent dans la contribution de l’Internet à la performance. Précisons également
que la performance financière et la performance commerciale sont les plus sensibles à
l’alignement Internet.
Enfin, l’étude par les régressions multiples modérées et l’Anova permet d’identifier l’effet de
la durée d’exploitation du site web sur la relation alignement/performance (Hypothèse H8
vérifiée). Plus la durée d’exploitation du site web est longue, et plus la capacité
prédictive de l’alignement vis-à-vis de la performance Internet est élevée. Il n’en va pas
de même pour la taille de l’entreprise, le nombre d’activités de l’entreprise ou la nationalité
de l’entreprise/du groupe qui n’agissent pas en tant que variables modératrices sur la relation
alignement/performance (Hypothèses H7, H9 et H10 rejetées).
328
329
CONCLUSION GENERALE DE LA THESE
Afin d’évaluer l’activité Internet, nous avons fait le choix d’adopter une perspective
contingente mettant en valeur la cohérence dans la gestion de l’activité Internet.
Le cadre conceptuel correspondant se base sur le modèle de l’alignement stratégique
d’Henderson et Venkatraman (1993) ainsi que sur la théorie des ressources et
compétences. Le modèle de recherche final, à la fois descriptif et explicatif, permet de mettre
en lumière l’alignement de l’activité Internet.
La collecte des données de la recherche est réalisée dans un premier temps par entretiens
exploratoires auprès de dirigeants, responsables e-business ou d’experts travaillant dans le
secteur du tourisme.
Avec le soutien du Ministère du tourisme, un questionnaire est ensuite adressé à des
entreprises appartenant à la filière du tourisme en France et ayant choisi de développer en plus
de leur activité traditionnelle une activité Internet.
330
2. Mise en perspective des réponses apportées par la recherche
Si l’on regarde de plus près les résultats obtenus certaines nuances sont à apporter.
Ainsi les relations directes entre d’une part l’alignement stratégique, technologique et
l’alignement des compétences de l’activité Internet et d’autre part la performance liée à
Internet ne sont pas significatives. Ces résultats concordent avec les travaux de Bergeron,
Raymond et Rivard (2001) qui révèlent le faible pouvoir explicatif vis-à-vis de la performance
des relations bi-variées (relations directes) en ce qui concerne les couples TI/environnement,
TI/stratégie, TI/structure.
Il n’en demeure pas moins que dans le cadre de cette étude, la cohérence entre la stratégie
Internet et l’organisation influence directement et positivement la performance Internet.
Les choix organisationnels apparaissent ainsi déterminants dans la contribution de l’Internet à
la performance.
Selon les dimensions de la performance considérées, les effets de l’alignement ne sont pas
identiques. Les performances financières et commerciales sont ainsi particulièrement
liées à l’alignement de l’activité Internet.
Par ailleurs, les analyses statistiques révèlent que la durée d’exploitation du site web renforce
le lien existant entre l’alignement et la performance. L’enjeu d’aligner l’activité Internet
331
avec le reste de l’entreprise semble donc devenir primordial au fur et à mesure que
l’activité web de l’entreprise se développe.
332
Schéma 36 Le modèle final de recherche et la validation des hypothèses
Alignement de
l’activité Internet
Alignement
stratégique
de l’activité
Internet H2
H3
Alignement
organisationnel Taille Durée
+
de l’activité +
Internet H7 H8
+
Performance de
H6 H1 l’activité Internet
H9 H10
Alignement
technologique Nombre Nationalité +
de l’activité d’activités +
Internet
H4
Alignement des H5
compétences de
l’activité
Internet
Hypothèse corroborée
Hypothèse rejetée
333
Parmi les facteurs organisationnels particulièrement liés à la performance de l’activité Internet
figure l’intégration d’Internet dans le back-office (facturation, stocks, achats). Cela
confirme les récents travaux de Zhu et al. (2004) qui soulignent que l’intégration
technologique notamment au niveau du back-office constitue le facteur le plus déterminant
pour expliquer la valeur apportée à l’entreprise par l’e-commerce. Obtenir par l’Internet un
niveau élevé de connexion des différentes sources d’information et bases de données du back-
office constitue donc un des enjeux majeurs pour le succès de l’activité Internet.
Les résultats montrent que certains facteurs stratégiques jouent également un rôle
important dans la contribution de l’Internet à la performance. C’est notamment le cas de
la valeur accordée à l’Internet par les dirigeants ou responsables des services de
l’entreprise. De manière assez proche, l’étude multi-sectorielle de Chang, Jackson et Grover
(2003) met en avant l’effet positif de l’« importance perçue de l’e-commerce » sur la
performance de l’entreprise. Précisons que ce facteur est à manipuler avec beaucoup de
précaution car il dépend en grande partie des résultats passés de l’entreprise en matière de TI.
334
Tout d’abord, l’observation du développement de compétences et de la performance est
simultanée. Or, l’assimilation et l’effet des compétences, notamment dans le cadre
d’acquisitions ou d’alliances, ne sont pas immédiats.
Ensuite, l’étude suppose que les entreprises qui ont fait le choix de développer une activité
web en plus de leur activité classique, ont au préalable très peu ou peu de compétences en
matière d’Internet. Il est cependant possible que certaines des entreprises observées disposent
de compétences liées à la gestion d’une activité en ligne, développées antérieurement par
exemple avec le Minitel. Leurs résultats liés à l’activité Internet peuvent ainsi s’avérer
satisfaisants sans pour autant que le niveau de développement de compétences Internet soit
élevé.
Enfin, il faut souligner que l’organisation semble médiatiser les effets des choix
stratégiques et technologiques sur la performance Internet.
L’implication de la direction et des responsables de services dans l’activité Internet, la
valorisation de l’activité Internet et l’implication du/des responsable(s) Internet dans l’activité
de l’entreprise, influenceraient la performance Internet via l’alignement organisationnel ;
c’est-à-dire l’évolution organisationnelle liée à l’activité Internet, l’intégration d’Internet dans
le back-office, la gestion commerciale et la gestion de la relation avec le consommateur. De
même, la complémentarité des investissements et les évolutions technologiques ainsi que le
développement de compétences Internet agiraient sur la performance Internet à travers
l’organisation.
L’identification du possible rôle médiateur de l’alignement organisationnel permet alors de
mieux comprendre la décomposition des mécanismes d’influence entre les composantes de
l’alignement
L’étude du lien entre l’alignement et la performance met en lumière les facteurs déterminants
dans la conduite des affaires liées à Internet.
335
L’alignement stratégique, organisationnel, technologique et l’alignement des compétences
permettent en effet de caractériser respectivement la gestion stratégique, les choix
organisationnels, les choix technologiques et la gestion des compétences liés à Internet.
La gestion de l’activité Internet suppose alors de veiller à la cohérence conjointe entre les
choix stratégiques, la conception de l’organisation, l’utilisation des technologies et la
gestion des compétences. Cet exercice apparaît d’autant plus difficile que ces quatre
dimensions suivent un schéma d’interactions simultanées.
L’environnement Internet, aux changements inattendus et fréquents, peut être qualifié d’hyper
compétitif au sens de D’Aveni (1994). « Un des challenges stratégiques clef dans ce contexte
constitue à arriver à un certain degré de continuité et de cohérence dans les actions »
(Rindova et Kotha, 2001, p. 1278). L’approche par les capacités dynamiques met alors en
valeur la capacité de l’entreprise à gérer continuellement de manière cohérente l’activité
Internet. La faculté de l’entreprise à maîtriser dans le temps les mécanismes clefs de
l’alignement Internet, identifiés à travers cette recherche, correspond alors à « la
capacité d’alignement Internet ».
Zhu, Xu et Dedrick (2003) considèrent d’ailleurs l’e-business en tant que « capacité
dynamique que les entreprises doivent construire et ensuite reconfigurer de manière
dynamique afin de rester alignées avec les évolutions technologiques et l’environnement » (p.
190). Pour leur part, St-Amant et Renard (2004) identifient « la capacité de gestion de
l’alignement » parmi les capacités organisationnelles de l’administration électronique.
Cette recherche, qui s’inscrit dans le champ de la gestion stratégique des TI, met en avant le
rôle stratégique des TI. En effet les résultats montrent que, gérées de manière cohérente,
les technologies Internet peuvent contribuer de manière conséquente à la performance
de la firme. Afin d’obtenir un niveau de performance satisfaisant, une attention particulière
doit être portée aux investissements technologiques ainsi qu’aux évolutions des technologies
existantes. Porter (2001-b) affirme alors que « l’architecture Internet, alliée à d’autres
améliorations dans les domaines de l’architecture logicielle et des outils de développement, a
fait des techniques de l’information un outil stratégique considérablement plus puissant » (p.
44).
336
► Un cadre théorique novateur
Cette recherche à été réalisée avec le souci de répondre aux attentes des entreprises qui ont
besoin, alors qu’Internet rentre aujourd’hui dans une phase de maturité, d’évaluer avec un
certain recul les actions réalisées en matière d’Internet. Les résultats obtenus peuvent ainsi
se traduire sous la forme de recommandations managériales qui apportent des éléments de
réponses aux questions suivantes : Comment gérer l’Internet dans l’entreprise ? Comment
obtenir des résultats performants avec l’Internet ?
Au risque de paraître trivial, il est important de rappeler que la valeur accordée à l’Internet
par la direction et les responsables de service influe de manière conséquente sur la
performance de l’activité Internet. Il en va de même pour l’intégration d’Internet au niveau de
la gestion commerciale par la vente de produits et services sur le web, la réalisation de
campagne de publicité en ligne ou la création d’un call center spécifiquement dédié au
site web.
Une des préoccupations majeures pour obtenir des résultats satisfaisants liés à l’Internet,
concerne l’évolution de l’organisation. Elle se traduit par une modification des modes de
fonctionnement internes notamment en ce qui concerne la gestion des appels.
L’intégration d’Internet dans la gestion de la relation client par l’écoute, le suivi et la
337
fidélisation du consommateur par le web mais aussi l’utilisation d’un service après-vente
en ligne, constitue également un enjeu majeur pour le succès de l’activité Internet.
Une attention particulière doit également être portée à l’intégration d’Internet dans les
fonctions de back-office qui semblent se réaliser non sans difficultés chez les entreprises
observées Cela concerne plus précisément la gestion de la facturation client/fournisseur au
travers d’Internet, le suivi des réserves et des disponibilités par Internet ainsi que les
commandes via Internet de différents produits et services
D’autres facteurs, dont l’influence sur les résultats en matière d’Internet est certes plus
modérée, ne sont pas pour autant à négliger.
Afin de mettre en œuvre le modèle, l’échantillon final (123 entreprises) a été soigneusement
prélevé pour être représentatif de la population de référence. Ainsi, les relances ont permis
d’obtenir une répartition du nombre d’entreprises par activité au sein de l’échantillon final
similaire à celle de la population mère. D’autre part, la démarche statistique suivie est
rigoureuse. En conséquence, les résultats obtenus peuvent être généralisés aux 610
entreprises du secteur du tourisme concernées par notre sujet d’étude.
338
Cependant, les données collectées par entretien et questionnaire sont exclusivement
déclaratives et non factuelles. Leur fiabilité repose donc sur le postulat que les opinions
exprimées par les responsables interrogés sont des représentations satisfaisantes de la réalité.
Mais il peut exister un décalage (dont la personne interrogée peut être ou non consciente)
entre ce qui est déclaré et la réalité. C’est pourquoi, il convient de reconnaître que les
résultats sont soumis aux distorsions des interlocuteurs intervenant dans le dispositif
d’enquête.
Si les résultats prouvent que la nationalité de l’entreprise ou du groupe auquel elle appartient
n’agit pas sur la relation alignement/performance, il faut toutefois rappeler que l’étude a été
menée auprès de répondants français pour leur très grande majorité. Il est possible que les
résultats obtenus ne soient pas transposables à d’autres contextes socioculturels comme
ceux d’Amérique du Nord ou d’autres en Asie.
Cette recherche, aux ambitions limitées par des contraintes de temps liées au contexte
doctoral, comporte un certain nombre de limites mais aussi de voies de prolongements
possibles.
339
Afin de mesurer avec précision la dynamique de l’alignement, il convient cependant de mener
une analyse multi-périodes (Sabherwal, Hirschheim et Goles, 2001). Celle-ci peut se réaliser
à travers l’administration d’un questionnaire à différentes périodes et aux mêmes entreprises.
Les équations structurelles ouvrent d’ailleurs une voie prometteuse pour mener à bien les
études longitudinales (Campoy et Dumas, in Roussel et Wacheux, 2005).
La prise en compte de la variable temporelle semble d’autant plus nécessaire si l’on se
réfère aux résultats de Reich et Benbasat (1996 et 2000) qui révèlent que certains facteurs
influencent différemment l’alignement selon que l’on soit à court terme ou à long terme.
Enfin, l’allongement de la période étudiée offre la possibilité d’apprécier la performance de
l’entreprise dans la durée.
Les effets de l’alignement sur la performance de l’activité Internet sont à nuancer. En effet,
selon le type de stratégie Internet adoptée, les besoins de compétences et les ajustements
organisationnels ne sont pas les mêmes (Angehrn, 1997). Ainsi, qu’il s’agisse d’une
stratégie prospective, d’analyse, défensive ou réactive, l’alignement n’affecte pas de la même
manière la performance (Sabherwal et Chan, 2001 ; Croteau, Bergeron et Raymond, 2001).
Une voie future de recherche consiste alors à étudier le lien entre l’alignement et la
performance de l’activité Internet en fonction de la stratégie Internet adoptée.
Sachant que le secteur du tourisme connaît une intégration verticale très forte, il n’a pas été
possible de nuancer les résultats selon la nature de l’activité de l’entreprise (B to B ou B
to C) ou le type d’activité de l’entreprise (transporteur, hébergeur, tour opérateur, agence de
voyage, GDS) exercée dans la filière touristique. Les résultats souffrent donc de précisions à
ce niveau.
340
La contingence a été retenue comme perspective d’évaluation de l’activité Internet. Il existe
également d’autres approches, permettant d’analyser la contribution de l’Internet à la
performance.
La perspective interactionniste issue de la théorie de la structuration de Giddens (1987),
constitue ainsi une approche prometteuse. Il s’agit, dans le cas présent, d’éclairer la
formation de la performance Internet en se penchant sur la structuration du jeu social lié à
l’activité Internet en s’intéressant aux interactions entre les acteurs concernés. La prise en
compte des aspects sociaux et du rôle des acteurs suppose de ne plus penser seulement à la
conception mais également à l’adoption de l’Internet. Le modèle du succès des SI de Delone
et Mclean (1992) qui se base notamment sur l’utilisation du SI, la satisfaction de l’utilisateur
et les impacts individuels, a ainsi été réactualisé pour pouvoir être appliqué au e-commerce
(Delone et Mclean, 2004).
Le modèle d’Ives et Olson (1984) qui explique la réussite des SI par l’engagement des
utilisateurs et celui de Barki et Hartwick (1994) basé sur la participation, l’engagement et
l’attitude des utilisateurs, constituent également des cadres de références utiles pour
l’évaluation de l’activité Internet.
Les perspectives interactionnistes et contingentes ne sont pas incompatibles, bien au
contraire. Reix (2003) souligne que le processus d’interaction que représente l’usage du site
web doit rester cohérent par rapport aux objectifs stratégiques de l’entreprise. La cohérence
ne concerne donc pas uniquement la stratégie, la structure, les technologies et les
compétences, mais également les interactions des acteurs.
Une voie de recherche, certes complexe, mais ô combien intéressante, consiste donc à
élaborer un modèle intégrant à la fois les perspectives contingentes et interactionnistes pour
évaluer l’activité Internet.
341
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REMERCIEMENTS......................................................................................................5
SOMMAIRE................................................................................................................. 7
INTRODUCTION..........................................................................................................9
365
3.1. La performance de l’entreprise : un sujet central et multiforme...........................48
3.2. La performance des TI : un sujet récurrent soumis aux controverses...................49
3.3. Les solutions pour surmonter les difficultés de mesure de la performance liée aux
TI...........................................................................................................................51
3.4. L’analyse de la performance Internet à travers une approche contingente...........52
366
4.2.3 3ème et dernière étape de construction du modèle de recherche : l’application
des hypothèses de recherche.........................................................................97
5. L’opérationalisation du concept d’alignement...........................................................101
5.1. Les approches du « Fit » selon Drazin et Van de Ven (1985)............................101
5.2. Les approches du « Fit » selon Venkatraman (1989)..........................................102
5.3. Les choix de l’approche pour la mesure de l’alignement....................................105
367
4.2.4 Les réponses finales....................................................................................141
Chapitre 4 L’élaboration de l’instrument de mesure de la recherche.............................145
1. La démarche adoptée pour traduire empiriquement le modèle de recherche à travers un
questionnaire...............................................................................................................146
2. Les premières variables identifiées à l’aide de l’approche qualitative........................149
2.1. Sujet 1 : l’alignement stratégique de l’activité Internet......................................150
2.2. Sujet 2 : l’alignement organisationnel de l’activité Internet...............................151
2.3. Sujet 3 : l’alignement technologique de l’activité Internet.................................152
2.4. Sujet 4 : l’alignement des compétences de l’activité Internet.............................153
2.5. Sujet 5 : la performance de l’activité Internet.....................................................155
2.6. L’utilisation des résultats en vue de la construction du questionnaire................157
3. L’élaboration des échelles de mesures........................................................................161
3.1. Le construit Alignement stratégique de l’activité Internet..................................161
3.2. Le construit Alignement organisationnel de l’activité Internet...........................168
3.3. Le construit Alignement technologique de l’activité Internet.............................172
3.4. Le construit Alignement des compétences de l’activité Internet........................176
3.5. Le construit Alignement de l’activité Internet....................................................181
3.6. Le construit Performance Internet.......................................................................184
3.7. Les variables modératrices..................................................................................189
3.8. Les variables descriptives....................................................................................192
4. La construction finale du questionnaire......................................................................193
4.1. Le type d’échelles utilisé.....................................................................................193
4.2. La purification de l’instrument de mesure lors du pré-test du questionnaire......193
4.3. La structure du questionnaire final......................................................................194
Chapitre 5 Les tests des échelles de mesure et les premières analyses descriptives de
l’échantillon............................................................................................................................199
1. La validité et la fiabilité des échelles de mesure utilisées dans la recherche..............200
1.1. Les tests de validité des échelles de mesure........................................................200
1.1.1 Rapport préliminaire sur les observations...................................................200
1.1.2 Vérification de la structure factorielle des construits de la recherche par
l’analyse factorielle exploratoire.................................................................200
1.1.3 Tests d’unidimensionnalité des échelles de la recherche par l’analyse en
composantes principales..............................................................................213
1.1.4 Validité convergente et validité discriminante des échelles de la recherche ...
....................................................................................................................214
1.2. Les tests de fiabilité des échelles de mesure de la recherche..............................219
2. Les premières analyses descriptives de l’échantillon.................................................222
2.1. Caractéristiques des répondants..........................................................................222
2.2. Caractéristiques des entreprises observées..........................................................224
2.3. Responsable(s) de l’activité Internet...................................................................228
2.4. Analyse descriptive de l’activité Internet............................................................229
2.4.1 Variable « Alignement stratégique de l’activité Internet ».........................229
2.4.2 Variable « Alignement organisationnel de l’activité Internet »..................230
2.4.3 Variable « Alignement technologique de l’activité Internet »....................231
368
2.4.4 Variable « Alignement des compétences de l’activité Internet »................232
2.4.5 Variable « Performance de l’activité Internet »..........................................233
369
2.6. Test du modèle direct..........................................................................................302
2.7. Test de la médiation par l’alignement organisationnel.......................................309
2.7.1 Etape 1 du test de la médiation par l’alignement organisationnel à l’aide des
équations structurelles.................................................................................311
2.7.2 Etape 2 du test de la médiation par l’alignement organisationnel à l’aide des
équations structurelles.................................................................................313
2.7.3 Etape 3 du test de la médiation par l’alignement organisationnel à l’aide des
équations structurelles.................................................................................314
2.7.4 Etape 4 du test de la médiation par l’alignement organisationnel à l’aide des
équations structurelles.................................................................................316
2.7.5 Test de l’effet indirect de l’alignement stratégique à l’aide de la régression...
....................................................................................................................316
2.7.6 Test de l’effet indirect de l’alignement technologique à l’aide de la
régression....................................................................................................318
2.7.7 Test de l’effet indirect de l’alignement des compétences à l’aide de la
régression....................................................................................................320
2.7.8 Calcul des effets indirects...........................................................................320
2.8. Apport des résultats issus de l’analyse simultanée..............................................322
2.9. Limites des résultats issus de l’analyse simultanée.............................................323
BIBLIOGRAPHIE.....................................................................................................342
370
TABLE DES SCHEMAS
371
Schéma 34 Le modèle de recherche opérationalisé à l’aide de seize indicateurs et
quatre variables modératrices......................................................................191
Schéma 35 Modèle de recherche respécifié après les tests de validité et fiabilité des
échelles de mesure.........................................................................................221
Schéma 36 Le modèle final de recherche et la validation des hypothèses...................333
372
TABLE DES TABLEAUX
373
Tableau 27 Echelle de mesure initiale de l’alignement de l’activité Internet.............182
Tableau 28 Variables et numéro des items pour le construit Performance de l’activité
Internet...........................................................................................................189
Tableau 29 Stucture initiale du construit « Alignement de l’activité Internet ».........203
Tableau 30 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 31 items du construit
« Alignement de l’activité Internet »...........................................................204
Tableau 31 Stucture initiale du construit « Alignement stratégique de l’activité
Internet »........................................................................................................205
Tableau 32 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 7 items du construit
« Alignement stratégique de l’activité Internet ».......................................206
Tableau 33 Structure finale du construit « Alignement stratégique de l’activité
Internet »........................................................................................................206
Tableau 34 Stucture initiale du construit « Alignement organisationnel de l’activité
Internet »........................................................................................................207
Tableau 35 Matrice des composantes issues de l’ACP sur les 10 items du construit
« Alignement organisationnel de l’activité Internet »................................208
Tableau 36 Structure finale du construit « Alignement organisationnel de l’activité
Internet »........................................................................................................208
Tableau 37 Structure initiale du construit « Alignement technologique de l’activité
Internet »........................................................................................................209
Tableau 38 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 4 items du construit
« Alignement technologique de l’activité Internet »..................................209
Tableau 39 Structure initiale du construit « Alignement des compétences de l’activité
Internet »........................................................................................................210
Tableau 40 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 6 items du construit
« Alignement des compétences de l’activité Internet »..............................210
Tableau 41 Structure initiale du construit « Performance de l’activité Internet »....211
Tableau 42 Matrice des composantes issue de l’ACP sur les 11 items du construit
« Performance de l’activité Internet ».........................................................212
Tableau 43 Structure finale du construit « Performance de l’activité Internet ».......212
Tableau 44 Variance expliquée par le facteur commun des échelles de la recherche
213 Tableau 45
Matrice de corrélation des items liés aux variables modératrices............215
Tableau 46 Matrice de corrélation des items liés à la variable expliquée....................216
Tableau 47 Matrice de corrélation des indicateurs liés aux variables explicatives....218
Tableau 48 Alpha de Cronbach des échelles de la recherche........................................220
Tableau 49 Age des répondants.......................................................................................222
Tableau 50 Tranches d’âge des répondants....................................................................222
Tableau 51 Fonction des répondants...............................................................................224
Tableau 52 Nombre d’activités par entreprise...............................................................225
Tableau 53 Activités des entreprises................................................................................225
Tableau 54 Nombre d’employés......................................................................................226
Tableau 55 Chiffre d’affaires...........................................................................................226
Tableau 56 Date de création du premier site web..........................................................227
Tableau 57 Date de lancement du premier site web transactionnel.............................228
Tableau 58 Nombre de responsables de l’activité Internet...........................................228
Tableau 59 Fonction des responsables de l’activité Internet........................................229
Tableau 60 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement stratégique de
l’activité Internet »........................................................................................230
Tableau 61 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement organisationnel
de l’activité Internet »...................................................................................231
374
Tableau 62 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement technologique de
l’activité Internet »........................................................................................232
Tableau 63 Statistiques descriptives des variables de l’« Alignement des compétences
de l’activité Internet »...................................................................................233
Tableau 64 Statistiques descriptives des variables de la « Performance de l’activité
Internet »........................................................................................................234
Tableau 65 Corrélations entre l’alignement stratégique et la performance de l’activité
Internet...........................................................................................................241
Tableau 66 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement
stratégique......................................................................................................242
Tableau 67 Corrélations entre l’alignement organisationnel et la performance de
l’activité Internet...........................................................................................243
Tableau 68 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement
organisationnel...............................................................................................244
Tableau 69 Corrélations entre l’alignement technologique et la performance de
l’activité Internet...........................................................................................245
Tableau 70 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement
technologique..................................................................................................245
Tableau 71 Modèle de régression de la performance financière liée à Internet sur
l’alignement technologique...........................................................................246
Tableau 72 Modèle de la régression de la performance des ventes indirectes liées à
Internet sur l’alignement technologique.....................................................247
Tableau 73 Corrélations entre l’alignement des compétences et la performance de
l’activité Internet...........................................................................................248
Tableau 74 Modèle de la régression de la performance marketing liée à Internet sur
l’alignement des compétences......................................................................249
Tableau 75 Modèle de régression de la performance financière liée à Internet sur
l’alignement des compétences......................................................................249
Tableau 76 Modèle de régression de la performance des ventes indirectes liées à
Internet sur l’alignement des compétences.................................................250
Tableau 77 Corrélations entre les composantes de l’alignement..................................251
Tableau 78 Corrélations entre alignement et performance de l’activité Internet......253
Tableau 79 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement de
l’activité Internet...........................................................................................254
Tableau 80 Modèle de régression de la performance Internet sur l’alignement de
l’activité Internet...........................................................................................255
Tableau 81 Variables à considérer en priorité selon la dimension de la performance
considérée.......................................................................................................256
Tableau 82 Pourcentage de variance restitué pour chaque dimension de la
performance...................................................................................................257
Tableau 83 Effet des trois premières variables modératrices.......................................259
Tableau 84 Effet de la Nationalité de l’entreprise..........................................................261
Tableau 85 Effet de la nationalité du groupe.................................................................261
Tableau 86 Résultats des tests concernant les cinq premières hypothèses de recherche
........................................................................................................................262
Tableau 87 Les indices d’ajustement...............................................................................267
Tableau 88 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les trois indicateurs du
construit « Alignement stratégique de l’activité Internet ».......................271
375
Tableau 89 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur les trois
indicateurs du construit « Alignement stratégique de l’activité Internet »
........................................................................................................................273
Tableau 90 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les quatre indicateurs du
construit « Alignement organisationnel de l’activité Internet »...............276
Tableau 91 Estimation standardisée des contributions factorielles – AFC sur les
quatre indicateurs du construit « Alignement organisationnel de l’activité
Internet »........................................................................................................277
Tableau 92 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les deux indicateurs du
construit « Alignement technologique de l’activité Internet »..................279
Tableau 93 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur les deux
indicateurs du construit « Alignement technologique de l’activité
Internet »........................................................................................................280
Tableau 94 Indices d’ajustement du modèle global - AFC sur les quatre indicateurs du
construit « Alignement des compétences de l’activité Internet »..............282
Tableau 95 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur les quatre
indicateurs du construit « Alignement des compétences de l’activité
Internet »........................................................................................................283
Tableau 96 Indices d’ajustement du modèle global – AFC sur les quatre indicateurs
du construit « Performance de l’activité Internet »...................................285
Tableau 97 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC sur les quatre
indicateurs du construit « Performance de l’activité Internet »...............286
Tableau 98 Indices d’ajustement du modèle global - AFC appliquée au construit
« Performance de l’activité Internet ».........................................................287
Tableau 99 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC appliquée au
construit « Performance de l’activité Internet »........................................289
Tableau 100 Indices d’ajustement du modèle global - AFC appliquée aux quatre
construits exogènes du modèle de recherche..............................................290
Tableau 101 Indices d’ajustement du modèle global - Nouvelle AFC de 1er-ordre
appliquée aux quatre construits exogènes du modèle de recherche.........293
Tableau 102 Estimation standardisée des contributions factorielles - Nouvelle AFC de
1er-ordre appliquée aux quatre construits exogènes du modèle de
recherche........................................................................................................294
Tableau 103 Test de la validité discriminante des quatre construits exogènes..............296
Tableau 104 Indices d’ajustement du modèle global - AFC de 2nd-ordre sur les quatre
construits exogène du modèle de recherche................................................297
Tableau 105 Estimation standardisée des contributions factorielles - AFC de 2nd-ordre
sur les quatre construits exogènes du modèle de recherche......................298
Tableau 106 Indices d’ajustement du modèle additif......................................................300
Tableau 107 Pourcentage de variance expliquée pour chaque dimension de la
performance avec le modèle additif.............................................................301
Tableau 108 Indices d’ajustement du modèle direct.......................................................302
Tableau 109 Pourcentage de variance expliquée pour chaque dimension de la
performance avec le modèle direct..............................................................306
Tableau 110 Indices d’ajustement du modèle global - Etape 1 du test de la médiation
par l’alignement organisationnel.................................................................311
Tableau 111 Indices d’ajustement du modèle global - Etape 2 du test de la médiation
par l’alignement organisationnel.................................................................313
Tableau 112 Indices d’ajustement du modèle global - Etape 3 du test de la médiation
par l’alignement organisationnel.................................................................314
376
Tableau 113 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet sur
l’Alignement stratégique...............................................................................317
Tableau 114 Modèle de régression de l’Alignement organisationnel sur l’Alignement
stratégique......................................................................................................317
Tableau 115 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet sur
l’Alignement organisationnel et l’Alignement stratégique........................318
Tableau 116 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet sur
l’Alignement technologique..........................................................................318
Tableau 117 Modèle de régression de l’Alignement organisationnel sur l’Alignement
technologique..................................................................................................319
Tableau 118 Modèle de régression de la Performance de l’activité Internet sur
l’Alignement organisationnel et l’Alignement technologique....................319
Tableau 119 Calcul des effets indirects..............................................................................321
Tableau 120 Comparaison des résultats issus de l’analyse par les corrélations et
régressions multiples de ceux issus de l’analyse par les équations
structurelles....................................................................................................322
377
TABLE DES GRAPHIQUES
Internet »....................................................................................................288
er
Graphique 11 AFC de 1 -ordre appliquée aux quatre construits exogènes du modèle
P
P
de recherche...............................................................................................291
er
Graphique 12 Nouvelle AFC de 1 -ordre appliquée aux quatre construits exogènes du
P
P
modèle dendrecherche..................................................................................292
Graphique 13 AFC de 2 -ordre sur les quatre construits exogènes du modèle de
P
P
recherche....................................................................................................297
Graphique 14 Test du modèle additif...............................................................................299
Graphique 15 Test du modèle direct................................................................................303
Graphique 16 Etape 1 du test de la médiation par l’alignement organisationnel........312
Graphique 17 Etape 2 du test de la médiation par l’alignement organisationnel........313
Graphique 18 Etape 3 du test de la médiation par l’alignement organisationnel.......315
378
TABLE DES ENCADRES
379
VU : LE PRESIDENT VU : LES SUFFRAGANTS
Vu et permis d’imprimer :
380