Logique séquentielle
’’ Sequential logic’’
I- Mise en situation ‘’Circuit mémoire en électricité’’
Pour introduire à ce type de circuit, on étudie un exemple simple et classique dans ce domaine ; il
s'agit de la commande d'un moteur d'une perceuse par exemple :
Un bouton "m" permet de mettre en marche le moteur et un bouton "a" permet de l'arrêter ;
Quand on appuie sur le bouton m, le moteur démarre ; quand on relâche le bouton, le moteur
continue à tourner. L'ordre de mise en marche a donc été mémorisé ;
Il en est de même pour le bouton a ;
L'action arrêt est prioritaire : si m et a sont appuyés en même temps, on arrête le moteur.
La table décrit le fonctionnement du schéma ci-contre :
L’équation de la sortie K est : 𝒌 = (𝒎 + 𝒌). 𝒂 ̅
On constate que l'état d'un circuit séquentiel dépend de l'état de ses entrées et de l'état précédent
de sa sortie.
Cette équation peut être réalisée, électroniquement, par le logigramme suivant :
Ce circuit est plus connu par sa
réalisation simplifiée avec l'utilisation de
portes NOR :
Ce circuit s’appelle bascule (flip-flop).
II- Fonctions séquentielles
Les bascules sont les éléments de base des systèmes séquentiels. Elles possèdent 2 états stables (0
et 1) et maintiennent leur état tant qu’elles ne sont pas sollicitées pour en changer. Ce sont des cellules
de mémorisation à 1 bit qui, pour une combinaison d’états logiques de leurs entrées, présentent sur
leurs sorties deux états complémentaires stables Q et 𝑸 ̅.
1) Bascule SR Asynchrone
2) Bascule SR Synchrone
La bascule SR synchrone, est une bascule dans laquelle les entrées R et S ne sont prises en comptes
que si elles sont en coïncidence avec un signal de commande G.
Le signal de commande peut être active sur niveau haut (1), niveau bas (0), front montant ( ) ou
front descendant ( ).
3) Bascule D
La bascule D est dérivée de la bascule SR en ajoutant un inverseur entre Set et Reset pour n'avoir
plus qu'une seule entrée pour fixer le niveau à mémoriser. Avec un tel montage, il n'y a plus de
combinaisons d'entrées invalides (S=R=1).
4) Bascule JK
La bascule JK permet de lever l’ambiguïté qui existe pour l’état S=R=1 d’une bascule SR. Son
symbole et sa table de vérité sont les suivants :
Si on utilise la bascule JK en mode toggle c’est-à-dire (J = K = 1), on obtient l’une des principales
applications de la bascule JK à savoir le diviseur de fréquence par 2.
Parmi les circuits intégrés à bascules JK, on trouve le 7476 :
III- COMPTEURS
Un compteur est un ensemble de n bascules interconnectées par des portes logiques. Ils peuvent
décrire, au rythme d’un signal de commande appelé horloge, une suite d'états binaires. Il ne peut y avoir
au maximum que 2n combinaisons et le nombre total N des combinaisons successives est appeléle
modulo du compteur. Les compteurs binaires peuvent être classés en deux catégories:
Les compteurs asynchrones;
Les compteurs synchrones;
1) Compteur asynchrone modulo N = 2n
Ce type de compteur est constitué de n bascules JK fonctionnant en mode T (Toggle): J=K=1. Ces
bascules sont montées en cascade c'est-à-dire le signal d’horloge commande uniquement la première
bascule tandis que pour chacune des autres bascules le signal d'horloge est fourni par la sortie de la
bascule de rang immédiatement inférieur.
Pour bien comprendre le principe, réalisons un compteur modulo 8 permettant de compter de (0à
7) comme le montre la figure suivante :
Les chronogrammes et al table de vérité d'un tel compteur sont les suivants :
2) Compteur asynchrone modulo N≠2n
Pour ce type général de compteur qui compte de 0 à N-1, on va étudier l’exemple d’un compteur
asynchrone modulo 10 (0 à 9). Pour ler éaliser, il y a deux étapes:
On cherche d’abord la puissance de 2 immédiatement supérieure à N et qui est pour notrecompteur
24= 16. L’exposant de cette puissance de 2 donne le nombre de bascules JK à monter en cascade,
4 pour notre exemple;
On détecte ensuite l’état N qui remettra le compteur à 0 et qui est pour notre compteur 10
= (1010)2. On relie les sorties Q = 1 (Q1 et Q3) pour N aux entrées d’une porte NAND dont la
sortie commandera l’entrée CLR de chaque bascule.
Les compteurs 7490 (modulo 10), 7492 (modulo 12) et 7493 (modulo 16) sont des compteurs
asynchrones composés de 4 bascules.
3) Compteur synchrone modulo N
L’inconvénient du compteur asynchrone c’est le temps de réponse de chaque bascule. Ainsi, le
signal d'horloge ne parvient pas simultanément sur toutes les bascules. Ceci a pour conséquence de
provoquer des états transitoires qui peuvent être indésirables.
Supposons un temps de réponse tr identique pour toutes les bascules
et considérons la chronologie du passage d'un compteur asynchrone 3
bits de 011 à 100 dans la figure ci-contre.
Nous constatons que le compteur passe par les états transitoires 011
et 001 qui sont faux en plus d’un temps de propagation qui a triplé.
Dans un compteur synchrone toutes les bascules reçoivent en
parallèle le même signal d'horloge. Pour faire décrire au compteur une
séquence déterminée il faut à chaque impulsion d'horloge définir les
entrées synchrones J et K.
Pour cela on utilise la table de transition de la bascule J-K ainsi que la table de vérité décrivant
la séquence du compteur. Prenons l’exemple d’un compteur modulo 8.
A partir de la table d’excitation nous pouvons remplir le tableau suivant :
La résolution du problème consiste à chercher les équations des entrées J et K de chaque bascule à
l’aide de la table des états recherchés.
Le montage du compteur synchrone MODULO 8 est le suivant :
IV- Mémoires
1) Organisation générale d’une mémoire
Les mémoires sont éléments essentiels des systèmes numériques. Ce sont des composants capables
de stocker des informations (données) sous forme binaire et de les restituer.
a) Bus de données b) Bus d’adresses c) Bus de contrôles
Les données sont enregistrées L’adresse est un mot Il permet de :
sous forme de mots. Un mot est une binaire sur m bits (de A0 à Am- Signaler que la mémoire est
entité binaire de n bits(repérés D0 1) permettant de localiser une sélectionnée. Cette entrée est
à Dn-1) sur lesquels on code la donnée en mémoire. nommée CE (Chip Enable) ou
donnée. En pratique, n est une Il y a autant CS (Chip Select). Elle est
puissance de 2. d’emplacement possible active au niveau bas.
La donnée entre (écriture) ou d’adresses, soit 2 .
m Informer la mémoire de la
sort (lecture) de la mémoire par Elle est appliquée sur le nature de l’opération :
un ensemble de n fils appelé bus bus d’adresse unidirectionnel Lecture (Read): R/W = 1.
de données, pouvant donc être et constitué par un ensemble Ecriture (Write): R/W = 0.
unidirectionnel ou bidirectionnel. de m fils.
2) Capacité mémoire
La capacité d’une mémoire représente le nombre de bits qu’elle peut stocker ou plus
généralement le nombre d’octets.
Exemple : soit une mémoire ou m=10 et n=8.
Elle contient donc : 210.8 = 8192 bits = 8Kb où 1024 octets= 1 Ko
3) Temps d’accès tAcc
Le temps d’accès : c’est le temps qui s’écoule entre une demande d’information et le moment où
elle est effectivement disponible.
4) Différents types de mémoires
Les mémoires sont classées suivant deux familles :
Mémoires mortes ROM (Read Only Memory) : Mémoire à lecture seule;
Mémoires vives RAM (Random Access Memory) : Mémoire à lecture et écriture.
a) Mémoires mortes ROM b) Mémoires vives RAM
Les ROM sont utilisées pour stocker des Ce sont des mémoires volatiles, c’est-à-
informations figées telles que des programmes fixes dire dont le contenu est perdu à la coupure
dans des machines programmées ou les tables de de l’alimentation. Elles acceptent aussi bien
conversion de données. Le contenu est fixé à la des lectures que des écritures de données.
construction ou par l’utilisateur et la disparition de
l’alimentation électrique n’altère pas le contenu.
c) Les mémoires programmables et effaçables par l’utilisateur
Les mémoires programmables sont intermédiaires entre les RAM et les ROM. On en rencontre de
différentes familles :
Les PROM (Programmable ROM) : sont composées de fusibles que l’on peut détruire une
seule fois ;
Les EPROM (Erasable PROM) : ce sont des mémoires effaçables par ultraviolet et
programmables électriquement ;
Les EEPROM (Electrical Erasable PROM) : ce sont des mémoires effaçables et programmables
électriquement.
5) Extension de capacité
Il est courant dans un système microinformatique de grouper plusieurs circuits pour augmenter la
capacité (nombre des mots et/ou longueur des mots).
Par exemple, à l’aide de 4 boîtiers mémoires de 1K.4bits, on peut réaliser les mémoires suivantes:
1K.16bits, 4K.4bits, 2K.8bits.
Le schéma de la figure ci-dessous réalise une mémoire de 1K.16bits à partir d'une mémoire
élémentaire de 1K.4bits.