Un second axe de critique pointe l'impact direct de la publicité sur
l'environnement : consommation de ressources (papier, énergie) et
pollutions sonore et visuelle notamment, problèmes contrariant aussi les
objectifs d'économie circulaire de l'Europe et de la France.
Pour limiter la production gaspilleuse de papier publicitaire, le Ministère
de l'Écologie et du Développement durable français a ainsi édité dans les
années 2000 un autocollant « Pas de publicité S.V.P. » pour les boîtes aux
lettres. Aucune réglementation ne protège (en 2008) le consommateur
contre la répétition d'un même message plusieurs dizaines de fois dans la
semaine. La répétition à ce rythme de messages inchangés au téléphone
ou dans la rue ouvrirait le droit à une plainte pour harcèlement[réf. nécessaire].
Dans les années 2000 des publicitaires et des médias mettent en avant
le développement durable mais une étude (mars 2008), du ministère de
l'Écologie français montrait que, sur 57 grandes entreprises interrogées,
seules treize (22 %) respectaient la loi sur les nouvelles régulations
économiques52 dans leur bilan 2006, alors que ces régulations, adoptées
en 2001, leur imposaient depuis cinq ans de publier des informations
environnementales. « Les sociétés de publicité sont particulièrement peu
exemplaires »53. Havas et Publicis n'ont, en 2006, pas rempli une seule des
trente-cinq rubriques environnementales concernant la consommation
d'énergie, d'eau, la production de déchets, les émissions de polluants, etc.
L'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP, ancien BVP)
publie régulièrement avec l'ADEME un bilan « Publicité et
Environnement » faisant le point sur la conformité de certaines publicités
(sur les thèmes de l'agriculture-jardinage, l'alimentation, l'ameublement-
décoration, les appareils ménagers, l'automobile-transport, les bâtiments
et travaux publics, les boissons, l'entretien, l'énergie, l'hygiène et la
beauté et l'immobilier54) aux dispositions déontologiques de
la Recommandation Développement Durable de l'ARPP. Son 9e rapport a
ajouté les publicités faites sur les réseaux sociaux à l'ensemble de
25 000 publicités contenant des messages environnementaux, analysées.
Comme en 2015, 50 % des manquements concernaient les publicités de
véhicules dans des espaces naturels, principalement dans des bannières
web, puis dans les post faits sur les réseaux sociaux. Plus de
23 500 publicités de 2015 ont été analysées, puis presque 25 000 en
2017 ; 5 % du volume de messages environnementaux examinés
comportaient des manquements aux recommandations de l'ARPP. En
France seules contenaient un argument écologique : elles étaient plus
nombreuses depuis 2009 (6 % des 15 700 publicités alors étudiées) pour
chuter à 3 % de 2013 à 2017. Le 9e rapport encourage à « familiariser les
équipes communiquant sur les services réseaux sociaux avec les règles
d’éthique »55.