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Promulgation du Code de Commerce Français

Le Code de Commerce, promulgué le 14 juillet 1809, établit les règles régissant les actes de commerce, les commerçants, et les sociétés. Il définit les délais pour le délaissement des objets assurés en cas de sinistre et précise les obligations des commerçants en matière de tenue de livres et d'inventaires. Les dispositions incluent également des articles sur les sociétés commerciales et les responsabilités des associés.

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Promulgation du Code de Commerce Français

Le Code de Commerce, promulgué le 14 juillet 1809, établit les règles régissant les actes de commerce, les commerçants, et les sociétés. Il définit les délais pour le délaissement des objets assurés en cas de sinistre et précise les obligations des commerçants en matière de tenue de livres et d'inventaires. Les dispositions incluent également des articles sur les sociétés commerciales et les responsabilités des associés.

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FRENCH CODE OF COMMERCE PROMULGATION

Act 208/1809
Arrêté du 14 juillet 1809

14 juillet 1809

DECAEN, CAPITAINE-GENERAL, ETC.,


Après délibération ... Arrêté:

1. Le Code de Commerce est promulgué aux îles de France, et


dépendances, sauf les exceptions, additions et modifications ci-
après déterminées.

Du commerce maritime

2. Le délai prescrit par l’article 373, pour délaissement, en cas de


sinistre, d'objets assurés, sera, pour l'une ou l'autre Colonie de
trois mois, à partir du jour de la reception de la nouvelle de la
perte arrivée aux ports ou côtes de l'une des deux colonies.

I1 sera de six mois, après la reception de la nouvelle ou de la


perte arrivée, ou de la prise conduite à la côte orientale de
Madagascar, ou aux Seychelles et îles adjacentes.

I1 sera d’un as après la réception de la nouvelle, ou de la perte


arrivée, ou de la prise conduite à la côte orientale de
Madagascar, au Cap de Bonne Espérance, aux côtes
orientales de l'Afrique, et aux lieux situés en Asie.

I1 sera de deux ans après la nouvelle des pertes arrivées ou


des prises conduites dans les autres parties du monde.

3. Le délai déterminé par l’article 387, pour le délaissement en


cas d'arrêt, sera de six mois, si l'arrêt a eu lieu dans l'Ocean
Indies et d'un an s’il a eu lieu autre part.

LIVRE PREMIER
Du commerce en général
TITRE PREMIER

Des actes de commerce et des commerçants

CHAPITRE PREMIER
Des actes de commerce

Article 1. La loi répute actes de commerce:

Tout achat de biens meubles pour les revendre,


soit en nature, soit après les avoir travailits et
mis en oeuvre;

Tout achat de biens immeubles aux fins de les


revendre, à moins que l’acquéreur n’ait agi en
vue d’édifier un ou plusieurs bâtiments et de les
vendre en bloc ou par locaux;

Toutes opérations d'intermédiaire pour l’achat, la


souscription ou la vente d’immeubles, de fonds
de commerce, d’actions ou parts de sociétés
immobillières;

Toute entreprise de location de meubles;

Toute entreprise de manufactures, de


commission ou de transport;

Toute entreprise de fournitures, d'agence,


bureaux d'affaires, établissements de ventes à
1'encas de spectacles publics;

Toute opération de change, banque et courtage;

Toutes les opérations de banques publiques;


Toutes obligations entre négociants, marchands
et banquiers;

Entre toutes personnes, les lettres de change.

Article 2. La loi répute pareillement actes de commerce:

Toute entreprise de construction et tous achats,


ventes et reventes de bâtiments pour la
navigation intérieure et extérieure;

Toutes expéditions maritimes;

Tout achat et vente d'agrès, apparaux et


avitalllements;

Tout affrètement ou nolissement, emprunt ou


prêt à la grosse;

Toutes assurances et autres contrats concernant


le commerce de mer;

Tous accords et conventions pour salaires et


loyers d'équipages;

Toutes engagements de gens de mer, polir le


service de batiments de commerce.

CHAPITRE DEUXIEME

Des commerçants

SECTION PREMIERE

Dispositions générales

Article 3. Sont commerçants ceux qui exercent des actes


de commerce et en font leur profession
habituelle.
Article 4. Le mineur, ne peut être commerçant.

Amended by [Act No. 13 of 2020]

Article 5. La femme mariée peut librement exercer un


commerce. Elle n’est pas réputée commerçante
si elle ne fait que détalller les marchandises du
commerce de son mari; elle n’est réputée telle
que lorsqu’elle fait un commerce séparé.

Article 6. Sous tous les régimes matrimoniaux, la femme


commerçante peut, pour les besoins de son
commerce, aliéner et obliger tous ses biens
personnels en pleine propriété.

Sous le régime de communauté, elle peut ainsi


aliéner et obliger ses biens réservés; et elle
oblige même 1'ensemble des biens communs et
les propres du mari dans les cas prévus à
l’article 1420 du Code Civil.

Article 7. Nul ne peut, directement ou par personne


interposée, pour son compte ou pour le compte
d'autrui, entreprendre une profession
commerciale ou industrielle, s'il a fait l'objet:

1o d'une condamnation définitive d’au moins


trois annees de servitude pénale;

2o d'une condamnation définitive pour une


infraction révélant une fraude, une
malhonnêteté, un détournement ou une
soustraction de bies telle notamment que
le vol, escroquerie, l’abus de confiance, le
recel, le détournement commis par les
dépositaires de deniers publics ou le faux
en écriture privée, de commerce ou de
banque.
Néanmoins, le Juge en Chambre peut, à la
requête de la personne frappée de l'incapacité
d'exercice prévue par l’alinéa ler, et le Ministère
Public entendu, lever l'interdiction formulée par
ce texte lorsque la personnalité de l’anden
condamné justifie désormais l’adoption d'une
telle mesure ou lorsque le maintien de cette
interdiction risque de présenter pour le requérant
ou sa famille des inconvénients économiques
d'une particulière gravité.

SECTION DEUXIEME

Des intermédiaires du commerce

Article 7-1. Sont commerçants et tenus des obligations de la


profession même si leur activité ne comporte
que des opérations de nature civile, les agents
d'affaires, les agents commerciaux, les courtiers
et les commissionnaires.

Toutefois ne sont pas commerçants ceux qui


pratiquent des opérations d'intermédiare prévues
par la présente section lorsque ces opérations
sont nécessaires ou accessoires à 1'exercice
d'une profession libérale traditionnellement
civile.

Article 7-2. Est agent d'affaires, celui qui, à titre de


profession habituelle et indépendante, se
charge, avec ou sans mandat, de la gestion des
affaires d'autrui.

Article 7-3. Est agent commercial, le mandataire qui à titre


de profession habituelle et indépendante, sans
être 1ié par un contrat de louage de services,
négode et, éventuellement, conclut des achats,
des ventes, des locations ou des prestations de
services, au nom et pour le compte de
producteurs, d'industriels ou de commerçants.
Article 7-4. Les contrats intervenus entre les agents
commerciaux et leur mandants sont conclus
dans l'intérêt commun des parties.

Leur résiliation par le mandant, si elle n’est pas


justifié par une faute du mandataire, ouvre droit
au profit de ce dernier, nonobstant toute clause
contraire, à une indemnité compensatrice du
préjudice subi.

Article 7-5. Est courtier celui dont l'activité professionnelle,


exercée à titre indépendant, a pour objet
principal de mettre en rapport les personnes qui
désirent contracter.

Article 7-6. La rémunération ou courtage est due au courtier


dès due les parties qu'il a mises en rapport ont
conclu le contrat.

Sous réserve de stipulations contraires, le


courtier n’est pas responsable de la non-
exécution du contrat pour la conclusion duquel il
s'est entremis, sauf s'il a présenté à son donneur
d'ordre une personne dont l'insolvabilité était
notoire.

Article 7-7. L'activité du commissionnaire est régie par les


dispositions des articles 93 à 98 du présent
Code.

TITRE DEUXIEME

Des livres de commerce

Article 8. Nonobstant toutes dispositions contraires toute


personne physique ou morale, ayant la qualité
de commerçant, doit tenir un livre-journal
enregistrant jour par jour les opérations de
l'entreprise ou récapitulant au moins
mensuellement les totaux de ces opérations à la
condition de conserver dans ce cas, tous
documents permettant de verifier ces opérations
jour par Jour.

Article 9. Elle doit également faire tous les ans un


inventaire des eléments actifs et passifs de son
entreprise et arrêter tous ses comptes en vue
d'établir son bilan et le compte de ses pertes et
profits.

Le bilan et le compte “Pertes et profits” sont


copiés sur le livre d'inventaire.

Article 10. Le livre-journal et le livre d'inventaire sont tenus


chronologiquement sans blancs ni alteration
d'aucune sorte.

Ils sont côtés et paraphés par le District


Magistrate du lieu où le commerçant exerce son
commerce ou toute autre personne désignée par
lui, dans la forme ordinaire et sans frais.

Article 1l. Les livres et documents visés aux articles 8 à 10


ci-dessus doivent être conservés pendant dix
ans.

Les correspondences reçues et les copies des


lettres envoyées doivent être classées et
conservées pendant le même délai.

Article 12. Les livres de commerce, régulièrement tenus,


peuvent être admis par le juge pour faire preuve
entre commerçants pour faits de commerce.

Article 13. Les livres que les individus faisant le commerce


sont obligés de tenir, et pour lesquels ils n’auront
pas observés les formalités ci-dessus prescrites,
ne pourront être représentés ni faire foi en
justice, au profit de ceux qui les auront tenus.
Article 14. La communication des livres et inventaires ne
peut être ordonnée en justice que dans les
affaires de succession communauté, partage de
société, et en cas de falllite.

Article 15. Dans le cours d'une contestation la


représentation des livres peut être ordonnée par
le juge, même d'office, à 1'effet d'en extraire ce
qui concerne le différend.

Article 16. Les obligations imposées par les articles 8 à il


pourront être satisfaites par l'accomplissement
de celles qui sont concurremment prescrites par
les dispositions de l'Income Tax Act.

En pareil cas, les livres tenus en application de


l'Income Tax Act seront alors produits au lieu et
place des livres de commerce, dans les mêmes
circonstances et avec les mêmes effets que
ceux-ci.

TITRE TROISIEME

Des sociétés

SECTION PREMIERE

Dispositions générales

Article 17. Les dispositions du présent titre sont applicables


aux sociétés commerciales sous réserve des
dispositions du Companies Act.

Article 18. Le caractère commercial d'une société est


déterminé par sa forme ou par son objet.

Sont commerciales à raison de leur forme et


quel que soit leur objet, les sociétés en nom
collectif et les sociétés en commandite simple.
La société en participation quel que soit son
objet, est régie dans sa constitution son
fonctionnement et sa dissolution par les
dispositions des articles 1869 à 1872-2 du Code
Napoléon.

Article 19. La forme, la durée qui ne peut excéder 99 ans,


la raison ou la dénomination sociale, le siège
social, l'objet social et le montant du capital
social sont déterminés par les statuts de la
société.

Article 20. Les Sociétés dont le siège social est situé en


territoire mauricien sont soumises à la loi
mauricienne.

Les tiers peuvent se prévaloir du siège


statutaire, mais celui-ci ne leur est pas
opposable par la société si son siège réel est
situé en un autre lieu.

Article 21. Les Sociétés commerciales jouissent de la


personnalité morale à dater de
l'accomplissement des formalités prévues par
les articles 47 à 49. La transformation régulière
d'une société s’entraîne pas la création d'une
personne morale nouvelle. Il en est de même de
la prorogation.

Les personnes qui ont agi au nom d'une société


en formation avant qu’elle ait acquis la
jouissance de la personnalité morale sont tenues
solidairement et indéfiniment des actes ainsi
accomplis, à moins que la société, après avoir
été régulièrement constituée et publiée, ne
reprenne les engagements souscrits. Ces
engagements sont alors réputés avoir été
souscrits dès l'origine par la société.

Article 22. Ni la société ni les tiers ne peuvent, pour se


soustraire à leurs engagements, se prévaloir
d'une irrégularités dans la nomination des
personnes chargées de gérer, d'administrer ou
de diriger la société, lorsque cette nomination a
été régulièrement publiée.

La société ne peut se prévaloir, à l’égard des


tiers, des nominations et cessations de fonction
des personnes visées ci-dessus, tant qu’elles
sont pas étés régulièrement publiées.

SECTION DEUXIEME

Des sociétés en nom collectif

Article 23. Les associés en nom collectif ont tous la dualité


de commerçant et répondent indéfiniment et
solidairement des dettes sociales.

Les créanciers de la société ne peuvent


poursuivre le paiement des dettes sociales
contre un associé, qu'après avoir vainement mis
en demeure la société par acte extrajudiciaire.

Article 24. La raison sociale est composée du nom de tous


les associés, ou du nom de l'un ou plusieurs
d'entre eux suivi des mots “et compagnie”.

Article 25. Tous les associés sont gérants, sauf stipulation


contraire des statuts qui peuvent designer un ou
plusieurs gérants, associés ou nos ou en prévoir
la designation par un acte ultérieur.

Si une personne morale est gérant, ses


dirigeants sont soumis aux mêmes conditions et
obligations et encourent les mêmes
responsabilités civile et pénale que s'ils étaient
gérants en leur nom propre, sans préjudice de la
responsabilité solidaire de la personne morale
qu'ils dirigent.
Article 26. Dans les rapports entre associés, et en
l'absence de la détermination de ses pouvoirs
par les statuts, le gérant peut faire tous actes de
gestion dans l'intérêt de la société.

En cas de pluralité de gérants, ceux-ci


détiennent séparément les pouvoirs prévus à
l'alinéa précédent, sauf le droit pour chacun de
s'opposer à toute opération avant qu’elle soit
conclue.

Article 27. Dans les rapports avec les tiers, le gérant


engage la sociétés par les actes entrant dans
l'objet social.

En cas de pluralité de gérants, ceux-ci


détiennent séparément les pouvoirs prévus à
l'alinéa précédent. L'opposition formée par un
gérant aux actes d'un autre gérant est sans effet
à l’égard des tiers, à moins qu'il ne soit établi
qu'ils en ont eu connaissance.

Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des


gérants qui résultent du présent article sont
inopposables aux tiers.

Article 28. Les décisions qui excédent les pouvoirs


reconnus aux gérants sont prises à l'unanimités
des associés. Toutefois les statuts peuvent
prévoir que certaines décisions sont prises à une
majorités qu'ils fixent.

Les statuts peuvent également prévoir que les


décisions sont prises par voie de consultation
écrite, si la réunion d'une assemblée n’est pas
demandée par l'un des associés.

Article 29. Le rapport sur les opérations de 1'exercice,


l'inventaire, le compte d'exploitation générale, le
compte de pertes et profits et le bilan établis par
les gérants, sont soumis à l'approbation de
l'assembiée des associés, dans le délai de six
mois à compter de la cloture dudit exercice.

A cette fin, les documents visés à l'alinéa


précédent, ainsi que le texte des résolutions
proposées, sont adressées aux associés, quinze
jours au moins avant la réunion de l'assemblée
prévue au précédent alinéa. Pendant le délai de
quinze jours qui précède l'assemblée,
l'inventaire est tenu au siège social à la
disposition des associés qui peuvent en prendre
copie. Toute délibération prise en violation des
dispositions du présent alinéa peut être
annullée.

Toute clause contraire aux disposition du


présent article est réputée non écrite.

Les dispositions du présent article ne sont pas


applicables lorsque tous les associés sont
gérants.

Article 30. Les associés non gérants ont le droit, deux fois
par an, d'obtenir communication des livres et
documents sociaux et de poser par écrit des
questions sur la gestion sociale, auxquelles il
doit être répondu également par écrit.

Article 31. Si tous les associés sont gérants ou si un ou


plusieurs gérants choisis parmi les associés sont
désignés dans les statuts, la révocation de l'un
d'eux de ses fonctions ne peut être décidée qu'à
l'unanimité des autres associés. Elle entraîne la
dissolution de la société, à moins que sa
continuation ne soit prévue par les statuts ou
que les autres associés ne la décident à
l'unanimité. Le gérant révoqué peut alors décider
de se retirer de la société en demandant le
remboursement de ses droits sociaux, dont la
valeur est determinée conformément à l’article
1866, alinéa 2, du Code Napoléon.
Si un ou plusieurs associés sont gérants et ne
sont pas désignés par les statuts, chacun d'eux
peut être révoqués de ses fonctions, dans les
conditions prévues par les statuts ou, à défaut,
par une décision des autres associés, gérants
ou non, prise à l’unanimité.

Le gérant non associé peut être révoqué dans


les conditions prévues par les statuts ou, à
défaut, par une décision des associés prise à la
majorité.

Si la révocation est décidée sans juste motif, elle


peut donner lieu à dommages-intérêts.

Article 32. Les parts sociales ne peuvent être représentées


par des titres négociables. Elles ne peuvent être
cédées qu'avec le consentement de tous les
associés.

Toute clause contraire est réputée non écrite.

Article 33. La cession des parts sociales doit être constatée


par écrit. Elle est rendue opposable à la société
dans les formes prévues à l’article 1690 du Code
Napoléon.

Elle n’est opposable aux tiers qu'après


accomplissement de ces formalités et de la
publicité requise par les dispositions de l’article
50.

Article 34. La sociétés prend fin par le décès de l'un des


associés, sous réserve de l'application des
dispositions de l’article 1867 du Code Napoléon.

En cas de continuation et si l'un ou plusieurs des


héritiers de l'associé sont mineurs, ceux-ci ne
répondent des dettes sociales qu'à concurrence
des forces de la succession de leur auteur. En
outre, la société doit être transformée, dans le
délai d'un as à compter du décès, en sociétés en
commandite dont le mineur devient
commanditaire. A défaut, elle est dissoute.

Article 35. En cas de falllite, d'interdiction d'exercer une


profession commerciale ou d'incapacité frappant
l'un des associés, la société est dissoute, à
moins que la continuation ne soit prévue par les
statuts ou que les autres associés ne la décident
à l'unanimité.

Dans le cas de continuation la valeur des droits


sociaux à rembourser à l'associé qui perd cette
qualité est déterminée conformément aux
dispositions de l’article 1866, alinéa 2, du Code
Napoléon.

SECTION TROISIEME

Des sociétés en commandite simple

Article 36. Les associés commandites ont le statut des


associés en nom collectif.

Les associés commanditaires répondent des


dettes sociales seulement à concurrence du
montant de leur apport. Celui-ci ne peut être un
apport en industries

Article 37. Les dispositions relatives aux sociétés en nom


collectif sont applicables aux sociétés en
commandite simple, sous réserve des règles
prévues à la présente section.

Article 38. La raison sociale est composée du nom de tous


les associés commandites ou du nom de l'un ou
plusieurs d'entre eux, suivi en tous les cas des
mots “et compagnie”.
Si la raison sociale comporte le nom d'un
associé commanditaire, celui-ci répond
indéfiniment et solidairement des dettes
sociales.

Article 39. Les statuts Article de la société doivent contenir


les indications suivantes:

1. Le montant ou la valeur des apports de


tous les associés;

2. La part dans ce montant ou cette valeur de


chaque associé commandite ou
commanditaire;

3. La part globale des associés commandités


et la part de chaque associé
commanditaire dans la répartition des
bénéfices et dans le boni de liquidation.

Article 40. Les décisions sont prises dans les conditions


fixées par les statuts.

Toutefois, la réunion d'une assemblée de tous


les associés est de droit, si elle est demandée
soit par un commandité, soit par le quart en
nombre et en capital des commanditaires.

Article 41. L'associé, commanditaire ne peut faire aucun


acte de gestion externe, même en vertu d'une
procuration.

En cas de contravention à la prohibition prévue


par l'alinéa précédent, l'associé commanditaire
est tenu solidairement avec les associés
commandités, des dettes et engagements de la
société qui résultent des actes prohibés. Suivant
le nombre ou importance de ceux-ci, i1 peut être
déclarés solidairement obligé pour tous les
engagements de la société ou pour quelques-
uns seulement.
Article 42. Les associés commanditaires ont le droit, deux
fois par an, d'obtenir communication des livres et
documents sociaux et de poser par écrit des
questions sur la gestlon sociales, auxquelles i1
doit être répondu légalement par écrit.

Article 43. Les parts sociales ne peuvent être cédées


qu'avec consentement de tous les associés.

Toutefois, les statuts peuvent stipuler:

1. Que les parts des associés


commanditaires sont librement cessibles
entre associés;

2. Que les parts des associés


commanditaires peuvent être cédés à des
tiers étrangers à la société avec le
consentement de tous les commandités et
de la majorité en nombre et en capital des
commanditaires;

3. Qu'un associé commandité peut céder une


partie de ses parts à un commanditaire ou
à un tiers étranger à la sociétés dans les
conditions prévues au 2. dessus.

Article 44. Les associés ne peuvent, si ce n’est à


l'unanimité, changer la nationalité de la société.

Toutes autres modifications des statuts peuvent


être décidées avec le consentement de tous les
commandités et de la majorité en nombre et en
capital des commanditaires.

Les clauses édictant des conditions plus strictes


de majorités sont réputées non écrites.

Article 45. La société continue malgré le décès d'un


commanditaire.
S'il est stipulé que malgré le décès de l'un des
commandités, la société continue avec ses
héritiers, ceux-ci deviennent commanditaires
lorsqu'ils sont mineurs. Si l'associé décédé était
le seul commandité et si ses héritiers sont tous
mineurs, i1 doit être procédé à son
remplacement par un nouvel associé
commandité ou à la transformation de la société,
dans le délai d'un an à compter du décès. A
défaut, la société est dissoute de plein droit à
l’expiration de ce délai.

Article 46. En cas de falllite, d'interdiction d'exercer une


profession commerciale ou d'incapacité frappant
l'un des associés commandités, la société est
dissoute, à moins que, s'il existe un ou plusieurs
autres associés commandités, la continuation de
la société ne soit prévue par les statuts ou que
les associés ne la décident à l'unanimités. Dans
ces cas, les dispositions de l’article 35, alinéa 2,
sont applicables.

SECTION QUATRIEME

De la publicité des actes de société

Article 47. L'extrait des actes de société en nom collectif et


en commandité doit être remis au Registrar des
compagnies, ou à toute autre personne
autorisée à recevoir cet extrait, qui le transcrit
sur un registre ouvert à la consultation publique.

Les effets de cette transcription sont régis par


les dispositions des articles 21 du présent Code
et 1841 du Code Napoléon.

Article 48. L'extrait doit contenir:

- les noms, prénoms, qualités et demeures,


et s'il y a lieu, les régimes matrimoniaux
des associés autres que les
commanditaires;

- la raison sociale de la sociéte;

- la désignation de ceux des associés


autorisés à gérer, administrer et signer
pour la société;

- le montant des valeurs fournies ou à fournir


en commandite,

- l'époque ou la sodetet doit commencer, et


celle où elle doit finir.

Article 49. L'extrait des actes de société est signé, pour les actes
publics, par les notaires, et pour les actes sous
seing-privé, par tous les associés, si la société
est en nom collectif, et par les associés
solidaires ou gérants, si la société est en
commandité.

Article 50. Toute continuation de société, aprèis son terme


expiré, sera constatée par une déclaration des
coassociés, consignée dans un acte notarié ou
sous seing-privé. Cette déclaration et tous actes
portant dissolution de société avant le terme fixé
pour sa durée par l'acte qui 1'établit, tout
changement ou retraite d'associés, toute
modification de leur régime matrimonial, toutes
nouvelles stipulations ou clauses, tout
changement à la raison sociale sont soumis aux
formalités prescrites par les articles 47, 48 et 49.

Ces modifications ou ces changements ne


seront opposables aux tiers qu'à compter de
l'accomplissement de ces formalités.

Toute société non continuée à son terme expiré, ou toute


société ne s’étant pas acquittée des dûs stipulés au Twelfth
Schedule du Companies Act, peut, après trois ans, être
radiée du registre tenu par le Registrar of Companies selon
les procédures établies par celui-ci.

Toute société radiée en vertu de l’alinéa précédent


pourra être réinsérée au registre du Registrar of Companies à
condition qu’il soit démontré à la satisfaction du Registrar of
Companies –

1 qu’une telle réinsertion est justifiée;

2 que la société s’est acquittée de tout arriéré


sur les dûs stipulés au Twelfth Schedule du
Companies Act.

Amended by [Act No. 9 of 2015]

ArticleS 51. à 64. Abrogés par [Act No. 2l of 1985].

TITRE QUATRIEME

De la publicité des régimes matrimoniaux

Article 65. Toute option pour le régime 1égal de séparation


des biens entre des époux dont l'un est
commerçant, doit faire l'objet d'un avis informant
les tiers de l'adoption de ce régime.

Cet avis sera publié dans deux quotidiens


mauriciens dont l'un sera choisi sur une liste
préalablement établie par le Registrar des
Compagnies ou toute autre personne autorisée
à cet effet.

Article 66. Toute décision qui prononce un divorce, une


séparation de corps ou une séparation de biens
entre mari et femme dont l'un est commerçant,
doit faire l'objet d'un avis informant les tiers dans
les formes et selon les modalités prévues à
l'alinéa 2 de l’article 65.
Article 67. Tout contrat de mariage entre époux dont l'un
est commerçant, doit faire l'objet d'un avis
informant les tiers de la nature du régime
matrimonial qu'ils ont choisi.

Cet avis sera publié dans les formes et selon les


modalités prévues à l'alinéa 2 de l’article 65.

Article 68. Tout époux marié sous un régime autre que


celui de la communauté légale qui embrasserait
la profession de commerçant postérieurement à
son mariage, sera tenu d'en informer les tiers
par un avis précisant la nature du régime
matrimonial auquel i1 est soumis.

Cet avis sera publié dans les formes et selon les


modalités prévues à l'alinéa 2 de l’article 65.

Article 69. Tout commerçant sera responsable, envers les


tiers victimes d'une apparence trompeuse, des
dommages résultant de l'inobservation des
formalités de publicité requises par les articles
65 à 68.

En outre, le changement de régime matrimonial


découlant des circonstances visés à l’article 66
ne sera opposable aux tiers que dans la mesure
où ces formalités de publicités auront été
régulièrement accomplies.

Article 70. Abrogé par [Act No. 21 of 1985].

TITRE CINQUIEME

Des bourses de commerce, agents de change et courtiers

Article 71. L’organisation et le fonctionnement des bourses


de commerce, ainsi que le statut et 1'exercice
des activités d'agent de change et de courtier,
sont régis par voie de dispositions spéciales.
ArticleS 72. à 90. Abrogés par [Act No. 21 of 1985];

Article 72 à 81 Amended by [Act No. 15 of 2006]

TITRE SIXIEME

Du gage et des commissionnaires

De la cession, du gage et des


commissionnaires

CHAPITRE PREMIER

De la Cession des Créances

82. Toute créance détenue sur un tiers, personne


morale ou personne physique dans l’exercice
par celle-ci de son activité commerciale ou
professionnelle, peut être cédé ou nantie au
profit soit d’une personne morale exerçant une
activité commerciale ou professionnelle tant à
Maurice qu’à l’étranger, soit d’une institution
bancaire et financière ou encore toute entité
munie d’une Global Business Licence délivrée
par la Financial Services Commission, par la
simple remise d’un bordereau.

Peuvent être cédées ou données en


nantissement les créances liquides et
exigibles, même à terme. Peuvent également
être cédées ou données en nantissement les
créances résultant d'un acte déjà intervenu ou
à intervenir mais dont le montant et l'exigibilité
ne sont pas encore déterminés.

83. Le bordereau visé par l’article 81 doit


comporter les énonciations suivantes -

o
1 La dénomination, selon le cas, ‘acte de
cession de créances’ ou ‘acte de
cession de créances à titre de
garantie’;

o
2 Le nom ou la dénomination sociale du
bénéficiaire;

o
3 La désignation ou l'individualisation des
créances cédées ou données en
nantissement ou des éléments
susceptibles d'effectuer cette
désignation ou cette individualisation,
notamment par l'indication du débiteur,
du lieu de paiement, du montant des
créances ou de leur évaluation et, s'il y
a lieu, de leur échéance.
Toutefois, lorsque la transmission des
créances cédées ou données en nantissement
est effectuée par un procédé informatique
permettant de les identifier, le bordereau peut
se borner à indiquer, outre les mentions
indiquées aux 1 et 2 ci-dessus, le moyen par
lequel elles sont transmises, leur nombre et
leur montant global.

En cas de contestation portant sur l'existence


ou sur la transmission d'une de ces créances,
le cessionnaire pourra prouver, par tous
moyens, que la créance objet de la
contestation est comprise dans le montant
global porté sur le bordereau.

84. Même lorsqu'elle est effectuée à titre de


garantie et sans stipulation d'un prix, la
cession de créance transfère au cessionnaire
la propriété de la créance cédée.

Sauf convention contraire, le signataire de


l'acte de cession ou de nantissement est
garant solidaire du paiement des créances
cédées ou données en nantissement.

Le bordereau est signé par le cédant. La


signature est apposée soit à la main, soit par
tout procédé non manuscrit. Le bordereau peut
être stipulé à ordre.

Le bordereau n'est transmissible qu'à une


autre personne morale, un établissement
bancaire, une institution financière ou autre
entité ayant une activité commerciale.

85. La cession ou le nantissement prend effet


entre les parties et devient opposable aux tiers
à la date apposée sur le bordereau lors de sa
remise, quelle que soit la date de naissance,
d'échéance ou d'exigibilité des créances, sans
qu'il soit besoin d'autre formalité, et ce quelle
que soit la loi applicable aux créances et la loi
du pays de résidence des débiteurs.

A compter de cette date, le cédant ne peut,


sans l'accord du bénéficiaire de la cession ou
du nantissement, modifier l'étendue des droits
attachés aux créances représentées par ce
bordereau.

La remise du bordereau entraîne de plein droit


le transfert des sûretés, des garanties et des
accessoires attachés à chaque créance, y
compris les sûretés hypothécaires, et son
opposabilité aux tiers sans qu'il soit besoin
d'autre formalité.

En cas de contestation de la date portée sur le


bordereau, la date de son enregistrement sous
le Registration Duty Act fait foi. Ậ defaut le
bénéficiaire de la cession ou du nantissement
a la charge de rapporter, par tous moyens,
l'exactitude de celle-ci.

86. Le bénéficiaire de la cession ou du


nantissement peut, à tout moment, interdire au
débiteur de la créance cédée ou nantie de
payer entre les mains du signataire du
bordereau. A compter de cette notification, le
débiteur ne se libère valablement qu'auprès du
bénéficiaire.

Sur la demande du bénéficiaire du bordereau,


le débiteur peut s'engager à le payer
directement : cet engagement est constaté, à
peine de nullité, par un écrit intitulé : “Acte
d'acceptation de la cession ou du
nantissement d'une créance”.

Dans ce cas, le débiteur ne peut opposer au


bénéficiaire du bordereau les exceptions
fondées sur ses rapports personnels avec le
signataire du bordereau, à moins que le
bénéficiaire, en acquérant ou en recevant la
créance, n'ait agi sciemment au détriment du
débiteur.

87. Est un organisme de titrisation, une entité


agréée par la Financial Services Commission,
qui a pour objet d'acquérir ou d’assumer,
directement ou par l’intermédiaire d’un autre
organisme, les risques liés à des créances, et
à d’autres biens ou à des engagements
assumés par des tiers ou inhérents à tout ou
partie des activités réalisées par des tiers, en
émettant des valeurs mobilières dont la valeur
ou le rendement dépendent de ces risques.

Ces organismes peuvent accomplir


entièrement la titrisation ou peuvent participer
à la titrisation par la prise en charge de tout ou
partie des risques titrisés (organisme
d’acquisition) ou par l’émission des valeurs
mobilières destinées à en assurer le
financement (organisme d’émission). Ils
peuvent s’organiser soit sous la forme d’une
société ou d’un fonds d’investissement.
88. Un organisme de titrisation n’est agréé que si
la Financial Services Commission approuve
les statuts ou les documents constitutifs, y
compris les règlements de gestion, et le cas
échéant sa société de gestion. Les sociétés de
titrisation et les sociétés de gestion des fonds
de titrisation doivent disposer d’une
organisation et de moyens adéquats pour
l’exercice de leur activité et opèrent sous la
surveillance de la Commission.

89. La cession à un organisme de titrisation d’une


créance détenue sur toute personne physique
ou morale, qu’elle soit de nature civile ou
commerciale, par un établissement de crédit,
banque, société d’assurance ou toute autre
entité agréée par la Financial Services
Commission est soumise aux dispositions du
présent chapitre et aux dispositions des
articles 92-1 à 92-11 du Deuxième Chapitre
qu’il s’agit d’une cession à titre de garantie.

A compter de la mise à la disposition de


l'organisme de financement de celle-ci des
bordereaux et pendant la durée de celle-ci,
l'établissement ou tout autre entité ne peut,
sauf stipulation contraire, transmettre les
créances représentées par les bordereaux,
sous quelque forme que ce soit.

90. Les modalités d’application des articles 86 à 88


peuvent faire l’objet d’un règlement du Ministre
des Finances.
Added by [Act No. 15 of 2006]

CHAPITRE DEUXIÈME

SECTION PREMIERE

Du gage

I - Des dispositions générales


Added by [Act No. 15 of 2006]

Article 91. Le gage constitué soit par un commerçant, soit


par un individu non commerçant, pour un acte
de commerce, se constate à l’égard des tiers,
comme à 1'égard des parties contractantes,
conformément aux dispositions de l’article 109
du présent Code.

Le gage, à l’égard des valeurs négociables, peut


aussi être établi par un endossement régulier,
indiquant que les valeurs ont été remises en
garantie.

A l’égard des actions, des parts d'intérêts et des


obligations nominatives des sociétés financières,
industrielles, commerciales ou civiles, dont la
transmission s'opère par un transfert sur les
registres de la sociétés, le gage peut également
être dtabli par un transfert, à titre de garantie,
inscrit sur les dits registres.

En ce qui concerne les créances mobilières, le


cessionnaire ne peut être saisi à l’égard des tiers
que par la signification du transport faite au
débiteur par simple lettre recommandée. Les
créances données en nantissement sont
soumises aux dispositions des articles 92-1 à
92-11.

Amended by [Act No. 15 of 2006]

Les effets de commerce donnés en gage sont


recouvrables par le créancier gagiste.

Article 92. Dans tous les cas, le privilège ne subsiste sur le


gage qu'autant que ce gage a été mis et est
resté en la possession du créancier ou d'un tiers
convenu entre les parties.

Le créancier est réputé avoir les marchandises


en sa possession, lorsqu’elles sont à sa
disposition dans ses magasins ou navires, à la
Douane ou dans un dépôt public, ou si, avant
qu’elles soient arrivées il en est saisi par un
connaissement ou par une lettre de voiture.

De même, il est réputé avoir les marchandises


en sa possession lorsque le gage a été concédé
en application des dispositions des articles 2095
à 2129 du Code Napoléon.

II - Le nantissement des créances

92-1. Le gage portant sur toute créance, ou un


ensemble de créances, présents ou futurs,
constitué, soit par des personnes morales, ou
par des individus pour une opération
commerciale ou dans l’exercice de leur
commerce or de leur profession, est régi par
les articles suivants.

92-2. A peine de nullité, le nantissement de créance


doit être conclu par écrit. Les créances
garanties et les créances nanties sont
désignées dans l'acte. Si elles sont futures,
l'acte doit permettre leur individualisation ou
contenir des éléments permettant celle-ci tels
que l'indication du débiteur, le lieu de
paiement, le montant des créances ou leur
évaluation et, s'il y a lieu, leur échéance.
Lorsque le nantissement a pour objet une
créance future, le créancier nanti acquiert un
droit sur la créance dès la naissance de celle-
ci.

92-3 Le nantissement de créance peut être


constitué pour un temps déterminé. Il peut
porter sur une fraction de créance, sauf si
celle-ci est indivisible.

Le nantissement s'étend aux accessoires de la


créance à moins que les parties n'en
conviennent autrement.
Lorsque le nantissement porte sur un compte,
la créance nantie s'entend du solde créditeur,
provisoire ou définitif, au jour de la réalisation
de la sûreté sous réserve de la régularisation
des opérations en cours.

En cas d'ouverture d'une procédure de


‘receivership’, ou de liquidation contre le
constituant, les droits du créancier nanti
portent sur le solde du compte à la date du
jugement d'ouverture.

92-4. Le nantissement d'une créance, présente ou


future, prend effet entre les parties et devient
opposable aux tiers à la date de l'acte.

Pour être opposable au débiteur de la créance


nantie, le nantissement de créance doit lui être
notifié ou ce dernier doit intervenir à l'acte. A
défaut, seul le constituant reçoit valablement
paiement de la créance. La notification se fait
par tous les moyens et se constate
conformément aux dispositions de l’article 109
du présent Code.

Après notification, seul le créancier nanti reçoit


valablement paiement de la créance donnée
en nantissement tant en capital qu'en intérêts.
Chacun des créanciers, les autres dûment
appelés, peut en poursuivre l'exécution.

92-5. Les sommes payées au titre de la créance


nantie s'imputent sur la créance garantie
lorsqu'elle est échue. Dans le cas contraire, le
créancier nanti les conserve à titre de garantie
sur un compte ouvert auprès d'un
établissement habilité à les recevoir à charge
pour lui de les restituer si l'obligation garantie
est exécutée. En cas de défaillance du
débiteur de la créance nantie et huit jours
après une mise en demeure restée sans effet,
le créancier affecte les fonds au
remboursement de sa créance dans la limite
des sommes impayées.

En cas de défaillance de son débiteur, le


créancier nanti peut se faire attribuer, par le
juge en référé ou dans les conditions prévues
par la convention, la créance donnée en
nantissement ainsi que tous les droits qui s'y
rattachent. Il peut également attendre
l'échéance de la créance nantie. S'il a été payé
au créancier nanti une somme supérieure à la
dette garantie, celui-ci doit la différence au
constituant.
III - Du gage spécial au profit des institutions financières

92-6. Un gage spécial, dont les conditions et la


réalisation sont soumises aux règles
particulières déterminées par les articles
suivants, peut être constitué par toute
personne physique ou morale dans le but de
garantir toute obligation ou créance créée dans
l’exercice de ses activités commerciales ou
professionnelles, portant sur les valeurs
mobilières émises par une institution
financière.

92-7. Le gage spécial ne porte que sur des valeurs


mobilières, y compris actions, parts d’intérêts
ou obligations nominatives, émises par une
institution agréée par la Financial Services
Commission ou toute personne munie d’une
Global Business Licence délivrée en vertu des
dispositions de la Financial Services
Development Act 2001, et ne peut garantir que
les créances ou obligations constatées par
écrit.

92-8. Le gage spécial est constitué par la remise -


1° des valeurs mobilières destinées à
garantir l’obligation ou la dette du
débiteur ou de sa caution, ainsi que les
intérêts, commissions ou frais en
résultant; et

2° d’un ordre de transfert en blanc, signé


et non daté permettant la vente, au
nom du débiteur ou de sa caution, des
valeurs mobilières gagées.

92-9. L’ordre de transfert en blanc, prévu à l’article


92-3, prend effet à dater de l’exécution du titre
attestant la dette ou l’obligation consentie.

Il est opposable aux tiers à partir de cette date.

92-10. Le créancier gagiste a le droit de procéder lui-


même à la réalisation de son gage spécial,
lorsque la créance garantie devient exigible, et
à défaut d’une stipulation contraire prévue
dans l’accord entre les parties, il peut le faire
sans aucun préavis au débiteur ou aucune
autre formalité judiciaire ou extra-judicaire.
92-11. Le créancier gagiste aura le droit de vendre les
valeurs mobilières gagées, en complétant
l’ordre de transfert en blanc.

Nonobstant toutes dispositions contraires, le


prix de la vente ainsi réalisée pourra être
imputé par préférence à toute autre créance
quelle qu’elle soit, au règlement total ou partiel
de la somme due par l’emprunteur ou sa
caution ainsi que des intérêts, commissions et
frais en découlant.

Le créancier gagiste doit donner quittance, au


débiteur ou à sa caution, de toutes les
sommes provenant de la vente des valeurs
mobilières gagées.

Added by [Act No. 15 of 2006]

SECTION DEUXIEME

Des commissionnaires en général

Article 93. Le commissionnaire est celui qui agit en son


propre nom ou sous un nom social pour le
compte d'un commettant.

Les devoirs et les droits du commissionnaire qui


agit au nom d'un commettant sont déterminés
par le Livre Troisième, Titre treizième, du Code
Napoléon relatif au mandat.
Article 94. Tout commissionnaire a privilège sur la valeur
des marchandises à lui expédiées, déposées ou
consignées, par le fait seul de 1'expédition du
dépôt ou de la consignation, pour tous les prêts,
avances ou paiements faits par lui, soit avant la
réception des marchandises, soit pendant le
temps qu’elles sont en sa possession.

Ce privilège ne subsiste que sous la condition


prescrite par l’article 92.

Dans la créance privilégiée du commissionnaire


sont compris, avec le principal, les intérêts,
commissions et frais.

Si les marchandises ont été vendues et livrées


pour le compte du commettant, le
commissionnaire se rembourse, sur le produit de
la vente, du montant de sa créance, par
préférence aux créanciers du commettant.

SECTION TROISIEME

Des commissionnaires pour les transports

Article 95. Le commissionnaire qui se charge d'un transport


est garant de l'arrivée des marchandises et
effets dans le délai convenu ou dans un délai
raisonnable, hors les cas de la force majeure
légalement constatée.

Article 96. I1 est garant des avaries ou pertes de


marchandises et effets, s'il n’y a stipulation
contraire ou force majeure.

Article 97. Il est garant des faits du commissionnaire


intermédiaire auquel il adresse les
marchandises.
Article 98. La marchandise sortie du magasin du vendeur
ou de 1'expéditeur voyage, s'il n’y a convention
contraire, aux risques et périls de celui à qui elle
appartient, sauf son recours contre le
commissionnaire et le voiturier chargés du
transport.

SECTION QUATRIEME

Du voiturier

Article 99. Le voiturier est garant de la perte des objets à


transporter, hors les cas de la force majeure.

I1 est garant des avaries autres que celles qui


proviennent du vice propre de la chose ou de la
force majeure.

Toute stipulation contraire est nulle et de nul


effet.

Article 100. Si, par 1'effet de la force majeure, le transport


n’est pas effectué dans le délai convenu ou dans
un délai raisonnable, il n’y a pas lieu à indemnité
contre le voiturier pour cause de retard.

Article 101. La réception des objets transportés éteint toute


action contre le voiturier pour avarie ou perte
partielle si dans les trois jours, non compris les
jours fériés, qui suivent celui de cette réception,
le destinataire n’a pas notifié au voiturier, par
acte extra judiciaire ou par lettre recommandée,
sa protestation motivée.

Toutes stipulations contraires sont nulles et de


nul effet. Cette dernière disposition n’est pas
applicable aux transports internationaux.

Article 102. En cas de refus ou contestation pour la


réception des objets transportés leur état peut
être vérifié et constaté par un ou plusieurs
experts choisis d'un commun accord par les
parties ou nommés, à la demande du requant,
par le Juge en Chambre.

Le requérant est alors tenu, sous sa


responsabilité, d’appeler à cette expertise,
même par simple lettre recommandée, toutes
parties susceptibles d'être mises en cause,
notamment 1'expéditeur, le destinataire, le
voiturier, le commissionnaire ou l’assureur.

Le dépôt ou séquestre, et ensuite le transport


dans un dépôt public, peut en être ordonné par
le Juge en Chambre.

La vente peut en être ordonnée jusqu'à


concurrence des frais de voiture ou autres déjà
faits. Le Juge en Chambre attribuera le produit
de la vente à celle des parties qui aura fait
l'avance des dits frais.

Article 103. Toutes les actions nées du contrat de transport


sont prescrites dans le délai d'un an.

Ce délai est compté, dans le cas de perte totale,


du jour où la remise de la marchandise aurait dû
être effectuée, et, dans tous les autres cas, du
jour où la marchandise aura été remise ou
offerte au destinataire.

Articles 104. à 108. Abrogés par [Act No. 21 of 1985].

TITRE SEPTIEME

De la preuve des actes de commerce

Article 109. A 1'égard des commerçants, les actes de


commerce peuvent se prouver par tous moyens
à moins qu’il n’en soit autrement disposés par la
loi.

TITRE HUITIÈME – DU FONDS DE COMMERCE

CHAPITRE PREMIER

DISPOSITIONS GÉNÉRALES

110. Le fonds de commerce est constitué par l’ensemble


des éléments mobiliers corporels et incorporels qui participent
à l’exploitation commerciale et qui ont pour but essentiel de
satisfaire au besoin de la clientèle.

111. Le fonds de commerce est une entité juridique


distincte des divers éléments qui le composent.

Le fonds de commerce est un bien meuble incorporel.

112. Les éléments du fonds de commerce sont variables


en fonction de l’activité commerciale.

Le fonds de commerce peut être composé, selon le


cas, du nom commercial, de l’enseigne, du droit au bail, du
ou des marques ou des brevets, des autorisations et licences
administratives, du matériel, de l’outillage, des marchandises
et, d’une façon générale, de tous les biens corporels ou
incorporels, à l’exception des immeubles, qui sont utiles ou
nécessaires à l’exploitation commerciale.

La constitution d’une clientèle représente la finalité de


la création comme de l’exploitation d’un fonds de
commerce. Elle est essentielle à la cohérence des éléments
comme à l’unité de leur ensemble. Il n’y a pas de fonds sans
clientèle ou sans la perspective imminente et certaine de
celle-ci.

113. Le fonds de commerce possède une valeur propre qui


dépend, pour une part importante, de sa clientèle ou de son
aptitude certaine à se constituer une clientèle compte tenu de
l’ensemble de ses marchandises et de son environnement.

114. Le fonds de commerce est soumis à un régime


juridique autonome et unitaire, distinct des régimes juridiques
qui sont applicables à chacun de ses éléments.

Il peut, en tant que tel, faire l’objet de droits réels, être


aliéné, apporté en société, mis en location-gérance, grevé de
privilèges, de nantissements ou de sûretés fixes ou
flottantes, et saisi par les créanciers de son propriétaire.

CHAPITRE DEUXIÈUME

DE LA VENTE DU FONDS DE COMMERCE

SECTION PREMIÈRE – DE L’ACTE DE VENTE

115. Dans tout acte constatant une cession amiable de


fonds de commerce, consentie même sous condition et sous
forme d’un autre contrat ou de l’apport en société d’un fonds
de commerce, le vendeur ou l’associé faisant l’apport est tenu
d’énoncer –

1° l’énumération sommaire des éléments corporels et


incorporels que comporte ce fonds;

2° s’il y a lieu, le nom du précédent vendeur, la date


et la nature de son acte d’acquisition et le prix de
cette acquisition;

3° l’état des privilèges et nantissements ou sûretés


grevant le fonds;

4° le chiffre d’affaires qu’il a réalisé au cours de


chacune des trois dernières années d’exploitation,
ou depuis son acquisition s’il ne l’a pas exploité
depuis plus de trois ans;

5° les bénéfices commerciaux réalisés pendant le


même temps; et

6° le bail, sa date, sa durée, le nom et l’adresse du


bailleur et du cédant, s’il y a lieu.

116. L’omission des énonciations prescrites par l’article 115


peut, sur la demande de l’acquéreur formée dans l’année à
partir du jour de la vente, entraîner la nullité de l’acte de
vente.

117. Le cédant doit mettre ses livres-journal et livres


d’inventaire à la disposition de l’acquéreur, afin que celui-ci
puisse en prendre connaissance avant la conclusion de la
vente.

118. Le vendeur est, nonobstant toute stipulation


contraire, tenu de la garantie à raison de l’inexactitude des
énonciations prévues à l’article 115, dans les conditions
édictées par les articles 1644 et 1645 du Code Civil
Mauricien.

Les intermédiaires, rédacteurs des actes et leurs


préposés sont tenus solidairement avec lui s’ils connaissent
l’inexactitude des énonciations faites.

119. L’action résultant de l’article 118 doit être intentée par


l’acquéreur dans le délai d’une année à compter de la date de
sa prise de possession.

SECTION DEUXIÈME – DU PRIVILÈGE DU VENDEUR

120. Le privilège du vendeur d’un fonds de commerce n’a


lieu que si la vente a été constatée par un acte authentique
ou sous seing privé soumis par voie électronique, dûment
enregistré, et que s’il a été inscrit sur un registre public tenu
par le Registrar-General.

Il ne porte que sur les éléments du fonds de


commerce énumérés dans l’acte de vente et, à défaut de
désignation précise, que sur l’enseigne et le nom commercial,
le droit au bail, la clientèle et l’ensemble de ses
marchandises.

Des prix distincts sont établis pour les éléments


incorporels du fonds, le matériel et les marchandises.

Le privilège du vendeur qui garantit chacun de ces


prix, ou ce qui en reste dû, s’exerce distinctement sur les prix
respectifs de la revente afférents aux marchandises, au
matériel et aux éléments incorporels du fonds.

Nonobstant toute convention contraire, les paiements


partiels s’imputent d’abord sur le prix des marchandises,
ensuite sur le prix du matériel.

121. L’inscription du privilège doit être prise, à peine de


nullité, dans la quinzaine de la date de l’acte de vente. Elle
prime toute inscription prise dans le même délai du chef de
l’acquéreur. Elle est opposable aux créanciers de l’acquéreur.

SECTION TROISIÈME – DE LA RÉSOLUTION DE LA


VENTE

122. L’action résolutoire, établie par l’article 1654 du Code


Civil Mauricien, doit, pour produire effet, être mentionnée et
réservée expressément dans l’inscription du privilège.

Elle ne peut être exercée au préjudice des tiers après


l’extinction du privilège.

Elle est limitée, comme le privilège, aux seuls


éléments qui ont fait partie de la vente.

123. En cas de résolution judiciaire ou amiable de la


vente, le vendeur est tenu de reprendre tous les éléments du
fonds qui ont fait partie de la vente, même ceux pour lesquels
son privilège et l’action résolutoire sont éteints.

Il est comptable du prix des marchandises et du


matériel existant au moment de sa reprise de possession
d’après l’estimation qui en est faite par expertise
contradictoire, amiable ou judiciaire, sous la déduction de ce
qui peut lui rester dû par privilège sur les prix respectifs des
marchandises et du matériel, le surplus, s’il y en a, devant
rester le gage des créanciers inscrits et, à défaut, des
créanciers chirographaires.

124. Le vendeur qui exerce l’action résolutoire doit la


notifier aux créanciers inscrits sur le fonds. Le jugement ne
peut intervenir qu’après un mois écoulé depuis la notification.

125. Le vendeur qui a stipulé lors de la vente que, faute de


paiement dans le terme convenu, la vente serait résolue de
plein droit, ou qui a obtenu de l’acquéreur la résolution à
l’amiable, doit notifier aux créanciers inscrits la résolution
encourue ou consentie, qui ne deviendra définitive qu’un mois
après la notification ainsi faite.

126. Lorsqu’à la suite de la résolution, la vente d’un fonds


est poursuivie aux enchères publiques, un avis doit être
publié dans deux journaux d’annonces légales, afin que toute
personne intéressée puisse être informée de la date et du lieu
de cette vente.

Cet avis contient l’indication du délai dont disposent


les créanciers pour faire opposition au paiement du prix,
conformément aux dispositions de l’article 127.

127. Dans les dix jours suivant la dernière en date des


publications dans les journaux d’annonces légales, tout
créancier du précédent propriétaire, que sa créance soit ou
non exigible, peut former, par simple acte extrajudiciaire,
opposition au paiement du prix.

Le créancier doit formuler son opposition au greffe de


la Cour Suprême qui lui délivre un récépissé de sa
déclaration.

L’opposition, à peine de nullité, énonce le chiffre et les


causes de la créance.

Le bailleur ne peut former opposition pour loyers en


cours ou à échoir, et ce, nonobstant toutes stipulations
contraires.

Aucun transport amiable ou judiciaire du prix ou de


partie du prix n’est opposable aux créanciers qui se sont ainsi
fait connaître dans le délai prescrit par l’alinéa premier du
présent article.

128. L’acquéreur qui paie son vendeur sans avoir fait les
publications dans les formes prescrites, ou avant l’expiration
du délai de dix jours, n’est pas libéré à l’égard des tiers.

129. Lorsque le prix de la vente est définitivement fixé, qu’il


y ait eu ou non surenchère, l’acquéreur, à défaut d’entente
entre les créanciers pour la distribution amiable de son prix,
est tenu, sur la sommation de tout créancier, et dans la
quinzaine suivante, de consigner la portion exigible du prix, à
la charge de toutes les oppositions faites entre ses mains
ainsi que des inscriptions grevant le fonds et des cessions qui
lui ont été notifiées.
CHAPITRE TROISIÈME

DU NANTISSEMENT DU FONDS DE COMMERCE

130. Le fonds de commerce peut faire l’objet de


nantissements, sans autres conditions et formalités que
celles prescrites par le présent chapitre et le chapitre suivant.

131. Le nantissement d’un fonds de commerce ne donne


pas au créancier gagiste le droit de se faire attribuer le fonds
en paiement jusqu’à due concurrence.

132. Sont seuls susceptibles d’être compris dans le


nantissement soumis aux dispositions du présent chapitre
comme faisant partie d’un fonds de commerce l’enseigne et
le nom commercial, le droit au bail, la clientèle et l’ensemble
de ses marchandises, le mobilier commercial, le matériel ou
l’outillage servant à l’exploitation du fonds, les brevets
d’invention, les licences, les marques, les dessins et modèles
industriels, et généralement les droits de propriété
intellectuelle qui y sont attachés.

A défaut de désignation expresse et précise dans


l’acte qui le constitue, le nantissement ne comprend que
l’enseigne et le nom commercial, le droit au bail, la
clientèle et l’ensemble de ses marchandises.

Si le nantissement porte sur un fonds de commerce et


ses succursales, celles-ci doivent être désignées par
l’indication précise de leur siège.
133. Le contrat de nantissement est constaté par un acte
authentique ou par un acte sous seing privé dûment
enregistré.

Le privilège résultant du contrat de nantissement


s’établit par le seul fait de l’inscription sur un registre public
tenu par le Registrar-General.

134. L’inscription doit être prise, à peine de nullité du


nantissement, dans la quinzaine de la date de l’acte
constitutif.

135. Le rang des créanciers gagistes entre eux est


déterminé par la date de leurs inscriptions. Les créanciers
inscrits le même jour viennent en concurrence.

CHAPITRE QUATRIÈME

DISPOSITIONS COMMUNES À LA VENTE ET AU


NANTISSEMENT DU FONDS DE COMMERCE

SECTION PREMIÈRE – DE LA RÉALISATION DU GAGE


ET DE LA PURGE DES CRÉANCES INSCRITES

136. Les privilèges du vendeur et du créancier gagiste


suivent le fonds en quelques mains qu’il passe.

137. En cas de déplacement du fonds de commerce, les


créances inscrites deviennent de plein droit exigibles si le
propriétaire du fonds n’a pas fait connaître aux créanciers
inscrits, quinze jours au moins d’avance, son intention de
déplacer le fonds et le nouveau siège qu’il entend lui donner.

Dans la quinzaine de l’avis à eux notifié ou dans la


quinzaine du jour où ils ont eu connaissance du déplacement,
le vendeur ou le créancier gagiste doivent faire mentionner,
en marge de l’inscription existante, le nouveau siège du
fonds, et si le fonds a été transféré dans un autre ressort,
faire reporter à sa date l’inscription primitive avec l’indication
du nouveau siège, sur le registre du tribunal de ce ressort.

Le déplacement du fonds de commerce, sans le


consentement du vendeur ou des créanciers gagistes, peut,
s’il en résulte une dépréciation du fonds, rendre leurs
créances exigibles.

L’inscription d’un nantissement peut également rendre


exigibles les créances antérieures ayant pour cause
l’exploitation du fonds.

Le vendeur ou les créanciers gagistes peuvent


demander à la juridiction compétente de prononcer en
urgence la ou les déchéances du terme fondées sur les
dispositions des deux alinéas précédents.

Le tribunal de commerce statue, dans la quinzaine de


la première audience, par jugement non susceptible
d’opposition, exécutoire sur minute. L’appel du jugement est
suspensif. Il est formé dans la quinzaine de sa signification à
partie et jugé par la cour dans le mois. L’arrêt est exécutoire
sur minute.
138. Le propriétaire qui poursuit la résiliation du bail de
l’immeuble dans lequel s’exploite un fonds de commerce
grevé d’inscriptions doit notifier sa demande aux créanciers
antérieurement inscrits, aux domiciles élus par eux dans leurs
inscriptions. Le jugement ne peut intervenir qu’après un mois
écoulé depuis la notification.

La résiliation amiable du bail ne devient définitive


qu’un mois après la notification qui en a été faite aux
créanciers inscrits, aux domiciles élus.

139. Tout créancier qui exerce des poursuites de saisie et


le débiteur contre lequel elles sont exercées peuvent
demander la vente du fonds de commerce du saisi avec le
matériel et les marchandises qui en dépendent.

La Cour Suprême ordonne alors qu’à défaut de


paiement dans le délai imparti au débiteur, la vente du fonds
aura lieu après l’accomplissement des formalités prescrites
par l’article 141.

140. Le vendeur et le créancier gagiste inscrits sur un


fonds de commerce peuvent également, même en vertu de
titres sous seing privé, faire ordonner la vente du fonds qui
constitue leur gage, huit jours après sommation de payer
demeurée infructueuse, faite au débiteur et au tiers détenteur,
s’il y a lieu.

141. Le poursuivant fait sommation au propriétaire du fonds


et aux créanciers inscrits antérieurement à la décision qui a
ordonné la vente, au domicile élu par eux dans leurs
inscriptions, quinze jours au moins avant la vente, de prendre
communication du cahier des charges, de fournir leurs dires
et observations et d’assister à l’adjudication, si bon leur
semble.

La vente a lieu dix jours au moins après l’apposition


d’affiches indiquant les noms, professions, domiciles du
poursuivant et du propriétaire du fonds, la décision en vertu
de laquelle on agit, les divers éléments constitutifs dudit
fonds, la nature de ses opérations, sa situation, les mises à
prix, le lieu, le jour et l’heure de l’adjudication, les noms et
domicile de l’officier public commis et dépositaire du cahier
des charges.

Ces affiches sont obligatoirement apposées, à la


diligence de l’officier public, à la porte principale de
l’immeuble et au greffe de la Cour Suprême.

L’affiche est insérée dix jours avant la vente dans un


journal habilité à recevoir les annonces légales.

La publicité est constatée par une mention faite dans


le procès- verbal de vente.

142. Le tribunal saisi de la demande en paiement d’une


créance se rattachant à l’exploitation d’un fonds de
commerce peut, s’il prononce une condamnation et si le
créancier le requiert, ordonner par le même jugement la vente
du fonds.

Les dispositions de l’article 141 sont applicables à


cette vente.
143. Le déroulement de la vente prévue aux articles 139 à
142 et la résolution des incidents sont régis par le droit
commun des enchères publiques.

SECTION DEUXIÈME – DES EFFETS

DE L’INSCRIPTION ET DE LA RADIATION

144. L’inscription conserve le privilège pendant quarante


années à compter du jour de sa date. Son effet cesse si elle
n’a pas été renouvelée avant l’expiration de ce délai.

Elle garantit au même rang que le principal tous les


intérêts échus ainsi que les frais et accessoires.

145. Les inscriptions sont rayées, soit du consentement


des parties intéressées et ayant capacité à cet effet, soit en
vertu d’un jugement passé en force de chose jugée.

A défaut de jugement, la radiation totale ou partielle


ne peut être opérée par le Registrar-General que sur le dépôt
d’un acte authentique ou sous seing privé dûment enregistré,
exprimant le consentement à la radiation donné par le
créancier ou son cessionnaire régulièrement subrogé et
justifiant de ses droits.

SECTION TROISIÈME – DE LA RÉPARTITION DU PRIX

146. Tout tiers détenteur du prix d’acquisition d’un fonds de


commerce chez lequel domicile a été élu doit en faire la
répartition dans les trois mois de la date de l’acte de vente.

A l’expiration de ce délai, la partie la plus diligente


peut se pourvoir en référé devant le tribunal compétent qui
ordonne la nomination d’un séquestre.

CHAPITRE CINQUIÈME

DE LA LOCATION-GÉRANCE DU FONDS DE COMMERCE

147. Le propriétaire ou l’exploitant d’un fonds de commerce


peut en concéder totalement ou partiellement la location à un
gérant qui l’exploite à ses risques et périls.

148. Le locataire-gérant a la qualité de commerçant. Il est


soumis à toutes les obligations qui en découlent.

149. Dans les quinze jours de sa signature, le contrat de


location- gérance doit faire l’objet d’une publication, sous
forme d’avis, dans un quotidien mauricien et dans un registre
public tenu par le Registrar-General à cet effet.

Cet avis doit comporter au moins –

1º la date et la durée du contrat de location-gérance;

2º la désignation du fonds de commerce; et

3º les noms, prénoms ou, s’il y a lieu, la raison


sociale, le ou les numéros d`immatriculation au
registre du commerce et les adresses du
propriétaire du fonds de commerce et du
locataire-gérant.
150. Au moment de la location-gérance, les dettes du
loueur du fonds afférentes à son exploitation peuvent être
déclarées immédiatement exigibles par le tribunal compétent
s’il estime que la location-gérance met en péril leur
recouvrement.

L’action du ou des créanciers doit être introduite, à


peine de forclusion, dans le délai de trois mois à dater de la
publication de l’avis mentionné à l`article 149.

151. Jusqu’à la publication susmentionnée à l’article 149 et


pendant un délai de six mois à compter de cette publication,
le loueur de fonds est solidairement responsable avec le
locataire-gérant des dettes contractées par celui-ci à
l’occasion de l’exploitation du fonds.

152. Les dispositions de l’article 151 ne s’appliquent pas


aux contrats de location-gérance passés par des mandataires
de justice, chargés à quelque titre que ce soit, de
l’administration d’un fonds de commerce, à condition qu’ils
aient été autorisés aux fins desdits contrats par l’autorité de
laquelle ils tiennent leur mandat et qu’ils aient satisfait aux
mesures légales de publicité.

153. La fin de la location-gérance rend immédiatement


exigibles les dettes afférentes à l’exploitation du fonds
contractées par le locataire-gérant pendant la durée de la
gérance.

154. Le contrat de location-gérance peut être assorti d’une


clause d’indexation permettant la révision périodique du loyer.
CHAPITRE SIXIÈME – DE LA MODIFICATION DE
L’ACTIVITÉ

SECTION PREMIÈRE – DISPOSITIONS GÉNÉRALES

155. Le propriétaire d’un fonds de commerce exploité dans


un immeuble loué a la faculté, nonobstant les stipulations du
bail commercial ou les dispositions qui le régissent, de
modifier l’activité qu’il exerce dans cet immeuble.

Les articles 156 à 165 fixent les conditions et les


modalités de cette modification d’activité.

L’alinéa 1 du présent article et les articles 156 à 165


s’appliquent à tous les baux.

SECTION DEUXIÈUME – DE L’ADJONCTION D’ACTIVITÉS


CONNEXES OU COMPLÉMENTAIRES À CELLES
PRÉVUES AU BAIL

156. Le propriétaire d’un fonds de commerce peut


adjoindre des activités connexes ou complémentaires à
l’activité qui est prévue dans le contrat de location de
l’immeuble où se trouve le fonds.

157. Le propriétaire du fonds doit faire connaître son


intention par acte extrajudiciaire au bailleur de l’immeuble, en
lui indiquant les activités connexes ou complémentaires dont
l’exercice est envisagé.

Cette formalité vaut mise en demeure du bailleur de


faire connaître dans un délai de deux mois, à peine de
déchéance, s’il conteste le caractère connexe ou
complémentaire de ces activités. En cas de contestation, le
tribunal compétent, saisi par la partie la plus diligente, se
prononce en fonction notamment de l’évolution des usages
commerciaux.

158. Lors de la révision du loyer, il peut être tenu compte


des activités commerciales adjointes lorsque celles-ci ont
entraîné par elles-mêmes une modification notable de la
valeur locative des lieux loués.

SECTION TROISIÈME – DE L’ADJONCTION OU

LA SUBSTITUTION D’ACTIVITÉS DIFFÉRENTES

DE CELLES PRÉVUES AU BAIL

159. Le propriétaire du fonds peut, sur sa demande, être


autorisé à exercer dans les lieux loués une ou plusieurs
activités différentes de celles prévues au bail, eu égard à la
conjoncture économique et aux nécessités de l’organisation
rationnelle de la distribution, lorsque ces activités sont
compatibles avec la destination, les caractères et la situation
de l’immeuble ou de l’ensemble immobilier.

160. La demande faite au bailleur doit, à peine de nullité,


comporter l’indication des activités dont l’exercice est
envisagé.

Elle est formée par acte extrajudiciaire et dénoncée,


en la même forme, aux créanciers inscrits sur le fonds de
commerce.

Ces derniers peuvent demander que le changement


d’activité soit subordonné aux conditions de nature à
sauvegarder leurs intérêts.

161. Le bailleur doit, dans le mois de cette demande, en


aviser, dans la même forme, ceux de ses locataires envers
lesquels il se serait obligé à ne pas louer en vue de l’exercice
d’activités similaires à celles visées dans la demande.

Ceux-ci doivent, à peine de forclusion, faire connaître


leur attitude dans le mois de cette notification.

162. A défaut par le bailleur d’avoir, dans les trois mois de


la demande du propriétaire du fonds, signifié son refus, son
acceptation ou encore les conditions auxquelles il
subordonne son accord, il est réputé avoir acquiescé sans
réserves à cette demande.

Cet acquiescement ne fait pas obstacle à l’exercice


des droits prévus à l’article 163.

163. Le changement d’activité peut motiver le paiement par


le propriétaire du fonds d’une indemnité égale au montant du
préjudice dont le bailleur établirait l’existence.

Ce dernier peut en outre demander, au moment de la


modification de l’activité, qu’il soit tenu compte des activités
commerciales adjointes ou substituées, lorsque celles-ci ont
entraîné par elles-mêmes une modification notable de la
valeur locative des lieux loués.
164. Les droits des créanciers inscrits s’exercent avec leur
rang antérieur sur le fonds de commerce transformé par
l’adjonction ou la substitution d’activités différentes à celles
prévues dans le bail.

165. Le tribunal compétent peut autoriser la modification


totale ou partielle des activités malgré le refus du bailleur, si
ce refus n’est point justifié par un motif grave et légitime.

Si le différend porte seulement sur le prix du bail,


celui-ci doit être fixé par le tribunal conformément aux
dispositions de l’alinéa 2 de l’article 162.

1. New Titre Neuvième added to the Livre Premier of the


Code de Commerce

The Code de Commerce is amended, in the “Livre Premier”,


by adding the following new “Titre” –

TITRE NEUVIÈME – DES GARANTIES AUTONOMES

CHAPITRE PREMIER – DISPOSITIONS GÉNÉRALES

166. La garantie autonome est un engagement bancaire


par lequel un établissement financier s’oblige à effectuer, au
profit d’un bénéficiaire et sur la demande de celui-ci, le
paiement d’une somme, à concurrence d’un montant convenu
dans cet engagement, sans que cet établissement puisse
différer ce paiement ou soulever une contestation pour
quelque motif que ce soit.
En particulier, l’établissement financier ne peut
invoquer, comme motifs de non-paiement, des exceptions ou
des moyens tirés du contrat commercial de base conclu
entre le bénéficiaire et le donneur d’ordre, à l’occasion d’une
opération d’importation- exportation de biens ou de services.

L’engagement de l’établissement financier garantit la


bonne exécution de ce contrat de base.

167. Le contrat commercial de base, étant conclu entre un


exportateur et un importateur, la garantie autonome peut être
souscrite au profit de l’un ou l’autre de ces deux contractants.

Lorsque la garantie est souscrite au profit de


l’exportateur, elle a pour objet de garantir les obligations de
l’importateur. Sa finalité réside dans la couverture du
paiement du prix de vente, ou du prix des travaux ou des
services réalisés par l’exportateur, fournisseur, entrepreneur
ou prestataire de services.

Lorsque la garantie est souscrite au profit de


l’importateur, acheteur ou maître de l’ouvrage, elle a pour
objet de garantir les obligations de l’exportateur. Sa finalité,
qui réside dans la couverture des obligations de celui-ci, varie
selon les différentes phases du déroulement du contrat de
base. On distingue alors plusieurs types de garanties qui
correspondent à chacune de ces phases –

1° la garantie de soumission par laquelle


l’établissement financier s’engage à indemniser
l’importateur si l’exportateur, qui a répondu à
l’appel d’offres n’accepte pas de conclure le
contrat pour lequel il a soumissionné et qui est
conforme aux propositions faites dans ladite
soumission;

2° la garantie de remboursement d’acomptes par


laquelle l’établissement financier s’engage à
rembourser, s’il y a lieu, le montant des
acomptes versés par l’importateur à
l’exportateur;

3° la garantie d’exécution ou de bonne fin qui


concerne l’inexécution partielle du contrat de
base et par laquelle l’établissement financier
s’engage à payer une certaine somme à
l’importateur afin de lui permettre de recourir à
un tiers pour l’achèvement du marché;

4° la garantie de retenue ou de maintenance


par laquelle l’établissement financier s’engage
à payer à l’importateur, maître de l’ouvrage, la
fraction du prix destinée à remédier aux
éventuelles malfaçons et que ce dernier a
accepté de ne pas conserver pendant la
période qui suit l’acceptation des travaux ou
pendant la période de maintenance.

Ces diverses garanties, quelle que soit la phase du


déroulement du contrat de base et l’appellation corrélative de
celles-ci, sont soumises aux dispositions des articles 168 à
188.

168. Les garanties autonomes peuvent être émises sous


forme de lettre de garantie ou de lettre de crédit standby. Ces
formes conditionnent le régime juridique de leur mise en
œuvre.

La lettre de garantie est utilisée pour constituer la


garantie à première demande.

CHAPITRE DEUXIÈUME

DE LA GARANTIE À PREMIÈRE DEMANDE

SECTION PREMIÈRE – DISPOSITION GÉNÉRALE

169. La garantie à première demande est une garantie


autonome, telle que définie à l’article 166 du présent titre, que
l’établissement financier est tenu de mettre en œuvre sur
simple demande du bénéficiaire. Celui-ci n’a pas à motiver sa
demande et l’établissement financier n’a pas à lui réclamer de
motif.

170. Lorsque la garantie à première demande couvre les


obligations d’un importateur ou d’un exportateur, le
mécanisme de cette garantie est mis en œuvre par plusieurs
intervenants –

1° l’exportateur et l’importateur qui concluent entre


eux un contrat de base aux termes duquel
l’un, ci-après dénommé le donneur d’ordre,
s’engage envers l’autre, ci-après dénommé le
bénéficiaire, à obtenir, en faveur de celui-ci, une
garantie à première demande;

2° une banque du pays d’exportation ou


d’importation, ci-après dénommée le contre-
garant, qui s’engage à demander à une banque
du pays où réside le bénéficiaire, de délivrer à
celui-ci la garantie prévue dans le contrat de
base. Cette dernière banque met en œuvre la
garantie par le versement de la somme
réclamée, à concurrence du montant convenu.
Elle est dénommée ci-dessous le garant.

Les rapports juridiques entre ces différents


intervenants sont régis par les dispositions des articles 171 à
183.

SECTION DEUXIÈME – DES RAPPORTS JURIDIQUES


ENTRE
LE DONNEUR D’ORDRE ET SON BANQUIER
171. Sous réserve de stipulations contraires, les rapports
entre l’exportateur ou l’importateur donneur d’ordre et son
banquier, qui est le contre-garant ou parfois le garant, sont
régis par les dispositions de la présente section.

172. Le donneur d’ordre conclut avec sa banque un accord


par lequel celle-ci lui promet d’apporter son concours dans
l’opération de garantie qu’il envisage d’accomplir et lui promet
de s’engager, par une lettre de garantie, au profit du
bénéficiaire qu’il désigne.

Les instructions du donneur d’ordre visant à l’émission


d’une garantie doivent être claires et précises et sans détail
excessif.

173. L’accord conclu entre le donneur d’ordre et sa banque


prévoit la rémunération des services accomplis par celle-ci,
sous forme de commission proportionnelle au montant et à la
durée de la garantie.

174. Lorsque le garant ou le contre-garant règle la garantie


promise, il dispose contre le donneur d’ordre d’un recours
fondé sur sa promesse de crédit.

Le donneur d’ordre ne peut invoquer le contrat de


base pour écarter le recours du banquier.

Ce recours est toutefois écarté lorsque l’appel de la


garantie ou de la contre-garantie est manifestement abusif ou
frauduleux.

Le donneur d’ordre dispose d’un recours contre la


banque qui a payé la garantie sans respecter les termes de
sa promesse de crédit.

SECTION TROISIÈME – DES RAPPORTS JURIDIQUES


ENTRE
LE GARANT ET LE BÉNÉFICIAIRE
PARAGRAPHE PREMIER – DISPOSITION GÉNÉRALE

175. Sous réserve de stipulations contraires, les rapports


entre le garant et le bénéficiaire sont régis par la présente
section.

176. Le garant s’engage, de manière irrévocable, envers le


bénéficiaire par la seule émission d’une lettre de garantie.

Cet engagement est distinct de celui qui résulte d’un


contrat. Il est autonome et la lettre de garantie constitue
l’unique fondement de l’appel de la garantie par le
bénéficiaire.

177. Le bénéfice de l’engagement du banquier est


incessible. Seul, le bénéficiaire désigné dans la lettre de
garantie peut se prévaloir de cet engagement selon les
conditions et modalités prévues dans cette lettre.

PARAGRAPHE DEUXIÈME – DE LA LETTRE DE


GARANTIE

178. Compte tenu de leurs effets juridiques, les termes de


la lettre de garantie, qui est émise par la banque, sont
déterminants des droits du bénéficiaire.

La lettre de garantie fait l’objet d’un écrit.

Outre l’indication du contrat de base et de l’objet de la


garantie, tels qu’ils sont respectivement définis par l’article
167 du présent titre, la lettre de garantie doit comporter les
mentions suivantes –
1° l’identification du donneur d’ordre, du
bénéficiaire et du garant;

2° le montant de la garantie maximum payable et


la monnaie ou la forme de paiement. Ce
montant peut être une somme fixe ou un
pourcentage du prix mentionné dans le contrat
de base. Si ce contrat de base a pour objet des
travaux, il peut être stipulé que la garantie sera
réduite partiellement et progressivement au fur
et à mesure de l’avancement de ces travaux;

3° la date de prise d’effet de la garantie qui est,


sauf stipulation contraire, la date de son
émission;

4° la durée de validité de la garantie lorsqu’elle


peut être déterminée. Lorsqu’elle est simplement
déterminable, le fait entraînant l’expiration de la
garantie doit être mentionné; et

5° la précision que la garantie peut être mise en


œuvre sur la simple demande de paiement du
bénéficiaire, lorsqu’il s’agit de la garantie à
première demande, ou par la production de
certains documents justificatifs, lorsqu’il s’agit
d’un crédit standby.

En cas d’omission d’une des mentions impératives de


l’alinéa 3 du présent article, le donneur d’ordre peut
demander l’annulation de la garantie dans les délais du droit
commun à condition qu’il prouve que la mention omise était
déterminante à son consentement.

PARAGRAPHE TROISIÈME – DE L’APPEL DE

LA GARANTIE

179. Lorsque le bénéficiaire appelle la garantie, il doit


justifier qu’il satisfait aux conditions auxquelles a été
subordonné l’exercice de la garantie. Le garant vérifie
lesdites conditions en examinant la demande avec un soin
raisonnable, afin de déterminer si elle est conforme en
apparence aux termes et aux conditions de la lettre de
garantie.

Si l’appel en garantie est conforme à cette lettre, le


banquier doit alors payer sans discuter. Sous réserve de la
fraude ou de l’abus du bénéficiaire, il ne peut soulever
aucune contestation, pour quelque cause que ce soit et sa
résistance à payer peut engager sa responsabilité à l’égard
du bénéficiaire.

180. Ne peuvent avoir aucune influence sur l’exécution de


la garantie les évènements suivants –

1° la modification, la résolution ou la nullité du


contrat de base;

2° l’exécution de ses obligations par le donneur


d’ordre ou la compensation qui serait intervenue
entre les parties au contrat de base;

3° la convention d’arbitrage incluse dans le contrat


de base;

4° la carence du bénéficiaire de la garantie qui


rend impossible l’exécution du contrat de base.

L’engagement bancaire étant indépendant de la


promesse de crédit, le garant ne peut aussi se soustraire à
son engagement en invoquant le défaut de constitution de
sûretés ou l’insolvabilité du donneur d’ordre.

A peine de nullité de la convention de garantie à


première demande, la banque doit informer au préalable le
donneur d’ordre que la modification, la résolution ou la nullité
du contrat de base n’a aucune influence sur l’exécution de la
garantie.

181. Nonobstant les dispositions de l’article 180, le donneur


d’ordre peut cependant obtenir du garant la suspension des
paiements à condition qu’il établisse l’existence de la fraude
ou de l’abus manifestes du bénéficiaire.

La fraude se caractérise par une manœuvre du


bénéficiaire en vue d’obtenir une somme à laquelle il n’a pas
droit. L’abus consiste, de la part de ce bénéficiaire, à profiter
de l’automatisme de la mise en œuvre de la garantie, pour
réclamer un paiement bien qu’il soit dépourvu de toute
créance au titre du contrat de base.

La fraude ou l’abus sont manifestes lorsqu’au premier


abord, ils sont évidents au regard des stipulations ou de
l’exécution claires et nettes du contrat de base, en particulier
lorsque l’appel de la garantie est, sans conteste, étranger au
domaine ou à l’objet de ce contrat.

SECTION QUATRIÈME – DES RAPPORTS JURIDIQUES

ENTRE LE GARANT ET LE CONTRE-GARANT

182. Le garant n’a de rapports juridiques qu’avec le contre-


garant qui agit, vis-à-vis de lui, comme un donneur d’ordre à
la demande de son client. La contre-garantie constitue une
garantie autonome, indépendante du contrat de base comme
des autres engagements souscrits. Elle peut avoir un objet
plus étendu que la garantie et son échéance n’est pas liée au
terme de celle-ci ou au terme du contrat de base.

L’appel de la contre-garantie n’est pas soumis aux


conditions de l’appel de la garantie.

183. Dans les relations entre les banques garante et


contre-garante et dans le cadre de leurs engagements
inconditionnels, la fraude et l’abus manifestes font obstacle
au jeu de la contre-garantie.

Il en est ainsi notamment, lorsque l’appel de la


garantie ayant un caractère manifestement abusif ou
frauduleux dont il ne pouvait avoir aucun doute, le garant a
néanmoins, en connaissance de cause, opéré le règlement
de ladite garantie entre les mains du bénéficiaire.

CHAPITRE TROISIÈME – DU CREDIT STANDBY


184. La lettre de crédit standby n’est pas un moyen de
paiement mais une garantie de nature autonome.

Cette garantie cependant ne peut être mise en œuvre


que sur la demande justifiée de son bénéficiaire.

185. Lorsque le bénéficiaire appelle la garantie, il doit


justifier sa demande par la production des documents qui
sont visés dans la lettre de crédit standby. Cette demande
doit notamment comporter, sauf stipulation contraire, une
déclaration écrite du bénéficiaire indiquant les obligations
auxquelles le donneur d’ordre aurait manquées.

Le garant doit examiner tous les documents produits


par le bénéficiaire afin de déterminer s’ils sont conformes en
apparence aux termes et conditions de la garantie. S’ils
paraissent conformes, le banquier est tenu de payer sans
soulever aucune contestation.

186. Le régime juridique et la mise en œuvre de la garantie


résultant d’une lettre de crédit standby sont analogues à ceux
qui procèdent d’une lettre de garantie à première demande.

Les dispositions des sections première, deuxième et


troisième du chapitre deuxième sont applicables au crédit
standby.

CHAPITRE QUATRIÈME

DISPOSITIONS RELATIVES À LA LOI OU


AUX RÈGLES APPLICABLES
187. A défaut de stipulation contractuelle, la loi compétente
en matière de garanties autonomes est celle du lieu
d’établissement du garant ou du contre-garant qui est chargé
d’accomplir la prestation la plus caractéristique au sens de la
convention de Rome.

188. Les établissements bancaires peuvent soumettre les garanties


autonomes aux Règles Uniformes pour les Garanties sur Demande
édictées par la Chambre de commerce internationale, en
mentionnant, de manière expresse, dans les lettres de garantie que
celles-ci sont régies par lesdites règles.

(110- 188) Added by [Act No. 9 of 2018]

Dispositions générales

Article 190. Le présent Livre ne régit la navigation et le


commerce maritimes que sous réserve des
dispositions spéciales applicables en ce
domaine.

TITRE PREMIER

Des navires et autres bâtiments de mer

CHAPITRE PREMIER

Forme des actes relatifs à la propriété des navires


Article 191. Tout acte constitutif, translatif ou extinctif de la
propriété ou de tout autre droit réel sur un navire
doit, à peine de nullité, être fait par écrit.

I1 en est de même des contrats d'affrètement à


temps et des contrats d'affrètement coque nue
conclus et des délégations de front consenties
pour une durée de plus d'un an ou dont la
prorogation peut aboutir à une pareille durée.

L'acte doit comporter les mentions propres à


l’dentification des parties intéressées et du
navire.

CHAPITRE DEUXIEME

Exploitation des navires en copropriété

Article 192. Les décisions relatives à 1'exploitation en


copropriété sont prises à la majorité des intérêts,
sauf ce qui sera dit à l’article 204.

Chaque copropriétaire dispose d'un droit de vote


correspondant à sa part de propriété.

Article 193. Nonobstant toute clause contraire, les décisions


de la majorité sont susceptibles de recours en
justice de la part de la minorité. Ces recours
doivent être exercés dans un délai de trois ans.

L'annulation en est prononcée par la Cour


Suprême, en cas de vice de forme ou si la
décision attaquée est contraire à l'intérêt général
de la copropriété et prise dans l'unique dessein
de favoriser la majorité au détriment de la
minorité.

Article 194. Lorsqu'une majorité ne peut se dégager ou en


cas d'annulation répétée des decisions de la
majorité, la Cour Suprême peut, à la requête
d'un des copropriétaires, soit désigner un gérant
provisoire, soit ordonner la licitation du navire,
soit prendre l'une et l'autre de ces mesures.

Article 195. La majorité peut confier la gestion du navire à


une ou plusieurs personnes, copropriétaires ou
étrangères à la copropriété.

Faute de publicité portant sur 1'existence d'un


ou plusieurs gérants à la connaissance des tiers,
tous les copropriétaires du navire sont réputés
gérants.

En cas de pluralité, les gérants agissent d'un


commun accord.

Article 196. Le gérant a tous les pouvoirs pour agir dans


1'exercice de sa mission de gestion au nom de
la copropriété en toutes circonstances.

Toute limitation contractuelle des pouvoirs des


gérants est sans effet à l’égard des tiers.

Article 197. Le capitaine doit se conformer aux instructions


des gérants.

Article 198. Nonobstant toute convention contraire, les


copropriétaires gérants sont tenus indéfiniment
et solidairement des dettes de la copropriété.

Article 199. Les copropriétaires participant aux profits et aux


pertes de 1'exploitation au prorata de leurs
intérêts dans le navire. Ils doivent, dans la même
proportion, contribuer aux dispenses de la
copropriétés et répondre aux appels de fonds du
gérant.

Article 200. La mort, l'incapacité ou la falllite d'un


copropriétaire n’entraîne pas, de plein droit, la
dissolution de la copropriété.
Article 201. Chaque copropriétaire peut disposer de sa part
mais reste tenu des dettes contractées
antérieurement à l'aliénation.

Nonobstant toute clause contraire, l'aliénation


qui doit entraîner le changement de la nationalité
du navire, n’est permise qu'avec l'autorisation
des autres copropriétaires.

Article 202. Les copropriétaires qui sont membres de


l'équipage du navire peuvent, en cas de
congédiement, quitter la copropriété et obtenir
de celle-ci le remboursement de leur part. En
cas de désaccord, et sauf compromise le prix en
est fixé par la Cour Suprême.

Article 203. Chaque copropriétaire peut hypothéquer sa part


dans les conditions et les formes du chapitre
quatrième.

Article 204. Le gérant peut hypothéquer le navire avec le


consentement d'une majorité des intérêts
représentant les trois quarts de la valeur du
navire.

Article 205. I1 est mis fin à 1'exploitation en commun du


navire par sa vente forcée aux enchères, par
licitation volontaire ou par décision de justice.

Article 206. La licitation volontaire est décidée par la majorité


en valeur du navire. La décision de licitation
définit les modalités de la vente.

Article 207. La Cour Suprême qui prononce la dissolution de


la copropriété, en application de l’article 194,
ordonne les conditions de la vente du navire.

Article 208. Si une saisie porte sur des parts représentant


plus de la moitié du navire, la vente sera
étendue à tout le navire, sauf opposition des
autres copropriétaires pour des motifs reconnus
sérieux et légitimes.

Article 209. Lorsqu’elles sont permises, les conventions


contraires aux dispositions du présent
CHAPITRE doivent être à peine de nullité,
rédigées par écrit.

CHAPITRE TROISIEME - Article 210 – 230 – Repealed by [Act


No. 26 of 2007]

CHAPITRE QUATRIEME - Articles 231. à 244 - Repealed by [Act


No. 26 of 2007]

Abrogé par [Act No. 20 of 1992]

CHAPITRE CINQUIEME - Articles 245. à 256 - Repealed by [Act


No. 26 of 2007]

Abrogés par [Act No. 20 of 1992].

CHAPITRE SIXIEME

Saisie des navires

SECTION PREMIERE

Dispositions générales

Article 256-1. [Modifié par l'Act 28/1986]. Lorsqu'il est avisé


d'une saisie par la notification de la decision qui
l'a autorisée, le Director of Shipping refuse
l'autorisation de départ du navire.
Article 256-2. Nonobstant toute saisie, le Juge en Chambre
peut autoriser le depart du navire pour un ou
plusieurs voyages déterminés. Pour obtenir cette
autorisation, le requérant doit fournir une
garantie suffisante.

Article 256-3. Le Juge en Chambre fixe le délai dans lequel le


navire devra regagner le port de la saisie. I1
peut ultérieurement modifier ce délai pour tenir
compte des circonstances et, le cas échéant,
autoriser le navire à faire des voyages.

Si, à 1'expiration du délai fixé, le navire n’a pas


rejoint son port, la somme déposée en garantie
est acquise aux créanciers, sauf le jeu de
l'assurance en cas de sinistre couvert par la
police.

SECTION DEUXIEME

Saisie Conservatoire

Article 256-4. La saisie conservatoire est autorisée par le Juge


en Chambre.

L'autorisation peut être accordée dès lors qu'il


est justifié d'une créance paraissant fondée dans
son principe.

Article 256-5. La saisie conservatoire empêche le départ du


navire.

Elle ne porte aucune atteinte aux droits du


propriétaire.

SECTION TROISIEME

Saisie- Article exécution


Article 256-6. I1 ne peut être procédé à la saisie-exécution que
vingt-quatre heures après le commandement de
payer.

Article 256-7. Le commandement est fait à la personne du


propriétaire ou à son domicile.

Article 256-8. Le commandement se périme par dix jours.

Article 256-9. La saisie est faite par ordre du Juge en Chambre


et notifié au Director of Shipping qui dresse sans
délai un procès verbal de saisie énonçant -

Les noms, professions et demeure du créancier


pour qui i1 agit;
le titre exécutoire en vertu duquel i1 procède;
la somme dont il poursuit le paiement;
la date du commandement à payer;
l'élection de domicile faite par le créancier;
le nom du propriétaire;
les noms, espèce, tonnage et nationalité du
bâtiment.

Le Director of Shipping fait l’énonciation et la


description des chaloupes, canots, agrès et
autres apparaux du navire, provisions et soutes.
I1 établit un gardien.

Modifié par [Act No. 28 of 1986].

Article 256-10. Le procès-verbal de saisie est notifié au


saisissant dans les quarante-huit heures.

Modifié par [Act No. 28 of 1986]

Article 256-11. Le saisissant doit, dans le délai de dix jours,


notifier au propriétaire copie du procès-verbal de
saisie et le faire citer devant le Juge en Chambre
pour voir dire qu’il sera procédé à la vente des
choses saisies.
Si le propriétaire n’est pas domicilié à Maurice,
les significations et citations lui sont données en
la personne du capitaine du bâtiment saisi, ou,
en son absence, en la personne de celui qui
représente le propriétaire ou le captaine.

Cette inscription est requise dans le délai de


quarante-huit heures courant de la date du
procès-verbal.

Article 256-13. Lorsque le navire bat pavilion mauricien, le


Director of Shipping délivre un état des
inscriptions.

Dans les dix jours qui suivent, la saisie est


dénoncée aux créanciers inscrits aux domiciles
élus dans leurs inscriptions.

La dénonciation aux créanciers indique le jour


de la comparution devant le Juge en Chambre.

Modifié par [Act No. 28 of 1986].

Article 256-14. Lorsque le navire saisi n’est pas mauricien, la


procédure de l’article précédent subit les
modifications qui suivent:

La dénonciation est adressée au captaine du


navire ou en son absence, à la personne de
celui qui représente le propriétaire ou le
capitaine.

Le délai de comparution est de trente à soixante


jours après cette dénonciation.

Article 256-15. Sous réserve des dispositions suivantes, la


vente se fait conformément aux dispositions du
Sale of Immovable Property Act.

Article 256-16. Les demandes en distraction sont formées et


notifiés au greffe du tribunal avant l'adjudication.
Si les demandes en distraction ne sont formées
qu'après l’adjudication, elles seront converties
de plein droit en opposition à la délivrance des
sommes provenant de la vente.

Article 256-17. Le demandeur ou l'opposant a trois jours pour


fournir ses moyens.

Le défendeur a trois jours pour contredire.

La cause est portée à l'audience sur simple


citation.

Article 256-18. Pendant trois jours après celui de l'adjudication,


les oppositions à la délivrance du prix sont
reçues; passé ce temps elles ne seront plus
admises.

Article 256-19. La surenchère n’est pas admise.

Article 256-20. L'adjudicataire est tenu de verser son prix sans


frais, dans les vingt-quatre heures de
l'adjudication à peine de foile enchère.

Article 256-21. A défaut de paiement ou de consignation, le


bâtiment est remis en vente et adjugé, trois jours
après une nouvelle publication, à la foile enchère
des adjudicataires qui seront également tenus
pour le paiement du déficit, des dommages, des
intérêts et des frais.

L'adjudicataire doit dans les cinq jours suivants


presenter requête au tribunal pour citer les
créanciers par acte signifié aux domiciles élus, à
1'effet de s'entendre à l'amiable sur la
distribution du prix.

Article 256-22. L'acte de convocation est inséré dans deux


quotidiens approuvés par le tribunal et dans le
Journal Officiel.
Le délai de convocation est de quinze jours.

Article 256-23. Les créanciers opposants sont tenus de produire


au greffe du tribunal leurs titres de créances
dans les trois jours qui suivent la sommation qui
leur en est faite par le créancier poursuivant ou
par le tiers saisi, faute de quoi i1 sera procédé à
la distribution du prix de la vente sans qu'ils y
soient compris.

Article 256-24. Dans les cas où les créanciers ne s'entendraient


pas sur la distribution du prix, il est dressé
procès-verbal de leurs prétentions et contredits.

Dans les huit jours, chacun des créanciers doit


disposer au greffe du tribunal une demande de
collocation avec titre à l'appui.

A la requête du plus diligent, les créanciers sont,


par simple acte extrajudiciaire, appellés devant
le tribunal, qui statuera à l’égard de tous, même
des créanciers privilégiés.

Article 256-25. Le délai d’appel est de dix jours à compter de la


signification du jugement.

L'acte d'appel doit contenir assignation et


1'énonciation des griefs, peine de nullités.

Article 256-26. Dans les huit jours qui suivent 1'expiration du


délai d'appel et, s'il y a appel, dans les huit jours
de l'arrêt, le tribunal dresse l’état des créances
colloquées en principal, intérêts et frais. Les
intérêts des créances utilement colloquées
cesseront de courir au détriment de la partie
saisie.

Article 256-27. La collocation des créanciers et la distribution


des deniers sont faites entre les créanciers
privilégiés et hypothécaires suivant leur ordre et
entre les autres créanciers au marc le franc de
leurs créances. Tout créancier colloqué 1'est,
tant pour son principal que pour ses intérêts et
frais.

Article 256-28. Les dépens des contestations ne peuvent être


pris sur les deniers à distribuer.

Article 256-29. Sur ordre rendu par le tribunal, le greffier délivre


les borderaux de collocation comme i1 est prévu
en matière de saisie immobilière.

Le même ordre autorise la radiation des


inscriptions des créanciers non colloqués. I1 est
procédé à cette radiation sur demande de toute
partie intéressée.

TITRE DEUXIEME

De l'armement

CHAPITRE PREMIER

De l’armateur

Article 257. L’armateur est celui qui exploite le navire en son


nom, qu'il en soit ou non propriétaire.

Article 258. Le propriétaire ou les copropriétaires du navire


sont présumés en être l’armateur.

En cas d'affrètement, l'affréteur devient


l’armateur du navire, si le contrat d'affrètement le
prévoit.

CHAPITRE DEUXIEME

Du personnel d'exploitation

SECTION PREMIERE
Des agents de l’armateur

Article 259. L’armateur répond de ses préposés terrestres et


maritimes dans les termes du droit commun,
sauf la limitation de responsabilité prévue aux
articles 210 à 230 du présent Code.

SECTION DEUXIEME

Du capitaine

Article 260. Le capitaine est designé par le propriétaire du


navire ou, en cas d'affrètement, par l’armateur
selon la convention conclue entre le propriétaire
et l'affréteur.

Article 261. Le capitaine répond de toute faute commise


dans 1'exercice de ses fonctions.

Article 262. Hors des lieux où l’armateur a son principal


établissement ou une succursale, le capitaine
pourvoit aux besoins normaux du navire et de
l’expédition.

Article 263. Le capitaine ne peut prendre d'autres


engagements qu'en vertu d'un mandat exprès de
l’armateur, sauf le cas de communications
impossibles avec lui.

Article 264. Hors des lieux où l’armateur a son principal


établissement ou une succursale, le capitaine
peut, en cas d'urgence, prendre au nom de
l’armateur toutes dispositions conservatoires des
droits de l’armateur, des passagers et des
chargeurs.

L’armateur est alors réputé avoir agi comme


gérant d'affaires des passagers et des
chargeurs.
Article 265. I1 est interdit au capitaine de charger sur son
navire des marchandises pour son propre
compte, sans l'autorisation écrite de l’armateur.

En cas d'infraction cette défense, le capitaine


devra à l’armateur une indemnité légale au
double du fret correspondant à son chargement.

Article 266. Le journal de mer et le livre de bord font foi,


jusqu'à preuve contraire, des évènements et des
circonstances qui y sont relatés.

CHAPITRE TROISIEME

Des auxiliaires de l'armement

SECTION PREMIERE

Des consignataires

I - Des consignataires de navires

Article 267. Le consignataire du navire agit comme


mandataire salarié de L’armateur. Il effectue
pour les besoins et le compte du navire et de
1'expédition les opérations que le capitaine
n’accomplit pas lui-même.

Article 268. Les créances que font naître contre l’armateur


les actes du consignataire, lorsqu'il pourvoit aux
besoins normaux du navire au lieu et place du
capitaine, sont assorties du privilège de l’article
245, 6.

Article 269. Pour les pertes ou avaries subies par la


marchandise qu'il garde, le consignataire du
navire n’est responsable que dans les conditions
et limites prévues par l’article 317.
Pour les autres opérations effectuées par lui
dans le cadre de l’article 267, il est responsable
dans les termes du droit commun.

II - Des consignataires de la cargaison

Article 270. Le consignataire de la cargaison intervient


comme mandataire salarié des ayants droit à la
marchandise. Il en prend livraison pour leur
compte et en paie le fret quand il est dû.

Article 271. En mature d'avaries et pour les pertes subies


par la marchandise, le consignataire de la
cargaison n’est responsable que dans les
conditions et limites prévues par l’article 317.

III - Dispositions communes

Article 272. Toutes actions contre les consignataires sont


prescrites par un an.

Article 273 En matière internationale, les contrats et les


actes des consignataires sont régis par la loi du
port où s’opèrent ces derniers.

SECTION DEUXIEME

Des pilotes

Article 274. Le pilote n’est pas responsable envers les tiers


des dommages causés au cours des opérations
de pilotage.

Il doit contribuer à la réparation dans ses


rapports avec l’armateur du navire piloté, dans la
mesure où celui-ci établit que le dommage est
dù à une faute du pilote.

Article 275. Au cours des opérations de pilotage ou au cours


des manoeuvres d'embarquement et de
débarquement du pilote, les accidents survenus
au pilote sont à la charge de l’armateur du navire
piloté, à moins qu'il n’établisse la faute du pilote
ou de 1'équipage du bateau-pilote.

Au cours des mêmes opérations, les avaries


causées au bateau-pilote sont à la charge de
l’armateur du navire piloté, à moins qu'il
n’établisse la faute du pilote ou de l’équipage du
bateau-pilote.

Article 276. Les actions nées à l'occasion du pilotage sont


prescrites deux ans après l'achèvement des
opérations de pilotage.

SECTION TROISIEME

Des opérations de remorquage

Article 277. Les opérations de remorquage portuaire


s'effectuent sous la direction du capitaine du
navire remorqué.

Les dommages de tous ordres survenus au


cours des opérations de remorquage sont à la
charge du navire remorqué, à moins qu’il
n’établisse la faute du remorqueur.

Article 278. Les parties peuvent, par convention expresse et


écrite, confier au capitaine du remorqueur la
direction des opérations; en ce cas, les
dommages sont à la charge du remorqueur, à
moins qu'il n’établisse la faute du navire
remorqué.

Article 279. Les opérations de remorquage en haute mer


s'effectuent sous la direction du capitaine du
remorqueur.

Les dommages de tous ordres survenus au


cours des opérations sont à la charge du
remorqueur, à moins qu'il n’établisse la faute du
navire remorqué.

Article 280. Les parties peuvent, par convention expresse,


confier au capitaine du navire remorqué la
direction des opérations en ce cas, les
dommages sont à la charge du navire remorqué,
à moins qu'il n’établisse la faute du remorqueur.

Article 281. Les actions nées à l'occasion des opérations de


remorquage sont prescrites deux ans après
l'achèvement de ces opérations.

TITRE TROISIEME

Des ventes maritimes

Article 282. Les dispositions du présent titre sont supplétives


de la volonté des parties.

CHAPITRE PREMIER

De la vente au départ

Article 283. La vente au départ met la chose vendue aux


risques et à la charge de l'acheteur, à compter
du jour où elle a été livrée dans les conditions du
contrat.

Article 284. L'acheteur doit, dans un délai raisonnable,


indiquer au vendeur le nom du navire sur lequel
la chose vendue sera embarquée et la date à
laquelle aura lieu le chargement.

Article 285. Le vendeur doit livrer la chose vendue à quai, au


plus près du navire désigné, le jour fixé par
l'acheteur.

Il doit en aviser l'acheteur, dans les vingt-quatre


heures, par les moyens d'usage.
Article 286. Toute clause “franco-bord” oblige le vendeur à
livrer à bord du navire.

CHAPITRE DEUXIEME

De la vente à l'arrivée

Article 287. La vente à l'arrivée laisse la chose vendue aux


risques et à la charge du vendeur.

Article 288. Dans la vente sur navire désigné, le vendeur


avise l'acheteur du nom du navire sur lequel il
charge la chose vendue.

En cas de perte de la marchandise, le vendeur


n’est pas tenu à la remplacer, si le sinistre est
postérieur à 1'envoi de l'avis ci-dessus.

Article 289. Dans la vente à 1'embarquement, le vendeur


remet la marchandise à un transporteur et avise
l'acheteur du nom de ce transporteur.

En cas de perte, il doit, s'il s'agit de choses de


genre, réexpédier l'acheteur la même quantité
de choses vendues aux conditions du contrat.

CHAPITRE TROISIEME

De la vente C.A.F

Article 290. Dans la vente dite C.A.F. (coût, assurance, fret),


le vendeur s'oblige à conclure le contrat de
transport et à mettre la marchandise à bord ainsi
qu'à l'assurer contre les risques de ce transport.

Il doit aussitôt adresser à l'acheteur les


documents d'usage correspondant à cet envoi.

Article 291. L'acheteur est débiteur d'une somme


comprenant indivisément le prix de la chose, la
prime d'assurance et le fret; les risques de
transport sont à sa charge.

Article 292. La seule insertion dans le contrat des clauses


"poids reconnu à l'arrivée", “poids délivré au port
d'arrivée” ou autres clauses semblables n’a pas
pour effet de modifier la nature de la vente
C.A.F.

TITRE QUATRIEME

De l'affrètement du navire

CHAPITRE PREMIER

Règles générales

Article 293. Par le contrat d'affrètement, le fréteur s'engage,


moyennant rémunération, à mettre un navire à la
disposition d'un affréteur.

Les conditions et les effets de l’affrètement sont


définis par les parties au contrat et à défaut par
les dispositions du présent titre.

Article 294. Le fréteur a un privilège sur les marchandises


pour le paiement de son fret.

Article 295. En matière internationale, le contrat


d'affrètement est régi par la loi du paviilon du
navire, sauf convention contraire des parties.

Article 296. La prescription des actions nées du contrat


d'affrètement est d'un an. Elle est interrompue
ou suspendue et produit ses effets
conformément au droit commun.

Le délai de prescription des actions nées des


contrats d'affrètement court:
Pour l'affrètement au voyage, depuis le
débarquement complet de la marchandise ou
l’évènement qui a mis fin au voyage.

Pour l'affrètement à temps et pour l'affrètement


'coque-nue', depuis expiration de la durée du
contrat ou l'interruption définitive de son
exécution.

Pour les sous-affrètements, dans les conditions


réglées ci-dessus selon que le sous-affrètement
est au voyage ou à temps.

CHAPITRE DEUXIEME

De l’affrètement du voyage

Article 297. Par l'affrètement au voyage, le fréteur met, en


tout ou en partie, un navire à la disposition de
l'affréteur en vue d'accomplir un ou plusieurs
voyages.

Article 298. La charte-partie au voyage énonce:

1. Les é1éments d'individualisation du navire;

2. Les noms du fréteur et de l'affréteur;

3. L'importance et la nature de la cargaison;

4. Les lieux de chargement et de


déchargement;

5. Les temps prévus pour le chargement et le


déchargement;

6. Le taux du fret.

Article 299. Le fréteur s'oblige:


1. A presenter à la date et au lieu convenus
et à maintenir pendant le voyage le navire
désigné en bon état de navigabilité, armé
et equipé convenablement pour accomplir
les opérations prévues dans la charte-
partie.

2. A faire toutes diligences qui dépendent de


lui pour exécuter le ou les voyages prévues
5 la charte-partie.

Article 300. Le fréteur conserve la gestion nautique et


commerciale du navire.

Article 301. Le fréteur est responsable des marchandises


reçues à bord par le capitaine dans les limites
prévues à la charte-partie.

Il se libère de cette responsabilité en établissant


soit qu'il a satisfait ses obligations de fréteur, soit
que les dommages ne tiennent pas à un
manquement à ces obligations, soit que le
dommage est dû à la faute nautique du capitaine
ou de ses préposés.

Article 302. L'affréteur doit mettre à bord la quantité de


marchandises énoncées par la charte-partie. A
défaut, il paie néanmoins le fret prévu pour cette
quantité.

Article 303. L'affréteur doit charger et décharger la


marchandise. Il y procède dans les délais
alloués par la charte-partie.

Si celle-ci établit distinctement un délai pour le


chargement et un délai pour le déchargement,
ces délais ne sont pas réversibles et doivent être
décomptés séparément.

Article 304. Le point de départ et la computation des jours de


planche sont réglés suivant l'usage du port où
ont lieu les opérations et, à défaut, suivant les
usages maritimes.

Article 305. En cas de dépassement des délais, l'affréteur


doit des surestaries qui sont considérées comme
un supplément du fret.

Article 306. Le contrat est résolu sans dommages-intérêts de


part ni d'autre si, avant le départ du navire,
survient une interdiction de commercer avec le
pays pour lequel il est destiné ou tout autre
évènement de force majeure qui rend impossible
1'exécution du voyage.

Article 307. L'affréteur peut résilier le contrat avant tout


commencement de chargement. Il doit, en pareil
cas, une indemnité correspondant au préjudice
subi par le fréteur et au plus égale au montant
du fret.

Article 308. S'il existe un cas de force majeure qui


n’empêche que pour un temps la sortie du
navire, les conventions subsistent et il n’a pas
lieu à dommages-intérêts à raison du retard.

Elles subsistent également et il n’y a lieu à


aucune augmentation de fret si la force majeure
arrive pendant le voyage.

L'affréteur peut décharger la marchandise à ses


frais et doit le fret entier.

Dans le cas d'empêchement durable d'entrée


dans le port, le capitaine doit obéir aux ordres
donnés d'un commun accord par le fréteur et
l'affréteur ou, à défaut, se rendre dans un port
voisin où il pourra décharger.

En cas d'arrêt définitif du navire en cours de


route, par 1'effet d'un évènement non imputable
au fréteur, l'affréteur doit le fret de distance.
Article 310. En cours de route, l'affréteur peut faire
décharger la marchandise mais doit payer le fret
entier stipulé pour le voyage ainsi que les frais
entraînés par l'opération.

Cette faculté n’existe que si le navire fait l'objet


d'un seul affrètement.

CHAPITRE TROISIEME

De l'affrètement à temps

Article 311. Par le contrat d'affrètement à temps le fréteur


s'engage à mettre un navire armé à la
disposition de l'affréteur pour un temps défini.

Article 311-1 La charte-partie énonce:

1. Les éléments d'individualisation du navire;

2. Les noms du fréteur et de l'affréteur;

3. Le taux du fret;

4. La durée du contrat.

Article 3l1-2. Le fréteur s'oblige à présenter à la date et au lieu


convenus et maintenir pendant la durée du
contrat le navire désigné en bon état de
navigabilité, armé et équipé convenablement
pour accomplir les opérations prévues à la
charte-partie.

Article 3l3-3. Le fréteur conserve la gestion nautique du


navire.

Article 311-4. Le fréteur est responsable des dommages subis


par la marchandise s'il est établi qu'ils sont dus à
un manquement à ses obligations de fréteur.
Il n’est cependant pas responsable de la faute
nautique du capitaine ou de ses préposés.

Article 31l-5. La gestion commerciale du navire appartient à


l'affréteur.

Tous les frais inhérents à cette exploitation


commerciale du navire sont à sa charge,
notamment les soutes dont il doit pourvoir le
navire, d'une qualité propre à assurer le bon
fonctionnement des appareils.

Article 31l-6. Le capitaine doit obéir, dans les limites tracées


par la charte-partie aux instructions que lui
donne l'affréteur pour tout ce qui concerne la
gestion commerciale du navire.

Article 31l-7. L'affréteur est responsable des dommages


causés au navire du fait de son exploitation
commerciale.

Article 31l-8. Le fret court du jour où le navire est mis à la


disposition de l'affréteur dans les conditions du
contrat.

Il est payable par mensualité et d'avance.

Il n’est pas acquis à tout évènement.

Article 311-9. Le fret n’est pas dû pour les périodes durant


lesquelles le navire est commercialement
inutilisable, si du moins l'immobilisation du navire
dépasse vingt-quatre heures.

CHAPITRE QUATRIME

De l’affrètement 'coque-nue'

Article 312. Par l'affrètement 'coque-nue', le fréteur


s’engage, contre paiement d'un loyer, à mettre,
pour un temps défini, à la disposition d'un
affréteur, un navire déterminé, sans armement ni
équipement, ou avec un équipement et un
armement incomplets.

Article 312-1. Le fréteur s'oblige à presenter, à la date et au


lieu convenus, le navire désigné en bon état de
navigabilité et apte au service auquel il est
destiné.

Article 312-2. Le fréteur a la charge des réparations et des


remplacements dus au vice propre du navire.

Si le navire est immobilisé par suite d'un vice


propre, aucun loyer n’est dû pendant
l'immobilisation si celle-ci dépasse vingt-quatre
heures.

Article 312-3. L'affréteur peut utiliser le navire à toutes fins


conformes à sa destination normale.

Il a l’usage du matériel et des équipements du


bord, à charge d'en restituer en fin de contrat la
même quantité de la même qualité.

Article 312-4. Sont à la charge de l'affréteur 1'entretien du


navire et les réparations et remplacements
autres que ceux visés à l’article 312-2.

L'affréteur recrute l’équipage, paie ses gages, sa


nourriture et les dépenses annexes. Il supporte
tous les frais d'exploitation. Il assure le navire.

Article 312-5. L'affréteur garantit le fréteur contre tous recours


des tiers qui sont la conséquence de
l'exploitation du navire.

Article 312-6. L'affréteur doit restituer le navire en fin de


contrat dans 1'état où il l'a reçu, sauf l'usure
normale du navire et des appareils.
Article 312-7. En cas de retard dans la restitution du navire,
sauf preuve par le fréteur d'un préjudice plus
élevé, l'affréteur doit une indemnité calculée
pendant les quinze premiers jours sur le prix du
loyer et postérieurement sur le double de ce prix.

CHAPITRE CINQUIEME

Du sous-affrètement

Article 313. L'affréteur peut sous-affréter le navire ou l'utiliser


à des transport sous connaissement.

Article 313-1. Le sous-affrètement laisse l'affréteur tenu envers


le fréteur des obligations résultant du contrat
d'affrètement.

Article 313-2. Le fréteur, dans la mesure de ce qui lui est dû


par l'affréteur, peut agir contre le sous-affréteur
en paiement du fret encore dû par celui-ci.

Le sous-affrètement n’établit pas d'autres


relations directes entre le fréteur et le sous-
affréteur.

TITRE CINQUIEME

Du transport de marchandises

Article 314. Dans le présent titre, les mots suivants sont


employés dans le sens précis indiqué ci-
dessous:

(a) “Transporteur” comprend le propriétaire du


navire ou l'affréteur, partie à un contrat de
transport avec un chargeur;

(b) “Contrat de transport” s'applique


uniquement au contrat de transport
constaté par un connaissement ou par tout
document similaire formant titre pour le
transport des marchandises par mer; il
s'applique également au connaissement ou
document similaire émis en vertu d'une
charte-partie à partir du moment où ce titre
régit les rapports du transparteur et du
porteur du connaissement;

(c) “Marchandises” comprend biens, objets,


marchandises et articles de nature
quelconque, à 1'exception des animaux
vivants et de la cargaison qui, par le
contrat de transport, est déclarée comme
mise sur le pont et, en fait, est ainsi
transportée.

(d) “Navire” signifie tout bâtiment employé


pour le transport des marchandises par
mer.

(e) “Transport de marchandises” couvre le


temps écoulé depuis le chargement des
marchandises à bord du navire jusqu'à leur
déchargement du navire.

Article 315. Sous réserve des dispositions de l’article 319, le


transporteur dans tous les contrats de transport
des marchandises par mer, sera, quant au
chargement, à la manutention, à l'arrimage, au
transport, à la garde, aux soins et au
déchargement des dites marchandises, soumis
aux responsabilités et obligations, comme il
bénéfidera des droits et exonérations ci-dessous
énoncés.

Article 316. 1. Le transporteur sera tenu avant et au début


du voyage d'exercer une diligence
raisonnable pour:

(a) Mettre le navire en état de


navigabilité;
(b) Convenablement armer, équiper et
approvisionner le navire;

(c) Approprier et mettre en bon état les


cales, chambres froides et
frigorifiques, et toutes autres parties
du navire où des marchandises
sont chargées, pour leur réception,
transport et conservation.

2. Le transporteur, sous réserve des


dispositions de l’article 317, procédera de
façon appropriée et soigneuse au
chargement, à la manutention, à l'arrimage,
au transport, à la garde, aux soins et aux
déchargement des marchandises
transportées.

3. Après avoir reçu et pris en charge les


marchandises, le transporteur ou le
capitaine ou agent du transporteur devra,
sur demande du chargeur, délivrer au
chargeur un connaissement portant entre
autres choses:

(a) Les marques principales


nécessaires à l'identification des
marchandises telles qu’elles sont
fournies par écrit par le chargeur
avant que le chargement de ces
marchandises ne commence,
pourvu que ces marques soient
imprimées ou apposées clairement
de toute façon sur les
marchandises non emballées ou
sur les caisses ou emballages dans
lesquelles les marchandises sont
contenues, de telle sorte qu’elles
devraient normalement rester
lisibles jusqu'à la fin du voyage.
(b) Ou le nombre de colis, ou de
pieces, ou la quantité ou le poids,
suivant les cas, tels qu'ils sont
fournis par écrit par le chargeur.

(c) L'état et le conditionnement


apparent des marchandises.
Cependant, aucun transporteur,
capitaine ou agent du transporteur
ne sera tenu de déclarer ou de
mentionner, dans le
connaissement, des marques, un
nombre, une quantité ou un poids
dont il a une raison sérieuse de
soupçonner qu'ils ne représentent
pas exactement les marchandises
actuellement reçues par lui, ou qu'il
n’a pas eu des moyens
raisonnables de vérifier.

4. Un tel connaissement vaudra présomption,


sauf preuve contraire, de la réception par
le transporteur des marchandises telles
qu’elles y sont décrites, conformément au
paragraphs 3(a), (b) et (c).

5. Le chargeur sera considéré comme avoir


garanti au transporteur, au moment du
chargement, exactitude des marques, du
nombre, de la quantité et du poids tels
qu'ils sont fournis par lui, et le chargeur
indemnisera le transporteur de toutes
pertes, dommages et dépenses provenant
ou résultant d'inexactitudes sur ces points.
Le droit du transporteur à pareille
indemnité ne limitera d'aucune façon sa
responsabilité et ses engagements sous
l'empire du contrat de transport vis-à-vis de
toute personne autre que le chargeur.
6. A moins qu'un avis des pertes ou
dommages et de la nature générale de ces
pertes ou dommages ne soit donné par
écrit au transporteur ou à son agent au port
de déchargement, avant ou au moment de
l’enlèvement des marchandises, et de leur
remise sous la garde de la personne ayant
droit à la délivrance sous 1'empire du
contrat de transport, cet enlèvement
constituera, jusqu'à preuve contraire, une
présomption que les marchandises ont été
délivrées par le transporteur telles quelles
sont décrites au connaissement.

Si les pertes ou dommages ne sont pas


apparents, l'aviS doit être donné dans les
trois jours de la délivrance.

Les réserves écrites sont inutiles si 1'état


de la marchandise a été contradictoirement
constaté au moment de la réception.

En tout cas le transporteur et le navire


seront déchargés de toute responsabilité
pour pertes ou dommages, à moins qu'une
action ne soit intentée dans l'année de la
délivrance des marchandises ou de la date
à laquelle elles eussent dû être délivrées.
En cas de pertes ou dommages certains
ou présumés, le transporteur et le
réceptionnaire se donneront
réciproquement toutes les facilités
raisonnables pour inspection de la
marchandise et la vérification du nombre
de colis.

7. Lorsque les marchandises auront été


chargées, le connaissement que délivrera
le transporteur, capitaine ou agent du
transporteur au chargeur sera, si le
chargeur le demande un connaissement
libeilé “Embarqué” pourvu que si le
chargeur a auparavant reçu quelque
document donnant droit à ses
marchandises, il restitue ce document
contre remise d'un connaissement
“Embarqué”. Le transporteur, le capitaine
ou l'agent aura également la faculté
d'annoter au port d'embarquement, sur le
document remis en premier lieu, le ou les
noms du ou des navires sur lesquels les
marchandises ont été embarquées et la
date ou les dates de 1'embarquement, et
lorsque ce document sera ainsi annoté il
sera, s'il contient les mentions du
paragraphs 3, considéré aux fins de cet
article comme constituent un
connaissement libeilé “Embarqué”.

8. Toute clause, convention ou accord dans


un contrat de transport exonérant le
transporteur ou le navire de responsabilité
pour perte ou dommage concernant des
marchandises, provenant de negligence,
faute ou manquement aux devoirs ou
obligations édictées dans cet article ou
atténuant cette responsabilité autrement
que ne le prescrit le présent titre, sera
nulle, non avenue et sans effet. Une clause
cédant le bénéfice de l'assurance au
transporteur ou toute clause semblable
sera considéré comme exonérant le
transporteur de sa responsabilité.

Article 317. 1. Ni le transporteur ni le navire ne seront


responsables des pertes ou dommages
provenant ou résultant de 1'état
d'innavigabilité, à moins qu'il ne soit
imputable à un manque de diligence
raisonnable de la part du transporteur à
mettre le navire en état de navigabilité ou à
assurer au navire un armement,
équipement ou approvisionnement
convenables ou à approprier et mettre en
bon état les cales, chambres froides et
frigorifiques et toutes autres parties du
navire où des marchandises sont chargées
de façon qu’elles soient aptes à la
réception au transport et à la préservation
des marchandises, le tout conformément
aux prescriptions de l’article 316,
paragraphs 1. Toutes les fois qu'une perte
ou qu'un dommage aura résulté de
l'innavigabilité, le fardeau de la preuve, en
ce qui concerne 1'exercice de la diligence
raisonnable, tombera sur le transporteur ou
sur tout autre personne se prévalant de
1'exonération prévue au présent article.

2. Ni le transporteur ni le navire ne seront


responsables pour perte ou dommage
résultant ou provenant:

(a) Des actes, negligence ou défaut du


capitaine, marin, pilote, ou des
préposés du transporteur dans la
navigation ou dans l'administration
du navire;

(b) D'un incendie, à moins qu'il ne soit


causé par le fait ou la faute du
transporteur;

(c) Des périls, dangers ou


accidents de la mer ou d'autres
eaux navigables;

(d) D'un 'acte de Dieu';

(e) De fait de guerre;

(f) De fait d'ennemis publics;


(g) D'un arrêt ou contrainte de prince,
autorités ou peuple, ou d'une saisie
judiciaire;

(h) D'une restriction de quarantaine;

(i) D'un acte ou d'une omission du


chargeur ou propriétaire des
marchandises, de son agent ou
représentant;

(i) De grèves ou 'lock out' ou d'arrêts


ou entraves apportés au travail,
pour quelque cause que ce soit,
partiellement ou complètement;

(k) D'émeutes ou de troubles civils;

(1) D'un sauvetage ou tentative de


sauvetage de vies ou de biens en
mer;

(m) De la freinte en volume ou en poids


ou de toute autre perte ou
dommage résultant de vice caché,
nature spéciale ou vice propre de la
marchandise;

(n) D'une insuffisance d'emballage;

(o) D'une insuffisance ou imperfection


de marques;

(p) De vices cachés échappant à une


diligence raisonnable;

(q) De toute autre cause ne provenant


pas du fait ou de la faute du
transporteur ou du fait ou de la
faute des agents ou préposés du
transporteur; mais le fardeau de la
preuve incombera à la personne
réclamant le bénéfice de cette
exception et il lui appartiendra de
montrer que ni la faute personnelle,
ni le fait du transporteur, ni la faute
ou le fait des agents ou préposés
du transporteur n’ont contributé à la
perte ou au dommage.

3. Le chargeur ne sera pas responsible des


pertes ou dommages subis par le
transporteur ou le navire et qui
proviendraient ou résulteraient de toute
cause quelconque sans qu'il y ait acte,
faute ou negligence du chargeur, de ses
agents ou de ses préposés.

4. Aucun déroutement pour sauver ou tenter


de sauver des vies ou des biens en mer, ni
aucun déroutement raisonnable ne sera
considéré comme une infraction à la
présente convention ou au contrat de
transport, et le transporteur ne sera
responsable d'aucune perte ou dommage
en résultant.

5. Le transporteur comme le navire ne seront


tenus en aucun cas des pertes ou
dommages causés aux marchandises ou
les concernant pour une somme dépassant
100 livres sterling par colis ou unité, ou
1'équivalent de cette somme en une autre
monnaie, à moins que la nature et la valeur
de ces marchandises n’aient été déclarées
par le chargeur avant leur embarquement
et que cette déclaration ait été insérée au
connaissement.

Cette déclaration ainsi insérée dans le


connaissement constituera une
présomption sauf preuve contraire, mais
elle ne liera pas le transporteur qui pourra
la contester.

Par convention entre le transporteur,


capitaine ou agent du transporteur et le
chargeur, une somme maximum différente
de celle inscrite dans ce paragraphe peut
être déterminée, pourvu que ce maximum
conventionnel ne soit pas inférieur au
chiffre ci-dessus fixé.

Ni le transporteur ni le navire ne seront en


aucun cas responsables pour perte ou
dommage causé aux marchandises ou les
concernant, si dans le connaissement le
chargeur a fait sdemment une déclaration
fausse de leur nature ou de leur valeur.

6. Les marchandises de nature inflammable,


explosive ou dangereuse, à
1'embarquement desquelles le
transporteur, le capitaine ou l'agent du
transporteur n’auraient pas consenti, en
connaissant la nature ou leur caractère
pourront à tout moment, avant
déchargement, être débarquées à tout
endroit ou détruites ou rendues
inoffensives par le transporteur, sans
indemnité, et le chargeur de ces
marchandises sera responsable de tout
dommage et dépenses provenant ou
résultant directement ou indirectement de
leur embarquement. Si quelqu'une de ces
marchandises embarquLses à la
connaissance et avec le consentement du
transporteur devenait un danger pour le
navire ou la cargaison, elle pourrait de
même façon être débarquée ou détruite ou
rendue inoffensive par le transporteur,
sans responsabilité de la part du
transporteur, si ce n’est du chef d'avaries
communes, s'il y a lieu.

Article 318. Un transporteur Article sera libre d'abandonner


tout ou partie de ses droits et exonérations ou
d'augmenter ses responsabilités et obligations
tels que les uns et les autres sont prévus par le
présent titre, pourvu que cet abandon ou cette
augmentation soit inscrite dans le
connaissement délivré au chargeur.

Aucune disposition du présent titre ne s'applique


aux chartes-parties, mais si des connaissements
sont émis dans le cas d'un navire sous 1'empire
d'une charte-partie, ils sont soumis aux termes
du présent titre. Aucune disposition dans ces
règles ne sera considérée comme empêchant
l'insertion dans un connaissement d'une
disposition licite quelconque au sujet d'avaries
communes.

Article 319. Nonobstant les dispositions des articles


précédents, un transporteur, capitaine ou agent
du transporteur et un chargeur seront libres,
pour des marchandises détermines qu’elles
qu’elles soient, de passer un contrat quelconque
avec des conditions quelconques concernant la
responsabilité, et les obligations du transporteur
pour ces marchandises, ainsi que les droits et
exonérations du transporteur au sujet de ces
mêmes marchandises ou concernant ses
obligations quant à 1'état de navigabilité du
navire, dans la mesure où cette stipulation n’est
pas contraire à l’ordre public, ou concernant les
soins ou diligence de ses préposés ou agents
quant au déchargement, à la manutention, à
l'arrimage, au transport, à la garde, aux soins et
au déchargement des marchandises
transportées par mer, pourvu qu'en ce cas
aucun connaissement n’ait été ou ne soit émis et
que les conditions de l'accord intervenu soient
insérées dans un récépissé qui sera un
document non négociable et portera mention de
ce caractère.

Toute convention ainsi conclue aura plein effet


1égal.

Il est toutefois convenu que cet article ne


s'appliquera pas aux cargaisons commerciales
ordinaires faites au cours d'opérations
commerciales ordinaires mais seulement à
d'autres chargements où le caractère et la
condition des biens à transporter et les
circonstances, les termes et les conditions
auxquels le transport doit se faire, sont de nature
à justifier une convention spéciale.

Article 320. Aucune disposition du présent titre ne défend à


un transporteur ou à un chargeur d'insérer dans
un contrat des stipulations, conditions, réserves
ou exonérations relatives aux obligations et
responsabilités du transporteur ou du navire
pour la perte ou les dommages survenant aux
marchandises, ou concernant leur garde, soin et
manutention, antérieurement au chargement et
postérieurement au déchargement du navire sur
lequel les marchandises sont transportées par
mer.

Article 321. Les dispositions du présent titre ne modifient ni


les droits, ni les obligations du transporteur, tels
qu'ils résultent de toute loi en vigueur en ce
moment retativement à la limitation de la
responsabilité des propriétaires de navires de
mer.

Article 322. Les actions nées du contrat de transport de


marchandises sont portées devant la jurisdiction
compétente selon les règles de droit commun.
Article 323. Les unités monétaires dont il s'agit dans le
présent titre s'entendent valeur or.

TITRE SIXIEME - Article 324. – 331 - Repealed by [Act No. 26 of


2007]

TITRE SEPTIEME

Des assurances maritimes

CHAPITRE PREMIER

Dispositions générales

Article 332. Est régi par le présent titre tout contrat


d'assurance qui a pour objet de garantir les
risques relatifs à une opération maritime.

Article 333. Ne peuvent être écartées par les parties au


contrat les dispositions des articles 334, 338,
339, 342, 344, 345 alinéa 1, 352 aliné 2, 356,
359, 360, 361, 368, 371, 377, 381 alinéa 2 et
391.

Article 334. Tout intérêt légitime, y compris le profit espéré,


peut faire l'objet d'une assurance.

Nul ne peut réclamer le bénéfice d'une


assurance s'il n’a pas éprouvé un préjudice.

Article 335. L'assurance peut étre contractée, soit pour le


compte du souscripteur de la police, soit pour le
compte d'une autre personne déterminée, soit
pour le compte de qui il appartiendra.

La déclaration que l'assurance est contractée


pour le compte de qui il appartiendra vaut tant
comme assurance au profit du souscripteur de la
police que comme stipulation pour autrui au
profit du bénéficiaire de la dite clause.

Article 336. Le présent titre n’est pas applicable aux contrats


d'assurance ayant pour objet de garantir les
risques relatifs à la navigation de plaisance.

Ces contrats sont soumis aux dispositions des


articles 1983-1 à 1983 - 91 du Code Civil.

CHAPITRE DEUXIEME

Règles communes aux diverses assurances maritimes

SECTION PREMIERE

Conclusion du contrat

Article 337. L'assurance ne produit aucun effet lorsque les


risques n‘ont pas commencé dans les deux mois
de l’engagement des parties ou de la date qui a
été fixée pour prise en charge.

Cette disposition n’est applicable aux polices


d'abonnement que pour le premier aliment.

Article 338. Toute omission ou toute déclaration inexacte de


l’assuré de nature à diminuer sensiblement
l'opinion de l’assureur sur le risque, qu’elle ait ou
non influé sur le dommage ou sur la perte de
l'objet assuré, annule l'assurance à la demande
de l’assureur.

Toutefois, si l'assuré rapporte la preuve de sa


bonne foi, l’assureur est, sauf stipulation plus
favorable à l'égard de l'assuré, garant du risque
proportionnellement à la prime perçue par
rapport à celle qu’il aurait dû percevoir, sauf les
cas où il établit qu'il n’aurait pas couvert les
risques s'il les avait connus.

La prime demeure acquise à l’assureur en cas


de fraude de l'assuré.

Article 339. Toute modification en cours de contrat, soit de


ce qui a été convenu lors de sa formation, soit
de l’objet assuré, d'où résulte une aggravation
sensible du risque, entraîne la résiliation de
l'assurance si elle n’a pas été déclarée à
l’assureur dans les trois jours où l'assuré en a eu
connaissance, jours fériés non compris, à moins
que celui-ci n’apporte la preuve de sa bonne foi,
auquel cas il est fait application des dispositions
du deuxibme alinéa de l’article 338.

Si cette aggravation n’est pas le fait de l'assuré,


l'assurance continue, moyennant augmentation
de la prime correspondant à l'aggravation
survenue.

Si l'aggravation est le fait de l'assuré, l’assureur


peut, soit résilier le contrat dans les trois jours à
partir du moment où il en a eu connaissance, la
prime lui étant acquise, soit exiger une
augmentation de prime correspondant à
l'aggravation survenue.

Article 340. Toute assurance faite après le sinistre ou


l'arrivée des objets assurés ou du navire
transporteur est nulle, si la nouvelle en était
connue, avant la conclusion du contrat, au lieu
où il a été signé ou au lieu ou se trouvait l'assuré
ou l’assureur.

Article 341. L'assurance sur bonnes ou mauvaises nouvelles


est nulle s'il est établi qu'avant la conclusion du
contrat l'assuré avait personnellement
connaissance du sinistre ou l’assureur de
l'arrivée des objets assurés.

Article 342. Si l’assureur établit qu'il y a eu fraude de la part


de l'assuré ou de son mandataire, l'assurance
contractée pour une somme supérieure à la
valeur réelle de la chose assurée est nulle, et la
prime lui reste acquise.

Il en est de même si la valeur assuréée est une


valeur agréée.

Article 343. En l'absence de fraude, le contrat est valable à


concurrence de la valeur réelle des choses
assurées et, si elle a été agréée, pour toute la
somme assurée.

Article 344. Les assurances cumulatives pour une somme


totale supérieure à la valeur de la chose assurée
sont nulles si elles ont été contractées dans une
intention de fraude.

Article 345. Les assurances cumulatives contractées sans


fraude pour une somme totale excédant la
valeur de la chose assurée ne sont valables que
si l'assuré les porte à la connaissance de
l’assureur à qui il demande son règlement.

Chacune d'elles produit ses effets en proportion


de la somme à laquelle elle s'applique, jusqu'à
concurrence de 1'entière valeur de la chose
assurée.

Article 346. Lorsque la somme assurée est inférieure à la


valeur réelle des objets assurés, sauf le cas de
valeur agréée, l'assuré demeure son propre
assureur pour la difference.

Article 347. La preuve du contrat d'assurance doit être faite


par écrit.
Article 348. Le contrat d'assurance est constaté par une
police, authentique ou sous seing privé.

Avant l’établissement de la police ou d'un


avenant, la preuve de 1'engagement des parties
peut être établi par tout autre écrit, notamment
par arrêté d'assurance ou note de couverture.

Article 349. La police d'assurance est datée du jour où elle


est stable. Elle indique:

- le lieu de souscription;
- le nom et le domicile des parties
contractantes, avec l'indication, le cas
échéant, que celui qui fait assurer agit pour
le compte d'autrui;
- la chose ou l'intérêt assuré;
- les risques assurés ou les risques exclus;
- le temps et le lieu de ces risques;
- la somme assurée;
- la prime;
- la clause à ordre ou au porteur, si elle a été
convenue.

SECTION DEUXIEME

Obligations de l’assureur et de l'assuré

Article 350. L’assureur répond des dommages matériels


causés aux objets assurés par toute fortune de
mer ou par un évènement de force majeure.

L’assureur répond également:

1. De la contribution des objets assurés à


l'avarie commune, sauf si celle-ci provient
d'un risque exclu par l'assurance;

2. Des frais exposés par suite d'un risque


couvert en vue de préserver l'objet assuré
d'un dommage matériel ou de limiter le
dommage.

Article 351. La clause “Franc d'avarie” affranchit l’assureur


de toutes avaries, soit communes, soit
particulières, excepté dans les cas qui donnent
ouverture au délaissement; dans ces cas,
l'assuré a l'option entre le délaissement et
l'action d'avarie.

Article 352. Les risques assurés demeurent couverts, même


en cas de faute de l'assuré ou de ses préposés
terrestres, à moins que l’assureur n’établisse
que le dommage est dû à un manque de soins
raisonnables de la part de l'assuré pour mettre
les objets à l'abri des risques survenus.

L’assureur ne répond pas des fautes


intentionnelles ou lourdes de l'assuré.

Article 353. Les risques demeurent couverts, dans les


mêmes conditions en cas de fautes du capitaine
ou de l’équipage, sauf ce qui est dit à l’article
377.

Article 354. Les risques assurés demeurent couverts même


en cas de changement forcé de route, de
voyage ou de navire, ou en cas de changement
décidé par le capitaine en dehors de l’armateur
et de l’assuré.

Article 355. L’assureur ne couvre pas les risques:

(a) de guerre civile ou étrangère, de mines ou


tous engins de guerre;

(b) de piraterie;

(c) de capture, prise ou distention par tous


gouvernements ou autorités quelconques;
(d) d'émeutes, de mouvements populaires, de
grèves et de 'lock-out', d'actes de sabotage
ou de terrorisme;

(e) des dommages causes par l'objet assuré à


d'autres biens ou personnes, sauf ce qui
est dit à l’article 381;

(f) des sinistres dûs aux effets directs ou


indirects d'explosion, de dégagement de
chaleur, d'irradiation provenant de
transmutations de noyaux d'atomes ou de
la radioactivité, ainsi que des sinistres dûs
aux effets de radiation provoqués par
l’accélération artificielle des particules.

Article 356. Lorsqu'il n’est pas possible d'établir si le sinistre


a pour origine un risque de guerre ou un risque
de mer, il est réputé résulter d'un évènement de
mer.

Article 357. L’assureur n’est pas garant:

(a) des dommages et pertes matériels


provenant du vice propre de l'objet assuré,
sauf ce qui est dit à l’article 376 quant au
vice caché du navire;

(b) des dommages et pertes matériels


résultant des amendes, confiscations,
mises sous séquestre, réquisitions,
mesures sanitaires ou de désinfection ou
consécutifs à des violations de blocus,
actes de contrebande, de commerce
prohibés ou clandestin;

(c) des dommages-intérêts ou autres


indemnités à raison de toutes saisies ou
cautions données pour libérer les objets
saisis;
(d) des préjudices qui ne constituent pas des
dommages et pertes matériels atteignant
directement l’objet assuré, tels que
chomage, retard, difference de cours,
obstacle apporté au commerce de l'assuré.

Article 358. L'assuré doit:

1. Payer la prime et les frais, au lieu et aux


époques convenus;

2. Apporter les soins raisonnables à tout ce


qui est relatif au navire ou à la
marchandise;

3. Déclarer exactement, lors de la conclusion


du contrat, toutes les circonstances
connues de lui qui sont de nature à faire
apprécier par l’assureur le risque qu'il
prend à sa charge;

4. Déclarer à l’assureur, dans la mesure où il


les connait, les aggravations de risques
survenues au cours du contrat.

Article 359. Le défaut de paiement d’une prime permet à


l’assureur soit de suspendre l'assurance, soit
d'en demander la résiliation.

La suspension ou la résiliation ne prend effet


que huit jours après 1'envol à l’assuré, à son
dernier domicile connu de l’assureur, et par lettre
recommandée, d'une mise en demeure d'avoir à
payer.

Article 360. La suspension et la résiliation de l'assurance


pour défaut de paiement d'une prime sont sans
effet à l’égard des tiers de bonne foi,
bénéficiaires de l'assurance en vertu d'un
transfert antérieur à la notification de la
suspension ou de la résiliation.
En cas de sinistre, l’assureur peut, par une
clause expresse figurant l'avenant documentaire,
opposer à ses bénéficiaires, à due concurrence,
la compensation de la prime afférente à
l'assurance dont ils revendiquent le bénéfice.

Article 361. En cas de falllite ou de déconfiture de l'assuré,


l’assureur peut, si la mise en demeure n’a pas
été suivie de paiement, résilier la police en
cours, mais la résiliation est sans effet à l'égard
du tiers de bonne foi, bénéficiaire de l'assurance,
en vertu d'un transfert antérieur à tout sinistre et
à la notification de la résiilation.

En cas de falllite ou de déconfiture de l’assureur,


l'assuré a les mêmes droits.

Article 362. L'assuré doit contribuer au sauvetage des objets


assurés et prendre toutes mesures
conservatoires de ses droits contre les tiers
responsables.

Il est responsable envers l’assureur du


dommage causé par l'inexécution de cette
obligation résultant de sa faute ou de sa
négligence.

SECTION TROISIEME

Règlement de l'indemnité

Article 363. Les dommages et pertes sont réglés en avarie,


sauf facultés pour l'assuré d'opter pour le
délaissement dans les cas déterminés par la loi
ou par la convention.

Article 364. L’assureur ne peut être contraint de réparer ou


remplacer les objets assurés.
Article 365. La contribution à l'avarie commune, quelle soit
provisoire ou définitive, ainsi que les frais
d'assistance et de sauvetage sont remboursés
par l’assureur, proportionnellement à la valeur
assurée par lui, diminuée, s'il y a lieu, des
avaries particulières à sa charge.

Article 366. Le délaisssement ne peut être ni partiel, ni


conditionnel. Il transfère les droits de l'assuré sur
les objets assurés à l’assureur, à charge pour lui
de payer la totalité de la somme assurée et les
effets de ce transfert remontent entre les parties
au moment où l'assuré notifie à l’assureur sa
volonté de délaisser.

L’assureur peut, sans prejudice du paiement de


la somme assurée, refuser le transfert de
propriété.

Article 367. Le délaissement est notifié à l’assureur par lettre


recommandée ou par acte extrajudiciaire.

Il doit intervener dans les trois mois de la


connaissance de 1'évènement qui y donne lieu,
ou de 1'expiration du délai qui le permet.

En notifiant le délaissement, l'assuré informe


l’assureur de toutes les assurances qu'il a
contractées ou dont il a connaissance.

Article 368. L'assuré qui a fait de mauvaise foi une


déclaration inexacte relative au sinistre est
déchu du bénéfice de l'assurance.

Article 369. L’assureur qui a payé l'indemnité d'assurance


acquiert, à concurrence de son paiement, tous
les droits de l'assuré nés des dommages qui ont
donné lieu à garantie.

Par derogation aux dispositions précédentes,


l’assureur n’a aucun recours contre le capitaine
et les préposés de l'assuré, sauf le cas de
malveiilance commise par ceux-ci.

Article 370. Si un même risque a été couvert par plusieurs


assureurs, chacun n’est tenu, sans solidarité
avec les autres, que dans la proportion de la
somme par lui assurée, laquelle constitue la
limite de son engagement.

Article 371. Les actions nées du contrat d'assurance se


prescrivent par cinq ans. La prescription court
contre les mineurs et les autres incapables.

Article 372. Le délai de prescription des actions nées du


contrat d'assurance court:

1. En ce qui concerne l'action en paiement de


la prime, de la date d'exigibilité;

2. En ce qui concerne l'action d'avarie, de la


date de l'évènement qui donne lieu à
l'action; pour la marchandise, de la date de
l'arrivée du navire ou autre véhicule de
transport, ou, à défaut, de la date à
laquelle il aurait dû arriver ou, si
l’évènement est postérieur, de la date de
cet évènement;

3. Pour l'action en délaissement, de la date


de l’évènement qui y donne droit ou si un
délai est fixé pour donner ouverture à
l'action de la date d'expiration de ce délai;

4. Lorsque l'action de l'assuré a pour cause la


contribution d'avarie commune, la
rémunération d'assistance ou le recours
d'un tiers, du jour de l'action en justice
contre l'assuré ou du jour de paiement.
Pour l'action en répétition de toute somme payé
en vertu du contrat d'assurance, le délai court
alors de la date du paiement indu.

CHAPITRE TROISIEME

Règles particulières aux diverses assurances maritimes

SECTION PREMIERE

Assurances sur corps

Article 373. L'assurance des navires est contractée, soit pour


un voyage, soit pour plusieurs voyages
consécutifs, soit pour une durée déterminée.

Article 374. Dans l'assurance au voyage, la garantie court


depuis le début du chargement jusqu'à la fin du
déchargement et au plus tard quinze jours après
l'arrivée du navire à destination.

En cas de voyage sur lest, la garantie court


depuis le moment où le navire démarre jusqu'à
l'amarrage du navire à son arrivée.

Article 375. Dans l'assurance à temps, les risques du


premier et du dernier jour sont couverts par
l'assurance.

Les jours se comptent de zéro à 24 heures,


d'après l'heure du pays où la police a été émise.

Article 376. L’assureur ne garantit pas les dommages et


pertes resultant d'un vice propre du navire, sauf
s'il s'agit d'un vice caché.

Article 377. L’assureur ne garantit pas les dommages et


pertes causés par la faute intentionnelle du
capitaine.
Article 378. Lorsque la valeur assurée du navire est une
valeur agrée, les parties s'interdisent
réciproquement toute autre estimation, réserve
faite des dispositions des articles 342 et 365.

Article 379. La valeur agréée comprend indivisément le


corps et les appareils moteurs du navire, ainsi
que tous les accessoires et dépendances dont
l'assuré est propriétaire et dans lesquels sont
compris les approvisionnements.

Toute assurance, quelle que soit sa date, faite


séparément sur des accessoires et
dépendances appartenant à l'assuré, réduit
d'autant, en cas de perte totale ou de
délaissement, la valeur agréée.

Article 380. L'assurance sur bonne arrivée, ne peut être


contractée, à peine de nullité, qu'avec l'accord
des assureurs du navire.

Lorsqu'une somme est assurée à ce titre, la


justification de l'interdit assumable résulte de
l'acceptation de la somme ainsi garantie.

L’assureur n’est tenu que dans les cas de perte


totale ou de délaissement du navire à la suite
d'un risque couvert par la police; il n’a aucun
droit sur les biens délaissés.

Article 381. A exception des dommages aux personnes,


l’assureur est garant du remboursement des
dommages de toute nature dont l'assuré sera
tenu sur le recours des tiers au cas d'abordage
par le navire assuré ou de heurt de ce navire
contre un batiment, corps fixe, mobile ou flottant.

Les tiers lésés disposent d'une action directe


contre l’assureur.
Article 382. Dans l'assurance au voyage ou pour plusieurs
voyages consécutifs, la prime entière est
acquise à l’assureur, dès que les risques ont
commencé courir.

Article 333. Dans l'assurance à temps, la prime stipulée pour


toute la durée de la garantie est acquise en cas
de perte totale ou de délaissement à la charge
de l’assureur. Si la perte totale ou le cas de
délaissement n’est pas à sa charge, la prime est
acquise en fonction du temps couru jusqu'à la
perte totale ou à la notification du délaissement.

Article 384. Dans le règlement d'avaries, l’assureur ne


rembourse que le coût des remplacements et
réparations reconnus nécessaires pour remettre
le navire en bon état de navigabilité, à l'exclusion
de toute autre indemnité pour dépréciation ou
chômage ou quelque autre cause que ce soit.

Article 385. Quel que soit le nombre d'évènements survenus


pendant la durée de la police, l'assuré est
garanti pour chaque évènement jusqu'au
montant du capital assuré, sauf le droit pour
l’assureur de demander après chaque
évènement un complement de prime.

Article 386. Le délaissement du navire peut être effectué


dans les cas suivants:

1. Perte totale;

2. Réparation devant atteindre les trois quarts


de la valeur agréée;

3. Impossibilité de réparer;

4. Défaut de nouvelles depuis plus de trois


mois; la perte est réputée s'être produite à
la date des dernières nouvelles.
Article 387. En cas d'aliénation ou d'affrètement coque-nue
du navire, l'assurance continue de plein droit au
profit du nouveau propriétaire ou de l'affréteur, à
charge par lui d'en informer l’assureur dans le
délai de dix jours et d'exécuter toutes les
obligations dont l'assuré était tenu envers
l’assureur en vertu du contrat.

Il sera toutefois loisible à l’assureur de résilier le


contrat dans le mois du jour où il aura reçu
notification de l'aliéation ou de l'affrètement.
Cette résiliation ne prendra effet que quinze
jours après sa notification.

L'aliénateur ou le fréteur reste tenu au paiement


des primes échues antérieurement à l'aliénation
ou à l’affrètement.

Article 388. L'aliénation de la majorité des parts d'un navire


en copropriété entraîne seule l'application de
l’article 387.

Article 389. Les dispositions de la présente section sont


également applicables aux contrats d'assurance
concernant le navire qui n’est assuré que pour la
durée de son séjour dans les ports, rades ou
autres lieux, qu'il soit à flot ou en cale sèche.

Elles sont applicables aux navires en


construction.

SECTION DEUXIEME

Assurances sur facultés

Article 390. Les marchandises sont assurées, soit par une


police n’ayant d'effet que pour un voyage, soit
par une police dite flottante.
Article 390-1. Les marchandises sont assurées sans
interruption, en quelque endroit qu’elles se
trouvent, dans les limites du voyage défini par la
police.

Article 390-2. Lorsqu'une partie du voyage est effectuée par


voie terrestre, fluviale ou aérienne, les règles de
l'assurance maritime sont applicables à
l'ensemble du voyage.

Article 390-3. Le délaissement des facultés peut être effectué


dans les cas où les marchandises sont:

1. Perdues totalement;

2. Perdues ou détériorées à concurrence des


trois quarts de leur valeur;

3. Vendues en cours de route pour cause


d'avaries matérielles des objets assurés
par suite du risque couvert.

Article 390-4. Il peut également avoir lieu dans les cas:

1. D'innavigabilité du navire et si
l'acheminement des marchandises, par
quelque moyen de transport que ce soit,
n’a pu commencer dans le délai de trois
mois;

2. De défaut de nouvelles du navire depuis


plus de trois mois.

Article 390-5. Quel que soit le risque couvert, l’assureur n’est


pas garant:

1. Des freintes de route;

2. Des dommages résultant de l'insuffisance


des emballages de la marchandise.
Article 390-6. La valeur assurée ne peut excéder la plus
élevée des sommes déterminées soit par le prix
d'achat ou, à défaut, par le prix courant aux
temps et lieu de chargement augmenté de tous
les frais jusqu'à destination et du profit espéré;
soit par la valeur à destination à la date d'arrivée
ou, si les marchandises n’arrivent pas, la date à
laquelle elles auraient dû arriver; soit si les
marchandises ont été vendues par l'assuré, par
le prix de vente augmenté s'il y a lieu des
majorations stipulées au contrat de vente.

Article 390-7. L'importance des avaries est déterminée par


comparalson de la valeur de la marchandise en
état d'avarie à celle qu’elle aurait eue à l’état
sain aux mêmes temps et lieu, le taux de
dépréciation ainsi obtenu devant être appliqué à
la valeur d'assurance.

Article 390-8. Au cas oû les parties sont convenues d'une


franchise, celle-ci est toujours indépendante de
la freinte normale de route.

Article 390-9. Dans la police flottante, l'assuré s'oblige à déclarer à


l’assureur et l’assureur s'oblige à accepter en
aliment dans le cadre de la police:

1. Toutes les expéditions faites pour le


compte ou en exécution des contrats
d’aahat ou de vente mettant à sa charge
l'obligation d’assurer;

2. Toutes les expéditions faites pour le


compte de tiers qui auront laissé à l'assuré
le soin de pourvoir à l'assurance, si
l’assuré est intéressé à l’expédition comme
commissionnaire, consignataire ou
autrement. L'intérêt de l’assuré qui ne
consisterait que dans l’exécution de l'ordre
d'assurance confié par un tiers ne donne
pas le droit à l’application de la police.
Article 390-10. Ces expéditions sont couvertes, au premier cas
mentionné l’article 390-9, automatiquement à
partir du moment où elles sont exposées aux
risques garantis, à la condition que la déclaration
d'aliment en soit faite à l’assureur dans les délais
impartis au contrat, au second cas, à compter de
la déclaration.

Article 390-11. Au cas où l'assuré qui a contracté une police


flottante ne s'est pas conformé aux obligations
prévues par l’article 390-9, le contrat peut être
résilié sans délal à la demande de l’assureur, qui
a droit, en outre, aux primes correspondant aux
expéditions non déclarées.

Si l'assuré est de mauvaise foi, l’assureur peut


exercer le droit de répétition sur les versements
qu'il a effectués pour les sinistres relatifs aux
expéditions postérieures à la première omission
intentionnelle de l'assurés.

SECTION TROISIEME

Assurance de responsabilité

Article 391. L'assurance de responsabilité ne donne droit au


remboursement à l’assuré due si le tiers lésé a
été indemnisé et dans cette seule mesure.

Le tiers 1ésé dispose, en outre, d'une action


directe contre l’assureur.

Article 392. En cas d'abandon du navire et du fret, les


créanciers n’ont pas d'action contre L’assureur.

Article 393. L'assurance de responsabilité, qui a pour objet la


réparation des dommages causés aux tiers par
le navire et qui sont garantis dans les termes de
l’article 381, ne produit effet qu'en cas
d'insuffisance de la somme assurée par la police
sur corps.

Article 394. Quel que soit le nombre d’évènements survenus


pendant la durée de l'assurance de
responsabilité, la somme souscrite par chaque
assureur constitue, par évènement, la limite de
son engagement.

Article 395. à 396. Abrogés par [Act No. 10 of l983].

TITRE HUITIEME

CHAPITRE PREMIER- DEUXIEME - Article 397 - 416 – Repealed


by [Act No. 26 of 2007]

CHAPITRE TROISIEME

Des avaries

Article 417. Les avaries sont communes ou particulières. A


défaut de stipulations contraires des parties
intéressées, elles sont réglées conformément
aux dispositions ci-après. L'option que dans un
connaissement le transporteur se réserverait
entre ces dispositions et toutes autres
dispositions est réputée non écrite.

Article 418. Sont particulieres toutes les avaries qui ne sont


pas classées en avaries communes.

Elles sont supportées par le propriétaire de la


chose qui a souffert le dommage ou par celui qui
a exposé la dépense, sauf leurs éventuelles
actions en responsabilité, en remboursement ou
en indemnité.
SECTION PREMIERE

Du classement en avaries communes

Article 419. Sont avaries communes les sacrifices faits et les


dispenses extraordinaires exposées pour le salut
commun et pressant des intérêts engagés dans
une expédition maritime.

Article 420. Sacrifices et dispenses doivent avoir été décidés


par le capitaine.

Article 421. Seront seuls admis en avaries communes les


dommages et pertes atteignant matériellement
les biens engagés dans l'expédition ainsi que les
dépenses exposées pour ces biens lorsque ces
dommages, pertes ou dépenses sont la
conséquence directe de l'acte d'avarie commune
décidé par le capitaine.

Article 422. Lorsque l’évènement qui a donné lieu au


sacrifice ou à la dépense est la conséquence
d'une faute commise par l'une des parties
engagées dans 1'expédition, il n’y a pas moins
lieu à règlement d'avaries communes sauf
recours contre celui auquel cette faute est
imputable.

Article 423. Toute dépense supplémentaire, volontairement


exposée pour éviter une dépense ou une perte
qui aurait été classée en avaries communes
sera elle-même bonifiée comme telle, à
concurrence du montant de la dispense
économisée ou de la perte évitée.

SECTION DEUXIEME

De la contribution aux avaries communes


Article 424. Les avaries communes sont supportées par le
navire, le fret et la cargaison évalués comme il
est dit ci-après.

Article 425. Le navire contribue en proportion de sa valeur


au port où s'achève l'expédition, augmentée s'il y
a lieu du montant des sacrifices qu'il a subis.

Le fret brut et le prix du passage non acquis à


tout évènement contribuent pour les deux tiers.

Article 426. Les marchandises sauvées ou sacrifiées


contribuent en proportion de leur valeur
marchande réelle ou supposée au port de
déchargement.

Article 427. Le montant des dommages et pertes à admettre


en avaries communes est déterminée pour le
navire au port où s'achève l'expédition.

Il est légal au coût des réparations consécutives


aux sacrifices subis, coût réel si elles ont été
effectuées, coût estimatif s'il n’y a pas été
procédé.

Article 428. Le montant des dommages ou pertes à admettre


en avaries communes est déterminé pour la
marchandise au port de déchargement. Il est
légal au coût des sacrifices faits, calculé sur la
base de la valeur marchande de cette
marchandise à l'état sain au même port.

Article 429. Les marchandises qui ont été déclarées pour


uns valeur moindre que leur valeur réelle
contribuent à proportion de leur valeur réelle,
mais leur perte ou leur avarie ne donne lieu à
classement en avaries communes qu'à
proportion de leur valeur déclarée.

Article 430. Les marchandises pour lesquelles il n’a pas été


établi de connaissement ou de reçu du capitaine
ne sont pas admises en avaries communes si
elles sont sacrifiées. Elles contribuent
néanmoins si elles sont sauvées.

Il en est de même des marchandises chargées


en pontée, sauf dans le petit cabotage où elles
sont traitées comme les marchandises de cale.

Article 431. Les effets et bagages de l'équipage et des


passagers pour lesquels il n’y a pas de
connaissement ni reçu ainsi que les envois
postaux de toute nature sont exempts de
contribution s'ils ont été sauvés; ils participent à
la répartition s'ils ont été sacrifiés dans les
conditions des articles 419 et suivants.

Article 432. La répartition se fait au marc le franc.

En cas d'insolvabilité de l'un des contribuables,


sa part est répartie entre les autres
proportionnellement à leurs intérêts.

La valeur de sa contribution est pour chaque


intéressé la limite de son obligation.

SECTION TROISIEME

Du règlement des avaries communes

Article 433. Il n’y a lieu à aucun règlement en cas de perte


totale des intérêts engagés dans l'expédition.

Article 434. Toutes actions décrivant d'une avarie commune


sont prescrites par cinq ans à partir de la date à
laquelle l'expédition s'est achevée.

Article 435. Le capitaine peut refuser de délivrer les


marchandises et demander leur consignation
jusqu'au paiement de la contribution qui leur
incombe sauf caution suffisants de l'ayant-droit.
Article 436. L’armateur est privilégé pour le paiement des
contributions en avaries communes qui lui sont
dues, sur les marchandises ou le prix en
provenant, pendant quinze jours après leur
délivrance, si elles sont passées en mains
tierces.

LIVRE TROISIÈME
DE LA NAVIGATION ET DU COMMERCE AÉRIENS
DISPOSITION GÉNÉRALE
437. Sont qualifiés aéronefs pour l’application du présent Livre,
tous les appareils capables de s’élever ou de circuler dans les airs.

TITRE PREMIER
DU TRANSPORT AÉRIEN
CHAPITRE PREMIER

DÉFINITIONS
438. Le transport aérien consiste à acheminer par aéronef d’un
point de départ à un point de destination des passagers, bagages ou
marchandises.
439. L’affrètement d’un aéronef est l’opération par laquelle un
fréteur met à la disposition d’un affréteur un aéronef avec équipage.
Sauf convention contraire, l’équipage reste sous la direction
du fréteur.
440. La location d’un aéronef est l’opération par laquelle un
bailleur met à la disposition d’un preneur un aéronef sans équipage.

CHAPITRE DEUXIÈME
DOMAINE D’APPLICATION

441. Les dispositions du présent Titre régissent le transport


aérien de passagers, bagages ou marchandises qui sont soumis aux
stipulations de la Convention de Montréal pour l’unification de
certaines règles relatives au transport aérien international, signée le
28 mai 1999.
SECTION PREMIÈRE

LE TRANSPORT INTERNATIONAL
442. Le présent Titre s’applique à tout transport international de
passagers, bagages ou marchandises effectué par aéronef contre
rémunération. Il s’applique également aux transports gratuits
effectués par aéronef par une entreprise de transport aérien.
443. Au sens du présent Titre, l’expression “transport international”
s’entend de tout transport dans lequel, d’après les stipulations des
parties, le point de départ et le point de destination, qu’il y ait ou
non interruption de transport ou transbordement, sont situés soit sur
le territoire de deux Etats, soit sur le territoire d’un seul Etat si une
escale est prévue sur le territoire d’un autre Etat. Le transport sans
une telle escale entre deux points du territoire d’un seul Etat n’est
pas considéré comme international au sens du présent Titre.
444. Le transport à exécuter par plusieurs transporteurs successifs
est censé constituer pour l’application du présent Titre un transport
unique lorsqu’il a été envisagé par les parties comme une seule
opération, qu’il ait été conclu sous la forme d’un seul contrat ou
d’une série de contrats, et il ne perd pas son caractère international
par le fait qu’un seul contrat ou une série de contrats doivent être
exécutés intégralement dans le territoire d’un même Etat.
445. Le présent Titre s’applique aux transports effectués par l’Etat
ou les autres personnes juridiques de droit public, dans les conditions
prévues aux articles 442 à 444.
446. Sous réserve des dispositions du Chapitre Sixième, le présent
Titre s’applique aussi au transport international effectué par une
personne autre que le transporteur contractuel.
447. Les dispositions du présent Titre autres que celles de
l’alinéa 2 ne s’appliquent pas au transport des envois postaux.
Dans le transport des envois postaux, le transporteur
n’est responsable qu’envers l’administration postale compétente
conformément aux règles applicables dans les rapports entre les
transporteurs et les administrations postales.
SECTION DEUXIÈME

LE TRANSPORT NATIONAL

448. Est considéré comme national, pour l’application du présent


Titre, tout transport aérien dont les points de départ et de destination
se situent exclusivement sur le territoire mauricien et dont le trajet
ne comporte aucune escale sur le territoire d’un Etat étranger.
449. Le présent Titre s’applique au transport national dans les
conditions et limites qui suivent –
(a) les titres de transport ne sont pas soumis aux dispositions
des articles 450 à 463. Néanmoins la conclusion du
contrat peut être constatée, selon le cas, par un billet de
passage, une lettre de transport aérien ou un bulletin de
bagages, comportant des indications suffisantes quant à
l’identité des parties, l’objet et les conditions ou, s’il y
a lieu, les modalités du transport;
(b) le transport national est régi par les dispositions du
droit commun en ce qui concerne la compétence et la
procédure, et par les dispositions de l’article 103 en ce
qui concerne la prescription.

CHAPITRE TROISIÈME

DOCUMENTS DE TRANSPORT ET OBLIGATIONS DES PARTIES

SECTION PREMIÈRE

TRANSPORT DE PASSAGERS ET DE BAGAGES


450. Dans le transport des passagers, un titre de transport individuel
ou collectif doit être délivré, contenant –
(a) l’indication des points de départ et de destination;
(b) si les points de départ et de destination sont situés
sur le territoire d’un même Etat et si une ou plusieurs
escales sont prévues sur le territoire d’un autre Etat,
l’indication de chacune de ces escales.
L’emploi de tout autre moyen constatant les indications qui
figurent à l’alinéa 1 peut se substituer à la délivrance du titre de
transport qui y est mentionné. Si un tel autre moyen est utilisé,
le transporteur offrira de délivrer au passager un document écrit
constatant les indications qui y sont consignées.
Le transporteur délivrera au passager une fiche d’identification
pour chaque article de bagage enregistré.
Il sera donné au passager un avis écrit indiquant que, lorsque
la Convention de Montréal du 28 mai 1999 s’applique, elle régit la
responsabilité du transporteur en cas de mort ou de lésion ainsi qu’en
cas de destruction, de perte ou d’avarie des bagages, ou de retard.
L’inobservation des dispositions des alinéas précédents
n’affecte ni l’existence ni la validité du contrat de transport, qui n’en
sera pas moins soumis aux règles du présent Titre, y compris celles
qui portent sur la limitation de la responsabilité.

SECTION DEUXIÈME
TRANSPORT DE MARCHANDISES
PARAGRAPHE PREMIER

LETTRE DE TRANSPORT ET RÉCÉPISSÉ DE MARCHANDISES

451. Pour le transport de marchandises, une lettre de transport


aérien est émise.
L’emploi de tout autre moyen constatant les indications
relatives au transport à exécuter peut se substituer à l’émission de
la lettre de transport aérien. Si un tel autre moyen est utilisé, le
transporteur délivre à l’expéditeur, à la demande de ce dernier, un
récépissé de marchandises permettant l’identification de l’expédition
et l’accès aux indications enregistrées par cet autre moyen.

452. La lettre de transport aérien ou le récépissé de marchandises


contiennent –
(a) l’indication des points de départ et de destination;
(b) si les points de départ et de destination sont situés sur
le territoire d’un même Etat et qu’une ou plusieurs
escales sont prévues sur le territoire d’un autre Etat,
l’indication de chacune de ces escales;
(c) la mention du poids de l’expédition.

453. L’expéditeur peut être tenu, pour accomplir les formalités


nécessaires de douane, de police et d’autres autorités publiques,
d’émettre un document indiquant la nature de la marchandise. Cette
disposition ne crée pour le transporteur aucun devoir, obligation
ni responsabilité.
454. La lettre de transport aérien est établie par l’expéditeur en
trois exemplaires originaux.
Le premier exemplaire porte la mention «pour le transporteur»; il
est signé par l’expéditeur. Le deuxième exemplaire porte la mention
«pour le destinataire»; il est signé par l’expéditeur et le transporteur.
Le troisième exemplaire est signé par le transporteur et remis par lui
à l’expéditeur après acceptation de la marchandise.
La signature du transporteur et celle de l’expéditeur peuvent
être imprimées ou remplacées par un timbre.
Si, à la demande de l’expéditeur, le transporteur établit la
lettre de transport aérien, ce dernier est considéré, jusqu’à preuve du
contraire, comme agissant au nom de l’expéditeur.
455. Lorsqu’il y a plusieurs colis –
(a) le transporteur de marchandises a le droit de demander
à l’expéditeur l’établissement de lettres de transport
aérien distinctes;
(b) l’expéditeur a le droit de demander au transporteur
la remise de récépissés de marchandises distincts,
lorsqu’un autre moyen prévu à l’alinéa 2 de
l’article 451 est utilisé.
456. L’inobservation des dispositions des articles 451 à 455
n’affecte ni l’existence ni la validité du contrat de transport, qui n’en
sera pas moins soumis aux règles du présent Titre, y compris celles
qui portent sur la limitation de responsabilité.
457. L’expéditeur est responsable de l’exactitude des indications
et déclarations concernant la marchandise inscrites par lui ou en son
nom dans la lettre de transport aérien, ainsi que de celles fournies et
faites par lui ou en son nom au transporteur en vue d’être insérées
dans le récépissé de marchandises ou pour insertion dans les données
enregistrées par un autre moyen prévu à l’alinéa 2 de l’article 451.
Ces dispositions s’appliquent aussi au cas où la personne agissant au
nom de l’expéditeur est également l’agent du transporteur.
L’expéditeur assume la responsabilité de tout dommage subi
par le transporteur ou par toute autre personne à l’égard de laquelle
la responsabilité du transporteur est engagée, en raison d’indications
ou de déclarations irrégulières, inexactes ou incomplètes fournies et
faites par lui ou en son nom.
Sous réserve des dispositions des alinéas 1 et 2, le transporteur
assume la responsabilité de tout dommage subi par l’expéditeur ou
par toute autre personne à l’égard de laquelle la responsabilité de
l’expéditeur est engagée, en raison d’indications ou de déclarations
irrégulières, inexactes ou incomplètes insérées par lui ou en son nom
dans le récépissé de marchandises ou dans les données enregistrées
par un autre moyen prévu à l’alinéa 2 de l’article 451.
458. La lettre de transport aérien et le récépissé de marchandises
font foi, jusqu’à preuve du contraire, de la conclusion du contrat,
de la réception de la marchandise et des conditions du transport qui
y figurent.
Les énonciations de la lettre de transport aérien et du récépissé
de marchandises, relatives au poids, aux dimensions et à l’emballage
de la marchandise ainsi qu’au nombre des colis, font foi jusqu’à
preuve du contraire; celles relatives à la quantité, au volume et à
l’état de la marchandise ne font preuve contre le transporteur que si
la vérification en a été faite par lui en présence de l’expéditeur, et
constatée sur la lettre de transport aérien, ou s’il s’agit d’énonciations
relatives à l’état apparent de la marchandise.

PARAGRAPHE DEUXIÈME

DROITS ET OBLIGATIONS DE L’EXPÉDITEUR


ET DU DESTINATAIRE

459. L’expéditeur a le droit, à la condition d’exécuter toutes


les obligations résultant du contrat de transport, de disposer
de la marchandise soit en la retirant à l’aéroport de départ ou de
destination, soit en l’arrêtant en cours de route lors d’un atterrissage,
soit en la faisant livrer au lieu de destination ou en cours de route
à une personne autre que le destinataire initialement désigné, soit
en demandant son retour à l’aéroport de départ, pour autant que
l’exercice de ce droit ne porte préjudice ni au transporteur ni aux
autres expéditeurs et s’exerce avec l’obligation de rembourser les
frais qui en résultent.
Dans le cas où l’exécution des instructions de l’expéditeur est
impossible, le transporteur doit l’en aviser immédiatement.
Si le transporteur exécute les instructions de disposition de
l’expéditeur, sans exiger la production de l’exemplaire de la lettre de
transport aérien ou du récépissé de marchandises délivré à celui-ci, il
sera responsable, sauf son recours contre l’expéditeur, du préjudice
qui pourra être causé par ce fait à celui qui est régulièrement en
possession de la lettre de transport aérien ou du récépissé de
marchandises.
Le droit de l’expéditeur cesse au moment où celui du
destinataire commence, conformément à l’article 460. Toutefois,
si le destinataire refuse la marchandise, ou s’il ne peut être joint,
l’expéditeur reprend son droit de disposition.
460. Sauf lorsque l’expéditeur a exercé le droit qu’il tient de
l’article 459, le destinataire a le droit, dès l’arrivée de la marchandise
au point de destination, de demander au transporteur de lui livrer
la marchandise contre le paiement du montant des créances et
l’exécution des conditions de transport.
Sauf stipulation contraire, le transporteur doit aviser le
destinataire dès l’arrivée de la marchandise.
Si la perte de la marchandise est reconnue par le transporteur
ou si, à l’expiration d’un délai de 7 jours après qu’elle aurait dû
arriver, la marchandise n’est pas arrivée, le destinataire est autorisé
à faire valoir vis-àvis du transporteur les droits résultant du contrat
de transport.
461. L’expéditeur et le destinataire peuvent faire valoir tous les
droits qui leur sont respectivement conférés par les articles 459 et
460, chacun en son nom propre, qu’il agisse dans son propre intérêt
ou dans l’intérêt d’autrui, à condition d’exécuter les obligations que
le contrat de transport impose.
462. Les articles 459, 460 et 461 ne portent préjudice ni aux
rapports entre l’expéditeur et le destinataire, ni aux rapports mutuels
des tierces parties dont les droits proviennent de l’expéditeur ou du
destinataire.
Toute clause dérogeant aux dispositions des articles 459, 460
et 461 doit être inscrite dans la lettre de transport aérien ou dans le
récépissé de marchandises.
463. L’expéditeur est tenu de fournir les renseignements et les
documents qui, avant la remise de la marchandise au destinataire,
sont nécessaires à l’accomplissement des formalités de douane, de
police ou d’autres autorités publiques. L’expéditeur est responsable
envers le transporteur de tous dommages qui pourraient résulter de
l’absence, de l’insuffisance ou de l’irrégularité de ces renseignements
et documents, sauf le cas de faute de la part du transporteur ou de
son préposé ou mandataire.
Le transporteur n’est pas tenu de vérifier si ces renseignements
et documents sont exacts ou suffisants.
CHAPITRE QUATRIÈME

RESPONSABILITÉ DU TRANSPORTEUR

SECTION PREMIÈRE

DIVERS CAS DE RESPONSABILITÉ

PARAGRAPHE PREMIER
MORT OU LÉSION SUBIE PAR LE PASSAGER
ET DOMMAGE CAUSÉ AUX BAGAGES

464. Le transporteur est responsable du préjudice survenu en cas


de mort ou de lésion corporelle subie par un passager, par cela seul
que l’accident qui a causé la mort ou la lésion s’est produit à bord
de l’aéronef ou au cours de toute opération d’embarquement ou de
débarquement.
Le transporteur est responsable du dommage survenu en cas
de destruction, de perte ou d’avarie de bagages enregistrés, par cela
seul que le fait qui a causé la destruction, la perte ou l’avarie s’est
produit à bord de l’aéronef ou au cours de toute période durant
laquelle le transporteur avait la garde des bagages enregistrés.
Toutefois, le transporteur n’est pas responsable si, et dans la mesure
où, le dommage résulte de la nature ou du vice propre des bagages.
Dans le cas des bagages non enregistrés, notamment des effets
personnels, le transporteur est responsable si le dommage résulte de
sa faute ou de celle de son préposé ou mandataire.
Si le transporteur admet la perte des bagages enregistrés ou
si les bagages enregistrés ne sont pas arrivés à destination dans
les 21 jours qui suivent la date à laquelle ils auraient dû arriver, le
passager est autorisé à faire valoir contre le transporteur les droits
qui découlent du contrat de transport.
Sous réserve de dispositions contraires, dans le présent Titre,
le terme “bagages” désigne les bagages enregistrés aussi bien que
les bagages non enregistrés.
PARAGRAPHE DEUXIÈME

DOMMAGE CAUSÉ À LA MARCHANDISE

465. Le transporteur est responsable du dommage survenu en cas


de destruction, de perte ou d’avarie de la marchandise par cela seul
que le fait qui a causé le dommage s’est produit pendant le transport
aérien.
Toutefois, le transporteur n’est pas responsable s’il établit, et
dans la mesure où il établit, que la destruction, la perte ou l’avarie de
la marchandise résulte de l’un ou de plusieurs des faits suivants –
(a) la nature ou le vice propre de la marchandise;
(b) l’emballage défectueux de la marchandise par une
personne autre que le transporteur ou son préposé ou
mandataire;
(c) un fait de guerre ou un conflit armé;
(d) un acte de l’autorité publique accompli en relation avec
l’entrée, la sortie ou le transit de la marchandise.

Le transport aérien, au sens de l’alinéa 1, comprend la


période pendant laquelle la marchandise se trouve sous la garde du
transporteur.
La période du transport aérien ne couvre aucun transport
terrestre, maritime ou par voie d’eau intérieure effectué en dehors
d’un aéroport. Toutefois, lorsqu’un tel transport est effectué dans
l’exécution du contrat de transport aérien en vue du chargement, de
la livraison ou du transbordement, tout dommage est présumé, sauf
preuve du contraire, résulter d’un fait survenu pendant le transport
aérien. Si, sans le consentement de l’expéditeur, le transporteur
remplace en totalité ou en partie le transport convenu dans l’entente
conclue entre les parties comme étant le transport aérien, par un autre
mode de transport, ce transport par un autre mode sera considéré
comme faisant partie de la période du transport aérien.
PARAGRAPHE TROISIÈME
RETARD
466. Le transporteur est responsable du dommage résultant d’un retard
dans le transport aérien de passagers, de bagages ou de marchandises.
Cependant, le transporteur n’est pas responsable du dommage causé
par un retard s’il prouve qu’il, ou que son préposé ou mandataire, a pris
toutes les mesures qui pouvaient raisonnablement s’imposer pour éviter
le dommage, ou qu’il leur était impossible de les prendre.

SECTION DEUXIÈME
EXONÉRATION DE RESPONSABILITÉ
467. Dans le cas où il fait la preuve que la négligence ou un autre acte
ou une omission préjudiciable de la personne qui demande réparation
ou de la personne dont elle tient ses droits a causé le dommage ou
y a contribué, le transporteur est exonéré en tout ou en partie de sa
responsabilité à l’égard de cette personne, dans la mesure où cette
négligence ou cet autre acte ou omission préjudiciable a causé le
dommage ou y a contribué. Lorsqu’une demande en réparation est
introduite par une personne autre que le passager, en raison de la mort
ou d’une lésion subie par ce dernier, le transporteur est également
exonéré en tout ou en partie de sa responsabilité dans la mesure
où il prouve que la négligence ou un autre acte ou une omission
préjudiciable de ce passager a causé le dommage ou y a contribué.
Le présent article s’applique à toutes les dispositions du présent
Titre en matière de responsabilité, y compris l’alinéa 1 de l’article 468.

SECTION TROISIÈME
INDEMNISATION ET LIMITATION DE RESPONSABILITÉ
PARAGRAPHE PREMIER
INDEMNISATION EN CAS DE MORT OU DE
LÉSION SUBIE PAR LE PASSAGER
468. Pour le dommage prévu à l’alinéa 1 de l’article 464 et ne
dépassant pas 113,100 droits de tirage spéciaux par passager, le
transporteur ne peut exclure ou limiter sa responsabilité.
Le transporteur n’est pas responsable du dommage prévu à
l’alinéa 1 de l’article 464 dans la mesure où il dépasse 113,100 droits
de tirage spéciaux par passager, s’il prouve –
(a) que le dommage n’est pas dû à la négligence ou à un
autre acte ou une omission préjudiciable du transporteur
ou de son préposé ou mandataire; ou
(b) que le dommage résulte uniquement de la négligence
ou d’un autre acte ou omission préjudiciable d’un tiers.
PARAGRAPHE DEUXIÈME

LIMITES DE RESPONSABILITÉ RELATIVES AUX


RETARDS, AUX BAGAGES ET AUX MARCHANDISES
469. En cas de dommage subi par des passagers résultant
d’un retard, aux termes de l’article 466, la responsabilité du
transporteur est limitée à la somme de 4,694 droits de tirage spéciaux
par passager.
Dans le transport de bagages, la responsabilité du transporteur
en cas de destruction, de perte, d’avarie ou de retard est limitée
à la somme de 1,131 droits de tirage spéciaux par passager, sauf
déclaration spéciale d’intérêt à la livraison faite par le passager
au moment de la remise des bagages enregistrés au transporteur
et moyennant le paiement éventuel d’une somme supplémentaire.
Dans ce cas, le transporteur sera tenu de payer jusqu’à concurrence
de la somme déclarée, à moins qu’il prouve qu’elle est supérieure à
l’intérêt réel du passager à la livraison.
Dans le transport de marchandises, la responsabilité du
transporteur, en cas de destruction, de perte, d’avarie ou de retard, est
limitée à la somme de 19 droits de tirage spéciaux par kilogramme,
sauf déclaration spéciale d’intérêt à la livraison faite par l’expéditeur
au moment de la remise du colis au transporteur et moyennant le
paiement éventuel d’une somme supplémentaire. Dans ce cas, le
transporteur sera tenu de payer jusqu’à concurrence de la somme
déclarée, à moins qu’il prouve qu’elle est supérieure à l’intérêt réel
de l’expéditeur à la livraison.
En cas de destruction, de perte, d’avarie ou de retard d’une
partie des marchandises, ou de tout objet qui y est contenu, seul le
poids total du ou des colis dont il s’agit est pris en considération pour
déterminer la limite de responsabilité du transporteur. Toutefois,
lorsque la destruction, la perte, l’avarie ou le retard d’une partie
des marchandises, ou d’un objet qui y est contenu, affecte la valeur
d’autres colis couverts par la même lettre de transport aérien ou par
le même récépissé ou, en l’absence de ces documents, par les mêmes
indications consignées par un autre moyen prévu à l’alinéa 2 de
l’article 451, le poids total de ces colis doit être pris en considération
pour déterminer la limite de responsabilité.
Les dispositions des alinéas 1 et 2 ne s’appliquent pas s’il
est prouvé que le dommage résulte d’un acte ou d’une omission
du transporteur ou de son préposé ou mandataire, fait soit avec
l’intention de provoquer un dommage, soit témérairement et avec
conscience qu’un dommage en résultera probablement, pour autant
que, dans le cas d’un acte ou d’une omission d’un préposé ou
mandataire, la preuve soit également apportée que celui-ci a agi
dans l’exercice de ses fonctions.
Les limites fixées par l’article 468 et par le présent article
n’ont pas pour effet d’enlever au tribunal la faculté d’allouer en
outre, conformément à sa loi, une somme correspondant à tout ou
partie des dépens et autres frais de procès exposés par le demandeur,
intérêts compris. La disposition précédente ne s’applique pas lorsque
le montant de l’indemnité allouée, non compris les dépens et autres
frais de procès, ne dépasse pas la somme que le transporteur a offerte
par écrit au demandeur dans un délai de 6 mois à dater du fait qui
a causé le dommage ou avant l’introduction de l’instance si celle-ci
est postérieure à ce délai.

PARAGRAPHE TROISIÈME
CONVERSION DES UNITÉS MONÉTAIRES

470. Les sommes indiquées en droits de tirage spéciaux dans


le présent Titre sont considérées comme se rapportant au droit
de tirage spécial tel que défini par le Fonds Monétaire International.
La conversion de ces sommes en roupies mauriciennes s’effectuera,
en cas d’instance judiciaire, suivant la valeur de la roupie mauricienne
en droit de tirage spécial à la date du jugement. La valeur, en droit de
tirage spécial, de la roupie mauricienne est calculée selon la méthode
d’évaluation appliquée par le Fonds Monétaire International, à la
date du jugement, pour ses propres opérations et transactions.

PARAGRAPHE QUATRIÈME
STIPULATION ET RÉVISION DES LIMITES

471. Toute clause tendant à exonérer le transporteur de sa


responsabilité ou à établir une limite inférieure à celle qui est fixée
dans le présent Titre est nulle et de nul effet, mais la nullité de cette
clause n’entraîne pas la nullité du contrat qui reste soumis aux
dispositions du présent Titre.
472. Un transporteur peut stipuler que le contrat de transport peut
fixer des limites de responsabilité plus élevées que celles qui sont
prévues dans le présent Titre, ou ne comporter aucune limite de
responsabilité.
473. Sans préjudice des dispositions de l’article 472 et sous
réserve de l’alinéa 2, les limites de responsabilité prescrites aux
articles 468 et 469 sont révisées tous les 5 ans par le dépositaire de
la Convention de Montréal du 28 mai 1999, tel qu’il est désigné au
paragraphe 5 de l’article 53 de ladite Convention.
Lorsque ces révisions ont été effectuées par le dépositaire
conformément à l’article 24 de la Convention de Montréal du
28 mai 1999, elles doivent être prises en compte dans l’application
des dispositions du présent Titre.

SECTION QUATRIÈME
MISE EN OEUVRE DE LA RESPONSABILITÉ
PARAGRAPHE PREMIER
PAIEMENTS ANTICIPÉS

474. En cas d’accident d’aviation entraînant la mort ou la lésion


de passagers, le transporteur, s’il y est tenu par la loi de son pays,
versera sans retard des avances aux personnes physiques qui ont
droit à un dédommagement pour leur permettre de subvenir à leurs
besoins économiques immédiats. Ces avances ne constituent pas
une reconnaissance de responsabilité et elles peuvent être déduites
des montants versés ultérieurement par le transporteur à titre de
dédommagement.

PARAGRAPHE DEUXIÈME

PRINCIPE DES RECOURS

475. Dans le transport de passagers, de bagages ou de marchandises,


toute action en dommages-intérêts, à quelque titre que ce soit, en
vertu du présent Titre, en raison d’un contrat ou d’un acte illicite ou
pour toute autre cause, ne peut être exercée que dans les conditions et
limites de responsabilité prévues par le présent Titre, sans préjudice
de la détermination des personnes qui ont le droit d’agir et de leurs
droits respectifs. Dans toute action de ce genre, on ne pourra obtenir
de dommages-intérêts punitifs ou exemplaires ni de dommages à un
titre autre que la réparation.

PARAGRAPHE TROISIÈME

PRÉPOSÉ OU MANDATAIRE

476. Si une action est intentée contre un préposé ou un mandataire


du transporteur à la suite d’un dommage prévu par le présent
Titre, celui-ci pourra, s’il prouve qu’il a agi dans l’exercice de ses
fonctions, se prévaloir des conditions et des limites de responsabilité
que peut invoquer le transporteur en vertu du présent Titre.
Le montant total de la réparation qui, dans ce cas, peut être
obtenu du transporteur ou de son préposé ou mandataire ne doit pas
dépasser lesdites limites.
Sauf pour le transport de marchandises, les dispositions des
alinéas 1 et 2 ne s’appliquent pas s’il est prouvé que le dommage
résulte d’un acte ou d’une omission du préposé ou du mandataire, fait
soit avec l’intention de provoquer un dommage, soit témérairement
et avec conscience qu’un dommage en résultera probablement.
PARAGRAPHE QUATRIÈME
DÉLAIS DE PROTESTATION
477. La réception des bagages enregistrés et des marchandises,
sans protestation par le destinataire, constituera présomption, sauf
preuve du contraire, que les bagages et marchandises ont été livrés
en bon état et conformément au titre de transport ou aux indications
consignées par un autre moyen prévu à l’alinéa 2 de l’article 450 ou
à l’alinéa 2 de l’article 451.
En cas d’avarie, le destinataire doit adresser au transporteur
une protestation immédiatement après la découverte de l’avarie et,
au plus tard, dans un délai de 7 jours pour les bagages enregistrés
et de 14 jours pour les marchandises à dater de leur réception.
En cas de retard, la protestation devra être faite au plus tard dans les
21 jours à dater du jour où le bagage ou la marchandise aura été mis
à sa disposition.
Toute protestation doit être faite par réserve écrite et remise
ou expédiée dans le délai prévu pour cette protestation.
A défaut de protestation dans les délais prévus, toute action
contre le transporteur est irrecevable, sauf en cas de fraude de celui-ci.
PARAGRAPHE CINQUIÈME
DÉCÈS DE LA PERSONNE RESPONSABLE
478. En cas de décès de la personne responsable, une action en
responsabilité est recevable, conformément aux dispositions du
présent Titre, à l’encontre de ceux qui représentent juridiquement sa
succession.
PARAGRAPHE SIXIÈME
JURIDICTION COMPÉTENTE
479. L’action en responsabilité devra être portée, au choix du
demandeur, soit devant le tribunal du domicile du transporteur,
du siège principal de son exploitation ou du lieu où il possède un
établissement par le soin duquel le contrat a été conclu, soit devant
le tribunal du lieu de destination.
En ce qui concerne le dommage résultant de la mort ou d’une
lésion corporelle subie par un passager, l’action en responsabilité
peut être intentée devant l’un des tribunaux mentionnés à l’alinéa
1 ou, eu égard aux spécificités du transport aérien, sur le territoire
d’un Etat où le passager a sa résidence principale et permanente au
moment de l’accident et vers lequel ou à partir duquel le transporteur
exploite des services de transport aérien, soit avec ses propres
aéronefs, soit avec les aéronefs d’un autre transporteur en vertu
d’un accord commercial, et dans lequel ce transporteur mène ses
activités de transport aérien à partir de locaux que lui-même ou un
autre transporteur avec lequel il a conclu un accord commercial loue
ou possède.

Aux fins de l’alinéa 2 –


(a) “accord commercial” signifie un accord autre qu’un
accord d’agence conclu entre des transporteurs et
portant sur la prestation de services communs de
transport aérien de passagers;
(b) “résidence principale et permanente” désigne le lieu
unique de séjour fixe et permanent du passager au
moment de l’accident. La nationalité du passager ne
sera pas le facteur déterminant à cet égard.
La procédure sera régie selon le droit du tribunal saisi de
l’affaire.

PARAGRAPHE SEPTIÈME
ARBITRAGE

480. Sous réserve des dispositions du présent article, les parties


au contrat de transport de fret peuvent stipuler que tout différend
relatif à la responsabilité du transporteur en vertu du présent Titre
sera réglé par arbitrage. Cet accord sera consigné par écrit.
La procédure d’arbitrage se déroulera, au choix du demandeur,
dans l’un des lieux de compétence des tribunaux prévus à
l’article 479.
L’arbitre ou le tribunal arbitral appliquera les dispositions du
présent Titre.
Les dispositions des alinéas 2 et 3 seront réputées faire
partie de toute clause ou de tout accord arbitral, et toute disposition
contraire à telle clause ou à tel accord arbitral sera nulle et de
nul effet.

PARAGRAPHE HUITIÈME

DÉLAI DE RECOURS ET DROIT DE RECOURS


CONTRE DES TIERS
481. L’action en responsabilité doit être intentée, sous peine
de déchéance, dans le délai de 2 ans à compter de l’arrivée
à destination ou du jour où l’aéronef aurait dû arriver, ou de l’arrêt
du transport.
Le mode du calcul du délai est déterminé par la loi du tribunal
saisi.
482. Le présent Titre ne préjuge en aucune manière la question
de savoir si la personne tenue pour responsable en vertu de ses
dispositions a ou non un recours contre toute autre personne.

SECTION QUATRIÈME

TRANSPORTEURS SUCCESSIFS

483. Dans les cas de transport, régis par la définition de l’article 444,
à exécuter par divers transporteurs successifs, chaque transporteur
acceptant des passagers, bagages ou marchandises est soumis aux
règles établies par le présent Titre, et est censé être une des parties
du contrat de transport, pour autant que ce contrat ait trait à la partie
du transport effectuée sous son contrôle.
Au cas d’un tel transport, le passager ou ses ayants droit
ne pourront recourir que contre le transporteur ayant effectué le
transport au cours duquel l’accident ou le retard s’est produit, sauf
dans le cas où, par stipulation expresse, le premier transporteur aura
assuré la responsabilité pour tout le voyage.
S’il s’agit de bagages ou de marchandises, le passager ou
l’expéditeur aura recours contre le premier transporteur, et le
destinataire ou le passager qui a le droit à la délivrance contre le
dernier, et l’un et l’autre pourront, en outre, agir contre le transporteur
ayant effectué le transport au cours duquel la destruction, la
perte, l’avarie ou le retard s’est produit. Ces transporteurs seront
solidairement responsables envers le passager, l’expéditeur ou
le destinataire.

CHAPITRE CINQUIÈME

TRANSPORT INTERMODAL
484. Dans le cas de transport intermodal effectué en partie par
air et en partie par tout autre moyen de transport, les dispositions
du présent Titre ne s’appliquent, sous réserve de l’alinéa 4 de
l’article 465, qu’au transport aérien et si celui-ci répond aux
conditions des articles 441 à 446.
Rien dans le présent Titre n’empêche les parties, dans le cas
de transport intermodal, d’insérer dans le titre de transport aérien des
conditions relatives à d’autres modes de transport, à condition que
les dispositions du présent Titre soient respectées en ce qui concerne
le transport aérien.

CHAPITRE SIXIÈME

TRANSPORT AÉRIEN EFFECTUÉ PAR UNE PERSONNE


AUTRE QUE LE TRANSPORTEUR CONTRACTUEL

SECTION PREMIÈRE

DOMAINE D’APPLICATION

485. Les dispositions du présent Chapitre s’appliquent lorsqu’une


personne, ci-après dénommée “transporteur contractuel”, conclut un
contrat de transport régi par le présent Titre avec un passager ou un
expéditeur ou avec une personne agissant pour le compte du passager
ou de l’expéditeur, et qu’une autre personne, ci-après dénommée
“transporteur de fait”, effectue, en vertu d’une autorisation donnée
par le transporteur contractuel, tout ou partie du transport, mais n’est
pas, en ce qui concerne cette partie, un transporteur successif au
sens du présent Titre. Cette autorisation est présumée, sauf preuve
contraire.

SECTION DEUXIÈME

ATTRIBUTION ET REPRÉSENTATION MUTUELLES DU


TRANSPORTEUR CONTRACTUEL ET DU
TRANSPORTEUR DE FAIT

PARAGRAPHE PREMIER

ACTES OU OMISSIONS

486. Les actes ou omissions du transporteur de fait ou de son


préposé ou mandataire agissant dans l’exercice de ses fonctions,
relatifs au transport effectué par le transporteur de fait, sont réputés
être également ceux du transporteur contractuel.
Les actes ou omissions du transporteur contractuel ou de son
préposé ou mandataire agissant dans l’exercice de ses fonctions,
relatifs au transport effectué par le transporteur de fait, sont réputés
être également ceux du transporteur de fait. Toutefois, aucun de ces
actes ou omissions ne pourra soumettre le transporteur de fait à une
responsabilité dépassant les montants prévus aux articles 468, 469,
470 et 473. Aucun accord spécial aux termes duquel le transporteur
contractuel assume des obligations que n’impose pas le présent Titre,
aucune renonciation à des droits ou moyens de défense prévus par
le présent Titre et aucune déclaration spéciale d’intérêt à la livraison
mentionnée à l’article 469 n’aura d’effet à l’égard du transporteur de
fait, sauf consentement de ce dernier.
PARAGRAPHE DEUXIÈME

NOTIFICATIONS ET PROTESTATIONS

487. Les instructions ou protestations à notifier au transporteur,


en application du présent Titre, ont le même effet qu’elles soient
adressées au transporteur contractuel ou au transporteur de fait.
Toutefois, les instructions visées à l’article 459 n’ont d’effet que si
elles sont adressées au transporteur contractuel.
488. Toute action en responsabilité, relative au transport effectué
par le transporteur de fait, peut être intentée, au choix du demandeur,
contre ce transporteur ou le transporteur contractuel ou contre l’un et
l’autre, conjointement ou séparément. Si l’action est intentée contre
l’un seulement de ces transporteurs, celui-ci aura le droit d’appeler
l’autre transporteur en intervention devant le tribunal saisi.

SECTION TROISIÈME

RESPONSABILITÉ RESPECTIVE DU TRANSPORTEUR


CONTRACTUEL ET DU TRANSPORTEUR DE FAIT

489. Sauf disposition contraire du présent Chapitre, si un


transporteur de fait effectue tout ou partie du transport qui,
conformément au contrat mentionné à l’article 485, est régi par le
présent Titre, le transporteur contractuel et le transporteur de fait
sont soumis aux règles du présent Titre, le premier pour la totalité
du transport envisagé dans le contrat, le second seulement pour le
transport qu’il effectue.
490. En ce qui concerne le transport effectué par le transporteur de
fait, tout préposé ou mandataire de ce transporteur ou du transporteur
contractuel, s’il prouve qu’il a agi dans l’exercice de ses fonctions,
peut se prévaloir des conditions et des limites de responsabilité
applicables, en vertu du présent Titre, au transporteur dont il est
le préposé ou mandataire, sauf s’il est prouvé qu’il a agi de telle
façon que les limites de responsabilité ne puissent être invoquées
conformément au présent Titre.
491. En ce qui concerne le transport effectué par le transporteur
de fait, le montant total de la réparation qui peut être obtenu de ce
transporteur ou du transporteur contractuel ou de leurs préposés ou
mandataires, quand ils ont agi dans l’exercice de leurs fonctions, ne
peut dépasser l’indemnité la plus élevée qui peut être mise à charge
soit du transporteur contractuel, soit du transporteur de fait, en vertu
du présent Titre, sous réserve qu’aucune des personnes mentionnées
dans le présent article ne puisse être tenue pour responsable au-delà
de la limite applicable à cette personne.
492. Toute clause tendant à exonérer le transporteur contractuel
ou le transporteur de fait de leur responsabilité en vertu du présent
Chapitre ou à établir une limite inférieure à celle qui est fixée dans
le présent Chapitre est nulle et de nul effet, mais la nullité de cette
clause n’entraîne pas la nullité du contrat qui reste soumis aux
dispositions du présent Chapitre.
493. Toute action en responsabilité prévue à l’article 488 doit
être portée, au choix du demandeur, soit devant l’un des tribunaux
où une action peut être intentée contre le transporteur contractuel,
conformément à l’article 479, soit devant le tribunal du domicile du
transporteur de fait ou du siège principal de son exploitation.

SECTION QUATRIÈME

RAPPORTS ENTRE TRANSPORTEUR CONTRACTUEL


ET TRANSPORTEUR DE FAIT

494. Sous réserve de l’article 488, aucune disposition du présent


Chapitre ne peut être interprétée comme affectant les droits et
obligations existant entre les transporteurs, y compris tous droits à
un recours ou dédommagement.
CHAPITRE SEPTIÈME

AUTRES DISPOSITIONS

PARAGRAPHE PREMIER

LIBERTÉ DE CONTRACTER

495. Rien dans le présent Titre ne peut empêcher un transporteur


de refuser la conclusion d’un contrat de transport, de renoncer aux
moyens de défense qui lui sont donnés en vertu du présent Titre ou
d’établir des conditions qui ne sont pas en contradiction avec les
dispositions du présent Titre.

PARAGRAPHE DEUXIÈME

OBLIGATION D’APPLICATION

496. Sont nulles et de nul effet toutes clauses du contrat de transport


et toutes conventions particulières antérieures au dommage par
lesquelles les parties dérogeraient aux règles du présent Titre soit
par une détermination de la loi applicable, soit par une modification
des règles de compétence.

PARAGRAPHE TROISIÈME

ASSURANCE
497. Les transporteurs doivent contracter une assurance suffisante
pour couvrir la responsabilité qui leur incombe aux termes du présent
Titre.
Un transporteur peut être tenu, par un Etat partie à la
Convention de Montréal du 28 mai 1999 à destination duquel il
exploite des services, de fournir la preuve qu’il maintient une telle
assurance.
PARAGRAPHE QUATRIÈME

TRANSPORT EFFECTUÉ DANS DES


CIRCONSTANCES EXTRAORDINAIRES

498. Les dispositions des articles 450 à 452, 454 et 455 relatives
aux titres de transport ne sont pas applicables au transport effectué
dans des circonstances extraordinaires en dehors de toute opération
normale de l’exploitation d’un transporteur.

PARAGRAPHE CINQUIÈME

DEFINITION DU TERME “JOUR”

499. Lorsque dans le présent Titre il est question de jours, il s’agit


de jours courants et non de jours ouvrables.

TITRE DEUXIÈME

DE LA RESPONSABILITÉ DE L’EXPLOITANT ET DES ÉQUIPAGES

CHAPITRE PREMIER

DÉFINITIONS

500. Aux fins du présent Titre –


(a) un aéronef est considéré comme en vol depuis le
moment où la force motrice est employée pour décoller
jusqu’au moment où l’atterrissage a pris fin. Lorsqu’il
s’agit d’un aérostat, l’expression “en vol” s’applique à
la période comprise entre le moment où cet aéronef est
détaché du sol et celui où il y est à nouveau fixé;
(b) l’exploitant est celui qui utilise l’aéronef au moment
où le dommage est survenu. Toutefois, est réputé être
l’exploitant celui qui, ayant conféré directement ou
indirectement le droit d’utiliser l’aéronef, s’est réservé
la direction de sa navigation;
(c) est réputé utiliser un aéronef celui qui en fait usage
personnellement ou par l’intermédiaire de son préposé
ou mandataire agissant au cours de l’exercice de ses
fonctions, que ce soit ou non dans les limites de ses
attributions;
(d) le propriétaire est présumé être l’exploitant, et est
responsable comme tel, à moins qu’il ne prouve,
au cours de la procédure tendant à apprécier sa
responsabilité, qu’une autre personne est l’exploitant,
et qu’il ne prenne alors, pour autant que la procédure le
permette, les mesures appropriées pour mettre en cause
cette personne.

CHAPITRE DEUXIÈME

PRINCIPES DE RESPONSABILITÉ

501. En cas de dommage causé par un aéronef en évolution à


un autre aéronef, la responsabilité du pilote et de l’exploitant de
l’appareil est régie par les dispositions du Code Civil Mauricien.
502. L’exploitant d’un aéronef est responsable de plein droit des
dommages causés par les évolutions de l’aéronef ou les objets
qui s’en détachent aux personnes et aux biens à la surface. Toute
personne qui subit un dommage à la surface a droit à réparation par
cela seul qu’il est établi que le dommage provient d’un aéronef en
vol, ou d’une personne ou d’une chose tombant de celui-ci.
La responsabilité de l’exploitant ne peut être atténuée ou
écartée que par la preuve de la faute de la victime conformément aux
dispositions de l’article 503. Toutefois, il n’y a pas lieu à réparation si
le dommage n’est pas la conséquence directe du fait qui l’a produit,
ou s’il résulte du seul fait du passage de l’aéronef à travers l’espace
aérien conformément aux règles de circulation aérienne applicables.
503. La personne dont la responsabilité serait engagée aux termes
des articles 501 ou 502 n’aura pas l’obligation de réparer le dommage
si elle prouve que ce dommage est dû exclusivement à la faute de la
personne ayant subi le dommage ou de son préposé ou mandataire.
Si la personne responsable prouve que le dommage a été causé en
partie par la faute de la personne ayant subi le dommage ou de son
préposé ou mandataire, la réparation doit être réduite dans la mesure
où cette faute a contribué au dommage. Toutefois, il n’y a pas lieu
à exonération ou réduction si, en cas de faute de son préposé ou
mandataire, la personne ayant subi le dommage prouve que celui-ci
a agi en dehors des limites de ses attributions.
En cas d’action intentée par une personne, en réparation d’un
préjudice résultant de la mort d’une autre personne ou des lésions
qu’elle a subies, la faute de celle-ci ou de son préposé ou mandataire
a aussi les effets prévus à l’alinéa 1.
504. L’obligation de réparer le dommage mentionné à l’article 502
incombe principalement à l’exploitant de l’aéronef.
505. En cas d’affrètement ou de location de l’aéronef, le propriétaire
et l’exploitant sont solidairement responsables vis-à-vis des tiers des
dommages causés par cet aéronef.
Toutefois, si l’affrètement ou la location a été portée à
la connaissance des tiers par l’accomplissement de certaines
formalités de publicité, notamment par son inscription au registre
d’immatriculation de l’aéronef, le propriétaire n’est responsable que
si les tiers établissent une faute de sa part.
506. Si une personne utilise un aéronef sans le consentement de
celui qui a le droit de diriger sa navigation, ce dernier, à moins qu’il
ne prouve qu’il a apporté les soins requis pour éviter cet usage, est
solidairement responsable avec l’usager illégitime du dommage
donnant lieu à réparation aux termes de l’article 502.
La personne mentionnée à l’alinéa 1 peut opposer tous les
moyens de défense qui appartiennent à l’exploitant aux termes du
présent Titre.
507. La personne dont la responsabilité serait engagée aux termes
des articles 502 à 506 n’aura pas l’obligation de réparer le dommage
si celui-ci est la conséquence directe d’un conflit armé ou de troubles
civils, ou si cette personne a été privée de l’usage de l’aéronef par un
acte de l’autorité publique.
508. Lorsque deux ou plusieurs aéronefs en vol sont entrés en
collision ou se sont gênés dans leurs évolutions et que des dommages
donnant lieu à réparation aux termes de l’article 502 en sont résultés,
ou lorsque deux ou plusieurs aéronefs ont causés de tels dommages
conjointement, chacun des aéronefs est considéré comme ayant
causé le dommage, et l’exploitant de chacun d’eux est responsable
dans les conditions de responsabilité prévues dans le présent Titre.
509. Le présent Titre ne préjuge en aucune manière la question
de savoir si la personne tenue pour responsable en vertu de ses
dispositions a ou non un recours contre toute autre personne.

CHAPITRE TROISIÈME
ASSURANCE DESTINÉE À COUVRIR LA
RESPONSABILITÉ DE L’EXPLOITANT

510. L’Etat peut exiger que la responsabilité de l’exploitant


d’un aéronef immatriculé dans un autre Etat soit assurée pour les
dommages donnant lieu à réparation en vertu des dispositions du
Chapitre Deuxième et pouvant survenir sur son territoire.
L’Etat peut aussi exiger que l’aéronef ait à son bord un
certificat délivré par l’assureur, attestant que l’assurance a bien
été contractée et spécifiant la personne ou les personnes dont la
responsabilité est garantie par cette assurance, ainsi qu’un certificat
émanant de l’autorité qualifiée de l’Etat d’immatriculation de
l’aéronef ou de l’Etat où l’assureur a son domicile ou son principal
établissement, attestant de la solvabilité de l’assureur.
Lorsque l’Etat a de sérieuses raisons de douter de la solvabilité
de l’assureur, il peut, en outre, exiger des preuves complémentaires
de solvabilité.
511. L’assurance doit être considérée comme satisfaisante
lorsqu’elle a été contractée auprès d’un assureur autorisé à cet effet,
conformément aux lois de l’Etat d’immatriculation de l’aéronef ou
de l’Etat où l’assureur a son domicile ou son principal établissement,
et dont la solvabilité a été vérifiée par l’un ou l’autre de ces Etats.
512. L’Etat peut refuser de considérer comme satisfaisante
l’assurance contractée auprès d’un assureur qui n’a pas été autorisé
à cet effet dans un autre Etat.

TITRE TROISIÈME

DES HYPOTHÈQUES, DES PRIVILÈGES,


DE LA SAISIE ET DE LA VENTE FORCÉE

CHAPITRE PREMIER
HYPOTHÈQUES SUR LES AÉRONEFS

513. L’aéronef est susceptible d’hypothèque. Il ne peut être grevé


que d’hypothèque conventionnelle.
514. L’hypothèque est, à peine de nullité, constituée par écrit.
L’acte constitutif peut être authentique ou sous seing privé. Il doit
mentionner chacun des éléments sur lesquels porte l’hypothèque.
Il peut être à ordre, dans ce cas, l’endos emporte translation du droit
de l’hypothécaire.
515. L’hypothèque grève, dès lors qu’ils appartiennent au
propriétaire de l’aéronef, la cellule, les moteurs, les hélices, les
appareils de bord et toutes pièces destinées de façon continue au
service de l’aéronef qu’elles fassent corps avec lui ou en soient
temporairement séparées.
516. L’hypothèque peut grever par un seul acte tout ou partie de la
flotte aérienne appartenant à un même propriétaire à condition que
les différents éléments de la flotte soient individualisés dans l’acte.
La mention dans l’acte de vente d’un aéronef que tout ou
partie du prix reste dû au vendeur entraîne, sauf stipulation contraire,
hypothèque à son profit en garantie de la somme indiquée comme
restant due, à condition que le vendeur requière l’inscription de
cette hypothèque dans la forme prévue par les dispositions de
l’article 520.
517. Une hypothèque peut être constituée sur un aéronef
en construction s’il a été préalablement déclaré à l’autorité
administrative chargée de la tenue du registre d’immatriculation.

518. L’hypothèque peut être étendue à titre accessoire aux pièces


de rechange correspondant au type du ou des aéronefs hypothéqués,
à condition que ces pièces soient individualisées.
Lorsque ces pièces sont utilisées sur les aéronefs auxquels
elles sont affectées, elles sont immédiatement remplacées.
Le créancier est prévenu de cette utilisation.
519. Une publicité appropriée, effectuée sur les lieux où sont
entreposées les pièces de rechange, avertit les tiers de la nature et
de l’étendue du droit dont ces pièces sont grevées. Elle comprend,
le cas échéant, un inventaire indiquant la nature et le nombre des
pièces de rechange hypothéquées.
520. Toute hypothèque est inscrite sur un registre spécial tenu par
le Conservateur des hypothèques. Elle n’a d’effet à l’égard des tiers
qu’à compter de son inscription.
La radiation ainsi que toute modification de l’hypothèque
par convention des parties ou jugement fait l’objet d’une mention
au même registre.
521. En cas de perte ou d’avarie d’un aéronef, le créancier
hypothécaire est, pour le montant de sa créance, subrogé, sauf
convention contraire, à l’assuré dans le droit à l’indemnité due par
l’assureur.
Avant tout paiement, l’assureur doit requérir un état des
inscriptions hypothécaires. Aucun paiement n’est libératoire s’il est
fait au mépris des droits des créanciers figurant sur cet état.
522. S’il y a plusieurs hypothèques sur le même aéronef, leur rang
est déterminé par l’ordre des dates d’inscription. Les hypothèques
inscrites le même jour viennent en concurrence nonobstant l’heure
de leur inscription.
523. L’hypothèque est valable pendant 10 ans à compter du jour de
son inscription. Son effet cesse si l’inscription n’est pas renouvelée
avant l’expiration de ce délai.
524. L’inscription hypothécaire garantit, au même rang que le
capital, 3 années d’intérêts en plus de l’année courante.
525. L’inscription hypothécaire est radiée au vu d’un acte
constatant l’accord des parties ou en vertu d’un jugement passé en
force de chose jugée.
526. Sauf le cas de vente forcée, un aéronef ne peut être rayé du
registre d’immatriculation s’il n’a pas été donné mainlevée préalable
des droits hypothécaires inscrits.
527. Les créanciers ayant hypothèque inscrite sur l’aéronef
suivent leur gage en quelque main qu’il passe pour être colloqués
et payés suivant l’ordre de leurs inscriptions et après les créanciers
privilégiés, sous réserve des dispositions des articles 528 et 531.

CHAPITRE DEUXIÈME

PRIVILÈGES

528. Sont seules privilégiées sur un aéronef, par préférence aux


hypothèques, les créances suivantes –
(a) les frais de justice exposés pour parvenir à la vente de
l’aéronef et la distribution de son prix, dans l’intérêt
commun des créanciers;
(b) les rémunérations dues pour sauvetage de l’aéronef;
(c) Les frais indispensables engagés pour sa conservation.
529. Les privilèges mentionnés à l’article 528 portent sur l’aéronef
ou sur l’indemnité d’assurance mentionnée à l’article 521. Ils suivent
l’aéronef en quelque main qu’il passe.
Ils s’éteignent trois mois après l’événement qui leur a donné
naissance, à moins qu’auparavant, le créancier n’ait fait inscrire sa
créance au registre spécial mentionné à l’article 520, après avoir fait
reconnaître amiablement son montant ou, à défaut, avoir introduit
une action en justice à son sujet.
Ils s’éteignent indépendamment des modalités normales
d’extinction des privilèges –
(a) par la vente en justice de l’aéronef;
(b) en cas de cession volontaire régulièrement inscrite au
registre d’immatriculation, au plus tard deux mois après
la publication de la cession, sauf si, avant l’expiration de
ce délai, le créancier a notifié sa créance à l’acquéreur
au domicile élu par lui dans les publications.
530. Les créances mentionnées à l’article 528 sont privilégiées
dans l’ordre où elles sont énumérées par cet article.
Les créances de même rang viennent en concurrence et sont
payées, en cas d’insuffisance, en proportion de leur montant.
Toutefois, les créances mentionnées aux paragraphes (b) et (c)
de l’article 528 sont payées dans l’ordre inverse des dates où elles
sont nées.
531. Les privilèges autres que ceux mentionnés à l’article 528
ne prennent rang qu’après les hypothèques dont l’inscription est
antérieure à la naissance de ces privilèges.
532. Sauf le cas de vente forcée, l’immatriculation d’un aéronef
ne peut être transférée dans un autre Etat, sans mainlevée préalable
des droits hypothécaires inscrits ou sans le consentement des
titulaires. L’autorité administrative chargée de la tenue du registre
d’immatriculation refuse toute radiation tant que l’aéronef ne
satisfait pas cette condition.
CHAPITRE TROISIÈME

SAISIE CONSERVATOIRE

533. Les aéronefs mauriciens et étrangers, affectés à un service


d’Etat ou à des transports publics, ne peuvent faire l’objet d’une
ordonnance de saisie conservatoire que si la créance porte sur les
sommes dues par le propriétaire à raison de l’acquisition de ces
aéronefs ou de contrats de formation ou de maintenance liés à leur
exploitation.
534. Après mise en demeure infructueuse du redevable de
régulariser sa situation, la saisie conservatoire d’un aéronef exploité
par le redevable ou lui appartenant peut être requise auprès du juge
par les autorités et dans les situations suivantes –
(a) le ministre chargé des transports aériens, en cas de
non-paiement ou de paiement insuffisant de la
redevance de circulation aérienne, ainsi qu’en cas de
non-restitution d’une aide d’Etat;
(b) l’exploitant d’aérodrome, en cas de non-paiement ou
de paiement insuffisant des redevances aéroportuaires.
(c) l’autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, en
cas de non-paiement ou de paiement insuffisant des
amendes administratives prononcées par cette autorité.

L’ordonnance du juge de l’exécution est transmise aux


autorités responsables de la circulation aérienne de l’aérodrome
aux fins d’immobilisation de l’aéronef. L’ordonnance est notifiée
au redevable et au propriétaire de l’aéronef lorsque le redevable est
l’exploitant.
Les frais entraînés par la saisie conservatoire sont à la
charge du redevable.
Le paiement des sommes dues entraîne la mainlevée de la
saisie conservatoire.
CHAPITRE QUATRIÈME VENTE FORCÉE

535. Lorsqu’il est procédé à la saisie d’un aéronef, aucune vente forcée ne peut avoir lieu si les
droits préférables à ceux du créancier saisissant ne peuvent être éteints par le prix de vente ou s’ils
ne sont pas pris en charge par l’acquéreur.

Toutefois, si un aéronef hypothéqué cause, sur le territoire mauricien, un dommage aux tiers
à la surface, les dispositions de l’alinéa 1 ne sont pas opposables aux victimes ou à leurs ayants
droit saisissant l’aéronef cause du dommage ou tout autre aéronef appartenant au même
propriétaire.

TITRE QUATRIÈME RÈGLEMENT

536. Les modalités d’application des articles du Livre Troisième peuvent faire l’objet d’un
règlement de l’Attorney-General.

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Amended by [Act No. 14 of 2017]

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