La Microfinance
1- Introduction
La microfinance est un outil de lutte contre la pauvreté. Historiquement, la
microfinance fait surtout référence au micro-crédit. Un micro-crédit, comme son nom
l'indique, correspond à un crédit d'un faible montant destiné avant tout à des
personnes aux faibles revenus.
Difficile d’obtenir un crédit dans les banques classiques quand on n’a pas les
garanties nécessaires, un revenu régulier, ou quand on habite un pays où l’accès aux
services bancaires est limité à une part relativement faible de la population. Si l’on
suppose que la finance est un instrument au service du développement et de l’essor
économique, il apparaît alors comme une évidence que l’indisponibilité des services
financiers pour les populations exclues est un frein à leur développement. Ce lien
étroit plus ou moins évident entre la finance et la richesse des nations est à l’origine
de l’expansion de la microfinance dans le monde.
Née dans les années 1970, la microfinance consiste à fournir des services financiers
bancaires aux exclus du circuit traditionnel, notamment des services de crédit,
d’épargne, d’assurance, de transferts d’argents. Son expansion commence avec des
figures aussi emblématiques que le Professeur YUNUS1 , fondateur de la Grameen
Bank au Bangladesh (La Grameen Bank une institution pionnière dans le microcrédit,
servant plus de 5 millions de personnes dans le monde en 2006). Son projet a
commencé par l’octroi de crédit, mais le label microfinance renferme aujourd’hui
tous les services financiers, même si le microcrédit reste l’activité la plus évoquée.
La microfinance apparaît comme une innovation financière majeure, en raison des
techniques. employées par ses praticiens pour répondre aux besoins des plus pauvres.
Les fameux crédits solidaires, une pratique initiée par la Grameen Bank, ont été
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importés dans tous les pays du globe, y compris les plus développés. L’essor de la
microfinance est aussi le résultat d’un consensus mondial sur le rôle de cette
pratique! dans la lutte contre la pauvreté.
Pour comprendre la microfinance, il est donc nécessaire d’inclure certains paramètres
socio-économiques dans l’analyse. Cette démarche tend à se généraliser parmi les
chercheurs. C’est l’approche dite socioéconomique, défendue par J-M Servet (2006)
entre autres.
La microfinance est promue aujourd’hui comme l’outil le plus prometteur dans la
lutte contre la pauvreté et l’exclusion bancaire. Par l’octroi de microcrédits, la
collecte d’épargne, l’offre de microassurance, les institutions de microfinance (IMF)
réinventent l’activité bancaire par des pratiques aussi innovatrices que les crédits
solidaires. Cependant, les impacts réels de la microfinance restent à confirmer,
l’évaluation de ses effets sur les populations ciblées se heurtant à de nombreuses
difficultés. Le développement futur de la microfinance reste pourtant conditionné à sa
supériorité par rapport à d’autres outils dans l’atteinte des objectifs qui lui sont
assignés. D’où la nécessité d’élaborer des études plus rigoureuses sur les impacts, et
de mûrir la réflexion sur les sources de financements des IMF dans un contexte
d’essor de la finance éthique et de l’investissement socialement responsable.
2- Les objectifs de la microfinance:
La microfinance a pour objectif de fournir des services financiers à des personnes
généralement exclues des circuits bancaires traditionnels en raison de leurs revenus
faibles, irréguliers et imprévisibles. Elle s’inscrit dans une démarche envisageant un
monde où les ménages pauvres disposeraient d’un accès permanent à des services
financiers abordables et de qualité pour financer des activités génératrices de revenus,
accumuler des actifs par le biais de l’épargne, subvenir aux besoins de la famille et se
protéger contre les risques de la vie courante (maladie, décès, catastrophe naturelle,
etc.).
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3- Les avantages de la microfinance:
La microfinance peut également contribuer à réduire la pauvreté et les inégalités, ainsi
qu’à promouvoir la croissance économique et le développement. En outre, la
microfinance peut contribuer à renforcer le secteur financier dans les pays en
développement et à promouvoir l’inclusion financière. Les récompenses associées à la
microfinance varient en fonction des buts et objectifs spécifiques de l'institution de
microfinance (IMF). Cependant, certaines des récompenses les plus courantes
associées à la microfinance comprennent :
A- Accès amélioré aux biens et services essentiels :
La microfinance peut contribuer à améliorer l’accès aux biens et services essentiels
en fournissant des services financiers aux personnes et aux ménages à faible
revenu. Cela peut inclure l’accès au crédit pour l’achat de biens et services
essentiels, tels que le logement, l’éducation et les soins santé.
B-Augmentation des revenus et de la consommation :
La microfinance peut contribuer à accroître les revenus et la consommation en
fournissant des services financiers qui permettent aux personnes et aux ménages à
faible revenu de créer ou de développer une entreprise. Cela peut conduire à une
augmentation des revenus et à une amélioration du niveau de vie des clients de la
microfinance.
C- amélioration des résultats en matière de santé et d’éducation :
La microfinance peut contribuer à améliorer les résultats en matière de santé et
d’éducation en fournissant des services financiers qui permettent aux individus et
aux ménages à faible revenu de payer leurs dépenses de santé et d’éducation. Cela
peut conduire à de meilleurs résultats en matière de santé et d’éducation pour les
clients de la microfinance.
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D- Sécurité économique accrue :
La microfinance peut contribuer à accroître la sécurité économique en fournissant
des services financiers qui permettent aux personnes et aux ménages à faible
revenu de constituer une épargne. Cela peut conduire à une sécurité économique
accrue pour les clients de la microfinance en cas de dépenses imprévues ou de
chocs de revenus.
E- Réduction de la pauvreté et des inégalités :
La microfinance peut contribuer à réduire la pauvreté et les inégalités en
fournissant des services financiers aux personnes et aux ménages à faible revenu.
Cela peut contribuer à accroître les revenus et la consommation, ce qui peut
conduire à une réduction de la pauvreté et des inégalités.
F- croissance économique et développement accrus :
La microfinance peut contribuer à renforcer la croissance économique et le
développement en fournissant des services financiers qui permettent aux
entreprises de démarrer ou de se développer. Cela peut conduire à une
augmentation de l'activité économique et à la création d'emplois, ce qui peut
contribuer à améliorer la croissance et le développement économiques.
4- Les inconvénients de la microfinance:
La microfinance, bien qu'elle soit un outil puissant pour améliorer l'accès au crédit
pour les personnes à faible revenu, présente également des inconvénients et des défis
qui peuvent limiter son efficacité et avoir des conséquences négatives. Voici quelques-
uns des inconvénients de la microfinance :
A- Taux d'intérêt élevés
Les institutions de microfinance (IMF) doivent couvrir leurs frais administratifs et
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leurs coûts opérationnels, qui sont souvent plus élevés en raison de la petite taille des
prêts. Pour compenser, elles imposent souvent des taux d'intérêt plus élevés que les
banques traditionnelles.
Cela peut rendre le remboursement difficile pour les emprunteurs à faible revenu, les
piégeant dans un cycle de dette. Certains critiques considèrent ces taux comme
usuriers, ce qui peut aller à l'encontre de l'objectif d'aider les plus vulnérables.
B- Endettement excessif:
Dans certaines régions, les emprunteurs ont accès à plusieurs IMF, ce qui les conduit
parfois à emprunter auprès de plusieurs sources pour couvrir leurs remboursements.
Cette situation peut conduire à un surendettement, où les emprunteurs prennent des
prêts supplémentaires pour rembourser des dettes existantes, aggravant ainsi leur
situation financière.
C- Absence de formation financière:
Beaucoup d'emprunteurs de microfinance manquent de compétences en gestion
financière et en gestion d'entreprise.
Sans une formation adéquate, les emprunteurs peuvent mal gérer les fonds empruntés,
ce qui conduit à des investissements non rentables ou des échecs d'entreprise, rendant
le remboursement des prêts impossible.
D- Focalisation sur le crédit et non sur le développement à long terme:
La microfinance met l'accent sur l'accès au crédit, mais elle ne propose pas toujours
d'autres formes d'assistance, telles que la formation professionnelle ou le soutien au
développement des compétences.
Les emprunteurs ne reçoivent pas les ressources nécessaires pour maximiser l'impact
de leur prêt, limitant ainsi leur capacité à générer des revenus à long terme et à sortir
durablement de la pauvreté.
E- Problèmes liés à la pression sociale dans les groupes solidaires:
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Dans de nombreux cas, la microfinance fonctionne via des groupes solidaires où les
membres sont collectivement responsables des prêts. Si un membre ne peut pas
rembourser, cela peut affecter tout le groupe.
Cela crée une pression sociale qui peut devenir excessive, voire entraîner des conflits
au sein des communautés. Des études ont montré que certaines personnes subissent
une stigmatisation ou des tensions sociales lorsqu'elles ne parviennent pas à
rembourser leur part.
F- Exploitation par certaines IMF:
Avec l’augmentation de la demande de services de microfinance, certaines IMF ont
adopté des pratiques plus commerciales, priorisant la rentabilité plutôt que l'impact
social.
Conséquence Cela peut conduire à des pratiques abusives telles que le recouvrement
agressif de créances, la surcharge de frais, et l'exclusion des clients les plus
vulnérables qui représentent un risque trop élevé pour ces institutions.
G- Impact limité sur la réduction de la pauvreté:
Bien que la microfinance permette d'améliorer temporairement l'accès aux capitaux,
elle ne garantit pas une sortie durable de la pauvreté. De nombreuses études ont
montré que l'impact de la microfinance sur l'amélioration des conditions de vie des
emprunteurs reste limité.
Les personnes bénéficiant de microprêts peuvent rester dans une situation de
précarité à long terme si elles ne parviennent pas à générer des revenus suffisants pour
améliorer leur niveau de vie.
H- Concentration dans les secteurs à faible valeur ajoutée:
Les microprêts sont souvent utilisés pour financer de petites activités économiques
dans des secteurs comme le commerce de détail ou l'artisanat, qui sont saturés et
n'offrent pas toujours des marges importantes.
Conséquence Cela limite le potentiel de croissance de ces activités et la création
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d'emplois, ce qui empêche souvent les emprunteurs de sortir durablement de la
pauvreté.
I- Faibles montants de prêt
Les montants de prêt proposés par les IMF sont souvent très modestes, car ils sont
destinés à des activités économiques à petite échelle.
Conséquence Les fonds disponibles peuvent être insuffisants pour permettre aux
emprunteurs de lancer des projets plus ambitieux ou de croître à une échelle
significative, limitant ainsi leur potentiel économique.
J- Exclusion des plus pauvres:
Paradoxalement, certaines IMF excluent les personnes les plus pauvres, car elles
sont perçues comme trop risquées pour les remboursements. Les IMF peuvent alors se
concentrer sur des clients avec un profil plus sûr.
Cela laisse les populations les plus vulnérables sans accès au crédit, contrecarrant
ainsi l’objectif fondamental de la microfinance qui est d’aider les plus défavorisés.
Bien que la microfinance ait permis à de nombreuses personnes d’accéder à des
services financiers et d'améliorer temporairement leur situation économique, elle
présente des inconvénients significatifs. Il est crucial que les IMF adoptent des
pratiques éthiques, offrent des services de soutien supplémentaires, et veillent à ne pas
encourager un surendettement. Une approche équilibrée, qui intègre la formation et la
diversification des services, est essentielle pour maximiser les impacts positifs de la
microfinance tout en minimisant ses risques.