🚦 L'EXÉCUTION DES CONTRATS ADMINISTRATIFS.
🌍Contrairement au personnes privées dont leurs engagements contractuels tiennent
lieu de lois et s'oppose à eux comme telle; dont la modification de termes du
contrat en cours nécessite l'accord mutuel des parties, l'administration dispose
d'un certains nombre de privilège contractuels qui vont du pouvoir de sanction de
son cocontractant, de modification unilatérale etc. Alors il sera question dans cet
article de préciser les prérogatives de l'administration (I) et les droits des
cocontractants dans l'exécution d'un contrat administratif (II).
✅I) Les Prérogatives de l'administration
Dans cette partie on mettra en lumière les caractères unilatérale des contrats
administratifs.
☀️A) Le droit de direction, de contrôle et le pouvoir modification unilatérale.
- Le droit de direction et de contrôle permet à l'administration d'exiger des
renseignements de son cocontractant et de lui donner des instructions ( il devra,
par exemple, justifier qu'il dispose des moyens matériels et humains pour exécuter
le marché)
- Le pouvoir de modification unilatérale est général car on le retrouve dans tous
les contrats administratifs ; mais il ne peut excéder certaines limites,
l'équilibre financier devant être respecté. Ce pouvoir est assortie d'une
contrepartie : le cocontractant à droit à une indemnisation pour les obligations
nouvelles qui lui sont imposées.
☀️B) Le pouvoir de sanction et de résiliation.
+Les sanctions pécuniaires ( pénalités de retard, dommage et intérêts) ne sont pas
prononcés qu'en vertu des stipulations expresse du contrat. Le juge peut à titre
exceptionnel modérer ou augmenter les pénalités de retard prévues si elles
atteignent un montant manifestement excessif ou dérisoire.
+ Les sanctions coercitives, à la disposition de l'administration malgré le silence
du contrat, n'ont pas pour but de pénaliser le cocontractant mais de permettre
l'exécution du contrat nonobstant sa défaillance. La mise en régie du marché de
travaux publics, l'exécution par défaut du marché de travaux publics, et la mise
sous séquestre de la concession autorisant l'administration, après mise en demeure,
a se substituer au contractant.
+ Les sanctions résolutoires constituent une résiliation du contrat aux torts du
titulaire sans indemnisation. Cette action, qui diffère de la résiliation pour
l'intérêt général, peut être prononcée après mise en demeure infructueuse.
- Le pouvoir de résiliation :
La résiliation a pour objet de mettre fin, pour l'avenir, à l'exécution du contrat.
+ La résilience conventionnelle s'applique si le contrat comporte une clause au
terme de laquelle il pourra être résilié ( ex. : contrats d'engagement du personnel
administratif).
+ La résiliation infligé à titre de sanction consacre le manquement de l'une des
parties à ses obligations. Si le contractant la sollicite, seul le tribunal pourra
la prononcer. Si l'administration la demande, elle exerce les prérogatives
examinées ci-dessus, sous le contrôle du juge.
+ La résiliation prononcée dans l'intérêt du service relève de motifs d'intérêt
général. Le cocontractant n'étant pas en faute aura droit à une indemnité pour le
préjudice subi.
+ Une clause clause dans un contrat administratif prévoyant sa résiliation à
l'initiative du cocontractant de l'administration est contraire à l'ordre public
car elle porte atteinte au principe de la continuité du service public.
✅II) Les droits du cocontractant.
Auprès des prérogatives exorbitantes de droit commun dont jouit l'administration,
il existe également des mesures destinées à sécuriser la sphère des contrats
administratifs et à les équilibrer.
✅A) La théorie du fait du Prince :
La personne publique use de son pouvoir de modification unilatérale
pour imposer des changements dans l’exécution du contrat. Ce cas est
illustré par l’arrêt du Conseil d’État du 11 mars 1910 précité.
Des parcours précis étaient prévus sur une ligne de tramways faisant
partie d’une concession de service public. L’administration exigea de
son concessionnaire une augmentation de ses rames avec toutes les
charges que cela provoqua. La Haute assemblée jugea que le préjudice
du cocontractant devait être indemnisé.
La théorie du fait du prince :
– ne peut être évoquée que si la mesure préjudiciable émane de la per-
sonne publique ayant passé contrat;
– entraîne l’obligation d’indemniser intégralement le cocontractant.
✅B)La théorie de l'imprevision :
Les circonstances extérieures peuvent être de nature différente :
– La théorie de l’imprévision s’applique en cas d’une modification impu-
table à des circonstances économiques (CE 30 mars 1916, Compagnie
générale d’éclairage de Bordeaux, GAJA no 29 : l’augmentation consi-
dérable du prix du charbon, « déjouant tous les calculs », nécessaire à
la fabrication du gaz par le concessionnaire, oblige l’administration à
combler, dans une très large mesure, le déficit). Cette théorie a perdu de
son utilité (de nombreux contrats contiennent des clauses de révision
de prix) et a été encadrée (CE 9 déc. 1932, Compagnie des tramways de
Cherbourg, Lebon 1050, concl. Josse : le bouleversement du contrat doit
présenter « un caractère temporaire »). Mais elle demeure intéressante
(L. Clouzot, « La théorie de l’imprévision en droit des contrats adminis-
tratifs : une improbable désuétude », RFDA 2010, 937).
– La théorie de l’imprévision s’applique dans l’hypothèse d’une modifi-
cation imputable à une collectivité publique autre que la personne
publique contractante (CE 15 juill. 1949, Ville d’Elbeuf, D. 1950, 61,
note C. Blaevoet : blocage par l’État des prix affectant la situation du
cocontractant de la commune).
L’imprévision suppose donc :
– d’une part, un bouleversement temporaire de l’économie du contrat,
– d’autre part, une indemnisation ne couvrant pas la totalité du préju-
dice (un pourcentage compris entre 5 et 15 %, correspondant à l’aléa
inévitable est laissé à la charge du cocontractant).
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