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Rupture de 1947 : Début de la Guerre froide

Le tournant de 1947 marque le début d'une guerre froide entre les États-Unis et l'URSS, caractérisée par des tensions idéologiques croissantes et la mise en place de deux blocs opposés. Les doctrines de Truman et de Jdanov illustrent cette polarisation, avec des actions comme le Plan Marshall et la création du Kominform. Ce contexte favorise également la décolonisation, les deux superpuissances cherchant à rallier les nations récemment indépendantes à leur camp.

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Rupture de 1947 : Début de la Guerre froide

Le tournant de 1947 marque le début d'une guerre froide entre les États-Unis et l'URSS, caractérisée par des tensions idéologiques croissantes et la mise en place de deux blocs opposés. Les doctrines de Truman et de Jdanov illustrent cette polarisation, avec des actions comme le Plan Marshall et la création du Kominform. Ce contexte favorise également la décolonisation, les deux superpuissances cherchant à rallier les nations récemment indépendantes à leur camp.

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1.

La rupture de l'alliance et le début d'une guerre idéologique

• Tournant de 1947 :

Le tournant de 1947 marque une rupture profonde dans les relations internationales avec
l'émergence de deux blocs idéologiques antagonistes, symbolisés par les doctrines de
Truman et de Jdanov. Voici une explication des éléments principaux :

1. Contexte de tensions croissantes

Après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les Alliés (États-Unis, URSS,
Royaume-Uni, etc.) se détériorent rapidement. Bien que la Conférence de Yalta (1945) ait
établi un cadre pour des élections libres en Europe centrale et orientale, l'Union soviétique
impose dans ces régions des régimes communistes alignés sur ses intérêts.

• Non-respect des accords de Yalta : L'Armée rouge, toujours présente dans des
pays comme la Roumanie, la Bulgarie, la Pologne, et l'Allemagne orientale, favorise
la mise en place de gouvernements communistes.
• Expansion soviétique : L'URSS étend son influence, suscitant des craintes chez les
puissances occidentales, notamment en Iran, en Turquie et en Chine.

2. Discours de Fulton (1946)

Winston Churchill, lors de son discours à Fulton (Missouri), utilise l'expression célèbre de «
rideau de fer » pour décrire la division croissante entre l'Europe de l'Est, contrôlée par
l'URSS, et l'Europe de l'Ouest. Cela illustre le début d'une polarisation mondiale.

3. La doctrine Truman (mars 1947)

Le Président américain Harry Truman adopte une politique visant à endiguer l'expansion
du communisme (containment).

• Il affirme que les États-Unis doivent soutenir les peuples libres face aux tentatives
de domination, qu'elles soient le fait de minorités armées ou de pressions
extérieures.
• Exemple : Les États-Unis interviennent en Grèce pour contrer une guérilla
communiste et soutiennent la Turquie pour protéger les gisements pétroliers
stratégiques au Proche-Orient.
Cette doctrine marque un engagement clair des États-Unis dans une politique
d’opposition au communisme à l’échelle mondiale.

4. Le Plan Marshall (juin 1947)

Face aux difficultés économiques persistantes en Europe, le secrétaire d'État américain


George Marshall propose une aide financière massive aux pays européens.

• Objectif : Restaurer une économie saine et éviter que les populations ne soient
attirées par le communisme, présenté comme un « parasite » qui prospère dans des
sociétés affaiblies.
• L’URSS refuse cette aide et impose ce refus aux pays sous son influence, comme la
Pologne et la Tchécoslovaquie.

5. Doctrine Jdanov (septembre 1947)

En réponse, l’idéologue soviétique Andreï Jdanov appelle à la solidarité entre les pays
communistes et anti-impérialistes autour de l’URSS.

• Jdanov dénonce le Plan Marshall comme un outil de domination américaine et


affirme que l'URSS est le leader du camp démocratique contre l'impérialisme
occidental.

6. Conséquences

La rupture entre les États-Unis et l’URSS est consommée en 1947.

• La « Grande Alliance » qui avait uni ces deux puissances pendant la guerre contre le
nazisme n’était qu’une alliance temporaire.
• Le monde bascule dans une logique de guerre froide, marquée par une opposition
systématique sur les plans politique, économique et militaire.

Ce tournant de 1947 scelle le début d’un affrontement idéologique entre deux visions du
monde : le capitalisme démocratique des États-Unis et le communisme autoritaire de
l’URSS.

nouveau type d’affrontement:


caractéristique de la Guerre froide, qui commence en 1947. Cet affrontement n’est pas
une guerre traditionnelle, mais une lutte globale dans laquelle les deux blocs (États-Unis
et URSS) mobilisent des moyens variés pour s’opposer :

1. Les formes de rivalité :

Chaque bloc utilise plusieurs outils pour dominer et affaiblir l’autre :

a. Propagande idéologique : Chaque camp diffuse ses idées pour convaincre


le reste du monde de la supériorité de son système politique et économique
(capitalisme vs communisme).
b. Compétition économique, scientifique et culturelle : Les deux blocs
rivalisent pour prouver leur supériorité, par exemple en développant de
nouvelles technologies ou en remportant des succès culturels.
c. Course aux armements : Les deux superpuissances investissent
massivement dans leurs arsenaux militaires, notamment nucléaires.
d. Recherche de zones d’influence : Elles cherchent à élargir leurs alliances
et contrôler de nouvelles régions stratégiques.
2. L’exclusion de l’affrontement direct :

Bien que les tensions soient intenses, aucun des deux blocs ne veut engager de conflit
militaire direct, car cela risquerait de provoquer une guerre nucléaire.

3. La course nucléaire :
a. Après la Seconde Guerre mondiale, seuls les États-Unis possèdent l’arme
nucléaire. L’URSS décide alors de rattraper ce retard en développant sa
propre bombe atomique, ce qu’elle réussit en 1949 grâce à un espionnage
intensif.
b. En 1952, John Foster Dulles, secrétaire d’État américain, affirme que toute
attaque soviétique entraînerait des représailles massives nucléaires.
Cette doctrine repose sur l’idée de dissuasion : la peur des représailles
empêche chaque camp d’attaquer l’autre.
c. L’équilibre de la terreur nucléaire repose donc sur une destruction mutuelle
garantie si l’un des deux camps engage une attaque.
4. L’avancée technologique soviétique :

Dès 1953, sous Nikita Khrouchtchev, l’URSS développe des missiles intercontinentaux,
capables de porter des têtes nucléaires sur de longues distances. En 1957, l’Union
soviétique montre sa supériorité technologique en lançant Spoutnik, le premier satellite
artificiel, marquant une étape clé de la Guerre froide dans la conquête spatiale.

Les prémices d'un monde bipolaire

1. Deux systèmes idéologiques et politiques concurrents

1. Deux systèmes concurrents : L'URSS et son bloc

• Création du Kominform (1947) :


o L'URSS établit une organisation de contrôle sur les partis communistes
mondiaux.
o Son rôle est de promouvoir les idéaux communistes et de mobiliser les
communistes occidentaux à agir contre les régimes capitalistes (notamment
via des grèves révolutionnaires).
• Imposition des démocraties populaires en Europe de l'Est :
o L'URSS instaure des régimes calqués sur son propre modèle :
▪ Politique : domination d’un parti unique communiste.
▪ Économie : planification centralisée, collectivisation des terres,
étatisation.
o Le coup de Prague (1948) permet à l’URSS de contrôler la Tchécoslovaquie,
dernier bastion anti-communiste en Europe centrale.
• Isolement de la Yougoslavie :
o En 1948, le Kominform expulse la Yougoslavie pour cause d'indépendance
idéologique.
o Josip Tito refuse de se soumettre à Moscou, ce qui entraîne une rupture
entre les deux pays.
• Création du CAEM (1949) :
o Le Conseil d'aide économique mutuelle regroupe les pays d'Europe de l'Est
dans un marché commun dominé par l’URSS.
o Ces pays sont isolés des échanges mondiaux et dépendants de l’économie
soviétique.

2. Les États-Unis et leur bloc

• Réaction au coup de Prague :


o Les États-Unis renforcent leur soutien à l’Europe occidentale pour contrer
l’expansion communiste.
o Ils organisent la création de l’Organisation européenne de coopération
économique (OECE) (1948) pour distribuer les fonds du plan Marshall.
• Le Plan Marshall (1948-1952) :
o Aide financière massive des États-Unis : 12,8 milliards de dollars (85 % sous
forme de dons).
o Objectifs :
▪ Reconstruire l’Europe dévastée par la guerre.
▪ Stimuler une croissance économique durable.
▪ Éviter la progression du communisme grâce à la prospérité.
• Intervention en Amérique latine :
o En 1961, le président Kennedy lance l’Alliance pour le progrès pour
empêcher l’influence communiste sur le continent américain.
o Le programme inclut des aides économiques et militaires, notamment pour
contrer les mouvements révolutionnaires en Amérique du Sud.

La fracture du continent européen et la bipolarisation du monde

1. Exclusion des communistes dans les démocraties occidentales

• Dès 1947, les partis communistes sont marginalisés dans la politique des pays
occidentaux :
o Les ministres communistes sont exclus des gouvernements (ex. : France,
Italie, Belgique).
o Les partis communistes perdent leur influence, marquant une coupure nette
entre l’Ouest et l’Est.

2. Division de l’Allemagne en deux États (1949)

• La rupture Est-Ouest aboutit au partage de l’Allemagne :


o République Fédérale d’Allemagne (RFA) :
▪ Formée à partir des trois zones occidentales (américaine,
britannique, française).
▪ Intégrée au camp occidental, elle bénéficie de l’appui des États-Unis
pour reconstruire une économie prospère, similaire à celle du Japon.
o République Démocratique Allemande (RDA) :
▪ Contrôlée par l’URSS et intégrée au bloc soviétique.
• Berlin-Ouest :
o Bien que situé au cœur de la RDA, Berlin-Ouest reste sous contrôle
occidental.
o La ville devient une vitrine du capitalisme et un symbole de la supériorité du
modèle occidental.

3. Alliances militaires opposées

• Création de l’OTAN (1949) :


o L’Organisation du traité de l’Atlantique Nord regroupe les États-Unis, le
Canada et 10 pays européens.
o Objectifs :
▪ Garantir la sécurité militaire de l’Europe occidentale.
▪ Défendre les principes démocratiques face à la menace soviétique.
o C’est la première alliance militaire en temps de paix pour les États-Unis.
• Création du Pacte de Varsovie (1955) :
o En réponse à l’intégration de la RFA dans l’OTAN, l’URSS établit le Pacte de
Varsovie.
o Ce pacte lie l’URSS à ses satellites d’Europe de l’Est, formant un bloc
militaire communiste.
La guerre froide: un contexte favorable à la décolonisation
a) La pression des deux Grands

• La position des États-Unis :


• Les États-Unis s'opposent aux empires coloniaux après 1945 pour des raisons
idéologiques et économiques :
o Ils défendent les valeurs de liberté et démocratie, notamment en référence
à leur propre histoire d'indépendance.
o Ils soutiennent le libre-échange et veulent abolir les systèmes de
préférences impériales qui entravent le commerce mondial.
o La Charte de l'Atlantique (1941), signée par Roosevelt et Churchill, affirme
explicitement le droit des peuples à choisir leur forme de gouvernement,
montrant un engagement clair contre la colonisation.
• La position de l'URSS :
• L'URSS voit dans la décolonisation un moyen d'affaiblir les puissances
occidentales et leurs systèmes impérialistes.
• Staline, à la conférence de Yalta, déclare que l'indépendance des peuples
colonisés est une priorité, alignée avec la lutte de l'URSS contre l'impérialisme.
• L'URSS soutient activement les mouvements nationalistes pour étendre ses zones
d’influence et établir des alliances stratégiques dans le monde entier.
• L'action commune des États-Unis et de l'URSS :
• Les deux superpuissances utilisent la décolonisation comme un outil dans la
guerre froide, cherchant à rallier les nations récemment indépendantes à leur
camp respectif.
• Ils poussent les puissances coloniales à abandonner leurs empires pour gagner en
influence dans ces nouvelles régions.
• Rôle de l'ONU :
• Créée en 1945, l'ONU affirme dans sa charte le principe de l'égalité entre les
nations, grandes et petites.
• L'Assemblée générale de l'ONU devient rapidement une plateforme pour les
nations anticolonialistes, renforçant la légitimité des luttes pour l'indépendance.
la conférence de Bandung en Indonésie (1955) :

Le contexte et les initiateurs :


• La conférence de Bandung a été organisée à l'initiative de pays asiatiques
récemment indépendants : l'Inde, le Pakistan, la Birmanie, le Sri Lanka et
l'Indonésie.
• Elle regroupe 29 délégations d'Asie et d'Afrique, représentant 55 % de la
population mondiale, mais seulement 8 % du revenu mondial, reflétant les
inégalités économiques mondiales.
• Apparition du « tiers-monde » :
• Le terme « tiers-monde », inventé en 1952 par le démographe Alfred Sauvy, désigne
ces pays souvent marginalisés, exploités et ignorés, similaires au rôle du tiers état
sous l'Ancien Régime.
• La conférence marque l'entrée en scène internationale de ce groupe de pays,
cherchant à faire entendre leur voix.
• Objectifs de la conférence :
• Elle représente une victoire morale pour les peuples colonisés, en dénonçant
fermement les abus du colonialisme.
• Les participants, bien que différents dans leurs affiliations politiques (pro-
occidentaux, pro-communistes, neutralistes), expriment une solidarité envers les
peuples encore sous domination coloniale.
• Les décisions et propositions :
• Le communiqué final de la conférence établit une volonté d’agir collectivement et
de jouer un rôle actif sur la scène internationale.
• Les conditions d’une coopération économique et culturelle sont définies pour lutter
contre le retard de développement des pays participants.
• La conférence réclame :
o La fin du colonialisme.
o Le respect des droits de l’homme et des peuples, conformément à la
charte des Nations unies.
o Le désarmement, afin de promouvoir la paix mondiale.
• Impact:
• La conférence de Bandung est une étape importante dans la formation d’un
mouvement des pays non-alignés, qui revendiquent une indépendance politique et
économique vis-à-vis des deux blocs de la guerre froide.

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