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Cours sur les Finances Locales

Le document traite des finances locales, en se concentrant sur le budget des collectivités locales (CL), ses principes, son contenu et sa procédure d'élaboration. Il souligne l'importance de l'autonomie financière des CL pour établir un budget équilibré et décrit les règles de comptabilité publique qui encadrent l'exécution budgétaire. Enfin, il aborde le contrôle budgétaire et les principes fondamentaux tels que l'annualité, l'universalité, l'unité et l'équilibre qui guident la gestion financière des CL.

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Cours sur les Finances Locales

Le document traite des finances locales, en se concentrant sur le budget des collectivités locales (CL), ses principes, son contenu et sa procédure d'élaboration. Il souligne l'importance de l'autonomie financière des CL pour établir un budget équilibré et décrit les règles de comptabilité publique qui encadrent l'exécution budgétaire. Enfin, il aborde le contrôle budgétaire et les principes fondamentaux tels que l'annualité, l'universalité, l'unité et l'équilibre qui guident la gestion financière des CL.

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FINANCES LOCALES

Ibrahima Mbaye

Le 05/04/2004

Première Partie : LE BUDGET


I – Définition et caractéristiques du budget
II – Principes budgétaires
III- Contenu du budget
Deuxième Partie : LES RESSOURCES FINANCIÈRES ET CHARGES DES CL
I - Les Ressources
II - Les Charges
Troisième Partie : LA PROCÉDURE BUDGÉTAIRE
I- Nomenclature du Budget
II- Contexture du Budget

Quatrième Partie : LA PROCÉDURE BUDGÉTAIRE


I - La Préparation
II – L’adoption
III– L’approbation
Cinquième Partie : LES RÈGLES DE COMPTABILITÉ PUBLIQUE
a- Les principes d’exécution du Budget
b- Les procédures d’exécution du Budget
c- La comptabilité des CL
d- La gestion de la trésorerie locale
Sixième Partie : LE CONTRÔLE BUDGÉTAIRE
I- Contrôle d’élaboration (contrôle administratif)
II- Contrôle d’exécution (contrôle du conseil d’Etat)
III- Contrôle juridictionnel (contrôle de la cour des comptes)
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Première Partie : LE BUDGET

Chapitre I : Le cadre du budget de la CL

Le cadre budgétaire est constitué par l’ensemble des règles juridiques et techniques qui
permettent d’élaborer le budget et de l’exécuter.
Ces règles concernent sa préparation, son adoption, son approbation et son exécution.

Section I : Le cadre juridique et institutionnel


Paragraphe I : La notion du budget de la CL
De manière générale toute structure qui fonctionne est appelée à élaborer un budget ; c’est le
cas des ménages, d’une association, d’une entreprise ou d’une collectivité publique (Etat, CL,
établissements publics) ou simplement un service d’une collectivité publique (service d’une
CL ou de l’Etat).
Mais élaborer un budget suppose surtout disposer d’une autonomie financière.
A-La notion d’autonomie financière
L’autonomie financière permet à la CL de déterminer ses ressources et ses charges et de
confectionner un budget. Elle suppose qu’elle dispose de ressources financières suffisantes et
qui lui permette de l’équilibrer.
B- La notion de budget
a/ Définition du budget : Le budget est l’acte par lequel une CL prévoit et utilise pour une
année financière ses recettes et ses dépenses.
A partir de cette définition, nous allons dégager un certain nombre de caractéristiques d’un
budget public.
b/ Les caractéristiques d’un budget public :
 1ère caractéristique : le budget est un état prévisionnel.
Le budget est un instrument de gestion prévisionnel au même titre que le plan. Les ressources
et les dépenses qu’il décrit sont déterminées et évaluées à l’avance. Mais il s’agit avant tout de
recettes et dépenses prévues par la loi (CCL).
Les montants inscrits résultent de calculs (ou évaluations) faites selon des méthodes et des
techniques réglementaires.
Les chiffres inscrits sont des chiffres probants c’est à dire susceptibles d’être atteints et non
des chiffres certains.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Donc, en tout état de cause, ils doivent respecter le principe de l’équilibre budgétaire.
 2ème caractéristique : le budget est un acte d’autorisation. Une simple prévision ne suffit
pas pour faire le budget ; les recettes et les dépenses inscrites doivent avant d’être exécutoire,
être adoptées par l’organe délibérant (conseil de la CL) et approuvé par le RE.
Sur le plan formel, l’acte budgétaire est une délibération qui entre dans la catégorie d’actes
locaux dont l’exécution est subordonnée à l’approbation préalable du Représentant de l’Etat.
 3ème caractéristique : le budget annuel. Les prévisions et les autorisations qui sont données
dans le cadre du budget sont valables pour une année au terme de laquelle elles sont annulées
et doivent en conséquent être renouvelées sur l’année suivante. L’année budgétaire
correspond avec l’année civile (1er janvier au 31 décembre).
C- Les textes fondamentaux qui régissent le budget
a/ Code des collectivités locales.
C’est un texte qui a été pris en 1996 sur la forme loi 96-06 du 22 Mars 1996.
Ce texte a été pris en remplacement l’ancien code de l’administration communale de 1966.
C’est l’équivalent pour les CL de la loi organique relative aux lois de finance de l’Etat pour
les finances de l’Etat.
Le CCL contient entre autres dispositions un certain nombre de dispositions budgétaires.
Il détermine le partage du pouvoir financier entre l’exécutif local qui prépare et exécute le
budget, l’organe délibérant qui l’examine et le vote et enfin le représentant de l’Etat qui
contrôle et approuve l’acte budgétaire.
Le même texte pose les grands principes budgétaires appliqués au budget de la CL (annualité,
universalité, unité, équilibre, spécialité) et prévoit les aménagements qui leur sont apportés.
Le même texte cite les ressources et les charges des CL, précise leur affectation comptable et
donne des indications sur la procédure de leur contrôle. Il constitue ainsi le texte fondamental
de Droit Budgétaire Local.
b/ Le décret n° 66-510 du 30 juin 1966 portant régime financier des CL.
Ce texte pris en application de l’ancien code de l’administration locale n’a pas encore fait
l’objet de révision pour l’adapter aux dispositions du CCL de 1996.
Il s’agit d’un texte réglementaire, plus technique, qui pose les règles fondamentales relatives à
la gestion des deniers publics locaux.
Il constitue de ce fait le pendant au niveau local du décret portant règlement sur la
comptabilité publique de l’Etat dont il reprend les grands principes et les procédures en les
adaptant au contexte local. On peut citer le principe de la séparation des fonctions
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

d’ordonnateur et de comptable, les phases d’exécution des opérations budgétaires, les


responsabilités des ordonnateurs et des comptables locaux, le contrôle administratif,
juridictionnel et politique qui s’applique à l’exécution du budget des CL.
c/ Le décret de 1991 portant nomenclature budgétaire comptables des CL.
Ce texte régit le système de codification et de classement des recettes et des dépenses qui
permet d’identifier toutes les recettes et toutes les dépenses susceptibles d’être inscrites au
budget des CL. Il fixe en même temps les règles de comptabilisation des opérations
financières des CL suivant un plan comptable inspiré du plan comptable général.
Le 10 Mai 2004
Le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) s’étale sur six (6) ans.
Cependant, il a été conçu un Plan Triennal d’Investissement Prioritaire (PTIP) qui est un plan
intermédiaire et opérationnel en vue de permettre la réalisation des objectifs fixés. Le budget
vient en appoint, chaque année, pour faciliter les opérations de payement par tranche.
D. Critique du cadre juridique du Budget
Une nomenclature est constituée d’un certain nombre de comptes.
Les finances locales sont un sous-système des finances publiques. Elles présentent la
particularité d’être très encadrées. En effet, l’élaboration et l’exécution du budget restent
soumis au contrôle de l’Etat et ce en dépit du principe de la libre administration qui est le
fondement de la décentralisation.
Paragraphe II : Le budget dans le système de gestion du développement local
A- Budget et Plan : Une de missions fondamentales de la CL est la conception, la
programmation et la mise en œuvre des actions de développement. Cette disposition du CCL
ouvre aux CL la possibilité d’intervenir sur le plan économique. Elle attribue également aux
régions u pouvoir de programmation du DL tout en respectant les attributs propres aux
collectivités de base. Les articles 25-83-198 du CCL habilite la région, la Commune et la
Communauté rurale à élaborer un PRDI, PIC, PLD.
Le Plan de développement de la CL constitue avec son budget des outils de gestion
prévisionnelle ; mais chacun garde sa spécificité.
Le budget est établi dans le cadre limite de l’année tandis que le Plan est pluriannuel. Le
plan définit des objectifs et des moyens matériels, humains et financiers pour les atteindre.
Le budget prévoit dans le cadre annuel les moyens financiers nécessaires à la réalisation des
objectifs du plan.
Des techniques sont mises en place pour permettre d’articuler Plan et Budget.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

a. Technique de l’autorisation du programme. Par cette technique le conseil de la CL


autorise l’ordonnateur du budget à engager sur une période qui dépasse l’année
toutes les dépenses nécessaires à la réalisation d’une tranche du programme ou du
plan.
b. Technique de crédit de payement. Elle permet de prévoir dans le budget
l’ordonnancement ou le payement des tranches du programme réalisés après
service fait.
B- Budget et Comptabilité Publique
Le budget est un instrument de prévision. Il permet de prévoir à l’avance les recettes et
dépenses que la collectivité va effectuer dans l’année.
La comptabilité est une technique qui permet de décrire de manière différée les mouvements
financiers et matériels des éléments d’un patrimoine ou d’une entité comptable. Elle est donc
permanente puisqu’elle est tenue à tout moment. Elle est périodiquement arrêtée pour
permettre de dégager des résultats ou des situations.
On distingue en règle générale 2 types de comptabilité :
 La comptabilité privée utilisée par les personnes privées
 La comptabilité publique qui est celle des personnes publiques.
Sur le plan juridique les deux (2) types de comptabilité différent par leurs principes et
par leurs procédures.
Sur le plan technique par contre, elles utilisent les mêmes techniques. Elles sont donc
pareilles.
Sur le plan juridique, la Comptabilité Publique est exécutée sur la base d’un principe
fondamental à savoir la séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable. Elle se
traduit par 2 sous types de comptabilité :
o La comptabilité administrative tenue par les ordonnateurs
o La comptabilité financière tenue par les comptables publics.
La comptabilité administrative est une comptabilité budgétaire. Son objet est de suivre à tout
instant l’exécution des prévisions budgétaires. En fin d’année financière elle est synthétisée en
compte administratif.
La comptabilité financière est plus complète. Elle est patrimoniale. Elle utilise le plan et les
techniques comptables en cours dans les sociétés privées. Elle est synthétisée en fin de
période par le compte de gestion.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

On ajoute à cette comptabilité publique la comptabilité qui suit les valeurs matérielles
(comptabilité matière).
Le 17 Mai 2004
Section 2 : Les principes budgétaires appliqués au budget des CL
L’élaboration du budget des CL repose comme le budget de l’Etat sur quatre (4) principes
fondamentaux : l’annualité, l’universalité, l’unité et l’équilibre
L’application de ces principes permet d’élaborer le budget des CL dans la clarté et la sincérité
afin d’en faciliter le vote et le contrôle.

Paragraphe 1 : Le principe de l’annualité


Ce principe signifie que le budget est voté pour un an et que son exécution se déroule sur une
période de 12 mois. En d’autres termes, l’autorisation qui est donnée par le vote du budget
pour son exécution est valable pour un an.
Lorsque l’autorisation intervient en cours d’année budgétaire, elle n’est valable que pour
l’année budgétaire en cours.
A- Justification : Le principe de l’annualité se justifie pour des raisons pratiques et pour des
raisons politiques
 Raisons pratiques : dans la mesure où l’année est une période optimale (elle n’est
ni trop longue, ni trop courte) susceptible de garantir la fiabilité des prévisions
budgétaires
 Raisons politiques : elle permet de contrôler régulièrement l’action de l’exécutif
local
B- Portée du Principe :
 Le conseil de la CL renouvelle son autorisation tous les ans, donc après avoir
contrôlé l’exercice précédent ; les budgets se succèdent mais les exercices
budgétaires sont indépendants
 Les crédits ouverts et non consommés avant la fin de l’année budgétaire sont
annulés ; on dit qu’il tombent en fonds libre.
On entend par crédit la prévision de recettes ou de dépenses qui a reçu
l’autorisation de l’organe délibérant et l’approbation du RE et qui correspond à une
autorisation de recouvrer des recettes ou une autorisation d’engager des dépenses.
Mais le terme en général est réservé aux dépenses.
Cependant les résultats des budgets clos correspondant à des droits acquis passent
dans la trésorerie de la CL.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

C- Les aménagements : La période annuelle va soulever dans son application quelques


difficultés liées notamment aux opérations d’une durée supérieure à un (1) an ou
inférieure à un (1) an.
 C1. Les autorisation spéciales :
Si laborieuse soit la procédure de préparation et de présentation du budget, celle ci ne
prévoit pas toujours toutes les recettes et toutes les dépenses de l’année. En cours
d’année budgétaire, des recettes nouvelles peuvent intervenir et des réajustements
peuvent s’avérer nécessaire à l’ordonnancement des crédits budgétaires.
Pour faire face à cette situation, le conseil est autorisé à voter des budgets additionnels
élaborés dans les mêmes conditions que le budget primitif ; il porte le nom
d’autorisation spéciale.
De même, le résultat de l’exécution budgétaire qui peut être excédentaire ou déficitaire
doit être quelque soit le cas intégrer au budget suivant qui fera l’objet d’une
autorisation de report.
Le 24 Mai 2004
 C2. Les autorisations de programme (AP)
Les autorisation de programme interviennent lorsque l’exécution de la dépense doit
excéder une année.
En règle générale, l’autorisation budgétaire est annuelle et toute dépense non engagée
tombe en fonds libre dès la fin de l’année.
C’est pour éviter que l’écueil des dépenses d’investissement dépasse l’année qu’il a
été prévu le système des AP.
Le conseil de la CL peut ainsi voter dans le cadre des plans locaux de développement
des A. permettant à l’exécutif local d’engager des dépenses sur une période dépassant
l’année.
Les AP comportent une limite dans le montant qui doit faire l’objet d’engagement ;
elle figure sous forme d’inscription pour mémoire dans le budget ; en conséquence,
elle n’entre pas dans la détermination de l’équilibre budgétaire.
Lorsque l’engagement est effectif et qu’il se traduise par un service fait, l’autorité
exécutive doit prévoir sur le prochain budget les crédits nécessaires au payement des
tranches de programme réalisés.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Paragraphe 2 : Le principe de l’universalité budgétaire


A- Enoncé du principe : Le principe de l’universalité veut que les recettes et les dépenses
prévues soient inscrites de façon distincte pour leur montant global et sans contraction entre
les unes et les autres.
B- L’application : Dans son application, le principe va se traduire par deux (2) règles :la règle
du produit brut et la règle de la non affectation des recettes
 B1- La règle du produit brut : Elle commande d’inscrire les recettes et les dépenses
pour leur montant brut et non pour leur solde (produit bru).
Cette règle est édictée par l’article 3 du décret 66-510 du 17 Juin 1966 portant régime
financier des CL : « Il doit être fait recette du montant intégral des produits ».
Le même décret interdit dans son article 01 toute compensation entre les recettes et les
dépenses. La pratique du produit net aurait eu pour conséquence de priver le conseil
de la CL de tout contrôle sur une partie des recettes et des dépenses.
 B2- La règle de la non affectation des recettes : Elle commande d’inscrire les recettes
et les dépenses. Cette règle veut que l’ensemble des recettes servent à la couverture de
l’ensemble des dépenses sans distinction. Elle interdit par conséquent la couverture
d’une dépense par une recette particulière.
Dans la réalité le principe s’applique essentiellement aux opérations de la section de
fonctionnement du budget qui est en grande partie financée avec des ressources
propres (impôts, taxes, redevances).
C- Aménagement du principe : Des cinq (5) principes annoncés, celui de l’universalité est
celui qui connaît le plus d’altération surtout au niveau de la règle de la non affectation.
En effet, l’expérience a montré que la plupart des recettes budgétaires destinées à
l’investissement sont des recettes affectées.
a- Assouplissement lié à l’utilisation de certaines recettes de fonctionnement :
1. le prélèvement sur les recettes de fonctionnement
2. le fonds de dotation à la Décentralisation
1- Le prélèvement sur les recettes de fonctionnement. Lorsque les
recettes prévues au niveau de la section de fonctionnement ont
couvert l’ensemble des dépenses de cette section, il en résulte un
excédent des recettes qui, en règle générale, est affecté à la section
d’investissement.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

2- le fonds de dotation à la Décentralisation. Par nature, ils


correspondent à des ressources prélevées sur le budget de l’Etat soit
pour assurer le fonctionnement des structures résultant du transfert
de compétence soit financer leurs investissements.
Parmi les ressources qui assurent le fonctionnement des CL, la plus
importante est le fonds de dotation alloué par l’Etat aux CL pour
leur permettre d’assurer les charges résultant du transfert de
certaines compétences.

Le 31 Mai 2004
3. Les aménagements liés à l’utilisation des recettes d’investissement.
S’agissant des recettes d’investissement destinées à couvrir les dépenses
en capital, l’essentiel est constitué des recettes affectées. Elles sont
dispensées par l’Etat (Fonds de concours, emprunts) et par les bailleurs
de fonds et les particuliers.
Il est donc interdit de se servir de ces recettes pour autre chose que
ce que les donateurs ont prévu.
1- Les fonds de concours. De façon générale, un fonds de concours
correspond à des sommes d’argent versées à la CL par des
personnes physiques ou morales pour contribuer avec des fonds de
la collectivité aux dépenses d’intérêt général présentant un intérêt
particulier. Ces fonds doivent pour respecter la volonté du donateur
concerner leur destination.
La CL doit prévoir dans son budget d’une part la recette, d’autre
part les crédits correspondant aux dépenses concernées pour un
montant au moins égal à celui de la recette.

Financement
Montant Fonds propres Etat Bailleurs A Bailleurs B Travaux
Projet A 120 60 60 120
Projet B 100 30 20 50 70
Projet C 80 10 45 15 80
Total 300 30 100 45 125 300

Les principaux pourvoyeurs des fonds de concours sont l’Etat, les bailleurs et les particuliers.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Le terme fonds de concours s’assimile à la part de l’Etat. (Ce qui est recherché c’est la
participation des populations).
Les fonds de concours donnés par les bailleurs de fonds s’assimile à des subventions ou
d’appui budgétaire qui sont gérés hors budget.

Les fonds d’emprunt : Les CL peuvent obtenir auprès de l’Etat ou de certaines institutions
financières et des bailleurs de fonds des prêts pour leur permettre de financer des
investissements. En contrepartie, elle verse au bailleur d’une part le remboursement du capital
(section investissement) et des intérêts débiteurs (section de fonctionnement).
Puisque l’opération comporte un coût, l’emprunt est utilisé pour financer les projets
générateurs de revenus.
Les fonds prêtés seront exclusivement affectés au projet pour lequel ils ont été obtenus.

Paragraphe 3 : Le principe de l’équilibre budgétaire


Le principe de l’équilibre budgétaire est parmi les principes budgétaires celui qui connaît le
plus de vigueur ; le législateur en a fait une obligation juridique.
A- Enoncé et justification du principe : Le principe veut que l’ensemble des dépenses prévues
au budget soit égale à l’ensemble des recettes aussi bien pour la section de fonctionnement
que pour la section d’investissement.
Cette exigence se justifie par le souci de l’Etat de contraindre les CL à agir dans les limites de
leur capacité financière pour que les finances locales n’ait aucune incidence sur l’équilibre
financier qui doit être géré par l’Etat.
La CL ne peut contrairement à l’Etat de faire un déficit budgétaire parce que le système
financier des CL est un sous système du système financier de l’Etat.
La règle de l’équilibre budgétaire s’applique non seulement au budget principal des CL mais
aussi à ses budgets annexes.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

B- Application du système :
a- Les conditions de l’équilibre : Pour que l’équilibre soit réel, l’article 345 du CCL
pose 3 conditions :
1. Les deux (2) sections du budget doivent être présentées chacune en
équilibre.
2. les recettes et dépenses inscrites au budget doivent être évaluées de façon
sincère
3. les recettes prélevées sur la section de fonctionnement au profit de la
section d’investissement doivent couvrir le remboursement en capital de la
dette financière.

 1ère condition : L’équilibre de chacune des sections. L’équilibre des sections


comprennent les ressources propres et les ressources extérieures.
Les ressources propres (fiscales, impôts, taxes, domaine, état civil) sont soumises à
la règle de l’unité budgétaire.
Les ressources extérieures sont des ressources affectées. Les ressources de la SF
doivent couvrir intégralement les dépenses réelles de fonctionnement (dépenses
obligatoires et facultatives).
Il est recommandé que ces dépenses réelles de fonctionnement soient fixées à
niveau réel de fonctionnement.
Il en résulte une différence appelée épargne budgétaire qui correspond à un
excédent de recettes qui, par un jeu comptable, est transféré (mouvement financier)
à la SI.
L’équilibre de la SF se traduit aussi par cette équation
Recettes réelles Dépenses réelles Epargne
de fonctionnement = de fonctionnement + budgétaire
(Recettes propres + (Dépenses propres + (Excédent de
Fonds de dotation) dépenses transférées) recettes)

L’équilibre de la SI est formulé de la façon suivante :


Recettes réelles + Excédent de fonctionnement = Dépenses réelles Remboursement
d’Investissement capitalisé d’Investissement + en capital
de la dette
financière
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

 2ème condition : La sincérité des évaluations budgétaires. Le budget est dit sincère
lorsque ses recettes et ses dépenses reflètent la réalité économique et financière de
la CL concernée.
Les facteurs qui faussent cette sincérité tiennent à la sous évaluation et à la
surévaluation des recettes et des dépenses.
Pour garantir la sincérité budgétaire, l’évaluation des recettes et des dépenses doit
s’appuyer sur des documents (administratifs, financiers, comptables…) certifiés.
La démarche d’évaluation consiste d’abord à évaluer les recettes et ensuite à
moduler les dépenses en fonction des recettes évaluées.
La méthode exige beaucoup de rigueur et de sérieux si l’on veut atteindre la
sincérité budgétaire.

 3ème condition : La couverture du remboursement du capital par les ressources


propres
Le montant du remboursement de la dette en capital échu en milieu d’année doit
être couvert par les recettes sur la SF quand celui-ci est insuffisant ; il peut être
complété par des recettes propres d’investissement telles que le produit de
l’aliénation des éléments du patrimoine.
NB : Les dépenses d’investissement sont des dépenses qui ont pour but
d’augmenter la valeur du patrimoine.
En d’autre terme, il faut que la CL prévoit sur ses ressources propres
(fonctionnement comme investissement) de quoi rembourser sa dette financière.
Cela risque de se faire au détriment des dépenses prioritaires ou stratégiques en cas
de difficultés financières.
Le 07 Juin 2004

C- Les sanctions du principe


L’équilibre budgétaire doit être observé au moment de l’élaboration du budget et durant
l’exécution du budget.

a- Au moment de l’élaboration du budget. Les autorités locales chargées de préparer le


budget doivent respecter les trois (3) conditions qui forment l’équilibre budgétaire. Le
RE doit veiller à ce qu’il en soit ainsi.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Lorsque le budget n’est pas voté en équilibre réel, le RE le constate dans les 15 jours
qui suivent sa transmission et propose à la CL dans un délai de 15 jours à partir de sa
constatations les mesures nécessaires au rétablissement de l’équilibre et demande au
conseil de la CL une nouvelle délibération.
Deux cas de figure peuvent alors se poser :
i. Le conseil prend en compte les propositions du RE et vote le budget
dans les 15 jours qui lui sont impartis. Si le RE est d’accord avec le
conseil, il prend l’arrêté qui approuve le budget et le rend exécutoire.
Les date d’accusé de réception seront des preuves pour le respect des
délais.
ii. Le conseil n’a pas délibéré dans les délais prescrits. En pareil cas, le RE
se substitue au conseil de la CL pour arrêter le budget et le rend
exécutoire.

Constatation par le RE Nouvelle délibération du conseil


15 jours 15 jours

Il faut préciser que la substitution du RE se situe à deux niveaux :


 les délais requis
 la date butoir du 31 Mars

b- Au moment de l’exécution du budget Le contrôle se déplace au niveau de l’équilibre


de trésorerie. En effet, durant l’exécution du budget la CL doit connaître une trésorerie
sinon équilibrée tout au moins excédentaire. Elle ne doit pas être déficitaire.
Ceci s’apprécie au niveau de la disponibilité des fonds.
[En guise de rappel, le crédit (budget) est une autorisation de dépense qui se traduit par un
engagement puis mandatement…
tandis que le fonds (trésorerie) est une recette qui se transforme en liquidité pour servir au
payement des dépenses.
La navigation du crédit au fonds permet une régulation des opérations. ]

Le comptable doit informer constamment l’ordonnateur de la situation de disponibilité de ces


fonds (tous les mois) par la communication de la situation financière de la CL.
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Ibrahima Mbaye

Document budgétaire Comptabilité de Comptabilité du Comptabilité


l’ordonnateur Receveur Matières

R D Compt. Budg. Comp. en deniers Comptabilité des


SF Voir fiche Caisse valeurs
d’engagement Droits constatés :
SI * dettes/créances

Compte administratif Compte de gestion Inventaire matériels

Section 3 : La Présentation du budget


Le budget de la CL est présenté selon une contexture et selon une nomenclature budgétaire et
comptable.
Paragraphe I : La Nomenclature budgétaire (voir décret 91-1230 du 14 Novembre 1991
portant réforme des plans comptables de l’Etat et des CL)

La nomenclature est constituée par un ensemble de comptes chiffrés qui permettent


d’identifier et de classer les recettes et les dépenses du budget.
A- Objectifs de la nomenclature.
La mise en place d’une nomenclature budgétaire et comptable répond à deux (2) objectifs :
 mieux informer les élus locaux sur la nature, l’origine ou la destination des recettes
et des dépenses
 mieux gérer les autorisations budgétaires par les responsables des services
financiers et comptables.
La nomenclature est unique pour l’ensemble des CL et chaque CL ne retient dans la
confection de son budget que les rubriques qui l’intéressent.
Elle introduit par la même occasion une certaine homogénéité dans la présentation des
budgets des CL.
Et pour rendre le contrôle des finances locales aisé, elle est élaborée de concert par les
Ministre de l’Intérieur et des Finances.
B- Présentation Générale de la nomenclature
Appliquée aux CL, la nomenclature épouse à la fois la classification budgétaire telle qu’elle
ressort de l’arrêté n° 13966 du 04 Novembre 1976 portant nomenclature budgétaire des CL et
aussi le classement des opérations comptables telles qu’elles figurent dans le plan comptable
de l’Etat.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

a- La classification budgétaire Elle se fait à partir de critères bien définis : les recettes et
les dépenses sont d’abord réparties en deux (2) sections : SF et SI.
Ensuite les recettes sont classées selon leur nature et les dépenses selon leur nature ou
leur destination (selon les services).
1. Classification des recettes. La codification utilise en ce qui concerne les
recettes les comptes du Plan Comptable Sénégalais avant le SYSCOA.
Classe1 : Comptes de capitaux permanents : emprunts, fonds de dotation,
participation….
Classe 2 : Actif immobilisé : terrains, bâtiments, infrastructures, engins…
Classe 3 :
Classe 4 : Tiers : créances, dettes, effets… tout ce qui est structuré ou personne
physique ou morale qui, existe en dehors de la CL

14 Juin 2004
Classe 5 : caisse, banque.
Classe 6 : les comptes de charge (fournitures, matières, services, charges du
personnel) nécessaires pour assurer l’exploitation de l’entreprise.
Par rapport à la CL, cette classe de compte décrit tout ce qui est dépense de
fonctionnement à côté des charges d’investissement qui sont décrites dans les
comptes de la classe 1 et 2
Classe 7 : compte de produits (recettes de fonctionnement)
Classe 8 : les comptes de résultats
Classe 7 1200
-
Classe 6 1000
__________
= 200

Entreprise CL
cl 6 Compte Section de
cl 7 d’exploit. fonctionne.
cl 1 Investis- Section
cl 2 sement d’investis.
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Budget prévisionnel (1999)


R D
SF 100 100
SI 50 50

Budget réalisé (1999)


R D
SF 85 75
SI 35 30

Compte Administratif (1998)


Recettes Dépenses
Prévision de Réalisation Ecart Prévision de Réalisation Ecart
l’année l’année
SF 100 85 15 100 75 25

SI 50 35 15 50 30 20

Tableau Résultat (1999)


SF SI
R 85 35
D 75 30
Ecart +10 +5

Recettes Dépenses
Report Prévision de Total Prévision de Réalisation Ecart
l’année l’année
SF +10

SI +5
+15 60 75 20 55 75
FINANCES LOCALES
Ibrahima Mbaye

Le 21 Juin 2004
1.1.1 Classification des recettes de la Section de Fonctionnement
Les recettes de la SF sont classées en fonction de leur nature. La codification des recettes
utilise les comptes de la classe 7 du Plan Comptable Général. Elle sont répertoriées en
comptes généraux et en autant de sous comptes qu’il est nécessaire.
Exemple : le compte général 70 ; sous compte : 701, 702…
S’agissante des CL, l’ensemble des recettes de la SF sont répertoriées en neuf (9) comptes
généraux suivants :
 Cg 70 : Produits de l’exploitation des services publics
 Cg 71 : Produits domaniaux
 Cg 72 : Impôts locaux
 Cg 73 : Taxes municipales
 Cg 74 : Produits divers
 Cg 75 : Fonds de dotation
 Cg 76 : Remboursements, fonds de concours, participation
 Cg 77 : Intérêts et dividendes reçus
 Cg 78 : Travaux en régie
 Cg 79 : Produits exceptionnels
Chaque compte général peut être détaillé en sous comptes suivant les besoins de la CL
concernées.
Exemple : 1- Compte général 70 : Ce compte général décrit l’ensemble des revenus que la CL
tire de l’exploitation de ses services publics locaux.
Les services publics locaux peuvent être classés en deux (2) catégories :
o Les services publics à caractère administratif
o Les services publics à caractère …… commercial
Les premiers génèrent des recettes telles que les produits de l’exploitation des actes d’état
civil, les légalisations ou encore la taxe de visite et de poinçonnage des viandes.
Chaque recette porte un code qui correspond à son compte d’exécution. Par exemple, la taxe
de visite et de poinçonnage porte le numéro de compte 703.
Exemple 70.2 : Le produit de service de vidange
CG 71 : il peut être détaillé en sous compte
71.00 : produit de la location des souks
71.03 : produit de la location des cantines
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Deuxième Partie : LES RESSOURCES ET CHARGES DES CL

Les ressources financières des CL sont nombreuses et variées. Le CCL en dénombre près de
80 recettes fiscales et non fiscales susceptibles d’être exploitées par les CL. Certaines d’entre
elles sont gérées par les CL elles-mêmes, d’autres par les services de l’Etat (recettes fiscales),
d’autres enfin sont cogérées par les CL et les services de l’Etat.
Les ressources des CL sont également regroupées en ressources propres ou internes ou en
ressources externes.

Titre I : Les Ressources


Chapitre 1 : Les Recettes Internes
Section 1 : Les recettes fiscales
Paragraphe 1 : Considérations générales
Elles proviennent de 2 sources :
o La source interne
o La source externe

Paragraphe 1 : Les Ressources internes


Les recettes internes sont celles qui sont obtenues par la mobilisation du potentiel économique
et financier des CL elles-mêmes. Pour ce faire, divers procédés de recettes peuvent être
utilisées :
o Le procédé de l’impôt
o Le procédé de la taxe
o Le procédé du prix et de la redevance
A- Définition et caractéristiques de l’impôt
1- Définition de l’impôt. L’impôt est une prestation pécuniaire requise par voie
d’autorité, à titre définitif et sans contrepartie en vue de la couverture des charges publiques.
De cette définition nous dégageons quatre (4) éléments :
a- L’impôt est une prestation pécuniaire. A la différence des prestations en nature,
elle se paie en nature ou réquisition sur elle se fait sur la richesse du contribuable
qui peut être une personne physique ou morale de droit privé ou de droit public
b- Le caractère obligatoire et définitif de l’impôt. Le payement de l’impôt est
définitif ; le contribuable ne peut plus espérer être remboursé sauf s’il a payé
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indûment ; en cela l’impôt, à la différence de l’emprunt, est un procédé de recettes


permettant à la CL de disposer de ressources remboursables à terme.
Le 28 Juin 2004
c- L’impôt sert à couvrir les charges publiques c’est à dire l’impôt est destiné à
couvrir toutes les dépenses d’intérêt général de l’Etat et des CL
d- Toutes les dépenses sont traitées sur le même pied d’égalité ; en conséquence, le
procédé de l’impôt est le procédé le plus indiqué pour les couvrir. A la différence
des dépenses financées sur les ressources extérieures (bailleurs de fonds) qui,
nécessairement doivent être couvertes par des ressources octroyées dans le respect
de la volonté des donateurs. C’est ce qui fait le caractère universel de l’impôt.
e- L’absence de contrepartie. Le payement de l’impôt ne donne pas droit au
contribuable de recevoir de l’Etat ou de la CL une quelconque prestation en biens
ou en services. A la différence de la taxe qui est versée en contrepartie d’un service
rendu par la CL.
B- Comparaison de l’Impôt et de la taxe
La taxe est une notion similaire à l’impôt ; donc, comme l’impôt, la taxe est prélevée par voie
d’autorité et à titre définitif, ce qui en fait un caractère fiscal.
Elle est par ailleurs destiné à couvrir des charges publiques. Mais à la différence de l’impôt, la
taxe comporte une contrepartie : le service que la CL doit rendre aux populations. Par
exemple, la TEOM.
C- Comparaison de la taxe et du prix.
Le prix rémunère une prestation de biens ou de services faite par la CL. A la différence de la
taxe, le prix est fixé en fonction du coût de revient du bien ou du service vendu.
Prix = Coût de revient + taxe + marge bénéficiaire.
D- Les principes de l’impôt.
Deux principes régissent l’impôt : le principe de légalité et le principe de l’annualité.
a- Le principe de légalité. La création de l’impôt est toujours décidée par une loi ; c’est
donc une prérogative parlementaire qui est affirmée par la constitution qui dit que
l’Assemblée Nationale a le droit de déterminer librement l’assiette, les taux et les
modalités de recouvrement des impositions de toute nature ceci en vertu du principe
du consentement du citoyen.
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Tous les impôts actuels votés par l’Assemblée Nationale sont rassemblées dans un
recueil de lois du Code Général des Impôts qui organise les modalités d’assiette et de
recouvrement des impôts d’Etat et des impôts locaux.
Le CCL cite tous les impôts qui ont un caractère local mais les modalités d’assiette et
de recouvrement sont développées dans le CGI.
Par ailleurs, le budget de l’Etat et les budget locaux prévoient chaque année le montant
à percevoir sur les impôts d’Etat et les impôts locaux.
b- Le principe de l’annualité. Les impôts locaux sont établis tous les ans en fonction des
faits constatés au 1er janvier de l’année. Il existe cependant un certain nombre de
dérogation prévues par le CGI ; l’exemple de la patente.
Les impôts locaux sont assis par les services fiscaux (Direction Générale des Impôts et
des Domaines) et recouvrés par les comptables du trésor.

Paragraphe 2 : La gestion des Ressources fiscales


La gestion des ressources fiscales pose deux (2) sérieux problèmes : d’abord un problème de
compétence et ensuite des problèmes techniques.
A- Problème de compétence.
Nous dirons en premier lieu que les CL n’ont aucune compétence en matière de création
d’impôt. Elles ne peuvent pas non plus agir sur les taux et les modalités d’assiette et de
recouvrement.
a- Absence de pouvoir de création d’impôt. Les CL n’ont donc aucun pouvoir dans ce
domaine, mais pour certaines taxes la loi peut se limiter à fixer un taux maximum et un
taux minimum laissant aux CL la liberté de fixer un taux entre les deux par délibération
du conseil de la CL ; exemple : la taxe rurale.
Il y a :
 un taux national fixé par l’Assemblée National ; c’est un taux maxima
 un taux régional qui s’aligne en fonction des possibilités de la région
 un taux local fixa par délibération
b- L’absence de pouvoir sur l’assiette et le recouvrement. Les opérations d’assiette ou de
recouvrement sont assurées au niveau local par les services régionaux des impôts et du
Trésor. La Commune en principe n’intervient pas. Toutefois, elle peut appuyer les
services de l’Etat matériellement, financièrement et mettre à sa disposition la logistique
et les hommes nécessaires.
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B- Les problèmes techniques.


a- Les techniques d’assiette. L’assiette a pour base le fait générateur d’impôt.
Le fait générateur est le fait par lequel sont réalisées les conditions d’exigibilité de
l’impôt ; exemple, la possession d’un titre de propriété qui rend passible de l’impôt sur
le foncier bâti ou non bâti ; exemple, l’autorisation d’exercer une activité commerciale,
artisanale…
L’exigibilité est le droit que le Trésor Public peut faire valoir à un moment donné
auprès du redevable pour obtenir le payement de l’impôt ; c’est par exemple, la patente
qui donne lieu à l’émission d’un role.
L’assiette est la grandeur sur laquelle est calculée l’impôt ou plus exactement sur
laquelle est assis l’impôt ; exemple, le revenu du travailleur ou la propriété d’une
maison ou d’un terrain c’est à dire calculer en fonction de la valeur vénale (terrain) et la
valeur locative (immobilier)
L’assiette porte à la fois sur le champ d’application de l’impôt, les faits imposables, la
base de l’imposition et le taux appliqué.
S’agissant des CL, le champ d’application couvre essentiellement les propriétés bâties
et non bâties, les activités (industrielles, commerciales) et les personnes.
Le travail d’assiette consiste à les identifier et les localiser. Deux (2) techniques sont
utilisées :
1- Les contribuables font eux-mêmes la déclaration de leurs propriétés,
leurs activités ou de leur personne. L’impôt est quérable et non portable
c’est à dire que le citoyen doit se présenter auprès de l’Administration
fiscale et déclarer
2- L’Administration fiscale se déplace vers le contribuable ; c’est la
technique de l’enquête administrative. S’agissant des impôts locaux
c’est la seconde technique qui est utilisée ; c’est donc l’Administration
fiscale qui va recenser les propriétés, les activités et les personnes par
ses agents sur le terrain (travail de recensement) (agents d’assiette,
contrôleur).
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A l’heure actuelle la situation est caractérisée par la faiblesse de


moyens matériels et humais. Conséquence : le recensement n’est pas fait ou
n’est pas fait correctement, les mises à jour des matrices inexistantes.
b- Les problèmes de liquidation. Liquider c’est arrêter le montant à payer. Pour liquider on
a besoin du montant imposable ; c’est le montant obtenu après déclaration des
abattements c’est à dire un montant qu’il faut défalquer du montant imposable ;
exemple, en matière foncière, la somme est évaluée à 1.500.000 fcfa.
La valeur imposable est :
 Pour le foncier, soit la valeur vénale de la propriété, soit la valeur locative
 La valeur vénale ; c’est la valeur du terrain ; à supposer que le m² est de
100.000 fcfa au Plateau ; la valeur vénale de 300 m² est de 30.000.000.
La valeur locative est le prix payé pour occuper une maison.
c- Les problèmes de recouvrement. Le recouvrement est de la compétence exclusive des
services du Trésor. Il se fait selon des principes et des techniques. Pour être exécutoire,
le titre de recettes établi par les services fiscaux est homologué par le Ministère des
Finances et ensuite transmis au comptable du Trésor pour être recouvré.
Dès lors, une procédure est déclenchée pour permettre à la CL de rentrer dans ses fonds.
Elle commence d’abord par la notification de l’impôt aux contribuables. Ceux-ci
disposent d’un délai de deux (2) mois après la notification pour acquitter leur dette
fiscales. Si au terme de ce délai l’impôt n’est pas payé, le comptable du Trésor va
entamer des poursuites à l’encontre du contribuable ; c’est le début de la phase
contentieuse du recouvrement qui comporte les étapes suivantes :
1. notification par voie de commandement c’est à dire un acte qui enjoint
le contribuable à acquitter l’impôt les 3 jours.
2. En cas de refus, l’impôt se voit majoré de 10% en plus des frais de
poursuite versé aux agents chargés des poursuites ou à un huissier;
exemple l’impôt initial est de 1000 ; l’impôt passe à 1100
3. La phase de la saisine du contribuable et de leur vente sur autorisation
du Ministère des Finances (vente aux enchères).
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Paragraphe 3 : Les différentes recettes des CL

(Voir document relatif aux ressources propres des CL)

TAXES SERVICES RENDUS


Taxe de balayage Nettoiement
TEOM Enlèvement d’ordures
Taxe à l’égout Assainissement
Taxe sur l’électricité Eclairage Public
Taxe sur l’eau Services des eaux

Le 12 Juillet 2004
Section 2 : Les ressources domaniales
Elles constituent par ordre d’importance la seconde catégorie de ressources propres après les
ressources fiscales. Au plan national, parmi les ressources propres elle est de l’ordre de 30%.
Leur volume s’élevait en 1999 à près de 5 milliards contre 12 milliards pour les communautés
rurales et 6 milliards pour les concours financiers de l’Etat.
Contrairement aux ressources fiscales, les ressources domaniales sont gérées par les CLL
elles-mêmes. Les CL ont donc la possibilité d’élargir leur assiette et de fixer leur tarif ou leur
taux.

Les ressources du domaine


Avant d’étudier ces ressources, il convient d’abord de faire une distinction entre le domaine
public et le domaine privé de la CL.
A-Le domaine public
Relèvent du domaine public tous les biens meubles et immeubles qui sont affectés à titre
principal à une utilité publique. Entrent dans cette catégorie, les rues, routes, cours d’eau,
places publiques…
Le domaine public se caractérise par son inaliénabilité et son imprescriptibilité. Les CL ont
compétence pour gérer le domaine public (loi 96-06) et le domaine privé de l’Etat qui est
confié.
a- Les règles d’utilisation du domaine public
Les biens relevant du domaine public sont destinés :
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 soit à une utilisation collective (rues, places publiques…)


 soit à une utilisation privative soumise à autorisation préalable.
Cette autorisation peut revêtir un caractère contractuel [concessions-
contractuel (permis de stationnement, d’occuper)]. En pareils cas, l’autorisation
est délivrée en contrepartie du payement par le bénéficiaire d’une redevance.
Notons que l’autorisation peut revêtir la forme écrite, orale ou tacite ‘droit du
premier occupant).

b- Quels sont les produits provenant du domaine


Les revenus tirés du domaine public sont de deux (2) catégories.
Il y a en premier lieu :
 les revenus provenant de l’occupation du domaine public
 les droits de places et marchés

Premièrement. Les revenus provenant de l’occupation du domaine public. Il y a en 1 er lieu les


revenus provenant de l’occupation de la voie publique (kiosques, tabliers, marchands
ambulants, les produits de voirie)
Deuxièmement. Les droits de place perçus dans les halles de marché, les abattoirs, les parcs…
bref, tout ce qui est infrastructures marchandes construites par la collectivité (marchés, gare
routière….
Nous ajouterons une troisième catégorie qu’on peut appeler divers qui comprend les revenus
portant sur les terrasses de café.

c- La gestion des produits provenant du domaine public


Habituellement, la gestion de ces produits relève des services communaux notamment
lorsqu’il s’agit de concession ou d’occupation faisant l’objet d’un contrat écrit.
Mais lorsqu’il s’agit d’occupation de la voie publique les droits sont perçus au comptant et
sans …. écrites. Dans ce dernier cas les recettes sont perçues soit par la perception
municipale soit par une régie municipale.

1. La problématique des droits de place et de marché


Ces droits sont perçus par une équipe de collecteurs qui agissent sous la responsabilité d’un
surveillant des halles et marchés.
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La perception se fait soit au moyen d’un ticket en valeur facial fixe soit contre remise d’une
quittance. Les droits perçus sont payés quotidiennement par les occupants des places et
marchés et reversés au trésor. Mais le plus souvent les sommes versés ne correspondent pas
au potentiel des marchés. Il existe des évasions importantes de recettes due à l’absence de
contrôle ou à une mauvaise organisation de la collecte. Ces collecteurs sont mal rémunérés et
le plus souvent leurs fonctions sont bénévoles.
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Le 19 Juillet 2004

ELABORATION DU BUDGET DES CL

Après avoir vu les règles et les principes de base qui régissent le budget, nous allons à présent
examiner les méthodes et le calendrier par lesquels le budget est préparé et voté. Il s’agit des
procédures qui permettent de préparer, confectionner, examiner et voter le budget pour en
faire un acte juridique que l’exécutif local doit ensuite exécuter.

Chapitre I : L’établissement du budget


Il comporte deux (2) phases :
 Une phase technique : la préparation qui est le fait de l’exécutif local
 Une phase délibérante qui est le fait du conseil de la CL

Section 1 : La préparation du budget


Il appartient à l’organe exécutif local de préparer le projet de budget de la CL. Cette tâche
consiste à évaluer toutes les recettes et toutes les dépenses, à les inscrire au budget en
respectant une nomenclature et une contexture.
Pour préparer le budget, l’exécutif local s’appuie sur des documents et utilise des techniques
d’évaluation.

§ 1 : Les autorités chargées de la préparation du budget


Pour préparer le budget, l e responsable de la CL s’appuie sur une équipe de collaborateurs,
sur les services déconcentrés de l’Etat et sur son conseiller financier en la personne du
comptable de la CL.
A- Le rôle du chef de l’exécutif
Son rôle consiste à :
- évaluer les prévisions
- à fixer les plafonds de dépenses
- à mettre au point le document budgétaire.
a- Evaluation des prévisions de recettes : En règle générale, le chef de l’exécutif local qui
est l’ordonnateur du budget évalue seul le montant des recettes. Il le fait sur la base
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des informations financières et comptables qu’il détient par ses services compétents ou
qui lui sont communiqués par le receveur de la CL.
Il procède ensuite à leur évaluation en utilisant des techniques et des méthodes que
nous allons examiner plus loin.
Nous notons pour l’instant que dans l’évaluation des recettes, il peut collaborer avec le
Receveur ou simplement recueillir son avis
b- La fixation des plafonds dépenses. Le chef de l’exécutif détermine les dépenses
budgétaires et fixe les montants des crédits qui lui sont affectés après discussion avec
ses collaborateurs et les conseillers et les populations réunies en débat d’orientation
budgétaire.
c- Mise au point du document budgétaire. Elle doit s’appuyer sur un certain nombre de
contraintes techniques et juridiques.
Il doit établir l’équilibre entre les recettes et les dépenses selon les conditions fixées
par la loi.
B- Le rôle du comptable de la CL
Le comptable de la CL intervient à double titre :
 en sa qualité de conseiller financier
 et dans la mise à disposition des informations financières et comptables
a- En sa qualité de conseiller financier. Il doit assister l’ordonnateur du budget dans la
préparation des projets de délibération budgétaire.
De par sa situation, le receveur présente des garanties suffisantes d’objectivité et de
désintéressement, de compétences financières tenant à sa formation spécialisée de haut
niveau. Il est en outre à la source de toutes les informations concernant les recettes. Il
est en outre conseillé aussi bien par le conseil de la CL que par le Représentant de
l’Etat.
b- La mise à disposition des informations. En matière de recettes, il tient à la disposition
du chef de l’exécutif tous les documents et informations nécessaires à une bonne
appréciation du volume des recettes et de leur évolution.
En matière de dépenses par contre, son rôle est moins marquée mais il peut informer le
chef de l’exécutif sur la situation de la trésorerie et l’avertir de l’inscription de
certaines dépenses obligatoires telles que le remboursement de la dette.
Dans la pratique, son intervention est soit insignifiante (le Maire se contente de lui
réclamer les documents et de procéder à sa cuisine interne) soit excessive lorsque par
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négligence, incompétence ou opportunisme, le Maire s’en remet entièrement à lui pour


confectionner son budget.

§ 2 : La collecte et l’exploitation des informations


A- La collecte des informations
Les documents nécessaires à la préparation du budget sont administratifs, financiers,
budgétaires et comptables.
a- Les documents administratifs et financiers
Ils servent à la détermination des dépenses de fonctionnement ; ce sont :
 Les états du personnel qui décrivent la situation des agents employés par la CL et
qui permettent d’évaluer les charges de rémunération (salaires, indemnités,
primes…) ainsi que les charges sociales (prestations sociales, caisse de sécurité
sociale, Ipres…) et fiscales (contribution forfaitaire à la charge de l’employeur)
 Les états du matériel qui sont des inventaires décrivant la situation du matériel, des
engins, des véhicules, les bâtiments ; états dressés par le comptable matière et
permettant d’évaluer les charges en fournitures, consommation, réparation,
maintenance…
 Les contrats, baux et conventions qui permettent de prévoir les dépenses qui en
résultent
 La situation de la dette qui permet d’inscrire les annuités (remboursement
d’emprunts qui est prévu dans l’année)
b- Les documents budgétaires
La préparation du budget doit correspondre à des évaluations aussi correctes que possibles.
Elle doit en conséquence s’appuyer sur les données du ou des derniers comptes administratifs
mais également sur les dernières situations budgétaires.
1/ Les données du compte administratif. L’examen du compte administratif permet de
voir si une gestion a été bonne ou non notamment si :
 le budget (budget primitif + autorisation spéciale + virement de crédit) a été
correctement préparé en appréciant les écarts qui existent entre les prévisions et les
réalisations ;
 le recouvrement des recettes a été suffisant
 le compte administratif est un instrument appréciable dans la recherche des
correctifs à apporter au budget
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2/ Les situations d’exécution provisoire. Il s’agit de documents relatifs aux résultats


d’exécution connus du dernier exercice budgétaire. Ils sont indispensables pour apprécier les
tendances de l’exécution budgétaire.
c- Les documents comptables.
Parmi les documents comptables, il y a le compte de gestion, les situations financières qui
permettent d’avoir l’appréciation correcte de la situation de ma trésorerie.

_N B_

Le Chef de l’exécutif est liés par des contraintes juridiques et techniques :


 L’ADM impose 3% du budget de fonctionnement à affecter à l’entretien
 L’équilibre budgétaire
1. Section F – Section I
 Sincérité du budget
 remboursement de l’emprunt
2. Dépenses obligatoires
3. Intégrer le déficit éventuel du budget précédent
4. respecter le nombre de ratio pour :
 les dépenses du personnel (40% des ressources propres)
 le prélèvement sur les ressources propre au profit de la section
d’investissement.

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