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Outils Mathématiques S3 - Cyril Hugonie

Le document HAP303P présente un cours sur les outils mathématiques pour les étudiants en L2 Physique et Physique-Chimie à l'Université de Montpellier. Il couvre des sujets tels que le calcul différentiel, le calcul intégral, les suites et séries, ainsi que des classes de fonctions. Chaque section aborde des concepts fondamentaux et des théorèmes essentiels pour la compréhension des mathématiques appliquées en physique.

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HAP303P : Outils Mathématiques S3

L2 Physique, Physique-Chimie

Cyril Hugonie, Maitre de Conférences

Département de Physique

Université de Montpellier

2024/2025
Table des matières
I Calcul différentiel 1
1. Fonctions d’une variable réelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2. Fonctions de plusieurs variables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3. Fonctions vectorielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7

II Calcul intégral 10
1. Intégrales simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2. Intégrales généralisées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
3. Intégrales dépendant d’un paramètre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
4. Intégrales multiples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

III Suites et séries 25


1. Suites numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2. Séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
3. Suites et séries de fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
4. Séries entières . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
5. Séries de Fourier . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
I Calcul différentiel
1. Fonctions d’une variable réelle
a) Généralités
• Définition : Une fonction f d’une variable réelle à valeurs réelles est un objet mathéma-
tique qui à tout réel x appartenant à un ensemble E ⊂ R (appelé ensemble de définition
de f ) associe un nombre réel noté f (x) (appelé image de x). On note :

f : E ⊂ R → R, x 7→ f (x).

• Réciproque : Soit y = f (x), si pour un y donné x est unique on peut définir une fonction
qui à y associe x. Cette fonction est appelée fonction réciproqie et notée f −1 . On a :

y = f (x) ⇔ x = f −1 (y).

L’expression de f −1 peut dépendre de l’ensemble de définition de f . Exemple : soit la


fonction f (x) = x2 . Si on prend comme ensemble de définition R, f n’a pas de réci-

proque (pour chaque y > 0 on a deux valeurs possible de x = ± y). En revanche, si
√ √
E =] − ∞, 0], alors f −1 (y) = − y et si E = [0, ∞[, alors f −1 (y) = + y.

• Question : Sur quel ensemble de définition peut-on définir une réciproque de sin(x) ?
ß ß
E⊂R→F ⊂R F ⊂R→R
• Composée : Soient les fonctions f : et g : .
x 7→ y = f (x) y 7→ z = g(y)
ß
E→R
La fonction composée est définie par g ◦ f :  .
x 7→ z = g(y) = g f (x)
• Continuité : Soit f : E → R, x0 ∈ E. On définit les limites à gauche et à droite de f en
x0 par : f (x− lim f (x), f (x+
0 ) = x→x 0 ) = x→x
lim f (x). La fonction f est continue en x0 ssi :
0 0
x<x0 x>x0

f (x− +
0 ) = f (x0 ) = f (x0 ).

• Remarque : L’étude des fonctions de R → Rn ou R → C se ramène à celle des fonctions


de R → R. Pour f⃗ : R → Rn il suffit d’étudier les fonctions coordonnées f1 ..fn : R → R
n
X

définies par f (x) = fi (x)⃗ei où (⃗ei )i=1..n est une base de Rn .
i=1
Pour f : R → C on étudie les fonctions Re(f ), Im(f ) : R → R.

b) Dérivation
• Dérivée d’ordre 1 : La dérivée de f : E ⊂ R → R au point x0 ∈ E, notée f ′ (x0 ), est
donnée par la limite (si elle existe et est ̸= ±∞) du taux d’accroissement de f en x0 :

f (x0 ) − f (x)
f ′ (x0 ) = lim .
x→x0 x0 − x

On définit une fonction dérivée f ′ : F → R, où F ⊂ E et on dit que f est dérivable sur F .

• Remarque : Dérivable ⇒ continue, mais la réciproque est fausse.


p
Contre-exemple : f (x) = |x| est continue mais non dérivable en 0.

1
• Règles de dérivation : Soient f, g dérivables en x ∈ E et α, β ∈ R :

— Linéarité : (αf + βg)′ (x) = αf ′ (x) + βg ′ (x).

— Produit : (f × g)′ (x) = f ′ (x)g(x) + f (x)g ′ (x) (formule de Leibniz d’ordre 1).
ã′ ã′
f ′ (x)g(x) − f (x)g ′ (x) g ′ (x)
Å Å
f (x) 1
— Quotient : = . En particulier =− .
g(x) g 2 (x) g(x) g 2 (x)
— Réciproque : Si y = f (x) ⇔ x = f −1 (y) et f ′ (x) ̸= 0 alors f −1 est dérivable en y et
′ 1 1
f −1 (y) = ′ = ′ .
f ◦ f −1 (y) f (x)
— Composée : (g ◦ f )′ (x) = (g ′ ◦ f )(x) × f ′ (x) = g ′ f (x) × f ′ (x).


• Règle de l’Hôpital : Soient f, g : E → R dérivables en x0 ∈ E telles que g ′ (x0 ) ̸= 0 et


f (x) f ′ (x)
lim f (x) = lim g(x) = 0. Alors lim = lim ′ .
x→x0 x→x0 x→x0 g(x) x→x0 g (x)

• Dérivées d’ordre supérieur : On pose f (0) ≡ f , f (1) ≡ f ′ et on définit par récurrence la


dérivée d’ordre n : f (n) = (f (n−1) )′ . La formule de Leibniz généralisée d’ordre n s’écrit :
k=n
X n!
(f × g)(n) (x) = Cnk f (k) (x)g (n−k) (x) où Cnk = (coefficients de Newton).
k!(n − k)!
k=0

• Variations d’une fonction : Soit f continue sur un intervalle I. f est :

— croissante sur I ssi ∀ x ∈ I, f ′ (x) ≥ 0,

— strictement croissante sur I ssi ∀ x ∈ I, f ′ (x) > 0,

— décroissante sur I ssi ∀ x ∈ I, f ′ (x) ≤ 0,

— strictement décroissante sur I ssi ∀ x ∈ I, f ′ (x) < 0,

— constante sur I ssi ∀ x ∈ I, f ′ (x) = 0.

Si ∃ x0 ∈ E/f ′ (x0 ) = 0 alors :

— si f ′′ (x0 ) > 0, f possède un minimum local en x0 ,

— si f ′′ (x0 ) < 0, f possède un maximum local en x0 ,

— si f ′′ (x0 ) = 0, f possède un point d’inflexion en x0 .

• Théorème des accroissements finis : Soit f continue sur [a, b], dérivable sur ]a, b[.

f (b) − f (a)
Alors ∃ c ∈]a, b[/f ′ (c) = .
b−a

c) Développement limités
• Théorème de Taylor : Toute fonction suffisamment dérivable peut être approximée par
un polynôme. Soit f : E → R n fois dérivable en a ∈ E, alors ∀ x ∈ E :
f ′ (a) f ′′ (a) f (n) (a)
f (x) = f (a) + (x − a) + (x − a)2 + · · · + (x − a)n + Rn (x).
1! 2! n!

2
• Remarque : Le théorème de Taylor ne se préoccupe pas du reste Rn : E → R.

• Formule de Taylor-Young : On peut récrire le reste sous la forme Rn (x) = (x − a)n ϵ(x)
où lim ϵ(x) = 0. On dit que Rn (x) est négligeable par rapport à (x − a)n en a et on
x→a
note Rn (x) = o (x − a)n .

 f (x)
⇒ Définition : f (x) = o g(x) quand x → a ssi lim = 0.
x→a g(x)

f (n+1) (b)
• Formule de Taylor-Lagrange : ∃ b ∈ [min(a, x), max(a, x)]/Rn (x) = |x−a|n+1 .
(n + 1)!
On note Rn (x) = O (x − a)n+1 et on dit que Rn (x) est de l’ordre de (x − a)n+1 en a.

 f (x)
⇒ Définition : f (x) = O g(x) quand x → a ssi lim existe et est ̸= ±∞.
x→a g(x)
ˆ x (n+1)
f (t)
• Formule de Taylor-Laplace : Rn (x) = (x − t)n dt.
a n!
n
X f (k) (0) k
• Formule de Taylor-MacLaurin (en a=0) : f (x) = x + o(xn ).
k!
k=0

(formule utilisée pour obtenir le développement limité de f en 0, cf. feuille de TD 1).

d) Classes de fonctions
Soit E ⊂ R. On considère les espaces de fonctions suivants :

— C 0 (E) : ensemble des fonctions continues sur E,

— C 0 (R) noté aussi C 0 : ensemble des fonctions continues sur R,

— CI0 : fonctions continues par morceaux sur R (nombre dénombrable de discontinuitées),

— Dk : fonctions k fois dérivables sur R,

— C k : fonctions de Dk dont la dérivée d’ordre k est continue,

— CIk : fonctions C k par morceaux,

— C0k : fonctions C k à support borné (ie dont l’ensemble des points pour lesquels f (x) ̸= 0
est une union finie d’intervalles),

— C ∞ : fonctions infiniment dérivables,

— C0∞ : fonctions C ∞ à support borné.

Ces espaces de fonctions sont des espaces vectoriels dont les éléments sont des fonctions
(ie ils sont stables par combinaisons). De plus ils vérifient les relations d’inclusion :

C 0 ⊃ D1 ⊃ C 1 ⊃ D2 ⊃ · · · ⊃ C ∞ et pour k fixé Dk ⊃ CIk ⊃ C k ⊃ C0k .


Les fonctions C0∞ sont relativement rare (c’est le plus petit sous-espace de fonctions).
 Å ã
1
exp − si |x| < 1,


1 − x2

Exercice : Montrez que la fonction suivante est C0∞ : f (x) =


 0 si |x| ≥ 1.

3
2. Fonctions de plusieurs variables
a) Généalités
• Définition : Une fonction de 2 variables à valeurs réelles associe à un point de coor-
données (x, y) ∈ R2 un nombre réel f (x, y). Pour une fonction de 3 variables à valeurs
réelles, f : R3 → R, (x, y, z) 7→ f (x, y, z). On s’intéresse aux fonctions de n variables
à valeurs réelles, où n est un entier quelconque, f : Rn → R, ⃗x 7→ f (⃗x). On considère
pour cela l’espace réel à n dimensions Rn muni d’une base fixe (⃗ei )i=1..n . Tout vecteur
Xn
⃗x ∈ Rn s’écrit ⃗x = xi⃗ei , où les xi ∈ R sont les coordonnées de ⃗x dans cette base.
i=1
• Fonction directionnelle/partielle : Soit f : Rn → R et ⃗x, ⃗v ∈ Rn . On appelle fonction
directionnelle de f au point ⃗x selon la direction ⃗v la fonction d’une variable réelle à
valeurs réelles :
f⃗x,⃗v : R → R, t 7→ f⃗x,⃗v (t) ≡ f (⃗x + t⃗v ).
Si ⃗v = e⃗i (élément de la base) on parle de fonction partielle selon la i ème coordonnée.

• Continuité : La fonction f : Rn → R est continue au point ⃗x0 ∈ Rn ssi lim f (⃗x) existe et
x→⃗
⃗ x0
est égale à f (⃗x0 ). Ceci doit être vrai quelque soit la façon dont ⃗x → ⃗x0 ⇔ ∥⃗x − ⃗x0 ∥ → 0.

• Théorème : Une fonction f : Rn → R continue possède des fonctions partielles conti-


nues dans toutes les directions. La réciproque est fausse ! Il existe même des fonctions
non continues dont les fonctions partielles dans toutes les directions sont continues
(cf. feuille de TD 2).

b) Dérivation, 1er ordre


• Dérivée directionnelle/partielle : Soit f : Rn → R et ⃗x, ⃗v ∈ Rn . On appelle dérivée
directionnelle de f au point ⃗x selon la direction ⃗v la fonction de Rn → R définie par :

f (⃗x + t⃗v ) − f (⃗x) f⃗x,⃗v (t) − f⃗x,⃗v (0)


⃗x 7→ ∂⃗v f (⃗x) ≡ lim = lim = f⃗x′ ,⃗v (0).
t→0 t t→0 t
∂f
Si ⃗v = e⃗i on parle de dérivée partielle selon la i ème coordonnée, notée ∂⃗ei f (⃗x) ≡ (⃗x).
∂xi
∂f ∂f
Exercice : Soit f : R2 → R, (x, y) 7→ f (x, y) = x2 + xy + 2y. Calculer , .
∂x ∂y
• Différentielle : La fonction f : Rn → R est dite différentiable en ⃗x ∈ Rn ssi il existe une
application linéaire df : Rn → R, ⃗h 7→ df (⃗h) appelée différentielle de f au point ⃗x telle
que :
∀ ⃗x, ⃗h ∈ Rn , f (⃗x + ⃗h) = f (⃗x) + df (⃗h) + o(∥⃗h∥).
On obtient un développement de Taylor-Young de f au 1er ordre !

• Cas de 1 variable : Soit f : R → R, f différentiable ⇔ f dérivable et df = f ′ (x) × h.


Considérons la fonction f (x) = x. Sa dérivée est f ′ (x) = 1 et sa différentielle, notée dx,
est égale à h. Par la suite on remplacera h dans l’expression de la différentielle par dx,
appelé accroissement élémentaire. On obtient donc, d’après la formule de Taylor-Young :
df ∂f
f (x + dx) = f (x) + df (dx) + o(dx) ⇒ df = f ′ (x)dx ⇔ = f ′ (x) ≡ .
dx ∂x

4
df ∂f
Attention : est le quotient de 2 différentielles alors que est la dérivée partielle
dx ∂x
df dx df ∂f ∂x ∂f
de f par rapport à x : ce n’est pas un quotient ! Ainsi = mais ̸= .
dx dy dy ∂x ∂y ∂y
• Cas de 2 variables : Soit f : R2 → R, (x, y) 7→ f (x, y). Si elle est différentiable on a :

∂f ∂f
f (x + dx, y + dy) = f (x, y) + df (dx, dy) + o(dx, dy) ⇒ df = dx + dy.
∂x ∂y
df ∂f ∂f dy ∂f
Attention : Dans le cas de 2 variables : = + ̸= .
dx ∂x ∂y dx ∂x
• Généralisation : Soit f : Rn → R différentiable ⇒ f (⃗x + d⃗x) = f (⃗x) + df (d⃗x) + o(∥d⃗x∥)
Xn
où le vecteur déplacement élémentaire est défini par d⃗x = dxi⃗ei . On peut réécrire
i=1
n
X ∂f
df = dxi qui sous cette forme est appelée différentielle totale de f.
i=1
∂xi
On montre que f différentiable ⇒ f continue. De même f différentiable ⇒ f possède des
n
X ∂f
dérivées directionnelles dans toutes les directions : ∀ ⃗v ∈ Rn , ∂⃗v f = df (⃗v ) = vi .
i=1
∂xi

La réciproque est fausse : il existe des fonctions possédant des dérivées directionnelles
dans toutes les directions sans pour autant être différentiable (cf. feuille de TD 2).

• Théorème : Si toutes les dérivées partielles de f sont continues alors f est différentiable.

• Gradient : C’est le premier opérateur différentiel que nous allons introduire maintenant.
n
n −−→ X ∂f
Soit f : R → R différentiable. On définit le gradient de f par grad(f ) = ⃗ei .
i=1
∂x i
n
−−→ ⃗ où l’opérateur différentiel ∇
⃗ est défini par ∇
⃗ =
X ∂
On note aussi grad(f ) ≡ ∇f ⃗ei .
i=1
∂xi
⃗ . ⃗v , ∂f = ∇f
On a alors ∀ ⃗v ∈ Rn , ∂⃗v f = ∇f ⃗ . ⃗ei (produits scalaires entre 2 vecteurs)
∂xi
⃗ . d⃗x ⇒ ∇f
et df = ∇f ⃗ est la matrice (1, n) associée à l’application linéaire df .

• Cas (usuel) de 3 variables : Soit f : R3 → R, (x, y, z) 7→ f (x, y, z) différentiable. On a

−−→
Å ã
⃗ = ∂f ⃗ex + ∂f ⃗ey + ∂f ⃗ez
grad(f ) = ∇f ⃗ =
et ∇
∂ ∂ ∂
, , .
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
Ces expressions sont valables dans la base cartésienne. Nous verrons dans le paragraphe
3.c) l’expression du gradient dans les autres bases.

⃗ son gradient.
• Propriétés : Soit f : Rn → R différentiable, ∇f

⃗ est perpendiculaire aux lignes de champs de f , définies par f (⃗x) = constante.


— ∇f

⃗ pointe dans la direction de plus forte croissance de f .


— ∇f

⃗ (⃗x) = ⃗0.
— f admet un extremum en ⃗x ⇔ ∇f

5
c) Dérivées d’ordre supérieur
• Définition : Soit f : Rn → R et 1 ≤ i ≤ n, la dérivée partielle de 1er ordre de f par
∂f
rapport à la variable xi est notée . Soit 1 ≤ j ≤ n, on définit la dérivée partielle de
∂xi
∂ 2f
Å ã
∂ ∂f
2 ème ordre par rapport aux coordonnées xi , xj par : ≡ .
∂xj ∂xi ∂xj ∂xi
∂ 2f ∂ 2f
Si on dérive 2 fois par rapport à la même variable, on note ≡ .
∂xi ∂xi ∂x2i
• Théorème de Schwarz : Si f : Rn → R est de classe C 2 (ie possède des dérivées partielles
∂ 2f ∂ 2f
de 2 ème ordre continues) alors ∀ 1 ≤ i, j ≤ n, = .
∂xj ∂xi ∂xi ∂xj
• Matrice Hessienne : Soit f : Rn → R de classe C 2 , la matrice Hessienne de f est :

∂ 2f
[Hf (⃗x)]ij = .
∂xi ∂xj

C’est une matrice symétrique ([Hf (⃗x)]ij = [Hf (⃗x)]ji ) ⇒ diagonalisable (cf. HAP402P),
ie l’ensemble des vecteurs propres de cette matrice forme une base de Rn dans laquelle
la matrice est diagonale.

• Extrema d’une fonction de plusieurs variables :


⃗ (⃗x) = ⃗0 (extremum local).
Soit f : Rn → R de classe C 2 et ⃗x ∈ Rn tel que ∇f

— Si Hf (⃗x) est définie positive (toutes les valeurs propres sont positives)
alors f possède un minimum local en ⃗x.

— Si Hf (⃗x) est définie négative (toutes les valeurs propres sont négatives)
alors f possède un maximum local en ⃗x.

• Développement de Taylor-Young à l’ordre 2 : Soit f : Rn → R de classe C 2 , on a :

1
∀ ⃗x, d⃗x ∈ Rn = f (⃗x + d⃗x) = f (⃗x) + df (d⃗x) + d2f (d⃗x, d⃗x) + o(∥d⃗x∥2 )
2

où df (d⃗x) = ∇f ⃗ . d⃗x : application linéaire représentée par la matrice (1, n) ∇f ⃗ et


d2f (d⃗x, d⃗x) = d⃗x . Hf d⃗x : application bilinéaire représentée par la matrice (n, n) Hf .
n
X ∂ 2f X ∂ 2f X ∂ 2f
2
On peut réécrire : d f = dxi dxj = 2 (dxi )2 + 2 dxi dxj .
∂xi ∂xj i=1
∂xi ∂xi ∂xj
1≤i,j≤n 1≤i<j≤n

• Cas particuliers
∂ 2f 2 d2f ∂ 2f
— Pour f : R → R, x 7→ f (x), d2f = 2
dx ⇒ 2
= ≡ f ′′ (x).
∂x dx ∂x2
∂ 2f 2 ∂ 2f ∂ 2f
— Pour f : R2 → R, (x, y) 7→ f (x, y), d2f = 2
dx + 2 dxdy + 2 dy 2
∂x ∂x∂y ∂y
d2f ∂ 2f ∂ 2f dy ∂ 2f dy 2 ∂ 2f
et bien sûr = +2 + ̸= .
dx2 ∂x2 ∂x∂y dx ∂y 2 dx2 ∂x2
• Laplacien : Soit f : Rn → R de classe C 2 , Hf sa matrice Hessienne. Le Laplacien de f
n
X ∂ 2f −−→ ⃗ ⃗
est donné par ∆f = tr(Hf ) =
∂x 2 , soit ∆f = div(grad(f )) = ∇ . ∇f (cf. 3.a)).
i=1 i

6
d) Formes différentielles
n
X
• Définition : On appelle forme différentielle toute expression de la forme δf = Pi (⃗x)dxi
i=1
où les Pi : Rn → R sont des fonctions quelconques de n variables et dxi les coordonnées
du vecteur déplacement élémentaire d⃗x. On peut voir δf comme une application linéaire
de Rn → R, d⃗x 7→ δf représentée par la matrice (1, n) dont les éléments sont les Pi (⃗x).

• Forme différentielle exacte : Une forme différentielle δf est dite exacte ssi elle correspond
à la différentielle d’une fonction f , ie ∃ f : Rn → R / df = δf . Une différentielle totale
est donc une forme différentielle exacte, ie une forme différentielle particulière dont les
∂f
coefficients Pi vérifient Pi = .
∂xi
Xn
• Condition de Schwarz : Une forme différentielle δf = Pi (⃗x)dxi est exacte ssi
i=1
∂Pi ∂Pj
∀ 1 ≤ i, j ≤ n, = .
∂xj ∂xi
• Facteur intégrant : Une fonction λ : Rn → R est un facteur intégrant de la forme diffé-
rentielle δf ssi λδf est une forme différentielle exacte, ie ∃ f : Rn → R / df = λδf .

• Exemple : En thermodynamique, la quantité de chaleur δQ est une forme différentielle


non exacte, mais l’entropie dS = δQ/T est exacte : 1/T est un facteur intégrant.

3. Fonctions vectorielles
a) Généralités
• Fonctions composantes : Prenons par exemple un champ électrique E. ⃗ C’est une fonction
de 3 variables (x, y, z) dont la valeur en chaque point est un vecteur à 3 composantes.
On considère le cas général d’une fonction f⃗ : Rn → Rp (n, p ∈ N∗ ), que l’on décom-
p
X
pose en fonctions composantes fi : Rn → R définies par ∀ ⃗x ∈ Rn , f⃗(⃗x) = fi (⃗x)⃗ei , où
i=1
⃗ les fonctions compo-
(⃗ei )i=1..p est une base de Rp . Pour l’exemple du champ électrique E,
santes sont simplement les composantes du champs : Ex , Ey , Ez , qui dépendent chacune
de x, y, z. Les résultats du chapitre 2. (continuité, différentiabilité...) s’appliquent aux
fonctions composantes fi : Rn → R.

• Matrice Jacobienne : En revanche, il faut élargir le concept de gradient. On définit pour


î ó ∂fi
cela la matrice Jacobienne de f⃗ à p lignes et n colonnes par : Jf⃗ (⃗x) = (⃗x).
ij ∂xj
• Développement de Taylor Young au 1er ordre : Pour les fonctions composantes, on a
n
X ∂fi
∀ ⃗x, d⃗x ∈ Rn , fi (⃗x + d⃗x) = fi (⃗x) + dfi (d⃗x) + o(∥d⃗x∥) = fi (⃗x) + dxj + o(∥d⃗x∥)
j=1
∂xj
Xn î ó
= fi (⃗x) + Jf⃗ (⃗x) dxj + o(∥d⃗x∥)
ij
îj=1 ó
soit f⃗(⃗x + d⃗x) = f⃗(⃗x) + Jf⃗ (⃗x) d⃗x + o(d⃗x)

• Jacobien : On considère maintenant une fonction f⃗ : Rn → Rn (par exemple un change-


ment de variable dans Rn ). La matrice Jacobienne est alors une matrice carrée n × n. Le
Jacobien de f⃗, Jf⃗ (⃗x) , est le déterminant de la matrice Jacobienne. (Nous verrons dans
la partie II qu’il apparait lors d’un changement de variable dans une intégrale multiple).

7
n
X ∂fi
• Divergence : C’est la trace de la matrice Jacobienne de f⃗ : div(f⃗ ) = tr(Jf⃗) = .
i=1
∂xi
⃗ : div(f⃗ ) = ∇·
Soit en terme de l’opérateur ∇ ⃗ f⃗ (action sous forme d’un produit scalaire).

• Cas particulier : Prenons une fonction f⃗ : R3 → R3 . Dans la base cartésienne, on a :

— Fonctions composantes : f⃗(x, y, z) = fx (x, y, z)⃗ex + fy (x, y, z)⃗ey + fz (x, y, z)⃗ez ,


∂fx ∂fx ∂fx
 
 ∂x ∂y ∂z 
ó   ∂fy ∂fy ∂fy 
î 
— Matrice Jacobienne : Jf⃗ (⃗x) =  .
 ∂x ∂y ∂z 
 ∂f ∂fz ∂fz 
z
∂x ∂y ∂z
∂fx ∂fy ∂fz ∂fy ∂fz ∂fx ∂fz ∂fx ∂fy
— Jacobien : Jf⃗ (⃗x) = + +
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
∂fz ∂fy ∂fx ∂fy ∂fx ∂fz ∂fx ∂fz ∂fy
− − − .
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
Å ã
∂fx ∂fy ∂fz ∂ ∂ ∂
— Divergence : div(f⃗ ) = + + = , , · (fx , fy , fz ).
∂x ∂y ∂z ∂x ∂y ∂z
−→
• Rotationnel : Dans le cas d’une fonction f⃗ : R3 → R3 on peut aussi définir rot(f⃗) = ∇∧ ⃗ f⃗
(action sous forme d’un produit vectoriel). Soit dans la base cartésienne :
Å ã Å ã Å ã
−→ ⃗ ∂fz ∂fy ∂fx ∂fz ∂fy ∂fx
rot(f ) = − ⃗ex + − ⃗ey + − ⃗ez
∂y ∂z ∂z ∂x ∂x ∂y

b) Bases mobiles
On se place dans Rn . Tout vecteur ⃗x peut être décrit par n coordonnées (qi )i=1..n . On
1 ∂⃗x ∂⃗x
définit un repère local dont les vecteurs de base sont ⃗ei = où Ni = ⇒ ∥⃗ei ∥ = 1.
Ni ∂qi ∂qi
Le vecteur déplacement élémentaire d⃗x peut alors s’écrire comme la différentielle totale du
n n
X ∂⃗x X
vecteur position ⃗x qui dépend des coordonnées (qi )i=1..n : d⃗x = dqi = Ni⃗ei dqi .
i=1
∂qi i=1
Les Ni sont appelés coefficients métriques et sont utiles pour le calcul des opérateurs différen-
tiels dans des bases quelconques (cf. paragraphe suivant) mais aussi pour les intégrales multiples
(cf. partie II, chapitre 4). Nous allons maintenant donner leur expression dans les systèmes de
coordonnées classiques de R3 :

• Cartésiennes : Un vecteur est repéré par ses coordonnées (x, y, z) : ⃗x = x⃗ex + y⃗ey + z⃗ez .
Les vecteurs de la base cartésienne (⃗ex , ⃗ey , ⃗ez ) sont fixes (ils ne dépendent pas de ⃗x).
∂⃗x ∂⃗x ∂⃗x
On a = ⃗ex , = ⃗ey , = ⃗ez ⇒ les coefficients métriques sont Nx = Ny = Nz = 1
∂x ∂y ∂z
et le vecteur déplacement élémentaire : d⃗x = dx⃗ex + dy⃗ey + dz⃗ez .

• Cylindriques : On a x = ρ cos φ et y = ρ sin φ ⇒ ⃗x(ρ, φ, z) = ρ cos φ⃗ex + ρ sin φ⃗ey + z⃗ez


∂⃗x ∂⃗x
soit = cos φ⃗ex + sin φ⃗ey ⇒ Nρ = 1, = −ρ sin φ⃗ex + ρ cos φ⃗ey ⇒ Nφ = ρ
∂ρ ∂φ
∂⃗x
et = ⃗ez ⇒ Nz = 1. Les vecteurs de bases sont donc ⃗eρ = cos φ⃗ex + sin φ⃗ey et
∂z
⃗eφ = − sin φ⃗ex + cos φ⃗ey (⃗ez est inchangé). Enfin le vecteur déplacement élémentaire est
d⃗x = dρ⃗eρ + ρdφ⃗eφ + dz⃗ez . Attention : le vecteur position Åest donné par ⃗x = ρ⃗
ãeρ + z⃗ez .
∂⃗eρ ⃗ ∂⃗eφ ⃗
De plus, dans ce cas les vecteurs de base ne sont pas fixes ̸= 0, ̸= 0 .
∂φ ∂φ

8
• Sphériques : Cette fois x = r sin θ cos φ, y = r sin θ sin φ et z = r cos θ donc le vecteur
position est ⃗x(r, θ, φ) = r sin θ cos φ⃗ex +r sin θ sin φ⃗ey +r cos θ⃗ez et ses dérivées partielles :
 ∂⃗x

 = sin θ cos φ⃗ex + sin θ sin φ⃗ey + cos θ⃗ez ⇒ Nr = 1,


 ∂⃗∂r
x
= r cos θ cos φ⃗ex + r cos θ sin φ⃗ey − r sin θ⃗ez ⇒ Nθ = r,
 ∂θ
 ∂⃗x = −r sin θ sin φ⃗ex + r sin θ cos φ⃗ey ⇒ Nφ = r sin θ.



∂φ
Le vecteur déplacement élémentaire est donné par d⃗x = dr⃗er + rdθ⃗eθ + r sin θdφ⃗eφ .

 ⃗er = sin θ cos φ⃗ex + sin θ sin φ⃗ey + cos θ⃗ez ,
et les vecteurs de bases sont : ⃗e = cos θ cos φ⃗ex + cos θ sin φ⃗ey − sin θ⃗ez ,
 θ
⃗eφ = − sin φ⃗ex + cos φ⃗ey .
Attention : on a ⃗x = r⃗er et là encore les vecteurs de base ne sont pas fixes.

c) Opérateurs différentiels
• Opérateur nabla : soit Rn muni d’une base (⃗ei )i=1..n de coordonnées associées (qi )i=1..n ,
n
⃗ =
X 1 ∂
on a ∇ ⃗ei où les Ni sont les coefficients métriques définis précédemment.
i=1
N i ∂qi
n
−−→ ⃗ =
X 1 ∂f
• Gradient : Soit f : Rn → R, on obtient grad(f ) = ∇f ⃗ei et on retrouve
i=1
N i ∂qi
n
! n
! n

X 1 ∂f X X ∂f
∇f. d⃗x = ⃗ei · Ni dqi⃗ei = dqi = df .
i=1
Ni ∂qi i=1 i=1
∂qi
n
X 1 ∂ f⃗
• Divergence : Soit f⃗ : Rn → Rn , on obtient div(f⃗ ) = ∇ ⃗ . f⃗ = ⃗ei . .
i=1
Ni ∂qi

Attention : Les agissent sur les fonctions composantes de f⃗ mais aussi sur les vec-
∂qi
n n n
X ∂ f⃗ X ∂fj X ∂⃗ej
teurs de la base si celle-ci est mobile ! Soit f⃗ = fj ⃗ej ⇒ = ⃗ej + fj .
j=1
∂q i j=1
∂qi j=1
∂qi
Å ã
3 3 ⃗ 1 ∂(N2 N3 f1 )
Dans le cas particulier de f : R → R : div(f ) = + perm. .
N1 N2 N3 ∂q1
3
−→ X 1 ∂ f⃗
• Rotationnel (dans R3 ) : Soit f⃗ : R3 → R3 , on a : rot(f⃗ ) = ⃗ei ∧ , soit :
i=1
Ni ∂qi

N1⃗e1 ∂q1 N1 f 1
Å ã
−→ ⃗ 1 ∂ ⃗e1 ∂(N3 f3 ) ∂(N2 f2 )
rot(f ) = N2⃗e2 ∂q2 N2 f 2 = − + perm. .
N1 N2 N3 N2 N3 ∂q2 ∂q3

N3⃗e3 ∂q3 N3 f 3
3 Å ã
1 X ∂ N1 N2 N3 ∂f
• Laplacien dans R3 : Soit f : R3 → R, on a : ∆f = .
N1 N2 N3 i=1 ∂qi Ni2 ∂qi
• Exercice : Retrouvez les expressions des opérateurs différentiels dans les systèmes de
coordonnées cylindriques et sphériques de R3 .

9
II Calcul intégral
1. Intégrales simples
a) Généralités
• L’intégrale de Riemann d’une fonction f : [a, b] → R est l’aire algébrique 1 du domaine
situé entre l’axe (Ox) et la courbe représentative de cette fonction. Elle est notée
ˆ b
f (x) dx où a, b sont les bornes d’intégration, dx est l’élément d’intégration
a
et f (x) est l’intégrand ⇒ f (x) dx est une forme différentielle !
ˆ b
Il en résulte que l’intégrale d’une fonction constante = c est : c dx = (b − a) × c.
a
La généralisation aux fonctions en escalier (constantes par morceaux) est triviale : il
suffit de découper [a, b] en intervalles sur lesquelles f est constante. L’intégrale totale
est la somme de intégrales sur chaque sous intervalle (cf. relation de Chasles ci-dessous).

• On dit qu’une fonction f : [a, b] → R bornée sur [a, b] (∀ x ∈ [a, b], |f (x)| ≤ M ∈ R)
est Riemann-intégrable ssi elle peut être approximée par des fonctions en escalier sur
[a, b] : ∀ ϵ > 0, ∃ ϕ, ψ fonctions en escalier sur [a, b] telles que
ˆ b

∀ x ∈ [a, b], ϕ(x) ≤ f (x) ≤ ψ(x) et ψ(x) − ϕ(x) dx < ϵ.
a

Remarque : ψ(x)−ϕ(x) est une fonction en escalier sur [a, b] que l’on sait donc intégrer .

Exemples : Les fonctions continues par morceaux (∈ CI0 (R) sont Riemann-intégrables
sur tout intervalle [a, b]. En revanche, la fonction χ(x) = 1 si x ∈ Q, χ(x) = 0 sinon,
n’est pas Riemann-intégrable.

• Soit f : [a, b] → R. On divise [a, b] en n morceaux de longueur ∆xi (i = 1..n) dans


chacun desquels on choisit une valeur xi . La somme de Riemann d’ordre n de f est :
Xn
Sn = f (xi ) × ∆xi . Si f est Riemann-intégrable sur [a, b] alors la limite de Sn quand
i=1
n → ∞ et tous les ∆xi → 0 existe et est appelée intégrale de Riemann de f sur [a, b] :
ˆ b Xn
f (x) dx = n→∞
lim f (xi ) × ∆xi .
a ∆xi →0 i=1

• Soit f, F : [a, b] → R, F est une primitive de f ssi ∀ x ∈ [a, b], F ′ (x) = f (x). Nous
ˆ b ˆ b
′ dF
avons vu dans la partie précédente que F (x) peut s’écrire ⇒ f (x) dx = dF .
dx a a
ˆ b
b
→ Théorème fondamental de l’analyse : On a alors f (x) dx = F (b) − F (a) ≡ [F (x)]a .
ˆ x a

⇔ L’ensemble des primitives de f est F (x) = f (t) dt + c où c ∈ R est une constante.


a ˆ
On note aussi l’ensemble des primitives de f : F (x) ≡ f (x) dx (intégrale sans bornes).
1
• Exercice : Donnez les primitives de 1) ln(|x|) ; 2) eax où a ̸= 0 ; 3) ax où a > 0 ; 4) ;
x−a
1
5) (x − a)b où b ̸= −1 ; 6) cos(ax) où a ̸= 0 ; 7) sin(ax) où a ̸= 0 ; 8) tan(x) ; 9)
1 + x2
±1
et 10) √ pour x ∈] − 1, 1[.
1 − x2
1. On compte de façon positive les surfaces situées au-dessus de l’axe (Ox), négative celles situées en-dessous.

10
b) Propriétés
On considère dans ce paragraphe des fonctions Riemann-intégrables.

• Linéarité : Soient f, g : [a, b] → R et α, β ∈ R alors :


ˆ b ˆ b ˆ b
(αf (x) + βg(x)) dx = α f (x) dx + β g(x) dx.
a a a
ˆ b ˆ c ˆ b
• Relation de Chasles : Soit c ∈ [a, b], on a f (x) dx = f (x) dx + f (x) dx.
a a c
ˆ b ˆ a ˆ a
• Inversion des bornes : f (x) dx = − f (x) dx ⇒ f (x) dx = 0.
a b a

• Parité
— Si f : [−a, a] → R où a > 0 est paire (∀ x ∈ [−a, a], f (−x) = f (x)) alors
ˆ a ˆ a
f (x) dx = 2 f (x) dx.
−a 0

— Si f : [−a, a] → R où a > 0 est impaire (∀ x ∈ [−a, a], f (−x) = −f (x)) alors


ˆ a
f (x) dx = 0.
−a
ˆ b
• Positivité : Si ∀ x ∈ [a, b], f (x) ≥ 0 alors f (x) dx ≥ 0.
a
ˆ b ˆ b
• Corollaire : Si ∀ x ∈ [a, b], f (x) ≥ g(x) alors f (x) dx ≥ g(x) dx.
a a
ˆ b ˆ b
• Valeur absolue : Si a ≤ b alors f (x) dx ≤ |f (x)| dx.
a a

• Inégalité de Cauchy-Schwarz : Soient f, g ∈ CI0 ([a, b]), on a :


ˆ b 2 Lj b
å Lj b
å
2 2
f (x)g(x) dx ≤ f (x) dx × g(x) dx .
a a a

Remarques
ˆ b
• La valeur de f (x) dx est inchangée si on modifie f en un nombre fini de points de [a, b].
a

• Par linéarité on généralise aux fonctions à valeurs complexes f : [a, b] → C. En effet


∀ x ∈ [a, b], f (x) = Re(f )(x) + i Im(f )(x) où Re(f ), Im(f ) sont des fonctions [a, b] → R
que l’on peut intégrer.
ˆ b ˆ b ˆ b ï ix òb
b e
Par exemple : eix dx = cos(x) dx + i sin(x) dx = [sin(x) − i cos(x)]a = .
a a a i a

c) Méthodes de calcul
• Intégration par parties : Soient f, g ∈ CI1 ([a, b]) et continues sur [a, b] alors :
ˆ b ˆ b
′ b
f (x)g(x) dx = [f (x)g(x)]a − f (x)g ′ (x) dx.
a a

La démonstration ´repose sur la formule


´ de Leibniz : (f g)′ (x) = f ′ (x)g(x) + f (x)g ′ (x).
On écrit parfois : g df = [f g] − f dg.

11
• Changement de variable : Soit φ ∈ C 1 ([a, b]) et f ∈ C 0 ([c, d]) où [c, d] est l’image de [a, b]
ˆ b ˆ φ(b)
par φ. On pose t = φ(x) ⇒ dt = φ′ (x) dx et f φ(x) φ′ (x) dx =

f (t) dt. Si de
a φ(a)
ˆ d ˆ φ−1 (d)
f φ(x) φ′ (x) dx.

plus φ est bijective (ie strictement monotone) alors f (t) dt =
c φ−1 (c)
C’est en général sous cette seconde forme que l’on utilise le changement de variable.

N (x)
• Fractions rationnelles : Soit f (x) = où N et D sont des polynômes de degré n, d.
D(x)
R(x)
Si n ≥ d on effectue d’abord la division euclidienne : f (x) = E(x) + où E est
D(x)
un polynôme de degré n − d et R un polynôme de degré r < d. On sait intégrer E(x).
R(x)
Il reste à décomposer sous forme d’éléments simples, c’est à dire d’une somme
D(x)
a dx + e
de fractions de la forme : ou q avec a, b, d, e, f, g ∈ R, p, q ∈ N.
(x − b)p (x − f )2 + g 2
a
Pour les éléments simples de 1 ère espèce :
ˆ (x − b)p
a
— Si p = 1, dx = a ln |x − b| + c où c ∈ R.
ˆ x − b
a a 1
— Si p > 1, p
dx = + c où c ∈ R.
(x − b) 1 − p (x − b)p−1
x−f dx + e
En posant t = on montre que les éléments de 2 ème espèce q
g (x − f )2 + g 2
ˆ ˆ
t dt dt
se ramènent au calcul de Im = 2 m
et Jm = que l’on sait intégrer :
(1 + t ) (1 + t2 )m
1
— Si m = 1, I1 = ln(1 + t2 ) + c où c ∈ R et J1 = arctan(t) + c où c ∈ R.
2
1 1
— Si m > 1, Im = + c où c ∈ R et par intégration par parties :
2(1 − m) (1 + t2 )m−1
2m − 3
Jm = Jm−1 − tIm où c ∈ R, ie Jm est donné par récurrence.
2m − 2
• Fractions rationnelles en sin(x), cos(x) : On applique les règles de Bioche :

— Si f (−x) d(−x) = f (x) dx ⇔ f (−x) = −f (x) on pose t = cos(x).

— Si f (π − x) d(π − x) = f (x) dx ⇔ f (π − x) = −f (x) on pose t = sin(x).

— Si f (π + x) d(π + x) = f (x) dx ⇔ f (π + x) = f (x) on pose t = tan(x).


dt
• Fractions rationnelles en tan(x) : On pose t = tan(x) ⇒ = dx.
1 + t2
On obtient alors une fraction rationnelle en t que l’on sait intégrer.
ˆ
• Puissances de sin(x), cos(x) : intégrales de la forme sinm (x) cosn (x) dx, où m, n ∈ N.
1 − cos(2x)
— Si m et n sont pairs on linéarise l’intégrand en utilisant sin2 (x) = ,
ã2 2
1 − cos(2x)
Å
1 + cos(2x) 3 1 1
cos2 (x) = , sin4 (x) = = − cos(2x) + cos(4x), etc.
2 2 8 2 8
— Si m est impair on pose t = cos(x) ⇒ dt = − sin(x)dx et sin2 (x) = 1 − t2 .

— Si n est impair on pose t = sin(x) ⇒ dt = cos(x)dx et cos2 (x) = 1 − t2 .

12
2. Intégrales généralisées
On cherche à généraliser la notion d’intégrale de Riemann aux fonctions f : I → R telles que :

— f tend vers ±∞ aux bornes de l’intervalle I (f est définie sur I =]a, b], [a, b[ ou ]a, b[),

— I est non borné (du type [a, +∞[ ] − ∞, b] ou ] − ∞, +∞[).

On suppose que f est intégrable sur tout intervalle fermé contenu dans I : on dit alors que f
est localement intégrable.

a) Généralités
• Si I = [a, b[ avec −∞ < a < b ≤ +∞ : On dit que l’intégrale généralisée de f sur I
ˆ t ˆ b
converge en b ssi lim− f (x) dx existe. Si c’est le cas on note f (x) dx cette limite.
t→b a a

Sinon on dit que l’intégrale diverge.

• Si I =]a, b] avec −∞ ≤ a < b < +∞ : On dit que l’intégrale généralisée de f sur I


ˆ b ˆ b
converge en a ssi lim+ f (x) dx existe. Si c’est le cas on note f (x) dx cette limite.
t→a t a

Sinon on dit que l’intégrale diverge.

• Si I =]a, b[ avec −∞ ≤ a < b ≤ +∞ : On dit que l’intégrale généralisée de f sur I


ˆ c ˆ b
converge ssi ∀ c ∈]a, b[ les deux intégrales I1 = f (x) dx, I2 = f (x) dx convergent.
ˆ b a c

Si c’est le cas on note f (x) dx = I1 + I2 cette limite. Sinon l’intégrale diverge.


a

→ Il faut regarder séparément chacune des bornes de l’intervalle I.

On considère maintenant des fonctions définies et localement intégrables sur I = [a, b[.
ˆ b
Le cas I =]a, b] est similaire. Si f (x) dx converge on dit que f est intégrable sur I.
a

• Linéarité : Soient f, g définies et intégrables sur I = [a, b[ et α, β ∈ R alors αf (x)+βg(x)


ˆ b ˆ b ˆ b
est intégrable sur I et (αf (x) + βg(x)) dx = α f (x) dx + β g(x) dx.
a ˆ b a ˆ b a

• Comparaison : Si ∀ x ∈ I, f (x) ≤ g(x) alors f (x) dx ≤ g(x) dx.


a a
ˆ b ˆ b
• Valeur absolue : Si |f | est intégrable sur I alors f l’est aussi et f (x) dx ≤ |f (x)| dx.
a a

• Exercice : Quelle est la nature des intégrales suivantes : convergente ou divergente ?


ˆ 1 ˆ 1 ˆ 1
1 1 1
1) dx ; 2) dx ; 3) √ dx ;
x x2 x
ˆ +∞
0 ˆ +∞
0 ˆ0
+∞
1 1 1
4) dx ; 5) 2
dx ; 6) √ dx ;
1 x 1 x 1 x

13
b) Intégrales de référence
• Intégrales de Riemann
ˆ +∞
1
— Soit a > 0, dx converge ssi α > 1.
a xα
ˆ b
1
— Soit b > 0, α
dx converge ssi α < 1.
0 x

• Intégrales de Bertrand
ˆ +∞
1
— Soit a > 0, dx converge ssi α > 1 ou (α = 1 et β > 1).
a x (ln(x))β
α
ˆ b
1
— Soit b > 0, α (ln(x))β
dx converge ssi α < 1 ou (α = 1 et β > 1).
0 x
• Par le changement de variable t = ln(x) on déduit de ces dernières :
ˆ +∞ αx
e
— Soit a > 0, dx converge ssi α < 0 ou (α = 0 et β > 1).
a xβ
ˆ b αx
e
— Soit b < 0, β
dx converge ssi α > 0 ou (α = 0 et β > 1).
−∞ x

c) Cas des fonctions positives


Soient f, g définies et localement intégrables et positives sur I = [a, b[.

• Comparaison : Si ∀ x ∈ I, f (x) ≤ g(x) alors :


ˆ b ˆ b ˆ b ˆ b
— g(x) dx converge ⇒ f (x) dx converge et dans ce cas f (x) dx ≤ g(x) dx.
a a a a
ˆ b ˆ b
— f (x) dx diverge ⇒ g(x) dx diverge.
a a
f (x)
• Domination : Si en b f est négligeable devant g (on note f = o(g)), ie lim− = 0,
x→b g(x)
alors :
ˆ b ˆ b
— g(x) dx converge ⇒ f (x) dx converge.
a a
ˆ b ˆ b
— f (x) dx diverge ⇒ g(x) dx diverge.
a a

• Encadrement : Si ∃ α, β > 0 tels que ∀ x ∈ I, αg(x) ≤ f (x) ≤ βg(x) alors :


ˆ b ˆ b
— g(x) dx converge ⇔ f (x) dx converge.
a a
ˆ b ˆ b
— f (x) dx diverge ⇔ g(x) dx diverge.
a a

On dit que les intégrales de f et g sont de même nature.

14
f (x)
• Equivalence : Si en b f est du même ordre que g (on note f ∼ g), ie lim− existe
x→b g(x)
et est ̸= 0, +∞, alors les intégrales de f et g sont de même nature :
ˆ b ˆ b
— g(x) dx converge ⇔ f (x) dx converge.
a a
ˆ b ˆ b
— f (x) dx diverge ⇔ g(x) dx diverge.
a a

→ On en déduit ˆ ∞
α
— Si ∃ α > 1 tel que lim x f (x) existe et est ̸= ±∞ alors f (x) dx converge.
x→+∞
ˆ ∞a
— Si ∃ α ≤ 1 tel que lim xα f (x) existe et est ̸= 0 alors f (x) dx diverge.
x→+∞ a
ˆ b
α
— Si ∃ α < 1 tel que lim x f (x) existe et est ̸= ±∞ alors f (x) dx converge.
x→0+ 0
ˆ b
— Si ∃ α ≥ 1 tel que lim xα f (x) existe et est ̸= 0 alors f (x) dx diverge.
x→0+ 0

d) Cas général
Soient f localement intégrable et de signe quelconque sur I = [a, b[.
ˆ b
• Définition : L’intégrale de f sur I converge absolument ssi |f (x)| dx converge.
a

• Théorème : La convergence absolue implique la converge. La réciproque est fausse.


ˆ b
• Définition : L’intégrale de f sur I est dite semi-convergente ssi f (x) dx converge
ˆ b a

mais |f (x)| dx diverge, ie s’il y a convergence mais pas convergence absolue.


a

• Théorème d’Abel : Soient f, g : I = [a, b[→ R telles que

— f est dérivable (⇒ localement intégrable), positive, décroissante et lim− f (x) = 0,


x→b
ˆ x
— g est continue (⇒ localement intégrable) et ∃ M > 0 / ∀ x ∈ I, g(t) dt < M
a
ˆ b
alors f (x)g(x) dx converge.
a

ˆ b
→ Procédure à suivre : pour déterminer la nature de f (x) dx (convergente ou divergente)
a
on procède de la façon suivante :

1) Si ∀ x ∈ I, f (x) ≥ 0, on peut appliquer les critères de convergence du paragraphe c).

2) Si f (x) n’est pas de signe constant on s’intéresse à |f (x)| qui est positif.
ˆ b ˆ b
— Si |f (x)| dx converge alors f (x) dx converge aussi (convergence absolue).
a a

— Si ce n’est pas le cas, on peut utiliser le théorème d’Abel s’il y a semi-convergence.

15
3. Intégrales dépendant d’un paramètre
a) Intégrales simples dépendant d’un paramètre
• Continuité : Soit une fonction de 2 variables f (x, y) : [a, b]×I → R continue sur [a, b]×I.
ˆ b
Alors la fonction F (y) ≡ f (x, y) dx est continue sur I et on a :
ˆ b a ˆ b ˆ b
∀ y0 ∈ I, F (y0 ) ≡ f (x, y0 ) dx = lim f (x, y) dx = lim f (x, y) dx ≡ lim F (y).
a a y→y0 y→y0 a y→y0

Le premier signe = découle de la continuité de f , le second de celle de F .


ˆ b
On peut donc intervertir l’ordre des opérations lim (...) et (...) dx (elles commutent).
y→y0 a
∂f
• Dérivation : On suppose de plus que existe et qu’elle est aussi continue sur [a, b] × I.
∂y
ˆ b ˆ b
∂ ∂f
Alors F (y) est dérivable sur I et on a : F ′ (y) ≡ f (x, y) dx = (x, y) dx.
∂y a a ∂y
ˆ b

Là encore, on obtient que les opérateurs et dx commutent.
∂y a

• Intégration : On suppose maintenant f (x, y) continue sur un domaine D = [a, b] × [c, d].
ˆ d Lj b å ˆ b Lj d å ¨
On a alors : f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx ≡ f (x, y) dxdy.
c a a c D

Ce résultat (du à de Fubini) nous dit que l’ordre d’intégration n’a pas d’importance
si le domaine d’intégration est de la forme [a, b] × [c, d] (ie un rectangle dans R2 )
et fait apparaitre pour la première fois une intégrale double.

• Exercice : On considère la fonction f (x, y) = x2 + y sur le domaine D = [0, 1] × [0, 2].

1) Montrer qu’elle est continue sur D.


∂f ∂f
2) Calculer les dérivées partielles , et montrer qu’elles sont continues sur D.
∂x ∂y
ˆ 2
3) Calculer F (x) = f (x, y) dy et montrer qu’elle est continue sur [0, 1].
0
ˆ 1
4) Calculer G(y) = f (x, y) dx et montrer qu’elle est continue sur [0, 2].
0
ˆ 2
∂f
5) Calculer (x, y) dy et montrer qu’elle est égale à F ′ (x).
0 ∂x
ˆ 1
∂f
6) Calculer (x, y) dx et montrer qu’elle est égale à G′ (y).
0 ∂y
ˆ 1 ˆ 2
7) Montrer que F (x) dx = G(y) dy.
0 0

• Cas où les bornes d’intégration dépendent d’un paramètre


Soit f (x, y) continue sur [a, b] × I et u(y), v(y) continues sur I à valeurs dans [a, b].
ˆ v(y)
Alors F (y) = f (x, y) dx est continue sur I.
u(y)
∂f
Si de plus (x, y) est continue sur [a, b] × I et u(y), v(y) sont dérivables sur I alors
∂y
ˆ v(y)
∂f
F (y) est dérivable sur I et F ′ (y) = (x, y) dx + f (v(y), y)v ′ (y) − f (u(y), y)u′ (y).
u(y) ∂y

16
b) Intégrales généralisées dépendant d’un paramètre
Soit f (x, y) définie sur [a, b[×I avec b = +∞ ou b < +∞ et f (x, y) n’est pas définie en x = b
ˆ b
pour certaines valeurs de y ∈ I. Enfin on suppose que ∀ y ∈ I, F (y) ≡ f (x, y) dx converge.
a ˆ
t
On dit que l’intégrale converge simplement pour tout y : ∀ y ∈ I, lim− f (x, y) dx existe,
t→b
ˆ b ˆ c a

soit encore : ∀ y ∈ I, ∀ ϵ > 0, ∃ c ∈ [a, b[ / f (x, y) dx − f (x, y) dx < ϵ.


a a

• Continuité : On suppose que f (x, y) est Ljcontinue sur [a, b[×I


å et qu’il existe une fonction
b
φ : [a, b[→ R+ intégrable sur [a, b[ φ(x) dx existe telle que ∀ (x, y) ∈ [a, b[×I,
a
ˆ b
|f (x, y)| ≤ φ(x). Alors la fonction F (y) ≡ f (x, y) dx est continue sur I et on a :
ˆ b ˆ b a ˆ b
∀ y0 ∈ I, F (y0 ) ≡ f (x, y0 ) dx = lim f (x, y) dx = lim f (x, y) dx ≡ lim F (y).
a a y→y0 y→y0 a y→y0

∂f
• Dérivation : Si de plus existe, est continue sur [a, b[×I et ∃ ψ : [a, b[→ R+
Lj b ∂y å
∂f
intégrable sur [a, b[ ψ(x) dx existe telle que ∀ (x, y) ∈ [a, b[×I, (x, y) ≤ ψ(x)
a ∂y
ˆ b ˆ b
∂ ∂f
alors F (y) est dérivable sur I et F ′ (y) ≡ f (x, y) dx = (x, y) dx.
∂y a a ∂y

• Intégration : On suppose maintenant que f (x, y) est continue sur D = [a, b[×[c, d] et qu’il
existe une fonction φ : [a, b[→ R+ intégrable sur [a, b[ telle que ∀ (x, y) ∈ [a, b[×[c, d],
ˆ d
|f (x, y)| ≤ φ(x). Alors f (x, y) dy est intégrable sur [a, b[ et on a :
c
ˆ d ˆ b
Ç å ˆ b Lj d å ¨
f (x, y) dx dy = f (x, y) dy dx ≡ f (x, y) dxdy.
c a a c D

∂f
• Remarque : L’hypothèse de domination de f (x, y) ou (x, y) par une fonction indé-
∂y
pendante de y utilisée ci-dessus est très forte. Cela correspond à ce que l’on appelle la
convergence normale de l’intégrale généralisée. On peut la remplacer par une hypo-
thèse plus faible de convergence uniforme.
ˆ b
• Définition : Soit f (x, y) définie sur [a, b[×I et F (y) ≡ f (x, y) dx. On dit que F (y)
ˆa b ˆ c
converge uniformément ssi ∀ ϵ > 0, ∃ c ∈ [a, b[ / ∀ y ∈ I, f (x, y)dx − f (x, y)dx < ϵ.
a a
La différence avec la convergence simple est l’ordre entre ∃c et ∀y (c indépendant de y).

→ Les résultats
´ précédents concernant la continuité, la dérivation et l’intégration sous le
signe restent vrais sous l’hypothèse de CVU. On montre que CVN ⇒ CVU ⇒ CVS.

Ces notions sont similaires à celles que nous verrons pour les séries ˆ de fonctions :
X
il suffit de remplacer la variable continue x par un indice discret n et dx par .
n

17
c) Convolution
• Définition : Le produit de convolution de deux fonctions f, g : Rˆ → R est la fonction
+∞
définie par l’intégrale généralisée (si elle converge) : (f ∗ g)(x) = f (x − t) g(t) dt.
−∞

• Propriétés : Soient f, g, h : R → R et α, β ∈ R.

— Commutativité : f ∗ g = g ∗ f (cela s’obtient par changement de variable u = x − t).

— Linéarité : (αf + βg) ∗ h = α(f ∗ h) + β(g ∗ h).

— Translation : La translatée de f de longueur α est la fonction tα f : R → R telle que


(tα f )(x) ≡ f (x − α). On a alors (tα f ) ∗ g = tα (f ∗ g).

— Parité
— Si f, g sont de même parité alors f ∗ g est paire.
— Si f, g sont de parité opposée alors f ∗ g est impaire.

— Associativité : (f ∗ g) ∗ h = f ∗ (g ∗ h) ≡ f ∗ g ∗ h.

— Intégration : Le produit de convolution de la fonction constante = 1 par f est une


ˆ +∞
fonction constante égale à l’intégrale de f de −∞ à +∞ : 1 ∗ f = f (t) dt.
ˆ−∞
+∞
De façon générale, pour une fonction constante = α on a : α ∗ f = α f (t) dt.
−∞
Par associativité : 1 ∗ f ∗ g = 1 ∗ (f ∗ g) = (1 ∗ f ) ∗ g soit :
ˆ +∞ Lj +∞ å Lj +∞ å Lj +∞
å
(f ∗ g)(x) dx = f (t) dt ∗ g = f (t) dt × g(u) du .
−∞ −∞ −∞ −∞

Conclusion : l’intégrale de −∞ à +∞ du produit de convolution de deux fonctions


est égale au produit de leurs intégrales de −∞ à +∞.

• Fonction δ de Dirac
Soit f : R → R, la fonction de Dirac δ(x) vérifie δ ∗ f = f (c’est donc l’élément neutre
du produit de convolution). En fait δ n’est pas une vraie fonction mais une distribution
(cf. cours de L3). Cependant on peut la voir comme une limite de fonctions :
1


 si |x| ≤ α ˆ +∞
Si on définit gα (x) = 2α , on a ∀ α ∈ R, gα (x) dx = 1.
 −∞
0 si |x| > α

ˆ x+α
1
Alors (f ∗ gα )(x) = f (t) dt et lim [(f ∗ gα )(x)] = f (x) soit lim gα (x) = δ(x).
2α x−α α→0 α→0
ß
+∞ si x = 0
On peut donc voir la fonction de Dirac comme δ(x) = ("impulsion").
0 si x ̸= 0
ˆ +∞
On utilise souvent δ(x)f (x)dx = f (0) (parfois donnée comme définition de δ).
−∞

On note δα (x) ou δ(x − α) la translatée de δ de longueur α : (δα ∗ f )(x) = f (x − α).


+∞
X
Enfin on définit le peigne de Dirac : X(x) = δn (x) (utilisé par exemple en théorie
n=−∞
du signal pour l’échantillonnage de fonctions).

18
4. Intégrales multiples
a) Intégrales doubles
• Définition : Soit f (x, y) : D ⊂ R2 → R continue sur D. On divise D en n morceaux
d’aire ∆ai (i = 1..n) dans chacun desquels on choisit un point (xi , yi ) et on forme la
Xn
somme de Riemann d’ordre n de f : Sn = f (xi , yi ) × ∆ai . L’intégrale double de f
i=1
sur D est la limite de Sn quand n → ∞ et tous les ∆ai → 0 :
¨ n
X
f (x, y) dxdy = n→∞
lim f (xi , yi ) × ∆ai .
D ∆ai →0 i=1

L’élément d’intégration dxdy représente l’aire d’un domaine élémentaire de côtés dx, dy.
¨
• Interprétation : f (x, y) dxdy représente le volume algébrique 2 compris entre le
D
domaine D dans le plan (xOy) et son image par ¨ f , ie la surface d’équation
z = f (x, y). En particulier, si ∀x ∈ D, f (x, y) = 1 ⇒ dxdy = aire de D.
D

• Propriétés : Soient f, g : D ⊂ R2 → R, D1 , D2 ⊂ D et α, β ∈ R.
¨ ¨ ¨
— (αf (x, y) + βg(x, y)) dxdy = α f (x, y) dxdy + β g(x, y) dxdy.
¨D ¨ D D

— f (x, y) dxdy ≤ |f (x, y)| dxdy.


¨D ¨
D
¨ ¨
— f (x, y) dxdy = f (x, y) dxdy + f (x, y) dxdy − f (x, y) dxdy.
D1 ∪D2 D1 D2 D1 ∩D2

• Principe de calcul (Fubini) : On se ramène au calcul de deux intégrales simples !

— Cas simple : D est un rectangle de R2 , ie D = [a, b] × [c, d]. Dans ce cas :


¨ ˆ b Lj d å ˆ d Lj b å
f (x, y) dxdy = f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.
D a c c a

— Si de plus f est factorisable : f (x, y) = g(x)h(y) où g : [a, b] → R et h : [c, d] → R, alors :


¨ Lj b å Lj d å
f (x, y) dxdy = g(x) dx × h(y) dy .
D a c

— Cas général : Soit [a, b] l’intervalle dans lequel x peut varier. Si D est un domaine non
rectangle, pour chaque valeur de x, y peut varier entre y1 (x) et y2 (x). On commence
donc par fixer x ∈ [a, b] et on intègre la fonction y 7→ f (x, y) (à x fixé) entre les bornes
ˆ y2 (x)
y1 (x) et y2 (x). On obtient un résultat dépendant de x : I1 (x) = f (x, y) dy.
y1 (x)
¨ ˆ b
Puis on intègre ce résultat pour x variant de [a, b] : f (x, y) dxdy = I1 (x) dx.
D a
On peut aussi intégrer d’abord par rapport à x entre les bornes x1 (y) et x2 (y) pour
y fixé, puis par rapport à y dans son intervalle de variation noté [c, d]. Soit :
¨ ˆ b Lj y (x) 2
å ˆ d Lj x (y) å
2

f (x, y) dxdy = f (x, y) dy dx = f (x, y) dx dy.


D a y1 (x) c x1 (y)
2. On compte de façon positive les volumes situés au-dessus du plan (xOy), négative ceux situés en-dessous.

19
• Remarque : Le résultat final doit être indépendant des variables d’intégration !
2
• Exercice : Calculer l’intégrale de f (x, y) = 1 sur D1 = {(x, y) ∈ R+ / x ≤ 1, y ≤ 1} puis
2
sur D2 = {(x, y) ∈ R+ / x + y ≤ 1}. Dessiner les domaines D1 , D2

• Changement de variable : On suppose


¨ exprimer x et y en fonction de u et v,
que l’on peut¨
ie (x, y) = Φ(u, v). On a alors : f (x, y) dxdy = F (u, v) |JΦ (u, v)| dudv où
D ∆

— F représente la traduction de l’intégrand f (x, y) dans les variables (u, v),

— ∆ décrit le domaine d’intégration D dans les variables (u, v),

— le nouvel élément d’intégration fait intervenir le Jacobien du changement de variable


∂x ∂x
∂u ∂v
|JΦ (u, v)| = .
∂y ∂y
∂u ∂v
Exemple : Lors du changement de variable cartésiennes (x, y) → polaire (r, θ) on a
cos θ −r sin θ
(x, y) = (r cos θ, r sin θ) soit |JΦ (r, θ)| = = r. Il faut donc remplacer
sin θ r cos θ
dxdy par rdrdθ, qui représente bien l’aire d’un domaine élémentaire de côtés dr et rdθ.

b) Intégrales triples
• Définition : Soit f (x, y, z) : D ⊂ R3 → R continue sur D. On divise D en n morceaux de
volume ∆vi (i = 1..n) dans chacun desquels on choisit un point (xi , yi , zi ) et on forme
Xn
la somme de Riemann d’ordre n de f : Sn = f (xi , yi , zi ) × ∆vi . L’intégrale triple de
i=1
f sur D est la limite de Sn quand n → ∞ et tous les ∆vi → 0 :
˚ n
X
f (x, y, z) dxdydz = n→∞
lim f (xi , yi , zi ) × ∆vi .
D ∆vi →0 i=1

L’élément d’intégration dxdydy représente le volume d’un domaine élémentaire de côtés


dx, dy, dz.

• Interprétation : L’intégrale triple peut s’interpréter comme un hypervolume d’un objet


à 4 dimensions, non représentable graphiquement. Elle peut aussi servir à calculer la
masse totale d’un objet à 3 dimensions dont on connait la densité volumique de masse.
Enfin l’intégrale sur un domaine D de la fonction constante = 1 donne le volume de D.

• Propriétés : Soient f, g : D ⊂ R3 → R, D1 , D2 ⊂ D et α, β ∈ R.
˚ ˚ ˚
— (αf (x, y, z) + βg(x, y, z)) dxdydz = α f () dxdydz + β g() dxdydz.
˚D ˚ D D

— f (x, y, z) dxdydz ≤ |f (x, y, z)| dxdydz.


˚ D
˚
D
˚
— f (x, y, z) dxdydz = f (x, y, z) dxdydz + f (x, y, z) dxdydz
D1 ∪D2 ˚ D1 D2

− f (x, y, z) dxdydz.
D1 ∩D2

20
• Principe de calcul (Fubini) : On se ramène au calcul de trois intégrales simples !

— Cas simple : D est un pavé de R3 , ie D = [a, b] × [c, d] × [j, k]. Dans ce cas :
˚ ˆ b Lj d Lj k å å
f (x, y, z) dxdydz = f (x, y, z) dz dy dx.
D a c j

— Si de plus f (x, y, z) = g(x)h(y)i(z) où g : [a, b] → R, h : [c, d] → R et i : [j, k] → R :


˚ Lj b å Lj d å Lj k å
f (x, y, z) dxdydz = g(x) dx × h(y) dy × i(z) dz .
D a c j

— Cas général : On fixe x à une valeur appartenant à son domaine de variation [a, b]
et on intègre la fonction de deux variables (y, z) 7→ f (x, y, z) (à x fixé) sur le plan
Σx résultant de l’intersection de D avec le plan x constant. On obtient un résultat
dépendant de x que l’on intégre ensuite sur [a, b]. Pour calculer l’intégrale double sur
le domaine Σx , on procède comme dans le paragraphe précédent : on peut d’abord
fixer y et intégrer z 7→ f (x, y, z) (à (x, y) fixés) pour z ∈ [z1 (x, y), z2 (x, y)], puis on
intègre le résultat pour y ∈ [y1 (x), y2 (x)] :
˚ ˆ b Ũ ã
f (x, y, z) dxdydz = f (x, y, z) dydz dx
D a Σx
ˆ b Lj y (x) Lj z (x,y)
2 2
å å
= f (x, y, z) dz dy dx.
a y1 (x) z1 (x,y)

L’ordre est sans importance mais il faut faire attention aux dépendance des bornes
dans les variables. Le résultat doit être indépendant des variables d’intégration !

• Exercice : Calculer l’intégrale de la fonction f (x, y, z) = 1 sur les domaines suivants :


3 3
D1 = {(x, y, z) ∈ R+ / x ≤ 1, y ≤ 1, z ≤ 1}, D2 = {(x, y, z) ∈ R+ / x + y + z ≤ 1}.
Dessiner les domaines D1 , D2 .

• Changement ˚ de variable : On suppose ˚que l’on peut exprimer (x, y, z) = Φ(u, v, w).
On a alors : f (x, y, z) dxdydz = F (u, v, w) |JΦ (u, v, w)| dudvdw où
D ∆

— F représente la traduction de l’intégrand f (x, y, z) dans les variables (u, v, w),

— ∆ décrit le domaine d’intégration D dans les variables (u, v, w),

— le nouvel élément d’intégration fait intervenir le Jacobien du changement de variable


∂x ∂x ∂x
∂u ∂v ∂w
∂y ∂y ∂y
|JΦ (u, v)| = .
∂u ∂v ∂w
∂z ∂z ∂z
∂u ∂v ∂w

Remarque : Le Jacobien est égal au produit des coefficients métrique vus précédemment.
Pour un changement de variable cartésiennes → cylindriques il faut donc remplacer
dxdydz par ρdρdφdz et pour un changement cartésiennes → sphériques il faut remplacer
dxdydz par r2 sin θdrdθdφ.

21
c) Intégrales curvilignes
Une courbe Γ est un sous-espace de dimension 1. Dans le plan (en 2 dimensions) elle peut
être déterminée par la donnée d’une équation entre les coordonnées. On parle dans ce cas
de courbe en coordonnées résolues. Pour les coordonnées cartésiennes on peut prendre par
exemple y = f (x). Dans l’espace (en 3 dimensions) il faut deux équations pour déterminer
une courbe Γ. Par exemple, en coordonnées cartésiennes : z = 0 et y = f (x). Γ peut aussi
être déterminée par une équation paramétrique ⃗x(t) qui nous donne le vecteur position en
fonction d’une variable t. Une courbe résolue est de fait une courbe paramétrique pour laquelle
on a pris t = une des coordonnées. Le vecteur déplacement élémentaire d⃗x est tangent à Γ en
tout point de la courbe. On peut orienter Γ en choisissant un sens de parcours positif.

• Définition : Soit Γ une courbe orientée comprenant l’arc AB ˜ et f (⃗x) une fonction à
valeurs réelles définie en tout point de AB. On divise AB en n morceaux de longueur
˜ ˜
∆li (i = 1..n) dans chacun desquels on choisit un point ⃗xi et on forme la somme de
Xn
Riemann d’ordre n de f : Sn = f (⃗xi ) × ∆li . L’intégrale curviligne de f sur le long
i=1
˜ est la limite de Sn quand n → ∞ et tous les ∆li → 0 :
de AB
n ˆ ˆ tB
X  d⃗x
lim
n→∞
f (⃗xi ) × ∆li = f (⃗x) ∥d⃗x∥ = f ⃗x(t) dt.
∆li →0 i=1 AB
¯ tA dt
Ã
Xn
• Elément d’intégration = longueur élémentaire dans Rn (n = 2, 3) : ∥d⃗x∥ = Ni2 dx2i .
i=1

• Remarque : la longueur de l’arc AB


˜ est donnée par l’intégration de la fonction constante
ˆ
f (⃗x) = 1 le long de AB
˜ : l¯ =
AB
∥d⃗x∥.
AB
¯

• Exemples :
— Courbe en coordonnées cartésiennes résolues dans R2 : Γ est donnée par y = f (x).
Pour chaque point de Γ, le vecteur position est donc ⃗x = x⃗ex + y⃗ey = x⃗ex + f (x)⃗ey
∂⃗x ∂⃗x
et ses dérivée partielles : = ⃗ex + f ′ (x)⃗ey , = ⃗0. Le vecteur déplacement
∂x ∂y
élémentaire (= différentielle totale du vecteur position) est ainsi donné par :

∂⃗x ∂⃗x »
d⃗x = dx + dy = (⃗ex + f ′ (x)⃗ey ) dx ⇒ ∥d⃗x∥ = 1 + f ′ (x)2 dx.
∂x ∂y
Å ã
dy
On peut retrouver ce résultat en écrivant d⃗x = dx⃗ex + dy⃗ey = dx ⃗ex + ⃗ey .
dx
L’intégrale curviligne d’une fonction g : Γ → R le long de AB ˜ ⊂ Γ est donc :
ˆ ˆ xB

g(⃗x) ∥d⃗x∥ = g x, f (x) 1 + f ′ (x)2 dx
AB
¯ xA
ˆ ˆ xB »
et la longueur de l’arc AB
˜ : l¯ =
AB
∥d⃗x∥ = 1 + f ′ (x)2 dx.
AB
¯ xA

— Courbe en coordonnées polaires résolues dans R2 : Γ est déterminée par r = f (θ).


Donc ⃗x = r⃗er et d⃗x = ⃗er dr + r⃗eθ dθ = (f ′ (θ)⃗er + f (θ)⃗eθ ) dθ (⃗er dépend de θ !)
p
⇒ ∥d⃗x∥ = f (θ)2 + f ′ (θ)2 dθ et l’intégrale de g(r, θ) le long de AB ˜ ⊂ Γ est :
ˆ ˆ θB » ˆ θ»
B

g(⃗x) ∥d⃗x∥ = g f (θ), θ f (θ)2 + f ′ (θ)2 dθ soit lAB ¯ = f (θ)2 + f ′ (θ)2 dθ.
AB
¯ θA θA

22
d) Intégrales de surfaces
Une surface Σ est un sous-espace de dimension 2. Dans l’espace à 3 dimensions, elle peut être
déterminée par une équation entre les coordonnées. Par exemple une sphère de rayon R et de
2
centre O est déterminée par ∥⃗x∥ = x2 + y 2 + z 2 = R2 . Pour caractériser l’appartenance d’un
∂⃗x ∂⃗x
point ⃗x à Σ on peut utiliser une équation paramétrique ⃗x(u, v). Les vecteurs , définissent
∂u ∂v
∂⃗x ∂⃗x
le plan tangent à Σ au point ⃗x. On définit le vecteur normal à Σ au point ⃗x : ⃗n = ∧ .
∂u ∂v
Orienter Σ c’est choisir la direction de ⃗n. Par convention pour une surface fermée (par exemple
une sphère) on choisit ⃗n sortant.

• Définition : Soit f (⃗x) une fonction à valeurs réelles définie en tout point d’une surface
Σ. On divise Σ en n morceaux d’aire ∆si (i = 1..n) dans chacun desquels on choisit
Xn
un point ⃗xi et on forme la somme de Riemann d’ordre n de f : Sn = f (⃗xi ) × ∆si .
i=1
L’intégrale de surface de f sur Σ est la limite de Sn quand n → ∞ et tous les ∆si → 0 :
n
X ¨
lim
n→∞
f (⃗xi ) × ∆si = f (⃗x) dσ.
∆si →0 i=1 Σ

• Elément d’intégration : dσ est une surface élémentaire. Si Σ est paramétrisé par (u, v) :
¨ ¨
∂⃗x ∂⃗x ∂⃗x ∂⃗x
dσ = ∥⃗n∥ dudv = ∧ dudv et f (⃗x) dσ = f (u, v) ∧ dudv
∂u ∂v Σ D ∂u ∂v
où D est le domaine de variation de (u, v) correspondant à la surface Σ.

• Remarque : l’intégrale de la fonction constante f (⃗x) = 1 sur Σ donne l’aire de Σ.

• Exemples :
Å ã2 Å ã2
∂f ∂f
— Si Σ est décrite par z = f (x, y) alors dσ = 1+ + dxdy (cf. TD 5).
∂x ∂y
— Si Σ est décrite par 2 coordonnées (q1 , q2 ), q3 étant constante, alors dσ = N1 N2 dq1 dq2
où N1 , N2 sont les coefficients métriques associés à q1 , q2 .

e) Fonctions vectorielles
• Circulation : Soit une fonction vectorielle f⃗(⃗x) : R3 → R3 . La circulation élémentaire de
f⃗(⃗x) sur d⃗x est δC = f⃗(⃗x) · d⃗x. C’est une forme différentielle ! La circulation de f⃗(⃗x) le
long d’un arc AB ˜ est donnée par l’intégrale curviligne :
ˆ ˆ
CAB¯ = δC = f⃗(⃗x) · d⃗x
AB
¯ AB
¯

En général la circulation dépend


˛ du chemin suivi pour aller de A à B. En particulier

pour un contour fermé Γ : f (⃗x) · d⃗x ̸= 0 (exemple : travail d’une force de frottement).
Γ
Si la circulation de f⃗(⃗x) sur AB
˜ ne dépend pas du chemin suivi de A à B alors la
circulation élémentaire est une différentielle totale,
ˆ ˆ fonction potentiel U
ie il existe une

telle que δC = f (⃗x) · d⃗x = −dU et C ¯ = ⃗
f (⃗x) · d⃗x = − dU = U (A) − U (B).
AB
AB AB
−−→
¯ ¯
On voit que f⃗(⃗x) = −grad(U ) (dans une base fixe, les fonctions composantes ⃗
˛ de f sont les
dérivées partielles de U par rapport aux coordonnées correspondantes) et f⃗(⃗x)·d⃗x = 0
Γ
sur tout contour fermé Γ (on dit que f⃗(⃗x) est à circulation conservative).

23
• Flux : Le flux de f⃗(⃗x) à travers
¨ une surface Σ paramétrisée par (u, v) est donné par
l’intégrale de surface ΦΣ = f⃗(⃗x) · d⃗σ où d⃗σ = ⃗ndudv, ⃗n étant le vecteur normal à Σ.
Σ

Le flux élémentaire, δΦΣ = f⃗(⃗x) · d⃗σ est une forme différentielle.

• Théorèmes :

— Stokes : Soit Σ une surface s’appuyant sur un contour fermé Γ. La circulation de f⃗


sur Γ est égale au flux du rotationnel de f⃗ à travers Σ :
˛ ¨
−→
f⃗(⃗x) · d⃗x = rot(f ) · d⃗σ .
Γ Σ

−→
En particulier pour une surface fermée : rot(f ) · d⃗σ = 0.
Σ

— Ostrogradski : Soit Σ une surface fermée entourant un volume V. Le flux de f⃗ à


travers Σ est égal à l’intégrale triple de la divergence de f⃗ sur V :

‹ ˚
f⃗(⃗x) · d⃗σ = div(f⃗ ) dv.
Σ V

k
— Gauss : On suppose maintenant f⃗(⃗x) = 2 ⃗er (coordonnées sphériques) où k ∈ R.
r
Soit Σ une surface fermée. Le flux de f⃗(⃗x) à travers Σ est donné par :

 4πk si O est à l’intérieur de Σ,





f⃗(⃗x) · d⃗σ = 2πk si O est un point de Σ,
Σ 



0 si O est à l’extérieur de Σ.

24
III Suites et séries
1. Suites numériques
• Définition : Une suite un est une application N → K ≡ R ou C, n 7→ un . Elle converge
vers l ssi lim un = l ⇔ ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, |un − l| < ϵ ⇔ lim |un − l| = 0.
n→∞ n→∞

• Propriétés :
— Toute suite convergente est bornée. La réciproque est fausse (exemple : un = (−1)n ).

— Toute suite croissante majorée ou décroissante minorée est convergente (un = 1/n).

— Soient un , vn ∈ K deux suites convergeant vers u, v et α, β ∈ K.


Alors un × vn converge vers u × v et αun + βvn converge vers αu + βv.
La réciproque est fausse. En revanche, si un ∈ C alors un converge
⇔ Re(un ), Im(un ) convergent et lim un = lim Re(un ) + i lim Im(un ).
n→∞ n→∞ n→∞

• Suite de Cauchy :
On appelle ainsi toute suite vérifiant ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n, m > N, |um − un | < ϵ.
Toute suite convergente est une suite de Cauchy. La réciproque est vrai dans les espaces
dits complets. C’est le cas de R et C. C’est donc une condition nécessaire et suffisante de
convergence. Il est plus facile de prouver la condition de Cauchy que celle de convergence
car on n’a pas besoin de connaitre la limite l !

2. Séries numériques
a) Généralités
n
X
• Définitions : Soit un une suite d’éléments de K. La suite Sn = ui est appelée somme
i=0
partielle d’ordre n de la série de terme général un . La série converge (CV) ssi Sn

X
converge, sinon elle diverge (DIV). Dans ce cas, S ≡ ui est appelée somme de la
i=0

X
série et le reste d’ordre n est Rn ≡ S − Sn = ui . Si la série converge lim Rn = 0.
n→∞
i=n+1
Attention : la réciproque est fausse car le reste n’est défini que si la série converge !

• Propriétés : Soient un , vn deux suites et α, β deux nombres de K.


X X X X X
Si un vn convergent alors (αun + βvn ) converge vers α un + β vn .
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X
La réciproque est fausse. En revanche, si un ∈ C alors un converge
n≥0
X X X X X
⇔ Re(un ), Im(un ) convergent et un = Re(un ) + i Im(un ).
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0 n≥0

• Condition de Cauchy :
X q
X
un converge ⇔ ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ p, q > N, |Sq − Sp | = un < ϵ.
n≥0 n=p

C’est une condition nécessaire et suffisante de convergence. Il est plus facile deX
prouver
la condition de Cauchy que la convergence car on n’a pas besoin de connaitre un !
n≥0

25
X
• Condition nécessaire de convergence : Si un converge alors lim un = 0.
n→∞
n≥0
X
La réciproque est fausse. Cependant, lim un ̸= 0 ⇒ un diverge (grossièrement).
n→∞
n≥0

• Exemples : Soient α, β ∈ R et q ∈ K.
X X 1
— Séries géométriques : q n converge ssi |q| < 1, et dans ce cas qn = .
1−q
n≥0 n≥0
X 1 X1
— Séries de Riemann : α
converge ssi α > 1. En particulier diverge.
n n
n≥1 n≥1
X 1
— Séries de Bertrand : converge ssi α > 1 ou (α = 1 et β > 1).
nα (ln n)β
n≥1

b) Séries à termes positifs


On appelle ainsi les séries dont le terme général appartient à R+ à partir d’un certain rang.
Dans ce paragraphe on suppose ∀n ∈ N, un , vn ∈ R+ .
X Xn
• Majoration : un converge ssi la suite des sommes partielles Sn = ui est majorée.
n≥0 i=0

• Comparaison : Si ∀ n ∈ N, un ≤ vn alors :
X X X X
— vn converge ⇒ un converge et dans ce cas un ≤ vn .
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X
— un diverge ⇒ vn diverge.
n≥0 n≥0
un
• Domination : Si un = o(vn ), ie lim = 0, alors :
n→∞ vn
X X
— vn converge ⇒ un converge,
n≥0 n≥0
X X
— un diverge ⇒ vn diverge.
n≥0 n≥0

• Encadrement : Si ∃ α, β > 0 tels que ∀ n ∈ N, αvn ≤ un ≤ βvn alors :


X X
— un converge ⇔ vn converge.
n≥0 n≥0
X X
— vn diverge ⇔ un diverge.
n≥0 n≥0
X X
On dit que les séries un et vn sont de même nature.
n≥0 n≥0
• Equivalence :
un X X
Si un ∼ vn , ie lim existe et est ̸= 0, +∞, alors un et vn sont de même nature.
n→∞ vn
n≥0 n≥0

• Tests de Riemann :
X
— Si ∃ α > 1 / lim nα un = 0 alors un converge.
n→∞
n≥0
X
— Si ∃ α ≤ 1 / lim nα un = +∞ alors un diverge.
n→∞
n≥0
X X 1
— Si lim nα un existe et est ̸= 0, +∞ alors un et sont de même nature.
n→∞ nα
n≥0 n≥1

26
• Test intégral :
ˆ ∞ X
Soit f : R+ → R+ décroissante, alors f (x) dx et f (n) sont de même nature.
n≥0
 X

 Si l < 1 alors un converge

n≥0


• Test de Cauchy : Soit l ≡ lim (un )1/n
X
: Si l > 1 alors un diverge
n→∞ 


 n≥0
Si l = 1 on ne peut pas conclure.

 X

 Si l < 1 alors un converge

n≥0

un+1  X
• Test de d’Alembert : Soit l ≡ lim : Si l > 1 alors un diverge
n→∞ un 


 n≥0
Si l = 1 on ne peut pas conclure.

c) Séries à termes quelconques


X
• Convergence absolue : La série un , où un ∈ K, converge absolument (CVA)
n≥0
X X X
ssi |un | converge. Si |un | alors un converge, mais la réciproque est fausse.
n≥0 n≥0 n≥0
X X
Si un converge mais |un | diverge la série est dite semi convergente (SCV).
n≥0 n≥0
X X X
Soient un et vn CVA alors ∀ α, β ∈ K, (αun + βvn ) CVA.
n≥0 n≥0 n≥0
X
• Séries alternées : La série un est dite alternée ssi son terme général est de la forme
n≥0
un = (−1)n an où an ∈ R . Si de plus la suite an est décroissante et lim an = 0, alors
+
X n→∞
un converge. Notons S la somme, Sn la somme partielle et Rn le reste d’ordre n.
n≥0
X (−1)n
On a : S2n+1 ≤ S ≤ S2n et |Rn | ≤ an+1 . Exemple : est SCV.
n
n≥1
X
• Théorème d’Abel : Soit la série un où un = an bn avec an ∈ R+ et bn ∈ K. Si :
n≥0
i) la suite an est décroissante et lim an = 0,
n→∞ !
n
X n
X
ii) la suite des sommes partielles Bn = bi est bornée ∃B ∈ R / ∀n ∈ N, bi ≤ B
X i=0 i=0
alors un converge. Pour bn = (−1)n on retrouve le théorème des séries alternées.
n≥0
X X
• Produit de Cauchy de 2 séries : Soient les séries un et vn où un , vn ∈ K.
n≥0 n≥0
X n
X
Leur produit de Cauchy est la série wn dont le terme général est wn = ui vn−i .
n≥0 i=0
X X X X X X
Si un et |vn | convergent, alors wn converge et wn = un × vn .
n≥0 n≥0 n≥0 n≥0 n≥0 n≥0
X X
Si de plus |un | converge alors |wn | converge.
n≥0 n≥0

27
3. Suites et séries de fonctions
a) Convergence des suites de fonctions
• Définitions : Une suite de fonctions fn est une application de N dans l’ensemble des
fonctions de I ⊂ R dans K = R ou C qui à n ∈ N associe une fonction fn : I → K.
On dit que fn converge simplement (CVS) ssi pour tout x ∈ I la suite numérique
fn (x) à x fixé converge dans K. Si ∀ x ∈ I, lim fn (x) ≡ f (x) on dit que f : I → K
n→∞
est la limite simple de fn . On a ∀ x ∈ I, ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, |fn (x) − f (x)| < ϵ.

• Convergence uniforme : Soit f : I → K, la norme uniforme de f est : ∥f ∥ = sup |f |.


x∈I
On dit que la suite de fonctions fn : I → K converge uniformément (CVU) ssi
∃ f : I → K / lim ∥fn − f ∥ = 0 ⇔ ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, ∥fn − f ∥ < ϵ, soit
n→∞
encore : ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, ∀ x ∈ I, |fn (x) − f (x)| < ϵ (N indépendant de x).
On dit que f est la limite uniforme de fn et on montre que CVU ⇒ CVS.

• Conditions de Cauchy :
fn CVS ssi ∀ x ∈ I, ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ p, q > N, |fp (x) − fq (x)| < ϵ
fn CVU ssi ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ p, q > N, ∀ x ∈ I, |fp (x) − fq (x)| < ϵ
⇔ ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ p, q > N, ∥fp − fq ∥ < ϵ

b) Propriétés des suites de fonctions


• Linéarité : Soit fn , gn deux suites de fonctions de I → K et α, β ∈ K. Si fn et gn CVS
(resp. CVU) vers f et g alors αfn + βgn CVS (resp. CVU) vers αf + βg.

En revanche, si fn est une suite de fonctions de I → C, alors fn CVS (resp. CVU) vers f
ssi Re(fn ) CVS (resp. CVU) vers Re(f ) et Im(f  n ) CVS (resp. CVU) vers Im(f ) et
∀ x ∈ I, f (x) = lim Re(fn (x)) + i Im(fn (x)) = Re( lim fn (x)) + i Im( lim fn (x)).
n→∞ n→∞ n→∞

• Continuité : Soient fn : I → K une suite de fonctions CVU vers f et a ∈ I. Pour tout


n ∈ N on pose lim fn (x) = λn . La suite numérique λn converge vers la limite de f en a :
x→a  
lim λn = lim f (x) ⇔ lim lim fn (x) = lim lim fn (x) .
n→∞ x→a n→∞ x→a x→a n→∞

⇒ Soit fn : I → K CVU vers f . Si ∀ n ∈ N, fn est continue sur I, alors f l’est aussi.

⇒ Soit fn une suite de fonctions continues. Si fn CVS vers une fonction f non continue
alors il n’y a pas CVU de fn vers f .

• Intégration : Soit fn une suite de fonctions continues sur [a, b] CVU vers f . Alors
ˆ x ˆ x
∀ x ∈ [a, b], Fn (x) ≡ fn (t) dt CVU vers F (x) ≡ f (t) dt. En particulier pour x = b :
Lj b å aˆ b ˆ b a

lim fn (t) dt = f (t) dt = lim (fn (t)) dt.


n→∞ a a a n→∞

• Dérivation : Soit fn : I → K une suite de fonctions de classe C 1 telles que fn′ CVU vers
g sur I et ∃ x ∈ I tel que la suite numérique fn (x) converge. Alors fn CVU sur I
vers unefonction f de classe C 1 dont la dérivée est f ′ = g. On peut donc écrire

∀ x ∈ I, lim fn (x) = g(x) = lim fn′ (x).
n→∞ n→∞

• Exercice : Etudier la convergence de la suite de fonctions fn (x) = xn pour x ∈] − 1, 1[.

28
c) Convergence des séries de fonctions
• Somme partielle : Soit fn : I → K une suite de fonctions. La somme partielle d’ordre n
de la série de terme général fn est la suite de fonctions Sn : I → K définie par :
n
X
∀ x ∈ I, Sn (x) = fi (x).
i=0

• Convergence simple : On dit que la série de fonctions de terme général fn CVS sur I
X
ssi la suite de fonction Sn CVS sur I, ie ∀ x ∈ I, la série numérique fn (x) converge.
n≥0
X
La limite S(x) ≡ lim Sn (x) = fn (x) de cette suite est appelée somme de la série et
n→∞
n≥0
X
le reste d’ordre n de la série est défini par ∀ x ∈ I, Rn (x) ≡ S(x) − Sn (x) = fi (x).
i>n
On a ∀ x ∈ I, lim Rn (x) = 0, ie la suite de fonctions Rn CVS vers la fonction nulle :
n→∞

∀ x ∈ I, ∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, |Rn (x)| < ϵ.

• Convergence uniforme : La série de fonctions de terme général fn CVU sur I ssi la suite
de fonction Sn CVU sur I ⇔ la suite de fonctions Rn CVU vers la fonction nulle :

∀ ϵ > 0, ∃ N ∈ N / ∀ n > N, ∀ x ∈ I, |Rn (x)| < ϵ.

• Condition nécessaire de convergence : Si la série de fonctions de terme général fn CVS


(resp. CVU) sur I, alors la suite de fonction fn CVS (resp. CVU) sur I vers la fonction
nulle. La réciproque est fausse.

• Convergence absolue : La série de fonctions de terme général fn CVA sur I ssi ∀ x ∈ I,


X
la série numérique |fn (x)| converge, ie la série de terme générale |fn | CVS.
n≥0

• Convergence normale : La série de fonctions de terme général fn converge normalement


(CVN) sur I ssi il existe une série numérique de terme général αn ∈ R+ convergente
X que ∀ n ∈ N,X
telle ∀ x ∈ I, |fn (x)| ≤ αn . Cela revient à dire que la série numérique
sup |fn (x)| = ∥fn ∥ converge (d’où le nom de convergence normale).
x∈I
n≥0 n≥0

• On montre que CVN ⇒ CVU ⇒ CVS et CVN ⇒ CVA ⇒ CVS.


Les réciproques sont fausses. Il n’y a aucune implication entre CVU et CVA.

d) Propriétés des séries de fonctions


• Linéarité
X : SoitX fn , gn deux suites de fonctions de I → K et X
α, β ∈ K.
Si fn et gn CVS (resp. CVU, CVA, CVN) alors (αfn + βgn ) CVS (resp.
n→∞ n→∞ X n→∞
X X

CVU, CVA, CVN) et ∀ x ∈ I, αfn (x) + βgn (x) = α fn (x) + β gn (x).
n→∞ n→∞ n→∞
X
En revanche, si fn est une suite de fonctions de I → C, la série de fonctions fn
n→∞
CVS (resp. XCVU, CVA, XCVN) ssi Re(fn ) et
XIm(fn ) CVS (resp. CVU, CVA, CVN)
et ∀ x ∈ I, fn (x) = Re(fn (x)) + i Im(fn (x))
n→∞ n→∞ n→∞

29
X
• Continuité : Soient fn : I → K une suite de fonctions telles que fn CVU et a ∈ I.
X n→∞
Si ∀ n ∈ N, fn (x) est continue en a, alors fn (x) est continue en a et
n→∞

X  ÅX ã
lim fn (x) = lim fn (x) .
x→a x→a
n≥0 n≥0

X
En particulier, si ∀ n ∈ N, fn est continue sur I , fn l’est aussi.
n→∞
X X
⇒ Si ∀ n ∈ N, fn est continue sur I , mais fn ne l’est pas, fn n’est pas CVU.
n→∞ n→∞
X
• Intégration : Soit fn : I → K une suite de fonctions continues telles que fn CVU.
n→∞
ˆ b X !
X ˆ b
Ç å
Alors ∀ a, b ∈ I, fn (x) dx = fn (x) dx .
a n≥0 n≥0 a

• Dérivation : Soit fn : I → K une suite de fonctions de classe C 1 telles que :


X
— la série de fonctions fn′ CVU sur I,
n≥0
X
— ∃ x ∈ I tel que la série numérique fn (x) converge.
n≥0
Alors on a les résultats suivants :
X
— La série de fonctions fn CVU sur I,
n≥0
— la somme de cette série est de classe C 1 ,
ÅX ã′ X
— ∀ x ∈ I, fn (x) = fn′ (x).
n≥0 x≥0
X
• Exercice : Etudier la convergence de la série de fonctions xn pour x ∈] − 1, 1[.
n≥0

4. Séries entières
a) Généralités
• Définition
X : Une série entière de la variable z ∈ K = R ou C est une série de la forme
an z n où les an ∈ K sont appelés coefficients de la série entière.
n≥0
X
Exemple : La série géométrique z n est une série entière dont les coefficients sont
n≥0
Å ã
1
∀ n ∈ N, an = 1. Elle converge pour |z| < 1 = et diverge pour |z| ≥ 1.
1−z
X
• Convergence : Soit an z n une série entière où an , z ∈ K. Il existe un unique R ≥ 0
n≥0
X X
(éventuellement = +∞) tel que si |z| < R, an z n CVA, si |z| > R, an z n DIV.
n≥0 n≥0
Si |z| = R on ne sait rien a priori de la nature de la série entière.

30
R est appelé rayon de convergence de la série entière.

On définit l’intervalle (si K = R) ou le disque (si K = C) ouvert de convergence :



DR = z ∈ K / |z| < R .

Si R ̸= 0, alors ∀ r ∈ ]0, R[, la série entière CVN sur tout disque ou intervalle fermé

Dr = z ∈ K / |z| ≤ r ⊂ DR .
X
• Lemme d’Hadamard : Soit an z n une série entière. Son rayon de convergence est
n≥0
1 an+1 1/n
donné par la formule : = lim = lim |an | .
R n→∞ an n→∞

• Lemme d’Abel : R = sup r ≥ 0 / lim |an | rn = 0 = sup r ≥ 0 / |an | rn est bornée .


 
n→∞ X
On peut ainsi déterminer le rayon de convergence de la série entière an z n en
n≥0
étudiant plus simplement la suite numérique |an | rn .

On voit de plus que pour |z| > R la divergence de la série entière est grossière.

b) Opérations sur les séries entières


X X
• Produit par un scalaire : Soit λ ∈ K. Si λ ̸= 0 les séries entières an z n et λan z n
n≥0 n≥0
X X
ont même rayon de convergence R et ∀ z ∈ DR , λan z n = λ an z n .
n≥0 n≥0

X X
• Somme de séries entières : Soient an z n et bn z n deux séries entières de rayons de
n≥0 n≥0
X
convergence Ra , Rb . Le rayon de convergence R de la série somme (an +bn )z n vérifie :
n≥0
®
R = min(Ra , Rb ) si Ra ̸= Rb X
n
X X
et ∀ z ∈ DR , bn z n .
(an + bn )z = an z n +
R ≥ Ra si Ra = Rb n≥0 n≥0 n≥0
XÅ 1 ã X
Exemple : − 1 z n et z n ont pour rayon de convergence commun R = 1.
2n
n≥0 n≥0
X 1
n
Leur somme est z dont le rayon de convergence est R′ = 2
2n
n≥0

X X
• Produit de séries entières : Soient an z n et bn z n deux séries entières de rayons de
n≥0 n≥0
X n
X
convergence Ra , Rb . La série produit cn z n a pour coefficients cn = ai bn−i . Son
n≥0 i=0
X X X
rayon de convergence est R = min(Ra , Rb ) et ∀ z ∈ DR , cn z n = an z n × bn z n .
n≥0 n≥0 n≥0
X X X
n n n
Exemple : z × z = (n + 1)z ont pour rayon de convergence R = 1.
n≥0 n≥0 n≥0

31
c) Fonction définie par une série entière
X
Soit an xn une série entière réelle (an , x ∈ R) de rayon de convergence R ̸= 0, fini ou infini,
n≥0
et DR ≡ ]− R, +R[ son intervalle ouvert de convergence. On définit la fonction f : DR → R par

X
∀ x ∈ DR , f (x) = an xn .
n≥0

• Continuité : Nous avons vu qu’une série entière CVN (⇒ CVU) sur tout Dr ≡ [−r, +r]
où 0 < r < R. Les an xn étant des fonctions continues sur Dr , f est continue sur DR .
Pour x = ±R on ne peut pas conclure et en général il n’y a pas CVU sur DR .
X1
Exemple : xn converge pour x = −1 mais diverge pour x = +1.
n
n≥0
X Å X ã X
n n
En revanche, si an R resp. an (−R) converge alors an xn CVU sur
n≥0 n≥0 n≥0

]− R, +R] resp. [−R, +R[ et est continue en R (resp. −R).
X an
• Intégration : La série entière xn+1 a même rayon de convergence que la série
n+1
X
n≥0
ˆ x
n
entière an x ≡ f (x) et a pour somme f (t) dt, soit :
n≥0 0
ˆ x ˆ x X
!
X ˆ x
!
X an
n n
∀ x ∈ DR , f (t) dt = an t dt = an t dt = xn+1 .
0 0 0 n+1
n≥0 n≥0 n≥0

X 1
Exemple : On a vu que la série géométrique converge ∀ x ∈ ]− 1, +1[ : xn = .
1−x
n≥0
1 X
Par intégration on obtient donc : ∀ x ∈ ]− 1, +1[ , xn+1 = − ln(1 − x) .
n+1
n≥0
X (−1)n+1 X 1
Comme converge (série alternée) on en conclut que xn+1 est
n+1 n+1
n≥0 n≥0
X (−1)n+1 X (−1)n
continue en x = −1 et = = − ln(2).
n+1 n
n≥0 n≥1

X
• Dérivation : La série entière nan xn−1 a même rayon de convergence que la série
n≥1
X
n
entière an x ≡ f (x). De plus f est de classe C 1 sur DR et on a :
n≥0 !′
X X ′ X
′ n
∀ x ∈ DR , f (x) = an x = an xn = nan xn−1 .
n≥0 n≥0 n≥1

Par récurrence, on montre que f est de classe C ∞ sur DR et


X
∀ x ∈ DR , f (p) (x) = n(n − 1)...(n − p + 1)an xn−p .
n≥p
f (n) (0)
En particulier, pour x = 0 on obtient : f (n) (0) = n! an ⇔ an =
n!
X 1 X 1
Exemple : ∀ x ∈ ]− 1, +1[ , xn = ⇒ ∀ x ∈ ]− 1, +1[ , nxn−1 = .
1−x (1 − x)2
n≥0 n≥0

32
d) Développement en séries entières
Etant donné une X fonction f définie sur DR ≡ ]− R, +R[. On se propose de chercher s’il existe
une série entière an xn de rayon de convergence R dont la somme coïncide avec f sur DR .
n≥0
Il faut pour cela que f soit C ∞ sur DR . S’il existe une telle série entière, on dit que f est
développable en série entière en 0.
X f (n) (0)
• Définition : On appelle série de MacLaurin de f la série entière xn .
n!
n≥0

• Théorème : Soit f de classe C sur DR . Pour que f soit développable en série entière en 0
il suffit que la suite f (n) (x) soit bornée sur DR : ∃ B > 0 / ∀ x ∈ DR , ∀ n ∈ N, f (n) (x) < B.

• Sinus, cosinus :
 nπ 
On pose f (x) = sin(x) ⇒ f (n) (x) = sin x + et ∀ x ∈ R, ∀ n ∈ N, f (n) (x) < 1.
2
X (−1)n
Le sinus est donc développable en série entière : sin(x) = x2n+1 (R = +∞).
(2n + 1)!
n≥0
X (−1)n
De même pour le cosinus : ∀ x ∈ R, cos(x) = x2n .
(2n)!
n≥1

• Exponentielle : Soit f (x) = ex , ses dérivées sont f (n) (x) = ex . Donc pour tout R > 0 on
a ∀ |x| < R, ∀ n ∈ N, f (n) (x) < eR . L’exponentielle est développable en série entière :
X xn
∀ x ∈ R, ex = .
n!
n≥0

e) Généralisation aux complexes


X zn
On définit la fonction exponentielle complexe par ∀ z ∈ C, ez ≡ .
n!
n≥0

Cette série entière a un rayon de convergence R = +∞, elle est donc bien définie pour tout z ∈ C
et on retrouve la propriété : ∀ z1 , z2 ∈ C, ez1 +z2 = ez1 ez2 .
Si z = x + iy où x, y ∈ R on obtient : ez = ex+iy = ex eiy = ex cos(y) + i sin(y) . En effet :


X (iy)n X (−1)n X (−1)n


eiy = = y 2n + i y 2n+1 = cos(y) + i sin(y) .
n! (2n)! (2n + 1)!
n≥0 n≥1 n≥0

X (−1)n X (−1)n
De la même façon on définit ∀ z ∈ C, cos(z) ≡ z 2n et sin(z) ≡ z 2n+1 .
(2n)! (2n + 1)!
n≥1 n≥0

2
On retrouve les formules usuelles : cos2 (z) + sin (z) = 1 , cos(z) + i sin(z) = eiz ,
eiz + e−iz eiz − e−iz
cos(z) = , sin(z) = , cos(iz) = cosh(z) , sin(iz) = sinh(z).
2 2i

En revanche |cos(z)| et |sin(z)| ne sont pas bornées dans C !

33
5. Séries de Fourier
a) Fonctions de période 2π
On note E2π l’espace vectoriel des fonctions f : R → C de période 2π continues par morceaux :

f ∈ E2π =⇒ ∀x ∈ R, f (x + 2π) = f (x).

Une fonction f ∈ E2π a un nombre fini de discontinuités sur [−π, π]. En tout point x0 ∈ R on
définit les limites à gauche et à droite de f par :

f (x− lim f (x),


0 ) = x→x f (x+ lim f (x) (f continue en x0 =⇒ f (x−
0 ) = x→x
+
0 ) = f (x0 ) = f (x0 )).
0 0
x<x0 x>x0

Soient deux fonctions f, g ∈ E2π , on définit :


ˆ π ˆ α+2π
1 ∗ 1 ∗
⟨f, g⟩ = f (x)g(x)dx = f ∗ (x)g(x)dx, où α ∈ R ( est la conjugaison complexe).
2π −π 2π α

Ce n’est pas un produit scalaire car ⟨f, f ⟩ = 0 n’entraine pas ∀x ∈ R, f (x) = 0 (ceci est vrai
seulement aux points où f est continue). On définit la régularisée d’une fonction f ∈ E2π par :

1
∀x ∈ R, f˜(x) = f (x− ) + f (x+ ) .

2
En particulier on a f˜(x) = f (x) en tout point où f est continue. On note Ẽ2π le sous-espace
vectoriel de E2π des fonctions qui sont leur propre régularisée (∀x ∈ R, f˜(x) = f (x)). On parle
de fonctions “régulières” de période 2π.

On montre que si f ∈ Ẽ2π vérifie ⟨f, f ⟩ = 0 alors ∀ x ∈ R, f (x) = 0 : ⟨, ⟩ est donc un produit
scalaire sur Ẽ2π auquel on peut associer une norme :
ˆ π
» 1
∀f ∈ Ẽ2π , ∥f ∥ = ⟨f, f ⟩ = |f (x)|2 dx .
2π −π

Ẽ2π est un espace préhilbertien : espace vectoriel possédant un produit scalaire (et une norme
associée) de dimension infinie (on ne peut pas donner une base avec un nombre fini d’éléments).

La question à laquelle nous allons essayer de répondre dans ce cours est : existe-t-il l’équivalent
d’une base (avec un nombre infini d’éléments) dans laquelle on va pouvoir exprimer les coor-
données des fonctions de Ẽ2π ?

Pour cela on définit le sous espace vectoriel C2π des fonctions continues de période 2π. Claire-
ment on a : C2π ⊂ Ẽ2π ⊂ E2π .

Pour tout p ∈ Z on définit les fonctions :

ep (x) = eipx = cos(px) + i sin(px) ∈ C2π .

La famille {ep }p∈Z est orthonormale : ∀p, q ∈ Z, ⟨ep , eq ⟩ = δpq (symbole de Kroneker = 1 si
p = q, 0 sinon). Nous allons voir qu’elle peut être considérée comme une base de C2π et Ẽ2π .

b) Calcul des coefficients de Fourier


Soit f ∈ E2π . Pour tout p ∈ Z on définit :
ˆ π
1
cp (f ) = ⟨ep , f ⟩ = f (x)e−ipx dx.
2π −π

34
Le nombre complexe cp (f ) est appelé coefficient de Fourier exponentiel de f d’ordre p ∈ Z.
C’est la projection de f sur le vecteur de base ep . Peut-on réécrire f comme une somme (infinie,
i.e. une série) de composantes × vecteurs de base ? Pour cela on définit la série de Fourier de f
+∞
X +∞
X
Sf : R → C telle que ∀x ∈ R, Sf (x) = cp (f )ep (x) = cp (f )eipx .
p=−∞ p=−∞

Nous verrons dans la section d) à quelles conditions on a Sf (x) = f (x). Nous allons maintenant
réécrire Sf sous forme d’une somme de fonctions trigonométriques :
+∞
X +∞
X
Sf (x) = c0 (f ) + cn (f )einx + c−n (f )e−inx
n=1 n=1
+∞
X +∞
X
= c0 (f ) + cn (f ) [cos(nx) + i sin(nx)] + c−n (f ) [cos(nx) − i sin(nx)]
n=1 n=1
+∞
X +∞
X
= c0 (f ) + [cn (f ) + c−n (f )] cos(nx) + i [cn (f ) − c−n (f )] sin(nx).
n=1 n=1

On définit ainsi les coefficients de Fourier trigonométriques de f d’ordre n ∈ N :


 ˆ π
1

 an (f ) = [cn (f ) + c−n (f )] = ⟨2 cos(nx), f ⟩ = f (x) cos(nx)dx,
π


 −π
ˆ π

 1
 bn (f ) = i [cn (f ) − c−n (f )] = ⟨2 sin(nx), f ⟩ = f (x) sin(nx)dx.


π −π

En particulier : a0 (f ) = 2c0 (f ) et b0 (f ) = 0. On peut alors réécrire la série de Fourier de f :


+∞ +∞
1 X X
Sf (x) = a0 (f ) + an (f ) cos(nx) + bn (f ) sin(nx).
2 n=1 n=1

Remarque : f et f˜ ont les mêmes coefficients de Fourier.

c) Propriétés des coefficients de Fourier


• Linéarité : Les applications f 7→ an (f ), bn (f ), cp (f ) sont linéaires.

• Fonctions de R → R : Si f est à valeurs réelles alors les coefficients cp (f )(= c−p (f )∗ ) sont
complexes et les coefficients an (f ) = 2 Re(cn (f )), bn (f ) = −2 Im(cn (f )) sont réels. Pour
cela les cp (f ) sont parfois appelés coefficients de Fourier complexes et les an (f ), bn (f )
coefficients de Fourier réels. Cependant, pour une fonction f à valeurs complexes, les
coefficients an (f ), bn (f ), cp (f ) sont tous complexes.

• Fonctions pairs/impaires : Soit f ∈ E2π


— si f est paire (∀x ∈ R, f (−x) = f (x)) alors ∀ n ∈ N, bn (f ) = 0 et
ˆ +∞
2 π 1 X
an (f ) = f (x) cos(nx)dx =⇒ Sf (x) = a0 (f ) + an (f ) cos(nx)
π 0 2 n=1
— si f est impaire (∀x ∈ R, f (−x) = −f (x)) alors ∀ n ∈ N, an (f ) = 0 et
ˆ +∞
2 π X
bn (f ) = f (x) sin(nx)dx =⇒ Sf (x) = bn (f ) sin(nx)
π 0 n=1

35
+∞
X +∞
X
• Egalité de Parseval : Soit f ∈ E2π , les séries numériques |an (f )|2 , |bn (f )|2 et
n=1 n=1
+∞
X
|cp (f )|2 convergent (⇒ lim an (f ) = lim bn (f ) = lim cp (f ) = 0) et leurs sommes
n→∞ n→∞ p→∞
p=−∞
+∞ +∞ +∞
X 1 1X 1X
vérifient : |cp (f )|2 = |a0 (f )|2 + |an (f )|2 + |bn (f )|2
p=−∞
4 2 n=1 2 n=1
ˆ π
1
= |f (x)|2 dx ≡ ∥f ∥2
2π −π

• Coefficients de Fourier de la dérivée : Soit f ∈ E2π continue et C 1 par morceaux.


Alors sa dérivée f ′ ∈ E2π et a pour coefficients de Fourier :

∀n ∈ Z, an (f ′ ) = in an (f ), bn (f ′ ) = in bn (f ) et ∀p ∈ Z, cp (f ′ ) = ip cp (f ).

Mais d’après le paragraphe précédent on a lim an (f ′ ) = lim bn (f ′ ) = lim cp (f ′ ) = 0.


n→∞ n→∞
Å ã Å ã Å ã p→∞
1 1 1
Donc an (f ) = o , bn (f ) = o quand n → ∞ et cp (f ) = o quand p → ±∞.
n n p
• Généralisation : Soit f ∈ E2π de classe C k−1 et C k par morceaux. Alors sa dérivée
d’ordre k, f (k) ∈ E2π et a pour coefficients de Fourier :

∀n ∈ Z, an (f (k) ) = (in)k an (f ), bn (f (k) ) = (in)k bn (f ) et ∀p ∈ Z, cp (f (k) ) = (ip)k cp (f ).


Å ã
(k) (k) (k) 1
Mais on a aussi lim an (f ) = lim bn (f ) = lim cp (f ) = 0. Donc an (f ) = o k
,
Å ã n→∞ n→∞ p→∞
Å ã n
1 1
bn (f ) = o quand n → ∞ et cp (f ) = o k quand p → ±∞.
nk p
Ainsi plus f est dérivable plus ses coefficients de Fourier tendent rapidement vers 0.
Pour une fonction C ∞ , les coefficients de Fourier tendent vers 0 plus vite que n’importe
quelle puissance de 1/n ou 1/p.

d) Convergence de la Série de Fourier


L’égalité de Parseval peut se réécrire ∥Sf ∥ = ∥f ∥ : on dit qu’il y a convergence en moyenne
quadratique de Sf vers f . Mais qu’en est-il de la convergence de Sf (x) ? A quelles conditions
peut-on écrire :
+∞ +∞ +∞
X 1 X X
Sf (x) = cp (f )eipx = a0 (f ) + an (f ) cos(nx) + bn (f ) sin(nx) = f (x) ?
p=−∞
2 n=1 n=1

• Théorème de Dirichlet : Soit f ∈ E2π de classe C 1 par morceaux.


Alors ∀x ∈ R, Sf (x) converge simplement (CVS) vers f˜, la régularisée de f :
+∞ +∞ +∞
X 1 X X
∀x ∈ R, Sf (x) = cp (f )eipx = a0 (f ) + an (f ) cos(nx) + bn (f ) sin(nx)
p=−∞
2 n=1 n=1
1
f (x− ) + f (x+ ) .

=
2

En particulier, si f ∈ Ẽ2π ou C2π alors ∀x ∈ R, Sf (x) = f (x).

36
• Convergence normale : Soit f ∈ E2π continue et de classe C 1 par morceaux. Alors
+∞
X +∞
X +∞
X
les séries numériques an (f ) , bn (f ) et cp (f ) convergent absolument (CVA).
n=1 n=1 p=−∞
Donc ∀x ∈ R, Sf (x) converge normalement (CVN) ⇒ uniformément (CVU) vers f .

Pour une fonction f ∈ E2π quelconque on a CVN de Sf vers f sur tout intervalle où
f est continue.

e) Généralisation aux fonctions périodiques


Soit ET l’espace vectoriel des fonctions f : R → C de période T continues par morceaux :

f ∈ ET =⇒ ∀x ∈ R, f (x + T ) = f (x).

On pose w = et ep (x) = eipwx . On peut alors définir :
T
• Produit scalaire et norme :
ˆ T /2
s ˆ T /2
1 » 1
∀f, g ∈ ET , ⟨f, g⟩ = f ∗ (x)g(x)dx, ∥f ∥ = ⟨f, f ⟩ = |f (x)|2 dx .
T −T /2 T −T /2

• Coefficients de Fourier :
ˆ T /2
1
∀p ∈ Z, cp (f ) = ⟨ep , f ⟩ = f (x)e−ipwx dx,
T −T /2
ˆ T /2
2
∀n ∈ N, an (f ) = ⟨2 cos(nwx), f ⟩ = f (x) cos(nwx)dx,
T −T /2
ˆ T /2
2
bn (f ) = ⟨2 sin(nwx), f ⟩ = f (x) sin(nwx)dx.
T −T /2

• Série de Fourier :
+∞ +∞ +∞
X 1 X X
Sf (x) = cp (f )eipwx = a0 (f ) + an (f ) cos(nwx) + bn (f ) sin(nwx).
p=−∞
2 n=1 n=1

Tous les résultats précédents sont valables à quelques adaptations près.

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