Tunnels urbains : Prévisions de tassements
Tunnels urbains : Prévisions de tassements
THESE
Présentée devant
L’institut national des sciences appliquées de Lyon
Pour obtenir
Le grade de docteur
Par
Jean-Pierre JANIN
Ingénieur en « Génie de l’environnement et du territoire, spécialisation en Géo-
technique » au POLITECNICO de Turin
10
REMERCIEMENTS .................................................................................................. 6
RESUME ................................................................................................................... 8
ABSTRACT .............................................................................................................. 9
RIASSUNTO ........................................................................................................... 10
11
12
Notations et abréviations 13
Notations et abréviations 14
Introduction générale 15
Introduction générale 16
Introduction générale 17
Introduction générale 19
1.1 Introduction
1.2 Description générale des mouvements du sol
1.3 Modélisation physique
1.4 Méthodes empiriques et semi-empiriques
1.4.1 Tassement dans le profil en travers
1.4.2 Tassement dans le profil en long
1.5 Méthodes analytiques
1.5.1 Principes et exemples de méthodes analytiques
1.5.2 Méthode convergence-confinement
1.6 Méthodes numériques
1.6.1 Approche 2D et 3D
1.6.2 Prise en compte des bâtiments
1.7 Conclusion
1.1 Introduction
Figure 1.1 Les trois composantes de la déformation dans le massif provoquée par le
creusement d’un tunnel (Lunardi et Bindi [2004])
Les déplacements horizontaux dans le massif sont mesurés, dans les direc-
tions longitudinale et transversale, à l’aide d’inclinomètres.
Les déformées inclinométriques transversales (figure 1.3 a), issues des me-
sures présentées par Bernat [1996], montrent que le terrain situé en surface à
tendance à converger vers le centre de la cuvette ; en outre un « ventre » ap-
parait à l’hauteur de l’excavation vers le vide créé. Dans le cas du tunnelier à
front pressurisé (Ollier [1997]) ce ventre se manifeste, en revanche, dans la
direction opposée (figure 11.3 b). L’effet de cette méthode de creusement est
également visible dans la déformée inclinométrique longitudinale où le ter-
rain se trouve entraîné vers l’avant au cours du creusement.
Serratrice [1999] a réalisé une analyse complète des mesures menées sur une sec-
tion du premier tube de Toulon, nommée plot Chalucet. L’instrumentation com-
prenait quatre couples inclinomètre-extensomètre, plus des plots de nivellement
en surface. Les mesures des inclinomètres confirment, dans la direction perpendi-
culaire à l’axe du tunnel, les résultats obtenus par Bernat. Par ailleurs, un autre
phénomène significatif est mis en évidence (figure 1.4) : dans la direction longitu-
dinale, les premiers mètres des inclinomètres montrent un basculement vers
l’arrière à l’approche du front, puis vers l’avant après son passage. Ainsi, le sol en
tête semble suivre directement l’avancée du front de taille. Un ventre de déplace-
ment se manifeste également à la profondeur du tunnel mais il ne revient pas après
le passage du front, en montrant qu’il s’agit d’un volume de terrain « perdu » qui
ne peut pas être récupéré. Enfin, on conclut qu’il faut descendre l’inclinomètre
bien au dessous du radier afin d’avoir un encastrement sûr au pied.
Mair [1979] a réalisé une campagne expérimentale sur un modèle réduit en centri-
fugeuse afin d’évaluer la stabilité du front de taille et les déplacements induits par
une excavation en sol purement. Il a simulé le creusement en diminuant la pres-
sion d’air appliquée au front de taille. Une des conclusions majeures a été que le
phénomène de déformation dépendrait plutôt de la longueur de tunnel non revêtu
et moins de sa profondeur.
Chambon [1990] et Skiker [1995] ont mené des essais sur des modèles ré-
duits dans le Laboratoire Central des Ponts et Chaussées (LCPC). Le premier
a conclut que, dans un sol pulvérulent sec, le diamètre de la galerie est un pa-
ramètre très déterminant pour la stabilité de l’ouvrage et que plus le matériau
excavé est dense, plus le front de taille est stable. Skiker a démontré que la
réalisation de la prévoûte permet de réduire les tassements de surface.
Plusieurs corrélations empiriques ont été proposées par les auteurs, reliant « i »
aux paramètres géométriques de l’ouvrage (C, D et H définis sur la figure 1.19) en
fonction de la nature du sol. Les différentes formules ont été présentées par Dias
[1999] dans son mémoire de thèse.
Selby [1988] et New et O’Reilly [1991], ont corrélé la valeur de i à la profondeur
de l’axe du tunnel Z, selon l’équation i= K · Z. Bilotta, Russo et Viggiani [2002]
ont collecté environ 90 cas de mesures de profil transversal de tassements en ter-
rain libre. Grâce à une optimisation aux moindres carrés des interpolations des
mesures avec la courbe de Gauss, ils ont obtenus pour les différents cas les va-
leurs du paramètre i. De cette façon, ils ont pu ensuite étudier la variation de K et
obtenir une valeur moyenne de 0.43. L’analyse a visé également la perte de vo-
lume par rapport au volume théorique excavé (V’). Des valeurs moyennes de V’
ont été ainsi proposées en fonction de la technique d’excavation (TBM ou
NATM).
Une étude similaire a été présentée récemment par Fillibeck et Vogt [2011]. En
analysant plus de 300 mesures de tassements en profil en travers, ils proposent des
relations reliant V’ et i à la nature du sol, au module de déformation, à la profon-
deur du tunnel et à la technique d’excavation. Sur la base d’intervalles de con-
fiance, ces valeurs peuvent ainsi être choisies afin de prévoir l’ordre de grandeur
du tassement final maximum.
Avec A =
a⋅H2
X2 =
(x − x0 )2
(R + H )2 H2
En conclusion, les formules empiriques doivent être utilisées avec prudence pour
des extrapolations à d’autres chantiers, du fait qu’elles négligent souvent la mé-
thode d’excavation du tunnel, le coefficient des terres au repos Ko et la possible
hétérogénéité des couches du sol également. En outre, elles se basent sur des pa-
ramètres difficiles à quantifier et sur un nombre assez limité d’observations.
Panet [1969], Poupelloz [1984], Sagaseta [1987] et Verruijt [1997] ont proposé,
dans le cadre d’un milieu élastique, des formulations pour les tassements en sur-
face et les déplacements horizontaux. Poulos [1974], Berry [1977] se sont intéres-
sé au cas d’un massif anisotrope.
Des études ont été également menées en considérant un milieu élasto-plastique. .
On peut citer ceux de Panet [1973, 1976], Detourney [1987] et la méthode de De
Beer et Buttiens, présentée par Poupelloz [1984], dans laquelle on définit un
champ de contraintes et de déplacements, en définissant un rayon limite autour de
l’excavation entre la zone plastique et la zone élastique.
Les déformations plastiques sont prises comte en aussi par Rowe et al. [1983] et
Lee et al. [1992] qui en combinant ces déformations autour du front avec les effets
de la préconvergence et le vide du contact terrain-soutènement ont définit un pa-
ramètre de vide annulaire, nommé GAP. En se basant sur ce paramètre, le tasse-
ment de surface peut être calculé par le biais de relations empiriques. Cette notion
de vide annulaire a été ensuite reprise par Loganathan et Poulos [1998]. Leur solu-
tion considère que le déplacement radial autour du tunnel, creusé au bouclier,
n’est pas uniforme. A partir de cette réflexion, ils proposent une équation du tas-
sement le long d’un profil en travers, dans laquelle le seul paramètre du sol à con-
naitre est le coefficient de Poisson.
Toujours dans le cadre des approches analytiques, une méthode souvent utili-
sée est celle dite « convergence-confinement » (Panet [1995]), conçue afin de
simplifier le problème tridimensionnel du creusement d’un tunnel en un pro-
blème bidimensionnel de déformation plane de l’interaction terrain-
soutènement. Elle est couramment introduite dans les calculs numériques 2D
de projets d’excavation de tunnel, afin d’estimer les déformations du massif
(convergence et tassement) et valider le soutènement. Dans le présent para-
graphe, les principes de cette méthode seront présentés. La démarche suivie
pour les appliquer à un calcul 2D sera explicitée dans la suite du mémoire.
σ0 ⋅ R
2G
p0 A
λ<λe
(1-λe) p0 B
λ>λe
C D
Ur
Ur elas Ur plas.
L’avantage de cette représentation est que sur le même graphe on peut ajou-
ter, dans le cas d’un tunnel cette fois-ci revêtu, la ligne de confinement du
soutènement (figure 1.10).
pi
p0
(1-λd) p0
p équilibre
Ur
Ud U∞
Diverses extensions de cette méthode ont été avancées par différents auteurs.
Shahrour et Ghorbanbeigi [1996] ont montré qu’il est possible d’appliquer la
méthode convergence-confinement aux tunnels peu profonds dans l’argile par
le biais de calculs numériques 2D calés sur les résultats d’un modèle 3D.
Dans le cadre des tunnels réalisés à l’aide de boucliers pressurisés, Aris-
taghes et Autuori [1996] ont mis en évidence que le seul de taux de déconfi-
nement ne peut pas prendre en compte les différents éléments qui intervien-
nent dans le problème, tels que la pression au front, la pression radiale autour
de la jupe et la pression de bourrage derrière la jupe. Ils proposent trois coef-
ficients d’efficacité qui permettent une meilleure prévision des tassements de
surface.
Dans les ouvrages souterrains en terrain meubles (ou roche tendres), diffi-
ciles et avec faible couverture, une autre technique de creusement souvent
utilisée est celle par attaque ponctuelle avec mise en place de présoutène-
ments à l’avant du front de taille. Cette approche permet en effet de limiter la
déformation du noyau devant le front de taille et ainsi de réduire les déforma-
tions en surface. L’extension de la méthode convergence-confinement au cas
de tunnel avec présoutènements a été étudiée par Guilloux el al [1996]. Les
effets de différents types de présoutènement (prévoûte, voûte parapluie,) sur
la courbe de convergence du terrain ont été analysés par le biais de calculs
numériques 2D axisymétriques, modélisant par homogénéisation l’apport du
présoutènement. Les formules analytiques, donnant la valeur du déplacement
radial en fonction de la distance au front, ont été ensuite calées sur les résul-
tats numériques. Dans les formules ainsi proposées dans leur étude, le dépla-
cement radial dépend de la contrainte initiale dans le sol (σ0 ), de la rigidité
du présoutènement ou du soutènement (Kps, Ks), du coefficient de poisson et
de la distance de la pose du soutènement (ou présoutènement).
1.6.1 Approche 2D et 3D
Figure 1.12 Comparaison entre les différentes méthodes de prévisions des tassements
et les mesures in situ (Karakus [2006]).
Serratrice [2004] a réalisé des calculs 2D en déformations planes dans le cas d’un
tunnel circulaire non revêtu, creusé à faible profondeur dans un matériau élasto-
plastique de type Mohr-Coulomb. En se basant sur les résultats numériques, il
propose une formulation (équations 1.5) pour l’estimation du tassement final (s0).
Dans ce cas le taux de déconfinement λ est pris comme une donnée. Même si les
différents paramètres du massif entrent en jeux, le tassement dépend principale-
ment du triplet E, c et λ.
( )
1
γ R 2 λ ( 3 −ν ) K 0 − H R − 1
4
si λ < α s0 =s0 e = E
(1.5)
si λ ≥ α
(
s0 = s0 e + s0 p = s0 e ⋅ 1 + ( ( λ − α ) β )
3
)
c 1 − tan ( Π 4 − ϕ 2 ) µ
avec µ = α= β=
3µ
γH + 3 3
Figure 1.13 Comparaison entre les résultats 2D obtenus avec la méthode convergence-
confinement et les résultats 3D (Svoboda et Mašín [2010])
2D, simulant le creusement d’un tunnel réel à Stuttgart, montre en effet qu’il est
nécessaire d’utiliser des taux de déconfinement différents selon que l’on souhaite
estimer les tassements de sol ou les contraintes dans le soutènement. Ceci est at-
tribué aux limitations de cette méthode qui n’est pas capable de représenter dans
toute sa complexité le phénomène tridimensionnel du chargement du soutène-
ment. Dans d’autres publications Möller et Vermeer [2005, 2006] ont ainsi montré
que seulement avec une modélisation 3D on peut obtenir des résultats satisfaisant
au même moment pour les déformations de surface et pour les efforts dans le sou-
tènement. La même réflexion est partagée par Galli et al [2004] et Yeo et al
[2008]. Ces derniers affirment que l’approche en deux dimensions peut être satis-
faisante pour l’étude sur le revêtement définitif mais pas pour le soutènement pro-
visoire, du fait que le changement des contraintes au niveau du front de taille est
un phénomène tridimensionnel. Sur la base d’une comparaison entre les résultats
obtenus par une modélisation 3D complète (avec prise en compte aussi des voûtes
parapluie) et les mesures enregistrées in situ, ils concluent que l’approche tridi-
mensionnelle est beaucoup plus réaliste. Il permet en plus d’éliminer la variable
du taux de déconfinement, la plupart des fois choisie de façon arbitraire.
Une étude intéressante a été faite par Migliazza et al. [2008]. Ils ont comparé les
mesures de tassements de surface, enregistrées sur le chantier du métro de Milan
(creusé avec EPB), avec les résultats donnés par les différentes approches analy-
tiques, empiriques, et numériques. L’étude a mis en évidence, même dans ce cas,
que seulement la modélisation 3D permet d’obtenir un calage satisfaisant avec les
différentes mesures in situ.
Avec D− = D+ ⋅ ( S0 / S f − 1)
Figure 1.15 Modèle 3D du passage du tunnelier dans la zone Corso Spezia du Metro 1
de Turin (Barla et al. [2011])
Une étude similaire a été menée par Buselli et al [2011]. L’interaction com-
plète entre le creusement de la ligne C du Metro de Rome, le sol et un vieux
bâtiment en maçonnerie a été en effet analysée. Dans ce cas, la structure du
bâti a été quasi entièrement modélisée en 3D dans toute sa complexité (figure
1.16). Ceci a permis d’évaluer le changement des contraintes et des déforma-
tions dans la structure suite au creusement du tunnel. Dans le cas pris en
exemple, les effets de l’excavation sur le bâtiment se sont montrés faibles.
1.7 Conclusion
Les mouvements engendrés par le creusement d’un tunnel sont liés à un phé-
nomène complexe qui dépend de la nature du sol, des méthodes de creuse-
ment et de la géométrie de l’ouvrage à réaliser.
Les observations menées in situ montrent que la cuvette transversale de tas-
sement peut être généralement très bien décrite par la courbe de Gauss. Ce-
pendant, cette courbe est basée sur deux paramètres, i et V’, qui varient signi-
ficativement en fonction du plusieurs facteurs, tels que la stratigraphie du
massif, la méthode de creusement, la forme de la galerie etc. Les valeurs pro-
posées en littérature sont ainsi à retenir comme indicatives et vont évoluer
avec les progrès réalisés dans les techniques de creusement.
Les méthodes analytiques de leur coté sont des outils d’analyse utiles mais ils
présentent des limitations d’application à cause des hypothèses restrictives
sur lesquelles les formulations se basent. Dans ce cadre, la méthode conver-
gence-confinement se distingue par le fait de prendre en compte l’aspect tri-
dimensionnel du problème du creusement d’un tunnel par une simplification
basée sur le concept du taux de déconfinement λ. Cette approche est souvent
utilisée dans les modélisations numériques bidimensionnelles. Cependant la
validité des résultats obtenus repose sur le choix de la valeur de λ, choisie
généralement de façon plus ou moins arbitraire. Malgré différentes études dé-
jà réalisées, il est en effet difficile de comprendre comment sa valeur est in-
fluencée par la multiplicité des facteurs qui caractérisent un projet réel, tels
que le type de sol, la technique de creusement, les présoutènements mis en
place etc. Pour cette raison, seule l’approche numérique tridimensionnelle est
capable de traiter le problème dans toute sa complexité. Ainsi, l’état des con-
traintes du massif, la réelle géométrie de l’ouvrage, le phasage des travaux,
l’interaction avec les bâtiments et l’ensemble des phénomènes mis en jeu (ef-
fet de voûte au front de taille, mise en charge du soutènement, etc.) peuvent
être considérés.
2.1 Introduction
Figure 2.1 Mesure d’extrusion dans le massif et relation avec la préconvergence selon
le type de comportement du système front-noyau (Lunardi [2008])
Figure 2.5 Comparaison entre la méthode NATM et UAM (voute parapluie plus bou-
lonnage au front) lors du chantier du métro de Istanbul (Ibrahim [2008])
Généralement les boulons sont en fibre de verre, ayant une forte résistance en
traction (200 à 800 MPa) et au même moment une faible résistance au cisail-
lement. Ceci leur permet d’être facilement détruits par les engins de terras-
sement. Toutefois, dans le cas où les terrains posent des problèmes d’enfilage
des éléments (resserrement des trous), il peut être nécessaire d’utiliser des
boulons autoforeurs tubulaires en acier.
En ce qui concerne les boulons en fibre de verre, plusieurs formes sont pos-
sibles : tubulaire, de type « Y » ou assemblage de plaquettes en faisceau (fi-
gure 2.7). Leur diamètre varie couramment entre 60 et 100 mm environ.
Quant’ au diamètre du forage, il doit être le plus petit que possible (10 cm
généralement) afin de faciliter un scellement correct et garantir l’efficacité de
la méthode. Celle-ci est en effet assurée seulement si les boulons sont mis en
place après chaque forage ou au maximum après un groupe de 5 forages (Lu-
nardi [2008]).
Cette technique peut être adaptée aux terrains rencontrés, en jouant sur les
différents paramètres qui les caractérisent, tels que le diamètre et la longueur
des inclusions, l’espacement entre eux, la pression d’injection du scellement
etc.
Dans le cas d’un milieu rocheux fracturé, cette méthode est utile pour lutter
contre les discontinuités du massif et limiter ainsi les hors profils et le vo-
lume de sol perdu. Ceci améliore la sécurité sur chantier et peut avoir une in-
fluence non négligeable sur la réduction des déformations du massif. Cepen-
dant, d’après Lunardi [2008], cette technique n’a pas un effet de
préconfinement. En effet, elle n’arrive pas à créer un effet voûte artificiel à
l’avant du front de taille du moment qu’il n’y a pas une action transversale
réciproque entre les boulons. Cet effet peut en revanche se produire en rédui-
sant significativement l’espacement entre les inclusions et en augmentant
leur diamètre (umbrella, pipe jacking). La protection et le préconfinement du
noyau sont encore plus assurés en réalisant une pré-arche des colonnes de jet-
grouting subhorizontal. Cette dernière technique peut être nécessaire dans des
conditions géologiques particulièrement difficiles et en cas de problèmes de
tassements de surface.
Par rapport au boulonnage au front, les études qui se sont concentrées exclu-
sivement sur le fonctionnement de la voûte parapluie sont moins nombreuses.
En effet les analyses proposées considèrent souvent l’effet couplé des deux
techniques. Dans ce mémoire de thèse, les deux méthodes de présoutènement
seront analysées séparément afin de mieux comprendre l’influence de cha-
cune sur la réponse du massif.
Dans les paragraphes suivants, des exemples des études menées sur le bou-
lonnage au front de taille et la voûte parapluie seront présentées selon les dif-
férentes approches d’analyse suivies.
Sur la base des mesures in situ, plusieurs auteurs (Barisone et Pelizza [1982],
Lunardi [1992, 2004, 2008], Volkman et Shubert [2006, 2007], Ibrahim
[2008], Wang et al [2009]) ont étudié l’efficacité des techniques du boulon-
nage au front et de la voûte parapluie. Cependant, il est difficile de pouvoir
effectuer des essais in situ en grandeur réelle afin de tester l’influence des
différents paramètres qui les caractérisent (longueur, densité des boulons
etc.) dans les mêmes conditions et type de sol. Des essais sur des modèles ré-
duits, généralement en centrifugeuse, sont alors réalisés. Souvent les résultats
sont dans un deuxième temps comparés à ceux obtenus par modélisation nu-
mérique.
Rana Al Hallak [1999], lors de ses études en centrifugeuse sur l’effet du bou-
lonnage (chapitre 1), a mis en évidence que la mise en place des boulons
Figure 2.11 Effet de la voute parapluie sur le mécanisme de rupture (Kamata et Mas-
himo [2003])
Figure 2.12 Modèle réduit à grande échelle et schéma de dimensionnement des boulons
(Shin et al [2007])
Figure 2.13 Modèle réduit du cintre et de la voute parapluie (Hisatake et Ohno [2008])
Une étude similaire a été réalisée par Oreste [2009] toujours par le biais de la
méthode de l’équilibre limite et sur la base du mécanisme de Horn. Dans ce
cas aussi, on peut, à l’aide d’une procédure itérative, tracer des tableaux qui
mettent en relation le facteur de sécurité (Fs) au front de taille en fonction du
nombre de boulons et de leur longueur. Une fois choisi le Fs voulu, le dimen-
sionnement du boulonnage en résulte simplement (figure 2.16). Cette mé-
thode a été testée sur deux cas réels de tunnel en Italie ou, même si le bou-
lonnage au front était mis en place, un effondrement s’est produit. La
méthode a montré comment ce phénomène s’est vérifié à cause d’un dimen-
sionnement incorrect du préconfinement au front auquel correspondait un
facteur de sécurité inférieur à l’unité.
A partir des études menées par Greuell [1993] sur le boulonnage radial au-
tour du tunnel, Jassionnesse & Dubois [1996] et puis Wong et al [1998] ont
développé un modèle analytique en symétrie sphérique pour le dimensionne-
ment du renforcement longitudinal disposé au front de taille d’un tunnel.
Dans cette configuration, les boulons sont disposés perpendiculairement au
front de taille (figure 2.17) avec une adhérence parfaite sol-boulon. Le creu-
sement du tunnel est simulé par la diminution d'une pression fictive à
l’intérieur de la cavité sphérique, en s’inspirant à la méthode convergence-
confinement. Différents modèles ont été par la suite proposés selon le com-
portement du sol adopté (critère de plasticité) et la longueur des boulons (Su-
brin [1997], Wong et al [2000] etc.).
Figure 2.18 Effort axial de traction dans le boulons dans le cas d’adhérence
parfaite où pas parfaite (Trompille [2003])
Homogénéisation
Une étude similaire a été réalisée par Shin H.S et al [2008] afin de déterminer
une loi constitutive permettant de décrire cette fois-ci le milieu constitué par
le sol, les boulons en voûte parapluie et leur scellement. La méthode propo-
sée prend en compte les différents aspects du problème, tels que la géométrie
des boulons, leur longueur, le recouvrement des inclusions etc. Cette tech-
nique d’homogénéisation a été ensuite implémentée dans un code de calcul
3D et testé sur un cas réel d’un tunnel en Corée. Elle permet de réduire les
temps de réalisation du modèle et évite de devoir refaire le maillage si les ca-
ractéristiques de la voûte parapluie changent.
Approches simplifiées
Ces méthodes ne prennent pas en compte directement les inclusions mais leur
possible effet dans le sol. Ci-dessous quelques exemples.
Discretisation
Figure 2.19 Efforts dans les boulons, rayon tunnel de 5,8 m (Dias et Kastner [2005])
Dias [2011] a comparé les résultats obtenus avec le modèle numérique ci-
dessus présenté avec ceux acquis par les approches simplifiées de Grasso
[1993] et Peila [1994]. Il montre que les méthodes simplifiées surestiment
l’effet du boulonnage vis-à-vis des déformations dans le massif. Ce résultat
est dû au fait qu’elles prennent en compte l’effort maximal admissible dans
les boulons tandis que, en réalité, cet effort maximal est rarement mobilisé,
spécialement dans les tunnels peu profonds. Une bonne correspondance appa-
raît entre les trois approches seulement après avoir calé les paramètres carac-
téristiques des deux méthodes simplifiées (pression et cohésion) sur les résul-
tats 3D.
Dias, de son coté, propose alors une approche basée sur la méthode conver-
gence-confinement. L’efficacité du boulonnage peut être ainsi analysée en
Figure 2.21 Influence du boulonnage sur les tassements (haut) et sur les zones plas-
tiques (bas) (Yoo et Shin [2003])
Figure 2.22 Influence de la voute parapluie sur les tassements de surface, en fonction
du diamètre du tunnel (Song et al [2006])
Volkmann et Schubert [2006] ont eux aussi étudié le comportement des bou-
lons en voûte parapluie, mais à l’aide, cette fois-ci, de mesures réelles sur
chantier. Des chaines d’inclinomètres à proximité des inclusions ont été pla-
cées in situ et elles ont permis de tracer des courbes de déflexion montrant le
tassement en fonction de l’avancement du front. Les mesures enregistrées ont
été ensuite comparées aux résultats de deux simulations numériques 3D diffé-
rentes : dans la première simulation les boulons ont été modélisés un par un
Figure 2.23 Effet de la voute parapluie sur les tassements (Volkmann et Schubert
[2006])
Figure 2.24 Modélisation 3D de la voute parapluie et effet sur les tassements (Eclaircy-
Caudron et al [2006])
2.4 Conclusion
Dans le présent chapitre, les principes de la méthode dite ADECO ont été
énoncés. Cette technique de réalisation de tunnels a été conçue par Lunardi
sur la base des réflexions faites suite à différents chantiers en Italie dans les
années 1980 et 1990. L’idée innovante de cette méthode est la suivante : un
tunnel peut être excavé à plein front dans des terrains difficiles seulement si
on arrive à contrôler et limiter les déformations du noyau du massif à l’avant
du front. Afin d’accomplir cette mission, plusieurs types de présoutènement
peuvent être mis en place selon les différentes conditions présentes dans la
zone où l’ouvrage doit s’installer.
L’attention a été focalisée sur deux techniques : le boulonnage au front de
taille et la voûte parapluie. La compréhension du comportement de ces deux
types de présoutènement représente un enjeu essentiel pour pouvoir arriver à
leur dimensionnement correct. Une présentation des différentes approches
possibles pour étudier ce problème a été faite :
- Les essais sur modèles réduits permettent d’analyser l’influence des
différents paramètres (longueur des boulons, densité etc.) sur la ré-
ponse du massif. Les conclusions de ces études sont toutefois liées au
mode de déroulement de l’essai et au respect des facteurs d’échelle.
- Les approches en stabilité vérifient la stabilité globale du tunnel et
proposent des tableaux de dimensionnement des inclusions selon la
valeur du coefficient de sécurité voulu. Cependant, ils ne donnent pas
des renseignements sur le niveau de déformation du massif.
- Les études en déformation simplifiées, prenant en compte le présoutè-
nement de façon indirecte (méthode d’homogénéisation, amélioration
de certaines caractéristiques du sol), permettent de connaître le champ
de contraintes et de déplacements dans le massif. Toutefois, elles sont
basées sur des hypothèses fortes (par exemple adhérence parfaite
Toutes ces approches, même celle numérique par discrétisation, sont une
simplification du problème réel et elles nécessitent donc une comparaison
avec les résultats mesurés in situ.
Dans le cadre de ce travail de recherche, les études numériques se sont basées
sur le cas du tunnel sud de Toulon. Les caractéristiques principales de ce pro-
jet ainsi que les mesures enregistrées sur deux sections instrumentées seront
présentées dans les prochains chapitres.
65
3.1 Introduction
3.2 Présentation générale du deuxième tube
3.2.1 Position géographique
3.2.2 Contexte géologique
3.2.3 Description des études géotechniques et hydrogéologiques
3.2.4 Choix des paramètres géomécaniques
3.3 Technique du creusement adoptée
3.3.1 Profils de soutènement types
3.3.2 Description du cycle complet d’avancement
3.4 Conclusion
3.1 Introduction
Le tracé du tube Sud du tunnel de Toulon est parallèle à celui du tube Nord.
Le deuxième tunnel reliera les autoroutes A50 et A57 (direction Ouest-Est)
aidant ainsi au désengorgement du centre ville. Chaque tube a été conçu pour
deux voies de circulation unidirectionnelles. Le deuxième tube présente une
section d’environ 120 m2 et un linéaire de 1820 m. Les travaux ont débuté
avec la réalisation des entrées et sorties du tunnel en trémie et tranchées cou-
vertes. Le creusement a été ensuite réalisé par deux attaques principales
(Ouest et Est), plus une attaque intermédiaire à partir d’un puits de 37 m de
profondeur creusé depuis la surface (voir figure 3.1). Cette solution a été re-
tenue pour traiter une zone particulièrement critique du point de vue de la
géologie et des bâtiments de surface (zone Marchand), où l’effondrement de
1996 a eut lieu lors de la réalisation du tube Nord. Le creusement du tube
Sud s’est achevé en Mars 2011.
La ville de Toulon est construite sur une zone de dépôt du Quaternaire qui
recouvre un substratum rocheux constitué de nombreuses unités géologiques
présentant des caractéristiques très hétérogènes tant au niveau de leur nature
(lithologie) que de leur structure (état de fracturation). Par ailleurs, leur état
de contrainte initial est également inconnu.
Malgré cette forte hétérogénéité, sous la couverture de Remblais et Collu-
vions (Quaternaire) plusieurs grandes unités structurales peuvent être distin-
guées: le socle antéstéphanien, le Stéphanien et le Permien charriés (Paléo-
zoïque) sur la partie ouest et centrale, le Trias (Secondaire) et le Permien
autochtone sur la partie Est. Une description pétrographique des différentes
unités géologiques est présentée dans le tableau 1 en Annexe 1.
La complexité structurelle de la zone est due à une forte tectonique tangen-
tielle au Tertiaire qui a eu comme conséquences principales le charriage
d’unités géologiques avec création de contacts anormaux, le morcellement et
cisaillement des terrains, et la création de brèches syn- et postcharriage.
Un profil géologique du tube Sud a pu être tracé et il montre les différentes
unités structurales (figure 3.2). Le tunnel traverse chacune de ces unités sur
des longueurs limitées (quelques dizaines de mètres en général) et la majorité
des sols rencontrés ont subi ce phénomène de charriage. En conséquence, une
hétérogénéité significative des terrains apparaît à l’échelle du front de taille
(figure 3.3) et la présence de surfaces lustrées peut conduire à des instabilités
du front. A cela peuvent s’ajouter des variations très rapides de faciès, des
risques de venues d’eau importantes et des difficultés de foration (instabilité
du trou).
des investigations faites sur le site de Toulon est présenté dans le tableau 2
en Annexe 1.
La campagne de 2002-2003 a comporté 44 sondages carottés descendus 10 à
20 m sous le niveau du tunnel, 6 sondages verticaux plus profonds, 3 son-
dages horizontaux et 20 sondages pressiométriques.
Les mesures de RQD sur les sondages carottés ont confirmé l’hétérogénéité
et l’importante fracturation des faciès rencontrés sur le tracé.
Les résultats de ces essais ont permis de définir 19 familles de terrains sur les
tracés sud et nord de la Traversée Souterraine de Toulon. Ils sont synthétisés
dans le tableau 3.1 (dossier N°643/6i/18569/02 réf jfs i03-133 du 18/07/03,
récapitulatif des données géotechniques, CETE Méditerranée).
Les nombreuses cases vides montrent que les essais en laboratoire ne sont
pas suffisants pour caractériser les différents terrains. En particulier, les es-
sais sur les formations du socle antéstéphanien et du Stéphanien sont très peu
nombreux, du fait de la difficulté de prélèvement d’échantillons intacts.
Les essais cycliques ont indiqué un rapport E cyclique / EM compris entre 1,1 et
2,5, avec une valeur moyenne pour l’ensemble des terrains analysés de
l’ordre de 1,3. Par rapport aux mesures habituelles, la différence entre le mo-
dule cyclique et le module pressiométrique est donc plutôt faible à Toulon.
Le module cyclique pouvant être considéré comme représentatif du compor-
tement élastique du sol (module d’Young), il est justifié de prendre en
compte un module de déformation compris entre 1 et 2 fois le module pres-
siométrique.
Les essais de pompage dans les formations aquifères du substratum ont mis
en évidence des perméabilités très variables comprises entre 10 -3 et 10-9 m/s.
Ces mesures confirment la grande hétérogénéité des terrains et leur fractura-
tion.
Pendant le creusement, des rabattements de nappe lointains ont souvent été
mesurés surtout dans la zone du Socle et du Permien autochtone à cause de la
présence de failles et de fractures.
1) Essais pressiométriques
Les principaux résultats de l’analyse statistique menée sur les sondages pres-
siométriques, réalisés dans le Socle (zone Ouest du projet), sont présentés
dans le tableau 3.3. Toutes les données et les autres résultats de l’analyse sta-
tistique sont présentés en figure 1 et dans le tableau 3 en Annexe 1. Une
comparaison avec les données obtenues lors de la campagne en 2003 a été
également faite.
Nbr EM min EM max EM moyen EM moyen (MPa) EM moyen (MPa)
Essais (MPa) (MPa) (MPa) 2003 tube Sud 2003 tube Nord
225 3 884 163 65 à 68 200 à 291
L’analyse statistique sur les données 2004 a mis en évidence la forte variabi-
lité des modules pressiométriques dans le Socle. La moyenne arithmétique
obtenue est nettement supérieure à celle obtenue en 2003 pour le même tube
sud. Cela est dû au nombre plus important d’essais pris en compte dans la
nouvelle analyse.
2) Essais cycliques
Les essais cycliques ont montré qu’une valeur moyenne du module comprise
entre 1 et 2 fois le module pressiométrique peut être raisonnablement retenue
pour les sols de Toulon.
A la fin du chantier du tube Nord, une des zones centrales du tunnel Nord a
été excavée dans les quartzo-phyllades et schistes du socle, en utilisant un
profil de (pré)soutènement proche de celui adopté ensuite sur le tube Sud,
c'est-à-dire avec voûte parapluie, cintre, béton projeté fibré et contrecintre.
Les tassements mesurés in situ ont été de l’ordre de 15 à 20 mm.
Une étude paramétrique, par modélisation numérique bidimensionnelle, a été
réalisée au stade du projet en faisant varier le triplet E, c’, λ afin de chercher
le jeu de paramètres qui permettaient de retrouver les tassements observés
(figure 3.4). L’analyse a démarré avec les paramètres de base suivants : c’ =
25 kPa, φ’= 25°, E = 100 MPa.
Toutefois, le même type d’étude a été également menée avec des hypothèses
géomécaniques de base différentes : c’ = 20 kPa, φ’= 25°, E = 80 MPa.
L’influence du triplet (E, c’, λ) a été investiguée. Le résultat obtenu est diffé-
rent du précédent et il montre qu’un jeu d'hypothèses (E = 160 MPa, c’ = 30
kPa , λ = 0,5) permet également de simuler correctement le comportement de
ce type de (pré)soutènement.
Tableau 3.4 Principales hypothèses géomécaniques du Socle retenues pour les calculs
Ces valeurs ont également été prises en considération dans la définition des
caractéristiques géomécaniques de référence pour les calculs numériques
réalisés dans le cadre de ce mémoire.
Ces caractéristiques sont considérées « pessimistes » car elles sont sécuri-
taires, en particulier en termes de cohésion et de module de déformation.
Pour cette raison, d’autres valeurs ont été également proposées au stade du
projet. Ce deuxième jeu, défini plus « réaliste », propose pour le Socle les
caractéristiques suivantes :
Ces dernières valeurs se révèleront utiles lors de l’analyse en retour par mo-
délisation numérique 3D réalisée dans le cadre de ce travail de recherche
(4ème partie de ce mémoire).
Une démarche identique a été utilisée pour choisir les caractéristiques mé-
caniques des autres terrains présents sur le site de Toulon.
Sur la base de l’expérience du tube Nord, lors de la reprise des travaux après
l’effondrement en 1996, des principes fondamentaux de creusement, permet-
tant un avancement régulier et des tassements acceptables, ont été retenus:
- excavation en pleine section avec un pas d’avancement de 1,5 m et
soutènement provisoire (cintres HEB, contre cintres, béton projeté,
béton de radier) ayant une résistance comparable à celle du soutène-
ment définitif ;
- préconfinement du front de taille par boulonnage de grande longueur
(18 m) et béton projeté fibré limitant les déformations du front, les
tassements de surface et permettant de travailler en sécurité à proximi-
té du front ;
- présupport par tubes métalliques de 18 m, renouvelés tous les 9 ou 4.5
m, limitant les hors profils et assurant une meilleure sécurité pour les
ouvriers ;
- drainage grâce à la foration des boulons en voûte et au front ;
- amélioration des caractéristiques des terrains (remplissage des vides)
par injection des coulis de bentonite ciment et de résine lors de la
mise en place des différents boulons.
Sur la base de ces principes, cinq familles principales de profils type de sou-
tènement ont été proposées (plus deux profils particuliers pour la zone Mar-
chand).
Le tracé du tube Sud a été divisé, dans un stade précédent du projet, en diffé-
rents secteurs principalement selon la géologie, la couverture et le niveau de
tassement acceptable pour les bâtis. Un profil de soutènement type a été donc
préconisé pour chaque secteur. La justification de ces profils de soutènement
a été réalisée à partir de calculs éléments finis bidimensionnels (réf. XC09
Justification des soutènements et du revêtement. Synthèse des calculs EF.
Traversée souterraine de Toulon 2 ème tube).
Lors du creusement du tube Sud, deux types de soutènements ont été le plus
utilisés, le PS2 et le PS4 : le premier préconisé pour des terrains tectonisés, le
deuxième plus approprié à des terrains peu cohérents avec faible couverture
et à des terrains décomprimés. Une description des autres familles de soutè-
nements est présentée dans le tableau 4 en Annexe 1.
En se basant sur les mêmes principes sus-énoncés, ces deux systèmes de sou-
tènement se différencient principalement sur deux points (voir figure 3.5 et
3.6) :
- présoutènement par voute parapluie à 6° pour le PS4, boulons diver-
gents à 14° pour le PS2 ;
- cintres à géométrie variable pour le PS4 (pour des raisons de faisabili-
té de foration liée à la faible inclinaison des tubes), cintre à géométrie
constante pour le PS2.
Le forage et la mise en place des boulons ont été réalisés à l’aide d’une ma-
chine, baptisée GTA, utilisée pour la première fois en France (figure 3.8).
Cette machine, entièrement automatisée et télécommandée, est suspendue à
deux rails au plafond et elle possède deux nacelles et deux bras foreurs arti-
culés. Elle avance au gré du creusement et donne l’avantage de libérer tout
l’espace au sol et de diminuer les engins présents sur le chantier. Sur chaque
attaque, la GTA a été utilisée pour toutes les opérations dites « à front de
taille » (mise en place des boulons en voûte et au front de taille, pose et ré-
glage du cintre).
Le cintre HEB 180 a été ensuite posé et fixé sur le contour de l’excavation
(figure 3.11) et une coque en béton projeté fibré de 20 cm d’épaisseur mini-
male a été réalisée.
Enfin, selon le type de soutènement prévu (profil fermé ou non), deux confi-
gurations ont été possibles :
- terrassement du radier, pose du contrecintre HEB 220 et couche de bé-
ton armé (30 cm d’épaisseur);
- réalisation d’une couche de roulement en béton (15 cm).
Dans le deuxième cas, le contrecintre a été mis en place avec un retard par
rapport au front de taille variable généralement entre 9 et 40 m environ.
3.4 Conclusion
La traversée souterraine de Toulon a été réalisée dans des terrains très hété-
rogènes et difficiles, dont la caractérisation géomécanique est délicate. Pour
faire face à cette difficulté, une technique de creusement par méthode con-
ventionnelle a été adoptée permettant d’adapter (optimiser) le présoutène-
ment ainsi que le soutènement aux terrains rencontrés et aux mesures de dé-
formations du massif. Ce deuxième aspect sera explicité dans le chapitre
suivant.
4.1 Introduction
4.2 Présentation du système d’auscultation
4.2.1 Description du système CENTAURE et CYCLOP
4.2.2 Aperçu de la base de données en ligne
4.3 Prévision des tassements finaux en temps réel
4.3.1 Modèle analytique du profil en long du tassement
4.3.2 Courbes des tassements de seuil
4.3.3 Pilotage du chantier basé sur la prévision des tassements
4.3.4 Méthode de la cuvette instantanée
4.4 Analyses complémentaires
4.4.1 Cuvettes transversales et tassements différentiels
4.4.2 Relevés du front de taille et sondages à l’avancement
4.4.3 Analyse des déformations en souterrain
4.4.4 Synoptique des travaux
4.5 Conclusion
4.1 Introduction
les 4 autres d’un coté et de l’autre de l’axe du tunnel. Deux approches com-
plémentaires ont été utilisées (figure 4.1):
1. Le système CENTAURE où les théodolites mesurent le tassement du sol
en un point donné, calculant la déformée d’une maille virtuelle autour du
point même. Cette solution permet de mesurer le déplacement vertical du sol
sans avoir besoin de cibles physiques qui seraient gênantes pour les activités
de surface (trafic, piétons, etc…).
2. Le système CYCLOP où les mêmes théodolites visent également des cibles
placées sur les façades des bâtiments et mesurent leurs mouvements dans les
directions X,Y,Z. Cela permet de vérifier le comportement des différents bâ-
tis vis-à-vis des déformations du sol.
Le tableau 4.1 résume les principales caractéristiques des ces deux systèmes.
Afin d’éviter des erreurs systématiques de mesure, les théodolites sont régu-
lièrement calibrés en visant des cibles supposées fixes du fait qu’elles sont
placées suffisamment loin de la zone d’influence de l’excavation. Des correc-
tions liées aux variations de température et de pression sont aussi effectuées.
Les mesures enregistrées par les théodolites sont envoyées en temps réel par
l’intémédiaire d’un réseau sans fil à un centre d’acquisition. Elles sont par la
suite stockées dans une base de données nommée « Geoscope » consultable à
distance par les différents acteurs du projet (Entreprise, Maitre d’Oeuvre,
Maitre d’Ouvrage) à travers un accès sécurisé par internet.
Outre les mesures de tassements de surface, la base de données contient éga-
lement celles concernant les déformations en tunnel ainsi que d’autres infor-
mations importantes comme les relevés du front de taille, les mesures piézo-
métriques, le timing des travaux réalisés, etc…
Afin de faciliter l’exploitation des données, différents outils sont mis en
place. L’utilisateur de la base Geoscope bénéficie par exemple d’un aperçu
graphique des évolutions des tassements de surface pour chaque secteur du
tunnel (figure 4.2). Il peut aussi sélectionner des points de mesures particu-
liers et obtenir automatiquement des graphes montrant l’évolution des dépla-
cements de ces points en fonction du temps ou de la distance au front.
Plusieurs auteurs, tels que Sagaseta [1987], Grasso & Pelizza [1994], Dubois
& Jassionnesse [1997], Serratrice & Magnan [2002], Bourgeois [2002], ont
formulé des équations décrivant l’évolution du tassement de surface en fonc-
tion de l’avancement du front de taille. La plupart de ces formulations sont
des équations exponentielles.
Dans la première partie du creusement du tunnel Sud de Toulon, les modèles
de Serratrice-Magnan et de Bourgeois ont été testés sur les mesures enregis-
trées in situ. Le choix de ces deux modèles est dû au fait qu’ils ont été formu-
lés à partir des mesures faites sur le premier tube. Les équations des deux
formulations ont été décrites dans la partie bibliographique.
Un autre modèle a également été testé. Il s’agit d’un modèle empirique dérivé
de l’optimisation d’équations exponentielles sur les mesures de tassements
enregistrés sur différents chantiers et, en particulier, sur celui de la ligne de
métro Jubilee Line de Londres. L’équation est la suivante (4.1):
k (4.1)
S ( x) = 0.5 ⋅ S 0 ⋅ 1 − th ⋅ x
i
Avec:
- S0 est le tassement final prévu ;
- le rapport k/i règle la forme de la courbe ;
- i est le paramètre utilisé dans l’équation normale de Gauss pour dé-
crire l’allure de la cuvette transversale de tassement (il correspond à
l’écart type et représente la distance entre le point d’inflexion et l’axe
vertical du tunnel) ;
- k est un paramètre adimensionnel ;
- x est la distance, à un moment donné, entre le point de surface consi-
déré et la position du front de taille.
Afin d’obtenir un meilleur calage avec les mesures enregistrées sur le tunnel
Sud de Toulon, cette formule a été modifiée en introduisant un paramètre de
translation a, qui permet de changer le rapport entre le tassement au passage
du front Sface et le tassement final S0 . L’équation qui en résulte est la suivante
(4.2) :
k
S ( x) = 0.5 ⋅ S 0 ⋅ 1 − th ⋅ ( x + a ) (4.2)
i
Une optimisation par moindres carrés de ces trois modèles sur différents
points de mesures du chantier a été réalisée. Elle a mis en évidence que
l’approche modifiée, proposée en équation 4.2, permet dans la plupart des cas
un meilleur calage avec les mesures enregistrées sur le deuxième tube de
Toulon. Pour cette raison, cette équation, appelée « modèle Tunnel Sud de
Toulon », a été choisie pour la réalisation des prévisions des tassements fi-
naux.
-60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40
0
-5
Optimisation du modèle du Tunnel Sud Toulon
S0 = 32,6 mm
k/i = 0,059
a = 4,19 m -10
coefficient de corrélation r = 0,99
Tassements [mm]
-15
PM 654
Modèle Tunnel Sud de Toulon
-20 Serratrice
Bourgeois
-25
-30
-35
Distance au front [m]
Figure 4.4 Optimisation des trois différents modèles sur un exemple de tassement d’un
point de nivellement sur le chantier du tube sud de Toulon.
Le pilotage du chantier s’est basé sur la comparaison en temps réel entre les
courbes de prévision des tassements et les trois courbes de seuil.
En effet, le contrat du projet a imposé les conditions suivantes :
- si les prévisions de tassement sont plus faibles que la courbe de vigi-
lance, un allègement du soutènement et/ou présoutènement doit être
pris en compte ;
- si les prévisions de tassement excèdent la courbe d’anomalie et
s’approchent de celle d’alerte, il est nécessaire de modifier le plan
d’avancement du tunnel en augmentant par exemple le présoutène-
ment afin de limiter les tassements de surface ;
- si les prévisions vont au-delà de la courbe d’alerte, le creusement doit
être interrompu et ne peut redémarrer qu’avec l’aval du Maître
d’œuvre, après proposition par l’Entrepreneur des dispositions à
mettre en œuvre pour le redémarrage de l’excavation.
Afin d’optimiser les travaux du point de vue économique et, en même temps,
d’éviter des dégâts aux bâtis, le (pré)soutènement du tunnel a du être conti-
nuellement adapté en calant les évolutions de tassement de surface sur la
courbe d’anomalie. Le paragraphe suivant présente un exemple de ce type de
démarche.
-60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
0
-5
-10
-15
Prévision
-20 Vigilance
Tassements [mm]
Anomalie
-25 Alerte
PM 766
-30 PM 782
33 mm
PM 802
-35
PM 811
40 mm PM 818
-40
PM 829
-45
48 mm
-50
Distance au front [m]
Figure 4.5 Exemple du pilotage du chantier sur les prévisions de tassement
Les points aux PM 766, 782, 802 ont commencé à tasser (x > 0) avec une al-
lure inquiétante proche, voir au-delà, de la courbe de seuil d’alerte.
En outre, pendant le creusement du PM 758 au PM 792, des instabilités de
front de taille ont souvent été constatées.
Par conséquence et en respectant le contrat du projet, le (pré)soutènement a
été ainsi modifié :
- le nombre de boulons en voûte a été augmenté de 21 à 33 unités et leur
inclinaison est passée de 14° à 6° ;
- le boulonnage au front a été renforcé par un épinglage de boulons au-
toforeurs de 9 m scellés à la résine ;
- l’excavation a été divisée en 5 phases différentes afin de limiter les
instabilités au front.
Une autre méthode de prévision des tassements a été utilisée sur le chantier
du deuxième tube de Toulon, ayant comme objectif celui de donner des in-
formations complémentaires à celles dérivées par les analyses sus-décrites. Il
s’agit de la méthode dite des « cuvettes instantanées », développée par
[Link] lors de la réalisation du tube Nord de Toulon, dont les prin-
cipes ont été énoncés dans la partie bibliographique (Serratrice et Magnan
[2002]).
Etant donné que, sur le chantier du tube Sud de Toulon, les voûtes parapluies
(ou divergentes) sont renouvelées en général tous les 9 m, cette valeur a été
considérée comme longueur du tronçon d’avancement de référence. La pro-
cédure utilisée pour l’application de cette méthode est la suivante :
- les points considérés sont uniquement ceux de nivellement situés le
long de l’axe du tunnel ;
- les tassements retenus sont ceux de ces points aux dates auxquelles le
creusement d’un nouveau tronçon de 9 m démarre ;
- pour chaque point, on a calculé la différence entre le tassement mesuré
à la fin du creusement du tronçon d’avancement considéré (début du
suivant) et le tassement enregistré au début du même tronçon.
A partir des données recueillies comme dans l’exemple du tableau 4.2, les
cuvettes totales de tassement (profil en long) peuvent être tracées (figure
4.6). Chaque courbe correspond à une date précise. Elle représente le tasse-
ment cumulé des points de nivellement, au début du creusement d’un nou-
veau tronçon sous une nouvelle voûte. Pour chaque courbe, les abscisses cor-
respondent donc aux PM où les points se situent alors que les ordonnées
représentent les valeurs de tassements cumulés de ces mêmes points (colonne
S du tableau 4.2).
Les cuvettes instantanées peuvent ensuite être tracées (figure 4.7). Chaque
courbe représente cette fois-ci l’incrément ∆s de tassement des points choisis,
causé par le creusement d’un tronçon d’excavation de 9 m. Les abscisses cor-
respondent toujours aux PM où les points se situent alors que les ordonnées
représentent dans ce cas les valeurs de ∆s de ces mêmes points (colonne ∆S
du tableau 4.2).
Le cas présenté ici est particulièrement intéressant puisque les deux situa-
tions différentes apparaissent.
En effet, les cuvettes instantanées VP 14, VP 15, VP 16 montraient que le
tunnel se dirigeait vers des zones plus défavorables, où les tassements au-
raient été plus importants. Cela a été par la suite confirmé puisque, malgré
une augmentation du présoutènement (probablement un peu trop tardive) les
tassements finaux dans la zone autour du PM 660 ont atteint des valeurs si-
gnificatives, de l’ordre de 55 mm.
Successivement, les cuvettes instantanées VP 19 et 20 se sont montrées plus
centrées vers le début des tronçons correspondants, en laissant prévoir que
l’excavation s’orientait vers des zones plus rigides et moins déformables. Ce-
la également a été ensuite confirmé du fait que les tassements de la zone au-
delà du PM 700 se sont stabilisés sur des valeurs assez faibles (< 30 mm).
Cet exemple montre que cette méthode peut fournir des informations impor-
tantes, du moins à titre indicatif, sur les zones vers lesquelles le tunnel se di-
La figure 4.8 montre l’exemple de l’analyse faite sur les tassements mesurés
dans la rue Chalucet, perpendiculaire à l’axe du tunnel. Cette zone est carac-
térisée du point de vue géologique par des quartzophillades. Dans cette rue,
deux profils de mesure étaient disponibles, un constitué par des points de ni-
vellement sur la chaussée (CENTAURE), l’autre par des cibles bâtis (CY-
CLOP).Une optimisation par moindres carrés a ainsi été faite sur chacun des
profils de tassement. Le graphe représente également l’emplacement respectif
des différents bâtiments par rapport à l’axe du tunnel.
0
80 70 60 50 40 30 20 10 0 -10 -20 -30 -40 -50 -60 -70 -80
NORD SUD
-5
-10
S surface = Smax *exp(-(x)2/2i2)
Tassements (mm)
iCENTAURE = 20 m i = 20 m -15
Smax = 27.2 mm
-20 Sbâtis= Smax *exp(-(x)2/2i2)
Pente (au point d'inflexion) = 0.61 S max / i =
= 0.8 mm/m iCYCLOP = 20 m
-25
Smax = 33.4 mm
CYCLOP cibles bâtis -30 Pente (au point d'inflexion) = 0.61 Smax / i =
= 1 mm/m
Optimisation de Gauss sur les cibles CYCLOP
L’optimisation donne pour chacun des profils la même valeur de i. Une fois
obtenu cette valeur, les deux points d’inflexion de la cuvette de tassement
peuvent être positionnés et ensuite comparés par rapport à l’emplacement des
bâtis. Dans le cas en étude, il en résulte que les conséquences les plus cri-
tiques pourraient apparaitre entre les bâtis C34 et C33 dans la partie Nord du
massif et entre les bâtis C60 et C59 dans celle Sud. Cependant, la pente
maximale a été inférieure à 1 mm/m et aucun dégât n’est apparu sur les bâti-
ments.
Le graphe montre que, même si les bâtis suivent la tendance du tassement du
sol, les deux optimisations divergent en s’approchant de l’axe du tunnel. En
particulier, le tassement mesuré sur les bâtiments est plus important que celui
enregistré sur le sol, notamment après le point d’inflexion. Ce phénomène est
probablement lié au poids des bâtis et à une faible rigidité de leur structure.
0
-60 -50 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40 50
-0,2
C50 C49 C48
NORD
0
SUD
-0,4
80 70 60 50 40 30 20 10 0 -10 -20 -30 -40 -50 -60 -70 -80
-10
-0,6
Tassement diférentiel (mm/m)
-20
Tassements (mm)
-0,8
-30
-40
-1,6
-1,8
-2
-2,2
Distance au front (m)
Figure 4.9 Application du Modèle Tunnel Sud de Toulon pour la prévision du tasse-
ment différentiel
Figure 4.10 Exemple d’un relevé au front de taille du tube Sud de Toulon
CVZ 1
CVC 2
CVC 1
F1
CVC 5 CVC 6
F2 F3
F4 F5
CVZ 4 CVZ 5
CVC 4
CVZ 6
Section renforcée
4.5 Conclusion
100
5.1 Introduction
5.2 Instrumentation
5.3 Coupe géologique
5.4 Présentation des instruments de mesure
5.4.1 Inclinomètres
5.4.2 Extensomètre depuis la surface
5.4.3 Extensomètres radiaux depuis le tunnel
5.4.4 Jauges extensométriques
5.4.5 Capteurs de pression totale
5.4.6 Précision de mesure
5.5 Présentation des résultats obtenus
5.5.1 Inclinomètres
5.5.2 Analyses des mouvements des cibles de surface et de bâti
5.5.3 Extensomètre vertical
5.5.4 Jauges extensométriques
5.5.5 Capteurs de pression totale
5.5.6 Convergences et tassements en tunnel
5.5.7 Extensomètres radiaux
5.6 Conclusion
5.1 Introduction
Dans le marché des travaux du tube Sud de Toulon, le suivi régulier des tas-
sements de surface et des déformations en souterrain a été renforcé en pré-
voyant trois profils instrumentés de manière plus conséquente. L‘objectif
était de mieux comprendre le comportement en termes de déformations dans
le massif et de chargement du soutènement.
Dans le cadre du travail de recherche, deux sections instrumentées ont été
ainsi mises en place et exploitées. Le présent chapitre décrit la première des
deux sections renforcées positionnée au point d’avancement PM 2169. Le
front d’Attaque Est a rejoint cette section à la mi-octobre 2008. Les instru-
ments de mesure utilisés seront présentés ainsi que les résultats obtenus.
F
ED 2165
INCL Nord
2161 INCL 2167 Axe
2162
INCL/ EXT Axe
EXT 2169 Axe Légende:
Extensomètre depuis la surface
Inclinomètres
• Cibles de mesures
Cintre C5 VD 20
instrumentée
INCL Sud
2172
5.2 Instrumentation
5.4.1 Inclinomètres
Les forages ont tous débutés avec un tricône de façon destructive puis, lors-
qu’une certaine profondeur était atteinte, un carottier a été utilisé afin
d’éviter que le forage ne se referme. Une fois une profondeur de 40 m at-
teinte, le tube inclinométrique a été mis en place.
Le tube est composé par des tronçons de 3 m reliés l’un avec l’autre avec des
manchons. Une colle (et du scotch) entre le tube et le manchon a été utilisée
afin d’en assurer l’étanchéité. Le dosage de la colle a été contrôlé avec atten-
tion pour éviter toute bavure dans les rainures internes, ce qui aurait empêché
ensuite aux roulettes de la sonde de bien glisser, provoquant des problèmes
de mesure (figure 5.3).
Une fois le tube descendu en prenant soin de bien vérifier l’alignement des
rainures, le tubage extérieur a été retiré, en évitant toute rotation. Des injec-
tions du bas vers le haut depuis deux niveaux ont été ensuite effectuées. Le
coulis de scellement utilisé avait un rapport C/E de 1 et un dosage de 150 kg
ciment, 150 l d’eau et 3 kg de bentonite. Cette formulation a été proposée par
SOLDATA en fonction du type de sols attendus.
La figure 5.4 présente l’orientation des rainures des trois inclinomètres. Les
principes sur lesquels se base la mesure inclinométrique sont présentés en
Annexe 2.
Remarques :
Des défauts de fabrication dans les tubes inclinométriques ont été observés
(surtout au niveau des manchons). Quand leur diamètre interne était trop pe-
tit, le diamètre externe des tubes a été réduit. Dans le cas contraire (diamètre
interne trop grande par rapport aux tubes) des anomalies ont été répertoriées
au niveau des mesures, qui seront analysées ensuite.
Lors de la vérification des rainures du tube Nord, la fausse sonde se coinçait.
Un forage à coté de l’ancien tube a dû être effectué et un nouvel inclinomètre
a été placé.
Les instruments en tunnel ont été placés le 20/10/2008, sur le cintre C5 (au
PM 2165.5) de la voûte divergente VD 20. Les extensomètres radiaux ont été
mis en place trois jours après, quand le front était déjà au PM 2160 ; cela
pour avoir l’espace suffisant pour pouvoir faire les forages.
Ces extensomètres mesurent les déplacements et les déformations du terrain
autour du tunnel creusé. Vu l’orientation des forages on a choisi des exten-
somètres GEOKON, modèle A5 (voir site www. [Link]). Les tiges sont
en fibre de verre, les ancres de type cuivre avec déclenchement hydraulique
(voir figure 5.7). Cette méthode est pratique pour des forages vers le haut
puisqu’on évite le problème de l’injection. La précision de mesure annoncée
est de l’ordre de 0,1 mm.
Ces jauges ont été soudées sur le cintre avant qu’il soit mis en place.
Le« modèle de surface » de Gage Technics International a été choisi
([Link]). Elles mesurent les déformations avec une très
grande précision, à partir desquelles on peut calculer les variations des con-
traintes de l’acier en connaissant son module de Young. Les jauges sur le
cintre sont toujours placées en couple, une à l’extrados et l’autre à l’intrados
(voir figure 5.8 en bas à gauche). La précision attendue des mesures de
jauges est de l’ordre de 1 à 10 microstrains (déformation de 1 à 10*10 -6).
Remarques :
Afin d’assurer un bon contact avec le sol, les cellules ont été remises en pres-
sion après durcissement du béton projeté. Cette opération s’est révélée plus
difficile que prévu et pourrait être la cause des problèmes de mesure obser-
vés.
5.5.1 Inclinomètres
Les relevés inclinométriques ont été corrigés par rapport aux mouvements
mesurés par la cible de surface placée à coté de la tête de l’inclinomètre (An-
nexe 2). Une correction a été faite aussi suite aux mesures de vrillage.
Les mouvements enregistrés par les trois inclinomètres ont été très faibles,
inférieurs à 3 mm, probablement à cause des bonnes caractéristiques du ter-
rain rencontré dans cette section. Les inclinomètres s’avèrent également as-
sez bien encastrés en pied.
La figure 5.10 montre les déplacements de l’inclinomètre, placé à l’axe du
tunnel (au PM 2167), aux dates les plus représentatives.
Profondeur (m)
-18
-20
-22 -22,7
-24
-26 08/08/2008_front à 74,5 m
-28
08/09/2008_front à 49 m
-30
03/10/2008_front à 17 m
-32
16/10/2008_front à 3 m
-34
-36 17/10/2008_front à 1,5 m
Les mesures de l’inclinomètre Nord ont confirmé que le Permien limite for-
tement les déplacements horizontaux en raison de sa rigidité. En effet, les
mouvements mesurables débutent juste au dessus dans le Trias, qui a des ca-
ractéristiques géomécaniques beaucoup plus faibles.
SECTION EDF: INCLINOMETRE NORD 2170 AXE A+
SECTION EDF : INCLINOMETRE SUD 2171 AXE A
Déplacements cumulés (mm) Déplacements cumulés (en mm)
-2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 20 19 18 17 16 15 14 13 12 11 10 9 8 7 6 5 4 3 2 1 0 -1 -2
0 0
Remblais
Remblais
-2 -2
Colluvion
-4 -4
Colluvions
-6 -6
-8 -8
Trias
-10 -10
-12 -12
-14 -14
Trias Trias
-16
Trias
-16
-18 -18
Profonduer (m)
Profondeur (m)
-24 -24
10,7 m
-26 -26
Permien
-28 -28
19/08/2008 (front à 63 m) 27/08/2008 (front à 58 m)
-30 -30
3/10/2008 (front à 13 m) 16/10/2008 (front à l'aplomb)
Permien
-32 -32
-36 -36
20/10/2008 (front à -5,5 m) 30/10/2008 (Pmf à - 18 m)
-38 -38
17/11/2008 (front à -46 m) 17/11/2008 (front à - 45 m) -40
-40
-42 -42
Les mouvements mesurés par les cibles de surface (celles placées à coté des 3
inclinomètres) et de bâti ont été analysés. En ce qui concerne le bâtiment
EDF (L3), 4 cibles positionnées à proximité de l’axe du tunnel ont été choi-
sies (deux sur la façade Est et deux sur la façade Ouest).
Les cibles considérées pour cette étude sont donc les suivantes (figure 5.12):
- CL3_2162_EDF_E_03 ;
- CL3_2161_EDF_E_04 ; Cibles sur le bâtiment EDF
- CL2_2152_EDF_O_04 ;
- CL2_2153_EDF_O_05.
X
Figure 5.12 Vue en plan : cibles de surface et de bâti considérées dans l’analyse
Dans cette étude, les mouvements X,Y,Z, mesurés en surface et sur bâti par
les théodolites, ont été corrigés par rapport à ce phénomène : l’effet de la
baisse du niveau de la nappe sur les mouvements mesurés n’a pas été pris en
compte, seule la contribution de l’avancement du creusement a été considé-
rée.
0
50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45 -50
-1
-2
-3
-4
-5
Tassements (mm)
-6
Cible EXT_ 2168 (originel) -7
Cible EXT_2168 (corrigé)
-8
-9
-10
-11
-12
-13
-14
Distance au front (m)
CL3 EDF 04
CL2 EDF 04
CL2 EDF 05 2,00
1,50
1,00
0,50
0,00
50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45 -50
-0,50
-1,00
-2,50
Distance au front (m)
Figure 5.14 Mouvements des cibles analysées selon la direction de l’axe du tunnel
Le tassement de la cible à l’axe a été comparé avec ceux mesurés par les
cibles à coté de l’inclinomètre Sud et Nord. Chaque courbe présente le tas-
sement d’un point en fonction de la distance au front (figure 5.15).
0
50 45 40 35 30 25 20 15 10 5 0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45 -50
-1
Cible Z Inclino Sud
-2
Cible Z Inclino Axe
Tassements (mm)
-3
Cible Z Inclino Nord
-4
-5
-6
-7
-8
-9
-10
Distance au front (m)
Les trois cibles commencent à mesurer des déplacements lorsque le front est
à environ 15 m (soit 1.25 fois le diamètre) puis le tassement se stabilise lors-
que le front a dépassé la section de 20 m (environ deux fois le diamètre).
L’influence de la distance du front de taille par rapport à la réaction du sol en
surface est souvent reliée au diamètre du tunnel. Cependant il faut souligner
que la couverture du tunnel joue également un rôle important sur la propaga-
tion des déformations vers la surface. Dans ce cas la couverture était de 12 m
environ.
Le tassement maximum est enregistré par la cible à l’axe et la cible au Sud
tasse plus par rapport à la cible Nord. Ce qui peut être justifié par le contexte
géologique (cf. figure 5.2).
Le rapport S front / S stabilisé a été dans cette zone compris entre 33 % et 50 %
et le tassement maximum est resté bien en dessous des limites imposés par le
0
-24 -19 -14 -9 -4 1 6 11 16 21 26 31 36
-1
-2
Tassements (mm)
-3
Front à l'aplomb
-4 (PM 2167)
-5
16/09/2008 (Pmf 2205,5)
-6
14/10/2008 (PMf 2173,2)
-7 17/10/2008 (PMf 2167)
24/10/2008 (PMf 2160)
-8
2/11/2008 (PMf 2149)
-9 18/11/2008 (PMf 2122)
-10
Distance de l'axe (m)
Les cuvettes transversales restent bien décentrées vers le Sud par rapport à
l’axe jusqu’au moment où le front dépasse cette section d’environ 10 m. Ce
phénomène peut être lié au massif qui, étant hétérogène est moins rigide dans
la partie Sud, se déforme plus facilement. La cuvette semble se recentrer en-
suite vers l’axe du tunnel montrant que, à partir d’un certain moment, c’est la
cavité créée qui gère les déformations imposant ainsi la forme finale de la
cuvette.
Toutefois ce phénomène pourrait être lié seulement au faible nombre de
points de mesure à disposition.
- x0 : décentrement,
- S max : le tassement maximum mesuré
- i : abscisse du point d’inflexion à partir de l’axe de symétrie verticale
du tunnel.
Une telle analyse ponctuelle sur un nombre de points de mesure aussi faible
n’aurait aucun intérêt, la stratégie suivante a été choisie :
- tous les points de mesure de surface du PM 2210 au PM 2138 ont été
considérés ;
- chaque mesure de tassement (S) a été normalisée par rapport au tas-
sement maximum de la section à laquelle le point appartient. Ces va-
leurs (Smax) ont été déduites après une optimisation de la formule de
Gauss décentré sur chaque profil transversal réel ;
- du moment que cette zone est apparue assez homogène du point de
vue géologique, tous ces points de tassement normalisés (S/Smax) ont
été placés sur un même plan transversal, considéré comme représenta-
tif de toute la zone.
De cette façon, l’analyse a pu être faite sur un nombre de points assez satis-
faisant. Le résultat de l’étude est montré en figure 5.17.
Distance de l'axe (m)
SUD NORD
-0,1
-55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55
0
0,1
0,2
0,3
0,4
S/Smax
0,7
S = Smax *exp(-(x-xo)2/2i2) S = Smax *exp(-(x-xo)2/2i2)
i = 9,926 0,8
i =10,433
r = 0,963 0,9 r = 0,984
xo =1,1
-3,5 m
V S = i ⋅ S MAX ⋅ (2 ⋅π ) (5.2)
L’extensomètre vertical mis en place est composé par 4 tiges avec 4 ancres à
différentes profondeurs, à 2, 4, 5, 6 m du T.N. En utilisant une jauge de dé-
placement micrométrique, le déplacement dans le temps entre chaque ancre et
la tête de l’instrument a été mesuré. La fréquence des mesures variait selon la
distance entre le front et la section renforcée, avec un maximum d’une me-
sure par jour quand le front était à +/- 5 m de l’instrument.
Le tassement de la tête de l’extensomètre a du être ajouté à chaque relevé
afin d’obtenir le mouvement absolu de chaque ancre. Cela a été possible
grâce à la mesure en Z de la cible installée à coté de l’instrument et fixée
dans le terrain sur une base de béton.
0,50
0 -0,50-10
Mouvements verticaux des ancres (mm)
-1,50
-2,50
T.N.
-3,50
-4,50
Ancre 1 extenso (- 2m)
Ancre 1: -2
-5,50
Ancre 2 extenso (- 4m)
-6,50
Ancre 3 extenso (- 5m)
Ancre 2: -4 -7,50
Ancre 4 extenso (- 6m)
Ancre 3: -5 -8,50
Ancre 4: -6 -9,50
-10,50
Distance au front (m)
L’analyse des résultats (figure 5.18) montre que les quatre ancres ont réagi de
façon similaire comme si le terrain était un bloc rigide. Cela peut être justifié
par le fait que toutes les ancres se trouvaient dans le même terrain, les collu-
vions, qui ont tassé de manière homogène. Il faut également souligner que
l’ancre la plus profonde est éloignée de la clé du tunnel (environ 6 m).
Les capteurs de pression totale (CPT) ont été placés de la manière suivante :
- projection du béton de protection (environ 5 cm) ;
- mise en place de mortier pour aplanir la zone où sera fixé le capteur ;
- fixation du capteur de pression sur la zone aplanie à l’aide de clous ;
- phase de béton projeté de remplissage (environ 20 cm) ;
- remise en pression des cellules, après durcissement du béton, pour as-
surer un bon contact avec le sol.
Cette dernière opération a posé plusieurs problèmes. Les variations de pres-
sion très faibles mesurées sur certains capteurs pourraient être donc dues à
cette difficulté.
De même que les jauges extensométriques, ces instruments se sont révélés
très sensibles aux variations de température (figure 8 en Annexe 2). Par con-
séquent, les données enregistrées, lorsque la température des jauges s’était
globalement stabilisée, ont été retenues comme mesures zéro.
Les mesures des CPT, difficiles à exploiter, sont présentées en figures 8 et 9
en Annexe 2.
pose sur le fait que le mouvement horizontal de la cible en clé est considéré
fixe.
Il en résulte que le piédroit gauche (Sud) du cintre s’est déformé vers le mas-
sif, puisqu’il s’est appuyé sur le Trias, terrain de caractéristiques plus faibles.
Le piédroit Nord au contraire est resté plutôt encastré parce qu’il se trouvait
contre le Permien, beaucoup plus rigide.
Même si cette considération semble logique il ne faut pas oublier que la
plage de valeurs mesurées est proche de la précision de mesure.
Quatre extensomètres radiaux ont été placés à partir du tunnel (figure 5.19).
La pose de ces instruments n’a pas été facile en raison de la fermeture des fo-
rages. Par ailleurs, les extensomètres 2 et 5 ont subi un choc en tête à cause
de travaux postérieurs à leur mise en place.
Par conséquent, les seules données exploitables sont celles enregistrées par
les extensomètres 3 et 4. Elles confirment des valeurs de déplacements très
faibles autour du tunnel, de l’ordre de la précision de mesure de l’instrument.
A titre d’exemple, la figure 5.22 montre l’évolution du déplacement entre une
ancre et la tête de l’extensomètre n°4, en fonction de la distance au front.
0,02
0
0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45 -50
-0,02
Ext 4 ancre à 2 m
Mouvements ancres (mm)
-0,08
-0,1
-0,12
-0,14
Distance au front
Figure 5.22 – Mouvements des ancres de l’extensomètre n°4
Si les courbes, comme c’est le cas en figure 5.22, ne partent pas de zéro c’est
que des mouvements ont été enregistrés par les capteurs entre la date de me-
sure zéro et le lancement des acquisitions automatiques. Il ne faut pas corri-
ger ces mouvements qui sont bien réels.
Une variation négative sur les courbes correspond à un allongement de la dis-
tance entre l’ancre et la tête. On note donc, de manière logique, une déforma-
tion en extension du terrain consécutive au creusement.
Les mesures relatives à l’extensomètre n°3 sont présentées en figure 10 de
l’Annexe 2.
5.6 Conclusion
6.1 Introduction
6.2 Instrumentation
6.3 Coupe géologique
6.4 Description du (pré)soutènement mis en place
6.5 Présentation des résultats obtenus
6.5.1 Inclinomètres
6.5.2 Analyses des mouvements de surface
6.5.3 Extensomètre vertical
6.5.4 Capteurs de pression totale
6.5.5 Jauges extensométriques
6.5.6 Convergences et tassements en tunnel
6.5.7 Extensomètres radiaux
6.5.8 Cohérence entre les différentes mesures
6.6 Conclusion
6.1 Introduction
Légende:
Extensomètre depuis la surface
Inclinomètres
Cintre instrumenté
PM 882 VD 41 C9
C8
EXT 879
Axe tu
n nel
Jardin Alexandre I °
6.2 Instrumentation
- 4 extensomètres radiaux de 13 m.
- 6 couples d’extensomètres à corde vibrante placés sur les cintres.
- 5 capteurs de pression totale.
- Les plots de mesure de convergence habituels.
NORD SUD
1.1 1.2
2 3
4 5
Les instruments sont du même type que ceux choisis pour la section I
« EDF » et décrits dans le chapitre 5.
Remarques :
A partir de l’analyse des sondages et des données recueillies il en résulte ce
qui suit :
- le pendage des couches de sol en surface est généralement horizontal,
- le socle a un degré d’altération qui entraine des variations importantes
des caractéristiques du matériau.
Remblais
Colluvions
Socle
Les principaux résultats et les analyses réalisées à partir des mesures seront
illustrés dans les paragraphes suivants.
6.5.1 Inclinomètres
Dans la figure 6.5, les déplacements des inclinomètres Nord et Sud, selon la
direction A, sont présentés aux dates les plus significatives. Les deux incli-
nomètres ont été placés à 13,3 m de l’axe vertical du tunnel.
Les données de l’inclinomètre Sud ont été corrigées par rapport aux mouve-
ments mesurés par la cible de surface placée à coté de la tête (figure 11 en
Annexe 2). Cela n’a pas été possible pour l’inclinomètre Nord, la cible ayant
été endommagée. Une correction par rapport à la mesure de vrillage a été
faite sur les mesures des deux inclinomètres.
INCLINOMETERS - AXIS A
NORD SUD
Dépllacements ( mm)
-2 -1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 1011121314151617181920212223242526272829303132333435
0
Remblais
-5 Colluvions
-10
-15
Socle
-20
Profondeur (m)
-25
Profondeur (m)
-30
-35
-40
Les mouvements mesurés par les deux inclinomètres selon l’axe B (direction
parallèle à celle de l’axe du tunnel) ont été également analysés. La figure 6.6
montre les déplacements de l’inclinomètre Sud, qui ont pu être corrigés par la
cible de surface. En figure 12 de l’Annexe 2, le graphe relatif à
l’inclinomètre Nord (Axe B) est présenté.
Remblais
-5 Colluvions
Tunnel
-10
-15
-20
-25
Profondeur (m)
Socle
Hauteur du tunnel
-30
-35
05/03/2009 (front à 13 m)
-45
16/03/2009 (front à l'aplomb)
Les premiers 25 m environ du tube ont basculé vers le tunnel qui était en
train de se rapprocher de la section. Ce mouvement a atteint sa valeur maxi-
male lorsque le front a rejoint le profil instrumenté. Ensuite il y a un redres-
sement du tube, suivi par un nouveau basculement vers le vide créé à l’avant
de la section par l’avancement du tunnel (voir la courbe du 27/05/2009). Ce
phénomène est particulièrement intéressant et il confirme les résultats obte-
nus par Serratrice [1999].
La figure relative aux mouvements de l’inclinomètre SUD montre un autre
phénomène remarquable. Outre le basculement des premiers 25 m de
l’inclinomètre, un « ventre » a progressé avec l’approche du tunnel. Ce
ventre montre que le phénomène d’extrusion ne se limite pas seulement à la
surface du front, mais il est également présent à 13 m de l’axe.
Les mouvements mesurés sur les trois cibles de surface placées à coté des 2
inclinomètres et de l’extensomètre ont été analysés (figure 6.1). Les cibles
considérées sont les suivantes:
- EXT_879 (cible Extensomètre à l’axe);
- INCL_879 NORD (cible Inclinomètre NORD) ; Cibles de surface
- INCL_879 SUD (cible Inclinomètre SUD) ;
Les mouvements X, Y, Z des cibles peuvent être altérés par deux phéno-
mènes :
- une baisse du niveau de la nappe qui engendre des déplacements indé-
pendants de l’avancement du tunnel ;
- des « manipulations » accidentelles des cibles.
Les déplacements horizontaux des deux cibles, dans une direction parallèle à
l’axe du tunnel, sont présentés en figure 6.7. Ils confirment les résultats obte-
nus avec les inclinomètres.
Lorsque le tunnel se trouvait à 35 m environ de la section les cibles ont
commencé à bouger horizontalement vers le vide créé. Juste après le passage
du front elles ont atteint le déplacement maximum (4 mm environ). Ensuite
elles sont retournées vers leurs positions initiales et l’ont dépassé même en se
-4
Cible à l'axe
EXT 879
-3
X+
-2
INCL SUD -1
3
5
0
-10
-15
-20
-25
-30
-35
-40
-45
-50
-55
-60
-65
-70
-75
-80
-85
-90
-95
-110
-115
95
90
85
80
75
70
65
60
55
50
45
40
35
30
25
20
15
10
-100
-105
-120
-5
Les déplacements verticaux des cibles ont été également analysés (figure
6.8). Ils confirment que l’excavation a commencé à avoir une influence sur
les tassements 35 m à l’avant du front de taille (soit 3 fois le diamètre). Les
mouvements ont accéléré lors du passage du front à l’aplomb de la section.
Par la suite, la vitesse de tassement par mètre creusé diminue pour, enfin, se
stabiliser lorsque le front a dépassé la section de 90 m (environ 7.5 fois le
diamètre).
L’amorce de l’excavation sur les mouvements du sol et surtout la distance à
laquelle les tassements se sont stabilisés est très importante. A ce propos, on
peut noter que les tassements semblaient se stabiliser 55 m derrière le front
de taille. Au-delà de cette distance, une reprise des tassements assez « anor-
male », par rapport à ce qui avait été constaté dans la zone précédant ce PM,
s’est produite. L’analyse des déformations en souterrain a montré que proba-
blement ce phénomène a été causé par l’excavation en pied de cintre pour la
réalisation retardée d’une partie du contre radier au droit de la section. Ces
travaux ont provoqué un redémarrage des convergences en pied de cintre et
des tassements en tunnel qui ont eu une répercussion sur les tassements en
surface (figure 15 et 16 en Annexe 2).
Le tassement maximum, enregistré par la cible à l’axe, se situe autour de 20
mm. Le rapport S front / S stabilisé a été dans la zone de la section renforcée de
l’ordre de 30 %. Même dans ce secteur, le tassement est resté bien en dessous
des limites imposés par le Marché des Travaux (seuils du tassement : 37 mm
-100
-105
-120
-110
-115
-10
-15
-20
-25
-30
-35
-40
-45
-50
-55
-60
-65
-70
-75
-80
-85
-90
-95
95
90
85
80
75
70
65
60
55
50
45
40
35
30
25
20
15
10
-5
5
0
0
-1
-2
-3 Cible Inclino Sud Z
-4
-5
-6 Cible à l'axe Z
-7
Tassements (mm)
-8
EXT 879
-9
X+
-10
-11
-12
-13
-14
INCL SUD -15
-16
-17
-18
-19
-20
-21
-22
-23
-24
-25
Distance au front (m)
-0,2
-0,3
-0,4
S/Smax
-0,5
-0,9
-1,0
Distance de l'axe (m)
-5 Ancre 1 (-6m)
-6
-7 Anre 2 (-12m)
Anchor 1 à -6 m
-8
-9
-10
-11
-12
Anchor 2 à -12 m
-13
-14
-15
-16
-17
-18
-19
-20
-21
-22
Distance au front (m)
Les capteurs de pression totale ont été placés entre le terrain et le béton pro-
jeté au niveau de la section instrumentée (figure 6.11). En Annexe 2, le dé-
roulement simultané de l’excavation au niveau de la section et de la pose des
différents instruments est présenté.
L’installation des CPT a été compliqué à cause principalement des hors pro-
fils présents derrière le cintre, qui ont causé un mauvais contact entre le sol
et les instruments. Pour cette raison, et à cause de la forte sensibilité des cap-
teurs aux variations de températures, les mesures obtenues n’ont pas été sa-
tisfaisantes. La figure 18 en Annexe 2 montre les mesures brutes des CPT.
Ces instruments ont encore une fois donné lieu à des problèmes lors de
l’installation en chantier et ils fournissent des résultats qui sont difficiles à
exploiter.
NORD SUD
1e1
EXC C2
EXC C3
EXC C4
EXC C5
EXC C8
EXC C6
EXC C7
Béton projeté, augmentation
EXC C1
Forage V 42
de la température
1e2
1i1
2i
3i
3e/2e
5e
4e/4i
5i
EXC C1 VD 44
EXC C1 VD 43
EXC C8
EXC C3
EXC C5
EXC C7
EXC C2
EXC C6
EXC C4
Figure 6.12 Relation entre les mesures et les travaux réalisés en souterrain
Figure 6.13 Relation entre les contraintes dans le cintre et la distance au front
Grâce aux valeurs des contraintes extrados (σ e) et intrados (σi ) mesurées avec
les jauges, l’effort normal (N) et le moment fléchissant (M) ont été calculés
dans les cinq positions différentes (voir schéma 6.2). La jauge (1i2) placée en
clé n’a pas fonctionné.
Les formules pour déterminer l’effort normal et le moment sont les sui-
vantes :
S ⋅ (σ e + σ i ) I (σ − σ i )
N= ; M = ⋅ e (6.2)
2 v 2
Avec S : section du profil du cintre,
I : inertie du cintre,
v : distance entre l’axe neutre et la fibre supérieure.
Les caractéristiques du cintre HEB 180, mis en place sur ce chantier, sont re-
portées dans le Tableau 6.2.
Tableau 6.2 Caractéristiques du profil du cintre HEB 180
S (cm2) 65.3
Ix (cm4 ) 3831
vx (cm) 9
La valeur maximale de l’effort normal est atteinte en clé pour diminuer pro-
gressivement vers les deux piédroits (tableau 6.3). Ces résultats sont cohé-
rents du fait que le cintre n’était pas fermé.
σe σi N M
(MPa) (MPa) (MN) (KN·m)
1 175.9 117.9 0.96 12.37
2 76.4 106 0.60 -6.32
3 95.1 107.4 0.66 -2.61
4 42.2 42.5 0.28 -0.07
5 60.5 36.1 0.32 5.18
- Des problèmes de mesures ont été rencontrés sur les cibles du cintre
instrumenté, surtout celle de la corde 4. Par conséquent, les valeurs
stabilisées de convergence et tassement mesuré au PM 878 ont été re-
tenues. A partir de ces valeurs la déformée du cintre a été tracée (fi-
gure 6.14). Ce tracé n’est pas calé horizontalement, dans la mesure où
il repose sur le fait que le mouvement horizontal de la cible en clé est
considéré fixe. Une autre hypothèse de base est que les convergences
soient symétriques.
1
2 C3 3
4 C4 5
Quatre extensomètres radiaux ont été placés à partir du tunnel (voir schéma
en figure 6.11). La pose de ces instruments n’a pas été facile. Dans trois cas
(extensomètre n°3, 4 et 5) le forage a dû être repris plusieurs fois à cause de
la fermeture du trou. Finalement, la dernière ancre (la 4°) de ces extenso-
mètres a dû être coupée afin d’arriver à enfiler les instruments. Seul
La figure 6.15 présente les variations de la distance entre les ancres et la tête
de l’extensomètre n°2 en fonction du temps et des travaux réalisés en souter-
rain.
Ancre à 2 m Ancre à 4,5 m Ancre à 7,5 m Ancre à 12.5 m
20/03/09
22/03/09
24/03/09
26/03/09
28/03/09
30/03/09
01/04/09
03/04/09
05/04/09
07/04/09
09/04/09
11/04/09
13/04/09
15/04/09
17/04/09
19/04/09
21/04/09
23/04/09
25/04/09
27/04/09
29/04/09
01/05/09
03/05/09
05/05/09
07/05/09
09/05/09
11/05/09
13/05/09
15/05/09
17/05/09
19/05/09
21/05/09
23/05/09
25/05/09
27/05/09
29/05/09
31/05/09
02/06/09
04/06/09
06/06/09
08/06/09
10/06/09
12/06/09
14/06/09
16/06/09
18/06/09
20/06/09
0,5
Ancre à 4.5m
0 Ancre à 2 m
-0,5
Ancre à 7.5 m
-1
Excav. VD 44
Excav. VD 45
-1,5
Excav. VD 46
Excav. VD 47
Mouvements (mm)
Excav. VD 48
Excav. VP 51
Excav. VP 52
Excav. VP 49
Excav. VP 50
-2
-2,5
-3
-3,5
PM 984.5
PM 993.5
PM 975.5
PM 974
-4
PM 986
PM 965
Excav. VD 43
Excav. VD 42
-4,5
-5
Ancre à 12 m
PM 932.5
PM 943.5
PM 951.5
PM 883.5
PM 895.5
PM 907.5
PM 919.5
PM 963.5
PM 931.5
PM 957..5
PM 942
PM 918
-5,5
PM 894
PM 906
PM 956
PM 953
-6
Les mesures montrent que la bague à 12,5 m était ancrée dans une zone du
massif beaucoup moins déformable que celle où les trois autres ancres étaient
installées. Il est évident que l’avancement du front de taille (excavation sous
les voutes VD 42, VD 43, VD 44) a provoqué une accélération des mouve-
ments qui se sont stabilisés définitivement lorsque le front se trouvait à 50 m
environ à l’avant de la cintre.
20/03/09
22/03/09
24/03/09
26/03/09
28/03/09
30/03/09
01/04/09
03/04/09
05/04/09
07/04/09
09/04/09
11/04/09
13/04/09
15/04/09
17/04/09
19/04/09
21/04/09
23/04/09
25/04/09
27/04/09
29/04/09
01/05/09
03/05/09
05/05/09
07/05/09
09/05/09
11/05/09
13/05/09
15/05/09
17/05/09
19/05/09
21/05/09
23/05/09
25/05/09
27/05/09
29/05/09
31/05/09
02/06/09
04/06/09
06/06/09
08/06/09
10/06/09
12/06/09
14/06/09
16/06/09
18/06/09
20/06/09
0,5
0
PM 984.5
PM 993.5
PM 975.5
-0,5
PM 974
PM 965
PM 986
-1
Excav. VD 46
Excav. VD 47
Excav. VD 48
-1,5
Excav. VP 49
-2
-2,5
-3
Excav. VP 51
Excav. VP 50
Excav. VP 52
-3,5
-4
Mouvements (mm)
-4,5
-5
-5,5
-6
-6,5
-7
-7,5
-8
-8,5
Excav. VD 43
-9
Excav. VD 44
Excav. VD 42
-9,5
-10
-10,5
Excav. VD 45
-11
PM 932.5
-11,5
PM 951.5
PM 943.5
PM 883.5
PM 957..5
PM 895.5
PM 963.5
PM 907.5
PM 919.5
PM 931.5
PM 942
PM 918
PM 894
PM 906
-12
PM 956
PM 953
-12,5
-13
6.6 Conclusion
141
7.1 Introduction
7.2 Description des codes de calcul PLAXIS 2D et PLAXIS 3D
7.2.1 Principes des codes de calcul
7.2.2 Présentation des éléments structuraux utilisés
7.3 Modélisation du creusement d’un tunnel en 2D
7.4 Modèle de comportement du sol adopté
7.4.1 Choix du modèle de comportement du sol
7.4.2 Principes du modèle Hardening Soil
7.5 Conclusion
7.1 Introduction
Deux types d’éléments structuraux, présents dans les codes PLAXIS, ont été
utilisés pour simuler le soutènement et les boulons mis en place lors de
l’excavation du deuxième tube de Toulon.
Les plaques sont des éléments de structure ayant une rigidité en flexion et
une raideur normale. Ils ont été choisis pour simuler le soutènement provi-
soire mis en place sur les parois du tunnel et au front de taille (dans la simu-
lation 3D).
Dans le cas bidimensionnel, ils sont représentés par des éléments barres ayant
chacune 5 nœuds et 3 degrés de liberté par nœud. Dans l’approche 3D, les
plaques sont composées par des éléments triangulaires ayant 6 nœuds et 6
degrés de liberté par nœud.
Leurs rigidités équivalentes ont été obtenues par homogénéisation en fonc-
tion, selon le cas, des épaisseurs de béton projeté, des types de cintres et de
l’entraxe (1,5 m). Le tableau 7.1 présente les différentes valeurs introduites
dans les calculs et obtenues en considérant un module court-terme du béton
projeté de 10 GPa et un module d’acier de 210 GPa. La valeur du coefficient
de Poisson (υ) a été prise égale à 0,2.
Modélisation 3D Modélisation 2D
E équivalent épaisseur EA EI w
Type soutènement
(GPa) (m) (kN/m) (kN*m2 /m) (kN/m/m)
Voûte HEB 180 esp 1,5 +BP 25 cm 13,5 0,25 3,37 E+06 1,75 E+04 6,32
Radier HEB 220 esp 1,5 +BP 30 cm 14 0,3 4,2 E+06 3,15 E+04 7,56
Front BP 15 cm 10 0,15 - - -
jourd’hui des temps de calcul assez importants. Pour cette raison, dans la
plupart des études de projet de tunnels, des calculs 2D sont réalisés. Ils se ba-
sent, dans la plupart des cas, sur le principe de la méthode dite convergence-
confinement, décrite dans la partie bibliographique.
Dans l’esprit de cette méthode, une pression fictive est placée sur le contour
de l’excavation. La relation entre cette pression et, par exemple, le tassement
de surface est représentée en figure 7.2. La pression qui est initialement égale
aux contraintes initiales du terrain, diminue progressivement jusqu’au pas-
sage du front à l’aplomb de la section. A ce moment, une partie de la charge
est reprise par le sol et un tassement S front apparait en surface. La charge se
repartit ensuite également sur le soutènement mis en place derrière le front de
taille. Un état d’équilibre est enfin atteint et le tassement en surface se stabi-
lise sur la valeur S final.
Pression
S
p initial
p front
p équilibre
S front S final
Tassement (S)
2) Excavation du tunnel
Le creusement du tunnel est simulé par l’élimination du terrain qui se trouve
à l’intérieur du tunnel. Lors de cette phase un certain pourcentage de relaxa-
tion des contraintes λ est appliqué.
Le modèle Hardening Soil (HSM) s’appuie sur les modèles à double écrouis-
sage développé par Schanz et al. [1999]. Le critère plastique adopté est celui
de Mohr-Coulomb (MC). Un écrouissage plastique avant la rupture est pris
en compte au lieu du comportement purement élastique supposé dans le mo-
dèle MC. La rigidité du sol est décrite à l’aide de trois raideurs :
• E50 : raideur triaxiale en chargement (plus précisément le module sé-
cant à 50% de la résistance, Fig. 7.3) ;
• E oed : raideur oedométrique ;
• Eur : raideur triaxiale en déchargement-rechargement.
Le module en déchargement peut être donc distingué de celui en charge-
ment.
qf [Link] ϕ '
qa = avec q f = (c' cot ϕ '−σ 3′ ) (7.2)
Rf R f .(1 − sin ϕ ')
Avec R f = 0,9 pour la plupart des sols.
m
c'⋅ cos ϕ '−σ 3′ ⋅ sin ϕ '
E50 = E ref
50 (7.3)
c'⋅ cos ϕ '+ p ⋅ sin ϕ '
ref
m
ref c' cot ϕ '+σ 3′
Eur = E ur (7.4)
c' cot ϕ '+ p
ref
La surface de charge est décrite par deux mécanismes avec écrouissage iso-
trope contrôlant respectivement les déformations volumiques et déviatoriques
(Figure 7.4). Sa formulation est explicitée en Annexe 3.
Paramètres avancés :
υ ur : coefficient de Poisson en déchargement-rechargement (0,2 par
défaut) ;
p ref : pression de confinement de référence (100 kPa par défaut) ;
K 0nc : K0 dans le cas de consolidation normale ( K 0nc = 1 − sin ϕ ' , par
défault)
7.5 Conclusion
8.1 Introduction
8.2 Présentation de la procédure de simulation
8.2.1 Caractéristiques générales du modèle
8.2.2 Simulation de la réalisation du tunnel
8.3 Etude paramétrique sur les caractéristiques du sol
8.3.1 Paramètres géomécaniques de référence et réflexions sur la valeur
de K0
8.3.2 Démarche de l’étude paramétrique
8.4 Critère de comparaison avec les mesures in situ
8.4.1 Choix des mesures de référence pour le critère
8.4.2 Définition analytique du critère
8.5 Présentation des résultats obtenus
8.6 Conclusion
8.1 Introduction
Remblais
Colluvions
34,1
Socle sup.
60 m
Socle
Socle inf.
20
140 m
Figure 8.1 Géométrie et maillage du premier modèle numérique 2D
de la section instrumentée II
Modélisation 2D
EA EI w υ
Type soutènement (kN/m) (kN*m 2/m) (kN/m/m)
Le maillage comprend environ 3600 zones et 29300 nœuds. Tous les mouve-
ments sont bloqués sur le fond du modèle alors que seuls les mouvements ho-
rizontaux sont fixés sur les cotés latéraux.
Phase Description
1 Initialisation des contraintes : comportement drainé du terrain
2 Excavation et déconfinement de λ 1
3 Mise en place du soutènement en voûte et déconfinement de λ 2
4 Mise en place du radier contre-voûté et fin du déconfinement
Terrain
γ E50ref = Eoed
ref
Eurref = 3⋅ E50ref c’
φ’ (°) ψ (°)
(kN/m3 ) (MPa) (MPa) (kPa)
Remblais 19 1,6 4,8 2 20 0
Colluvions 20,8 40 120 10 30 0
Socle 24,2 120 360 30 25 0
Le coefficient de Poisson v a été considéré égal à 0,2 pour tous les terrains
(ref. dossier CETE 188008.02/01 du 18/12/2002) et l’exposant du niveau de
contrainte a été fixé à 0,5. Dans les premiers calculs, aucune division dans la
couche du Socle n’a été considérée.
Lors des calculs du projet du tube Sud, le coefficient des terres au repos K0 a
été fixé égal à 0,5 dans tous les terrains. Cette valeur a été retenue sur la base
d’analyses réalisées sur le comportement des soutènements du tube Nord.
Les premiers calculs en retro-analyse sur la section instrumentée ont toute-
fois montré que, en considérant cette valeur de K0 , un écart important appa-
rait entre les résultats numériques et les mesures des inclinomètres. Indépen-
damment de la valeur des taux de déconfinement, les calculs en effet
n’arrivent pas à simuler le « ventre » que la déformée des inclinomètres
montre au niveau de l’excavation. Les mouvements des premiers mètres de
l’inclinomètre sont assez bien simulés, par contre ceux obtenus à la hauteur
du tunnel vont dans la direction opposée.
Un exemple de ce phénomène est montré en figure 8.3. Le calcul a été réalisé
avec les paramètres géomécaniques susmentionnés et des valeurs de déconfi-
nement λ1 =0,3 et λ2 =0,5 qui permettent de se caler avec une bonne approxi-
mation aux tassements de surface mesurés in situ.
Une étude paramétrique a été ainsi lancée en se basant sur ces deux principes.
Colluvions -5
-10
-15
Profondeur (m)
-20
-25
Socle
-30
-35
-40
-45
27/05/2009 (front à - 95 m)
-55
- pour chacun de ces cas, trois valeurs différentes de K0 dans le Socle ont
été testées (K0 = 0,8 - 0,9 - 1). La valeur de K0 dans les couches superfi-
cielles du Remblais et des Colluvions a été maintenue égale à 0,5.
- les calculs ont été lancés selon le phasage présenté dans le tableau 8.2.
Dans chaque cas de calcul (9 combinaisons différentes E50ref - K0), les taux
de déconfinement λ1 et λ2 ont été fait varier dans une plage de valeurs
λ 1 < λ2 (8.1)
λ1 (i) = λ1(i-1) + Δλ (8.2)
Δλ = 0,05 (8.3)
Les mesures des CPT, des jauges extensométriques et des extensomètres ra-
diaux n’ont pas été retenues du fait de leur faible fiabilité liée aux difficultés
lors de l’installation et de mesure du zéro.
Une première analyse, cependant, a mis en évidence que l’extensomètre ver-
tical n’apportait pas d’informations supplémentaires, utiles à la comparaison
avec les résultats numériques. Comme le montre l’exemple en figure 8.4, les
tassements des couches plus profondes sont directement liés à celui de sur-
face. Par conséquence, si le calcul numérique se cale bien sur celui-ci, les
autres valeurs sont aussi respectés. Pour cette raison ces mesures n’ont pas
été retenues dans la définition du critère de comparaison.
Pour chaque cas analysé, la valeur de (1/f) a été enfin calculée et celle opti-
male a été retenue.
0
70 50 30 10 -10 -30 -50 -70
-2
-4
-6
-8
-10
Tassements (mm)
Mesures in situ
Cas 1 -12
Cas 2
-14
-16
-18
-20
-22
-24
Distance de l'axe (m)
Figure 8.5 Cuvette de tassements, comparaison entre les deux cas optimum numériques
et les mesures in situ
Globalement les deux cas de calcul arrivent à bien simuler les mesures in si-
tu, prises en compte dans cette étude. La valeur du tassement à l’axe et la
largeur de la cuvette sont respectées. Au passage, il faut toutefois retenir que,
malgré l’étendue horizontale importante du modèle numérique, des tasse-
ments apparaissent encore sur le bord du modèle (environ 1 mm). Cette con-
sidération sera prise en compte pour la réalisation des modèles suivants cette
étude préliminaire.
L’allure de l’inclinomètre est également assez bien simulée par les deux cas
de calcul, aussi bien en tête qu’au niveau du « ventre » (figure 8.6). Ce résul-
tat confirme que la valeur du coefficient des terres au repos K0 = 0,5 était
probablement sous-estimée dans les calculs du projet.
Le jeu de paramètres donnant la meilleure valeur de l’inverse de la fonction
8.4 a pu être défini. Un module E50ref = 60 MPa de la couche supérieure du
Socle et un coefficient des terres au repos K0 SOCLE =1 seront donc utilisés
pour la suite de l’étude. La même valeur de Ko a été utilisée par Dias [1999]
lors de ses calculs numériques calés sur le premier tube du tunnel de Toulon.
Elle est également conforme aux conclusions et aux études faites par Cons-
tantin [1988] sur les terrains de Toulon.
Cette analyse, toutefois, montre aussi clairement que le taux de déconfine-
ment a une forte influence sur les résultats numériques. En jouant sur sa va-
leur et sur les autres paramètres du sol, il existe probablement une infinité de
solutions, qui se calent de façon satisfaisante sur les mesures in situ. Il est
donc nécessaire de passer aux simulations 3D pour éliminer la variable taux
de déconfinement, qui joue un rôle important.
Figure 8.6 Inclinomètre Sud, comparaison entre les deux cas optimum numériques et
les mesures in situ
8.6 Conclusion
9.1 Introduction
9.2 Principes de la simulation tridimensionnelle
9.2.1 Caractéristiques géométriques et géotechniques du modèle
9.2.2 Modélisation des présoutènements
9.2.3 Simulation du creusement
9.3 Critères utilisés dans l’étude
9.3.1 Quantités prises en compte dans la comparaison
9.3.2 Choix de la section de référence dans le modèle 3D
9.3.3 Cas de calculs traités
9.4 Analyses des résultats obtenus
9.4.1 Cas 1- Aucun présoutènement
9.4.2 Cas 2- Voûte parapluie
9.4.3 Cas 3- Voûte divergente
9.4.4 Cas 4- Boulonnage au front en acier
9.4.5 Cas 5- Voûte parapluie et boulonnage au front
9.4.6 Cas 6- Boulonnage au front en fibre de verre
9.4.7 Cas 7- Etude sur la densité du boulonnage
9.4.8 Cas 8- Boulonnage au front avec renouvellement réel
9.4.9 Cas 9- Influence du retard du radier
9.5 Conclusion
9.1 Introduction
Remblais
Colluvions
Socle sup.
40 m
70 m
Socle inf.
30 m
Le fond du modèle numérique est bloqué dans les trois sens (X, Y, Z) alors
que seuls les mouvements horizontaux sont fixés sur les faces latérales.
Le soutènement est modélisé par des éléments plaques ayant les caractéris-
tiques présentées dans le tableau 9.1. En ce qui concerne la voûte et le radier,
les paramètres dérivent toujours d’un calcul d’homogénéisation entre les ca-
ractéristiques du cintre et celles du béton projeté (chapitre 7). La liaison entre
la voûte et le radier est considérée parfaite et l’interface entre le soutènement
et le sol est rigide.
Eéquivalent épaisseur
Type soutènement (GPa) (m)
υ
Lors de cette étude, les caractéristiques géomécaniques des terrains ont été
fixées en se basant sur les résultats de la retro-analyse numérique bidimen-
sionnelle présentée dans le chapitre 8 (Tableau 9.2). Le modèle de sol adopté
est HSM. Le module en déchargement de référence a été à nouveau considéré
égal à trois fois le module E50ref .
Terrain
γ E50ref = Eoed
ref
c’ (kPa) υ
φ’ (°) ψ (°) Κ0
(kN/m3 ) (MPa)
Remblais 19 1,6 2 20 0 0,2 0,5
Colluvions 20,8 40 10 30 0 0,2 0,5
Socle sup. 24,2 60 30 25 0 0,2 1
Socle inf. 24,2 120 30 25 0 0,2 1
Y
X
y
X
Tableau 9.3 Moyennes des résultats des essais en traction réalisés dans le Socle
Dans la plupart des cas, les boulons testés étaient scellés sur une longueur de
2 m. Par conséquent, on a enfin considéré comme référence une valeur de ré-
sistance au frottement latéral unitaire égale à qs = (270 / 2) kN =135 kN/m.
La longueur non soutenue de la voûte a été dans toutes les simulations de 1,5
m. La radier contre-voûté, au contraire, a été également mis en place avec un
retard de 9 et 39 m du front de taille.
Longueur non
soutenue
Front de
taille
Les caractéristiques des boulons et leur mise en place dans le phasage du cal-
cul, lors des simulations avec le présoutènement activé, seront explicitées
dans les prochains paragraphes.
S front
S final
UC
Uy
UR
1,1
0,9
Tassement instantanée maximum (mm)
0,8
0,7
0,6
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
Distance du front de la section (m)
Figure 9.7 Allure du tassement maximum instantané à l’aplomb de la section X = 60 m
en fonction de la distance au front
Plusieurs simulations ont été effectuées afin d’évaluer les effets de chaque
système de (pré)soutènement. Les différents cas sont résumés dans le tableau
9.4.
-4
-6
-8
-10
-12
Tassements (mm)
-14
Aucun présoutènement
-16
VP -Tubes pétroliers
-18
VP - Autoforeurs
-20
-22
-24
-26
Distance de l'axe (m)
Enfin, la mise en place de ces inclusions ne semble pas avoir d’effet sur
l’extrusion et la pré-extrusion mesurée au front (figure 23 en Annexe 3). Ce
même résultat a été souligné par Kamata & Mashimo [2003], Song [2006] et
Eclaircy-Caudron [2006].
Les efforts repris par les tubes pétroliers ont été analysés. En ce qui concerne
le moment fléchissant, les valeurs maximums sont inférieures à 10 kNm. Ce
résultat est en accord avec les valeurs obtenues par Wang et al [2009].
L’effort axial, en revanche, est plus important (figure 9.10).
200
Phase n
150 Phase n+2
Phase n+4
100 Phase n+6
Phase n+8
50 Phase n+10
Effort N (kN)
Final effort
0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18
-50
-100
-150
-200
-250
-300
Longueur boulon (m)
Figure 9.10 Evolution de l’effort axial dans le tube pétrolier
Figure 9.11 Modèle avec la voûte divergente – Mouvements totaux dans le massif
Les résultats ont montré une légère augmentation des tassements de surface
par rapport au cas avec le présoutènement en voûte parapluie (tableau 9.6).
En outre, une diminution des efforts axiaux repris par les tubes apparait en
augmentant leur inclinaison.
Tableau 9.6 Effets de l’inclinaison des tubes en voûte sur le tassement maximum
S max (mm) %
1,5 m
Phase n-1
Phase n
Phase n+1
Dans ce cas de simulation, 20 boulons en acier ont été ainsi repartis sur le
front (figure 9.3), ayant les caractéristiques propres des autoforeurs utilisés
sur le chantier de Toulon:
- Module élastique : 210 GPa
- Section : 0,4 10-3 m2
- Longueur : 18 m
- Résistance au frottement latéral : 135 kN/m
0
-50 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 40
-5
-10
-15
-35
-40
-45
-50
Distance au front (m)
Les effets des différents types de présoutènement sur les mouvements d’un
inclinomètre fictif placé à 13,3 m de l’axe du tunnel ont été également analy-
sés (figure 9.14).
Mouvements horizontaux (mm)
0
-1 -3 -5 -7 -9 -11 -13 -15
-5
-10
-15
-20
Profondeur (m)
-25
Hauteur
tunnel
-30
-35
-40
Aucun présoutènement
-45
Voûte parapluie
-50
Boulonnage en acier
-55
0
-120 -115 -110 -105 -100 -95 -90 -85 -80 -75 -70 -65 -60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0
-5
-10
-15
-20
-25
Hauteur
tunnel
-30
Profondeur (m)
-35
-40
-45
-60
Boulonnage en acier
-65
-70
Extrusion totale (mm)
Figure 9.15 Effet des présoutènements sur l’extrusion
0
-30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
-5
Aucun présoutènement
Boulonnage en acier
-15
Uy (mm)
-20
-25
-30
-35
-40
Distance du front de taille (m)
Figure 9.16 Effet des présoutènements sur la (pré)convergence Uy
La mise en place des boulons à l’avant du front de taille semble avoir aussi
une influence non négligeable sur le soutènement. Celui-ci en effet se dé-
forme plus par rapport au cas sans présoutènement ou avec la seule voûte pa-
rapluie (figure 9.18). Les efforts finaux repris sont aussi supérieurs, comme
montré dans le tableau ci-dessous :
Aucun présoutènement
Voûte parapluie
Boulonnage en acier
100 Boulon 5
Force axiale dans le boulon (kN)
Boulon 6
150 Boulon 7
Boulon 8
Boulon 9
200
20 Boulon 10
19 Boulon 11
250 18
17 16 Boulon 12
15 Boulon 13
300 14 13 Boulon 14
11 12
10 Boulon 15
350 9
8 Boulon 16
7 6 5 Boulon 17
400 4
3 Boulon 18
2
1 Boulon 19
450
Boulon 20
500
Figure 9.19 Efforts axiaux dans les boulons – modélisation à longueur constante
Les résultats numériques ont confirmé que le rôle majeur sur la réduction des
déformations dans le massif est joué par le boulonnage au front. La mise en
place de la voûte parapluie fait diminuer globalement les déformations de
moins de 3% par rapport au cas avec le boulonnage au front seul. Dans le ta-
bleau 9.11 le tassement maximum stabilisé, obtenu dans les différentes simu-
lations, est présenté.
(nombres de boulons, longueur etc.) sont les mêmes que dans le cas 4. Les
seules modifications sont ainsi les suivantes (tableau 9.12) :
-10
-15
-20
-25
-30
Profondeur (m)
-35
-40
-50
Boulonnage en acier
-55
Boulonnage en fibre de verre
-60
-65
Cette augmentation des mouvements dans le massif est confirmée aussi par
l’analyse de la cuvette de tassement et de la déformée de l’inclinomètre. Par
rapport au cas avec le boulonnage en acier, le tassement maximum et le mou-
vement en tête de l’inclinomètre (T) augmentent d’environ 18 %. Au niveau
du ventre de l’inclinomètre (V), l’incrément du déplacement horizontal vers
le tunnel est, dans ce cas, de 12 %.
Tableau 9.13 Influence du matériau des boulons sur le tassement et les déformations
inclinométriques
S max (mm) T (mm) V (mm)
Aucun présoutènement (référence) 24,35 14,12 8,93
Boulonnage en acier 14,00 8,14 5,96
Boulonnage en fibre de verre 16,51 9,57 6,66
Tableau 9.14 Cas considérés dans l’étude paramétrique sur la densité du boulonnage
Densité (b/m2) Nombre de boulons Module E (GPa) Résistance frottement lat. (kN/m)
0 - - -
0,16 20 19,4 65,4
0,33 20 40 135
0,5 20 60,5 204
1 20 121 408
1,5 20 181,5 612
120
110
100
80
70
60
50
40
30
20
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6
Densité (b/m2)
Figure 9.22 Influence de la densité du boulonnage sur l’extrusion maximale
24
Tassement à l'axe (mm)
22
20
18
16
14
12
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6
Densité (b/m2)
Figure 9.23 Influence de la densité du boulonnage sur le tassement de surface
Boulons A
Boulons B
Boulons C
Boulons D
Les résultats obtenus avec les deux approches (longueur constante et réel re-
nouvellement) ont été comparés. Avec la simulation du renouvellement des
boulons on obtient une augmentation des déformations comprise entre 12 %,
en termes de tassement de surface, et 25 % en termes d’extrusion (figure 9.25
et figure 27 en Annexe 3).
0
-150 -130 -110 -90 -70 -50 -30 -10
-2
-4
-6
-8
-10
-12
Tassements (mm)
-14
Aucun présoutènement
-16
Boulonnage à longueur constante -18
-20
Boulonnage avec renouvellement
-22
-24
-26
Distance de l'axe (m)
100
200 Phase n
Force axiale dans le boulon (kN)
Phase n+1
Phase n+2
300
Phase n+3
Phase n+4
400 Phase n+5
Phase n+6
Phase n+7
500
Phase n+8
Phase n+9
600 Phase n +10
Phase n+11
700
800
L’analyse des résultats montre que les boulons les plus chargés sont les
mêmes que dans l’approche à longueur constante (voir figure 9.19). Toute-
fois, l’effort axial maximum, repris par le boulon, est supérieur de 15 % (463
kN dans le cas à longueur constante). Le chargement de la tête, comme déjà
montré par Dias [1999], est progressif et atteint son maximum à la phase
(n+7) lors que le boulon a encore une longueur de 7,5 m. Ensuite, quand L
9m 9m 9m 9m 9m 9m 9m
5 boulons (A)
Boulons au front de taille
5 boulons (B)
5 boulons ( C )
5 boulons (D)
5 boulons (A)
5 boulons (B)
5 boulons ( C )
5 boulons (D)
5 boulons (A)
5 boulons (B)
5 boulons ( C )
Densité b/m2 sur 60 m2
L min = 6 m 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25 0,25
Tableau 9.15 Caractéristiques des boulons dans la modélisation avec densité 0,25 b/m2
Densité (b/m2) Nombre de boulons Module E (GPa) qs (kN/m)
0,33 (référence) 20 210 135
0,25 20 159 102
Les écarts sur les résultats entre les deux modélisations à longueur constante
(0,33 b/m2 et 0,25 b/m2 ) et le calcul avec le renouvellement réel (de réfé-
rence) ont été analysés (Tableau 9.16). S, V et T représentent respectivement
Tableau 9.16 Comparaison entre les modélisations avec boulonnage à longueur cons-
tante et avec le réel renouvellement
Cas de référence Ecarts (%) de la modélisation à long. constante
Réel renouvellement 0,33 b/m2 0,25 b/m2
S max (mm) 15,6 -10,6 -6,7
T (mm) 9, -10,4 -6,7
V (mm) 6,3 -5,8 -3
Jusqu’à présent tous les calculs ont été menés en réalisant le radier contre-
voûté (cintre HEB 220 + béton projeté) au même moment que le soutène-
ment, c'est-à-dire à 1,5 m de distance du front de taille. Sur le chantier du
tunnel sud de Toulon cette configuration était adoptée lorsque les conditions
géologiques et/ou les déformations mesurées étaient inquiétantes. Dans le cas
contraire, la réalisation du radier a été généralement retardée afin d’optimiser
principalement le timing d’avancement du creusement. Le décalage spatial
entre le front et la radier a été souvent de 9 m ou 40 m environ. Ces deux
configurations ont été ainsi considérées dans notre étude. Le cas de calcul
n°4, avec mise en place du présoutènement complet (voûte parapluie + bou-
lonnage en acier 0,33 b/m2 ), a été choisi comme référence.
Dans les deux configurations modélisées (radier à 9 et 39 m), pour des rai-
sons de convergence des calculs, les premiers 24 m d’excavation ont été réa-
lisés sans retard du radier. L’effet de celui ci est présenté en figure 9.28.
-10
-20
Profondeur (m)
Hauteur
Tunnel
-30
-40
-50
Retard de 9 m
Retard de 39 m
-60
Tout d’abord, on a analysé les effets du retard du radier sur l’extrusion totale
au front de taille. Etant donné que le présoutènement reste le même,
l’influence dans ce cas est, comme prévisible, fortement moins significative :
+ 10 % d’extrusion maximale avec un retard de 9 m et + 17 % avec un retard
de 39 m.
En revanche, son impact est évident sur l’évolution des convergences, surtout
à l’arrière du front. La figure 9.31 montre l’allure du (pré)tassement en clé en
fonction de la distance du front de taille.
0
-60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10-5 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
-10
-15
-20
-25
-30
-35
-40 Aucun retard (1,5 m du front)
-45
-50 Retard de 9 m
-55
Retard de 39 m
UC (mm)
-60
-65
-70
-75
-80
-85
-90
-95
-100
-105
-110
-115
-120
-125
Distance du front de taille (m)
Radier à 9 m
Radier à 39 m
9.5 Conclusion
Les calculs numériques ont enfin montré clairement que la réalisation retar-
dée du radier contre-voûté provoque une très forte augmentation des défor-
mations en tunnel et des tassements en surface. Dans le cas spécifique de
tunnel en milieu urbain, où les tassements doivent être bien contrôlés, la fer-
meture du radier au plus près du front de taille représente ainsi une clé de la
bonne réussite des travaux.
10.1 Introduction
10.2 Présentation de la simulation bidimensionnelle
10.2.1 Caractéristiques géométriques et géotechniques du modèle
10.2.2 Phasage du calcul
10.3 Méthode adoptée pour la détermination du taux de déconfinement
10.3.1 Critère de comparaison
10.3.2 Principes de la méthode du calage du taux de déconfinement
10.4 Présentation des résultats obtenus
10.4.1 Taux de déconfinement en fonction du type de présoutènement
10.4.2 Influence de la densité du boulonnage sur λ
10.4.3 Influence du retard du radier sur les valeurs de λ
10.5 Conclusion
10.1 Introduction
Afin de pouvoir comparer les résultats 2D à ceux obtenus lors des simula-
tions tridimensionnelles, il a fallu choisir un critère de comparaison. On a
ainsi repris celui adopté dans le chapitre 8 (équation 8.4) pour caler les cal-
culs numériques sur les mesures du chantier. Toutefois, trois modifications
ont été apportées au nouveau critère :
70
60
50
40
30
20
10
0
0,56
0,2 0,25 0,3 0,35 0,4 0,45 0,5 0,55 0,6 0,65 0,7 0,75 0,8
Taux de déconfinement
Cette démarche a été répétée pour tous les autres configurations de présoutè-
nement sans retard du radier (du cas 1 au cas 8 du tableau 9.4).
En revanche, pour les cas avec activation du radier à 9 et 39 m du front de
taille (cas 9a et 9b du tableau 9.4), deux valeurs de taux de déconfinement
optimales ont du être déterminées. La démarche suivie dans ce cas sera pré-
sentée dans le paragraphe 10.43.
Les résultats, comme prévu, confirment les conclusions faites lors du chapitre
9, c’est-à-dire que :
- la voûte parapluie ou divergente a peu d’influence sur la réaction du
massif et donc sur la valeur du taux de déconfinement ;
- le boulonnage au front, en revanche, permet une réduction significa-
tive de λ ;
- les boulons en acier permettent de diminuer le taux de déconfinement
par rapport au cas avec les boulons en fibre de verre. Ceci s’explique
par la raideur globale plus importante du boulonnage en acier.
Pour chacun des cas étudiés, une comparaison entre les calculs 3D et ceux 2D
« optimaux » a été réalisée. Ceci a logiquement concerné les quantités con-
sidérées dans le critère de comparaison, c’est-à-dire la cuvette de tassement,
les mouvements de l’inclinomètre et la déformée du cintre. Enfin, les efforts
dans le soutènement ont été également comparés.
On présente, à titre d’exemple, les résultats du calage du calcul bidimension-
nel sur la simulation 3D concernant l’excavation du tunnel sans aucun pré-
soutènement (cas 1 du tableau 10.2). La valeur optimale du taux de déconfi-
nement obtenue est dans ce cas de 0,65.
0
-150 -130 -110 -90 -70 -50 -30 -10
-5
-10
Tassements (mm)
Calcul 3D
-15
Calcul 2D
-20
-25
-30
Distance de l'axe (m)
Figure 10.3 Calage du calcul 2D sur celui 3D – cuvette de tassement
10.4.12 Inclinomètre
Dans tous les cas étudiés avec fermeture du soutènement à 1,5 du front, un
très bon calage apparait également pour les mouvements horizontaux de
l’inclinomètre vertical placé à 13,3 m de l’axe du tunnel (figure 10.4).
Mouvements horizontaux (mm)
0
-1 -3 -5 -7 -9 -11 -13 -15
-10
-20
Profondeur (m)
-30
-40
Calcul 3D
Calcul 2D
-50
Cas 1 (aucun présoutènement):
λ optimale = 0,65
-60
Les efforts globaux repris par le soutènement (cintre+béton projeté) ont été
également comparés. Même si l’allure des efforts obtenue avec les deux ap-
proches est comparable, un écart significatif, entre la modélisation 2D et
celle 3D, apparait dans le moment fléchissant maximum mesuré au niveau de
l’encastrement entre le soutènement et le radier contre-voûté. La valeur obte-
nue avec la simulation bidimensionnelle est plus de deux fois supérieure à
celle calculée lors du calcul 3D (figure 10.6). Cette valeur est donc à prendre
avec précautions bien que, dans notre cas, sécuritaire vis-à-vis du dimension-
nement.
Möller et Vermeer [2005, 2006, 2008] ont déjà mis en évidence les diffé-
rences entre l’approche 3D et les simulations 2D. Sur la base d’analyses nu-
mériques calées sur des mesures in situ, ils montrent qu’il n’est pas possible
de retrouver au même moment les tassements de surface et les efforts dans le
soutènement, avec une seule valeur du taux de déconfinement. L’approche
bidimensionnelle en effet n’est pas à même de simuler le changement des
contraintes au niveau du front de taille, qui est proprement un phénomène
tridimensionnel. Ils concluent ainsi que seulement une modélisation 3D
donne des résultats satisfaisants pour la globalité du problème.
Calcul 3D
Calcul 2D
Les deux calculs montrent bien un
encastrement, mais un écart significatif
apparait au niveau des valeurs:
64 kNm/m
3D 2D
327 kNm/m
Figure 10.6 Comparaison entre les efforts repris par le soutènement dans l’approche
2D et 3D.
0,65
Taux de déconfinement optimal
0,6
0,55
0,5
0,45
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6 0,7 0,8 0,9 1 1,1 1,2 1,3 1,4 1,5 1,6
Densité (b/m2)
Figure 10.7 Taux de déconfinement en fonction de la densité du boulonnage au front
(en fibre de verre)
Tableau 10.3 Calage du taux de déconfinement sur les modélisations 3D avec boulon-
nage en acier à longueur constante ou avec le réel renouvellement
Cas de référence Densités dans les modélisations avec boulonnage à long. constante
Réel renouvellement 0,33 b/m2 0,25 b/m2
λ optimal 0,55 0,51 0,53
Par rapport au phasage utilisé dans les calculs 2D ci-dessus présentés, une
étape supplémentaire a été ajoutée afin de prendre en compte, dans la simula-
tion numérique, le décalage spatial et temporel entre l’avancement du front
de taille et la réalisation du radier. Les étapes du calcul avec les taux de dé-
confinement (λ1 et λ2) ont été déjà présentées dans le chapitre 8, tableau 8.2
et figure 8.2.
Les calculs 2D ont été ainsi calés sur les résultats des simulations tridimen-
sionnelles, avec le retard du radier à 9 et 39 m, toujours par le biais du critère
de comparaison présenté en équation 10.1. Toutefois, afin de limiter le
nombre de calculs bidimensionnels à réaliser et exploiter, les hypothèses sui-
vantes ont été considérées :
λ1 ≥ 0,5 (10.2)
λ1 < λ2 (10.3)
λ1 (i) = λ1(i-1) + Δλ (10.4)
avec Δλ = 0,05 (en général)
La première hypothèse est justifiée du fait que dans le cas du modèle 3D avec
le même présoutènement mais aucun retard du radier, la valeur du taux de
déconfinement optimal obtenue a été de 0,5. Dans le cas avec le retard, il est
raisonnable de penser que le taux correspondant à la même phase du calcul,
celle de l’excavation, soit égal ou supérieur à celui-ci.
Selon les critères énoncés, toutes les combinaisons (λ1/ λ2 ) ont été ainsi tes-
tées et celle correspondante à la meilleure valeur de la réciproque de la fonc-
tion f a été enfin retenue (Tableau 10.4).
Tableau 10.4 Calage des valeurs du taux de déconfinement dans le cas des simulations
avec retard du radier
Cas analysés λ1 λ2
Aucun retard 0,5 -
Retard radier 9 m 0,5 0,55
Retard radier 39 m 0,5 0,74
Le fait de retarder le radier ne semble pas avoir une influence sur la première
valeur du taux de déconfinement, lié à la phase d’excavation. Ce résultat ap-
parait assez logique, du moment que le présoutènement est le même dans les
trois cas et, comme souligné dans le chapitre 9, le fait de retarder le radier à
moins d’influence sur les déformations du massif à l’avant du front de taille
par rapport à celles à l’arrière. La distance à laquelle il est réalisé, par rapport
au front de taille, montre en revanche un impact significatif sur la valeur du
deuxième taux de déconfinement, correspondant à la mise en place de la
voûte (cintre+béton projeté). Plus la distance entre le front et le radier aug-
mente, plus les déformations du massif s’amplifient ainsi que la valeur de λ2
optimale. Dans le cas avec un retard du radier de 39 m, le pas Δλ a été réduit
dans les calculs bidimensionnels afin d’avoir un calage plus satisfaisant avec
les résultats 3D.
Figure 10.8 Comparaison entre les résultats 2D et ceux 3D, retard du radier 9 m
-10
Calcul 3D
-20
Profondeur (m)
Calcul 2D
-30
-40
Radier à 9 m du front
-50
λ 1 = 0,5
λ 2 = 0,55
-60
10.5 Conclusion
11.1 Introduction
11.2 Calage du calcul tridimensionnel sur les données in situ
11.2.1 Modélisation du (pré)soutènement mis en place sur chantier
11.2.2 Démarche et résultats du calage du modèle 3D sur les mesures in
situ
11.2.3 Conclusion du calage 3D
11.3 Calage final du calcul bidimensionnel
11.3.1 Principes de l’étude
11.3.2 Valeurs du taux de déconfinement calées sur la zone de la section
instrumentée
11.3.3 Comparaison entre le calage 2D-3D et les mesures in situ
11.4 Conclusion
11.1 Introduction
nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp. nb Long. esp.
33 15 m 50 cm 33 12 m 50 cm 33 15 m 50 33 15 m 50/70 25 15 m 50/70 25 15 m 50/70 15 15 m 100 0 0 0 0 0 0 25 15 m 50/100 25 15 m 50/100
Auto 51/33 Auto 51/33 Tubes 89/70 Auto 51/33 Auto 51/33 Auto 40/20 Auto 40/20 / / Auto 40/20 Auto 40/20
15 Steel
Section instrumentée
15 Steel
15 Steel
15 Steel
12 Steel
12 Steel
Boulons au front de taille
12 Steel
12 Steel
12 Steel
12 Steel
10 Steel
10 Steel
10 Steel
15 Fibre de vere
10 Fibre de vere
10 Fibre de vere
10 Fibre de vere
15 Steel
Sur 120 m2 15 Steel
2
Densité b/m
L min = 6 m 0,25 0,25 0,25 0,37 0,37 0,37 0,32 0,32 0,32 0,22 0,10 0,10 0,20 0,20 0,20 0,30 0,30 0,30 0,18 0,18 0,18 0,16 0,16 0,16 0,16 0,16 0,16 0,08 0,08 0,08 0,21 0,21 0,21 0,12 0,12 0,12 0,21 0,21 0,21 0,08 0,08 0,08 0,16 0,16 0,16 0,08 0,08 0,08 0,16 0,16 0,16 0,21 0,21 0,21 0,33 0,33 0,33 0,25 0,25 0,25
homogènes. Pour cette raison, même dans ce cas, des simplifications ont du
être faites afin de rendre faisable sa modélisation.
Vu l’extrême complexité de simuler le renouvellement réel des boulons, on a
donc choisi de reconsidérer le modèle 3D avec 20 boulons (uniformément re-
partis sur le front) à longueur constante de 18 m. En s’appuyant toujours sur
le schéma en figure 11.1, on a ainsi décidé de modéliser des boulons en acier
jusqu’à l’aplomb de la section instrumentée (placée fictivement au milieu en-
viron du modèle), suivis par des boulons en fibre de verre (figure 11.2).
La densité du boulonnage, à chaque pas d’avancement sur chantier, a été en-
suite calculée, en considérant seulement les boulons ayant une longueur
d’ancrage L ≥ 6 m (voir figure 11.1). A ce propos, dans les chapitres 9 et 10,
on a montré que cela permet de mieux s’approcher à une simulation numé-
rique dans laquelle le renouvellement réel des boulons est modélisé.
Une densité moyenne de boulonnage a été enfin calculée respectivement pour
la zone avant (0,22 b/m2 ) et après la section instrumentée (0,18 b/m2 ). De
cette façon, ces densités du boulonnage ont pu être simulées en faisant varier
proportionnellement le module et la résistance au frottement latéral des bou-
lons (voir chapitre 9). Les caractéristiques ainsi retenues sont présentées en
figure 11.2.
Tableau 11.1 Distances entre la mise en place du radier et le front de taille dans la
zone de la section instrumentée
PM front PM radier Distance Moyenne
882 845 37
894 851 43
896 882 14
942 882 65
944 894 50
944 906 38
951 918 33
951 930 21 38
Tableau 11.2 Cas de calcul 3D lancés lors du calage sur les mesures in situ
Cas de calcul E50ref SOCLE (MPa) c’SOCLE (kPa)
1 120 30
2 180 30
3 180 40
4 180 50
5 200 40
6 240 40
0
-55 -45 -35 -25 -15 -5 -2 5 15 25 35 45
-4
-6
-8
-10
-12 PM 847
-14
PM 856
-16
-18 PM 860
-20 PM 876
-22
PM 879 (section)
Tassements (mm)
-24
-26 PM 883
-28 3D 120 / 30
-30
-32
3D 180 / 30
-34 3D 180 / 40
-36
3D 180 / 50
-38
-40 3D 200 / 40
-42 3D 240 / 40
-44
-46
-48
-50
Distance au front (m)
Figure 11.3 Comparaison entre les résultats numériques 3D et les profils en long du
tassement mesurés dans la zone de la section II
-5
-10
-15
-20
Tassements (mm)
Mesures in situ
-25
3D 120 / 30
3D 180 / 30
-30
3D 180 / 40
3D 180 / 50 -35
3D 200 / 40
3D 240 / 40 -40
-45
-50
Distance de l'axe (m)
Figure 11.4 Comparaison entre les résultats numériques 3D et la cuvette de tassement
obtenue à l’aplomb de la section II
Un très bon calage apparait aussi entre le résultat numérique du cas 6 et les
mesures enregistrées par l’extensomètre vertical placé à coté de l’axe du tun-
nel (voir chapitre 6). Ceci montre qu’avec notre simulation le comportement
des couches plus profondes du massif est également bien modélisé.
Profondeur de l'ancre (m)
-10
0 -2 -4 -6 -8 -10 -12 -14
-20
Tassement de l'ancre (mm)
-30
Ancre 1 à -6 m
-40
Ancre 2 à -12 m
-50
Mesures in situ
3D 120 / 30
3D 180 / 30
-60 3D 180 / 40
3D 180 / 50
3D 200 / 40
-70
3D 240 / 40
Figure 11.5 Comparaison entre les calculs numériques et les valeurs enregistrées par
l’extensomètre vertical
11.2.24 Inclinomètres
Les résultats numériques ont été aussi comparés aux allures des déformations
mesurées par les inclinomètres verticaux placés à 13,3 m de l’axe du tunnel.
Avec le cas de calcul 6 on arrive à se caler à nouveau de façon satisfaisante
sur l’allure de l’inclinomètre Sud dans la direction A (figure 11.6). Les va-
leurs obtenues en tête et au ventre sont très proches de celles mesurées. Le
petit écart sur l’allure, notable au-delà de 30 m de profondeur, est probable-
ment lié aux simplifications apportées à la modélisation 3D par rapport à la
réalité des travaux réalisés sur chantier. Ce point sera mieux explicité dans le
prochain paragraphe (déformée du cintre).
Axe A
Mouvements horizontaux (mm)
0
25 20 15 10 5 0
-10
-20
Profondeur (m)
-30
Des écarts toutefois persistent encore entre le calcul et les mesures. Outre
bien sur des raisons possibles d’hétérogénéité locale du massif, cette diffé-
rence est probablement liée à deux simplifications majeures concernant la
modélisation :
1) tout d’abord, le soutènement est simulé par des éléments plaques de
largeur 1,5 m, égale au pas d’avancement, et ayant les caractéristiques
homogénéisées du cintre et du béton projeté. Ceci représente évidem-
ment une simplification par rapport au soutènement réel.
2) dans le modèle 3D, l’excavation du stross est réalisée au même mo-
ment qu’au front de taille, même dans le cas où le radier est activé en
retard. Au contraire, sur le chantier le stross était complètement exca-
vé seulement au moment de la mise en place du radier contre-vouté.
Ceci, outre à l’absence dans la modélisation des pattes d’éléphant, en-
gendre probablement des déformations plus importantes en pied du
cintre, qui se répercutent ensuite jusqu’en clé. Des effets de ce phé-
nomène sont également visible sur la forme, obtenue numériquement,
du ventre de l’inclinomètre (axe A) ainsi que sur l’allure des extenso-
mètres radiaux présentée dans le paragraphe suivant.
Il faut cependant souligner que ces écarts restent assez localisés au niveau de
l’excavation.
2 3
N mesuré N calculé
(MN) (MN)
1 0,96 0,72
2 0,6 0,66
3 0,66 0,66
4 0,28 0,43
5 0,32 0,43
4 5
Figure 11.9 Comparaison entre le calcul numérique n°6 et les mesures in situ d’effort
N sur le cintre
Tableau 11.3 Comparaison entre le calcul numérique n°6 et les mesures in situ de
l’effort M sur le cintre
Position M mesuré (KN·m) M calculé (KN·m)
1 12,37 -0,98
2 -6,32 -2,51
3 -2,61 -2,51
4 -0,07 5,03
5 5,18 5,03
Avec le calcul n°6, l’allure des déplacements du massif mesurés par les ex-
tensomètres radiaux n°4 et 5 est globalement bien simulée. Les mouvements
absolus des ancres in situ ont pu être déterminés en fixant le déplacement de
Mesures in situ
45
3D 240 / 40 (phase n)
40
3D 240 / 40 (phase n+1)
30
25
20
15
10
0
-9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0
Terrain
γ E50ref = Eoed
ref
c’ (kPa) υ
φ’ (°) ψ (°) Κ0
(kN/m3 ) (MPa)
Remblais 19 1,6 2 20 0 0,2 0,5
Colluvions 20,8 40 10 30 0 0,2 0,5
Socle sup. 24,2 240 40 25 0 0,2 1
Socle inf. 24,2 240 40 25 0 0,2 1
La retro-analyse des calculs 2D sur les résultats du modèle 3D, calé à son
tour sur les mesures de la section instrumentée II, a fourni le couple optimal
de taux de déconfinement suivant :
λ1 = 0,55
λ2 = 0,75
150 130 110 90 70 50 30 10 -10 -30 -50 -70 -90 -110 -130 -150
0
-5
-10
Tassements (mm)
Mesures in situ
Calcul 3D
λ 1 = 0,55
Calcul 2D λ 2 = 0,75
-15
-20
-25
Distance de l'axe (m)
-10
-15
-20
Profondeur (m)
-25
Hauteur tunnel
-30
-35
-40
Mesures in situ
Calcul 3D -45
Calcul 2D
-50
λ 1 = 0,55
-55
λ 2 = 0,75
-60
UC
λ 1 = 0,55
λ 2 = 0,75
UY
50
45
40
25
20
15
10
0
-9 -8 -7 -6 -5 -4 -3 -2 -1 0
11.4 Conclusion
CONCLUSION GENERALE
L’objectif de cette recherche était d’améliorer la compréhension des présou-
tènements et de leurs effets sur les déformations du massif ainsi que sur la
valeur du taux de déconfinement utilisé lors des calculs bidimensionnels de
projet de tunnel. Afin d’accomplir cette mission, deux étapes ont été pré-
vues :
1) une participation active et opérationnelle, au sein de l'équipe de maî-
trise d'œuvre, au suivi des déformations et des tassements en surface
sur le chantier du deuxième tube de Toulon. Cette étape prévoyait
également la conception, la mise en place et l’exploitation de deux
sections instrumentées le long du tracé du tunnel.
2) l’élaboration d’analyses en retour par modélisations numériques desti-
nées à améliorer les méthodes de prévision des tassements en surface
pour les tunnels réalisés avec des techniques de présoutènements.
227
L’étude bibliographique s’est focalisée principalement sur les effets des pré-
soutènements, éléments clé de la méthode ADECO formulée par Lunardi sur
la base d’observations et expériences in situ. Les différentes approches utili-
sées pour étudier les techniques du boulonnage au front et de la voûte para-
pluie confirment leur influence positive sur la stabilité du front de taille et
sur la réduction des mouvements dans le massif encaissant. Cependant, la
modélisation numérique tridimensionnelle, avec discrétisation des inclusions,
se révèle encore une fois l’outil le plus fiable pour simuler l’interaction entre
ces présoutènements et le sol dans toute sa complexité.
Le suivi régulier des déformations du massif, sur lequel s’est basé le pilotage
des travaux, a permis d’acquérir une importante base de données qui a été en-
suite enrichie par les mesures enregistrées sur deux sections instrumentées,
décrites dans la troisième partie de ce travail. Les instruments installés en
surface et en souterrain ont permis d’analyser l’évolution des déformations
du massif en fonction de l’avancement du creusement. Les résultats obtenus
ont bien mis en évidence que le champ de déformation provoqué par le creu-
sement du tunnel est tridimensionnel. Malgré les difficultés rencontrées lors
de l’installation des instruments, la bonne cohérence entre les nombreux ré-
sultats a confirmé la qualité des mesures réalisées. Les données enregistrées
par la deuxième section instrumentées ont été enfin choisies comme référence
pour l’étude en retro-analyse numérique.
228
229
Dans les cas d’une simulation numérique 2D, prenant en compte la mise en
place en retard du radier, des recommandations pour le choix des valeurs de λ
sont également proposés.
230
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239
Annexe 1
Tableau 1 Description pétrographique des différentes unités géologiques
240
Tableau 2 Liste des différentes campagnes d’essais réalisés sur le site de Toulon
241
242
243
Suivi Attaque Ouest – Relation entre déformations de surface et en tunnel (PM front considéré au 971.5)
bétonnage du radier
entre PM 965 et 974
Terrassement et
244
Annexe 2
Réalisation des mesure inclinométriques et corrections des
données
Voici les étapes effectuées pour prendre les mesures avec la sonde inclinomé-
trique et ensuite pour traiter les données. La sonde utilisée a été la « Digitilt
Inclinometer Probe » de Slope Indicator.
Figure 2
245
Télécharger sur ordinateur le relevé fait qui sera enregistré avec la date et
l’heure à laquelle a été pris.
La sonde, grâce à des accéléromètres, mesure l’angle que le tube fait avec la
verticale terrestre. Pour obtenir le sinus de cet angle il faut faire le rapport
entre la mesure enregistrée et la constante de l’instrument (C):
Mesure
sin θ =
C
- Le sin θ (A+) et le sin θ (A-) à chaque profondeur mesurée sont donc cal-
culés. Le sin θ (A-) est un numéro négatif. Fait ensuite la moyenne des me-
sures, A+ et A-, pour éliminer l’offset de l’instrument et diminuer les effets
des erreurs casuels.
( A+) − ( A−)
Moyenne =
2
En partant du point le plus profond, considéré un point fixe (déviation cons-
tante et nulle), calculer ensuite la déviation de chaque point de mesure en
multipliant la mesure moyenne fois le pas de mesure (L = 0.5 m). Pour obte-
nir la déviation cumulative, sommer la déviation du point considéré avec
celle du point qui le précède (voir figure 2) :
La même procédure peut être faite pour l’axe B. Les mesures sur cet axe sont
faites par la sonde par default, grâces à deux autres accéléromètres. Toutefois
elles sont moins précises par rapport à celles faites sur l’axe A.
246
Une autre correction, apportée aux mesures inclinométriques, a été de les re-
caler par rapport à la mesure calculée en surface au même jour, grâce aux
cibles de bâti fixées sur le terrain à coté des inclinomètres.
Tout d’abord, la composante du mouvement horizontal de la cible, se-
lon la direction de l’axe A de l’inclinomètre, a été calculée à travers une rota-
tion des axes. La cible est mesurée en effet selon le Nord (N) et l’Est (E)
géographique.
En connaissant l’angle α entre ces directions et l’axe A, la composante des
deux mouvements a été obtenue avec les formules suivantes (selon
l’inclinomètre considéré) :
y i (z) cor-
rigé
y i ( z ) corrigé = y i ( z ) mesuré −
[ yi ( H ) − yc ] ⋅ z
y
H
Figure 3
Où :
y i (z) corrigé : déplacement de l’inclinomètre à une certaine hauteur z, corrigé
par rapport à la mesure de la cible de surface ;
y i (z) : déplacement mesuré par l’inclinomètre à une certaine hauteur z ;
z : hauteur du point mesuré à partir du bas de l’inclinomètre;
H : hauteur totale de l’inclinomètre ;
y c : déplacement selon A mesuré par la cible de surface ;
y i (H) : déplacement mesuré par l’inclinomètre au point de mesure plus
proche du T.N.
Une dernière correction possible est celle réalisée par rapport aux mesures de
vrillage (figure 3). Cette correction a été faite pour les différents
inlcinomètres installées dans les sections intrumentées.
Une sonde mesure le vrillage de tubes inclinométriques en place. En effet les
tubes peuvent parfois vriller lors de l’installation lorsque les opérateurs ten-
247
248
-10,95
Profondeur (m)
-11
19/08/2008 (front à 63 m)
3/10/2008 (front à 13 m)
-11,1
249
50
40
30
Contraintes (MPa)
20
10
-10
24/10/2008 29/10/2008 03/11/2008 08/11/2008 13/11/2008 18/11/2008 23/11/2008
250
0,035
CPT 2
0,03 CPT 3
CPT 4
0,025 CPT 5
Pression (MPa)
0,02
0,015
0,01
0,005
-0,005
-0,01
23/10/08 0:00
24/10/08 0:00
25/10/08 0:00
26/10/08 0:00
27/10/08 0:00
28/10/08 0:00
29/10/08 0:00
30/10/08 0:00
31/10/08 0:00
1/11/08 0:00
2/11/08 0:00
3/11/08 0:00
4/11/08 0:00
5/11/08 0:00
6/11/08 0:00
7/11/08 0:00
8/11/08 0:00
9/11/08 0:00
10/11/08 0:00
11/11/08 0:00
12/11/08 0:00
13/11/08 0:00
14/11/08 0:00
15/11/08 0:00
16/11/08 0:00
251
0,2
Ext 3 ancre à 2 m
0,15 Ext 3 ancre à 4,5 m
Ext 3 ancre à 7,5 m
Ext 3 ancre à 12,5 m
0,1
Mouvements ancres (mm)
0,05
0
0 -5 -10 -15 -20 -25 -30 -35 -40 -45 -50
-0,05
-0,1
-0,15
-0,2
Distance au front
Figure 10 Déplacements relatifs des ancres de l’extensomètre radial n°3
252
10
X+
INCL SUD
4 Cible Inclino Sud
0
5
0
-10
-15
-20
-25
-30
-35
-40
-45
-50
-55
-60
-65
-70
-75
-80
-85
-90
-95
-110
-115
95
90
85
80
75
70
65
60
55
50
45
40
35
30
25
20
15
10
-100
-105
-120
-5
Colluvions -5
-10
-15
-20
Profondeur (m)
-25
Socle
Hauteur tunnel
-30
-35
-40
27/05/2009 (front à - 95 m)
-55
253
15,00
0,00
-5,00
-10,00
-15,00
-20,00
0
-10
-20
-30
-40
-50
-60
-70
-80
-90
90
80
70
60
50
40
30
20
10
-100
Distanxce del'axe (m)
Figure 13 Mesures brutes de la cible à coté de l’inclinomètre Sud
10,00
5,00
0,00
Mouvements (mm)
-5,00
Cible à l'axe Z
-20,00
-25,00
5
0
-10
-15
-20
-25
-30
-35
-40
-45
-50
-55
-60
-65
-70
-75
-80
-85
-90
-95
-110
-115
95
90
85
80
75
70
65
60
55
50
45
40
35
30
25
20
15
10
-100
-105
-120
-125
-5
254
255
A15
Batis
Marine
Peiresc
Peiresc
-10
Chalucet
Mutuelle
R. Guérin
A 9 A 35
Batis Rue
Batis Rue
Rue Carnot
Rue Allègre
Gendarmerie
Rue Vauban
Holiday Inn
-5
0
Tassements (mm)
Anomalie: 45
45 mm Anomalie : 48
Figure 17 Profil en long Attaque Ouest
50 mm
55
60 PS 14
Profil PS 4 PS 2B PS 9 PS 12 PS 12 PS 12 PS 14 PS 2B PS 2Cr.
65
256
Annexe 2 (chapitres 5 et 6)
257
Forage V 42
EXC C1
MPa
Décompression
EXC C6
EXC C7
EXC C3
EXC C2
EXC C5
EXC C4
due au retrait
du béton?
Figure 18 Mesures brutes des CPT et relation avec les travaux en souterrain
EXC C7
EXC C2
EXC C3
EXC C6
EXC C4
EXC C5
EXC C8
EXC C1
Forage V 42
Température (°C)
MPa
??
EXC C1 VD 44
é?
EXC C1 VD 43
t
oje
pr
EXC C8
EXC C5
EXC C7
EXC C6
EXC C3
EXC C4
EXC C2
ton
Bé
258
259
Annexe 3
Expression de la surface de charge dans le modèle HS
D’une façon similaire au modèle MC, l’état limite de contraintes est simulé par
la cohésion c, l’angle de frottement interne ϕ et l’angle de dilatance ψ. La sur-
face de charge adoptée pour le modèle HS (dans l’espace d’essai triaxial) a pour
l’écriture :
F = F −γ p
(1)
où :
m m
1 c'.cot ϕ '+σ '3 q 2q c'.cot ϕ '+σ '3
F = ref . . − ref .
E50 c'.cot ϕ '+ p
ref
1 − q Eur c'.cot ϕ '+ p
ref
(2)
qa
est une fonction des déformations plastiques. Le modèle HS adopte (d’une façon
similaire au modèle MC) une plasticité non associée afin de déterminer les dé-
formations plastiques suivant le potentiel
q2
F cap = 2
+ ( p + c'.cot ϕ ' ) 2 − ( p p + c'.cot ϕ ' ) 2 (5)
M
avec
[Link] ϕ
M= (6)
3 − sin ϕ
260
Tableau 5 Résultats des essais en traction des boulons dans le Socle, Attaque Ouest
PM 667 (fiche 21) PM 725 (fiche 55) PM 818 (fiche 68) PM 1371 (fiche 174)
Coulis C/E =2 Résine Coulis C/E =2 Résine Coulis C/E =2 Résine Coulis C/E =2 Résine
268,4 270,6 247 244,2 272,5 264,7 279,7 279,9
Effort de pic (KN) 269,5 62,4 \ 244,4 266,7 267,5 283,3 188,7
\ \ \ 225,9 \ \ \ \
\ \ 516,7 \ \ \ \ \
Effort résiduel (kN) \ 55 \ \ \ \ \ 153,4
\ \ \ 87,9 \ \ \ \
429,4 433 516,7 510,9 572,5 556,1 585,1 585,6
Contrainte de frottement latérale pic (kPa) 431,2 99,8 \ 511,3 560,3 562 592,7 394,8
\ \ \ 472,6 \ \ \ \
\ \ \ \ \ \ \ \
Contrainte de frottement latérale rés (kPa) \ 88 \ \ \ \ \ 320,9
\ \ \ 183,9 \ \ \ \
Longueur scellée (m) 2,8 2,8 2 2 2 2 2 2
261
0,0
150 140 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0
-0,1
-0,5
-0,6
-0,7
-0,8
-0,9
-1,0
Distance de l axe (m)
Figure 22 Evolution de la cuvette transversale de tassements instantanés en fonction de
l’éloignement du front de taille
-100
-80
Extrusion totale (mm)
-60
Aucun présoutènement
-40
Voûte parapluie
Boulonnage en acier
-20
0 5 10 15 20 25 30 35 40
0
Figure 23 Influence des présoutènements sur la pré-extrusion à Z=31,2 m
262
40
35
30
25
20
UR (mm)
15 Aucun présoutènement
Voûte parapluie
10
Boulonnage en acier
5
0
-60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
-5
Distance du front de taille (m)
Figure 24 Influence des présoutènements sur le soulèvement du radier U R
0
-55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45
-5
-10
-15
Aucun présoutènement
-20
-25
Voûte parapluie
UC (mm)
-30
-35
Boulonnage en acier
-40
-45
-50
-55
-60
-65
Distance du front de taille (m)
Figure 25 Influence des présoutènements sur le tassement en clé U C
263
Figure 26 Effort fléchissant (M) dans le soutènement – cas avec boulonnage en acier
0
-120 -115 -110 -105 -100 -95 -90 -85 -80 -75 -70 -65 -60 -55 -50 -45 -40 -35 -30 -25 -20 -15 -10 -5 0
-5
-10
-15
-20
-25
-30
Profondeur (m)
-35
-40
-50
Boulonnage à long. constante
-55
Boulonnage avec réel renouvellement
-60
-65
264
-10
-20
Profondeur (m)
Calcul 3D
Calcul 2D
-30
-40
Radier à 39 m du front
-50 λ 1 = 0,5
λ 2 = 0,74
-60
265
NORD SUD
0
150 140 130 120 110 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 -10 -20 -30 -40 -50 -60 -70 -80 -90-100-110-120-130-140-150
-0,1
-0,2
-0,3
-0,4
Tassements
-0,5
-1
-1,1
Distance de l'axe (m)
Figure 30 Comparaison entre les résultats numériques et les mesures sur chantier - cu-
vettes de tassement normalisées
-10
-15
Profondeur (m)
-20
-25
266
2 3
-10
0 -2 -4 -6 -8 -10 -12 -14 -16
-15
-20
Tassement de l'ancre (mm)
Ancre 1 à -6 m
-25
Ancre 2 à -12 m
Mesueres in situ
λ 1 = 0,55
Calcul 3D
Calcul 2D
λ 2 = 0,75
-30
-35
-40
267