Chapitre II: Prescriptions Règlementaires
Généralités :
La sécurité des usagers est un défi majeur pour l’ingénieur de structures. Ceci implique l’aptitude
(stabilité, durabilité) des ouvrages pour exploitation. Puisque le risque zéro n’existe pas, il est
donc important de prendre en compte une probabilité de ruine. A cet effet, le dimensionnement
des ouvrages et la vérification de la sécurité sont basés sur des règles de calculs bien précises en
s’appuyant sur des théories des états limites et des sollicitations probables.
II.1 Principes et justification
II.1.1 Règlements - coefficient de sécurité
Selon ces règlements, il faut utiliser la méthode de la RDM qui consiste à vérifier les contraintes
calculs par la relation suivante.
: Contrainte de calcul par la RDM
̅ : Contrainte admissible
: Contrainte de rupture
II.1.2 Théorie probabiliste de la sécurité
La sécurité est définie par un seuil de probabilité. Un ouvrage sera acceptable si la probabilité de
ruine reste inférieure à une probabilité fixée à l’avance. La valeur de cette probabilité est fonction
de la durée de vie de la construction, du risque et du coût. Cette méthode est liée aux multiples
difficultés telles que la probabilité de ruine et son évolution dans le temps ainsi que le
recensement de tous les facteurs aléatoires d’une incertitude.
II.2 Etats limites
Un état limite est un état pour lequel une condition requise d’une construction (ou d’un de ses
éléments) est strictement satisfaite et cesserait de l’être en cas de variation défavorable d’une des
actions appliquées. Cette nouvelle théorie consiste à définir les phénomènes que l’on veut éviter
(l’état limite). Ces phénomènes sont :
Ouverture des fissures soit par compression successive dans le béton, soit par traction
successive dans l’acier.
Déformation importante dans l’ensemble.
Il existe deux états limites :
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Les états limites ultimes et les états limites de services.
Le dimensionnement des éléments de la construction se fait de telle sorte que la probabilité
d’atteindre l’un de ces états reste faible.
II.2.1 Etat limite ultime (E.L.U) :
L’ELU correspond à la valeur maximale de la capacité portante de la construction et dont le
déplacement entraîne la ruine de la construction.
Ils correspondent à la limite :
Soit de l'équilibre statique (perte de la stabilité d’une partie ou de l’ensemble de la
construction. le renversement par exemple),
Soit de la résistance de l'un des matériaux (perte de résistance du béton ou de l’acier.
Soit de la stabilité de forme : les pièces élancées soumises à des efforts de compression
subissent des déformations importantes et deviennent instable (par exemple le flambement).
II.2.2 Etat limite de service (ELS)
Cet état constitue les limites au-delà desquelles les conditions normales d’exploitation ne sont plus
satisfaites sans qu’il y’est ruine. Ce sont :
Etat limite de service de compression de béton : cette limitation a pour but d’empêcher la
formation des fissures.
Etat limite de service d’ouverture des fissures : il consiste à assurer que les armatures sont
convenablement disposées dans la section et les contraintes ne dépassent pas la valeur
limite.
Etat limite de service de déformation : il consiste à vérifier que les déformations sont
inférieures à des déformations limites.
II.3 Actions et sollicitations
II.3.1 Les actions
Définition et généralités
On appelle actions, les forces dues aux charges appliquées (permanentes, climatiques,
d'exploitation, sismiques …etc.) et aux déformations imposées (variation de température
tassement d'appui…etc.). On distingue :
Les actions permanentes (G) : Ce sont des actions continues dont l'intensité est constante
ou très peu variable dans le temps. Exemple : le poids propre, les poussées des terres ;
actions variables (Q) : Ce sont des actions dont l'intensité varie fréquemment et d'une
façon importante dans le temps. La durée d'application est très faible par rapport aux
durées de vie de constructions. Les valeurs de ces charges sont fixées par le règlement, en
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fonction des conditions d'exploitation de la construction ;
Les actions accidentelles (FA) sont des actions provenant des phénomènes se produisant
rarement avec une faible durée d'application. Exemple : Vent, séisme…
II.4 Les sollicitations de calcul et combinaisons d’actions
Les sollicitations sont les efforts (normal, tranchant) et les moments (moment de flexion, moment
de torsion). Les sollicitations sont calculées à partir des actions par des méthodes appropriées
(RDM).
II.4.1 Sollicitations de calcul vis-à-vis des états -limites ultimes
Les sollicitations de calcul à considérer résultent des combinaisons d'actions c i - après dont on
retient les plus défavorables :
Combinaisons fondamentales
Lors des situations durables ou transitoires il y a lieu de considérer :
est un coefficient, pris égale à 1,5 en général.
La combinaison à l’ELU s’écrit alors : 1,35G + 1,5Q
Combinaisons accidentelles
Les combinaisons d'actions accidentelles à considérer sont les suivantes :
Avec :
est la valeur de l'action accidentelle,
est la valeur fréquente d'une action variable
est la valeur quasi-permanente d'une autre action variable.
II.4.2 Sollicitations de calcul vis-à-vis des états -limites de service
Les sollicitations de calcul vis-à-vis des ELS, résultent des combinaisons d'actions suivantes, dites
combinaisons rares :
Généralement, la combinaison se résume comme suit : G + Q.