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Entropie de Von Neumann en Cryptographie

Le document présente une introduction à la cryptographie quantique, en expliquant la théorie de l'information classique et quantique, ainsi que leurs applications en cryptographie. Il aborde des concepts clés tels que l'entropie, l'information mutuelle, et les états quantiques, tout en soulignant l'importance de la sécurité des communications électroniques. La cryptographie quantique se distingue par sa capacité à garantir la confidentialité des communications sur de grandes distances grâce aux principes de la mécanique quantique.

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Entropie de Von Neumann en Cryptographie

Le document présente une introduction à la cryptographie quantique, en expliquant la théorie de l'information classique et quantique, ainsi que leurs applications en cryptographie. Il aborde des concepts clés tels que l'entropie, l'information mutuelle, et les états quantiques, tout en soulignant l'importance de la sécurité des communications électroniques. La cryptographie quantique se distingue par sa capacité à garantir la confidentialité des communications sur de grandes distances grâce aux principes de la mécanique quantique.

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Université Mohamed V-Agdal

Faculté des Sciences Rabat

Cryptographie quantique
Introduction

2016/2017
Sommaire

1. Introduction ................................................................................................................ 3
2. La Théorie de l’information classique ......................................................................... 4
2.1. Entropie classique ............................................................................................................... 4
2.1.1. Entropie de Shannnon .................................................................................. 4
2.1.2. Entropie conditionnelle ................................................................................. 4
2.1.3. Entropie relative ............................................................................................ 5
2.2. L’information mutuelle........................................................................................................ 5
2.3. Correction d’erreurs ............................................................................................................ 5
2.4. Canal classique .................................................................................................................... 5
3. La théorie de l’information quantique ......................................................................... 6
3.1. L’aspect mathématique de la mécanique quantique .......................................................... 6
3.2. Etat quantique ..................................................................................................................... 7
3.2.1. Etat pur ......................................................................................................... 8
3.2.2. Etat mixte .................................................................................................... 9
3.3. Les postulats de la mécanique quantique ........................................................................... 9
3.3.1. Le principe de superposition ......................................................................... 9
3.3.2. Axiome de calcul des probabilités (cas discret) ............................................10
3.3.3. Effet d’une mesure sur un état quantique ....................................................10
3.3.4. Evolution d’un état dans le temps ................................................................11
3.4. L’entropie quantique ......................................................................................................... 12
3.4.1. Entropie de Von Neumann...........................................................................12
3.4.2. Entropie quantique relative .........................................................................13
3.5. Canal quantique ................................................................................................................ 13
4. La cryptographie .......................................................................................................14
4.1. Histoire de La cryptographie ............................................................................................. 14
4.2. La cryptographie classique ................................................................................................ 15
4.2.1. Cryptographie à clef publique ......................................................................15
4.2.2. Cryptographie à clef privée ..........................................................................17
4.2.3. Le code de Vernam .....................................................................................18
4.3. La cryptographie quantique .............................................................................................. 18
4.3.1. Le protocole BB84 sans Espion ...................................................................19
4.3.2. Théorème de non clonage quantique...........................................................21
4.3.3. Le protocole BB84 avec Espion ...................................................................21
4.3.4. L’attaque interception- émission ..................................................................22
4.3.5. Les attaques de clonage ..............................................................................26

2
1. Introduction

La théorie de l'information classique, parfois appelée théorie de l'information, fournit une


structure de n'importe quel type de communication et de traitement d'informations. Il est
généralement admis que la théorie de l'information, en tant que discipline moderne, a été
développée par Claude E. Shannon . En 1963, il a élargi les idées de cet article dans un livre
avec Warren Weaver
La théorie de l'information quantique est une généralisation de la théorie de l'information
classique dans le monde quantique, où l'information est portée par des systèmes quantiques.
Analogue au bit, l'unité de l'information quantique est le bit quantique (qubit). Un exemple
d'un qubit est la direction du spin de l'électron. Contrairement aux états classiques (qui sont
distinctes), un système quantique peut être formé d’une superposition d'états. Cette propriété
est l'un des aspects importants de la mécanique quantique.
L’intrication est aussi une autre caractéristique de la mécanique quantique. En effet, un état
est dit intriqué s’il ne peut pas être écrit comme une combinaison convexe des produits
tensoriels de ses sous-systèmes. Certains concepts, tels que la capacité et l'entropie en théorie
de l'information classique ont été généralisées pour la théorie de l'information quantique.
Dans ce chapitre nous donnerons un bref aperçu de certains concepts dans le monde
quantique.
Sans aucun doute, les communications électroniques sont devenues l'un des principaux piliers
de la société moderne et leur essor continu nécessite le développement de nouvelles méthodes
et techniques pour sécuriser les données de transmission et de stockage de données. Ceci
représente le but ultime de la cryptographie.
Aujourd'hui, de nombreuses communications sur papier ont déjà été remplacées par des
moyens électroniques, ce qui soulève le défi de trouver des équivalents électroniques aux
timbres, aux cachets et aux signatures manuscrites. Le principe fondamental de la
cryptographie est de permettre à deux utilisateurs de rendre leurs communications
inintelligibles pour des tiers, tandis que pour les deux utilisateurs légitimes, les messages
restent intelligibles.
Néanmoins, les implémentations classiques de la cryptographie permettent seulement de
fournir une garantie conditionnelle qui repose sur les capacités des calculs limitées de
l'adversaire. En revanche, avec la fusion de la mécanique quantique, qui constitue une

3
description de la matière au niveau microscopique et la cryptographie, la confidentialité des
communications sur des grandes distances est garantie.

2. La Théorie de l’information classique

2.1. Entropie classique

2.1.1. Entropie de Shannnon

L’entropie de Shannon a diverses significations :


– L’entropie de Shannon est la moyenne de la longueur d’un message, c’est à-dire
qu’une augmentation de la moyenne de la longueur d’un message augmentera l’entropie de
Shannon.
– Plus l’entropie de Shannon est grande sur une variable, plus cette variable a un
contenu aléatoire, c’est-à-dire qu’une augmentation de la variabilité du contenu de la
variable augmentera l’entropie de Shannon.

– Symétriquement, plus l’entropie de Shannon est grande sur une variable, plus on a
de l’information nouvelle, et moins elle a de chances d’apparaître.
Inversement, une information connue n’apportera aucune information nouvelle.
Son contenu ne sera pas aléatoire. Son entropie sera nulle.
Pour Une variable aléatoire X discrètes avec une séquence de messages x1 , x2 ..., xn et

la distribution de probabilité P( x1 ), P( x2 )..., P( xn ) , l'entropie de Shannon est définie par :

H ( X )   p( x) Log 2 p( x) (1.1)
x

L’entropie sera toujours supérieure ou égale à zéro.

2.1.2. Entropie conditionnelle

L’entropie conditionnelle mesure la valeur de l'incertitude de la condition Y sachant X. Dans


le langage de la communication, pour des canaux bruités sans mémoire, et pour une
distribution de probabilité P(x) , la sortie du canal dépend de l'entrée par la probabilité
conditionnelle P( y / x) . L'entropie conditionnelle ou l'incertitude conditionnelle est alors
donnée par :
H ( X / Y )   p( x) p( y / x) Log 2 p( y / x) (1.2)
x, y

4
2.1.3. Entropie relative

L’entropie relative donne une mesure de la distance entre deux distributions de probabilités
différentes. Pour deux variables aléatoires X et Y avec les distributions de probabilité P(x)
et q(x), l'entropie relative est définie par :
p ( x)
H ( P( x) // q( x))   p( x) Log 2 (1.3)
x q ( x)

2.2. L’information mutuelle

Pour deux variables aléatoires X et Y, l'information mutuelle mesure la quantité d'information


qui peut être obtenue à partir de l'une des variables aléatoires en observant l'autre. Il est défini
comme suit :
I ( X : Y )   p( x, y) Log 2 p( y / x)   p( y) Log 2 p( y) (1.4)
x, y y

2.3. Correction d’erreurs

La théorie de l’information peut également gérer La correction d’erreurs. Cette méthode


permet de coder l’information pour qu’elle puisse résister à un certain taux d’erreur causé par
le canal par lequel l’information passe.

2.4. Canal classique

Les canaux de communication jouent un rôle important dans tout système de communication.
Une paire de fils, un câble coaxial, une bande de fréquences radio, un faisceau de lumière, etc,
sont des exemples de circuits classiques.
L'une des grandes intuitions de Shannon était de donner un modèle très simple mais universel
pour la transmission de données , composé de cinq pièces et représenté sur la figure 1.1:
-une source d'information produit un message à communiquer à une destination,
-un émetteur fonctionne sur le message pour produire un signal convenant pour la
transmission sur le canal,
-le canal est le moyen physique utilisé pour transmettre le signal,
-le récepteur récupère le message à partir du signal reçu,
-la destination est la personne à qui le message est destiné.

5
Figure 1.1: Modèle de Shannon de transmission de message.

Mathématiquement parlant, un canal est une carte stochastique modélisant l'effet du bruit subi
par le message classique sur son chemin de l'émetteur vers le récepteur. Un canal binaire
symétrique est un exemple simple d'une chaîne classique. Il peut transmettre qu'un seul des
deux symboles (habituellement appelés 0 et 1). L'effet du bruit dans ce canal est de
transmettre incorrectement un bit avec une probabilité p , alors que le bit transmis sans erreur
a une probabilité 1  p .
Un concept important lié à un canal de communication est la capacité de transmission, il est
définit comme étant la quantité maximale d'information pouvant transiter à travers le canal
par unité de temps ou aussi le taux maximal possible pour lequel l'information peut être
correctement transmise à travers un canal bruité classique. Pour un canal discret, elle est
donnée par le maximum d'information mutuelle I ( X : Y ) par rapport à toutes les distributions

de probabilités possibles P(x) c'est à dire,

C  max I ( X : Y )  max ( H ( X )  H ( X / Y )) (1.5)


P ( x ) P ( x )

3. La théorie de l’information quantique

3.1. L’aspect mathématique de la mécanique quantique

La mécanique quantique se présente dans un espace de Hilbert, c’est-à dire un espace


fonctionnel L2 muni d’un produit scalaire.
Définition 1 : H est un espace de Hilbert si
– H est un espace L2 , c’est à dire que f  L2 , f : A  3    ₵, f est mesurable et
de carré sommable :
2

A
f ( x) dx   (1.6)

– H est complet, c’est à dire que toute suite de Cauchy est convergente.
6
– H est muni d’un produit scalaire, défini par :

f g   dxf ( x) * g ( x) f , g  H (1.7)
A

Les éléments de cet espace sont appelés des fonctions d’onde, et notés  : A  ₵

Notons que est un bon produit scalaire hermitien, c’est à dire qu’il vérifie les propriétés

suivantes :
f , g , h  H ,  ,   ₵ :
f g  h   f g   f h (1.8)

f g  f g
*
(1.9)

f f 0 (1.10)

f f  0  f est une fonction nulle (1.11)

3.2. Etat quantique

L'état d'un système physique décrit tous les aspects de ce système, dans le but de prévoir les
résultats des expériences que l'on peut réaliser. Le fait que la mécanique quantique soit non
déterministe entraîne une différence fondamentale par rapport à la description faite en
mécanique classique : alors qu'en physique classique, l'état du système détermine de manière
absolue les résultats de mesure des grandeurs physiques, une telle chose est impossible en
physique quantique et la connaissance de l'état permet seulement de prévoir, de façon
toutefois parfaitement reproductible, les probabilités respectives des différents résultats qui
peuvent être obtenus à la suite de la réduction du paquet d'onde lors de la mesure d'un
système quantique. Pour cette raison, on a coutume de dire qu'un système quantique peut être
dans plusieurs états à la fois. Il faut en réalité comprendre que le système est dans un état
quantique unique, mais que les mesures peuvent donner plusieurs résultats différents, chaque
résultat étant associé à sa probabilité d'apparaître lors de la mesure.
L'état doit donc être vu comme représentant toute l'information disponible sur le système : une
description de l'histoire du système permettant de calculer les probabilités de mesure. Dans le
débat philosophique concernant l'interprétation de la mécanique quantique, certaines
approches telle que l'interprétation de Copenhague considèrent d'ailleurs que l'état quantique
n'est pas un élément de réalité au sens qu'Einstein donnait à ce terme, mais simplement un
intermédiaire de calcul utile pour prévoir les mesures ; d'autres approches font appel à la

7
notion de décohérence quantique pour décrire le processus mis en œuvre lors d'une mesure
quantique.
L'une des conséquences de la nature aléatoire des mesures quantiques est que l'état ne peut
être assimilé à un ensemble de propriétés physiques qui évoluent au cours du temps. En
mécanique quantique, l'état et les grandeurs physiques sont deux concepts séparés et sont
représentés par deux objets mathématiques différents. Dirac a montré qu'il était équivalent de
faire porter l'évolution temporelle sur l'état quantique ou sur les grandeurs physiques, appelées
observables en mécanique quantique.

3.2.1. Etat pur

En mécanique quantique, on représente l'état d'un système par un vecteur dans un espace
vectoriel hilbertien, c'est-à-dire dans lequel est défini un produit scalaire hermitien  

entre deux vecteurs  et  . En raison de l'importance de ces produits scalaires, on utilise la


notation bra-ket introduite par Dirac pour représenter les états quantiques de manière concise
et simple. Le vecteur  est ainsi noté  et appelé ket, tandis que son vecteur dual est appelé

bra et noté  .

L'espace des états dépend du système considéré. Par exemple, dans le cas le plus simple où le
système n'a pas de spin ou de structure interne, les états quantiques sont des fonctions :
 :  C
( x, y, z)   ( x, y, z )

 r  dr converge. Dans ce cas,  est appelée la fonction d'onde du


2
Telles que l'intégrale 
 3

système.
D'autre part, lorsque l'on associe deux systèmes pour en faire un seul, l'espace des états de ce
système composé est le produit tensoriel des espaces des états associés aux deux sous-
systèmes. (Dans le cas de deux particules identiques, il y a une restriction additionnelle, liée
aux spin.)
Un état pur peut être représenté par une fonction d’onde   H .

Soit ̂ la matrice densité de  , on calcule ̂ 2 ; en effet, pour un état pur, la matrice-densité

dans une base contenant  est donnée par ˆ          ˆ 2 .

Et réciproquement, si ˆ 2  ˆ , alors, en écrivant ̂ dans une base de vecteurs propres (où

elle est diagonale), on a que les valeurs propres de ̂ vérifient : 2k  k  k  0,1k ,

8
mais 
k k 1 il y a une seule valeur propre i  1 , et les autres sont toutes nulles

k i  0 , donc ˆ    est une matrice-densité d’un état pur.

ˆ 2  ˆ  ˆ correspond à un état pur.

3.2.2. Etat mixte

Un état mixte est un état (statistique) qui n’est pas pur, donc qui est représenté par une
matrice-densité ̂ mais pas par un vecteur de H.
En admettant qu'un certain système physique puisse être, à un certain instant t, dans un
mélange statistique (fini ou infini) d'états quantiques  i avec des probabilités p i (où

p i i  1 ), alors la matrice densité représentant l'ensemble de ces états est:

ˆ  i pi  i  i .

L'aspect statistique introduit ici est de deux natures, l'une classique et l'autre quantique :
1. classique: dû à l'estimation du ket par une distribution statistique des différents kets
possibles,
2. quantique : incertitude quantique fondamentale même si le système est parfaitement
déterminé.
Les éléments de la matrice densité valent : ˆ pn  i pi u (pi ) ˆ i u n(i )  i pi cn(i )* c (pi )

3.3. Les postulats de la mécanique quantique

3.3.1. Le principe de superposition

Axiome 1 Tout état quantique peut être décrit par un ket. L’espace des états est un espace
vectoriel complexe.
 f  g
 f , g  Ɛ  ,   ₵ :  ,   Ɛ (1.12)
 f  g

Axiome 2 Toute quantité physique est représentée par une observable, c’est à dire un
opérateur linéaire, A : Ɛ  Ɛ, auto-adjoint (égale à sa conjuguée hermétique : A  A† ) pour
lequel il existe toujours une base orthonormée de Ɛ formée par ses kets propres.
Les seules quantités physiquement mesurables sont données par les valeurs propres de A.

9
Soit A une observable, A  A†  ( AT ) * soit i , vi  l’ensemble de ses valeurs propres et
vecteurs propres associés. Donc, A vi  i vi avec i  ₵

3.3.2. Axiome de calcul des probabilités (cas discret)

2
La probabilité de mesurer i est donnée par P(i )  vi  où  est l’état du système

considéré.
Remarque : Cet axiome justifie la normalisation des kets: vi  est la composante i de 

sur la base vi

En effet,   c i vi

Quand un indice est répété la sommation sur la dimension de Ɛ est considérée.


vi   vi c j v j  c j vi v j  c j  ij  c i (car vi est orthonormé)
2 2
P(i )  vi   ci (1.13)

La somme sur toutes les valeurs propres doit donner la probabilité de l’événement certain,
c’est à dire un.

 P ( )   c
i
i
i
i 2
   1 (1.14)

Car  est normé.

3.3.3. Effet d’une mesure sur un état quantique

Soit  (t ) un état à l’instant t et i , vi  le spectre de A . Si une mesure de A est effectuée à


cet instant, l’état est projeté sur le vecteur propre correspondant à la mesure.
 (t )   ' (t )  vi (1.15)

Cet axiome, central pour la cryptographie quantique, nous dit finalement que si une mesure
est effectuée, et que nous mesurons i (avec une probabilité P(i ) ), immédiatement après,

nous savons que l’état sortant est vi ; car si nous refaisons `a nouveau cette mesure et si

l’état n’a pas évolué dans le temps, nous sommes sûrs de trouver i .
2
P(i )  vi vi 1 (1.16)

10
3.3.4. Evolution d’un état dans le temps

L’évolution dans le temps d’un ket  est décrit par une équation différentielle linéaire,

l’équation de Schrödinger :
d
i  (t )  H (t )  (t ) (1.17)
dt
Où H est une observable représentant l’énergie du système, appelée hamiltonien;
H  H†.
Propriété : L’évolution temporelle est unitaire, c’est à dire que  (t )  U (t , t 0 )  (t 0 ) où

UU †  1
En effet une solution de l’équation de Schrödinger est donnée par :
 i t 
 (t )  exp    dH ( )   (t 0 ) (1.18)
 t 
 0 
 i t 
U (t , t 0 )  exp    dH ( )  (1.19)
 t 
 0 
Où l’exponentielle d’une matrice est définit par :

Mv
e M
 (1.20)
v  0 v!

Nous pouvons vérifier que c’est une solution. Nous sommes assurés que la solution est la
seule pour une condition initiale donnée  (t 0 ) (théorème d’unicité pour les équations

différentielles).
 i t 
Cet opérateur exponentiel U (t , t 0 )  exp    dH ( )  est effectivement unitaire.
 t 
 0 
En effet,
 i t   i t 
U (t , t 0 )U (t , t 0 )  exp   dH ( ) exp    dH ( ) †   1
†   (1.21)
 t   t 
 0   0 
Car H  H † et e A e  A  1 ( A et ( A) commutent
Remarque Notons que cette évolution est n´nécessairement unitaire car elle doit conserver le
produit scalaire (c’est la d´définition des transformations unitaires en fait).
En effet,
Pour  '  U  et  '  U 
 '  '   U †U     car UU †  1 (1.22)

11
où nous avons utilisé la d´définition de la conjugaison hermétique :

U   U†  où U   U †
*
(1.23)

3.4. L’entropie quantique

L’entropie quantique n'est pas un concept unique, mais plutôt une famille de notions. Dans ce
qui suit on va commencer par l’entropie de Von Neumann, qui est un analogue de l'entropie
de Shannon.

3.4.1. Entropie de Von Neumann

L’entropie de Von Neumann, quantitativement, mesure l'information contenue dans


un système quantique. Au lieu d'être définis sur les distributions de probabilité, il est
définie par rapport à la matrice de densité  par :
S (  )  tr (  log(  ) (1.24)
Pour calculer l'entropie de Von Neumann, il faut trouver le spectre de  . Pour

i des valeurs propres de  , il est calculé par :

S (  )   i log( i ) (1.25)
i

Ci-après, quelques importantes propriétés de l’entropie de Von Neumann :


-L'entropie de Von Neumann est une fonction non-négative, S (  )  0 .
-Pour un espace de Hilbert de dimension d , S (  ) prend la valeur maximale log d

pour les états mixtes I d et la valeur zéro pour les états purs.
-L'entropie de Von Neumann est invariante par transformation unitaire U , c’est à dire
S (  )  S (UU † ) .
-L'entropie de Von Neumann est une fonction concave, c'est à dire pour des réels positifs  i

et des opérateurs de densité  i l'entropie de Von Neumann satisfait l'inégalité :

 
 S (  )  S   
i
i i
i
i i 

(1.26)

Avec i
i 1

-L'entropie de Von Neumann est additive. Etant donné deux opérateurs de densité  et 
dans deux différents espaces de Hilbert A et B , on a S (    )  S (  )  S ( ) .

12
3.4.2. Entropie quantique relative

Un autre type d'entropie quantique est l'entropie quantique relative, qui est une mesure de la
proximité entre les deux états quantiques. Pour deux matrices une densité  et  , l'entropie
quantique relative de  par rapport à  est défini par :

S (   )  tr (log   log  ) (1.27)

Ci-après, quelques importantes propriétés de l’entropie quantique relative:


- S (   )  0 et si    alors S (   )  0

- S (   ) est stable par la transformation unitaire U c’est-à-dire S (UU † UU † )  S (   )

3.5. Canal quantique

La transmission des états quantiques d'un endroit à un autre est généralement une tâche
importante. Il donc est essentiel d’avoir des systèmes physiques qui servent de canaux
quantiques. Les fibres optiques et les chaînes de spin non modulée sont des exemples de
canaux quantiques qui sont respectivement, appropriés pour longue distance et courte distance
de communication quantique.
Mathématiquement, un canal quantique est une application complétement positive préservant
la trace, qui projette l'état quantique  agissant sur l'espace de Hilbert H 1 à l’espace de Hilbert
H 2 . Autrement dit, pour que  soit un canal quantique,  : ℬ ( H 1 )  ℬ ( H 2 ) . Les canaux
quantiques sont classés avec et sans mémoire (ils sont également appelés canaux mémoire et
sans mémoire). Lorsque le bruit agit indépendamment sur chaque utilisation du canal, il s’agit
d’un traitement avec des canaux sans mémoire. Toutefois, la corrélation du bruit dans les
systèmes physiques est un phénomène très courant, les canaux avec mémoire sont plus
réalistes
Les deux types d’information classique et quantique peuvent être acheminés sur un canal
quantique. Le théorème de la capacité de transmission classique a été prouvé par Holevoet
Schumacher et Westmoreland tandis que le théorème de la capacité quantique a été déclaré
par Lloyd. Dans la limite asymptotique de nombreuses utilisations du canal, classique (ou
quantique) la capacité de mesurer le taux maximum d'informations en bits (ou qubits) qui peut
être fidèlement transmis par utilisation du canal.

13
4. La cryptographie

4.1. Histoire de La cryptographie

Depuis toujours, les gens ont voulu avoir la possibilité de communiquer en secret afin de
permettre à personne d’entendre leurs messages. Des fouilles archéologiques ont révélé que
les différents types de cryptographie avaient déjà été utilisés par les anciennes civilisations de
la Mésopotamie, de l'Inde ou de la Chine . Il y a quatre mille ans, les anciens Egyptiens
utilisaient hiéroglyphes pour dissimuler leurs messages. Dans l'Iliade, Homère décrit
comment Proetus, le roi de l'Argolide, envoie Bellérophon en Lycie avec un message mortel
dont les symboles sont codés et inscrits sur une tablette repliée . Les symboles codés et
représentés par un type grossier des hiéroglyphes, dont la signification n'était connue que pour
Proetus et son beau-père Iobates, le destinataire du message .
Dans le 5ème siècle avant JC, un autre type de chiffrement, basé sur la transposition des
lettres a été conçu. Une bande de parchemin ou de cuir a été enroulée autour d'un bâton en
bois, dans laquelle le message a été écrit. Lorsque la fin de la ligne a été atteinte, le relais a été
tourné. Après le parchemin a été déballés, les lettres vont être brouillés et seule la personne
qui possédait un bâton de forme identique pourrait récupérer le message.
Un autre type de chiffrement facile est le chiffrement par substitution, qui basé sur le est
remplacement de chaque lettre d'un message avec une autre lettre, un chiffre ou un symbole.
Un exemple est le chiffrement de César .
Pendant le Moyen Age, la plupart des systèmes cryptographiques sont fondées sur la
transposition ou la substitution ou une combinaison des deux . Le chiffrement par substitution
a également été utilisé par certains auteurs, comme Edgar Allan Poe dans son histoire Le
Scarabée d'or , ou Arthur Conan Doyle dans son histoire L'aventure des hommes de danse .
Cependant, aucun de ces chiffres n’est sécurisé, car il est possible de les casser en exploitant
les diverses propriétés caractéristiques de la langue, tels que la fréquence des lettres
individuelles et de leurs groupements.
Les deux guerres mondiales du 20ème siècle ont accéléré le développement de nouvelles
techniques de cryptographie. Les cryptographes ont essayé de concevoir un système où les
algorithmes de chiffrement et de déchiffrement peuvent être connus, mais le secret du
message serait garanti par une information secrète, la clef cryptographique, partagé entre les
utilisateurs. En 1917, Gilbert S. Vernam a proposé un système de chiffrement incassable,
appelé le code de Vernam.

14
En 1918, Arthur Scherbius a inventé une machine à chiffrer, appelée Enigma, qui a été
breveté un an plus tard . Enigma se composait d'un ensemble de roues câblées tournantes, qui
se chargent d’effectuer un chiffrement par substitution très sophistiqué. Après diverses
améliorations, il a été adopté par la marine allemande en 1926, l'armée allemande en 1928, et
l'Armée de l'Air en 1935, et il a été utilisé par les Allemands et les Italiens tout le long de la
Seconde Guerre mondiale. Enigma militaires avaient 159  1018 réglages possibles (clefs
cryptographiques). Lorsque certaines lettres vont être répétées, la machine produit toujours
une lettre différente et la répétition de la séquence commence seulement après 16 900
codages, lorsque le mécanisme interne retourné à la position initiale .
Pendant les années soixante-dix La cryptographie quantique a vu le jour, lorsque Stephen
Wiesner a écrit « Conjugate Coding ».Malheureusement, ce document n'a pas été publié et il
est resté la plupart du temps inaperçu. Wiesner a expliqué comment la physique quantique
pourrait en principe être utilisée pour produire des billets de banque et comment mettre en
œuvre un canal de multiplexage.
Heureusement Charles [Link] savait très bien Wiesner et il a entendu parler de son idée.
Néanmoins, la cryptographie quantique a été relancée qu’après que Charles [Link] a
rencontré Gilles Brassard. Cela s'est passé à Porto Rico en Octobre 1979. Suite à la
discussion de l'idée Wiesner, ils ont découvert la façon d'intégrer la cryptographie à clef
publique résultant en un Crypto 82 . Cela a remis le papier de Wiesner en vie et il a été
ensuite publié dans Sigact news . En même temps, Charles H. Bennett et Gilles Brassard
travaillaient sur une série de documents qui ont culminé avec la démonstration d'un prototype
expérimental qui a établi la faisabilité technique du concept .

4.2. La cryptographie classique

4.2.1. Cryptographie à clef publique

Une nouvelle vague d'intérêt en cryptographie a été déclenchée vers la fin des années 70 du
20ème siècle. Il était essentiel pour permettre une communication sécurisée entre les
utilisateurs qui ne partagent aucune clef cryptographique secrète. Mais la question était de
savoir comment distribuer la clef de manière sécurisée. La solution a été trouvée par Whitfield
Diffie et Martin Hellman E., qui ont inventé la cryptographie à clef publique en 1976 . La
facilité d'utilisation de la cryptographie à clef publique, à son tour, a stimulé l'essor du
commerce électronique dans les années 1990.

15
La cryptographie à clef publique nécessite deux clefs, une publique et l’autre privée, qui
forment une paire de clefs. Le destinataire d'un message génère deux clefs, rend une clef
publique par une autorité de confiance et garde sa clef privée dans un lieu secret pour assurer
sa possession privée. L'algorithme est conçu de telle sorte que n'importe qui peut chiffrer un
message en utilisant la clef publique, mais seul le destinataire légitime peut déchiffrer le
message à l'aide de sa clef privée.
La sécurité de cryptographie à clef publique se base sur différents problèmes de calcul, qui
sont considérées comme insolubles. Le chiffrement et le déchiffrement des algorithmes
utilisent des fonctions à sens unique. Les fonctions à sens unique sont des fonctions
mathématiques qui sont faciles à calculer dans un sens, mais leur inversion est très difficile. Il
est, par exemple, très facile de multiplier deux nombres premiers, mais prendre en compte le
produit de deux grands nombres premiers est déjà une tâche difficile.
Aujourd'hui, le système de cryptographie clef publique le plus largement utilisée est RSA.
RSA a été inventé en 1977 par Ronald Rivest, Adi Shamir et Leonard Adleman , dont les
noms forment l'acronyme. RSA exploite la difficulté de factorisation de grands nombres. Très
grossièrement dit, le récepteur choisit deux grands nombres premiers et rend leur produit au
grand public. Ce produit, appelé module, devient la clef publique. Avec cette clef, n'importe
qui peut chiffrer un message. Toutefois, afin d'inverser l'algorithme, il est nécessaire de
connaître les facteurs premiers du module.
Le premier défi de casser une clef RSA de 425 bits (équivalent à 129 chiffres décimaux) a été
publié dans Scientific American en 1977 . Ronald Rivest a démontré que pour factoriser un
nombre de 125 chiffres, le produit de deux nombres premiers, avec les meilleurs algorithmes
de factorisation connus à l'époque il faut plus que l'âge de l'univers. Cependant, 17 ans plus
tard, en 1994, de nouveaux algorithmes de factorisation avait été découvert et la puissance des
ordinateurs a progressé à un tel niveau que cette opération est faite en 8 mois avec 1600
ordinateurs (et deux télécopieurs!) interconnectés par Internet seul.
Un réseau d'ordinateurs n'est pas la seule façon de casser RSA. En 1999, Adi Shamir a
proposé le dispositif TWINKLE , qui permet la factorisation optoélectronique massive et
parallèle, qui est d'environ trois fois plus rapide qu'un PC classique rapide et peut faciliter la
factorisation de clefs de 512 et 768-bits .Aujourd'hui, il est déjà recommandé de passer à des
clefs plus longue et d'utiliser des tailles de clef de 1024 bits ou [Link] autre menace de la
cryptographie à clef publique pourrait provenir de la construction d'un ordinateur quantique.
Le décryptage à l'aide d'un ordinateur quantique devrait prendre environ le même temps que
le cryptage, ce qui rend la cryptographie à clef publique sans valeur. Plusieurs Algorithmes

16
de cryptographie quantique ont déjà été développés et premières expériences avec les
ordinateurs quantiques ouvrent la voie à des dispositifs plus sophistiqués .

4.2.2. Cryptographie à clef privée

La cryptographie à clef privée peut fournir une sécurité inconditionnelle pour des utilisateurs
qui partagent à l'avance une clef secrète suffisamment longue. La clef commune est ensuite
utilisée pour le chiffrement et le déchiffrement. Sécuriser la distribution des clefs est le
principal inconvénient des systèmes cryptographiques à clef privée. La sécurité des
communications est réduite à la sécurité de la distribution des clefs privées. Afin d'éviter la
nécessité de rencontres personnelles ou des services de messagerie pour échanger la clef
privée, certains utilisateurs utilisent la cryptographie à clef publique pour échanger la clef, qui
est ensuite utilisée dans un système de chiffrement à clef secrète.
La méthode de la cryptographie à clef privée la plus employée est (DES) (Data Encryptions
Standard). En raison de son utilisation fréquente dans les systèmes hybrides, c'est le système
de cryptage le plus souvent utilisé. (DES) a été développé par IBM et le gouvernement
américain en 1975 et il a été adopté comme norme deux ans plus tard. Il emploie des
opérations arithmétiques très simples et il peut donc être mis en œuvre dans le matériel.
DES a connu une vague d'attaques similaire à celle de la cryptographiques à clef publique. En
conséquence, en 1997, RSA Data Security, ont publié leur premier défi de décrypter un
message en clair chiffré par DES. Il a fallu 96 jours pour le casser.
Les cryptographes ont tenté d'améliorer la sécurité du DES. Triple DES , DESX et d'autres
modifications ont été développées. En Octobre 2000, un effort de quatre ans pour remplacer le
DES par une nouvelle norme, l'Advanced Encryption Standard (AES). Cette norme a été
approuvée en Décembre 2001 et elle est entrée en vigueur en mai 2002.
En résumé, la sécurité des techniques conventionnelles repose sur l'hypothèse d'avancement
limité d'algorithmes mathématiques et la puissance de calcul dans un avenir prévisible, ainsi
que sur les ressources financières limitées disponibles à un espion potentiel. Les crypto
systèmes sûrs, peu importe qu'ils soient publics ou à clef privée, seront toujours menacés par
des attaques difficiles à prévoir. Il en résulte la nécessité de réévaluer périodiquement et
crypter ou signer de nouveau certains documents, qui doivent être d'une durée de vie, tels que
les contrats, et de bien trier les informations en fonction du crypto système utilisé.

17
4.2.3. Le code de Vernam

La cryptographie classique peut fournir un chiffre incassable qui résiste aux espions ayant une
puissance de calcul illimitée, il s’agit des codes de Vernam. Le chiffrement de Vernam a été
inventé en 1917 par Gilbert S. Vernam , qui pensait qu'il allait devenir largement utilisé pour
le chiffrement et le déchiffrement automatiques des messages télégraphiques.
Le chiffrement de Vernam appartient aux algorithmes de chiffrement symétriques c’est-à-dire
à clef secrète, la même clef est utilisée pour les deux opérations, de chiffrement et de
déchiffrement. Le principe de l'algorithme de chiffrement est que si une clef aléatoire est
ajouté à un message, les bits de la chaîne résultante est également aléatoire et ne portent
aucune information sur le message. Si nous utilisons la logique binaire, sachant que Vernam a
travaillé avec un alphabet de 26 lettres, l'algorithme de chiffrement E peut s'écrire comme :
E K (M )  (M 1  K1 , M 2  K 2 ,..., M n  K n ) mod 2 (1.28)

Avec M  (M 1 , M 2 ,..., M n ) est le message à chiffré et K  ( K1 , K 2 ,..., K n ) est la clef

constituée de bit aléatoire. Le message décrypté D à partir du message chiffré C  E K (M )


est identique au message M
M  DK (C )  (C1  K1 , C2  K 2 ,..., Cn  K n ) mod 2 (1.29)
Pour que ce système soit inconditionnellement sûr, trois exigences sont imposées sur la clef:
(1) La clef doit être aussi longue que le message,
(2) la clef doit être purement aléatoire,
(3) la clef peut être utilisée qu'une seule fois.
Ceci a été démontré par Claude E. Shannon , qui a jeté les fondements de la théorie de la
communication du point de vue cryptographique et comparé les différents systèmes de
chiffrement à l'égard de leur secret. Jusqu'à 1949, lorsque son travail a été publié, le code de
Vernam était considéré comme indestructible, mais il n'a pas été prouvé mathématiquement.
Si aucune de ces conditions n'est pas remplie, la sécurité du système n’est pas garantie.
Le principal inconvénient de l'algorithme de chiffrement de Vernam est la nécessité de
distribuer une clef secrète aussi longtemps que le message, ce qui l'a empêché d’être
généralisé.

4.3. La cryptographie quantique

Les Systèmes de la cryptographie quantiques ont profité du principe d'incertitude de


Heisenberg, selon lequel, mesurer un système quantique en général, le perturbe et il donne des

18
informations incomplètes sur son état avant la mesure. Écouter un canal de communication
quantique provoque donc une perturbation inévitable, alertant les utilisateurs légitimes. On
obtient ainsi un système de cryptographie basé sur la distribution d'une clef cryptographique
aléatoire secrète entre deux parties qui ne partagent initialement aucune information secrète.
Cette clef est sécurisée contre tous les actes d’espionnage. Une fois cette clef secrète est
établie, elle peut être utilisée conjointement avec des techniques cryptographiques classiques
pour permettre aux parties de communiquer discrètement des informations utiles.

4.3.1. Le protocole BB84 sans Espion

La distribution des clefs quantiques (QKD) est née en 1984 lorsque Charles H. Bennett et
Gilles Brassard ont eu l’idée de distribuer en toute sécurité une clef de chiffrement aléatoire
en utilisant la mécanique quantique . Par conséquent, le protocole est appelé BB84.
S'appuyant sur l’idée de Stephen Wiesner à propos de l'argent infalsifiable quantique ,
Bennett et Brassard a présenté un protocole qui permet aux utilisateurs d'établir une séquence
identique et purement aléatoire de bits à deux endroits différents, tout en permettant de révéler
toute écoute avec une très grande probabilité.
Puisque la lumière se propage plus rapidement que la matière, il est naturel de se focaliser sur
les photons comme des supports d'information. La distribution des clefs quantiques (QKD)
peut utiliser plusieurs propriétés de photons dans le but de coder les informations, tels que la
polarisation, la phase, les corrélations quantiques ou la longueur d'onde. La seule exigence sur
les états quantiques est qu'ils appartiennent à des bases de l’espace de Hilbert mutuellement
non orthogonales.
Prenons le codage de polarisation, on considère deux bases : la première appelée rectiligne
est représentée par la polarisation Horizontale et Vertical H , V et la deuxième est dite
diagonale et elle est engendrée par une polarisation de 45° A et 135° D :

A 
2
H  V  et D 
2
H  V  (1.30)
2 2
Ces quatre états satisfont les relations suivantes :
H V  A D 0
H H  V V  A A  D D 1 (1.31)

2 2 2 1 2
H A  H D  V A  V D 
2
Toutes les mesures effectuées dans la base diagonale (rectiligne) pour des photons préparés
dans la base rectiligne (diagonale) donneront des résultats aléatoires avec des probabilités

19
égales. D'autre part, les mesures effectuées dans une base identique à celle de préparation des
états produiront des résultats déterministes.
Au début, les deux parties qui souhaitent communiquer, traditionnellement appelé Alice et
Bob conviennent que, par exemple, H et A représentent la valeur «0» du bit, et V et D

présentent «1». Maintenant, Alice, l'expéditeur génère une séquence de bits aléatoires qu'elle
veut transmettre, et de manière aléatoire, indépendamment pour chaque bit elle choisit sa base
de codage, rectiligne ou diagonale. Physiquement, cela signifie qu'elle transmet des photons
dans les quatre états de polarisation H , V , A et D avec des fréquences également

réparties. Par la suite, Bob reçoit ces photons et utilise un filtre pour les lire. Néanmoins,
certains photons seront inutiles ; ce sont les photons qui ont été polarisés dans une base
différente de celle qui a été utilisée pour les lire. Ces photons ne doivent pas être pris en
compte dans la clef. Pour ce faire, un canal, qui peut être public, est utilisé entre Alice et Bob
pour déterminer quels sont les photons inutiles.
Cette étape s’appelle le sifting. Un point critique dans cette étape est le fait que le canal public
ne peut être contrôlé par un espion. De ce fait, un espion peut écouter ce canal mais ne peut
modifier le contenu qui y passe. Par la suite, Alice et Bob réduisent la différence entre leurs
clefs et diminuent les connaissances de l’espion Eve. Beaucoup de photons envoyés par Alice
seront perdus. Ceci ne met pas à mal le protocole BB84, l’envoi de la polarisation d’un
photon ainsi que sa lecture sont très rapides. Toutefois, il faut prendre en considération qu’il
faut envoyer un nombre important de photons pour avoir une clef suffisamment grande. Le
fait qu’il soit possible de perdre des photons est la raison pour laquelle la mécanique
quantique n’est pas utilisée pour assurer la transmission de messages, mais uniquement pour
la transmission sécurisée de la clef.
Le protocole est décrit dans la Tableau 1.1 :

0 1 1 0 0 1 0 1
       
A D V H H D H D
       
A R V R R R Lost D
      - 
OK - OK - - - - OK
0 - 1 - - - - 1

20
Tableau 1.1: Le Protocole BB84. 1ère ligne : les Bits Aléatoire d’Alice, 2ème Ligne : les bases aléatoire
de polarisation des photons «  » la base rectiligne et «  » la base diagonale utilisé par Alice, 3ème
ligne : polarisation effective des photons émis, 4ème ligne : les bases aléatoire de détection utilisé par
Bob, 5ème ligne : polarisation des photons détectés R pour les résultats aléatoires, 6ème ligne: Bob
annonce publiquement ses bases d'évaluation, 7ème ligne : la réponse d’Alice vis-à-vis des bases de
mesure, 8èmeligne : la clef cryptographique.

4.3.2. Théorème de non clonage quantique

La condition indispensable pour que la méthode de cryptographie quantique soit parfaitement


sûre est que l'espion ne puisse pas reproduire (cloner) l'état de la particule envoyée par Bob a
Alice tout en conservant pour lui le résultat de sa mesure, ce qui rendrait l'interception du
message indétectable. Que ceci ne soit pas possible est garanti par le théorème de non clonage
quantique.
Théorème Soient  un état quelconque et u l’etat clonant. Il n’existe pas de

transformation qui permette de cloner parfaitement  ;

C’est à dire : il n’existe pas de U :        E tel que


U  u    

4.3.3. Le protocole BB84 avec Espion

Dans ce qui suit on va appeler Eve (E), un espion qui essaierait de connaitre la clef
échangée entre Alice et Bob.
On suppose qu’Eve ne peut pas modifier les messages échangés sur le canal classique par
Alice et Bob et ne coupe pas le canal quantique. Le but principal d’Eve est de connaitre la clef
transmise par Alice à Bob, d’une façon discrète, cependant la mesure des photons porteurs des
bits ou leurs transformation est obligatoire pour obtenir une information quelconque, c’est ici
que la mécanique quantique intervient : toute mesure d’un état le perturbe, Eve pourra donc
être détectée par Alice et Bob.
Selon l’attaque utilisée, Eve pourra retirer une certaine quantité d’information; Bob en aura
alors d’autant moins.
Nous pourrons calculer la probabilité d’erreur maximale acceptée par Bob et Alice avant
d’abandonner le protocole. En effet, à partir de leur clef échangée, Alice et Bob utiliseront
une partie de leurs photons, compareront les états de polarisation mesurés et détermineront
alors cette probabilité d’erreur, donnée par :

21
nombre de résultats différents
Perr  (1.32)
nombre de photons
La théorie de l’information définit les informations mutuelles, I AB (entre Alice et Bob) et I AE

(entre Alice et Eve). Ces deux quantités sont calculées à partir de cette Perr . La Perr limite est

la probabilité pour laquelle I AE  I AB .

Alice et Bob acceptent d’échanger leur clef si I AE  I AB , c’est à dire qu’Eve ait moins
d’information que Bob.
Dans ce qui suit, on va étudier deux types d’attaques : l’interception-émission et les attaques
de clonage.
Lors d’une attaque de clonage cohérente, Eve utilise une sonde pour enregistrer dans une
mémoire quantique chaque Qubit (polarisation d’état quantique). En accord avec le théorème
de non-clonage, les enregistrements ne sont pas des copies parfaites des Qubit. Le fait
d’utiliser des mémoires quantiques permet à Eve d’attendre l’étape de réconciliation des bases
entre Alice et Bob. Ce type d’attaques est donc très efficace par rapport aux attaques
d’interception- émission, mais nécessite des composants n’existant qu’au plan théorique .
Les attaques d’interception-émission consistent en l’intervention d’Eve sur chaque photon, les
uns après les autres de façon séquentielle. Ce type d’attaques peut être étudié classiquement
en évaluant l’information mutuelle retirée par Eve, d’une part, et celle possédée par Bob .

4.3.4. L’attaque interception- émission

Eve, placée entre Alice et Bob, intercepte avec une probabilité  le photon émis par Alice,
mesure son état et renvoie ensuite en direction de Bob un photon préparé dans l’état
dépendant du résultat de sa mesure. A la place des photons non interceptés (probabilité
complémentaire 1   ), Eve choisit aléatoirement le symbole constituant sa clef.
L’intervention d’Eve est alors répétée pour chaque photon (Figure 1.2).

22
Figure 1.2: Synoptique de l’attaque interception- émission.

Soient x l’état de polarisation qu’envoie Alice, y ce que reçoit Bob et z ce qu’espionne

Eve. Les valeurs possibles de x, y et z sont : x, y, z  0,1


L’information mutuelle entre Alice et Bob est :
p( x, y)
I AB  H ( A : B)   p( x, y) log 2 (1.33)
x, y p ( x) p ( y )
1
Où p( x)   y p( x, y) et p( y)  x p( x, y) . De plus on a p( x, y)  p( x) p( y / x) et p( x) 
2
On se trouve dans le cas où tous les photons qui ont été mesurés dans une mauvaise base ont
été éliminés.
L’information mutuelle entre Alice et Eve est :
p( x, z )
I AE  H ( A : E )   p( x, z ) log 2 (1.34)
x, z p ( x) p ( z )
Pour évaluer ces informations mutuelles, il est nécessaire de calculer les probabilités de
détection d’un état de polarisation connaissant l’état émis.
Si Eve commet une erreur, par exemple un 0 est mesuré par Eve alors qu’Alice a émis un 1,
deux cas se présentent ; soit Eve a mesuré le photon, soit elle ne l’a pas fait et a choisi
aléatoirement un 0 un 1 constituant sa clef.
Si elle l’a mesuré, elle a une probabilité  de choisir d’intercepter le photon, une probabilité
1
de choisir la bonne base. Si elle a choisi la bonne base, elle a une probabilité nulle de
2

23
1
détecter le 0. Si au contraire elle a choisi la mauvaise base, elle a une probabilité d’obtenir
2
un 0. La probabilité d’Eve de détecter le 0 alors qu’Alice a émis un 1 est :
1 1
Pint ercepté (1 / 0)    0   (1.35)
2 2
Si Eve n’intercepte pas le photon :

Pnonint ercepté (1 / 0)  1   
1
(1.36)
2
De la même façon :
1 1
Pint ercepté (0 / 0)   1   (1.37)
2 2

Pnonint ercepté (0 / 0)  1   
1
(1.38)
2
Par symétrie, les probabilités conditionnelles entre Alice et Eve s’écrivent :
1 
PAE (1 / 0)  PAE (0 / 1)   (1.39)
2 4
1 
PAE (1 / 1)  PAE (0 / 0)   (1.40)
2 4
PAB (0 / 0) : Probabilité que Bob mesure un 0 sachant qu’Alice a envoyé un 0. Deux cas se
présentent. Soit Eve a mesuré le photon, soit elle ne l’a pas mesuré avant de l’envoyer à Bob.
Si Eve fait la mesure :
1  1  1 1 
Pmesure_ faite (0 / 0)   1     (1.41)
2  2  2 2 
1
Elle a une probabilit´e  de choisir de faire la mesure, une probabilité de choisir la bonne
2
base. Si elle choisit la bonne base, elle renvoie le bon photon et Bob a une probabilité 1
1
d’avoir un 0 ou si elle choisit la mauvaise base, elle a une probabilité d’obtenir un 0 ou un 1
2
1
et dans chacun de ces cas, Bob a une probabilité de recevoir un 0.
2
Si Eve ne fait pas de mesure :
Pmesure_ non_ faite (0 / 0)  1   1 (1.41)

Elle a une probabilité 1    de choisir de ne pas faire la mesure et Bob a une probabilité de 1
d’obtenir un 0.

24
3
P (0 B / 0 A )  1   
22


P(0 B / 0 A )  P(1B / 1A )  1  (1.42)
4
Par le même raisonnement on peut calculer la probabilité que Bob reçoive un 1 sachant
qu’Alice a envoyé un 0 et on trouvera :


P(1B / 0 A )  P(0 B / 1A )  (1.43)
4

Les équations (1.32) et (1.33) deviennent :

1  2    2 
I AE  log 2 1    log 2   (1.44)
2  4  4  2  

   4 
I AB  log 2 1    log 2   1 (1.45)
 2 4  

1,0
I(AB)

0,8
Mutual Information

0,6

0,4

0,2

I(AE)
0,0
0,0 0,2 0,4 0,6 0,8 1,0
Attack probability 

Figure 1.3: Information mutuelle entre Alice, Bob et Eve lors d’une attaque interception-émission en
fonction de la probabilité d’attaque.

25
1,0
I(AB)

0,8
Mutual Information
0,6

0,4

0,2

I(AE)
0,0
0,00 0,05 0,10 0,15 0,20 0,25
Error probability

Figure 1.4: Information mutuelle entre Alice, Bob et Eve lors d’une attaque interception-émission en
fonction de la probabilité d’erreur..

Le bruit étant la probabilité d’erreurs qu’engendre la mesure effectuée par Eve. Ce bruit est la
somme des différences des probabilités qu’Alice envoie tel état et que Bob reçoive tel état à
  0 et celles à  . Donc,

   
 1  1     
bruit  p(0,0)  0  p(0,0)   0  p(1,0)  0  p(1,0)   0          0    (1.46)
 2  2 8   8 4

4.3.5. Les attaques de clonage

Alice envoie un photon dans un état quantique  (c’est à dire soit H , soit V , soit D ou

soit A ). Eve va créer un clone de chaque photon transmis et renvoie un photon (supposé

identique) à Bob. Remarquons qu’Eve n’a pas encore fait de mesure et n’a donc pas choisi de
base. Ensuite, Alice et Bob se communiquent leurs bases et ne gardent que celles qu’ils ont en
commun. Eve, ayant écouté cela, peut donc choisir à chaque fois la bonne base pour mesurer
ses photons, ce qui représente déjà un gros avantage par rapport à la première attaque.
Cette attaque serait sans défaut si l’on pouvait cloner parfaitement des états quantiques. Mais
à nouveau, la m´mécanique quantique introduit la restriction suivante.
Selon le théorème de non-clonage et comme l’état envoyé est inconnu, il est impossible de
cloner parfaitement un état.
Comme toutes les bases ont été choisies, nous pouvons choisir une base unique de notre
espace des états. Prenons la base orthonormée  0 , 1  .

26
Eve utilise pour le clonage un état, appelons-le 0 E
. Elle reçoit d’Alice l’état

 A
 0 A
ou  1 A
. Ce dernier va interagir avec le photon-clone 0 E
.

Dans l’espace tensoriel  A   B , l’état que reçoit Eve est donc  A


0 E.

Eve va alors utiliser l’opérateur U :  AE   AE , défini par :


U 0 A
0 E
 0 A
0 E
(1.47)

U 1 A
0 E
 1 A
1 E
(1.48)

Donc, U copie dans  E le photon d’Alice.

Constatons que cela ne fonctionne pas si l’état reçu n’est pas perpendiculaire à 0 E
.

Rappelons que 0 E
est choisi une fois pour toutes par Eve au départ et n’est donc pas

nécessairement perpendiculaire aux états arrivants.


Définissons les bases x, y et z tel que :
La base z (polarisation verticale/horizontale) :
0 z
,1 z
 (1.49)

La base x (polarisation diagonale/anti-diagonale) :


0 1
0 x
 z z
(1.50)
2
0 1
1 x
 z z
(1.51)
2
La base y :

0 i1
0 y
 z z
(1.52)
2
0 i1
1 y
 z z
(1.53)
2
Proposition: La meilleure transformation unitaire de clonage est
U :  AE   AE défini dans la base y par


U 0 yA
0 yE
 0 yA
0 yE
(1.54)

U 1 yA
0 yE
  cos  1 yA
0 yE
 sin  0 yA
1 yE
(1.55)

Où   0,   est un paramètre contrôlé par Eve et mesure la force de l’attaque.


 2

27
Après le clonage, Eve garde le photon qui appartient originellement à son espace  E , et

renvoie à Bob le photon qui appartenait à  A .


Pour calculer cette information mutuelle, nous déterminons la probabilité que Bob reçoive
l’état  B
sachant qu’Alice a envoyé l’état  A
 0 1  Ce qui revient à calculer
2
B
 BE
(1.56)

Avec
 BE
 AE
U   A
0 E
 c 00 00  c10 10  c01 01  c11 11 (1.57)

Le photon-clone utilisé par Eve est préparé dans la base y et le photon envoyé par Alice est
soit dans la base x , soit dans la base z .
Intéressons-nous d’abord au cas où le photon envoyé par Alice est dans la base z et
effectuons nos calculs dans la base y .

0
 A
 z
(1.58)
1 z

Les transformations de base donnent


0 i1 0 i1
0 x
 z z
et 1 x
 z z
(1.59)
2 2
1 1
0 z

0 y

2
y
et 1 z

0 y

i 2
y

i
2
 0 y
1 y
 (1.60)

Déterminons P0 / 0 la probabilité que Bob reçoive un 0 sachant qu’Alice a envoyé un 0


On calcule tout d’abord l’action de la transformation de clonage :
 0 y1y
0 zA 0 zE  
 2
  0  1 00  10
 y
2 y
 y
 (1.61)
 

 U 0  0   U  12  00  10  (1.62)
 
AE zA yE y y

 AE

1
2
 00  cos  10 y
 sin   01 y
 (1.63)

 B
 0 zB
1
2
0 y
1 y
 (1.64)

Donc
2
P (0 B / 0 A )  B
0z  BE
(1.65)

28
B
0z  BE

1
2

0y 1y  0 yB
0 yE
 cos  10 y
 sin   01 y
 (1.66)

B
0z  BE

1
2
0  y
 cos  0 y
 sin   1 y
 (1.67)

1
1  cos 2  sin 2  1  cos 
 
2
P (0 B / 0 A )  B
0z  BE
 (1.68)
4 2
De la même façon on trouve que
1  cos  1  cos  
P(0 B / 0 A )  P(1B / 1A )  et P(0 B / 1A )  P(1B / 0 A )  (1.69)
2 2
Pa la suite l’information mutuelle entre Alice et Bob est :

I AB 
1
1  cos log 2 1  cos   1  cos log 2 1  cos  (1.70)
2
Déterminons P0 / 0 la probabilité que Eve reçoive un 0 sachant que Alice a envoyé un 0

 E
 0 zE
1
2
0 y
1 y
 (1.71)

Donc
2
P(0 E / 0 A )  E
0z  AE
(1.72)

E
0z  AE

1
2

0y 1y  0 yA
0 yE
 cos  10 y
 sin   01 y
 (1.73)

E
0z  AE

1
2
0 y
 sin   0 y
 cos  1 y
 (1.74)

1
1  sin 2  cos 2  1  sin 
 
2
P (0 E / 0 A )  E
0z  AE
 (1.75)
4 2
De la même façon on trouve que
1  sin   1  sin  
P(0 E / 0 A )  P(1E / 1A )  et P(0 E / 1A )  P(1E / 0 A )  (1.76)
2 2
Pa la suite l’information mutuelle entre Alice et Bob est :

I AE 
1
1  sin log 2 1  sin   1  sin log 2 1  sin  (1.77)
2

29
1,0 I(AE)
I(AB)

0,8

Mutual Information
0,6

0,4

0,2

0,0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90
The angle  (in degrees)

Figure 1.5: Information mutuelle entre Alice, Bob et Eve lors d’une attaque de clonage en fonction de
l’angle de clonage.

1,0
I(AE)

I(AB)
0,8
Mutual Information

0,6

0,4

0,2

0,0
0,0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5
Error probability

Figure 1.6: Information mutuelle entre Alice, Bob et Eve lors d’une attaque de clonage en fonction de
la probabilité d’erreur.

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