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Types de focalisation du narrateur

Le document présente les différents types de focalisation narrative : zéro, interne et externe, en expliquant leurs caractéristiques et le statut du narrateur. La focalisation zéro implique un narrateur omniscient, tandis que la focalisation interne adopte le point de vue d'un personnage, et la focalisation externe décrit les actions sans accès aux pensées des personnages. Un tableau récapitulatif et des exercices d'identification des points de vue sont également fournis.

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Types de focalisation du narrateur

Le document présente les différents types de focalisation narrative : zéro, interne et externe, en expliquant leurs caractéristiques et le statut du narrateur. La focalisation zéro implique un narrateur omniscient, tandis que la focalisation interne adopte le point de vue d'un personnage, et la focalisation externe décrit les actions sans accès aux pensées des personnages. Un tableau récapitulatif et des exercices d'identification des points de vue sont également fournis.

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Focalisation zéro

Dans le cas de la focalisation zéro, le narrateur en sait plus que tous les
personnages présents, il n’y a aucune restriction de champ. On parle alors
d’un narrateur omniscient (= qui sait tout), narrateur forcément extradiégétique :
la diégèse signifiant l’histoire, un narrateur extradiégétique est un narrateur
extérieur à l’histoire. A noter encore : la narration se fait alors à la troisième
personne (« il »).
Le narrateur renseigne ainsi le lecteur sur tout : le passé, le présent ou même
l’avenir de ses personnages n’ont aucun secret pour lui. Il lui est également très
facile de rentrer dans la tête de ses personnages et d’exposer les pensées les
plus intimes de chacun.

Focalisation interne
La focalisation interne désigne une histoire narrée à partir d’une perspective
limitée, qui adopte souvent le point de vue d’un personnage appartenant à l’histoire.
Dans ce cas précis, on parle de narrateur homodiégétique (= qui fait partie de
l’histoire). La focalisation interne s’observe souvent dans les jeux vidéo, par
exemple Call of duty, où le joueur est un soldat et voit à travers ce que voit le soldat.

En cas de focalisation interne, la narration peut être conduite à la première


personne (« je ») ou à la troisième personne (« il »).

Narration à la troisième personne

Le narrateur, en tout état de cause, n’expose que des informations à disposition


du personnage. Puisque le point de vue est limité à la perception d’un seul
personnage, le passage peut être réécrit à la première personne.

Focalisation externe
En cas de focalisation externe, la narration fonctionne comme une caméra au
cinéma : elle se contente de décrire ce qu’il se passe, sans faire accéder le lecteur
aux pensées ou aux sentiments du ou des personnages. Vous l’aurez compris, ici, le
narrateur est… extradiégétique (soit, une narration à la troisième personne). Le
narrateur en dit même moins que ce que sait le personnage lui-même.

Tableau récapitulatif
Savoir du
Statut de
Type de narrateur par Pronom personnel
Statut du narrateur la
focalisation rapport au associé
narration
personnage

Externe N<p Extradiégétique « Il » Objective


Savoir du
Statut de
Type de narrateur par Pronom personnel
Statut du narrateur la
focalisation rapport au associé
narration
personnage

Interne N=P Extradiégétique ou « Il » ou « Je » Subjective


homodiégétique (narrateur- (narrateur-
personnage) personnage)

Zéro N>P Extradiégétique « Il » Objective

Exercices
Voici une liste d'extraits utilisant différents points de vue : à vous de les reconnaître.

1/ Point de vue …............ :

L'homme élégant est descendu de la limousine, il fume une cigarette anglaise.


Il regarde la jeune fille au feutre d'homme et aux chaussures d'or. Il vient vers
elle lentement. C'est visible, il est intimidé. Il ne sourit pas. Tout d'abord, il lui
offre une cigarette. Sa main tremble.

2/ Point de vue …............ :

Il se mit à étudier la position de la comtesse, et tomba dans une de ces


méditations auxquelles se livrent les grands politiques en concevant leurs
plans, en tâchant de deviner le secret de cabinets ennemis. Les avoués ne
sont-ils pas en quelque sorte des hommes d'État, chargés des affaires
privées ? Un coup d'œil jeté sur la situation de monsieur le comte Ferraud et
de sa femme est ici nécessaire pour faire comprendre le génie de l'avoué.
Balzac, Le colonel Chabert, 1832

3/ Point de vue …............ :

Il était à peu près onze heures du matin, on arrivait à la mi-octobre et, sous le
soleil voilé, l'horizon limpide des collines semblait prêt à accueillir une averse
carabinée. Je portais mon complet bleu poudre, une chemise foncé, une
cravate et une pochette assorties, des souliers noirs et des chaussettes de
laine à baguette bleu foncé. J'étais correct, propre, rasé, à jeun et m'en
souciais comme un guigne. J'étais, des pieds à la tête, le détective privé bien
habillé. J'avais rendez vous avec quatre millions.
Raymond Chandler, Le grand sommeil, 1939

4/ Point de vue …............ :


Des lettre de feu dansaient. (…) L'amie de Tranquillité les regardait, elle avait
peur, et elle aussi était émerveillée. C'était vraiment de beaux papillons.

5/ Point de vue …............ :

Resté dans l'angle, derrière la porte, si bien qu'on l'apercevait à peine, le


nouveau était un gars de la campagne, d'une quinzaine d'années environ, et
plus haut de taille qu'aucun de nous tous. Il avait des cheveux coupés droit sur
le front, comme un chantre de village, l'air raisonnable et fort embarrassé.
Quoiqu'il ne fut pas large des épaules, son habit-veste de drap vert à boutons
noirs devaient le gêner aux entournures et laissait voir, par la fente des
parements, des poignets rouges habitués à être nus. Ses jambes, en bas
bleus, sortaient d'un pantalon jaunâtre très tiré par les bretelles. Il était
chaussé de souliers forts, mal cirés, garnis de clous.
Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857

6/ Point de vue …............ :

Elle était grande et bien faite, selon de généreux critères sa carnation devait
posséder la saveur de la crème fraiche qu'elle évoquait, et sa bouche enfantine
la saveur des fraises. Sous la masse de ses cheveux couleur de nuit, enroulés
en vagues suaves, ses yeux verts brillaient, immobiles comme ceux des
statues et, comme eux, un peu cruels. Elle avançait lentement en faisant
onduler son ample jupe blanche. Toute sa personne exprimait le calme
invincible de la femme sûre de sa beauté. Ce n'est que plusieurs mois après
qu'on l'apprit : au moment de son entrée victorieuse, elle avait été sur le point
de s'évanouir d'anxiété.
Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard, 1958

7/ Point de vue …............ :

L'homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d'un pas
allongé, grelotant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de
velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait
beaucoup et il le serrait contre ses flancs, tantôt d'un coude, tantôt de l'autre,
pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains
gourdes que les lanières du vent d'est faisaient saigner. Une seule idée
occupait sa tête vide d'ouvrier sans travail et sans gîte, l'espoir que le froid
serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi,
lorsque sur la gauche à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux
rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D'abord, il
hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se
chauffer un instant les mains.
Emile Zola, Germinal, 1885

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