Aphasiologie et dysarthrie
Chapitre 1 : Introduction et notion de base
Aphasie : trouble du langage qui va engendrer des troubles de la communication
Dysarthrie : trouble du langage qui va engendrer des troubles de la communication
Distinction langage, parole et communication
Canal aérien : fais la transmission de ce qu’on pense à la sélection des phonèmes (élaboration
de l’énoncé)
Signe linguistique : union d’un signifiant et d’un signifié dans un rapport de signification,
cette relation est arbitraire
Chez les patients aphasiques, on a du mal à comprendre ou a produire des signes
linguistiques. On évalue donc la compréhension et la production en modalité orale et écrite, et
dans plusieurs niveaux (phonétique, phonologie, lexical, morphologique, syntaxique,
sémantique, pragmatique)
Deux versants du langage :
1. Compréhension (signifiant vers le sens)
2. Production (sens vers le signifiant)
Organisation neurolinguistique : le langage possède 4 unités et 3 niveaux d’articulations
- Traits phonétiques
- Phonèmes
- Morphèmes
- Syntagmes
Notion du graphème : équivalent écrit du phonème
« QU » = k / « PH » = f
« AIN »
« O » = /o/ ou /O/
Neurologie et langage :
Le langage est latéralisé dans l’hémisphère gauche pour la plupart des gens
Chez certains gauchers, le langage est traité dans l’hémisphère droit
Les ambidextres sont latéralisés souvent des deux hémisphères
L’hemispère droit contribue à la compréhension de ce qui n’est pas littéral dans un message
(métaphores, humour, sens implicite, prosodie, …)
Étude des patients aphasiques a débuté au milieu du XIXè siècle :
Paul Broca avait constaté qu’une petite région de l’hémisphère gauche (appelée aire de Broca)
engendrait des difficultés langagières en production mais pas en compréhension
Carl Wernicke a décrit, quelques années plus tard, des
patients qui avaient perdu les capacités de compréhension
langagière mais pas d’articulation. Cela résultait d’une
atteinte d’une région de l’hémisphère gauche (appelée aire
de Wernicke)
Pôle antérieur : expression motrice
Pôle postérieur : réception
Faisceau arquée : répétition
De nos jours :
Apport de l’imagerie cérébrale et des techniques médicales (ex : chirurgie éveillée)
Il y a donc un abandon de l’idée de centres de langage car les appellations sont actuellement
trop peu précises et les études actuelles remettent en question l’association systématique des
tableaux cliniques des aphasies à la localisation cérébrale des lésions
→ Au profit de l’idée d’une combinaison de réseaux corticaux et sous-corticaux complexes.
Ces réseaux sont dynamiques, distribués et simultanés.
Création d’un nouveau modèle neuro-anatomique hodotopique
Voie dorsale (phonémique) :
Voie d’intégration sensori-motrice, sous-tend la répétition et constitue l’interface entre les
représentations auditives et motrices du langage, serait latéralisée à gauche
Voie ventrale (sémantique) :
Voie lexico-sémantique, sous-tend la compréhension du langage (reconnaissance des
phonèmes et accès aux informations auditives phonologiques jusqu’à l’accès aux concepts
lexico-sémantiques), serait bilatérale
Modèle du langage : compréhension de la cognition humaine et des processus de traitement
via des recherches réalisés
Deux postulats. :
1- Modularité : chaque boite fonctionne toute seule (autonome) mais sont interactives
2- Transparence : le comportement altéré d’un patient cérébrolosé est le reflet de
l’atteinte d’un élément du système de traitement de l’information (le reste fonctionne
bien)
Mise en évidence de différents modules grâce à l’observation des doubles dissociations (ex :
compréhension + mais répétition -)
Hillis et Caramaza : cadre de référence pour la production et la compréhension des mots isolés
(niveau lexical et sémantique)
Les composantes fonctionnent de manière autonome, sont organisés de manières hiérarchique
et sont interactives.
4 postulats :
1- La connaisance de la forme d’un mot est représenté séparément de la connaissance du
sens du mot
2- La connaissance de la forme phonologique d’un mot est représentée séparément de la
connaissance de sa forme orthographique
3- L’information sur le sens d’un mot est utilisée chaque fois qu’un mot doit être compris
ou produit alors que la forme phonologique ou orthographique n’est utilisée que
lorsqu’on doit reconnaître ou produire le mot à l’oral OU à l’écrit
4- La reconnaissance (entrée) et la production (sortie) des mots reposent sur des
processus différents (=double dissociation)
On ne sollicite pas le lexique phonologique quand on écrit
Les lexiques traitent les mots et non les pseudomots
Lexique phonologique d’entrée (LPE) = répertoire de la représentation phonologique (= forme
sonore globale abstraite composée d’une séquence phonémique) des mots connus de la
langue.
→ Il intervient pour identifier un mot entendu de la langue, détecter si le mot entendu est un
mot de la langue ou pas
Lexique phonologique de sortie (LPS) = répertoire des formes phonologiques des mots
activées lors de la production d’un mot
Lexique orthographique d’entrée (LOE) = répertoire des représentations orthographiques (=
séquence de lettres/graphèmes) des mots connus.
→ Il intervient pour identifier un mot écrit de la langue, détecter si le mot écrit est un mot de
la langue ou pas
Lexique orthographique de sortie (LOS) = répertoire de la représentation orthographique (=
informations concernant la séquence de lettres / graphèmes) des mots.
→Il intervient pour la production écrite d’un mot
Système de description structurale = répertoire des objets connus par le sujet
Procédures de conversions (3)
1- Conversion acoustico-phonologique (on entend puis on produit)
2- Conversion grapho-phonémique
3- Conversion phono-graphémique
Ils sont systématiquement utilisés avec des pseudomots
Attention !! On parle de la régularité orthographique UNIQUEMENT en modalité écrite
Voie d’assemblage : déchiffre de manière grapho-phonemique (logatome/pseudomots)
Voie d’adressage = voie lexicale : directe, lexique orthographique
Inverse pour une tache de dictée de mots
Il s’agit du principe de transparence
Variables psycholinguistiques : fréquences, familirité, longueur, imageabilité, …
Plus la fréquence et la familiarité sont faibles, plus le seuil d’activation met du temps
La familirité c’est l’estimation subjective de la fréquence d’un concept
Chapitre 2 : Aphasiologie – principes d’évaluation
Vidéo
Patient 1 : ne retrouve pas ses mots, ne se souvient plus de son âge, n’arrive pas à sortir les
mots comme elle le souhaite (mauvaise production), confond certains phonèmes, une
mauvaise compréhension parfois, utilise des termes génériques et mots de remplissages, elle a
du mal à passer à autre chose (persévération), elle est consciente de ses erreurs
Patient 2 : ne répond pas du tout aux questions posés, sûrement mauvaise audition, pas de
compréhension, mauvaise production, il ne se rend pas compte qu’il n’est pas. Compris, pour
lui ce qu’il dit est tout à fait correcte,
Aphasie : ensemble des troubles de la communication par le langage secondaire à des lésions
cérébrales acquises entraînant une rupture du code linguistique.
Trouble de la production/compréhension orale ou écrite. Trouble du langage
Les aphasies résultent d’une atteinte acquise du SNC
Ethiologie de l’aphasie : cause de l’aphasie
AVC ischémique ou hémorragique
Traumatisme crânien
Tumeur cérébrale
Épilepsie
Maladie neurodégénérative
Pathologie inflammatoire
Pathologie infectieuse
!!!IMPORTANT !!!!
Distinction importante entre une atteinte focale (la lésion est délimité dans le cerveau, ex :
AVC) et une atteinte progressive (la lésion est éparpillée, on ne sait pas depuis quand les
lésions sont là)
La prise en charge est différente selon si elle est focale ou progressive
1. Phase aiguë : juste après la lésion cérébrale, patient est fatigable, tableaux parfois
sévères car les symptômes sont le reflet de la lésion cérébrale mais également de
l’œdème et d’un éventuel état confusionnel
2. Phase subaiguë : dure plusieurs semaines voire mois, le patient est soit hospitalisé
pour une revalidation ou à domicile, certains symptômes se résorbent
3. Phase chronique : mois voire année après, le patient va devoir compenser et
réorganiser ses fonctions cognitives pour pouvoir s’adapter à son milieu de vie
3 à 6 mois suivant la lésion est la période offrant le plus de possibilités de progrès significatifs
La récupération spontanée diminue au fur et à mesure de l’éoignement de la date de la lésion
mais ne s’arrête pas définitivement
Le langage n’est pas une fonction cérébrale unitaire -> aphasie est donc rarement isolée
Complexité pour l’évaluation et la prise en charge
Troubes associés :
Apraxie : Incapacité a excécuté des mouvements volontaires sans lésions motrices ou
sensorielles
Labilité émotionnelle : passer d’une émotion à une autre de manière très rapide
Héminegligence : néglige une partie de l’espace qui les entoure
Agnosie : incapacité de reconnaître certains stimuli auditifs ou visuels en l’absence de déficits
sensoriels
Sémiologie :
Nécessité d’une analyse des déficits (démarche logopédique)
Le descriptif varie selon les stades de l’évolution et au sein d’un meme stade selon l’état de
fatige et les variables psycho-affectives
Dissociation automatico-volontaire
Fluence = Nombre moyen de mots produits consécutivement au cours d’une meme émission
La fluence est la base de la classification en aphasiologie et donne une indication de la
localisation de la lésion cérébrale
! ATTENTION ! Ne pas confondre avec les tâches des fluences
Facteurs influençant la fluidité du discours :
Débit locutoire
Fréquences des pauses et interruptions
Agilité articulatoire
Prosodie
Élaboration thématique
Manque du mot = anomie : avoir un mot sur le bout de la langue
Difficulté, voire impossibilité à produire un mot dans différentes conditions d’énonciation
La severité est variable, l’origine l’est également
Pauses pleines : rempli par des « hhmmm »
Mots génériques : choses ; machin, truc…
Conduites palliatives : technique que le patient va mettre en place pour combler sa difficulté
(périphrase = définit le mot)
Paraphrasie : substitution du mot manquant par une autre unité produite de manière non
intentionnelle
Il existe différents types de paraphasie que l’on décrira :
1- En fonction de la forme resultante (paraphasie verbale, non verbale)
2- En fonction de l’unité substitué (phonème, morphème, mot)
Paraphasie verbale : le mot-cible est substitué par un autre mot dans la langue
Paraphasie non verbale : le mot-cible est substitué par un mmot qui n’existe pas dans la
langue
!! ATTENTION !! Chez les adultes on ne parle pas de PPS mais bien de paraphasie non
verbale phonémique
Néologisme : moins de 50% de phonèmes en commun avec le mot-cible
Indice de proximié phonémique :
2x nombre de phonèmes partagés avec la cible /
(Nombre de phonèmes du mot cible + nombre de phonèmes du mot
Exercice sur base d’une vidéo
Mot-cible : sécateur
Rose : paraphasie verbale semantique attributive
Site : paraphasie verbale sans relation
Sitetoeur : paraphasie non verbale (10/14) = 0,71 : phonémique
Setisatoeur : paraphasie non verbale phonémique (12/16) =0,75
Mot-cible : caneton
Canette : paraphasie verbale formelle/ morphémique
Conduite d’approche : s’approche de plus en lus de la cible, généralement les patients sont
nosognosique, les sont conscients de leurs difficultés
Persévération : répétition involontaire d’un élément linguistique en l’absence du stimulus
original
Diminution de la diversité lexicale :
Patient fluent : morphèmes lexicaux fréquents et peu variés
Patient non fluent : diminution des verbes et mots fonctionnels
Stereotypie : le patient produit le meme segment, meme syllabe à chaque fois qu’il veut
produire des mots
Troubles de la répétition c’est la difficulté voire incapacité à répéter les mots et phrases ><
écholalie
Troubles de la compréhension auditive :
1- Altération variable (selon le patient, contexte, niveau langagier, et manifestations
diverses)
2- Surdité verbale (concerne uniquement les sons linguistiques, les sons de la langue)
Troubles du traitement syntaxique :
En compréhension et/ ou production
Agrammatisme -> langage télégraphique
Simplification et peu de diversification des structures syntaxiques
Omission de morphèmes grammaticaux libres
Omission ou sélection erronée de morphèmes grammaticaux liés
Dyssyntaxie
Longueur, complexité syntaxique et diversité des structures
Sélection innapropriée des morphèmes lexicaux ou grammaticaux libres ou liés
Agencement inapproprié des unités lexicales dans la phrase
Troubles de l’écriture et de la lecture :
Troubles de l’écriture (agraphie, dysorthographie ou dysgraphie acquise)
Troubles de la lecture (alexie ou dyslexie acquise)
Réduction de la fluence
Suppression de La fluence
Jargonnagraphie (segments inintelligibles)
Agrammatisme
Syssyntaxie
Manque du mot
Paragraphe
Agraphie centrale = altération des processus intervenant dans le traitement lexical des mots
Difficultés en épellation, écriture manuscrite, écriture clavier
Troubles articulatoires / apraxie de la parole :
Plusieurs dénominations du trouble : désintégration phonétique, anarthrie, apraxie de la
parole, ataraxie verbale, dysarthrie corticale
Atteinte de la planification motrice des mouvements articulatoires en l’absence d’une atteinte
motrice ou sensorielle de l’appareil articulatoire
Difficultés présente dans toutes les situations de productions
Régulièrement mais pas necessairement associés à une apraxie blf (bucco-lingo-faciale)
Planification motrice de la parole : KO mais les nerfs et muscles : OK
!! À DISTINGUER DES DYSARTHRIES !!
Expression laborieuse, syllabé, quasi-absence de prosodie avec des mouvements
articulatoires exagérés
Manifestations de l’apraxie de la parole :
- Réalisation inadéquate des phonèmes de la langue : production de phonèmes proches
de la cible ou de phonèmes n’appartenant pas au répertoire phonétique de la langue
(influence de la longueur du mot)
- Variabilité des distorsions phonétiques
- Atteinte prosodique (faux départs, latences, autocorrections…)
Notions associées : dissociation automatico-volotaire ; apraxie blf ; dysprosodie
Classification traditionnelle des aphasies :
Classifications basées sur les corrélations anatomo-cliniques :
- Lésions dans les régions temporales postéro-superieures -> aphasie de wernicke
(compréhensions KO)
- Lésions dans les régions frontales inférieures -> aphasie de broca (production KO)
- Lésions de la substance blanche touchant les deux régions -> répétition KO
Aphasiologie de Boston (Goodglass et Kaplan, 1972)
- Aphasies fluentes : nombre de mots émis par production est dans la norme
- Aphasies non fluentes : réduction quantitative par production langagière
1- Aphasie de Broca
Dichotomie neuroanatomique :
- Lésion pré-ralandique (aphasie non fluente)
- Lésion post-rolandique (aphasie fluente)
Identification des syndromes via les taches de production verbale spontanée/ dénomination,
compréhension auditive et répétition
- Réduction très importante des productions verbales (mutisme, stéréotypie, expressions
automatiques, évolution vers le langage non fluent)
- Trouble articulatoire (dissociation automatico-volontaire)
- Dysprosodie
- Manque du mot (paraphasie semantique et ponemique)
- Agrammatisme
- Apraxie blf
- Répétition des mots altérée
MAIS, la compréhension est presevée, difficultés de compréhension des énoncés syntaxique
ment complexes
- Nosognosie systématique des troubles (conscient de ses troubles)
- Déficit moteur +- sévère de l’hemicorps droit (hémiplégie/ parésie)
- Apraxie des mémères supérieurs
2- Aphasie transcorcorticale motrice
- Écholalie (répéter a chaque fois ce qu’on luit dit)
- Production verbale non fluente
- Pas de trouble articulatoire
- Pas d’agrammatisme
- Dénomination quasi normale (mais latence ++) mais manque du mot du langage
spontané
- Défaut d’initiation de la parole
Lesion frontale dorso-latérale : réflexe de préhension controlatérale léger, parationie, parésie
ataxique
Lesion sous-corticale : hypophonie, dysarthrie, hémiparesie
Aboulie= manque de spontéinté motrice et communication elle
Bonne compréhension auditive
3- Aphasie de wernicke
- Expression fluente, voire hyperfluente et logorréhique
- Articulation OK
- Jargonaphasie
- Énoncés structurés mais dyssyntaxie
- Persévérations
- Pas de dissociation automatico-volontaire
- Compréhension auditive alternée
- Répétition très altérée
- Anognosie initiale des roubles de la compréhension et du caractère jargonaphasique
des productions
- Déficit du champ visuel
4-
5- Aphasie transcorticale sensorielle
- Expression fluente
- Manque du mot
- Réduction qualitative (vide de sens)
- Compréhension auditive et écrite altérée
- Conversation > mots isolés
- Répétition préservée, souvent excellente, parfois écholalie
- Déficit du champ visuel
- Agnosie visuelle, alexie
- Éventuel déficit exécutif
- Anosognisie initiale des troubles
6-
7- Aphasie de conduction
- Expression fluente
- Énoncés bien structurés sur le plan grammatical
- Manque du mot
- Compréhension auditive et écrite relativement préservée
- Présence d’un effet de longueur
- Répétition impossible ou très déficitaire des phrases et parfois aussi des mots ->
paraphasies phonémiques + conduites d’approche
- Hémipapresie lorsque la substance qui sous-tend l’aire motrice dans le lobe frontale
est atteinte
- Hémianopsie lorsque la lésion est très postérieure
- Nosognosie fréquente
8-
9- Aphasie anomique
- Expression fluente
- Articulation intacte
- Syntaxe intacte
- Manque du mot important
- Compréhension auditive et écrite préservée
- Répétition intacte
10-
11- Aphasie globale
- Aphasie sévère la plus sévère
- Expresssion verbale inexistante (mutisme) ou réduite à un stéréotype
- Compréhension gravement altérée
- Répétition impossible
- Hémiplégie et hémiparesie
- Apraxie
- Hémianopsie
- Instabilité posturale
12- Aphasie transcorticale mixte
Cas particuliers d’aphasies :
- Surdité verbale
- Aphasie croisée : secondaire a une lésion siégeant dans l’hémisphère ipsilateral a la
main dominante
- Aphasie sous-corticale : secondaire a une lésion sous-corticale
- Aphasie chez les patients bilingues : récupération sélective, parallèle, différentielle,
mixte, successive, antagoniste + phénomène de switching et de mixing
- Anarthrie pure : uniquement trouble articulatoire
- Alexie pure : incapacité de reconnaître des lettres et lire
Critique :
1- Pas de prise en comptes des différents niveaux linguistiques
2- Classification binaire -> interprétation subjective du clinicien
3- Chaque syndrome = ensemble de symptômes généralement associés mais y’a un des
symptômes ne doit pas être présent pour le diagnostic d’un syndrome ou l’autre soit
présent
4- Les symptômes ne sont pas toujours stables dans le temps
5- Chaque syndrome= localisation lésionnelle mais la lésion peut être plus étendue et il
existe de nombreuses exceptions !
6- Existence de syndromes atypiques
7- Les syndromes aphasiques ne corespondent pas a des entotés nosologiques
8- Basée sur une anatomie cérébrale dépassée (perd uniquement en compte les régions
corticales du cerveau et pas la connectivité distribuée du langage)
9- Deux patients peuvent présenter une aphasie identique alors que les mécanismes
physio-pathologiques qui les sous-tendent sont différents
Sur le plan théorique, l’usage de la taxonomie des aphasies n’est pas adapté :
- Ni pour la recherche des composantes cognitives impliquées dans les différentes
fonctions linguistiques ;
- Ni pour la recherche des bases neuro anatomiques des fonctions linguistiques
Sur le plan clinique :
- Peu d’utilité pour la localisation lésionnelle
- Peu de pertinence thérapeutique
Le diagnostic d’aphasies doit donc aller au-delà d’une simple classification et il faut
déterminer les mécanismes cognitifs et linguistiques altérés
Avantage de la taxonomie :
- Permet de communiquer de façons efficaces et synthétiques entre les cliniciens ;
- De prédire les résultats des examens de langage ;
- D’anticiper l’existence de déficit associés
Chapitre 3 : Aphasiologie – principes d’évaluation
Évaluation de l’aphasie :
Aphasie dans le cadre d’une pathologie focale est généralement rapidement détectée :
- Apparition brutale
- Observation des proches
- Troubles moteurs associés
- Données d’imagerie
Objectifs :
- Point de départ a la relation d’aide, a l’émergence de l’alliance thérapeutique et à la
démarche hyphothetico-deductive
- Objectiver la présence de troubles langagiers
- Identifier les troubles du langage et les aspects préservées
- Mesurer l’impact des troubles sur la comunication, la participation à la vie sociale et la
qualité de vie
- Définir les objectifs de la prise en charge
- Expliquer au patient l’examen et clarifier notre rôle
Rapport écrit :
- A destination du médecin prescripteur, des intervenants autorisés et explication des
résultats au patient et à ses proches
- Fait partie du dossier médicale du patient
Structure :
- Rapport doit être précis
- Doit apporter une réponse a la demande initiale
- Formulation écrite professionnel
Anamnèse et demande :
- Reformulation et analyse de la demande (raison de l’examen, examen à visée d’avis,
de diagnostic, de prise en charge)
- Plaintes formulées par le patient et rapportées par les proches
o Plaintes sponanées
o Plaintes conjointes à l’interrogatoire (langage oral en production et en
compréhension, lecture, écrit, cognition numérique...)
- Anamnèse synthétisant les informations recueillis
o Dans le dossier médical
o Lors de l’entretient clinique avec le patient
o Lors de l’entretien clinique avec le proche (= heteroanamnèse)
Il est important de noter la source de informations
INFORMATIONS À RECUEILIR
Informations générales (âge, sexe, date de naissance...)
Histoire de la maladie
Passé scolaire/ professionnel
Traitement médicamenteux
Informations médicales et neurologiques
Langues parlées
Lateralité
Observation clinique :
- Comportement de communication du patient
- Interaction avec les différents interlocuteurs (variablité des performances en fonction
des interlocuteurs, comportements du proche)
- Qualité de l’échange :
o Au niveau de la forme : fluence, fluidité, intelligibilité, présence de troubles du
langage (erreurs lexicales, syntaxiques…)
o Au niveau du sens : informativité, adéquation, cohérence
Indications claires des tâches et tests utilisés (année d’édition, auteurs…)
Analyse quantitative (score brut du patient, référence aux normes en indiquant lesquelles ont
été utilisées, interprétation)
Analyse qualitative (commentaires, comportements du patients, types d’erreurs, effet des
variables psycholinguistiques)
Conclusion :
- Doit répondre a la demande initiale
- Synthèse des observations
- Diagnostic (type d’aphasie)
- Hypothèses cognitives (composantes altérés et perservées, origine des dificultés)
- Projet de prise en soins
Types d’évaluations de l’aphasie :
Évaluation descriptive :
- Évaluation de première ligne
- But : effectuer un relevé sémiologique
- Établir un diagnostic différentiel entre les différents syndromes
- Utilisations de différentes batteries de tests standarisés
Évaluation interpretative/ cognitive :
- 2e ligne
- Buts : déterminer les déficits sous-jacents responsables du troubles aphasique ->
indication thérapeutique
- Utilisation de modèles cognitifs
- Limites : coûteux en temps, necessité d’un tableau pathologique stable, peu d’outils
francophone)
Évaluation fonctionnelle ou de la qualité de vie :
- But : évaluation de l’usage réel des compétences du patients en sitiuation de
communication + évaluation de la qualité de vie du patient dans différents domaines
du fonctionnement psychosocial
- Outils : questionnaire, grille d’observation, jeux de rôles, grilles d’évaluations
Communication référentielle : on n’utilise pas forcément les mots mais on le
comprend
Lésion de l’HD = difficultés à produire et/ou comprendre la prosodie, les significations non-
littérales...
Les trois évaluations sont complémentaires
!! À bien choisir le test à faire à un moment précis !
Taches requises dans un examen standard du langage :
- Évaluation des différentes modalités du traitement de l’information
o Expression orale et écrite
o Compréhension orale et écrite
o Taches de transposition
- Évaluation des différents niveaux linguistiques :
o Phonologie
o Morphologie
o Lexique et semantique
o Syntaxe
Voir les détails des évaluations sur MooVin (à partir de 136)
On n'a pas le meme référent que le patient, cest à dire qu’on ne connaît pas sa vie et donc le
langage spontanné n’est pas suffisant (=/ langage descriptif utilise un référent commun)
Langage automatique : mise en évidence d’une dissociation atomatico-volontaire
- Taches de transposition :
o Lettres isolées
o Mots et pseudo-mots
o Mots régulier/ irréguliers
o Phrases
o Textes
(Le patient pourrait lire à haute voix sans comprendre)
Importance de prendre en compte le niveau pré-lésionnel du patient en LE
Toutes les taches d’évaluations sont expliquées sur Moodle
Chapitre 4 : Analyse cognitive des troubles de la production lexicale
Il existe 3 lignes dans la démarche de l’évaluation cognitive
1- Évaluation descriptive
2- Évaluation interpretative/ cognitive
3- Évaluation fonctionnelle ou de la qualité de vie
La 2e ligne est l’évaluation du langage hors contexte, le but étant de déterminer les déficits
sous-jacents responsables du trouble aphasique (indication thérapeutique)
Pour ce faire, on utilise des modèles cognitifs pour :
- Comparer des performances du patient à différentes taches et dans différentes
modalités d’entrée et de sortie
- Voir les effets des variables psycholinguistiques (ex : fréquence, longueur, complexité,
etc)
- Analyser qualitivement des erreurs
- Analyser quantitivement (score et temps)
Exemple patient 1 : vision et audition OK
Désignation d’images à partir d’un mot oral KO (sélection fréquente du distractuer
phonologique)
Dénomination orale OK
Répétition de mots et de pseudomots KO
Jugement de paires minimales KO
Désignation d’images à partir d’un mot écrit OK
Décision lexicale orale KO
Le patient parvient à dénommer des images et designer une image à partir d’un mot écrit
MAIS ne parvient pas à juger si des mots/PM entendus sont identiques ou non, juger si un
item entendu est un mot de la langue ou pas, répéter des mots ou des non-mots
LVH : lecture à voix haute
Exemple patient 2 :
LVH OK
Dénomination orale OK
Désignation d’images à partir d’un mot oral OK
Dénomination écrite et ESD (écriture sous dictée) KO
o Effet de longueur (sur mots et davantage marqué sur pseudo-mots)
Décision lexicale écrite OK
Le patient parvient à lire des mots et PM à voix haute ; dénommer des images ; designer des
images à partir d’un mot oral et écrit
MAIS ne parvient pas à dénommer des mots à l’écrit ; écrire des mots et PM sous dictée
! ATTENTION effet de longueur marqué et ce davantage sur les PM
Analyse cognitive
Modèle de récupération lexicale en deux étapes :
Anomie = manque du mot peut s’expliquer par
a) Atteinte du système semantique
b) Atteinte post-semantique
Principe d’activation interactive
LPS divisée en deux étapes :
1- Sélection lexicale (unités lexicales abstraites)
2- Recouvrement phonologique (unités phonologiques)
Paraphasies sémantiques = atteinte de la sélection lexicale
Paraphasies phonologiques = défaillance de la sélection des phonèmes
- Erreur d’omissions = dysfonctionnement de l’étape de selection lexicale ou de
couvrement phonologique
o Aucun lemme ou phonème n’a été suffisamment activé
o Mécanisme d’édition lexicale supprime les productions incorrectes
Paraphasies formelles = activation phono renforce l’activation des unités lexicale
Paraphasies mixtes= activation double
Efficacité de l’indiçage phonologique : facilite la récupération phonologique et/ou la selection
lexicale
Origine du manque du mot et des paraphasies :
- Testés par les mêmes taches
- Lésion fronto-pariétale
- Manque du mot : paraphasies sémantiques en langage spontané
- Pas de difficulté articulatoire ou motrice lors des productions orales et écrites
Cas RGB ET KE :
Tâche dénomination orale d’images : les deux patients semblent identiques cliniquement
RGB = atteinte du lexique phonologique -> paraphasie semantique produite pcq la forme
phonologique du mot est indisponible
KE = atteinte du système semantique -> paraphasie semantique produite pcq la représentation
semantique est dégradée
Manque du mot lié à un déficit semantique :
Difficultés dans toutes les taches
Sensibilité à des variables psycholinguistiques : familiarité du concept, âge
d’acquisition, fréquence d’usage, catégorie semantique
Erreurs : paraphasie semantique, NR, périphrases vagues ou incorrectes
Manque du mot lié à un déficit post-semantique : sélection lexicale
Difficultés en dénomination orale mais as en compréhension auditive/ecrite
Sensibilité à des variables psycholinguistiques : fréquence d’usage, voisinage
phonologique
Erreurs : paraphasies sémantiques, NR, périphrases, paraphasie formelles/ mixtes
Effet d’indiçage phonémique
Conscience de l’erreur
Manque du mot lié à un déficit post-semantique : recouvrement phonologique
Difficultés en dénomination orale mais pas en compréhension auditive/ecrite
Sensibilité à es variables psycholinguistiques : fréquence d’usage, voisinage
phonologique, longueur !, âge d’acquisition
Erreurs : NR, périphrases, paraphasies phonémiques
Accès aux propriétés syntaxiques
Diagnostic différentiel entre déficit de la sélection lexicale et du recouvrement
phonologique :
Patient récupéré sans dfficulté le genre du mot
= déficit de recouvrement phonologique
Patient ne récupéré pas le genre du mot
SOIT = atteinte des proriétes syntaxiques (vérifier l’accès au genre des mots qu’il
parvient à dénommer)
SOIT = atteinte de la sélection lexicale (capable de donner le genre des mots qu’il
parvient à dénommer = pas d’atteinte des propriétés syntaxique)
Manque du mot lié à un déficit post-lexicale :
Diffcultés en dénomination orale mais aussi en LVH, répétition de mots et PM
Sensibilité à des variables psycholinguistiques : frequence des phonèmes, composition
syllabique, composition phonologique, effet de longueur
Erreurs : paraphasies phonémiques
Conscience de l’erreur
Pas d’effet positif de l’indiçage
Chapitre 6 : Les troubles de la parole - les dysarthries
RAPPEL
- Langage : faculyé de mettre en œuvre un système de signes linguistiques permettant la
communication et l’expression de la pensée et de sentiments
- Parole : réalisation particulière et individuelle de la langue
- Communication : action d’établir une communication avec autrui, de transmettre qqch
à qqun
La parole est l’activité motrice comprenant un ensemble de mouvements coordonés des
différents organes de la parole
- Coarticulation des onsonnes et voyelles
- Variationsprosodiques
- Action synergique d’un ensemble d’organes
Neurologue et production de la parole :
1. Élaboration du message : aires du langage
2. Processusus moteurs : voies cérébrales de la motrcité
Cortex moteur primaire : exécution motrice du geste de la parole
Systèmes de régulation : ganglions de la base (apprentissage d’habilités motrices)
et cervelet (ajustement spatial et temporel)
Système nerveux périphérique : transmission de l’information neurologique aux
effecteurs
Le système de production de la parole est constitué :
Structures osseuses et cartilagineuses interconnecteés
Structures musculaires et deformables
Articulateurs (langue, voile du palais…) sont reliés, par les neurones et les nerfs, au SNC via
le tronc cérébral :
Activation motrice
Retour sensoriel
Trois étages effecteurs de la parole innervés par des nerfs crâniens et des nerfs spinaux :
1- Cavités supra-laryngées
2- Larynx
3- Appareil respiratoire
12 paires de nerfs crâniens (à n pas connaître par cœur)
Nerfs moteurs
Nerfs sensori-moteurs
Nerfs sensitifs
Nerf moteur : hypoglosse (XII) : innervation des muscles légaux sauf le pataloglosse
Si la paralysie est centrale (lésion du cerveau ou de la moelle épinière)
La langue dévie du coté opposé à la lésion
Si la paralysie est périphérique (lésion de nerf)
La langue dévie du coté de la lésion
Définition de la dysarthrie :
Trouble du contrôle moteur de la parole d’origine neurologique résultant d’une atteinte du
SNC ou SNP (trouble de la motrcité des effecteurs)
Étiologies de la dysarthrie :
Diagnostic différentiel entre dysarthrie et apraxie de la parole :
Classification des dysarthries :
Analyse perceptive :
+ critères globaux : intelligibilité et bizarrerie
Approche physiopathologique :
- Recherche de corrélations entre indices perceptifs
- But : identifier des mécanismes physiopathologiques
- Critères corrélés
Critères regroupes dans un meme cluster
Les 8 clusters selon Darkey et al.
Dysarthrie flasque :
Atteinte du nerf périphérique, jonction neuro musculaire ou muscles effecteurs de la parole =
voie finale
Syndrome bulbaire :
Cluster 6 et 7
Dysarthrie spastique :
Atteinte : lésions bilatérales des voies reliant les structures hémisphériques aux noyaux du
TC. Atteinte du faisceau cortico-bulbaire et des voies indirectes
Spasticité = exagération permanente et involontaire du tonus musculaire d’une partie du corps
Syndrome pseudo-bulbaire :
Cluster 2, 3, 4, 5
Dysarthrie ataxique :
Atteinte du cervelet ou voies cérébelleuses
Syndrome cérébelleux, incoordination
Cluster 1, 2, 8
Dysarthrie hypokinétique :
Atteinte du noyaux gris centraux
Rigidité, bradykinésie, amplitude de mouvement réduite
Syndrome hypokinetiqe (pathologie typique : Parkinson)
Cluster 3
Dysarthrie hyperkinétique (chorée)
Atteinte des noyaux ris centraux
Mouvements involontaires
Cluster 2, 3, 4, 5, 7
Dysarthrie hyperkinetique (dystonie)
Trouble du tonus
Cluster 1, 2, 3, 5
Dysarthrie mixte :
Atteinte multiple du SN : Mixte
SLA, sclérose en plaques, traumatismes crâniens...
Cluster 2, 3, 4, 5, 6, 7
Évaluation :
Importance d’un bilan précis à cause de l’hereogeneité des dysarthries
Objectifs : recenser les troubles et établir un projet thérapeutique adapté et objectiviste
l’évolution de la dysarthrie et ainsi vérifier l’adéquation de la prise en charge
Évaluation de la sévérité :
Dysarthrie perturbe la transmission du message orale
Serverité = notio, complexe recouvrant plusieurs aspects
Intelligibilité : degré de précision avec lequel le message et compris par l’auditeur
Comprehensibilité : degré avec lequel un auditeur comprend la parole à partir du signal
acoustique auquel s’ajoutent d’autres informations qui contribuent à la compréhension de ce
qui vient d’être produit
Efficacité : quantité de message inéligible ou compréhensible transmise par une unité de
temps
Sévérité perceptive : un e parole peut être ineteligible, compréhensible et efficace mais
apparaître déviante pour l’auteur
Score perceptif :
0 (normal) et 4 (très perturbé)
Score d’intelligibilité :
Dysarthrie légère (18< SI < 23)
Dysarthrie modérée (12 < SI < 17)
Dysarthrie sévère (7 < SI < 11)
Dysarthrie massive (SI <6)
Patient lit 10mots, 10 phrases et réalise une conversation
Test phonétique d’intelligibilité
Analyse perceptive :
GRBAS-I = échelle d’évaluation perceptive de la voix (cours ORL)
Analyse phonétique :
Troubles de l’articulation et de la résonance
Principalement des distorsions des phonèmes
Exemple : répétition de phonèmes/ mots simples/ mots complexes
Examen moteur :
Évaluation de la motrcité des effecteurs de la parole
Analyse physio-pathologique des dysfonctionnements à l’origine des la dysarthrie
Distinction entre la motricité oro-faciale impliquant le traitement verbal vs motricité
orofaciales impliquant un autre type de motricité
Autoévaluation :
Recueil du ressenti du patient par rapport au trouble de communication
Impact sur la qualité de vie
Permet la prise de conscience du trouble par le patient
Domaine physique, fonctionnel et émotionnel
VHI (voir cours ORL)
MONPAGE :
Outil infomatisé d’évaluation des troubles moteurs de la parole (dysarthrie et apraxie)
Normé et validé
Passation enregistrée avec analyses perceptives et acoustiques semi-automatiques (PRAAT)
- Module intelligibilité
- Module pneumo-phonatoire
- Module pseudomots
- Module diadoccinésies
- Module phrases
- Module semaine
- Module texte
- Module description
Notions perso :
Agramatisme : langage télégraphique, va ommetre la plupart des morphèmes grammaticaux
(flexions conjugaisons, accords, déterminants, pronoms)
Dysyntaxie : construit de phrase présente mais possède quelques erreurs (structure de phrase
présente)
Surdité verbale : pas de lésions au niveau de l’oreille mais n’identifie plus les morphèmes de
la langue
Taches : discriminations paires minimales ; désignation avec distracteur
phonologique ; distinguer un mot d’un pseudomot
Examen : composantes altérées ou presérvé, quelle tache, analyse de performances, …