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Introduction à la procédure pénale

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Introduction Générale à la procédure pénale

I-Définition

La procédure pénale est constituée par l'ensemble des dispositions à observer pour la mise
en œuvre du droit pénal applicable au fond des conflits opposant la société et l'individu.

En d'autres termes, elle décrit le chemin à suivre pour rechercher les preuves de l'infraction,
exercer la poursuite contre les auteurs présumés jusqu'au jugement.

Elle décrit aussi les règles d'exécution de la sentence prononcée par la juridiction
correctionnelle ou criminelle.

II- Distinction entre la procédure pénale et les autres branches du droit qui lui sont
connexes

A- Distinction avec le droit pénal spécial

La procédure pénale se distingue de certaines branches de la grande famille pénale comme


le droit pénal spécial qui a pour objet, l'étude des règles de fond applicables à chaque type
d'infraction, autrement dit, les éléments constitutifs de l'infraction et les sanctions.

B- Distinction avec le droit pénal général

La procédure pénale se distingue également du droit pénal général qui élabore un régime
juridique commun par la mise en jeu de la responsabilité de l'individu.

C- Distinction avec la procédure civile

Comparé à la procédure civile qui met en jeu des intérêts privés d'ordre patrimonial, la
procédure pénale concerne des intérêts d'ordre social et touche à des intérêts non
pécuniaires tels que l'honneur et la liberté.

III- L'intérêt de la procédure pénale

Il convient de noter l'importance capitale de cette matière qui intéresse au premier chef les
pouvoirs publics et sert d'ailleurs à réguler la société et les actes contraires à l'équilibre
social et à l'ordre public.

Les lois pénales sont aussi considérées comme des mesures de police et de sureté. Pour
atteindre cet objectif, le législateur édicte des règles visant à protéger d'une part les intérêts
de la société et d'autre part les intérêts de l'individu en cause. Ces normes sont destinées à
assurer l'efficacité des poursuites face aux menaces de toutes sortes dans le respect des
droits et des libertés des personnes en conflit avec la loi.

Le Code de Procédure Pénal peut constituer un baromètre pour jauger le degré de


démocratie d'un pays. Il devrait même constituer une vitrine qui garantit autant que la
charte fondamentale, les valeurs juridiques positives qui tendent à la protection des droits
individuels. Il doit baliser le chemin pour assurer une prompte répression des auteurs
d'infraction. Toutefois, les droits et libertés consacrés par les normes fondamentales, ne
devraient pas être massacrés par les dispositions ou pratiques contraires, de nature à les
vider de leur substance.

IV- La séparation des fonctions lors de la procédure pénale

Notre système procédural repose sur la diversité des organes de la chaine pénale et fait
intervenir différents organes parmi lesquels la police judiciaire, le ministère public, les juges.
Le législateur consacre donc le principe de la séparation des fonctions (art 39C.P.P) qui
découle du principe de la répartition des taches consacré dans plusieurs systèmes juridiques
ou institutionnels pour garantir l'efficacité de la plupart des mécanismes mis en place.

Ainsi en procédure pénale, il est distingué les fonctions d'enquête, de poursuite,


d'instruction et de jugement pour garantir les intérêts des uns et des autres tout au long du
procès. Ces différents organes interviennent successivement et corrélativement,
conformément aux dispositions du code qui les assignent à des taches bien précises.

À l'amorce du procès pénal, se trouve la police judiciaire toujours aux aguets et très affutée
pour appréhender les délinquants et procéder aux enquêtes dès l'ouverture du procès pénal.

Le concept police judiciaire englobe le personnel de la police nationale, rattaché au


ministère de l'intérieur et le personnel de la gendarmerie, rattaché au ministère des forces
armées. La police nationale dispose de deux casquettes rendant confus l'étendu et les
limites de ses pouvoirs aux yeux des non-initiés qui éprouvent des difficultés à dissocier les
deux missions.

Ainsi la distinction est faite entre la police administrative ou préventive sous l'impulsion des
autorités administratives et la police judiciaire ou répressive sous la direction du procureur
de la république. Cette confusion des rôles voisins, crée des empiètements voir des
glissements fonctionnels parfois abusifs sous l'impulsion de l'autorité politique qui se trouve
encline à agir de façon unilatérale en faisant fi des attributions légales du ministère public.

La poursuite des infractions de toute sorte devrait se faire sur instruction du ministère
public, directeur de la police judiciaire. Le maitre des poursuites exerce cette action qui
appartient à la société soit directement devant la juridiction de jugement, soit devant le juge
d'instruction selon le cas. Lorsqu'il est saisi par le ministère public ou par la partie civile, le
magistrat instructeur agit en sa qualité d'enquêteur afin de rassembler les éléments à charge
ou à décharge à l'égard de l'inculpé en vertu de ses pouvoirs inquisitoriaux pour la
manifestation de la vérité. Au cours de ses investigations, il prend des actes en sa qualité de
juridiction sous forme d'ordonnance. C'est un organe neutre équidistant des parties, y
compris même à l'égard du ministère public.
Ces multiples étapes prévues dans la phase préparatoire du procès sont destinées à préparer
la phase de jugement qui consacre le dénouement du litige par le prononcé d'une sentence ;
appelée jugement ou arrêt.

Chapitre 1: la police judiciaire

Les missions dévolues à la police et à la gendarmerie sont multiples et résultent de la loi de


1965 portant code de procédure pénale et précisées par d'autres textes comme la loi no
2009-18 du 9 Mars 2009 sur la police nationale et le décret no 74-571 du 13 Juin 1974
portant règlement sur l'emploi et le service de la gendarmerie nationale.

Ces deux organes sont instituées pour maintenir l'ordre public, garantir l'exercice des
libertés, défendre la propriété, assurer la sureté individuelle, veiller à la sécurité des
personnes et des biens.

Ces fonctions de prévention et de répression sont remplies par les mêmes acteurs. Dans les
faits, il est difficile de distinguer la police judiciaire et la police administrative car, l'un peut
se situer dans le prolongement de l'autre. Par exemple, à l'occasion d'une patrouille de
surveillance générale (police administrative), les éléments de la police appréhendent
l'auteur d'un braquage à main armée (police judiciaire), cela démontre que le critère de
l'agent est insuffisant pour caractériser la mission et il est préférable de retenir le but
poursuivi au moment de l'accomplissement de l'acte.

Section 1: les organes chargés de l'enquête

L'enquête de police judiciaire est confiée principalement aux O.P.J assistés par des A.P.J
habilités à rédiger des actes de procédure et la rédaction des procès-verbaux.

A côté de ces enquêteurs spécialisés, la loi a confié à certaines administrations la possibilité


de dresser des procès-verbaux de constatation d'infraction dans leurs domaines d'activité.

Paragraphe 1: Les fonctionnaires de la police judiciaire

Elle est exercée par des O.P.J qui relèvent du ministère de l'intérieur et du haut commandant
de la gendarmerie. Toutefois, dans l'exercice de leur fonction de police judiciaire, ces
fonctionnaires sont dirigés dans leur activité par le procureur de la république (article 12
CPP). En d'autres termes, toute l'activité tendant à l'accomplissement d'actes nécessaires à
la recherche et à la poursuite des infractions à la loi pénale, est menée sous sa direction.

La police judiciaire est également placée sous la surveillance du procureur général près la
cour d'appel et sous le contrôle de la chambre d'accusation (article 13 CPP). Les acteurs de
l'enquête sont répartis en deux groupes en fonction de leurgrade. Ainsi, il y a lieu de
distinguer les O.P.J et les A.P.J.

A- Les officiers de police judiciaire

L'article 15 C.P.P donne une liste limitative des O.P.J en procédant à une classification
bipartite.

Il reconnait de plein droit cette qualité à des autorités locales ou de police en raison de leur
niveau élevé dans la hiérarchie. Cette qualité est ensuite conférée aux officiers de la
gendarmerie, aux sous-officiers de gendarmerie exerçant les fonctions de commandant de
brigade. Par ailleurs, la qualité d'O.P.J est accordée aux commissaires de police et aux
officiers de police. Enfin, la qualité d'O.P.J est accordée aux fonctionnaires de la police,
nominativement désignés par arrêté conjoint de leur ministre de tutelle et du ministre de la
justice.

En dehors de ces attributions en matière de police administrative, l'O.P.J est compétent pour
effectuer des enquêtes de police judiciaire. Il dispose à cet effet des pouvoirs étendus selon
la nature l'enquête.

Au plan territorial, les O.P.J ont compétence dans les limites où ils exercent leurs fonctions
habituelles. Toutefois, ils peuvent poursuivre, en cas de nécessité, leurs investigations hors
de ces limites territoriales, à charge d'en rendre compte au procureur de la république
territorialement compétent. Cette dérogation prévue à l'article 17 al 2 est reprise à l'article 4
du décret de 1974. Les commissaires peuvent, sur délégation judiciaire expresse ainsi qu'en
cas de crime ou délit flagrant, procéder à des auditions, perquisitions et saisis dans le ressort
du tribunal où il exerce leurs fonctions ainsi que dans les ressorts des tribunaux limitrophes.
Dans ce dernier cas, la loi ne fait pas allusion à l'avis de ces procureurs de juridiction.

B- Les Agents de Police Judiciaire

L'article 19 procède à une énumération à contrario en conférant la qualité d'A.P.J à tout ce


qui n'ont pas le grade d'O.P.J. Sont ainsi désignés les militaires de la gendarmerie et les
membre de la force de police qui n'ont pas le grade d'officier.

Ils ont pour mission d'assister les O.P.J et rendre compte à leur chef hiérarchique de tout
crime, délit, contravention dont ils ont connaissance. Ils peuvent constater également en se
conformant aux ordres de leur chef, les infractions à la loi pénale et recueillir tous les
renseignements en vue de découvrir les auteurs dans les formes prévues par les lois en
vigueur.

Cependant, à la différence des A.P.J, les gendarmes sont habilités à dresser les procès-
verbaux, des infractions qu'ils constatent et à recevoir dans la forme les déclarations qui leur
sont faites par toute personne susceptible de leur fournir des indices, preuves et
renseignement sur les auteurs et complices de ces infractions.
Paragraphe 2: Les administrations chargées de certaines fonctions de police judiciaire

Les fonctionnaires et agents des administrations de service auxquels certains pouvoirs de


police judiciaire sont attribués par des textes spéciaux, les exercent dans les conditions et
limites fixées par la loi. Parmi ces administrations, on peut citer : la douane, les eaux et forêt,
les services d'hygiène, les services l'environnement, de la pêche, de l'administration fiscale.

Ces administrations exercent des missions de police judiciaire que pour les seules infractions
relevant de leurs compétences cloisonnées. Dans tous les cas, ils peuvent suivre les choses
constituant le corps de l'infraction dans les lieux où elles ont été transportées et peuvent les
mettre sous séquestre. Toutefois, ces agents ne peuvent pénétrer dans les maisons, ateliers,
bâtiments, cours adjacentes et enclos qu'en présence d'un O.P.J, qui a l'obligation de les
accompagner et signe le procès-verbal de l'opération à laquelle il a assisté. Par exemple
l'article L-69 du code forestier stipule « Les agents des eaux et forêt assermentés, les agents
commissionnés des eaux et forêt assermentés revêtus de leur uniforme ou munis des signes
distinctifs de leur fonction, peuvent s'introduire dans les entrepôts, magasins, scieries,
menuiseries et chantier pour y exercer leur surveillance, ou rechercher le corps des
infractions ou les produits venant de ces infractions ».

Toutefois, l'article L-70 apporte des restrictions en ces termes : « Ils peuvent s'introduire
dans les maisons, cours et enclos, soit en présence ou sur réquisition du procureur de la
république ou du juge d'instruction, soit en compagnie d'un officier de police judiciaire
requis à cet effet, soit en compagnie du chef de la circonscription administrative du lieu du
représentant de la collectivité locale ou du chef de village ».

L'article 92 du code de l'eau, issu de la loi no 81-13 du 4 Mars 1981 prévoit aussi une
disposition similaire. Selon ce texte « La visite des agents et fonctionnaires commissionnés
(service de l'hydraulique, de l'équipement rural, de l'assainissement, de la santé ,de
l'environnement ou des eaux et forêt ) est assortie à une autorisation de l'autorité judiciaire
sauf assentiment exprès de la personne dont le domicile est visité. Pour l'accomplissement
de leur mandat, ils peuvent requérir main forte des officiers de police ou de gendarmerie
dans le ressort duquel ils opèrent. Leurs procès-verbaux doivent être adressés dans les huit
jours (8jours) au parquet du T.G.I dans le ressort duquel l'infraction a été commise ou au
parquet de la juridiction où le corps de l'infraction a été gardé. Ces procès-verbaux sont
également transmis au délégué du procureur de la république près le T.I ou au président de
cette dernière juridiction exerçant les fonctions de ministère public en application de l'article
37 C.P.P. Une copie certifiée conforme des procès-verbaux est en outre envoyée au
procureur de la république dans tous les cas où il n'est pas saisi de la procédure ».

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