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Priorisation des risques de projet

La priorisation des risques dans un projet est essentielle pour définir une stratégie de prévention efficace. Elle repose sur une matrice de criticité qui évalue la probabilité et la gravité des risques, permettant ainsi de quantifier leur impact potentiel. Les risques sont classés en différentes catégories, allant des risques négligeables aux risques intolérables, nécessitant des actions appropriées en fonction de leur criticité.

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Priorisation des risques de projet

La priorisation des risques dans un projet est essentielle pour définir une stratégie de prévention efficace. Elle repose sur une matrice de criticité qui évalue la probabilité et la gravité des risques, permettant ainsi de quantifier leur impact potentiel. Les risques sont classés en différentes catégories, allant des risques négligeables aux risques intolérables, nécessitant des actions appropriées en fonction de leur criticité.

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RD

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Analysez les risques de votre projet

10 heures  Moyenne

Mis à jour le 31/05/2021

 

Priorisez les risques

Tous les risques ne se valent pas : ils ne vont pas impacter le projet de la même manière. Certains feront
l'objet d'une vigilance particulière alors que d'autres, mineurs, seront simplement ignorés. La priorisation
des risques identifiés est indispensable pour tracer les contours de votre stratégie de prévention.
3. Priorisation des risques

Classez les risques : la matrice de criticité


Pour vous guider dans cette priorisation, vous pouvez utiliser une matrice afin de classer les risques
identifiés selon les critères de probabilité et de gravité. In fine, c’est le produit de ces deux notions qui
indiquera la criticité du risque. Plus la criticité sera élevée, plus le risque sera à considérer.

Déterminer la criticité du risque, c’est le quantifier.

Et on l’a vu au tout début de ce cours, pour qu’un risque soit bien un risque, il doit être quantifiable.

Probabilité (ou fréquence)


Quand vous regardez un bulletin de Météo France et qu’on vous annonce que le weekend prochain il
tombera des cordes, avec un indice de confiance de 4 sur 5, vous ne sortirez pas sans votre K-Way… Cet
indice de confiance est l’expression d’une probabilité — ici, celle de vous mouiller sous la pluie.

Dans notre contexte, définir une probabilité, c’est évaluer la possibilité que le risque devienne un
problème.

Vous exprimerez cette probabilité sur une échelle arbitraire, par exemple entre 1 (très peu probable) et 5
(extrêmement probable). Votre estimation sera alimentée par votre connaissance du projet et de son
contexte. Vous remarquez de nouveau à quel point les outils de description du projet vous aideront à
faire des choix éclairés.

Ainsi, si mon weekend est prévu en juillet à Séville, je peux estimer une probabilité de pluie à 1. En
revanche, si c’est à Glasgow en octobre, je peux raisonnablement envisager un 5. 😉
La probabilité peut aussi être exprimée par une notion proche : la fréquence. Ici, vous ne
considérerez pas l’éventualité que le risque devienne problème, mais la récurrence avec laquelle
ce problème pourra se présenter.

Selon la nature du risque, vous choisirez entre probabilité (si le risque n’est amené à se
concrétiser qu’une fois) et fréquence (si le risque est récurrent).

Gravité
Je poursuis sur mon exemple météorologique. Envisager qu’il va pleuvoir, c’est une chose. Mais subir un
léger crachin, ce n’est pas faire face à un vrai déluge. Dans le premier cas, je serai convaincu que je
devrai faire des photos sous un ciel gris ; dans le second, je peux carrément décider d’annuler mon
weekend.

Le contexte peut également influer sur la gravité : si je suis déjà enrhumé, se retrouver trempé n’est
probablement pas la meilleure idée du monde…

La gravité exprime l’impact du risque devenu problème sur le déroulement du projet.

On utilisera une échelle similaire à celle définie pour la probabilité : de 1 (anodin) à 5 (extrêmement
préjudiciable), par exemple.

Criticité
La criticité représente comment le risque peut influer sur le projet. Elle est le produit de ces deux
évaluations :

Criticité (C) = Probabilité (P) X Gravité (G)

Si l’échelle choisie pour l’estimation de vos probabilité et gravité va de 1 à 5, vous obtiendrez des valeurs
possibles pour la criticité de vos risques entre 1 (minimum) et 25 (maximum).

Un risque critique (criticité élevée) sera à traiter dès le début du projet. On cherchera par tous les
moyens à réduire sa criticité. Cela fera l’objet de la dernière partie de ce cours.

Identifier rapidement les risques à prioriser avec une matrice de criticité


Pour identifier rapidement et visuellement les risques qui seront à considérer dans votre projet, la
matrice de criticité fait les calculs à votre place.

Pour chaque risque, vous allez estimer sa probabilité (« Quelle est la probabilité pour que ce risque se
transforme en problème ? ») et sa gravité (« Quels seraient les impacts de ce problème sur mon
projet ? »). Vous le positionnerez dans la matrice, selon sa criticité.

Vous positionnerez tous les risques identifiés dans une seule et même matrice.
La matrice de criticité

Remarquez une chose : la progression de la criticité n’est pas linéaire, et la progression des impacts
possibles sur le projet est exponentielle.

La criticité donne une vision plus réaliste de la façon dont un risque pourra perturber le projet, s’il se
concrétise.

Vous pouvez considérer qu’une criticité supérieure ou égale à 10 est une criticité élevée et nécessite
des actions immédiates de prévention. En effet, si les difficultés liées à ces risques apparaissent, les
conséquences sur le projet pourraient être dramatiques !

Les zones de risques


Il est important de repérer les risques que vous positionnerez dans les quatre coins de la matrice. Ils sont
à traiter (ou pas…) de façon spécifique.
Les zones de risques particulières

Les risques perturbateurs

Un risque extrêmement probable mais de très faible gravité, c’est un problème à résoudre. Si vous ne le
faites pas, vous vous exposez à des perturbations régulières qui, même si leur impact est très faible,
viendront parasiter le déroulement de votre projet.

Ils peuvent avoir un impact important sur les ressources impliquées dans le projet et sur la sécurisation
des délais.

✅Identifiez les causes de ce risque et supprimez-les.


Les risques négligeables

Un événement très peu probable et avec un impact minimal sur le projet ne devrait pas vous inquiéter. Si
vous avez identifié un risque que vous positionnez en bas à gauche de votre matrice, considérez qu’il est
négligeable.

✅ Ne tenez pas compte des risques négligeables.


Les risques de gravité
Un risque de gravité représente un événement qui serait dramatique mais qui a très peu de chances de
se produire. Par exemple, qu’une météorite vienne décimer votre équipe projet est toujours possible.
Vous n’envisagez pas de changer de planète pour autant.

Vous devrez vivre avec les risques de gravité, d’autant qu’une parade ne sera pas toujours possible.

✅ Ne tenez pas compte des risques de gravité.


Les risques intolérables

Un risque très probable et extrêmement grave est en soi un problème sérieux. « Intolérable » signifie que
le projet n’est pas acceptable avec ce niveau de risque. Sans moyen d’action identifié pour réduire la
criticité, vous pourrez être amené à refuser le projet.

Il est aussi possible de modifier le projet afin de faire disparaître ce risque.

✅ Face à un risque intolérable, il faut modifier le projet ou l’annuler.


En ayant positionné sur cette grille l’ensemble des risques que vous aurez identifiés, et tenu compte des
quatre cas particuliers dont nous venons de parler, vous aurez hiérarchisé les risques de votre projet et
identifié ceux que vous devrez traiter en priorité.
La plupart du temps, pour un projet digital, la matrice de criticité sera largement suffisante pour effectuer
votre priorisation des risques.

🛋 Reprenons les 18 risques identifiés pour notre projet d’exemple. Voici comment j’aurais pu les
positionner sur une matrice de criticité :

1 Réalisation d’un produit incohérent avec les attentes et les besoins

2 Dépassement de budget
3 Impossibilité de faire évoluer le budget en cours de projet

4 Impossibilité de modifier les échéances des livrables clés

5 Dépassement de l’objectif Délais

6 Ralentissement de la production en phase de finalisation

7 Manque de réactivité sur le traitement des anomalies après MEP

8 Défaut de contrôle de la production mobile

9 Freins dans le pilotage opérationnel quotidien

10 Mauvaise identification d’un validateur

11 Allongement des délais de validation

12 Anomalies techniques dans les transferts d’informations

13 Réalisation non compatible avec l’environnement cible

14 Absence de références techniques en cas de difficulté

15 Réalisation d’un produit non fonctionnel

16 Incompréhensions sur des spécifications techniques

17 Climat conflictuel dans l’équipe projet

18 Mauvaise perception des résultats du projet

Une dizaine de ces risques identifiés ont une criticité supérieure à 10. Ces risques devaient
donc nécessiter des actions dès le début du projet, pour en limiter les dommages.
J’inclus dans cette liste le risque n° 6 identifié comme « risque perturbateur », pas très grave
mais qui viendra troubler mon projet si je n’en contrôle pas les causes.

Affinez le calcul de criticité en tenant compte de la


déterminabilité d’un risque


Pour être complet, sachez qu’il existe une méthode courante, appelée AMDEC (Analyse des modes de
défaillance, de leurs effets et de leur criticité) qui utilise la même approche. Elle a été développée par
l’armée américaine dans les années 40.

L’AMDEC propose de déterminer la criticité d’un mode de défaillance, tout comme nous venons de
calculer la criticité de nos risques, mais elle ajoute un facteur supplémentaire au produit :
Criticité = Fréquence X Gravité X Indéterminabilité

la fréquence est équivalente à la probabilité que nous avons définie plus haut ;
la gravité, de la même façon, représente l’impact potentiel ;
l’indéterminabilité permet de tenir compte de la probabilité de ne pas détecter l’incident
transformant le risque en problème. En effet, plus un incident sera détectable rapidement, plus on
peut supposer pouvoir limiter les incidences sur le projet.

Imaginez que je prenne mon vélo pour une petite randonnée nocturne 🚲. Par précaution, j’utiliserai
un éclairage fixé sur mon guidon. Un des risques auxquels je m’expose pourrait être que mon
système d’éclairage tombe en panne parce que les piles sont usées.
Si ce système d’éclairage dispose d’un indicateur de charge des piles, l’indéterminabilité sera plus
faible, et par conséquent la criticité également.

Avec cet outil également, on utilise des échelles arbitraires pour quantifier les trois facteurs (de 1 à 5 ou
de 1 à 10, par exemple)

La plupart du temps, les organisations vont déterminer un seuil d’acceptabilité du risque, basé sur cette
criticité. On ne déclenchera alors des actions pour réduire la criticité que lorsque ce seuil sera atteint.
En dessous de ce seuil, les risques seront considérés comme acceptables, et ne feront pas l’objet
d’actions préventives spécifiques.

En bref

les risques peuvent être hiérarchisés selon leur criticité ;
la criticité est le produit de la probabilité par la gravité ;
une matrice de criticité permet de positionner les risques du projet et de visualiser leurs criticités
relatives ;
les risques perturbateurs sont des problèmes à résoudre ;
les risques négligeables ou de gravité seront ignorés ;
les risques intolérables peuvent conduire à l’annulation du projet ;
la criticité induit un seuil d’acceptabilité du risque, au-delà duquel des actions préventives sont
obligatoires.

C’est sur ces notions que nous clôturons cette deuxième partie du cours. Vous savez maintenant
identifier les risques dans vos projets, et les hiérarchiser grâce à leur criticité. Contrôlez vos acquis dans
le quiz à suivre (une formalité…).

Je vous retrouve ensuite pour la troisième et dernière partie de ce cours où nous verrons comment
limiter les risques, construire un plan de prévention et communiquer sur votre démarche de gestion des
risques.

J'ai terminé ce chapitre et je passe au suivant

Quiz : Détectez et priorisez des risques


 Identifiez les risques d'un projet 
d'un projet

Le professeur
Bruno Tournet
Stratégies digitales et formations @ ALDo digital

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