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Entités économiques en droit OHADA

Le document traite des entités économiques en droit OHADA, définissant les commerçants, les entreprenants et les différentes formes de sociétés commerciales. Il souligne l'importance de l'immatriculation pour obtenir la personnalité juridique et décrit les conditions d'exercice du commerce selon la législation OHADA. Enfin, il aborde le fonctionnement des sociétés commerciales, y compris la gestion, les décisions collectives et la comptabilité.

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Entités économiques en droit OHADA

Le document traite des entités économiques en droit OHADA, définissant les commerçants, les entreprenants et les différentes formes de sociétés commerciales. Il souligne l'importance de l'immatriculation pour obtenir la personnalité juridique et décrit les conditions d'exercice du commerce selon la législation OHADA. Enfin, il aborde le fonctionnement des sociétés commerciales, y compris la gestion, les décisions collectives et la comptabilité.

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Ohadata D-17-20

LES ENTITÉS ÉCONOMIQUES EN DROIT OHADA

Par

Emery SANGO KABONGA

Chercheur en Droit des affaires

Membre de la plateforme numérique de doctrinaires de l’OHADA.

Email : emerysan20@[Link]
TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION .................................................................................................................... 3
I. LE COMMERÇANT ........................................................................................................ 4
A. Définition ........................................................................................................................ 4
B. La commercialité de l’acte de commerce ........................................................................ 4
C. Aptitude d’exercer le commerce ..................................................................................... 5
II. L’ENTREPRENANT .................................................................................................... 5
A. Définition ........................................................................................................................ 5
B. La conservation du statut de l’entreprenant .................................................................... 6
C. La perte du statut de l’entreprenant ................................................................................. 6
III. LES SOCIETES COMMERCIALES ET DU GROUPEMENT D’INTERET
ECONOMIQUE ....................................................................................................................... 7
A. La société commerciale et ses différentes formes ........................................................... 7
B. différentes formes des sociétés commerciales .............................................................. 11
1. La société en nom collectif (SNC) ........................................................................... 11
2. La société en commandite simple ........................................................................... 12
3. La société à responsabilité limitée (SARL)............................................................ 13
4. La société anonyme (SA) ......................................................................................... 15
5. Société par actions simplifiées (SAS) ..................................................................... 16
6. Société en participation ........................................................................................... 16
7. Société créée de fait et société de fait ..................................................................... 17
C. groupement d’intérêt économique ................................................................................. 18
IV. LES SOCIETES COOPERATIVES ......................................................................... 19
V. LES ENTREPRISES PUBLIQUES, PARAPUBLIQUES OU LES SOCIETES
D’ECONOMIE MIXTE ........................................................................................................ 20
CONCLUSION ....................................................................................................................... 21
BIBLIOGRAPHIE ................................................................................................................. 22

2
INTRODUCTION

Les entités économiques peuvent être définies en fonction du domaine de


l’intervention de leurs acteurs. Il s’agit par exemple de tous ce qui œuvrent dans le commerce,
dans les sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, dans les sociétés
coopératives, dans les entreprises publiques, parapubliques, dans les sociétés d’économie
mixte, et plus souvent ceux qui interviennent dans la production des biens et services
marchands ou non marchands, dans la mesure où ils exercent, dans un terminus profitable ou
non des activités économiques à titre primordial ou auxiliaire qui engendrent les actes
répétitifs sauf ceux soumis à la norme comptable publique.

Dans la législation française, une entité économique est définie comme un


ensemble organisé de personnes et d’éléments corporels ou incorporels permettant l’exercice
d’une activité économique qui poursuit un objectif propre1.

A la lumière de ce qui précède nous pouvons comprendre une entité économique


comme toute organisation Etatique, mixte ou privée qui, en fonction de sa configuration
juridique exerce telle ou telle autre activité à des fins lucratives ou non dans les conditions de
forme et de fond prévues par le droit des affaires OHADA. Il faut ensuite préciser que le
concept entité économique englobe aussi tous ceux qui sont régis par le statut de
l’entreprenant.

Noter qu’à part les structures dépourvues de la personnalité juridique, comme la


société en participation, société de fait et la société créée de fait, toutes les autres entités
économiques doivent être immatriculées au RCCM pour obtenir la personnalité juridique.

Dans le cadre de cette étude, nous essayons tant soit peu à répondre grosso modo
à la question selon laquelle de quoi est- ce que le concept « entité économique » s’agit-il?

Pour répondre à l’équivoque ci-haut soulevée, précisons que le droit OHADA a prévu dans sa
législation une diversification des entités économiques, notamment les commerçants,
l’entreprenant, les sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique, les sociétés
coopératives, les entreprises publiques, parapubliques, et les sociétés d’économie mixte.

1
Cour de cassation, chambre sociale, dans son arrêt sur la notion d’entité économique, n° de pourvoi :
02-44358N° de pourvoi : 02-44442, du 17 décembre 2003, in bulletin officiel.

3
I. LE COMMERÇANT

A. Définition

Il était traditionnellement connu que tout celui qui exerce des activités
commerciales avec comme objectif d’en tirer profit devrait nécessairement avoir la qualité du
commerçant. Cette conception couverait même ceux-là qui n’en remplissaient pas les
conditions prévues actuellement par l’acte uniforme sur le droit commercial général2.

S’il faut définir dans nos jours le concept « commerçant », il est donc impérieux
de faire recours à l’article 2 de l’AUDCG qui dispose ce qui suit: ‘‘est commerçant celui qui
fait de l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa profession’’.

B. La commercialité de l’acte de commerce

Pour acquérir le statut du commerçant on doit effectuer un acte de commerce non


seulement par nature mais aussi et surtout ce dernier devrait être accompli de façon habituelle
et pas occasionnelle. Par définition un acte de commerce par nature est celui par lequel une
personne s’entremet dans la circulation des biens qu’elle produit ou achète ou par lequel elle
fournit des prestations de service avec l’intention d’en tirer un profit pécuniaire3.

A travers cette acception, l’on se rend compte que sont exclus du statut du
commerçant tous ceux qui font les actes de commerce par forme tels que la lettre de change,
le billet à ordre et le warrant.

La question qu’on peut se poser peut être celle de savoir, quid lorsqu’une
personne physique ou morale pose un acte de commerce qui n’est pas sa profession, mais
finalement en tire profit, celle-ci acquiert-elle automatiquement la qualité de commerçant du
fait de cet acte ? La réponse à cette équivoque est négative.

Exemple :

2
E. SANGO KABONGA, « L’institution de l’entreprenant : une maitrise du secteur informel en
RDC ? », in OHADAta, 2017, p.13.
3
Article 3 de l’Acte Uniforme sur le Droit Commercial Général

4
• L’achat et la revente d’un livre par un enseignant ne fait pas de lui un commerçant ;

• Le fait qu’un chauffeur de taxi procède aux opérations de change ne lui confère pas la
qualité du commerçant ;

• La vente aux enchères des biens mobiliers par une organisation non gouvernementale
n’est pas une justification de l’obtention du statut de commerçant par cette dernière ;

• Une femme qui vend dans le magasin de son mari commerçant n’acquiert pas
automatiquement le même statut.

C. Aptitude d’exercer le commerce

Le législateur OHADA a limité l’exercice du commerce seulement à une catégorie


des personnes bien déterminée. A la lecture des articles 6, 7 et 8 de l’acte uniforme portant sur
le droit de commerce général du 15 décembre 2010, on se rend compte que l’exercice d’une
activité commerciale est subordonné avant tout à une capacité juridique. Celle-ci étant une
aptitude pour un individu de pouvoir légalement poser un acte juridique.

Ceci étant, un mineur ne peut avoir la qualité de commerçant et effectuer les actes
de commerce que s’il est émancipé. C’est-à dire qu’il doit obtenir un jugement lui octroyant
une assimilation de la majorité. De même, le conjoint du commerçant n’a la qualité de
commerçant que s’il accomplit les actes de commerce par nature, à titre de profession et
séparément de ceux de l’autre conjoint.

Ensuite, il est interdit d’exercer une activité commerciale à toute personne


soumise à un statut particulier établissant une incompatibilité tel est le cas des fonctionnaires
et personnels des collectivités publiques et des entreprises à participation publique, officiers
ministériels et auxiliaires de justice : avocat, huissier, commissaire-priseur, agent de change,
notaire, greffier, administrateur et liquidateur judiciaire etc…

II. L’ENTREPRENANT

A. Définition

L’article 30 de l’acte uniforme sous dissection définit l’entreprenant dans la


perception suivante: ‘‘L’entreprenant est un entrepreneur individuel, personne physique qui,

5
sur simple déclaration prévue dans le présent Acte uniforme, exerce une activité
professionnelle civile, commerciale, artisanale ou agricole’’.

Ainsi, on peut se rendre compte que cette définition, contrairement à celle portant
sur le statut du commerçant, assouplie non seulement les conditions de forme mais aussi
celles du fond, car il suffit tout simplement d’une déclaration au sein du Registre du
Commerce et Crédit Mobilier pour obtenir le statut de l’entreprenant. Ceci permettra donc
d’éviter les nombreux inconvénients lié à l’immatriculation telle que la lourdeur
administrative et les coûts élevés qui sont écartés4.

Ensuite, il est important de noter que seules les personnes physiques exerçant de
manière individuelle leurs activités peuvent acquérir le statut de l’entreprenant. Ce qui signifie
que les personnes morales quelle que soit la valeur de leur chiffre d’affaire ne peuvent en
aucune circonstance se voir appliquées les dispositions portant sur l’entreprenant5.

B. La conservation du statut de l’entreprenant

La possibilité pour l’entreprenant de conserver son statut est de mise si le chiffre


d’affaires annuel généré par son activité pendant deux exercices successifs n’excède pas les
seuils fixés dans l’Acte uniforme portant organisation et harmonisation des comptabilités des
entreprises au titre du système minimal de trésorerie.

Ce chiffre d’affaires annuel est en ce qui concerne les commerçants et les artisans,
d’une part, celui de leurs activités de vente de marchandises, d’objets, de fournitures et
denrées ou de fourniture de logement et, d’autre part, celui de leurs activités de prestations de
services, et, en ce qui concerne les agriculteurs, celui de leurs activités de production.

C. La perte du statut de l’entreprenant

Celui qui a acquis la qualité de l’entreprenant ne peut la perdre que lorsque,


durant deux années consécutives, le chiffre d’affaires de l’entreprenant excède les limites
fixées pour ses activités par l’État partie sur le territoire duquel il les exerce, il est tenu, dès le
premier jour de l’année suivante et avant la fin du premier trimestre de cette année de

4
S. KWEMO, L’OHADA et le secteur informel- L’exemple du Cameroun, préc., p.219.
5
E. SANGO KABONGA, [Link]., p.13.

6
respecter toutes les charges et obligations applicables à l’entrepreneur individuel (Article 30
de l’AUDCG).

III. LES SOCIETES COMMERCIALES ET DU GROUPEMENT D’INTERET


ECONOMIQUE

Le législateur communautaire OHADA par l’article 3 de l’acte uniforme relatif au


droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt économique de 2014 prévoit que
toutes personnes, quelle que soit leur nationalité, désirant exercer en société, une activité
commerciale sur le territoire de l'un des Etats parties, doivent choisir l'une des formes de
société qui convient à l'activité envisagée, parmi celles prévues par le présent Acte uniforme.

A. La société commerciale et ses différentes formes

1. Définition et constitution de la société commerciale

Pour comprendre le concept société commerciale, les articles 4 à 6 de l’acte sous


analyse disposent qu’une société commerciale est créée par deux (2) ou plusieurs personnes
qui conviennent, par un contrat, d'affecter a une activité des biens en numéraire ou en nature,
ou de l'industrie, dans le but de partager le bénéfice ou de profiter de l'économie qui peut en
résulter. Il faut cependant souligner que les activités commerciales peuvent parfois mal
tourner occasionnant ainsi un manque à gagner, c’est la raison pour laquelle les associés
doivent en outre s'engager à contribuer aux pertes dans les conditions prévues par le droit
communautaire OHADA.

Au-delà de cette acception qui conditionne le caractère collégial des fondateurs


d’une entité commerciale, il est néanmoins possible que celle-ci soit également créée, par une
seule personne, qu’on appelle «associé unique ».

La question qu’on peut se poser peut être celle de savoir comment est-ce qu’on
détermine le caractère commercial d'une société. Noter à ce point que, pour déterminer le
caractère de toute entreprise commerciale, il suffit de se référer à sa forme et à son objet.

C’est ainsi que sont considérées comme commerciales en raison de leur forme et
quel que soit leur objet, les sociétés en nom collectif, les sociétés en commandite simple, les
sociétés à responsabilité limitée, les sociétés anonymes et les sociétés par actions simplifiées.

7
De part ces diverses définitions ci haut évoquées, l’on rend compte que l’existence
de toute société commerciale fait naitre la rencontre des volontés de deux ou plusieurs
personnes qu’on appelle en d’autres termes « contrat de société », et l’acte de volonté en cas
d’associé unique.

2. Fonctionnement d’une société commerciale

Parler du fonctionnement d’une entité commerciale nous renvoie aux diverses


notions telles que les pouvoirs des dirigeants sociaux, les décisions collectives, les états
financiers de synthèse annuels et l’affectation du résultat, la procédure d’alerte, l’expertise de
gestion et l’administration provisoire.

a. Les pouvoirs des dirigeants sociaux

Qui peut engager la société ?

La société est engagée par les actes des organes de gestion, de direction et
d'administration qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle ne prouve que le tiers
savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait l'ignorer compte tenu des
circonstances, sans que la seule publication des statuts suffise à constituer cette preuve6.

b. Les décisions collectives

La notion liée aux décisions collectives est très primordiale dans le


fonctionnement normal de toute entité économique compte tenu de la nature contractuelle de
cette dernière. Ainsi, il est reconnu le droit à tout associé de pouvoir participer
personnellement ou par représentation aux votes des décisions générales qui engagent les
intérêts de la société.

c. Les états financiers de synthèse annuels et affectation du résultat

En matière de la ténue des états financiers, il existe un principe de base selon


lequel à la clôture de chaque exercice, le gérant ou le conseil d'administration ou
l'administrateur général, selon le cas, établit et arrête les états financiers de synthèse
conformément aux dispositions de l'Acte uniforme portant organisation et harmonisation des
comptabilités des entreprises (Article 137 AUDSCGIE). Il faut préciser à ce niveau que la

6
L’article 122 de l’AUDSCGIE, in Journal Officiel de l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires Numéro Spécial, 04 février 2014.

8
présentation des états financiers varie selon qu’il s’agit du système comptable normal ou du
système minimal de trésorerie à utiliser7.

d. La procédure d’alerte

Pendant son fonctionnement, toute société peut parfois faire face à une situation
ou un fait qui risque de compromettre la longévité de son exploitation. C’est ainsi qu’il est
possible dans les sociétés autres que les sociétés anonymes au commissaire aux comptes de
pouvoir déclencher cette procédure en demandant par lettre au porteur contre récépissé ou par
lettre recommandée avec demande d’avis de réception des explications au gérant qui est tenu
de répondre, dans les conditions et délais de 15 jours qui suivent la réception de la demande
d’explication.

Cette procédure, peut ensuite être initiée par les associés dans les sociétés autres
que les sociétés par action. Il consiste à tout associé non gérant de pouvoir, deux fois par
exercice poser par écrit des questions au gérant sur tout fait de nature à compromettre la
continuité de l’exploitation (Art. 150 et 157 AUDSGIE révisé en 2014).

e. L’expertise de gestion

L’expertise de gestion peut être l’initiative d’un ou plusieurs associés représentant


au moins le dixième du capital social qui peuvent, soit individuellement, soit en se groupant
sous que1que forme que ce soit, demander à la juridiction compétente du siège social, statuant
à bref délai, la nomination d'un ou de plusieurs experts chargés de présenter un rapport sur
une ou plusieurs opérations de gestion.

f. L’administration provisoire

Il peut arriver parfois que le fonctionnement normal de l’entreprise soit rendu


impossible soit du fait des organes de gestion, de direction ou d’administration, soit aussi des
associés. Ainsi pour faire face à cette situation, la juridiction compétente statuant à bref délai,
peut décider de nommer un administrateur provisoire aux fins d'assurer momentanément la
gestion des affaires sociales dont les conditions de fond et de forme sont fixées à l’article 160
de l’AUDSCGIE.

7
E. SANGO KABONGA, « La ténue des états financiers dans la zone OHADA : l’essentiel à retenir
pour un opérateur économique», in OHADAta D-17-12, 2017, p.8.

9
Dans son étude sur l’administration provisoire, Y. Chassagnon nous enseigne que
l’administration provisoire intervient à la suite d’une mésentente entre associés. Comme dans
la conception française, l’administrateur provisoire est la personne désignée par l’autorité
judiciaire à l’effet d’assurer temporairement la gestion d’une personne morale civile ou
commerciale, ou d’un patrimoine, et, parallèlement, de s’efforcer de résoudre la crise ayant
motivé sa désignation8.

3. La transformation et la dissolution d’une société commerciale


a. La transformation

Les associés sont libres de pouvoir changer la former juridique de leur société.
L’article 181 de l’acte sous analyse donne une lecture selon laquelle en cas de la
transformation régulière d'une société, on ne peut pas sous-entendre la création d'une
personne morale nouvelle. Elle ne constitue qu'une modification des statuts et est soumise aux
mêmes conditions de forme et de délai que celle-ci.

b. La dissolution, les effets et la liquidation de la société commerciale

La société commerciale ne peut exister que moyennant une période ou durée qui
est mentionnée dans ses statuts. Sauf prorogation, la société n’a une durée que de 99 ans, ce
qui implique qu’à l’expiration de ce délai, la personne morale est dissoute juridiquement.

A la lecture de l’article 200 AUDSCGIE, il ressort que toute société prend fin dans les
conditions suivantes :

• par l'expiration du temps pour lequel elle a été constituée ;


• par la réalisation ou l'extinction de son objet;
• par l'annulation du contrat de société;
• par décision des associés aux conditions prévues pour modifier les statuts ;
• par la dissolution anticipée prononcée par la juridiction compétente, à la demande d'un
associé pour justes motifs, notamment en cas d'inexécution de ses obligations par un
associé ou de mésentente entre associés empêchant le fonctionnement normal de la
société;
• par l'effet d'un jugement ordonnant la liquidation des biens de la société;
• pour toute autre cause prévue par les statuts.

8
Y. CHASSAGNO, « Administration provisoire », Répertoire Dalloz 1996, n°1.

10
Dans son fonctionnement normal, la société commerciale est non seulement en
relation avec le monde interne (associés) mais aussi le monde externe (les différents
partenaires), c’est ainsi qu’il est important que ce dernier soit informé sur la dissolution de la
société.

A ce titre l’article 201 AUDSCIE dispose que la dissolution de la société n'a


d'effet à l'égard des tiers qu'à compter de sa publication par avis inséré dans un journal
habilité à recevoir les annonces légales dans l'Etat partie du siège social. La dissolution de la
société pluripersonnelle entraine de plein droit sa mise en liquidation. La personnalité morale
de la société subsiste pour les besoins de la liquidation et jusqu'à la clôture de celle-ci.

La liquidation par voie de justice doit être entamée une fois que la société est
dissoute, elle consiste en un processus de la vente de tout bien ou avoirs de la personne
morale afin de récupérer le plus de fonds possible pour rembourser les créanciers.

B. différentes formes des sociétés commerciales

Nous distinguons d’un côté les sociétés des personnes qui comprennent la société
en nom collectif et la société en commandite simple, et de l’autre côté nous avons les sociétés
des capitaux qui sont constituées par la société anonyme, la société par actions simplifiées et
en fin la société à responsabilité limitée.

1. La société en nom collectif (SNC)


a. Définition et caractéristiques

L’article 270 AUDSCIE définie une société en nom collectif comme celle dans
laquelle tous les associés sont commerçants et répondent indéfiniment et solidairement des
dettes sociales. Dans ce type de société on retrouve le caractère solidaire de la responsabilité
au passif social qui signifie que lorsque la société ne parvient pas à désintéresser le créancier,
celui-ci peut à son seul choix, poursuivre l’un des associés sur le patrimoine propre de ce
dernier.

Le caractère indéfini de cette responsabilité veut dire que l’associé poursuivi peut
l’être pour la totalité de la dette sociale sans égard à la hauteur de sa participation au capital

11
social. Il pourra ensuite se retourner contre ses coassociés pour exiger de chacun d’eux une
contribution à a dette sociale proportionnelle aux apports respectifs des uns et des autres9.

Considérée comme l’une des sociétés la plus commerciale, dont le capital social
est divisé en parts sociales, la SNC a le mérite d’avoir à son sein les associés qui sont tous
commerçants et qui se sont constitués en fonction de l’intuitus personae surtout dans les
sociétés à petite taille ou les sociétés au chiffre d’affaires minime.

La société en nom collectif est désignée par une dénomination sociale, à laquelle
peut être incorporé le nom d'un ou plusieurs associés, et qui doit être immédiatement précédée
ou suivie en caractères lisibles des mots «société en nom collectif» ou du sigle «S.N.C. ».

b. Fin de la société en nom collectif

La société en nom collectif peut prendre fin par dissolution en cas de décès d’un
associé. Toutefois, les statuts peuvent prévoir que la société continuera, soit entre les associés
survivants, soit entre les associés survivants et les héritiers ou successeurs de l’associé décédé.
La société peut également prendre fin lorsqu’une décision de liquidation des biens, de faillite
ou des mesures d’incapacité ou d’interdiction d’exercer une activité commerciale est
prononcée à l’égard d’un associé, à moins que les statuts de la société ne prévoient la
continuation, ou que les autres associés ne le décident à l’unanimité (Article 290
AUDSCGIE).

Elle peut ensuite prendre fin dans le cas soit du refus d’agrément des héritiers et
successeurs, soit du retrait d’un associé, la valeur des titres sociaux à rembourser aux
intéressés.

2. La société en commandite simple


a. Définition et caractéristiques

L’article 293 AUDSCGIE définie la société en commandite simple comme celle


dans laquelle coexistent un ou plusieurs associés indéfiniment et solidairement responsables
des dettes sociales, dénommés « associés commandités », avec un ou plusieurs associés
responsables des dettes sociales dans la limite de leurs apports, dénommés « associés

9
La Commission Nationale OHADA (CNO), Manuel de Droit et Comptabilité OHADA, Kinshasa,
avril, 2015, P.98.

12
commanditaires » ou « associés en commandite », et dont le capital est divisé en parts
sociales.

Dans ce type de société deux catégories d’associés sont à soulever, il s’agit entre
autre les associés commandités qui ont la qualité des commerçants, leur situation juridique est
semblable à celle des associés d’une société en nom collectif. Il y aussi les associés
commanditaires qui ne sont pas nécessairement les commerçants mais plutôt les bailleurs de
fonds, responsable du passif social seulement à concurrence de leurs apports.

Comme les sociétés en nom collectif, la plus part des dispositions les régissent
sont applicables aussi aux sociétés en commandite simple sauf certaines particularités. Dans
son appellation, la société en commandite simple est désignée par une dénomination sociale
qui doit être immédiatement précédée ou suivie, en caractères lisibles, des mots « société en
commandite simple » ou du sigle « S.C.S ». Le nom d’un associé commanditaire ne peut en
aucun cas être incorporé à la dénomination sociale, à défaut de quoi ce dernier répond
indéfiniment et solidairement des dettes sociales. Par contre, le nom des associés
commandités peut figurer dans la dénomination sociale.

b. Fin de la société en commandite simple

Dans toutes les sociétés personnelles comme la SCS, la mort de l’un des associés
affecte en première vue la continuation de l’exploitation commerciale sauf si c’est l’associé
commanditaire qui est décédé.

3. La société à responsabilité limitée (SARL)


a. Définition et mode de constitution

La société à responsabilité limitée est une société dans laquelle les associés ne
sont responsables des dettes sociales qu’à concurrence de leurs apports et dont les droits sont
représentés par des parts sociales. Elle peut être constituée par une personne physique ou
morale, ou entre deux ou plusieurs physiques ou morales (Art 309 AUSCGIE).

La particularité de ce type d’entité économique est qu’elle a la possibilité d’être


constituée par les associés personnes physiques ou morales qui n’ont pas la qualité de
commerçant compte tenu de leurs affinités personnelles (pluripersonnelle), elle peut être aussi
constituée par une seule personne physique ou morale (unipersonnelle).

13
Bien qu’elle soit une société de capitaux où la responsabilité des associés est
limitée proportionnellement à leurs mises dans le capital social, elle est toutefois hybride dans
la mesure où ses règles de constitution et celles de dissolution sont assimilables à celles d’une
société des personnes et de capitaux à la fois.

Dans sa constitution la SARL est soumise à deux conditions, notamment celle de forme et de
fond.

• Conditions de fond

Les conditions de fond portent sur le capital social qui doit être fixé à 1 000 000
de francs CFA au moins et divisibles en part sociales égales dont la valeur nominale ne peut
être inférieure à 5 000 francs CFA, sauf dispositions nationales contraires.

Le législateur OHADA a donc laissé une marge pour les Etas partis de pouvoir fixer
autrement la valeur du capital social d’une SARL.

En République Démocratique du Congo par exemple, en lisant l’article 2 de


l’arrêté interministériel n°002/Cab/MIN/JGS&DH/014 et n°243/Cab/MIN/FINANCES/2014
du 30 décembre 2014, déterminant la forme des statuts et le capital social de la société à
responsabilité limitée, l’on se rend compte que le capital social de la société à responsabilité
unipersonnelle ou pluripersonnelle est librement fixé par les associés en tenant compte de
l’objet social de la société10. De même au Bénin11 et en Côte d’ivoire12, les associés peuvent
fixer librement le montant du capital social d’une SARL.

Les associés ont donc la liberté de déterminer eux même le capital social de leur
entité économique, toutefois l’on peut déduire que la valeur nominale d’une part sociale ne
peut être toujours inférieur à celle prévue par le législateur OHADA soit 5 000 francs CFA,
étant donné que la disposition y relative ne prévoit pas le renvoie aux pays membres.

10
L’article 2 de l’arrêté interministériel n°002/Cab/MIN/JGS&DH/014 et
n°243/Cab/MIN/FINANCES/2014 du 30 décembre 2014, déterminant la forme des statuts et le capital
social de la société à responsabilité limitée.
11
L’article 6 du décret n°2014-220 du 26 mars 2014 portant modalité de création des SARL.
12
L’article 5 de l’ordonnance n° 2014-161 du 2 avril 2014 relative à la forme des statuts et au capital
social de la société à responsabilité limité.

14
Par contre dans d’autres pays de l’espace OHADA, comme le Sénégal13, le Togo14
et le Burkina-Faso15, le montant du capital d’une SARL est fixé respectivement à 100 000
francs CFA au moins, 100 000 francs CFA, et 100 000 francs CFA.

• Conditions de forme

Les conditions de forme définissent la forme juridique que l’acte constitutif ou


les statuts et les associés doivent prendre. Les associés ont le choix d’établir les statuts par
un acte sous seing privé ou carrément par un acte notarié. Il appartient aux associés de faire le
choix.

• La dissolution

Les causes de dissolution communes à toutes les sociétés s’appliquent aussi


ordinairement à la société à responsabilité limitée telle que prévues à l’article 200
AUDSCGIE. Cependant, contrairement à la société en nom collectif, la SARL qui est une
société des capitaux, n’est pas dissoute en cas de la mort, de l’interdiction, de la faillite ou de
l’incapacité d’un associé. Les changements qui frappent la personne des associés ne peuvent
en aucun cas avoir impact sur l’existence de l’entité économique.

4. La société anonyme (SA)


a. Caractéristiques

Caractérisée par la limitation des risques proportionnellement à leurs mises dans


le capital social, la constitution d’une SA ne tient pas compte des intimités personnelles des
associés. Le caractère l’intuitu personae des actionnaires n’est pas de mise car ce qui compte
beaucoup plus dans ce type de société c’est ce que la personne apporte et non ce qu’elle est.

13
L’article 1er de la loi n° 17/2014 du 15 avril 2014 portant fixation du capital social minimum de la
société à responsabilité limitée.
14
L’article 3 du décret n° 2014 – 119/PR du 19 mai 2014 déterminant la forme des statuts et le
capital social pour les sociétés à responsabilité limitée.
15
L’article 3 du décret n° 2014- 462/PRES/PM/MJ/MEF/MICA du 26 mai 2014 portant fixation des
dispositions nationales applicables à la forme des statuts et au capital social pour les sociétés à
responsabilité limitée au Burkina Faso.

15
Autre caractéristique majeure, la SA émet les titres qu’on appelle les valeurs.
Elles sont définies comme des titres qui confèrent des droits identiques par catégorie et
donnent accès directement ou indirectement à une quotité du capital de la société émettrice,
ou à un droit de créance général sur son patrimoine. Elles sont indivisibles à l'égard de la
société émettrice (Article 744 AUDSCGIE). Le législateur OHADA a prévu deux catégories
ou types d’une SA, notamment : la SA faisant appel public à l’épargne, et la SA ne faisant
pas appel public à l’épargne.

b. Dissolution d’une SA

Deux causes peuvent amener à la dissolution d’une SA, il s’agit notamment des
causes statutaires qui impliquent la réalisation ou extinction de l’objet social, la volonté des
actionnaires ainsi que l’arrivée du terme. Il y a aussi les causes qui sont principalement
judiciaires comme la liquidation des biens de la société en cessation de paiement et
l’annulation de la société.

5. Société par actions simplifiées (SAS)

Quand il faut analyser le risque des actionnaires, l’on peut dire que la SAS est
comparable à la SARL et la SA, car les associés ne sont responsables des dettes sociales que
jusqu’à concurrence de leurs mises dans le capital social. Comme les autres entités
économiques, elle peut être unipersonnelle dans ce cas on parlera d’une SASU elle peut être
aussi pluripersonnelle « SAS ».

La particularité de cette société, est que les statuts prévoient librement


l’organisation et le fonctionnement, ensuite les associés disposent d’une plus grande liberté
quant à son organisation et à son fonctionnement. La priorité liée à la liberté contractuelle
des associés est donc forcément garantie.

Certains liens ou rapports peuvent être entre une SAS et SA. En effet, plusieurs
règles régissant la SAS sont analogues à celles qui dirigent la SA, sauf certaines disparités
essentielles reposant sur l’interdiction de recourir à l’appel public à l’épargne,
l’administration et la gestion de la société, et la possibilité de procéder aux apports en
industrie.

6. Société en participation

16
a. Définition et organisation

Qualifiée comme une société occulte par certains doctrinaires dont notamment
BIBOUM BIKEY, la société en participation est celle dans laquelle les associés conviennent
qu'elle n'est pas immatriculée au registre du commerce et du crédit mobilier. Elle n'a pas la
personnalité morale et n'est pas soumise à la publicité.

Dans ce type de société les associés conviennent librement de l'objet, de la durée,


des conditions du fonctionnement, des droits des associés, de la fin de la société en
participation sous réserve de ne pas déroger aux règles impératives des dispositions
communes aux sociétés, exception faite de celles qui sont relatives à la personnalité morale.

b. Rapports entre associés

A moins qu'une organisation différente n'ait été prévue, les rapports entre associés
sont régis par les dispositions applicables aux sociétés en nom collectif.

c. Rapports avec les tiers

Au terme de l’article 861 AUDSCGIE, chaque associé contracte en son nom


personnel et est seul engage à l'égard des tiers. Toutefois, si les associés agissent
expressément en leur qualité d'associé auprès des tiers, chacun de ceux qui ont agi est tenu par
les engagements des autres. Les obligations souscrites dans ces conditions les engagent
indéfiniment et solidairement. Il en est de même de l'associé qui, par son immixtion, a laissé
croire au cocontractant qu'il entendait s'engager à son égard et dont il est prouvé que
l'engagement a tourné à son profit.

d. Dissolution

La société en participation est dissoute par les mêmes évènements qui mettent fin à
la société en nom collectif. Les associés peuvent toutefois convenir dans les statuts ou dans un
acte ultérieur que la société continue en dépit de ces évènements.

7. Société créée de fait et société de fait

On parle d’une société créée de fait lorsque deux (2) ou plusieurs personnes
physiques ou morales se comportent comme des associés sans avoir constitué entre elles l'une

17
des sociétés reconnues par l’acte uniforme sur le droit des sociétés commerciales et du
groupement d’intérêt économique.

Par contre, lorsque deux (2) ou plusieurs personnes physiques ou morales ont
constitué entre elles une société reconnue par l’AUDSCGIE mais qui comporte un vice de
formation non régularisé ou ont constitué entre elles une société non reconnue par l’Acte
uniforme sous dissection, on parlera dans ce cas d’une société de fait.

C. groupement d’intérêt économique

Dans le droit des affaires OHADA, le groupement d’intérêt économique est celui
qui a pour but exclusif de mettre en œuvre pour une durée déterminée, tous les moyens
propres à faciliter ou à développer l’activité économique de ses membres, à améliorer ou à
accroître les résultats de cette activité (Article 869 AUDSCGIE).

1. Constitution et fonctionnement

Avec, ou sans capital, le GIE peut être constitué par deux ou plusieurs personnes
physiques ou morales, y compris les personnes exerçant une profession libérale soumise à un
statut législatif ou règlementaire ou dont le titre est protégé. Les droits des membres ne
peuvent être représentés par des titres négociables, dès lors ils sont ténus solidairement des
dettes du groupement sur leur patrimoine propre sauf dans le cas d’une exonération au profit
d’un nouveau membre, et d’une disposition contraire avec le tiers contractant.

L’activité du groupement doit se rattacher à l’activité de ses membres et n’avoir


qu’un caractère auxiliaire par rapport à celle-ci. Il ne donne pas lieu par lui-même à
réalisation et à partage des bénéfices. Il a la personnalité juridique à compter de son
immatriculation au RCCM.

2. Dissolution

La dissolution d’un GIE n’est possible que dans les conditions ci-après : l’arrivée
du terme ; réalisation ou extinction de l’objet social ; décision de ses membres ; décision
judiciaire pour justes motifs ; décès d’une personne physique ou dissolution d’une personne
morale membre du groupement d’intérêt économique, sauf clause contraire du contrat.

18
IV. LES SOCIETES COOPERATIVES

A. Constitution, organisation et fonctionnement

Une société coopérative est un groupement autonome de personnes


volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et
culturels communs, au moyen d’une entreprise dont la propriété et la gestion sont collectives
et où le pouvoir est exercé démocratiquement et selon les principes coopératives16. Les
valeurs essentielles dans une SCOOP sont la prise en charge et la responsabilité individuelles
et réciproques, la démocratie, l’égalité, l’équité et la solidarité. Fidèles à l’esprit des
fondateurs, les membres des coopératives adhèrent à une éthique fondée sur l’honnêteté, la
transparence, la responsabilité sociale et la sympathie.

Dans sa constitution et sa gestion, les membres d’une SCOOP doivent faire


recours aux principes universels suivants tels que prévus en 1995 par l’Alliance Coopérative
Internationale « ACI 17» notamment :

• L’adhésion volontaire et ouverte à tous


• Pouvoir démocratique exercé par les membres
• Participation économique des membres
• Autonomie et indépendance
• Education, formation et information
• Coopération entre les coopératives
• Engagement envers la communauté

Il sied de préciser qu’il existe deux formes de société coopérative ayant un régime
spécifique dont les règles organisent la constitution, le fonctionnement, le développement et la
dissolution. Il s’agit à cet effet de la société coopérative simplifiée et la société coopérative
avec conseil d’administration.

La société coopérative simplifiée est constituée entre cinq personnes physiques ou


morales au minimum, désignée par une dénomination sociale qui doit être immédiatement
précédée ou suivie en caractères lisibles, de l’expression « Société Coopérative Simplifiée » et
du sigle « SCOOPS ».

16
Article 4 de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives du 15 décembre 2010.
17
Alliance Coopérative Internationale « ACI», Déclaration sur l’identité coopérative internationale,
1995.

19
Quant à la société coopérative avec conseil d’administration, elle est constituée
entre quinze personnes physiques ou morales au moins. Elle est désignée par une
dénomination sociale qui doit être immédiatement précédée ou suivie en caractères lisibles, de
l’expression « Société Coopérative avec Conseil d’Administration » ou du sigle « COOP-CA
».

B. Dissolution et liquidation

La société coopérative peut prendre fin dans les conditions suivantes :

• L’expiration de la durée pour laquelle elle a été constituée ;


• la réalisation ou l’extinction de son objet ;
• l’annulation du contrat de société ;
• la décision anticipée prononcée par la juridiction compétente à la demande d’un ou de
plusieurs coopérateurs pour justes motifs, notamment en cas de mésentente entre
associés empêchant le fonctionnement normal de la coopérative ;
• l’effet d’un jugement ordonnant la liquidation des biens de la société coopérative ;
• ou pour toute autre cause prévue par les statuts (Article 177 AUDSCOOP).

V. LES ENTREPRISES PUBLIQUES, PARAPUBLIQUES OU LES


SOCIETES D’ECONOMIE MIXTE

La distinction entre une entreprise publique, parapublique ou la société


d’économie est basée sur la notion de la personnalité juridique.

A. Entreprise publique

Le législateur de la République Démocratique du Congo définit une entreprise


publique, comme toute entreprise du portefeuille de l’Etat dans laquelle l’Etat ou toute autre
personne morale de droit public détient la totalité ou la majorité absolue du capital social18.

D’autres penseurs comme Luc BERNIER, estiment qu’une entreprise publique est
une organisation hybride. C’est donc un organisme public qui doit mettre en œuvre des

18
Article 2 de la loi n° 08/008 du 07 juillet 2008 portant dispositions générales relatives au
désengagement de l’Etat des entreprises du portefeuille, in Journal Officiel - Numéro Spécial - 12
juillet 2008.

20
politiques publiques et qui, en même temps, réalise des opérations de nature commerciale en
vendant des biens et des services19.

B. Entreprise parapublique ou société d’économies mixtes

Au regard de la loi Française du 7 juillet 1983 relative aux sociétés d'économie


mixte, telle qu’améliorée en janvier 2002, les sociétés d’économies mixtes sont des
entreprises dans lesquelles la propriété du capital appartient en partie à l’Etat et en partie aux
personnes privées.

CONCLUSION

Le génie du législateur OHADA se trouve dans sa façon dont il a organisé le


secteur du droit des affaires dans le continent Africain en prévoyant clairement et sans
équivoque les diverses règles d’organisation et de fonctionnement de différents acteurs selon
leur domaine d’intervention.

C’est dans cet ordre d’idée que nous avions réfléchi au tour du concept entité
économique qui, au-delà d’avoir le sens d’entreprise avec ses différentes formes juridiques,
implique aussi le fait pour une personne physique d’exercer les activés lucratives ou non, dans
les conditions de forme et de fond prévues par le droit communautaire sous dissection, tel est
le cas par exemple d’un entreprenant.

19
L., BERNIER, « Entreprise publique », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le Dictionnaire
encyclopédique de l’administration publique, 2012, [en ligne], [Link].

21
BIBLIOGRAPHIE

I. TEXTES JURIDIQUES

• Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du groupement d’intérêt


économique
• Acte uniforme relatif au droit des sociétés coopératives du 15 décembre 2010.
• Acte Uniforme sur le Droit Commercial Général
• Alliance Coopérative Internationale « ACI», Déclaration sur l’identité coopérative
internationale, 1995.
• Arrêté interministériel n°002/Cab/MIN/JGS&DH/014 et
n°243/Cab/MIN/FINANCES/2014 du 30 décembre 2014, déterminant la forme des
statuts et le capital social de la société à responsabilité limitée.
• Décret n° 2014 – 119/PR du 19 mai 2014 déterminant la forme des statuts et le
capital social pour les sociétés à responsabilité limitée.
• Décret n° 2014- 462/PRES/PM/MJ/MEF/MICA du 26 mai 2014 portant fixation des
dispositions nationales applicables à la forme des statuts et au capital social pour les
sociétés à responsabilité limitée au Burkina Faso.
• Décret n°2014-220 du 26 mars 2014 portant modalité de création des SARL.
• Loi n° 08/008 du 07 juillet 2008 portant dispositions générales relatives au
désengagement de l’Etat des entreprises du portefeuille, in Journal Officiel - Numéro
Spécial - 12 juillet 2008.
• Loi n° 17/2014 du 15 avril 2014 portant fixation du capital social minimum de la
société à responsabilité limitée.
• Ordonnance n° 2014-161 du 2 avril 2014 relative à la forme des statuts et au capital
social de la société à responsabilité limité.

II. OUVRAGES ET ARTICLES


• BERNIER L., « Entreprise publique », dans L. Côté et J.-F. Savard (dir.), Le
Dictionnaire encyclopédique de l’administration publique, 201.
• CHASSAGNO Y., « Administration provisoire », Répertoire Dalloz 1996, n°1.
• KWEMO S., L’OHADA et le secteur informel- L’exemple du Cameroun, préc.

22
• La Commission Nationale OHADA (CNO), Manuel de Droit et Comptabilité
OHADA, Kinshasa, avril, 2015.
• SANGO KABONGA E., « L’institution de l’entreprenant : une maitrise du secteur
informel en RDC ? », in OHADAta, 2017.
• SANGO KABONGA E., « La ténue des états financiers dans la zone OHADA : l’essentiel à
retenir pour un opérateur économique», in OHADAta D-17-12, 2017.

III. JURISPRUDENCE
• Cour de cassation, chambre sociale, dans son arrêt sur la notion d’entité économique,
n° de pourvoi : 02-44358N° de pourvoi : 02-44442, du 17 décembre 2003, in bulletin
officiel.

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