PLATEFORME DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE
POM CIVILE INTERVENANT DANS LE SECTEUR MINIER
(POM)
RAPPORT D’ETUDE SUR LES PRATIQUES
D’EXPROPRIATION, D’INDEMNISATION,
DE DELOCALISATION/REINSTALATION
DES COMMUNAUTES AFFECTEES PAR
LES PROJETS MINIERS
Avec l’appui de :
Lubumbashi, Décembre 2015
94, Avenue Adula/Coin Des Usines, Commune de Lubumbashi,
Lubumbashi – R.D. Congo
Tél. : + 243 997 027 315 ; + 243 997 035 457 ; + 243 818 577 577
e-mail : pomkatanga@[Link]
PLATEFORME DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE
POM CIVILE INTERVENANT DANS LE SECTEUR MINIER
(POM)
RAPPORT D’ETUDE SUR LES PRATIQUES
D’EXPROPRIATION, D’INDEMNISATION,
DE DELOCALISATION/REINSTALATION
DES COMMUNAUTES AFFECTEES PAR
LES PROJETS MINIERS
Avec l’appui de :
Lubumbashi, Décembre 2015
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 3
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
SOMMAIRE
SOMMAIRE ............................................................................................................................... 4
REMERCIEMENTS ................................................................................................................... 5
INTRODUCTION ....................................................................................................................... 6
1. Contexte et justification du projet de recherche. ......................................................... 6
2. Méthodologie de recherche ........................................................................................ 8
3. Terminologie et concepts utilisés dans ce rapport ...................................................... 9
I. EXPROPRIATION, INDEMNISATION, DELOCALISATION ET REINSTALATION DES
COMMUNAUTES AFFECTEES PAR LES PROJETS MINIERS : CADRE LEGAL
ET STANDARDS INTERNATIONAUX ET REGIONAUX ........................................ 12
1.1. CADRE LEGAL ET STANDARDS INTERNATIONAUX. .......................................... 12
1.2. CADRE LEGAL ET STANDARDS REGIONAUX/AFRICAINS EN MATIRE DE
DELOCALISATION DES COMMUNAUTES LOCALES. .......................................... 17
II. EXPROPRIATION, INDEMNISATION, DELOCALISATION ET REINSTALATION DES
COMMUNAUTES AFFECTEES PAR LES PROJETS MINIERS : ETAT DE LA
LEGISLATION ET PRATIQUES EN RD CONGO. .................................................. 23
2.1. ETAT DE LA LEGISLATION .................................................................................... 23
2.2. PRATIQUES DOCUMENTEES SUR LE PROCESSUS D’EXPROPRIATION,
D4INDEMNISATION, DE DELOCALISATION ET DE REINSTALLATION DES
COMMUNAUTES AFFECTEES PAR LES PROJETS MINIERS EN RD CONGO. .. 28
CONCLUSION ......................................................................................................................... 32
ANNEXE 1: LISTE DES INSTITUTIONS/PERSONNES AYANT FOURNI DES
DONNEES/ORIENTATIONS A CETTE RECHERCHE. ........................................... 33
ANNEXE 2 : PROJET DIRECTIVE RELATIVE AUX PROCEDURES D’EXPROPRIATION,
D’INDEMNISATION, DE DELOCALISATION/REINSTALLATION DES
COMMUNAUTES AFFECTEES PAR LES PROJETS MINIERS EN R.D. CONGO 34
ANNEXE 3: BREVE PRESENTATION DE LA PLATEFORME DES ORGANISATIONS DE LA
SOCIETE CIVILE INTERVENANT DANS LE SECTEUR MINIER (POM) ............... 59
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
REMERCIEMENTS
La Plateforme des Organisations de la Société Civile intervenant dans le
secteur minier au Katanga (POM) remercie toutes les personnes et
organisations qui ont concouru à la réalisation du présent document. Ses
remerciements s’adressent singulièrement à :
Maitre MAYANI Fabien, Expert consultant, pour avoir élaborée ce document.
Boniface UMPULA, pour sa lecture, ses commentaires et la mise en commun
des différentes parties du texte.
Aux membres de la coordination, notamment M. Emmanuel UMPULA pour la
coordination dudit projet.
Catholic Organisation for Relief and Development Aid (CORDAID) pour son
soutien financier au projet d’appui à la contribution de la société civile à la
reforme légale dans le secteur minier en R.D. Congo que la POM met en
œuvre et dans le cadre duquel ce document a été élaboré.
Pour la POM
IBOND RUPAS A’nzam
Coordonnateur
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 5
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
INTRODUCTION
1. Contexte et justification du projet de recherche.
La République Démocratique du Congo regorge d’énormes ressources
minières (or, diamant, coltan, cuivre, cobalt, cassitérite, manganèse, uranium,
germanium,…) dont l’exploitation remonte à la fin du 19ème siècle1.
Depuis l’accession du pays à l’indépendance jusqu’au début des années
2000, l’exploitation des ressources minières et des hydrocarbures était régies
respectivement par l’ordonnance-loi n° 67/231 du 03/05/1967 et abrogée par
l’ordonnance-loin°81-013 du 2 avril 1981 portant législation générale sur les
Mines et les Hydrocarbures.
Sous l’impulsion de la Banque Mondiale, le gouvernement congolais a
adopté entre 2002 et 2003 une novelle législation censée créer un climat
attractif des investisseurs privés avec espoir que ceux-ci lui donneraient les
moyens financiers nécessaires pour lui permettre de financer son programme
de développement et de reconstruction nationale.
Après 10 ans d’application de cette nouvelle législation, le gouvernement de
la République Démocratique du Congo a initié le processus de révision de la
loi n°007/2002 du 11 Juillet 2002 portant code minier congolais en vue de
corriger les faiblesses identifiée notamment la modicité des dividendes tirés
par l’Etat et la faible contribution du secteur minier développement
communautaire2.
Dans ce processus de réforme, le gouvernement a adopté une approche
participative impliquant les trois parties prenantes intervenant dans le secteur
minier (administration publique-entreprises minières-société civile). Chacune
de ces trois parties prenantes avait ainsi la possibilité de formuler ses
propres propositions d’amendement qui ont par la suite été débattues au
cours des ateliers tripartites.
La POM a été la première organisation de la société civile congolaise à avoir
initié les travaux de réflexion et d’élaboration des propositions d’amendement
au code minier3. Ces propositions ont porté principalement sur la
transparence, la participation des communautés dans le suivi du secteur et la
distribution des revenus entre l'Etat et les communautés riveraines.
1
Les premières législations minières de la RD Congo datent de l’époque de l’Etat-Indépendant du
Congo(EIC) édictées par le roi Léopold II à travers le décret du 8 juin 1888 et celui du 10 mars 1893.
Pendant la période coloniale, le secteur minier fut respectivement régi par le Décret du 16 décembre
1910 modifié et complété par le Décret du 16 avril 1919 qui fut abrogé et remplacé le Décret du 24
septembre 1937.
2
Lettre du Ministre des Mines portant transmission du Projet de loi portant révision du Code Minier
au à l’Assemblée Nationale, Kinshasa, le 28 Février 2015.
3
POM, Propositions d’amendements du code minier de la République Démocratique du Congo,
Lubumbashi, Juin 2012, disponible sur [Link]
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 6
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Parmi ses points d’intérêts, on peut citer le renforcement du cadre légal et
réglementaire sur les questions ci-après:
La consultation préalable, libre et éclairée des communautés
impactées par les projets miniers;
La constitution de fonds de développement communautaire à prélever
obligatoirement sur les revenus de ventes des minerais;
L'institution et la signature des cahiers de charge entre les
communautés et compagnies (équivalent d'accord en développement
local);
La réglementation des expropriations, délocalisation et compensation
des communautés directement impactées4.
En dépit de l’acceptation par les deux autres parties prenantes de la plus
grande majorité des principes contenus dans ces mesures de réforme et
l’insertion de certains d’entre eux dans le projet de loi portant révision du
code minier, la POM considère qu’il est important de définir des directives
spécifiques adaptées au contexte local comme premier pas indispensable
vers le développement cohérent et intégré du secteur minier.
La POM a initié le présent projet de recherche proactive ayant pour objectif
de formuler les propositions des mesures, des directives et modalités
pratiques d’application des principes fondamentaux ainsi adoptés sur le
processus de consultation des communautés locales, d’expropriation,
d’indemnisation et de délocalisation/relocalisation des communautés
affectées par les projets miniers, de signature du cahier de charges ainsi que
du fonctionnement du fonds de développement communautaire.
Dans la réalisation du volet relatif au processus d’expropriation,
d’indemnisation et de délocalisation/relocalisation des communautés, la POM
a recouru à notre expertise en vue de faire l’état des lieux du cadre légal
congolais, des pratiques et standards en matière d’expropriation,
d’indemnisation/compensation délocalisation et de relocalisation des
communautés locales aux niveaux national, sous-régional, régional et
international. Selon les termes de référence de la recherche, les résultats
attendus de ce volet sont :
L’élaboration du rapport sur l’état des lieux de la législation et des
pratiques en matière d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation
des communautés affectées par les projets miniers en RD Congo en y
relevant les forces et faiblesses ;
La présentation de l’inventaire des bonnes législations nationales, des
meilleures pratiques et de bons standards aux niveaux sous-régional,
4
POM, Termes de référence du projet de recherche sur l’état des lieux des procédures de
consultation, d’expropriation , d’indemnisation et de délocalisation des communautés affectées par
les projets miniers, Lubumbashi, Mai 2015, p. 3.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 7
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
régional et international en matière d’expropriation, d’indemnisation et
délocalisation des communautés affectées par les projets extractifs ;
L’élaboration d’un projet de directive en termes réglementaires qui
devra encadrer le processus/procédures d’expropriation,
d’indemnisation et délocalisation des communautés affectées par les
projets miniers dans le contexte de l’exploitation minière industrielle en
RD Congo.
Dans notre planification, nous avons subdivisé ce travail de recherche en
deux phases :
La première phase se rapporte d’une part à la recherche sur l’état de la
législation congolaise et des pratiques en matière d’expropriation,
d’indemnisation et de délocalisation des communautés, l’inventaire de
bonnes législations, de meilleures pratiques et autres standards pertinents en
la matière ; ainsi qu’à la rédaction dur apport résumant les informations et
données collectées.
La deuxième est consacrée à l’élaboration du projet de directives devant
encadrer le processus d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation des
communautés affectées par les projets miniers en RD Congo.
Le présent rapport constitue donc le résumé des informations et données
collectées sur l’état du cadre légal/réglementaire et des pratiques en matière
d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation des communautés affectées
par les projets miniers en RD Congo.
Il fournit aussi un inventaire non exhaustif des cadres légaux et
réglementaires de certains pays ainsi que les principaux standards et
meilleures pratiques répertoriés aux niveaux sous-régional, régional et
international sur les questions d’expropriation, d’indemnisation et
délocalisation des communautés affectées par les projets extractifs.
Ainsi, les conclusions de ce rapport nous permettront d’élaborer le projet de
directives sur le processus d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation
des communautés affectées par les projets miniers en prenant en compte les
réalités et le contexte congolais.
2. Méthodologie de recherche
Dans le processus de recherche ayant conduit à l’élaboration du présent
rapport, nous avons fait recours à trois méthodes de recherche à savoir la
méthode juridique et analytique et comparative.
La méthode juridique nous a permis comprendre la portée des dispositions
légales et réglementaires ainsi que des standards internationaux régissant le
processus d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation des
communautés affectées par les projets extractifs en RD Congo et d’autres
pays qui ont mis en place un cadre légal sur cette question.
La méthode analytique nous a permis de faire une bonne analyse et un
recoupement objectif des données récoltées tant dans le cadre des interviews
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 8
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
réalisées auprès des leaders communautaires, des représentants des
entreprises minières ainsi des informations issues des sources
documentaires, particulièrement les publications disponibles sur les questions
de thématique de recherche.
La méthode comparative nous a facilité l’analyse comparative des
législations minières d’autres pays sur les questions d’expropriation,
d’indemnisation et délocalisation des communautés locales affectées par les
activités minières.
Outre les trois méthodes, nous avons également recouru à la technique
documentaire, à la conduite des interviews avec les acteurs identifiés ainsi
qu’à la consultation de quelques sites web. Nous avons ainsi passé en revue
toute la littérature existante disponible qui comprend notamment les
ouvrages, les rapports d’ONGs, les articles de revue et de médias, les textes
de loi, les rapports de durabilité des entreprises minières,…qui traitent des
questions relatives au processus d’expropriation, d’indemnisation et
délocalisation des communautés locales. Les principaux documents
consultés sont les textes légaux, les ouvrages, les directives et standards
internationaux, les rapports d’ONGs ainsi que les rapports de durabilités des
entreprises minières.
Les interviews avec les acteurs impliqués dans le processus d’expropriation,
d’indemnisation et délocalisation nous ont permis de compléter et confronter
les informations et données collectées dans le cadre de la recherche
documentaire. Nous avons ainsi interviewé les représentants des services
étatiques, les représentants des entreprises minières ainsi que les leaders
locaux des provinces du Haut-Katanga, du Lualaba, du Sud-Kivu, du
Maniema et de l’Ituri vivant dans les zones où les communautés locales ont
été délocalisées par les entreprises minières. Nous avons également
interviewé les représentants d’ONGs locales et internationales qui ont
travaillé et rendu publics des rapports sur la délocalisation des communautés
affectées par les projets miniers en RD Congo5.
3. Terminologie et concepts utilisés dans ce rapport6
Dans le cadre de la recherche, nous avons pu identifier certains concepts
clés dont la compréhension permet d’avoir une idée d’ensemble sur les
contours du processus d’expropriation, d’indemnisation et délocalisation des
communautés affectées par les projets d’investissement. Ces concepts sont
notamment :
5
En annexe la liste des personnes et institutions consultées au cours de cette recherche.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 9
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Délocalisation/relocalisation : Processus de déplacement et de
réinstallation d’une communauté d’un lieu vers un autre pour raisons
de projets d’investissement ou de développement. Ce déplacement
peut être physique ou économique. Le déplacement est physique
lorsqu’il consiste en une perte des logements par les communautés
alors que dans le déplacement économique, les communautés
affectées perdent leurs moyens de subsistance ou les ressources leur
permettant d’accéder aux moyens de subsistance (terres pour les
activités agricoles, rivières pour les activités de pêche,…) ;
Déplacement volontaire : le déplacement est volontaire lorsque les
communautés affectées ont légalement la possibilité de le refuser ou
de s’y opposer7 ;
Déplacement involontaire : le déplacement est involontaire lorsque
les communautés affectées n’ont le droit de s’y opposer ;
Expulsion/éviction : l’éviction s’entend généralement comme un
déplacement des communautés non suivi des mesures de
réinstallation ;
Personnes affectées : C’est l’ensemble de toutes les personnes
touchées directement ou indirectement par le déplacement physique
et/ou économique ;
Compensations/indemnités: les paiements versés en espèces ou en
nature aux personnes affectées pour la perte des biens ou d'une
ressource ;
Moyens de subsistance : C’est l’ensemble des moyens et activités
de subsistance/de survie que les communautés pratiquent dans leur
milieu naturel. Il peut s’agir de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche,
de l’artisanat, etc ;
Restauration des moyens de subsistance : Il s’agit des
programmes, des projets et des actions visant à restaurer/remplacer
ou améliorer les moyens de subsistance et conditions de vie des
communautés relocalisées. Exemples : construction des maisons pour
les personnes relocalisées, obtention des terres arables de
remplacement, appui des activités de développement communautaire
(coopératives agricoles, construction des écoles, des hôpitaux,…) ;
6
La plupart des définitions des concepts clés sont tirées de l’exposé présenté par Mr Justin Pooley (de
la SFI) lors du Symposium spécial sur la réinstallation et moyens des populations délocalisées,
organisé par IAIA, Kruger Park, Skukuza (Afrique du Sud), 19-24 Octobre 2014.
7
Même lorsque les communautés ont été régulièrement consultées et qu’elles ont donné leur
consentement, le déplacement demeure involontaire dès lors que ces dernières n’ont pas la
possibilité de s’opposer à leur déplacement.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 10
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Plan d’Action de la Réinstallation (PAR): Plan/programme et
politique guidant le processus de délocalisation et de réinstallation
décrivant les différentes phases et activités de ce processus ;
Plan de Restauration des Moyens de Subsistance (PRMS): Plan,
programmes, politiques de restauration des moyens de subsistance
des communautés réinstallées ;
Terres de remplacement: les terres mises à la disposition des
communautés réinstallées pour la poursuite de leurs activités
agricoles ;
Communauté hôte : C’est la communauté qui accueille les personnes
délocalisées/relocalisées.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 11
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
I. EXPROPRIATION, INDEMNISATION, DELOCALISATION ET
REINSTALATION DES COMMUNAUTES AFFECTEES PAR
LES PROJETS MINIERS : CADRE LEGAL ET STANDARDS
INTERNATIONAUX ET REGIONAUX
La question de déplacement forcé des communautés locales suite au
développement des projets pour raison d’investissement et pour tout autre
motif a préoccupé plusieurs institutions internationales et régionales. L’intérêt
d’adopter des orientations sur la manière de conduire le processus de
déplacement forcé des communautés s’est justifié par les conséquences
négatives que ce phénomène engendre sur le cadre de vie des
communautés affectées.
Ce sont principalement les organismes des Nations Unies (le Comité des
droits économiques et culturels, le Conseil des droits de l’homme,
l’Organisation des Nations Unie pour l’Agriculture et le Groupe de la Banque
Mondiale) et le Groupe de la Banque Mondiale qui ont adopté des directives
et orientations sur les questions de délocalisation des communautés.
Dans le cadre du continent africain, la Banque Africaine de Développement
(BAD) et la Banque Oust-Africaine de Développement(BOAD) ont adopté des
directives à l’intention des bénéficiaires de leur financement en ce qui
concerne le processus de réinstallation volontaire des communautés
affectées.
1.1. CADRE LEGAL ET STANDARDS INTERNATIONAUX.
1.1.1. Directives et standards adoptés par les organismes des Nations
Unies
Compte tenu de l’éventail de violations des droits humains qu’il comporte, le
processus de déplacement forcé des populations dans le développement a
préoccupé les Nations Unies.
A cet effet, le Comité des droits économiques sociaux et culturels a adopté
l’Observation Générale n°7 relatives aux expulsions forcées dans le cadre de
la protection du droit au logement. Dans le même sens, le Conseil des droits
de l’homme a adopté les Principes de base et directives concernant les
expulsions et les déplacements liés au développement adoptés par le Conseil
des droits de l’homme.
a) L’Observation générale n°7 du Comité des droits économiques,
sociaux et culturels
Le Comité des Droits économiques sociaux et culturels est l’organisme
institué par Pacte international relatif aux droits économiques sociaux et
culturels ayant pour mission d’interpréter les dispositions du Pacte et
d’assurer la promotion de la mise en œuvre desdites dispositions par les
Etats parties.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 12
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Dans le cadre de l’interprétation du droit au logement garanti par l’article 11
du Pacte8, le Comité des droits économiques sociaux et culturels adopté en
1977l’observation générale n°7 relative à la protection du droit au logement
contre les expulsions forcées (y compris pour des raisons d’investissement).
Cette observation explicite les garanties fondamentales aux reconnues aux
communautés/personnes victimes d’expulsions forcées. Ces garanties
comprennent notamment l’exploration d’autres alternatives pouvant éviter
l’expulsion, l’information et la consultation des personnes affectées (lorsque
l’expulsion est inévitable), le paiement des indemnités/compensations
appropriées, l’octroi des délais raisonnables et suffisants avant le
déplacement ainsi que l’accompagnement des services étatiques tout au long
du processus de déplacement9
b) Principes de base et directives concernant les expulsions et les
déplacements liés au développement10.
En 2007, le Rapporteur Spécial sur le droit à un logement convenable a, en
annexe à son rapport, présenté au Conseil des droits de l’homme un
ensemble des directives visant à aider les Etats à élaborer des lois et des
politiques qui empêchent les expulsions forcées au niveau national.
Connus sous le nom de Principes de base et directives concernant les
expulsions et les déplacements liés au développement, ces directives ont été
adoptées par le Conseil des droits de l’homme en Février 2007.
Ces directives posent le principe d’interdiction d’expulsion forcée des
populations et fournissent des garanties à accorder aux personnes affectées
avant pendant et après l’expulsion lorsque le déplacement devient inévitable.
. Ces garanties portent notamment sur l’exploration d’autres solutions de
remplacement aux expulsions en apportant aux personnes affectées le
caractère inévitable de l’expulsion, le droit à l’information et à la participation
au processus de déplacement forcé, l’entretien d’un dialogue permanent et
de consultation avec les personnes affectées, y compris les groupes
vulnérables, durant le processus de déplacement, l’évaluation de la valeur
des biens des communautés concernées accompagnée d’une
indemnisation/compensation juste et équitable, l’annonce par écrit de l’avis
de l’expulsion dans la langue compréhensible par les personnes affectées, le
contrôle administratif ou judiciaire des décisions prises dans le cadre du
processus de déplacement, l’accès aux voies de recours, la définition et la
mise en œuvre des mesures réinstallation comprenant notamment la
construction de nouveaux logement, l’approvisionnement en eau et en
électricité, l’assainissement, les écoles, les routes d’accès, l’attribution des
terres, l’octroi d’une assistance pour la réinsertion socioéconomique, …
8
Le droit au logement est garanti par l’article 11 du Pacte en tant qu’une composante du droit à
niveau de vie suffisant.
9
Comité des droits économiques, sociaux et culturels, Observation Générale n°7 sur la lutte contre les
expulsions dans le cadre de la protection du droit au logement, disponible sur
[Link]/FR/Issues/Housing/Pages/[Link]
10
[Link]
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 13
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
c) Directives volontaires de la FAO pour une bonne gouvernance
responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches
et aux forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire11.
Adoptées en Mai 2012 par le Comité de la sécurité alimentaire
mondiale(CSA) à la suite des consultations réalisées à l’échelle mondiale,
ces directives qui ont pour objectif de promouvoir la gouvernance
responsable des régimes fonciers applicables aux terres, aux pêches et aux
forêts en prenant en compte toutes les formes de régimes fonciers ; publics
privés, communautaires, autochtones, coutumiers et informels en vue de
lutter contre la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Elles visent donc à
garantir la sécurité alimentaire pour tous les peuples du monde et de
promouvoir la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate
dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale.
Composées de 7 sections et 26 paragraphes, ces directives donnent des
orientations aux Etats sur les mesures à prendre pour l’amélioration de la
gouvernance foncière dans le but d’assurer la sécurité alimentaire.
S’agissant spécifiquement des questions d’expropriation, d’indemnisation et
de déplacement forcé des communautés de leurs terres, la section IX,
paragraphes 5 et 9 recommandent aux Etats d’assure la protection des
peuples autochtones et autres communautés contre l’expulsion forcée de
leurs terres, et de les consulter préalablement et les faire participer à toutes
les décisions qui touchent les ressources de ces communautés
conformément aux principes du consentement libre, préalable et éclairé.
1.1.2. Directives et standards adoptés par le Groupe de la Banque
Mondiale.
La Banque Mondiale est l’une des deux institutions financières
internationales12 créée à la fin de la seconde guerre mondiale sous le nom de
Banque internationale pour la reconstruction et le développement. Faisant
partie des institutions spécialisées des Nations Unies, sa mission initiale était
d’aider l’Europe et le Japon à se reconstruire après la seconde guerre
mondiale. Depuis les années 1960, elle s’est fixé un nouvel objectif
consistant à encourager la croissance économique et à financer les projets
de développement d’infrastructures dans les pays en développement.
Le groupe de la Banque Mondiale comprend 5 institutions à savoir la Banque
internationale pour la reconstruction et le développement(BIRD), l’Association
internationale de développement(AID), la Société financière
internationale(SFI), le Centre international pour le règlement des différents
relatifs aux investissements(CIRDI) et l’Agence multilatérale de garantie des
investissements(AMGI).La BIRD et l’IDA forment la Banque mondiale et
accordent des prêts, crédits et dons aux pays en développement alors que la
11
[Link]/nr/tenure/volunteer-guidelines/fr/
12
Le Fonds Monétaire International(FMI) est l’autre institution qui fut créée au même moment que la
Banque Mondiale.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 14
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
SFI et accorde des prêts et finance des projets d’investissement privés pour
stimuler l’investissement privé dans les pays en développement13.
Dans le cadre de cette recherche, ce sont les directives et orientations
adoptées par la Banque mondiale et la Société financière internationale
destinées aux bénéficiaires de leurs financements que nous avons
analysées14. Nous nous intéressons aux exigences posées par la Banque
mondiale et la Société financière internationale sur les questions sociales et
environnementales, particulièrement les directives en rapport avec les
questions d’expropriation, d’indemnisation, de déplacement et de
réinstallation des communautés affectées par les projets d’investissement
qu’elles financent.
a) Politiques de sauvegarde environnementale et sociale de la
Banque Mondiale.
Comme mentionné précédemment, la Banque Mondial a adopté une série
des politiques/d’orientations visant à assurer la protection des populations
affectées et de l’environnement dans les projets financés qu’elle finance. Ces
politiques portent notamment sur l’évaluation environnementale (OP15 4.01),
la protection des Habitats naturels (OP 4.04) Lutte antiparasitaire (OP 4.09),
les Populations autochtones (OP 4.10) le Patrimoine physique et culturel (OP
4.11), la réinstallation forcée (OP 4.12)16,…
Depuis leur adoption il y a plus de 20 ans, ces politiques sont mises à jour
suivant les nouveaux défis et réalités rencontrés dans la mise en œuvre des
projets financés par la Banque Mondiale.
En ce qui concerne spécifiquement la question de délocalisation de
relocalisation des communautés affectées, la politique de sauvegarde sur la
réinstallation (OP 4.12) fournit des orientations précises aux Etats
emprunteurs sur la manière de procéder à la délocalisation et à la
réinstallation des communautés affectées par les projets financés par la
Banque Mondiale.
La politique de sauvegarde OP 4.12 prévoit notamment que les activités de
réinstallation des communautés soient conçues et exécutées sous la forme
de programmes de développement procurant aux personnes déplacées par le
13
[Link]/fr/about
14
Conçues en termes de conditionnalités pour l’octroi des prêts devant financer les projets
d’investissement, ces directives visent à promouvoir le développement durable, en prenant en
compte et respect des aspects environnementaux et sociaux dans la mise en œuvre des projets
d’investissement économique (exploitation des ressources naturelles et développement des
infrastructures).
15
OP est un sigle anglaise qui veut dire Operational Policy, en français, Politique Opérationnelle.
16
[Link]
banque-mondiale
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 15
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
projet suffisamment de moyens d’investissement pour leur permettre de
bénéficier des avantages du projet17.
L’OP 4.12 insiste sur le fait que les populations déplacées devront être
consultées de manière constructive et avoir la possibilité de participer à la
planification et à la mise en œuvre des programmes de réinstallation et qu’en
plus elles devront être aidées dans leurs efforts d’amélioration, ou du moins
de rétablissement, de leurs moyens d’existence et de leur niveau de vie. ,
ceux-ci étant considérés, en terme réels, aux niveaux qui prévalaient au
moment de la phase précédant le déplacement ou celle de la mise en œuvre
du projet, selon la formule la plus avantageuse.
Pour mieux gérer le processus de délocalisation de réinstallation des
communautés, l’OP 4.12 demande à l’Etat Emprunteur de prépare un plan de
réinstallation ou un cadre de politique de réinstallation18 qui couvre les
éléments suivants :
a) Le plan de réinstallation ou le cadre de politique de réinstallation incluant
les mesures garantissant que les personnes déplacées sont i) informées
des options qui leur sont ouvertes et des droits se rattachant à la
réinstallation ; ii) consultées, soumises à plusieurs choix et informées des
alternatives réalisables aux plans technique et économique ; et iii)
pourvues rapidement d’une compensation effective au coût intégral de
remplacement pour les pertes de biens directement attribuables au
projet ;
b) Si une relocalisation physique figure au nombre des impacts, le plan de
réinstallation ou le cadre de politique de réinstallation devra inclure des
mesures garantissant que les personnes déplacées sont i) pourvues
d’une aide (telle que des indemnités de déplacement) pendant la
réinstallation ; et ii) pourvues de logements ou de terrains à bâtir, ou,
selon les exigences posées, de terrains agricoles présentant une
combinaison de potentiel productif, d’avantages géographiques et autres
facteurs au moins équivalente aux avantages du site antérieur ;
c) Lorsque cela s’avère nécessaire pour que les objectifs de la politique
soient atteints, le plan de réinstallation ou le cadre de politique de
réinstallation inclut également des mesures garantissant que les
personnes déplacées sont bénéficiaires d’une aide après le déplacement,
pour une période transitoire d’une durée fondée sur une estimation
raisonnable du temps probable nécessaire au rétablissement de leurs
moyens d’existence et de leurs revenus ; et ii) pourvues d’une aide au
développement qui s’ajouterait aux mesures de compensation décrites au
paragraphe 6 a) iii), telles que la viabilisation des terrains, des
mécanismes de crédit, la formation ou des créations d’emploi,...
17
Banque Mondiale, Manuel Opérationnel de la Banque Mondiale Politiques opérationnelles, OP
4.12, « Involuntary Resettlement », p 1, disponible sur
[Link]
18
Un modèle de plan de délocalisation et de réinstallation des communautés qui comprend les
différentes phases de ce processus a été détaillé en annexe de cette politique de sauvegarde.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 16
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
d) Normes et critères de performance de la Société financière
internationale(SFI)19.
Dans sa mission de promouvoir les investissements privés dans les pays en
développement, la SFI a adopté des normes de performance en matière de
durabilité environnementale et sociale des projets qu’elle finance. Les
entreprises privées bénéficiaires des prêts de la SFI sont censées respecter
et mettre ces normes sur les questions sociales et environnementales20.
Composées de 8 critères, les normes de performance ont été adoptées en
2006 puis revues 2012 pour prendre en compte les nouveaux défis des
investissements dans les pays en développement. La norme de performance
n°5 relative à l’acquisition de terres et réinstallation involontaire contient des
orientations claires, précises et détaillées sur le processus de délocalisation
de réinstallation des communautés affectées par les projets financées par la
SFI.
Cette norme prévoit notamment la mise en place des mécanismes appropriés
à travers un processus de consultation et de la participation éclairées des
communautés affectés, les procédures et critères d’indemnisations et de
compensation, les mécanismes de règlement des griefs/différends ainsi que
les orientations sur Planification et mise en œuvre de la réinstallation et de la
restauration des moyens d’existence. Elle fournit un modèle de plan d’action
de réinstallation qui doit viser l’améliorer les conditions de vie des personnes
déplacées par la fourniture de logements adéquats avec sécurité
d’occupation dans les sites de réinstallation et la restauration des moyens de
subsistance.
1.2. CADRE LEGAL ET STANDARDS REGIONAUX/AFRICAINS EN
MATIRE DE DELOCALISATION DES COMMUNAUTES LOCALES.
1.2.1. Directives adoptées par les institutions financières africaines.
Tel que mentionné précédemment, la Banque Africaine de Développement
(BAD) et la Banque Oust-Africaine de Développement (BOAD) sont les deux
institutions africaines ayant adopté des directives et standards en matière de
délocalisation et de réinstallation des communautés affectées par les projets
qu’elles financent dans le continent.
19
Ces normes et critères de performance sont disponibles sur
[Link]
[Link]?MOD=AJPERES
20
Les normes et critères de performance de la SFI sont également sont utilisées par une soixantaine
de banques privées dans le cadre des principes de l’Équateur.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 17
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
[Link]. Directives du Groupe de la Banque Africaine de Développement
(BAD)
La Banque africaine de développement (BAD) est une institution financière
multinationale et régionale de développement, créée en Août 1963 à
Khartoum (Soudan) dans le but de contribuer au développement et au
progrès social des pays africains.
Le Groupe de la BAD comprend trois entités distinctes, regroupées sous une
direction unique, à savoir son institution phare, la Banque africaine de
développement (BAD) , et deux guichets concessionnels, le Fonds africain de
développement (FAD), créé en novembre 1972 par la BAD et 13 autres pays
non africains, et le Fonds spécial du Nigeria (FSN), créé en 1976 par le
Gouvernement fédéral du Nigeria.21
Le Fonds africain de développement (FAD) est l’institution du Groupe de la
BAD chargée d’une part de renforcer les capacités économiques des pays
membres en vue de devenir de nouveaux marchés émergents et, de l’autre
d’octroyer des aides spécifiques aux pays fragiles pour garantir la prestation
des services de base. Il contribue ainsi à la promotion du développement
économique et social dans les pays africains les moins développés, en
octroyant des financements concessionnels dédiés à la mise en œuvre de
projets et de programmes, et une assistance technique pour mener des
études et des activités de renforcement des capacités.
Dans le cadre de l’octroi des financements pour la mise en œuvre des projets
de développement, la BAD et le FAD ont adopté des directives sociales et
environnementales devant être respectées par les pays bénéficiaires.
En ce qui concerne spécifiquement la question de déplacement des
communautés affectées par les activités des projets qu’ils financent, la BAD
et le FA ont adopté les directives relatives au déplacement involontaire et au
transfert de populations. Ces directives ont été mises à jour en novembre
2003 sous la dénomination de ‘politique en matière de déplacement
involontaire des populations’ en vue de les améliorer et les adapter au
nouveau contexte des projets de développement22.
L’objectif de cette politique consiste à veiller à ce que les perturbations aux
moyens de subsistance des populations dans la zone du projet soient
réduites au minimum, que les populations déplacées reçoivent une aide à la
réinstallation pour qu’elles puissent améliorer leur niveau de vie,…., et que
soit mis en place un mécanisme de suivi de l’exécution des programmes de
réinstallation23.
Les principes directeurs ci-après ont été définis dans le cadre du
déplacement involontaire des populations affectées par les projets appuyés
par les institutions du Groupe de la Banque africaine de développement :
21
[Link]
22
BAD&FAD, Politique en matière de déplacement involontaire des populations, p. 1, disponible sur
[Link]
23
BAD&FAD, Op. cit, p. 2, disponible sur [Link]
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 18
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
L’élaborer d’un plan de réinstallation24conçu de manière à réduire le
plus possible le déplacement et à fournir aux personnes déplacées une
assistance avant, pendant et après la réinstallation. Les communautés
touchées doivent approuver et donner leur consentement au plan de
réinstallation et au programme de développement. Tout déplacement et
nécessaire pour le projet doit être effectué dans le contexte de
règlements négociés avec les communautés affectées ;
La consultation suffisante des populations déplacées et des
communautés d’accueil dès le début du processus de planification et
durant les toutes les phases d’exécution du programme de
réinstallation. Les personnes affectées doivent être informées de leurs
droits et de différentes options qui leur sont ouvertes. Pour que la
consultation soit utile, des informations sur le projet proposé et les plans
de réinstallation et de réhabilitation doivent être fournies à temps, et
dans une forme appropriée et compréhensible par les populations
locales et aux organisations de la société civile. Les réunions de
consultation doivent être organisées méticuleusement. En plus des
réunions mixtes, il faudrait envisager de tenir des réunions séparées
pour les femmes et veiller à une représentation équitable des femmes-
chefs de famille ;
Durant le processus de planification de mise en œuvre du plan et du
programme de réinstallation, une attention particulière doit être
accordée aux besoins des groupes défavorisés et vulnérables, en
particulier ceux dont le revenu est en deçà du seuil de pauvreté, les
sans-terre, les personnes âgées, les femmes et les enfants, et les
minorités ethniques, religieuses et linguistiques, ainsi que ceux qui n’ont
pas de titres légaux sur des biens, et les femmes-chefs de famille. Une
assistance appropriée doit être apportée à ces catégories défavorisées
pour qu’elles puissent faire face aux effets de la dislocation et améliorer
leur condition ;
L’indemnisation appropriée des personnes déplacées doit être
effectuée avant leur déplacement effectif, l’expropriation de leurs terres
et des biens qui s’y trouvent, ou le démarrage des travaux du projet ;
Des mécanismes d’intégration sociale et économique des
personnes déplacées et de leur collaboration avec les communautés
d’accueil doivent être envisagés pour réduire autant que possible les
incidences négatives sur ces communautés et prévenir des conflits
pouvant naître entre les communautés hôtes et les déplacés sur les
questions d’accès aux ressources (terre, à l’eau, les forêts,..) et aux
services sociaux ;
24
Ce plan de réinstallation devra être accessible aux populations déplacées, aux ONG et aux
organisations de la société civile (OSC) concernées dans une forme, de la manière et dans un langage
compréhensibles par elles.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 19
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Le coût total du projet doit, de ce fait, intégrer le coût plein de
toutes les activités de la réinstallation, c’est-à-dire tenir compte de la
perte, par les personnes touchées, de moyens de subsistance et de
possibilités de gain.
Cette politique met l’accent sur la nécessité pour tout projet de définir un
programme et d’élaborer un plan complet de réinstallation(PCR)25qui
donnent tous les détails nécessaires sur le processus de réinstallation des
populations, incluant notamment le processus de consultation, d’information
et participation des populations affectées et autres parties prenantes, les
critères et procédures d’indemnisation/compensation, les mécanismes de
règlement des différents, les critères et modalités de réinstallation,….
[Link]. Quelques législations nationales africaines régissant le
processus d’expropriation, d’indemnisation de délocalisation
et de réinstallation des communautés affectées par les projets
d’investissement.
Dans le cadre de la présente recherche, nous avons pu faire une étude
comparée de quelques législations nations africaines sur la réglementation du
processus d’expropriation, d’indemnisation, de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées par les projets d’investissement
extractif. Parmi les législations analysées, les législations minières de deux
pays ont retenu notre attention dans la mesure où ces pays ont essayé
chacun de bien réglementer la question de réinstallation involontaire des
populations dans le secteur extractif suivant différentes approches. Il s’agit de
la République du Ghana et de la République du Mozambique.
a. Le Code Minier de la République du Ghana
Le Ghana est un pays de l’Afrique de l’Ouest qui possède d’une richesse
minérale considérable.
Les minerais exploités actuellement sont l’or, le manganèse, le diamant, la
bauxite, le calcaire auxquels s’ajoutent le pétrole et gaz découverts en 2007.
L’or est le plus important minerai exploité du pays26.
Avec l’appui financier et technique de la Banque Mondiale, le Ghana a, en
2001, initié le processus de réforme de sa législation minière de 1986. Ce
long processus a abouti à la promulgation de la loi 703 du 22 Mars 2006
portant Code Minier Ghanéen. C’est cette nouvelle législation qui régit
l’exploitation minière dans le pays.
Les questions d’expropriation, d’indemnisation/compensation et de
délocalisation/relocalisation des populations affectées par les activités
25
Le PCR doit se présenter comme un complément du rapport sur l’évaluation de l’impact
environnemental (EIE)
26
AKABZAA Thomas (sous la direction de Bonnie Campbell) Ressources minières en Afrique ; Quelle
réglementation pour le développement ? Exploitation minière au Ghana. Répercussions sur le
développement économique et la réduction de la pauvreté Ed. Centre de Recherches pour le
développement international et Presse Universitaire du Québec, 2010, p. 27
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 20
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
minières sont régies par les articles 72, 73, 74 et 74 et 75 relatifs à la
compensation/indemnisation des titulaires des droits sur la surface du sol.
Ces dispositions légales prévoient que lorsque les activités minières rendent
impossibles la cohabitation ou causent des dommages au propriétaire/titulaire
des droits sur la surface du sol ou l’occupant légal du sol, celui-ci a droit de
réclamer le paiement des compensations/indemnités justes et équitables.
Le paiement de ces indemnités peut se faire à l’amiable entre les deux
parties sur base de l’enquête d’évaluation effectuée en présence des experts
de l’organisme responsable de l'évaluation des terres.
Lorsque le titulaire des droits fonciers ou l’occupant légal du sol conteste les
indemnités lui proposées, il a le droit de saisir le Ministre des Mines qui, sur
base de l’évaluation faite par un expert par lui désigné, déterminera les
formes et le taux d’indemnités à payer.
Le titulaire des droits fonciers ou l’occupant légal du sol conserve la
possibilité de refuser les indemnités proposées par le Ministre en saisissant le
Tribunal compétent.
Ces dispositions soulignent que lorsque les opérations minières nécessitent
le déplacement/délocalisation des propriétaires/titulaires des droits fonciers
ou occupants légaux, le titulaire du droit minier a l’obligation de les réinstaller,
de construire des logements suivant les normes urbanistiques du pays et
d’assurer la restauration de leurs moyens de subsistance.
b. La législation Mozambicaine
Le Mozambique est un pays de l’Afrique australe dont le sous-sol regorge de
ressources minières très variées, notamment le charbon, le titane, l’ilménite,
le rutile, le tantale, le zircon, le marbre, le phosphate, la bauxite, le graphite,
le calcaire, l’or, le gaz naturel,…
Le charbon constitue aujourd’hui la principale ressource minérale du pays
dont l’exploitation a commencé en 2004 avec l’attribution de la licence
d’exploitation à la multinationale Vale sur le gisement de Moatize dans la
province de Tete27.
En 2012, les autorités mozambicaines ont entrepris la réforme de la
législation minière en vigueur depuis le 26 Juin 2002. Hormis le régime
fiscal28 qui n’a pas été modifié, cette révision a apporté plusieurs
changements en ce qui concerne notamment sur les périodes de validité des
permis d’exploitation accordés aux investisseurs, le renforcement des
obligation environnementales , sur la contribution au développement local et
la participation des communautés, l’instauration des obligations relatives au
contenu local, l’obligation de transformer localement tous les minerais
produits au pays, l’obligation pour tous les titulaires des droits miniers de se
faire enregistrer à la bourse mozambicaine29,...
27
[Link]
28
Le régime fiscal a été modifié plus tard en 2014 par la loi n°21/2014 du 18 Août 2014 entrée en
er
vigueur le 1 Janvier 2015/
29
[Link]
+Law+A+ReBalancing+Act
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 21
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
S’agissant particulièrement de la question de la délocalisation et de la
relocalisation des communautés affectées par les activités minières, les
articles 29-32 de la législation de 2012 imposent des obligations strictes en
ce qui concerne notamment les compensations et les mesures de
restauration des moyens de subsistance.
Quelques mois avant la promulgation de cette législation minière, le
gouvernement avait déjà pris un Décret réglementant la délocalisation et de
relocalisation des populations liées aux activités économiques. Adopté en
Août 201230, ce Décret a institué :
Les principes et modalités pratiques de délocalisation et de
relocalisation des communautés en rendant obligatoires la consultation
et la participation des communautés affectées dans toutes les phases
du processus de leur délocalisation et de relocalisation31 ;
L’obligation pour tout investisseur de relocaliser les communautés en
cas de leur délocalisation en leur versant des indemnités justes et
équitable ;
Le renforcement du rôle et des responsabilités de l’administration
locale et du gouvernement central dans la protection des droits des
communautés durant le processus de délocalisation/relocalisation ;
L’obligation pour tout investisseur d’élaborer un plan
d’action/programme de délocalisation décrivant toutes les phases du
processus de délocalisation et de réinstallation des communautés
affectées ainsi que les mesures de restauration des moyens de
subsistance suivant le modèle défini par le gouvernement ;
La mise en place d’une commission32 multipartite d’assistance et de
surveillance du processus de délocalisation de réinstallation des
communautés locales.
30
Ce décret est disponible sur
31
Ana Chichava, Vice-ministre chargée de la coordination des affaires environnementales du
Mozambique, Discours d’ouverture du Symposium spécial sur la réinstallation et moyens des
populations délocalisées, organisé par IAIA, Kruger Park, Skukuza (Afrique du Sud), 19-24 Octobre
2014.
32
Cette commission est constituée des représentants de l’Etat (administration locale, provinciale,
services de l’agriculture, de l’urbanisme, du cadastre foncier, et tout autre service intéressé,
représentants des communautés affectées, des organisations de la société civile, des représentants
du secteur privé, gouvernement membres Les principales phases du processus de délocalisation et
de relocalisation définies par ce décret comprennent la collecte et l’analyse des données physiques et
socio-économiques du milieu, la consultation des communautés affectés, le processus de
détermination des critères d’éligibilité et des modalités de paiement des indemnités et de
compensation, le processus de restauration des moyens de subsistance,….
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 22
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
II. EXPROPRIATION, INDEMNISATION, DELOCALISATION ET
REINSTALATION DES COMMUNAUTES AFFECTEES PAR
LES PROJETS MINIERS : ETAT DE LA LEGISLATION ET
PRATIQUES EN RD CONGO.
2.1. ETAT DE LA LEGISLATION
2.1.1. Rappel du caractère exclusif des droits miniers
Avant d’analyser le régime d’expropriation, d’indemnisation des biens des
communautés locales et de leur délocalisation dans le contexte de
l’exploitation des ressources minières en RD Congo, il importe de rappeler le
caractère exclusif de tous les droits miniers organisés par le code minier
(Permis de recherche, Permis d’exploitation, Permis d’Exploitation des Rejets
et Permis d’Exploitation de Petite Mine) vis-à-vis d’autres droits réels.
La lecture combinée des articles 51, 64, 65, 88 et 9933du code minier relève
que tous les droits miniers prévus dans le code minier en vigueur sont des
droits réels, immobiliers et exclusifs.
La conséquence de ce caractère exclusif est que les droits miniers ne
peuvent pas s’exercer concomitamment avec d’autres droits (fonciers,
forestiers, agricoles…) sur une même concession. Les titulaires de droits
fonciers ou forestiers sur une concession ayant fait l’objet d’octroi d’un droit
minier sont donc appelés à céder la place aux activités minières. Seul
l’occupant du terrain coutumier peut continuer à effectuer uniquement les
travaux champêtres à condition d’obtenir l’accord du titulaire du droit minier
et que ces travaux (champêtres) ne gênent pas les opérations minières34.
Les analystes experts interrogés au cours de cette recherche ont affirmé que
c’est le caractère exclusif des droits miniers ainsi que la nature
potentiellement dangereuse des activités minières qui expliquent dans une
large mesure la délocalisation des communautés de leur milieu naturel où
elles disposent des droits fonciers, agricoles acquis conformément à la loi ou
à la coutume.
Ainsi donc, en conférant aux droits miniers le caractère exclusif, le législateur
congolais a implicitement consacré les expropriations et les délocalisations
des communautés locales qui devraient être encadrées par les dispositions
légales.
33
Ces dispositions légales décrivent le type des droits miniers organisés par le Code Minier.
34
Article 281 alinéa 4 du code minier. Dans la pratique, cette mesure exceptionnelle est difficile à
appliquer dans la pratique de l’exploitation minière en RD Congo.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 23
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
2.1.2. Régime juridique de l’’expropriation des biens des communautés
et leur délocalisation dans le secteur minier congolais.
Analyse des dispositions du code minier et ses mesures
d’application.
Les expropriations des biens et la délocalisation des communautés locales
pratiquées dans le secteur minier congolais sont censées être réglementées
par la législation minière (code minier et ses mesures d’application).
Cependant, l’analyse de la législation minière congolaise révèle que ce cadre
légal et réglementaire est quasi-muet et demeure lacunaire sur les questions
relatives au processus d’expropriations des biens et de délocalisation des
communautés affectés par les projets miniers.
Il ressort de notre analyse que seul l’article 281 du chapitre II du Titre XI du
code minier parle tacitement de l’expropriation des biens des communautés
locales. L’alinéa 1er de cet article dispose que : « Toute occupation de terrain
privant les ayants-droits de la jouissance du sol, toute modification rendant le
terrain impropre à la culture entraîne, pour le titulaire ou l’amodiataire des
droits miniers et/ou de carrières, à la demande des ayants-droits du terrain et
à leur convenance, l’obligation de payer une juste indemnité correspondant
soit au loyer, soit à la valeur du terrain lors de son occupation, augmentée de
la moitié ».
En dehors des dispositions de cet article qui, de surcroît, sont porteuses de
germes de division et discrimination et tribalisme/clanisme à cause de
l’expression ayants-droits de la jouissance du sol, nous n’avons pas pu
trouver d’autres dispositions similaires et/ou réglementaires sur la question de
l’expropriation des biens des communautés locales affectées par les projets
miniers en RD Congo. Le Décret Présidentiel n° 038/2003 du 26 Mars 2003
portant Règlement Minier ne contient aucune mesure d’application relative à
la procédure et aux modalités pratiques du principe d’indemnisation prévu
par l’article 281 du Code Minier.
En ce qui concerne la délocalisation et la réinstallation des communautés
déplacées, la législation minière congolaise ne contient aucune disposition
tant en termes de principes à suivre en cas de déplacement physique ou
économique des communautés locales. Nous n’avons pas trouvé les
concepts déplacement des communautés/populations ou délocalisation des
communautés/populations dans aucune des dispositions du code minier ni
moins encore du Règlement Minier.
Il découle de notre analyse que la législation minière congolaise ne
réglemente pas de manière claire et cohérente les questions d’expropriation,
de délocalisations et les relocalisations des communautés affectées par les
projets miniers.
Nous pensons que les limites contenues dans la législation nécessitent la
modification de l’article 281 dans le cadre du processus de révision du code
minier en cours afin de poser les principes ci-après soient mentionnés :
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 24
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
1) la fixation du taux d’indemnisation à 100% avec la prise en compte
d’autres aspects des biens expropriés, 2) le calcul des indemnités par les
experts des services étatiques spécialisés, 3) le remplacement/compensation
des logements, des terres arables.
Par ailleurs, en faisant une lecture croisée des lois congolaises relatives à
l’accès et à l’utilisation de la terre, nous avons découvert la loi n°77/01 du 22
Février 1977 relative à l’expropriation pour cause d’utilité publique.
L’application de cette loi dans les expropriations pratiquées dans le secteur
minier est très controversée tant par les chercheurs que les entreprises
minières en RD Congo.
A travers le paragraphe suivant, nous essayons de présenter le contenu de
cette loi, les controverses sur son applicabilité dans les expropriations
opérées dans le secteur minier ainsi que notre position.
2.1.3. Controverses autour de l’application dans le secteur minier de la
loi n°77/01 du 22 Février 1977 relative à l’expropriation pour cause
d’utilité publique en RD Congo.
Pour des raisons d’utilité publique, chaque Etat dispose d’une législation qui
permet à l’autorité publique d’exproprier les biens des particuliers en vue de
la réalisation des travaux d’intérêt général.
Cette législation exceptionnelle qui porte atteinte au droit à la propriété
prévoit généralement les procédures et mécanismes d’indemnisation ainsi
que les voies de recours en faveur des personnes affectées.
En RD Congo, les modalités d’expropriation pour cause d’utilité publique
sont fixées par la loi n°77/01 du 22 Février 197735.
L’expropriation pour cause d’utilité publique est définie comme une procédure
permettant de contraindre une personne privée (…) à céder à une personne
publique ou privée la propriété d’un immeuble ou à renoncer à un autre droit
réel (im)mobilier, et cela en raison des exigences de l’utilité publique, et
moyennant une juste et préalable indemnité36.
35
Cette loi détermine la procédure et les indemnités à payer par l’Etat aux personnes touchées par
l’expropriation pour cause d’utilité publique
36
Busane cité par Paul-Robain Namegabe Rugarabura et Paterne Murhula Batumike in « Contribution
à l’analyse de la nature juridique des mesures de délocalisation des populations au profit de Banro
Corporation à Twangiza », Conjonctures Congolaises, Bukavu, 2013, p.139
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 25
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
La controverse sur l’application de la loi n°77/01 du 22 Février 1977 porte sur
la nature de la cause de l’expropriation ainsi que du bénéficiaire de la
mesure. Plus concrètement, le débat tourne autour du caractère d’utilité
publique ou non (utilité privée) des mesures d’expropriation/délocalisation des
communautés dans le secteur minier.
Certains analystes pensent que les expropriations/délocalisations pratiquées
dans le secteur minier congolais peuvent être qualifiées d’expropriation de fait
ou expropriation voilée ou encore expropriation innommée qui doivent être
régies par la loi précitée37.
Les défenseurs de cette opinion soutiennent que l’utilité publique dans ces
expropriations réside dans le fait que l’expropriation ou la délocalisation des
communautés procèdent de la politique de développement (création des
emplois, développement des entités locales, exploitation des ressources
minières pour développer le pays,…) de l’Etat qui est le bénéficiaire final des
retombées de l’exploitation minière38
Un autre courant de pensée estime que l’expropriation/délocalisation
pratiquée par les entreprises minières ne peut pas être régie par la loi
n°77/01 du 22 Février 1977 pour les raisons ci-après :
Cette loi ne s’applique que lorsque c’est l’Etat qui entend exproprier
pour cause d’utilité suivant les termes de l’article 2 de ladite loi, alors
que les activités des entreprises minières sont d’ordre privé et
lucratif ;
Pour le cas des expropriations des biens appartenant à des opérateurs
miniers, le code minier lui-même fixe les modalités et procédures
sans faire référence à la loi n°77/01 du 22 Février 197739.
Notre position
Il est certes vrai que l’exploitation minière fait partie des politiques publiques
visant à assurer le développement socio-économique des populations qui est
la mission fondamentale et essentielle de tout Etat moderne. Ceci revient à
dire que l’Etat est le bénéficiaire final des mesures d’expropriation de
délocalisation pratiquées dans le secteur minier en faveur des entreprises
minières privées censées créer de l’emploi, contribuer au budget national à
37
Paul-Robain Namegabe Rugarabura et Paterne Murhula Batumike : « Contribution à l’analyse de la
nature juridique des mesures de délocalisation des populations au profit de Banro Corporation à
Twangiza », Conjonctures Congolaises, Bukavu, 2013, pp.141-142.
38
Paul-Robain Namegabe Rugarabura et Paterne Murhula Batumike, article précité, pp141-142.
39
The Carter Center, Investissements miniers en RD Congo : Développement ou Appauvrissements
des communautés locales ? Rapport d’impact des investissements miniers étrangers sur les droits
humains. Cas de Chemaf et Ruashi Mining, Ed. The Carter Center, Atlanta, GA 2012.
POM, Propositions d’amendements du code minier de la République Démocratique du Congo,
Lubumbashi, Juin 2012, disponible sur [Link]
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 26
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
travers les impôts et taxes et booster l’économie à travers les activités
connexes qu’elles pourraient induire.
Nous pensons cependant que la loin°77/01 du 22 Février 1977 sur
l’expropriation pour cause d’utilité publique n’est pas appropriée pour régir le
processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation/relocalisation
des communautés affectées par les projets miniers.
En effet, en plus des raisons avancées ci-dessus par le deuxième courant de
pensée, il est important de noter que cette loi ne prend pas en compte tous
les aspects et défis complexes soulevés par le processus d’expropriation,
d’indemnisation et de délocalisation/relocalisation des communautés.
L’expérience de terrain a montré que la loi précitée contient beaucoup de
limites en ce qui concerne certaines questions clés résultant du processus de
délocalisation des communautés affectées par les projets miniers.
A titre purement illustratif, nous citons la question de l’adéquation des
compensations/indemnités à payer aux victimes40 et celle liée au défi de
restauration des moyens de subsistance des communautés délocalisées,...
Comme on le verra plus tard, les meilleures pratiques et standards
internationaux en matière de délocalisation des communautés affectées par
les projets d’investissement recommandent le remplacement par les biens de
même nature pour certaines pertes enregistrées par les communautés
affectées notamment les logements, le droit d’accès à la terre,…
40
Selon les termes de la loi n°77/01 du 22 Février 1977 et la pratique dominante constatée en RDC, ce
sont les indemnités pécuniaires qui sont versées aux personnes victimes d’expropriation.
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
2.2. PRATIQUES DOCUMENTEES SUR LE PROCESSUS
D’EXPROPRIATION, D4INDEMNISATION, DE DELOCALISATION
ET DE REINSTALLATION DES COMMUNAUTES AFFECTEES PAR
LES PROJETS MINIERS EN RD CONGO.
2.2.1. Principaux cas de délocalisation documentés à travers la RD
Congo.
Durant les 13 dernières années d’application de la législation minière de
2002, plusieurs cas d’expropriation, d’éviction, d’expulsion, de délocalisation
et de relocalisation des communautés locales au profit du développement des
projets miniers ont été pratiqués en RDC.
La recherche que nous avons menée nous a permis de localiser ces
différents cas dans 6 provinces de la RDC à savoir le Haut Katanga, le
Lualaba, l’Ituri, le Haut Uélé, le Sud-Kivu et le Maniema.
Le tableau ci-dessous fournit la liste indicative des entreprises minières ayant
déjà délocalisé les communautés locales en RD Congo.
Province Entreprise Communautés affectées Nature de la
Minière ayant délocalisation
délocalisé
Ruashi Mining Habitants de la commune Délocalisation physique et
Ruashi et creuseurs économique
artisanaux à Lubumbashi
Haut-
Katanga Chemaf Habitants de la commune Délocalisation physique et
Ruashi, des villages économique
Washeni et Kebumba et
des creuseurs artisanaux à
Lubumbashi
Frontier Habitants du village Kishiba Délocalisation physique et
économique
Comilu Habitants du village Luisha Délocalisation
et ses environs économique
SIMCO Habitants du village Luisha Délocalisation
et ses environs économique
CMSK Habitants du village Délocalisation physique et
Kawama (économique ?)
COMIKA Habitants de la cité de Délocalisation
Kambove économique
MIKAS Habitants de la cité de Délocalisation
Kambove économique
SMCO Habitants de Likasi Délocalisation
économique
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Lualaba TFM Habitnats des villages Délocalisation physique et
Mulumbu, Mwelampande, économique
Kiboko, Mpala,…
Sicomines Habitants de la cité Kapata Délocalisation physique et
et des fermes à Kowezi économique
Boss Mining Habitants du village Délocalisation
N’guba et de la cité de économique
Kakanda.
MUMI Habitants des vilages Délocalisation
Kinsenda, Dianda économique
COMMUS Habitant du village Délocalisation
Tshabula économique (et physique
en vue)
Africa Mineral Habitants des villages Délocalisation
Israël, Londorino, économique
Kantala,…
Nord Kivu MPP Habitants de Bessie Délocalisation
économique
Sud-Kivu Twangiza Mining Creuseurs artisanaux, Délocalisation physique et
habitants de al chefferie de économique
Luhwinjda (Luciga, Nyora,
Cibanda, ,…. es villages….
Lugushwa Mining Habitants de Lugushwa Délocalisation
économique
Kamituga Mining Habitants de Kamituga Délocalisation
économique
Maniema Namoya Mining Habitants et creuseurs Délocalisation physique et
artisanaux de Salamabila économique
Ituri AGK Habitants des villages Délocalisation
Anzebi et Sayo. économique
Haut Uélé Kibali Gold Mines Habitants de la cité s Délocalisation physique et
villages Nganzi, Mangbe, économique
Karagbe, Kokolo-Lisanga,
Mokeke, Bakangwe,
Salambongo, Aungba,
Gumu, KassaA-Chauffeurs,
Mazo, Agu, Mengu,
Ndala,…
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
A travers des études approfondies, certaines ONGs nationales et
internationales comme ACIDH, la MMKi IBGDH/ASIBOG, ASADHO, le
Centre Carter, PADHOLIK, le CdC/Ituri, FEJE….ont eu à documenter certains
de ces cas et relevé plusieurs violations des droits des communautés
affectées. Les différents rapports publiés par ces ONGs fournissent d’amples
détails sur chacun des cas de délocalisation.
2.2.2. Principales caractéristiques des cas d’expropriations,
expulsions/délocalisations et de relocalisation des communautés
locales en RD Congo.
A travers l’analyse des informations documentaires et des interviews
réalisées avec les acteurs de la société ainsi que des leaders
communautaires nous avons pu relever les principales pratiques et
caractéristiques ci-dessous sur les différents cas d’expropriation, de
délocalisation/de relocalisation des communautés locales.
[Link]. Mauvaises pratiques documentées
Absence d’information suffisante et de participation des communautés
affectées dans le processus de prise de décision débouchant sur le
processus d’expropriation de leurs biens et de leur
délocalisation/relocalisation.
Absence de consentement libre, éclairé et préalable des communautés
affectées dans le cadre de l’expropriation de leurs biens, leur
délocalisation et relocalisation.
Absence d’évaluation crédible et objective de la valeur juste des biens
des communautés affectées.
Les entreprises minières limitent souvent les consultations aux
autorités locales/coutumières et aux représentants des communautés.
Absence de négociations directes entre les entreprises minières et les
communautés à exproprier ou délocaliser (les
indemnités/compensations sont souvent déterminées unilatéralement
par les entreprises minières ou par les représentants des
communautés locales qui n’ont pas d’expertise requise en la matière).
Absence d’études préalables approfondies et de planification du
processus de délocalisation et réinstallation des communautés
affectées.
La conduite de toutes les opérations d’expropriations,
d’expulsions/délocalisations et de relocalisation est généralement
assurée par les entreprises minières elles-mêmes qui jouent le double
rôle de juge et partie.
Le rôle de l’Etat n’est pas bien défini, son intervention varie dans
chaque situation et souvent, les services étatiques.
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
Inefficacité de voies de recours efficaces pour les communautés
affectées.
Absence ou insuffisance des mesures de restauration des moyens de
subsistance des communautés affectées.
Les conditions de vie des communautés dans les nouveaux sites de
relocalisation sont médiocres comparativement aux conditions
antérieures (logements, infrastructures, accès aux services sociaux,
accès aux moyens de subsistance,…).
La plupart des analystes interrogés sur les causes de ces mauvaises
pratiques en matière de délocalisation ont affirmé que les faiblesses de la
législation minière et des institutions étatiques sont à la base de cette
situation. Les entreprises minières tireraient donc profit des faiblesses du
cadre légal et institutionnel dans le processus d’expropriation d’indemnisation
et délocalisation/relocalisation des communautés locales.
[Link]. Bonnes pratiques encourageantes.
En dépit du tableau sombre de mauvaises pratiques des cas de
délocalisation intervenus en RD Congo, il convient de noter que quelques
deux cas des pratiques encourageantes ont été documentés dans cette
recherche. Il s’agit des processus de délocalisation et de réinstallation des
communautés effectuées par les projets miniers Tenke Fungurume Mining
dans la Province du Lualaba et Twangiza Mining (Banro Corporation) dans la
province du Sud Kivu.
Le processus de délocalisation initié par ces deux projets se distingue
d’autres cas de délocalisation mentionnés ci-après ci-dessus par la
consultation, la participation des communautés affectées et autres parties
prenantes durant toutes les phases du processus, la planification du
processus de délocalisation sur base d’un plan d’action de réinstallation, la
construction des logements et infrastructures de remplacement dans les
nouveaux sites, définition des mesures et politiques de réinstallation,…
Même si ces deux cas de délocalisation ont connu certaines faiblesses dans
leur mise en œuvre, surtout en ce qui concerne le processus de restauration
des moyens de moyens de substance, les bonnes pratiques et leçons qu’ils
offrent sont de véritables outils et opportunités sur lesquels on pourrait
s’appuyer pour mieux réglementer le processus de délocalisation et de
réinstallation des populations affectées par les projets d’investissement minier
en RD Congo.
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
CONCLUSION
Le déplacement des communautés affectées pour raisons de projets
d’investissement et de développement reste bien une réalité pratiquée dans
la plupart des pays du monde.
Les résultats de cette recherche ont permis de confirmer les lacunes et
limites du cadre légal/réglementaire et institutionnel de la RD Congo sur les
questions d’expropriation, d’indemnisation et de déplacement forcé de
réinstallation des communautés affectées par les activités minières
industrielles. La différence des pratiques constatées ainsi que la faible prise
en compte des préoccupations des communautés touchées dans la plus
grande majorité des cas de délocalisation intervenus en RD Congo depuis
l’entrée en vigueur de la législation minière de 2002 illustrent bien ces
faiblesses.
Cette étude a également révélé l’existence de meilleurs standards
internationaux et régionaux et qui contiennent des orientations et directives
pertinentes pouvant être adaptées au contexte national de chaque pays pour
mieux réglementer le processus d’expropriation, d’indemnisation et de
déplacement forcé de réinstallation des communautés affectées par les
activités minières industrielles. Il découle de ces standards que le processus
de délocalisation et de réinstallation des communautés doit être bien
réglementé et mis en œuvre à travers un plan ou un programme dont
l’élaboration et la mise en œuvre requièrent la surveillance accrue de l’Etat,
la participation des communautés affectées et d’autres parties prenantes.
Les législations de certains pays africains comme le Mozambique et le Ghana
ont essayé de mieux réglementer ces questions en s’inspirant de ces
standards internationaux et régionaux dans le but de faire du déplacement
forcé pour raison de projets d’investissement économique une opportunité de
développement et d’amélioration des conditions de vie des communautés
affectées.
Nous pensons donc que la RD Congo devrait s’inspirer des pratiques et
expériences encourageantes des entreprises Tenke Fungurume Mining et
Twangiza Mining/Banro Corporation, surtout du modèle de la législation
mozambicaine qui, au-delà de l’insertion des principes fondamentaux du
processus de délocalisation/réinstallation des communautés dans les
législations du secteur extractif, a défini les modalités pratiques claires et
détaillées à travers le Décret n°31/2012 du 08 Août 2012.
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Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
ANNEXE 1: LISTE DES INSTITUTIONS/PERSONNES AYANT FOURNI
DES DONNEES/ORIENTATIONS A CETTE RECHERCHE.
Noms Institutions Fonctions Adresse mail
Donat Kambola/Kolwezi, RDC IBGDH Coordonnateur dokale1@[Link]
Raphaël Mbaya/Likasi, RDC LIPADHOLI raphaelmbaya@[Link]
Jimmy Munguriek/Bunia, RDC CdC/Ituri Secrétaire cdcituri@[Link]
Permanent
Grégoire Kasadi/Bukavu, RDC MMKi Directeur ai mmki@[Link] et
gregoire81@[Link]
Dorothée Masele/Lubumbashi, TFM Chargée de DOROTHEE_MASELE@fmi.c
RDC Communication om
Soraya Aziz Souleymane Banro/Centre Chargée de soraziz@[Link]
Carter Relations
Communautaire
s/Directrice
Programme
Gouvernance
Minière en RD
Congo.
Christophe Profession Agriculteur -------------------------
Kabwita/Lubumbashi libérale
Dominique Barreau de Avocat et dolutumba@[Link]
Lutumba/Lubumbashi, RDC Lubumbashi chercheur en
droit foncier.
Jean Pierre Cordaid/NRGI Conseiller/ jeanpierreokenda@[Link]
Okenda/Lubumbashi, RDC Représentant
Pays
Erika Rodrigues/Maputo, Ulala Marketing and erika@[Link]
Mozambique Community
Outreach
Specialist
Cheik Sagna/Maputo, IBRD/IDA(Wor Senior Social csagna@[Link]
Mozambique ld Bank Scientist
Group)
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 33
Etat des lieux du processus d’expropriation, d’indemnisation et de délocalisation des communautés
ANNEXE 2 :
PROJET DIRECTIVE RELATIVE AUX PROCEDURES D’EXPROPRIATION,
D’INDEMNISATION, DE DELOCALISATION/REINSTALLATION DES
COMMUNAUTES AFFECTEES PAR LES PROJETS MINIERS EN R.D.
CONGO
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LIMINAIRES ET MOTIVATION
La République Démocratique du Congo enregistre depuis plus d’une décennie un afflux
sans précédent d’investissements dans le secteur minier, particulièrement dans les
régions du Sud et de l’Est du pays. En dépit de potentiels effets positifs que ces
activités extractives présentent vis à vis l’économie du pays et du développement local,
il est indéniable que le déplacement forcé des communautés locales qu’elles induisent
cause de sérieux impacts négatifs sur le mode de vie des communautés affectées.
Parallèlement, le cadre légal régissant le secteur minier en République Démocratique
du Congo et institutionnel reste très lacunaire, voire inexistant en matière de
délocalisation et de relocalisation des communautés affectées. Le code minier de 2002
par exemple ne contient pas de dispositions claires et cohérentes en ce qui concerne
la délocalisation et la réinstallation des communautés affectées par les projets miniers,
laissant ainsi aux opérateurs miniers la latitude de déterminer le contenu, la portée et
les modalités de déplacement et de relocalisation ainsi que la responsabilité quasi-
absolue d’assurer la mise en œuvre de ce processus complexe.
Ainsi, considérant que les effets contre productifs du code minier de 2002, consistant à
laisser aux opérateurs miniers la latitude ou la responsabilité primaire de déterminer le
contenu, les modalités pratiques de délocalisation ainsi les procédures y afférentes ont
conduit aux graves violations de droits humains et l’aggravation de la pauvreté des
communautés locales affectées;
Vu l’absence crainte des modalités pratiques des modalités pratiques et des procédures
en matière de délocalisation et de relocalisation des communautés affectées par les
activités minières.
Considérant la nécessité de pallier à ces insuffisances et l’urgence de garantir le
développement intégré et durable des communautés affectées, la présente Annexe au
Règlement Minier, inspirée des standards et bonnes pratiques aux niveaux
international, régional et national, édicte des règles fondamentales ainsi que les
procédures régissant le processus de délocalisation et de relocalisation des
communautés locales au profit des projets miniers en République Démocratique du
Congo.
La présente annexe définit ainsi les principes fondamentaux, les modalités pratiques
d’expropriation, d’indemnisation, de compensation et de conduite du processus de
délocalisation et de réinstallation des communautés affectées par les activités minières.
Elle définit également les mécanismes de d’appui et de surveillance ainsi qu’un
canevas de plan de délocalisation et de réinstallation des communautés affectées par
les projets miniers.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 35
CHAPITRE Ier : DES DISPOSITIONS GENERALES
Section 1ère : De l’objet, du champ d’application et de la définition des concepts.
1.1.1. De l’objet et du champ d’application de la présente Annexe
La présente Annexe détermine les modalités pratiques d’expropriation, d’indemnisation,
de compensation, de déplacement et de réinstallation des communautés affectées par
les projets miniers. Les dispositions de la présente Annexe sont applicables à tous les
projets miniers susceptibles d’occasionner le déplacement des communautés sur
l’étendue du territoire de la République Démocratique du Congo.
1.1.2. De la définition des concepts
Au sens de la présente Annexe, on entend par :
Appui à la réinstallation : Aide matérielle, financière et technique accordée aux
personnes affectées par la délocalisation en vue d’assurer leur réinsertion
socioéconomique, en dehors des indemnités et des compensations payées en
réparation de la perte des biens et actifs.
Communauté hôte : Communauté organisée qui accueille dans leur entité les
personnes relocalisées.
Délocalisation/Déplacement : Processus de déplacement d’une communauté
de son milieu naturel pour raisons de projets d’investissement minier.
Compensations : Remplacement en nature de certains biens spécifiques
(logements, la terre,…..) perdus par les communautés affectées.
Déplacement économique : Déplacement impliquant la perte des moyens de
subsistance ou des ressources permettant d’accéder aux moyens de
subsistance (terres, rivières,…).
Déplacement physique : Déplacement impliquant la perte des logements et des
biens par les communautés affectées.
Groupes vulnérables : Ensembles des personnes qui, de par leur sexe,
appartenance ethnique ou âge, du fait d’un handicap physique ou mental, parce
qu’économiquement défavorisées ou encore en raison de leur statut social,
risquent d’être plus affectées que d’autres par une réinstallation et de ne pas être
pleinement à même de se prévaloir ou de bénéficier d’une aide à la réinstallation
et des avantages connexes en termes de développement.
Indemnités: paiements versés en espèces aux personnes affectées pour la
perte des biens ou de ressources.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 36
Infrastructures sociales : Ensemble des infrastructures de base pour les
communautés, incluant les écoles, les unités sanitaires, les marchés, les lieux de
culte, lieux de réunion,...
Milieu d’origine : Milieu où les communautés affectées vivaient avant le
déplacement.
Moyens de subsistance : Ensemble des moyens et activités de subsistance
que les communautés pratiquent pour leur survie. Il peut s’agir de l’agriculture,
de l’élevage, de la pêche, le commerce, de l’artisanat,…
Parties prenantes : Toute entité (personne, groupe, organisation, institution)
concernée et potentiellement affectée par un projet minier ou en mesure
d’influencer le processus de mise en œuvre dudit projet.
Personnes affectées : Ensemble des personnes qui, du fait de la mise en
œuvre d’un projet ou d’une activité, perdent le droit de posséder, d’utiliser ou de
tirer autrement avantage d’une construction, d’un terrain (résidentiel, agricole ou
de pâturage), de cultures ou de tout autre bien, que ce soit en totalité ou en
partie, à titre permanent ou temporaire.
Plan de Délocalisation et de Réinstallation (PDR): Document/instrument qui
décrit les différentes phases et activités, les programmes, les coûts liés au
processus de délocalisation et de réinstallation des communautés.
Plan de Restauration des Moyens de Subsistance (PRMS): Programmes,
politiques de restauration des moyens de subsistance des communautés
réinstallées.
Promoteur de projet : toute personne physique ou morale qui entreprend les
activités minières susceptibles d’occasionner le déplacement des communautés.
Relocalisation/Réinstallation : Processus de réinstallation et de rétablissement
des personnes touchées par la délocalisation.
Restauration des moyens de subsistance : Ensemble des programmes, des
projets et des actions visant à restaurer/remplacer ou à améliorer les moyens de
subsistance et les conditions de vie des communautés réinstallées relocalisées.
Terres de remplacement: terres mises à la disposition des communautés
réinstallées pour la poursuite des activités agricoles et d’élevage.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 37
Section 2 : Des principes applicables en matière de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées par les projets miniers.
1.2.1. Principes applicables
Le processus de délocalisation et de réinstallation résultant d'activités minières sont
soumis à tous les principes universellement admis en matière de déplacement des
communautés pour raisons d’investissements miniers, incluant notamment :
a) Le principe de consultation et de participation communautaire durant toutes les
étapes et phases du processus de délocalisation et de réinstallation des
personnes affectées.
b) Le principe de transparence exigeant la divulgation et la disponibilité de toutes
les informations relatives au processus de délocalisation et de réinstallation des
communautés.
c) Le principe d’identification et d’évaluation préalables des biens appartenant
individuellement et/ou collectivement aux membres des communautés
concernées.
d) Le principe d’indemnisation et de compensation préalables des biens des
membres des communautés affectés pour toute perte des biens.
e) Le principe de versement des indemnités de réinsertion socio-économique
pouvant permettre aux personnes touchées de mieux se réinstaller dans le
nouveau milieu.
f) Le principe d’aménagement préalable du nouveau site de réinstallation par la
construction des infrastructures sociales décentes avant le déplacement.
g) Le principe d’octroi d’un délai raisonnable aux personnes touchées avant le
processus de délocalisation.
h) Le principe de traitement égal et de non-discrimination des personnes affectées.
i) Les principes de discrimination positive à l’égard des personnes et groupes
vulnérables parmi les personnes affectées.
j) Le principe d'harmonie sociale : la délocalisation et la réinstallation doivent
garantir l'intégration sociale et la restauration des conditions des personnes
touchées dans l’harmonie sociale.
k) Le principe de l'égalité sociale : Au cours du processus de délocalisation et de
réinstallation, toutes les personnes touchées doivent avoir droit à la restauration
ou la création de conditions de vie égales ou supérieures à leur niveau de vie
antérieur.
l) Le principe de bénéfice direct : Les personnes touchées doivent prioritairement
bénéficier des retombées positives et des impacts socio-économiques du projet
minier qui les affectent.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 38
m) Le principe de l'équité sociale : les personnes réinstallées doivent avoir accès
aux moyens de subsistance, aux services sociaux de base et aux ressources
disponibles.
n) Le principe de la responsabilité sociétale : Le promoteur de projet doit créer des
infrastructures sociales de base ainsi que des projets d'intérêt communautaire
pouvant contribuer au développement des personnes touchées.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 39
CHAPITRE II : DES DROITS DES PERSONNES EFFECTEES ET DES
OBLIGATIONS DU PROMOTEUR DE PROJET.
Section 1 : Des droits des personnes affectées
2.1.1. Du droit à l’information et à la participation.
Conformément à l’annexe relative aux lignes directrices sur la consultation des
communautés locales ainsi qu’aux standards internationaux en matière de
consultation, les personnes affectées ont droit d’être consultées et de recevoir toutes
les informations nécessaires et de donner leurs points de et observations sur
l’ensemble du processus de délocalisation et de réinstallation.
Ce droit implique la participation effective des personnes affectées au processus de
prise de décisions en ce qui concerne la planification, la mise en œuvre, le suivi et
l’évaluation du processus de délocalisation et de réinstallation.
2.1.2. Du droit à des indemnités, à des compensations justes et équitables et
d’autres formes d’autres d’aide à la réinstallation.
Les personnes affectées ont droit à l’indemnisation et à la compensation pour toute
perte de biens et actifs. Les indemnités et les compensations à payer seront
déterminées par les experts des services étatiques conformément aux dispositions des
points 3.1.5. et 3.1.6. de la présente Annexe.
2.1.3. De droit de disposer d’un délai raisonnable avant le déplacement.
Les personnes affectées par la délocalisation ont droit de bénéficier d’un délai
raisonnable avant le processus de déménagement. Ce délai ne peut être inférieur à 6
mois à dater de la notification écrite du processus de déménagement.
2.1.4. Du droit d’être réinstallé dans un espace viable disposant des
infrastructures adéquates, des ressources et facilités nécessaires pour les
activités de subsistance.
Les personnes affectées ont droit d’être réinstallées dans un espace viable leur
permettant d’atteindre un niveau de vie comparable, de préférence, supérieur à celui
qu’elles avaient dans leur milieu d’origine.
2.1.5. Du droit d’accès aux voies de recours et à des réparations.
Les personnes affectées ont droit à l’accès facile aux voies de recours effectifs et à des
réparations adéquates dans des meilleurs délais.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 40
Section 2 : Des obligations et des responsabilités du promoteur de projet
2.2.1. De l’obligation d’organiser les consultations publiques et d’assurer la
participation des communautés affectées.
Conformément à l’annexe relatives aux lignes directrices sur la consultation des
communautés locales ainsi qu’aux standards internationaux en matière de
consultation, le promoteur de projet a l’obligation d’organiser les consultations publiques
et de s’assurer de la participation effective de toutes les parties prenantes et couches
des communautés affectées à toutes les phases du processus de délocalisation et de
réinstallation.
2.2.2. De l’obligation de divulguer et rendre disponibles toutes les informations
relatives au processus de délocalisation et de réinstallation des personnes
affectées.
Conformément aux exigences et standards du principe de la transparence et à la loi
sur l’accès à l’information, le promoteur de projet divulguera et rendra disponibles
tous les documents et informations relatifs au processus de délocalisation et de
réinstallation des personnes affectées.
Ces documents et informations seront publiés sur le site internet du promoteur de
projet, s’il en a, sur celui du ministère mines et seront déposés au bureau de l’entité
territoriale décentralisée à l’intention du public. La consultation et le photocopie de ces
documents sont gratuites pour toute personne intéressée.
Le promoteur de projet développera d’autres outils et supports adaptés et traduits
notamment les bandes dessinées, dépliants, affichage des résumés des informations,
en langue locale pour faciliter l’accès et la compréhension des informations par les
communautés affectées.
2.2.3. De l’obligation d’élaborer et de mettre en œuvre le plan de délocalisation
et réinstallation des personnes affectées.
Conformément au aux dispositions des points 3.21. et 3.2.2. de la présente Annexe et
au canevas d’élaboration plan de délocalisation et réinstallation, le promoteur de projet
est tenu d’élaborer et de mettre en œuvre le plan de délocalisation et de réinstallation
approuvé par les services étatiques compétents.
2.2.4. De l’obligation de maintenir un dialogue constructif avec les personnes
affectées et les autres parties prenantes.
Durant le processus de délocalisation et de réinstallation des personnes affectées, le
promoteur de projet maintiendra un dialogue permanent et mettra sur pied des
mécanismes appropriés de communication et d’échanges avec les communautés
affectées et les parties prenantes.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 41
2.2.5. De l’obligation de faciliter les actions de suivi et d'évaluation du processus
de délocalisation et de réinstallation.
Le promoteur de projet est tenu de faciliter toutes les actions de suivi et d’évaluation
initiées par les instances compétentes, les organisations de la société civile sur le
processus de délocalisation et de réinstallation.
Il doit collaborer et fournir toutes les informations nécessaires aux institutions étatiques
et aux organisations de la société civile pour leur permettre de bien assurer le suivi et
l’évaluation du processus de délocalisation et de réinstallation des communautés
affectées.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 42
CHAPITRE III : DU PROCESSUS DE DELOCALISATION DE
REINSTALLATION DES PERSONNES AFFECTEES.
Section 1 : Des phases du processus de délocalisation de réinstallation.
Le processus de délocalisation de réinstallation des personnes affectées par le projet
d’investissement ou de développement des infrastructures se réalisera suivant les
phases ci-après : l’étude d’exploration des alternatives au déplacement ou de
minimisation du déplacement des populations, l’enquête/étude démographique et
socioéconomique sur les personnes à déplacer, la consultation et la participation
communautaire, le choix du site de réinstallation, la détermination des critères et
modalités de paiement des indemnités et des compensations, la définition des voies de
recours et mécanismes de règlement des litiges, la définition des programmes de
restauration des moyens de subsistance des communautés affectées, le processus de
versement des indemnités et de compensation/remplacement des logements et
infrastructures sociales, le déménagement physique des communautés affectées, la
mise en œuvre des programmes des moyens de subsistance des communautés
affectées et le suivi et l’évaluation du processus de délocalisation et de réinstallation
des communautés locales.
3.1.1. De l’étude d’exploration des alternatives au déplacement
Le promoteur de projet doit préalablement conduire des études visant à éviter le
déplacement des personnes affectées. Lorsque le déplacement s’avère inévitable, le
promoteur de projet doit envisager toutes les mesures nécessaires pour minimiser
l’ampleur du déplacement et les impacts sur les communautés affectées.
3.1.2. Des études et enquêtes démographiques et socioéconomiques sur les
personnes à délocaliser
Le promoteur de projet est tenu de conduire des études et enquêtes démographiques et
socioéconomiques sur les personnes à déplacer en vue de déterminer et identifier
notamment :
a) Le nombre des ménages et personnes qui seront affectées par le déplacement ;
b) l'organisation sociale et les structures de gestion des communautés ;
c) Les activités de subsistance et les actifs des communautés affectées ;
d) Le mode de vie et les sources de revenus des communautés affectées ;
e) Les groupes vulnérables au sein des communautés affectées ;
f) Les autorités locales, autres groupes d’intérêts et parties prenantes pouvant
intervenir dans le processus de délocalisation et de réinstallation des
communautés affectées.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 43
3.1.3. De la consultation et la participation communautaire
Les personnes affectées et toutes les parties prenantes doivent être consultées et
participer à la planification, la mise en œuvre et l’évaluation de toutes les phases du
processus de délocalisation et de réinstallation.
Le processus de consultation et de participation impliquera à la fois des échanges avec
les représentants des communautés affectées, des parties prenantes ainsi qu’avec
toutes les couches des personnes affectées. Les dispositions de l’Annexe relative
aux lignes directrices sur la consultation des communautés locales ainsi que les
standards internationaux relatifs à la participation éclairée s’appliqueront.
3.1.4. Du processus de choix du site de réinstallation des communautés
déplacées
Dans le cadre d’une large consultation et de participation communautaire, le promoteur
de projet, les communautés affectées ainsi que leurs représentants désigneront le
nouveau site de réinstallation.
Les experts des services étatiques spécialisés, en l’occurrence les divisions
provinciales de l’urbanisme, de l’habitat, des affaires foncières, du développement rural,
l’agence nationale chargée de la protection de l’environnement, les inspections de la
santé et de l’agriculture ainsi que tout autre service désigné par le Gouverneur de
province accompagneront et fourniront des conseils techniques aux personnes
affectées et leurs représentants dans le processus de choix du site réinstallation.
L’avis favorable de ces experts sur les conditions de viabilité du site choisi est requis
avant que le promoteur de projet n’entame les travaux d’aménagement et de
construction des logements de remplacement et des infrastructures sociales.
Lorsque le site choisi par les communautés locales ne répond pas aux critères de
viabilité suivant l’avis motivé des experts des services étatiques, il est procédé à la
désignation d’un autre site suivant les dispositions de l’alinéa premier du présent article.
En cas de divergence persistante entre les communautés locales et les experts des
services spécialisés de l’Etat, le Gouverneur de Province désigne d’office le site
proposé par les experts des services techniques. La décision du Gouverneur peut être
attaquée par un ou plusieurs membres des communautés affectées suivant les formes
et procédures fixées par la loi.
3.1.5. De la détermination des critères d’éligibilité et des modalités de paiement
des indemnités et compensations.
Dans le cadre d’une plus large consultation et de participation communautaire, le
promoteur de projet, les représentants des communautés affectées, les autorités
locales et coutumières détermineront les critères d’éligibilité, les barèmes et les taux
des indemnités ainsi que les modalités de paiement des indemnités et des
compensations pour toute perte des biens indiqués au point 3.1.6.
Les personnes éligibles aux indemnités et aux compensations comprennent celles qui
détiennent le droit de propriété ou de jouissance (sur les biens à exproprier) acquis
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 44
conformément à la loi et à la coutume. La preuve du droit de propriété ou de jouissance
se fait par toute voie de droit et par les pratiques et les coutumes locales.
La détermination des critères d’éligibilité, les barèmes et les taux des indemnités ainsi
que les modalités de paiement des indemnités se feront avec l’assistance technique
des services étatiques spécialisés et/ou de tout autre expert neutre et impartial accepté
par les communautés affectées et le promoteur de projet.
Outre les prix du marché ainsi que le barème fixé par l’article 281 du code minier , les
taux des indemnités à payer tiendront compte de tous les autres aspects de biens
perdus, notamment les sacrifices consentis par le propriétaire, l’utilité du bien, la valeur
affective entre le propriétaire et les biens, les liens socio-anthropologiques, les fruits
que pourrait générer le bien pendant toute la durée de sa vie, etc.
Quels que soient les critères et barèmes convenus, la perte de logements,
d’infrastructures communautaires et de terres sera compensée par la construction de
nouveaux logements et infrastructures adéquats et de la mise à disposition d’autres
terres arables de remplacement.
Le paiement de toute forme d’indemnités et la construction des infrastructures de
compensations se feront avant le déplacement des communautés affectées.
3.1.6. Des biens à prendre en compte dans l’indemnisation et la compensation
Les biens éligibles à l’indemnisation et à la compensation comprennent tous les effets
et droits collectifs et individuels utiles à la vie des communautés des communautés. Les
biens individuels englobent notamment les logements, les bétails, la volaille, les
plantes/récoltes, les arbres fruitiers, le droit d’accès à la terre,…
Les biens et droits collectifs comprennent notamment les sites culturels et traditionnels,
le droit d’accès aux sources communes de revenus (rivières, forêts,..), le cimetière, les
marchés, les écoles, les églises, les lieux de loisirs, les unités sanitaires,….
3.1.7. De définition des mécanismes de règlement des litiges et des voies de
recours
Sans préjudice des voies de recours et mécanismes légaux de règlement des litiges, le
promoteur de projet, en collaboration avec les autorités locales et les représentants des
communautés affectées, est tenu de mettre en place et de vulgariser les procédures et
mécanismes souples de règlement des litiges ainsi que des voies de recours relatifs au
processus de délocalisations et de réinstallation des communautés locales.
Les litiges opposant le promoteur de projet et un ou plusieurs membres des
communautés affectées ne seront recevables devant les instances administratives,
politiques et judiciaires que lorsque les prétentions des parties n’ont pas trouvé de
solutions satisfaisantes dans le cadre des mécanismes de règlement des litiges mis en
place par le promoteur de projet.
Le plan de délocalisation et de réinstallation définira les modalités pratiques de
fonctionnement de ces mécanismes.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 45
3.1.8. De la définition des programmes et mesures de restauration des moyens de
subsistance et autres formes d’aide à la réinstallation.
En consultation avec les communautés affectées, leurs représentants et toute autre
partie prenante, le promoteur de projet définira les programmes et politiques de
restauration des moyens de subsistance des communautés affectées et autres formes
d’aide à la réinstallation.
Ces programmes et mesures seront définis en tenant compte des activités de
subsistance que les personnes affectées réalisaient dans leur milieu d’origine.
3.1.9. Du processus de versement des indemnités et autres formes d’aide à la
réinstallation des communautés affectées.
Une fois le plan de délocalisation et de réinstallation est approuvé par les services
compétents conformément aux lois en vigueur, le promoteur de projet, les
communautés affectées, les autorités locales, les services étatiques spécialisés et tout
autre partie prenante procéderont au processus de paiement des indemnités telles que
définies au point 3.1.5. de la présente Annexe directive.
Lorsqu’à la date de paiement des indemnités convenues, la valeur des biens perdus a
substantiellement changé au regard des prix sur le marché, des mises à jour des
barèmes de paiement pourront avoir lieu avant le paiement suivant les modalités fixées
à l’article 3.1.5. de la présente Directive.
Le paiement se fera individuellement et chaque membre des communautés affectées
signera conjointement avec le représentant du promoteur de projet un procès-verbal
prouvant la perception de la contrevaleur des biens perdus.
Le procès-verbal sera visé par l’autorité locale ou son représentant qui apposera le
cachet de l’entité territoriale locale.
La signature du procès-verbal de reconnaissance de perception de la contrevaleur des
biens perdus n’implique pas la renonciation pour les personnes affectées à d’autres
revendications basées notamment sur le calcul de la valeur des biens perdus au regard
des barèmes convenus ou sur toute autre base.
3.1.10. De l’aménagement du site de réinstallation et de la construction des
logements de remplacement et des infrastructures sociales.
Conformément aux normes urbanistiques, le promoteur de projet aménagera le site de
réinstallation et y construira des logements adéquats de remplacement ainsi que des
infrastructures sociales en l’occurrence les écoles, les centres de santé, les lieux de
culte, le marché, etc. Le plan d’aménagement du site de réinstallation sera décrit dans
un document séparé dont le résumé figurera dans le plan de délocalisation de
réinstallation.
La qualité des logements et infrastructures de remplacement doit être supérieure ou
égale à celle que les communautés utilisaient dans leur milieu d’origine.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 46
Au cours du processus d’approbation du plan de délocalisation de réinstallation, les
services étatiques spécialisés (divisions provinciales de l’urbanisme et de l’habitat, des
inspections de la santé et de l’agriculture,…) peuvent demander au promoteur de
projet de soumettre le plan intégral d’aménagement du site de réinstallation.
Le promoteur de projet facilitera les démarches et paiera les frais d’obtention des titres
de propriété sur les maisons de remplacement pour chacun des membres des
communautés réinstallées.
3.1.11. Du processus de déménagement des communautés affectées vers le site
de réinstallation.
Aux termes du processus d’aménagement du site de réinstallation, promoteur de projet
consultera les communautés affectées ainsi que toutes les parties prenantes en vue de
déterminer consensuellement la date de déménagement.
Le promoteur de projet notifiera par écrit la date convenue à chaque membre des
communautés affectées.
Conformément au point 2.1.3. de la présente Annexe, le déménagement des
communautés ne pourra intervenir qu’au moins six mois après la notification écrite du
processus de déménagement. Lorsque la date du déménagement coïncide avec la
période de récoltes, un délai supplémentaire sera accordé aux communautés affectées
en vue de leur permettre de récolter les produits des champs.
Le promoteur de projet fournira les moyens nécessaires pour faciliter le transport des
personnes affectées et de leurs biens.
3.1.12. Du processus de mise en œuvre des programmes et mesures de
restauration des moyens de subsistance des communautés affectées.
A l’issue du processus de déplacement et de réinstallation, le promoteur de projet
mettra en œuvre les programmes et politiques de soutien aux activités génératrices de
revenus et de réinsertion socioéconomique des communautés déplacées (activités
agricoles, pêche, élevage, artisanat, petit commerce,…)
Lorsque les activités de subsistance pratiquées dans le milieu d’origine des
communautés ne sont pas possibles ou souhaitées dans le nouveau site, le promoteur
de projet assurera les formations techniques en compétences techniques alternatives.
Les programmes et politiques de restauration des moyens de subsistance des
communautés déplacées seront définis dans un plan dont le résumé sera mentionné
dans le plan de délocalisation et de réinstallation.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 47
3.1.13. Du suivi et de l’évaluation du processus de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées.
Le processus de délocalisation et de réinstallation des communautés affectées sera
soumis à un processus participatif de suivi et d’évaluation impliquant le promoteur de
projet, les communautés et toutes les parties prenantes. Les modalités de la conduite
du système de suivi et d’évaluation participatif seront définies par le promoteur de projet
et les parties prenantes dans le plan de délocalisation et de réinstallation des
communautés affectées.
Outre le système de suivi et d’évaluation prévu à l’alinéa précédent, la commission
chargée de l’instruction environnementale et sociale de la demande d’un droit minier
assurera la surveillance et le contrôle du processus délocalisation et de relocalisation
des communautés affectées. Les attributions de cette commission en ce qui concerne
le processus de délocalisation et de relocalisation des communautés affectées par les
projets miniers sont définies au point 4.2.2. de la présente Annexe.
Section 2 : Du plan de délocalisation et de réinstallation des communautés
affectées
3.2.1. De l’objet et du contenu du plan de délocalisation et de réinstallation.
Le plan de délocalisation et de réinstallation des communautés affectées est un
document qui décrit les différentes phases du processus de délocalisation et de
réinstallation ainsi que les échéances de leur mise en œuvre conformément aux
compromis trouvés avec les communautés affectées et les parties prenantes lors des
échanges et réunions de consultations.
Le contenu et les éléments essentiels du plan de délocalisation et de réinstallation des
communautés affectées par le projet de développement sont définis à l’annexe faisant
partie intégrante de la présente Annexe.
3.2.2. De l’élaboration et de l’approbation du plan de délocalisation et de
réinstallation
Le plan de délocalisation et de réinstallation est une partie intégrante de l’Etude
d’Impact Environnemental et Social (EIES) de tout projet minier. Il est élaboré à l’issue
des consultations préalables à l’obtention du droit minier d’exploitation.
Il est soumis aux autorités compétentes en tant qu’Annexe de l’Etude d’Impact
Environnemental et Social (EIES) pour instruction et approbation avant l’octroi d’un droit
minier conformément aux lois et règlements dispositions régissent le secteur d’activités
du projet.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 48
Si le droit minier est déjà attribué, le promoteur de projet soumettra son plan de
délocalisation et de réinstallation au ministre des mines pour instruction et approbation
conformément aux lois et règlements en vigueur.
Dans la procédure d’instruction et d’approbation du plan de délocalisation et de
réinstallation, commission fera recours à tout autre service étatique ou expert intéressés
par les questions de délocalisation et de réinstallation.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 49
CHAPITRE IV : DES MECANISMES D’APPUI ET DE E SURVEILANCE DU
PROCESSUS DE DELOCALISATION ET DE
REINSTALLATION DES COMMUNAUTES AFFECTEES.
Section 1 : Du mécanisme d’appui au processus de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées par les projets miniers.
4.1.1. Du comité local de développement
Le comité local de développement local de développement est l’institution qui
encadrera tous les travaux, discussions, échanges, consultations entre le promoteur de
projet et les communautés affectées et les autres parties prenantes.
Composé de représentants de l’autorité locale, du promoteur de projet, des
communautés affectées, des organisations communautaires de base, le comité de
développement local s’assurera de la participation effective de tous les membres des
communautés affectées dans le processus de processus de délocalisation et
relocalisation.
Le comité de développement local pourra créer des commissions chargées de gérer et
de conduire les échanges sur les différentes questions soulevées par le processus de
délocalisation et relocalisation, notamment le choix du site de réinstallation, la
détermination des barèmes et des modalités de paiement des indemnités, le
déménagement, l’aménagement du site de réinstallation et construction des logements
et infrastructures de remplacement, la mise en œuvre des programmes de restauration
des moyens de subsistance,…
En collaboration avec le promoteur de projet, l’autorité locale mettra sur pied place des
commissions spécialisées au sein le comité local de développement en vue de gérer les
questions relatives au processus de délocalisation et de réinstallation des
communautés affectées.
Dans le processus de mise en place des commissions spécialisées du comité de
développement local, l’autorité locale et le promoteur du projet veilleront à la
représentation de toutes les couches des communautés affectées et d’autres parties
prenantes notamment les organisations communautaires de base.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 50
Section 2 : Du mécanisme de contrôle et de surveillance du processus de
délocalisation et relocalisation
4.2.1. De la commission de surveillance du processus de délocalisation et
relocalisation
Conformément aux dispositions du point 3.1.13. de la présente Annexe, la commission
chargée de l’instruction de l’instruction environnementale et sociale de la demande du
droit minier assure la surveillance et le contrôle du processus de délocalisation et
relocalisation des communautés affectées.
4.2.2. Des attributions de la commission
Dans le cadre du processus de délocalisation et de réinstallation, la commission a pour
entre autres missions :
Surveiller et contrôler le processus de délocalisation et de réinstallation
conformément aux lois, règlements et au plan de délocalisation et
relocalisation approuvé.
Fournir des conseils techniques au promoteur de projet et aux communautés
affectées pour la bonne marche du processus de délocalisation à travers le
comité local de développement.
Elaborer les rapports de suivi et d'évaluation de différentes phases du
processus de délocalisation et réinstallation.
Proposer des normes et procédures complémentaires pour la mise en œuvre
du présente Directive.
Constater les manquements aux dispositions de la présente Annexe et au
plan de délocalisation et de réinstallation et faire rapport au Ministre des
Mines conformément aux dispositions du Règlement Minier.
Dans l’exercice de ses attributions, la commission peut recourir à l’expertise de tout
autre service étatique spécialisé intéressé par les questions de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées par les projets miniers.
4.2.3. Du fonctionnement de la composition de la commission
Les modalités de fonctionnement de la commission sont déterminées par arrêté
interministériel pris ministre des mines et celui ayant l’environnement dans ses
attributions.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 51
CHPITRE V : DES DISPOSITIONS FINALES
5.1. De l’application d’autres normes, standards et principes en matière de
délocalisation et de réinstallation
Pour autant qu’ils soient plus avantageux aux communautés affectées et compatibles
aux engagements internationaux, aux lois et règlements en vigueur en République
Démocratique du Congo et aux dispositions de la présente Annexe, les autres
standards, normes et principes en en matière de déplacement des populations pour
raison des projets de développement, s’appliqueront au processus de délocalisation et
de réinstallation.
5.2. Des matières non réglementées et de l’entrée en vigueur par la présente
Annexe.
Toutes autres matières relatives au processus de processus de délocalisation et de
réinstallation des communautés affectées par les projets miniers non traitées par la
présente Annexe seront régies par lois et règlements de la République Démocratique
du Congo, les coutumes locales conformes à la loi, les standards, normes et principes
internationaux et régionaux en matière de déplacement des populations pour raison des
projets de développement.
La présente Annexe entre en vigueur dès l’adoption du Règlement Minier par Décret du
Premier Ministre.
Canevas du contenu et d’élaboration du plan de délocalisation et de
réinstallation.
Le plan de délocalisation et de réinstallation devra contenir les points ci-après :
I. Introduction
1. Brève présentation du projet minier et ses composantes.
2. Description des activités du projet minier, en particulier celles qui occasionneront
le déplacement des communautés avec des estimations globales.
II. Responsabilités institutionnelles
1. Description de l’entité ou des entités responsables de chaque composante ou
activité entrant dans le cadre de la politique de prestations, de la mise en œuvre
des programmes de rétablissement des revenus, et de la coordination des
activités liées au plan d’action et décrites dans ce plan.
2. Indication des mesures prévues pour faire aux questions de coordination qui se
posent dans les cas où la réinstallation s’étend sur le territoire de différentes
juridictions ou doit être mise en œuvre par étapes sur une période prolongée.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 52
3. Identisation de l’organisme chargé de la coordination entre tous les organes
d’exécution, et indiquer s’il a le mandat et les ressources voulues pour cela.
4. Description des entités extérieures (au projet) qui prennent part au processus de
rétablissement des revenus (aménagement des terrains, affectation des
parcelles, crédit, formation) et les mécanismes prévus pour veiller à ce qu’elles
remplissent leurs fonctions d’une manière adéquate.
5. Description des capacités institutionnelles en place pour le programme de
réinstallation et le niveau d’engagement correspondant.
6. Description des mécanismes prévus pour assurer d’une manière indépendante le
suivi, l’évaluation et l’audit financier du PAR et faire en sorte que des mesures
correctives soient prises en temps voulu.
III. Mesures de minimisation du déplacement des communautés affectées
1. Description des alternatives et des efforts entrepris pour éviter et minimiser le
déplacement des populations.
2. Description des résultats des efforts entrepris
3. Description des mécanismes utilisés pour minimiser les déplacements de
populations.
IV. Description des résultants des études démographiques
socioéconomiques
1. Description des résultats du recensement, des inventaires de biens, des
évaluations des ressources naturelles et des études socioéconomiques.
2. Identification de toutes les catégories d’impacts et les personnes affectées.
3. Résumé des consultations effectuées sur les résultats des diverses enquêtes
auprès des personnes affectées.
4. Mécanismes éventuels de mise à jour du recensement, des inventaires de biens,
des évaluations de ressources et des études socioéconomiques.
5. Description du cadre du processus de suivi et d’évaluation du plan de
délocalisation et de réinstallation.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 53
V. Processus de consultation et de participation communautaire.
1. Description des diverses parties prenantes.
2. Description du processus suivi lors de la consultation/participation des
populations affectées et autres parties prenantes dans le cadre de la préparation
et de la planification de la réinstallation.
3. Description des mesures prévues pour diffuser l’information relative au
processus et aux différentes phases de délocalisation et de réinstallation auprès
des populations affectées et autres parties prenantes.
4. Description du processus suivi pour associer les populations affectées et autres
parties prenantes aux activités de mise en œuvre et de suivi.
VI. Cadre juridique
1. Description de l’ensemble des lois et coutumes locales applicables pour le cas
de délocalisation et de réinstallation des communautés.
2. Identification d’éventuels décalages et complémentarités entre ces instruments
juridiques et d’autres politiques ou standards auxquels le projet est soumis et
description des mécanismes prévus pour remédier aux décalages.
3. Description des politiques établies en matière de droits à prestations pour
chaque catégorie d’impact, en précisant que la réinstallation sera mise en œuvre
sur la base des dispositions spécifiques du plan d’action convenu entre toutes
les parties dans le strict respect de la loi.
VII. Indemnisations et compensations
1. Description des critères d’éligibilité et des modalités de paiement des indemnités
et des compensations convenus avec les personnes affectées.
2. Description des bases légales et conventionnelles et de la méthode d’évaluation
utilisées pour l’indemnisation et la compensation de différentes catégories des
biens en cause.
3. Description d’autres formes d’aide à la réinstallation.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 54
VIII. Mécanismes de règlement des litiges
1. Description des mécanismes internes de règlement des litiges entre le promoteur
du projet et les personnes affectées.
2. Description claire des étapes du processus d’enregistrement et de traitement des
plaintes, en fournissant des détails sur ce qui est prévu pour assurer
l’enregistrement gratuit des plaintes, les délais de réponse et les modes de
communication.
3. Description du mécanisme de recours prévu.
4. Description des dispositions prévues pour la saisine des autorités administratives
et judiciaires si les autres options n’aboutissent pas.
IX. Site de réinstallation
1. Description du processus du choix de réinstallation et les mécanismes utilisés
pour assurer la participation effective des personnes affectées à l’identification et
à l’évaluation de leurs avantages et inconvénients respectifs.
2. Description des études de faisabilité réalisées par le promoteur du projet et pat
tout autre service pour déterminer le caractère viable et approprié du site choisi.
Ces études doivent comprendre des évaluations des ressources naturelles (sols
et possibilités d’exploitation, végétation, enquêtes sur les ressources en eau) ou
des études d’impact environnemental et social du site.
3. Description de la participation des personnes affectées au processus de
conception des logements et autres infrastructures de remplacement.
4. Description de la qualité de nouveaux logements et infrastructures construits
dans le site de réinstallation.
5. Description de la qualité des terres, de leur production et de l’adéquation de
l’étendue pour être allouées à l’ensemble des personnes ayant droit à l’attribution
de terrains agricoles suivant les dimensions convenues.
6. Description des mécanismes employés pour : 1) l’acquisition, 2) l’aménagement
et 3) l’attribution du site de réinstallation, les terres de remplacement ainsi l’octroi
des titres de propriété ou droits d’exploitation correspondants.
7. Description du processus de consultation des communautés hôtes,
d’identification des impacts probables à leur niveau, des mesures d’atténuation
appropriée, en ce qui concerne particulièrement l’arrivée des communautés
déplacées.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 55
X. Description du processus de déménagement
1. Description des délais accordés aux communautés affectées avant le
déménagement.
2. Description des moyens et facilités à accorder aux personnes dans le processus
de déménagement.
XI. Description des programmes de restauration des moyens de subsistance
1. Description des stratégies et programmes de restauration des moyens de
subsistance prévus pour chaque catégorie d’activités de subsistance et
l’indication des aspects institutionnels, financiers et techniques.
2. Détermination d’éventuels changements de modes de vie et d’activités de
subsistance, de développement d’autres terres agricoles ou toute autre activité
mettant nécessitant un niveau substantiel de formation et des délais de
préparation et de mise en œuvre conséquents.
3. Description du processus de consultation des personnes bénéficiaires et les
mécanismes de leur participation à l’établissement définitif des stratégies de
rétablissement des activités génératrices des revenus.
4. Description des mesures additionnelles d’aide et de réinsertion économique
jugées nécessaires pour la pleine restauration des moyens de subsistance.
5. Définition des mesures visant à faire face aux risques d’appauvrissement des
populations déplacées.
6. Description de principaux risques, d’ordre institutionnel et autre, auxquels peut
se heurter le bon déroulement des activités de délocalisation et de réinstallation.
7. Description du processus suivi pour contrôler l’efficacité des mesures de
rétablissement des revenus.
8. Description d’éventuels programmes de développement communautaire ou
social en cours dans la zone du projet ou à proximité et fournir les indications si
ces programmes répondent aux priorités de développement des communautés
visées, et s’il y a moyen pour le promoteur de projet de soutenir de nouveaux
programmes ou d’élargir les programmes existants afin de répondre aux priorités
de développement des communautés situées dans la zone du projet.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 56
XII. Calendrier d’exécution
1. Énumération par ordre chronologique les étapes de mise en œuvre du plan de
délocalisation et de réinstallation, en indiquant pour chacune les organismes
responsables et en fournissant une brève explication de chaque activité.
2. Présentation schématique du calendrier d’exécution présentant, mois par mois,
les activités à entreprendre au titre de délocalisation et de réinstallation.
3. Etablissent du lien entre le processus de délocalisation et de réinstallation et le
lancement de travaux du projet.
XIII. Coûts et budgets
1. Détermination claire des pouvoirs et responsabilités sur le plan financier.
2. Indication du montant global nécessité par l’ensemble du processus de
délocalisation et de réinstallation en énumération les sources de fonds ainsi que
les coûts pour chaque phase et étape du processus de délocalisation et de
réinstallation(Le budget du processus de délocalisation et de réinstallation doit
être inclus du budget global du projet).
3. Identification et indication des coûts de réinstallation devant être financés, le cas
échéant, par le gouvernement, et indiquer les mécanismes prévus pour faire en
sorte que les décaissements correspondants soient coordonnés par rapport au
plan de délocalisation et de réinstallation et au calendrier du projet.
4. Élaboration du budget détaillé estimatif, ventilé par dépense, pour l’ensemble
des dépenses du processus de délocalisation et de réinstallation (planification et
mise en œuvre, gestion et administration, suivi et évaluation, et imprévus).
5. Décrire les mécanismes spécifiquement prévus pour ajuster les estimations de
coûts et les paiements d’indemnités afin de tenir compte de l’inflation et des
fluctuations monétaires.
6. Indication sur les montants provisionnés au titre des aléas techniques et
financiers.
7. Description des dispositions financières prévues pour le contrôle et l’évaluation
externes, notamment le processus d’attribution et de gestion des contrats
correspondants pendant toute la durée de la réinstallation.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 57
XIV. Suivi et évaluation
1. Description du processus de contrôle interne/contrôle des performances.
2. Définition des principaux indicateurs de suivi tirés de l’enquête de référence
(Fournir la liste des indicateurs de suivi qui seront utilisés pour le contrôle
interne).
3. Description des modalités institutionnelles (y compris financières).
4. Détermination de la périodicité des rapports à établir, ainsi que leur contenu,
pour le contrôle interne.
5. Description du processus prévu pour intégrer les informations ressortant du
contrôle interne dans la mise en œuvre du plan d’action.
6. Définition des indicateurs clés utilisés pour le contrôle externe.
7. Détermination de la fréquence des rapports à établir, ainsi que leur contenu, pour
le contrôle externe,...
8. Description processus et mécanismes prévus pour intégrer les informations
ressortant du contrôle externe dans la mise en œuvre du plan d’action.
9. Description des dispositions prévues pour l’évaluation externe finale.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 58
ANNEXE 3 : BREVE PRESENTATION DE LA PLATEFORME DES
ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE INTERVENANT DANS LE SECTEUR
MINIER (POM)
La Plateforme des Organisations de la société civile intervenant dans le secteur minier
(POM) est un réseau qui regroupe actuellement 18 ONG implantées au essentiellement
dans la Région du Katanga qui couvre le territoire de l’ex-province du Katanga et qui,
après son démembrement suivant la constitution, comprend aujourd’hui 4 provinces, à
savoir le Haut-Katanga, le Lualaba, le Haut-Lomami et le Tanganyika.
1. Mission
La mission de la POM est d’offrir à ses membres un espace de renforcement mutuel et
de mise en commun des expériences, des informations et des initiatives, fondé sur le
dialogue croisé entre les acteurs et capable de produire une réflexion et des
propositions alternatives pour une meilleure gouvernance du secteur minier.
2. Objectifs
L’objectif global de la POM est de promouvoir la bonne gouvernance dans la gestion de
la chose publique, particulièrement dans le secteur minier aux fins de l’amélioration des
conditions de vie socioéconomiques, politiques et culturelles des populations de la
République Démocratique du Congo.
Les objectifs spécifiques sont :
• Promouvoir la transparence et renforcer la responsabilité/redevabilité dans la
gestion de la chose publique, particulièrement dans le secteur minier ;
• Renforcer les capacités des OSC sur la chaine des valeurs des ressources
minières ;
• Contribuer à l’élaboration des lois les plus adaptées aux impératifs de la bonne
gouvernance dans le domaine minier et de l’environnement qui prennent en
compte les droits des communautés locales ainsi qu’au respect de celles-ci ;
• Contribuer à la gestion durable des écosystèmes par la promotion des
techniques et pratiques respectueuses de l’environnement.
POM Version revue et améliorée_Décembre_2015 59
3. Axes d’intervention
Le travail de la Plateforme des organisations de la société civile intervenant dans le
secteur minier est organisé en trois axes d’intervention, à savoir :
1. Le renforcement des capacités des Organisations membres et des
communautés locales (riveraines des sites d’exploitation minière) ;
2. La recherche-action ;
3. Le plaidoyer et lobbying.
Le Renforcement des capacités des Organisations membres prend en compte une
double dimension : individuelle (au niveau des membres) et structurelle (au niveau du
réseau). En tant que groupe, la Plateforme a besoin de se renforcer. Par rapport aux
membres, ce renforcement des capacités vise notamment à organiser/faciliter en leur
faveur l’accès rapide aux informations (cybercafés, bibliothèques, …), des
formations/stages, la participation à des forums d’échange d’expériences.
Le renforcement des capacités des communautés locales consiste à les amener à
connaître leurs droits socio- économiques et à savoir les défendre pacifiquement.
La Recherche-action s’articule sur trois assiettes principales, à savoir :
• La réalisation du monitoring sur l’exploitation minière qui concourt à la
constitution d’une base d’informations et expériences ;
• La conduite et la production des études de cas ;
• La participation aux réformes législatives et règlementaires (analyse des lois et
projets de lois du secteur minier, et formulation des propositions d’amélioration).
Les actions de plaidoyer et lobbying sont conduites sur base des dossiers élaborés à
travers la recherche-action (axe 2) et s’effectuent à différents niveaux : local, provincial,
national et international.
Actuellement, les activités de la POM s’inscrivent dans le cadre de son plan triennal
2013-2016 qui s’articule autour de 4 volets :
Participation au processus de révision de la législation minière ;
Suivi des obligations des Industries Extractives ;
Amélioration de la transparence ;
Promotion de la culture de la redevabilité.
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