Doutes avant le mariage à la plage
Doutes avant le mariage à la plage
TAMMY FALKNER
1. Pete
2. Sam
3. Paul
4. Matt
5. Emily
6. Reagan
7. Pete
8. Friday
9. La série des frères Reed
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PETE
J e frappe doucement à la porte de Paul et Friday, avant d’y coller mon oreille.
Lorsque j’entends un grognement, je doute que cette mission soit vraiment
raisonnable. Oh, merde. J’arrive au mauvais moment. Je recule, prêt à me retourner
et à traverser le couloir dans l’autre sens, mais soudain Paul ouvre et sort la tête.
Il se frotte les yeux. « Qu’est-ce que tu veux ? »
« Tu es occupé ? » Je gigote nerveusement. Il me fixe quand il s’en aperçoit, et
je me force à arrêter.
Il ouvre la porte en grand et pose un doigt sur sa bouche. Hayley est étendue sur
leur lit, et Friday est assise dans un fauteuil confortable avec PJ accrochée à son
sein, en train de téter. Je regarde partout sauf vers elle, et elle rit et arrange ses
vêtements pour se couvrir entièrement.
« Alors heureux ? » demande-t-elle. Elle secoue la tête.
Je m’approche et l’embrasse sur le front. Je regarde PJ, et je vois à quel point elle
est heureuse. À quel point ils sont heureux. Friday bouge les pieds et repousse le
repose-pieds de quelques centimètres. Je m’y assieds et soupire.
« Que se passe-t-il ? » demande Paul, surpris.
« J’ai besoin de quelques conseils », réponds-je.
Paul ricane. « Laisse-moi deviner. Ça concerne une fille. »
« La fille » rectifié-je.
« La pom-pom girl ? »
Je suis sorti avec une des pom-pom girls de l’équipe l’année dernière, mais elle
n’était pas faite pour moi. Elle était belle, mais c’est à peu près tout.
« Non, ça concerne Peck. »
Friday siffle. Paul lui lance un regard noir. « Désolée » murmure-t-elle de façon
théâtrale. Elle met un doigt dans le coin de la bouche de PJ et le décolle de son sein.
« Ne regarde pas, Sam » dit-elle.
Je me tourne vers Paul et le regarde. Il regarde Friday comme si elle était toute sa
vie. En voyant ce regard, je dois la regarder aussi, juste pour voir si son visage est
comme celui de Paul. Elle croise son regard, et son visage est doux et chaleureux.
C’est à la fois intime et parfait, et je suis si jaloux que j’ai du mal à y voir clair.
« Alors, à propos de Peck », dit Paul. « Qu’est-ce que tu as fait de mal ? »
« Qu’est-ce qui te fait penser que c’est de ma faute ? » demandé-je en faisant
semblant d’être vexé.
Je m’appuie contre le genou de Friday et elle tend la main pour frictionner mes
cheveux courts. C’est agréable, donc je me repose sur elle. Elle rit et gratte mon
scalp pendant une minute. Je m’étire comme un chaton.
« Sam », dit-elle en ralentissant. Elle fait pivoter ma tête pour que je sois obligé
de la regarder. « Est-ce que tu as déjà parlé avec Peck ? »
« Nous sommes sortis quelques fois ensemble » dis-je précipitamment.
Elle hoche la tête. « Ce n’est pas ce que je veux dire. »
« Bien sûr que j’ai parlé avec elle. »
« Avec des mots ? De sa bouche ? »
Je réfléchis. Est-ce que je l’ai fait ? Je suis sûr que c’est le cas. « Oui. »
« Mmm. »
« Quoi ? »
« Rien », couine-t-elle. Elle caresse la tête de PJ pour le réveiller. Il est sur le
point de tomber du sein. Il cherche et s’y accroche à nouveau avant de
recommencer à téter. Bordel, il a la belle vie.
« Quoi ? » demandé-je un peu plus fort.
Hayley sursaute et roule sur le côté. Ses yeux bleus s’ouvrent et Paul grogne.
« Le soleil brille », dit-elle.
Paul ricane. « Tant pis pour la fin de la sieste.
« Je peux aller jouer avec Joey et Mellie ? » demande-t-elle.
Paul la suit dans le couloir et la confie à Matt et à ses filles. Il revient et s’assied
au coin du lit.
« Peck est différente » dis-je.
Il se contente de me regarder et ne dit rien.
« Tu dois m’aider là ! » Je ne sais pas comment exprimer ce que je veux dire.
« C’est la fille que tu veux, hein ? » demande Paul.
« C’est celle que j’aimerais apprendre à connaître. Mais elle ne m’en laisse pas
l’occasion. »
« Comment communique-t-elle avec toi ? » demande Friday.
« Elle parle. »
« Avec ses mains ? »
« Parfois. » Je hausse les épaules. « Parfois elle parle. Parfois elle signe. »
« Elle parle vraiment ? Avec toi ? »
Je hoche la tête
« Sans taper ? »
Je réfléchis. Je ne suis pas sûr qu’elle m’ait déjà parlé sans taper. Lorsqu’elle n’a
pas de baguettes dans les mains, elle signe. « Non. »
« Alors, tu as ta réponse. » Friday est tout sourire, comme si elle venait de
résoudre le secret de l’univers. « Pousse-la à parler avec toi. Sans taper. »
« Pourquoi ? » Ça ne me dérange pas qu’elle tape.
« Parce que je pense que l’amener à parler sera bien plus intime qu’arriver dans
sa culotte. » Elle regarde Paul. « Tu ne crois pas ? »
« J’ai bien peur qu’elle ait raison », répond-il en soupirant.
« Je ne comprends pas. » Je penche ma tête en arrière et gémis.
« Combien de rendez-vous faut-il pour accéder à la culotte d’une fille ? »
demande Paul.
« Ça dépend de la fille » marmonné-je.
Il se renfrogne. « Les filles qui comptent pour toi. »
« Il n’y en a pas eu beaucoup. » Je frotte mon doigt sur mon nez, parce que j’ai
besoin de faire quelque chose pour supprimer cet air stupide que j’ai sur le visage.
« OK, donc penses-y comme ça. Toute l’énergie que tu mettrais normalement à
aller dans sa culotte, tu dois la rediriger vers le moyen de la faire parler. »
Je regarde Friday et m’appuie à nouveau sur sa jambe. « Quand est-ce que vous
vous êtes mis à parler ce langage incompréhensible ? » demandé-je.
« Je le comprends parfaitement », répond Friday.
« Moi aussi » lâche Paul en souriant.
« Vous ne m’avez pas beaucoup aidé. »
PJ glisse du sein de Friday, et j’aperçois son téton. Je regarde ailleurs aussi vite
que possible, car je ne veux pas la gêner. Mais bon Dieu, regarder les seins de Friday
c’est comme voir le torse de Paul. Il n’y a rien de sexy là-dedans.
Friday pose PJ sur ses genoux et boutonne sa chemise.
Paul regarde les doigts de Friday, et son regard devient torride à mesure qu’elle
se couvre. Merde, je dois sortir d’ici.
« Merci de ne pas m’avoir aidé », murmuré-je.
Paul se dirige vers Friday et récupère PJ. Il lui tapote le dos jusqu’à ce qu’il rote
puis il me le tend. « Prends ça, veux-tu ? » dit-il. Puis il me met à la porte avec PJ
et me la ferme au nez.
« Hé ! » crié-je. « Je n’ai pas signé pour faire du baby-sitting. »
« Ça ne prendra qu’une minute » crie Paul à travers la porte.
Friday éclate de rire, et je l’entends dire : « il vaudrait mieux que ça dure plus
d’une minute. »
Je regarde PJ. « J’espère que tu as le ventre plein, mon pote, parce que je n’ai pas
de seins pour toi. »
Il rote à nouveau et ses petits yeux se ferment.
Je le sors sur la terrasse et je m’assieds, laissant le vent souffler sur nous tandis
que nous restons ensemble dans l’obscurité. PJ dors sur ma poitrine, et je regarde
les vagues, essayant de comprendre ce que je pourrais bien faire pour forcer Peck à
me parler. À vraiment me parler.
PAUL
É tant donné que j’ai laissé Hayley jouer avec les filles assez longtemps pour que
Paul puisse baiser, je vais le laisser surveiller les miens. Ouais, je sais, c’est injuste.
J’en ai cinq. Mais Seth va avec eux. Seth peut aider pour Joey et Mellie, et les
jumeaux sont endormis, du moins pour l’instant.
Je fais signe aux filles tandis qu’elles s’en vont avec Paul et Friday, puis je repars
dans le couloir en essayant d’être le plus silencieux possible. Friday a couché PJ
pour qu’il fasse une sieste et il est dans leur chambre, donc je vais le regarder. Ses
jambes sont recroquevillées sous lui comme une petite tortue, et je m’émerveille de
la qualité de ma vie. Et de celle de mes frères. Nous tirions juste un coup de temps à
autre, et maintenant nous avons des familles.
Tous les jours, j’essaie de compter toutes les merveilles que j’ai reçues en
cadeau.
Ma femme.
Mes enfants.
Mes frères.
Ma vie.
En y songeant, c’est dur de se rappeler comment c’était de vivre au jour-le-jour.
Les temps difficiles sont terminés, du moins pour l’instant. On n’est jamais sûr de
voir demain. C’est une chose dont j’essaie de me souvenir. Personne ne peut être
sûr de voir demain, donc nous devons savourer chaque minute.
Je couvre ma bouche et baille. La nuit dernière, Hoppy s’est réveillée plusieurs
fois. Elle ne s’habitue pas aussi bien que Matty à vivre dans un endroit inconnu.
PJ est couché sur le ventre, la bouche ouverte, ses petites lèvres formant un arc
parfait. Je prends l’écoute-bébé que Friday a laissé sur la commode et je retourne
dans ma chambre.
Mes deux bébés dorment encore dans leurs berceaux dans la chambre adjacente,
donc je ferme la porte en faisant attention de ne pas faire de bruit. Je ne veux pas
qu’ils se réveillent. Pas avant un petit moment. Je tire les couvertures et me glisse
dans le lit derrière Sky.
Elle me murmure quelque chose lorsque je passe mes bras autour d’elle et recule
pour poser ses fesses sur mes genoux. Elle est enceinte de trois mois, donc elle est
plus fatiguée que d’habitude, sans parler du fait qu’elle s’occupe de jumeaux qui
viennent juste d’apprendre à marcher. Et de Joey et de Mellie. Et de Seth,
occasionnellement. Je l’ai entendue lui crier dessus hier soir sur la terrasse,
lorsqu’il est revenu de la plage en tenant la main d’une fille. Il avait plus de rouge à
lèvre sur sa bouche qu’elle.
Ce garçon va bientôt entrer à l’université, il n’est pas puceau, et c’est ni plus ni
moins qu’un paquet d’hormones sur pattes, mais elle lui est quand même rentré
dedans. Elle a agi exactement comme ma mère l’aurait fait. J’ai été fier d’elle quand
je l’ai entendue.
Elle s’est installée dans la maternité comme si elle était faite pour ça. Je doutais
d’elle au début, mais elle s’est dévouée à notre famille, y compris pour les enfants
qu’elle n’avait pas mis au monde. Joey, Mellie et Seth sont autant nos enfants que
Matty et Hoppy.
Sky frotte la tête contre son oreiller et se retourne vers moi. « Rendors-toi »,
lui dis-je.
« Non », murmure-t-elle. Elle tend la main vers ma braguette, et presse les
doigts contre mon pénis. « Est-ce que les enfants dorment ? »
« Joey et Mellie sont avec Paul et Friday. Les jumeaux dorment. Seth est
probablement quelque part en train de penser à baiser, mais il surveille Joey et
Mellie en même temps. »
Elle renifle. Ses doigts caressent mon pénis, puis elle roule vers moi et elle
déboutonne mon pantalon. « Enlève ça » dit-elle.
« Oui, madame. » Un sourire se dessine sur mes lèvres tandis que je me lève et
enlève mes vêtements aussi vite que je le peux. Je soulève les couvertures, et je vois
qu’elle porte une culotte et un t-shirt, donc je me penche sur elle et passe mes
doigts dans les côtés de sa culotte pour la tirer vers ses cuisses et jusqu’à ses orteils.
Elle donne un coup de pied et la culotte vole à travers la pièce. « Tu es sûre que tu
ne veux pas terminer ta sieste ? » Je regarde son joli visage tout en m’agenouillant
entre ses cuisses et soulève sa cheville pour la mettre sur mon épaule.
« Je peux faire la sieste après » dit-elle. Elle sourit et ses joues rosissent.
« J’irai chercher les enfants après » réponds-je. J’embrasse l’intérieur de sa
cheville et remonte vers son mollet.
« Mmm-mmm » laisse-t-elle échapper lorsque j’embrasse l’intérieur de sa
cuisse. « Continue. »
« Tu as un goût salé. »
Elle glousse lorsque je frotte ma barbe d’un jour contre sa cuisse « Arrête ça »
crie-t-elle.
Elle laisse écarte les cuisses et j’incline la tête, savourant la beauté de ma
femme.
J’entends un bruit dans la pièce adjacente, et je laisse tomber ma tête sur le
ventre de Sky en gémissant. « Ils sont réveillés. »
Les jumeaux jacassent de l’autre côté de la porte fermée. J’imagine que nous
avons environs trois minutes avant qu’ils ne commencent à s’impatienter.
Sky tend la main vers la table de nuit et ouvre le tiroir. Elle en sort un petit
vibromasseur rose et hausse les sourcils.
« Oh que oui ! », lui dis-je. Je guide sa main vers son vagin, et elle allume
l’appareil. Je souris, et pénètre en elle.
Elle est humide et chaude et je suis prêt à jouir presque aussitôt. Mais elle n’est
pas tout à fait prête.
Les jumeaux dans l’autre pièce sont de plus en plus bruyants. Je m’assieds et
soulève les pieds de Sky avant de les croiser, puis je les pose sur mon épaule
gauche. Je me penche en avant, et ses hanches se soulèvent. Je remonte son T-shirt
au-dessus de ses seins, et tire doucement vers la gauche, allongeant ses tétons du
bout de mes doigts, les tirant délicatement mais fermement. Comme elle n’allaite
pas en ce moment, je peux être un peu plus brusque.
Je fais des va-et-vient en elle, et sa bouche s’ouvre. Elle me serre, et je sais
qu’elle va bientôt jouir. Je peux le voir à son halètement et à la cambrure de son
corps, que j’ai appris à connaître aussi bien que le mien.
« Peux-tu jouir pour moi ? » lui demandé-je. Je presse ses cuisses vers l’avant
et m’enfonce plus profond, jusqu’à ce qu’elle crie.
« Maintenant », dit-elle, et ses parois se resserrent sur moi. Je m’immobilise,
et savoure les petites palpitations de son vagin contre mon membre. Puis, je la
laisse savourer l’orgasme clitoridien que le vibromasseur vient de lui donner.
Ensuite, j’écarte ses cuisses, pose ses pieds sur chacune de mes épaules, et lui
donne un orgasme d’un genre différent. Ses ongles griffent mon dos pendant que je
prends son téton dans ma bouche et le suce brutalement, comme elle aime que je le
fasse. « Jouis, Matt », me presse-t-elle.
Donc je le fais. Elle est tellement mouillée et tellement sexy, et elle est à moi. Je
savoure l’orgasme, jouissant tout au fond d’elle, juste comme j’aime. Je lâche ses
jambes et retombe sur elle. Elle repousse mes cheveux derrière mes oreilles. « Je
t’aime », déclare-t-elle en me regardant dans les yeux.
Je l’embrasse rapidement. « Tu es satisfaite pour l’instant ? »
Elle sourit. « Ça suffira pour l’instant. »
Nous avons appris lorsqu’elle était enceinte des jumeaux que c’était une vraie
nymphomane pendant la grossesse.
« Désolée d’avoir dû t’utiliser comme ça » dit-elle. Elle claque sa langue sur son
palais. « Quelle vie difficile tu as ! » me taquine-t-elle.
« Faire jouir ma femme. C’est si difficile pour moi. » Je fais semblant d’être
fatigué et je m’allonge près d’elle sur le lit.
Elle secoue mon épaule et s’étire en baillant.
Je récupère le vibromasseur qu’elle a laissé tomber et l’essuie sur les draps, puis
je le range dans le tiroir. « Tu veux finir ta sieste ? »
Elle secoue la tête et se lève. Elle se lave très rapidement dans la salle de bain et
s’habille. Ensuite, elle part dans la chambre des jumeaux et en revient avec un sur
chaque hanche. « On devrait commencer à faire à manger. »
« Le dîner peut attendre. » Je balaye les cheveux qui tombent sur son front.
« Tu es enceinte. Tu as un joker. »
« Je n’arrive pas à croire que tu le leur as dit à tous autour du feu de camp. Tu es
incapable de garder un secret. »
J’éclate de rire. Je ne peux rien cacher à mes frères. C’était déjà assez dur
d’attendre jusqu’au troisième mois pour le dire. Je ne pouvais pas tenir un jour de
plus. « Ils n’ont pas eu l’air surpris. »
« Que tu ne puisses pas garder un secret ? Ce n’est pas étonnant. »
Elle tend Matty vers moi et je le prends. « Tu as vu Emily et Logan ? » lui
demandé-je.
« Em travaille sur un cadeau pour Pete et Reagan », réponds Sky.
« Quel genre de cadeau ? »
« Du genre beau cadeau. » Elle sourit. « J’en ai entendu une partie ce matin.
C’est vraiment merveilleux. »
« Pour après le mariage ? »
Elle hausse les épaules. « J’imagine. »
« Quand a lieu le mariage ? » demandé-je. C’était censé être hier, mais cela n’a
pas été le cas, pour une bonne raison.
« Demain matin », répond-elle. « Sam doit retourner s’entraîner demain
soir. »
« Déjà ? » On ne le voit vraiment plus assez depuis qu’il fait du football en
professionnel.
Elle hausse les épaules à nouveau. « Il a dû batailler pour avoir la permission de
rester aussi longtemps. »
Je me penche vers elle et l’embrasse. Hoppy sautille et tapote ma joue, mais je
ne m’arrête pas d’embrasser Sky. Lorsque je relève enfin la tête, je dis à Hoppy :
« Les baisers sont une bonne chose. C’est comme ça que tu es arrivée ici. » Elle
sautille encore un peu et couine.
« Je t’aime », me dit Sky. Puis elle met Hoppy au lit et plonge sur elle pour lui
souffler bruyamment sur le ventre. Je fais pareil avec Matty, et en quelques
secondes nous avons deux bébés heureux qui rient sur leur lit. Elle me regarde, et
elle est tellement parfaite que mon cœur s’emballe. L’écoute-bébé se déclenche, et
j’entends PJ s’agiter, donc j’y vais et je le récupère. Quand on en a déjà cinq, bientôt
six, qu’est-ce qu’un enfant de plus ?
C’est le paradis, voilà ce que c’est.
EMILY
« J ’ai besoin d’un mot qui rime avec toujours », dis-je en passant mon médiator
sur les cordes de ma guitare. Logan est assis face à moi, alternant entre
l’écriture des paroles de ma chanson et un dessin qu’il fait sur une feuille de papier.
Il me regarde et je sais qu’il n’a pas entendu ce que j’ai dit. Je le pousse avec mon
orteil. « Il me faut un mot qui rime avec toujours », répété-je.
Il pousse un grognement. « Tu demandes une rime à un sourd ? » ricane-t-il.
« C’est marrant. »
Je le pousse à nouveau avec mon orteil. « Je suis sérieuse. Donne-moi un mot. »
« Amour. Retour. Secours. »
« Dixit le sourd », lui dis-je en roulant les yeux. Je sais qu’il est capable de tout
faire. Il dévore les livres comme s’ils étaient de la nourriture. Son vocabulaire est
bien plus riche que le mien.
Kit se dirige vers lui et lui tend un cube. Elle balbutie quelque chose et il me
regarde. « Qu’est-ce qu’elle a dit ? »
« Ma ma ma ma », lui réponds-je. Il ne peut pas lire sur ses lèvres. C’est
difficile pour lui de ne pas savoir quels mots sortent de sa bouche. Elle ne parle pas
encore, mais elle émet des sons.
« Pa pa pa pa pa pa », dit-il en s’adressant à elle. Elle lui sourit et met le cube
dans le trou où il doit s’encastrer. Il tape dans ses mains pour la féliciter, et elle fait
une petite danse. « Est-ce qu’elle l’a dit ? » me demande-t-il.
Je secoue la tête.
Il se lève et me rejoint sur le lit. « À quoi ça ressemble quand elle rit ? » Il me
dévisage, et mon cœur se déchire. Il me le demande tout le temps, et j’essaie de lui
expliquer, en variant mes explications en fonction des changements. Son rire
change chaque jour. Tout en elle change, et les sons qu’elle émet sont la seule chose
qu’il ne peut pas percevoir. Je pose ma guitare de côté.
« C’est bruyant et désagréable, comme toi » réponds-je. Je pousse son épaule et
il me fait rouler sous lui en m’immobilisant pour me chatouiller. « Arrête ! » crié-
je. Il ne peut même pas m’entendre, mais je sais qu’il sent la puissance de mon
souffle près de son oreille et la vibration de ma voix dans ma gorge. Il ressent tout,
mais il ne peut pas l’entendre.
« Je vais t’en donner du bruyant et du désagréable », grogne-t-il
malicieusement avant de m’embrasser. Il relève la tête et me regarde. « Tu étais
plutôt bruyante hier soir », dit-il. « Sam est venu s’en plaindre ce matin. »
« Tu aurais dû me le dire ! »
« Comment je saurais que tu fais du bruit ? » me demande-t-il en souriant. Il
montre ses oreilles. « Je suis sourd. »
Je pousse son épaule et il s’assied. « Je veux te parler de quelque chose
d’important », lui dis-je.
Il s’assied, curieux. « OK », répond-il lentement.
Je signe en lui parlant. « Tu te souviens juste après sa naissance, quand toi et
moi nous avons parlé d’un implant cochléaire ? »
Il se fige, se renfrogne immédiatement, et je me sens coupable d’avoir parlé de
ça. La première fois qu’il en a parlé, j’étais totalement contre. Je pensais
obstinément qu’il n’y avait aucun problème avec lui, que sa surdité n’avait pas
d’importance, pas plus que ma dyslexie. Mais ça a de l’importance. C’est important
chaque fois qu’il me demande de lui décrire son rire, ou quand il ne peut pas
l’entendre l’appeler. Lorsqu’elle pleure la nuit et qu’il ne peut le savoir que grâce à
une lumière et une vibration sous son oreiller. C’est tellement important.
J’avale la boule que j’ai dans la gorge et cligne des yeux pour retenir les larmes
qui arrivent. Je ne pensais pas que je serais si émotive en lui parlant de ça. Mais je le
suis.
« S’il existait une méthode pour corriger ma dyslexie, voudrais-tu que je la
suive ? » lui demandé-je.
« Tu le ferais ? » Il me dévisage.
Une larme tombe de mes cils et il l’essuie avec son pouce.
« Pourquoi pleures-tu ? » demande-t-il. « Je t’ai dit que je n’avais pas besoin
de chirurgie. »
« Réponds à ma question. »
« Tu veux savoir si je corrigerais ta dyslexie ? »
« Oui. »
Il détourne le regard, aspirant le piercing de sa lèvre dans sa bouche pour jouer
avec. « Oui, je le ferais. »
Un sanglot envahit ma poitrine, et je le ravale. « Pourquoi ? »
« Parce que… » Il s’arrête. Il regarde partout sauf vers moi. « Parce que je veux
que tu aies tout. Je souhaite que tu sois capable de comprendre les panneaux de
signalisation et d’envoyer des SMS, que tu puisses lire les menus. Je souhaite que tu
aies tout ça. »
Je déglutis. « Et moi, je veux tout ça pour toi. »
Il me lance un regard furieux. « Je peux faire tout ça. »
« Mais tu ne peux pas l’entendre rire. Tu n’entends pas ses babillages. Tu ne
peux pas l’entendre pleurer. » Je prends ses mains dans les miennes. « Je veux que
tu puisses faire tout ça. »
Il inspire et bloque sa respiration. « Je ne sais pas. »
« Moi, je sais. J’ai pris un rendez-vous pour toi quand on rentrera. »
Il me dévisage. Il n’est pas énervé, et il y a une lueur dans ses yeux, celle que
j’espérais. « Tu es sûre ? » demande-t-il.
« Je suis certaine. Si tu le veux. »
« Je le veux » laisse-t-il échapper. Puis il sourit. « Je le veux. »
« Ne le fais pas pour moi, parce que je n’en ai pas besoin. »
Il hoche la tête. « Je le sais. » Il regarde notre fille. « Mais elle, elle en a
besoin. »
« Non. Elle ira très bien comme ça. »
« J’en ai besoin », dit-il.
« OK », réponds-je. Je tiens son visage entre mes mains et regarde droit dans
ses yeux bleus. Il a mon cœur et mon âme. Il les détient depuis que je l’ai rencontré.
Il les aura toujours.
« Ne dis rien à personne, OK ? » dit-il.
J’acquiesce. « OK. »
« C’est entre nous. »
« OK. »
Il me passe ma guitare. « Finis ta chanson pour Pete et Reagan. »
Il s’en va et s’assied sur le sol avec notre fille, en lui répétant « Pa pa pa pa pa
pa. » Elle ne le répète pas. Pas encore.
REAGAN
J e fais tourner ma bague sur mon doigt en marchant sur la plage. Je suis partie
me promener seule vers le phare, car j’avais besoin de quelques minutes pour
reprendre mes esprits. Le vent balaye mes cheveux et mes songes.
« Reagan ! » entends-je depuis la plage. Je lève les yeux et vois ma mère courir
vers moi. Elle me ressemble, les membres longs et fins, les cheveux tombant sur les
épaules. Elle ne porte pas de maquillage, et je devine qu’elle a été au soleil
aujourd’hui. « Je voulais te parler », dit-elle en haletant à cause de sa course.
« Tout va bien ? » lui demandé-je ? « Où est papa ? »
Elle sourit. « Il est parti pêcher sur la jetée avec Pete et Lincoln. »
Je ris. J’imagine ce que ça va donner, avec Pete qui va devoir faire avec mon père
et mon petit frère.
« Ce que tu as fait, donner ton mariage à Patty et John… » commence-t-elle.
Elle me regarde droit dans les yeux. « Je suis si fière de toi. »
« C’était merveilleux, n’est-ce pas ? » Je repense à ce matin. Ma robe était trop
grande pour elle. Mes fleurs étaient trop simples. Mais c’était tout de même
merveilleux.
« Somptueux », répond-elle doucement. « Alors », lâche-t-elle finalement.
« Alors ? »
« Alors, à propos de ton mariage à toi. »
« Oh oui. Ça. » Je ris. « Demain matin. Je suis vraiment désolée que vous soyez
venus jusqu’ici et que nous ayons dû annuler. »
« Oh, je ne m’inquiète pas pour ça. Je voulais juste m’assurer que… » Elle laisse
traîne sa voix.
« Que ? » dis-je en souriant.
« Rien », sourit-elle à son tour avant d’enlever une mèche de cheveu de ma
bouche.
« Dis-le. »
« Je voulais juste être sûre que tu n’avais pas de remords. »
« À propos du mariage ? »
Elle hoche la tête.
« Non, aucun remord. »
« Tu es sûre ? »
Absolument sûre. Je ne doute pas du tout de ma décision d’épouser Pete. Pas une
seconde. « À cent pour cent. »
« Alors pourquoi j’ai l’impression que tu hésites ? Tu semblais soulagée quand
Patty et John ont repris ton mariage. »
J’éclate de rire. « Oh, je l’étais. »
« Je savais que quelque chose n’allait pas ! » crie-t-elle. « Est-ce que Pete et toi
avez des problèmes ? »
Je secoue la tête. « Non, rien de ce genre. J’avais prévu une surprise pour Pete,
mais le vol a été annulé. Ils arrivent aujourd’hui. »
« Qui ça ils ? »
« Les enfants trouvés de Pete. Gonzo et Edward. Et la petite sœur d’Edward. Et
Henry vient avec eux. On ne peut pas se marier sans eux. Ils sont comme des
membres de la famille.
« Oh, Reagan », dit-elle.
« Quoi ? » demandé-je.
« J’aimerais pouvoir dire que je suis à l’origine d’une partie de la femme
merveilleuse que tu es devenue, mais j’ai peur de n’y être pour rien. » Elle renifle.
« Maman », pleurniché-je. Elle se moque de moi.
« Qu’est-ce que tu vas porter demain ? » demande-t-elle.
« Je n’en ai aucune idée. » J’ai donné à Patty ma belle robe, qui ne m’allait pas
vraiment, de toute façon.
« Tu veux aller faire du shopping ? » demande-t-elle. « Ensuite nous pourrons
peut-être boire un verre ? » Elle hausse un sourcil.
« Bien sûr. »
Lorsque nous rentrons à la maison, le soleil est en train de se coucher et tout le
monde est dans la cuisine. Vraiment tout le monde.
Je me penche vers Friday. « Ma mère veut sortir faire du shopping et boire un
coup. Tu veux venir ? »
Elle passe PJ à Paul et acquiesce. « Penses-tu que Sky et Emily pourraient avoir
envie de venir aussi ? »
Elle rassemble tout le monde et nous partons faire du shopping. Je prends une
petite robe blanche charmante qui sera parfaite pour mon mariage.
Mon téléphone sonne. Je le sors de ma poche.
« Qu’est-ce que tu as fait, princesse ? » me crie Pete dans l’oreille, mais je
l’entends rire.
« Je ne vois pas de quoi tu parles », réponds-je pendant que ma mère paye ma
robe.
« Gonzo vient d’arriver avec la sœur d’Edward sur ses genoux, et Edward le
fusille du regard, et Henry a amené ton père pêcher. »
« Oh, ils sont là ! Je suis contente qu’ils aient réussi !
« Je n’arrive pas à croire que tu les aies invités.
Je soupire. « C’est la famille, Pete. »
« Ils ne t’ennuient pas, princesse ? On ne les voit pas assez souvent ? »
« Jamais » réponds-je, et je le pense.
J’entends le sourire dans sa voix lorsqu’il dit : « Je t’aime. »
« Je t’aime aussi. »
J e me réveille quand quelqu’un qui saute sur mon lit et j’ouvre brusquement les
yeux. « Mais qu’est-ce que tu fous ? » demandé-je à Sam.
Il se penche vers moi et sourit. « Mec, réveille-toi, tu te maries aujourd’hui »
Je me frotte les yeux et regarde autour de moi. « Où est Reagan ? »
« Toutes les filles sont chez John et Patty. Elle est en train de s’habiller. »
Je me lève. « Pourquoi est-elle là-bas ? »
Il secoue son index dans ma direction. « Ça porte malheur au marié de voir la
mariée avant le mariage. »
« Est-ce qu’elle va bien ? » demandé-je.
« Elles sont toutes malades comme des chiens ce matin. Donc sa mère a ouvert
une bouteille de champagne pour les aider à aller mieux. » Il se met à rire. « Si
Reagan ressemble à sa mère en vieillissant, tu vas être un sacré veinard. »
J’en suis déjà un.
« En parlant de chance », dit-il, il met les mains autour de sa bouche et
chuchote assez fort : « Tu as entendu le bruit qui provenait de la chambre de ses
parents hier soir ? J’ai dû me lever et sortir. » Il bouge les hanches comme s’il
faisait l’amour en tenant ma tête de lit, et je lui donne un coup de pied dans la
hanche pour le faire descendre de mon lit. Mais j’éclate de rire. Sam me fait
toujours marrer. « Lève-toi » chante-t-il à tue-tête. « Tu dois t’habiller, parce
que je vais bientôt devoir partir et je veux te voir lui passer le doigt dans la bague. »
« Passer la bague au doigt », rectifié-je.
Il hausse les épaules. « Passer le doigt dans la bague. Passer la bague au doigt.
C’est pareil », dit-il en souriant.
« Va te faire voir. »
Il devient tout à coup sérieux. « Tu as peur ? »
Je secoue la tête. « Pas vraiment. » En fait, je suis mort de trouille. Pas
d’épouser Reagan, mais de ce qui vient après.
« Tu es un putain de menteur », dit-il. Puis il recommence à sauter sur mon lit.
« Debout » crie-t-il.
Je me lève et me dirige vers la salle de bain, et je lui claque la porte au nez quand
il essaye de me suivre. « Va-t’en » hurlé-je.
« Mais je suis le témoin ! » répond-il.
J’ouvre la porte et le regarde. « Qui t’a demandé d’être témoin ? »
« Mec, on a partagé un utérus. Évidemment que je suis ton témoin. »
J’entre dans la douche et j’entends la lunette des toilettes se refermer derrière
moi. Je sors la tête et vois Sam, assis sur les toilettes. Je connais le meilleur moyen
de me débarrasser de lui.
« Alors », dis-je, « qu’est-ce que tu vas faire à propos de Peck ? »
J’entends la lunette des toilettes grincer et je regarde. Il est sorti de la salle de
bain, et ça me fait rire. J’ai vraiment envie de savoir ce qu’il va faire à propos de
Peck, mais j’imagine qu’il n’en a aucune idée. Cela ne me surprend pas.
Je me rase et m’habille avec un pantalon léger et une chemise blanche que je
laisse ouverte. Je glisse mes pieds dans des tongs et sors dans le salon. Tous mes
frères sont là avec leurs enfants.
Paul m’attrape et prend ma tête dans le creux de son bras, puis frotte mon crâne
avec son poing. Je suis obligé de passer ma jambe autour de la sienne et d’essayer
de le faire tomber pour qu’il me laisse partir.
Je passe une main dans mes cheveux et tente de recoiffer mes cheveux qu’il a
mis en pétard lorsqu’il me lâche enfin.
« Je peux te parler une seconde ? » dit-il.
Je hoche la tête et le suis dans sa chambre. Il ouvre une valise et en sort une
boîte. Il me la tend. « Qu’est-ce que c’est ? » demandé-je.
Il rougit. « Eh bien, je voulais savoir si tu le veux. Pour Reagan. »
J’ouvre la boîte et regarde à l’intérieur. C’est un pendentif en saphir sur une
chaîne en or toute simple. « C’est celle de maman », dis-je. Je le sors de la boîte et
le regarde.
Paul hoche la tête. « Elle aimerait Reagan autant que nous. Et je suis sûr qu’elle
serait heureuse que Reagan porte quelque chose qui lui appartient, le jour de son
mariage. »
Je le repose dans la boîte et le rends à Paul. « Pourquoi tu ne vas pas le lui
donner ? » demandé-je. « Elle a besoin de quelque chose de bleu avant la
cérémonie. »
Il me le tend. « Ça doit venir de toi. »
« Va le lui donner. Pour moi. S’il te plaît. »
L’émotion me submerge et je me retourne vers le miroir pour me recoiffer. Mais
Paul passe son bras autour de mon cou et regarde mon reflet. « Je suis vraiment fier
de toi » dit-il doucement. « Je veux que tu le saches. »
Sa voix est rauque, et il s’arrête pour se racler la gorge.
« Merci » réponds-je.
Il prend la boîte. « Je vais aller voir Reagan. »
Je hoche la tête.
Je suis toujours un peu sonné quand quelqu’un d’autre frappe à la porte. Je lève
les yeux et vois M. Caster. « Bonjour », lui dis-je. Je rougis un peu en repensant à
ce que Sam a dit ce matin, mais j’essaye de l’oublier.
« J’ai quelque chose à te dire », dit-il. Il ferme la porte derrière lui et commence
à faire les cent pas.
« Qu’est-ce que c’est ? » Je m’assieds sur le coin du lit de Paul.
« J’aime cette fillette plus que tout en ce monde », dit-il.
« Je sais. »
« Et lorsque je t’ai rencontré, je t’ai promis que si jamais tu lui faisais du mal, je
te couperais les testicules. »
« Je m’en souviens. » J’ajuste ma posture, parce que mes couilles sont en train
de se ratatiner dans mon ventre.
« Et je voulais juste que tu saches que ça tient toujours, même si elle a une
bague au doigt. »
« Oui monsieur », réponds-je.
Il arrête de marcher et me fixe pendant une seconde. Je hausse un sourcil. Je ne
peux pas lui en vouloir de dire ça. Si un jour j’ai une fille, je ferai la même chose.
« Je n’ai pas pu choisir l’homme dont ma fille est tombée amoureuse »,
commence-t-il. « Mais si j’avais pu le faire, je t’aurais choisi, toi. C’est tout ce que
je voulais dire. »
« Merci, monsieur. »
Il quitte la pièce, et je me laisse tomber sur le bord du lit. Merde, ils ont décidé de
me faire pleurer aujourd’hui.
Au bout d’une minute, la porte s’ouvre à nouveau et Friday me saute dessus.
« Pourquoi es-tu sur mon lit ? » demande-t-elle.
« J’essayais de tripoter tes petites culottes sans que personne ne le sache. Merci
d’avoir gâché mon plaisir », soupiré-je sur un ton sarcastique.
« Tu es un gros pervers accro aux petites culottes » dit-elle. Puis elle glousse.
« Est-ce que tu as bu ? »
« Non. Pas une goutte. » Elle me pousse. « C’est toi qui as envoyé Paul avec un
pendentif ? »
« Peut-être. Pourquoi ? »
« Reagan est en train de pleurer », admet-elle avec une expression douce sur le
visage.
« Des larmes du genre je-suis-vraiment-heureuse, ou plutôt je-déteste-ce-
type ? »
« Des larmes de joie. »
« Oh, ouf », soupiré-je. Je peux accepter qu’elle pleure, du moment que ce sont
des larmes de joie.
« Tu es prêt ? »
« À quoi ? »
« À te marier, crétin » hurle-t-elle.
Je saute du lit. « Maintenant ? »
Elle hoche la tête.
Je hoche la tête à mon tour. « Je suis prêt. » Je suis tellement prêt. Je crois que
je suis prêt depuis la première fois où je l’ai rencontrée.
Je me dirige vers la terrasse et regarde dehors, et je vois que les chaises ont été
installées, et qu’Emily est perchée sur un tabouret, en train de jouer de la guitare,
tandis que je m’avance vers l’autel. Je passe près de Gonzo et il me sourit, puis il
tend son poing pour le taper contre le mien. Henry me sourit depuis le premier
rang, où mes parents seraient assis s’ils étaient là. Il est à côté de Paul et Friday, et
mes frères sont sur la rangée suivante avec leurs femmes. Sam est debout près de
l’autel, et il m’attend. Je palpe ma poche à la recherche de la bague. Mais il tâte la
sienne et hoche la tête. Je m’en suis occupé, me dit-il sans un mot.
Je m’installe face au prêtre, et la mère de Reagan me sourit et essuie une larme.
Je gigote, parce que j’ai besoin que Reagan soit là avec moi.
Ensuite la baie vitrée s’ouvre et elle sort au bras de son père. J’arrête de respirer.
Je ne peux pas m’en empêcher. Elle est si belle que mon cœur s’emballe. Elle porte
une magnifique robe blanche courte, parfaite pour un mariage à la plage. Elle est
parfaite pour elle. Pour nous. Pour moi.
Elle s’arrête à mes côtés, et son père l’embrasse sur la joue. Je l’entends lui dire.
« Il n’est pas trop tard pour faire machine arrière. »
« Je ne veux pas faire machine arrière, papa », dit-elle. Elle l’embrasse sur la
joue et il essuie une larme qui coule sur la joue de sa fille avec son pouce.
« Merci. »
Il me regarde une seconde et s’arrête pour me serrer la main. « Merci,
monsieur », dis-je.
Puis je prends la main de Reagan dans la mienne, et j’essaye de me rappeler de
cet instant. Je veux le graver dans ma mémoire. Elle ne porte pas de fleurs. Elle
porte une couronne de marguerites sur la tête, et c’est tellement merveilleux que je
ne peux pas m’arrêter de la regarder.
« Ça va ? » demande-t-elle. Elle touche le pendentif qui appartenait à ma mère.
« Je l’aime beaucoup », dit-elle en le regardant.
« Elle aurait aimé qu’il te revienne » déclaré-je. J’y crois de tout mon cœur.
Le prêtre se racle la gorge et commence son discours par « Mes bien chers
frères. »
Lorsque c’est à mon tour de prononcer mes vœux, je me racle la gorge et cligne
des yeux pour refouler les larmes. « Reagan, tu es plus forte que tous ceux que j’ai
rencontrés. J’ai su que je t’aimais quand nous étions assis autour d’un feu de camp
et que tu m’as supplié de ne pas t’embrasser. Tu n’aimes peut-être pas ce souvenir,
mais je l’adore, car c’est la première fois que j’ai su au fond de moi que tu pourrais
être à moi. Et mes sentiments n’ont pas changé depuis. » Je me frotte le nez et me
mets à rire. « Ensuite, tu m’as donné un coup de poing dans la figure, et j’ai su que
je ferais n’importe quoi pour te conquérir. »
Je regarde ma famille, et je vois toutes les filles s’essuyer les yeux.
« Puis je t’ai ramenée chez moi et ma famille t’a aimée autant que je t’ai aimée.
Tu peux botter des fesses, mais tu peux aussi aimer, et c’est tout ce qu’il faut pour
devenir une Reed. »
Ma famille rigole.
« Alors, Reagan, je promets de prendre soin de toi, de te traiter avec respect et
de t’aimer de tout mon cœur. »
Reagan renifle. « Je t’ai rencontré lors de la pire soirée de ma vie », dit-elle.
« Puis j’ai passé deux ans à essayer de trouver comment je pourrais te revoir. » Elle
rit. « Deux ans à faire des plans, parce que je savais que tu avais quelque chose de
spécial. Tu as conquis mon cœur probablement bien avant que tu ne le veuilles, et
j’espère que tu le garderas pour toujours. Je t’ai supplié de ne pas m’embrasser, et
je suis si heureuse que tu aies pris ton temps, et que tu m’aies embrassée quand tu
le voulais vraiment. Tu m’as appris à te faire confiance, et tu gagnes ma confiance
un peu plus chaque jour. Alors, Pete, je te donne mon cœur, et je prends le tiens, et
je compte bien le garder jusqu’à mon dernier jour. »
Nous échangeons les alliances, et je peux enfin l’embrasser. Je la tire contre moi
pour l’embrasser, et je ne veux plus la laisser partir. Mais j’entends son père dire
« Va chercher ma hache. »
Je soulève la tête et ricane. « Je t’aime », lui dis-je. J’embrasse le bout de son
nez.
Le prêtre nous présente comme M. et Mme Peter Reed, et tout le monde se lève
et applaudit. Patty et John nous font l’honneur de nous féliciter, mais Patty a l’air
fatiguée, donc elle ne reste pas longtemps. Quant à Carrie et Nick, ils restent avec
nous un petit moment.
J’entends un bruit dans le micro devant Emily, et nous nous tournons vers elle.
« J’ai un petit cadeau pour vous les gars », dit-elle. Elle rougit. « Alors, si vous
voulez bien m’accorder une minute… »
Elle tripote sa guitare, puis elle commence à jouer.
Il est à elle,
Cœur et âme.
Elle a besoin de lui,
De l’avoir et de le garder.
Il est l’air qu’elle respire,
Et les songes dans sa tête,
Il est la lumière dans les ténèbres
Lorsqu’elle se sent seule.
J’ai la gorge nouée quand Emily s’arrête. Elle pose sa guitare sur le côté et Reagan
me tire pour aller la remercier. Elle enlace Emily. Je ne sais même pas quoi dire.
« Je suis géniale, hein ? » dit Emily avant de m’ouvrir ses bras. Je la serre fort.
Elle me murmure à l’oreille : « Logan va écrire les paroles pour que vous
puissiez les garder. »
« Merci » réponds-je.
Elle hoche la tête.
Logan arrive et il passe ses bras autour d’Emily. « C’était parfait » lui dit-il.
« Je la rejouerai pour toi dans quelques semaines », dit-elle à Logan. « Après. »
Elle le regarde et il hoche la tête.
« Après quoi ? » demandé-je.
« Après qu’elle se soit déshabillée, mec », répond Logan.
Reagan éclate de rire.
Nous nous mêlons à ma famille pendant quelques heures, et les gens entrent et
sortent de la maison. Jusqu’à ce que Friday dise : « Oh, merde. On est censé faire
des tatouages ce soir ! » Paul regarde sa montre.
Nous sommes censés faire des tatouages au festival de plein air ce soir. Il y a eu
beaucoup de publicité, et c’est pour une œuvre caritative. Si nous avons de la
chance, nous pourrons collecter un paquet d’argent pour l’association qu’Emily a
choisie. Elle veut donner de l’argent aux foyers pour sans-abris de New York où elle
vivait avant de rencontrer Logan, donc elle a organisé cet évènement, et nous avons
amené l’équipe de tournage parce que cela paraissait une bonne opportunité.
« Pourquoi ne pas te reposer ce soir ? » demande Paul en me tapant sur
l’épaule. « On peut le faire sans toi. »
« Putain, non ! », protesté-je. « Je viens. »
« Tu viens juste de te marier », me rappelle-t-il.
Je regarde Reagan. « Tu veux que je prenne un congé ce soir ? »
Elle hoche la tête. « Non. Je veux venir aussi. »
« Bon, allez vous changer. » Paul gesticule nous fait signe de sortir de la pièce.
Je prends la main de Reagan et la tire vers notre chambre Je ferme derrière nous,
l’embrasse, et c’est suffisant. Je bande immédiatement. Je la plaque contre la porte
et l’y maintient. « On a le temps pour petit coup rapide ? »
Elle hoche la tête et commence à déboutonner mon pantalon. J’écarte les cuisses
et la laisse mettre sa main entre elles, et je gémis lorsqu’elle me prend dans son
poing. Je suis prêt, mais elle ne l’est pas, donc j’enlève sa main de mon pantalon et
je m’agenouille devant elle. Je soulève sa robe et baisse sa culotte, puis je pose ma
bouche sur elle. Elle me regarde et hoche la tête.
Avant j’avais peur de lui faire mal, mais elle m’a prouvé qu’elle était plus forte
que je ne l’aurais jamais imaginé.
Je glisse deux doigts en elle et lèche son clitoris, encore et encore, jusqu’à ce que
ses jambes commencent à trembler. Elle passe ses mains dans mes cheveux et je la
regarde. Elle a la bouche ouverte et les yeux fermés. Puis elle jouit sur mon visage.
Elle me regarde, son regard s’adoucissant tandis qu’elle jouit, et elle me fixe jusqu’à
ce que j’ai extirpé le dernier tremblement de son corps.
« Merci » murmure-t-elle.
« De rien, Mme Reed. » Je me lève et me tourne pour aller chercher un
préservatif. Mais elle me tire vers elle. « Je vais prendre un- »
Elle me coupe. « Je n’en veux pas. »
Elle ne veut pas quoi ? « Hein ? »
Ses yeux cherchent mon regard. « Je pensais que peut-être, on pourrait essayer
sans préservatif. »
Nous avons découvert tôt dans notre relation que Reagan ne pouvait pas prendre
de pilule contraceptive, donc nous avons toujours utilisé des préservatifs depuis
que nous sommes ensemble. Je n’ai jamais été en elle sans en avoir un.
Je suis confus. « Tu en es sûre ? » lui demandé-je.
Elle acquiesce. « J’en suis sûre. »
Je pose mon front contre le sien et murmure. « Je t’aime tellement. »
« Moi aussi je t’aime », répond-elle doucement.
Je passe sa robe par-dessus sa tête et j’admire ses superbes seins dès que j’ai
retiré son soutien-gorge. Je la soulève et elle passe ses jambes autour de ma taille.
Je l’allonge délicatement sur le lit.
« Je ne vais pas me casser, Pete » fait-elle remarquer.
« Je n’ai pas peur de te casser » réponds-je. « Je crains d’oublier cette journée
si je vais trop vite. »
Elle prend mon visage dans ses mains et m’embrasse. Elle écarte les cuisses et je
m’installe entre elles avant de me glisser en elle d’un seul coup puissant. Elle est
mouillée d’avoir joui sur mon visage, et très, très glissante.
Je sais ce que ça veut dire, et elle aussi. Ça veut dire qu’elle pourrait tomber
enceinte. Ça veut dire tant de choses.
Je pose ses jambes sur mes bras, parce que je sais qu’elle aime que ce soit
profond et brutal, mais je ne tiendrai pas longtemps comme ça, pas sans
préservatif. Une goutte de sueur ruisselle le long de mon nez. Ou est-ce une larme ?
Je n’en sais rien. Quoi qu’il en soit, elle l’essuie.
Elle crie, et elle mouille encore plus. « Maintenant, Pete » me presse-t-elle.
« Maintenant, s’il te plaît. »
Je jouis à l’intérieur de ma femme pour la toute première fois. Je pousse
profondément, répandant tout ce que j’ai en elle. Elle me serre fort pendant que je
me vide en elle, jusqu’à ce que je me laisse retomber sur elle de tout mon poids.
« Eh bien, c’est une sensation étrange », murmure-t-elle.
« Quoi ? » je me redresse légèrement.
« Je suis toute mouillée. » Elle regarde en bas, entre nous. « Genre, plus que
d’habitude. »
« Tu fais ressortir le meilleur de ce qu’il y a en moi, princesse », réponds-je. Je
ris et elle aussi, ce qui achève de me faire sortir d’elle. « Allons prendre une petite
douche. »
Je l’emmène dans la salle de bain et la lave rapidement, puis elle sort et s’habille
pendant que je me douche. Ensuite, elle se recoiffe et se remaquille pendant que je
m’habille. Ce soir, c’est pour la télé réalité, donc nous devons tous rentrer dans
notre rôle. Je porte un jean déchiré et un débardeur blanc avec le logo Reed. Mes
frères sont vêtus de la même façon, et Friday est fidèle à elle-même.
Je prends la main de Reagan et nous sortons de notre chambre en tant que mari
et femme.
Sam est debout à côté d’un taxi avec sa valise. J’ai le cœur brisé. « Tu ne pars pas
déjà, n’est-ce pas ? » demandé-je.
Il m’enlace rapidement et embrasse Reagan. « Je dois rentrer. Je vous aime, les
mecs », répond-il. Il monte dans le taxi et nous fait signe tout le long de l’allée.
FRIDAY
J e porte des talons hauts et une robe courte, et apparemment Paul n’arrive pas à
regarder autre chose que mes jambes. « Si tu te penches comme ça encore une
fois, je ne réponds plus de mes actes », me taquine-t-il. La foule adore nos
blagues. Il termine le tatouage sur lequel il travaille et je prends le micro sur son
socle.
« Bonsoir, la Caroline du Nord ! » crié-je. La foule, qui est retenue par des
gardes et des barrières, s’enflamme. « J’espère que vous pouvez m’excuser, car je
dois m’occuper d’une petite chose avec Paul. »
Paul sourit. « Ma chose n’est pas petite », crie-t-il. La foule ricane.
« Eh bien, la Caroline », commencé-je. J’ai leur attention. Tant mieux. « Il se
trouve que mon mari a le nom de son ex tatouée sur le bas du ventre. »
Des huées montent de la foule.
« Alors, aujourd’hui, je pense que je devrais couvrir cette merde. Qu’est-ce que
vous en dites ? » Je tends le micro et la foule hurle. Je regarde mon mari. « Qu’est-
ce que tu en dis, grand chef ? Tu me fais confiance ? »
Je fais des tatouages dans la boutique tout le temps maintenant, et je dois
admettre que j’ai l’œil pour ça. C’est de l’art. De l’art permanent.
« Tu veux couvrir mon tatouage ? » crie Paul.
« Oui. » Je regarde la foule. « Son nom est bien trop proche de ta queue. »
Il s’approche de moi et je soulève le bord de sa chemise pour que la foule puisse
le voir.
Ils commencent à scander : « Couvre-le ! Couvre-le ! »
L’équipe pousse une table sur le devant de la scène, où j’ai déjà posé tout mon
équipement.
« Depuis combien de temps tu prépares ça ? » me murmure Paul.
« Environ cinq minutes », réponds-je avec impertinence. En réalité, je le
prépare depuis que j’ai vu ce stupide nom sur son ventre.
« Tu vas dessiner des grenouilles ou quelque chose comme ça sur moi ? Ou des
crânes ? »
« Est-ce que tu me fais confiance ? » lui demandé-je.
Il m’embrasse. « Oui. » Il retire sa chemise et je déboutonne le premier bouton
de son jean. La foule hurle. Il s’allonge et expose la zone, et je la nettoie, puis je le
rase.
« Vous voulez que j’aille un peu plus bas ? » demandé-je à la foule en
approchant mon rasoir de ses testicules.
Il attrape mon poignet. « Tu pourras le faire plus tard, si tu veux. »
La foule éclate de rire.
J’enfile ma blouse et rassemble mes couleurs. J’ai déjà fait le transfert. Logan
m’a aidé à le faire hier, donc je le pose sur la peau de Paul. Il baisse les yeux comme
s’il voulait le voir, mais je relève son menton pour qu’il soit complètement à plat.
« Ne triche pas », avertis-je.
Il me regarde et roule les yeux. « Fais de ton pire », dit-il.
J’ai passé beaucoup de temps à dessiner ça. C’est mon nom en lettres gothiques.
Enfin, mon nom Friday. Celui que je me suis donné. Paul est le seul à connaître mon
véritable prénom.
Je le trace sur sa peau. Lorsque j’ai terminé, je lui tends un miroir pour qu’il
puisse le voir.
Il fronce les sourcils. « Eh bien, ce n’est pas très original », dit-il. Il me regarde.
Je reprends le miroir pour qu’il puisse le regarder d’en haut. « Oh, bon sang ! »
dit-il.
Lorsqu’il regarde, il voit l’anagramme de l’autre côté, et on voit mon vrai
prénom. Lui seul peut le voir, et c’est ce que je veux. Janet. Lorsqu’il le regarde, il
voit le prénom Janet, mais si quelqu’un d’autre le fait, il verra Friday, ce qui est ce
que je voulais. Paul est le seul qui connaît tous mes secrets, et je souhaite que ça
reste le cas.
Il m’attrape et m’embrasse sauvagement. La foule entre en délire. « Je t’aime
tellement », dit-il contre mes lèvres. « Merci de me laisser t’aimer. »
Je l’embrasse aussi. « Moi aussi je t’aime. »
Désormais, Kelly a disparu de son corps. Elle ne disparaîtra jamais de sa vie,
puisqu’ils ont une fille, mais maintenant elle sait que notre amour est solide
comme un roc et que c’est pour la vie. Ce n’est pas à cause du tatouage, c’est
simplement grâce à la façon dont je l’aime. Et celle dont il m’aime.
« Au suivant ! » dit Paul.
Paul prend quelqu’un à sa table et moi quelqu’un à la mienne. Je lui souris et il
me fait un clin d’œil.
Tout ce que j’avais à faire, c’était de le laisser m’aimer, parce que mon amour
pour lui était inévitable.
Quatre heures plus tard, nous recevons l’appel. L’appel qui va peut-être changer
nos vies pour toujours.
Sam. Sam, qui est rentré pour se préparer à jouer au football. Sam, qui est resté
assez longtemps pour voir Pete se marier alors qu’il aurait dû rentrer deux jours
plus tôt. Sam. Leur frère.
Nous nous préparons aussi vite que possible et allons le rejoindre. Tout ce que
nous savons, c’est que son futur est incertain, et nous sommes tous terrorisés.
Sam.
Les genoux de Paul tremblent dans le taxi. Nous avons laissé Henry ramener les
véhicules à l’entreprise de location ainsi que les enfants avec lesquels il était venu.
Paul est très nerveux. Son téléphone sonne. Sa main tremble trop pour qu’il
réponde. Je prends le portable, réponds, et écoute une minute.
« Il va bien », dis-je par-dessus le téléphone. Mon cœur s’emballe.
Paul laisse tomber sa tête sur l’appui-tête et lâche un soupir.
« Il a une sale bosse sur la tête et s’est cassé quelque chose. » Je raccroche
lorsque je perds la connexion. « Signal de merde par ici. »
Il relève la tête. « Qu’est-ce qu’il s’est cassé ? »
« Ils ne l’ont pas dit. Et l’appel a été interrompu. »
« Tu n’as pas demandé ? » aboie-t-il.
« J’étais trop occupée à bénir le fait qu’il soit en vie, connard » réponds-je. Je
lui jette le téléphone dessus.
Il tend le bras et prend ma main pour la serrer. Je le laisse faire, parce que je sais
qu’il est blessé. Et terrorisé.
« Est-ce qu’il va bien ? » demande Paul.
« Il va bien », répété-je.
Mais nous ne savons encore rien de ce qui s’est passé. Nous ne saurons rien
avant d’être arrivés là-bas.
LA SÉRIE DES FRÈRES REED
Première édition
Night Shift Publishing
Couverture par Tammy Falkner
Photo de couverture par © Monkey Business Images | [Link]
Traduction de l’anglais (américain) par Mickaël STEMMER
Tous droits réservés. Toute reproduction ou transmission de ce livre, en tout ou partie et par quelque procédé
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Ceci est une œuvre de fiction. Les noms, personnages, lieux et incidents décrits sont le produit de l’imagination
de l’auteur ou sont utilisés à des fins de fiction. Toute ressemblance avec des personnes ou des événements
existants ou ayant existé est une coïncidence.