A arc de triomphe
locution
Définition Evénements
Définition
arc de triomphe, locution
Sens Arcade monumentale ornée de sculptures construites pour célébrer une
victoire militaire ou un grand personnage [Architecture].
arc de triomphe : 1 définition
Evénements
arc de triomphe : 5 événements contenant le mot arc de triomphe
05 juin 1662 Le Carrousel de Louis XIV
Le roi Louis XIV, 24 ans, donne une grande fête dans le jardin des Tuileries, à
Paris. Plusieurs milliers de spectateurs contemplent les savantes évolutions de
cinq quadrilles, cinq troupes de... Suite
26 février 1806 Construction de l'Arc de Triomphe
L'architecte français Jean-François Chalgrin amorce les travaux de l'arc de
triomphe de l'Etoile commandé par Napoléon Ier en honneur de la Grande
Armée. S'inspirant de modèles antiques, l'arc de... Suite
22 mai 1885 Victor Hugo s'éteint
Le plus grand écrivain du XIXème siècle, Victor Hugo, meurt d'une congestion
pulmonaire à l'âge de 83 ans. Le corbillard "des pauvres", comme il l'a souhaité,
emportera son cercueil vers des... Suite
11 novembre 1920 Inhumation du soldat inconnu
Le corps d'un soldat français mort pendant la première guerre mondiale est
déposé dans une chapelle ardente au premier étage de l'Arc de Triomphe à Paris.
En hommage à tous les "poilus" tombés pour la... Suite
14 juin 1940 Les Allemands à Paris
La Wehrmacht entre dans Paris, vidé des trois-quarts de ses habitants. Le
premier acte de l'occupant est d'ôter le drapeau tricolore qui flotte sur le
ministère de la Marine et de dresser le drapeau
Arche
Le terme d'arche désigne un élément naturel ou construit qui adopte une forme
géométrique proche de l'arc. L'élément délimite un espace sous lequel il est
possible de faire passer au moins de l'air ou de l'eau et au plus des trains ou des
avions.
Les arches naturelles
L'arche d'Étretat
La nature a été la première a crée des formes enjambant un espace quelconque.
Que ce soit les racines de certaines plantes ou des formations rocheuses. Ces
dernières sont l'œuvre de l'érosion de l'eau ou du vent.
En architecture
L'arche en architecture désigne une structure incurvée capable d'enjamber un
espace tout en soutenant un poids significatif (comme, par exemple, une porte
dans un mur en pierre). L'arche a été développée en Mésopotamie, en Assyrie,
en Égypte et en Étrurie. Elle est d'abord utilisée dans les ponts, les portes et les
fenêtres pour son coté pratique.
Puis l'arche est devenue une technique importante dans la construction de
cathédrales et est toujours employée aujourd'hui dans certaines structures
modernes.
On utilise également les termes de voûte ou d'arc.
L'arche décorative et commémorative
Arc de Triomphe du Carrousel
Dans la Rome antique, elle a fait l'objet d'un raffinement esthétique et avait une
fonction commémorative.
Par exemple, tout au long de l'axe historique de Paris, capitale de la France, l'on
dénombre trois arches commémoratives:
l'Arc de Triomphe du Carrousel,
l'Arc de triomphe de l'Étoile,
l'Arche de la Défense.
Récupérée de « [Link] »
l'Arc de triomphe de l'Étoile,
l'Arche de la Défense.
Récupérée de « [Link] »
Architecture romaine (Empire)
Aller à : Navigation, Rechercher
L'architecture romaine sous l'Empire, réalise de nombreuses constructions
édilitaires (aqueducs, thermes, amphitéâtres, temples, forums) et est utilisée pour
exalter la puissance romaine, l'idéologie impériale, la personne et les vertus de
l'empereur ainsi que sa politique active en faveur de ses concitoyens.
Sommaire
[masquer]
1 L'architecture dans la ville de Rome
o 1.1 Les principales phases de construction à Rome
1.1.1 L'époque d'Auguste
1.1.2 De Tibère à Néron
1.1.3 Les Flaviens
1.1.4 Les Antonins
1.1.5 Les Sévères
1.1.6 L'Antiquité tardive
2 L'architecture dans le monde romain
3 Voir aussi
4 Liens externes
L'architecture dans la ville de Rome
En tant que capitale de l'Empire, Rome fut le principal objet des sollicitudes des
empereurs qui firent de grosses dépenses d'urbanisme dans la Ville.
Les principales phases de construction à Rome
L'époque d'Auguste [modifier]
L'époque d'Auguste est fondamentale en ce qui concerne l'architecture romaine.
Ses choix façonnent cette architecture et par la suite, tous les empereurs vont
agir en fonction de cette référence.
On remarque chez Auguste une nette dimension religieuse traditionnelle.
Parmi les travaux majeurs on note :
le Forum d'Auguste
les constructions sur le Champ de Mars
o le Panthéon de Marcus Vipsanius Agrippa: ce Panthéon est un
édifice religieux dont la construction fut soumise à des considérations
politiques ; Auguste avait d'abord pensé à consacrer un temple à Romulus,
mais trop soucieux de ne pas être accusé de vouloir restaurer la royauté, il
décida de construire un temple à la gloire de tous les dieux
o les Thermes d'Agrippa: ce sont des thermes privés mais ouvertes
à la plèbe. Pour les alimenter en eau, Agrippa construisit un aqueduc(pont
qui mène l'eau), l'Aqua Virgo, inauguré en 19 av. J.-C.
o le Mausolée d'Auguste
o l'Autel de la Paix ou Ara Pacis
o le Théâtre de Marcellus
o le Théâtre de Balbus
les constructions sur la colline du Palatin
o 29 av. J.C. : temple consacré à Apollon Palatin
o la demeure d'Auguste près du temple
De Tibère à Néron
Tous les empereurs ont comme référence l'œuvre d'Auguste. Beaucoup d'entre
eux ont restauré des monuments de cette époque et se sont inspirés de ses
modèles.
Néron fait exception, et marque son règne d'innovations et d'excès à sa propre
gloire :
réaménagement du Circus Maximus,
Thermes de Néron, complexe thermal combinant les bains et le
gymnase à la grecque.
Domus Aurea, immense complexe de palais, qui nécessita de
nombreuses expropriations pour consacrer un espace au cœur de Rome à
un particulier, l'empereur.
Ses constructions voient l'introduction ou la généralisation de formes qui seront
pérennes :
mosaïques murales et polychromes
fontaines monumentales (nymphées)
voûtes, rotondes et coupoles, préfiguration du Panthéon
Les Flaviens [modifier]
Les Flaviens ont une politique urbaine de réaction envers cette confiscation de
l'espace urbain à l'usage d'un seul. Ils font surtout construire des monuments à
destination populaire. Pour prendre le contrepied de la politique néronienne, là
où existait un lac artificiel dans les jardins de la Domus aurea, destiné aux jeux
privés de l'empereur, Vespasien fit construire un amphithéâtre destiné à des
reconstitutions de batailles navales. Le détachement de marins qui servait le
plaisir du prince fut affecté à la manipulation des pompes du Colisée, et à celle
du velum, qui protégeait les spectateurs du soleil et nécessitait de complexes
appareillages de poulies pour être manœuvré.
le Forum de la Paix
le Colisée
les Thermes de Titus
Les Antonins
Trajan
o le Forum de Trajan
o les marchés de Trajan
o les thermes de Trajan
Hadrien
o Panthéon d'Hadrien : Entre 118-125, Hadrien fait un
réaménagement complet du Panthéon construit à l'époque d'Agrippa. C'est
cette réalisation qui se trouve encore actuellement en place, transformé en
église chrétienne. Ce Panthéon est une réalisation spectaculaire des
architectes romains avec une très vaste coupole prolongée par un vestibule
rectangulaire. Pour la coupole, on a utilisé une pierre volcanique
particulièrement légère.
Les Sévères
Le Septizonium, fontaine monumentale construite sous Septime Sévère
Thermes de Caracalla
réfection complète des Thermes de Néron par Alexandre Sévère
L'Antiquité tardive
Le seule création architecturale marquante du IIIe siècle à Rome est l'édification
du Mur d'Aurélien.
À la fin du IIIe siècle, sous Dioclétien (286-306), on assiste à un certain
redressement après les troubles de ce siècle, qui s'accompagne d'un effort
architectural.
les Thermes de Dioclétien: L'édifice a environ 300 mètres de longueur et
250 mètres de profondeur. Les thermes sont organisées de manière
régulière et symétrique. Les salles sont décorées d'œuvres d'art,
manifestation de la puissance et de la richesse de Rome.
la Basilique de Maxence: Cette basilique est un des derniers grands
édifices civils construits dans la Rome antique. Le bâtiment rectangulaire,
composé d'une nef centrale de 80 mètres sur 25, fut érigé entre 298 et 306
au nord-est du forum. La basilique fut terminée par Constantin Ier.
L'Antiquité tardive marque la fin des grandes constructions à Rome même, d'une
part à cause de la deuxième capitale, Constantinople et d'autre part parce que les
empereurs chrétiens font davantage construire des monuments chrétiens.
L'architecture dans le monde romain
Les Romains et les élites provinciales romanisées ont couvert l'Empire de
monuments. Voir la liste de monuments romains.
Liens externes
[Link]
[Link]
[Link]
Récupérée de « [Link]
%29 »
Catégories: Architecture en Italie • Architecture sous la Rome antique
L'architecture (2)
Les reprises et les innovations :
Les trois ordres des Grecs :
L'architecture romaine a repris à la Grèce les trois ordres.
Dans la colonnade du temple grec, un ordre est l'unité formée :
- Par la colonnade et son chapiteau
- Par la superstructure horizontale : l'entablement, composé de
l'architrave, de la frise et de la corniche qui représente la saillie du toit.
- Par le piédestal, mais qui n'est pas une partie essentielle.
Vitruve, architecte romain du Ier siècle ap JC a écrit le premier traité
connu sur l'architecture : le "De l'architecture", en dix livres qu'il a dédié
à Auguste.
Il décrit les trois ordres : le dorique (1), l'ionique (2), le corinthien (3) et
mentionne le toscan.
Il les associe à la construction des temples et indique à quels dieux et déesses,
chaque ordre convient le mieux.
Chaque ordre obéit à des rapports plus ou moins codifiés : le module de ces
rapports était le demi-diamètre de la colonne, prise juste au-dessus de sa base
moulurée. Le plus apprécié par les Romains fut le corinthien dont l'acanthe
offrait de belles possibilités décoratives.
Les innovations :
L'architecture romaine a fait un usage systématique de la voûte en berceau peu
utilisée par les Grecs et sans doute enseignée aux Romains par les Étrusques.
Les Romains s'en sont servis pour remplacer le linteau droit des portiques, ce qui
permettait d'espacer les colonnes et de diminuer les charges supportées par
celles-ci. C'est ainsi que furent créés les portiques à arcades. Les Romains ont
employé "l'arc de décharge", arc en plein cintre, dans la masse du mur qui
permettait de répartir les poussées et d'édifier sans risques d'effondrement
d'immenses murailles.
Une autre innovation technique importante : "l'opus caementicium" : la partie
vive de la muraille, uniquement en pierre de taille chez les Grecs, est désormais
un conglomérat de pierres quelconques logées dans du ciment. Ce conglomérat
est résistant : il absorbe bien les poussées. Il est facile à modeler par des
coffrages en bois. Il permet d'adopter des solutions hardies. La construction est
rapide et économique puisque le seul parement (la partie extérieure)qui
dissimule ce noyau est en pierres de taille et exige un personnel hautement
qualifié par rapport au simple travail de maçon.
L'aspect des parements a varié selon les époques, ce qui permet aux
archéologues de dater les pans de murs qu'il découvre. Il y a eu : "l'opus
quadratum", "l'opus incertum", "l'opus reticulum" et "l'opus latericium".
Les matériaux utilisés :
Les Romains ont utilisé la pierre- le travertin -pierre dure et résistante au feu
qui provient de la région de Tivoli.
Mais ils ont surtout fait usage de la brique qui permet l'arc de décharge. Elle
était un matériau bon marché, facile à préparer et à mettre en œuvre. Le
Parthénon avec sa coupole est né de la brique.
Les Romains ont employé, à partir d'Auguste, le marbre pour les frises et les
colonnes et chapiteaux et des marbres précieux pour les placages et certains
revêtements. Dès le début de l'Empire, on en importa de toutes les provinces.
Associé au porphyre et au basalte, ils formaient des décors polychromes (de
plusieurs couleurs) très beaux.
Ce goût de la belle pierre, ce souci du décor sont un trait caractéristique de
l'esprit romain.
L'architecture
Les Romains ont été de tout temps des bâtisseurs. Si l'architecture romaine
s'inspire de l'architecture grecque, elle n'en est pas une forme ultime ou
attardée ; elle a sa propre force, sa propre originalité.
Introduction
Les Romains ont appris l'architecture grecque :
- Par les guerres Puniques (III° S av JC) qui a les mis en contact avec les
merveilles de la "Grande Grèce" (Italie du Sud et Sicile).
- Et par les guerres d'Orient (II° S av JC).
Le retour triomphant des généraux vainqueurs a fait affluer dans ce nouveau
centre du monde des œuvres grecques et hellénistiques, mais aussi des créateurs,
des artistes, des artisans.
"Graecia capta ferum victorem cepit"
"La Grèce vaincue a conquis son farouche
vainqueur"
Horace Epitres II
Retour - Suite
L'Architecture Romaine.
Contemporaine de l'architecture
hellénistique, l'architecture
romaine est grandiose.
Une autre de ses caractéristiques
est la tendance à l'utilitaire.
De plus, Rome développe un style
qui lui est propre. L'ordre
composite.
Celui-ci combine le ionique et le corinthien. Dans le chapiteau composite, les
feuilles d'acanthe cornthiennes soutiennent les volutes ioniques.
L'association des trois ordres grecs est une autre combinaison commune. Par
exemple, le Colisée possède des colonnes doriques au rez-de-chaussée, ioniques
au premier étage et corinthiennes au deuxième.
Finalement, l'utilisation constante de l'arc et la variété des édifices sont d'autres
caractéristiques de l'originalité de cette architecture.
La Porta Nigra en Allemagne, que tu vois ici, montre l'usage abondant de l'arc
sur plusieurs étages. En outre, il s'agit d'un édifice utilitaire, la porte d'entrée à
une ville.
LES MONUMENTS FRANCAIS INSPIRES
DE L'ARCHITECTURE ROMAINE
I Présentation :
A Paris, certains monuments ont été fait par les romains, d'autres, sont inspirés
de l'architecture romaine. Ces derniers y construisirent notamment des thermes,
un forum, un théâtre, un amphithéâtre, des axes routiers ainsi qu'un aqueduc...
d'autre édifices ont également été inspirés del'architecture romaine: L'Arc de
Triomphe, le Panthénon ou même la Bourse.
L'arc de triomphe ( Paris 8ème). Arc romain (près du Colisée , Rome ).
II Qu'est ce que l'architecture Romaine ?
L'architecture Romaine est très inspiré de l'architecture Grecque. Elle est
composé de colonnes, de statues, de bas reliefs, de fresques et de
[Link] styles de colonnes existent : les colonnes ioniques, doriques
( qui trouveront leur apogée à l'époque classique) et [Link]éon a été le
premier a apporter l'art romain, en France.
les arènes de Lutèce
Dans l'architecture
Au début du VI ème siècle, les materiaux légers sont peu à peu remplacés par la
pierre ou le marbre. Les édifices qui s'agrandissent, ont besoin de colonnes de
plus en plus nombreuses pour soutenir le plafond, tant que ne sont pas découvert
les techniques de voûtes; celles- ci prennent une importance artistique croissante
et commence alors à se fixer les ordres ( rapport entre la colonne et
l'entablement qu'elle supporte).
LEXIQUE
Lexique
Acanthe( feuille d' ): C'est un ornement [Link] feuilles sont très
découpés dont une espèce ornementale est nommée patte d'ours.
Amphithéâtre: C'est un vaste édifice circulaire à gradins étagés, occupé au centre
par une arène, destiné d'abord et essentiellement aux combats de gladiateurs.
Aqueduc: C'est un canal souterrain ou aérien destiné à capter et à conduire l'eau
d'un milieu à un autre.
Bas relief: C'est un ouvrage de sculpture en faible saillie, sur un fond uni.
Composite: C'est un ordre romain, dans lequel le chapiteau réuni les feuilles
d'acanthes du corinthien et les volutes de l'ionique.
Corinthien: C'est un ordre d'architecture grecque, caractérisé par un chapiteau
orné de deux rang de feuilles d'acanthe entre lesquelles s'élèvent des volutes.
Forum: C'est la place ( du marché) où se tenaient les assemblées du peuple et où
se discutaient les affaires publiques.
Ionique : C'est un des trois ordres grecs caractérisé par un chapiteau orné de
deux volutes latérales.
Théâtre: C'est une construction en plein air, généralement adossée à une colline
creusée en hémicycle et comprenant quatre parties: le theatron, l'hyposcenium,
le proscenium et l'orchestre.
Therme: C'est un établissement de bains publics de l'antiquité.
Volute: C'est un ornement d'architecture, enroulement sculpté en [Link]
ornement peut-être en bois, fer forgé
Lexique
Acanthe( feuille d' ): C'est un ornement [Link] feuilles sont très
découpés dont une espèce ornementale est nommée patte d'ours.
Amphithéâtre: C'est un vaste édifice circulaire à gradins étagés, occupé au centre
par une arène, destiné d'abord et essentiellement aux combats de gladiateurs.
Aqueduc: C'est un canal souterrain ou aérien destiné à capter et à conduire l'eau
d'un milieu à un autre.
Bas relief: C'est un ouvrage de sculpture en faible saillie, sur un fond uni.
Composite: C'est un ordre romain, dans lequel le chapiteau réuni les feuilles
d'acanthes du corinthien et les volutes de l'ionique.
Corinthien: C'est un ordre d'architecture grecque, caractérisé par un chapiteau
orné de deux rang de feuilles d'acanthe entre lesquelles s'élèvent des volutes.
Forum: C'est la place ( du marché) où se tenaient les assemblées du peuple et où
se discutaient les affaires publiques.
Ionique : C'est un des trois ordres grecs caractérisé par un chapiteau orné de
deux volutes latérales.
Théâtre: C'est une construction en plein air, généralement adossée à une colline
creusée en hémicycle et comprenant quatre parties: le theatron, l'hyposcenium,
le proscenium et l'orchestre.
Therme: C'est un établissement de bains publics de l'antiquité.
Volute: C'est un ornement d'architecture, enroulement sculpté en [Link]
ornement peut-être en bois, fer forgé
Architecture. Trois caractéristiques distinguent particulièrement l'architecture
romaine : emploi hardi et fréquent de la voûte, héritée des Etrusques et dont la
Grèce n'avait fait qu'un très rare usage ; vastes dimensions des édifices, dues en
partie à son génie, en partie aux influences venues d'Orient ; procédé de
construction rapide et économique : le blocage, composé de petits matériaux
agglomérés par un ciment de qualité supérieure. Rome a d'ailleurs fait usage
également de la pierre de taille, merveilleusement ajustée et sans ciment.
Elle employa les trois ordres grecs : dorique et ionique, mais alourdis, corinthien
enrichi, en y ajoutant un ordre composé de l'ionien et du corinthien, avec une
surcharge d'ornements parfois excessive.
L'originalité de l'architecture romaine consiste surtout dans la puissance, qui se
montre dans les édifices à l'usage du peuple : basiliques, thermes, cirques,
amphithéâtres, ou d'utilité : aqueducs, égouts. Elle a multiplié partout les arcs de
triomphe et les portes monumentales, et poussé très loin l'architecture militaire.
D'innombrables ruines subsistent de cette architecture,
ARCHITECTURE
Afficher cette section au format imprimable
Notre connaissance de l’architecture romaine se fonde sur les vestiges
conservés, très abondants, et sur d’autres sources, notamment le traité
d’architecture en dix livres, De architectura, rédigé par Vitruve et dédié à
Auguste.
Utilisation des ordres architecturaux
2.1
Les Romains conservent l’ordre dorique et l’ordre ionique grecs ; ils
développent un ordre corinthien, qui devient prépondérant, en associant au
chapiteau une corniche particulière, alors qu’en Grèce le chapiteau corinthien
s’intègre dans l’ordre ionique ; ils inventent aussi un chapiteau composite, à
feuilles d’acanthe corinthiennes et à volutes ioniques. Ils mélangent les ordres,
dont les éléments sont souvent utilisés dans la décoration architecturale, comme
sur les façades de scènes ou au Colisée, à Rome (70-80 apr. J.-C.). Les
colonnades entourent les temples, bordent les portiques et aussi certaines
grandes rues. Elles participent de la tendance classique et de la tendance baroque
qui traversent l’architecture romaine.
Matériaux et méthodes de construction
2.2
À partir de l’époque républicaine, la pierre taillée est abondamment employée
dans les constructions, avec d’autres matériaux : bois pour les charpentes et les
huisseries, terre cuite pour les tuiles et des plaques de revêtement, etc. À
l’époque impériale, les carrières (propriétés de l’empereur) se multiplient, et les
pierres les plus prisées s’exportent à travers tout l’empire. À Rome, le tuf
d’Italie centrale côtoie le marbre blanc de Grèce, d’Asie Mineure et de Luna
(actuelle Luni, près de Carrare, Italie). Des marbres colorés, utilisés comme
placages, donnent un aspect luxueux aux bâtiments.
La forme et l’assemblage des pierres déterminent différents appareils. D’aspect
monumental, le grand appareil met en œuvre des blocs d’une certaine taille ; il
s’agit habituellement de l’opus quadratum, connu des Grecs et des Étrusques, où
les blocs parallélépipédiques se disposent en files, ou en assises, de hauteur
constante. Ils sont liés entre eux par des pièces métalliques — les
scellements —, quelquefois par du mortier, et leurs faces présentent
éventuellement des reliefs ; des bossages rustiques, en vogue à l’époque de
l’empereur Claude Ier (42-54) apparaissent sur la Porte majeure (Porta
Praenestina), à Rome. Cet appareil constitue toute l’épaisseur de la construction
ou seulement ses faces visibles, si celle-ci est en « béton ».
L’opus caementicium, maçonnerie concrète qui a l’aspect du béton, constitue
incontestablement un apport capital des Romains à l’évolution de l’architecture.
Il s’obtient en mêlant des moellons de toutes sortes à un mortier de qualité. Ce
mortier, utilisé par ailleurs pour réaliser les joints entre les blocs ou les briques,
ou pour enduire des surfaces, résulte d’un mélange de chaux et de différents
produits — appelés agrégats, principalement du sable (de sablière, de rivière ou
volcanique, « la pouzzolane ») et de l’eau —, dans des proportions variables. Le
béton pouvait être mis en forme dans des coffrages et utilisé seul (opus
incertum), ou former le remplissage des murs et des voûtes.
Les arcs et les voûtes construits en pierre existent depuis la seconde moitié du
Ier siècle av. J.-C., mais la voûte connaît, surtout à partir du IIe siècle apr. J.-C.,
un développement remarquable grâce, précisément, à l’emploi du béton qui en
rend la fabrication beaucoup plus facile. La voûte concrète donne véritablement
aux Romains les moyens de leurs réalisations les plus prodigieuses. Elle permet
de couvrir les grandes salles sans les supports intérieurs qui auraient été
nécessaires dans une architecture par empilage, comme l’architecture grecque ;
elle favorise ainsi le gigantisme des thermes, l’édification des basiliques. Les
coupoles s’y rattachent ; certaines tiennent du prodige technique. Les arcades et
les voûtes fournissent, en outre, des structures portantes ; elles interviennent
dans l’aménagement de terrasses monumentales, comme au sanctuaire de la
Fortuna Primigenia à Préneste (aujourd’hui Palestrina, sud-est de Rome ; fin du
IIe siècle av. J.-C.), et dans les théâtres et les amphithéâtres, où les voûtes
servent aussi de couloirs de circulation.
Outre l’opus quadratum, d’autres appareils sont utilisés conjointement avec le
béton ; certains combinent différents matériaux, disposent les éléments selon
plusieurs directions, etc. La brique constitue alors le complément idéal du
« béton », dont elle accompagne l’expansion ; les immeubles d’habitation, les
thermes et les entrepôts d’Ostie en conservent le témoignage. On tire de la
brique des effets décoratifs, mais les décors plus riches ne manquent pas ; un
exemple a été cité et d’autres seront évoqués ci-dessous.
Les typ
2.3
tant en Nubie et dans l'ancienne Gaule qu'en Afrique et en Asie Mineure.
2.3.1 Les temples
Les temples romains présentent des formes variées, dans lesquelles s’expriment
les héritages étrusque et grec, mais aussi un goût original pour l’ampleur des
volumes, la richesse du décor, la mise en scène. Les plus nombreux sont
rectangulaires, mais il existe aussi des temples ronds. Le cœur du temple est la
cella, salle qui abrite la statue de culte. Dans un temple courant, un vestibule (le
pronaos) précède la cella ; des portiques bordent certaines faces ou entourent le
bâtiment. Des supports intérieurs soutiennent la toiture et enrichissent la
construction, dont les murs s’ornent éventuellement de niches à frontons et de
moulures sculptées. Le temple se dresse, en général, sur un podium qui
contribue à sa majesté. Le podium est d’origine étrusque, tandis que le péristyle,
assez rare, est grec. Les constructeurs font un large usage de l’ordre corinthien,
des colonnes et des piliers engagés, qui semblent partiellement pris dans les
murs. La sculpture en relief et en ronde-bosse joue un rôle dans la décoration. Le
temple s’élève habituellement dans un sanctuaire rectangulaire, contre le petit
côté opposé à l’entrée, mais le paysage peut être aménagé pour le mettre en
valeur, comme au sanctuaire de la Fortuna Primigenia à Préneste (aujourd’hui
Palestrina, fin du IIe siècle av. J.-C.).
Le Capitole, temple construit à Rome (510 av. J.-C.) sur la colline du même nom
pour la triade Jupiter-Junon-Minerve (divinités majeures de la cité), comportait
trois cellas, selon la tradition des Étrusques qui avaient introduit le culte. Les
capitoles des autres villes conservent ce plan ou adoptent une cella unique. L’un
des premiers temples en marbre de Rome, le temple dit « de Vesta », sur le
Forum Boarium (fin du IIe siècle av. J.-C.), avec sa cella circulaire et sa
couronne de colonnes implantées sur un soubassement à degrés, apparaît comme
une adaptation des précieuses tholos (rotondes) grecques. En revanche, la
Maison carrée de Nîmes correspond au temple romain typique, dit « pseudo-
périptère » : les colonnes sont engagées dans les murs de la cella, sauf à l’avant
où elles délimitent le pronaos.
Une fois ce type élaboré, les réalisations exceptionnelles ne cessent pas. Le
temple de Vénus et Rome (121-136 apr. J.-C.), entrepris à Rome par l’empereur
Hadrien, réunit dans un péristyle corinthien deux spacieuses cellas voûtées,
terminées par une abside abritant la statue et ouvertes, l’une à l’est, l’autre à
l’ouest. La coupole hémisphérique du Panthéon de Rome est célèbre ; ce temple
grandiose, dédié par Hadrien à tous les dieux, a pour cella une rotonde dont le
diamètre égale la hauteur (43 m). Perçant la coupole en son sommet, un oculus
(9 m de diamètre) éclaire l’intérieur, dont les murs sont ornés de niches et,
comme le sol, revêtus de marbre coloré. Le porche rectangulaire en saillie
compte huit colonnes corinthiennes sur sa façade surmontée d’un fronton. Le
décor envahit l’architecture du temple de Bacchus à Baalbek (v. 150 apr. J.-C.,
Liban), oriental par ses aménagements particuliers, tandis que le petit temple
voisin dit « de Vénus » (IIIe siècle apr. J.-C.) propose des jeux de courbes
baroques.
2.3.2 Les basiliques
La basilique, édifice romain caractéristique, remplit principalement une fonction
commerciale et judiciaire. Il s’agit d’une grande salle rectangulaire, souvent
terminée par une abside, et divisée par des colonnades en trois ou cinq nefs, dont
celle du centre est surélevée ; la lumière entre par des fenêtres percées dans les
parties hautes. La plus ancienne est celle de Pompéi (IIe siècle av. J.-C.), apparue
avant les trois basiliques construites sur le Forum romain, dont la basilique
Aemilia (179 av. J.-C.). Les forums impériaux de Rome montrent l’évolution de
ce type de bâtiment. La basilique de Maxence (début du IVe siècle apr. J.-C.)
achevée par Constantin, qui contenait une statue colossale, formait la salle la
plus spacieuse de l’Antiquité ; couverte de voûtes en berceau et de voûtes
d’arêtes, à l’imitation des thermes, et faite pour accueillir des foules, elle
annonce les cathédrales.
2.3.3 Les édifices de spectacle
Les premiers théâtres romains datent de la fin de la République. Le théâtre
romain est un édifice compact constitué de trois parties, les gradins (cavea),
l’orchestra, en demi cercle, et l’édifice scénique ; les acteurs évoluent sur une
scène basse devant un mur très orné (frons scenae). Les théâtres peuvent être
implantés en terrain plat, car les gradins ne s’établissent pas sur une pente
naturelle, comme dans les théâtres grecs, mais sur des substructions voûtées.
Pour les concerts, les Romains disposent d’un bâtiment couvert, l’odéon.
L’amphithéâtre (littéralement « théâtre en rond »), destiné aux chasses et aux
combats de gladiateurs, se compose d’une arène et de gradins elliptiques ;
certains aménagements, comme les cages des fauves, se trouvent en sous-sol.
L’amphithéâtre de Pompéi est l’un des plus anciens (70 av. J.-C.) ; le plus
imposant, le Colisée de Rome (70-80 apr. J.-C.), peut accueillir environ
50 000 spectateurs. Ces bâtiments, particulièrement représentatifs de la
civilisation romaine, se rencontrent dans tout l’empire, comme en Libye (théâtre
de Sabratha, 180 apr. J.-C.) ou en Tunisie (amphithéâtre de Thysdrus,
aujourd’hui El Djem, début du IIIe siècle apr. J.-C.).
Il en va de même pour le stade et l’hippodrome, appelé cirque ; la spina, sorte de
longue base portant divers éléments, marque l’axe de la piste autour de laquelle
tournent les chars ; les gradins s’incurvent à une extrémité. Le palais de
Maxence, à Rome, offre un bon exemple de cirque (512 m sur 81-85 m ; début
du IVe siècle apr. J.-C.). Il existait aussi des bassins pour les batailles navales.
2.3.4 Les thermes
Les thermes apparaissent particulièrement représentatifs de la civilisation
romaine. Il s’agit d’établissements de bains qui, au-delà de l’hygiène, favorisent
le sport, l’épanouissement du corps et de l’esprit, ainsi que la vie sociale ; par
ailleurs, ils offrent une démonstration brillante des capacités techniques des
Romains.
Après des débuts simples, des thermes déjà luxueux sont construits à Pompéi à
la fin du IIe siècle av. J.-C. ainsi que de grands thermes publics installés à Rome
par Agrippa vers 25-19 av. J.-C. Aux thermes de Néron, à Rome (v. 52 apr. J.-
C.), apparaît le plan appelé à devenir caractéristique des thermes impériaux, qui
se multiplient dans la capitale et dans les villes de l’empire (Trèves, Lutèce). Sur
l’axe de l’ensemble se succèdent les principaux locaux liés au bain : piscine
(natatio), bains froids (frigidarium), bains tièdes (tepidarium), bains chauds
(caldarium), bordés de salles de chauffe. De part et d’autre s’agencent deux
ensembles symétriques qui comprennent l’un et l’autre une entrée, un vestiaire
(apodyterium), une grande cour à péristyle sur laquelle donnent de petites
pièces, la palestre, sorte de gymnase. Des salles de conférences, des
bibliothèques et des musées complètent ces ensembles qui bénéficient de
progrès techniques sous Trajan (98-117 apr. J.-C.) et connaissent un
développement spectaculaire sous Septime Sévère (début du IIIe siècle apr. J.-
C.). Les réalisations tardives occupent des surfaces énormes — 11 ha pour les
thermes de Caracalla, à Rome, achevés en 216 apr. J.-C. ; 14 ha pour ceux de
Dioclétien (298-306 apr. J.-C.) —, étonnent par la hardiesse de leurs voûtes,
ainsi que la richesse des mosaïques et des sculptures qui les décorent.
Naturellement, les thermes privés, et bien des établissements publics, n’avaient
ni cette ampleur, ni cette complexité.
L’architecture de l’eau comprend aussi d’innombrables fontaines ; on distingue
les nymphées, fontaines monumentales parées d’un important décor ; Hérode
Atticus avait construit à Olympie un nymphée (IIe siècle apr. J.-C.) décoré des
statues des membres de la famille impériale et de celle de sa femme, Annia
Regilla.
2.3.5 Les ouvrages d’art
L’architecture romaine est largement urbaine, mais certains grands ouvrages
concernent plus spécialement l’aménagement du territoire.
Pour contrôler et développer les territoires conquis, et également faire du
commerce, les Romains construisent d’innombrables routes, au tracé rectiligne
caractéristique (voir voies romaines). Ils excellent également dans la
construction des ponts qui, à partir du milieu du IIe siècle av. J.-C., font appel à
l’arc et à la voûte.
Les mêmes besoins amènent la création de ports. Celui d’Ostie est réalisé à
l’embouchure du Tibre au prix de travaux considérables pour assurer le
ravitaillement de Rome. Une ville se développe à l’arrière des bassins creusés
par Claude (42-54 apr. J.-C.) et Trajan (98-117 apr. J.-C) ; elle comprend des
entrepôts et des immeubles susceptibles de servir à la fois d’habitation et de
local commercial.
Des aqueducs amènent vers les villes l’eau des sources éloignées. Les fontaines
et les thermes en consomment de grandes quantités, de même certaines
installations artisanales comme les moulins. En outre, les maisons riches
peuvent être alimentées en eau courante. L’aqueduc de Carthage (IIe siècle
apr. J.-C.) parcourait 132 km. Les ponts (dits « aqueducs ») construits pour leur
faire franchir les vallées, comptent parmi les réalisations les plus
impressionnantes de l’architecture romaine. Le pont du Gard (Ier siècle apr. J.-
C.) a résisté au temps comme beaucoup d’autres et offre un exemple rare
d’agencement à trois ponts superposés. Plus long, l’aqueduc de Ségovie
(Ier siècle apr. J.-C.) compte cent dix-neuf arches ; celui d’Éphèse (Ier siècle apr.
J.-C.) est peut-être le plus esthétique.
Afin de protéger les limites de l’empire, les Romains édifient des lignes de forts
ou des remparts (voir limes) ; le mur d’Hadrien subsiste en Grande-Bretagne.
Les villes des régions frontières sont elles-mêmes des places fortes ceintes de
murailles, comme Timgad. La peur des invasions pousse l’empereur Aurélien
(v. 272 apr. J.-C.) à entreprendre la construction d’un vaste rempart autour de
Rome.
2.3.6 Les tombeaux
Les tombes sont généralement situées hors des villes, au bord des routes. Elles
se présentent sous des formes variées qui reflètent les goûts, les préoccupations
et le statut social de leurs commanditaires, et parfois des traditions locales
particulières ; le mode d’ensevelissement, d’inhumation ou d’incinération a
également une importance. Il est question ici des tombes construites et de tous
les « monuments funéraires », pouvant être de simples stèles ou des autels.
Deux types prédominent : la rotonde d’allure massive, auparavant employée
chez les Étrusques, et la construction élancée, magnifiée auparavant dans le
monument funéraire du roi Mausole (milieu du IVe siècle av. J.-C.), à
Halicarnasse ; l’appellation mausolée, donnée à une sépulture imposante quel
que soit son aspect, vient de ce tombeau, qui figurait parmi les Sept Merveilles
du monde.
Octave (futur empereur Auguste) se fait construire sur le Champ de Mars, à
Rome, un mausolée cylindrique de 87 m de diamètre et presque 40 m de
hauteur, contenant plusieurs chambres funéraires, et couronné d’un tertre pourvu
d’arbres. Moins imposante, la rotonde du mausolée d’Hadrien (135-139 apr. J.-
C.), devenue le château Saint-Ange, portait un revêtement de marbre somptueux,
des statues à son sommet et d’autres sculptures.
Le mausolée de la famille des Julii à Glanum (aujourd’hui Saint-Rémy-de-
Provence, entre 30 et 20 av. J.-C.), présente au contraire une forme en tour ; un
soubassement carré, sculpté, porte un arc quadrifront que surmonte un petit
temple circulaire abritant les statues des défunts.
Parallèlement apparaissent des monuments originaux comme, à Rome, la
pyramide de C. Cestius (époque d’Auguste, inspirée de l’architecture
égyptienne) et le monument d’Eurysaces (fin du Ier siècle av. J.-C.), édifice d’un
boulanger enrichi, orné de trous imitant probablement des mesures à blé, et de
reliefs montrant la fabrication du pain. Seuls les plus riches peuvent s’offrir de
tels monuments. Pour les autres, il existe d’innombrables tombes collectives,
comme celle qu’a fondée à Rome Pomponius Hylas (seconde moitié du IIe siècle
apr. J.-C.) ou celle des affranchis des Julio-Claudiens. Ce sont des hypogées
(aménagements souterrains) voûtés comportant des niches, souvent des
centaines, où sont déposées les urnes cinéraires ; la ressemblance avec des
pigeonniers explique leur nom : columbaria. Les premiers chrétiens de Rome
ont enterré leurs morts dans des souterrains, les catacombes. Certaines régions
de l’empire (ou territoires sous influence romaine) se caractérisent par des
formules particulières, comme les tours renfermant des columbaria de la région
de Palmyre (Syrie) ; à Pétra (Jordanie), des chambres mortuaires sont creusées
dans des falaises et présentent des façades très élaborées, à l’image des palais
hellénistiques d’Alexandrie, sculptées dans la roche naturelle.
L’organisation des villes
2.4
2.4.1 Plan urbanistique classique
Fondée sous la forme d’une confédération de villages, Rome s’est développée de
manière anarchique. Les colonies, conçues en une seule fois, présentent un plan
régulier qui contraste avec les agglomérations chaotiques, dont Rome n’est que
l’exemple le plus spectaculaire. La ville est carrée, entourée d’une enceinte et
traversée par deux rues principales perpendiculaires, le cardo (nord-sud) et le
decumanus (est-ouest), qui aboutissent à des portes. Des rues secondaires,
parallèles aux premières, délimitent des îlots (insulae) renfermant des maisons et
des bâtiments publics ; le forum occupe plusieurs îlots à l’intersection des grands
axes. L’urbanisme régulier a une origine grecque et a été occasionnellement
adopté par les Étrusques ; la forme précise de la ville romaine correspond, par
ailleurs, à celle du camp militaire romain. Timgad, en Algérie (100 apr. J.-C.) en
offre une bonne illustration : le développement irrégulier de la ville, au-delà de
l’enceinte, montre aussi que ce cadre peut être gênant et transgressé.
L’application dans des sites en pentes conduit à des aménagements en terrasses
dont Préneste constitue un exemple grandiose.
Les grandes cités de l’Orient romain, éventuellement régulières elles aussi, sont
parcourues par une longue avenue bordée de colonnades, visible par exemple à
Apamée et à Palmyre (Syrie). Elle a un rôle esthétique, mais également
économique, puisque, sous les portiques, s’ouvrent des boutiques ; avant tout,
elle donne une unité à l’agglomération.
Traditionnellement, les activités commerciales trouvent place sur le forum, de
même que d’autres actes majeurs de la vie publique civile et religieuse. Le
forum typique se présente comme un rectangle bordé de portiques et renfermant
trois bâtiments principaux : un temple dédié aux divinités protectrices de la cité,
le capitole, souvent placé sur un petit côté de la place qu’il domine ; la curie,
salle de réunion du Sénat à Rome, et ailleurs salle de réunion du conseil
municipal ; enfin, la basilique. Le temple des forums impériaux aménagés aux
abords du vieux forum romain accueille le culte impérial.
Sur le forum ou à proximité, on peut trouver un tabularium pour les archives,
une bibliothèque comme celle d’Hadrien à Athènes et celle de Celsus à Éphèse
(v. 100 apr. J.-C., servant également de tombeau). Les thermes et les édifices de
spectacle ne sont pas spécialement liés au forum, mais, pour les plus grands,
plutôt à la périphérie de la ville.
2.4.2 Les marchés et les boutiques
Des marchés (macellum, pluriel macellums ou macella), voire parfois de
véritables centres commerciaux, complètent le forum ; ce sont, en général, des
places bordées de colonnades ; les matériaux ou des pavillons, comme à Leptis
Magna, leur confèrent un aspect luxueux. La porte du marché de Milet
(170 apr. J.-C.) est dotée d’une riche façade inspirée des théâtres. Les marchés
de Trajan, aménagés par Apollodore de Damas sur les pentes du Quirinal à
Rome, forment un luxueux hémicycle concave à deux étages d’arcades au-
dessus du forum. Par ailleurs, des boutiques (tabernae) installées au rez-de-
chaussée des maisons et, le cas échéant, associées à des ateliers, bordent les rues
de toute la ville. On visite à Pompéi la boulangerie de Modestus, l’atelier du
fabricant de draps Verecundus qui a gardé l’enseigne publicitaire peinte sur sa
façade, etc. Les tavernes (thermopolia) sont nombreuses.
2.4.3 Domus et
insula
Nous nous faisons une idée de la maison romaine (domus) d’après celles mises
au jour à Pompéi ; pourtant, toutes ne possédaient pas le même charme. Le type
ancien, étrusco-italique, comprend une entrée étroite (fauces) débouchant sur la
salle principale (l’atrium) dont le plafond comporte une ouverture
(compluvium) ; un bassin situé au-dessous (impluvium) recueille l’eau de pluie,
qui va dans une citerne ; à l’arrière de l’atrium s’ouvrent le tablinum, sorte de
bureau, une salle à manger (triclinium), des chambres à coucher (cubicula) et,
sur les autres côtés, une cuisine (culina) ainsi que des pièces de service. La
maison a souvent un étage et un petit jardin (hortus). Les pièces du rez-de-
chaussée situées sur la rue peuvent servir de boutiques. Ces aménagements sont
reconnaissables dans une grande demeure aristocratique construite sur le Palatin
à Rome, à la fin du VIe siècle av. J.-C. et déjà dotée d’un système d’évacuation
des eaux usées. Souvent, les maisons possèdent des salles de bains et des
latrines.
À la fin de la République, la maison romaine devient plus complexe et plus
luxueuse. Des colonnes apparaissent dans l’atrium, où elles soutiennent les
angles et parfois les bords de l’ouverture du toit. Derrière l’atrium s’installe une
cour à péristyle, qui renferme un jardin et autour de laquelle s’agencent de
nouvelles pièces, dont la plus importante, l’œcus, est largement ouverte.
Éventuellement, un deuxième jardin s’étend au-delà, et la maison se développe
aussi en largeur. La décoration s’enrichit. La peinture et l’eau jouent un grand
rôle. On prend pour modèles les maisons hellénistiques et parfois les palais ;
c’est le cas de la maison du Faune, construite au début du IIe siècle av. J.-C., la
plus grande (3 000 m2) des magnifiques maisons concentrées dans la région de
Pompéi. La grande mosaïque de la Bataille d’Alexandre qui l’ornait
(aujourd’hui au Musée archéologique national de Naples) a contribué à évoquer
une résidence princière.
Les belles demeures de la capitale montrent un esprit différent. La partie où le
maître reçoit ses clients se développe ; les peintures contribuent à en faire un
cadre impressionnant en montrant de grands monuments, éventuellement des
architectures palatiales.
Il a existé, outre les maisons particulières, des immeubles à étages (insulae),
parfois six, malgré des limitations à trois ou quatre, construits en béton et en
brique, dont les propriétaires louaient les appartements. Ils ont été nombreux à
Ostie et à Rome même. On estime que 90 p. 100 des habitants vivaient dans
45 000 maisons de rapport, où ils souffraient de la saleté, du bruit, de la chaleur
et du froid.
2.4.4 Les palais et les villas
romaines
Auguste, premier empereur de Rome, a habité une maison simple sur le Palatin ;
les empereurs suivants se sont fait édifier des palais. La Maison dorée (Domus
Aurea) de Néron présente déjà une grande complexité, avec une vaste salle à
manger. Mais c’est l’architecte Rabirius qui construit pour Domitien (80-
90 apr. J.-C.), sur le Palatin, le premier palais véritablement impérial ; il
s’articule en une partie résidentielle, la Domus Augustana, et une partie
officielle, la Domus Flavia, réunissant un vaste triclinium, une imposante salle
du trône et une basilique. S’y trouvent aussi des cours, des fontaines, des
loggias, un jardin. Septime Sévère y ajoute un nymphée grandiose, le
Septizodium (203 apr. J.-C.).
Les villas — résidences de plaisance construites par de riches Romains, à la
périphérie des villes ou en bord de mer — évoquent, plus encore que les
maisons, un certain art de vivre. Ce sont des propriétés avec des parcs, des lacs,
des grottes, des tombeaux, des thermes, etc. Les empereurs ont également fait
aménager des retraites, ou simplement des résidences, répondant à leurs
aspirations personnelles. La villa Hadrien (118-134 apr. J.-C.), près de Tibur
(Tivoli), est justement célèbre ; elle regroupe des bâtiments raffinés, parfois
énigmatiques, dont les plus admirés pour leur originalité et la virtuosité qui s’y
déploient sont le Théâtre maritime, la Place d’or et la colonnade entourant le
bassin du Canope. D’autres ensembles rappellent les villas aristocratiques, en
plus somptueux, comme celui édifié par Maxence au bord de la Via Appia, près
de Rome, ou encore la résidence de l’empereur Dioclétien, dans laquelle il s’est
retiré après avoir abdiqué (305 apr. J.-C.), à Split (Croatie), au bord de la mer
Adriatique.
Arcs de triomphe
3.1
L’importance du décor des arcs de triomphe conduit à les rattacher à la
sculpture, ainsi que d’autres formes de monuments honorifiques et
commémoratifs pourtant construits.
Les premiers arcs honorifiques, offerts par la famille du dédicataire, remontent à
l’époque républicaine ; à cheval sur des voies particulières, ils portent des
statues de dieux ou celle du personnage honoré, ainsi élevé au-dessus de
l’humanité ordinaire. À l’époque impériale, l’arc honore l’empereur ou un
général de l’entourage impérial ; sa forme se complique et devient plus
monumentale. On assimile aux arcs de triomphe les arcs simplement
honorifiques et les portes en forme d’arcs. L’arc triple offre un passage
secondaire de chaque côté du passage central. On appelle tétrapyle ou
quadrifront un arc qui couvre un passage en croix, avec quatre façades à une
baie. Différents éléments soulignent ou ornent les articulations de la structure :
entablement, colonnes, frontons, niches ; des caissons décorent les voûtes. Un
attique surmonte l’ensemble, sorte de socle qui peut porter une inscription
dédicatoire, des statues et, souvent, le char triomphal.
Le monument présente également des reliefs utilisés comme moyen de
propagande. Ils rappellent le triomphe du destinataire et ses exploits militaires
(batailles, reddition des vaincus), mais aussi, parfois, des circonstances propres à
illustrer ses qualités morales. Ce dernier aspect est accentué sous Hadrien,
administrateur plutôt que conquérant ; valeureux et pieux, il affronte des bêtes
sauvages à la chasse, célèbre des sacrifices. Les distributions au peuple sont
importantes à la fin de l’Antiquité ; l’empereur représente la Providence. Des
allégories, victoires, saisons, génies, etc. concourent à montrer la puissance de
l’empereur et de l’empire. Comme les thèmes, le style varie avec le temps.
Nombre des arcs érigés à Rome et à travers l’empire sont toujours debout. L’arc
de Suse (8 av. J.-C.) montre l’introduction des colonnes et de l’entablement
réalisée sous Auguste. À Rome, celui de Titus (80-85 apr. J.-C.), un arc à baie
unique, est célèbre pour ses reliefs qui figurent, dans un savant style illusionniste
hérité de la Grèce, le triomphe du vainqueur des Juifs, avec les porteurs des
butins — parmi les dépouilles se trouve le grand chandelier du temple de
Jérusalem. Au sommet, Titus apparaissait dans un char tiré par quatre éléphants.
Celui de Septime Sévère (203 apr. J.-C.), à l’ouest du Forum, présente, sur ses
façades à colonnes, un décor allégorique traditionnel, mais dans les passages
latéraux, des images des campagnes contre les Parthes, dans un style populaire,
brutal et expressif. Quant à l’arc de Constantin, édifié entre 312 et 315 apr. J.-C.,
il incorpore des morceaux de monuments de Trajan, d’Hadrien et de Marc
Aurèle, autant pour mettre en lumière la durée et la continuité de l’empire que
par économie. Sur les reliefs nouveaux, de conception simple, Constantin
combat contre Maxence et procède à une distribution au peuple de Rome.
Colonnes et autels honorifiques
3.2
Certains monuments honorifiques romains consistent en une colonne — ou un
groupe de colonnes —, surmontée de la statue du personnage honoré. Les
colonnes des empereurs atteignent une richesse et un format exceptionnels ; la
plus remarquable est la colonne historiée installée par l’architecte Apollodore de
Damas sur le Forum de Trajan, à Rome où on la voit aujourd’hui, portant la
statue de saint Pierre.
La colonne Trajane (dédiée en 113 apr. J.-C), en marbre, a un diamètre de
3,80 m, une hauteur de 33 m et de 40 m avec la base. Elle est creuse et abrite un
escalier, tandis qu’une frise sculptée longue de 200 m s’enroule en spirale
ascendante autour du fût. Elle retrace dans l’ordre chronologique les campagnes
de Trajan contre les Daces (en Roumanie actuelle). Les épisodes choisis
s’enchaînent, seulement séparés par des arbres et, pour chacun, le cadre est
indiqué en détail : le champ est entièrement occupé par des constructions, des
éléments naturels, parmi lesquels les personnages évoluent à différents niveaux.
Le spectateur suit le récit en tournant autour du monument ; le retour de certains
motifs, notamment l’empereur et ses proches, facilite sa lecture. La base devait
renfermer les cendres de Trajan ; la colonne constitue son monument funéraire.
Elle s’élevait entre deux bibliothèques, qui évoquent l’immortalité prodiguée par
les Muses, et en face du temple consacré après sa mort à l’empereur divinisé.
Une colonne de granit lisse sur une base à reliefs a été dressée sur le champ de
Mars en l’honneur d’Antonin, mort en 161 apr. J.-C., et de Faustine. Pour sa
part, la colonne Aurélienne, érigée par Commode (180-192 apr. J.-C.) pour
Marc-Aurèle, reprend le principe de la colonne Trajane pour retracer ses guerres
contre les barbares, dans un style toutefois schématique et rude. Les colonnes à
reliefs implantées sur l’hippodrome de Constantinople par Théodose et
Arcadius, autour de 400 apr. J.-C., témoignent du prestige durable de ce type de
monuments et du renouvellement de l’iconographie sous l’influence du
christianisme.
L’autel constitue éventuellement un monument honorifique. L’Ara Pacis
Augustae, autel de la Paix d’Auguste (13-9 av. J.-C.) est le plus important ;
certains de ses reliefs commémorent la cérémonie de fondation ; les autres
célèbrent l’empereur et les bienfaits de la paix, à travers des allégories et un
décor végétal symbolique. L’autel monumental de Lucius Verus à Éphèse (165-
169 apr. J.-C.) rappelle ses victoires sur les Parthes par des tableaux sculptés
complexes et expressifs.
Une catégorie de monuments commémore spécialement les victoires : les
trophées. Un énorme trophée a été construit à Adamklissi (v. 109 apr. J.-C.,
Roumanie) à la suite des victoires de Trajan ; on retrouve certains schémas de la
colonne romaine dans les reliefs exécutés par des équipes locales peu formées.
Les mosaïques
4.3
La mosaïque a rencontré un grand succès dans l’Empire romain. Elle décore les
sols, mais aussi les parois et les voûtes à partir du Ier siècle apr. J.-C., et se
rencontre dans les maisons, comme dans les bâtiments publics. On la réalise en
enfonçant dans du ciment des tesselles, pièces cubiques en matériaux colorés
divers (pierre, terre cuite, verre, etc.). L’opus tessellatum est moins fin que
l’opus vermiculatum, dont le nom indique que les tesselles, petites, parfois
taillées à la demande, suivent les formes représentées en lignes sinueuses. Grâce
à cette technique, la mosaïque peut imiter la peinture, soit que les mosaïstes
copient des tableaux, soit qu’ils créent des compositions originales.
Les Colombes sur la vasque de la villa Hadrien (v. 100 apr. J.-C. ; musées du
Capitole, Rome) reproduisent avec habileté une création célèbre d’un mosaïste
de Pergame nommé Sôsos (IIe siècle av. J.-C.), mais la Bataille d’Alexandre de
la maison du Faune à Pompéi (Musée archéologique national, Naples), qui copie
un tableau hellénistique, reste le chef-d’œuvre de la mosaïque picturale. Natures
mortes, poissons, paysages, chasses, voire portraits, les sujets traités en
mosaïque sont nombreux. Ces tableaux, dont les plus élaborés sont fabriqués au
préalable en atelier, s’insèrent généralement dans des pavements décoratifs.
La mosaïque romaine connaît un développement important au IIe siècle apr. J.-
C., à travers des écoles différentes. Dans la région de Rome règne un style qui
détache les figures en noir sur un fond blanc, représenté, par exemple, aux
thermes de Neptune à Ostie (v. 140). La tendance picturale prévaut en Orient,
notamment à Antioche d’où provient la mosaïque du Jugement de Pâris
(v. 115 apr. J.-C., musée du Louvre, Paris). L’Afrique livre des pavements
polychromes moins picturaux et fragmentés en panneaux conçus pour plusieurs
points de vue. Les sujets sont pris dans la vie courante : chasses, jeux,
préparatifs de banquet comme dans un grand pavement de Carthage
(v. 180 apr. J.-C., musée du Louvre). Des influences africaines marquent les
mosaïques aux figures inexpressives, arrêtées dans leur mouvement, de la villa
de Piazza Armerina en Sicile (v. 320-330 apr. J.-C.).
L’opus sectile assemble des éléments découpés dans des plaques de marbre de
couleurs variées en compositions décoratives ou même figurées, et se répandent
dans la décoration murale au IVe siècle apr. J.-C. De telles marqueteries
luxueuses ornaient la basilique de Junius Bassus à Rome (331 apr. J.-C.).