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Cours sur les Pratiques Agroécologiques

Le document présente un cours sur les pratiques agroécologiques, abordant les définitions, l'historique et les principes de l'agroécologie. Il souligne l'importance de cette approche pour une agriculture durable, en mettant l'accent sur des techniques respectueuses de l'environnement et basées sur des savoirs traditionnels. L'agroécologie est décrite comme un mouvement sociopolitique essentiel pour la souveraineté alimentaire et la durabilité des systèmes agricoles.

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Cours sur les Pratiques Agroécologiques

Le document présente un cours sur les pratiques agroécologiques, abordant les définitions, l'historique et les principes de l'agroécologie. Il souligne l'importance de cette approche pour une agriculture durable, en mettant l'accent sur des techniques respectueuses de l'environnement et basées sur des savoirs traditionnels. L'agroécologie est décrite comme un mouvement sociopolitique essentiel pour la souveraineté alimentaire et la durabilité des systèmes agricoles.

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UNIVERSITE NORBERT ZONGO

CENTRE UNIVERSITAIRE DE MANGA

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FILIERE AGROSYLVOPASTORALE

ELEMENTS DU COURS DE : PRATIQUES AGROECOLOGIQUES


Plan du cours :
1. Objectifs
Chapitre 1 : Généralités sur l’agroécologie
1. Définitions et concepts
2. Historiques et évolution
Chapitre 2. Pratiques agricoles en zone tropicale
Pratiques traditionnelles
Pratiques conventionnels
Notion de Agroforesterie

Qu’est-ce que l’agro-écologie ? Quel est l’historique de ce concept ? Quels sont des
exemples d’agro-écologie ? Quels sont les principes et les modes d’application de l’agro-
écologie ?
Chapitre 1 : Généralités sur l’agroécologie
1. Historiques et évolution

Historique de l’agro-écologie : origine et évolution

Le terme apparaît en 1928 sous la plume de l’agronome américain Basil Bensin. Il désigne
alors exclusivement l’application des méthodes de l’écologie aux processus de la recherche
agronomique ou considéré par Bersin, un agronome Russe comme une discipline
scientifique en lien avec la production agricole, qui allie écologie et agronomie.
Le concept s’étoffe progressivement jusqu’aux décennies 1960, 1970 et 1980, où il débouche
notamment sur la notion documentée d’agro-écosystème (écosystème modifié par l’activité
humaine à des fins d’exploitation) et sur son application à des objectifs d’agriculture durable.
C’est au cours des décennies 1990 et 2000 que l’agro-écologie prend une envergure beaucoup
plus globale. De l’étude et de la conception des agro-écosystèmes, elle se déploie pour
appréhender l’ensemble du système de production, de distribution et de consommation des
ressources alimentaires, dans toutes ses composantes (agricoles, agronomiques, économiques,
environnementales, sociales et sociétales). Les premiers mouvements sociaux
agroécologiques, au Sud (notamment en Amérique latine) et au Nord (notamment aux
États-Unis), apparaissent dans les années 80. Parallèlement, dans les années 80 apparaît
l’agroécologie en tant qu’ensemble de pratiques agricoles. Les systèmes d’agriculture
traditionnelle des pays en développement commencent à être reconnus pour leurs
avantages dans la gestion des ressources naturelles. Ce sont essentiellement des paysans
du Sud, capables d’associer savoir et savoir-faire traditionnels et innovation, et parfois
aidés par la coopération internationale ou la communauté scientifique, qui développent
et adaptent certaines techniques, générant ainsi, petit à petit, un ensemble de pratiques
agroécologiques, démontrant notamment que les solutions viennent aussi « d’en bas ».
Discipline scientifique, mouvement social ou socio politique, ensemble de pratiques de l’agri-
culture : l’agroécologie peut être déclinée selon ces 3 modes, dont l’interaction entre eux a
provoqué, durant les 20 dernières années, une évo- lution du concept : notamment, l’influence
des mouvements sociaux a mené à l’inclusion des dimensions sociales, économiques et
éthiques
dans le concept d’agroécologie. Cette évolution montre que l’agroécologie n’est pas un
concept élaboré et maîtrisé par la seule communauté scientifique (agronomes, écologistes,
anthropologues, etc.) mais bien par une combinaison d’acteur-trice-s, incluant les agriculteurs
et agricultrices, la société civile et la communauté scientifique. Ainsi, chaque citoyen et
citoyenne peut avoir un rôle à jouer ! Aujourd’hui, la plupart des secteurs (société civile,
Etats, communauté scientifique, etc.) reconnaissent que l’agroécologie est une alter- native à
examiner comme solution aux défis de l’agriculture et alimentaires.

2. Définitions et concepts

L’agro-écologie désigne l’ensemble des techniques visant à pratiquer une agriculture plus
respectueuse de l’environnement et des spécificités écologiques.
L’agro-écologie est un ensemble inter-disciplinaire à la croisée de l’agronomie, de
l’agriculture, de l’écologie scientifique, de l’économie et des sciences sociales. Elle intègre
des pratiques corollaires telles que l’agriculture biologique, l’agriculture régénérative et/ou de
conservation, ainsi que certains volets de la permaculture, dans une perspective de
développement durable.
L’agro-écologie se caractérise par une conception globale des systèmes de production agro-
alimentaire. Elle s’appuie sur les fonctionnalités naturelles des écosystèmes pour les
amplifier, de manière à limiter au maximum les pressions sur l’environnement et à préserver
sa capacité de renouvellement.

« C’est un système de production agricole qui tient compte principalement de l’aspect


écologique et environnemental. Cette agriculture est moins nuisible ou dévastatrice pour
l’environnement, elle associe les fonctionnalités écologiques du milieu.» Caritas Man.

Selon un de ses pères fondateurs, le professeur Miguel Altieri, elle est définie comme un de
ses pères fondateurs, comme « l’application de la science écologique à l’étude, à la
conception et à la gestion d’agroécosystèmes durables ».

« L’agroécologie est un modèle de production lié à l’environnement ; il est durable d’un point
de vue social et économique et apparaît comme une alternative à la production
agroindustrielle et aux impacts du changement climatique. Développé principalement par des
petits producteurs à travers l’agriculture familiale et communautaire, ce modèle contribue
substantiellement à la sécurité alimentaire au niveau local, national mais aussi international. »
Centre de recherche et de promotion des paysans (CIPCA), Bolivie.

3. Pourquoi l’agro-écologie : à quoi sert l’agro-écologie ?

L’agro-écologie s’est progressivement construite en réaction aux dérives de l’agriculture


intensive et industrielle. En effet, l’agriculture moderne, développée tout au long du 20ème
siècle a permis de développer massivement la production alimentaire, mais avec un coût
écologique parfois élevé. Aujourd’hui, la communauté scientifique s’accorde à dire que
certains problèmes écologiques sont en partie attribuables à l’agriculture intensive : utilisation
massive et indifférenciée de pesticides, labour intensif et dégradation de la qualité des sols,
disparition de la biodiversité, homogénéisation des cultures, mais aussi réchauffement
climatique…
De plus en plus de chercheurs, militants et agronomes plaident donc pour une redéfinition des
principes agricoles de nos sociétés afin de produire une agriculture plus respectueuse des
écosystèmes. L’agro-écologie tente de répondre à cette nécessité puisqu’elle vise à produire
un système agricole plus durable et plus écologique.
La transition vers l’agro-écologie est encouragée par certains groupes d’experts comme
l’IPES Food qui a publié en 2016 une vaste étude sur le sujet (voir notre article : Il faut
transformer l’agriculture grâce à l’agro-écologie, selon les scientifiques).

Chapitre 2 : les principes et leur mise en œuvre de l’Agro-écologie

1. Principes

Basée sur des pratiques paysannes traditionnelles, l’agroécologie met en lien un certain
nombre d’alternatives comme l’agriculture biologique, la permaculture, l’agriculture
naturelle, sans s’y réduire. Ces pratiques étant largement puisées dans les savoirs traditionnels
des populations agricoles, elles permettent à l’agroécologie de se répandre facilement à
travers les communautés et les petites exploitations familiales. L’application de principes
écologiques à ces techniques ancestrales est donc la base des pratiques agroécologiques.
(Altieri et Nicholls, 2014, p.40).

MITER LA NATURE

Ces nombreuses pratiques et techniques agricoles concernent la gestion de la fertilité, la


conservation des sols, la gestion de l’eau, le contrôle des ravageurs et des maladies, la gestion
des cultures dans l’exploitation, l’élevage, la conservation des semences et bien d’autres
domaines.

Ces techniques sont diverses : elles ne sont pas toujours toutes applicables ou efficaces, mais
souvent combinées, et adaptées en fonction des conditions locales. (Altieri et Nicholls,
2014,p.40)

Toutes les pratiques agroécologiques poursuivent un même objectif : maintenir et même


augmenter les niveaux de production de la parcelle tout en menant une gestion durable et une
préservation des ressources naturelles et de l’environnement : eau, terres, forêts, énergies
alternatives, résidus, etc. L’agroécologie vise une utilisation intensive 1 des capacités des
écosystèmes, selon les lois scientifiques de l’écologie. Ses techniques agricoles se basent
notamment sur l’imitation des processus naturels des écosystèmes, favorisant ainsi des
interactions et synergies biologiques entre ses composantes et veillant à maintenir un équilibre
entre elles (y compris l’homme).

Cette idée d’imiter la nature est d’ailleurs très ancienne. Déjà en 1600, Olivier de Serres, l’un
des pères fondateurs de l’agroécologie, appe- lait à « appliquer à l’agriculture l’observation
fine et attentive de la nature ». (Tassin, 2011) Les techniques et modes de productionutilisés
en agroécologie répondent donc à certains principes :

➢ Maintenir, voire augmenter la fertilité naturelle des sols et la vie édaphique, par
exemple par la multiplication et l’épandage de micro-organismes indispensables à la
vie dans le sol ;
➢ Limiter, voire proscrire l’usage de produits de synthèse, chimiques et nocifs pour
l’environnement et la santé, ce qui favorise de ce fait la santé des terres et
l’indépendance des petits agriculteurs et agricultrices vis-à-vis des grandes industries
productrices de ces pesticides et autres engrais (Altieri et Nicholls, 2014, p.44)
➢ Privilégier les intrants locaux et le recyclage des sous-produits de l’exploitation
(fumiers, déchets de culture, déchets ménagers) comme principale source d’intrants ;
➢ Favoriser le maintien de l’agrobiodiversité et donc la diversification des cultures au
sein d’une même parcelle et l’association agriculture-élevage ;
➢ Privilégier l’usage de variétés et de races locales ;
➢ Viser la prévention et le contrôle spontanés des maladies et des populations de
ravageurs plutôt que leur élimination ;
➢ Favoriser la protection des sols à travers diverses techniques limitant l’impact
négatif des interventions humaines néfastes sur la structure naturelle des sols et celui
des pluies, du soleil et du vent : limitation ou élimination des travaux de labour,
maintien d’une couverture permanente, utilisation de mesures antiérosives mécaniques
ou végétales, etc.

En tant qu’approche systémique, l’agro-écologie repose sur une synergie de moyens


contribuant à l’amélioration intrinsèque des processus agro-alimentaires dans leur ensemble,
avec une constante en termes d’objectifs : la performance environnementale. La mise en
œuvre de ces principes de base s’exprime notamment à deux niveaux, sous la forme de
pratiques diverses.

Au niveau des exploitations

• infrastructures et découpage des parcelles favorables à la prolifération des auxiliaires


naturels et à leur connexion avec les surfaces exploitées (haies, bosquets, talus…),
limitation corollaire des intrants phytosanitaires ;
• réintroduction de la biodiversité des espèces cultivées comme facteur d’amélioration
de la production et de la qualité environnementale…

Au niveau des territoires

• instauration de couloirs écologiques afin d’augmenter et faciliter la communication


entre les habitats d’espèces auxiliaires (notamment les pollinisateurs) ;
• maintien ou réaménagement de zones humides favorables à la biodiversité et à
l’épuration des eaux ;
• pratiques culturales cohérentes, planifiées en concertation des différents acteurs sur le
terrain (cultures associées, diversification des variétés, rotations, agroforesterie)…

2. LES TROIS FACETTES DE L’AGROÉCOLOGIE

L’agroécologie est:
• Une approche de la recherche scientifique comprenant l’étude holistique des écosystèmes
agricoles et des systèmes alimentaires,

• Une série de principes et de pratiques qui améliore la résilience et la durabilité des systèmes
alimentaires et agricoles tout en préservant l’intégrité sociale,

• Un mouvement sociopolitique3 qui se concentre sur l’application pratique de l’agroécologie,


cherche de nouvelles façons d’envisager l’agriculture, la transformation, la distribution, la
consommation de denrées alimentaires et sa relation avec la société4 et la nature.

3. L’INTERDÉPENDANCE DE L’AGROÉCOLOGIE ET LA SOUVERAINETÉ


ALIMENTAIRE

Tout comme Ibrahima Coulibaly, nous pensons qu’« il n’y a pas de souveraineté alimentaire
sans agroécologie et qu’il est certain que l’agroécologie ne perdurera pas sans une politique
de souveraineté alimentaire pour la soutenir ». Nous souhaitons nous appuyer sur les
perspectives développées par des mouvements sociaux qui participent activement à la
conception et à la définition des systèmes alimentaires. Nous reconnaissons et respectons
également le travail qui a été effectué jusqu’à maintenant pour clarifier et approfondir le
concept d’agroécologie et le considérons comme constituant la base de ce travail.

La déclaration de Nyéléni6 définit l’agroécologie comme étant un mouvement et une pratique


menée par les populations concernées qui doivent être soutenus et non dirigés par la science et
la politique. Nous y voyons un appel urgent pour que l’expertise des producteurs de denrées
alimentaires7 et des personnes travaillant dans la chaîne de production alimentaire soit
reconnue et mise au centre de la politique et de la gouvernance des systèmes alimentaires.
Cette déclaration préconise aussi le droit des citoyens à « définir leur propre politique
alimentaire et agricole ».8 De ce point de vue, l’agroécologie est, en effet, indissociable de la
souveraineté alimentaire.

4. PRATIQUES DE L’AGROECOLOGIE

LES ROTATIONS DES CULTURES

La diversité temporelle, par exemple sous la forme de séquence céréales- légumineuses, ou


tout autre séquence se faisant succéder, sur une même sole, des plantes présentant des besoins
et des risques différents (donc souvent issues de familles botaniques différentes). Les
nutriments sont conservés d’une saison à l’autre et le cycle de vie des insectes parasites, des
maladies et des adventicesest interrompu.
LES POLYCULTURES OU CULTURES ASSOCIÉES

Les systèmes de culture dans lesquels deux espèces ou plus sont plantées à l’intérieur d’une
même parcelle génèrent des complémentarités biologiques qui améliorent l’efficience dans
l’utilisation des nutriments et de l’énergie solaire et favorise la régulation naturelle des
populations parasitaires, ce qui améliore la stabilité des rendements des cultures.

LES CULTURES DE COUVERTURE ET LE PAILLAGE

L’usage de cultures intermédiaires, seules ou en mélange, de diverses espèces (principalement


graminées, légumineuses et crucifères), réduit l’érosion, apporte des nutriments au sol et
améliore le contrôle biologique des nuisibles. Les couverts contribuent également à la fixation
des nitrates dans le sol, à la lutte contre les adventices, à la préservation de la structure des
sols et à la conservation de l’humidité en saison sèche ou dans les régions arides. Le mulch est
une technique de couverture végétale sèche : il est composé de branches, de paille ou de
résidus de récoltes que l’on pose autour de la plante à protéger. Afin d’éviter au maximum les
maladies, il est important de pratiquer la rotation des cultures en plus du mulch.

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