Ouverture de la procédure de sauvegarde
Ouverture de la procédure de sauvegarde
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Le traitement judiciaire des difficultés des entreprises est organisé par la loi du 26 juillet 2005 relative
à la sauvegarde des entreprises en difficulté qui a été codifiée dans le livre VI du Code de commerce
(L.620-1 .[Link] s) et améliorée par l'ordonnance du 18 décembre 2008.
L' article L.620-1 du Code de commerce énonce que la procédure de sauvegarde est ouverte à la
demande d'un débiteur qui justifie de difficultés qu'il n'est pas "en mesure de surmonter" .
Cette procédure est destinée à faciliter la réorganisation de l'entreprise afin de permettre la poursuite
de l'activité économique, le maintien de l'emploi et l'apurement du passif. Elle demeure rare :
Par ailleurs, il est " institué une procédure de redressement judiciaire ouverte à tout débiteur qui,
dans l'impossibilité de faire face au passif exigible avec son actif disponible, est en cessation des
paiements. ...Elle est destinée à permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise, le maintien de
l'emploi et l'apurement du passif (L. 631-1 C. com.).
Le redressement judiciaire est assuré selon un plan arrêté par décision de justice à l'issue d'une
période d'observation.
Cependant, malgré le souci légitime de sauver l'entreprise en difficulté, dans de nombreux cas, il
convient de déclarer la liquidation judiciaire de celle-ci parce que, se trouvant en état de cessation
des paiements, il est impossible d'envisager son redressement. Mais, la procédure de sauvegarde
devient la procédure de référence par rapport à laquelle les autres sont organisées. C'est pourquoi
c'est à partir de cette procédure que seront ordonnés les développements qui vont suivre en
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distinguant la procédure d'anticipation : la procédure de sauvegarde (module 1) et les procédures
ouvertes après la cessation des paiements : le redressement et la liquidation judiciaire (module 2).
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Section 2 : Introduction à la leçon : L'ouverture de la procédure
de sauvegarde
Selon l'article L.620-1, la procédure de sauvegarde est ouverte à la demande d'un débiteur qui, sans
être en cessation des paiements, justifie de difficultés qu'il n'est pas "en mesure de surmonter". Le
Code de commerce subordonne, dans tous les cas, l'ouverture de la procédure collective à la réunion
de certaines conditions de fond et de procédure.
En effet, comme il en a toujours été ainsi, les procédures collectives ne concernent pas toute
personne mais seulement certains débiteurs qui rencontrent des difficultés financières. En principe,
les personnes civiles demeurent soumises aux poursuites dispersées de leurs créanciers, c'est -à -
dire à la déconfiture civile (Section 4).
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Section 3. Le domaine de la procédure de sauvegarde
La procédure de sauvegarde (comme les autres procédures) s'applique à certaines personnes qu'il
convient d'identifier et qui ne doivent pas déjà faire l'objet d'une procédure collective.
Elle suppose ensuite que ces personnes rencontrent des difficultés financières susceptibles de
conduire l'entreprise à la cessation des paiements sans être encore constitutives de celle-ci.
Cette procédure d'extension est applicable aux entrepreneurs individuels à responsabilité limitée
dans des cas plus nombreux et permet de sanctionner le non respect par l'EIRL de la séparation
de ses patrimoines.
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Jurisprudence
CA Douai 13 mars 1997,JCPE 1998,p.28 Paris 5 mars 1999,JCPE 1999,891 [Link]-
Caulier, Le conjoint collaborateur endetté, « laissé pour compte » des mesures d'assainissement
économique, JCPE 2002,639
Jurisprudence
La Cour de cassation a refusé cependant à un commerçant de fait non immatriculé le droit de
demander l'ouverture de la procédure de redressement judiciaire en déclarant sa cessation des
paiements parce qu'elle estime qu'une personne ne peut bénéficier des avantages reconnus aux
commerçants sans se soumettre à leurs obligations : [Link]. 25 mars 1997, [Link], n°84,
p.72 ; D.1997, [Link].p.311, [Link] ; F.Pérochon, Le bénéfice sélectif de la procédure
collective, Mél. Chr. Mouly, Litec, 1997, p.401.
Toutefois, certains commerçants depuis la loi du 4 août 2008 ne sont plus soumis à immatriculation.
Ils ne sauraient pour autant être privés de l'accès à la sauvegarde. Cette difficulté devra être tranchée
par les tribunaux mais en l'absence de distinction dans la loi, il paraIt difficile d'en introduire une par
simple interprétation. un jugement du Tribunal de commerce de Caen du 12 janvier 2011 LPA 12
juill.2011, p.17) a d'ailleurs soumis un auto-entrepreneur à la procédure de redressement judiciaire.
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Remarque
Cette discussion prouve que la codification du Code de commerce ne s'est pas totalement faite "
à droit constant ". La modification des termes utilisés a, en effet, des répercussions sur le fond du
droit. En substituant « personne immatriculée au répertoire des métiers » à artisans, les rédacteurs
du Code de commerce avaient introduit le doute.
• LIENHARD, tous les artisans peuvent-ils être mis en faillite ? D.2000, n°38, point de vue III ;
• F.Pérochon, le livre VI du Code de commerce, in n° spéc. Droit et patrimoine, colloque de
Toulouse, Juill. Août 2001, p.83.
Tous ceux qui exercent une activité artisanale peuvent faire l'objet d'une procédure de redressement
ou de liquidation ; par assignation, requête du procureur ou saisine d'office. Mais, ils doivent pouvoir
aussi demander l'ouverture de la procédure de sauvegarde. Certes, l'article R.621-1 du Code de
commerce prévoit la fourniture d'un extrait du registre dans les annexes à la demande de l'ouverture
de la sauvegarde, mais l'immatriculation au répertoire des métiers n'est plus obligatoire et , en toute
état de cause, l'article L.620-2 n'y fait plus allusion.
c) Agriculteurs
C'est la loi du 30 décembre 1988 qui a soumis les agriculteurs aux procédures collectives.
Tout comme les artisans, les agriculteurs, en effet, exercent leur profession en entreprise et
appliquent les méthodes des commerçants en empruntant pour investir ou en achetant pour vendre.
Aussi, l'extension des procédures aux agriculteurs a été décidée par le législateur de 1988 avec
certaines adaptations à la spécificité de l'activité agricole et au cycle cultural, notamment. La
procédure ne peut être ouverte, sur assignation d'un créancier, qu'après que le président du T.G.I.
ait été saisi d'une demande de conciliation.
d) Professionnels indépendants
Depuis la loi du 26 juillet 2005 , la procédure de sauvegarde s'applique également « à tout autre
personne physique exerçant une activité professionnelle indépendante, y compris une profession
libérale soumise à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé ». Cela vise
les professionnels libéraux : avocats, médecins, architectes... et les officiers ministériels : notaires,
huissiers,....
Cette intégration des professions libérales dans les procédures collectives était prévue dès l'avant-
projet de réforme préparé en 2001. Elle était réclamée par certaines professions, et surtout par
les avocats, car ces professionnels sont souvent exposés aux aléas de la vie économique et ne
bénéficient ni des textes relatifs au surendettement des particuliers parce que leur activité est
professionnelle, ni des dispositions du code de commerce leur activité étant civile. Cette application
des procédures concerne les professionnels libéraux : avocats, médecins, architectes, détectives
privés ([Link].27 mai 2008, LPA 24 oct.2008,n°214, p.9, obs.J.P. LEGROS )... et les officiers
ministériels : notaires ([Link].22 mai 2007,P. n° 06.12193, RJDA 2/08,n° 169, p.164 ), huissiers
de justice (même suppléants : [Link]. 3 mai 2011, n°10-14806, D.2011, p.1343, [Link],
RPC mars 2012, n°16, p.45, [Link])... et, de manière générale, tous les professionnels
indépendants qui, par conséquent, ne sont plus éligibles à la procédure de surendettement (V. pour
le refus d'application du surendettement à un masseur kinésithérapeute : [Link].30 sept.2008,
RJDA 2/09,n°121 ; JCP E,2008,2492,note [Link] ; D.2008,AJ,2501,[Link] et
p.2749,[Link] ; JCP E 2009,n°1008,obs. [Link]).
Mais, leur soumission au droit des " entreprises en difficulté " se heurte au caractère désintéressé
de leurs professions et à la nécessité d'assurer leur indépendance. C'est pourquoi, il convient de
préserver le caractère de leurs relations avec le client fortement marquée par " l'intuitu personae ".
Dans ce but, la loi de sauvegarde comporte des dispositions adaptant l'application des procédures à
ces professionnels. Ainsi, le représentant de l'Ordre ou de la profession est associé au déroulement
de la procédure et ces professionnels libéraux échappent à la faillite personnelle et relèvent pour les
interdictions d'exercer, de leurs structures professionnelles.
L’application des procédures aux professionnels indépendants suscite des difficultés car il faut cerner
la notion de « professionnel indépendant ».
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Approfondissement : Notion de professionnel indépendant
La question s’est posée pour les gérants de sociétés , pour les avocats exerçant dans un cadre
sociétaire et pour les associés en nom collectif.
1- Pour les premiers, la Cour de cassation a jugé que n’est pas un professionnel indépendant
le gérant d’une SARL qui agit au nom de la société qu’il représente et non en son nom
personnel ( Com.12 nov.2008, D.2008,AJ,2929, [Link], [Link]. 2008, n°310, obs.
REGNAUT-MOUTIER; JCP, E, 2009,1023, concl. [Link] ; Rev. sociétés 2009, p.607, obs,
[Link]-GALLE ; Rev. Lamy [Link] janv.2009, note J. VALLANSAN). Se pose alors le
problème de savoir si le dirigeant peut bénéficier de la procédure de surendettement. La réponse est
négative si le gérant invoque simplement le fait que la société qu’il dirige est en liquidation ([Link].
26 mai 2010,n°09-10178). Mais il pourrait en bénéficier s’il établit que les dettes qu’il ne peut payer ne
constituent pas des dettes professionnelles ( Cass. 2 civ. 21 janv.2010, n°08-19984 ; JCP 2010,401,n
°2, [Link] ; D.2010,p.321, [Link]).
2- En ce qui concerne un avocat, exerçant à titre individuel, devenu membre d'une SELARL il a été
jugé aussi qu'il " n'agit pas en son nom propre et exerce les fonctions d'avocat au nom de la société...
il s'ensuit que, faute d'exploiter pour son propre compte une entreprise libérale, (il) ne répond pas
aux exigences de l'article L. 640-2 du Code de commerce » et ne peut faire l'objet d'une liquidation
judiciaire : CA Paris 3 ch. A, 20 nov. 2007, JCP éd. E, 2008, 1045, p. 35, obs. Chr. LEBEL ; RJDA
2/08, n° 170, p. 164 ; D. 2007, AJ, p. 3074, obs. A. LIENHARD ; Dr. et patr. juill. 2008, 110, note M.
MONSERIE-BON ; Rev. proc. coll. 2008, 110, note SAINTOURENS ; CA Chambéry, 14 mai 2007,
Gaz. proc. coll. 2007/3, p. 21, obs. P-M Le CORRE ; A. CERATI-GAUTHIER, « Application de la
loi de sauvegarde des entreprises aux professions libérales », JCP 2008, 2436, p. 31. À propos de
CA Paris 18 sept. 2008 et 23 sept. 2008 ). A partir de son association, la Cour de cassation estime
qu’il n’exerce plus à titre individuel. Il ne peut donc être poursuivi par un créancier pour être soumis
à une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire sauf s’il a laissé un passif afférant
à son activité individuelle. En pareil cas, l’action doit être introduite au plus tard dans l’année qui
suit la transformation de son activité ([Link]. 9 févr.2010, 3 arrêts, n°08- 15191 ; 08_-17144 ; n
°08- 17670 ; [Link]. 2/3 juill 2010, p.19, [Link] ; D.2010, p.434, obs. [Link] ; JCP E
2010, 1267, p.33, [Link]-GAUTHIER ; RJDA 5/10, n°537 et 6/10,). La même solution sera
probablement retenue pour un notaire associé (THOMAS, « Notaire associé et procédures collectives
», D. 2008, p. 1623) car il n'agit pas d'une manière indépendante..
En savoir plus : La situation des membres et associés des GIE et des dirigeants de SA et
SARL (Avant la loi du 26 juillet 2005)
Ajoutons que , jusqu'à la loi du 26 juillet 2005, les associés et membres des groupements d'intérêt
économique, bien qu'étant parfois des non-commerçants, pouvaient être soumis à la procédure
lorsqu'elle frappait la personne morale dont ils sont membres.
En effet, l'article L.621-4 du Code de commerce énonçait que " le jugement qui ouvre le
redressement ou la liquidation judiciaires de la personne morale produit ses effets à l'égard
de toutes les personnes membres ou associées de la personnes morale et indéfiniment et
solidairement responsables du passif social ".
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Cette disposition avait pour effet de soumettre à la procédure certaines personnes civiles et,
notamment, les associés des sociétés civiles professionnelles indéfiniment et solidairement du passif
ou les membres d'un groupement d'intérêt économique. Il convenait cependant que le groupement
soit doté de la personnalité morale et qu'il ait fait l'objet d'une procédure collective. Il convenait aussi
que l'associé ne se soit pas retiré de la société lorsque la procédure était ouverte. S'il avait été
valablement radié, il échappait au redressement.
Par conséquent, peu de personnes échappent désormais aux procédures collectives. Relèvent des
procédures de droit commun, essentiellement, les salariés et les fonctionnaires, à la condition,
bien évidemment, qu'ils n'effectuent pas d'actes de commerce de manière habituelle .
Le groupement doit, cependant, être doté de la personnalité morale. Par conséquent, échappent à
la procédure les sociétés qui en sont dépourvues, telles les sociétés créées de fait, ou les sociétés
en participation, ainsi que les associations non déclarées.
Jurisprudence
Il a été jugé, à juste titre, qu'une société créée de fait ne peut faire l'objet d'une procédure collective
et que si ses associés peuvent, au contraire, être mis personnellement en redressement ou en
liquidation judiciaire, c'est à la condition qu'ils remplissent personnellement les conditions de mise
en œuvre de la procédure - CA Poitiers, 2 [Link]., 14 mai 2002, Droit des sociétés- Editions du
juris-classeur, mars 2003, p.15, obs. J-P Legros : la procédure ne peut être appliquée à l'épouse
divorcée copropriétaire indivise du fonds de commerce si elle n'a pas la qualité de commerçante.
Le groupement peut être soumis à la procédure tant qu'il a la personnalité morale, c'est-à-dire du
jour de l'immatriculation jusqu'au jour de la radiation pour les sociétés commerciales.
La procédure est donc applicable à une société dissoute qui conserve la personnalité pendant
les opérations de liquidation ([Link]. 20 sept.2011, n°10-15068, RPC mars 2012, n°15, p.44,
[Link]) ou annulée puisque la société a eu la personnalité [Link] revanche, une
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société en formation dépourvue d'une telle personnalité n'est pas soumise à la procédure, pas plus
qu 'une société absorbée.
2) La personne morale doit être de droit privé car l'Etat ne peut être mis en " faillite ".
Les personnes morales de droit public, d'une manière générale échappent ne peuvent demander
l'ouverture d'une procédure de sauvegarde qu'il s'agisse des collectivités territoriales, des
établissements publics, y compris des établissements publics à caractère industriel et commercial.
Mais, les sociétés d'économie mixte en relèvent. C'est pourquoi la SNCM aurait pu être mise en
liquidation judiciaire. Il en serait de même des sociétés publiques locales (SPL), composées de
collectivités territoriales, car elles prenent la forme de sociétés par actions.
La même règle est énoncée par l'article L.631-2 pour interdire l'ouverture d'une procédure de
redressement judiciaire tant que la précédente n'est pas terminée et par l'article 640-2 en matière
de liquidation judiciaire.
Cette règle est connue sous la forme d'un adage : « Faillite sur faillite ne vaut ».
Jusqu'à la loi du 26 juillet 2005, elle n'était pas consacrée par la loi. Elle a une double conséquence :
l'interdiction d'un cumul de procédures et la multiplicité des solutions pour une même personne.
Désormais, la procédure de sauvegarde n'est recevable que si elle est demandée par un débiteur
qui, sans être en cessation des paiements, rencontre des difficultés qu'il ne peut surmonter seul.
C'est une procédure d'anticipation Au contraire, les procédures de redressement et de liquidation
judiciaires requièrent toujours un état de cessation des paiements. La répartition des procédures
exige, par conséquent, que soit définie la notion de cessation des paiements qui constitue un
obstacle à l'ouverture d'une procédure de [Link], il convient de caractériser les «
difficultés insurmontables » auxquelles le débiteur doit se heurter pour bénéficier de la procédure
de sauvegarde. Le débiteur doit établir qu'il rencontre des difficultés graves mais qu'il n'est pas en
cessation des paiements. Jusqu'à l'ordonnance du 18 décembre 2008, il fallait que ces difficultés
soient de nature à conduire l'entreprise à la cessation des paiements, mais cette exigence a été
supprimée.
Aussi, les conditions d'ouverture de la procédure sont-elles strictement définies par l'article L.620-1
du Code de commerce :« Il est institué une procédure de sauvegarde ouverte sur demande
d'un débiteur mentionné à l'article L.620-2 qui, sans être en cessation des paiements, justifie
de difficultés, qu'il n'est pas en mesure de surmonter ».
Le texte énonce une exigence expresse tenant aux difficultés rencontrées et implicite relative à
l'absence de cessation des paiements.
L'article R.621-1 du Code de commerce exige que le débiteur rapporte la preuve qu'il ne peut
surmonter seul les difficultés qu'il [Link] premières décisions recherchent très précisément,
au cas par cas (appréciation in concreto) en quoi les difficultés sont insurmontables et considèrent
que cette notion s'apprécie au niveau de la société en difficulté et non au niveau du groupe (CA
Colmar, 26 sept.2006, Sté Heuler Hermès c/ Schlumberger ; CA Versailles 13 [Link].
2006,p.225,note [Link]-Galle, LPA 2006,n°255,p.13,note Prigent ; [Link]-Alary-Houin, Dr.&
patr.2007,n°160,p.81 ; JCP 2007,n°1004,[Link].) et que ces difficultés peuvent être
invoquées même si le débiteur n'a pas sollicité des délais de paiement ou l'ouverture d'une
procédure de conciliation (CA Lyon,3 [Link].31 mai 2006,RTDcom.2006,p.625,n°12, [Link]-
Serf ; [Link]-Galle , LPA 2006,n°255,p.13 ; [Link]-Alary-Houin, Dr.& patr.2007,n°160,p.81).
Un arrêt de la Cour de Lyon du 31 mai 2006 facilite aussi le recours à la procédure de sauvegarde
en estimant que c'est ' une procédure de prévention dont l'ouverture n'est pas subordonnée à des
poursuites de créanciers ou à une tentative de règlement amiable. La cessation des paiements n'est
pas nécessairement imminente et l'appréciation doit se faire in concreto '.
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Il n'est donc pas nécessaire que le débiteur ait fait l'objet de poursuites de la part de ses
créanciers pour que la procédure de sauvegarde soit recevable (CA Lyon,3 [Link].31 mai
2006,[Link].2006,n°3,p.255,[Link]-Galle ;RTDcom.2006,p.625,n°12,note [Link]-
SERF ; Droit & Patrimoine 2007, n°1, obs.C.S-A-H ; JCP 2007, n°1004, obs.J-L VALLENS).
Ces premiers arrêts des juges du fond ont été approuvés par la Cour de cassation, par deux arrêts
de principe du 26 juin 2007. La cour a rejeté les pourvois formés contre ces décisions et a apporté
une contribution décisive à l'appréciation du caractère insurmontable des difficultés rencontrées. Elle
décide, en effet, d'une part, que « la situation de la société débitrice doit être appréciée en elle-même,
sans que soient prises en considération les capacités financières du groupe auquel elle appartient
» ([Link]. 26 juin 2007,n°06-20.820, Shlumberger ; RJDA 1/08,n°56) et, d'autre part, que « les
conditions d'ouverture de la sauvegarde doivent être appréciées où jour où il est procédé à cette
ouverture », c'est-à-dire non pas au moment où le débiteur demande le bénéfice de la sauvegarde,
mais au jour où la procédure est ouverte. A cet instant, il n'est pas possible de tenir compte de la
position que prendra la société-mère dans le cadre de la période d'observation, ni d'un éventuel plan
de sauvegarde. Cette jurisprudence de la Cour de cassation laisse toute chance de réussite à la
nouvelle procédure.
Un arrêt de la Cour d’appel de Paris du 25 février 2010 rendu dans l’affaire Cœur Défense
avait cependant donné un coup d’arrêt à cette attitude bienveillante de la jurisprudence à l’égard
de la procédure de sauvegarde dans la mesure où elle avait considéré que des conditions
d’exécution contractuelle plus onéreuses ne sont pas insurmontables (CA Paris 25 févr.
2010, Pôle 5, RG n°09/22756,SA Eurotitrisation C/SARL Dame Luxembourg ; [Link] et
[Link], Affaire « Cœur Défense » : exemple d’instrumentalisation de la procédure de sauvegarde,
D.2010,p.579,obs. [Link] et [Link] ; F-X Lucas, Les difficultés des LBO sont-elles solubles
dans la sauvegarde ? [Link] sociétés 2010,p.211; [Link] , Conditions d’ouverture de la
sauvegarde :le recadrage de la Cour d’appel de Paris, [Link]. 25 avr.2010,n°8,p.1; [Link],
Affaire Heart of la Défense :incertitudes sur le critère d’ouverture de la procédure de sauvegarde :
[Link]. 2010,p.13 ; [Link]-Galle, L’affaire « Cœur Défense » : du nouveau, LPA 9 mars
2010,n°48,p.12 : P-M Le Corre, La notion de difficultés que le débiteur ne peut surmonter, A propos
de CA Paris, pôle 5, ch.9, 25 février 2010 : Affaire Cœur Défense, [Link]. 16.17 avr.2010, p.13 ;
[Link]-Alary-Houin, [Link] et patr.2010, n°196, p.86). En l’espèce, la Société HOLD avait emprunté,
par le biais de deux prêts à taux variable, pour construire une tour, à usage de bureaux, dans le
Cœur de la Défense et ces prêts étaient garantis, notamment, par une convention de couverture
des risques de variation des taux d’intérêt donnée par la Banque Lehman Brothers. Celle-ci ayant
été mise en liquidation, la société HOLD devait trouver une autre couverture, à défaut de quoi elle
subissait la déchéance du terme prévu aux contrats de prêt . Or le montant d’une nouvelle couverture,
dans un contexte de crise économique, était très élevé et lui paraissait impossible à assumer.
C’est pourquoi elle a demandé le bénéfice de la sauvegarde qui, après lui avoir été accordé en
première instance, lui est refusé par la Cour de Paris au nom du respect des contrats souscrits : «
Qu'en raison de la force obligatoire des contrats, il n'appartient pas à la société HOLD de :
• modifier unilatéralement les contrats de prêts qu'elle a souscrits,
• ni davantage, en l'absence de réelles difficultés affectant son activité, de solliciter l'ouverture
d'une procédure de sauvegarde à seule fin de faire échec à l'impossibilité juridique dans
laquelle elle se trouve d'imposer unilatéralement une telle modification au prêteur, en obtenant
indirectement, mais nécessairement, du juge, par le seul effet de l'ouverture de la procédure
sollicitée, la suspension des clauses contractuelles qu'elle n'a pas antérieurement réussi à faire
modifier d'un commun accord avec son cocontractant ».
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La Cour de cassation, par 3 arrêts du 8 mars 2011, ( JCP. 2011, E, n° , p.15, [Link] et
n°1215, [Link] et DONDERO « L’arrêt Cœur Défense, ou la sauvegarde de la sauvegarde;
BRDA 6/11, n°23, p.12 ; [Link], Conditions d’ouverture de la procédure de sauvegarde :
la défense de la raison dans une affaire de cœur, [Link]. 2 av.2011, n°91, p.7 ; Ph.
ROUSSEL- GALLE, Conditions d’ouverture de la sauvegarde : les textes, rien que les textes !
[Link]és des entreprises, Zoom mars 2011 ; J-P REMERY, Ouverture d’une
procédure de sauvegarde :l’affaire « Cœur Défense » devant la cour de cassation, RJDA 5/11,
p.359 ; [Link], Conditions d’ouverture de la sauvegarde, la Cour de cassation fait le
maximum, [Link]. 2011, n°7, p.1.) a cassé sa décision en rappelant sèchement que « hors
le cas de fraude, l’ouverture de la procédure de sauvegarde ne peut être refusée au débiteur, au
motif qu’il chercherait ainsi à échapper à ses obligations contractuelles, dès lors qu’il justifie, par
ailleurs, de difficultés qu’il n’est pas en mesure de surmonter et qui sont de nature à le conduire à
la cessation des paiements ». Par ce rappel d’une application stricte de l’article L.620-1 qui n’exige
aujourd’hui que l’existence de « difficultés insurmontables », la Cour de cassation, intervient une fois
encore, pour maintenir toutes les potentialités de la procédure de sauvegarde. Sur renvoi, la Cour
d'appel de Versailles s'est inclinée par un arrêt du 19 janvier 2012 (RPC mars 2012, n°19, p.48 note
[Link]; [Link],RPC 2012, Etude n°7).
La société Hold, pour obtenir son ouverture, avançait trois éléments: D’une part, la défaillance de
ses contractants lui assurant la couverture du risque de variation des taux d'intérêt lui imposait
de rechercher d'autres partenaires afin de ne pas être exposée à la déchéance du terme prévu
par les prêts. D’autre part, elle n'était pas financièrement en mesure de procéder à la souscription
de nouveaux contrats de couverture dudit risque en raison du surcout tenant, à l’époque, à la
crise financière mondiale et enfin, le gestionnaire du FCT avait suggéré aux obligataires de ne
pas accepter de modification des clauses du contrat de prêt ce qui lui fermait toute négociation
contractuelle. Elle se trouvait donc confrontée à des difficultés qu'elle jugeait insurmontables.
Tel n'est pas l'avis de la Cour d'appel de Paris qui considère que la société Hold n’a pas allégué que
la souscription de nouveaux contrats de couverture de risque de variation des taux d'intérêt lui était
impossible, mais qu'elle était simplement plus onéreuse passant d'environ 18 millions d'euros à 40
millions d'euros « de sorte que l’augmentation demeurait compatible par rapport aux montants des
objets des prêts supérieurs à 1,5 milliard d’euros »...
Elle en déduit que la procédure de sauvegarde n'aurait pas dû être ouverte car « le renchérissement
du contrat de couverture du risque de variation des taux d'intérêt n'affectait pas réellement l'activité
locative des bureaux de la Tour « Coeur de la Défense », laquelle peut tout autant se poursuivre
normalement quelle qu'en soit le propriétaire est quelle que ce soit la composition de l'actionnariat
de la société propriétaire ». La cour d'appel ajoute que la force obligatoire des contrats empêche que
la procédure de sauvegarde ne soit utilisée pour obtenir par la voie judiciaire une modification des
prêts qui n’avait pu être obtenue par la voie contractuelle.
« N'ayant pas prétendu éprouver des difficultés à poursuivre son activité elle-même, de gestionnaire
de son portefeuille de titres, il n'appartient pas à la société dame Luxembourg de solliciter l'ouverture
d'une procédure de sauvegarde à seule fin de faire échec à l'exécution du pacte commissoire
concernant les titres sociaux qu'elle détient dans le capital social de Hold d'autant que l'activité
locative de cette dernière peut tout autant se poursuivre normalement quelle que soit la composition
de son actionnariat ».
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On pouvait comprendre le souci des juges d'éviter une « instrumentalisation » de la procédure
de sauvegarde et son utilisation de manière abusive, voire immorale, mais il n'en demeure pas
moins que la position de la Cour d'appel de Paris n'emportait pas la conviction. Elle exige que la
demande d’ouverture de la procédure ne soit pas justifiée par le souci d'obtenir des modifications
contractuelles. C’est ajouter à la loi car le seul critère d'ouverture, à l’époque ou le tribunal de
commerce a statué, est celui de l'existence de difficultés insurmontables de nature à entrainer la
cessation des paiements et ces difficultés peuvent être tout aussi bien juridiques que de nature
économique, l’expression légale étant volontairement compréhensive.
Leur caractère insurmontable est le seul point à vérifier pour ouvrir la procédure.C'est ce que rappelle
la Cour de cassation.
Que l'ouverture de la sauvegarde porte atteinte à la force obligatoire des contrats est incontestable.
L'objet même de cette procédure est de suspendre l'exécution des conventions afin de permettre
la préparation d'un plan de sauvegarde. L'arrêt des poursuites individuelles et des procédures
d'exécution, le principe de la continuation des contrats en cours, l'arrêt du cours des intérêts des
prêts de moins d'un an et l'interdiction de payer les créances antérieures, comme celle de publier de
nouvelles suretés ou transfert de droits réels, sont autant d'atteintes au droit commun des obligations.
Il ne faut pas s'en offusquer : le droit des entreprises en difficulté, et particulièrement la procédure de
sauvegarde, fonctionne avec ses propres règles. L’efficacité économique prime le respect du contrat
et la procédure de sauvegarde permet de passer outre à l’égoïsme de certains créanciers et à la
rapacité de certains fonds d’investissement. L’utilité de la sauvegarde par rapport à la conciliation
se trouve précisément dans la force de la décision de justice qui offre, avec le secours du juge, une
période de répit et une possibilité de réorganisation de l’entreprise, grâce à un plan de sauvegarde
qui modifie nécessairement les contrats ne serait-ce qu’en imposant des délais de paiement aux
créanciers récalcitrants ou qui peut les empêcher, comme en l’espèce, d’invoquer une clause de
déchéance du terme alors que les échéances des prêts sont acquittées par l’emprunteur. Si l’arrêt
de la Cour d’appel de Paris n’avait pas été cassé, la procédure de sauvegarde aurait perdu une
grande partie de son intérêt au mépris des intentions du législateur qui avait voulu mettre en place
une véritable procédure judiciaire préventive.
C'est pourquoi la Cour d'appel d'Orléans s'est inclinée en ces termes: « En raison de la brièveté
du délai imparti, du caractère aléatoire du marché concerné et, en tout état de cause, des prix
des contrats recherchés précédemment cités, la société Hold justifie en conséquence suffisamment
qu’elle ne pouvait surmonter les difficultés liées à l’obligation de fournir une nouvelle couverture de
taux répondant aux exigences contractuelles avant le 3 novembre 2008 et il a été déjà démontré
que ces difficultés étaient de nature à la conduire à la cessation des paiements ».Il est désormais
admis que le caractère insurmontable des difficultés doit être apprécié in concreto et en fonction de
la situation de l'entreprise considérée.
Dans l'immédiat, le débiteur a donc un actif disponible qui lui permet de faire face à son passif
exigible. Il peut payer ses créanciers. Il n'est donc pas un « débiteur » au sens strict du terme, ou
du moins fait-il face à ses échéances. La situation invoquée est donc subtile . La seule certitude est
que les difficultés rencontrées sont encore « en amont » de la cessation des paiements. Si tel n'était
pas le cas, la demande devrait être rejetée. Le débiteur pourrait, cependant, solliciter le bénéfice
d'une conciliation si la cessation des paiements était récente (moins de 45 jours). En pareil cas, il
devrait trouver une solution contractuelle à ses difficultés pour les surmonter puisque la procédure
de conciliation n'a aucun caractère coercitif.
Par conséquent, la cessation des paiements suppose que soient définis l'actif disponible, le passif
exigible et, elle résultera de l'inadéquation de l'un à l'autre.
• a) L'actif disponible est l'actif immédiatement mobilisable, c'est-à-dire l'ensemble des
sommes en caisse, des effets de commerce à vue et des soldes créditeurs des comptes
bancaires. L'actif disponible ne concerne donc pas les immobilisations. Il résulte de cette
conception que la cessation des paiements est distincte de l'insolvabilité qui suppose que
l'ensemble des biens du débiteur, mobiliers et immobiliers, ne lui permette pas de faire face
à ses dettes.
La jurisprudence récente inclut dans l'actif disponible les réserves de crédit du débiteur pour ne pas
retenir la cessation des paiements ([Link]. 27 fév.2007, P. n°0610170 , précité, Cass. com., 17
juin 1997, Bull. civ. IV, no 193 ; Cass. com., 8 juin 1999 et autres arrêts cités, Rev. proc. coll. 2000,
p. 49, no 8, obs. J.-M. DELENEUVILLE sont aussi prises en compte les liquidités apportées par les
dirigeants : Cass. com., 24 mars 2004, D. 2004, act. jur., p. 1022, obs. A. LIENHARD, Act. pr. coll.
2004, no 110, obs. J. VALLANSAN).
Cette solution est consacrée par l'ordonnance du 18 décembre 2008 qui complète la définition de
la cessation des paiements par la précision suivante : « Le débiteur qui établit que les réserves de
crédit ou les moratoires dont il bénéficie de la part de ses créanciers lui permettent de faire face
au passif exigible avec son actif disponible n'est pas en cessation des paiements ».Désormais, le
débiteur ne peut plus être considéré comme en état de cessation des paiements si ses créanciers
lui font confiance et lui accordent des délais de paiement. De manière mécanique, l'actif disponible
s'accroît de ces réserves de crédit.
Jurisprudence
L'actif doit être « disponible ». C'est pourquoi il a été jugé que « l'actif d'une société,
constitué de deux immeubles, n'est pas disponible »( [Link]. 27 fév.2007, P. n
°0610170 ;[Link]. 2007, p.365,note Ph. ROUSSEL-GALLE; Ré[Link]. mai 2007,p.9 ;
D.2007,AJ,872,[Link]énhard, RDBF Avr.2007, n°71, p.25 ; JCP éd.E, 2007, n°1833, p.2,
[Link]-GALLE ; Rev. proc. coll.2007, p.221, [Link] ; Même solution :
[Link].16 déc.2008,n°07-18.044, [Link]. 28 avr.2009,p.14, [Link]), de même
que la valeur de marchés relatifs à la vente et à la distribution de récoltes (CA. Paris 3c.B,18
déc.2008,[Link].28 avr.p.13,[Link]) ou une créance à recouvrer et une quote-part
dans une succession.
En revanche, un chèque de banque dont la provision est assurée fait partie de l'actif disponible
([Link].18 déc.2007 ,n°06-16350,Dr.& pat.2008, [Link] des difficultés économiques, n
°172,p.109,obs.M. [Link]-BON), de même, une avance en compte courant, qui n’a pas
été bloquée ou dont le remboursement n’a pas été demandé, ([Link]. 12 mai 2009, n°08-
13741,RJDA 10/09,n°867, [Link]. 2009, n°107, obs. [Link] ; Com. 16 nov. 2010,
n°09-71278, D.2010, Act., 2830, obs. [Link]). La Cour de cassation a cassé un arrêt les
incluant dans le passif exigible « sans rechercher si ces avances en compte courant n’étaient pas
bloquées ou si leur remboursement avait été demandé « ([Link]. 10 janv.2012, n°11-10008,
BJE juill.2012, p.210, note J-P Sortais).
15
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• b) Le passif exigible est le passif arrivé à échéance et non le passif qui doit être payé à
court terme. Par conséquent, ne rentrent pas dans le passif exigible des prêts de longue durée
ou des prêts non encore échus. Sous cette réserve, sont prises en considération toutes les
créances civiles ou commerciales, dès lors qu'elles sont certaines, liquides et exigibles. Le
défaut de paiement d'une seule créance peut suffire à caractériser la cessation des paiements
s'il révèle que l'actif disponible ne permet pas de faire face au passif exigible (Com.8 mars
1994, JCP,G,1994,IV,n°1254).
La Cour de cassation considère aussi que les dettes faisant l'objet d'un moratoire de paiement ne
doivent pas être intégrées dans le passif exigible pour caractériser l'état de cessation des paiements
([Link].18 mars 2008, [Link]. 2008,n°114, Dr. & patr.2008, 109, obs.M-MONSERIE-
BON ; [Link]. 27 fév.2007, [Link],n°65 ; JCP 2007,éd.E,n°1833,p.28 ,note Ph. ROUSSEL-
GALLE; APC avr.2007,n°71 ; RDBF mars 2007,n°70,p25, obs.F-X LUCAS). Un report d'échéance
modifie, par conséquent, le contenu de ce passif exigible et évite la cessation des paiements. la
notion est un outil de prévention ([Link] ces sens, [Link], Prévention et cessation des paiements,
Mél. [Link], Dalloz-Litec, 2011, p. 422).
Un créancier peut faire crédit à son débiteur et la dette à terme ne rentre pas dans le passif. Cette
conception a été consacrée par l'ordonnance du 18 décembre 2008 dans la mesure où le débiteur
rapporte la preuve du report d'échéances.
Jurisprudence
La Cour de cassation a estimé que le passif exigible devait s'entendre du passif arrivé à échéance
et réclamé, Com. 12 nov. 1997 , Bull. IV. n°290 ; 28 avr.1998 ; [Link].1998, p.1487 . Dès lors que
les créanciers ne réclament pas le paiement de leurs dettes, celles-ci ne rentrent pas dans le calcul
du passif exigible parce qu'implicitement le créancier fait crédit au débiteur (Com. 17 juin 1997,
Bull. n°193).
Cependant, la Cour de cassation semble regretter cette jurisprudence parce, dans son rapport
2003, elle ne paraît pas approuver les projets de réforme tenant compte du passif réclamé pour
caractériser la cessation des paiements (V.A. Liénhard, Réforme du droit des entreprises en
difficulté : La Cour de cassation propose, D.2003, p.1276). En outre, le passif rendu exigible par
le prononcé d'une liquidation judiciaire ne peut être pris en compte pour ouvrir une liquidation
immédiate (Cass. com. 26 mai 1999, Bull. IV, n°110).
De même le défaut de paiement d'une créance peut s'expliquer par la contestation de ce qu'elle
est due sans que l'actif disponible soit insuffisant pour la régler ([Link].15 avr.1986 , [Link].
8-9 août 1986, [Link]., p.170). Les créances litigieuses ne peuvent être prises en compte dans
l’évaluation du passif exigible du débiteur dont la liquidation judiciaire est sollicitée ([Link]., 16
mars 2010, n°09-12539, [Link]. 2/3 juill.2010, p.21,obs. [Link]).
De manière génèrale, il a été jugé que : " une situation dégradée, une baisse de la marge
commerciale, de la valeur ajoutée et de l’excédent brut d’exploitation et de l’existence d’un
passif social et fiscal important ne permettent pas d’établir la cessation des paiements du
débiteur" (Cass. Com. 9 juillet 2002 ; Editions du juris-classeur Revue de droit bancaire 2003, n
°233).
16
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Ainsi, l'article L. 621-3 du Code de commerce (rédaction antérieure à la loi du 26 juillet 2005) prévoit
que la procédure peut être ouverte lorsque le débiteur n'exécute pas les engagements pris dans le
cadre d'un règlement amiable et l'article L.621-82 que la liquidation judiciaire doit être prononcée si
le débiteur n'exécute pas les engagements pris dans le cadre d'un plan de continuation.
L'article 621-100 du code de commerce sanctionne de la même manière le locataire - gérant qui
n'a pas exécuté son obligation d'acquérir l'entreprise louée dans un délai de deux ans. Mais ces
hypothèses demeuraient marginales et leur bien fondé était d'ailleurs contesté. C'est pourquoi elles
ont été supprimées par la loi du 26 juillet 2005. Elles continuent cependant à produire leurs effets
dans les procédures en cours.
La cessation des paiements peut être établie par tous moyens si l'arrêt des paiements a trait à
des créances commerciales et, selon les règles du Code civil, en cas contraire. Il ne suffit pas de
prouver l'arrêt des paiements, il convient d'établir aussi que l'entreprise ne peut faire face à son
passif exigible avec son actif disponible (Com. 2 fév.1999, RJDA 4/99,p.341,n°438). La plupart du
temps, la cessation des paiements en cas de redressement ou de liquidation résulte de l'aveu du
débiteur qui dépose son bilan.
A défaut, elle peut être prouvée par les registres légaux qui consignent les protêts pour défaut
de paiement, les chèques sans provisions ou les procès verbaux de carence.
C'est au moment où le tribunal statue que doit être appréciée l'existence de l'état de cessation des
paiements de sorte que l'entreprise échappera à la procédure si elle s'est redressée entre le moment
où le tribunal a été saisi et le moment où il prend une décision, Com.6 oct. 1992 , BRDA 12/92,n°1169.
« Le débiteur qui établit que les réserves de crédit ou les moratoires dont il bénéficie de la part de
ses créanciers lui permettent de faire face au passif exigible avec son actif disponible n'est pas en
cessation des paiements ».
Jurisprudence
Cass. Com. 14 mai 2002, Banque nationale de Paris (BNP) c/ Sté Icolo France RJDA 10/02, n
°1046 p. 887.
Mais la cessation des paiements peut résulter du défaut de paiement d’une seule créance fiscale
exigible malgré l’exercice d’une procédure de recouvrement forcé ([Link]. 12 janv.2010, n
°08-70147, [Link]. 16/17 avr.2010, p.21, obs. [Link]). Encore faut-il que la créance fiscale soit
exigible, ce qui n’est pas le cas si elle a fait l’objet d’une réclamation ([Link]. 1 déc.2009, n
°08-12054, [Link]. 16/17 avr.2010, p.21, obs. F. Reille).
Lorsque l'état de cessation des paiements est avéré, le juge saisi d'une demande d'ouverture d'une
procédure collective ne peut la rejeter en raison des mobiles du débiteur qui est légalement tenu
de déclarer cet état ([Link].3 juill.2012, n°11-18026, BJE sept.2012, p.279, [Link]
et note [Link]-Leduc).
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Une décision de report peut être demandée par l'administrateur, le mandataire judiciaire (ou le
liquidateur dans la liquidation judiciaire), le ministère public .Mais elle est enfermée dans un délai
d'un an après le jugement d'ouverture de la procédure.
Ce texte énonce que s'il se révèle que la procédure ouverte doit être étendue à plusieurs personnes,
le tribunal initialement saisi demeure compétent. Il ne règle donc qu'une question de procédure
bien que la jurisprudence en ait fait le support de l'action en extension qui est, en réalité une action
fondée sur la fraude ou l'abus, c'est à dire une action de droit commun
Par hypothèse, une entreprise bénéficie d'une procédure de sauvegarde ou a fait l'objet d'un
redressement ou d'une liquidation judiciaire et la mesure qui la frappe est étendue à une autre
personne physique ou à une autre personne morale parce que des confusions de patrimoines ont
été constatées ou parce que l'une des sociétés n'a pas d'existence réelle.
Jurisprudence
Com. 7 janv. 2003, SCI La Source c/ SCP Guérin-Diesbecq Procédures, Edition du juris-classeur n
°3 14 février 2003 : Pour un exemple de confusion des patrimoines entre une société commerciale
et la SCI propriétaire des locaux commerciaux
Cette procédure est extrêmement importante en pratique car elle permet d'étendre le gage des
créanciers à une autre entreprise, et également, parce qu'elle permet de retenir une solution
sauvegarde ( ou de redressement ou de liquidation) commune à toutes les sociétés d'un même
groupe.
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Jurisprudence
Cette jurisprudence avait, d'abord, été bâtie à propos des sociétés de fait, puis ensuite, a permis
de retenir l'idée d'une procédure unique applicable à tout un groupe d'entreprises. Elle ne devait
pas être confondue avec la procédure prévue à l'article L.624-5 du Code de commerce , permettant
d'ouvrir un redressement judiciaire à l'encontre des dirigeants sociaux en cas de procédure ouverte
contre la société dirigé[Link] effet, dans le cas de l'article L.624-5 , c'est une procédure distincte
qui était ouverte contre le dirigeant, alors que dans l'hypothèse évoquée, une procédure unique va
concerner l'ensemble des personnes visées.
L'utilité de la procédure d'extension est, en effet, de créer une masse unique de biens et de retenir
une solution commune à toutes les personnes physiques ou morales, bénéficiant de la procédure.
Cette action en extension a été consacrée par la loi du 26 juillet 2005 dans l'article L.621-2 du
code de commerce : « la procédure ouverte (de sauvegarde) peut être étendue à une ou plusieurs
autres personnes en cas de confusion de leur patrimoine avec celui du débiteur ou de fictivité de la
personne morale. A cette fin, le tribunal ayant ouvert la procédure initiale reste compétent ». Elle a
fait l'objet d'une certaine réglementation par l'ordonnance du 18 décembre 2008.
Mais, étant donné la dérogation que cette procédure d'extension apporte aux conditions de fond de
la procédure collective, elle est enfermée dans des exigences étroites. Il faut donc définir les critères
de l'action en extension tels qu'ils résultent de l'article L.621-2 du code de commerce avant d'évoquer
le régime qui a été bâti par la jurisprudence et que la loi ne réglemente toujours pas.
La mesure de cette confusion est difficile à cerner et la jurisprudence n'est pas toujours très claire,
notamment, en ce qui concerne les groupes de sociétés. Toutefois, les arrêts les plus récents
distinguaient la confusion des patrimoines de la fictivité des personnes morales et la rédaction de
l'article L.621-2 du code de commerce dans sa rédaction de la loi du 26 juillet 2005 a levé tout doute.
Le texte distingue clairement la confusion des patrimoines d'autres personnes avec celui du débiteur
de la « fictivité » de la personne morale, mais dans les deux cas, les faits de confusion doivent être
antérieurs à l’ouverture de la procédure ([Link]. 9 févr.2010, n° 08 - 21 271, Pichon c/ Segui).
Remarque
La procédure ouverte contre le mari ne peut être étendue à son épouse, conjoint collaborateur, sur
sa demande ,car elle n'a pas la qualité de commerçant et ne peut être admis « au bénéfice de la
liquidation judiciaire » ([Link].11 févr.2004,Gil)
S'agissant des personnes morales, la Cour de cassation exige que soient prouvées des relations
financières anormales entre les personnes morales ou qu'il soit relevé un désordre général de la
comptabilité.
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Jurisprudence
La Cour de cassation exige que soient prouvées des relations financières anormales entre elles.
L'expression retenue par les arrêts est celle de " flux financiers anormaux" (Com. 3 fév. 1998,
Bull. IV, n°54, p.53) ou plus récemment de « relations financières anormales » ([Link].19
avr.2005, Arrêt Métaleurop, pourvoi n° A 05-10094) .
Exemple
Il sera observé qu'une société a réglé les salaires de la société bénéficiant de la sauvegarde ou
a financé des travaux sur des immeubles qui appartiennent à celle-ci ou lui a remis des locaux
sans contrat de bail ou moyennant un loyer très peu important. [Link] des exemples récents et
significatifs :[Link]. 13 sept.2011, n°10-24536, RPC mars 2012, p.47, n°18, [Link]:
société d'exploitation qui supporte d'importants travaux d'aménagements de l'immeuble loué, d'un
coût équivalent à six années de loyers et sans qu'aucune indemnité ne soit envisagée; [Link].
26 mai 2010, n°09-66615, [Link]. 2/3 juill.2010, p.22, obs. [Link] : locataire qui finance des
travaux excédant ses possibilités financières et demeurant acquis au bailleur sans indemnité en fin
de bail ; qui se trouve en état de dépendance économique et juridique à l’égard de ce même bailleur,
qui ne paie pas son loyer pendant des mois sans que le bailleur ne manifeste l’intention de faire
jouer la clause résolutoire incluse dans le contrat ; [Link], 16 juin 2009, 08-15.883, [Link].
2010, comm. [Link], p.39 : utilisation indifférenciée par les deux sociétés du personnel et
des équipements ainsi que la prise en charge par l’une des dépenses de l’autre).
Elle a ainsi validé les relations entre sociétés d'un même groupe.
Cette affaire a suscité beaucoup d'émotion car la société Metaleurop avait un passif environnemental
important qui n'a pu être mis à la charge de la société-mère. C'est pourquoi le législateur est
intervenu pour permettre, en pareil cas, de retenir la responsabilité de la société-mère en cas de faute
caractérisée. L’article L.512-17, alinéa 1 du code de l’environnement, modifié par loi n° 2010-788 du
12 juillet 2010, dispose que : « Lorsque l'exploitant est une société filiale au sens de l'article L. 233-1
du code de commerce et qu'une procédure de liquidation judiciaire a été ouverte ou prononcée à
son encontre, le liquidateur, le ministère public ou le représentant de l'Etat dans le département peut
saisir le tribunal ayant ouvert ou prononcé la liquidation judiciaire pour faire établir l'existence d'une
faute caractérisée commise par la société mère qui a contribué à une insuffisance d'actif de la filiale
et pour lui demander, lorsqu'une telle faute est établie, de mettre à la charge de la société mère tout
ou partie du financement des mesures de remise en état du ou des sites en fin d'activité ».Lorsque la
société condamnée dans les conditions prévues au premier alinéa n'est pas en mesure de financer
les mesures de remise en état en fin d'activité incombant à sa filiale, l'action mentionnée au premier
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alinéa peut être engagée à l'encontre de la société dont elle est la filiale au sens du même article
L. 233-1 si l'existence d'une faute caractérisée commise par la société mère ayant contribué à une
insuffisance d'actif de la filiale est établie . Ces dispositions s'appliquent également à la société dont
la société condamnée en application du présent alinéa est la filiale au sens du même article L. 233-1
dès lors que cette dernière société n'est pas en mesure de financer les mesures de remise en état
du ou des sites en fin d'activité incombant à sa filiale » ([Link]-Alary-Houin et [Link],Entreprise
en difficulté et développement durable, [Link]étés Sept.2012) .
En principe, une société fictive est une société nulle. C'est pourquoi certains auteurs en déduisaient
que l'extension de la procédure collective à une société nulle dépourvue d'existence n'était pas
possible. La Cour de cassation, par un arrêt du 19 févr. 2002 a néanmoins jugé le contraire facilitant
ainsi le recours à la procédure d'extension.
Jurisprudence
Com 19 février 2002, [Link] c/ G. Berthe Droit des sociétés, Editions de juris-classeur . 16
août / septembre 2002 ; JCP E 2002,1380, n°1, obs.P.P., éd.E, 1510,[Link] et Commanges,
le dangereux paradoxe des sociétés fictives,[Link],2003,12. " Lorsqu'une société est fictive, les
juges doivent identifier l'associé qui est le véritable maitre de l'affaire qui a agi sous le couvert de la
personne morale en vue de lui étendre la procédure collective ouverte à l'encontre de la société ".
Après des hésitations, il est maintenant admis que « la confusion des patrimoines peut justifier
une extension de la procédure collective d'une personne physique à une autre personne physique
» ([Link]. 3 déc.2003, Lacoste /Jun) et d'une personne physique à une personne morale et
inversement.
La Cour de cassation veille cependant à ce que les conditions de l'action en extension soient
strictement réunies car il convient de cantonner cette action qui a un caractère dérogatoire. ([Link]
ex. [Link].24 janv.2006, [Link].& Patrimoine 2007,p.85, obs. [Link]-Alary-Houin).
Particulièrement, dans les groupes de sociétés, la Cour de cassation censure les juges qui
n'établissent pas en quoi les faits relevés sont le signe d'une « relation financière anormale ».
21
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Exemple
Un compte courant débiteur d'une SARL dans un GFA n'est pas en soi anormal et un prélèvement
sur ce compte peut correspondre à une distribution partielle de bénéfices ([Link].19 nov.2003,
Bigot).
La preuve de la confusion ou de la fictivité peut être rapportée par tous moyens et le tribunal peut
charger une personne qualifiée d'en réunir les éléments. Il s'agit d'une mesure d'ordre technique et
non d'une véritable expertise au sens de l'article 263 du NCPC ([Link]. 24 juin 2003,n°00 20
236, Sea Word c/Ravise-Bes).
• a) Cette action ne peut être mise en oeuvre que par les organes de la procédure, et la
Cour de cassation a refusé le droit de demander l'extension à un créancier ( [Link].19 fév.
2002 , Procédures juill.2002, n°134, p.15).Cette jurisprudence a été consacrée en l'état par
l'ordonnance du 18 décembre 2008. L'article L.621-2 énonce, en effet, que la procédure de
sauvegarde peut être étendue « à la demande de l'administrateur, du mandataire judiciaire,
du ministère public ou d'office » ( V. [Link]. déc.2009, n° 08-20 934, D.2010, p. 86, obs.
[Link], procédures fév. 2010, n° 41, [Link] ; Droit des sociétés 2010,n°56,p.35,obs.
J-P Legros, reconnaissant à l’administrateur judiciaire le droit d’agir).
Remarque
Il a été jugé que le liquidateur qui agit en extension, sur le fondement de la confusion des
patrimoines, ne peut pas engager sa responsabilité dès lors que les informations fournies au
tribunal n'ont pas été volontairement tronquées ([Link]; 31 janv.2012, n°10-27262)
.
• b) Notons aussi que l'action doit être introduite par voie d'assignation et, le cas échéant,
dans les formes et selon la procédure prévues à l'article R.631-3 ou R.631-4 du code de
commerce, c'est -à- dire par exploit d'huissier en cas de saisine d'office. Il a été jugé, à ce
propos, que la procédure ne peut être introduite par une simple requête (Cass. com., 30 mars
1999, RJDA 5/99, no 570, p. 448)et que le mandataire engage sa responsabilité s'il déclenche
l'action à la légère. En revanche, la jurisprudence qui n'exige pas la convocation, aux fins
d'audition en chambre du conseil, du dirigeant de la société à laquelle la procédure va être
étendue semble devoir être maintenue, à défaut d'exigence légale ([Link]. 20 janv.2009, n
°07-17.026, [Link]édures 2009,n°90, obs. B.R.).
• c) La possibilité de contester la décision d'extension a été également controversée puisque,
par hypothèse, cette action n'était pas réglementée. L'ordonnance du 18 décembre 2008
a clairement réglé la question. Le nouvel article L.661-1-I du code de commerce prévoit
la possibilité d'un appel et d'un pourvoi en cassation à l'égard des « décisions statuant
sur l'extension d'une procédure de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation
judiciaire de la part du débiteur soumis à la procédure, du débiteur visé par l'extension, du
mandataire judiciaire ou du liquidateur, de l'administrateur ou du ministère public ». L'appel doit
être exercé dans un délai de 10 jours. En outre, le jugement d'extension est susceptible d'une
tierce-opposition , celle-ci étant recevable contre les décisions « mentionnées au 1° à 5° du I
de l'article L. 661-1, à l'exception du 4° ». L'appel est ensuite ouvert sur le jugement statuant
sur la tierce- opposition et le pourvoi sur l'arrêt de la cour d'appel relatif à ce jugement.
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• Selon la jurisprudence, l'action en extension n'est recevable que s'il n'a pas encore été
statué sur le sort de l'entreprise. C'est pourquoi elle est irrecevable après l'arrêt d'un plan
de sauvegarde ou de redressement ou lorsque la procédure de liquidation a été clôturée. Il
convient donc que les organes de la procédure la mettent en oeuvre assez rapidement
• [Link].21 janv.1998, Procédures 1998, comm. n°90, obs. Laporte ;
• 5 fév.2002, APC 2002-8,n°93 ou Com 5 février 2002 Lize c/ SA Sogemo et autres ;
• 13 nov.2002, Droit des sociétés, [Link]-classeur, août 2003,p.16,[Link] ;
• Com.19 nov.2003, Sté Set et Rey
• Elle ne peut être fondée que sur des faits antérieurs au jugement d'ouverture de la procédure
collective d'une personne morale ou physique ([Link]. 9 févr.2010, n° 08 - 21 271, Pichon
c/ Segui ; [Link].24 juin 2003, Sté Sea World Trading/ Sté Fraîcheir des îles).
Le jugement d'extension, une fois rendu, est soumis au même régime que le jugement d'ouverture.
Il doit donc être publié dans le même délai. Par conséquent, un créancier peut former une tierce-
opposition et si le jugement n' pas été publié, le délai pour agir ne court pas ([Link].8 oct.2003,
D. aff 2004, p.2817, note P-M. Le Corre).
Il ne produit pas d’effet rétroactif et prend effet à sa date ([Link]. 7 avril 2009, p. n°07 - 16 0
61, APC 22 mai 2009,n°147, p.6, note Cagnoli).
En savoir plus :
La procédure peut-elle être étendue à une société étrangère ?
Le tribunal de la procédure est-il compétent pour étendre celle-ci à une société dont le siège statutaire
se trouve dans un autre État membre de l’U.E ? La question a été posée par la Cour de Cassation
( [Link]. 13 avr. 2010,n°09-12.642,D.2010, pan. n°1016 ; [Link], [Link]. 2010,n°4,
Repère p.1; L.C Henry, L'extension de procédure soumise aux règles de compétence judiciaire du
règlement insolvabilité, BJE 2012, n°2, p.117)à la Cour de Justice de l'Union Européenne qui a
considéré que l'action en extension pour confusion des patrimoines n'entrait pas dans le champ
d'application du Règlement européen car elle ne dérive pas directement de la procédure (CJUE
15 déc.2011, Aff.C-191/10).Le débat dans ce contentieux était focalisé sur la possibilité pour une
juridiction française qui avait ouvert une procédure sur le fondement du règlement « Insolvabilité » n
° 1346/2000/CE et appliquait donc, conformément à l’article 4 de ce texte, sa propre loi de recourir à
l’extension de procédure pour ouvrir une procédure à l’égard d’une société située en Italie. La CJUE
apporte une réponse négative en précisant que « le règlement (CE) n° 1346/2000 du Conseil, du
29 mai 2000, relatif aux procédures d’insolvabilité, doit être interprété en ce sens qu’une juridiction
d’un État membre qui a ouvert une procédure principale d’insolvabilité à l’encontre d’une société,
en retenant que le centre des intérêts principaux de celle-ci est situé sur le territoire de cet État,
ne peut étendre, en application d’une règle de son droit national, cette procédure à une deuxième
société, dont le siège statutaire est situé dans un autre État membre, qu’à la condition qu’il soit
démontré que le centre des intérêts principaux de cette dernière se trouve dans le premier État
membre ».Elle avait au contraire jugé que les juridictions de l'État membre sur le territoire duquel
la procédure d'insolvabilité a été ouverte sont compétentes pour statuer sur une action révocatoire
fondée sur l’insolvabilité dirigée contre le défendeur ayant son siège statutaire dans un autre État
membre (CJCE 12 février 2009, D.2009, Jur, 1311, note J-P Vallens et Pan.2384, obs. Bollée).
2. Les effets
a) Unicité de la procédure et constitution d’une masse commune de biens
Les effets de l'action sont extrêmement importants puisque la principale conséquence de la
procédure d'extension est de faire une masse commune des biens des différentes personnes
concernées. Il n'existe plus qu'un seul actif et qu'un seul passif.
Les tribunaux reconstituent le patrimoine qui a été artificiellement décomposé. On parle d'ailleurs de
procédure conduite sous " patrimoine commun ".
23
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Jurisprudence
Com 28 mai 2002, SARL Sonicobat c/ [Link] Pizo Edition du juris-classeur Janvier 2003 p.
23 " L'extension d'une procédure fondée sur la confusion des patrimoines ou sur la fictivité de la
personne morale entraine l'ouverture d'une procédure unique ".
Le plan de redressement commun à trois sociétés ne peut être divisement résolu ( [Link].23 juin
1998,[Link]. sept. 1998,p.1364)
Il n'en demeure pas moins que les tribunaux peuvent nuancer la solution en fonction des différents
éléments de ce patrimoine. C'est ce qui résulte d'un arrêt de la Cour de cassation rendu dans l'affaire
du groupe Fontenay (Com. 17 fév. 1998, RTDcom. 98, obs. C. Saint-Alary-Houin, p. ; [Link]
1998,658,obs.P.Pétel et 7 janv.2003,JCP E,2003,p.849).
Malgré la constitution d’un patrimoine unique, la Cour de Cassation considère que l'extension ne fait
pas disparaitre la personnalité morale de chacune des sociétés dont les patrimoines sont confondus,
« ni acquérir à l'ensemble concerné une existence juridique propre ». Pour la Haute juridiction,
l'extension de la procédure collective d'une société à une autre pour confusion de leur patrimoine
n'emporte pas création d'une indivision entre elles. Dès lors que le plan de redressement a été
exécuté, cette confusion des patrimoines qui n'a existé que dans le cadre de la procédure collective
cesse lorsque la procédure prend fin ([Link]. 30 juin 2009, n°08-15715,Droit des sociétés
nov.2009?n°209, [Link] ; RJDA 11/09,n°980; [Link].2010, comm. N°45, obs.B.
Saintourens). Mais, la Cour de Cassation ne précise pas pour autant quel est le régime juridique des
biens pendant la période de confusion.
Dans son arrêt du 30 juin 2009, la Cour de cassation juge que : « Mais attendu qu’ayant retenu, par
motifs propres, que par l'effet de l'extension de la procédure collective de la SARL à la SCI, en raison
de la confusion de leurs patrimoines, les deux sociétés s'étaient trouvées réunies en une procédure
collective unique avec patrimoine commun et unicité d'actifs et de passifs, sans pour autant que
l'extension fasse disparaître la personnalité morale de chacune des sociétés, ni acquérir à l'ensemble
concerné une existence juridique propre et, par motifs adoptés, que la confusion des patrimoines
n'avait existé que dans le cadre de la procédure collective et qu'elle avait cessé lorsque le tribunal,
après exécution du plan, avait mis fin à la mission du commissaire à l'exécution du plan et ordonné
la radiation des inscriptions relatives au redressement judiciaire, la cour d'appel en a exactement
déduit, par motifs propres, que l'extension de la procédure collective d'une société à une autre
pour confusion de leurs patrimoines n'emportait pas création d'une indivision entre elles et,
par motifs adoptés, que la parfaite exécution du plan constatée par le jugement du 12 octobre 2004
mettait fin à la confusion des patrimoines, de sorte que la demande en partage, qui était sans objet,
devait être rejetée ».
Il ressort de cet arrêt que la constitution d’une masse commune de biens n’est qu’un procédé
technique sans conséquences juridiques sur le régime des biens composant cette masse, ni sur
leur appropriation. Son utilisation n’est guidée que par des considérations pratiques : parvenir à une
seule solution de redressement ou de liquidation à la suite d’une procédure unique. Lorsque celle-
ci prend fin, la masse unique disparait et chaque entité récupère les biens qui lui restent par rapport
à son patrimoine d’origine. Chaque société conserve sa personnalité morale et un patrimoine, la
24
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reconstitution d’un patrimoine commun demeurant purement fonctionnelle. « L’ensemble concerné
» n’acquiert pas « une existence juridique propre ». Cette analyse qui peut paraitre séduisante par
sa simplicité n’explique pas comment des sociétés peuvent conserver la personnalité morale ce qui
suppose qu’elles aient un patrimoine propre alors que leurs biens sont « sous patrimoine commun
» ( [Link]-Alary-Houin, Dr.& [Link]. 2010).
S'agissant des sûretés, bien que la Cour de cassation ne se soit pas prononcée, il semble bien que
l'extension permette aux privilèges généraux de s'exercer sur la totalité du patrimoine reconstitué
alors que les sûretés spéciales conservent leur assiette [Link] moins, si une caution a garanti
une société du groupe, son engagement ne s'étend-il pas aux autres sociétés car le cautionnement
doit être express (Com. 25 nov. 1997 1998, éd. E, n°17, p.652, obs. PP ; D. aff. 8 janv. 1998, p.9
ou Com. 7 janvier 2003 ).
Par ailleurs, la procédure étant unique, les tribunaux retiennent une seule date de cessation des
paiements pour l'ensemble des personnes dont le patrimoine est confondu, c'est-à-dire celle de la
personne dont la procédure est étendue aux autres. Mais, en cas de report de la date de la cessation
des paiements, « l'unicité de la procédure collective des sociétés qui en résulte implique que le
juge...détermine cette date en comparant le passif exigible et l'actif disponible de ces sociétés qui
constituent une même entreprise » ([Link].17 déc.2004, Sté SMGT/SNC Château St Corneille).
Jurisprudence
Toutefois, la Cour de cassation estime que si l'extension de la procédure collective d'une
personne à une autre engendre une procédure unique, « le jugement la prononçant ne rétroagit
pas au jour du jugement initial d'ouverture » ([Link]. 28 sept.2004, pourvoi n° 02 12 552,
[Link].2004,p.70 ; [Link],n°170,p.191). par conséquent, si un créancier avait exercé des
poursuites contre une société avant l'extension, elles demeurent valables.
Cette action en extension est donc d'une très grande importance pratique puisqu'elle permet aux
créanciers de l'entreprise soumise à la procédure d'étendre leur gage au patrimoine de la société à
laquelle la procédure est appliquée. Mais à l'inverse, elle est très désavantageuse pour les créanciers
de cette dernière puisqu'ils subissent le concours des autres créanciers. C'est pourquoi il ne faut pas
que cette action soit exercée à la légère car elle a pour effet d'étendre des mesures concernant des
entreprises en difficulté à des entreprises qui peuvent être saines.
1- Tout d’abord « en cas de confusion » par l’EIRL du patrimoine « visé par la procédure » avec
un autre patrimoine ( et notamment avec le patrimoine non affecté) ce qui suppose que soient
remplies les conditions habituelles de l’action en extension : une imbrication de biens, des flux
financiers anormaux ou des relations financières anormales entre les patrimoines. La jurisprudence
qui s’est forgée sur la confusion des patrimoines semble transposable qu’elle concerne la confusion
des patrimoines de personnes physiques ou morales. En revanche, l’hypothèse de la fictivité de la
personne morale comme cause d’extension est exclue puisque l’affectation de patrimoine de l’EIRL
se produit sans création de personne morale.
2-Lorsque l’entrepreneur a commis, ensuite, un manquement grave aux règles de l’article L.526-6,
alinéa 2. Ce texte donne, en principe, toute liberté à l’entrepreneur pour composer son patrimoine
d’affectation, mais il prévoit qu’ « un même bien, droit, obligation ou sûreté ne peut entrer dans
la composition que d’un seul patrimoine affecté ». En cas de méconnaissance grave de cette
interdiction, si l’entrepreneur a utilisé, par exemple, le même bien pour deux patrimoines, malgré le
cantonnement patrimonial, le tribunal pourra ordonner la réunion d’un ou de plusieurs patrimoines
à celui de la procédure.
3-En troisième lieu, cette réunion sera également possible lorsque l’entrepreneur a failli aux
obligations prévues à l’article L.526-13 de tenir une comptabilité autonome pour l’exercice de l’activité
professionnelle à laquelle le patrimoine est affecté ou de faire ouvrir, dans un établissement de crédit
un ou plusieurs comptes bancaires exclusivement dédiés à cette activité.
4- L’action est enfin recevable lorsque l’EIRL a commis « une fraude à l’égard d’un créancier titulaire
d’un droit de gage général sur le patrimoine visé par la procédure ».
26
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Section 4. Les conditions procédurales de la procédure de
sauvegarde
La procédure de sauvegarde ,( comme le redressement et la liquidation judiciaires) est une véritable
procédure qui, à la différence du mandat ad hoc ou de la procédure de conciliation, se déroule devant
une juridiction : le tribunal de commerce ou le tribunal de grande instance, selon un processus très
règlementé. L'objectif des dispositions légales est essentiellement d'assurer la protection du débiteur
et de ses créanciers.
La procédure doit respecter les grands principes du procès civil : droit d’accès au juge, impartialité,
respect du contradictoire tels qu’ils résultent, notamment, de la Convention Européenne des droits
de l’homme (V. [Link], Convention européenne des droits de l’homme et procédures
collectives, Dr.& patr. Juill.2010, p.80 ; [Link]-ALARY-HOUIN, Rapport de synthèse, colloque
Nice. Procédure civile et procédures collectives, LPA 28 nov.2008, n°239).
Le procès économique a, sans aucun doute, une spécificité, mais il demeure soumis aux grandes
règles de la procédure civile (V. « Procédure civile et procédures collectives, Nice 16/17 mai 2008,
[Link] 28 nov.2008, n°239).
La procédure de sauvegarde étant une procédure d'anticipation suppose une demande du chef
d'entreprise.
Avant que le tribunal ne puisse ouvrir la procédure de sauvegarde, il convient que ce tribunal soit
saisi par le débiteur et qu'il soit compétent pour connaître de l'affaire qui lui est soumise. Le tribunal
peut ensuite procéder à une enquête. Eventuellement, il rendra ensuite un jugement d'ouverture de
la procédure.
A. La compétence d'attribution
Elle dépend de la nature de l'activité exercée : le tribunal compétent est le tribunal de commerce si
le débiteur exerce une activité commerciale ou artisanale, et le tribunal de grande instance dans les
27
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autres cas, c'est-à-dire pour les agriculteurs, professionnels indépendants et les personnes morales
de droit privé non-commerçantes : sociétés civiles, associations, par exemple ([Link].)
B. La compétence territoriale
28
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L'article R.600-1 du code de commerce énonce que le tribunal territorialement compétent est celui
dans le ressort duquel le débiteur, personne morale, a son siège ou dans lequel le débiteur personne
physique, a déclaré l'adresse de son entreprise ou de son activité. A défaut de siège en territoire
français, le tribunal compétent est celui dans le ressort duquel le débiteur a le centre principal de
ses intérêts en France.
29
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En principe Pour un débiteur, personne physique, est
donc compétent, le tribunal du siège de
l'entreprise, c'est-à-dire le tribunal dans
le ressort duquel le débiteur exerce son
activité commerciale. Pour un avocat, c'est
le tribunal dans le ressort duquel il exerce
son activité et où le bâtonnier de l'Ordre
des avocats est appelé systématiquement
à intervenir (CA Versailles, 13 ch.,1
mars 2007,Procédures juin 2007,n°143,p.20,
[Link]).Il a cependant été jugé que
les professionnels libéraux peuvent invoquer
leur privilège de juridiction, prévu par
l'article 47 du C.P.C pour « délocaliser
» la procédure([Link].28 oct.2008,
JCP E 2008,2437, [Link] et
2009,1008,[Link] ;
D.2008,AJ,p.2791, [Link]).
Il y a deux auditions obligatoires en chambre du conseil, celle du débiteur et celle des représentants
du personnel, comité d'entreprise ou, à défaut, délégués du personnel.
• Le débiteur est le commerçant, l'agriculteur, l'artisan, le professionnel indépendant ou le
représentant légal de la personne morale. Cette audition a pour but d'assurer le respect des
droits de la défense (L. 621-1 C. com.).
• Quant à l'audition des représentants du personnel, elle marque la volonté du législateur
d'associer les salariés à tous les stades de la procédure.
Remarque
Précisons qu'au cas où la demande d'ouverture de la procédure de sauvegarde est consécutive à
un mandat ad hoc ou à une procédure de conciliation qui a eu lieu dans les 18 mois qui précèdent,
la demande doit être examinée en présence du ministère public (L.621-1) et le tribunal peut se faire
communiquer les pièces et actes relatifs à cette procédure.
Outre ces deux auditions obligatoires, le tribunal, d'après l'article L. 621-1 du code de commerce,
peut entendre " toute personne dont l'audition lui paraît utile ".
Exemple
Il peut s'agir des établissements financiers, des organismes de prévoyance sociale ou de
l'administration fiscale qui pourront lui donner des renseignements précieux sur la situation
financière de l'entreprise.
2) En outre, le tribunal saisi a la possibilité de commettre un juge enquêteur pour recueillir tout
renseignement sur la situation financière, économique et sociale de l'entreprise ainsi que sur le
nombre de salariés et le montant du chiffre d'affaires ([Link]. art. L.621-1).
La désignation de ce juge enquêteur est facultative, mais elle est de nature à éclairer le tribunal
sur l'opportunité d'ouvrir une procédure de sauvegarde ou, le cas échéant, de redressement ou de
liquidation judiciaire.
Jurisprudence
Le jugement est susceptible d'un appel dans les dix jours , de la part du débiteur, des créanciers
poursuivants (en dehors de la sauvegarde) et du ministère public (Art. L.661-1 [Link].). Il peut aussi
faire l'objet d'une tierce opposition dans les dix jours suivant la publicité au BODACC de la part de
toute personne non partie à l'instance ; Certains jugements d'ouverture ont déjà fait l'objet de tierce-
oppositions. Elles ont été déclarées recevables mais mal fondées/ [Link] VERSAILLES 15 juin 2006
et Lyon 29 juin 2006, précitées, Dr. & patr. N°160, p.81).Ce jugement d'ouverture est essentiel car
il fait courir différents délais pour déclarer les créances ou revendiquer les biens, et en outre, il fige
la situation des créanciers à cette date et entraîne un dessaisissement variable du débiteur.C'est
en outre le jugement d'ouverture qui va fixer la structure de la procédure collective.
c) Voies de recours
Une fois rendu, le jugement d'ouverture peut être frappé de voies de recours mais celles-ci, comme
toujours dans les procédures, sont conçues de manière restrictive afin d'assurer la stabilité de la
décision et de parvenir à une solution rapide . Le législateur a voulu éviter que les procès ne
s'éternisent, au détriment de l'entreprise et surtout de ses créanciers. Néanmoins, la loi du 26 juillet
2005 a « tempéré ce verrouillage législatif » afin d'ouvrir plus largement les voies de recours et
de tarir les nombreux recours-nullité qui avaient été suscités par l'ancien texte .Même, si elles ont
été assouplies, les voies de recours demeurent cependant soumises à des conditions d'exercice
rigoureuses qu'il s'agisse des voies de recours ordinaires ou de la tierce-opposition .
[ens
Mais, la Cour de cassation, par cinq arrêts du 30 juin 2009 a admis la recevabilité de la tierce
opposition en cassant,au visa du règlement n° 1346/2000 du 29 mai 2000 relatif aux procédures
d'insolvabilité et de l'article 6 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et
des libertés fondamentales, les arrêts de la Cour d'appel de Paris du 29 novembre 2007 pour avoir
méconnu le droit d'accès au juge (Cass. com. 30 juin 2009, Rev. proc. coll. 2009, p. 10, concl. R.
BONHOMME ; D. 2009, p. 1886, obs. A. LIENHARD ; V. aussi, M. MENJUCQ, Affaire Eurotunnel :
« Une cassation bienvenue », Rev. procl coll. 2009, n° 4, p. 1), .
Pour la Cour de cassation, « les créanciers domiciliés dans un État membre autre que celui de la
juridiction qui a ouvert une procédure principale d'insolvabilité ne peuvent être privés de la possibilité
effective de contester la compétence assumée par cette juridiction ». Cette solution, fondée sur les
principes du droit européen, risque d'ouvrir une contestation systématique des décisions d'ouverture
33
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dans la mesure où la solution qu’elle retient pour des créanciers étrangers serait étendue à des
créanciers nationaux.
La Cour d’appel de Paris , dans l’affaire « Cœur de la Défense » déjà citée a d’ailleurs admis la
tierce-opposition de créanciers français sans s’interroger sur sa recevabilité ce qui était critiquable
( CA Paris 25 févr. 2010, Pôle 5, RG n°09/22756,SA Eurotitrisation C/SARL Dame Luxembourg ;
[Link] et [Link], Affaire « Cœur Défense » : exemple d’instrumentalisation de la procédure
de sauvegarde, D.2010,p.579,obs. [Link] et [Link] ; F-X Lucas, Les difficultés des LBO
sont-elles solubles dans la sauvegarde ? [Link] sociétés 2010,p.211; [Link] , Conditions
d’ouverture de la sauvegarde :le recadrage de la Cour d’appel de Paris, [Link]. 25 avr.2010,n
°8,p.1; [Link], Affaire Heart of la Défense :incertitudes sur le critère d’ouverture de la procédure
de sauvegarde : [Link]. 2010,p.13 ; [Link]-Galle, L’affaire « Cœur Défense » : du
nouveau, LPA 9 mars 2010,n°48,p.12 : P-M Le Corre, La notion de difficultés que le débiteur ne peut
surmonter, A propos de CA Paris, pôle 5, ch.9, 25 février 2010 : Affaire Cœur Défense, [Link].
16.17 avr.2010, p.13 ; [Link]-Alary-Houin, [Link] et patr. Sept.2010).
Mais, la Cour de cassation, par 3 arrêts du 8 mars 2011, a rejeté sur ce point les pourvois formés
contre les arrêts de la Cour d’appel de Paris et a déclaré recevable la tierce-opposition des créanciers
sans distinction étrangers ou français s'ils peuvent se prévaloir d'une atteinte à leur intérêt propre
( [Link]. 8 mars 2011, 3 arrêts, Pourvois n° 10-13.998 ; 10.13 989, 10-13990).
Telles sont les règles qui gouvernent l'ouverture de la période d'observation. Une fois que l'entreprise
est ainsi entrée en procédure et que les recours contre le jugement d'ouverture sont épuisés, ou bien,
le tribunal estime que l'ouverture d'une procédure de sauvegarde de l'entreprise est impossible et il
ouvre immédiatement la procédure de liquidation sans période d'observation, ou bien, il considère
que l'entreprise peut être sauvée et se déroule la période d'observation proprement dite.
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Section 5. La structure de la procédure de sauvegarde
Dans l'hypothèse où le tribunal est saisi par anticipation d'une demande d'ouverture de la procédure
de sauvegarde par une entreprise qui n'est pas en état de cessation des paiements, il ouvre cette
procédure, fixe la durée de la période d'observation et met en place les organes judiciaires
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Le juge-commissaire C'est un organe fondamental de la
procédure collective. Il appartient au tribunal
de commerce ou de grande instance.
Son rôle est essentiel car il a pour
mission de veiller au bon déroulement
de la procédure et d'accélérer [Link]
attributions sont extrêmement diverses et
tout aussi importantes dans la procédure de
sauvegarde , dans le redressement que dans
la liquidation judiciaires (Art.L.621-4 [Link].).
Remarque
Ces désignations ont lieu dans 20 % des
procédures environ et sont très variables
selon les tribunaux.
Remarque
Il est très rare que les contrôleurs exercent cette faculté d’agir.
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