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Compétence Notaire Territoriale

Le cours de droit notarial de Vincent Egéa présente le notaire comme un officier public chargé d'authentifier, conserver et délivrer des actes juridiques, avec des racines historiques remontant à l'Égypte ancienne. La profession est strictement encadrée par des textes législatifs et des organes représentatifs, garantissant la sécurité juridique. Le notaire joue également un rôle essentiel en matière de conseil juridique et de publicité foncière.

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Compétence Notaire Territoriale

Le cours de droit notarial de Vincent Egéa présente le notaire comme un officier public chargé d'authentifier, conserver et délivrer des actes juridiques, avec des racines historiques remontant à l'Égypte ancienne. La profession est strictement encadrée par des textes législatifs et des organes représentatifs, garantissant la sécurité juridique. Le notaire joue également un rôle essentiel en matière de conseil juridique et de publicité foncière.

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Cours : Droit notarial

Auteur : Vincent Egéa


Leçon n° 1 : Le Notaire et son office

Table des matières


Section 1. Le notaire.................................................................................................................................................... p. 2
§1. Historique ..................................................................................................................................................................................... p. 2
§2. Le notaire : une définition.............................................................................................................................................................p. 2
A. Fonction du notaire..................................................................................................................................................................................................p. 2
B. Le statut du notaire................................................................................................................................................................................................. p. 4
Section 2. L’encadrement de la fonction de notaire.................................................................................................p. 5
§1. Les textes organisant la profession ............................................................................................................................................ p. 5
§2. Les organes représentatifs........................................................................................................................................................... p. 5
A. Les organes représentatifs locaux ......................................................................................................................................................................... p. 6
1. La chambre des notaires ........................................................................................................................................................................................................................ p. 7
2. Le Conseil régional des notaires............................................................................................................................................................................................................. p. 7
B. Le Conseil supérieur du notariat, organe représentatif national............................................................................................................................. p. 8
C. Le rôle du Congrès des notaires de France ......................................................................................................................................................... p. 8
Section 3. L’exercice de la profession de notaire ................................................................................................... p. 9
§1. L’office notarial .............................................................................................................................................................................p. 9
A. Les modalités d’exercice de la fonction notariale. ................................................................................................................................................. p. 9
B. Les membres de l’office.......................................................................................................................................................................................... p. 9
§2. Les obligations du notaire...........................................................................................................................................................p. 10
A. Les interdictions..................................................................................................................................................................................................... p. 10
B. Les devoirs ........................................................................................................................................................................................................... p. 12

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Le notaire est évidemment au centre de ce que l’on pourrait nommer le « droit notarial ». Une telle dénomination
n’a cependant qu’une vertu pédagogique et ne correspond en rien à une quelconque division matérielle du droit
positif de caractère opératoire. Pour être exact, l’expression « droit notarial » désigne les règles de droit qui sont
mises en œuvre par un professionnel du droit particulier : le notaire.

Il paraît donc somme toute assez logique de débuter cette étude par une présentation de ce professionnel du droit
qu’est le notaire (Section 1). Une telle présentation serait cependant bien incomplète si elle ne s’intéressait pas
au cadre d’exercice actuel de la profession de notaire qui est l’office (Section 2), ou pourrait-on dire son étude.

Section 1. Le notaire
Pour bien définir le notaire en droit positif (§2), il convient préalablement de procéder à un rappel historique (§1).

§1. Historique
Les origines de la profession de notaires sont particulièrement anciennes. Il semble établi qu’en Egypte, déjà,
les scribes étaient chargés de la rédaction des actes. De même, il semble qu’à Babylone, en Grèce et chez
les hébreux, il existait déjà des intermédiaires instruits et éclairés chargés de rédiger des actes pour le compte
d’autrui. Cela étant, une grande diversité des fonctions et statuts semble avoir existé (J.-F. Pillebout, J-Cl.
Notariat formulaire, Fasc. 10 : Notariat – Historique, n° 1 et s.). A Rome, ce sont les tabellionnes qui rédigeaient
des conventions qui ne bénéficiaient cependant pas de la pleine authenticité. Dans le dictionnaire de la culture
juridique, J. Hilaire retrace l’histoire du notariat français (J. Hilaire, V° Notaire, in Dict. cult. Juridique, dir. S. Rials
et D. Alland, éd. PUF et Lamy, 2003.). Le notariat actuel plonge ses racines dans le notariat public, apparue
dans les pays de droit écrit, en France, à partir du XIIe siècle. Il n’est pas surprenant que le notaire, de par sa
fonction d’authentification et de conservation des actes se soient d’abord développé dans les provinces du sud
de la France, pays de droit écrit. Ainsi l’authentification par un notaire remplace le système d’authentification
faite par l’apposition du sceau d’un magistrat. L’acte rédigé par le notaire est quant à lui authentique parce que
rédigé par le notaire.

Si sous l’ancien droit les notaires sont apparus très tôt dans les pays du Sud, pays de droit écrit et que
l’authentification des actes juridiques existait déjà et passait alors par l’apposition d’un sceau du notaire, une
très grande diversité se constatait alors quant à l’organisation du notariat. Certains notaires étaient rattachés à
l’Eglise, d’autres aux seigneurs. Il existait enfin des notaires apostoliques (sur cette diversité, cf. J. de Poulpiquet,
n° 6).

Dans les pays de droit coutumier en revanche, la fonction de notaire apparaît plus tardivement. Suite à édit de
Charlemagne et surtout de Saint-Louis, le notariat est organisé.

Il semble que le notariat ait connu un période de déclin à partir du début du XVIe siècle, dû notamment à
l’abandon de l’emploi du latin, à l’hérédité et à la vénalité des offices (J. De Poulpiquet, n° 7 et 8). Ce sera la
Révolution qui fera renaître la profession de notaire, par l’abolition de l’hérédité et de la vénalité des charges,
par l’unification du notariat. En définitive, la loi du 25 ventôse an XI (c’est à dire le 16 mars 1803) constitue le
texte fondateur du notariat moderne.

§2. Le notaire : une définition


Définir ce professionnel du droit particulier qu’est le notaire nécessite d’une part de s’intéresser à la fonction du
notaire (A), avant d’expliquer d’autre part le statut du notaire (B).

A. Fonction du notaire
En droit positif, selon le Vocabulaire juridique, rédigé sous la direction de Cornu (éd. PUF), le notaire est
« l’officier public qui a pour fonction de recevoir, dans l’étendue de son ressort, les actes auxquels les parties
doivent ou veulent donner un caractère authentique, d’en assurer la date, d’en conserver le dépôt et d’en
délivrer des copies exécutoires (grosses) et des expéditions ». Ces dernières sont des copies avec certification
de conformité à la minute, c'est-à-dire à l’original de l’acte authentique.

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D’emblée, il faut souligner qu’une telle définition met en avant :

Le statut du notaire La fonction du notaire Les actes du notaire

Le notaire est un agent public. Le notaire a pour fonction L’acte notarié est un acte
d’assurer l’authentification, la authentique qui a une place
conservation et la délivrance des particulière dans la hiérarchie
actes. française des actes juridiques
(Cf. infra.). L’acte authentique
est l’acte juridique le plus
incontestable, c'est-à-dire doté
de la plus grande force probante.

La définition précédemment rappelée évoque aussi la compétence du notaire « dans l’étendue de son ressort ».
Quelle est la compétence territoriale du notaire ?

Un décret du 29 avril 1986 a étendu la compétence territoriale du notaire à l’ensemble du territoire national.

Cette compétence territoriale large ne trouve une limite qu’en matière d’actes dits « répétitifs ». Ces derniers ne
pourront être reçus que dans le ressort de la Cour d’appel ou des tribunaux de grande instance limitrophes.

Au-delà de cette compétence territoriale élargie, l’on peut donc retenir de la définition du notaire précédemment
rappelée les traits caractéristiques suivants :
• un statut (officier public et ministériel) ;
• une fonction (authentifier et conserver des actes) ;
• des actes spécifiques (les actes notariés sont des actes authentiques).

Remarque
L’on pourra ajouter à ces trois traits caractéristiques une définition du Conseiller d’Etat Réal, dans l’exposé
des motifs de la loi du 25 Ventôse an XI, demeurée très célèbre et qui définissait ce que l’on pourrait nommer
l’office du notaire, au sens de charge du notaire : « Ces conseils désintéressés, ces rédacteurs impartiaux,
cette espèce de juges volontaires qui obligent irrévocablement les parties contractantes, sont les notaires ».

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B. Le statut du notaire
Le notaire présente la particularité d’être un officier public et ministériel. Selon le vocabulaire juridique rédigé
sous la direction de Cornu (éd. PUF), l’officier ministériel est titulaire d’une charge – d’une fonction publique
- rattachée à l’administration de la justice, alors que l’officier public est titulaire d’un office non rattaché à
l’administration de la justice. Il faut reconnaître au demeurant, avec les auteurs du Vocabulaire juridique, que
la distinction tend à s’estomper puisque la réglementation est en partie commune et que les officiers publics et
ministériels sont tous propriétaires de leur office et rémunérés par leur clientèle.

D’un point de vue strictement statutaire, le notaire n’est bien évidemment pas un fonctionnaire. Pour autant,
d’un point de vue fonctionnel, il n’est sans doute pas inexact d’affirmer comme le fait Mme de Poulpiquet que
le notaire « assume une mission de service public dont la permanence et la continuité doivent être maintenues.
Le notaire doit être toujours disponible. Il n’y a pas de fermeture des études en dehors des dimanches et jours
fériés. On peut, à tout instant, en cas d’urgence, demander à un notaire d’instrumenter. Il ne peut s’y refuser.
La pérennité de son office est assurée par la transmission des minutes et de la comptabilité à son successeur.
Il est nommé par arrêté du garde des Sceaux. Cette nomination, toutefois, a lieu en principe sur la présentation
de son prédécesseur. Après cette nomination, le notaire exerce sa fonction sous la surveillance et le contrôle
des parquets sans être subordonné à l’autorité hiérarchique du garde des Sceaux. Sa rémunération n’est pas
libre, mais tarifée par la loi » (J. De Poulpiquet, Rép. Civ. Dalloz, V° Notaire, n° 10).

A cette énumération, il convient d’ajouter sans doute d’autres éléments qui attestent de cette mission de service
public assumée par le notaire.

• D’une part, le notaire joue un rôle central en matière de publicité foncière et hypothécaire (cf. infra). On
peut là aussi y voir une fonction tout à fait spécifique directement liée à la sécurité juridique.
• D’autre part, le notaire a une tâche importante en matière de fiscalité, par exemple en ce qui concerne les
droits de mutation à titre gratuit.

Parce qu’il est chargé par la puissance publique de cette mission de service public, le notaire est statutairement
un officier public. C’est la raison pour laquelle il appose son sceau sur les actes juridiques et que ses certains
actes notariés sont énumérés par l’article 3 de la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des voies civiles
d’exécution parmi les titres exécutoires.

Remarque
Il convient ici de noter que ce texte sera remplacé à compter du 1er juin 2012 par le Code des voies d’exécution,
suite à l’ordonnance n° 2011-1895 du 19 décembre 2011 qui codifie « à droit constant le droit français des
voies d’exécution ».

Pour autant, il serait erroné de cantonner la fonction du notaire à cette seule mission de service public. A bien
des égards en effet, le notaire exerce aussi une profession libérale. Cette affirmation fait l’objet il est vrai de
débats et controverses (cf. J. de Poulpiquet, op. cit., n° 11 et s.). Ces éléments ont été particulièrement visibles
à l’occasion des discussions menées dans le cadre de la Commission Darrois dont les travaux ont servi de
base pour la rédaction de la loi n° 2011-331 du 28 mars 2011 de modernisation des professions judiciaires ou
juridiques et certaines professions règlementées.

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Section 2. L’encadrement de la fonction de notaire
La profession de notaire est très strictement encadrée. Ceci ne surprend guère au regard du rôle joué par le
notaire en droit positif. L’encadrement strict de la fonction de notaire est donc un gage de sécurité juridique. Il
s’exprime d’une part au travers des textes organisant la profession (§1) et d’autre part au travers de la création
d’organes représentatifs (§2).

§1. Les textes organisant la profession


La loi du 25 ventôse an XI constitue le texte fondateur de l’organisation française du notariat. En deux siècles,
cette loi a subi des modifications et réformes, notamment opérées par une loi n° 66-1012 du 28 décembre 1966,
par les décrets n° 71-941 et 71-942 du 26 novembre 1971. Pour autant, les fondements de la profession de
notaire mis en place par la loi du 25 ventôse an XI continuent aujourd’hui encore de définir cette profession.

D’un point de vue statutaire, la profession de notaire est organisée par une importante ordonnance n° 45-2590
du 2 novembre 1945 relative au statut du notariat, et par un décret n° 45-0117 du 19 décembre 1945 pris pour
l’application du statut du notariat. Ces textes font régulièrement l’objet de modifications. La dernière en date a été
introduite par la loi n° 2010-1609 du 22 décembre 2010, relative aux professions judiciaires, dite loi « Béteille »,
qui a, notamment, mis en place une importante obligation de formation continue du notaire (cf. art. 1 quater
de l’ord. n° 45-2590 du 2 nov. 1945, dans sa réd. issue de la loi n° 2010-1609 du 22 déc. 2010).

L’article 1er de cette ordonnance définit la fonction de notaire : « Les notaires sont les officiers publics,
établis pour recevoir tous les actes et contrats auxquels les parties doivent ou veulent faire donner le caractère
d'authenticité attaché aux actes de l'autorité publique, et pour en assurer la date, en conserver le dépôt, en
délivrer des grosses et expéditions ».

Le notaire occupe donc une place centrale en droit français, puisqu’il est chargé d’une importante fonction
d’authentification des actes juridiques. Une telle fonction a un lien direct avec l’impératif de sécurité
juridique. Pour autant, il serait erroné de cantonner le notaire à cette seule fonction d’authentification des actes.
A côté de cette fonction première, il existe en effet d’autres fonctions, très importantes qui en sont le complément
direct, telles que la conservation des actes ou encore la délivrance de copie. L’article 1er de l’ordonnance n°
45-2590 du 2 novembre 1945 est explicite sur ce point. Les fonctions de conservation des actes et de délivrance
de copies constituent des conséquences directes de la fonction d’authentification des actes. Elles en sont à la
fois le support et le prolongement.
De manière plus large, le notaire est aussi investi d’une importante mission de conseil juridique, à propos
des actes qu’il rédige bien sûr. Nous verrons en effet (cf. infra) que, tenu d’assurer l’efficacité juridique des
actes qu’il rédige, le notaire est investi d’un devoir de conseil important et répond à ce titre d’une responsabilité
professionnelle. Cela étant, la mission de conseil peut en réalité dépasser le cadre strict des actes rédigés par
le notaire pour concerner des questions juridiques qui ne donneront pas nécessairement lieu à la rédaction d’un
acte.
Ensuite, le texte détermine les organes représentatifs de la profession, tant au niveau local que national, en
précise la composition et les attributions (cf. infra).

A ce texte, il faut ajouter également un important décret n° 71-941 du 26 novembre 1971 relatif aux actes rédigés
par les notaires. Ce texte, qui fera l’objet d’une étude plus détaillée lors du thème consacré à l’acte notarié (cf.
infra), fixe un nombre important de règles en matière de rédaction et de conservation des actes notariés.

§2. Les organes représentatifs


L’ordonnance n° 45-2590 du 2 novembre 1945 relative au statut du notariat, et le décret n° 45-0117 du 19
décembre 1945 pris pour l’application du statut du notariat, organisent des organes représentatifs locaux (A), les
chambres des notaires (département) et le conseil régional des notaires (ressort de Cour d’appel), mais aussi le
Conseil supérieur du notariat, organe représentatif national (B). Il faut ajouter le rôle joué par le congrès annuel
des notaires de France (C) qui ne constitue pas, à proprement parler, un organe représentatif de la profession,
mais dont l’importance et la qualité des travaux sont tels que les rapports de clôture exercent une véritable
influence tant sur la pratique notariale que sur le pouvoir législatif et exécutif.

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Juridiquement, ces organes représentatifs de la profession de notaires sont des groupements d’utilité publique.

A. Les organes représentatifs locaux


Les organes représentatifs locaux sont organisés sur une division géographique et territoriale relativement
simple. Dans chaque département se trouve en principe une chambre des notaires (1). Un Conseil régional

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des notaires est constitué dans chaque ressort de Cour d’Appel (2). Par souci de clarté de la présentation, les
attributions de ces organes représentatifs locaux seront présentées sous forme de schéma.

1. La chambre des notaires


Comme indiqué précédemment, la chambre de notaires est l’organe représentatif du notariat à l’échelle d’un
département. La chambre des notaires a pour attributions :

2. Le Conseil régional des notaires


Le Conseil régional des notaires correspond quant à lui au ressort territorial des Cours d’appel. Par conséquent,
un Conseil régional des notaires représente la profession de notaire sur le territoire de plusieurs chambres de
notaires. Hiérarchiquement, le Conseil régional des notaires se trouve placé à un rang supérieur à celui des
chambres de notaires qu’il regroupe.

Les attributions des Conseils régionaux des notaires peuvent être ainsi synthétisées :

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B. Le Conseil supérieur du notariat, organe représentatif national

C. Le rôle du Congrès des notaires de France


Le Congrès des notaires de France (Sur le Congrès des notaires de France, cf. J.-F. Pillebout, J.-Cl. Notariat
Formulaires, Fasc. 62, Congrès des notaires de France) ne constitue pas, à proprement parler, un organe
représentatif de la profession de notaire. Son importance doit cependant être soulignée car le Congrès des
notaires de France joue un rôle fondamental en pratique.

D’un point de vue juridique, le Congrès des notaires de France qui est une manifestation professionnelle
annuelle, est organisé depuis 1999 par une Association du Congrès des Notaires de France.

Le rôle important du Congrès des notaires de France s’explique sans doute par le nombre très important de
participants. Plus de 3000 congressistes participent en effet chaque année à ce congrès, ce qui représente
un peu moins de la moitié des notaires de France. Un tel chiffre est considérable pour une telle réunion
professionnelle.

Le rôle du Congrès des notaires de France est double. D’une part, il a pour vocation d’attirer l’attention du
législateur et du pouvoir exécutif sur des difficultés d’ordre pratiques et professionnelles. Il s’agit ainsi de
susciter des réformes. D’autre part, les discussions menées lors du Congrès des notaires de France fournissent
souvent d’importantes réponses pratiques et opératoires aux professionnels.

Chaque année, le Congrès des notaires de France place ses travaux sous le signe d’un thème de réflexion et
d’étude spécifique. Ainsi le Congrès des notaires de France de 2012, qui se tiendra à Montpellier aura pour
thème « la transmission ». Le Congrès des notaires de France de 2011, qui s’est déroulé à Cannes avait pour
thème « le financement, les moyens de ses projets, la maîtrise des risques ».

A plusieurs reprises, des réformes législatives ont pu apparaître comme les reprises de propositions formulées
lors du Congrès des notaires de France.

Exemple
L’on peut citer (Cet exemple est donné par M. J.-F. Pillebout dans son fascicule précisément consacré au
Congrès des notaires de France (op. cit.), n° 19.) ainsi les donations-partage transgénérationnelles consacrées
par l’importante loi n° 2006-728 du 23 juin 2006 de réforme des successions et qui a tenu compte ainsi des
souhaits exprimés par le notariat dès le Congrès de Deauville en 1975, puis de Versailles en 1984 et enfin
de Lille en 2000. L’influence normative des travaux des notaires est donc loin d’être négligeable. Elle tient
notamment à la qualité de ces études faites.

Dans cette perspective, l’on recommandera la lecture de l’Annexe rédigée par M. J.-F. Pillebout à la fin d’un
fascicule juris-classeur consacré au Congrès des notaires de France et qui recense scrupuleusement les
différentes avancées législatives reprises des propositions formulées par le notariat à l’occasion du Congrès
annuel.

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Section 3. L’exercice de la profession de notaire
L’exercice de la profession de notaire concerne la pratique quotidienne du notaire. Cette pratique s’effectue au
sein d’un office notarial (§1) et repose sur des obligations juridiques strictement définies (§2).

§1. L’office notarial


A. Les modalités d’exercice de la fonction notariale.
Plusieurs modalités d’exercice de la fonction de notaire existent désormais. Depuis la loi du 31 décembre 1990,
le notaire conserve bien sûr la possibilité d’exercer sa fonction à titre individuel. Cela étant, il peut également
être associé d’une société civile professionnelle ou bien d’une société d’exercice libéral. Le notaire peut
également être salarié.

La récente loi de réforme des professions judiciaires du 22 décembre 2010 n’a pas apporté de modification sur
ce point. Ses principales innovations, pour le notariat, concernent la formation continue.

La possibilité d’exercer la fonction de notaire en qualité d’associé doit être mise en perspective avec la numerus
clausus des notaires. Le nombre de notaires n’est en effet pas illimité. C’est le garde des sceaux qui a
compétence pour créer, transférer voire supprimer un office notarial. En ce sens, il convient de parler d’un
véritable numerus clausus. En revanche, au sein d’une même société, le nombre de notaires associés ou le
nombre de notaires salariés ne rencontre point de limitation. Ainsi le numerus clausus ne concerne que les
études puisque par le biais de l’association le nombre de notaires ne connaît plus de limitation.
L’office notarial constitue le cadre d’exercice, matériel et juridique, de la profession de notaires.

B. Les membres de l’office


L’on peut énumérer ainsi les membres de l’office notarial :

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L’assistant notarial A pour fonction d’assurer un travail de secrétariat
de l’étude. L’assistant notarial peut même, selon la
taille de l’office notarial qui l’emploie, être chargé de
la constitution de dossier par exemple en sollicitant
des clients la production de pièces et autres
informations nécessaire à la rédaction prochaine
d’un acte.

Le « formaliste » Est un clerc employé de l’office notarial qui


a généralement une double fonction. Avant la
rédaction de l’acte, le formaliste recueille l’ensemble
des pièces nécessaires à ladite rédaction. Il
s’agit de préparer cette fameuse rédaction en
demandant toute une série de pièces, telles que des
justificatifs d’identité ou de domicile par exemple.
Juridiquement, le formaliste a aussi en charge
de vérifier le contenu des actes, afin là encore
d’en préparer la rédaction. Après la rédaction de
l’acte, le formaliste a généralement pour fonction
de procéder aux formalités nécessaires pour le
dépôt de l’acte. Ainsi le formaliste peut être
chargé par exemple de déposer une hypothèque
constituée auprès du bureau des hypothèques. De
manière concrète, il sera donc souvent en lien non
seulement avec le notaire qui l’emploie, mais aussi
avec les clients de l’office d’une part et avec les
différentes administrations qui assurent la publicité
des actes d’autre part.

Le « comptable taxateur » Désigne la fonction occupée par un comptable, c’est


à dire un professionnel du chiffre qui a une tâche
particulière au sein d’un office notarial puisqu’il
est non seulement chargé de la gestion de l’office
(fonction de comptable) mais aussi du calcul de la
part d’impôts versée à l’Etat pour chaque acte.

Des juristes débutants ou confirmés Sont employés par les offices notariaux.
Collaborateur du notaire, le juriste prépare les
dossiers et les projets d’actes pour le notaire. Ce
sont des juristes qui sont en général en lien avec les
clients de l’office et jouent un rôle central aux côtés
du notaire.

Un négociateur immobilier Peut également exister dans certains offices,


généralement de taille moyenne ou importante. Cet
employé de l’office a en charge les contrats de
vente et les contrats de bail de biens immobiliers. Le
négociateur immobilier peut non seulement délivrer
une information aux clients de l’office relative à
l’acquisition immobilière par exemple. Il peut aussi
faire visiter des biens ou rédiger des états des lieux,
lorsque la gestion de ces biens est confiée à l’office
notarial qui l’emploie.

§2. Les obligations du notaire


Les obligations pesant sur le notaire sont de deux ordres. A côté d’interdictions faites au notaire (A), des devoirs
pèsent sur lui (B).

A. Les interdictions
Au titre des obligations juridiques du notaire, il convient d’évoquer déjà les interdictions de recevoir certains actes
de proches parents ou alliés. Nous reviendrons sur cette interdiction en étudiant l’acte notarié. Pour autant, il

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convient d’ores et déjà de mentionner au titre des obligations juridiques du notaire la nécessité d’observer une
forme de neutralité qui évince par voie de conséquence l’acte rédigé au profit d’un proche.

Au-delà de cette interdiction très générale, le notaire est soumis à d’importantes obligations, fixées notamment
par le décret n° 45-117 du 19 décembre 1945.

Ainsi l’article 13 énumère une longue série d’interdiction : « Art. 13. - Il est interdit aux notaires, soit par
eux-mêmes, soit par personnes interposées, soit directement, soit indirectement :
1° De se livrer à aucune spéculation de bourse ou opération de commerce, banque, escompte et courtage;
2° De s'immiscer dans l'administration d'aucune société ou entreprise de commerce ou d'industrie;
3° De faire des spéculations relatives à l'acquisition et à la revente des immeubles, à la cession des créances,
droits successifs, actions industrielles et autres droits incorporels;
4° De s'intéresser dans aucune affaire pour laquelle ils prêtent leur ministère;
5° De recevoir ou conserver des fonds, à charge d'en servir l'intérêt;
6° De se constituer garants ou cautions, à quelque titre que ce soit, des prêts à la négociation desquels ils
auraient participé, comme aussi de ceux dont les actes seraient dressés par eux ou avec leur participation;
7° De se servir de prête-nom en aucune circonstance même pour des actes autres que ceux désignés ci-dessus;
8° De consentir avec leurs deniers personnels des prêts qui ne seraient pas constatés par acte authentique;
9° De contracter pour leur propre compte aucun emprunt par souscription de billet sous seing privé ».

Cet article, malgré sa lettre rigoureuse, reçoit tout de même une interprétation qualifiée de « souple », en ce
qui concerne l’interdiction des opérations spéculatives (J. de Poulpiquet, op. cit., n° 42). Est interdite en effet
la recherche systématique et répétée du profit par ce type d’opérations, à titre habituel. En ce qui concerne en
revanche son patrimoine personnel, le notaire peut procéder à des opérations boursières.

Un autre assouplissement est apporté par l’article 13-1 du décret, à propos du droit des sociétés. Ce texte
dispose en effet que par dérogation aux dispositions du 2° de l'article 13, un notaire peut être administrateur ou
membre du conseil de surveillance d'une société par actions. Lorsqu'il exerce ces fonctions, il ne peut recevoir
les actes de la société.

Le notaire élu dans l'une de ces fonctions en informe, dans les quinze jours, le procureur de la République et le
président de la chambre des notaires. Il joint à sa déclaration un exemplaire des statuts sociaux et, lorsque la
société a au moins un an d'activité, une copie du dernier bilan. Il lui est délivré récépissé de sa déclaration.

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D’autres opérations, liées notamment aux opérations comptables, sont également prohibées. Ainsi, il est interdit
au notaire :

« 1° D'employer, même temporairement, les sommes ou valeurs dont ils sont constitués détenteurs, à un titre
quelconque, à un usage auquel elles ne seraient pas destinées, et notamment de les placer en leur nom
personnel;
2° De retenir, même en cas d'opposition, les sommes qui doivent être versées par eux à la caisse des dépôts
et consignations dans les cas prévus par les lois, décrets ou règlements;
3° De recevoir ou conserver aucune somme en vue de son placement par prêt, si celui-ci ne doit pas être
constaté par acte authentique;
4° De négocier, de rédiger, de faire signer des billets ou reconnaissances sous seing privé et de s'immiscer
de quelque manière que ce soit dans la négociation, l'établissement ou la prorogation de tels billets ou
reconnaissances;
5° De négocier des prêts autres qu'en la forme authentique et qu'assortis d'une sûreté réelle ou de la caution
d'un établissement financier ou bancaire ;
6° De laisser intervenir leurs clercs sans un mandat écrit dans les actes qu'ils reçoivent ».

B. Les devoirs
La première des obligations pesant sur le notaire est l’obligation de recevoir les actes authentiques lorsqu’il
en est requis par la loi, on parlera alors d’actes obligatoirement authentiques, ou par les parties. Dans cette
seconde hypothèse, ce sont les parties à l’acte qui, volontairement, soumettent l’acte au notaire.

Comme le notaire est un officier public, il ne saurait refuser de recevoir ces actes authentiques, sauf bien
évidemment lorsqu’il est frappé d’une interdiction de recevoir.

Par ailleurs, le notaire est tenu de respecter la tarification de certains actes déterminée par les autorités
publiques. On parle alors des émoluments du notaire, dont le montant est fixé par décret. Ce montant peut
être fixe ou proportionnel à la valeur de l’acte.

En savoir plus : Les émoluments


Cette détermination du montant des émoluments est faite par un décret n° 78-262 du 8 mars 1978, récemment
modifié par un décret n° 2011-188 du 17 février 2011.

A côté de ces émoluments, le notaire peut également percevoir des honoraires. Les émoluments sont alors
perçus pour les actes pour lesquels le pouvoir exécutif n’a pas fixé de tarif. La rémunération est alors librement
convenue entre le notaire et le client.

En savoir plus : Les modes de rémunération


Cette dualité des modes de rémunération entre émoluments et honoraires reflète parfaitement le double statut
du notaire, à la fois officier public et professionnel libéral.

Au-delà de cette obligation le notaire est ensuite tenu de respecter un certain nombre d’obligations directement
issues de sa fonction de rédacteur d’actes authentiques. Ainsi, il est tenu de conserver les actes en minute.
Par ailleurs, il est tenu de délivrer des copies de ces actes, quand il en est requis. Ces obligations seront
détaillées plus avant dans le thème consacré à l’acte notarié.

Deux autres obligations sont liées à la fonction d’authentification du notaire.

• D’une part, le notaire est tenu de conserver les actes en minute (cf. infra acte notarié) ;
• D’autre part, le notaire est tenu de délivrer des copies des actes qu’il conserve, quand il en est requis.

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