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Force probante de l'acte notarié

L'acte notarié est un document juridique authentique, rédigé par un notaire, qui possède une forte force probante et une date certaine, le rendant difficile à contester. Il se distingue des actes sous seing privé par sa qualité d'authenticité et peut parfois être doté de la force exécutoire. Le cours aborde l'utilité, la rédaction et la contestation de l'acte notarié, ainsi que les obligations du notaire en matière de conservation et d'authentification.

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Force probante de l'acte notarié

L'acte notarié est un document juridique authentique, rédigé par un notaire, qui possède une forte force probante et une date certaine, le rendant difficile à contester. Il se distingue des actes sous seing privé par sa qualité d'authenticité et peut parfois être doté de la force exécutoire. Le cours aborde l'utilité, la rédaction et la contestation de l'acte notarié, ainsi que les obligations du notaire en matière de conservation et d'authentification.

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Cours : Droit notarial

Auteur : Vincent Egéa


Leçon n° 2 : L'acte notarié

Table des matières


Section 1. Utilité de l’acte notarié ............................................................................................................................. p. 3
§1. La distinction entre acte authentique et acte sous seing privé.................................................................................................... p. 3
§2. Les qualités de l’acte notarié ...................................................................................................................................................... p. 4
A. La date certaine.......................................................................................................................................................................................................p. 4
B. La conservation de l’acte authentique.....................................................................................................................................................................p. 4
C. La force exécutoire ................................................................................................................................................................................................ p. 5
§3. Le recours à l’acte notarié............................................................................................................................................................p. 6
Section 2. La rédaction de l’acte notarié .................................................................................................................. p. 7
§1. La manière de rédiger ................................................................................................................................................................. p. 7
A. Le contenu de l’acte ...............................................................................................................................................................................................p. 7
B. La forme de l’acte....................................................................................................................................................................................................p. 7
§2. Les interdictions de recevoir.........................................................................................................................................................p. 8
§3. La rédaction par un clerc de notaire............................................................................................................................................ p. 8
Section 3. La contestation de l’acte notarié............................................................................................................ p. 10
§1. Charge de la preuve...................................................................................................................................................................p. 10
§2. L’inscription de faux à dire incident............................................................................................................................................ p. 11
§3. L’inscription de faux à titre principal........................................................................................................................................... p. 11

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L’acte notarié se trouve au cœur de l’exercice de la profession de notaire. C’est par l’acte notarié et dans l’acte
notarié que s’exprime l’authentification dont le notaire a la lourde charge.

L’acte notarié est un mode de preuve, par écrit, doté de la plus haute force probante concevable.
Dit autrement, la véracité d’un acte notarié est particulièrement difficile à contester car il s’agit d’un acte
authentique et non pas d’un simple acte sous seing privé.

Classiquement, il convient ici d’établir une distinction fondamentale entre la force probante de deux catégories
d’actes juridiques, les actes sous seing privé et les actes authentiques. Très simplement, l’acte sous seing
privé a une force probante dont l’intensité est inférieure à celle des actes authentiques. Une telle
présentation classique doit aujourd’hui être complétée en raison de la création récente d’un acte, l’acte avec
contreseing d’avocat.

En savoir plus : L’acte avec contreseing d’avocat


Créé par la loi n° 2011-331 du 28 mars 2011 de modernisation des professions judiciaires ou juridiques et
certaines professions réglementées, l’acte sous contreseing d’avocat créé un échelon entre l’acte sous seing
privé et l’acte authentique.

En effet, l’article 66-3-1 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, modifié par la loi n° 2011-331 du 28 mars
2011, dispose qu’en contresignant un acte sous seing privé, l’avocat atteste avoir éclairé pleinement les parties
qu’il conseille sur les conséquences juridiques de cet acte.

Le texte suivant précise quant à lui que l’acte sous seing privé contresigné par les avocats de chacune des
parties ou par l’avocat de toutes les parties fait pleine foi de l’écriture et de la signature de celles-ci tant à leur
égard qu’à celui de leurs héritiers ou ayants cause. La procédure de faux prévue par le code de procédure civile
lui est applicable.

Cette précision étant faite, il convient donc de présenter l’utilité de l’acte notarié (Section 1), avant de voir sa
rédaction (Section 2) et sa contestation (Section 3).

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Section 1. Utilité de l’acte notarié
§1. La distinction entre acte authentique et acte sous seing privé
Ainsi peut-on classer les actes juridiques, en fonction de leur force probante, selon un schéma :

On le voit à la lecture du schéma qui précède, la force probante particulièrement importante de l’acte authentique
est liée à la qualité de son auteur. C’est parce qu’il est rédigé par un officier public que l’acte authentique sera
bien plus difficile à contester qu’un acte sous seing privé.

L’acte sous seing privé, comme l’indique le schéma qui précède, est rédigé par les parties à l’acte ou par leurs
mandataires, sans formalités particulières. Par conséquent, l’acte sous seing privé tire sa valeur de la signature
des parties intéressées dont il est revêtu. Cela ne signifie pas que l’acte sous seing privé sera systématiquement
remis en cause, mais simplement qu’il sera plus aisé de remettre en cause la véracité d’un acte sous seing privé
que la véracité d’un acte authentique. L’acte sous seing privé fait en effet foi jusqu’à preuve contraire.

L’acte authentique quant à lui fait foi jusqu’à inscription en faux, c’est à dire jusqu’à la mise en place d’une
procédure relativement lourde qui consiste à contester l’authentification faite par leur rédacteur. Au demeurant, le
notaire n’est pas le seul officier public chargé de rédiger des actes authentiques. L’officier de l’état civil, l’huissier
de justice ou encore le consul sont également des officiers publics et doivent donc procéder à la rédaction de
certains actes authentiques. Le notaire quant à lui présente la particularité, sa raison d’être pourrait-on dire, d’être
chargé de manière générale de rédiger des actes authentiques. Dit autrement, leur compétence ne se limite
pas à un seul type d’acte authentique, à la différence de l’officier de l’état civil qui n’est compétent qu’en matière
d’acte de l’état civil (acte de naissance, acte de mariage, acte de décès), c'est-à-dire des actes authentiques qui
rendent compte et rendent publics les événements les plus importants de la vie d’une personne physiques. Dans
le même ordre d’idées, les consuls sont chargés de rédiger les seuls actes authentiques dressés à l’étranger.

Cette compétence très générale du notaire provient de l’ordonnance du 2 novembre 1945 elle –même qui dispose
en son article 1er que les notaires reçoivent les actes et conventions qui intéressent les particuliers. Le notaire
a donc le monopole de la rédaction des actes authentiques.

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La personne du notaire, habilitée à cette fin par la loi, justifie la force probante de l’acte notarié, quant à sa
signature, sa date et son contenu. L’acte sous seing privé quant à lui ne tire sa force, moindre, que de la
signature des parties.

Il faut ajouter pour compléter cette distinction entre l’acte sous seing privé et l’acte authentique, que les actes
authentiques sont en principe revêtus de la force exécutoire.

§2. Les qualités de l’acte notarié


L’acte authentique présente plusieurs qualités qui le distingue de l’acte sous seing privé et qui témoigne de sa
grande force probante. Il s’agit
• de la force date certaine (A) ;
• de la conservation de l’acte (B) ensuite, et ;
• de la force exécutoire parfois accordée (C) enfin.

A. La date certaine
La première qualité attachée à l’acte notarié est la date certaine. L’intervention du notaire rend la date de l’acte
absolument incontestable. Cette force probante très intense provient de l’article 1319 du Code civil.

En savoir plus : L’article 1319 du Code civil


Article 1319 al. 1er du Code civil : « L’acte authentique fait pleine foi de la convention qu’il renferme entre les
parties contractantes et leurs héritiers ou ayants cause ».

La jurisprudence a prolongé ceci en précisant, au sujet de la date de l’acte qu’un acte authentique fait foi de sa
date vis-à-vis des tiers avant même d’être soumis à l’enregistrement (Civ. 2e, 9 mai 1974, Bull. II, n° 160). Ainsi,
par lui-même, l’acte authentique a date certaine, indépendamment d’une quelconque réalisation de formalités
d’enregistrement.

B. La conservation de l’acte authentique


L’obligation de conserver les actes notariés est liée à une exigence de véracité de l’acte.

La conservation par le notaire atténue très largement les risques de falsification. Cette importante obligation
provient d’une part de la définition même de la mission du notaire, définie par l’article 1er de l’ordonnance n°
45-2590 du 2 novembre 1945 du comme l’obligation de « recevoir tous les actes et contrats auxquels les parties
doivent ou veulent faire donner le caractère d'authenticité attaché aux actes de l'autorité publique, et pour en
assurer la date, en conserver le dépôt, en délivrer des grosses et expéditions ». Elle repose également sur
l’article 13 du décret n° 71-941 du 26 novembre 1971 qui dispose que « les notaires sont tenus de garder minute
de tous les actes qu'ils reçoivent à l'exception de ceux qui d'après la loi peuvent être délivrés en brevet et des
certificats de vie, procurations, actes de notoriété, quittances de fermages, de loyers, de salaires, arrérages
de pensions et rentes ».

La minute peut se définir comme « le nom donné à l’original d’un acte authentique dans les cas où l’autorité
qui en est dépositaire ne peut s’en dessaisir, sauf à en remettre des copies ou des extraits (Cornu G., dir.,
Vocabulaire juridique, V° Minute). En pratique, l’on désigne par le terme « minutier » le registre des actes d’un
office notarial.

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L’article 21 du décret 71-941 du 26 novembre 1971 dispose en effet que les notaires tiennent répertoire de
tous les actes qu'ils reçoivent. Puis l’article suivant précise quant à lui les conditions de cette conservation :
« Les répertoires peuvent être établis sur feuilles mobiles. Leurs pages sont numérotées. Elles sont visées et
paraphées par le président de la chambre des notaires ou son délégué. La formalité du paraphe peut toutefois
être remplacée par l'utilisation d'un procédé empêchant toute substitution ou addition de feuilles. Les répertoires
sont tenus jour par jour. Ils contiennent la date, la nature, l'espèce de l'acte, les noms des parties et toutes
autres mentions prescrites par les lois et règlements ».

L’obligation de conservation complète la fonction d’authentification du notaire. En effet, la conservation facilite


la délivrance de copies et constitue donc une garantie face à d’éventuelles falsifications de l’acte.

C. La force exécutoire
Les actes notariés sont parfois dotés de la force exécutoire. Le Vocabulaire juridique Cornu définit la force
exécutoire d’un acte juridique comme « qui peut être mis à exécution, au besoin par la force (avec le concours
de la force publique) ». La force exécutoire est d’ordinaire attachée aux décisions de justice qui sont revêtues
de la formule exécutoire, dont la lettre est explicite.

En savoir plus : La lettre


La République française mande et ordonne à tous huissiers de justice, sur ce requis, de mettre ledit jugement à
exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux de grande instance
d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront
légalement requis.

Un lien doit être fait entre la force exécutoire dont l’acte peut être doté et sa conservation. Le notaire est en effet
chargé de conserver les actes qu’il rédige. Cette obligation est inhérente à sa fonction d’authentification des actes
et à sa qualité de rédacteur. S’il en est requis le notaire délivre une copie de l’acte, que l’on nomme la « copie
exécutoire » et qui précédemment se nommait « la grosse ». En pratique, ce terme de « grosse » est encore
couramment employé. Quand une telle copie lui est réclamée, le notaire vérifie sa conformité à l’acte original
et bénéficie de la possibilité d’apposer la formule exécutoire sur cette copie exécutoire, lorsque la créance est
liquide et exigible. Concrètement, cela signifie donc que le créancier n’aura pas à faire reconnaître en justice sa
créance et qu’il pourra donc faire procéder directement par un huissier de justice à une voie civile d’exécution.
C’est la raison pour laquelle les actes notariés revêtus de la formule exécutoires sont énumérés par la loi du 9
juillet 1991 parmi les « seuls titres exécutoires » de droit positif.

Par souci de sécurité juridique, le notaire qui délivre une telle copie exécutoire a l’obligation de mentionner qu’il
s’agit d’une « copie exécutoire unique », si tel est le cas, ou bien d’indiquer le numéro éventuel de cette copie.

D’un point de vue formel, l’article 15 du décret n° 71-941 du 26 novembre 1971 apporte les précisions
suivantes :
• Les grosses et expéditions sont établies de façon lisible et indélébile sur un papier d'une qualité offrant
toute garantie de conservation.
• Elles respectent les paragraphes et les alinéas de la minute. Chaque page de texte est numérotée, le
nombre de ces pages est indiqué à la dernière d'entre elles.
• Chaque feuille est revêtue du paraphe du notaire à moins que toutes les feuilles ne soient réunies par un
procédé empêchant toute substitution ou addition ou qu'elles ne reproduisent les paraphes et signatures
de la minute.
• La signature du notaire et l'empreinte du sceau sont apposées à la dernière page et il est fait mention de
la conformité de la grosse ou de l'expédition avec l'original.
• Les erreurs et omissions sont corrigées par des renvois portés soit en marge, soit au bas de la page,
soit à la fin de la grosse ou de l'expédition et, dans ce dernier cas, sans interligne entre eux. Les renvois
sont paraphés, sauf ceux qui figurent à la fin de la grosse ou de l'expédition pour l'ensemble desquels le
notaire appose un seul paraphe.
• Le nombre des mots, des chiffres annulés, celui des nombres et des renvois est mentionné à la dernière
page. Cette mention est paraphée. Les paraphes et signatures apposés sur la grosse et l'expédition sont
toujours manuscrits.

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§3. Le recours à l’acte notarié
Les hypothèses de recours à l’acte notarié, obligatoire ou facultatif, peuvent être récapitulées sous forme d’un
tableau, qui mentionne aussi la présence d’un seul ou de deux notaires.

Présence d’un ou plusieurs Acte notarié obligatoire Acte notarié facultatif


notaires

Un seul notaire • Contrat de mariage ; • Tout acte auquel les parties


• Bail de débit de boisson ; veulent donner une force
probante élevée ;
• Mainlevée d’inscription sur
fonds de commerce ; • Acte constitutif d’une
société, convention de
• Consentement à mariage PACS ;
des ascendants ;
• Convention de PACS ;
• Vente d’immeuble à
construire. • Actes translatifs ou
constitues de droits réels
immobiliers (vente, baux
de longue durée). La
forme notariée de l’acte
n’est pas obligatoire mais
l’authenticité de l’acte est
une condition de la publicité
foncière. La publication
de l’acte ne sera pas
possible si l’acte n’est
pas authentique, ce qui
rend la forme notariée
incontournable pour rendre
l’acte opposable.

Deux notaires • Testament authentique


(rédaction) ;
• Testament authentique
(révocation) ;
• Actes pour lequel une partie
ne sait pas signer.

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Section 2. La rédaction de l’acte notarié
Si la manière de rédiger l’acte notarié (§1) est très strictement encadrée, il est des hypothèses dans lesquelles
le notaire est frappé d’une véritable interdiction de recevoir certains actes (§2), expression là encore d’un
encadrement très rigoureux de l’acte notarié.

§1. La manière de rédiger


A. Le contenu de l’acte
En ce qui concerne le contenu de l’acte notarié, comme le notaire est chargé d’une mission d’authentification,
l’acte qu’il rédige ne peut relater que des éléments constatés par le notaire lui-même. La pleine foi attachée à
l’acte, qui justifie sa force probante, concerne des faits accomplis par le notaire lui-même ou, ce qui est bien
plus fréquent en pratique, des faits qui se sont passés devant lui.

En savoir plus : L’acte authentique


Ainsi, il est admis, de jurisprudence constante, que l’acte authentique fait foi jusqu’à inscription de faux des faits
que l’officier public y a énoncés comme les ayant accomplis lui-même ou comme s’étant passés en sa présence
dans l’exercice de ses fonctions (Civ. 1re, 26 mai 1964, D. 1964.627 ; Civ. 1re, 11 juin 2003, Bull. I, n° 139).

B. La forme de l’acte
La rédaction de l’acte notarié obéit à certaines obligations formelles extrêmement précises. Ainsi, l’acte notarié
doit-il être rédigé en langue française, sans blanc ni interligne. Les renvois sont portés soit en marge, soit au
bas de la page, soit à la fin de l'acte.

Par ailleurs, les renvois portés en marge ou au bas de la page sont, à peine de nullité, paraphés par le notaire et
les autres signataires de l'acte. Les renvois portés à la fin de l'acte sont numérotés. S'ils précèdent les signatures
il n'y a pas lieu de les parapher (Décret n° 71-941 du 26 novembre 1971, art. 9).

Précision importante en pratique : chaque feuille est paraphée par le notaire et les signataires de l'acte sous
peine de nullité des feuilles non paraphées. Ceci permet d’assurer l’authenticité de l’acte. Chaque page
de l’acte notariée doit être paraphée, sauf si l’acte est entièrement écrit à la main. Il s’agit ainsi d’éviter une
substitution de feuilles. Une nuance est tout de même prévue, puisque si les feuilles de l'acte et de ses annexes
sont, lors de la signature par les parties, réunies par un procédé empêchant toute substitution ou addition, il n'y
a pas lieu de les parapher (Décret n° 71-941 du 26 novembre 1971, art. 9).

En cas d’éventuelles modifications, renvois, surcharges, interlignes, ratures, l’acte doit en rendre compte. Ainsi
ces modifications, renvois ou ratures doivent-ils être paraphés. De surcroît, l’acte notarié doit porter mention, à
la fin, d’un décompte de ces modifications et autres ratures (Décret n° 71-941 du 26 novembre 1971, art. 10).

Par ailleurs l’acte est signé par les parties, les éventuels témoins et, bien sûr, par le notaire lui-même. Le décret
n° 71-941 du 26 nov. 1971 prévoit cependant que lorsque les parties ne savent ou ne peuvent signer, leur
déclaration à cet égard doit être mentionnée à la fin de l’acte.

Jurisprudence
La jurisprudence se montre particulièrement rigoureuse quant à cette exigence de signature en décidant par
exemple que le défaut de signature par l’une des parties, fût-elle simplement l’un des codonataires, constitue
un vice de forme infectant l’acte notarié de nullité absolue (Civ. 1re, 28 nov. 1972, JCP 1973, II, 17461, note
Dagot). La jurisprudence est d’ailleurs constante sur ce point (Cf. par ex. Civ. 1re, 12 juillet 2007, Bull. I, n° 267).
En cas de défaut de signature, l’acte encourt une nullité absolue (Civ. 1re, 29 nov. 1989, Bull. I, n° 368, Rép.
Def. 1990.738, obs. Aubert). Dernier signe de cette rigueur, la nullité de l’acte authentique entraîne la nullité de
tous les actes qu’il contient. Tel est le cas par exemple d’un prêt notarié qui comporterait des cautionnements
et garanties hypothécaires. Ces derniers seraient également nuls (Civ. 1re, 10 mai 2005, Bull. I, n° 207).

Remarque
Ce formalisme est en pratique extrêmement important.

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L’article 1318 du Code civil dispose en effet que « l’acte qui n’est point authentique par l’incompétence
ou l’incapacité de l’officier, ou par un défaut de forme, vaut comme preuve écrite privée, s’il a été signé des
parties ».
Par conséquent, l’acte notarié vicié est ravalé au rang de simple acte sous seing privé.

Remarque
Il perd pourrait-on dire le bénéfice de son authenticité.

Jurisprudence
En revanche, lorsque le vice est trop important, tel un défaut de signature par exemple, il ne s’agit par
simplement d’une perte de l’authenticité. Dans cette hypothèse alors, les mentions d’un acte notarié frappées
de nullité ne peuvent faire preuve comme écriture privée (Civ. 1re, 28 oct. 1986, Rép. Def. 1987.252, note Vion ;
Civ. 1re, 21 fév. 2006, Bull. I, n° 85).

En savoir plus : Evolutions technologiques


Tenant compte des évolutions technologiques, une loi n° 2000-230 du 13 mars 2000 a ajouté un alinéa à l’article
1317 du Code civil disposant que l’acte authentique peut être dressé sur support électronique s’il est établi et
conservé dans des conditions fixées par décret en Conseil d’Etat.

§2. Les interdictions de recevoir


Il convient de préciser que le notaire est frappé d’un certain nombre d’interdictions de recevoir des actes.

De par sa qualité d’officier public, le notaire est tenu d’observer une certaine neutralité.

C’est la raison pour laquelle, l’article 2 du décret n° 71-941 du 26 novembre 1971, relatif aux actes établis par
les notaires dispose (Réd. n°2005-973 du 10 août 2005) : « Les notaires ne peuvent recevoir des actes dans
lesquels leurs parents ou alliés, en ligne directe, à tous les degrés, et en ligne collatérale jusqu’au degré d’oncle
ou de neveu inclusivement, sont parties, ou qui contiennent quelque disposition en leur faveur ».

Tenant compte de l’exercice de la profession de notaire au sein de société, l’alinéa second ajoute quant à lui
que « les notaires associés d’une société titulaire d’un office notarial ou d’une société de notaires ne peuvent
recevoir des actes dans lesquels l’un d’entre eux ou les parents ou alliés de ce dernier au degré prohibé par
l’alinéa précédent sont parties ou intéressés ».

§3. La rédaction par un clerc de notaire


Une loi n° 73-546 du 25 juin 1973 a apporté une importante modification à l’article 10 de la loi du 25 ventôse
an XI (sur laquelle, cf. supra). Ce texte permet en effet aux notaires de confier la réception des actes notariés à
un clerc assermenté à certaines conditions. Les actes ainsi dressés ont la valeur d’actes authentiques au sens
des articles 1317 et suivants du Code civil.

Dans sa rédaction issue de la loi du 25 juin 1973, l’article 10 de la loi du 25 ventôse an XI dispose que « le
notaire peut habiliter un ou plusieurs de ses clercs assermentés à l’effet de donner lecture des actes et des lois
et recueillir les signatures des parties ».

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En savoir plus : Conditions pour bénéficier de l'habilitation
Une telle habilitation d’un ou plusieurs clercs nécessite cependant la réunion de plusieurs conditions.

S’agissant des conditions relatives à la S’agissant des actes reçus


personne du clerc

Il faut que ce dernier ait la qualité de clerc, Il convient de préciser que l’habilitation ne peut pas
c’est à dire remplir des conditions de diplômes jouer pour une série d’actes énumérés par le texte,
(titulaire de l’examen d’aptitude aux fonctions de tels que la réception des testaments authentiques,
notaire, diplôme de premier clerc) ou d’ancienneté les actes de consentement à mariage, les actes
professionnelle. Il doit ensuite avoir prêté serment de consentement à l’adoption. On retrouve ici
par écrit. l’énumération des actes pour lesquels la forme
notariée est obligatoire.

Si le clerc de notaire habilité lit l’acte et reçoit les signatures de parties, c’est le notaire qui continue d’authentifier
l’acte.

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Section 3. La contestation de l’acte notarié
La contestation de l’acte notarié est volontairement compliquée par la loi. Seule une procédure exceptionnelle,
l’inscription de faux en écriture publique permet de contester la validité de l’acte notarié. De la difficulté de
remettre en cause la véracité de l’acte notarié provient sa très haute force probante.

Pour autant, si la remise en cause est difficile, elle n’est pas pour autant impossible. Avant d’évoquer la procédure
d’inscription de faux proprement dite, à titre principal (§3) et surtout à titre incident (§2), il convient de préciser
certains principes relatifs à la charge de la preuve (§1).

§1. Charge de la preuve


En matière d’inscription en faux, la charge de la preuve pèse sur celui qui s’inscrit en faux contre l’acte
authentique. Concrètement, c’est donc à la partie qui conteste l’exactitude des énonciations contenues dans
l’acte notarié d’établir cette inexactitude.

Jurisprudence
La jurisprudence rappelle ainsi qu’en matière d’inscription en faux, c’est à celui qui conteste l’exactitude des
énonciations litigieuses que comporte l’acte de démontrer cette inexactitude (Civ. 1re, 19 déc. 2006, Bull. I,
n° 555).

Cette charge de la preuve s’explique logiquement et conformément au droit commun par la position procédurale
occupée par celui qui conteste la sincérité de l’acte. Il se trouve en effet en position de demandeur. Pour autant, et
de manière plus large, l’article 1319 alinéa 1er du Code civil dispose que l’acte authentique – donc l’acte notarié
– fait foi par lui-même jusqu’à inscription de faux. C’est à dire qu’une véritable présomption d’authenticité pèse
sur l’acte notarié. Par sa forme et par la qualité de son rédacteur – le notaire -, il dispense donc celui qui s’en
prévaut de démontrer plus avant l’authenticité de l’acte qui fait donc foi, par lui-même.

En savoir plus : L’étendue de l’authenticité


Pour ces raisons celui qui conteste l’authenticité de l’acte supporte la charge de la preuve dans le cadre d’une
inscription en faux. Ceci vaut non seulement pour une contestation de l’authenticité même de l’acte. De manière
plus large, liée cette fois-ci au contenu de l’acte, l’inscription en faux va permettre également de contester les
faits que l’officier public doit vérifier personnellement.

Cela signifie, que seules les énonciations que le notaire se contente de relater, c’est à dire les énonciations qu’il
n’a pas vérifiées personnellement mais qui émanent des parties elles-mêmes, font foi jusqu’à preuve contraire.
Ces énonciations-là échappent en quelque sorte au bénéfice de l’authenticité. Leur force probante est donc
moindre quoique ces énonciations apparaissent dans un acte notarié. Par conséquent, leur exactitude peut être
contestée comme celle d’un acte sous seing privé.

En ce qui concerne la procédure elle-même, il convient d’indiquer que l’inscription de faux en écriture
publique constitue une procédure volontairement compliquée. En érigeant nombre d’obstacles devant l’action
du demandeur, il s’agit de protéger les actes authentiques d’une remise en cause trop systématique. Dans un
ordre d’idées voisin, le demandeur encourt une amende civile, en cas d’échec de son action. Il s’agit ainsi de
décourager les actions fantaisistes, dilatoires, ou constitutives d’un « harcèlement » procédural.
De cette difficile remise en cause de l’acte authentique dépend en effet directement l’impératif de sécurité
juridique. Or, faut-il le rappeler, la force probante de l’acte authentique constitue précisément un gage de
sécurité juridique.

La procédure de faux en écriture publique est organisée par les articles 303 et suivants du Code de procédure
civile.

Signe de cette volonté de protéger l’acte authentique par le biais de la procédure, le chapitre du Code de
procédure civile relative à l’inscription de faux contre les actes authentiques débute par un texte qui rappelle
que l’inscription de faux contre un acte authentique donne lieu à communication au ministère public (CPC, art.
303). Puis, il est précisé dans la foulée que le demandeur qui succombe est condamné à une amende civile
d’un montant maximum de 3000 euros, sans préjudice des dommages et intérêts qui pourraient être réclamés
(CPC, art. 305).

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§2. L’inscription de faux à dire incident
L’inscription de faux contre un acte authentique peut d’une part être fait à titre incident. Dès lors, cette défense
est soulevée en réponse à une demande principale. Celui qui s’inscrit en faux doit remette au greffe de la
juridiction l’inscription en faux. En cas de représentation de la partie par un mandataire, ce dernier doit être
muni d’un pouvoir spécial. Puis dans le mois de cette inscription, la dénonciation doit être faite par notification
entre avocat, c’est à dire par acte du palais.

Jurisprudence
Faute de dénonciation de l’inscription faite dans ce délai d’un mois, le tribunal peut passer outre l’inscription et
statuer au vu de la pièce arguée de faux. Civ. 1re, 25 mai 2000, Procédures 2000, com. N° 213, note Junillon.

Le juge va statuer sur le faux, sauf s’il peut statuer sans tenir compte de cette fameuse pièce (CPC, art. 307).
Quand il statue sur la pièce arguée de faux, il peut ordonner toutes les mesures d’instruction nécessaires et il
est procédé, précise le Code de procédure civile (art. 308) comme en matière de vérification d’écriture, c’est à
dire avec des comparaisons d’écriture, des comparutions de personnes, voire avec l’aide d’un technicien.

Quand le jugement déclare l’acte comme étant bien un faux, cette décision judiciaire est mentionnée en marge
de l’acte reconnu faux (CPC, art. 310).

Remarque
Pour le notaire auteur d’un faux, ce type de décision est extrêmement grave. Le faux en écriture publique
constitue en effet la négation même de la mission du notaire qui est précisément l’authentification. C’est
la raison pour laquelle le notaire qui procéderait à la rédaction de faux s’exposerait à des poursuites pénales.
Dans ce cas, il est sursis au jugement civil jusqu’à ce que le juge pénal se soit prononcé.

En savoir plus : Droit pénal


Le faux en écriture authentique constitue également une infraction pénale sévèrement punie par le Code pénal.

Ainsi, l’article 441-4 du Code pénal prévoit que : « Le faux commis dans une écriture publique ou authentique
ou dans un enregistrement ordonné par l'autorité publique est puni de dix ans d'emprisonnement et de 150
000 € d'amende.
L'usage du faux mentionné à l'alinéa qui précède est puni des mêmes peines. »

En ce qui concerne plus spécifiquement un éventuel faux en écriture authentique qui serait commis par le
notaire, l’article 441-4 du Code pénal prévoit dans un alinéa troisième que : « Les peines sont portées à quinze
ans de réclusion criminelle et à 225 000 € d'amende lorsque le faux ou l'usage de faux est commis par une
personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public agissant dans l'exercice
de ses fonctions ou de sa mission ».

La procédure qui vient d’être décrite concerne l’incident d’inscription en faux soulevé devant le tribunal de grande
instance ou devant la Cour d’appel. Il convient de préciser ici que l’inscription de faux incidente peut, aussi, être
soulevée devant d’autres juridictions. Dans cette hypothèse, il est alors sursis à statuer jusqu’à jugement sur
le faux (CPC, art. 313), sauf à écarter directement la pièce litigieuse, lorsque l’on peut statuer sur le principal
sans tenir compte de cette pièce.

§3. L’inscription de faux à titre principal


La procédure d’inscription de faux à titre principal est organisée par les articles 314 à 316 du Code de procédure
civile. Formée à titre principal, cette procédure à pour finalité de faire constater l’inexactitude de l’acte.
L’introduction de l’instance débute, comme pour l’inscription à titre incident, par une inscription en faux faite
au greffe de la juridiction. Une copie de l’acte d’inscription devra être jointe à l’assignation. Il s’agit donc ici
d’une formalité préalable qui va conditionner l’introduction de l’instance. L’assignation doit en outre contenir la
sommation pour le défendeur de déclarer s’il entend ou no faire usage de l’acte prétendu faux ou falsifié.

Ici encore, un délai d’un mois est prévu par le Code de procédure civile suite à l’inscription en faux. A peine de
caducité de cette dernière, l’assignation doit être faite dans ce délai d’un mois (CPC, art. 314).

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Suite à cette assignation comportant la sommation évoquée, deux issues sont concevables :

Soit le défendeur déclare ne pas vouloir se servir de Soit le défendeur ne comparaît pas ou déclare
la pièce arguée de faux et le juge en donne acte au vouloir se servir de la pièce litigieuse et il est
demandeur (CPC, art. 315). procédé comme pour l’inscription de faux à titre
incident (CPC, art. 316).

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