Cours : Droit notarial
Auteur : Vincent Egéa
Leçon n° 4 : L’adoption d’un régime matrimonial
Table des matières
Section 1. Généralités autour des régimes matrimoniaux ...................................................................................... p. 2
§1. Définition du régime matrimonial.................................................................................................................................................. p. 3
§2. Sources du régime matrimonial ...................................................................................................................................................p. 5
Section 2. La liberté conventionnelle en matière matrimoniale ............................................................................. p. 7
§1. Principe ........................................................................................................................................................................................ p. 7
§2. Limites........................................................................................................................................................................................... p. 8
Section 3. Les formalités (notariales) précédant la célébration du mariage ....................................................... p. 10
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L’adoption d’un régime matrimonial constitue une part importante de la pratique notariale. En ce qui concerne
l’organisation patrimoniale du couple marié, les époux ne sont pas tenus de faire rédiger un contrat de mariage
qui détermine les règles organisant les rapports pécuniaires des époux entre eux, d’une part et à l’égard des tiers,
d’autre part. Pour autant, lorsque les époux manifestent un tel choix, le contrat de mariage doit nécessairement
être fait sous forme notariée. L’intervention du notaire est alors indispensable.
En savoir plus : Défaut de contrat de mariage
Par ailleurs, même à défaut de contrat de mariage, les époux sont nécessairement soumis à un régime
matrimonial. Les règles de ce régime matrimonial sont alors fixées par le Code civil lui-même. Il s’agit du régime
légal de communauté réduite aux acquêts. L’intervention du notaire n’est nullement requise dans cette situation.
Pourtant le notaire dans une fonction de conseil peut intervenir au stade de l’adoption du régime matrimonial
mais aussi lors du fonctionnement de cette fameuse communauté réduite aux acquêts.
Section 1. Généralités autour des régimes matrimoniaux
Le droit français se caractérise par une dualité de sources du régime matrimonial. En effet, le régime matrimonial
d’un couple marié peut provenir des dispositions du Code civil lui-même ou d’un contrat de mariage rédigé par le
notaire. Avant cependant de s’intéresser aux sources du régime matrimonial (§1), il convient de définir le régime
matrimonial (§2).
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§1. Définition du régime matrimonial
De manière large, on peut définir le régime matrimonial comme un ensemble de règles qui organisent
• d’une part, les relations patrimoniales entre les époux, ce qui regroupe les questions de propriété des
biens et les questions de pouvoirs sur les biens et ;
• d’autre part, les relations patrimoniales entre le couple marié et les tiers.
De manière plus précise, on peut ajouter qu’il existe plusieurs régimes matrimoniaux prévus par le Code civil
qui s’organisent autour de deux grands modèles :
• le modèle communautaire d’une part ;
• le modèle séparatiste d’autre part.
En savoir plus : Modèle communautaire et modèle séparatiste
Dans le modèle communautaire Dans le modèle séparatiste
Dans le modèle communautaire, une partie des Dans le modèle séparatiste en revanche, chaque
biens des époux est mise en commun et compose époux conserve la propriété exclusive de ses biens
ainsi une masse de biens qui appartient aux époux et bénéficie seul des pouvoirs sur ces biens.
ensemble et sur laquelle ils ont des pouvoirs
identiques et concurrents.
Au-delà de cette division entre deux modèles d’inspirations différentes, il faut préciser qu’il existe différents
degrés au sein de chaque modèle. Ainsi, le modèle communautaire se décompose en plusieurs régimes
matrimoniaux, selon l’inspiration communautaire plus ou moins grande.
En savoir plus : Différents régimes matrimoniaux
Ainsi la communauté peut-elle être, tout d’abord, une communauté réduite aux acquêts. Avec ce régime
matrimonial, font partie de la communauté les biens acquis par les époux durant le mariage. Restent des biens
propres, c’est à dire des biens dont chaque époux conserve la propriété exclusive, les biens que chaque époux
possédait avant le mariage, les biens reçus durant le mariage par donation ou testament, ainsi que les biens
strictement personnels tels que les vêtements et le linge ou les créances alimentaires.
En montant d’un degré en direction d’une organisation d’inspiration communautaire, le Code civil prévoit, ensuite,
un régime matrimonial de communauté de meubles et acquêts. Dans ce régime matrimonial, la communauté
est composée non seulement de biens acquis par les époux durant le mariage (comme dans la communauté
réduite aux acquêts), mais aussi des meubles possédés par les époux au moment de la célébration du mariage.
La communauté universelle constitue, enfin, le régime matrimonial dans lequel l’inspiration communautaire est la
plus poussée. La communauté est alors composée non seulement de tous les biens acquis par les époux durant
le mariage, mais comprend aussi les biens meubles et immeubles possédés par chaque époux avant le mariage.
Outre ces degrés dans l’organisation communautaire, prévus par le Code civil lui-même, il est possible d’intégrer
des nuances supplémentaires grâce à des clauses du contrat de mariage qui vont accroître ou atténuer l’étendue
de la communauté ou qui permettent de modifier les règles de pouvoirs des époux sur les biens.
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Remarque
Il existe donc une multitude de possibilités d’organisation patrimoniale d’inspiration communautaire. Idéalement,
les époux doivent pouvoir choisir ou aménager un régime matrimonial qui correspond parfaitement à leurs
situations personnelles et patrimoniales, à la composition et à la valeur de leurs patrimoines respectifs, ainsi
qu’à leurs professions.
La remarque vaut également pour le modèle séparatiste, lui aussi susceptible de connaître des degrés
d’intensité différente. Ainsi les époux peuvent choisir un régime séparatiste que l’on pourrait qualifier de strict,
dans lequel leurs deux patrimoines seront très strictement séparés. Comme la vie commune engendre des
difficultés de preuve de la propriété exclusive des biens, mais aussi des acquisitions communes, l’organisation
strictement séparatiste s’avère souvent délicate à mettre en œuvre. C’est la raison pour laquelle les époux
peuvent opter pour un régime matrimonial de séparation de biens avec adjonction d’une société d’acquêts.
C’est à dire que les biens acquis par les époux ensemble seront réputés acquêts communs. Ils constitueront
en somme des biens indivis.
En savoir plus : Un régime matrimonial « hybride » : la participation aux acquêts
Remarque
Il faut noter enfin l’existence d’un régime matrimonial, la participation aux acquêts, qui se distingue par son
caractère mixte, à la fois séparatiste et communautaire. Ce régime matrimonial, peu utilisé car sa liquidation
s’avère assez technique, se distingue par son caractère séparatiste durant le fonctionnement du régime et une
inspiration plus communautaire lors de la dissolution. Cela étant, le régime de séparation aux acquêts reste un
régime matrimonial sui generis, en ce sens qu’il ne se confond jamais totalement avec le régime séparatiste ou
le régime communautaire (en ce sens : C. Farge, in Dalloz action Droit patrimonial de la famille, n° 17.11).
Jurisprudence
La participation aux acquêts : précision jurisprudentielle
Les arrêts rendus à propos de la participation aux acquêts sont relativement peu nombreux, ce qui est sans
doute le signe d’une réalité pratique. Le régime de la participation aux acquêts est en effet souvent perçu comme
étant d’une mise en œuvre difficile d’un point de vue technique. A sa dissolution un calcul subtil des créances
de participation doit être effectué. Par ailleurs, le régime de participation aux acquêts souffre sans doute d’une
« notoriété » moins importante que le régime de communauté réduite aux acquêts ou encore que le régime
séparatiste. Ces raisons expliquent que le régime de la participation aux acquêts est peu utilisé en pratique.
Un peu moins de cinq pour cent des couples choisiraient ce régime matrimonial.
C’est la raison pour laquelle un important arrêt rendu par la Cour de cassation mérite d’être ici rapporté. Non
seulement, il se prononce à propos du régime de participation aux acquêts, ce qui, en soit, est déjà suffisamment
rare pour mériter d’être souligné, mais, de surcroît, l’arrêt met l’accent sur l’essence de la participation aux
acquêts, en jugeant qu’est illicite l'acquisition par un époux des parts sociales de sa femme, dès lors que
cette convention avait pour objet et pour effet de priver l'épouse de sa créance éventuelle de participation,
altérant ainsi l'économie générale du régime de participation aux acquêts (Civ. 1re, 8 avr. 2009, n° 07-15.945,
D. 2009.1201, obs. Egéa ; D. 2009.2528, obs. Brémond ; AJF 2009. 219, obs. David ; RTD Civ. 2009.516,
obs. Hauser ; RTD Civ. 2009.569, obs. Vareille ; Dr. fam. 2009, n° 59, note Beignier ; Rép. Def. 2009.1483,
note Champenois). La créance de participation se trouve donc au cœur de ce régime matrimonial. C’est à
dire qu’un conjoint a nécessairement la certitude qu’avec ce régime matrimonial il bénéficiera d’une partie de
l’enrichissement de son conjoint.
Comme son nom l’indique, le régime matrimonial est lié au mariage. Ceci a deux incidences.
D’une part, tous les couples mariés ont nécessairement un régime matrimonial. Cette règle est
indérogeable. Elle relève donc du caractère institutionnel du mariage. Même les couples mariés qui n’ont pas
fait rédiger (sur contrat de mariage sont soumis à un régime matrimonial. Dans cette hypothèse, leur contrat de
mariage a une source légale, c’est à dire que les règles d’organisation patrimoniale sont fixées par le Code civil,
et non conventionnelle. Pour autant, ces règles existent et s’imposent avec la plus grande vigueur. Ces couples
sont donc bien soumis à un régime matrimonial.
Seuls les couples mariés ont un régime matrimonial. Le concubinage en revanche, parce qu’il n’est qu’un
fait juridique, n’est pas soumis à un régime matrimonial. Quant au pacte civil de solidarité, il comporte des règles
d’organisation patrimoniale, fixées par la convention de PACS et par le Code civil lui-même. Pour autant, ces
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règles ne bénéficient pas du même degré d’impérativité que les règles du régime matrimonial et sont moins
étendues. On pourrait parler davantage à leur propos d’un « régime patrimonial ».
Jurisprudence
Signe de l’existence d’un pluralisme juridique des formes de couple, la jurisprudence maintient une stricte
distinction entre le mariage, le concubinage et le pacte civil de solidarité. Ainsi, de jurisprudence constante,
la Cour de cassation refuse l’extension des textes qui organisent le régime primaire impératif des époux
(sur lequel, cf. supra) aux concubins. Cette règle de non extension a été rappelée par exemple à propos de
l’obligation de contribuer aux charges du mariage posée par l’article 214 du Code civil (Civ. 1re, 28 nov. 2006,
Bull. I, n° 517 ; cf. déjà : Civ. 1re, 19 mars 1991, Bull. I, n° 92) ou encore pour la solidarité des dettes ménagères
de l’article 220 du Code civil (Civ. 1re, 27 avril 2004, Bull. I, n° 113 ; cf. déjà : Civ. 1re, 11 janvier 1984, Rép.
Def. 1984.933, obs. Champenois).
§2. Sources du régime matrimonial
Parmi les différents régimes matrimoniaux existants, les époux vont pouvoir opérer un choix en faveur
de tel ou tel régime. Ce choix est aujourd’hui totalement libre. Un principe de liberté de conventions
matrimoniales gouverne en effet le droit français de régimes matrimoniaux depuis l’importante réforme des
régimes matrimoniaux du 13 juillet 1965.
Le choix des époux s’exprimera au travers d’un contrat de mariage (sur lequel, cf. infra). On dit alors que le
régime matrimonial a une source conventionnelle.
Le contrat de mariage est un acte notarié, nécessairement rédigé avec la célébration du mariage, en présence
des époux, par lesquels ces derniers choisissent et organisent un régime matrimonial.
Pour autant, les époux ne sont pas dans l’obligation de faire rédiger un contrat de mariage pour que la formation
du mariage soit valable. Ainsi, la rédaction d’un contrat de mariage ne constitue pas une condition de validité
du mariage.
En revanche, comme tous les couples mariés sont nécessairement soumis à un régime matrimonial, les règles
d’organisation patrimoniale proviennent de la loi et non d’un quelconque contrat de mariage. On dit alors que
le régime matrimonial a une source légale. En effet, les règles proviennent du Code civil.
Depuis l’importante réforme du 13 juillet 1965, le régime matrimonial légal est en France la communauté réduite
aux acquêts (sur laquelle, cf. supra).
On le voit, deux modalités permettent de choisir le régime matrimonial applicable. Il peut s’agir soit d’une volonté
exprimée au travers d’un contrat de mariage, soit d’une volonté implicite, fruit du silence, de l’absence de
rédaction d’un contrat de mariage. On présume alors que les époux ont implicitement choisi le régime légal.
Le régime légal, la communauté réduite aux acquêts, s’applique donc à défaut de choix exprès en faveur
d’un régime matrimonial. C’est la raison pour laquelle on qualifie le régime légal de régime matrimonial
« supplétif ». Les règles d’organisation patrimoniale du Code civil suppléent l’absence de choix des époux,
exprimés dans un contrat de mariage.
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Remarque
Il convient de préciser ici qu’une majorité de couples d’époux français ne procède pas à la rédaction d’un contrat
de mariage. Ainsi la communauté réduite aux acquêts est le régime matrimonial de plus de la moitié des époux
français).
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Section 2. La liberté conventionnelle en matière matrimoniale
Les époux disposent d’une grande liberté de choix, en vertu d’un principe, cardinal depuis 1965, de liberté
des conventions matrimoniales. Ils ont donc la faculté d’organiser dans leur contrat de mariage leurs relations
patrimoniales à leur convenance. Bien que garanti, le principe de liberté des conventions matrimoniales (§1),
connaît d’importantes limites (§2).
§1. Principe
Depuis la loi n° 65-570 du 13 juillet 1965, un important principe de liberté des conventions matrimoniales
gouverne la matière.
Ce principe a deux conséquences concrètes :
• D’une part, les époux sont libres de choisir et d’organiser leur régime matrimonial.
• D’autre part, les époux sont libres de changer de régime matrimonial (sur ce point, cf. infra).
Ce principe de liberté des conventions matrimoniales est essentiel pour la pratique notariale. Il engendre en effet
une ère de création rédactionnelle tout à fait intéressante. Soumis à un important devoir de conseil et garant de
l’efficacité des actes qu’il rédige, le notaire va rédiger un contrat de mariage qui correspond parfaitement à la
situation professionnelle et patrimoniale des futurs époux qui se présentent devant lui.
En savoir plus : Intérêt théorique
D’un point de vue plus théorique, le principe de liberté des conventions matrimoniales et, plus largement, la loi du
13 juillet 1965, sont considérés comme les premières manifestations concrètes et pratiques de la sociologique
juridique en France. En effet, afin de répondre au mieux aux attentes des citoyens français quant à la réforme du
droit des régimes matrimoniaux, la rédaction de la loi du 13 juillet 1965 a été précédée d’une importante étude
statistique adressée afin de cerner les souhaits et les attentes concrètes. Il en est ressorti un certain nombre de
lignes forces, dont l’attachement à ce fameux principe de liberté des conventions matrimoniales.
Remarque
On pourrait donc dire, de manière imagée, que le principe de liberté des conventions matrimoniales vise en
quelque sorte, pour le notaire, à confectionner un régime matrimonial « sur mesure » pour les époux.
Par conséquent, la situation professionnelle et patrimoniale du couple amènera le notaire à préférer tel type
de régime matrimonial plutôt que tel autre.
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Exemple
Conseil à l’époux travailleur non salarié : Avec le régime de la communauté réduite aux acquêts,
régime matrimonial légal, la communauté en tant que masse de biens répond des dettes du couple mais
aussi des dettes personnelles d’un époux nées durant le mariage. Ce régime matrimonial expose donc la
communauté, voire même le patrimoine de l’autre conjoint, lorsque l’époux a une activité professionnelle
susceptible d’engendrer des dettes. On songe ici à l’époux qui exerce une profession indépendante. Le notaire
ne conseillera donc pas ce régime matrimonial à des travailleurs non-salariés, en incitant davantage les époux
dans cette situation à opter pour un régime séparatiste.
§2. Limites
Aussi important que soit le principe de liberté des conventions matrimoniales, il n’est cependant pas illimité et
connaît deux séries de limites. Ces limites sont le reflet d’une part de la nature contractuelle du contrat de
mariage et de son objet matrimonial, d’autre part.
Comme le contrat de mariage présente avant tout la nature juridique d’un contrat, il est soumis à l’article 6 du
Code civil, selon lequel « on ne peut déroger par convention aux lois qui intéressent l’ordre public et les bonnes
mœurs ». Ainsi, un contrat de mariage ne saurait en aucun cas contenir des clauses violant l’ordre public, telles
qu’une clause permettant la prostitution de l’épouse par exemple. Un tel contrat serait assurément nul.
Le contrat de mariage doit respecter par ailleurs des règles impératives dictées non plus par sa nature
contractuelle mais par son objet matrimonial. Le mariage ayant la nature juridique d’une institution, de
nombreuses incidences du mariage échappent à la volonté des époux. Il est donc des règles fixées par le Code
civil qui ne peuvent nullement être modifiées par le contrat de mariage, car ces règles définissent l’essence de
l’institution matrimoniale.
Exemple
Tel est le cas par exemple de l’obligation de contribuer aux charges du mariage. Expression d’une volonté de
vivre ensemble et d’une solidarité familiale, l’obligation de contribuer aux charges du mariage est au cœur de
l’institution matrimoniale. Ainsi, les époux ne peuvent pas neutraliser dans leur contrat de mariage le principe
de cette obligation, c’est à dire en dispenser l’un des deux époux, voire les deux. Une telle clause nierait
l’institution matrimoniale. En revanche, les époux peuvent tout à fait déterminer par une convention matrimoniale
les modalités de cette obligation. Il s’agira par exemple de fixer par convention la proportion respective des
époux dans la contribution, en indiquant par exemple que le mari supportera deux tiers de ces charges et
l’épouse un tiers seulement.
Dans cette perspective, la clause du contrat de mariage ne concerne plus le principe de la contribution mais
ses modalités. Elle est donc parfaitement valable.
Ces règles indérogeables se trouvent aux articles 212 et suivants du Code civil et 1387 et suivants du Code
civil. Elles constituent le régime « primaire » ou régime « impératif ». Ces deux expressions sont synonymes
et désignent l’ensemble des règles du régime matrimonial, fixées par le Code civil, dont le principe ne saurait
être altéré par la volonté des époux.
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Constituent ainsi le régime impératif :
Pour les devoirs patrimoniaux Pour les devoirs personnels
Le devoir de secours, la contribution aux charges La fidélité, l’assistance, le choix de la résidence
du mariage, la protection du logement familial, la familiale, l’obligation d’éduquer les enfants.
solidarité des dettes ménagères.
Par conséquent, ces obligations impératives seront applicables quel que soit le régime matrimonial choisi par
les époux.
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Section 3. Les formalités (notariales) précédant la célébration du
mariage
Avant la célébration du mariage, le notaire reçoit les époux qui souhaitent faire rédiger un contrat de mariage. Cet
entretien va permettre de connaître la situation professionnelle, patrimoniale et personnelle de chacun des deux
époux. Il doit permettre aussi au notaire de déterminer les souhaits et les attentes du couple. Ainsi un époux,
exerçant une profession indépendante et exposé à des risques d’endettement nés de son activité, cherchera
sans doute à protéger par le contrat de mariage, le patrimoine de son conjoint, ainsi que les biens qui seront
éventuellement acquis par le couple durant l’union.
Remarque
Au demeurant, le notaire ne se limite pas à la prise en compte des situations patrimoniales strictement
individuelles. Il doit aussi tenir compte de la situation familiale des futurs époux.
En savoir plus : Trois points doivent en particulier retenir son attention
Trois points doivent en particulier retenir son attention :
1 - L’un des futurs époux, voire les deux, peuvent déjà avoir eu un ou plusieurs enfants avec une autre personne
avant le mariage, par exemple dans le cadre d’une précédente union. L’essor des familles dites « recomposées »
constitue en effet l’un des traits marquants des rapports familiaux contemporains. L’enfant « né d’un premier lit »
pourrait voir sa vocation successorale menacée si son auteur adoptait un régime de communauté universelle.
Dans cette situation, le rôle de conseil du notaire est essentiel. Il pourra par exemple conseiller la rédaction
concomitante d’une donation-partage afin de mettre en place un véritable pacte de famille.
2 - L’un des futurs époux, voire les deux, peut être amené à recevoir des biens par legs, succession, et surtout
par donation à des échéances relativement brèves. Ici aussi, le notaire doit attirer l’attention des époux sur
l’adoption de certains régimes matrimoniaux et sur l’adoption de clauses. En effet, elles pourront modifier les
règles de propriété et de pouvoir sur les biens reçus par donation ou succession.
3 - Des tiers, le plus souvent des ascendants des époux, peuvent également souhaiter procéder à une donation
de biens aux époux lors de la célébration du mariage. Expression d’une forme de solidarité familiale et mode
de transmission des biens au sein de la famille, ce type de libéralité peut être consenti lors de la rédaction du
contrat de mariage. Ici encore, le devoir de conseil du notaire est important, notamment au regard des incidences
strictement formelle de cette intervention de tiers (sur ces incidences formelles, cf. infra).
Au regard de ces éléments, le notaire procédera à la rédaction du contrat de mariage. La présence et le
consentement simultanés des futurs ou de leurs mandataires sont requis. De manière logique, la rédaction du
contrat de mariage doit intervenir avant la célébration du mariage. L’acte ne prendra en revanche effet qu’au
jour de la célébration. Ceci suppose évidemment que le mariage doit être célébré.
Si des tiers interviennent à l’acte, tel un ascendant donateur par exemple, ils doivent également être présents
et donner leur consentement.
Au moment de la signature du contrat, le notaire délivre aux parties un certificat sur papier libre et sans frais. Ce
certificat doit énoncer ses nom et lieu de résidence, les noms, prénoms, qualités et demeures des futurs époux,
ainsi que la date du contrat. Ce certificat comporte une mention indiquant qu’il doit être remis à l’officier de l’état
civil avant la célébration du mariage.
Le jour de la célébration du mariage, l’officier de l’état civil interpelle les époux afin de savoir s’ils ont fait procédé
à la rédaction par un notaire d’un contrat de mariage.
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