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Préambule de la DDFC de De Gouges

Le préambule de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de De Gouges justifie la légitimité de sa démarche à travers une construction rhétorique soignée, ancrant le texte dans un contexte politique immédiat. Il expose les causes des inégalités de genre et les objectifs de la déclaration, tout en valorisant le rôle des femmes dans la société. En conclusion, De Gouges utilise des moyens de conviction et de persuasion pour défendre les droits des femmes, soulignant leur courage et leur valeur égale par rapport aux hommes.

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Préambule de la DDFC de De Gouges

Le préambule de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de De Gouges justifie la légitimité de sa démarche à travers une construction rhétorique soignée, ancrant le texte dans un contexte politique immédiat. Il expose les causes des inégalités de genre et les objectifs de la déclaration, tout en valorisant le rôle des femmes dans la société. En conclusion, De Gouges utilise des moyens de conviction et de persuasion pour défendre les droits des femmes, soulignant leur courage et leur valeur égale par rapport aux hommes.

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Séquence … L.L. n°…. O.

de GOUGES, PRÉAMBULE

Introduction : Le « préambule » introduit la DDFC en elle-même. Il poursuit un but argumentatif clair : justifier et introduire les articles de la
Déclaration. Par quels moyens rhétoriques et argumentatifs De Gouges défend-elle la légitimité de sa Déclaration ? Le préambule est logiquement
construit : 1er mvt : Le paratexte et l’exorde posent la requête dans son contexte d’énonciation. 2e mvt : Puis, l’autrice justifie sa démarche en exposant
les causes et les buts de la déclaration dans une longue période. 3e mvt : La péroraison rappelle l’objectif, tout en faisant l’éloge des femmes.

1er mvt : Un texte juridique solennel 1er mvt : Un texte juridique solennel

● Le paratexte : Le paratexte (l.1 à 6 : titre, destinataire, section) sert ici à qualifier la nature juridique du texte par le
1 pastiche du titre féminisé de la DDHC. Il précise aussi son destinataire (« l’assemblée nationale »), sa visée (texte qui
Déclaration des droits de la femme et de la doit être « décrét[é] lors des « dernières séances »). Il s’applique ensuite à présenter par un « préambule » (> pré-
citoyenne ambule :ce qui marche avant) les grandes lignes directrices des articles. Le paratexte ancre donc la « Déclaration » dans
un contexte d’actualité politique immédiate, et dans une démarche pragmatique et non seulement théorique. L’emploi
À décréter par l’assemblée nationale dans ses du lexique juridique / législatif, qui se retrouve dans tout le préambule, signale son ton et sa visée officiels.
dernières séances ou dans celle de la ● L’exorde : une requête immédiate (l. 7-9): Le préambule débute par une requête, au présent d’actualité
5 prochaine législature. (« demandent »), ce qui ancre de nouveau la démarche dans une actualité immédiate : les femmes, par l’intermédiaire de
De Gouges qui se fait leur porte-parole, réclament le droit de légiférer (en se constituant en « assemblée nationale »).
Préambule. L’énumération de termes féminins (l.7) renvoyant à des liens familiaux, a plusieurs buts : a) elle sert d’une part à mettre
l’accent sur leur statut de dépendance actuelle vis-à-vis des hommes (elles sont les « mères », les « filles », les
Les mères, les filles, les sœurs, « sœurs » d’un homme) b) d’autre part, à révéler leur poids numérique (elles sont bien elles aussi les « représentantes de
représentantes de la nation, demandent d’être la nation » l.8) c) enfin, à souligner, avec une légère ironie, la restriction de leur pouvoir à la sphère domestique et
constituées en assemblée nationale. familiale.
CCL : Le paratexte et l’exorde permettent d’ancrer le texte dans son contexte d’énonciation, sa visée, sa destination et
de poser la déclaration comme une requête qui ne souffre pas de contestation.

2e mvt : Exposé des causes et des buts de la 2e mvt : Exposé des causes et des buts de la déclaration
déclaration
● Une période rhétorique
10 (I) Considérant que l’ignorance, l’oubli ou le Après avoir exposé la requête, il s’agit de la justifier, ce que fait De Gouges dans une phrase très longue, que l’on peut
mépris des droits de la femme, sont les seules rapprocher de la période rhétorique. Cette phrase s’articule logiquement en trois temps : (I) La protase (1re partie d’une
causes des malheurs publics et de la période) fait de l’inégalité des sexes la cause du dysfonctionnement actuel et potentiel et le sommet / l’acmé (II) de la
corruption des gouvernements, // (II) [elles] protase présente la requête ; (III) L’apodose énumère le triple but de la déclaration, dans des prop. circonstancielles de
ont résolu d' exposer dans une déclaration conséquence, dont la rigueur logique est mise en relief par l’anaphore de la conjonction « afin que ».
15 solennelle, les droits naturels, inaliénables et
sacrés de la femme, // (III) (a) afin que cette ● I) La protase (l.10-13) : L’autrice expose de manière polémique les causes (« considérant que ») des
déclaration, constamment présente à tous les dysfonctionnements sociaux : les droits des femmes sont bafoués, ce qui conduit aux « malheurs publics ». Le lexique
membres du corps social, leur rappelle sans moral péjoratif, souligné par l’énumération (« l’ignorance, l’oubli ou le mépris » l.10), établit une corrélation entre le
cesse leurs droits et leurs devoirs, // (b) afin mépris des femmes et la « corruption » (l.13) morale de la société et de la pratique politique.
20 que les actes du pouvoir des femmes, et ceux (II) ● Le sommet / l’acmé (l.13 -16) : Conséquence logique de ce mépris néfaste à tous, les femmes aspirent donc à
du pouvoir des hommes pouvant être à réclamer « les droits naturels, inaliénables et sacrés de la femme ». Le sommet de la période met donc en valeur la
chaque instant comparés avec le but de toute revendication centrale : obtenir des droits. Les trois adjectifs insistent sur le caractère nécessaire et implacable de la
institution politique, en soient plus requête : ces droits sont « naturels » (donc fondamentaux), « inaliénables » (éternels et inviolables) et « sacrés » (donc
respectés, // (c) afin que les réclamations des procédant d’un ordre divin invincible).
25 citoyennes, fondées désormais sur des (III) ● L’apodose (l.16-28) : L’autrice expose enfin les trois buts de sa revendication, grâce à l’anaphore (« afin que » x
principes simples et incontestables, tournent 3). a) 1er but : La déclaration doit fixer par la loi les « droits » et les « devoirs » de chacun. Femmes et hommes sont
toujours au maintien de la constitution, des englobés sous la périphrase égalitaire et neutre « tous les membres du corps social » (l.17-18), ce qui renforce le ton
bonnes mœurs, et au bonheur de tous. solennel et juridique. b) 2e but : une fois les droits de chacun fixés, il est plus facile de comparer les actions
individuelles avec la loi et de faire respecter droits et devoirs de chacun. Le parallélisme (l.20-21) accentue l’égalité
juridique des droits des deux sexes. c) 3e but : Ces nouveaux droits (dont elle répète le caractère nécessaire par les adj
« simples et incontestables ») doivent aboutir au « maintien de la constitution, des bonnes mœurs, et au bonheur de
tous. » Cette énumération (l.27-28) précise que le but dépasse la condition féminine : il s’agit d’obtenir un équilibre non
seulement juridique (la constitution sera fixée une bonne fois pour toutes), mais aussi moral (elle permettra le maintien
des « bonnes mœurs ») et également civilisationnel (le « bonheur de tous »). La recherche du Bon /bonheur collectif,
décliné par les termes « bonnes » et « bonheur », est posé comme la visée ultime de De Gouges (son objectif est donc
fédérateur, il ne s’agit pas de diviser les intérêts des hommes et des femmes).
3e mvt : Une péroraison qui fait l’éloge des CCL : Cette période très ample permet de justifier la DDFC comme une démarche solennelle mais aussi incontestable,
femmes visant à l’égalité, l’harmonie morale et sociale, et le bonheur collectif.

En conséquence, le sexe supérieur en 3e mvt : Une péroraison qui fait l’éloge des femmes
30 beauté comme en courage, dans les
souffrances maternelles, reconnaît et déclare, ● Une péroraison : Le dernier paragraphe a une valeur conclusive de péroraison. L’adverbe « en conséquence »
en présence et sous les auspices de l’Être permet de faire de la Déclaration la conséquence logique de tous les arguments précédents. De Gouges rappelle
suprême, les Droits suivants de la Femme et l’objectif (justifier l’existence de la DDFC), ce qui permet d’introduire les 17 articles qui suivent.
34 de la Citoyenne. […] ● Un éloge de la grandeur héroïque des femmes : Mais le ton n’est pas neutre : en effet, De Gouges valorise et
héroïse les femmes, les présentant comme un « sexe supérieur en beauté comme en courage » (l.30), c’est-à-dire comme
[suivent 1es 17 articles de la Déclaration des un sexe injustement traité alors qu’il a davantage de grandeur morale, et notamment parce qu’il connaît, seul, « les
droits de la femme et de la citoyenne ] souffrances maternelles ». La maternité devient donc non pas un facteur de réduction du pouvoir politique mais au
contraire de courage et de grandeur héroïque (valeur dite « virile », donc renversement de l’argument adverse). Elle
rappelle le caractère sacré de sa requête en plaçant sa déclaration « sous les auspices de l’Être suprême ».
CCL : La péroraison rappelle efficacement l’objectif argumentatif tout en valorisant le courage des femmes, aptes
autant, voire plus que les hommes, à participer aux conquêtes révolutionnaires pour davantage de droits et de justice.

CONCLUSION : Par quels moyens rhétoriques et argumentatifs De Gouge défend-elle la légitimité de sa Déclaration ?
● Des moyens de la conviction : De Gouges utilise d’abord les moyens de la conviction par un préambule logiquement et rhétoriquement construit, qui permet de justifier le bien-
fondé de sa requête en montrant que l’entérinement de cette déclaration permettra une plus grande clarté juridique, et une meilleure harmonie, sociale et morale, à l’échelle collective.
Elle use donc d’articulations logiques et d’un lexique juridique pour asseoir le caractère officiel de sa demande. ● Des moyens de la persuasion : Mais elle utilise aussi les moyens de
la persuasion en condamnant le mépris dont les femmes sont injustement l’objet, elles qui pourtant ne déméritent pas en courage et en grandeur par rapport aux hommes.
● Ouverture : Cette ambiguïté de tons, entre la logique neutre et l’engagement affectif, est d’ailleurs une des caractéristiques de l’œuvre toute entière.

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