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Effets juridiques des traités internationaux

Le document traite des effets des traités internationaux, en abordant les conditions de capacité et de consentement des parties, ainsi que la conformité aux normes juridiques. Il explore également les vices du consentement et les causes d'invalidité des traités, en distinguant entre nullité relative et absolue. Enfin, il examine les transformations de la coutume internationale et la distinction entre principes généraux de droit et normes coutumières.

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Effets juridiques des traités internationaux

Le document traite des effets des traités internationaux, en abordant les conditions de capacité et de consentement des parties, ainsi que la conformité aux normes juridiques. Il explore également les vices du consentement et les causes d'invalidité des traités, en distinguant entre nullité relative et absolue. Enfin, il examine les transformations de la coutume internationale et la distinction entre principes généraux de droit et normes coutumières.

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dip

I) les conditions relatives au sujet de droit


A) la capacité
Sujet 6: Les effets des traités internationaux
B) le consentement
II) les conditions relatives à l’objet
Problématique : Comment les traités internationaux produisent-ils leurs
A) la conformité au jus cogens
effets juridiques ?
B) la compatibilité du traité avec des normes conventionnelles antérieures
I ) le principe de l’effet des traités à l’égard des parties contractantes

Sujet : Les vices du consentement


A- La force obligatoire des traités à l'égard les parties

I) les causes subjectives


- L'obligation pour les parties de respecter les dispositions du traité
A) L’erreur
B) le comportement fautif d’un sujet de droit : le dol, la corruption
- L'obligation pour les parties d'exécuter le traite de bonne foi
II) les causes objectives : la contrainte
B: L'absence de force obligatoire des traités à l’égard des tiers
A) sur le représentant de l’Etat
B) sur l’Etat
_La non-imposition d'obligations aux Etats tiers
_La non-reconnaissance de droits aux Etats tiers

II) Les exceptions au principe: les effets des traites à l'égard des États tiers
Sujet : Le régime juridique des vices du consentement
A ) le traité créant des droits à l’égard des Etats tiers
_La stipulation pour autrui
I ) la typologie des vices de consente
_La CNPF
A) conditions subjectives
B) conditions objectives
B) les traités opposables aux Etats tiers
II) les implications des vices de consentement
_Les traités objectifs
A) la nullité absolue
_les traités établissant des statuts territoriaux
B) la nullité relative
_les traités établissant des voies de communication internationale
_les traités concernant certains types d’armes
_les accords collatéraux
Sujet : Le jus cogens en droit international

I) la détermination du jus cogens


______________

A) Une détermination conventionnelle


B) Une détermination jurisprudentielle
Sujet : La validité des traités
situation contractuelle.
II) identification du jus cogens par le juge
_L'agent dans le système de la carrière est dans une situation stable
A) Une démarche timide du juge contrairement à l'agent dans le système de l'emploi qui instable
B) Une démarche expresse du juge
B- Une différence au niveau de la qualité de l'agent

_L'agent du système de la carrière est recruté pur exercer des emplois


__________ divers et variés alors que l'agent du système de l'emploi est recruté pour
Sujet : le juge et le jus cogens exercer des postes déterminés.

I) Une approche limitee de la CIJ face au jus cogens _L'agent du système de la carrière est choisi en fonction de ses aptitudes
générales tandis que l'agent du système de l'emploi est choisi en fonction
A ) Une demarche timide de la CIJ des qualités des qualités que suppose l'emploi.
B) Une démarche expresse de la CIJ
II- Une distinction de plus en plus critiquée
II) Une expression longtemps valable des autres juridictions par rapport au
jus cogens A- Les critiques fondées sur la « travaillisation » du système de la carrière

A) Devant les juridictions regionales _Existence d'emploi fonctionnelle dans le système de la carrière :
B) devant les juridictions ad-hoc recrutement par voie contractuelle d'agents affectés à des emplois bien
déterminés (contractualisation de ...
________________ publique).

Sujet : l’actualité de la distinction du système de la carrière et du système _Existence d'emplois laissés à la discrétion du gouvernement : recrutement
de l’emploi d'agents en fonction de leur affinité avec la politique.

_Problématique : la distinction système de carrière et système de l'emploi B- Les critiones fondées sur la « carrièrisation » du système de l'emploi
est-elle toujours d'actualité?
_Présence d’agents qui font carrière dans le système de l'emploi :
I) Une distinction actuelle formation de ce dres pour des emplois stratégiques.
A- Une différence au niveau de la situation de l'agent
_Existence de siatut pour certains agents : agents qui sont dans une
_L'agent dans le système de la carrière est dans une situation légale et situatica statutaire wis-a-vis de l'Administration et non dans une position
règlementaire alors que l'agent dans le système de l'emploi est dans une contractuelle.
Prob : quel est le régime de la violation des conditions de validité du traité ?
________________
I) les causes subjectives
Sujet: l’agent public et le fonctionnaire A) l’incapacité
I) Une catégorie d’agent particulière par rapport aux critères B) les vices de consentement
d’identification II) les causes objectives
A) La nomination A) l’illoceité de l’objet
B) la titularisation B) l’incompatibilité du traité aux obligations conventionnelles antérieures
II) Une catégorie d’agents particulière par rapport aux statuts
A) application des statuts
B) Implications de l’application des statuts
Sujet : l’invalidité des traités

I) les causes d’invalidité relatives au sujet de droit international


Sujet : La contrainte A) l’incapacité
B) les vices du consentement
I) Les modalités de la contrainte
A) sur le représentant de l’Etat II) les causes d’invalidité relatives à l’objet
B) sur l’Etat A) la violation du jus cogens
II) effets de la contrainte B) l’incompatibilité du traité aux obligations conventionnelles antérieures
A) nullité absolue
B) indivisibilité
Sujet : la nullité du traité en droit international
Sujet : L’erreur et la contrainte
I) causes de nullité
I) Distinction par rapport à leur nature A) causes subjectives
A) l’erreur, un fourvoiement de la volonté B) causes objectives
B) la contrainte, une pression sur la volonté
II) Distinction par rapport aux effets II) la procédure d’annulation
A) L’erreur, une cause de nullité relative A) l’invocation de la nullité
B) la contrainte, une cause de nullité absolue B) la résolution de la nullité
Sujet : Les transformations de la coutume internationale
Problématique : Comment se manifestent les transformations de la
Sujet : Nullité relative et nullité absolue coutume internationale ?
PLAN :
I. LES TRANSFORMATIONS DANS LE PROCESSUS COUTUMIER son processus de formation un temps.
A. L’inversion des éléments constitutifs de la coutume - A cela s’ajoute la pratique internationale avec des crises (ex. droits de
- Selon le juge international, l’existence de la coutume est liée à deux l’homme, climat), les pratiques coutumières se forment plus rapidement en
éléments consécutifs à savoir l’élément matériel et l’élément réponse aux urgences globales.
psychologique. Ce processus de formation qui renvoie à la coutume sage a II. LES TRANSFORMATIONS DE LA NORME COUTUMIERE A. La codification
connu une transformation avec la prédominance de l’élément de la norme coutumière
psychologique. - Avec la création de l’ONU, la commission du droit international est
- Elle pourrait trouver un appui jurisprudentiel dans la notion de chargée d’élaborer des projets de traités qui sont ensuite soumis à l’AGNU.
« tendances » à la formation de norme coutumière telle que la CIJ l’estimait Aux termes de son statut, la commission a pour mission « la codification et
dans l’affaire du 24 février 1982 plateau continental Tunisie-Lybie ; le développement progressif du droit international ». En fait ces deux
- Il en est de même dans les affaires : activités militaires et paramilitaires au aspects de sa tâche sont souvent difficiles à distinguer l’un de l’autre. Le
Nicaragua arrêt du 27 juin 1986 ; projet GABCIKOVO NAGYMAROS arrêt du plus souvent quand la commission élabore un texte, elle accomplit
25 septembre 1997. simultanément une double tâche la codification des règles coutumières et
B. L’accélération du processus de formation de la coutume l’élaboration de règles nouvelles ou l’adaptation des anciennes règles. Les
- La coutume sage est celle qui repose sur la répétition lente et longue efforts de codification se sont multipliés et le procédé utilisé a été celui de
d'une règle. La coutume instantanée est à rejeter car étant un acte isolé. Il la convention multilatérale. Depuis la fin du 19e siècle, des conférences
faut donc une fréquence, une constance, une continuité. Ex moins de 10 internationales ont tenté, à plusieurs reprises, de codifier certains
ans avis CPJI 1930 participation de la chapitres du DIP.
- Au cours du 19e siècle de nombreuses conventions ont été établies dans
ville de Dantzig à l’OIT), un « bref laps de temps » CIJ 1969 plateau divers domaines (règlement pacifique des différends, le droit humanitaire)
continental de la qui étaient couverts par la coutume internationale.
mer du nord. - La coutume a le défaut d’être imprécise et surtout mal connue. Aussi la
- La coutume sage s'appliquerait donc à tous les Etats, et serait plutôt codification ressortit du souci de consigner par écrit un certain nombre de
générale. La dispositions coutumières. L’avantage est certain : la publicité est plus
coutume sauvage repose quant à elle sur une formation accélérée. Elle grande, l’insertion dans le droit positif plus évidente (cf. œuvre de
traduit l’existence d’un élément psychologique concrétisé a postériori par codification de l’ONU par la commission du droit international notamment la
des comportements matériels. Cette théorie a été développée par les convention de vienne du 23 mai 1969 sur le droit des traités). Dans tous les
juristes du tiers monde et se rattache à ce que le professeur BEN CHENG cas la codification a pour conséquence la définition précise des règles de
appelle « INSTANT CUSTOM » ou de la coutume instantanée de la coutume droit sous la forme d’un texte écrit.
TGV.
- Pour ce qui est de la répétition de la coutume dans le temps (CPJI affaire A. La variabilité de la portée de la norme coutumière
WIMBLEDON 1923) : une uniformité-concordance (CIJ 1950 affaire du droit - La coutume universelle dispose d’un caractère opposable permettant
d’asile ; CIJ 1986 affaire des activités militaires et paramilitaires. d’appliquer l’ensemble de ses principes à l’ensemble des États et ce sans
- Mais cette situation semble être dépassée par la jurisprudence qui admet exception possible. Ainsi, pour soumettre le caractère opposable à
l’existence d’une coutume instantanée qui ne prend pas en compte dans l’ensemble des acteurs du droit international, il n’est pas nécessaire que
ces derniers aient pu consentir au préalable aux pratiques et normes même substantielle du droit applicable aux Etats en litige, la Cour peut ainsi
coutumières. C’est la pratique de la coutume impérative. puiser dans ces principes pour s’acquitter de sa fonction judiciaire. Ils sont
- Mais depuis l’affaire CIJ affaire 1951 pêcheries anglo-norvégiennes si un donc, à n’en pas douter, assignés à un rang subsidiaire (...).
État fait objection à une norme coutumière, cette objection est continue et A l’inverse de la catégorie précédente, ces principes sont propres au droit
uniforme, la coutume ne lui est pas opposable. C’est la théorie de international. Leurs origines sont diverses. Mais ils sont essentiellement le
l’objecteur persistant. produit de l’action conjuguée du juge international et de la diplomatie
- Pour les coutumes générales le juge exige non pas une pratique unanime normative des Etats. Contrairement aux principes généraux de droit
mais une pratique générale. Une participation large et représentative est reconnus par les nations civilisées, ils sont souvent de formation ou disons
suffisante. plus prudemment, d’énonciation contemporaine.
- Au vu de l'émergence progressive des volontés étatiques, le champ Le caractère commun à ces principes tient à leur haut niveau d’abstraction
d'application des coutumes s'est progressivement développé au niveau et à leur extrême généralité, dont l’effet est de condenser le plus souvent la
local. Cette coutume locale spécifique se précise hors des textes règle désignée en une formule simple dont la concision est parfois source
contractuels, mais est cependant admise par les autorités du droit d’ambiguïtés mais explique également la dynamique qui leur est propre. »
international, et ce notamment depuis la jurisprudence de la Cour DUPUY (Pierre-Marie) et KERBRAT (Yann), Droit international public, 16ème
Internationale de Justice au travers des différents arrêts. Afin que la éd., Paris, Dalloz, 2022, pp. 390 et 392.
coutume locale soit validée au niveau des ententes du droit international, le ****
pays fondateur de la coutume doit invoquer de manière impérative sa IDÉE GÉNÉRALE : La distinction entre les principes généraux de droit et les
volonté au travers de son élaboration et au travers de sa participation dans principes
les règles locales. Pour les coutumes régionales ou locales, plus le cercle généraux du droit international.
des parties est restreint plus l’obligation devient unanime. Voir les affaires : PLAN :
ressortissants américains au Maroc CIJ 1952, affaire du droit de passage I. DEUX CATÉGORIES DE PRINCIPES DIFFÉRENTS
sur le territoire indien 1952, affaire Droit d’asile HAYA DE LA TORRE, 1950 Les auteurs ont souligné de manière explicite l’origine des principes
**** généraux de droit en mettant l’accent sur la motivation essentielle du
recours aux principes généraux du droit par le juge. Ce qui en fait une
SOUS-THÈME N° 02 : LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DU DROIT Exercice : origine conjoncturelle (1). Il s’ajoute que ces principes issus des traditions
COMMENTAIRE DE TEXTE juridiques communes des Etats n’ont pas la même origine que les principes
Commentez cet extrait : du droit international qui structurent l’ordre juridique international (2).
« Lorsque le comité des juristes chargé de rédiger le statut de la Cour A. Les principes généraux de droit
permanente de Justice internationale rédigea l’article 38, l’une de ses - Leurs origines (issus du droit interne)
préoccupations essentielles fut d’éviter le non liquet, c’est-à-dire le constat - Principes formés à partir des systèmes juridiques internes et transposé en
par le juge que, faute de règle de droit applicable, il se trouve dans droit
l’impossibilité de statuer. Eu égard au développement très complet du droit international.
international particulièrement à l’époque, en comparaison des droits - Dans leur texte, les auteurs livrent une analyse sur l’origine des principes
internes, c’est pour éviter de telles situations que fut établie la référence généraux du
aux principes généraux de droit. Placée devant une lacune procédurale ou droit en soulignant que « lorsque le comité des juristes chargé de rédiger le
statut de international. Mais leur déploiement appelle des précisions
supplémentaires. C’est ce que les auteurs expliquent dans leur texte en
la Cour permanente de Justice internationale rédigea l’article 38, l’une de indiquant « leur extrême généralité » pouvant permettre au juge de les faire
ses primer sur des sources formelles.
préoccupations essentielles fut d’éviter le non liquet ». - Une fois reconnus par la JP, ces principes ont vocation à connaitre une
- La logique de l’existence des principes généraux de droit était d’éviter au transformation en normes coutumières.
juge 2. Leur caractère abstrait
international d’être dans une situation de renonciation à juger à cause de - Leur emploi nécessite des précisions supplémentaires dans leur mode
l’absence de opératoire.
règle de droit applicable. - « L’effet est de condenser le plus souvent la règle désignée en une
- Les auteurs ont également évoqué la démarche empruntée par le juge formule simple dont la concision est parfois source d’ambiguïtés mais
dans l’évocation explique également la dynamique
des principes généraux de droit dans l’exercice de la fonction qui leur est propre ».
juridictionnelle. B. Du point de vue de leur dynamisme
- Ainsi « placée devant une lacune procédurale ou même substantielle du - La structuration de l’ordre juridique international
droit applicable aux Etats en litige, la Cour peut ainsi puiser dans ces - Les principes généraux « Ils sont donc, à n’en pas douter, assignés à un
principes pour s’acquitter de sa fonction judiciaire ». rang
B. Les principes généraux du droit international subsidiaire »
- Contrairement aux principes généraux de droit évoqués à l’article 38 du
Statut de la CIJ, les principes généraux du droit international ne bénéficient - La pratique internationale et la multiplie les renvois à des principes en
d’aucun fondement textuel, mais ils sont « propres au droit international ». tous genres appelés à éclaircir la signification et la portée des règles,
- « ...ils sont essentiellement le produit de l’action conjuguée du juge principalement conventionnelles, du droit international : principe de l’effet
international et de la diplomatie normative des Etats ». utile, principe de l’interprétation restrictive des clauses dérogatoires a la
- Exemple, principe de la souveraineté, principe de la bonne foi, etc. souveraineté des Etats, principe téléologique, etc.
- Dans l’affaire concernant les activités militaires et paramilitaires au
Nicaragua, la CIJ souligne ainsi que « le principe de non-intervention fait : DISSERTATION JURIDIQUE
partie intégrante du droit international coutumier » (27 juin 1986, Rec., p. Sujet : La reconnaissance des actes unilatéraux en Droit international.
106, § 202). Dans le même sens, on rappellera les références faites par la Problématique : Comment les actes unilatéraux sont-ils reconnus en Droit
CPJI au « principe de la liberté des mers » (Affaire du Lotus, 7 sept. 1927, international ?
Serie A, n ° 10, p. 25) ou au « principe général de la responsabilité PLAN :
internationale des Etats » (Affaire du traitement des nationaux polonais I. LA RECONNAISSANCE DES AU DES ÉTATS
de Dantzig, 4 fevr. 1932, Serie A/B, n ° 44, p. 25.) A. L’expression du pouvoir normatif souverain de l’État
II. DEUX CATÉGORIES DE PRINCIPES CONVERGENTS - Tout État a la capacité d’assumer des obligations juridiques par des
A. Du point de vue de leurs caractères 1. Leur caractère général déclarations unilatérales. (...) – Principe directeur n°2 applicable aux
- Les principes généraux sont fréquemment employés en droit déclarations unilatérales des États susceptibles de créer des obligations
juridiques (CDI, Annuaire de la Commission du droit international, 2006, applicable aux déclarations unilatérales des États susceptibles de créer des
vol. II.) ; obligations juridiques (CDI, Annuaire de la Commission du droit
- Dans l’affaire des essais nucléaires (Nouvelle-Zélande c. France, arrêt du international, 2006, vol. II.) ;
20 décembre 1974), la Cour a pris acte d’un simple communiqué de presse, II. LA RECONNAISSANCE DES AU DES OI
à la suite d’un Conseil des ministres, annonçant la décision du Président de A. La reconnaissance des actes internes aux OI :
la république de mettre fin aux essais nucléaires français dans - Le droit interne de l’Organisation internationale ressemble beaucoup au
l’atmosphère. droit interne des assemblées parlementaires. Un règlement intérieur
- Dans d’autres affaires, la Cour est beaucoup plus réservée. Par exemple, régissant son fonctionnement, un budget propre, des agents qui leur sont
dans son arrêt dans l’affaire de la délimitation de la frontière maritime dans affectés, un statut général des fonctionnaires, des actes de création
la région du Golfe du Maine (Canada/États-Unis d’Amérique, 20 janvier d’organes etc.
1982), la Cour a écarté des prises de position écrites d’un fonctionnaire - Le caractère obligatoire à l’égard des destinataires Le droit interne de
technique, en considérant que celui-ci n’avait pas capacité pour engager l’Organisation a une portée obligatoire pour ses destinataires. Il s’agit des
l’État, alors même qu’il agissait dans le cadre de relations suivies entre organes même de l’institution (le droit interne régissant les rapports entre
services compétentes des affaires maritimes. D’ailleurs, dans l’affaire du les organes ou bien la création par l’organisation d’un organe subsidiaire),
Différend frontalier (Burkina Faso ! République du Mali, arrêt du 22 les fonctionnaires ou les cocontractants de l’organisation.
décembre 1986), la Cour a rappelé avec force que « [t]out dépend donc de B. La reconnaissance des actes externes des OI :
l’intention de l’État considéré » (C.I.J. Recueil 1986, p. 573, par. 39.) - C’est le traité constitutif qui reconnait à l’OI la faculté d’adopter des actes
B. La création de l’engagement juridique de l’État unilatéraux dont certains peuvent avoir une portée normative.
- Des déclarations formulées publiquement et manifestant la volonté de - Il s’agit de la situation dans laquelle une OI crée directement du droit
s’engager peuvent avoir pour effet de créer des obligations juridiques. international qui s’impose à ses membres ou aux États non membres. 1. À
Lorsque les conditions pour qu’il en soit ainsi sont réunies, le caractère l’égard des États membres Le pouvoir normatif de l’OI à l’endroit des États
obligatoire de telles déclarations repose sur la bonne foi ; les États membres découle des chartes constitutives qui contiennent des
intéressés peuvent donc en tenir compte et tabler sur elles ; ils sont fondés dispositions relatives aux actes que les divers organes de l’Institution
à exiger que de telles obligations soient respectées. (...) – Principe peuvent adopter. Le régime juridique de ces actes varie en ce sens qu’il y a
directeur n°1 applicable aux déclarations unilatérales des États des Chartes constitutives qui précisent expressément les actes ayant un
susceptibles de créer des obligations juridiques (CDI, Annuaire de la effet obligatoire et ceux qui n’en disposent pas. Aff. CIJ Avis consultatif du
Commission du droit international, 2006, vol. II.) ; 21 juin 1971 sur la Namibie (concernant l’interprétation de la portée d’une
- Une déclaration unilatérale n’engage internationalement l’Etat que si elle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU). La force obligatoire du pouvoir
émane d’une autorité ayant compétence à cette fin. En vertu de leurs règlementaire stricto sensu à travers les décisions, les directives et les
fonctions, les chefs d’Etat, les chefs de gouvernement et les ministres des règlements qui constituent une véritable législation internationale sous la
affaires étrangères sont habilités à formuler de telles déclarations. D’autres forme d’un droit dérivé à valeur externe. 2. À l’égard des États non
personnes représentant l’Etat dans des domaines déterminés peuvent être membres La gestion objective d’espaces internationaux par les OI (O.A.C.I,
autorisées à engager celui-ci, par leurs déclarations, dans les O.M.M) ; L’activité objective de l’ONU dans la mise en œuvre du Chapitre
VII.
matières relevant de leur compétence. (...) – Principe directeur n° 4 - Un attribut des compétences statuaires (théorie des compétences
implicites) des OI : c’est le traité constitutif qui reconnait à l’OI la faculté chap II
d’adopter des actes unilatéraux dont certains peuvent avoir une portée ou art. 4 à 11 PARIE) /
normative. 2. Comportements (action ou omissions) attribuables à une OI (cf. art.4 a. +
**** chap II
ou art. 6 à 9 PAROI)
SOUS-THEME N° 04 : L’ENGAGEMENT DE LA RESPONSA-BILITE INTERNA- B. Un fait constitutif de violation d’une obligation internationale
TIONALE 1. Violation d’une obligation internationale de l’Etat (cf. art. 2b. + chap III ou
Exercice : COMMENTAIRE DE TEXTE art. 12 à 15 PARIE)
Commentez cet extrait : 2. Violation d’une obligation internationale de l’OI (cf. art. 4b. + chap III ou
« L’engagement de la responsabilité doit s’apprécier de deux points de art. 10 à 13 PAROI)
vue : celui de la personne responsable et celui de l’État ou de l’organisation
internationale lésé (e). S’agissant de la première, on peut dire que sa Cf. CIJ 24 mai 1980, affaire du personnel diplomatique et consulaire
responsabilité est engagée à partir du moment oú a été commis le fait américain à Téhéran / CIJ 30 juin 1995, affaire du Timor oriental / CIJ 9
internationalement illicite. Du point de vue de l’État ou de l’organisation juillet 2004, affaire des conséquences juridiques de l’édification d’un mur
lésé (e), l’engagement de responsabilité a lieu à partir du moment oú ce ou dans le territoire palestinien occupé.
cette dernier (e) subit un dommage provoqué par le fait illicite de l’autre II. L’EXISTENCE D’UN DOMMAGE CONSECUTIF AU FAIT INTERNATIONA-
État ou organisation. Ainsi atteint dans son droit subjectif, l’État ou LEMENT ILLICITE
l’organisation lésé (e) peut alors invoquer la responsabilité propre à l’auteur A. Une atteinte à un droit subjectif du sujet de droit international 1.
de la violation ». Dommage matériel /dommage moral subi par un Etat
DUPUY (Pierre-Marie) et KERBRAT (Yann), Droit international public, 15e 2. Dommage matériel / dommage moral subi par une OI
édition, Paris, Dalloz, 2020, pp. 555-556. NB : la CIJ a toujours affirmé qu’il fallait qu’un droit juridiquement protégé
**** ait été violé pour qu’il puisse y avoir mise en jeu de la responsabilité
Plan du texte : internationale. Cf. affaire de la Barcelona traction de 1970 où la CIJ a
-phrase 1: Annonce de 2 points d’appréciation des conditions de soutenu que « la violation d’un simple intérêt ne saurait suffire à mettre en
l’engagement de la responsabilité internationale œuvre cette procédure de responsabilité internationale. Un Etat qui
-phrase 2 : Une condition tenant à la personne responsable invoquerait ce seul motif serait déclaré irrecevable à intenter une action en
-phrases 3 et 4 : Une condition tenant au sujet de droit international lésé justice ».
IDÉE GÉNÉRALE : Les conditions d’engagement de la responsabilité B. Un lien de causalité entre le dommage et le fait illicite
internationale en Droit international public. 1. Types de causalités (naturelle / normative)
PLAN : 2. Relativité de l’exigence du lien de causalité pour l’engagement de la
I. LA COMMISSION D’UN FAIT INTERNATIONALEMENT ILLICITE responsabilité
- Principe : cf. Art. 1 et 2 PARIE concernant les Etats / Art. 3 et 4 PAROI (cf. CIJ, 26 février 2007, affaire de l’application de la convention sur la
concernant les OI / cf. CIJ, 1949, affaire du Détroit de Corfou prévention et la répression du crime de génocide) mais condition exigée
A. Un fait attribuable à un sujet de droit international pour la réparation. - Conséquence : naissance du droit d’invocation de la
1. Comportements (action ou omission) attribuables à un Etat (cf. art. 2 a. + responsabilité internationale par l’Etat ou l’OI lésé (e) dès l’atteinte à un
droit subjectif du sujet international (cf. art. 42 PARIE / art. 43 PAROI).
NB : Possibilité d’invocation par un sujet de droit international autre que
celui lésé (cf. art. 49 PARIE / art. 49 PAROI)

SOUS-THEME N° 05 : LA RÈPARATION DU PRÈJUDICE EN DROIT DE LA


RESPONSABILITÈ INTERNATIONALE
Exercice ; DISSERTATION JURIDIQUE
Sujet : La réparation du préjudice subi en droit international.
Problématique : Quelle est l’étendue de la réparation d’un préjudice subi
par un sujet de droit international ?
Toute violation d’un engagement comporte une obligation de réparer, c’est
une conception générale de droit, un principe de droit et du droit
international. Au-delà de la cessation et des garanties de non répétition, la
réparation d’un préjudice subi en droit international s’opère de plusieurs
manières d’où les formes de réparation (I) . La réparation présente aussi
des limites (II).
PLAN : I. LES FORMES DE REPARATION
A. Les réparations pécuniaires
B. Les réparations non pécuniaires
II. LES LIMITES DE LA REPARATION
A. Les cas d’atténuation B. Les cas d’exonération

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