Dieu nous appelle à Le mettre
à la première place dans notre
coeur et dans notre vie pour
que nous puissions nous
consacrer entièrement à Lui.
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Psycho
Se décentrer de soi-
même pour être
centré sur Dieu
Agnès31 juillet 20233
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Voilà une démarche qui va à
l’encontre de ce que le monde
prône à temps et à contretemps :
« pense d’abord à toi », « pars à
la découverte de
ton moi profond », « agis comme
tu le sens »… Pourtant, se
décentrer de soi-même est le
véritable chemin de la liberté et
de l’amour, tel que l’Évangile
nous l’enseigne. C’est aussi un
chemin de bonheur, car Dieu
devient alors le centre de
notre vie.
Le piège du
développement
personnel
La plupart des livres et des
conférences sur le
développement personnel ou la
psychologie en général sont –
n’ayons pas peur des mots –
centrés sur le « moi », sur l’ego.
Qu’est-ce que je ressens ?
Quelles sont mes blessures ?
Quelles sont mes véritables
qualités ? Comment faire pour
être pleinement heureux, pour
être en paix avec moi-même ?
Voilà quelques-unes des
questions que ces livres et
conférences nous amènent à
nous poser, et auxquelles elles
tentent de répondre elles-
mêmes.
Certes, tout n’est pas faux, tout
n’est pas à jeter dans ce
mouvement du
développement personnel !
D’ailleurs, si tant de gens sont
séduits par ce dernier, c’est bien
parce qu’il y a au fond de chacun
de nous une aspiration à nous
connaître et à connaître le
bonheur. Mais cette aspiration
profonde ne peut être comblée
que par Celui qui l’a placée en
nous : Dieu Lui-même.
Et c’est là que réside le principal
problème du développement
personnel : loin de nous pousser
vers Dieu, ce dernier nous
pousse à toujours plus
d’introspection, à toujours plus
être centrés sur nous-mêmes.
C’est un piège insidieux, caché
sous de belles intentions. Car
oui, le Christ nous demande
d’aimer notre prochain comme
nous-mêmes (Mc 12, 31), ce qui
implique que nous nous aimions
nous-mêmes en premier lieu.
Mais c’est précisément le
contraire d’un amour
égocentrique et
narcissique, puisque le but de ce
commandement du Seigneur est
de nous tourner vers les autres,
de les aimer.
Avant tout, être
centré sur Dieu
Reprenons ce passage de Mc
12 que nous venons de citer :
« Un scribe s’avança pour Lui
demander : « Quel est le premier
de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : «
Voici le premier : Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est
l’unique Seigneur. Tu aimeras le
Seigneur ton Dieu de tout ton
cœur, de toute ton âme, de tout
ton esprit et de toute ta force. Et
voici le second : Tu aimeras ton
prochain comme toi-même. Il n’y
a pas de commandement plus
grand que ceux-là. »
Mc 12, 28-31
Le premier de tous les
commandements – et c’est
Jésus Lui-même qui le dit ! – est
donc d’aimer Dieu « de tout notre
cœur, de toute notre âme, de
tout notre esprit et de toute notre
force ». Autrement dit, de L’aimer
avec toutes les fibres de notre
être, sans partage, sans demie-
mesure. De cet amour que nous
aurons pour Dieu découlera tout
le reste, notamment l’amour de
nous-mêmes et l’amour de notre
prochain.
C’est donc une invitation claire à
centrer toute notre existence sur
Dieu, avant toute chose !
Puisque Dieu est notre Créateur,
notre Sauveur, notre Défenseur,
qu’Il nous connaît mieux que
nous-mêmes et nous aime mieux
que nous ne pourrons jamais
aimer quiconque, il est clair
qu’être centré
sur Lui est la meilleure
« stratégie » possible pour
accéder au bonheur et à la paix
auxquels nous aspirons.
Saint Paul nous exhorte
d’ailleurs à quitter notre égoïsme
pour entrer dans l’amour de
notre prochain, et devenir ainsi
pleinement libres :
« Vous, frères, vous avez été
appelés à la liberté. Mais que
cette liberté ne soit pas un
prétexte pour votre égoïsme ; au
contraire, mettez-vous, par
amour, au service les uns des
autres. »
Ga 5, 13
Ainsi, être centré sur Dieu et
tourné vers les autres est le
véritable chemin de la liberté,
tandis que l’égoïsme enferme et
isole, nous coupant par le fait
même du bonheur que nous
recherchons.
Le ressenti ment
C’est un fait, le péché originel a
abîmé notre relation à Dieu et
aux autres, ainsi que notre
relation à nous-mêmes. Nous
sommes créés pour vivre une
plénitude d’amour, mais la
blessure du péché nous rend
incapables d’aimer vraiment, et
de nous laisser aimer. Seul Dieu
peut restaurer notre humanité
blessée, tordue, perdue, et nous
conduire à Lui.
Notre péché nous pousse
toujours davantage à nous
centrer sur nous-mêmes. Nous
nous coupons alors subtilement
de Dieu, en qui nous n’avons pas
pleinement confiance, qui nous
semble lointain et distant (alors
que c’est nous qui nous
éloignons, pas Lui). Nous
allons alors nous fier à notre
ressenti, à nos intuitions, pour
discerner et tenter de
comprendre le monde qui nous
entoure.
Combien de fois n’avons-nous
pas dit ou pensé : « J’ai
l’impression que c’est le bon
choix », « Je ne le sens pas »,
« Je crois que Dieu veut me dire
cela », « J’ai la sensation qu’il
faut que je continue dans cette
voie »… en nous basant
uniquement sur notre ressenti ?
Cela se voit également dans nos
relations amoureuses : « J’ai
l’impression qu’il ne m’aime plus
autant qu’avant », « Je ne me
sens pas compris », « J’ai le
sentiment que nous sommes
faits l’un pour l’autre ».
Pourtant, comme le dit l’adage,
le ressenti « ment ». Nous
pouvons très bien ressentir
quelque chose qui n’est pas vrai.
Nos intuitions peuvent tout à fait
se révéler
infondées, nos sentiments et nos
émotions être changeants et
dépendants de la situation. Si
nous laissons notre ressenti
nous guider, nous courons un
grand risque pour notre vie
spirituelle : le risque d’être
davantage à l’écoute de nous-
mêmes que de Dieu (tout en
pensant être à l’écoute de Dieu),
et même le risque d’être trompé
par le démon, qui sait très bien
se servir de nos sensations pour
nous détourner de notre but
véritable.
A l’écoute de la
volonté de Dieu
Un grand piège de la vie
spirituelle est donc de penser
que nos sentiments sont des
indicateurs de la volonté de Dieu.
Je peux très bien avoir
l’impression que Dieu veut que je
fasse tel ou tel choix, sans que
cette impression ne vienne de
Lui. Certes, parfois, Dieu va
utiliser nos sens pour nous
parler, pour nous toucher, entrer
en relation avec nous. Mais le
diable également peut chercher
à nous influencer à travers nos
sens ! Et sans un minimum de
discernement, nous confondrons
la volonté de Dieu avec celle du
démon, bien que n’ayant aucune
intention de suivre ce dernier.
Pour être à l’écoute de la volonté
de Dieu, nous n’avons donc pas
d’autre choix que de négliger nos
ressentis, quels qu’ils soient, et
de les compter pour rien. J’ai
l’impression que Dieu m’appelle
à une grande mission ? Peut-être
est-ce vrai, mais ce n’est qu’une
impression, donc elle n’a pas
d’importance. Si c’est vraiment le
plan de Dieu, il se réalisera quoi
qu’il arrive. A l’inverse, j’ai la
sensation d’être loin de
Dieu, j’ai peur de finir en enfer ?
Ce n’est encore une fois qu’un
ressenti. Dieu seul est mon juge,
pas mes sensations !
C’est rassurant, finalement, de
se dire que nos ressentis ne
comptent pas ! Et c’est surtout
un chemin de liberté intérieure :
petit à petit, j’apprends à avancer
librement en suivant la volonté
de Dieu, sans être balloté de
tous côtés par des sensations
changeantes et pas forcément
inspirées. Cela demande un vrai
travail de décentrement de soi, à
l’opposé de tout ce que le monde
nous demande de faire. Et c’est
normal, car le « prince de ce
monde », Satan en personne, fait
tout pour que nous soyons égo-
centrés, repliés sur nous-mêmes,
à la merci de nos sens et de nos
émotions.
Pas étonnant que notre monde
aille mal,
dans ce contexte ! Tant que nous
serons focalisés sur nous-
mêmes, nous resterons
individualistes, incapables de
compatir à la souffrance des
autres, obsédés par la
satisfaction de nos propres
désirs, qu’ils semblent louables
ou non. La culture de l’ego n’est
rien d’autre qu’une culture de
mort. Et l’unique remède est
justement de mourir à nous-
mêmes, à notre égoïsme, pour
vivre pleinement en Dieu :
« Le Pape, l’Église et vous chers
jeunes, nous déclarons la guerre
à cette culture de mort en
mettant notre je suis dans le Je
Suis de Dieu »
Saint Jean-Paul II
Consolation et
désolation
Saint Ignace de Loyola, grand
maître en
discernement spirituel, a
justement identifié que notre vie
spirituelle passe toujours par des
périodes de consolation, où nous
avons le sentiment d’une grande
proximité avec Dieu, et des
périodes de désolation, où nous
perdons goût à la prière, où Dieu
nous semble lointain, où nous
avons l’impression d’être « dans
le brouillard ». Ces deux phases
s’alternent sans cesse, dans le
but de nous faire grandir dans le
détachement de nous-mêmes et
de nos ressentis, pour que nous
apprenions à aimer Dieu
quelques soient nos dispositions
intérieures.
Nous n’échappons pas à cette
alternance dans notre vie
spirituelle ! Or, si nous nous
arrêtons à notre sentiment du
moment, nous serons sans
cesse à la recherche des
consolations (pourtant Dieu veut
que nous L’aimions pour Lui-
même, pas pour Ses
cadeaux) et nous prendrons les
désolations pour des punitions
de Dieu, ou pour un éloignement
de Sa part (alors qu’Il agit peut-
être bien davantage en nous à
ce moment-là que lors d’une
période de consolation).
A nous donc d’être le pilote de
nos ressentis, au lieu d’être
pilotés par eux ! A nous de
choisir de faire en tout la volonté
de Dieu plutôt que notre volonté,
à ajuster notre volonté à celle de
notre Créateur. Certes, dans la
vie spirituelle, nous ne
comprenons pas tout (voir
l’article En finir avec les
« pourquoi ?« ), mais cela ne
nous empêche pas de dire,
comme Marie à l’Ange Gabriel :
« Voici la servante du Seigneur ;
que tout m’advienne selon ta
parole. » (Lc 1, 38).
Non pas ma volonté,
mais la Tienne
Combien de fois disons-nous, en
priant le Notre Père : « Que Ta
volonté soit faite » ? Et pourtant,
bien souvent, c’est notre volonté
que nous voulons voir se
réaliser. Nous demandons au
Seigneur de faire coïncider Sa
volonté avec nos envies, avec
nos désirs, et nous restons des
« bébé-chrétiens », centrés sur
nous-mêmes et attendant de
Dieu qu’Il soit le grand magicien
qui exaucera tous nos vœux !
La vie spirituelle, c’est autre
chose. C’est avant tout, comme
Jésus nous l’a enseigné,
chercher à toujours faire la
volonté de Dieu. Le Christ Lui-
même n’a jamais rien fait d’autre
que la volonté de Son Père. Au
mont des Oliviers, conscient
de la terrible mort qui L’attend, Il
prie en disant : « Père, si Tu le
veux, éloigne de moi cette coupe
; cependant, que soit faite non
pas Ma volonté, mais la
Tienne. » (Lc 22, 42). Même face
à l’horreur de la Croix, Jésus n’a
pas reculé, car tout ce qui Lui
importait était de faire la volonté
de Dieu.
Se décentrer de nous-mêmes
pour être centrés sur Dieu, c’est
donc apprendre, à l’école de
Jésus, à « dissoudre » notre
volonté dans la volonté du Père,
confiants que c’est là que
résident notre bonheur et la vraie
liberté. Cela implique de nous
oublier, de mourir à nous-
mêmes, pour appartenir toujours
plus à Dieu, pour entrer dans la
Vie. Nous pourrons alors dire
avec saint Paul :
« Je vis, mais ce n’est plus moi,
c’est le Christ qui vit en moi. »
Ga 2, 20
Et ça, ça change tout
Dans notre couple, dans notre
famille, vivre décentrés de nous-
mêmes et centrés sur Dieu est
un véritable « game-changer » !
Cela nous fait entrer dans
toujours plus d’amour et de
patience envers notre conjoint,
envers nos enfants, envers nos
parents et beaux-parents. Au lieu
de rester focalisés sur nos
blessures, ce que nous avons
« mal digéré », ce que nous
ressentons vis-à-vis de telle ou
telle personne, nous pouvons
librement choisir de laisser le
passé au passé et d’avancer.
Loin d’être une défaite ou le fruit
du découragement, ce choix de
nous décentrer de nous-mêmes
est en réalité une victoire de
l’amour, une victoire sur
notre ego, et nous permet
d’entrer dans une relation plus
profonde et plus ajustée à Dieu,
aux autres et à nous-mêmes.
Moi la première, il m’aura fallu du
temps pour comprendre que mon
ressenti ne devait en aucun cas
être ma boussole ! J’étais assez
fière de mon intuition, souvent
vantée par des proches, et je ne
me rendais pas compte
que j’avais fini par en faire une
idole, qui me guidait à la place
de Dieu. Je peux témoigner
aujourd’hui, même si le travail
n’est pas fini, que se décentrer
de soi-même et de nos
impressions est profondément
libérateur, et permet d’entrer
dans une toute nouvelle relation
avec Dieu.
Je vous laisse avec cette
magnifique prière de saint
Charles de Foucauld, qui résume
parfaitement cet article :
Mon Père, je m’abandonne à Toi
Fais de moi ce qu’il Te plaira
Quoi que Tu fasses de moi, je Te
remercie
Je suis prêt à tout, j’accepte tout
Pourvu que Ta volonté se fasse
en moi, en toutes Tes créatures
Je ne désire rien d’autre, mon
Dieu
Je remets mon âme entre Tes
mains
Je Te la donne, mon Dieu
Avec tout l’amour de mon cœur
Parce que je T’aime, et que ce
m’est un besoin d’amour
De me donner, de me remettre
entre Tes mains
Sans mesure, avec une infinie
confiance
Car Tu es mon Père
but plus envahissant et en
même temps saisissant : on doit
donner notre vie pour Dieu,
s’abandonner, tout lâcher, perdre
sa vie pour la retrouver (Jean
12.25). Mais pourtant ce but que
Dieu nous donne nous remplit
tellement que … je n’ai pas de
mot.
Est ce qu’il y a, dans tous les
buts qu’un homme peut avoir sur
la terre, un but plus saisissant
que celui là ? La politique, nourrir
les pauvres, réussir sa carrière,
mettre à l’abri du besoin sa
famille, travailler à la paix dans le
monde
etc. Toutes ces choses ne
m’exaltent pas autant que l’idée
de faire la volonté de Dieu, si
cela doit passer par le fait de
nourrir les pauvres, trouver le
vaccin contre le sida, prendre
soin de ma famille ok, mais mon
bonheur est de savoir que je fais
la volonté de Dieu, que je suis
une pierre de l’édifice. Le moyen
de l’être est différent pour
chacune.
Finalement, au bout de toutes
ces années ce verset résonne
toujours aussi fortement en moi :
« ma nourriture est de
faire la volonté de celui qui
m’a envoyé, et d’accomplir
son oeuvre » Jean 4 v 34. Si
vous vous sentez vide, que vous
n’avez goût à rien, que vous
n’avez pas de but dans la vie,
Jésus est mort sur la croix pour
vous sauver. Et ce n’est plus
nous qui devons vivre, c’est lui
en nous. Embrassons sa cause.
Parfois on a juste besoin de
s’abandonner à ses pieds :
« Telle que je suis, Jésus
prend moi, sers toi de moi, il
n’y a rien dans ce monde qui
me comble, aucune cause qui
me donne envie de me lever le
matin, je veux juste embrasser
la tienne, faire ta volonté, tu
sais là où je serais la plus
utile, là où tu veux que je sois.
Même si je ne suis rien, sers
toi de moi. »
Voilà ce qui nourrit mon cœur,
mon esprit. On veut tous faire
quelque chose et j’ai
trouvé ce qui comble le vide que
chaque homme a dans son cœur
: Jésus Christ et une vie
centrée sur Lui.
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9 août 2024
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