ÉTUDE DE CAS
Guide méthodologique questionnaire
Grands Principes :
Le modèle de Karasek permet de faire un lien entre le vécu du travail et les risques que ce travail fait
courir à la santé. Il s’appuie sur un questionnaire qui permet d’évaluer pour chaque salarié l’intensité
de la Demande Psychologique à laquelle il est soumis, la Latitude Décisionnelle dont il dispose, et
le Soutien Social qu’il reçoit sur son lieu de travail.
La Demande Psychologique est évaluée par la quantité de travail, son intensité et son
caractère plus ou moins morcelé tels qu’ils sont ressentis par les salariés.
La Latitude Décisionnelle renvoie aux marges de manœuvre dont le salarié estime pouvoir
disposer pour peser sur les décisions dans son travail, aux possibilités d’utiliser et aussi de
développer ses compétences.
Le Soutien Social décrit l’aide dont peut bénéficier le salarié, de la part de ses supérieurs
hiérarchiques ou de ses collègues.
Le modèle de Karasek permet de situer les salariés sur un graphique défini selon deux axes : la
demande psychologique en ordonnée et la latitude décisionnelle en abscisse.
Ce graphique est partagé par des axes correspondant à la valeur médiane de chaque score. À droite
(ou à « l’Est ») du graphique, se trouvent les salariés dont le score de demande psychologique est
supérieur à la médiane, en bas (au « Sud ») ceux dont le score de latitude décisionnelle est inférieur à
la médiane.
Le cadran où le risque d’avoir des répercussions négatives sur la santé est le plus fort est situé « en
bas à droite » (ou au « Sud-est »), car les salariés qui s’y trouvent ont à la fois une demande
psychologique relativement élevée et une latitude décisionnelle relativement faible.
C’est ce que le modèle de Karasek appelle la situation de « Job Strain », ou de tension au travail : les
situations à risques pour la santé sont celles où les exigences du travail sont importantes, la demande
psychologique forte, et où les ressources disponibles dans le travail pour y faire face sont
insuffisantes, la latitude décisionnelle faible. Le risque est encore aggravé si le salarié bénéficie
d’un faible soutien social. Les pathologies liées aux risques psychosociaux sont essentiellement des
troubles cardio-vasculaires, psychiques et musculo-squelettiques.
Les autres cadrans sont ceux des salariés dits « actifs » (forte demande psychologique et forte
latitude décisionnelle), « passifs » (faible demande et faible latitude), et « détendus » (faible demande
et forte latitude).
Le calcul des scores :
Le score de demande psychologique est donné par la formule :
Q10+Q11+(5-Q12)+(5-Q13)+(5-Q14)+Q15+Q16+Q17+Q18
Le score de latitude décisionnelle est donné par la formule :
2 x (Q1+Q2+Q3+(5-Q4)+Q5+Q6) + 4 x (Q7+Q8+Q9)
Le score de soutien social est donné par la formule :
Q19+Q20+Q21+Q22+Q23+Q24+Q25+Q26
Médianes des scores du modèle de Karasek :
Demande Latitude Soutien
psychologique décisionnelle social
Hommes 20,9 71,6 23,3
Femmes 21,2 68,6 23,3
Ensemble 21,0 70,3 23,3
Lecture :
- Un salarié homme dont le score de demande psychologique est supérieur ou égal à 21 subit
une forte demande psychologique au sens de Karasek.
- Celui dont le score de latitude est inférieur ou égal à 70 dispose d’une faible latitude
décisionnelle au sens de Karasek.
- Un salarié dont le score de demande psychologique est supérieur ou égal à 21 et celui de
latitude inférieur ou égal à 70 est donc dans le cadran « tendu ». On utilise ici les médianes de
la population totale comme références.
« Job strain » et « isostrain » :
Le « Job strain » ou « tension au travail » est la combinaison faible latitude/forte demande. En
pratique, si le score de demande psychologique est supérieur à 20 et le score de latitude décisionnelle
inférieure à 71, le salarié est dans le cadran « tendu », et donc considéré en situation de « job strain ».
L’Isostrain est la combinaison d’une situation de job strain et d’un faible soutien social, inférieur à 24.