Calcul matriciel et applications pratiques
Calcul matriciel et applications pratiques
Christophe Dutang
[Link]
1 Algèbre matricielle 3
2 Polynômes d’endomorphisme 17
2.1 Endomorphismes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
3 Application de la dia(tri)gonalisation 35
1
TABLE DES MATIÈRES 2
4.1 Décompisition LU . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
4.2 Décomposition QR . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
Définition 1.1.1 (Groupe). L’espace E muni de l’opération + noté (E, +) est un groupe lorsque
— ∀x, y, z ∈ E, (x + y) + z = x + (y + z) (associativité),
— ∃e ∈ E, x + e = e + x = x (existence élément neutre),
— ∀x ∈ E, ∃x0 ∈ E, x + x0 = x0 + x = e (existence d’un symétrique).
Le groupe est dit commutatif ou abélien si ∀x, y ∈ E, x + y = y + x.
Exemple 1.1.2. (Z, +) est un groupe commutatif avec l’élement neutre 0 et comme symétrique de
n l’élément −n mais (N, +) n’en est pas un.
Définition 1.1.3 (Anneau). L’espace E muni des opérations + et × noté (E, +, ×) est un anneau
lorsque
— (E, +) est un groupe commutatif (avec e+ l’élément neutre),
— × est associative,
— × est distributive par rapport +, i.e. ∀x, y, z ∈ E, (a + b) × c = a × c + b × c et c × (a + b) =
c × a + c × b,
— × possède un élément neutre e× , i.e. ∀x ∈ E, x × e× = e× × x = x.
L’anneau est dit commutatif ou abélien si ∀x, y ∈ E, x × y = y × x. Si de plus tous les éléments
non nuls possèdent un inverse pour ×, alors (E, +, ×) est un corps.
Exemple 1.1.4. (Z, +, ×) est un anneau mais pas un corps, tandis que (R, +, ×) est un corps.
3
CHAPITRE 1. ALGÈBRE MATRICIELLE 4
Définition 1.2.1 (Matrice). Une matrice A est un tableau de nombres réels ou complexes avec n
lignes et m colonnes. La matrice se représente par
a11 . . . a1m
A = ... .. = a ,
a . ij ij ij
an1 . . . anm
où aij est appelé terme général de la matrice A. Lorsque n = m, on parle de matrices carrés. L’en-
semble des matrices réelles (resp. complexe) est noté Rn×m (resp. Cn×m ). Kn×m désigne l’ensemble
des matrices de K = R ou C.
Exemple 1.2.2.
1 −2 3 7 8
1 −2 3
A= , B = 0 −2 0 , C = 0 √−2 .
0 7 1.3
0 0 −10 π 2
Exemple 1.2.4.
1 −2 3 4 0 −3 5 −2 0
+ =
0 7 1.3 1 −7 π 1 0 1.3 + π
Proposition 1.2.2. L’ensemble des matrices (Kn×m , +) muni de l’opération somme est un groupe
commutatif dont l’élément neutre est la matrice nulle. C’est à dire
A + (B + C) = (A + B) + C, A + 0 = A, A + (−A) = 0, A + B = B + A.
Exemple 1.2.6. √ √
√
√
2 −2√ 2 3 √2
2A = .
0 7 2 1.3 2
CHAPITRE 1. ALGÈBRE MATRICIELLE 5
Proposition 1.2.3. L’ensemble des matrices (Kn×m , +, .) muni de l’opération somme et du produit
par un scalaire est un K-espace vectoriel. C’est à dire (Kn×m , +) est un groupe commutatif et
λ(A + B) = λA + λB, (λ + µ)A = λA + µA, λ(µA) = (λµ)A, 1(A) = A.
Définition 1.2.7 (Produit). Pour A = aij ij ∈ Kn×m , B = bij ij ∈ Km×p , la matrice AB est la
matrice notée AT de Km×n de terme général (aji )ij . Une matrice carrée A est dit symétrique si
A = AT , i.e. aij = aji .
Exemple 1.2.11.
1 0 1 0 0
T T T 7 0 π
√ .
A = −2 7 , B = −2 −2 0 , C =
8 −2 2
3 1.3 3 0 −10
CHAPITRE 1. ALGÈBRE MATRICIELLE 6
Exemple 1.2.13.
Tr(B) = −11.
— nulle
0 ... 0
.. ..
0 = . 0 .
0 ... 0
— identité de Kn×n
1 0 ... 0
.. ..
0
. .
.. ..
I= .
. 1 .
.. ..
. . 0
0 ... 0 1
C’est à dire de terme général iij = δij le delta de Kronecker.
— diagonale de Kn×n
d1 0 ... 0
.. ..
0
. .
D=
.. .. .
. di .
.. ..
. . 0
0 ... 0 dn
C’est à dire de terme général dij = 0 si i 6= j.
— triangulaire supérieure de Kn×n
t11 t12 . . . t1n
0 ... ...
T =
.. .. .
. tii .
.. ..
. . tn−1,n
0 ... 0 tnn
— matrice de Toeplitz
a0 a−1 a−2 . . . . . . a−n+1
. ..
a0 a−1 . .
a1 .
.. .. .. ..
a2
a1 . . . .
.
.. .. .. ..
.
. . . a−1 a−2
.. ..
. . a1 a0 a−1
an−1 . . . . . . a 2 a1 a0
C’est à dire de terme général aij n’est fonction que de |i − j|.
— matrice de Vandermonde
1 a1 a1 2 . . . a1 n−1
1 a2 a2 2 . . . a2 n−1
1 a3 a3 2 . . . a3 n−1
.
. . . .
. . . .
. . . .
1 am am 2 . . . am n−1
C’est à dire de terme général aij = (ai )j−1
Définition 1.4.1 (Déterminant d’une matrice). On appelle déterminant des matrices carrées de
Kn×n l’unique application det (:) Kn×n 7→ K telle que
(i) det () est une forme n-linéaire des colonnes de A,
(ii) det () est une forme alternée des colonnes de A,
(iii) det (I) = 1, où I est la matrice identité.
Autrement dit, en notant A.,j la jème colonne, (i) A.,j 7→ det (A) est linéaire pour tout j, (ii) si
∃i, j tel que A.,j = A.,i alors det (A) = 0. Notons que si n = 1, alors det (A) = a11 .
Définition 1.4.2 (Calcul du déterminant d’une matrice). On en déduit que le déterminant d’une
matrice carrée A de Kn×n se calcule pour une colonne arbitraire j
n
X
det (A) = aij (−1)i+j det (A−i,−j ) ,
i=1
où A−i,−j est la matrice A privée de la ième ligne et jème colonne. det (A−i,−j ) est appelée le
mineur de A relatif à aij , (−1)i+j det (A−i,−j ) le cofacteur de aij .
Exemple 1.4.3 (Cas particulier : n = 2). Pour une matrice de K2×2 , le déterminant vaut
a b
det = ad − bc
c d
CHAPITRE 1. ALGÈBRE MATRICIELLE 9
Exemple 1.4.4 (Cas particulier : dernière colonne creuse). Pour une matrice
0
.
A−n,−n ..
A= ,
0
an1 . . . an,n−1 1
Exemple 1.4.5 (Cas particulier : jème colonne creuse). Pour une matrice
a11 ... a1,j−1 0 a1,j+1 . . . a1n
.. .. ..
. . .
ai−1,1 . . . ai−1,j−1 0 ai−1,j+1 . . . ai−1,n
A= ai1 ... ai,j−1 1 ai,j+1 . . . ai,n ,
ai+1,1 . . . ai+1,j−1 0 ai+1,j+1 . . . ai+1,n
.. .. ..
. . .
an1 ... an,j−1 0 an,j+1 ... ann
Proposition 1.4.2. Pour une matrice triangulaire par bloc, le déterminant vaut
A B
det = det (A) det (C)
0 C
Proposition 1.4.4 (Inverse d’une matrice). Soit A ∈ Kn×n . Si A est inversible, alors l’inverse
peut se calculer de la manière suivante
1. calculer det (A).
e 1 des cofacteurs (−1)i+j det (A−i,−j ) de A.
2. déterminer la matrice A
3. calculer la comatrice A e T en prenant la transposée.
e2 = A
1
Définition 1.5.1 (Application linéaire). Soient E, F deux K-espaces vectoriels de dimension res-
pective n et m. Une application f : E 7→ F est linéaire lorsque
p p
!
X X
∀λ1 , . . . , λp , ∀x1 , . . . , xp ∈ E, f λi xi = λi f (xi ).
i=1 i=1
En dimension finie, une application linéaire est entièrement caractérisée par une matrice. Soit
(e1 , . . . , em ) une base n×m
Pn de E (resp. (f 1 , . . . , f n ) une base de F ). Il existe une matrice A de K
telle que f (ej ) = j=1 aij f i . C’est à dire pour
Définition 1.5.3 (Image et noyau). Pour f : E 7→ F une application linéaire, l’image est définie
par Im(f ) = f (E) et le noyau par Ker(f ) = f −1 (0F ).
Définition 1.5.5 (Rang). Pour f : E 7→ F une application linéaire, le rang de f est la dimension
de Im(f ), i.e. rg(f ) = dim(Im(f )). Pour une matrice A ∈ Kn×m , le rang est rg(A) = rg(fA ) =
dim(Im(f )), i.e. dimension de l’espace engendrée par les colonnes de A noté vect(A.,1 , . . . , A.,m ).
Proposition 1.5.3. Soit A ∈ Kn×m . On a rg(A) = rg(AT ). Ainsi par le théorème du rang,
0 ≤ rg(A) ≤ min(n, m).
Comme elle a trois lignes, rg(D) ≤ 3. De plus, D 1,. +D 2,. = D 3,. , rg(D) = rg(D T ) = dim(vect(D 1,. , D 2,. )) =
2. Donc dim(Ker(fD )) = 5 − 2 = 3.
Exemple 1.6.2.
x+y+t = a
x+y+t = a
2x + y + z + u = b −y + z − t + u = b − 2a
x + 2y − z + t + 2u = c ⇔ y − z + 2u = c − a
−x − z − 3t + 5u = d y − z − 2t + 5u = d + a
−x + y − 2z + t + u = e 2y + 2z + 2t + u = e + a
x+y+t = a
x+y+t = a
−y + z − t + u = b − 2a −y + z − t + u = b − 2a
⇔ −2t + 3u = b + c − 3a ⇔ −2t + 3u = b + c − 3a
−4t + 6u = b+d−a 0 = −b + d − 2c + 5a
−2t + 3u = e + 2b − 3a 0 = b−c+e
Exemple 1.6.3.
x − y − z + t − 2u = −1
x − y − z + t − 2u = −1
3x + 2y + z + t − u = 2 5y + 4z − 2t + 5u = 5
x + 2y + 2t + u = −3 ⇔ 3y + z + t + 3u = −2
−2x + y − 3z − t + 5u = 0 −y − 5z + t + u = −2
−x − 3y + 2z + 2u = 5 −4y + z + t = 4
x − y − z + t − 2u = −1
x − y − z + t − 2u = −1
−y − 5z + t + u = −2 −y − 5z + t + u = −2
⇔ 5y + 4z − 2t + 5u = 5 ⇔ −21z + 3t + 10u = −5
3y + z + t + 3u = −2 −14z + 4t + 6u = −8
−4y + z + t = 4 21z − 3t − 4u = 12
x − y − z + t − 2u = −1
−y − 5z + t + u = −2
⇔ −21z + 3t + 10u = −5
6t − 2u = −14
6u = 7
Le système est de rang 5 et n’a aucun de paramètre. L’unique solution se déduit en remontant le
système.
Exemple 1.6.4.
2x − 5y = 3 −x + 4y = 1 −x + 4y = 1
−x + 4y = 1 ⇔ 3y = 5 ⇔ 3y = 5
3x − y = −2 11y = 1 0 = 52
Une chaine de Markov est un processus aléatoire (Xn )n à temps discret à valeurs dans un
ensemble d’états E tel que pour tout n ∈ N, on a
La probabilité pij représente la probabilité de transition du processus vers l’état j sachant qu’il est
dans l’état i. La loi de Xn est donnée par
∀k, P (Xn = k) = P n π
En mathématiques, une matrice d’adjacence pour un graph fini à n sommets est une matrice
de dimension n × n dont l’élément non-diagonal aij est le nombre d’arêtes liant le sommet i au
sommet j. L’élément diagonal aii est le nombre de boucles au sommet i.
Les matrices d’adjacence du graphe 1.1a (non orienté) de gauche et du graphe 1.1b (orienté) de
droite sont respectivement
0 1 0 0 1 0 0 0
1 1 0 0 1 0 0 0 0 0 0
0 1 0
1 0 1 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 1 0 1 0 0 0 0 1 0 0 0 1 0
A= , B= .
0 0 1 0 1 1
0 0 0 0 0 0 0 0
1 1 0 1 0 0 1 1 1 0 0 0 0 0
0 0 0 1 0 0 0 0 0 0 0 0 0 0
0 0 0 0 0 0 1 0
Le code QR ou flashcode est un type de code-barres en deux dimensions (ou code matriciel
datamatrix) constitué de modules noirs disposés dans un carré à fond blanc. L’agencement de ces
points définit l’information que contient le code.
QR (abréviation de Quick Response) signifie que le contenu du code peut être décodé rapidement
après avoir été lu par un lecteur de code-barres, un téléphone mobile, un smartphone, ou encore
Matrice d'adjacence
CHAPITRE - Wikipédia
1. ALGÈBRE MATRICIELLE [Link]
Graphe(a)
nongraph
orienténon-orienté Graphe orienté (b) graph orienté
Il en existe de différents types : voir figure 1.2. Les flashcode version 1 sont représentés par des
matrices du types suivants où la croix centrale contient les informations à coder
←7→ ←7→ ←7→
Graphez
orienté
}| {
↑ 1 ... 1 0 0 1 ... 1
. ..
.
7
1 0 1 . . 1 0 1
Les matrices d'adjacence du graphe↓étiqueté
(en) (non
1 . . . 1 0 orienté) de gauche et de celui
(orienté) de
0 1 . . . 1
droite sont respectivement
↑
0 . . . 0 ↑
QR21 = 7 .
← info →
Remarque ↓
0 ... 0 ↓
↑
1 . . . 1
7
Si est la matrice d'adjacence d'un
graphe
1 0 fini 1 dont les sommets sont numérotés
de à , le
↓
nombre de chemins de longueur exactement
1 . . . 1allant de à est le coefficient en position de la
matrice — ceci si chaque arête entre deux sommets a une longueur égale à 1.
Remarque
Si est la matrice d'adjacence d'un graphe fini dont les sommets sont numérotés de à , le
nombre de chemins de longueur exactement allant de à est le coefficient en position de la
matrice — ceci si chaque arête entre deux sommets a une longueur égale à 1.
Wikipédia [Link]
Correction d'erreur
es codes QR utilisent le système Reed-Solomon pour la correction d'erreur : le code contient jusq
0 % de redondance 2.
Polynômes d’endomorphisme (4
séances)
2.1 Endomorphismes
17
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 18
Définition 2.2.1 (Valeur propre). λ ∈ K est une valeur propre de l’endomorphisme u ∈ L(E)
signifie qu’il existe x ∈ E, tel que x 6= 0E et u(x) = λx. x est appelé vecteur propre associé à λ.
Proposition 2.2.1. Pour une valeur propre, il y a une infinité de vecteurs propres (de la forme
µx pour µ 6= 0). Pour un vecteur propre, il y a une unique valeur propre.
Démonstration. Soit λ est une valeur propre de u ∈ L(E). On note x un vecteur propre. Soit µ ∈ K
non nul. µx est aussi un vecteur propre de λ puisque λ(µx) = µ(λx) = µu(x) = u(µx).
Si x un vecteur propre possède deux valeurs propres distintces λ1 , λ2 . Par définition, u(x) =
λ1 x = λ2 x. C’est à dire (λ1 − λ2 )x = 0E ⇔ λ1 − λ2 = 0 ⇔ λ1 = λ2 ce qui est absurde.
Remarque 2.2.2. Un vecteur propre n’est jamais nul mais une valeur propre peut être nulle.
Proposition 2.2.3. Soit u ∈ L(E). λ est une valeur propre de u ⇔ Ker(u − λ Id) 6= {0E } ⇔
u − λ Id n’est pas injective.
Démonstration. ⇔1
S’il existe x ∈ E, tel que x 6= 0E et u(x) = λx, alors x appartient à Ker(u − λ Id). En effet,
Ker(u − λ Id) = {y ∈ E, (u − λ Id)(y) = 0} et (u − λ Id)(x) = 0. La réciproque est vraie.
⇔2
Comme u et λ Id sont linéaires, u−λ Id ∈ L(E). Donc Ker(u−λ Id) = {0E } ⇔ u−λ Id est injective.
Donc la contraposée est vraie dans les deux sens.
Définition 2.2.3 (Spectre). Le spectre d’un endomorphisme u dans K est l’ensemble des valeurs
propres de K de u. On le note SpK (u).
Exemple 2.2.5. Considérons les endomorphismes de K3 décrits par les matrices suivantes
1 −2 0 1 −2 3 7 0 9
A = 1 7 0 , B = 0 −2 0 , C = 0 −2 √1 .
0 0 1 0 0 −10 1 0 2
2
(1 − λ)(λ − 7) = 2 λ − 8λ + 9 = 0 λ = 1, x = y = 0
⇔ x = (λ − 7)y ⇔ x = (λ − 7)y ⇔ ou √
1 = λ ou z = 0 1 = λ ou z = 0 λ = 4 ± 7, z = 0, x = (λ − 7)y
√ √
Le spectre est donc SpK (uA ) = {1, 4 − 7, 4 + 7}. Trois vecteurs propres associés sont donc
respectivement √ √
0 −3 − 7 −3 + 7
0 , 1 , 1 .
1 0 0
Cherchons les valeurs propres de uB en résolvant
x x x − 2y + 3z = λx (1 − λ)x − 2y + 3z = 0 λ = −2, z = 0, 3x − 2y = 0
B y =λ y ⇔
−2y = λy ⇔ λ = −2 ou y = 0 ⇔ λ = −10, y = 0, 11x + 3z = 0
z z −10z = λz λ = −10 ou z = 0 λ = 1, y = z = 0 ou x = 0
Le spectre est donc SpK (uB ) = {1, −2, −10}. Trois vecteurs propres associés sont donc respective-
ment
1 2 2
0 , 3 , 0 .
0 0 −11
Cherchons les valeurs propres de uC en résolvant
√
x x 7x + 9z = λx (7 − λ)x = −9z (7 − λ)(λ − 2)z = −9z
C y = λ y ⇔ −2y√+ z = λy ⇔ z = (λ + 2)y ⇔ y = z/(λ +
√ √ 2)
z z x + 2z = λz x = (λ − 2)z x = (λ − 2)z
√ p √
z = 0 ou λ = 7 + 2 ± 87 − 14 2
⇔ y = z/(λ + 2)
x = (λ − √2)z
√ p √ √ p √
Le spectre est donc SpK (uC ) = {7 + 2 + 87 − 14 2, 7 + 2 − 87 − 14 2}. Deux vecteurs
propres associés sont donc respectivement
p √ p √
7 + 87 − 14 2 7 − 87 − 14 2
1 1
√ √ √ , √ √ √ .
9+ 2+ 87−14 2 9+ 2− 87−14 2
1 1
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 20
Proposition 2.2.4. Si λ1 , . . . , λp sont des valeurs propres distinctes de u, alors les sous-espaces
propres correspondants sont en somme directe.
Remarque 2.2.5. La somme de deux espaces F1 et F2 est F1 + F2 = {u1 + u2 , u1 ∈ F1 , u2 ∈ F2 }.
Des sous espaces vectoriels F1 et F2 de E sont en somme directe F1 ⊕ F2 lorsque ∀u1 ∈ F1 , ∀u2 ∈
F2 , u1 + u2 = 0 ⇒ u1 = 0 = u2 , F1 ∩ F2 = {0E }, n’importe quelle base de F1 + F2 peut s’écrire sous
la forme d’une base de F1 combinée à une base de F2 .
Définition 2.2.6 (Valeur propre). λ ∈ K est une valeur propre de la matrice A ∈ Kn×n signifie
qu’il existe x ∈ Kn , tel que x 6= 0 et Ax = λx. x est appelé vecteur propre associé à λ.
Définition 2.2.7 (Vecteur propre). x ∈ Kn est un vecteur propre de la matrice A ∈ Kn×n signifie
que x 6= 0E et qu’il existe λ ∈ K, tel que Ax = λx. λ est appelé valeur propre associé à x.
Proposition 2.2.6. Soit A ∈ Kn×n λ est une valeur propre de A ⇔ Ker(uA − λ Id) 6= {0} ⇔
A − λI n’est pas inversible.
Remarque 2.2.7. Le spectre d’une matrice A est SpK (A) = SpK (uA ). De même, le sous-espace
propre est E(A, λ) = E(uA , λ) = Ker(uA − λ Id).
= det P −1 det (mat(u)B2 − xI) det (P ) = det (mat(u)B2 − xI) det P −1 × P = det (mat(u)B2 − xI) .
Exemple 2.3.2. Considérons les endomorphismes de K3 décrits par les matrices suivantes
1 −2 0 1 −2 3 7 0 9
A= 1 7
0 , B = 0 −2
0 ,C = 0 −2 √1 .
0 0 1 0 0 −10 1 0 2
On a
1 − λ −2 0
1 − λ −2
χuA (λ) = det 1 7−λ 0 = (1 − λ)det = (1 − λ)((1 − λ)(7 − λ) + 2).
1 7−λ
0 0 1−λ
1−λ −2 3
χuB (λ) = det 0 −2 − λ 0 = (1 − λ)(2 + λ)(10 + λ).
0 0 −10 − λ
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 21
7−λ 0 9
√
7−λ √ 9
χuC (λ) = det 0 −2 − λ √ 1 = −(λ+2)det = −(λ+2) (7 − λ)( 2 − λ) − 9 .
1 2−λ
1 0 2−λ
Proposition 2.3.3. Soit u ∈ L(E). Les racines de χu dans K forme le spectre SpK (u) de u.
Démonstration.
0 −1
Exemple 2.3.3. Soit D la matrice . On distingue le spectre dans R ou dans C. En effet,
1 0
χD (x) = x2 + 1, ainsi SpR (D) = ∅ et SpC (D) = {−i, i}.
pour j = 1, . . . n. En particulier,
Tr(A2 ) − Tr(A)2
a0 = (−1)n , a1 = (−1)n−1 Tr(A), a2 = (−1)n−2 , an = det (A) .
2
De même, pour u ∈ L(E) avec A = matE (u).
Calculons A2 .
−1 −16 0
A2 = 8 47 0 , Tr(A2 ) = 47 ⇒ 2a2 = Tr(A2 ) − Tr(A)a1 = Tr(A2 ) − Tr(A)2 ⇒ a2 = −17.
0 0 1
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 22
Démonstration. —
det (A − xI) = det P −1 BP − xP −1 P = det P −1 det (B − xI) det (P ) = det (B − xI) .
—
det AT − xI = det AT − xI T = det (A − xI)T = det (A − xI) .
−x 0 ... a0
..
1 −x 0 . 0 a1
.. .. .. .. ..
χmatb (u) (x) = det (mat(u) − xIn ) = 0 . . . . . .
.. ..
. . an−3
0 0 ... 1 −x an−2
0 ... 1 an−1 − x
Sans changer la valeur du déterminant, on ajoute à la première ligne la combinaison des autres
lignes suivante xL2 + x2 L3 + · · · + xn−1 Ln . Du coup, la première colonne devient 0, . . . , 0, P (u)(x).
Ainsi
0 0 ... P (u)(x)
..
1 −x 0 . 0 a1
.. .. .. .. ..
χmat(u) (x) = 0 . . . . . = (−1)n+1 P (u)(x) = 0.
.. ..
. . an−3
0 0 . . . 1 −x an−2
0 ... 1 an−1 − x
Comme pour tout i, P (u)(ui (x)) = ui (P (u)(x)) = ui (0) = 0 par linéarité de u, on a P (u)(u) est le
polynôme nul puisque
n
X
n−1 n
P (u)(a0 + a1 u(x) + · · · + an−1 u (x) − u (x)) = ai P (u)(ui (x)) = 0.
i=1
(2)
On a fait l’hypothèse que les vecteurs x, u(x), . . ., un−1 (x) engendrent E. Choisissons seulement
le plus grand entier k tel que x, u(x), . . ., uk−1 (x) soit un système libre. Cet entier est au moins
égale à 1 et existe car E est de dimension fini. Notons F = vect(x, u(x), . . . , uk−1 (x)). On a donc la
restriction u|F de u à F vérifie u|F : F 7→ F . Complétons x, u(x), . . ., uk−1 (x) par bk+1 , . . . , bn pour
obtenir une base b de E. Très logiquement u(up (x)) = up+1 (x) = 1 × up+1 (x) + 0bk+1 + · · · + 0bn
pour 0 ≤ p ≤ k − 2. De plus, uk (x) peut s’écrire comme une combinaison linéaire de x puisque u
est linéaire et les vecteurs u(x), . . ., uk−1 (x) sont libres. Donc la matrice de u est du type
A C A − xIk C
matb (u) = ⇒ χu (x) = det = χu|F (x)Q(x)
0 B 0 B − xIn−k
Etudions χu (u) = χu|F (u)Q(u). D’après la première partie, on a χu (u) = 0 application nulle. Donc
χu|F (u|F ) est encore l’application nulle et χu (u|F ) = 0. De plus, χu (u|E\F ) = 0.
pour des valeurs propres distinctes λi de multiplicité mi ∈ N? , alors les sous-espaces propres
E(u, λi ) = Ker(u − λi Id) sont en somme directe
p
M
E(u, λi ) ⊆ E,
i=1
Démonstration. Montrons par récurrence que les sous-espaces propre sont en somme directe pour
n = {1, . . . , p}. Lorsque n = 1, c’est évident. Supposons que cela soit vérifié pour n − 1. Soit
v1 ∈ E(u, λ1 ), . . ., vn ∈ E(u, λn ). Montrons que v1 + · · · + vn = 0 entraine vi = 0 pour i = 1, . . . , n.
On a
v1 + · · · + vn = 0 (2.1)
(2.1) ⇒ u(v1 + · · · + vn ) = u(0) ⇒ λ1 v1 + · · · + λn vn = 0
⇒ (λ1 −λn )v1 +· · ·+(λn−1 −λn )vn−1 = 0
(2.1) ⇒ λn v1 + · · · + λn vn = 0
Par l’hypothèse de récurrence, chaque terme est nul (λi − λn )vi = 0. Comme λi 6= λn (distinction
des valeurs propres), vi = 0 pour i ≤ n − 1. Donc vn = 0. Autrement dit la propriété est vérifiée
pour n.
Proposition 2.3.9. Soit A ∈ Kn×n . Si det (A) 6= 0 (i.e. A est inversible), la matrice inverse
s’écrit
−cn n−1 −cn−1 n−2 −c1
A−1 = A + A + ··· +
c0 c0 det (A)
où le polynôme caractéristique s’écrit χA (x) = ni=0 ci xi et c0 , . . . , cn ses coefficients.
P
Démonstration. (1) ⇒ (2) On choisit dans chaque sous-espacesL propres E(u, λ) une base eλ . La
réunion de ces bases (eλ )λ∈Sp(u) est une base de E car E = λ∈Sp(u) E(u, λ). Par définition,
tous les vecteurs de la base eλ sont nécessairement des vecteurs propres de u dans E puisqu’ils
appartiennent à Ker(u − λ Id).
(2) ⇒ (3) Soit B = (e1 , . . . , en ) une base de vecteurs propres de u. Autrement dit pour tout
i = 1, . . . , n, u(ei ) = λi ei (même si λi peuvent être égaux suivant la multiplicité des valeurs
propres). Dans cette base, mat(u)B = diag(λ1 , . . . , λn ).
(3) ⇒ (4) Notons λ1 , . . . , λp les valeurs distinctes de u avec p ≤ n. Par hypothèse,
λ1 0
0 ... ...
de taille m1
. .
. λ1
mat(u)B =
. ..
λ p 0
. . . .
de taille mp 0 . .
..
. λp
Ce polynôme est bien scindé sur K. On sait que dim(E(u, λi )) ≤ mi . Dans la base B, il
existe mi vecteurs ei,1 , . . . , ei,mi tels que u(ei,k ) = λi ei,k . Ils sont donc dans le sous espace
propre associé à λi et libres. Donc dim(E(u, λi )) ≥ mi , ainsi mi = dim(E(u, λi )).
(4) ⇒ (5) Les sous-espaces propres de chaque valeur propre sont en somme directe L puisque la
matrice de u est représentable par une matrice diagonale. Montrons que E = λ∈Sp(u) E(u, λ).
Par hypothèse, mi = dim(E(u, λi )) et χu = pi=1 (λi − x)mi . Ainsi
Q
p p p
!
M X X
dim E(u, λi ) = dim(E(u, λi )) = mi = deg(χu ) = n = dim(E).
i=1 i=1 i=1
∗. polynôme qui peut s’écrire comme produit de polynômes du premier degré dans K.
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 27
(5) ⇒ (1) Les sous-espaces propres Ei sont en somme directe puisqu’ils correspondent à des
valeurs propres différentes. En effet, pour x ∈ Ei et y ∈ Ej pour i 6= j, on a u(x) = λi x et
u(y) = λj y.
x + y = 0 ⇒ u(x + y) = u(0) ⇔ λi x + λj y = 0
Si λi = 0, alors y = 0 donc x = 0. Sinon
x = λj (−y/λi )
Donc x ∈ Ej ∩ Ei .
u(x) = λi x
⇒ (λj − λi )x = 0
u(x) = λj x
Si x 6= 0, P
x est un vecteur propre et λj = λi . (impossible) Donc x = 0 = y. De plus,
dim(E) = pi=1 dim(Ei ).
Comme les valeurs propres sont distinctes, elles sont toutes de multiplicité 1 donc l’espace propre
associé est aussi de dimension 1. Donc les matrices A, B et C sont diagonalisables.
0 −1
Pour la matrice D = , χD (λ) = (λ − i)(λ + i). Ainsi D est diagonalisable dans C sous
1 0
la forme
De = i 0 ,P = 1 1 ,
0 −i i −i
mais pas dans R.
Proposition 2.4.2. Tout endomorphisme dont le polynôme caractéristique est scindé et n’a que
des racines simples est diagonalisable et ses sous-espaces propres sont de dimension 1.
Démonstration. Immédiat.
Exemple 2.4.3 (Homothétie). Une matrice d’homothétie de ratio k s’écrit sous la forme
k 0
H = 0 . . . . . . .
Son polynôme caractéristique est χH (λ) = (k − λ)n . C’est déjà une matrice diagonale et le sous-
espace associé est Kn !
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 28
Exemple 2.4.4 (Projection). Soit E1 le sous-espace de projection, tel que 0 < n1 = dim(E1 ) <
dim(E) = n. Notons u la projection de E sur E1 . Par définition d’une projection u(E1 ) = E1 et
u(E1⊥ ) = 0. Autrement dit E1 est stable par u. Donc il existe une base telle que
I n1 0
mat(u)B = .
0 0
Ainsi χu (x) = det (mat(u)B − xI n ) = (1 − x)n1 xn−n1 . Donc Sp(u) = {0, 1}. On a E(u, 1) = E1 et
E(u, 0) = E1⊥ . Comme u(E1 ) = E1 , dim(E(u, 1)) = n1 . Comme les sous-espaces propres associés
à des valeurs propres différentes (en l’occurence 1 et 0) sont en somme directe, on a dim(E1⊥ ) =
dim(E) − dim(E1 ) = n − n1 . Donc u est diagonalisable.
Exemple 2.4.5 (Symétrie). Soit A la matrice d’une symétrie. Par définition A2 = I, donc
det A2 = 1 et A est inversible. Comme χA est un polynôme annulateur et (A − I)(A + I) = 0,
on a χA (x) est divisible par x − 1 et x + 1. Donc les deux valeurs propres sont 1 et -1 et n1 la
multiplicité de 1 : χA (x) = (x − 1)n1 (x + 1)n−n1 . On retrouve la stabilité sur les sous-espaces : pour
tout x ∈ E(A, 1), Ax = x et pour tout x ∈ E(A, −1), Ax = −x. On peut représenter la symétrie
par rapport à E(A, 1) parallèlement à E(A, −1) par
I n1 0
mat(u)B = .
0 −I n1
Proposition 2.4.3. Une matrice réelle symétrique M est diagonalisable dans une base orthor-
normée telle que la matrice de passage P de la base canonique à cette base soit orthogonale, i.e.
M = P DP T .
M v = λv ⇒ M v = λv ⇔ M v = λv
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 29
Comme v 6= 0, (v)T v = ||v||2 6= 0 et λ = λ. Autrement dit λ est bien une valeur propre réelle.
2.
Le raisonnement précédent est valable pour toute valeur propre : M a toutes ses valeurs propres
réelles, donc χM est scindé sur R.
3.
On dit qu’un endomorphisme u sur un espace E est symétrique par rapport une application bi-
linéaire symétrique f : E × E 7→ R (i.e. un produit scalaire) lorsque ∀x, y ∈ E, f (u(x), y) =
f (y, u(x)). Pour un espace vectoriel E de dimension finie, f est représentable par une matrice P .
L’égalité précédent revient à P × mat(u) = mat(u)T × P . Pour un espace vectoriel euclédien, il
existe une base orthonormée P = I et donc mat(u) = mat(u)T est symétrique.
4.
Comme mat(u) est une matrice symétrique, il existe une valeur propre et donc un vecteur propre.
5.
Soient λ, µ deux valeurs propres distinctes et vλ , vµ des vecteurs propres associées. On a par bi-
linéarité du produit scalaire
6.
Soient F ⊂ E un sous espace vectoriel et u un endomorphisme symétrique. Comme E est euclédien,
F ⊕ F ⊥ = E. Soit z ∈ u(F ⊥ ). Il existe donc x ∈ F ⊥ , tel que z = u(y). On a pour x ∈ F
Or y ∈ F ⊥ et u(x) ∈ u(F ) ⊂ F par stabilité. Donc < u(x), y >= 0 =< x, z > et z = u(y) ∈ F ⊥ .
7.
Soit n = dim(E). Si n = 1 c’est évident. Pour n ≥ 1, supposons la propriété soit vraie pour n.
Soit E un espace de dimension n + 1. Il existe un vecteur propre x de valeur propre λ. L’ensemble
vect(x) = {rx, r ∈ R} est un sous espace vectoriel stable par u (en effet u(rx) = ru(x) = rλx ∈
vect(x)). Donc H = vect(x)⊥ est aussi stable par u et vect(x) ⊕ H = E. vect(x) est de dimension
1 donc H de dimension n. Par récurrence, il existe une base b = (e1 , . . . , en ) orthogonale sur H
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 30
formée de vecteurs propres. La base b0 = (e1 , . . . , en , x/||x||) est une base de E orthonormée puisque
ei ∈ H = vect(x)⊥ donc x ⊥ ei pour tout i = 1, . . . , n.
8.
D’une part une condition nécessaire et suffisante pour que u soit symétrique est que matb (u)
soit symétrique et une base b orthornormée. D’autre part tout endomorphisme symétrique dans
un espace euclédien est diagonalisable dans une base orthornormée de vecteurs propres. Enfin la
matrice de passage de la base canonique à b est orthogonale. Donc on a matb (u) est diagonalisable
avec une matrice de passage canonique.
Remarquons que l’on peut aussi choisir un ordre des valeurs propres et obtenir
1 0 0 0 2 0
D = 0 3 0 , P = 0 −16 1 .
0 0 4 1 5 0
Calculons χM
On peut utiliser la matrice de passage suivante mais les vecteurs ne sont par orthonormés
1 1 1
P = −1 0 1 .
0 −1 1
√
On choisit v1 = (1, −1, 0)/ 2. On cherche un vecteur unitaire
√ orthogonal à v1 , i.e. vérifiant
√ x−y =
0 en plus de x + y + z = 0. On choisit v2 = (1, 1, −2)/ 6. Enfin on choisit v3 = (1, 1, 1)/ 3. On a
une décomposition suivante
√ √ √ √ √
0 0 0 1/ √2 1/√6 1/√3 1/√2 −1/√ 2 0√
D = 0 0 0 , P = −1/ 2 1/ 6 1/ 3 , P −1 = P T = 1/ 6 1/ 6 −2/ 6 .
√ √ √ √ √
0 0 3 0 −2/ 6 1/ 3 1/ 3 1/ 3 1/ 3
CHAPITRE 2. POLYNÔMES D’ENDOMORPHISME 32
Remarque 2.6.1. On choisit en général une matrice triangulaire supérieure pour la base b =
(b1 , . . . , bn ). Mais il suffit d’utiliser b0 = (bn , . . . , b1 ) pour obtenir une matrice triangulaire inférieure.
Théorème 2.6.2. Pour u ∈ L(E), u est trigonalisable si et seulement si χu est scindé dans K.
A = P DP −1 ⇔ D = P −1 AP ,
où D est une matrice diagonale formée des valeurs propres λi (répétée suivant leur
multiplicité) et P est formée des vecteurs propres Ci associées (dans le même ordre) à
λi .
(c) Sinon A n’est que trigonalisable.
— On répète la procédure suivante n − 1 fois.
i. On choisit une valeur propre λ1 ∈ SpR (A).
ii. Déterminer le vecteur propre C1 ∈ Ker(uA − λ Id).
iii. Compléter C1 pour obtenir une base b1 = (C1 , C12 , . . . , C1n ) dans laquelle
λ1 . . . . . . . . .
0
matb1 (uA ) = . .
.. A 1
0
Le polynôme vaut
−2 − x −1 2 1−x −1 2 1 − x −1 2
χA (x) = −15 −6 − x 11 = 1 −6 − x 11 = −1 + x −x x
−14 −6 11 − x 2 − 2x −6 11 − x 2 − 2x −6 11 − x
1 − x −1 0
−x −x −1 + x −x
= −1 + x −x −x = (1 − x) +1
−6 −1 − x 2 − 2x −1 − x
2 − 2x −6 −1 − x
= (1 − x)(x + x2 − 6x) + (−1 + x)(−1 − x) + 2x(1 − x)
= (1 − x)(x2 − 5x + x + 1 + 2x) = (1 − x)(x2 − 2x + 1) = (1 − x)3 .
x
Comme χA (x) = (1 − x)3 , SpK (A) = {1}. Cherchons un vecteur propre y associé à la valeur
z
propre 1 :
−2x − y + 2z = x −3x + 2z = y
−3x + 2z = y
−15x − 6y + 11z = y ⇔ −15x − 7(−3x + 2z) + 11z = 0 ⇒
2x − z = 0
−14x − 6y + 11z = z −14x − 6(−3x + 2z) + 10z = 0
A n’est pas diagonalisable car le sous espace propre E(A, 1) est de dimension 1 (seulement). Donc
T
C1 = 1 1 2 (= e1 + e2 + 2e3 ) est un vecteur propre. Dans la base b1 = (C1 , e2 , e3 ) formée à
l’aide des vecteurs canoniques de R3 , A s’écrit
1 −1 2
matb1 (uA ) = 0 −5 9 ,
0 −4 7
car uA (C1 ) = AC1 = C1 , uA (e2 ) = Ae2 = −e1 − 6e2 − 6e3 = −C1 − 5e2 − 4e3 et uA (e3 ) = Ae3 =
2e1 + 11e2 + 11e3 = 2C1 + 9e2 + 7e3 . On pose A1 la partie basse. Son polynôme caractéristique est
Applications de la diagonalisation et
de la trigonalisation (1 séance)
35
CHAPITRE 3. APPLICATION DE LA DIA(TRI)GONALISATION 36
pour m ∈ N, (n − 1) ∧ m = min(n − 1, m) et T = D + T + .
m (n−1)∧m
m + m
X m m−k + k
X m
T = (D + T ) = D (T ) = D m−k (T + )k .
k k
k=0 k=0
Ainsi
(n−1)∧m
X m
Am = P D m−k (T + )k P −1 .
k
k=0
De plus,
1 0 0 0 1 2
T = 0 1 0 + 0 0 3 .
0 0 1 0 0 0
| {z } | {z }
D T+
0 0 3
On a (T + )3 = 0, D k = D = I et (T + )2 = 0 0 0 . Donc pour m ≥ 2
0 0 0
2
!
X
−1 m(m − 1) + 2
Am
=P k
Cm D m−k (T + )k P +
= P I + mT + (T ) P −1
2
k=0
1 m 3m2 /2 + m/2
1 m 2m + 3m(m − 1)/2
Am = P 0 1 3m P −1 = P 0 1 3m P −1
0 0 1 0 0 1
CHAPITRE 3. APPLICATION DE LA DIA(TRI)GONALISATION 37
Proposition 3.2.1. Comme pour les réels, l’exponentielle de matrice transforme les sommes en
produit
eA+B = eA × eB .
Démonstration.
X Tm X 1 Xm
m X X 1 m!
eA+B = = Am−k B k = Bk Am−k
m! m! k m! k!(m − k)!
m≥0 m≥0 k=0 k≥0 m≥k
X B k X Am−k X B k X Aj
= = = = eA × eB .
k! (m − k)! k! j!
k≥0 m≥k k≥0 j≥0
Démonstration.
X P D n P −1 X Dn
eA = =P P −1 = P eD P −1 .
n! n!
n≥0 n≥0
pour m ∈ N.
+
Or eT = eT eD , donc
n−1
!
X
eA = P eD (T + )k P −1 .
k=0
Donc
2
!
X (T + )k
exp(A) = P eD × P −1
k!
k=0
exp(1) 0 0 1 0 0 0 1 2 0 0 3/2
= P 0 exp(1) 0 0 1 0 + 0 0 3 + 0 0 0 P −1
0 0 exp(1) 0 0 1 0 0 0 0 0 0
exp(1) 0 0 1 1 7/2 e e 7/2e
= P 0 exp(1) 0 0 1 3 P −1 = P 0 e 3e P −1
0 0 exp(1) 0 0 1 0 0 e
CHAPITRE 3. APPLICATION DE LA DIA(TRI)GONALISATION 39
Définition 3.3.1 (Equation différentielle (ordre 1)). Une équation différentielle est une équation
pour une fonction y : R 7→ R vérifiant une équation de la forme F (x, y, y 0 ). Très souvent la fonction
F est linéaire, ainsi l’équation s’écrit sous la forme
Dans la suite du chapitre, on suppose qu’il n’y a pas de second membre, i.e. B(x) = 0.
Autrement dit,
..
0
d11 0 . ỹ1 (x) = d11 ỹ1 (x)
0
Y (x) = 0 dii 0 Y (x) ⇔
e e ... (3.3)
.. 0
ỹn (x) = dnn ỹn (x)
. 0 dnn
Proposition 3.3.2. Si A est une matrice diagonalisable dans R, dont on note λ1 , . . . , λn les valeurs
propres et V1 , . . . , Vn les vecteurs propres, alors l’ensemble des solutions de Y 0 = AY forme est un
espace vectoriel de dimension n et
Les valeurs propres, qui sont complexes, sont deux à deux conjuguées. Par exemple pour λ et
λ̄, i.e. λ = λR + iλI et λ̄ = λR − iλI , on associe V et V . On a
eλx V = e(λR +iλI )x (VR + iVI ) = e(λR )x (VR + iVI )(cos(λI x) + i sin(λI x))
= eλR x [VR cos(λI x) − VI sin(λI x) + i(VI cos(λI x) + VR sin(λI x))]
De même
eλ̄x V = e(λR )x [VR cos(λI x) − VI sin(λI x) − i(VI cos(λI x) + VR sin(λI x))] = <(eλx V ) − i=(eλx V ).
Ainsi les termes αeλx V + βeλ̄x V se réexpriment sous la forme a<(eλx V ) + b=(eλx V ).
Proposition 3.3.3. Si A est une matrice diagonalisable dans C et pas dans R, dont on note
λ1 , . . . , λp les valeurs propres réelles, µ1 , . . . , µm les valeurs propres complexes et (Vi )i , (Wi )i les
vecteurs propres correspondants, alors l’ensemble des solutions de Y 0 = AY forme est un espace
vectoriel de dimension n et
p
X m
X
λk x
Y (x) = αk e Vk + (βj <(eµj x Wj ) + γj =(eµj x Wj )),
k=1 j=1
avec 2m + p = n.
Autrement dit,
t11 . . . t1n 0
.. e ỹ1 (x) = t11 ỹ1 (x) + · · · + t1n ỹn (x)
Ye 0 (x) =
0 tii . Y (x) ⇔ ... (3.4)
0
.. ỹn (x) = tnn ỹn (x)
. 0 tnn
Proposition 3.3.4. Si A est seulement une matrice trigonalisable, alors l’ensemble des solutions
de Y 0 = AY forme est un espace vectoriel de dimension n dont les solutions se calculent en résolvant
récursivement Ye 0 (x) = T Ye (x) et en changeant de base Y (x) = P Ye (x).
3.3.4 Exemples
2 0
Exemple 3.3.3. Soit A la matrice A = et B = 0. Il est facile de voir χA (x) = (2−x)(1−x)
4 1
et
1 0 0 1
D= ,P = .
0 2 1 4
Le système Y 0 = AY a pour solution
k2 e2x
k1 0 Dx 0 x 1 2x
Y =P e = k1 e + k2 e =
0 k2 1 4 k1 ex + 4k2 e2x
On a
√ √
χA (x) = (5 − x)((4 − x)(1 − x) − 2) + (−2 + 4) = (6 − x)(2 + 2 − x)(2 −
2 − x).
√ √
A est donc diagonalisable à cause des trois valeurs propres distinctes SpK (A) = {6, 2+ 2, 2− 2}.
Cherchons les vecteurs propres
5x + y − z = 6x −x + y − z = 0 −x + y − z = 0
x=y
Av = 6v ⇔ 2x + 4y − 2z = 6y ⇔ 2x − 2y − 2z = 0 ⇔ −4z = 0 ⇔
z=0
x − y + z = 6z x − y − 5z = 0 −6z = 0
√ √ √
Pour y = −2, on obtient le vecteur propre (1 + 2 2, −2, −1 − 2 2). Pour la√valeur 2 − 2, √ en
changeant tous les signes des racines carrés, on obtient le vecteur propre (1 − 2 2, −2, −1 + 2 2).
Les vecteurs propres associés forment la matrice de passage
√ √
1 1+ 2 1− 2
P = 1 −2 √ −2 √ .
0 −1 − 2 2 −1 + 2 2
Donc SpC (A) = {2, 1 + i, 1 − i}. Après calcul, on trouve des vecteurs propres associés suivants
1 i −i
V1 = 1 , W1 = −1 , W 1 = −1 .
1 1 1
On sait que χA (x) = (1 − x)3 , SpK (A) = {1} et A est semblable à la matrice
1 1 2 1 0 0
T = 0 1 3 avec P = 1 2
0 .
0 0 1 2 3 1
On résout
0
ỹ3 (x) = k3 e2x
ỹ1 (x) = ỹ1 (x) + ỹ2 (x) + 2ỹ3 (x)
ỹ 0 (x) = ỹ2 (x) + 3ỹ3 (x) ⇔ ỹ (x) = k2 ex + 3k3 e2x
20 2
ỹ3 (x) = 2ỹ3 (x) ỹ1 (x) = k1 ex + k2 ex + 5k3 e2x
Donc
x
k1 e + k2 ex + 5k3 e2x (k1 + k2 )ex + 5k3 e2x
1 0 0
Y (x) = P Ye (x) = 1 2 0 k2 ex + 3k3 e2x = (k1 + 3k2 )ex + 11k3 e2x
2 3 1 k3 e2x (2k1 + 5k2 )ex + 20k3 e2x
Soit A ∈ Rn×n une matrice carrée. Cherchons la matrice inconnue X telle que X 2 = A. On
note u et v l’endomorphisme associé à A et X respectivement. Si u◦v = v ◦u et u est diagonalisable
alors u et v se diagonalisent dans la même base. Comme X = P ∆P −1 et A = P DP −1 , le système
se simplifie à
X 2 = A ⇔ ∆2 = D.
On considère un système (linéaire) de suites dans K. Notons (ui,n )n∈N la ième suite considérée.
Les d suites vérifient la récurrence
..
u1,n+1 . u1,n
Un+1 = AUn ⇔ . . . = . . . aij . . . . . . .
ud,n+1 .
.. ud,n
On considère une suite d-récurrente dans K. Notons (un )n∈N la suite considérée. La suite vérifie
la récurrence
..
un+1 . un
. . . = . . . aij . . . . . . . ⇔ Un+1 = AUn
un+d .. un+d−1
.
3.5.3 Résolution
3.5.4 Exemples
Exemple 3.5.1. On considère deux suites (un )n et (vn )n telles que u0 = v0 = 1 et pour tout n > 0,
le système suivant est satisfait
un+1 = 4un + 2vn
vn+1 = −6un − 4vn
CHAPITRE 3. APPLICATION DE LA DIA(TRI)GONALISATION 45
Le système se réécrit
un+1 4 2 un
= .
vn+1 −6 −4 vn
| {z }
M
Etudions la matrice M
Comme M ∈ R2×2 et χM a deux racines distinctes, M est diagonalisable. Cherchons les vecteurs
propres.
x x 4x + 2y = 2x
M =2 ⇔ ⇔ x = −y
y y −6x − 4y = 2y
On choisit v1 = (1, −1).
x x 4x + 2y = −2x
M = −2 ⇔ ⇔ 3x = −y
y y −6x − 4y = −2y
Ainsi
un n u0 n −1 u0
=M = PD P .
vn v0 v0
Si ce polynôme du second degré a discriminant non nul, alors A est diagonalisable dans C. Notons
λ1 et λ2 les valeurs propres (conjuguées si complexe). Donc A = P diag(λ1 , λ2 )P −1 . Ainsi
n
un+2 λ1 0 −1 u1
=P P .
un+1 0 λn2 u0
Si le discriminant est nul (la valeur propre λ est double), alors A est seulement trigonalisable. On
obtient n n
λ nλn−1
un+2 λ 1 −1 u1 −1 u1
=P P =P P .
un+1 0 λ u0 0 λn u0
Considérons par exemple a = −3, b = 2. Donc χA (x) = (x − 1)(x − 2). Cherchons les vecteurs
propres
3x1 − 2x2 = x1 3x1 − 2x2 = 2x1
⇔ x1 = x2 , ⇔ x1 = 2x2
x1 = x2 x1 = 2x2
CHAPITRE 3. APPLICATION DE LA DIA(TRI)GONALISATION 46
1 1 + 2n+1
n+1
1 − 2n+1
un+2 1 2 1 1 −1 2 u1 −1 2 u1 2 u1
= = = .
un+1 1 1 0 2n 1 −1 u0 1 1 + 2n 1 −1 u0 2n 1 − 2n u0
Considérons par exemple a = 2, b = 1. Donc χA (x) = (x + 1)2 . Cherchons les vecteurs propres
−2x1 − x2 = −x1
⇔ x1 = −x2
x1 = −x2
1 −1
Un vecteur propre est (1, −1). Donc P = . On en déduit
0 1
Ly = b1 , Ly = b2 , . . . , Ly = bk .
Le calcul de ces systèmes est simplifié étant donné que L est une matrice triangulaire inférieure.
4.1 Décompisition LU
L’algorithme de Gauss fonctionne par itération pour obtenir p matrices particulières inversibles
M1 , . . . , Mp telles que
Mp . . . M1 A = U.
Si M = Mp . . . M1 est inversible, alors M −1 = M1−1 . . . Mp−1 est triangulaire inférieure.
†. Critère de Sylvester.
47
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 48
Définition 4.1.1 (Algorithme de Gauss). Soit une matrice A ∈ Kn×n = (aij )ij . L’algorithme est
le suivant.
— Initialisation : On pose A1 = A = (a1ij )ij .
— Pour i = 1, . . . , n − 1,
1. Si ai11 de Ai est non nul, alors on construit
1 0 ...
ai21
− ai 1 0 ...
11
Li = .
.. . ..
0 .. .
ai
− an1
i 0 1
11
2. On calcule
ai11 ai12 . . . ai1n
0
L i Ai = . .
.. Ai+1
0
et
a111 a112 . . . a11n
0 a211 . . . a21,n−1
U =
..
.
0 ... 0 an11
Par exemple sur une matrice de taille 3, on aura décomposé A par
1 0 0 1 0 0
a121
− a1 1 0 0 1 0
11 2
A = U.
1 a
a31
− a1 0 1 0 − 21
2
a11
0 1
11
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 49
Donc
1 0 0 0 2 3 0 2 2 4 6 6
−2 1 0 0 4 7 −3 2 −3 −2
= 0 1
L 1 A1 =
−3
.
0 1 0 6 8 −2 10 0 −1 −2 4
−3 0 0 1 6 7 −14 16 0 −2 −14 10
Cette dernière matrice L1 A1 contient en partie basse a2ij .
-i=2 : On pose
1 −3 −2
A2 = −1 −2 4 .
−2 −14 10
Comme a22 = 1 6= 0, on a
1 0 0
L2 = 1 1 0
2 0 1
et
1 0 0 1 −3 −2 1 −3 −2
L2 A2 = 1 1 0 −1 −2 4 = 0 −5 2 .
2 0 1 −2 −14 10 0 −20 6
Cette dernière matrice L2 A2 contient en partie basse a3ij .
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 50
-i=3 : On pose
−5 2
A3 = .
−20 6
Comme a33 = −5 6= 0, on a
1 0
L3 =
−4 1
et
1 0 −5 2 −5 2
L3 A 3 = =
−4 1 −20 6 0 −2
Cette dernière matrice L3 A3 contient en partie basse a4ij .
-i=4 : A4 = (−2) et L4 = (1).
4.2 Décomposition QR
En sortie, on obtient Q en regroupant les vecteurs colonnes et R les vecteurs lignes. C’est à dire
T
Q1 A.,1 QT1 A.,2
...
Q = (Q1 , . . . , Qr ) et R = QT A = 0 QT2 A.,2 ... .
T
0 0 Qr A.,r
Exemple 4.2.2. Considérons la matrice suivante
1 2 1 0
2 4 0 1
A= 0 0 2 1
2 4 1 2
0 0 1 1
On pose r = 0 : chacune des colonne est A.,1 , A.,2 , A.,3 et A.,4 .
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 52
-i=1 :
1
2
p1 = A.,1 0 .
=
2
0
√
De plus ||p1 || = 1 + 4 + 0 + 4 + 0 = 3. Comme p1 6= 0, on a r = 1 et
1/3
2/3
0
Q1 =
2/3
0
et
R1 = QT1 A.,1 . . . QT1 A.,4 = 3 6 1 2 .
-i=2 :
2 1/3 0
4 2/3 0
p2 = A.,2 − QT1 A.,2 Q1 =
0 − 6 × 0 = 0 .
4 2/3 0
0 0 0
Donc r ne change pas.
-i=3 :
1 1/3 2/3
0 2/3 −2/3
T
p3 = A.,3 − Q.,1 A.,3 Q.,1 = 2 − 1 ×
0 = 2 .
1 2/3 1/3
1 0 1
p √ √
De plus ||p3 || = 4/9 + 4/9 + 4 + 1/9 + 1 = 4 + 4 + 36 + 1 + 9/3 = 6. Comme p3 6= 0,
on a r = 2 et
2/3
−2/3
1
Q2 = √ 2
6 1/3
1
et √ √ √
R2 = QT2 A.,1 . . . QT2 A.,4 = 0 0
6 3/ 2 .
-i=4 :
0 1/3 2/3 −1
1 2/3 −2/3 0
1
p4 = A.,4 − QT1 A4 Q1 − QT2 A4 Q2 =
1 − 2 × 0 − 2 2 = 0 .
2 2/3 1/3 1/2
1 0 1 1/2
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 53
p p
De plus ||p4 || = 1 + 1/4 + 1/4 = 3/2. Comme p4 6= 0, on a
−1
√ 0
2
Q3 = √ 0
3
1/2
1/2
et √ √
R3 = QT3 A.,1 . . . QT3 A.,4 = 0 0 0
3/ 2 .
On obtient donc
√ √ p
1/3 2/(3 3) − 2/3
2/3 −√2/(3√3)
√ √ 0 3 6 √1 √ 2√
A= 0 2/√ 3 0√ 0 0 6 √3/√2 .
2/3 1/(3√ 6) 1/√6 0 0 0 3/ 2
0 1/ 6 1/ 6
| {z }
R
| {z }
Q
-i=2 :
−69
p2 = A.,2 − QT1 A.,2 Q1 = A.,2 − 21Q1 = 158 .
30
Comme p2 6= 0 et ||p2 || = 175, alors r augmente et
−69/175
Q2 = 158/175
6/35
et
R2 = QT2 A.,1 . . . QT2 A.,3 = 0 175 −70 .
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 54
-i=3 :
−11.6
p3 = A.,3 − QT1 A.,3 Q1 − QT2 A.,3 Q2 = A.,3 + 14Q1 + 70Q2 = 1.2 .
−33
Comme p3 6= 0 alors on augmente r et
−58/175
Q3 = 6/175 .
−33/35
Enfin
R3 = QT3 A.,1 . . . QT3 A.,3 = 0 0 35 .
Donc
6/7 69/175 −58/175 14 21 −14
Q = 3/7 158/175 6/175 , R = 0 175 −70 .
−2/7 −6/35 −33/35 0 0 35
où Li,1 ⊗ LTi,1 est la matrice contenant tous les produits possibles des composantes du
vecteur Li,1 (i.e. le produit de Kronecker de ce vecteur).
CHAPITRE 4. DÉCOMPOSITIONS CLASSIQUES DE MATRICES 55
√
— Terminaison : on calcule lnn = w11 .
En sortie, on obtient L en concaténant les vecteurs colonnes
l11 0 ...
l22 0 ...
L=
..
.
L1,1 L2,1 . . . lnn
Il reste à factoriser
18 0 3 9 3
A−1,−1 = − 3 −1 = .
0 11 −1 3 10