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Problèmes de la RDC : Éducation et Corruption

Le chapitre 7 aborde les problèmes majeurs qui affectent la République Démocratique du Congo, notamment l'éducation nationale, la corruption institutionnalisée et le détournement des ressources. Malgré ses richesses naturelles et une population dynamique, la RDC fait face à des défis structurels qui entravent son développement, tels que la pauvreté, l'analphabétisme et une gouvernance défaillante. Les réformes nécessaires pour améliorer la situation incluent l'amélioration de la qualité de l'éducation, la lutte contre la corruption et la gestion transparente des ressources naturelles.

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Problèmes de la RDC : Éducation et Corruption

Le chapitre 7 aborde les problèmes majeurs qui affectent la République Démocratique du Congo, notamment l'éducation nationale, la corruption institutionnalisée et le détournement des ressources. Malgré ses richesses naturelles et une population dynamique, la RDC fait face à des défis structurels qui entravent son développement, tels que la pauvreté, l'analphabétisme et une gouvernance défaillante. Les réformes nécessaires pour améliorer la situation incluent l'amélioration de la qualité de l'éducation, la lutte contre la corruption et la gestion transparente des ressources naturelles.

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Chapitre 7 : Problèmes de la destruction de la société

congolaise

Introduction

La République Démocratique du Congo (RDC), comme beaucoup


d’autres pays africains, fait face à des défis sociaux, économiques et
politiques qui entravent son développement. Le présent chapitre
aborde les problèmes majeurs qui minent le tissu social et
institutionnel du pays, avec ses vastes ressources naturelles et une
population jeune et dynamique, pourrait être l’un des pays les plus
prospères d’Afrique. Cependant, une série de problèmes sociaux,
politiques et économiques a conduit à une véritable des Ces défis,
analysés par l’auteure Thérèse Mungomba 1 dans son ouvrage
L’Afrique en crise : La RDC face à son destin, sont à la fois
multiformes et interconnectés, affectant les fondements mêmes de
la nation. Dans ce chapitre, nous explorerons six des problèmes
majeurs qui entravent la stabilité et le développement du pays :
l’éducation nationale, la corruption multi-niveau, le détournement
des deniers publics, l’achat de conscience, la dépravation des
mœurs et les dérives des églises de réveil.
7.1 Problèmes de l’Éducation nationale

L’éducation est un pilier fondamental pour le développement d’une


société. Cependant, en République Démocratique du Congo (RDC),
le système éducatif est confronté à de multiples défis. Les écoles
publiques manquent de ressources matérielles et humaines. Les
infrastructures sont souvent vétustes et insuffisantes pour répondre
à la demande croissante d’une population jeune en quête
d’éducation. L’absence de formation adéquate pour les enseignants,
les disparités entre les régions urbaines et rurales, ainsi que la
qualité déplorable des manuels scolaires contribuent à la faiblesse
du système éducatif. L’accès à une éducation de qualité est
vraiment limité, surtout dans les zones rurales, où les
infrastructures scolaires sont insuffisantes. De nombreuses écoles
manquent d’enseignants qualifiés, de matériel pédagogique, et
parfois même de bâtiments décents.

Qui plus est, la question du décrochage scolaire est exacerbée par

1
L’Afrique en crise : La RDC face à son destin » de Thérèse Mungomba
1
la pauvreté, obligeant de nombreux enfants à abandonner l’école
pour travailler. La politique éducative manque de cohérence et
d’engagement à long terme, rendant difficile une véritable réforme
du secteur.

Elle est gravement affectée par des problèmes structurels et


systémiques.

En outre, la politique éducative semble souvent déconnectée des


réalités sociales et économiques du pays. Les programmes scolaires
sont souvent inadaptés aux besoins du marché du travail, ce qui
conduit à une masse importante de diplômés sans emploi.
L’absence de réformes réelles dans le secteur de l’éducation, ainsi
que le manque de moyens alloués à ce domaine, contribuent à
reproduire les inégalités sociales et à perpétuer la pauvreté.
L’éducation est également victime de pratiques de corruption, où
des fonds destinés à la construction d’écoles ou à la rémunération
des enseignants sont détournés, exacerbant davantage la crise.

Thérèse Mungomba souligne que l’éducation est un pilier


fondamental pour le progrès d’un pays. Or, en RDC, l’école ne
remplit plus sa mission de formation des citoyens capables de
porter le pays vers un avenir meilleur. Cette situation contribue à
l’augmentation du taux d’analphabétisme et à l’incapacité de la
jeunesse congolaise de participer activement au développement
économique et social. Les enfants abandonnent souvent l’école en
raison de la pauvreté, des conditions de vie difficiles, ou de
l’incapacité du système éducatif à répondre à leurs besoins.

7.1.1 Améliorer la qualité des apprentissages

D’après Enguta Mwenzi jonathan dans le système éducatif de la


République Démocratique du Congo et ses principaux défis ; Le défi
de l'amélioration de la qualité des services éducatifs à tous les
niveaux fait partie des plus grands défis du système éducatif
congolais. Cette amélioration peut se faire à travers des politiques
d'intrants: les manuels scolaires au primaire, les équipements pour
les autres niveaux et la formation des enseignants dans tous les

2
sous-secteurs. Il y a nécessité de renforcer l'assurance-qualité des
structures éducatives. L'amélioration de la qualité des
apprentissages au primaire peut se faire à travers le développement
des ressources humaines, le renforcement de l'encadrement
pédagogique de proximité, l'amélioration de la gestion et du suivi de
la qualité dans l'école, la réduction des redoublements et des
abandons, l'amélioration dans l'apprentissage de la lecture, la mise
en œuvre de la politique de production et de distribution des
supports pédagogiques. Au niveau secondaire, il y a nécessité de
réformer les humanités pédagogiques et la formation des maîtres,
de renforcer la synergie avec le ministère de l'Enseignement
supérieur dans le cadre de la formation des enseignants et de
former les enseignants du secondaire en tenant compte des besoins
quantitatifs en enseignants. Il faudrait rendre disponible le matériel
didactique, réhabiliter et construire des laboratoires et des salles
d'expérimentation, optimiser et actualiser les programmes d'études
(RDC, 2015).

Au niveau de l'enseignement supérieur et universitaire, les défis à


relever se rapportent à l'amélioration de la gouvernance et à la
qualité de la formation, à l'adéquation de l'offre avec les besoins, à
la mise au point de plans stratégiques annuels dans les
établissements, au recours aux TIC, à l'enseignement ouvert et à
distance, à la mise en place progressive du système LMD, au
renforcement de la recherche et à la diversification des sources de
financements du secteur (RDC, 2015).

7.1.2 Améliorer la gouvernance


En ce qui concerne la gouvernance des établissements
d’enseignement national, l’État doit initier des campagnes de
changement pour inculquer des valeurs civiques, morales,
républicaines et démocratiques aux gestionnaires de ces
établissements. L’État devra : 1) mettre en place des normes et des
mécanismes transparents de gestion des ressources ; 2) améliorer
les processus de planification, de régulation des flux pour garantir le
développement équilibré du système éducatif ; 3) améliorer la

3
gestion du personnel et des carrières ; et 4) renforcer l’autonomie
des établissements d’enseignement (RDC, 2015).

Le système éducatif congolais, en dépit de son contexte de


vulnérabilité à la suite des guerres et des instabilités politiques, fait
preuve de résilience. Cette résilience n’a pas donné lieu à une forte
efficacité, comme le montrent différents indicateurs. Pour pouvoir
renforcer cette efficacité, trois stratégies sont souhaitables :
développer l’accès et assurer l’équité de l’éducation, améliorer la
qualité des apprentissages et améliorer la gouvernance et le
pilotage du secteur de l’éducation (RDC, 2015).

7.2 Problèmes de la corruption multi-niveau et


institutionnalisée

La corruption en RDC est un problème systémique et endémique. La


société congolaise est profondément marquée par une culture de
l’impunité, où les dirigeants politiques, les fonctionnaires et même
certaines entreprises privées sont impliqués dans des pratiques
corrompues à différents niveaux de l’administration. La corruption
est présente dans les secteurs publics et privés, et les ressources
naturelles du pays, qui pourraient être un moteur de
développement, sont souvent détournées au profit d’une élite
politique et économique. Les détournements de fonds, les pots-de-
vin et les décisions politiques influencées par des intérêts financiers
sont monnaie courante, exacerbant ainsi la pauvreté et l’injustice.
Cette situation engendre une perte de confiance dans les
institutions et empêche toute réforme véritable. La RDC reste donc
enlisée dans un cercle vicieux où les ressources destinées au
développement sont systématiquement siphonnées par des acteurs
politiques sans scrupules.

C’est l’un des fléaux majeurs qui freine le développement du Congo.


Présente à tous les niveaux de la société, elle gangrène
l’administration publique, les entreprises privées et même la société
civile. La corruption institutionnalisée est une forme de gouvernance

4
où les fonctionnaires et les responsables politiques utilisent leur
pouvoir pour s’enrichir personnellement aux dépens de la
population.

L’absence de mécanismes de contrôle efficaces et l’inefficacité des


institutions chargées de lutter contre la corruption créent un cercle
vicieux où ceux qui détournent les fonds publics ne sont que
rarement traduits en justice. Cette situation décourage les
investissements étrangers et appauvrit la population.

Les fonctionnaires exigent des pots-de-vin pour l’octroi de services


publics de base, tandis que les contrats publics sont souvent
attribués à des proches ou à des entreprises fictives, sans respect
des règles de transparence. Cette corruption entrave l’efficacité des
politiques publiques, mine la confiance des citoyens dans leurs
dirigeants, et aggrave les inégalités sociales. En outre, elle
engendre un climat d’impunité, où les responsables de ces actes
restent rarement tenus pour responsables.

7.2.1 Secteurs les plus affectés par la corruption en RDC

1. Exploitation minière

La RDC est dotée de ressources minerales considérables,


notamment de grandes réserves de diamants, de cuivre, de cobalt,
d'or et d'uranium. Cependant, l'abondance de ces richesses
naturelles ne profite pas aux citoyens ordinaires d'un point de vue
économique, comme l'indique le Rapport sur développement
humain du PNUD de 2009, selon lequel la RDC réalise un très
mauvais score sur la plupart des indices de développement humain
(UNDP, 2009). De nombreux rapports illustrent la longue tradition de
gestion abusive des ressources naturelles. Global Witness a
notamment montré que les grandes richesses naturelles de la RDC
étaient dès l'origine exploitées au profit commercial d'un petit
nombre d'entreprises et d'acteurs politiques et au détriment de la
population (Global Witness, 2004). Les rapports de Global Witness
ont également dénoncé d'autres problèmes liés au secteur des
ressources naturelles, y compris une corruption généralisée, un
manque de transparence et des conditions de travail extrêmement

5
dangereuses. Le dernier rapport de Global Witness sur la RDC fait
état de la militarisation de l'exploitation minière dans les zones de
conflit de l'Est du pays. Il décrit comment toutes les parties
belligérantes exploitent les ressources naturelles illégalement pour
consolider leur base économique et piller les richesses minières du
pays aux dépens de la population (Global Witness,2009). D'après un
rapport de 2001, rédigé par un panel d'experts de l'ONU, les acteurs
du conflit ont vendu des minerais et signé des contrats avec des
multinationales et d'autres sociétés minières en vue de lever des
fonds pour la guerre. Ceci a impliqué un large éventail de pratiques
telles que l'octroi de monopoles en échange de pots-de-vin, le
détournement de fonds issus d'entreprises publiques, la création
d'entreprises communes dont les politiciens étaient des
actionnaires, et l'approbation de dispositions contractuelles
défavorables à l'Etat en échange de pots-de-vin (International Crisis
Group,2006). Parallèlement, T'armée congolaise et les groupes
rebelles ont largement eu recours au travail forcé et à l'extorsion, et
ont perçu des impôts illégalement auprès de population civile. Suite
à l'accord de paix de 2002, une commission dirigée par Christophe
Lutundula, un parlementaire de l'opposition, a produit un rapport
incriminant sur la gestion du secteur minier.

En 2002, la Banque mondiale a contribué à la rédaction de


nouveaux codes miniers et d'investissement, et en 2007, le ministre
des Mines a annoncé la création d'une commission
gouvernementale chargée d'évaluer les contrats miniers, entraînant
l'annulation de 61 contrats et la renégociation de nombreux accords
(Freedom House, 2010a). A cette occasion, Global Witness a publié
un rapport exprimant de l'inquiétude quant à l'absence de
transparence et de clarté du processus d'évaluation, aux garanties
insuffisantes d'indépendance de la commission d'évaluation, et au
manque d'implication de la société civile (Global Witness, 2007).Voir
le Panorama de la corruption et de la lutte anti-corruption en
République démocratique du Congo. En outre, la contrebande de
minerais prive l'État de lessourchs précieuses. rapport de 2006 de
International Crisis Group a estimé que des diamants d'une valeur

6
d'environ 80 millions USD sortiraient du pays chaque année. A l'Est
du pays, la cassitérite provenant des mines artisanales contrôlées
par d'anciennes factions rebelles de la RDC a été transportée vers le
Rwanda via Goma pour y être raffinée. Le commerce illégal de l'or
est également une source d'inquiétude et d'insécurité sur la
frontière ougandaise. Selon International Crisis Group, des groupes
armés congolais, soutenus par des officiers et négociants
ougandais, ont exploité les mines d'or pour financer une grande
partie de leurs opérations au Nord-Est du Congo. En outre, l'armée
congolaise aurait aussi était impliquée dans le trafic d'or
(International Crisis Group, 2006).

2. Ressources forestières

La République démocratique du Congo abrite le deuxième massif


forestier tropical du monde après le bassin amazonien : le bassin du
Congo (U4, 2010).

L'exploitation industrielle des forêts est largement susceptible


d'engendrer des recettes publiques, mais les défis que posent
l'abattage illégal et la contrebande empêchent de transformer ce
potentiel en croissance économique. D'après une note de synthèse
U4, les sociétés d'abattage industriel contribuent à moins d'1 % du
PNB et il semblerait que les exportations effectives de bois
pourraient être jusqu'à sept fois plus élevées que les chiffres
officiels ne l'indiquent (International Crisis Group, 2006). Plusieurs
tentatives ont été engagées pour réformer la gouvernance forestière
à l'aide de la communauté internationale, mais sans réel succès
jusqu'à présent. En 2002, le président Kabila a déclaré un moratoire
sur l'allocation de nouvelles concessions forestières, résilié 163
contrats existants, et promulgué un code forestier. Cependant des
études ultérieures ont montré que de nouvelles concessions avaient
été octroyées et que 2,4 millions d'hectares avaient été rétablis.
Sept sociétés dotées de concessions couvrant un total d'un million
d’hectares opéraient grâce à des dispositions contractuelles fictives
( International Crisis Group 2006). De plus, des ONG locales
s'inquiètent de la procédure d'examen de la légalité de l'ensemble

7
des contrats d’exploitation , notamment concernant la participation
limitée des représentants de la société civile et de la communauté
locale. Une procédure d'examen a finalement conduit à l'annonce,
en octobre 2008, de la résiliation de nombreux contrats et de
l’établissement d’un moratoire permanent sur l'allocation de
nouvelles concessions (Freedom House,2010a)

La note U4 sur la gouvernance forestière en RDC conclut que : (U4,


2010).

• Le code forestier de 2002 assorti du décret présidentiel n'ont


rencontré que peu de succès dans l'amélioration de la gouvernance
de l'exploitation industrielle du bois ;

• Le nouveau cadre réglementaire, qui fixe des exigences majeures


de consultation publique, a accentué les déséquilibres sociaux et
n'offre guère de possibilités de s'exprimer aux femmes et aux
peuples autochtones;

• Les mécanismes de contrôle administratif,

logistique et institutionnel envisagés en matière de gestion


forestière sont soit insuffisants, soit inexistants. Cette note souligne
de surcroît que l'impact limité des réformes de gouvernance
forestière est principalement imputable à un manque de mesures
incitant les divers acteurs à réformer un système dont ils bénéficient
sous sa forme actuelle. En outre, la faiblesse générale des
structures institutionnelles et de gouvernance crée un
environnement propice à la corruption, la prédation et l'exploitation
illégale des ressources.

3. Administration fiscale et douanières

La corruption qui sévit dans les systèmes fiscaux et douaniers sape


la capacité du gouvernement à produire des revenus. International
Crisis Group indique dans un rapport de 2006 que la RDC présente
une des plus faibles capacités de collecte d'Afrique. L'administration
douanière procure la majeure partie des recettes fiscales, mais elle
constitue aussi la plus grande source de perte de recettes, sachant

8
que entre 60 et 80 % des droits de douane ne sont pas perçus. Il
s'agit là, semblerait-il, d'un des facteurs qui alimentent le conflit de
l'Est congolais, puisque les groupes armés financent leurs
opérations grâce aux taxes qu'ils prélèvent aux frontières
(International Crisis Group, 2006).

Plus généralement, l'administration douanière est mal structurée et


pâtit d'un manque de ressources,

d'infrastructures et de moyens matériels, mais aussi de lourdeur


administrative, de sureffectif et de corruption généralisée. Dans son
rapport de 2008, Global Witness fournit toute une série d'exemples
de pratiques

frauduleuses, telles que la sous-estimation du volume des


marchandises, la collusion avec les douaniers pour déclarer des
marchandises taxées à un taux inférieur à celui des marchandises
effectivement importées, ou

encore, le versement de pots-de-vin pour éviter les frais de douane


(Global Witness, 2008).

La fiscalité est un autre domaine présentant des


dysfonctionnements au sein de l'administration

congolaise. Selon Freedom House, les citoyens sont mal informés


des redevances qu'ils sont légalement tenus de verser et ne
connaissent pas encore bien leurs droits à cet égard. Les impôts
sont principalement perçus de manière informelle et illicite,
compromettant ainsi l'établissement de relations de responsabilité
entre les citoyens et l'État. Sur un autre plan, les sociétés minières
profitent du manque de ressources et de capacités de
l'administration fiscale pour mettre au point des systèmes d'évasion
fiscale. Lorsque les recettes provenant du secteur minier
parviennent à l'Etat, l'opacité de leur distribution contribue aux
conflits entre les niveaux locaux et nationaux, offrant aux

autorités locales des opportunités de contourner le système


d'administration fiscale (Freedom House, 2010a).

9
4. Entreprises publiques

La gestion des entreprises publiques demeure un sujet de


préoccupation. Durant la période de transition, celle-ci a été dévolue
aux signataires de l'accord de paix. Les dirigeants ont nommé
d'anciens chefs de guerre à la tête de ces entreprises. Or, ces
derniers ont systématiquement abusé de leur position à des fins
personnelles, occasionnant de ce fait des pertes budgétaires
colossales. En raison de la corruption et de la mauvaise gestion, la
contribution des entreprises publiques au budget de l'État est
passée de 10% à la fin des années 60 à environ 1% au début des
années 90, et à quasiment rien vers la fin de la période de transition
(Kodi, M., 2008).

Sous la pression de la communauté internationale, le président


Kabila a fait auditer une vingtaine d'entreprises publiques, ce qui a
permit de dévoiler les pillages en masse perpétrés par les équipes
de direction et les conseils d'administration nommés par les anciens
chefs de guerre. Les résultats de l'audit ont fait l'objet d'un débat à
l'Assemblée nationale en 2005.

Ce dernier a révélé que parmi les vingt entreprises auditées, seules


douze d'entre elles disposaient d'un conseil d'administration, et que
la plupart n'avaient pas tenu de comptabilité pendant une période
allant de deux à sept ans, rendant donc impossible la réalisation
d'un audit en bonne et due forme. Les équipes de direction ont
constamment agi dans leur propre intérêt ou se sont accordées des
« prêts » qui n'ont jamais été remboursés . Aucune des ces
entreprises ne disposaient de vérificateurs internes (Kodi, M., 2008).

Suite à la publicité qui a entouré le rapport, le Président a limogé six


ministres qui auraient pris part à la dilapidation des entreprises
publiques.

Le service d'assistance (ndt: Helpdesk) n'a pas trouvé d'informations


récentes sur la situation dans la période post-transition et a relevé
peu d'indications de progrès significatifs dans la gestion des
entreprises publiques depuis que Kabila a placé ses proches à la

10
tête de nombres d’entre elles.

5. Forces armées

La corruption au sein des forces armées soulève de nombreuses


préoccupations, et il a été constaté que celle-ci a souvent une
incidence directe sur la population. Les soldats endurent des
conditions de vie terribles, sont très mal payés et vivent sous le
seuil de pauvreté. Les bas salaires et l'insuffisance des mécanismes
de contrôle interne incitent l'armée à établir des manœuvres de
détournement de fonds très lucratives. Les exemples de
détournement des salaires des militaires sont notamment légion; il
s'agirait potentiellement de près de la moitié des fonds alloués à
l'alimentation et la rémunération des soldats. Le gonflement de la
masse salariale par le biais de soldats fantômes constitue
également une source de préoccupation (International Crisis Group,
2006). Le rapport de International Crisis Group démontre que la
corruption rend encore plus difficile les conditions de vie des
soldats, sachant que leur solde est indûment versée, et que dans
certaines régions, ils reçoivent moins de la moitié de ce qui leur
revient. Privés de salaires décents, ils sont incités à harceler et
extorquer la population civile ainsi qu'à piller les villages pour
survivre. Les soldats constituent ainsi une grande menace pour les
populations locales. Les détournements ont diminué depuis 2006
grâce à l’introduction d'un mécanisme de versement des salaires
plus indépendant et à une surveillance accrue des autorités
congolaises. En revanche, il est difficile de mesurer l'étendue du
succès de ces efforts, dans la mesure où les forces armées
continuent d'être affectées par un grand manque de discipline dans
plusieurs régions du pays (International Crisis Group,2006).

Il semblerait que le gouvernement tente de remédier à cette


situation, comme en témoigne le budget national de 2010, qui
accorde la priorité aux salaires de la police, de l'armée, des
fonctionnaires et des enseignants (U4, 2010).

7.3 Problèmes de détournement des deniers publics

11
Les détournements des fonds publics en RDC sont un autre
phénomène lié à la corruption. Les ressources allouées pour des
projets d’infrastructure, de santé, et d’éducation, entre autres, sont
souvent détournées à des fins personnelles. Cette mauvaise gestion
des finances publiques prive le pays d’infrastructures essentielles et
d’un développement durable. Les scandales financiers, tels que les
détournements de fonds dans le cadre des contrats miniers et des
aides internationales, ont fréquemment été révélés, mais les
responsables restent impunis. Le détournement de ces fonds se fait
à tous les niveaux de l’État, du gouvernement central aux
administrations locales. Par exemple, les contrats miniers sont
souvent entachés de corruption, ce qui prive l’État congolais de
revenus considérables qui pourraient être investis dans des projets
de développement. L’absence de mécanismes de transparence et
de responsabilisation empêche toute poursuite sérieuse contre les
responsables de ces crimes économiques.

Au Congo, ce phénomène a atteint des proportions alarmantes, avec


des milliards de dollars détournés par des responsables politiques et
administratifs. Ces fonds sont destinés à financer des projets
d’infrastructure, des services de santé, d’éducation et d’autres
services essentiels, mais finissent souvent dans les poches de
quelques individus.

Les mécanismes de transparence sont faibles, et les institutions


censées assurer la gestion rigoureuse des finances publiques
manquent de moyens pour effectuer un suivi effectif des [Link]
détournement de fonds a des conséquences dévastatrices sur
l’économie nationale. Il réduit les ressources disponibles pour le
développement des infrastructures et des services publics,
aggravant ainsi les conditions de vie des citoyens. De plus, il crée
une culture d’impunité, où les responsables de ces actes frauduleux
ne sont pas poursuivis, ce qui favorise leur répétition.

7.3.1 Les personnes qui interviennent dans la procédure d'exécution du


budget

Tout d'abord, nous devons retenir que seuls les fonctionnaires de l'Etat et les
personnes visées à l'article 145 du Code pénal -nous avons déjà abordé ce
point précédemment- tombent sous le coup des détournements des deniers

12
publics. Autrement, toute personne qui commet la même infraction sera
poursuivie pour d'autres infractions à l'instar du vol.

Nos investigations nous ont conduits à établir une pyramide des catégories
des personnes qui excellent dans les détournements des deniers publics en
R.D.C. qui sont les suivantes :

A la tête des détournements des deniers publics dans notre pays, nous avons
ceux qui interviennent dans les procédures d'exécution du budget de l'Etat.
Cela, de loin ou de près, faisant partie du gouvernement central ou des
gouvernements provinciaux.

a) Procédure d'exécution du budget de l'Etat

Le processus d'exécution du budget de l'Etat se décompose en plusieurs


étapes dont certaines nécessitent l'établissement des actes administratifs et
d'autres impliquent une manipulation d'argent. Ainsi, les opérations sont
réalisées par 2 catégories d'agent.

ACTEURS D'EXECUTION

Le grand principe de la comptabilité publique dominant l'exécution de la loi


des finances est la séparation des ordonnateurs et des comptables ; ce
principe a pour objectif traditionnel d'assurer un contrôle de régularité le plus
étendu possible de la gestion financière. Il s'étend notamment d'une division
organique et fonctionnelle des compétences, renforcées par l'indépendance
des autorités et l'incompatibilité des fonctions. Les deux principaux agents ou
acteurs d'exécution du budget de l'Etat sont les ordonnateurs et
les comptables publics.

 LES ORDONNATEURS

Un ordonnateur « est un décideur au sens où il est l'autorité administrative qui


prend la décision de la dépense et ordonne le comptable de payer ».42(*)

Cependant, il existe différentes catégories d'ordonnateurs qui ont chacun une


part de responsabilité selon l'étendue de ses pouvoirs.

1°) Les différentes catégories d'ordonnateurs

Parmi les ordonnateurs nous trouvons : les ministres qui sont des
ordonnateurs principaux ; les gouverneurs de province qui sont des
ordonnateurs de province ou ordonnateurs secondaires pour les services

13
déconcentrés des administrations civiles de l'Etat ; pour certaines opérations,
des ordonnateurs délégués sont nécessaires parce que les ordonnateurs
principaux n'ont pas toujours la possibilité matérielle de se prononcer sur
l'ensemble des recettes et des dépenses relevant de leurs attributions : ils
bénéficient ainsi d'une délégation de signature de la part du ministère
(membres du cabinet, services fonctionnaires...) ou du gouverneur (directeur
de cabinet, services déconcentrés). ([Link] WA MPUNGU, 206,
p.235).

2°. La responsabilité des ordonnateurs

En France d'après Chouvel, le décret de 1962 (article 9) prévoit que « les


ministres encourent à raison de l'exercice de leurs attributions, les
responsabilités que prévoit la constitution : cela renvoi à la responsabilité
politique du gouvernement (motion de censure) mais aussi à la responsabilité
pénale des ministres (cour de justice de la République). Les ordonnateurs
secondaires encourent une responsabilité disciplinaire, pénale ou civile, sans
préjudice des sanctions qui peuvent leur être infligées par la cour de discipline
budgétaire et financière ». ([Link], 2008, pp.67-68).

7.4 Problèmes d’achat de conscience

L’achat de conscience est un phénomène courant dans la vie


politique et sociale de la RDC. Des politiciens achètent des voix lors
des élections, des soutiens dans des affaires publiques et des
décisions judiciaires. L’achat de conscience se manifeste également
dans les relations interpersonnelles, où des cadeaux ou des
promesses sont échangés pour obtenir des faveurs. Cela renforce la
culture de clientélisme et nuit à la démocratisation du pays.

Ce phénomène est exacerbé par la pauvreté de la population, qui


est vulnérable aux promesses d’argent facile. Thérèse Mungomba
met en lumière la manière dont cette pratique corrompt la
démocratie, transformant les citoyens en instruments d’intérêts
personnels et limitant leur capacité à faire des choix politiques
éclairés. L’achat de conscience engendre également une culture de
la démagogie, où la politique devient un simple outil

14
d’enrichissement personnel, plutôt qu’une véritable mission de
service public. Il peut se manifester principalement dans le domaine
politique et social. Des responsables politiques et économiques
recourent à des pratiques d’achat de conscience pour manipuler
l’opinion publique, corrompre des leaders d’opinion, ou acheter le
silence de certaines personnes. Ces pratiques sont souvent utilisées
pendant les campagnes électorales pour influencer les résultats,
mais elles sont également présentes dans les décisions
quotidiennes de gouvernance.

Celui-ci crée un environnement où les valeurs d’intégrité, de


responsabilité et de justice sont systématiquement sacrifiées au
profit d’intérêts personnels et de réseaux de pouvoir.

Les effets de l’achat de conscience sont dévastateurs pour la


démocratie et le développement du pays. Il permet à des individus
de manipuler la politique à leur avantage personnel, tout en
marginalisant les voix dissidentes. En outre, cela renforce la culture
de l’impunité et la corruption, car ceux qui acceptent de vendre leur
conscience sont rarement inquiétés par les autorités.

7.5 Problèmes de dépravation des mœurs

La dépravation des mœurs en RDC est un symptôme de la crise


morale qui touche la société. La violence, le sexe précoce, l’usage
excessif des drogues et d’autres comportements déviants sont de
plus en plus observés, en particulier dans les milieux urbains. La
montée de ces comportements peut être expliquée par des facteurs
socio-économiques tels que la pauvreté, l’urbanisation rapide, et la
perte de repères traditionnels.

La jeunesse congolaise est particulièrement vulnérable à ces


dérives. Le chômage massif, l’absence d’éducation de qualité, et la
frustration liée à un avenir incertain mènent de nombreux jeunes à

15
se détourner de la voie morale, en quête de solutions rapides et de
distractions faciles. Mungomba souligne que la dégradation des
mœurs est un symptôme d’une société en crise, où les valeurs
traditionnelles et religieuses sont de moins en moins respectées, ce
qui aggrave la fracture sociale.

C’est également un autre problème qui affecte la société congolaise.


Cette notion englobe une série de comportements et de valeurs qui
s’écartent de l’éthique morale et sociale, notamment la violence,
l’alcoolisme, la drogue, la délinquance, et l’abandon des traditions
culturelles et spirituelles. La dégradation des mœurs a des
répercussions profondes sur les relations interpersonnelles et la
stabilité sociale.

De plus, la dépravation des mœurs est exacerbée par les médias,


certains programmes télévisés ou radios véhiculant des valeurs
contraires à l’éthique et à la morale traditionnelle. Cela a un impact
majeur sur les jeunes générations, qui sont souvent confrontées à
une réalité contradictoire entre ce qu’on leur enseigne à la maison
et ce qu’ils voient dans la société.

Une des causes de cette dépravation est la pauvreté croissante, qui


pousse certaines personnes à adopter des comportements déviants
pour survivre. La désillusion et le manque de perspectives d’avenir
contribuent également à l’essor de ces comportements. Par ailleurs,
les médias, en particulier les réseaux sociaux, jouent un rôle
ambivalent dans la diffusion de modèles de vie qui ne respectent
pas les valeurs traditionnelles.

L’absence de programmes de réhabilitation sociale, ainsi que le


manque de prévention dans les écoles et dans les communautés,
aggrave ce phénomène. Cela contribue à une érosion du tissu social
et à une déstabilisation de la société congolaise dans son ensemble.

7.6 Problèmes liés aux églises de réveil

Les églises de réveil (ou églises évangéliques) en RDC jouent un rôle


de plus en plus important, notamment en matière de prise en
charge de la population. Cependant, ces églises sont souvent
critiquées pour leurs pratiques douteuses, telles que l’exploitation
financière de leurs fidèles. Nombre de ces églises demandent des

16
dons exagérés, promettent des guérisons miraculeuses ou
exploitent la vulnérabilité de la population, notamment celle des
personnes en situation de précarité. Ils ont également proliféré au
Congo au cours des dernières décennies. Ces églises, souvent
dirigées par des leaders charismatiques, prétendent offrir des
solutions miracles aux problèmes spirituels et matériels de leurs
adeptes. Cependant, elles sont souvent critiquées pour leurs
pratiques douteuses, telles que la manipulation des fidèles,
l’exploitation financière et l’utilisation de la religion comme un
instrument de pouvoir personnel.

Les leaders de ces églises, souvent considérés comme des


charlatans, prennent part à des pratiques qui remettent en question
les valeurs chrétiennes et agissent comme des acteurs de
manipulation et d’enrichissement personnel. Cela aggrave la crise
morale du pays, d’autant plus que certaines de ces églises
bénéficient du soutien tacite des autorités publiques. De
nombreuses églises de réveil exigent des dons considérables de la
part de leurs membres, promettant des bénédictions matérielles en
échange. Cette exploitation spirituelle s’accompagne parfois de
pratiques sectaires, avec des leaders qui se présentent comme des
intermédiaires entre les fidèles et Dieu. Ce phénomène entraîne non
seulement une perte de repères spirituels et sociaux, mais aussi une
augmentation de la pauvreté et des tensions sociales. Mungomba
évoque dans son livre le phénomène de “prosperity gospel”
(évangile de la prospérité), où les fidèles sont convaincus que la
richesse matérielle et la guérison spirituelle peuvent être obtenues
par des contributions financières. Ce type de prédication renforce la
dépendance des individus aux leaders religieux, au détriment de
leur propre autonomie spirituelle et sociale. Cela crée une
dynamique de soumission et de manipulation qui a des
conséquences graves sur la cohésion sociale et morale du pays.

Les autorités congolaises, dans certains cas, n’ont pas su réguler ce


secteur, laissant ces églises prospérer sans contrôle ni supervision.
En conséquence, de nombreux citoyens se retrouvent pris dans un
cycle d’endettement et de désillusion, ce qui aggrave encore les
problèmes sociaux du pays.

7.6.1 Influence des églises de réveil sur la vie socio-politique

17
La ma it des atie de ret a atolique comeri en au sele de sei, églises
de réveil, il y'aient de leaders, des hommes piétés, contrairement à
l'église catholique. Le fatalisme de ces chrétiens ou cette division
entre l'église catholique et les églises de réveil et des sectes ont
abouti à des guerres de religion. Ces guerres sont présentes non
seulement en Europe, en Asie, Amériques du Nord et latine, mais
aussi en Afrique. C'est en Afrique où cette guerre de religion bat son
plein à cause de la misère des peuples africains.

Ces derniers pensent que, la prière des églises de réveil mettent fin
à la misère des peuples africains de façon particulière.

Par exemple, la double influence de l'église catholique et


protestante, apparaît beaucoup plus dans le sens de l'organisation
ecclésiastique. Aussi, nous retrouvons ces influences dans plusieurs
styles liturgiques (Orduna, 2001 : 101)

De ce qui précède, « elle s'est traduite par des professions de foi


successives au XVIème siècle, celle en vigueur, les trente-neuf
articles de religion (1571); d'esprit calvi-niste, à moins d'importance
aujourd'hui. En effet, le texte qui prime est le Book of common
prayer de (1559) souvent revisité. C'est même le fondement de
l'église anglicane (C. Ordu-na, 2001 : idem).

La prolifération des églises de réveil est l'un des motifs de la


protestation des chrétiens africains et particulièrement ceux de
Lubumbashi contre le style ecclésiastique de l'église catholique.
Aussi, cette prolifération apparait comme l'une des réactions à
l'encontre de l'église catholique, dont l'enseignement est ressenti
comme trop contraignant dans ces principes et trop abstrait dans
ses dogmes théoriques. Les chrétiens des églises de réveil désirent
rencontrer leur Dieu vivant avec les bras, les jambes, amour et
piété. Elle aspire à une religion qui fasse place à l'imagination et à la
spontanéité (R. de HAES, idem : 12).

En effet, la réaction anticatholique par les chrétiens protestants est


encouragée par l'esprit de pénurie, de maladie, de misère que veut
exorciser la promesse de guérison immédiate et de miracle. De ce
qui précède, nous nous sommes entretenus avec un pasteur de
l'Eglise de réveil de la Ville de Lubumbashi autour de trois questions,
à savoir :

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• Monsieur X

Pasteur, comme nous, vous avez surement déjà entendu dire que «
L'Eglise est l'opium du peuple » et est donc une sorte de calmant ou
d'antidouleur. Face à la recrudescence de groupes de prière et des
églises de réveil, surtout dans la communauté congolaise, ne serait-
il pas tenté de croire que l'adage susmentionné se vérifie?

• Pasteur Y

Le fait que les croyants se tournent vers l'église de réveil ou de


groupes de prière quand ils sont en situation difficile, n'est pas dû
au fait que l'église et la religion soit opium du peuple. Ce fait est à
mon avis dû à la nature de l'être humain. En effet, un vice humain
fait que ce dernier se tourne vers son créateur quand il est en
souffrance exactement comme un enfant qui court vers ses parents
quand il est en danger. Certes, Dieu est le Dieu des pauvres et des
malheureux, mais c'est parce que l'homme reconnaît sa fragilité
uniquement quand les circonstances le lui rappellent. Tous les
hommes sur terre, pauvres ou riches sont fragiles et ont besoin de
Dieu.

• Monsieur X

Des personnalités connues du monde des médias, de la politique et


du show-biz se convertissent ces dernières années en Pasteurs,
prédicateurs et autres titres pompeux. Est-ce bien crédible?

• Pasteur Y

A la lumière de ce que nous enseigne l'évangile, on reconnaît un


arbre par ses fruits. Tout le monde peut s'appeler chrétien, pasteurs,
etc. mais, c'est à la manière dont les caractères du Christ
apparaissent à travers ces hommes qu'il faut prêter attention. Un
homme de média, un politicien, un artiste démontrera l'authenticité
de sa foi chrétienne dans sa conduite au quotidien, dans le
renoncement à certaines pratiques, dans son dévouement pour son
pro-chain. C'est cela l'essentiel.

• Monsieur X

Pasteur, quel message avez-vous à transmettre aux chrétiens d'une


manière générale?

19
• Pasteur Y

Nous vivons une époque de désillusions. Notre monde évolue à


travers d'importantes crises et mutations. Aujourd'hui, plus que
jamais, je dis à mes prochains que le Christ est le Prince de la paix
et que cette dernière est la solution aux crises qui frappent
l'humanité. La voie de Dieu retentit encore, nous invitant à écouter
son fils, le grand berger des hommes et à lui confier nos vies.

Suggestion

Pour une bonne marche des églises de réveil de la République


Démocratique du Congo, nous leurs recommandons la tolérance et
le discernement entre une église (œuvre de Dieu) et une partie
politique.

Les églises de réveil sont toujours à la source délits énormes aussi


bien pour les églises, les familles qu'aux sociétés. Pourtant,
chaqu'église a pour mission prêcher la bonne nou-velle, promouvoir
et remettre en route la bonne marche et sincère les vies des familles
et de ses fidèles.

Le gouvernement de la République Démocratique du Congo doit


mettre des mécanismes juridiques et de contrôle pour empêcher la
prolifération des églises de réveil implantés presque dans chaque
rue.

Car, au gème siècle déjà S. Augustin connaissait le danger de la


prolifération de ces

groupements sur les familles et la société. (R. de Haes, idem, 2007 :


27).

KAS African Law Study Library - Librairie Africaine d'Etudes Juridiques 2 (2015)

Conclusion

Les problèmes de la destruction de la société congolaise sont

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multiples et interconnectés. Comme l’expose Thérèse Mungomba
dans son ouvrage L’Afrique en crise : La RDC face à son destin, la
corruption, le détournement des fonds publics, la dépravation des
mœurs, et l’influence négative de certaines églises de réveil
contribuent à déstabiliser une société déjà fragilisée par des
décennies de conflits et de mauvaise gouvernance. Afin d’assurer
un avenir prospère à la RDC, des réformes profondes sont
nécessaires, notamment dans les domaines de l’éducation, de la
transparence politique et de la moralité publique. La lutte contre la
corruption, la révision des pratiques religieuses, et la réintroduction
des valeurs éthiques et civiques dans la société sont des pistes
essentielles pour reconstruire une nation forte et unie. Et les
problèmes mentionnés dans ce chapitre – éducation, corruption,
détournement de fonds, achat de conscience, dépravation des
mœurs et l’influence des églises de réveil – participent à la
déstabilisation de la société congolaise. Ils illustrent les défis
multiples auxquels la société congolaise fait face. Chacun de ces
problèmes, pris individuellement, est un frein au développement du
pays. Mais ensemble, ils contribuent à une spirale de dégradation
qui nuit au bien-être des Congolais et à la stabilité de la nation. Ils
renforcent la pauvreté, les inégalités, et empêchent toute initiative
de développement durable. Une réforme en profondeur des
institutions, ainsi qu’une éducation morale et civique, sont
essentielles pour redresser la situation

Le pays nécessite des réformes profondes et une volonté politique


forte pour surmonter ces défis. Il est crucial de repenser l’éducation,
d’éradiquer la corruption et de mettre en place des mécanismes de
transparence, tout en soutenant des initiatives qui renforcent les
valeurs éthiques et morales. Le Congo a un potentiel énorme, mais
il ne pourra le réaliser que si ses dirigeants et ses citoyens
s’engagent collectivement pour surmonter ces problèmes
structurels.

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